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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 23:00

30 MAI

 

II.

S Gabin, martyr à Porto Torrès.

IV.

Ss Basilios et Emmelia, parents des ss.Basile le Grand, Grégoire de Nysse, Pierre de Sébaste et Macrine.

S Venance, frère de s. Honorat (fondateur de Lérins) ; il voulait induire son jeune frère à la vie mondaine, et c’est lui qui se convertit.

S Isaac, abbé à Constantinople ; il demanda à l’empereur la réouverture des églises fermées par les ariens ; l’empereur Théodose l’estimait beaucoup.

S Hényque, palatin chrétien, martyr noyé dans l’Oronte à Antioche.

VI.

Ss Caïdoc et Fricor (VII.?), irlandais venus en Picardie, où ils convertirent s. Riquier. 

VII.

S Anastasio, évêque à Pavie, arien revenu à la fois catholique.

S Mauguille, irlandais venu en Picardie, fondateur des monastères de Lagny, Péronne et Montrelet.

S Gerebern, prêtre irlandais qui baptisa et protégea ste Dymphna dans sa fuite (cf. infra) ; martyrisé en même temps qu’elle, il est invoqué contre la goutte et les fièvres.

Ste Dymphna, vierge irlandaise, martyre à Géel où elle s’était réfugiée pour échapper à son père qui voulait l’épouser ; il la retrouva quand-même et la tua ; invoquée contre les affections nerveuses ou mentales. 

VIII.

S Hubert, évêque à Maastricht-Liège ; rendu patron des chasseurs pour les besoins de leur cause : en réalité on l’a invoqué contre la rage, donc pour soigner les chiens, et aider les chasseurs.

XIII.

S Fernando III, roi de Castille et de Léon, neveu de Blanche de Castille par sa mère, libérateur de l’Espagne du joug islamique.

XV.

Ste Jehanne d'Arc, chargée sur une apparition de faire libérer la France ; brûlée vive à Rouen comme hérétique, elle est patronne secondaire de la France.

XVI.

S Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant mexicain de l'apparition de Notre-Dame de Guadalupe, béatifié en 1990 et canonisé en 2002 (le 9 décembre au Martyrologe).

S Luke Kirby, prêtre, ainsi que les bx. William Filby, Laurent Johnson et Thomas Cottam, jésuites, martyrs à Londres.

Bx William Scott, bénédictin, et Richard Newport, prêtre, martyrs à Londres.

XIX.

S Matiya Kalemba Mulumba (c’est-à-dire “Fort”) Wante, martyr en Ouganda, fêté le 3 juin.

S Giuseppe Marello, évêque à Asti, fondateur des Oblats de Saint-Joseph, pour assister les évêques, béatifié en 1993, canonisé en 2001.

Bse Jeanne-Germaine Castang (Marie-Céline de la Présentation), clarisse à dix-huit ans et morte peu après à Talence ; on l’appelle la “Sainte aux parfums” ou la “Sainte de Bordeaux” ; béatifiée en 2007.

XX.

B Otto Neururer (1881-1940), prêtre autrichien, douxième enfant de sa famille, adversaire du nazisme, interné à Dachau puis Buchenwald, pendu (par les pieds) pour avoir baptisé un prisonnier, béatifié en 1996.

Gabinus de Porto Torres

† 130

 

Gabin aurait été martyrisé à Porto Torrès (Sardaigne) pour y avoir prêché l’Evangile.

Le culte en est très ancien.

Son corps est à Saint-Pierre de Rome, où il fut transféré par le pape saint Grégoire III au 8e siècle.

Il est honoré le 30 mai, mais le Martyrologe actuel le situe au 4e siècle.

 

 

Basilios et Emmelia (Césarée de Cappadoce)

† 355

 

Basilios était né près de Néocésarée (Pont, auj. Niksar, Turquie N).

Pour fuir la persécution, ses parents, qui virent leurs biens confisqués, s’étaient enfuis dans les forêts du Pont, et le petit Basilios y passa sept années. On connaît le nom de la maman : Macrina.

Basilios suivit la carrière du barreau et vint à Césarée de Cappadoce, où il ouvrit une école d’éloquence.

Il épousa une jeune orpheline, Emmelia, qui admirait les vertus de son fiancé. On la disait fille de martyr et sœur d’évêque.

Le couple répandit d’abondantes aumônes. Ils eurent dix enfants, dont cinq sont restés particulièrement célèbres : Macrine, qui se consacrerait (v. 19 juillet), Basile de Césarée, Grégoire de Nysse et Pierre de Sébaste (v. 1 janvier, 10 janvier, 26 mars). On connaît les noms d’une autre fille, Theosebia, et de deux autres garçons, Nicéphoros et Naucratios.

Basilios mourut vers 355. Emmélie fonda alors avec sa fille Macrine un monastère proche de Néocésarée, où elles vécurent désormais comme sœurs, dans l’unique amour de l’Epoux céleste.

Saints Basilios et Emmelia de Césarée sont commémorés ensemble le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dymphna

7e siècle

 

Dymphna naquit au 7e siècle (ou peut-être au siècle suivant) en Irlande, d’un certain Damon, un prince encore païen, et d’une mère qui mourut quand l’enfant était en bas âge.

Il existe des variantes pour le nom de Dymphna : Dimpna, Damhnait, Damnat.

Les personnes qui s’occupèrent de la petite fille, étaient chrétiennes et purent faire baptiser Dymphna par le prêtre Gerebernus.

L’adolescente était une gracieuse jeune fille, dont les traits rappelaient étonnamment ceux de sa mère. Et comme son père ne trouvait pas de femme assez belle pour se remarier, il s’éprit de sa fille. Pour échapper à cet inceste, elle s’enfuit avec quelques compagnes et le prêtre Gerebernus qui l’aida à s’embarquer.

En Brabant où ils accostèrent, Dymphna et ses compagnes formèrent à Geel une petite communauté.

Mais le père, aveuglé par sa passion, fit entreprendre des recherches et découvrit le lieu de retraite de sa fille, qu’il alla trouver sur place. Dymphna réitérant fermement son refus, son père la décapita de ses propres mains, tandis que ses soldats décapitaient Gerebernus.

Dymphna fut inhumée à Geel et honorée comme vierge et martyre.

Les historiens n’accordent guère de crédit à cette histoire lamentable d’un père qui abat sa fille par passion aveugle : il n’en existe aucun document contemporain, mais seulement une tradition orale tenace.

On invoqua Dymphna pour les malades mentaux. Il y a d’ailleurs à Geel un hôpital psychiâtrique de renom.

Sainte Dymphna est commémorée le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Pavie

† 680

 

Anastasio était de famille lombarde, et de confession arienne.

Les tenants de l’hérésie l’avaient nommé évêque de Pavie, peut-être en même temps qu’un évêque non hérétique.

En 668 il reçut la grâce de la conversion, et cet hérétique fut le dix-septième évêque de Pavie.

En 680, il participa au concile romain convoqué par le pape Agathon pour préparer le sixième concile œcuménique, et signa la profession de foi commune.

Il mourut peu après, en 680.

Saint Anastasio de Pavie est commémoré le 30 mai dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hubert de Liège

670-727

 

Hubert (Hugbertus) était peut-être un parent de Plectrude, l’épouse de Pépin II. Par recoupements, on pourrait le faire naître vers 670.

Il se maria, semble-t-il, et vraisemblablement son fils distingué nommé Florbert, était plus qu’un fils spirituel.

En 705, Hubert fut appelé à occuper le siège épiscopal de Tongres-Maastricht, siège qui fut transféré à Liège, peut-être même du vivant de Hubert.

L’action du nouvel évêque fut principalement de lutter contre les restes du paganisme dans la région. Des idoles furent brûlées, tandis que furent construits des sanctuaires en l’honneur des Martyrs.

Jusqu’ici on ne parle pas de chasse. Et l’on n’en parlera pas tout de suite…

Un peut plus d’un an avant sa mort, écrivit son biographe, Hubert se trouvait occupé avec des serviteurs, comme les Apôtres, à pêcher avec sa barque à Nivelle-sur-Meuse. Il advint qu’au moment où il tenait de sa main un piquet à enfoncer, un serviteur par erreur lui assena un bon coup de maillet, qui broya les doigts de l’évêque. Bien sûr, il pardonna le geste malheureux et involontaire, mais la douleur fut très intense.

Le lendemain, les serviteurs étaient de nouveau sur la barque mais, semble-t-il, l’évêque demeurait sur la berge, avec sa main si meurtrie. Le vent fit chavirer la barque et les serviteurs allaient se noyer ; l’un d’eux invoqua la Providence par les mérites d’Hubert et tous furent sauvés.

Hubert souffrit de sa plaie pendant plus d’une année. Il fut divinement averti de sa mort prochaine et s’y prépara dans l’ascèse et les aumônes. On l’appela pour la dédicace d’une église, qu’il alla célébrer ; il prêcha encore, notamment sur la nécessité de se préparer à la mort, qui frappe sans prévenir. Il participa au repas servi à l’occasion, et regagna enfin sa demeure à cheval, malgré la fatigue et la fièvre.

Au matin du 30 mai 727, il avait déjà prié l’Office divin intégralement avant l’aube. Entouré de ses proches (et de son fils Florbert), il dit encore le Credo et le Pater, puis s’endormit dans le Seigneur.

Son successeur fut le même Florbert.

On l’a compris, il ne s’est jamais agi de partie de chasse. Mais les habitants invoquèrent Hubert contre la rage, puis pour protéger les chiens de cette maladie, enfin pour les maîtres de ces bêtes, et donc pour les chasseurs.

La date du 3 novembre, à laquelle eut lieu un transfert des reliques, était fort à propos pour invoquer saint Hubert au moment de la chasse, et ce fut l’occasion de sonner la Messe de Saint Hubert avec les trompes sonores.

Saint Hubert de Liège est toutefois commémoré à son véritable dies natalis, le 30 mai, dans le Martyrologe Romain.

Fernando III

1199-1252

 

Fernando naquit à la fin de 1198 ou au début de 1199, du mariage d’Alphonse IX, roi de Léon, avec Bérengère, fille du roi de Castille. Du côté maternel, il était ainsi neveu de Blanche de Castille, mère du futur roi de France Louis IX, saint Louis.

Le pape Célestin III ayant déclaré nul le mariage d’Alphonse et de Bérengère, les deux époux, peu convaincus de l’empêchement qui s’opposait à leur union, hésitèrent longtemps avant de se séparer. Lorsqu’en 1204 ils s’y furent décidés, Alphonse IX garda près de lui ses quatre enfants, dont l’aîné Fernando devait recevoir, sous l’immédiate influence de son père, une éducation sérieuse et chevaleresque, bien en accord avec la foi chrétienne des princes espagnols.

L’enfant ne fut pas pour autant séparé de sa mère, qui eut une influence providentielle sur lui. A la mort de l’héritier de Castille, Bérengère devait de droit lui succéder, mais celle-ci fit immédiatement transférer la couronne à son fils aîné, en évitant soigneusement que Alphonse IX exerçât la moindre régence. Et c’est ainsi que Fernando fut couronné roi de Castille, à dix-neuf ans, en 1217. Fernando épousa deux ans après Béatrix de Souabe, qui devait lui donner dix enfants.

Fernando s’engagea à lutter contre les hérésies et à faire perdre chaque jour du terrain à l’islamisme qui, depuis plusieurs siècles, avait asservi l’Espagne à la domination.

Si Bérengère fut une excellente conseillère pour Fernando, ce dernier sut se montrer bon fils envers son père Alphonse IX, lequel pourtant ne se gêna pas pour manifester des attitudes hostiles envers son fils, notamment dans son testament, où il dépossédait Fernando de son droit au trône de Léon, au profit de ses deux filles Sancia et Dulcia, nées d’un premier mariage.

Quand Alphonse IX mourut, deux partis se formaient dans le Léon, mais Bérengère sut habilement convaincre les deux “héritières” de renoncer à toute prétention au trône, en faveur de Fernando. Celui-ci prépara ensuite des lois qui consacreraient l’union en un seul royaume des deux provinces de Castille et de Léon.

Fernando III s’adonna alors à la lutte contre l’Islam, par fidélité à la mission reçue de Dieu. En 1233, son armée, pourtant inférieure en nombre, l’emporta à Xérès sur l’immense armée des Maures débarqués d’Afrique. Cette victoire fut toujours regardée comme un effet de l’intervention miraculeuse de saint Jacques, vénéré à Compostelle. 

Peu après mourut Béatrix, sa chère épouse. Pendant trois ans, Fernando observa la chasteté la plus loyale. Mais encore une fois sur le conseil de sa mère, et par défiance pour ses propres forces, il épousa en secondes noces la française Jeanne de Ponthieu, que Blanche de Castille lui avait fait connaître.

Après Xérès, c’est Cordoue en 1236, le royaume de Murcie en 1243, Jaën en 1245, Séville enfin en 1248 après vingt-six mois de siège.

Cordoue était aux mains des Maures depuis plus de cinq siècles. De nombreux chrétiens y subirent le martyre, comme on pourra s’en rendre compte à la lecture du Martyrologe.

On signalera la magnanimité de Fernando lors du siège de Jaën : l’émir, reconnaissant son infériorité, demanda une entrevue avec le roi, et se déclara franchement son vassal. Fernando accepta royalement cette démarche, à laquelle l’émir répondra loyalement en lui envoyant des troupes pour combattre les Maures aux côtés des chrétiens.

La reine mère Bérengère mourut en 1246. Fernando lui-même, après avoir doctement instruit son fils Alphonse de ses devoirs de roi chrétien, mourut le 30 mai 1252, à la force de l’âge, pleinement consolé d’avoir achevé sa mission de reconquête du pays asservi depuis si longtemps aux Maures.

En 1671, le pape Clément XI déclara qu’on pouvait honorer Fernando III comme un saint, ce qui fait qu’il est inscrit au 30 mai dans le Martyrologe.

 

 

Jehanne d’Arc

1412-1431

 

Nul doute que beaucoup connaissent assez bien l’histoire de France pour savoir qui fut Jehanne d’Arc. On ne répétera sans doute pas tout ici, mais on va tâcher de résumer les traits importants décrivant la sainteté de notre héroïne.

Elle naquit vers 1412 en Champagne à Greux-Domremy. Maintenant Domremy est en Lorraine. Jehanne avait trois frères et une sœur. Son père était Jacques d’Arc et sa mère Ysabelle Romée.

Au Bois-Chenu, qu’on aperçoit de Domremy, des prophéties locales, auxquelles Jehanne affirma n’avoir jamais cru, annonçaient qu’une pucelle venant de ce bois ferait des merveilles. Toute jeune, Jehanne était pour le parti armagnac, et dit qu’elle eût voulu qu’on tranchât la tête au seul habitant de Domremy qui fût Bourguignon, si ç’eût été le bon plaisir de Dieu.

A treize ans, elle eut une Voix de Dieu pour l’aider à se gouverner : elle avait jeûné la veille, et voua alors sa virginité tant qu’il plairait à Dieu. Dès lors, la Voix ne cessa pour ainsi dire de la harceler : “Sois bonne enfant et Dieu t’aidera - Va au secours du roi de France - Il te faut aller en France”. Cette voix était accompagnée de la vision de saint Michel, de sainte Catherine et de sainte Marguerite.

Au début, Jehanne ne dit rien à personne. C’est en 1428 que la Voix fut plus pressante : “Va vers Robert de Baudricourt, en la ville de Vaucouleurs, afin qu’il te donne des gens pour t’accompagner.” Premier échec ; début 1429, le curé de Vaucouleurs vient même l’exorciser, à quoi elle proteste : “C’est mal fait à lui, dit-elle, car m’ayant entendue en confession il me pouvait bien connaître.”

Ayant annoncé à Baudricourt la défaite du roi à Harengs, survenue la veille, elle obtint alors son escorte. Quand on lui demande “Quand voulez-vous partir”, elle répond cette phrase qui la dépeint toute : “A cette heure mieux que demain ; demain mieux qu’après.”

Le 23 février 1429, vêtue d’habits masculins, les cheveux coupés en rond à la manière des jeunes garçons, Jehanne part avec Jean de Metz, Bertrand de Poulengy et Jean de Honnecourt. C’est le début  de la longue chevauchée.

Mars 1429 : à Chinon, Jehanne reconnaît le dauphin : “En nom Dieu, gentil prince, c’est vous et non autre.” A Poitiers, où elle est longuement examinée, elle répond avec hardiesse et parfois avec ironie : “En nom Dieu, les gens d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire. - Avez-vous du papier et de l’encre ? Écrivez : Vous, Suffort, Classidas et la Poule, je vous somme de par le roi des Cieux que vous vous en alliez en Angleterre. - Il y a aux livres de Notre-Seigneur plus qu’aux vôtres.”

Blois en avril. A Orléans, les Anglais doivent lever le siège, vaincus par l’entrain de Jehanne qui a bousculé conseils, capitaines et hommes de guerre. Jargeau, Tours, Loches, Beaugency, Patay, Auxerre, Troyes, Châlons, Reims enfin où est sacré le roi, le 17 juillet. Puis Soissons, Château-Thierry, Coulommiers, Crécy-en-Brie, Provins, Saint-Denis le 26 août. Elle est blessée, et le roi ordonne le repli sur la Loire, au grand désespoir de Jehanne que ses Voix ne conseillent plus en faits de guerre.

Le 29 décembre 1429, Jehanne et sa famille sont anoblies par le roi Charles : la famille du Lys ne disparaîtra qu’un siècle plus tard.

 Partie guerroyer à Melun, elle reçoit révélation qu’elle sera faite prisonnière avant la Saint-Jean (24 juin). A Lagny, à sa prière, un enfant reprend vie pour recevoir le baptême. C’est le 23 mai qu’elle est faite prisonnière à Compiègne. Le duc Jean de Luxembourg la visite avec dédain, et lui fait des outrages que le chroniqueur n’ose transcrire. Le calvaire commence. Les Voix l’invitent à “prendre tout en gré, car elle s’en ira en royaume de paradis.” A la centaine d’enfants qui l’entoure à Compiègne, elle dit : “Mes enfants et chers amis, je vous signifie qu’on m’a vendue et trahie ! Et que de bref je serai livrée à mort. Ainsi vous supplie que vous priiez Dieu pour moi, car jamais je n’aurai plus de puissance de faire service au roi ni au royaume de France.”

On sait que Jehanne n’osait se servir de son épée pour tuer, par délicatesse intime, quoiqu’elle entraînât valeureusement ses soldats à la victoire. Mais cette épée, elle la brisa sur le dos d’une prostituée qui était venue narguer les soldats dans le campement.

Jehanne était fervente, toute donnée à ses Voix. Elle restait parfois des heures, des nuits entières dans la prière d’oraison, sans multiplier les formules, mais en contemplant la volonté divine. Elle se confessait tous les deux jours, elle communiait deux fois la semaine. “J’aime mieux mourir que de commettre un péché mortel”.

Jehanne veut que soit accomplie la justice : elle ordonne que soit exécuté l’envoyé des Anglais, quand elle apprend que le sien a été mis à mort par l’ennemi contre toutes les lois de la guerre. Elle sait pardonner : un certain Glasdas l’avait insultée de la dernière façon, elle lui répondit : “Glasdas, Glasdas, rends-ti, rends-ti, au Rèy du Ciel. Tu m’as appelée… vilaine, mais grand pitié j’ai de ton âme et des tiens.” Après la défaite, elle fait rechercher parmi les noyés le corps de Glasdas pour le faire inhumer.

Une fois prisonnière, on la traîne de tous côtés. Jean de Luxembourg la tient trois jours au château de Clairoix, puis on l’emmène à celui de Beaulieu, de là à Beaurevoir. L’évêque de Beauvais la réclame alors, sous caution de dix mille francs-or. Fin septembre, à Arras ; mi-novembre à Rouen par le littoral : Derugy, Crotoy, Saint-Valery-sur-Somme, Eu et Dieppe. Au château de Bouvreuil, elle est liée et entravée dans une cage de fer, puis, après plusieurs semaines, attachée à une poutre par une chaîne, sous la garde de cinq hommes d’armes grossiers. On reprochera à Jehanne de refuser de quitter ses habits d’homme ; elle les quitta un moment, mais les reprit, expliquant à l’évêque qu’étant avec des soldats, il lui vaut mieux être ainsi, d’autant qu’on l’a trompée ne la mettant pas hors des fers, ni ne lui donnant messe ou sacrements : elle est alors accusée comme relapse.

Le procès se déroulera en plusieurs étapes, de janvier à mai, s’achevant après maintes péripéties, par la condamnation à être brûlée vive, comme hérétique et relapse. 

Six fois, dans la fumée, on l’entend crier “Jésus !”. C’était le 30 mai 1431, Jehanne avait dix-neuf ans.

Dans les cendres, on retrouva intacts le cœur et les entrailles, qui furent jetés à la Seine. Au XVIe siècle, il était question de quelques vêtements de Jehanne, qu’on a maintenant perdus. 

En 1454, la mère et les frères de Jehanne réclamèrent la revision du procès, qui fut cassé en 1456. Jehanne est béatifiée en 1909, canonisée en 1920, et inscrite au Martyrologe le 30 mai.

Cinq siècles après la mort de Jehanne d’Arc, Français et Anglais se retrouvèrent côte à côte à Orléans en 1929 lors des célébrations traditionnelles, les évêques anglais étant venus là avec l’ambassadeur d’Angleterre, pour fêter notre Héroïne.

 

 

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

1474-1548

 

Juan Diego (Jean Jacques) naquit le 12 juillet 1474 dans la tribu mexicaine des Nahuas.

En réalité, son nom de naissance était Cuauhtlatohuac, qui signifie «aigle parlant», et il était originaire de Cuautitlán, une cité à vingt kilomètres au nord de Tenochtitlan (la future Cità de Mexico).

Cuauhtlatohuac embrassa le catholicisme vers 1525, lors de l’arrivée des missionnaires espagnols débarqués avec les premiers conquistadors. Il reçut le baptême, et le nom de Juan Diego.

Dès lors, il se retira dans une mission catholique, pour servir les pères franciscains à Tolpetlac.

En 1531, le 12 décembre, il se promenait sur une colline de Tepeyac, lorsqu’une belle Dame se manifesta et lui parla dans sa langue native, en nahuati. Elle lui demandait de construire sur cette colline un sanctuaire. Fidèlement, Juan Diego alla en parler à l’évêque qui, évidemment, demanda un signe quelconque pour s’assurer que cette manifestation était authentique.

De retour sur la colline, Juan Diego vit la même Dame, qui l’invita à cueillir des roses (en plein hiver !). Juan Diego en remplit son tablier et retourna voir l’évêque. Or, au moment où il ouvrit son tablier et que les roses tombèrent aux pieds du prélat, Juan Diego ne comprenait pas pourquoi l’évêque et son entourage, au lieu de regarder ces fleurs «miraculeuses», contemplaient comme en extase son petit tablier : c’est qu’ils y virent l’image de la Vierge Marie imprimée, justement celle qu’on vénère encore aujourd’hui dans le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe.

Le sanctuaire fut construit, et attire des milliers et des milliers de Mexicains chaque année, mais aussi de très nombreux pèlerins étrangers.

Juan Diego resta au service de l’Eglise dans ce sanctuaire, jusqu’à sa mort, qui advint le 30 mai 1548.

Il a été béatifié en 1990 et canonisé en 2002.

Sa fête, inscrite au calendrier universel, a été établie à quelques jours de l’anniversaire de l’apparition, le 9 décembre et le Martyrologe le mentionne à cette date. Il devrait être inscrit au 30 mai.

Des observations et des recherches scientifiques furent effectuées sur l’image miraculeuse. On a remarqué que les couleurs de l’image sont restées comme à la surface du tissu, sans l’imprégner. Le tissu lui-même s’est étonnamment conservé depuis plusieurs siècles alors que, fabriqué avec des fibres naturelles, il aurait dû se décomposer depuis longtemps. On a pu également détecter dans les yeux de l’Image sainte l’attitude de l’évêque et de son entourage en position de vénération, avec une petite différence entre l’œil droit et le gauche, conformément à l’impression naturelle des images sur la rétine humaine, ce qui prouverait que l’Image est une véritable photographie, plus qu’un travail artistique comme le serait une icône, un peu comme le Saint Suaire de Turin.

On ne pourra que recommander la lecture des savantes études qui ont été faites sur cette sainte Image.

Lors des cérémonies, des demandes furent adressées au pape de ne pas procéder à cette canonisation, sous prétexte que l’existence-même de Juan Diego n’était pas suffisamment établie. Si cet homme n’a pas existé, la Vierge Marie a bien dû se manifester à quelqu’un, pour qu’on en conserve aujourd’hui un «signe» aussi étonnant.

On a aussi objecté que Juan Diego n’est pas mentionné pendant plus d’un siècle après la fameuse apparition de 1531, comme si l’humilité et la simplicité du Voyant auraient mieux fait de lui suggérer de signer des attestations officielles, avec tampons et en plusieurs exemplaires. Si l’on a mentionné le nom de Juan Diego vers 1650, c’est que la tradition orale a fidèlement transmis l’héritage de cet événement : un siècle est vite passé !

Luke Kirby

1549-1582

 

Né vers 1549 à Bedale (Yorkshire, Angleterre), il fut probablement diplômé de l’université de Cambridge.

S’étant converti au catholicisme à Louvain, il entra au collège anglais de Douai en 1576 et fut ordonné prêtre à Cambrai en 1577.

Ayant quitté Reims pour l’Angleterre en mai 1578, il retraversa la Manche pour aller à Rome au Collège Anglais (1579). En juin 1580, il débarqua à Douvres, mais fut immédiatement arrêté et conduit à Gatehouse (Westminster), puis à la Tour de Londres le 4 décembre. Là, le 9 décembre, on l’immobilisa pendant plus d’une heure sous les ordures.

Il fut condamné à mort le 17 novembre 1581. A partir du 2 avril jusqu’à sa mort, il fut dans les fers et subit le martyre le 30 mai 1582 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1886, canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Thomas Cottam

1549-1582

 

Thomas naquit en Lancashire (Angleterre), de parents protestants, Laurence Cottam et Anne Brewer, et se forma au Brasenose College (Oxford) entre 1569 et 1572. Il vint à Londres comme instituteur. 

S’étant converti au catholicisme, il vint à Douai et fut ordonné diacre en 1577.

Il désirait beaucoup partir aux missions en Inde et pour cela vint à Rome pour entrer dans la congrégation des Jésuites. Son noviciat commença en 1579.

Cette même année, il tomba assez gravement malade et fut envoyé à Lyon pour être soigné. De là il gagna Reims, se jugeant apte à partir pour l’Inde, si sa santé se remettait après un petit voyage en Angleterre. Il fut ordonné prêtre à Soissons, en 1580.

Envoyé presqu’aussitôt en Angleterre, il fut trahi et immédiatement arrêté à Douvres. Un de ses compagnons de voyage réussit toutefois à tromper la surveillance et Thomas rejoignit Londres. Cependant, sachant son compagnon menacé, il vint se constituer.

On l’enferma d’abord à Marshalsea, où l’on croit qu’il célébra sa première Messe. Après avoir déjà subi quelques tortures, il fut envoyé à la Tour de Londres en décembre 1580, où il fut torturé sur le chevalet, ainsi que par ce qu’on appelait ironiquement la scavenger’s daughter : la victime était maintenue sous les immondices pendant une heure (ou plus).

Il comparut au tribunal le 16 (ou le 17) novembre, en même temps qu’Edmund Campion et quelques autres. Ils furent condamnés à mort, mais pour certains, l’exécution de la sentence fut reportée.

Thomas fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, William Filby et Laurence Richardson, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; Thomas et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

Laurence Johnson (Richardson)

? -1582

 

Laurence (Lawrence) naquit à Great Crosby (Lancashire, Angleterre), de Richard Johnson ; on lui trouve les deux noms de famille Johnson ou Richardson, peut-être un pseudonyme qu’il prit pour ne pas compromettre sa famille. 

Il se forma au Brasenose College (Oxford) entre 1569 et 1572.

L’année suivante, converti, il vint à Douai et fut ordonné prêtre en 1577 à Cateau-Cambresis.

Envoyé la même année en Angleterre, il fut bien vite arrêté à Londres et mis en prison à Newgate, jusqu’à sa mise en accusation, le 16 novembre 1581, quand on l’envoya à la Queen’s Bench Prison. Condamné à mort le 17 novembre, il fut envoyé à la Tour, où il passa les deux premiers mois de cette incarcération sans rien pour s’étendre et dormir un peu.

Il fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, William Filby et Thomas Cottam, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; Laurence et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

William Filby

1557-1582

 

William naquit en Oxfordshire (Angleterre), entre 1557 et 1560, et se forma au Lincoln College (Oxford).

En 1579 il fut admis au collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1581.

Envoyé la même année en Angleterre, il fut bien vite arrêté à Londres et mis en prison à la Tour, puis à Marshalsea, et renvoyé à la Tour. 

Condamné à mort le 17 novembre, il passa deux mois sans rien pour s’étendre et dormir un peu, chargé de fers.

Il fut exécuté à Tyburn le même jour que Luke Kirby, Laurence Richardson et Thomas Cottam, le 30 mai 1582.

Luke Kirby fut canonisé en 1970 ; William et les deux autres furent béatifiés en 1886, quand fut confirmé le culte qui leur était rendu depuis trois siècles.

 

 

Richard Newport

?-1612

 

Richard était né à Harringworth (Northamptonshire, Angleterre).

Il est aussi nommé Richard Smith.

Il fit des études à Rome et y fut ordonné prêtre en 1597.

Revenu exercer le saint ministère en Angleterre, il fut à Londres plusieurs années.

Deux fois banni, deux fois il retourna dans le pays clandestinement. Arrêté une troisième fois, il fut condamné à mort, en même temps que William Scott.

Richard Newport mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 mai 1612.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Scott

1579-1612

 

William était né vers 1579 à Chigwell (Essex, Angleterre).

Il reçut le baptême dans l’Eglise anglicane.

Ses études l’emmenèrent à Londres, à l’université de Cambridge (1593-1594), d’abord au Trinity College pendant un an, puis au Trinity Hall, où il appréciait l’excellent enseignement du Droit civil. Il eut son diplôme en 1600 et s’installa à Londres au Inner Temple comme avocat.

Bien qu’il considérât le Catholicisme comme une erreur, il lut un ouvrage de théologie catholique, dont certains arguments le convainquirent d’étudier la chose à fond : après deux années de réflexion intense, il décida d’intégrer l’Eglise catholique.

Un des artisans de cette conversion était un prieur bénédictin, John Roberts (v. 10 décembre). Ce dernier l’admit comme postulant, mais il fallait trouver un noviciat : William et quelques autres postulants, avec dom Roberts, se préparèrent à gagner Valladolid (Espagne). Mais au moment d’embarquer, ils furent arrêtés comme Catholiques.

Ce ne fut qu’un bref retard : on arriva à Valladolid et, de là, William fut envoyé au noviciat de l’abbaye de San Facundo, à Sahagún.

William prit alors le nom de Maurus, et fut ordonné prêtre en 1610.

Sur sa demande, on l’envoya en mission en Angleterre. Don Maurus s’arrêta au monastère Saint-Grégoire de Douai, pour se préparer à son ministère et arriva dans son pays en décembre 1610.

Ajoutons au passage que ce monastère de Douai a été transféré en Angleterre à Downside Abbey.

A peine arrivé, don Maurus apprit que don Roberts avait été arrêté ; il put le rejoindre le 9 décembre, la veille même de son exécution, à laquelle il assista le lendemain.

Don Maurus voulait récupérer le saint corps du Martyr : celui-ci avait été jeté dans une large fosse, avec seize autres criminels exécutés avec lui. Malgré la difficulté de l’entreprise et le danger qu’il courait, don Maurus réussit, deux jours après, à reprendre les restes de son cher ami, mais des gardiens le virent et le dénoncèrent. Le moine fut arrêté.

Il resta une année en prison, jusqu’à ce que l’ambassadeur de Savoir négocia le relâchement des prêtres catholiques emprisonnés. Don Maurus fut banni et envoyé à Douai.

Ce n’était pas fini : le zèle du moine le poussait à repartir. Il le fit. Mais il fut arrêté lors de la semaine de Pâques 1612, avant même de poser le pied à Londres, alors qu’il naviguait encore sur la Tamise.

A l’interroger fut l’ancien évêque anglican de Londres en 1610, maintenant archevêque de Canterbury, qui lui proposa une formule de serment de fidélité au Roi. Mais le texte était tourné de façon à jeter le discrédit sur le Pape et l’Eglise catholique, de sorte que le moine bénédictin proposa sa formule, où il affirmait toute sa fidélité envers le Roi, sans parler du Pape. Cette formule fut refusée, et il fut placé en isolement.

Son procès eut lieu le 28 mai 1612 à Old Bailey. Don Maurus plaida non coupable, démontrant qu’être prêtre ou pas était l’affaire du persécuteur, et non de la justice. Déclaré coupable, il accueillit à genoux sa condamnation à mort, chantant Deo gratias et affirmant avec joie qu’il était prêtre. Puis il expliqua à l’assistance qu’il n’avait pas admis jusque là son identité sacerdotale, uniquement pour voir si la loi allait être respectée, ou bien si plutôt il allait être condamné sur présomption de faute, sans aucune preuve. On voit combien le prêtre était habile à manipuler les textes du Droit.

Le matin du 30 mai, il apparut avec son habit de bénédictin et se déclara une fois encore fidèle sujet du Roi. On l’attacha à la queue d’un cheval, qui le tira par les rues jusqu’à  Tyburn. Sur place, il fit encore le récit de sa vie, de sa foi et de sa conversion ; il remit au bourreau les quelques pièces qu’il avait encore en lui disant : Tiens, mon ami, pour l’amour de moi. Je te les donne de grand cœur et je suis bien content de te pardonner ma mort.

William (Maurus) Scott mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 mai 1612.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

Matiya Kalemba Mulumba Wanté

1836-1886

 

Matiya (Mathias), chrétien de cinquante ans environ fut martyrisé pour sa foi en Ouganda, le 30 mai 1886, et fut canonisé en 1964.

 

Se reporter à la notice Ouganda (Martyrs de l’)

 

 

Giuseppe Marello

1844-1895

 

Né le 26 décembre 1844 à Turin, Giuseppe était l’un des deux enfants de Vincenzo Marello et Anna Maria Viale. Son frère s’appelait Vittorio.

La maman mourut dès 1847. Le papa déménagea à San Martino Alfieri, où Giuseppe fréquenta l’école primaire.

En 1855, revenant d’un pèlerinage à Savona, Giuseppe confia à son père qu’il voulait devenir prêtre. Il entra au séminaire d’Asti en 1856, qu’il quitta au terme des études secondaires en 1862.

Il gagna Turin, avec son père, pour faire des études technico-commerciales. Mais l’année suivante, il contracta le typhus ; une inspiration (ou une vision) de la Sainte Vierge lui suggéra de retourner au séminaire ; il demanda alors, et obtint, la grâce de la guérison rapide et complète. En février 1864, il réintégrait le séminaire d’Asti.

Il fut ordonné prêtre en 1868, et fut nommé secrétaire de l’évêque, en qualité de quoi il l’accompagna lors du premier Concile du Vatican. Après cette expérience, il fut responsable de la presse, directeur de la Doctrine chrétienne, directeur spirituel au séminaire et des Sœurs Milliavacca, chanoine de la cathédrale en 1881, et chancelier du diocèse.

Une de ses œuvres fondamentales fut la fondation en 1872 de la Compagnie de Saint-Joseph, qui évolua en 1878 en Compagnie de Saint-Joseph et qui eut plusieurs dénominations : congrégation de Saint-Joseph, Oblats de Saint-Joseph, ou encore Giuseppini d’Asti («Petits Joseph d’Asti»). Ces jeunes gens devaient apporter leur concours dans l’orphelinat local, mener une vie commune fraternelle, dans l’imitation de l’humble saint Joseph, à l’école de Jésus-Christ.

A partir de 1882, sur invitation de l’évêque, il assuma l’administration de l’hospice d’Asti ; il y ouvrit un collège.

Ses multiples responsabilités, ses initiatives dans le monde social et caritatif, l’ont fait compter parmi les «Saints sociaux» du 19e siècle piémontais : il connut particulièrement saint Giovanni Bosco (voir au 31 janvier), qui l’inscrivit parmi les coopérateurs salésiens, ainsi que saint Leonardo Murialdo (voir au 30 mars).

En 1889 il fut nommé et consacré évêque d’Acqui. Il visita les cent quarante-trois paroisses de son diocèse durant les six années de son bref épiscopat.

En 1890, le Collège théologique Saint-Thomas de Gênes le nomma docteur honoris causa en théologie.

La fatigue et la maladie abrégèrent cette vie très active. Mgr Marello mourut à Savone le 30 mai 1895, juste après y avoir célébré le 3e centenaire de la mort de saint Filippo Neri (voir au 26 mai).

Il fut béatifié en 1993 et canonisé en 2001.

Le miracle retenu pour cette canonisation fut la guérison subite, complète et durable - outre qu’inexplicable scientifiquement - de deux enfants affectés de broncho-pneumopathie avec fièvre, dyspnée, cyanose et dénutrition chronique.

 

 

Jeanne-Germaine Castang

1878-1897

 

Née le 23 mai 1878 à Nojals-et-Clotte (Bergerac, Dordogne), Jeanne-Germaine était la cinquième des onze enfants de modestes propriétaires terriens.

A quatre ans, une poliomyélite lui laissa la jambe gauche paralysée, probablement après qu’elle ait trempé ses pieds dans l’eau glacée du petit ruisseau proche de l’école. La Petite Maine fit ses études avec ses parents puis chez les Sœurs de Saint-Joseph, où on nota déjà sa grande dévotion à l’Eucharistie.

Le papa fit de mauvaises affaires, il tenta de trouver du travail comme boulanger à Bordeaux ; des onze enfants, trois moururent à Nojals-et-Clotte, deux autres à Bordeaux, des suites de tuberculose et malnutrition. La famille connut véritablement la misère. Jeanne-Germaine était allée mendier d’une ferme à l’autre, malgré la plaie béante et purulente qui affectait sa jambe.

L’aînée, Lucie, fut religieuse chez les Sœurs de Saint-Joseph à Aubenas.

Jeanne-Germaine fut en pension à Bordeaux ; elle fut opérée de son pied ; elle y prépara la Première communion et la Confirmation, puis dut revenir à la maison, après la mort de sa mère en 1892, pour s’occuper de son frère aîné, Louis, (qui allait mourir de tuberculose l’année suivante), tandis que son père trouve une place comme gardien de château à La Réole.

Sentant depuis toute petite l’appel à la vie religieuse, elle tenta de rejoindre sa sœur à Aubenas, mais ne fut pas acceptée en raison de son handicap. Elle se tourna vers la vie contemplative des Clarisses, et fut admise sans difficulté dans la communauté de Talence en 1896, sous le nom de Marie-Céline de la Présentation. Elle avait dix-huit ans.

A son tour, elle fut rongée par une tuberculose osseuse, qu’elle supporta avec patience tout en suivant l’austère règle des moniales.

Elle reçut des grâces extraordinaires, surnaturelles, dont elle s’ouvrit en toute simplicité et discrétion. Beaucoup de sources parlent de ces manifestations, sans jamais dire en quoi elles consistèrent.

C’est le 30 mai 1897 (quelques mois avant sainte Thérèse de Lisieux), que s’acheva cette vie marquée par la maladie et les épreuves. Jeanne-Germaine put prononcer ses vœux perpétuels sur son lit de mort.

Jeanne-Germaine venait d’avoir dix-neuf ans. Le même 30 mai de 1431 mourait aussi à dix-neuf ans une autre Jeanne, Jehanne d’Arc.

Par la suite Jeanne-Germaine se manifesta plusieurs fois par des odeurs très suaves, qui la firent nommer la Sainte aux parfums.

Déclarée vénérable le 22 janvier 1957, Jeanne-Germaine a été béatifiée en 2007.

 

 

Otto Neururer

1882-1940

 

Otto était le douzième fils d’un meunier, Peter Neururer et de son épouse Hildegard, née Streng. Il naquit juste le jour de l’Annonciation, 25 mars 1882, à Piller dans le Tyrol autrichien.

Il ressentit très tôt l’appel au sacerdoce et fréquenta, d’abord, le petit séminaire de Brixen puis le grand séminaire, et fut ordonné prêtre en 1907.

Il fut d’abord professeur de religion à Innsbruck, puis curé à Götzens.

C’est durant cette période qu’il eut l’occasion de s’opposer fermement au mariage d’une jeune femme avec un homme qui, reniant son baptême, adhérait aux rangs national-socialistes. Dénoncé, il fut arrêté par la Gestapo le 15 décembre 1938.

D’abord emprisonné à Innsbruck, il fut envoyé en mars 1939 au camp de Dachau, puis en septembre à celui de Buchenwald, près de Weimar.

Là, le père Otto continuait discrètement son apostolat auprès des camarades. L’un d’eux lui demanda le baptême. Bravant toutes les interdictions officielles, le père Otto, en compagnie d’un confrère, Matthias Spanlang, entreprirent l’enseignement et la préparation de leur catéchumène.

Dès que la chose se sut, on arrêta Otto, qui fut déshabillé et pendu le tête en bas. Il resta dans cette position douloureuse pendant trente-quatre heures, au terme desquelles il expira, le sang ayant envahi son crâne. Les bourreaux avaient en outre pourvu à bien envelopper ses jambes dans des peaux d’agneau, pour éviter de laisser sur les jambes des traces des cordes de la pendaison : on savait que le corps risquait bien d’être un jour ou l’autre remis à la famille ou aux autorités diocésaines, d’autant plus que Otto était la première victime autrichienne du camp de Buchenwald.

Un témoin oculaire, le père Alfred Berchtold (1904-1985), souligna que Otto, aussi longtemps qu’il fut conscient, continuait de prier doucement sans élever la voix. Le père Otto rendit l’âme le 30 mai 1940.

Quatre jours plus tard, on annonça à l’appel du soir que le père Spanlang était mort ; on suppose qu’il subit le même sort qu’Otto.

Ensuite le corps d’Otto fut incinéré et l’urne fut expédiée par la poste de Weimar à Innsbruck. La cérémonie des funérailles fut l’occasion d’une grande manifestation de foi. C’est là que Carl Lampert, le provicaire de l’administrateur apostolique de Innsbruck-Feldkirch, publia une annonce où il était dit “qu’on n’oublierait jamais sa mort”, ce qui lui valut à son tour l’arrestation, l’internement à Dachau et le martyre.

Otto Neururer a été béatifié en 1996, mais pas encore Matthias Spanlang, pour lequel une enquête est encore en cours sur les circonstances exactes de sa soi-disant “mort naturelle”.

Carl Lampert, en revanche, dont l’arrestation est liée au martyre d’Otto, a été à son tour béatifié en 2011 (v. 13 novembre).

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