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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 23:00

01 JUIN

I.

S Mémoire, un des Saints Innocents, vénéré à Périgueux.

II.

S Iustinus, philosophe palestinien converti à la vue du courage des martyrs, auteur de deux  Apologies  et du  Dialogue avec Tryphon, dénoncé, torturé et décapité ; avec lui, d’autres martyrs : Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon et Liberianus.

III.

Ss Ammon, Zenon, Ptolemæus, Ingenis et Theophilus, martyrs en Alexandrie ; Theophilus était un vieillard, les autres des soldats ; ils encourageaient un chrétien qui semblait prêt à apostasier.

S Thespèse, martyr en Cappadoce.

S Ischyrion, officier militaire martyr à Assyout, avec cinq autres soldats.

S Firmus, martyr à qui on sectionna les nerfs avant de le décapiter (lieu inconnu).

Ss Félin et Gratinien, soldats martyrs à Pérouse.

S Proculus, martyr à Bologne.

IV.

S Jouin, fondateur du monastère de Ension, qui ensuite prit son nom (V.?).

?

S Révérien, évêque à Autun et martyr.

S Clair, apôtre de l’Aquitaine et martyr.

S Rogat, martyr en Afrique. 

V.

S Fortunatus, prêtre près de Montefalco, dont il est patron.

S Caprasius, solitaire en Provence, maître spirituel des frères Venantius et Honoratus de Lérins.

Florus, premier évêque à Lodève et à l’origine de la ville de Saint-Flour

S Claude, évêque à Vienne.

S Mion, ermite près de Thiers.

S Renan (Ronan), évêque irlandais, ermite en Bretagne.

VII.

S Porchaire, troisième abbé à Saint-Hilaire de Poitiers.

IX.

S Wigstan, prince anglais, traitreusement assassiné par son parrain.

XI.

S Symeon, grec de Syracuse, ermite, itinérant, et reclus ; il habita en Terre Sainte, au Sinaï, passa par Rome, arriva en France (Angoulême, Verdun) et mourut à Trèves.

S Iñigo, abbé à Oña en Espagne, pleuré à sa mort même par les Arabes et les Juifs.

S Conrad (Cuno), martyr à Trèves, où il venait d’avoir été nommé évêque.

XII.

S Teobaldo Roggeri, artisan à Alba, patron des savetiers et des portefaix.

XIV.

B Giovanni Pelingotto, tertiaire franciscain à Urbino.

XVI.

B John Storey, juriste anglais, martyrisé à Tyburn.

XVII.

Bx Alfonso Navarrete Benito, dominicain, Hernando de Saint-Joseph de Ayala, augustin, prêtres espagnols et Leo Tanaka, tertiaire jésuite, martyrs décapités à Nagasaki.

XVIII.

B Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal, chanoine à Moulins, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

S Giuse Phạm Quang Túc, jeune paysan tonkinois, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Giovanni Battista Scalabrini (1839-1905), évêque à Piacenza, fondateur des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée, pour les émigrés en Amérique, béatifié en 1997.

S Annibale Maria Di Francia (1851-1927), prêtre à Messine, initiateur de la congrégation des Rogationnistes du Cœur de Jésus, pour l’apostolat de la jeunesse et les vocations ;  il fit connaître ste Veronica Giuliani et surtout protégea Mélanie Calvat ; béatifié en 1990, canonisé en 2004.

Iustinus

?-165

 

Saint Justin parle de lui-même dans ses écrits, expliquant par quels chemins il avait trouvé la Foi.

Né en Syrie, fils de Priscus et petit-fils de Bacchius, il était de milieu païen. Une grâce particulière lui infusa l’amour de la philosophie, entendue comme recherche de la Vérité.

Il fréquenta successivement plusieurs écoles, qui ne lui apportèrent pas suffisamment de conviction : éliminant d’emblée les épicuriens, il rencontra un stoïcien qui lui disait qu’il n’était pas nécessaire de connaître Dieu ; puis un péripatéticien, qui prétendait à un salaire pour ses “leçons” : “Je n’avais pas songé que la philosophie fût à vendre”, écrit Justin ; puis un pythagoricien lui parla du détachement pour arriver à la contemplation du beau et du bien, mais il lui fallait pour cela étudier la musique, l’astronomie, la géométrie, et il n’avait pas le temps de se mettre à ce travail ; enfin un platonicien, dont la doctrine sur les choses incorporelles l’intéressa beaucoup ; mais il rencontra finalement un vieillard qui l’aida à aller au-delà de la philosophie humaine, pour rencontrer Dieu lui-même, en particulier par la lecture des prophètes, de l’Ecriture Sainte, qui s’était accomplie en la personne de Jésus.

Justin fut alors transformé, il trouve dans l’Ecriture ce qu’il cherchait. Il rencontre des Chrétiens. Ce qui le convainc encore plus, c’est le comportement de ceux-ci devant la persécution : “Entendant les accusations portées contre les chrétiens, et les voyant intrépides en face de la mort, je me dis qu’il était impossible qu’ils vécussent dans le mal et dans l’amour des plaisirs.” 

Il se convertit, corps et âme, reçoit le baptême et désormais consacre sa vie à la diffusion de la Vérité. Il a pu faire un voyage à Rome. 

Vers 135, il rencontra l’éphésien Tryphon, un rabbin, avec qui il engagea des discussions, d’où ressortit un ouvrage qu’il publia ensuite : le Dialogue avec Tryphon, où il montre comment la Nouvelle Alliance l’emporte sur l’Ancienne.

Il s’en vint à Rome où il ouvrit une école et où il chercha de toutes ses forces à confondre les hérétiques : marcionites, valentiniens, basilidiens… On a malheureusement perdu son Traité contre toutes les hérésies. C’est là qu’il écrivit deux Apologies, envoyées à l’empereur, engageant ce dernier à protéger les chrétiens et même à se convertir.

C’est dans ces textes que Justin est amené à parler des sacrements de l’Eglise, le baptême et l’eucharistie. Il décrit l’assemblée dominicale en des termes qui montrent clairement les moments de notre Messe.

Il eut l’occasion de discuter avec un certain Crescens qui, confondu, l’attaqua en le dénonçant, lui et quelques compagnons, que nous retrouvons dans les Actes du martyre de Justin : la chrétienne Chariton, Evelpiste, Hiérax, Pœon, Libérien. On en retiendra quelques réponses savoureuses : 

- Je suis esclave de César ; mais, chrétien, j’ai reçu du Christ la liberté.

- Notre vrai père, c’est le Christ, et notre mère, la foi par laquelle nous croyons en Lui.

Finalement, Justin et ses compagnons sont flagellés, puis décapités.

Saint Justin est fêté le 1er juin.

 

 

Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon et Liberianus de Rome

† 165

 

On a vu en ce même 1er juin les circonstances de la vie et de la mort de s.Justin (Iustinus).

Dans un second article, le Martyrologe nomme ensuite les noms des six disciples de Iustinus qui furent aussi ses compagnons d’interrogatoire, de condamnation et de martyre.

Voici les réponses qu’il donnèrent au préfet de Rome, Rusticus :

Chariton, l’unique femme du groupe : Par la grâce de Dieu, moi aussi je suis chrétienne.

Evelpistus : De César, je suis esclave ; du Christ, j’ai reçu la liberté comme chrétien… J’écoutais avec grand plaisir les leçons de Iustinus, mais j’avais appris de mes parents {qui sont} en Cappadoce, la religion chrétienne.

Ierax : Assurément je suis chrétien : j’aime et adore le même Dieu que ceux-ci. J’ai toujours été chrétien et je le serai toujours… Notre vrai père, c’est le Christ, et notre mère, la foi par laquelle nous croyons en Lui : mes parents selon la chair sont morts. Du reste, je fus amené ici d’Iconium en Phrygie.

Pœon, spontanément, sans même être interrogé : Moi aussi, je suis chrétien. A la question «Qui t’a instruit» : Je tiens de mes parents cette bonne doctrine.

Liberianus : Je suis chrétien, j’aime et j’adore le vrai Dieu.

De Charitus, les Actes ne nous laissent pas de réponse.

A la menace de Rusticus d’être torturés sans merci, ils s’écrièrent tous : Fais vite ce que tu veux, nous sommes chrétiens et nous ne sacrifions pas aux idoles.

Emmenés au lieu des exécutions, ils furent d’abord flagellés avec ces terribles fouets romains aux lanières de cuir si coupantes, et garnies de plombs. Notre Seigneur Jésus-Christ subit lui-même ce supplice. Puis ils furent décapités, le 1er juin 165.

Saints Chariton, Charitus, Evelpistus, Ierax, Pœon, Liberianus de Rome sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis, Theophilus d’Alexandrie

† 249

 

Une lettre de l’évêque Dionysios d’Alexandrie (v. 8 avril), à l’adresse de l’évêque Fabius d’Antioche relate les détails suivants : 

Toute une escouade de soldats, Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis et avec eux le vieillard Theophilus, se tenaient devant le tribunal. Alors qu’on jugeait comme chrétien quelqu’un qui inclinait déjà vers l’apostasie, ceux-ci qui étaient près de lui grinçaient des dents, faisaient des signes de tête, tendaient les mains, gesticulaient de tous le corps. Tout le monde se tourna de leur côté, mais avant qu’on n’eût saisi aucun d’eux, ils se hâtèrent de monter sur le degré, disant qu’il étaient chrétiens ; le gouverneur et ses assesseurs furent remplis de crainte, ceux qui étaient jugés parurent remplis de courage ; ils étaient décidés à être condamnés et les juges avaient peur. Ces hommes sortirent solennellement du tribunal, se réjouissant de leur témoignage : Dieu les faisait triompher glorieusement. 

Le texte ne dit pas si le pauvre Chrétien qui était sur le point d’apostasier, se ressaisit : le martyre des cinq soldats l’éclipsa. De cet unique texte concernant ces Martyrs, il ressort qu’en réalité c’étaient ces courageux soldats, avec ce vieil homme, qui étaient vainqueurs, tandis que les juges étaient totalement désemparés devant eux.

Ils furent décapités, le 1er juin 249.

Saints Ammon, Zeno, Ptolemæus, Ingenis, Theophilus d’Alexandrie sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ischyrion de Lycopolis

† 250

 

Ischyrion était un chef militaire. 

Il fut martyrisé avec cinq de ses hommes à Lycopolis (auj. Assyout, Egypte).

Les six Martyrs subirent différents genres de mort, le 1er juin 250.

Saint Ischyrion de Lycopolis avec ses Compagnons sont commémorés le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Proculus de Bologne

† 300

 

Le martyre de Proculus a été attesté depuis des temps très anciens.

D’après la tradition, il aurait été militaire ; outré par la cruauté du légat impérial Marinus, il se serait rendu chez ce dernier et l’aurait tué à coups de hache. 

Dieu ne permet pas ce genre de réactions. Mais Proculus se racheta : accusé pour sa foi, il fut transpercé de clous énormes.

On croit pouvoir situer son martyre vers 300, à l’époque de la persécution de Dioclétien.

Saint Proculus de Bologne est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Florus de Lodève

† 389

 

Précédemment, Florus passait pour un illustre inconnu. On en avait même fait un des premiers disciples du Christ, envoyé par s.Pierre de Rome évangéliser la Narbonnaise.

On l’a récemment «réhabilité» en lui accordant la primeur du siège épiscopal de Lodève, où il aurait été martyrisé en 389.

Sur son tombeau s’éleva un prieuré bénédictin, puis un évêché, et la ville de Saint-Flour (Hérault).

En 1573, cette ville fut mise à feu et à sang par les Huguenots ; la cathédrale est devenue église paroissiale, le palais épiscopal la mairie.

Saint Florus de Lodève est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fortunatus de Montefalco

† 5e siècle

 

Fortunatus était prêtre à Turrita (Montefalco, Pérouse, Ombrie, Italie C).

Pasteur zélé pour ses ouailles, il travaillait aussi de ses mains et, un jour qu’il passait la charrue, il trouva deux deniers, qu’il voulut donner aux pauvres : à ce moment-là, les deniers apparurent brillants comme l’or. Fortunatus les donna.

On vit un jour une colombe se poser sur sa tête, ce qu’on interpréta comme un signe de Dieu.

Fortunatus fit des miracles de son vivant, mais plus encore après sa mort, qui advint dans les débuts du 5e siècle.

Un chef militaire injustement condamné se trouva libéré de ses liens en passant près de son tombeau.

A cela s’ajoute que le bâton dont Fortunatus se servait pour diriger ses bœufs, fut mis en terre et donna un arbre magnifique, dont les branches avaient des vertus particulières contre les démons.

Saint Fortunatus de Montefalco est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Caprasius de Lérins

† 5e siècle

 

Caprasius (Caprais en français) vivaiten solitaire dans la Provence.

Vinrent le trouver Honoratus (futur abbé de Lérins) et son frère Venantius, qui cherchaient un maître pour les initier à la vie ascétique. Ils partirent pour l’Orient, mais s’arrêtèrent en Grèce, où mourut Venantius. Honoratus et Caprasius s’en revinrent et s’installèrent sur l’île de Lérins.Une grande abbaye s’éleva bientôt à cet endroit.

Caprasius n’en fut jamais abbé, mais il fut présent et continua de suggérer ses conseils à tous les moines et fut, très discrètement, une des gloires de l’Eglise de cette période, mentionné par s.Eucher de Lyon (v. 16 novembre), par Sidoine Apollinaire (v. 21 août).

Il mourut au 5e siècle, après 434.

Saint Caprasius de Lérins est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Renan de Locroman

† 5e siècle

 

Beaucoup de détails de cette notice nous apparaîtront incroyables. Des légendes ont pu se greffer sur des faits historiques réels. Lisons avec la foi, et laissons-nous transporter dans l’amour de Dieu.

Renan (Ronan), irlandais, trouva le christianisme en Grande-Bretagne. Il serait même devenu évêque (ou bien il aurait déjà reçu l’épiscopat en Irlande).

Un ange l’avertit de quitter son pays et d’aller fonder un ermitage en Bretagne ; il arriva ainsi en Armorique, où sa sainte vie lui attira tant de curieux, de fidèles, de malades qui lui demandaient la guérison, qu’il s’enfuit vers le Sud.

Parmi les faits extraordinaires qu’il aurait accomplis, il aurait sauvé une brebis prise par un loup.

Dans son nouvel ermitage, Ronan connut la persécution d’une vilaine femme qui le calomniait. On envoya contre Renan une meute de chiens affamés, qu’il arrêta d’un signe de croix.

La méchante femme l’accusa d’avoir tué sa petite fille, mais Renan la ressuscita.

Il mourut au 5e ou au 6e siècle.

Le pèlerinage de la Grande Troménie à Locroman est une longue procession qui veut suivre la tradition remontant à Renan lui-même, qui la faisait pieds nus et à jeun.

Saint Renan de Locroman est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

Wigstan de Mercie

† 849

 

Wigstan (Wystan) était le fils du roi Wigmund de Mercie et de Ælfflæd.

C’était un prince noble, chrétien, plus attiré par le royaume de Dieu que par celui de la terre.

Après la mort de Wigmund, un parent brigua la main d’Ælfflæd ; Wigstan s’y opposait, en raison de cette trop proche parenté.

Une rencontre fut organisée, et au moment où le parent échangea une accolade avec Wigstan, il le frappa mortellement à la tête, et un soldat l’acheva.

Wigstan n’est pas à proprement parler un martyr qui a versé son sang pour la Foi ; on l’a toutefois vénéré comme tel, victime de son attachement à la Loi divine.

Saint Wigstan de Mercie est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Symeon de Syracuse

fin 10e-1035

 

Symeon, né vers la fin du 10e siècle, était originaire de Syracuse (Sicile), fils d’un Grec, Antonios, et d’une mère calabraise, de nobles parents qui l’élevèrent dans l’honnêteté et la recherche du meilleur.

Antonios, son père, fut employé au service de l’empereur de Constantinople : il y emmena son fils de sept ans pour lui faire faire de bonnes études. Outre le grec et l’arabe, Symeon apprit aussi le syriaque, le copte et le latin, ce qui lui valut le surnom de Pentaglossos, «qui parle cinq langues».

Tel un saint Basile (v. 1er janvier), Symeon ne se laissa pas griser par l’ambition, par la place de son père, ni par les plaisirs de ses compagnons : il chercha plutôt à se retirer pour être plus proche de Jésus-Christ.

Il dit adieu au monde, à son père, au monde, et se joignit à un groupe de pèlerins qui partaient pour les Lieux Saints de Palestine. Là, pendant sept années, il accueillit et guida les pèlerins. 

Puis il se mit à l’école d’un solitaire, reclus dans une vieille tour ; ce dernier apprécia la sainteté de son disciple et, se contentant du haut de la tour, laissa Symeon habiter dans le bas. Il apprit à dominer les tentations, les distractions ; il fut consterné quand il se rendit compte que son «père» avait disparu : le saint homme avait préféré aller mourir ailleurs, ignoré totalement.

Symeon, craignant cette trop grande solitude, lut assidûment les Vies des Pères et se rapprocha d’un monastère à Bethléem, où il resta deux années. L’abbé fut assez convaincu de la grande vertu de Symeon, pour le faire ordonner diacre, et faire profiter au monastère de ses vertus et de ses enseignements.

Mais l’humilité de Symeon le poussa à fuir cette estime qu’on avait de lui et obtint de l’abbé de se retirer au monastère du Mont-Sinaï, où il fut ordonné diacre ; y ayant progressé encore plus dans la sainteté, mais insatisfait de sa médiocrité, il obtint de se retirer dans une grotte sur le bord de la Mer Rouge. Un moine lui apportait tous les huit jours un peu de pain.

Symeon aimait cette vie de pénitence et de solitude, mais il comprit que le bon moine se fatiguait pour lui apporter son pain, et aussi que les voyageurs de la Mer Rouge l’observaient continuellement ; aussi revint-il dans le monastère. Il était si exemplaire, que les moines en conçurent une plus grande ferveur pour leur propre vie. Le démon, artisan du mensonge, de l’orgueil et de la division, tenta beaucoup Symeon, qui sut en déjouer les astuces et avança encore plus vers la sainteté.

Ses pénitences étaient extrêmement rigoureuses : il se contentait de l’Eucharistie pendant toute une semaine, il se flagellait, portait des chaînes, veillait la nuit et, s’il dormait, c’était pour peu de temps et sur la terre nue.

Le monastère recevait chaque année des subsides du duc de Normandie, Richard II ; mais ses envoyés étant morts en chemin, il fit prévenir les moines de venir sur place pour recevoir ce qu’il voulait leur remettre. On choisit Symeon pour cette mission ; ce dernier, quoique inspiré par Dieu sur l’inutilité de ce voyage, obéit humblement à l’ordre du Supérieur et se mit en route.

A peine embarqué sur le Nil, Symeon fut attaqué par des pirates, il gagna la côte à la nage et finalement atteignit Antioche de Syrie, espérant y trouver un bateau pour l’Europe. Justement, un groupe de pèlerins revenait de Jérusalem, parmi lesquels l’abbé de Tholey (ou l’abbé Richard de Saint-Vanne) ; ils partirent ensemble et, arrivés à Belgrade, furent empêchés de continuer leur route. Là, ils se séparèrent (ou furent séparés) et Symeon gagna Rome pour repartir en France. 

Après un long voyage qui ne fut pas sans dangers, il arriva à Rouen, où il apprit la mort de Richard II ; comme son successeur n’entendait pas renouveler les largesses du Défunt, Symeon rejoignit à Verdun l’abbé de Saint-Vanne, qu’il avait connu à Jérusalem, puis passa au monastère de Saint-Martin de Trèves, où sa célébrité l’avait précédé depuis longtemps et les moines le reçurent avec joie. Même l’évêque de Trèves, saint Poppon, le prit comme compagnon de voyage pour un pèlerinage aux Lieux-Saints (1028). Cette fois-ci, le voyage fut sans encombres, et Symeon rendit beaucoup de services au saint Evêque, comme interprète et en fin connaisseur de la région.

Au retour, l’évêque proposa à Symeon le lieu qu’il aurait préféré pour le reste de ses jours. Symeon, heureux de pouvoir enfin se retirer, obtint une petite cellule dans l’une des tours de la cathédrale de Trèves, d’où il pouvait assister aux services religieux, et écouter l’office divin. C’est l’évêque lui-même qui célébra la cérémonie durant laquelle Symeon fut enfermé dans cette tour, le 29 novembre 1030. Il ne devait plus en sortir jusqu’à sa mort.

De la petite fenêtre de sa cellule, d’où il entendait les offices de la cathédrale, il recevait le pain que lui apportait un clerc et il répondait aux questions de ceux qui le questionnaient, derrière le double rideau qui fermait cette fenêtre.

Peu après, toute la région fut dévastée par une grave inondation ; le peuple attribua cette intempérie à des pouvoirs magiques de Symeon et voulut abattre la tour. Mais Symeon ne s’émut pas de cette agitation ; il continua sa vie de prière et de jeûne, repoussant les violentes attaques du démon, mangeant un peu de pain, de haricots avec de l’eau. Pour prier, il se dressait et levait les bras au ciel, jusqu’à ce que la fatigue l’obligeât à se coucher à terre pour dormir. 

Un jour que le pain n’avait pas bougé pendant plusieurs jours, on accourut et l’on vit Symeon mourant ; le moine Eberwin - plus tard abbé de Saint-Martin de Trèves, se trouva soudain guéri de sa paralysie pour apporter le Viatique à Symeon.

Symeon mourut le 1er juin 1035. Comme il l’avait demandé, il fut revêtu d’un pauvre sac et enterré dans sa cellule même. On retarda ses obsèques pendant un mois, si nombreux étaient ceux qui voulaient le vénérer une dernière fois avant de le quitter. 

Les miracles qui se produisirent alors et après les obsèques, aboutirent à une canonisation officielle dès 1042 ou 1047.

Quatre siècles plus tard, on retrouva intact le corps du Saint. On construisit une chapelle au lieu de sa cellule. 

Saint Symeon de Syracuse (ou du Mont-Sinaï ou de Trèves) est commémoré le 1er juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iñigo d’Oña

? - 1068

 

Iñigo était né, très probablement, à Calatayud (Saragosse, Aragon, Espagne), une ville sous occupation islamique, avec un quartier juif.

Du jeune Iñigo, on écrivit qu’il était la douceur même.

Après une période de vie solitaire, il entra dans le monastère bénédictin de San Juan de la Peña et, peu de temps après son ordination sacerdotale, en accord avec les supérieurs, il se retira à nouveau dans une grotte des environs.

C’était une vie de prière, de veilles et de jeûnes, mais pas d’isolement total. Iñigo attira par son style de vie et ses miracles des curieux, bien sûr, mais aussi des gens avides de conseils avisés pour suivre la voie de la sainteté. Beaucoup, dit-on, embrassèrent ainsi la vie religieuse.

Or il y avait dans la province de Burgos un monastère fondé en 1010 où, après qu’y vécurent des moniales, y avaient été installés des moines avec la règle de Cluny. On leur cherchait un Supérieur capable pour succéder au premier Abbé et l’on pensait inviter Iñigo, qui s’y refusa catégoriquement.

Ce fut le roi Sancho III qui vint le supplier en personne. A ses humbles supplications, Iñigo céda et descendit des montagnes de Xaca pour rejoindre celles de Burgos.

Un document de l’époque parle de l’Abbé Iñigo en octobre 1034.

Mais cette abbaye était dotée de grandes possessions territoriales, d’où elle pouvait retirer sa subsistance, de sorte que le nouvel Abbé devenait l’authentique évêque d’un grand diocèse, avec des terres dans les régions de Burgos, Logroño, Palencia et Santander. D’anachorète, le bon Iñigo devint malgré lui un grand voyageur, accompagnant même le roi dans ses expéditions, s’efforçant d’apporter la paix entre les ennemis.

En 1063, il fut appelé à León pour recevoir le corps de Saint Isidro.

Mais l’œuvre principale d’Iñigo fut l’application intégrale de la règle dans son monastère : Le silence était silence, le jeûne, jeûne, la clôture, clôture. 

Par ses douces interventions et ses prières, il transforma littéralement un moine au caractère acariâtre (eh oui, ça existe !). Sa bénédiction profita aux cultures d’Oña et des environs. Un coquin de berger, qui pensait faire paître son troupeau dans la vigne que venait de faire planter l’Abbé près du fleuve, se trouva puni en devenant momentanément bossu, jusqu’à ce qu’il reconnût sa faute et s’en repentît. Iñigo intervint en faveur des pauvres, des opprimés, des prisonniers ; il rapprocha débiteurs et créanciers.

Il y eut de véritables miracles, comme la guérison de paralytiques, la naissance d’un fils pour une mère stérile depuis quinze ans, la résurrection d’un jeune garçon ; des pluies providentielles…

Lors de la reconquista, il y eut des frictions entre quartiers chrétiens et maures, non loin du monastère ; Iñigo les pacifia ; seul le chef maure refusait les conditions, et il mourut peu après, comme l’avait annoncé Iñigo. Il se trouva un jour en face d’une bande de voleurs qui, ne pouvant lui prendre l’argent qu’il n’avait pas, le menacèrent de lui prendre la vie : il leur répondit si gentiment que pour lui, perdre la vie c’était mettre fin à beaucoup de soucis, qu’ils changèrent totalement de conduite et devinrent ses grands amis.

Sa plus grande «conquête» fut sans doute celle de l’évêque d’Oca, un certain Ato ou Adón, qui se mit totalement sous la direction d’Iñigo, se retira dans un ermitage et, mort en odeur de grande sainteté, fut enseveli dans le propre monastère d’Oña.

En mai 1068, Iñigo alla encore une fois visiter les églises alentour. Il se trouva si mal à Solduengo, qu’il fallut le porter jusqu’au monastère, de nuit. Iñigo remarqua près de lui des jeunes gens qui portaient des torches allumées ; il s’en émut et pria ses moines de les aider, de leur donner à boire ; mais les moines ne voyaient qu’une grande lumière, et pas de jeunes gens : c’étaient sans doute les anges gardiens…

Arrivé au monastère, Iñigo reçut les derniers Sacrements, recommanda encore à ses moines l’amour, la fraternité et l’observance de la règle, et leur donna sa bénédiction.

Don Iñigo mourut le 1er juin 1068, pleuré autant par les moines et les Chrétiens, que par les Maures et les Juifs.

On n’est pas sûr qu’il ait été canonisé un siècle plus tard, mais il fut toujours vénéré comme Saint et inscrit au Martyrologe en 1748.

On a de lui deux ouvrages étonnants : des Observations sur l’arithmétique et des Calculs astrologiques sur la naissance de certains princes et autres personnages connus.

Iñigo d’Oña est évidemment le patron d’Oña, mais aussi des prisonniers. Beaucoup de miracles furent obtenus par son intercession et son nom fut souvent donné aux garçons ; un de ceux-là fut Iñigo de Loyola (v. 31 juillet).

 

 

Teobaldo Roggeri d’Alba

1099-1150

 

Teobaldo Roggeri vit le jour en 1099 à Vicoforte (Cuneo, Piemonte, Italie NO), de parents de la petite bourgeoisie.

Préférant la pauvreté, il laissa la maison (ou bien, selon certains, fut tôt orphelin de ses parents), et vint travailler à Alba chez un savetier. A la mort de ce dernier, il abandonna à la veuve ce qu’il avait gagné et partit en pèlerinage à Compostelle.

De retour à Alba, il se mit au service des autres comme portefaix, voulant imiter le Christ qui portait sa croix, mais surtout qui portait les charges des autres. Teobaldo cherchait surtout à partager les peines des autres et, pour mieux y parvenir, s’imposait des jeûnes et des macérations.

Il n’avait pas que des amis ; on se moqua de ce «SDF» qui couchait sur le parvis de l’église ; il céda à la tentation et lança une malédiction. Repentant, il se proposa à balayer chaque jour la cathédrale et d’allumer les lampes du sanctuaire.

Il mourut le 1er juin de 1150. Sur sa demande, il fut enterré dans un terrain vague entre la cathédrale et la proche église. 

Plusieurs enfants morts étant ressuscités par son intercession, il fut canonisé en 1429, devenant le patron des savetiers ou cordonniers, ainsi que des portefaix du Piémont.

 

 

Giovanni Pelingotto

1240-1304

 

Giovanni Pelingotto (ou Pelino Goto) était né en 1240 à Urbino (Italie CE), fils d’un riche marchand d’étoffes, ce qui lui conféra une grande ressemblance avec François d’Assise, quelques années plus tôt (v. 4 octobre).

Le père voulut l’initier au commerce, mais Giovanni, à douze ans, était déjà bien décidé à suivre une autre voie. Il finit par l’emporter sur son père et, à quinze ans, demanda son admission au Tiers-Ordre franciscain.

Il en reçut l’habit de toile grossière, se mit à soulager la misère des pauvres, des malades, se privant discrètement même du nécessaire ; mais plus il cherchaiti à se cacher, plus sa charité le dénonçait ; il feignit même la folie, inutilement.

Il ne put éviter cette longue extase qu’il eut dans la cathédrale.

Lors de l’Année sainte de 1300, il alla à Rome pour gagner l’indulgence, mêlé au milieu de toute la foule des pèlerins et se croyant incognito ; et voilà qu’un pèlerin le désigna : Mais, c’est le saint homme d’Urbino ! Rien à faire, on le reconnaissait, ses vertus le dénonçaient.

De retour à Urbino, il intensifia sa vie de mortification, marchant pieds nus, vêtu très pauvrement. Il dut supporter aussi une pénible maladie qui lui enleva la parole : il ne la retrouva que quelques jours avant la mort.

Au moment de mourir, il dit Partons d’ici avec confiance. Et à ceux qui lui demandaient Où ?, il répondit : A la gloire du Paradis !

Il s’éteignit le 1er juin 1304.

Son culte fut reconnu en 1918.

John Storey

1504-1571

 

John Storey était né à Salisbury (Wiltshire, Angleterre), de Nicholas Storey (ou Story).

Il se forma à Hinxsey Hall (Oxford), obtint le grade de lecteur en droit civil (1535) et, de 1537 à 1539, fut président de Broadgates Hall, l’actuel Pembroke College.

Il semble qu’il ait abjuré le catholicisme en 1545.

Il fit partie du parlement de Salisbury en 1545 et de Hindon en 1547 ; mais il subit la prison en 1548-1549 pour s’être opposé au Bill of Uniformity, ce projet d’introduire la doctrine protestante en Angleterre et au Pays de Galles. A sa libération, il émigra avec sa famille à Louvain, et revint en Angleterre à l’accession au pouvoir de la reine Mary (1553).

Il fut alors professeur de droit civil, chancelier des diocèses de Londres et d’Oxford, secrétaire de l’évêque Bonner et doyen du chapitre. Il soutint activement la reine Mary dans la lutte contre l’hérésie.

De 1553 à 1560, il eut un siège au parlement, jusqu’à ce que la reine Elizabeth manifesta contra lui son déplaisir pour son opposition à l’Acte de Suprématie.

John fut enfermé au Fleet (mai 1560), s’échappa, fut repris et emprisonné au Marshalsea (1563), s’échappa à nouveau et rejoignit Anvers où, renonçant à sa citoyenneté anglaise, il se fit sujet espagnol. Mais en 1570, il fut rejoint par les services d’espionnage anglais, fut arrêté à Bergen-op-Zoon et reconduit à Londres sous bonne garde. On l’enferma à la Tour de Londres jusqu’à son procès et son martyre.

Le procès se tint le 26 mai 1571 : jusqu’à cette date, John subit plusieurs fois la douloureuse torture du chevalet. Lors du procès, il fut accusé d’avoir comploté contre la vie de la reine et, durant sa présence à Anvers, d’avoir été aux côtés de rebelles du nord. John répéta sans cesse qu’il n’avait rien à voir là-dedans, mais s’abstint ensuite d’exposer une quelconque défense, du moment qu’il était un citoyen espagnol et que les juges n’avaient aucune juridiction sur lui.

A ce semblant de jugement, était présent Edmund Campion, qui comprit son erreur et revint pleinement à la foi catholique (voir au 1er décembre).

John Storey fut condamné à mort le 27 mai et la sentence fut exécutée le 1er juin 1571, à Tyburn. Les bourreaux s’arrangèrent pour rendre ce martyre aussi barbarement cruel que possible.

Le culte rendu à John Storey fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

Alfonso Navarrete Benito

1571-1617

 

Il naquit le 21 septembre 1571 à Logroño (Espagne).

Entré dans l’Ordre dominicain, il appartenait au couvent de Valladolid et fut ordonné prêtre.

En 1598, il fut envoyé à la mission de Manille (Philippines).

Entre 1602 et 1611, il sera de retour en Espagne, avant de réembarquer à la tête d’une nouvelle équipe missionnaire. Cette fois-ci, il alla au Japon, comme vicaire provincial de la mission dominicaine.

Lors de la persécution, pour éviter de compromettre les fidèles qui l’aidaient et le cachaient, il alla se présenter de lui-même comme prêtre catholique, s’exposant ainsi à de sévères tortures et au martyre.

Il fut décapité sur l’île de Takaxima, le 1er juin 1617, et fut béatifié en 1867.

 

 

Hernando Ayala Fernández

1575-1617

 

Hernando (ou Fernando) naquit en 1575 à Ballesteros de Calatrava (Ciudad Real, Espagne centre) de Hernando de Ayala et María Fernández, qui étaient de sang noble.

Il entra chez les Augustins de Montilla (Cordoue) en 1593 et fit la profession l’année suivante, avec le nom de Hernando de Saint-Joseph.

Doté de grandes capacités intellectuelles, il fit des études à Alcalá de Henares et même y enseigna.

Pourtant, sa soif des âmes l’appelait aux missions lointaines. Il partit pour les Philippines en 1603. Le voyage devait se faire en traversant l’Atlantique et le Pacifique. A l’escale du Mexique, il prêcha, suscitant l’admiration des auditeurs.

Il resta un an à Manille, puis pénétra au Japon en 1605.

Après avoir appris la langue en quelques mois seulement, il se mit au travail : les catéchumènes ne manquaient pas, mais les baptisés aussi avaient besoin d’un prêtre, de ses conseils, des sacrements. On a rapporté qu’en deux années, le père Hernando avait baptisé quelque trois mille enfants et adultes.

Il mit aussi à profit sa connaissance du japonais pour traduire plusieurs livres et en composer quelques-uns aussi, qui furent précieux pour la dévotion des Chrétiens nippons.

Après cette première période, en 1607 il repassa aux Philippines pour demander de l’aide. Au retour, il fut nommé Provincial de l’Ordre augustin.

En 1612, il fonda un petit couvent à Nagasaki, dont il fut le prieur. Mais c’est à partir de ce moment-là que la persécution s’accentua et il dut travailler dans la clandestinité.

En 1617, avec le père dominicain Alonso Navarrete, il se rendit à Ōmura où les Chrétiens avaient besoin de prêtres. Mais leur zèle les fit rechercher et arrêter.

Le seul fait d’être prêtres les condamnait à mort. Ils furent exécutés à Tacaxima (ou Ōmura), décapités, le 1er juin 1617.

Les restes des deux Martyrs furent enfermés dans une caisse, qu’on jeta en mer avec une grosse pierre ; mais quelques années plus tard, les cordes de la pierre s’étant détachées, la caisse remonta à la surface et des Chrétiens purent recueillir les corps.

Les pères Ayala et Navarrete furent béatifiés en 1867.

 

 

Leo Tanaka

1590-1617

 

Leo naquit vers 1590 à Ōmi (Japon).

Baptisé, il fut catéchiste dans le diocèse de Nagasaki.

Il subit le martyre à Ōmura, le 1er juin 1617.

Il fut béatifié dans un groupe de deux-cent cinq Martyrs du Japon, en 1867.

Jean-Baptiste Vernoy de Montjournal

1736-1794

 

Originaire d'Autun, où il était né le 17 novembre 1736, il reçut au baptême les noms de Jean-Baptiste Ignace Pierre.

Chanoine de Moulins, au moment de la Révolution française, il fut, en raison de son sacerdoce, déporté sur le bateau négrier Les Deux Associés.

La longue marche à pied qu'on le contraignit à faire lui causa de douloureuses ampoules qui s'infectèrent. En absence de toute hygiène à bord du navire, les plaies dégénérèrent en scrofules, et le chirurgien dut amputer les deux jambes du pauvre prêtre.

Atteint de maladie pédiculaire (causée par les poux), il se mourait relégué sous une écoutille, comme un lépreux, sans perdre sa patience et sa douceur.

Il mourut sur l'Ile Madame. Le 1er juin 1794.

Il fut béatifié parmi les Martyrs des pontons de Rochefort, en 1995.

 

 

Giuse Phạm Quang Túc

1852-1862

 

Officiellement, Giuse (Joseph) avait neuf ans au moment de son arrestation. Il se peut que les documents à notre disposition aient contenu quelque inexactitude, car on est en droit de se demander si la façon d'arrêter ce garçon, de le torturer, de l'interroger, et de le mettre à mort ont bien pu concerner un enfant de neuf ou dix ans, ou pas plutôt un jeune homme de dix-neuf ans.

Giuse serait né en 1852 à Hoàng Xá (Bắc Ninh, Hưng Yên, Vietnam). Peut-être est-il né en 1843, troisième enfant de parents agriculteurs.

Lors de la persécution qui se déchaîna en 1862, il fut arrêté, puis fut mis en isolement à Đông Khê Khoái Châu, chargé de lourdes chaînes, pendant quatre mois. D'autres jeunes gens comme lui furent arrêtés, et se retrouvèrent en prison, s'exhortant mutuellement.

Des amis essayèrent de soudoyer les gardiens pour libérer Giuse, mais il refusa lui-même, préférant s'en remettre à la volonté de Dieu.

Un prêtre écrivit à cette époque qu'il était difficile de savoir le nombre exact des victimes de cette persécution, tant il y en eut. L’ordre était donné de faire disparaître totalement cette religion. Par centaines furent arrêtés et exécutés les Chrétiens ; des villages entiers de Chrétiens furent détruits.

Giuse fut exécuté à Nam Định, le 1er juin 1862.

Il fut béatifié en 1951, et canonisé en 1988.

 

 

Giovanni Battista Scalabrini

1839-1905

 

Né et baptisé à Fino Mornasco (Côme, Italie nord) le 8 juillet 1839, Giovanni Battista était le troisième des huit enfants de Luigi Scalabrini et Colomba.

Ordonné prêtre en 1863, il fut professeur puis recteur au petit séminaire de Côme, avant d'être nommé curé à Côme : de cette époque datent le Catéchisme catholique et le Petit Catéchisme pour les Tout-petits, qu'il publia dans l'intention de fournir un texte approprié aux exigences du temps.

En 1875 il fut nommé évêque de Plaisance et en tant que tel continua son effort pour rénover les méthodes de catéchèse. 

Il fonda la première revue catéchistique d'Italie, Le Catéchiste catholique, et encouragea à Plaisance la formation d'un groupe d'étude pour la méthodologie catéchistique, ainsi que le premier congrès catéchistique d'Italie.

En 1887 il fonda la Congrégation des Missionnaires de Saint-Charles-Borromée (appelés Scalabriniens), qui devaient être présents parmi les émigrés italiens.

Dans son diocèse, l'évêque fit cinq fois la visite apostolique de toutes ses paroisses, convoqua trois synodes, et consacra deux cents églises nouvelles.

En 1895, il fonda la branche féminine des Missionnaires de Saint-Charles.

En 1901 et 1904 il fit une visite pastorale auprès des Italiens émigrés aux Etats-Unis et au Brésil.

Mgr Scalabrini mourut le 1er juin 1905, et il fut béatifié en 1997.

Sa devise épiscopale était : Video Dominum innixum scalae (Je vois le Seigneur au sommet de l’échelle, cf. Gn 28:13).

 

 

Annibale Maria Di Francia

1851-1927

 

Né à Messine (Sicile) le 5 juillet 1851, Annibale était le troisième des quatre enfants d'une famille noble.

Le père, Francesco, appartenait aux Marquis de Santa Caterina dello Ionio ; il était cavalliere, vice-consul pontifical et capitaine honoraire de la marine royale de la maison des Bourbon. Son frère, Raffaele, fut moine cistercien et professeur de Lettres et de Philosophie au Collège des Gentilshommes de Messine ; sa sœur, Luisa, épousa un des proches de Cavour.

La mère, Anna Toscano, appartenait aux Marquis de Montanaro ; son frère, don Giuseppe Toscano, fut directeur du journal La Parole Catholique.

Les quatre enfants de Francesco et Anna, Giovanni, Caterina, Annibale, Francesco, reçurent aussi le nom de Maria au baptême. Giovanni, journaliste, mourut assez jeune, ainsi que Caterina. Francesco devint prêtre, comme Annibale.

Le père d'Annibale mourut en 1852, quand le petit garçon n'avait pas encore deux ans. Il fut confié à sa tante, pour soulager sa pauvre maman, bien jeune (elle avait vingt-trois ans) pour s'occuper seule de ses quatre enfants.

En 1859, Annibale et son petit frère Francesco revinrent auprès de leur mère, pour éviter la contagion d'une épidémie de choléra.

Annibale passa au Collège où enseignait son oncle Raffaele. Un jour qu'un pauvre mendiant vint demander l'aumône et que les garçons se moquèrent de lui, Annibale se leva devant tous ses camarades et remit son repas au mendiant.

Quand Garibaldi entra dans Messine, la famille se réfugia momentanément à Naples, puis revint dans la capitale sicilienne.

A la fin de ses études, Annibale sentit fortement l'appel au sacerdoce. Une religieuse mystique, Maria Luisa de Jésus, lui prédit qu'il serait prêtre et ferait un grand bien pour l'Eglise.

Annibale reçut l'ordination sacerdotale en 1878.

Avant cette ordination, deux événements mystérieux marquèrent la destinée d'Annibale.

Dans un train, assis près d'un autre prêtre, Annibale jugea opportun de donner à ce prêtre 100 lires, tandis que son compagnon de voyage lui suggérait de n'en donner que 50. Juste après, Annibale se rendit compte d'avoir reçu mystérieusement une enveloppe de 1000 lires.

Ayant rencontré un pauvre aveugle, dont se moquaient certains enfants, il l'emmena chez lui, lui donna de bons vêtements et le mit dans son lit. Voulant déposer un baiser sur le visage de cet aveugle, il se rendit compte que c'était le visage du Christ, et il le baisa plusieurs fois.

Cette rencontre mit don Annibale en contact avec l'horrible misère des maisons Mignuni, habitations sordides du quartier Avignone. Avec l'accord de l'évêque de Messine, don Annibale voulut vivre au milieu de cette population, pour en partager la misère, la crasse, la pauvreté spirituelle et matérielle. 

Il ouvrit une école pour les petits garçons et une pour les petites filles, premières victimes innocentes de cette pauvreté misérable. L'œuvre ne fut pas facile, et Annibale reçut même des menaces.

Don Annibale s'entoura d'une famille de religieuses, guidée par Natalina Briguglio. Mais après une dizaine d'années de collaboration, celles-ci se retirèrent pour former leur propre maison, dont l'aumônier fut alors le frère d'Annibale, don Francesco.

L'œuvre missionnaire proprement dite de don Annibale commença en 1882, avec la création d'orphelinats placés sous la protection de saint Antoine de Padoue. Ce fut le début d'un courant qui se propagea dans le monde entier.

C'est alors que don Annibale se rendit à Galatina (Lecce), où vivait la voyante de La Salette, Mélanie Calvat. Il la supplia de venir le seconder. Pendant dix ans, Mélanie donna ses conseils aux religieuses que voulait fonder don Annibale.

Don Annibale fonda ainsi deux Instituts pour encadrer son œuvre d'assistance aux enfants abandonnés : les Filles du Zèle Divin (1887), et les prêtres Rogationistes (1897).

L'appellation “rogationistes” vient du commandement évangélique du Seigneur : Priez (Rogate) le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson (Lc 10:2).

En 1884, don Annibale reçut une première machine à imprimer, avec laquelle il ouvrit une imprimerie, qui donna du travail aux orphelins. L'imprimerie grandit et devint en 1908 l'Imprimerie du Sacré-Cœur. 

En 1927, don Annibale tomba malade en février et mourut le 1er juin 1927.

Pour la béatification et la canonisation de don Annibale, furent reconnus deux miracles de guérison totale et durable, scientifiquement inexplicables ; ce fut le cas d'une petite brésilienne et d'une petite philippine.

Cette dernière fut guérie en 1993 d'une grave méningite bactérienne avec pseudomonas, hydrocéphalie et atrophie du cortex cérébral ; la maladie résistait à tous les antibiotiques connus. Une neuvaine au bienheureux Annibale Di Francia aboutit en un mois à la guérison totale et sans aucune séquelle.

Don Annibale Maria Di Francia a été béatifié en 1990 et canonisé en 2004.

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