Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 23:00

03 JUIN

 

III.      

S Cecilius, prêtre de Carthage qui convertit s. Cyprien.

IV.    

S Hilarius, évêque à Carcassonne.

VI.    

Ste Clotilde, épouse de Clovis ; elle souffrit plus de ses enfants que de son mari ; elle est fêtée en France le 4 juin.

Ss Lifard (Liéfard) et Urbice, abbés à Meung-sur-Loire.

?    

Ss Lucillien et quatre enfants, Claude, Hypace, Paul, Denis, ainsi que ste Paule, martyrs à Constantinople.

Ste Oliva, vierge à Anagni. 

VII.    

S Coemgen, abbé à Glendalough, mort à cent-vingt ans, un des patrons de Dublin. 

S Genès, évêque à Clermont.

IX. 

S Isaac, jeune moine martyr à Cordoue, décapité, brûlé.

XI.    

S Davin, pèlerin arménien mort à Lucques.

XII.    

S Morand, moine alsacien de Cluny, envoyé à Altkirch où il est patron des vignerons ; la maison Habsburg le vénère particulièrement depuis qu’elle a obtenu une de ses reliques.

XIII.    

B Andrea Caccioli, franciscain à Spello ; il vit un jour l’Enfant-Jésus, le laissa pour aller à l’office et le retrouva ensuite : l’Enfant-Jésus le félicita pour son obéissance.

S Cono, moine à Sainte-Marie de Cadossa, très vite consommé en sainteté.

XVI.    

B Francis Ingleby, prêtre anglais, martyrisé à York.

S Juan Grande Román el Pecador, espagnol, des Frères hospitaliers de Saint-Jean-de Dieu, très actif, mystique, canonisé en 1996.

XVIII.    

B Charles-René Collas du Bignon, sulpicien, supérieur du petit séminaire à Bourges, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.    

S Phaolô Vũ Văn Dương (Đống), père de famille tonkinois, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Achileo Kiwanuka, Adolofu Mukasa Ludigo, Ambrosio Kibuka, Anatoli Kiriggwajjo, Bruno Serunkuma, Gyavira Musoke, Karoli Lwanga, Kizito (le plus jeune, quatorze ans), Lukka Banabakintu, Mbaga Tuzinde, Mugagga Lubowa, Mukasa Kiriwawanvou, Yakobo Buzabaliawo, jeunes garçons de l’Ouganda (entre quatorze et trente ans), martyrisés pour avoir résisté aux instincts dépravés du roi ; Karoli (Charles), brûlé à petit feu avec les autres, est le patron de toute la jeunesse africaine. Dix autres martyrs, plus âgés, sont aussi mentionnés à d’autres dates.

XX.    

B Giuseppe Oddi (Diego de Vallinfreda, 1839-1919), franciscain romain, thaumaturge, béatifié en 1999.

S Jean XXIII (1881-1963), pape (1958-1963), béatifié en 2000 et canonisé en 2014 ; il est fêté le 11 octobre, jour où il inaugura le Concile.

Clotilde épouse de Clovis

473-545

 

Clotilde - réellement Crotechildis -, l’illustre épouse de notre premier roi chrétien Clovis, était l’une des deux filles de Chilpéric II, roi burgonde, et Carétène ; elle était née vers 473 ; l’autre fille s’appelait Sédeleube.

Chilpéric siégeait à Lyon mais, à sa mort, son épouse et les deux filles se retirèrent à Genève.  C’est là que Sédeleube fonderait bientôt un monastère et s’y retirerait.

La belle Clotilde fut bientôt proposée en mariage à Clovis, le jeune roi des Francs ; les fiançailles se firent par procuration et, quand on annonça à Clovis la prochaine arrivée de Clotilde, il se hâta d’aller au-devant d’elle à Villery, au sud de Troyes. Les noces furent célébrées solennellement.

On sait quel rôle tint la chrétienne Clotilde auprès de Clovis, qui n’était pas encore baptisé, ni même bien croyant.

Une première épreuve frappa le couple, quand leur premier enfant, Ingomer, mourut peu après son baptême : Clovis accusa alors le Dieu de Clotilde de lui avoir pris son enfant. Mais leur deuxième fils, Clodomir, gravement malade lui aussi, resta en vie, et le roi cessa alors d’accuser son épouse. Ils eurent ensuite trois enfants : Childebert, Clotaire et Clotilde.

Vers 496, Clovis eut à affronter des Barbares à Tolbiac et, durant la mêlée, implora le Dieu de Clotilde, en promettant de se faire baptiser s’il obtenait la victoire. Victorieux, Clovis reçut les leçons de catéchisme de Clotilde, conseillée par le saint évêque Remi (v. 13 janvier).

On date traditionnellement le baptême de Clovis et de ses trois mille soldats, en la fête de Noël 496.

Clotilde eut une heureuse influence sur les décisions de son mari qui, évidemment, n’avait pas grandi dans la même douceur chrétienne qu’elle.

Une de leur œuvre commune fut l’édification, à Paris, de l’église qui abriterait leur futur caveau, où ils firent déposer d’abord les restes de sainte Geneviève (v. 3 janvier) ; ce fut l’origine de l’église Sainte-Geneviève.

Leur vie conjugale ne dura cependant guère plus de vingt ans, car Clovis mourut vers 511, laissant sa chère Clotilde avec ses quatre enfants, qui allaient lui donner tant et tant de soucis.

Sa fille Clotilde fut bientôt donnée en mariage à Amalaric, roi des Wisigoths d’Espagne - que Clovis avait refoulés à Vouillé en 507 ; Amalaric n’était pas chrétien ; plus tard, Clotilde poussa son fils Childebert à attaquer cet époux violent, qui maltraitait son épouse Clotilde.

Son fils Clodomir, après avoir enlevé et assassiné son oncle Sigismond, ainsi que la femme et les deux fils de celui-ci, voulut conquérir la Burgondie en 524, mais y fut battu et tué, et l’on promena sa tête sur une pique, comme cela se fit bien plus tard durant la Révolution. Clodomir laissait trois fils, qui pouvaient être ses héritiers.

Mais les deux autres fils de Clovis et Clotilde, Clotaire et Childebert, dépossédèrent les fils de Clodomir de leur droit à la succession puis, trompant leur sainte mère, en assassinèrent deux sans pitié, tandis que miraculeusement s’échappait le troisième, Clodoald, plus tard mieux connu sous le nom de Cloud (v. 7 septembre).

La pauvre Clotilde fut chargée de s’occuper elle-même des funérailles de ses malheureux fils, puis elle se retira à Tours, près du tombeau de s.Martin (v. 11 novembre). Elle suggérait de bons candidats aux élections épiscopales. Elle était active et très généreuse, elle fonda ou enrichit bien des églises, dont Saint-Georges de Chelles ; sa générosité sans borne la fit mourir dans la plus extrême pauvreté.

Mais avant de mourir, elle eut encore un geste digne de son rang royal et chrétien : elle fit venir ses deux fils assassins, leur parla maternellement, leur prédit certains événements, et s’éteignit après avoir reçu les derniers Sacrements, le 3 juin 545.

La dépouille de Clotilde fut déposée dans le tombeau préparé par Clovis à Paris, avec celle de sainte Geneviève. Des reliques de la sainte Reine furent attribuées en divers lieux. En 1793, on profana les tombes et les cendres de sainte Geneviève furent jetées au vent. Pour éviter une ultérieure profanation, un chanoine crut bien faire de recueillir les restes de sainte Clotilde et de les brûler lui-même ; elles se trouveraient aujourd’hui en l’église Saint-Leu.                                                                                                                                                                                                  

Clotilde de France ne fut jamais officiellement canonisée, sinon par la vox populi.

En 1994, sainte Clotilde fut élue pour un heureux patronnage : celui de l’aviation légère de l’armée de terre. L’explication en est que, il y a quinze siècles, Clovis avait, à Tolbiac, submergé l’ennemi sous le feu du ciel, ce qui est aujourd’hui la mission des hélicoptères de combat.

Sainte Clotilde est inscrite au Martyrologe romain le 3 juin. En France, on la fête le 4, en raison de la fête des Martyrs d’Ouganda qui est célébrée le 3 juin.

 

 

Coemgen de Glendalough

498-618

 

Coemgen, qui est devenu Kevin en français, pouvait être le fils de Coemlog et Coemell, qui appartenaient à une souche royale.

Son nom subit de notables variantes selon les régions et les époques : en vieil irlandais Cóemgen mac Cóemloga ;  puis Caemgen, Caoimhghin, Caoimhin ; Kevin…

Comme il arrive en mainte biographie des premiers moments chrétiens d’Irlande, certains faits ont été complétés de détails surprenants ; qu’on les lise avec admiration, avec étonnement, sans demander au Bon Dieu Pourquoi ?

Un ange annonça à la maman, Coemell, la naissance de ce fils vraiment prédestiné, qui naquit vers 498. Ce fut s. Cronan (v. 9 février ?) qui le baptisa, sous le nom de Coemgen, le «bien planté», comme Eugène.

Nouveau Samuel, Coemgen fut confié aux moines d’un monastère, où il devint prêtre.

Après une période de vie érémitique, il fut conduit par son ange à Glendalough, où Coemgen mena une vie d’ascète et de grande méditation. Il priait les bras en croix, si immobile et si longtemps, que les oiseaux venaient faire leur nid dans ses mains. Coemgen serait resté dans cette position pendant sept ans, et sans fermer l’œil. Devant l’impossibilité évidente d’une telle prouesse à l’échelon humain, on admettra que Coemgen pût reposer ses bras fatigués sur deux roches, comme Moïse pendant la bataille contre Amaleq (cf. Ex 17:11-12). On pourra supposer aussi qu’un ange au moins pût lui apporter quelque nourriture céleste.

D’ailleurs, Coemgen changeait de position parfois, puisqu’il s’immergeait dans l’eau froide pour prier l’Office. Et quand il se déplaçait, les arbres lui formaient une voûte pour l’abriter.

Coemgen fonda un monastère au même endroit. Une loutre y apporta chaque jour un beau saumon pour nourrir cette première communauté ; un jour, elle ne vint plus : on sut qu’un des moines avait eu l’intention sauvage de tuer la loutre pour en utiliser la belle fourrure, mais la généreuse bête avait dû «comprendre» le danger et avait disparu.

Coemgen fit aussi un voyage à Rome et en rapporta une grande quantité de reliques de Saints.

Il projetait un autre pèlerinage, quand un confident le lui déconseilla vivement. Il y renonça.

Agé de cent-vingt ans, dit-on, Coemgen s’éteignit le 3 juin 618.

Saint Coemgen de Glendalough est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Genesius de Clermont

† 662

 

Genesius (Genès) venait, dit-on, de famille sénatoriale.

Il fut archidiacre de son diocèse. Quand on voulut le faire évêque, il résista pendant trois jours. S’il accepta, il songeait toujours à se retirer dans une vie érémitique et voulait implorer le pape dans ce sens, mais les diocésains firent en sorte de bien le garder chez eux, preuve qu’il avait vraiment les qualités du pasteur.

Il fut ainsi le vingt-cinquième évêque de Clermont.

Il forma lui-même Præiectus (futur s.Prix, v. 25 janvier), qui devait lui succéder.

Genesius bâtit une église dédiée à s.Symphorien (v. 22 août), qui prit ensuite son nom, ainsi qu’un hospice et un monastère à Manlieu.

Il mourut le 3 juin vers 662, et fut enterré précisément à Manlieu.

Saint Genesius de Clermont est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isaac de Cordoue

826-851

 

Comme les autres Martyrs de Cordoue, victimes de la persécution islamique, Isaac nous est connu par la relation qu’en fit s.Eulogio (v. 11 mars).

Isaac provenait d’une noble famille de Cordoue et reçut une éducation soignée ; mieux, il apprit l’arabe, la langue des envahisseurs.

C’est ainsi qu’il fut investi de la charge de notaire.

Isaac cependant quitta ce poste enviable pour entrer dans le monastère de Tábanos situé près de Cordoue, où se trouvait d’ailleurs un proche parent, nommé Martín. Isaac pouvait avoir moins de la trentaine d’années, peut-être vingt-cinq seulement.

Poussé par un zèle qu’on qualifiera peut-être d’excessif ou par trop humain, mais d’après Eulogio, inspiré d’En-haut, Isaac alla un jour se présenter au juge musulman de la ville, lui demandant d’exposer sa religion ; le juge, espérant la conversion d’Isaac, lui exposa avec ardeur l’appel de Mahomet par l’ange Gabriel, et le paradis merveilleux où iront les Justes, avec des tables merveilleusement garnies et des créatures féminines de toute beauté…

Isaac alors répliqua avec toute sa fougue, exposant la profonde erreur de la doctrine de Mahomet.

Le juge alors gifla Isaac. Ce dernier repartit encore plus véhémentement ; le juge lui lança : Tu es ivre ou fou ! mais Isaac répondit avec toute sa conviction qu’il était prêt à mourir pour la doctrine chrétienne.

Il fut immédiatement décapité, emmené de l’autre côté du Guadalquivir et pendu par les pieds (à moins qu’il y ait été empalé). Six jours plus tard, on brûla son corps, qu’on jeta dans le fleuve. 

C’était le 3 juin 851.

Saint Isaac de Cordoue est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

Davin de Lucques

1000-1050

 

Cet Arménien de naissance naquit, pense-t-on, vers l’an 1000.

Après avoir joui des biens de la terre, il vendit ce qu’il avait et voulut se sanctifier par les pèlerinages. 

S’étant rendu d’abord au Saint Sépulcre de Jérusalem, il vint à Rome vénérer le tombeau des Apôtres, et partit pour Saint-Jacques de Compostelle.

Arrivé à Lucques, il fut reçu à l’hospice des pèlerins, mais tomba malade et fut recueilli par une dame nommée Ata, qui fut très édifiée par cet homme.

La maladie empira, Davin mourut pieusement le 3 juin 1050 ou 1051.

Il fut enterré à Lucques.

La tombe jouxtait l’église, et l’on y passait tout près, parfois on la piétinait aussi. Une femme malade d’un flux de sang vint à s’asseoir à cet endroit : elle eut ensuite une vision de Davin qui lui disait qu’elle n’aurait plus désormais besoin de s’asseoir sur sa tombe : la femme fut totalement guérie. Un beau pied de vigne sortit bientôt de cette tombe, dont les fruits apportèrent la guérison à beaucoup de malades. On y vit aussi des anges qui encensaient le tombeau.

L’évêque de Lucques, Anselmo, constata ces signes merveilleux et, devenu le pape Alexandre II, ordonna de transférer ce tombeau à l’intérieur de l’église Saint-Michel ; il semble que l’on canonisa Davin en 1159, ou vers 1180.

Saint Davin (ou Davino) de Lucques est commémoré le 3 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cono de Teggiano

fin XIIe-début XIIIe

 

Saint Cono naquit dans l’italienne Campanie, à Diano (aujourd’hui Teggiano). Il fut très jeune moine à l’abbaye Santa Maria di Cadossa, proche de Montesano sulla Marcellana. 

L’histoire ne dit rien sur la vie et les faits de ce moine, mais on en a retenu qu’il mourut très jeune, et surtout consommé dans la sainteté.

L’abbaye elle-même subit beaucoup de vicissitudes et il n’en reste que l’église, dédiée à Saint Cono. Les reliques du Saint sont maintenant à Teggiano, dont il est le patron.

Cono a été canonisé en 1871, et il est fêté le 3 juin, principalement à Teggiano, mais aussi en d’autres lieux : en Floride et à New York, en Uruguay, en Argentine.

La célébrité de ce Saint l’a fait réinsérer dans le Martyrologe Romain à la date du 3 juin.

 

 

Andrea Caccioli

1194-1254

 

Andrea Caccioli vit le jour le 30 novembre 1194 à Spello (Pérouse, Ombrie, Italie C) et reçut au baptême le nom du Saint du jour, l’apôtre saint André.

Habitué à se retirer sur le Monte Subasio auprès des Bénédictins, il passait de longs moments dans la prière. En 1216 il fut ordonné prêtre et nommé curé à Spello.

Fasciné par l’idéal de Francesco d’Assise, il le rencontra : Francesco lui conseilla sagement de porter à leur fin les travaux entrepris dans sa paroisse et de s’occuper de sa vieille maman ; à la mort de celle-ci, quatre ans après en 1223, il renonça à sa charge et à ses biens, qu’il abandonna à l’Eglise et aux pauvres, et fut parmi les premiers disciples de Francesco, et le premier prêtre de la nouvelle communauté. Il assista en 1226 aux derniers instants du Fondateur, qui lui recommanda de prêcher.

Il prit le bienheureux Egidio comme directeur de conscience (v. 23 avril). Il assista en 1228 à la canonisation de Francesco d’Assise.

En 1233, dans la ville espagnole de Soria, sa prière mit fin à une sécheresse qui menaçait les récoltes : c’est en référence à ce miracle qu’on l’aurait ensuite désigné dans les actes officiels comme Andrea del Ac (dell’acqua : de l’eau). Revenu en Italie, il obtint pour les Clarisses de Vallegloria la découverte d’un puits, grâce auquel les Religieuses eurent de l’eau en abondance. Cette eau, paraît-il, est efficace contre les crises de foie.

Andrea fut ensuite missionnaire en Lombardie et jusqu’en France, puis se retira à Assise où il mena la vie d’ermite : Dieu le favorisa alors d’extases et de visions.

En 1248, il fut aumônier du couvent des Clarisses de Vallegloria, puis sera nommé Gardien (supérieur) du couvent de Spello, d’où il exercera une forte influence sur les conflits entre guelfes et gibelins, au point qu’on l’appellera Ange de Paix.

Vers la fin de sa vie, il eut une «visite» de l’Enfant-Jésus, avec lequel il s’entretint quelques instants ; quand sonna la cloche de l’office, Andrea se rendit à l’église sans tarder. Après l’office, il retrouva son divin Visiteur, qui le félicita pour cet acte d’obéissance et lui promit une prochaine récompense.

Cette récompense fut sa bienheureuse mort, le 3 juin 1254, et son entrée au Paradis.

Le culte d’Andrea Caccioli fut reconnu en 1738. Andrea est le céleste patron de Spello.

 

 

Francis Ingolby

1550-1586

 

François Ingolby (ou Ingleby) naquit vers 1550-1551, à Ripley (Yorkshire, Angleterre), quatrième fils de William, qui était un chevalier, et d’Anne Malory de Ripley Castle.

Après ses études à Oxford (Brasenose College) et à l’Inner Temple, il passa en 1582 au Collège anglais de Reims. Il y paya sa pension sur ses propres deniers. Il fut ordonné prêtre en 1583.

Envoyé en mission dans son pays en avril 1584, il prêcha avec enthousiasme à York pendant près de deux années. Une de ses «cachettes» fut la providentielle demeure de Margaret Clitherow (voir au 25 mars).

Il travailla avec beaucoup de zèle et de fruits, jusqu’au moment où, arrêté et jugé, il fut condamné à mort pour les crimes d’être prêtre, d’avoir été ordonné par l’autorité romaine, et d’être revenu dans le royaume.

Quand on lui apprit la sentence, il s’exclama : Credo videre bona Domini in terra viventium (Je le crois, je vais voir les bontés du Seigneur dans la terre des vivants, Ps 26). A la porte de la prison, on lui mit des entraves aux pieds, et il commenta avec un sourire : J’ai peur de surcharger mes chaussures.

Il fut exécuté le 3 juin 1586, au Knavesmire de York.

Il a été béatifié en 1987.

L’un de ses frères, David, surnommé le Renard, un Catholique fermement convaincu, avait fui sur le continent.

 

 

Juan Grande Román

1546-1600

 

Né le 6 mars 1546 à Carmona (Séville, Andalousie, Espagne sud), Juan reçut une éducation chrétienne de ses parents très croyants, Cristóbal Grande et Isabel Román. 

Le papa mourut en 1547 et Juan fut tisserand.

Attiré par la solitude, il s’isola dans l’ermitage de Santa Olalla, vêtit un habit de toile grossière et se fit appeler Juan Pecador (Jean Pécheur).

Il s’occupa d’un couple âgé et abandonné. Puis à dix-neuf ans, il alla s’établir à Jerez de la Frontera (Cadix), où il se tourna vers les nécessiteux, les prisonniers, les incurables, ceux dont personne ne prenait soin. Pour alimenter cette activité, il se «nourrissait» de la prière dans l’église des pères Franciscains, dont l’un était son conseiller spirituel.

En 1574, lors d’une épidémie, il adressa une requête au conseil municipal pour venir en aide aux malheureux. Devant une telle nécessité, il fonda lui-même un hôpital, qu’il dédia à la Sainte Vierge, Notre-Dame de la Candelaria.

Il fit connaissance des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et voulut en appliquer les règles de vie dans son établissement.

Son témoignage et son dévouement exemplaire lui attira des compagnons, qu’il forma à son tour dans l’esprit de saint Jean de Dieu, au point qu’il put ouvrir d’autres centres à Medina Sidonia, Arcos de la Frontera, Puerto Santa María, San Lúcar de Barrameda et Villamartín.

Les autorités prétendirent diminuer le nombre de ces établissements pour apporter plus d’efficacité auprès des malades. Mais cette réduction enlevait du travail aux infirmiers ; aussi Juan présenta un rapport aux autorités, expliquant sa façon de concevoir l’assistance aux malades dans son propre hôpital. Là-dessus, l’archevêque de Séville désigna Juan comme la personne la mieux préparée pour assumer cette mission auprès des malades. De son côté, Juan fit face à la situation avec courage et amour, malgré les nombreux désagréments, montrant toute sa sensibilité, sa capacité, sa bonne humeur et sa grande vertu.

Son hôpital reçut tous les éloges pour la charité avec laquelle les Frères assistaient les malades, par amour de Dieu.

Juan se donna corps et âme à l’assistance physique et spirituelle des plus marginaux : prisonniers, convalescents, incurables, prostituées, soldats invalides, orphelins et enfants abandonnés. Son attitude condamnait les injustices, les abus, les carences de la société. On peut dire qu’il fut un précurseur de l’assistance sanitaire.

Lors d’une autre épidémie, de peste, en 1600, il se porta au secours des malades, et fut à son tour contaminé : il mourut de la maladie le 3 juin 1600.

Juan Grande Román a été béatifié en 1853 et canonisé en 1996.

Il a été choisi comme patron de la ville et du diocèse de Jerez de la Frontera.

 

 

Charles-René Collas du Bignon

1743-1794

 

Né le 25 août 1743 à Mayenne, Charles-René était entré dans la Société des Prêtres de Saint-Sulpice.

Devenu supérieur du petit séminaire de Bourges, il refusa de prêter le serment du clergé constitutionnel ; expulsé du séminaire, il contribuait au maintien de la foi dans le diocèse. En 1793, il fut arrêté et, au début de 1794, traîné à Rochefort. 

Destiné à être exilé en Guyane, il fut avec tant d’autres mis à bord du bateau négrier Les Deux Associés, qui cependant ne quitta pas le port de Rochefort.

Dans cette ambiance totalement privée de l’hygiène la plus élémentaire, l’abbé Collas du Bignon devint une plaie vivante, couverte de vers.

Il commentait cette situation avec ces mots pleins d’espérance chrétienne : Nous sommes les plus malheureux des hommes, mais les plus heureux des chrétiens, expression qui devint comme le mot d’ordre de tous ses compagnons d’infortune.

Il mourut là le 3 juin 1794, et son corps fut inhumé sur l’île d’Aix.

Charles-René Collas du Bignon fut béatifié en 1995.

 

 

Phaolô Vũ Văn Dương (Đống)

1802-1862

 

Phaolô était né en 1802 à Vực Đường (Hưng Yên;, actuelle Hai Hung).

Il fut bibliothécaire à Cao Xa.

Lors de l’édit de persécution, les fonctionnaires impériaux sillonnèrent les villages où demeuraient des Catholiques, pour les obliger sous la menace à marcher sur la croix. Qui refusait était arrêté et mis en prison.

Phaolô fut arrêté le 25 novembre 1861. Il refusa catégoriquement de marcher sur la croix du Sauveur. On lui promit de l’argent s’il apostasiait, mais il refusa, préférant rester fidèle à Dieu. Il fut battu, barbarement torturé, chargé de chaînes pesantes et laissé en prison.

En prison encore, il fut invité à marcher sur la croix. Puis on le transporta dans une cage très étroite portée par les soldats, jusqu’à la prison provinciale. Là, les tortures s’intensifièrent, les soldats le battirent sauvagement et le corps de Phaolô était couvert de plaies sanglantes ; on lui marqua sur la joue avec une barre de fer incandescente les mots fausse religion, on lui refusa son repas pendant plusieurs jours, mais il ne perdit ni sa foi ni son courage. Bien plus, malgré la douleur, il chercha à effacer de sa joue avec un couteau le mot fausse, et y écrire à la place vraie.

Il fut finalement condamné à la décapitation et reçut le martyre le 3 juin 1862. Au moment de l’exécution, il cria fortement Jésus, Marie, Joseph. Le bourreau dut frapper trois fois pour le décapiter.

Phaolô fut béatifié en 1951 et canonisé en 1988.

 

 

 

Les saints Martyrs de l’Ouganda

1885-1887

 

Le pays de l’Ouganda se situe en Afrique du centre-est, au sud du Soudan, à l’est du Zaïre et du Rwanda, bordé par une grappe de grands lacs, dont l’immense Lac Victoria, qui touche l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie. Ce beau pays est à peu près grand comme la moitié de la France, et compte actuellement une trentaine de millions d’habitants. Pays agricole essentiellement, grâce à un climat tempéré qui ne connaît pas de températures en-dessous de 13° ni au-dessus de 30°, on y vit d’élevage et de cultures diverses : banane, patate, manioc, café, thé, canne à sucre, tabac.

Les premiers missionnaires y arrivèrent en 1879 et furent très bien reçus. Mais le kabaka (le roi) en prit ensuite ombrage ; son successeur, Mouanga, rappela les missionnaires, et soutint ouvertement le travail des missionnaires, nommant aux charges les meilleurs des néophytes.

Ceux-ci avertirent le roi qu’une conspiration se tramait contre lui ; il arrêta son katikiro (premier ministre), qui lui mentit en protestant de sa fidélité ; pardonné, ce dernier jura la mort des chrétiens et s’ingénia à les faire mépriser du roi comme dangereux, conspirateurs, etc. 

Le récit du martyre de ces vaillants soldats rappelle fortement celui des Frères Martyrs, au 2e Livre des Maccabées (2M 7).

La toute première victime fut le conseiller intime du roi, Joseph Mukasa, qui était aimé de tous. Même le bourreau cherchait à retarder de l’exécuter, mais il reçut l’ordre du katikiro de le tuer sur place ; il fut ainsi décapité, avec deux ou trois pages de la cour.

Auparavant, Joseph, très calmement, confia au bourreau cette commission : Tu diras de ma part à Mouanga qu’il m’a condamné injustement, mais que je lui pardonne de bon cœur. Tu ajouteras que je lui conseille fort de se repentir, car, s’il ne se repent, il aura à plaider avec moi au tribunal de Dieu.  

Quelques mois plus tard, le roi transperça de sa lance le jeune Denis Ssebuggwawo, qui était en train d’instruire un compagnon. Ce fut le signal de la persécution proprement dite : désormais devront être massacrés tous ceux qui prient. C’était le 25 mai 1886. Un chrétien courut de nuit avertir les missionnaires de ce qui s’était passé et qui allait se produire, de sorte que l’un d’eux, le père Lourdel, vite accouru, fut lui-même témoin des faits suivants, à l’intérieur de la résidence royale.

Charles Lwanga, chef du groupe des pages, fut appelé le premier avec sa troupe ; ils reçurent une pluie de reproches sur leur religion, puis furent enlacés de grosses cordes, d’un côté le groupe des jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans, de l’autre les enfants. Charles et Kizito se tenaient par la main, pour s’encourager l’un l’autre à ne pas faiblir ; Kizito, quatorze ans, demandait le baptême depuis longtemps, et le père Lourdel lui avait enfin promis de le baptiser dans un mois ; en fait, il sera baptisé en prison, la veille de son martyre. C’est le plus jeune de tous ces martyrs. 

Après les employés de la cour, on convoqua un jeune soldat, Jacques Buzabaliawo. Le roi ironisa sur lui et ajouta : C’est celui-là qui a voulu autrefois me faire embrasser la religion ! … Bourreaux, enlevez-le et tuez-le bien vite. C’est par lui que je veux commencer. A quoi Jacques répondit sans s’émouvoir : Adieu ! je m’en vais là-haut, au paradis, prier Dieu pour toi. Passant devant le père, il leva ses mains enchaînées vers le ciel, souriant comme s’il allait à une fête.

Inquiet pour la mission, le père revint sur ses pas ; apercevant une source où se désaltérer, il s’entendit dire : “Le cadavre d’une des victimes de la nuit a été traîné dans cette eau.” Car des pillards avaient été lancés dans toute la contrée pour saccager les villages où se trouvaient des chrétiens.

André Kaggwa était un chef parmi les plus influents et les plus fidèles au roi. C’était l’un des trois qui l’avaient en effet averti de la conspiration qui le menaçait. Il devait devenir le général en chef de toute l’armée, car le roi avait en lui une confiance absolue, le gardant toujours à ses côtés. Le premier ministre le dénonça bientôt comme le plus dangereux de tous, et, de guerre lasse, le roi finit par lui laisser faire ce qu’il voulait. Immédiatement garrotté, André fut “interrogé” et le premier ministre insista auprès du bourreau : Je ne mangerai pas que tu ne m’aies apporté sa main coupée, comme preuve de sa mort. Et André, au bourreau : Hâte-toi d’accomplir les ordres que tu viens de recevoir… Tue-moi donc vite, pour t’épargner les reproches du ministre. Tu lui porteras ma main, puisqu’il ne peut manger avant de l’avoir vue.

Charles Lwanga fut séparé des autres, sans doute dans le but de les impressionner davantage. Le bourreau le fit brûler lentement, en commençant par les pieds et en le méprisant : Que Dieu vienne et te retire du brasier ! Mais Charles lui répondit bravement : Pauvre insensé ! Tu ne sais pas ce que tu dis. En ce moment c’est de l’eau que tu verses sur mon corps, mais pour toi, le Dieu que tu insultes te plongera un jour dans le véritable feu. Après quoi, recueilli en prière, il supporta son long supplice sans proférer aucune plainte.

Il y avait là aussi trois jeunes pages, qu’on fit assister au supplice des autres, dans l’espoir de les voir apostasier. Non seulement ils ne cédèrent pas, mais l’un deux protesta de ne pas être enfermé dans un fagot comme les autres pour être brûlé ; puis quand on les reconduisit tous trois en prison sans les torturer, ils demandèrent : Pourquoi ne pas nous tuer ? Nous sommes chrétiens aussi bien que ceux que vous venez de brûler ; nous n’avons pas renoncé à notre religion, nous n’y renoncerons jamais. Inutile de nous remettre à plus tard. Mais le bourreau fut sourd à leurs «plaintes», sans doute par permission de Dieu, pour que ces trois-là nous fournissent ensuite les détails du martyre de tous les autres.

Parmi les condamnés se trouvait le propre fils du bourreau, le jeune catéchumène Mbaga. Son père était désespéré et cherchait par tous les moyens de le faire changer d’avis, ou de lui extorquer un mot qu’on aurait pu interpréter comme une apostasie ; inutile. L’enfant ajouta même : Père, tu n’es que l’esclave du roi. Il t’a ordonné de me tuer : si tu ne me tues pas, tu t’attireras des désagréments et je veux te les épargner. Je connais la cause de ma mort : c’est la religion. Père, tue-moi ! Alors le père ordonna à un de ses hommes de lui accorder la mort des “amis”, en lui assénant un fort coup de bâton à la nuque. Puis le corps fut enfermé dans un fagot de roseaux, au milieu des autres.

On enferma donc chacun des condamnés dans un fagot, et l’on y mit le feu du côté des pieds, pour faire durer plus longtemps le supplice, et aussi pour tenter de faire apostasier ces garçons. En fait, s’ils ouvraient la bouche, c’était pour prier. Une demi-heure après, les roseaux étaient consumés, laissant à terre une rangée de cadavres à moitié brûlés et couverts de cendres.

Un autre chrétien qui fut arrêté, fut le juge de paix Mathias Mulumba ; il avait connu l’Islam puis le protestantisme ; devenu catholique, c’était un homme très pieux qui vivait paisiblement avec son épouse et ses enfants. Amené devant le premier ministre, il répondait calmement aux vilaines questions qu’il lui posait. Furieux, le ministre cria : Emmenez-le, tuez-le. Vous lui couperez les pieds et les mains, et lui enlèverez des lanières de chair sur le dos. Vous les ferez griller sous ses yeux. Dieu le délivrera ! Mathias, blessé par cette injure faite à Dieu, répondit : Oui, Dieu me délivrera, mais vous ne verrez pas comment il le fera ; car il prendra avec lui mon être raisonnable, et ne vous laissera entre les mains que l’enveloppe mortelle. Le bourreau accomplit scrupuleusement les ordres reçus : de sa hache, il coupa les pieds et les mains de Mathias, les fit griller sous ses yeux ; l’ayant fait coucher face contre terre, il lui fit enlever des lanières de chair qu’ils grillèrent ensuite, usant de tout leur art pour empêcher l’écoulement du sang, et prolonger ainsi l’agonie de leur victime, qui ne proféra mot. Effectivement, trois jours après, d’autres esclaves passaient par là et entendirent des gémissements : c’était Mathias qui demandait un peu d’eau à boire ; mais épouvantés par l’horrible spectacle, ils s’enfuirent, le laissant consommer atrocement son martyre.

Avec lui fut aussi conduit au supplice un de ses amis, Luc Banabakintu, qui eut “seulement” la tête tranchée.

Pendant ces exécutions, des pillards allèrent s’emparer du peu qu’il y avait à voler chez Mathias et voulurent ravir son épouse et ses enfants. Il y avait là un serviteur très fidèle et pieux, Noé Mawaggali. Son chef n’eut pas le courage de le refuser aux pillards, qui le percèrent de leurs lances.

La sœur de ce dernier fallit être ravie par le chef des pillards, mais elle leur parla très fermement : “Vous avez tué mon frère parce qu’il priait ; je prie comme lui, tuez-moi donc aussi.” Au contraire, ils l’épargnèrent et la conduisirent en cachette chez les missionnaires, où elle s’occupa maternellement des enfants de Mathias, dont l’un n’avait que deux ans.

Il y eut aussi Jean-Marie, surnommé Muzeyï, “vieillard”, à cause de la maturité de son caractère. Baptisé à la Toussaint de 1885, on disait qu’il avait appris tout le catéchisme en un jour. Il donnait aux pauvres, s’occupait des malades, rachetait des captifs. Confirmé le 3 juin 1886, il fut noyé dans un étang le 27 janvier 1887.

Tels sont les plus marquants des vingt-deux martyrs ougandais, qui furent béatifiés en 1920, et canonisés en 1964. 

Ils sont fêtés le 3 juin, jour du martyre de la majeure partie d’entre eux. 

Voici maintenant les noms de ces vaillants soldats du Christ, avec l’indication de leur prénom dans leur langue propre, leur date (approximative) de naissance et la date respective de leur martyre (qui est aussi la date où ils sont mentionnés au Martyrologe) : 

Joseph (Yosefu) Mukasa Balikuddembe, né vers 1859-1860, chef des pages, décapité puis brûlé, martyrisé le 15 novembre 1885 

Denis Ssebuggwawo Wasswa, né vers 1870, première victime de la grande persécution, martyrisé le 25 mai 1886

André (Anderea) Kaggwa, né vers 1856, page, celui qui devait être le général en chef du roi ; le bourreau lui trancha le poignet et la tête ; martyrisé le 26 mai 1886

Pontien (Ponsiano) Ngondwé, né vers 1846-1851, page, mis en prison, percé de coups de lance, martyrisé le 26 mai 1886

Gonzague (Gonzaga) Gonza, né vers 1862, page du roi, percé d’une lance après avoir forcé l’admiration du bourreau lui-même, martyrisé le 27 mai 1886

Athanase (Antanansio) Bazzekuketta, né vers 1866, page, accablé de coups, martyrisé le 27 mai 1886

Mathias (Matiya) Kalemba Mulumba Wante, né vers 1836, dont on a parlé plus haut, martyrisé le 30 mai 1886

Noé (Nowa) Mawaggali, né vers 1851, martyrisé le 31 mai 1886 

 

Les treize suivants sont tous martyrisés le 3 juin 1886, tous brûlés vifs : 

Charles (Karoli) Lwanga, né vers 1861

Bruno Serunkuma, né vers 1856, soldat du roi, roué de coups de bâton

Mugagga Lubowa, né vers 1869-1870, qui s’offrit spontanément aux bourreaux

Jacques (Yakobo) Buzabaliawo, né vers 1856-1861, soldat, qu’on entendit prier pour ses persécuteurs

Kizito, né vers 1872, le benjamin de quatorze ans

Ambroise (Ambrosio) Kibuka, né vers 1868, page

Gyavira Musoke, né vers 1869, page, catéchumène, jeté en prison le jour même où Charles le baptisa

Achille (Achileo) Kiwanuka, né vers 1869, page

Adolphe (Adolofu) Mukasa Ludigo, né vers 1861-1862, page

Mukasa Kiriwawanvu, né vers 1861-1866, page et catéchumène

Anatole (Anatoli) Kiriggwajjo, né vers 1866, page, qui refusa la charge honorifique proposée par le roi

Mbaga Tuzinde, né vers 1869-1870, page, fils du bourreau, baptisé par Charles juste avant d’être enchaîné avec lui, roué de coups, assommé avant d’être brûlé.

Luc (Lukka) Banabakintu, né vers 1851-1856, décapité puis brûlé

 

Enfin : 

Jean-Marie (Yohana Maria) Muzeyi, né vers 1851-1856, saint homme, longtemps recherché, arrêté, décapité le 27 janvier 1887. C’est la dernière victime de la persécution.

 

On aurait pu croire que le christianisme aurait été ainsi dangereusement menacé d’extinction. Il n’en fut rien. Trente ans après, l’évêque du lieu pouvait compter sur quatre-vingt huit prêtres, onze frères coadjuteurs, trente-huit Religieuses et mille deux-cent quarante-quatre (!) catéchistes. 

Actuellement, la religion catholique y est majoritaire à 45 %, suivie de l’anglicanisme (39 %) et de l’Islam (10%).

 

Giuseppe Oddi

1839-1919

 

Giuseppe naquit le 6 juin 1839 à Vallinfreda (Roma, Italie), fils de Vincenzo Oddi et Bernardina Pasquali. Il eut une petite sœur, Mariannina.

Toute la jeunesse de Giuseppe passa dans les travaux des champs et de la ferme. Chaque soir, le garçon avait l’habitude de s’arrêter à l’église, pour adorer le Saint Sacrement, et prier silencieusement le Bon Dieu et la Sainte Vierge Marie, envers laquelle il avait une grande dévotion depuis tout petit.

Vers 1859, la famille aurait bien voulu proposer à Giuseppe d’épouser une certaine Agata, que le jeune homme refusa catégoriquement. C’est que peu de temps auparavant, Giuseppe s’était entendu appeler par trois fois, pendant qu’il travaillait aux champs ; il avait cru que c’était sa mère ou sa sœur, mais ce n’était pas elles. L’appel mystérieux venait d’ailleurs, comme ce fut le cas pour le jeune Samuel (1S 3). 

Désormais, sa prière à l’église était : Seigneur, que veux-tu de moi ?  

Peu après, il visita le couvent de Bellegra. L’endroit fascina le jeune homme de vingt-et-un ans ; il y retourna quatre ans plus tard, dans l’espoir d’y rencontrer un certain Mariano de Roccacasale, dont on parlait beaucoup. Or ce fut justement celui-ci qui lui ouvrit. 

Respectueusement, Giuseppe voulut lui baiser la main, mais le bon Frère retira humblement sa main et lui offrit à baiser le pan de son habit. Puis, invité à parler, le Frère Mariano lui répondit simplement : Sii buono, sii buono, figlio mio ! (Sois bon, sois bon, mon fils !), avant de rentrer dans l’église.

Au retour, Giuseppe méditait ces paroles si simples et si profondes ; l’appel vers Dieu s’intensifiait, tandis qu’il reprenait son travail quotidien. Il donna encore plus de temps à la prière. 

En 1867, mourut sa chère maman, tandis que sa sœur se mariait (1869) et s’installait dans la maison des parents, auprès du vieux papa. Giuseppe se sentait libre du foyer familial : il rejoignit le couvent de Bellegra.

Giuseppe, à presque trente-deux ans, entra donc dans l’Ordre des Frères Mineurs franciscains, comme oblat. Il n’avait fait aucune étude : il savait peut-être un peu écrire et lire. Il travailla humblement au service des révérends pères du couvent. Quatorze ans après (quelle patience !), en 1885, il reçut l’habit de novice, ainsi que le nom de Diego. Un an après, il fit la profession.

On le chargea de recueillir les aumônes, mission qu’il accomplit dans la simplicité franciscaine, répandant partout le sourire, le réconfort, la consolation, et même prodiges manifestes, surtout à l’encontre des pauvres et des déshérités.

Cet illettré passait tout le temps qui lui restait en prière, souvent toute la nuit, restant dans le sanctuaire, et recevant dans la prière la divine sagesse, qui étonna et édifia non seulement ses Confrères, mais aussi les prêtres, les curés, et tant d’autres personnalités, qui venaient le consulter.

Humblement, silencieusement, il priait, il obéissait au Supérieur, il se mortifiait (en l’observant bien, on finissait par découvrir qu’il était très habile à ajouter discrètement un peu de cendre sur ses aliments, pour les rendre moins appétissants) ; il dormait par-terre…

Dieu bénit cette vie de sanctification par des signes prodigieux. Ainsi, frère Diego revenait toujours avec sa tunique toute sèche, même s’il avait plu ou neigé en chemin. On constata qu’il avait parfois parcouru une grande distance en quelques secondes. Il prédit certains événements qui se réalisèrent ; il fit couler le vin et l’huile, quand on en manquait…

Cette vie religieuse emplie de prière et de bonté dura presque un demi-siècle, au terme de laquelle frère Diego s’éteignit le 3 juin 1919, en chantant les louanges de Marie, à trois jours de son quatre-vingtième anniversaire.

Diego de Vallinfreda a été béatifié en 1999, en même temps que son «maître» vénéré, Mariano de Roccacasale (au siècle : Domenico Di Nicolantonio, commémoré le 31 mai).

 

 

Jean XXIII

1958-1963

 

On se souvient du “bon pape Jean” qui, choisi pour successeur de Pie XII à un âge assez avancé, était considéré comme un “pape de transition”. Jean XXIII fut un grand pape, qui convoqua le concile de Vatican II, promut l’”aggiornamento” (la mise à jour) de l’Eglise, et s’endormit saintement, en odeur de sainteté.

Angelo Roncalli, donc, était né près de Bergame le 25 novembre 1881, quatrième des dix enfants d’une humble famille de la terre. Son père était Giovanni Battista, sa mère Marianna Giulia Mazzolla

Angelo fréquenta le petit, puis le grand séminaire de Bergame. Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il fit également quelques années d’études à Rome car, une fois pape, il s’adressa aux séminaristes de Rome en ces termes : Nous vous dirons comme une confidence que, durant nos années de séminaire à Rome, nous venions souvent dans ce sanctuaire (l’église Saint-Ignace) nous agenouiller devant l’autel de saint Luigi Gonzaga et de saint Jan Berchmans pour obtenir, par leur intercession, toute notre vie la grâce d’une chasteté intacte et resplendissante.

Secrétaire de l’évêque, il fut professeur d’Histoire de l’Eglise au grand séminaire. 

Durant la Grande Guerre, il fut aumônier militaire.

En 1921, commença son chemin dans les arcanes du Vatican. Il travailla dans la congrégation de la Propagation de la Foi.

Evêque en 1925, il fut délégué apostolique en Bulgarie, puis à Istanbul de 1935 à 1944, date à laquelle il reçut la délicate fonction de nonce apostolique à Paris, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans une France déchirée par les factions. 

De fait, Mgr Roncalli réussit à “sacrifier” trois évêques seulement sur les trente dont le gouvernement français réclamait la démission comme compromis avec le gouvernement précédent.

En 1953, sa mission diplomatique touchant à sa fin, Mgr Roncalli se vit nommer patriarche de Venise, et fut créé cardinal.

A la mort de Pie XII, le cardinal Roncalli fut élu, et prit le nom de Jean XXIII, porté précédemment par un antipape (en 1410).

Jean XXIII publia huit encycliques : Ad Petri CathedramSacerdotii nostri primordiaGratia RecordatioPrinceps PastorumMater et MagistraÆterna Dei SapientiaPænitentiam agerePacem in terris.

A la surprise générale, il convoqua dès janvier 1959 un concile œcuménique, qu’il ouvrit le 11 octobre suivant. Il n’en vit pas l’achèvement et mourut d’un double cancer douloureux, le 3 juin 1963, confiant à un proche que, voyant la tournure du Concile, il regrettait de l’avoir convoqué.

Jean XXIII fut sur le siège de Pierre pendant quatre ans et sept mois. 

Il a été béatifié en 2001 en même temps que l’autre pape Pie IX, et canonisé en même temps que Jean-Paul II en 2014.

La fête liturgique de s.Jean XXIII a été fixée au 11 octobre, jour où il ouvrit les travaux du Concile.

Son successeur, qui devait porter à son terme le concile, fut Paul VI.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens