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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 23:00

04 JUIN

I.

S Clatæus, premier évêque à Brescia et martyr.

IV.

S Quirinus, évêque à Sisak et martyr.

?

Ste Saturnine, vierge de Germanie réfugiée près de Arras pour échapper au mariage, mais retrouvée et assassinée par son prétendant.

S Metrophanios, évêque à Constantinople, après son frère et leur père.

S Optatus, évêque à Milève, précurseur de s. Augustin dans la lutte contre les donatistes.

V.

S Ninnoc, abbé (ou abbesse) en Bretagne.

VI.

S Petroc, gallois venu en Cornouaille, où il fonda un monastère ; il est un des patrons de Cornouaille. 

VIII.

S Gualtiero, abbé à Servigliano.

X.

S Adegrin, anjevin venu à l’abbaye de Baume puis à Cluny comme anachorète.

XI.

Ss Nicoló et Trano, ermites en Sardaigne.

XV.

B Pacifico Ramati de Cerano, franciscain.

XVII.

S Ascanio (Francesco) Caracciolo, fondateur d’une famille religieuse à Naples, très dévôt de l’Eucharistie.

XX.

S Filippo Smaldone (1848-1923), napolitain qui consacra bonne partie de son activité aux enfants sourds-muets (congrégation des Salésiennes des Sacrés-Cœurs) ; il fonda aussi la Ligue eucharistique des prêtres adorateurs et des Dames adoratrices ; béatifié en 1996, canonisé en 2006.

B Antoni Zawistowski (1882-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Bx José María Gran Cirera (*1945), prêtre espagnol des Missionnaires du Sacré-Cœur, et son sacristain Domingo del Barrio Batz (*1951), martyrs assassinés en 1980 au Guatemala, béatifiés en 2020.

Clatæus de Brescia

1er siècle

 

Saint Clatæus est considéré traditionnellement comme le premier évêque de Brescia (Italie nord), et aurait été martyrisé sous Néron. On situe donc sa mort en l’an 64, l’année où l’empereur déclencha une terrible persécution contre les Chrétiens, rendus responsables de l’incendie qui détruisit Rome.

Les historiens se heurtent cependant à un problème de datation, concernant les évêques successifs de Brescia. 

L’évêque de Brescia qui signe les actes du concile de Sardique, est donné comme le cinquième évêque de cette ville. Le concile eut lieu en 343, ce qui fait que, de Clatæus à ce concile, quatre évêques se seraient succédé sur le siège épiscopal, pour une moyenne de plus de soixante-dix années chacun.

Certes, une telle longévité s’est bien vérifiée dans le cas de saint Remi de Reims, mais un fait aussi exceptionnel n’a jamais été mentionné pour les évêques de Brescia. 

On pourrait plutôt supposer qu’il y eut une assez longue vacance du siège, ou aussi que Brescia ait pu être temporairement réunie à Milan.

Saint Clatæus était mentionné au 4 juin dans l’ancien Martyrologe, mais ne l’est pas dans l’actuel.

 

 

Quirinus de Sisak

† 309

 

Au 4e siècle, on ne connaît que trois évêques de la ville de Siscia (act. Sisak, Croatie), Quirinus, Marcus et Constantius.

Quirinus serait donc peut-être le premier évêque de cette ville, au début du 4e siècle.

Arrêté et interrogé par un magistrat local, il fut envoyé au gouverneur Amantius, qui le réexpédia à Sabaria (act. Szombathely, Hongrie, la ville natale de s.Martin, v. 11 novembre).

Ferme dans la Foi, Quirinus fut condamné à être jeté dans le fleuve, une meule de moulin au cou. D’après le poète Prudence, l’évêque ne fut pas immédiatement englouti dans les eaux du fleuve, et eut même le temps d’exhorter les fidèles à conserver la foi reçue, puis aurait alors péri noyé, le 4 juin 309.

Les reliques en seraient arrivées à Rome, et actuellement à Sainte-Marie-du-Transtévère.

Saint Quirinus de Sisak est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Metrophanios de Constantinople

† 325

 

Le père de Metrophanios était le frère de l’empereur Probus († 282) ; s’étant converti au christianisme, il vint à Byzance ; son amitié avec l’évêque Titus le fit choisir pour lui succéder.

Or il avait deux fils, Probus et Metrophanios. Le premier succéda à son père pendant douze ans, Metrophanios ensuite, en 306.

C’était donc à l’époque de l’empereur Constantin. On a dit que c’était le prestige de Metrophanios qui conduisit Constantin à choisir Byzance pour y fonder la nouvelle Rome, Constantinople.

Agé et malade, Metrophanios ne put qu’envoyer un de ses prêtres pour le représenter au concile de Nicée (325), et il mourut peu après.

Les informations reçues n’étant pas absolument concordantes, il faudra peut-être avancer la date de la mort de Metrophanios d’une dizaine d’années.

Saint Metrophanios de Constantinople est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Optatus de Milève

320-385

 

Optatus naquit vers 320, peut-être à Milève déjà (Numidie, auj. Mila, Algérie), fils de militaire.

Sa première enfance fur païenne ; après son baptême, il s’orienta vers la vie consacrée et devint évêque de sa ville.

Son grand combat fut contre le donatisme, cette doctrine pleine d’erreurs répandue par Donat. Il y avait un évêque donatiste à Milève même, et un primat à Carthage. Optatus s’éleva courageusement contre eux.

Son ouvrage en plusieurs livres contient des raisonnements et des arguments que reprit s.Augustin au siècle suivant, ainsi que s. Jérôme, s.Ambroise, s.Fulgence de Ruspe (v. 28 août, 30 septembre, 7 décembre, 1er janvier).

Optatus n’est pas polémique ; il a des arguments forts, des expressions vives, mais qui cherchent à faire réfléchir ses adversaires, à leur faire comprendre leur erreur et la Vérité.

Il mourut vers 385. 

Saint Optatus de Milève est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicoló et Trano de Sardaigne

5e siècle

 

Les deux ermites Nicoló et Trano vinrent au 5e siècle se fixer en Sardaigne, dans les montagnes de la Gallura.

Leur style de vie, leur parole, leur exemple, frappa la population qui les vénéra spontanément.

Ce qu’on a écrit d’eux ci-dessus provient d’un article spécialisé, qui situe les deux saints ermites à cette date très ancienne. C’est qu’effectivement au 5e siècle furent exilés en Sardaigne un certain nombre de Chrétiens, évêques et moines, qui ne manquèrent pas de reprendre et poursuivre l’œuvre évangélisatrice de leurs prédécesseurs.

Le Martyrologe Romain cependant les mentionne laconiquement avant le 12e siècle, ce qui a été respecté dans notre présentation du martyrologe. 

Les saints Nicoló et Trano sont commémorés le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Petroc de Galles

† 564

 

Les faits qui vont être racontés s’appuient certainement sur des réalités historiques. En outre, Jésus n’a-t-il pas promis à ses apôtres : Celui qui croit en moi fera lui aussi les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes (Jn 14:12) ?

Petroc était fils d’un roi du Pays de Galles, nommé Glywys ou Glywysing. Sa sœur s’appelait Gwynllyw.

Il aurait étudié en Irlande et aurait été le professeur de s.Kevin (v. s.Coemgen, 3 juin). Quand mourut son père, Petroc prit l’habit monastique avec soixante nobles et passa en Irlande, puis en Cornouaille.

Ce fut l’occasion pour Petroc de faire surgir une source d’un rocher, comme Moïse au désert (cf. Ex 17:5-6).

Il rencontra s.Samson (v. 28 juillet) et l’évêque Wethinoc et s’établit dans son diocèse pendant trente ans. Le monastère de Padstow, qui porte son nom (Pedroc-stowe ou Petrock’s Place, fut peut-être celui-là même qu’il fonda. Il se serait ensuite retiré à Bodmin.

Puis il fit le pélerinage à Rome, à Jérusalem, et de là poussa jusqu’en Inde, d’où une mystérieuse nacelle l’enleva sur une île déserte ; nouveau s.Jean à Patmos, il y contempla sept années durant les mystères célestes.

Ramené en Cornouaille par le même moyen de transport, il retrouva ses compagnons.

Parmi les signes accomplis par Petroc, il y eut la résurrection d’un mort, la guérison de malades, l’apprivoisement d’une bête sauvage. Il sauva aussi un daim et convertit le chasseur qui le poursuivait, Constantine.

Petroc s’endormit dans le Seigneur, pense-t-on, vers 564, et devint le patron de la Cornouaille. 

La dévotion bretonne vénère saint Perreux, notre s.Petroc francisé.

Saint Petroc de Galles (ou de Cornouaille) est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gualtiero de Servigliano

8e siècle

 

Notre Gualtiero ne doit pas être confondu avec un homonyme de la même époque, mais martyr en Frise et fêté le 5 juin (v. s.Walter).

Gualtiero, le nôtre donc, vécut à Servigliano (Marches, Italie CE), mais il est très difficile de trouver des renseignements sur sa personne.

Il n’est pas sûr qu’il soit né à Servigliano, mais on sait qu’il vint s’y installer avec un autre prêtre nommé Armando (ou Armeno).

Il semble qu’après s’être d’abord fixé dans la vallée Marana, il ait fondé un monastère près de l’église Saint-Marc et qu’il y soit devenu abbé.

La communauté s’occupait des malades.

Gualtiero mourut là, chargé de mérites et rempli de vertus.

Au moment de sa mort, on vit briller sur sa tête une croix lumineuse.

Il est vraisemblable que Gualtiero fut hautement estimé et admiré pour les saintes actions qu’il effectua, car la dévotion du peuple fut unanime et durable, jusqu’à nos jours.

La date du 8e siècle n’est pas plus certaine ; des historiens retardent l’existence de l’abbé Gualtiero au 13e siècle.

Saint Gualtiero di Servigliano est commémoré le 4 juin dans le Martyrologe Romain (qui le place au 8e siècle).

Pacifico Ramati

1426-1482

 

Pacifico Ramati naquit vers 1424 à Cerano (Novare, Piémont, Italie NO).

En réalité, on ne connaît ni son prénom de baptême ni son nom de famille. Des recherches ont abouti à la lignée des Ramati.

Très jeune orphelin, il fut élevé par les Bénédictins et, adolescent, opta pour les Frères Mineurs franciscains, dans leur monastère de San Nazario della Costa. C’est là qu’il prit le nom de Pacifico

Après avoir été ordonné prêtre, il fut envoyé, croit-on, à la Sorbonne où il fut reçu docteur en théologie ; on a conjecturé que c’était à Oxford ou à Bologne.

De retour en Italie, il se révéla excellent prédicateur, au point qu’on le surnomma orateur apostolique très célèbre, de la classe d’un Bernardino de Sienne (v. 20 mai). Il prêcha surtout en Piémont et en Lombardie. En 1472, il fut envoyé en Sardaigne, mais en alternance avec le Piémont, car il fut chargé aussi, la même année, de l’érection d’un couvent à Vigevano.

Il publia en 1474, en langue italienne pour être à la portée du plus grand nombre, un ouvrage de théologie morale à l’usage des confesseurs et qu’il intitula très humblement : Opereta dicta Sumula ovvero Sumeta de pacifica conscientia (Œuvrette, dite Petite Somme ou Sommette de la conscience pacifique, les mots italiens étant ici difficiles à traduire). L’ouvrage fut très répandu sous le titre de Somme Pacifique. L’ouvrage connut seize réimpressions.

En 1478, il fut envoyé au chapitre de Pavie, en 1481 à celui de Ferrare, puis en Sardaigne comme commissaire et comme prédicateur contre l’Islam, après que Mahomet II eut envahi l’île. Mais Pacifico ne put partir tout de suite, car il souffrait de podagre. Son séjour en Sardaigne, cette fois-ci, fut bref. 

Frère Pacifico mourut à Sassari (Sardaigne), le 4 juin 1482 d’après le Martyrologe, et son culte fut approuvé en 1746.

 

 

Ascanio Caracciolo

1563-1608

 

Ascanio Caracciolo vit le jour le 13 octobre 1563 à Villa Santa Maria (Abruzzes, Italie), de Ferrante et Isabella Barattucci, d’excellents chrétiens de familles nobles.

Dès l’enfance, Ascanio eut une grande dévotion envers l’Eucharistie et la Sainte Vierge ; chaque samedi, il jeûnait ; il prenait sur sa nourriture pour donner aux pauvres, et demandait à son père d’autres subsides pour les aider.

En 1573, saint Luis Bertrán lui aurait prédit qu’il fonderait une famille religieuse prospère, mais il ne semble pas que ce Saint se fût trouvé en Italie à cette date, sauf s’il apparut à Ascanio, qui avait alors dix ans.

Il avait vingt-deux ans lorsqu’il fut frappé d’une grave maladie (peut-être l’éléphantiasis, qui rend le visage ou les membres difformes), durant laquelle il promit à Dieu de quitter le monde s’il guérissait ; sa guérison eut tout du miracle. 

Il vint à Naples pour étudier la théologie ; il passait son temps libre dans les églises les moins fréquentées, pour s’adonner à ses dévotions plus secrètement.

En 1587, il fut ordonné prêtre. En 1588, il entra dans la congrégation des Blancs (Bianchi), des hommes qui s’occupaient particulièrement des prisonniers, et des condamnés à mort, les préparant à leurs derniers instants avant de comparaître devant le Juge divin. Il est dit qu’il guérit aussi plusieurs malades par un simple signe de croix sur le front.

Là-dessus, un Gênois nommé Adorno, qui voulait fonder un institut de Religieux mi-actifs mi-contemplatifs, envoya une invitation à un certain Ascanio Caracciolo, parent homonyme du nôtre ; mais la lettre arriva véritablement à notre Ascanio, qui la reçut avec joie.

Ils écrivirent une première règle, qui fut tout de suite approuvée par le pape : outre les vœux habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, ils s’engageaient à ne jamais rechercher de dignité dans l’Eglise. Ils pensaient ouvrir des collèges, des ermitages, et organisèrent l’Adoration eucharistique perpétuelle. Ils étaient des Clercs Réguliers Mineurs et on leur donna le nom de Caracciolini.

Ils firent leur première profession en 1589, dans l’église des Bianchi de Naples. C’est alors qu’Ascanio prit le nom de Francesco, par dévotion au Saint d’Assise. Souverainement humble, il signa désormais ses lettres Francesco, pécheur.

Lors d’un premier voyage en Espagne, Ascanio-Francesco reçut d’un chartreux et d’un carme la prédiction de la future prospérité de son ordre.

En 1591, l’institut fut confirmé par décret papal.

En 1593, François fut élu général perpétuel, mais sur sa demande instante, il ne fut élu que pour trois ans. De son côté, il multipliait les pénitences, ne dormant que quelques heures, et méditant la Passion du Sauveur.

Un deuxième voyage en Espagne lui permit d’ouvrir une maison à Madrid (1594). Dans l’intervalle, une maison s’ouvrit à Rome, et le pape prolongeait d’un an sa charge de général.

En 1597, il fut réélu général, mais en 1598 il fut maître des novices et, en 1601, partit une troisième fois en Espagne avec quelques Compagnons pour y ouvrir deux maisons, à Valladolid et à Alcalá.

Il arriva là-bas qu’en chemin, n’en pouvant plus, il s’écroula de fatigue sur le bord de la route ; un jeune cavalier l’aborda et le prit sur sa monture ; arrivés à destination, Francesco allait le remercier mais, le temps de se retourner, cheval et cavalier avaient disparu.

Francesco était si enflammé d’amour pour le Saint-Sacrement, qu’on le surnomma le Prédicateur de l’Amour Divin. Il lui arriva pendant la Messe de verser des larmes abondantes et ensuite de demander pardon aux fidèles pour le scandale qu’il leur avait procuré - alors que ces fidèles en étaient très édifiés.

François eut le don du discernement des esprits, de prophétie ; à certains, il annonça leur vocation religieuse, à d’autres au contraire la perte de la foi…

Il revint à Rome en 1604, et devait ouvrir une nouvelle maison à Agnone en 1608, mais il comprit qu’il allait finir ses jours. Il recommandait aux prêtres qui l’entouraient de célébrer chaque jour la Messe. Durant son agonie, il ne répétait plus que Jésus, Marie. Quand il s’exclama Allons, allons !, on lui demanda Où ? et il répondit Au ciel, au ciel !

C’est ainsi qu’il s’éteignit le 4 juin 1608.

A l’autopsie de son corps, on trouva autour du cœur cette inscription : Le zèle de ta maison me consume (Ps 68:10). Le premier miracle obtenu par son intercession, se vérifia lors de ses funérailles, le 11 juin 1608, quand un malheureux tout tordu se redressa complètement.

François Caracciolo fut béatifié en 1770 et canonisé en 1807.

Il y a actuellement encore une quinzaine de maisons de Caracciolini en Italie, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Congo, aux Philippines et en Inde.

 

 

Filippo Smaldone

1848–1923

 

Filippo Smaldone vécut durant une période pleine de tensions. Il naquit à Naples le 27 juillet 1848, année de la fameuse «insurrection de Naples», aîné des sept enfants d’une famille profondément chrétienne.

Grâce à son curé, il put recevoir la Première communion dès dix ans (c’était précoce, pour l’époque).

Il n’avait que douze ans à la chute politique de la monarchie des Bourbons, auxquels sa famille était fortement liée ; au moment de la conquête de Garibaldi, l’Eglise napolitaine vécut des moments dramatiques, spécialement avec l’exil de son archevêque, le Cardinal Sisto Riario Sforza.

L’année de la Confirmation (1862), Filippo prit la décision irrévocable de se faire prêtre et de s’engager pour toujours au service de l’Église. Encore étudiant en philosophie, il voulut se consacrer à l’assistance des sourds-muets. C’est vers la fin des années soixante en effet qu’il rencontra une pauvre maman avec dans les bras son petit garçon sourd-muet. Son activité caritative retarda même un peu ses études et donc l’accès aux premiers Ordres. A cela s’ajoute qu’on le jugea «très peu doué» pour les études. 

Cependant, l’archevêque, qui l’appréciait énormément pour ses qualités spirituelles, tint à l’ordonner prêtre : sous-diacre en 1870, diacre et prêtre en 1871, avec la dispense d’âge canonique de quelques mois, car il n’avait pas atteint les 24 ans exigés pour le sacerdoce. On imagine la joie indicible qu’il ressentit au fond de son cœur plein de bonté et de douceur.

Dès son ordination sacerdotale, il commença un fervent ministère, comme catéchiste, comme collaborateur dévoué dans plusieurs paroisses, spécialement de la paroisse Sainte-Catherine in Foro Magno, auprès des malades dans des cliniques, dans des hôpitaux et chez des particuliers. 

En 1880, il participa au premier congrès des éducateurs de sourds-muets et, l’année suivante, fut nommé aumônier de l’institut des sourds-muets de Bari. 

La plus grande charge pastorale de Don Filippo Smaldone devint ainsi l’éducation des pauvres sourds-muets, auxquels il aurait voulu consacrer toute son énergie, avec des méthodes plus appropriées que celles qu’il voyait utiliser par d’autres éducateurs. Il souffrait beaucoup de constater que, malgré tous les efforts faits par beaucoup, l’éducation humaine et chrétienne de ces malheureux, considérés souvent comme des païens, ne portaient pas de fruits.

Il envisagea aussi un moment de partir comme missionnaire dans les missions étrangères, mais son confesseur l’en dissuada. Dès lors, il se consacra totalement à l’apostolat parmi les sourds-muets : il alla vivre pour toujours parmi un groupe de prêtres et de laïcs, qui avaient l’intention de constituer une Congrégation de Prêtres Salésiens et projeta de réaliser une institution durable, capable de se consacrer aux soins, à l’instruction et à l’assistance, humaine et chrétienne, de ceux qui sont atteints de surdité.

Par sa charité, il parvint au sommet de la générosité et de l’héroïsme au moment d’une grave épidémie de choléra qui frappa la ville de Naples en 1884 ; il tomba lui-même malade jusqu’à l’épuisement et il fut sur le point de perdre la vie ; certains annoncèrent même sa mort et l’on célébra des messes pour le repos de son âme ; mais entre temps don Filippo s’était remis pleinement : il était persuadé que cette guérison était due à Notre-Dame de Pompéi, pour laquelle il eut toute sa vie une dévotion particulière. 

Le 25 mars 1885, il partit pour Lecce, afin d’ouvrir, avec Don Lorenzo Apicella, un Institut pour sourds-muets. Il y fit venir quelques pieuses femmes, que lui-même avait formées, et il jeta ainsi les bases de la Congrégation des Sœurs Salésiennes des Cœurs Sacrés qui, ayant reçu la bénédiction et les encouragements des évêques successifs de Lecce, eut un développement rapide et important.

En raison du nombre croissant de personnes à accueillir et à assister, l’Institut de Lecce, comprenant des branches féminines et masculines, eut de plus en plus de maisons, En 1892, fut créé l’Institut de Bari, en 1895 une école pour filles à Trepuzzi, en 1898 une maison à Rome. En 1902, don Filippo put acquérir le célèbre ancien couvent des Carmélites Déchaussées, qui devint la résidence définitive et la Maison Mère de l’Institut.

Le Père Smaldone ne savait pas dire non à la demande de nombreuses familles pauvres ; aussi, commença-t-il à accueillir, en plus des sourds-muets, des filles aveugles, de petites filles orphelines et abandonnées. 

En 1905, il fut décoré par le pape de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, et nommé chanoine de la cathédrale de Lecce

Malgré les rudes épreuves dont elles eurent à souffrir, soit de l’extérieur soit à l’intérieur même de l’Institut, l’Œuvre et la Congrégation connurent un développement discret, mais s’affermirent. A Lecce, le fondateur eut à mener une lutte acharnée contre l’administration communale très laïque et opposée à l’Église. 

Au sein de la Congrégation, il vécut avec amertume la délicate et complexe histoire de succession de la première Supérieure Générale, succession qui provoqua une longue Visite Apostolique. Ces deux événements révélèrent l’âme vertueuse du Père Smaldone, et il fut évident que sa fondation était voulue par Dieu, qui purifie par la souffrance les œuvres nées en son nom et ses fils les plus chers.

A Lecce, le père Smaldone recouvrit la fonction de directeur de l’Institut et de fondateur des Sœurs Salésiennes ; il fut un confesseur assidu et estimé de prêtres, de séminaristes, et de plusieurs communautés religieuses ; il fonda aussi la Ligue Eucharistique des Prêtres Adorateurs et des Dames Adoratrices ; il fut encore Supérieur de la Congrégation des Missionnaires de Saint François de Sales pour les Missions populaires. 

Il termina ses jours à Lecce, supportant avec une sérénité admirable un diabète associé à des complications cardiaques et circulatoires et à une sclérose qui se généralisait. Le 4 juin 1923 à 21 heures, après avoir reçu le soutien spirituel et la bénédiction de son archevêque, il mourut saintement à l’âge de 75 ans, entouré de plusieurs prêtres, de sœurs et de sourds-muets.

C’est donc en ce jour que le Martyrologe le commémore.

Cet apôtre de la charité a été béatifié en 1996, et canonisé en 2006.

Antoni Zawistowski

1882-1942

 

Ce prêtre polonais est né le 10 novembre 1882 à Strumiany, près Wielkopolskie (Pologne).

Vice-recteur et professeur de théologie à Lublin (1918-1929), il présidait l’Action Catholique à Lublin et collaborait étroitement avec le père Maximilien Kolbe.

Arrêté par les Nazis en novembre 1939 et déporté à Dachau, il s’efforça d’y continuer son apostolat auprès des déportés, malgré la surveillance étroite, malgré les vexations multiples. 

Ses camarades de détention se souvinrent de ses paroles : Nous sommes ici pour la foi, l’Eglise et la Patrie, et nous donnons consciemment notre vie.

Il mourut des conséquences des mauvais traitements, et s’éteignit le 4 juin 1942, jour où il est commémoré au Martyrologe, tandis qu’il est fêté le 13 juin parmi les cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

 

 

José María Gran Cirera

1945-1980

 

José María Gran Cirera naquit le 27 avril 1945 à Barcelone (Catalogne, Espagne NE) dans une humble famille dont le père était employé dans une compagnie de comptables. Sa sœur s’appelait María Concha.

En 1965, il entra au noviciat des Missionnaires du Sacré-Cœur à Canet de Mar où, en 1966, il fit profession.

En 1972, il fut ordonné prêtre à Valladolid.

Son premier poste fut à Valence et, en 1975 et sur sa demande, il fut envoyé au Guatemala.

Il fut en charge à Santa Cruz de Quiché (1975-1978), puis quelques mois à Zacualpa.

En 1978, il fut nommé vicaire de San Gaspar de Chajul, un secteur peuplé de gens pauvres, décimés par la répression militaire. Son curé se déchargeait sur lui des tâches trop dures pour lui, profitant de l’enthousiasme de José María.

Fidèle à ses engagements, le père José María n’abandonna pas son troupeau. Etant proche des pauvres, il était accusé de militer dans la guérilla contre les forces militaires.

De retour d’une visite dans un village de son secteur, il fut assassiné avec son sacristain, Domingo del Barrio Batz, le 4 juin 1980. Les assassins  remplirent ensuite les sacs à dos des deux victimes avec des tracts de propagande pro-guérilla, pour faire croire à la presse internationale que le prêtre et son sacristain travaillaient dans la subversion anti-gouvernementale.

Quand les villageois vinrent ramasser les restes des Martyrs, ils trouvèrent un bras et une main du prêtre à quelques mètres de son corps. Les assassins avaient aussi profané l’ornement utilisé par le prêtre pour célébrer la Messe, en le maculant d’inscriptions anti-gouvernementales.

José María Gran Cirera devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe le 4 juin.

 

 

Domingo del Barrio Batz

1951-1980

 

Domingo del Barrio Batz naquit le 26 janvier 1951 à Ilom (Guatemala).

Chrétien, père de trois enfants, il était engagé dans l’Action Catholique ; c’était le sacristain de la paroisse de Chajul.

Très attaché au père José María Gran Cirera, il l’accompagnait volontiers dans ses déplacements, bravant le danger de tomber dans quelque embuscade.

Le 4 juin 1980, au retour d’une visite pastorale, le père José María et lui s’arrêtèrent à Xe Ixoq Vitz sur le bord de la route pour prier, mais on les attendait : ils furent criblés de balles.

Domingo del Barrio Batz devrait être béatifié en 2020, avec neuf autres Martyrs du Guatemala, et inscrit au Martyrologe, avec le père José María Gran Cirera, le 4 juin.

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