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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 23:00

06 JUIN

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Ss Artemius et Candida avec leur fille Paulina (?), martyrs romains. 

IV.

S Bessarion, anachorète égyptien, à la touchante générosité.

V.

S Ceratius, évêque à Grenoble, et peut-être à Eauze, après avoir fui devant une invasion burgonde..

VI.

S Eustorgio II, évêque à Milan.

S Iarlathus, évêque en Irlande.

S Gudwal (Gurval), moine et peut-être évêque en Bretagne.

S Avit, soldat Wisigoth fait prisonnier à la bataille de Vouillé, ermite à Mauroy puis à Ruffec.

VII.

S Claude, abbé dans le Jura puis évêque à Besançon (ou l’inverse).

IX.

S Agobard, évêque à Lyon, adversaire de l’erreur adoptianiste, du “jugement de Dieu” (par le feu) et des superstitions.

S Alessandro, évêque à Fiesole, assassiné par les propriétaires des terrains d’Eglise qu’il avait récupérés.

S Hilarion, higoumène à Constantinople, persécuté et exilé pour le culte des Saintes Images.

XI.

S Colman, évêque aux îles Orcades.

XII.

S Norbert, fondateur à Prémontré d’une communauté de chanoines réguliers placés sous la Règle de s. Augustin, évêque à Magdebourg.

B Falcone, abbé à La Cava.

S Gilbert, chevalier qui, frappé par l’échec de la seconde croisade, fonda un monastère Prémontré à Neuffontaines, dont il devint abbé et près duquel il construisit aussi un hôpital.

XIII.

B Gerardo de’ Tintori, laïc de Monza qui y fonda un hôpital où il travaillait lui-même et y opérant aussi des miracles.

XIV.

S Bertrand de Saint-Géniès, évêque à Aquilée, actif pour le procès de canonisation de s. Thomas d’Aquin, assassiné par un ennemi ; on l’invoqua pour des réconciliations.

XVI.

B Aurelio (Lorenzo) de Masculis de Villamagna, franciscain des Abruzzes, fameux pour ses prédictions.

B William Greenwood, chartreux à Londres, martyr.

XIX.

S Marcellin Joseph Benoît Champagnat, benjamin de dix enfants, fondateur des Petits Frères de Marie (Frères maristes), pour l’éducation des jeunes gens, canonisé en 1999 ; sa devise était “Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus”.

Ss Phêrô Dung, Phêrô Thuân, et Vinh Son Duong, pêcheurs ou paysans tonkinois, martyrs canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

S Rafael Guízar Valencia (1878-1938), évêque à Veracruz, trois fois exilé à cause de la persécution, grand propagateur de la dévotion au Sacré-Cœur, béatifié en 1995, canonisé en 2006.

B Józef Wojciech Guz (Innocenty, 1890-1940), franciscain polonais martyr à Sachsenhausen, béatifié en 1999.

Artemius et Paulina de Rome

† 304

 

Artemius aurait été un compagnon de captivité des martyrs Marcellinus et Petrus (v. 2 juin), qui l’auraient amené à la foi au Christ.

On lui avait aussi donné une épouse, Candida, et une fille, Paulina, martyrisées avec lui, en 304.

Actuellement, on a préféré corriger ces détails de parenté : Artemius et Paulina sont deux martyrs, dont les tombes se trouvent sur la Via Aurelia de Rome.

On ne saurait en dire davantage.

Saints Artemius et Paulina de Rome sont commémorés le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bessarion d’Egypte

† 4e siècle

 

Vivant au 4e siècle, Bessarion aurait été un disciple de s.Antoine et de s.Macaire de Scété (v. 17 et 19 janvier»).

Il aurait aussi fait des miracles «sans le vouloir», tant sa sainteté resplendissait.

Il ne portait qu’une tunique et un petit manteau ; toute sa bibliothèque consistait dans le saint Evangile, qu’il portait sous le bras.

Son disciple, Doulas, nous a laissé un témoignage de sa charité.

Bessarion trouva un jour un cadavre nu : il le couvrit de son manteau ; plus loin, un mendiant, nu, le héla : Bessarion préféra excéder dans la charité que de laisser son prochain sans vêtement ; vint à passer un magistrat qui le connaissait et lui demanda : Qui t’a donc mis dans cet état ? - L’Evangile, répondit Bessarion ; le magistrat lui donna son manteau.

Plus loin, encore un mendiant ! Bessarion va vendre son Livre sacré. Doulas ensuite de lui demander : Qu’as-tu donc fait de l’Evangile ? Et Bessarion : Il est écrit ‘Vends tout ce que tu as et donne-le aux pauvres’.

Saint Bessarion d’Egypte est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ceratius de Grenoble

† 450

 

Ceratius (Cérat) naquit dans la Bourgogne ; on dit que son père était un personnage illustre.

A-t-il vraiment été formé auprès de s.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) ? La question reste posée.

Il devint le sixième évêque de Grenoble, en 441.

On sait qu’il fut présent aux deux conciles d’Orange et de Vaison (441 et 442).

L’année même de sa mort, il écrivit une lettre au pape Léon 1er, le remerciant et le félicitant d’avoir écrit son Tome à Flavien (v. 10 novembre).

Dans l’intervalle de ces neuf années d’épiscopat, Ceratius se serait enfui de Grenoble devant des envahisseurs burgonde (ariens). Il se serait alors réfugié en Gascogne et aurait même été installé sur le siège d’Eauze. La liste épiscopale de cette ville mentionne effectivement un Cerat comme septième évêque et son corps reposait dans l’abbaye de Simorre.

Mais le problème n’est pas résolu pour autant, car Grenoble s’honorait de conserver la dépouille de son évêque. On essaie d’expliquer alors que ce furent des reliques du Saint qu’on emporta plus tard en Gascogne pour les préserver de la destruction. 

Le culte de s.Ceratius a été confirmé en 1903.

Saint Ceratius de Grenoble est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eustorgio II de Milan

† 518

 

Il y eut à Milan un premier Eustorgio, qui mourut en 350.

Le nôtre venait peut-être de Grèce et se trouvait à Rome au moment du pontificat de Gélasius Ier (492-496).

Intégré dans le presbyterium de Milan, il y devint le vingt-sixième évêque, en 512.

On remarqua en lui sa piété, sa justice et ses vertus pastorales.

Il fit construire un baptistère remarquable près de la cathédrale de Milan.

C’est lui qui instruisit, baptisa et reçut au diaconat s.Florianus ou Laurianus (v. 4 juillet).

Eustorgio entretint d’excellentes relations avec le roi Théodoric qui, à son tour, s’appuyait aveuglément sur son jugement ; le roi le considérait comme gardien courageux de la discipline ecclésiastique. Ainsi, quant l’évêque d’Aoste fut calomnié et expulsé, Théodoric s’adressa à Eustorgio pour le réintégrer et punir les coupables. 

L’Eglise de Milan possédait des terres en Sicile : Théodoric aida Eustorgio à les défendre, car il savait combien de pauvres l’évêque nourrissait avec ces cultures.

Un autre évêque, Avitus de Vienne (en Gaule, v. 5 février), loua la générosité d’Eustorgio, qui avait fait procurer des subsides pour des Italiens prisonniers de Gondebaud, le roi des Burgondes.

Eustorgio mourut le 6 juin 518.

Saint Eustorgio II de Milan est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Iarlathus

† 550

 

Iarlathus est le nom d’(au moins) un évêque en Irlande, pour lequel nous n’avons rien trouvé de précis.

Le Martyrologe Romain mentionne un Saint Iarlathus, mort le 6 juin 550. 

Si la date ci-dessus est correcte, cet évêque Iarlathus ne peut être celui qui fut le deuxième successeur de s.Patrice à Armagh (v. 17 mars), après Benignus, et qui mourut quelque soixante-dix ans plus tôt, en 482.

En outre, une chronique ancienne nomme l’évêque David, légat de toute l’Irlande, qui mourut en 550.

Cet autre Iarlathus était né en Ulster, fils de Trena, et fut formé par s.Patrice lui-même.

Nous ne savons donc rien sur le saint Iarlathus du Martyrologe Romain.

 

 

Claude de Besançon

607-699

 

Claude serait né vers 607 à Bracon (Jura), d’une célèbre famille gallo-romaine, les Claudia.

Il se serait d’abord orienté vers la carrière des armes, mais entra dans la cléricature.

Amoureux des lettres et plus encore du Christ, il acquit les vertus qui le désignèrent pour monter sur le siège épiscopal de Besançon en 685.

En 692, il se retira humblement dans le monastère de Saint-Oyand-de-Joux.

Une autre version présente Claude comme ayant d’abord été moine à Saint-Oyand-de-Joux, puis abbé du même monastère, avant de devenir évêque.

La chronique dit qu’il gouverna sagement son diocèse. 

Il y eut, dit-on, à Besançon un autre évêque Claude au 6e siècle, présent aux conciles d’Epaone (517) et de Lyon (529), mais de cet évêque il n’est pas question dans la liste épiscopale de ce diocèse.

Le monastère de Saint-Oyand a été l’origine de la ville de Saint-Claude.

Saint Claude de Besançon est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Alessandro de Fiesole

† 833

 

Alessandro naquit à Fiesole (Toscane, Italie C) de noble famille et la grâce divine le protégea dès l’enfance par des manifestations qui annonçaient sa future sainteté.

Dès sa jeunesse, il fut au service de la cathédrale.

A la mort de l’évêque de cette ville, c’est vers lui que se tournèrent les esprits, qui eurent des difficultés à vaincre sa modestie. Le pape consacra Alessandro septième évêque de Fiesole, en 823.

Défenseur des biens de son diocèse, il obtint la restitution de ceux qui avaient été séquestrés injustement. Mais au retour de Pavie, où il avait rencontré le roi, il fut poursuivi et assailli par ceux qui avaient occupé ces terres : feignant de l’aider à traverser la rivière Reno, près de Bologne, ils le jetèrent dans les flots et le noyèrent, le 6 juin d’une année qui se situe entre 833 et 841.

Cet acte barbare qu’on appellerait aujourd’hui un assassinat par vengeance, fut longtemps considéré comme martyre. Des miracles attestèrent sa sainteté.

La tradition rapporte que, plus tard, des chercheurs d’or fouillèrent le sous-sol de Fiesole et, ayant rejoint la tombe d’Alessandro, y furent éblouis par une grande lumière : épouvantés, ils en moururent de peur.

Saint Alessandro de Fiesole est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hilarion le Jeune

† 845

 

Il ne s’agit pas ici de s.Hilarion de Gaza (v. 21 octobre) ni de celui du 8e siècle (v. 28 mars), exilé par les iconoclastes.

Celui d’aujourd’hui naquit à la fin du 8e siècle, de Petros et Theodossia.

A douze ans, déjà fort instruit dans l’Ecriture Sainte, il reçut la tonsure monacale dans le monastère d’Hesychius proche de Constantinople, puis il rejoignit celui dit Dalmate, où il fut disciple de s.Grégoire le Dékapolite (v. 20 novembre) et fut ordonné prêtre.

Un trait particulier du jeune moine était sa grande dévotion pour son saint Patron, s.Hilarion, mentionné plus haut. Il en devint une image tellement fidèle, que les moines l’appelèrent Hilarion le Nouveau ou le Jeune. 

A la mort de l’higoumène (supérieur), Hilarion subodora que les moines voulaient l’élire et s’enfuit rapidement à Constantinople. Les moines exprimèrent alors leur désir dans une pétition qu’ils firent présenter au patriarche Niképhoros : ce dernier convoqua Hilarion et le convainquit d’accepter. Par obéissance envers la sainte hiérarchie, Hilarion se soumit (805).

Mais en 813, la persécution impériale contre les Saintes Images s’étant rallumée, Hilarion se rangea résolument dans les rangs des moines fidèles à la vénération des Images et déclara que l’empereur était hérétique. Il fut alors arrêté et mis en prison, où il souffrit la faim et la soif.

Les moines vinrent demander la libération de leur higoumène ; ils obtinrent gain de cause en promettant vaguement qu’ils se soumettraient à la volonté impériale ; c’était dangereux. Hilarion fut momentanément libéré, mais rapidement remis en prison, où on lui fit subir toutes sortes de tortures.

En 820, l’empereur impie fut assassiné - à l’endroit même où il avait plus tôt brisé une icône sacrée - et Hilarion put rejoindre sa cellule monastique. Le 11 novembre 826, il eut la vision de l’âme de s.Théodore Studite, portée par les Anges au Paradis.

En 829 se déchaîna une nouvelle persécution iconoclaste : Hilarion fut battu et envoyé cette fois-ci sur l’île d’Aphousia (Mer de Marmara).

Enfin l’impératrice Theodora donna l’ordre de rappeler d’exil tous les confesseurs. Hilarion put revenir à son cher monastère Dalmate, où on lui redonna sa place d’higoumène.

Il y mourut le 6 juin 845.

Saint Hilarion le Jeune est commémoré le 6 juin dans le Martyrologe Romain.

 

Colman d’Ecosse

† 1010

 

Il y a un grand nombre de Saints Colman, peut-être plus de cent. Ils sont d’autant plus nombreux que l’on assimile parfois les noms de Colman et Colomba (ou Colomban). Le Martyrologe mentionne cinq Colman, et un Colomban. Et parmi les Colman, deux sont sensiblement de la même époque, au point que certains proposent de les confondre en un seul personnage : l’évêque dans les Iles Orcades et le pèlerin.

Dans le Martyrologe, ce sont deux personnages bien distincts. Le pèlerin est au 17 juillet.

Colman, évêque en Ecosse, vivait au 10e siècle, dans l’archipel des Orcades, et mourut vers 1010. Il se trouve mentionné dans le Martyrologe au 6 juin.

On ne peut pas dire que les précisions abondent à propos de ce saint évêque. Le Martyrologe en signale un autre pour la même région, du 7e siècle, constructeur de monastères (v. 29 octobre).

De notre évêque du 6 juin, on retiendra donc qu’on ne sait rien.

 

 

Norbert de Xanten

1080-1134

 

Norbert naît à Xanten, petite ville de Rhénanie, entre 1080 et 1085, dans une famille noble. De sa jeunesse, on sait tout juste qu’il la passait dans l’aisance et le plaisir mondain.

Ajoutant à son ascendance quelques bonnes études, il reçoit à Xanten une prébende canoniale, dont il ne se soucie guère. Il accède toutefois au sous-diaconat, et devient secrétaire de son évêque.

Ayant gagné la cour de l’empereur, il accompagne ce dernier à Rome en 1111 : là, la conduite de l’empereur va heurter sa conscience, car il voit Henri V extorquer au pape Pascal II l’investiture des évêques ; nous sommes à l’époque de la Querelle des Investitures, quand l’autorité civile prétend remettre aux évêques la crosse et l’anneau. Norbert, lui, refuse l’archevêché de Cambrai qu’on lui propose. 

Peu à peu l’appel à la conversion intérieure va faire son chemin. Il renonce à la cour, porte un cilice et vit dans la solitude.

A Noël 1115, il est ordonné prêtre : à partir de ce jour, il ne portera plus qu’un pauvre habit de peaux d’agneaux. Il se prépare à sa première Messe pendant quarante jours. 

Son nouveau style de vie heurte ses confrères : on l’accuse, il doit se justifier lors d’un concile à Fritzler en 1118, et décide de se dépouiller davantage, quittant son bénéfice et tous ses biens.

Il vient d’abord à Saint-Gilles-de-Provence porter ses hommages au pape légitime, Gélase II, mis en fuite par l’antipape : le pape l’autorise à prêcher dans toute l’Eglise romaine, mais Norbert, ne connaissant pas la langue romane, revient en pays germanique.

C’est durant cette première prédication qu’il rencontre une recrue de choix, en la personne de Hugues de Fosses, qui sera son successeur.

Tous deux parcourent le Hainaut et le Brabant en prêchant. Leur vie ascétique frappe les populations ; Norbert réconcilie les factions et reçoit le surnom de Angelus pacis, ange de paix.

En 1119, l’évêque de Laon et le nouveau pape, Calixte II, aident Norbert à s’établir dans le diocèse de Laon. Près de Coucy-le-Château va naître la fondation de Prémontré, un nouvel ordre né de la réforme de Norbert, qui s’inspirera à la fois de la règle bénédictine et de la règle des chanoines augustins.

L’ordre de Prémontré avait deux buts essentiels : la régénération du clergé et l’évangélisation du peuple chrétien.

Comme toujours dans la vie de l’Eglise, l’exemple d’un réformateur entraîne une sainte émulation, et l’exemple de Norbert suscitera tant de vocations qu’on comptera bientôt une centaine de monastères.

En 1126, Norbert reçoit du pape lui-même à Rome l’approbation de son travail.

Lors d’un autre voyage qui le menait à Spire, où il était question du nouvel archevêque à nommer pour le siège de Magdebourg, il fut reconnu et unanimement acclamé.

Étant entré dans Magdebourg pieds nus, il s’efforça désormais de ramener ce grand diocèse à la réforme, à la sainteté de mœurs.

Il dut affronter une sédition en 1129, qui heureusement finit dans la pacification.

Il installa ses disciples à Magdebourg, dans la collégiale de Sainte-Marie, leur confiant l’administration de l’Hôtel-Dieu et l’évangélisation des Wendes rebelles.

Lors de l’élection du nouveau pape Innocent II (1130), il s’unit de toutes ses forces avec saint Bernard et Pierre le Vénérable pour appuyer cette élection contre l’antipape Honorius II, et rallia ainsi l’empereur et l’Allemagne au pape légitime.

En 1132, l’empereur partit à Rome pour en chasser l’antipape, et Norbert l’accompagnait encore. Norbert reçut le pallium et le titre de chancelier d’empire, par suite de la vacance du siège de Cologne.

Mais la santé de Norbert était compromise. Son retour fut pénible. Il put encore célébrer le Jeudi Saint et la Pâque. A la Pentecôte, il reçut le saint viatique et mourut le 6 juin 1134.

D’abord inhumé dans la collégiale de Sainte-Marie de Magdebourg, il fut plus tard transporté à Strahor en Bohême car les Luthériens avaient expulsé les Prémontrés de Magdebourg.

D’innombrables miracles furent consignés dans un registre, mais la canonisation officielle n’arriva qu’en 1582. 

 

 

Falcone de La Cava

† 1146

 

Falcone naquit sur la fin du 11e siècle, à Noepoli (Potenza, Basilicata, Italie S).

Dès l’enfance il embrassa la vie monastique auprès des Bénédictins, et acquit une très vaste culture.

En 1126, encore jeune, dit-on, il fut nommé prieur d’un monastère déjà important à Cursosimum (ou Cersosimo, Noja, quartier de Noepoli), qui dépendait de l’abbaye de La Cava.

En 1141, il fut appelé à la tête de cette abbaye, et en devint le sixième abbé.

D’après les documents de l’époque, on déduit que Falcone fut extrêmement habile pour administrer les biens de cette abbaye, construire d’autres monastères ou églises, conseiller le roi, résoudre des questions épineuses juridiques. On le dit aussi excellent orateur.

Malheureusement, une Vie plus détaillée avec quelques anecdotes plus piquantes, n’existe pas. Malgré sa sainteté (ou justement à cause de celle-ci), Falcone n’a pas inspiré à ses moines le souci de conserver davantages de souvenirs pour notre édification. Il nous donne au moins cette leçon d’humilité et d’effacement.

Il mourut le 6 juin 1146.

Le culte du bienheureux Falcone fut confirmé en 1928.

 

 

Gilbert de Neuffontaines

† 1152

 

Le chevalier Gilbert était de la haute noblesse d’Auvergne et passa quelques années à la cour de Louis VI le Gros, puis vécut dans ses terres, administrant avec bonté et honnêteté ses domaines.

Il épousa une certaine Pétronille (ou Péronelle), et ils eurent une fille, Poncia.

Le conseiller spirituel de Gilbert, Ornifiers, était l’abbé de la proche abbaye de l’Ordre de Prémontré à Dillo (Yonne). Sur le conseil de ce dernier, Gilbert s’engagea dans la deuxième croisade, derrière le roi Louis VII (1146). Cette expédition fut un tel échec, que Gilbert rentra en lui-même et finit par attribuer cette défaite aux mauvaises dispositions des croisés. D’accord avec son épouse, il résolut alors de mener une vie plus retirée, plus sanctifiée.

Après avoir distribué aux pauvres une partie de leurs biens, ils consacrèrent le reste à la fondation de deux monastères, lui à Neuffontaines (ou Neuffonts), elle à Aubepierre. Pétronille devint abbesse, et Poncia lui succéda.

Gilbert introduisit dans son monastère la règle de Prémontré et fut élu abbé. En même temps, il fit construire un hôpital, où il recevait lui-même les malades, surtout des enfants, qu’il guérissait souvent par la simple imposition des mains.

Il mourut le 6 juin 1152. Les miracles qui se produisirent à son tombeau concernèrent surtout les enfants.

Le culte du bienheureux Gilbert fut reconnu en 1728. Ses reliques, «soigneusement» mises à l’abri des révolutionnaires, ne furent jamais retrouvées.

Quant à Pétronille et Poncia, elles furent parfois honorées du titre de Bienheureuses, mais ne se trouvent pas dans le Martyrologe romain.

 

 

Gerardo de’ Tintori

1135-1207

 

Gerardo de’ Tintori naquit en 1135 à Monza (Lombardie, Italie N).

Tôt orphelin, il hérita d’une petite fortune qu’il utilisa à fonder un hôpital à Monza en 1174, dont il confia l’administration à la ville, et la pastorale aux chanoines de la basilique. Pour lui, il se réservait les «corvées» : aller chercher les malades, les amener sur son dos, les installer dans de bons lits confortables, nettoyer les plaies des plus malades, les soigner filialement et fraternellement comme il l’aurait fait à Notre-Seigneur en personne ; il leur donnait le baiser de paix à leur arrivée.

Tant d’amour soulageait vraiment les malades, mais aussi parfois les guérissait complètement… 

Les miracles furent au rendez-vous : le grenier et la cave à vin furent un jour remplis sur la seule prière de Gerardo. Mieux : un jour de décembre, il pria les gardiens de la basilique de le laisser là toute la nuit, pour prier ; mais comme ceux-ci murmuraient, il leur promit un panier de cerises mûres ; au terme de la nuit, Gerardo avait là quelques paniers remplis de bonnes cerises mûres, en plein hiver, pour la plus grande satisfaction des gardiens.

On attribua à ses prières la défaite de l’envahisseur Frédéric Barberousse, l’arrêt de la crue du fleuve qui menaçait l’hôpital. Gerardo fut «canonisé» dès son vivant.

Après sa mort, le 6 juin 1207, les miracles se multiplièrent et l’évêque de Milan , Carlo Borromeo (v. 3 novembre) obtint en 1583 la reconnaissance du culte.

 

 

Bertrand de Saint-Géniès

1260-1350

 

Bertrand naquit en 1260 au château de Penne, dans le hameau de Saint-Géniès (Montcuq, Lot).

Des documents datant de 1314 le donnent comme licencié en droits canonique et civil, et suppléant à l’université de Toulouse.

Il eut les bénéfices de deux cures (Creyssens et Boulvé), fut chanoine puis doyen du chapitre d’Angloulème (1321), chantre à la collégiale de Saint-Félix-de-Caraman et archidiacre de Noyon (1328). Il fut aussi chapelain pontifical et auditeur des causes du palais apostolique ; en tant que tel, il travailla au procès de canonisation de Thomas d’Aquin.

En 1332, il reçut à Toulouse les représentants des capitouls, à la suite de la condamnation à mort d’un étudiant ecclésiastique ; il devait leur demander des réparations au nom du Saint-Siège.

En 1333, il tenta, mais en vain, d’apaiser les différends entre les deux familles romaines Colonna et Orsini.

En 1334, il fut nommé patriarche d’Aquilée et duc du Frioul. Mais avant de prendre possession de son siège, il repartit en Avignon au moment de la mort du pape Jean XXII.

Il fut très soucieux de relever son diocèse spirituellement, de le réorganiser : il fonda la collégiale à Udine, il ordonna sept cents prêtres, établit des confesseurs pour les diverses langues qui se parlaient dans cette région ; il procura aux Dominicains les livres importants qui manquaient dans leur bibliothèque ; lors d’une disette, il fit nourrir deux mille pauvres sur ses deniers.

Parallèlement à cette activité épiscopale, le patriarche eut à endosser son armure pour conduire ses hommes dans des expéditions militaires. Il lutta contre l’orgueilleuse Venise, mais ne put arriver à la paix avec le comte de Gorizia, allié des Habsbourg et qui conspirait contre ses privilèges.

Il vivait pauvrement, ne se chauffait pas, bénéficiant d’ailleurs d’une bonne santé qui le conduisit à l’âge respectable de quatre-vingt-dix ans.

En 1350, il assistait encore à un concile à Padoue. Le 6 juin de cette année, les gens du comte de Gorizia attaquèrent le patriarche au gué du Tagliamento, près de San Giorgio della Richinvelda, et lui donnèrent cinq blessures mortelles.

Son corps fut porté à Udine et enterré «sans aromates». Son successeur, à la suite de plusieurs songes, le fit exhumer un an plus tard et le trouva intact. Ce furent alors une suite de guérisons miraculeuses de paralytiques, tuberculeux, sourds, aveugles, épileptiques, blessés ; mais aussi des réconciliations d’ennemis dues à son intercession.

L’évêque martyr fut immédiatement «canonisé» par la voix populaire. Le culte fut reconnu en 1756.

 

Aurelio (Lorenzo) de Masculis de Villamagna

1476-1535

 

Aurelio de Masculis vit le jour le 12 mai 1476 à Villamagna (Chieti, Abruzzes, Italie CE), de Silvestre et Pippa d’Eletto. 

Jeune, il voulut entrer chez les Frères Mineurs franciscains, mais son père s’y opposa quelque temps, avant de céder.

 Aurelio prit le nom de Lorenzo. Le couvent où il entra était proche de Villamagna : il avait été fondé par les habitants en reconnaissance pour l’œuvre pacifiante de saint Giovanni de Capistrano (v. 23 octobre). 

Lorenzo fut ordonné prêtre et se donna à un apostolat tout enflammé de l’amour divin ; il eut le don des miracles et de la prophétie.

Toute l’Italie put l’écouter et bénéficier de sa profonde doctrine et de sa sainteté.

Il mourut à Ortona le 6 juin 1535 : son corps fut retrouvé sans corruption ; son culte fut approuvé en 1923.

 

 

William Greenwood

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

Notre William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Marcellin Champagnat

1789-1840

 

Né le 20 mai 1789 à Rosey (Marlhes, Loire), Marcellin Joseph Benoît était l’avant-dernier des dix enfants, cinq garçons et cinq filles, de Jean-Baptiste et Marie Chirat. Le 21 mai, jour de l’Ascension, Marcellin reçut le baptême.

Jean-Baptiste était un cultivateur et faisait marcher un petit moulin ; il fut secrétaire de la mairie, juge de paix et président de l’administration municipale du canton (1797). Il mourut en 1804.

Marcellin n’avait pas fréquenté l’école : le premier jour où il y alla, il fut choqué par la brutalité du maître, et ne voulut plus y retourner. C’est sa bonne tante, religieuse, qui lui donnera des leçons.

Marcellin avait déjà seize ans quand il entra, l’année suivante, au petit séminaire de Verrières (Montbrison), pour passer en 1813 au grand séminaire de Lyon.

Dans ce séminaire il rencontrera Jean-Marie Vianney, Jean-Claude Colin, Jean-Claude Courveille… Avec ces deux derniers, il conçut une société de prêtres qui organiseraient des missions dans les campagnes et un enseignement pour la jeunesse, tout cela sous le patronage de la Sainte Vierge. Marcellin eut aussi l’idée d’y adjoindre des Frères, pour seconder le travail des prêtres.

Après son ordination sacerdotale (1816), il fut nommé vicaire à La Valla-en-Gier (Saint-Chamond), où sa prédication et son enseignement attirèrent même les adultes. Son zèle le porta auprès des malades par tous les temps. Sa paroisse se débarrassa des bals et des mauvaises lectures.

Il commença de mettre en œuvre son idée du séminaire : il établit deux Frères enseignants dans une petite maison proche de son presbytère. Ce furent les humbles débuts de la congrégation des Petits Frères de Marie ou Frères maristes. L’école reçut les enfants de la paroisse, et se développa rapidement.

Des écoles s’ouvriront rapidement dans toute la région, pour la satisfaction des familles, mais suscitant, comme presque toujours en pareils cas, des jalousies ou des critiques de la part du clergé. Une autre épine déchira le cœur de ce jeune prêtre : ce fut la rivalité de son ami Courneille, qui tenta de l’évincer et de s’imposer comme supérieur.

Le père Marcellin demanda à être relevé de sa charge de curé, pour s’occuper uniquement de la congrégation naissante. Il mit au point la règle de la Congrégation, qu’il rapprocha de la Société des Prêtres Maristes, dont le supérieur était son ami Jean-Claude Colin. Lui-même devint l’assistant des Pères Maristes en 1839.

Malgré les événements politiques, les établissements de Frères Maristes se multiplièrent au-delà de la région du Rhône, pour atteindre une réputation nationale.

En 1839, partirent pour l’Océanie trois frères et cinq prêtres, parmi lesquels Pierre Chanel, futur martyr (et maintenant canonisé, cf. 28 avril).

Le Père Champagnat était sévère pour lui-même, austère : il ne prenait jamais rien entre les repas, et se mortifiait de diverses façons encore, au point que sa santé en fut altérée. C’était un excès et une erreur de sa part. Mais il n’imposait pas cette austérité aux autres. Il avait un immense respect et amour pour les enfants, pour les pauvres et les abandonnés. 

On rapporte de lui ces deux phrases qui résument toute sa pensée sur l’éducation :        

Pour bien élever les enfants, il faut les aimer, et les aimer tous également.                     

- Je ne peux pas voir un enfant sans avoir envie de lui dire combien Dieu l’aime.

Sa devise était : Tout à Jésus par Marie, tout à Marie pour Jésus.

Miné par un douloureux cancer, il mourut le 6 juin 1840 à Saint-Chamond.

A cette date, il y avait déjà près de trois-cents Frères pour une cinquantaine d’écoles recevant sept mille élèves. Aujourd’hui, ils sont plusieurs milliers, dans soixante-seize pays des cinq continents.

Marcellin Champagnat a été béatifié en 1955, et canonisé en 1999.

Les miracles retenus pour sa béatification et sa canonisation ont été la guérison d’une Américaine atteinte d’une tumeur maligne, celle d’un Malgache atteint de méningite cérébro-spinale, celle enfin d’un Frère souffrant d’une grave affection pulmonaire.

 

 

Phêrô Đinh Vǎn Dũng

1800-1862

Phêrô Đinh Vǎn Thuàn

1802-1862

Vinh-Sơn Dương

1821-1862

 

Comme pour les martyrs vietnamiens du 5 juin, ceux-ci ont beaucoup de traits communs.

Tous trois sont nés dans la région de Thái Bình : le premier à Đông Háo, le deuxième à Đông Phú, le troisième à Doãn Trung.

Les deux Phêrô (Pierre) étaient pêcheurs, comme leur saint Patron, saint Pierre. Le premier eut deux enfants qu’il éduqua dans la foi chrétienne ; il fut aussi le maire de son village.

Vinh Sơn (Vincent), lui, était agriculteur et avait trois enfants ; il eut des responsabilités dans l’administration de son village.

Lors de la violente persécution qui se déchaîna dès 1861, les chrétiens furent pourchassés, marqués à la joue avec le mot secte, pour les empêcher de se cacher, et tous leurs biens furent confisqués. 

Les deux Phêrô furent arrêtés et emmenés devant le gouverneur ; condamnés à la prison, ils subirent pendant deux ans diverses tortures : lourdes chaînes au cou et aux pieds, forcés à piétiner une croix. Mais jamais ils ne cédèrent.

Vinh Sơn fut arrêté courant 1861 et, pendant les neuf mois de sa détention, subit beaucoup de tortures et d’humilitations, qu’il endura avec joie, refusant de fouler aux pieds la Croix, exhortant ses amis et ses proches à rester fidèles au Christ.

On essaya contre eux la manière sentimentale : on amena leur épouse et les enfants pour venir les supplier d’apostasier (au moins verbalement) et de rentrer dans leur famille. Mais les soldats eurent la surprise de voir qu’au lieu d’être gagnés par l’émotion, les prisonniers encourageaient leur femme et leurs enfants à rester fidèles au Christ.

En avril 1862, on les transféra dans une autre prison. Pendant deux mois on les tortura. Phêrô Thuán fut proche du découragement, mais des amis lui redonnèrent courage et il continua à professer sa foi jusqu’au bout.

Voyant que tous leurs efforts étaient inutiles, les autorités décidèrent de les faire brûler vifs. Les trois hommes furent attachés sur un lit étroit de bois, auquel on mit le feu.

Ces pères de famille héroïques reçurent tous trois la grâce du martyre à Nam Định, le 6 juin 1862.

Tous trois béatifiés en 1951, tous trois canonisés en 1988, et bien sûr tous trois fêtés avec leurs Compagnons le 24 novembre.

 

 

Rafael Guízar y Valencia

1878-1938

 

Né le 26 avril 1878 à Cotija (Michoacán, Mexique), Rafael était le fils de Prudencio Guízar et Natividad Valencia.

Après l’école communale, il fréquenta le collège jésuite de Cotija, puis le séminaire de Zamora (1894-1901).

Peu après son ordination sacerdotale, il accompagna l’évêque dans ses visites pastorales. Pendant les années de la révolution, déguisé en marchand ambulant, il allait secrètement au secours des soldats mourants pour leur apporter l’aide spirituelle de l’Eglise.

Bientôt directeur spirituel au séminaire et chanoine à la cathédrale, il dut s’exiler à cause de la persécution et, entre 1913 et 1919, voyagea successivement à Cuba, au Guatemala, en Colombie et dans les états méridionaux des Etats-Unis.

Il était à Cuba en 1919, lorsqu’il fut nommé, puis consacré évêque de Veracruz. Il put prendre possession de son siège à Xalapa, et maintint ouvert son séminaire, contre toutes les lois officielles. Obligé une fois encore de s’exiler, il quitta son diocèse entre 1926 et 1929.

Malade, souffrant de diabète, de phlébite et d’insuffisance cardiaque, il rentra au Mexique mais ne put réintégrer son diocèse. Il mourut à Mexico le 6 juin 1938.

En 1950, son saint corps fut retrouvé intact et déposé dans la cathédrale de Veracruz.

Mgr Rafael Guízar y Valencia fut béatifié en 1995 et fut le premier évêque mexicain à être canonisé, en 2006.

Le miracle reconnu pour cette canonisation fut, en 2002, la naissance d’un bébé en parfaite santé, auquel on avait constaté une grave malformation durant la grossesse de sa maman (anencéphalie).

 

 

Józef Wojciech Guz

1890-1940

 

Né le 18 mars 1890 à Lviv (aujourd’hui Ukraine), Józef Wojciech entra en 1908 chez les Frères Mineurs Conventuels (franciscains) avec le nom de Innocenty.

Il aurait préféré entrer chez les Jésuites, mais ses conditions économiques ne le permettaient pas.

Il fit la première profession en 1909, étudia la philosophie et la théologie à Cracovie et reçut l’ordination sacerdotale en 1914.

Après quelques activités paroissiales à Hanaczów, Czyszkach, Halicz, Varsovie, Lviv, Radomsko et Grodno, il se joignit à la communauté du père Maksymilian Kolbe (Niepokalanów), de 1933 à 1936.

Il y collabora à l’édition du Chevalier de l’Immaculée, en même temps qu’il était professeur de chant au petit séminaire et confesseur des prêtres.

Au moment de la Deuxième guerre mondiale, le père Innocenty se trouvait à nouveau à Grodno, économe et directeur spirituel. Quand la Pologne fut envahie, d’abord par les troupes soviétiques, il fut mis en résidence surveillée à Adamowiczach (Grodno) (mars 1940), dont il put s’évader. Mais il fut intercepté par les allemands à la frontière lituanienne, conduit à Suwałki et Działdowo (20 avril), puis au camp de Sachsenhausen (8 mai).

Un témoin raconta que le 29 mai, tous les prêtres et les Juifs furent réunis et soumis pendant une semaine à des activités proprement inhumaines. Le père Innocenty avait plusieurs fractures, et une jambe très enflée. Il ne pouvait plus marcher avec les autres. Alors les gardiens le malmenèrent, lui donnèrent des coups de pieds et le forcèrent à regagner son bloc en sautillant sur ses jambes blessées. Le responsable du bloc le tira aux toilettes avec un autre prisonnier, et les arrosa d’eau froide ; puis il poussa Innocenty dans la baignoire pleine d’eau, lui enfila dans la bouche un tuyau d’arrosage en caoutchouc et ouvrit l’eau, jusqu’à l’étouffement.

Sur le point de mourir, Innocenty murmura à son compagnon : Je vais vers l’Immaculée, toi, fais ce que tu dois faire.

C’était le 6 juin 1940.

Il fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

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