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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 23:00

09 JUIN

III.

Ss Primus et Felicianus, martyrs romains à Mentana.

S Diomedes, médecin martyr à Nicée.

S Vincentius, diacre et martyr à Agen.

IV.

S Julien, moine à Edesse, peut-être le même que celui du 17 janvier.

S Ephrem, de Syrie (d'où son nom de "Syrien”), surnommé "la lyre du Saint-Esprit" pour ses nombreux ouvrages, diacre ; chantre incomparable de la maternité virginale de Marie, son influence sur la liturgie byzantine et syriaque fut très grande.

Ste Triaise (Trojécie), vierge près de Poitiers. 

VI.

S Maximianus, bénédictin de Saint-André à Rome, évêque à Syracuse.

S Columba, irlandais, fondateur et abbé du monastère de Iona en Ecosse.

XII.

S Richard, anglais d’origine, premier évêque à Andria dont il est patron.

XIV.

B Silvestre, convers camaldule à Florence.

XVI.

B Robert Salt, chartreux martyr à Londres, emprisonné et mort de faim.

B José de Anchieta, missionnaire espagnol chez les Indiens du Brésil, qu’il défendit ardemment, béatifié en 1980, canonisé en 2014.

XVIII.

B Joseph Imbert, jésuite, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Anna Maria Giannetti Taigi, romaine, épouse durement traitée et mère de sept enfants, mystique.

XX.

B Luigi Boccardo (1861-1936), du diocèse de Turin, vicaire de son propre frère (B Giovanni Maria Boccardo, cf. 30 décembre), zélé pour la formation des jeunes prêtres, l’organisation des Pauvres Filles de s. Gaetan (fondées par son frère) et l’aide aux aveugles, béatifié en 2007.

B Luciano Verdejo Acuña (1885-1938), père de famille espagnol, martyrisé près de Grenade, béatifié en 2017. 
 

 

Primus et Felicianus de Rome

† 3e siècle

 

D’après les Actes qui nous sont parvenus, Primus et Felicianus étaient deux frères romains.

Ils vivaient dans la foi chrétienne et pratiquaient la charité autour d’eux. 

On les dénonça ; ils subirent toutes sortes de tortures, envoyés à Nomentum et là condamnés à mort par le juge Promotus.

Ils furent décapités au quinzième mille de Rome sur la Via Nomentana.

C’était en l’an 286, la seule année où étaient présents à Rome les deux empereurs Dioclétien et Maximien ; mais on fait remarquer qu’à cette date, ces empereurs n’avaient pas déclenché de persécutions.

Saints Primus et Felicianus de Rome sont commémorés le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vincentius d’Agen

† 3e siècle

 

Tout près d’Agen se trouvait un temple païen où se vérifiait chaque année un prodige étonnant : une roue de feu sortait du temple, descendait jusqu’au fleuve, plongeait et remontait. C’était une fête en l’honneur du dieu soleil.

Une année, Vincentius, qu’on dit être diacre et avoir déjà annoncé l’Evangile dans la région, passa par là, fit un signe de croix en direction du temple, et empêcha cette sorcellerie de se reproduire.

Il fut aussitôt arrêté, condamné et exécuté.

Cent cinquante ans plus tard, quelqu’un eut révélation de l’endroit où se trouvait le corps du Martyr, en l’honneur duquel on éleva une basilique.

On en éleva une autre au lieu même du martyre, qui fut entièrement détruite par le roi Gontran au 6e siècle ; tous les habitants qui s’y étaient réfugiés furent exterminés. On ne sait même plus où se trouvait cette basilique.

Vincentius d’Agen a souvent été confondu avec son homonyme de Saragosse (v. 22 janvier).

Saint Vincentius d’Agen est commémoré le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Diomedes de Nicée

† 4e siècle

 

Diomedes, originaire de Tarse, était un médecin à Nicée (Bithynie, Asie Mineure, auj. Iznik, Turquie NO).

Il guérissait les corps, mais aussi les âmes.

L’empereur Dioclétien ordonna de se le faire amener de Nicée à Nicomédie. En route, Diomedes voulut descendre du char pour prier. Il mourut à ce moment-là. Les soldats alors le décapitèrent, mais ils devinrent aveugles.

On les fit conduire à l’endroit où était resté le corps du Martyr et, quand ils eurent réuni le chef et le corps, ils recouvrirent la vue et se convertirent.

Avec Diomedes souffrirent quatre autres Martyrs, dont Amantius et Alexandros.

Ce pouvait être durant la persécution déclenchée par Dioclétien, vers 303-310.

Saint Diomedes de Nicée est commémoré le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ephrem

306-373

 

Le quatrième siècle voit apparaître à la fois l’édit de Constantin qui donne sa liberté à l’Eglise, et la triste hérésie d’Arius, qui donna l’occasion de s’exprimer aux plus illustres Pères de l’Eglise, notamment aux conciles de Nicée et Constantinople. 

On connaît beaucoup de détails de la vie d’Ephrem par diverses biographies et son propre Testament. 

Ephrem, qu’il faudrait appeler Afrim en syriaque, naquit à Nisibe en Mésopotamie, alors province romaine. Son père était prêtre du dieu païen Abnil et sa mère était originaire du haut Tigre. 

Tout jeune il manifesta clairement son penchant pour la foi chrétienne, ce qui lui valut l’expulsion de la maison paternelle. L’évêque Jacob de Nisibe (v. 15 juillet) pourvut à sa formation. 

Il reçut le baptême à dix-huit ans. 

Après un court séjour à Edesse, il se retira au désert.  

Lors des guerres entre Perses et Romains, les chrétiens furent âprement persécutés par les Perses, qui les considéraient comme alliés de Rome. Aussi Ephrem vint à Nisibe pour les soutenir et les consoler. Sa grande sainteté fit qu’on attribua à sa prière (et à celle de l’évêque Jacob) la libération de Nisibe.

Ephrem se montra très charitable envers les victimes d’une famine, et l’on pense que c’est en ces circonstances qu’il reçut le diaconat. Mais par humilité il refusa toujours le sacerdoce.

Nisibe étant retombée aux mains des Perses, Ephrem fut contraint de se réfugier à Edesse pour les dix dernières années de sa vie. 

Il y enseigna, il composa divers ouvrages, surtout des Commentaires sur la Bible, des Homélies sur les grands Mystères, des Hymnes. Sa poésie, très goûtée des Syriens, l’a fait appeler “la Lyre du Saint-Esprit”. 

Il écrivit sur la primauté de saint Pierre et du pape, sur l’Eucharistie, le Péché Originel, les deux natures du Christ, sur la Vierge Marie (dont il évoqua l’Immaculée Conception).

«La présence de Jésus dans le sein de Marie, a commenté Benoît XVI, le porta à considérer la grande dignité de la femme... dont il parlait avec sensibilité et respect. Pour Ephrem, il n'y a pas de rédemption sans Jésus et pas d'incarnation sans Marie. La dimension humaine et divine du mystère de la rédemption se trouve déjà dans l'Ecriture».

C’est pour sa présence à Edesse, qui dépendait d’Antioche de Syrie, et pour sa langue syriaque, qu’Ephrem a été couramment appelé “le Syriaque”.

Ephrem eut une influence considérable sur ses contemporains. Saint Grégoire de Nysse disait que “l’éclat de sa vie et de sa doctrine illuminait l’univers”.

Après sa mort, le 9 juin 373, l’Orient surtout conserva son culte. En Occident, il fut proclamé Docteur de l'Eglise en 1920. 

Tandis qu’il est fêté le 9 juin, l’église Syriaque le commémore traditionnellement aussi le 28 janvier.

Notons pour finir que saint Ephrem est, avec le patriarche Samuel, le co-protecteur de ce Blog, qui se voudrait être un chant continu à l’Esprit Saint de Vérité.

 

 

Maximianus de Syracuse

† 594

 

Ce que l’on sait de Maximianus, nous vient surtout par le témoignage du pape Grégoire Ier, qui en parle plus de vingt fois dans ses écrits, et de façon fort élogieuse.

Maximianus fut moine bénédictin, puis abbé à Rome, dans ce monastère fondé par Grégoire Ier avant son accession au Siège de Pierre.

Il accompagna Grégoire lors de sa mission à Constantinople et en fut à son tour l’apocrisiaire en Sicile.

On peut situer le début de son épiscopat à Syracuse avant 591 : il en fut le neuvième évêque.

Maximianus mourut en novembre 594.

Depuis longtemps cependant, et sans qu’on sache pourquoi, il est mentionné au 9 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Columba de Iona

521-597

 

Il ne faut surtout pas confondre Columba avec Colomban de Luxeuil (v. 23 novembre), deux Irlandais contemporains.

Columba naquit le 7 décembre 521, de Feidlimid mac Fergus Cendfota mac Conall Gulban, de la maison royale de Tir Conail,  et s’appela, en gaélique irlandais, Columb Cille, qu’on a transcrit Columkill. Jeune, il fut surnommé Criamtham (renard) !

Il fit ses premières études sous s.Finnian (v. 10 septembre ?) à Moville, où il reçut le diaconat.

Ensuite il alla trouver un Ancien dans le Leinster, puis partit à l’école monastique de Clonard dont le supérieur, un autre s.Finnian (v. 12 décembre) l’envoya à s.Etchan (?), qui l’ordonna prêtre. 

Après un autre séjour auprès de s.Mobhí (v. 12 octobre ?), il regagna l’Ulster (543).

A vingt-deux ans, Columba était plein d’énergie, sa voix de stentor portait très loin, et son ardeur missionnaire débordait de vivacité. Pendant quinze ans, il parcourut l’Irlande en prêchant et en fondant des monastères : Derry (545), Durrow (553), Kells (554)…

Vif de caractère, Columba pouvait aussi s’attirer quelques histoires. Il avait recopié le psautier de s.Finnian, qui revendiquait à son tour la propriété de cette copie. Mêmes les moines et les Saints ont de ces jalousies… Columba recourut à l’arbitrage du roi Diarmaid, qui donna raison à Finnian. Cette petite affaire se doubla d’une autre : Diarmaid vint faire exécuter un homicide qui avait trouvé asile chez Columba ; on sait que le droit d’asile accordait l’immunité. La goutte d’eau faisait déborder le vase : Columba rassembla une troupe et marcha victorieusement contre Diarmaid (561). Il y eut des morts : Columba fut même excommunié !

Columba fut absout dans un autre concile, mais décida alors de s’exiler et de se donner totalement au salut éternel des âmes.

Orienté par un saint homme, en 563, avec douze compagnons il alla planter sa tente en l’île de Iona, en Ecosse, où surgit ce fameux monastère qui fut si illustre pendant des siècles.

De là, Columba se dirigea vers le nord, convertit le roi des Pictes, Brude, et fut en relations amicales avec d’autres rois, qui l’aidèrent à évangéliser toute la région.

Columba avait, écrivit son biographe, une figure angélique ; c’était une nature d’élite ; il était brillant dans ses paroles, saint dans ses actions, grand dans ses conseils. Il ne perdait pas un moment, toujours à prier, ou à lire, ou à écrire ; enfin, toujours occupé. Il supportait le poids de jeûnes et de veilles, sans répit. Un seul de ses travaux eût dépassé les forces d’un homme. Et parmi ses labeurs, il apparaissait plein d’amour pour tous, plein de sérénité et de sainteté, mis en liesse par la joie du Saint-Esprit au fond de son cœur.

Il était dur pour lui-même, couchant à terre, jeûnant perpétuellement ; en vieillissant, il devint plus tendre pour les hommes et pour les bêtes ; quand sa vigueur diminua, il se mit à la copie des manuscrits, jusqu’à la veille de sa mort.

Au matin du 9 juin 597, on le trouva mourant au pied de l’autel ; il esquissa un geste de bénédiction, et s’affaissa définitivement.

Il fut célèbre dans toute l’Europe, jusqu’en Espagne et en Italie. De partout, on était venu le visiter et connaître son monastère, et l’on continua d’accourir à son tombeau.

Saint Columba de Iona est commémoré le 9 juin dans le Martyrologe Romain.

Robert Salt

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, notre Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

José de Anchieta

1534-1597

 

José était né le 19 mars 1534, à San Cristóbal de La Laguna (Tenerife, Canaries) et reçut au baptême le nom du Saint de ce jour, saint Joseph.

Entré dans la toute récente Compagnie de Jésus en 1551, il fut envoyé en 1553 par le Fondateur, Iñigo López de Loyola (Ignace de Loyola) au Brésil, alors colonie portugaise. C’était le premier groupe de Jésuites envoyés en Amérique latine.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1566 et fut le Supérieur du petit groupe.

La constatation la plus grave et désolante qu’il fit en observant les manières des colons, fut que les indigènes étaient maltraités, corrompus, et éloignés de la foi catholique. Aussi entraîna-t-il ses compagnons vers l’apostolat des régions intérieures.

Après avoir appris la langue indigène, il rédigea une grammaire, puis un premier catéchisme. Son programme évangélisateur comprenait la promotion humaine, sociale et spirituelle de toutes ces populations, et non pas un avilissement dans la servitude au profit des colonisateurs.

Le père José devint bientôt le provincial de tous les Jésuites au Brésil, dont il coordonnera les activités.

Il fut le co-fondateur du Pátio do Colégio, à l’origine de la ville de São Paulo. L’activité humaine et spirituelle du père José lui a valu le titre d’ Apôtre du Brésil.

La ville de Reritiba, où il mourut, prit le nom de Anchieta en son honneur. Il s’y éteignit le 9 juin 1597.

Le procès pour sa béatification commença dès 1617, combattu avec acharnement par le marquis de Pombal, ennemi juré du travail des Jésuites.

Le père José de Anchieta a été béatifié en 1980.

 

 

Joseph Imbert

1719-1794

 

Joseph était né le 5 décembre 1719 à Marseille.

Entré chez les Jésuites en 1748, il fut ordonné prêtre en 1754.

Il enseigna la physique dans les collèges de Châlons, Besançon et Grenoble, où il fut également directeur spirituel de la congrégation mariale.

Concernant le collège des Jésuites de Besançon, ce magnifique édifice est devenu le Lycée d’Etat Victor Hugo, dont la chapelle, devenue paroisse Saint-François-Xavier, resta longtemps dans un pitoyable état d’abandon. En face de l’entrée du lycée, dans l’ancienne rue Saint-Antoine (actuelle rue Emile Zola), se trouve aussi une ancienne chapelle, devenue le siège de la Loge maçonnique du Grand Orient. On a expulsé les Jésuites et saint Antoine, qui n’avaient pourtant pas fait beaucoup de mal…

Quand l’Ordre jésuite fut supprimé (1773), le père Joseph fut incardiné au diocèse de Moulins, dont il devint vicaire général ; lors de l’expulsion de l’évêque par la Révolution, le vicaire général devint alors la première cible des persécutions.

Joseph Imbert refusa de signer la Constitution civile du clergé, et invita les prêtres du diocèse à l’imiter. Conséquence immédiate : tout un groupe de ces prêtres fut arrêté avec lui en novembre 1793 ; condamnés à la déportation en Guyane, les prêtres rejoignirent Rochefort, d’où aucun navire ne put partir à cause du blocus imposé par la flotte anglaise.

Joseph Imbert et les autres prêtres furent alors enfermés dans le bateau Les Deux Associés, où allaient périr des centaines de prêtres, en raison des conditions hygiéniques extrêmement mauvaises et de l’épidémie de typhus qui fit des ravages.

Joseph soutint le moral des prêtres. Sur l’air de la Marseillaise, il composa un cantique pieux que reprirent avec ferveur tous les prêtres présents.

Le père Joseph Imbert succomba le 9 juin 1794.

Il est de ceux qui furent béatifiés en 1995.

 

 

Anna Maria Gianetti Taigi

1769-1837

 

Cette grande âme mystique vit le jour le 29 mai 1769 à Sienne, la ville de l’illustre Caterina, dominicaine stigmatisée (voir au 29 avril), d’un père pharmacien qui s’en vint s’établir à Rome.

Elle ne fréquenta l’école que deux années chez les Maîtresses Pies, et n’eut le temps que d’apprendre un peu à lire. Ses parents, trop pauvres, l’envoyèrent travailler dans un ouvroir (1781), puis comme femme de chambre chez une dame (1787).

En 1790, elle épousa Domenico Taigi (ou Taeggi), un brave homme à-tout-faire qui travaillait au palais Chigi. Ils eurent sept enfants (Anna, Camillo, Alessandro, Luigi, Sofia, Luigia, Maria). Anne-Maria aimait bien son mari, et supporta jusqu’à la fin son caractère bourru et souvent imprévisible.

Cette même année 1790, Anna-Maria reçut une grâce particulière : elle voyait comme un soleil, dominé par une couronne d’épines et entouré par deux longues épines ; dans cette lumière, elle discernait comment penser et agir pour son bien spirituel et pour le bien de l’Eglise militante ou souffrante. C’est là l’explication des représentations que l’on a d’Anna-Maria, le regard élevé vers son «inspiration». Elle recevait ainsi des visions : tel vaisseau en train de sombrer, tel missionnaire mis au cachot en Chine…

La vie de famille fut très marquée par la foi : chaque soir, chapelet en commun à genoux, lecture de la vie du Saint du jour, messe chaque dimanche et fête, visite des malades, jamais les musées (Anna-Maria n’aimait pas les «œuvres d’art» indécentes, surtout celles des musées du Vatican). Tous ces enfants grandirent dans la foi et firent honneur à leur éducation.

Au début de leur vie conjugale, Anna-Maria et Domenico sortaient volontiers. Mais à partir de 1793, grâce aux bons conseils d’un saint prêtre et avec l’assentiment de son époux, Anna-Maria transforma complètement sa vie et se fit admettre dans le Tiers-Ordre trinitaire : elle en porta ouvertement le scapulaire blanc, avec la croix rouge et bleue.

Aux tâches quotidiennes de la famille grandissante (la dernière naquit en 1810), s’ajouta l’assistance de ses vieux parents, pas moins grincheux que son mari. Ce dernier avait de ces caprices : il pouvait renverser tout le repas en tirant la nappe de la table, ou envoyer par la fenêtre une chaise en direction de son gamin indocile…

Domenico fut toujours très étonné des «ressources» de son épouse et put en témoigner : d’une extrême honnêteté, d’un profond mépris de l’argent, elle obtenait un miracle continuel en pourvoyant à tous les besoins d’une famille si nombreuse… Je la laissais faire parce que j’avais remarqué que quand elle avait prié ou pratiqué quelque bonne œuvre, la Providence venait à notre secours. Jamais de dettes, et elle put même prendre des filles de service pour l’aider. Si l’une cassait quelque chose, elle ne s’emportait jamais : Ce n’est rien. Il faut bien donner du pain aux fabricants de faïence !

Cette vie active et mystique n’était pas pour autant facile ; comme beaucoup d’autres grands Saints, Anna Maria éprouva de longues années de sécheresse intérieure, sans consolations spirituelles, se sentant comme abandonnée en enfer, souffrant de terribles maux de tête, surtout le vendredi. Elle devint presque aveugle, souffrit progressivement de la goutte, du rhumatisme, de l’asthme, d’une hernie… et tout cela avec un inaltérable sourire, consolant les autres et travaillant sans cesse.

Sa longue agonie commença en octobre 1836, quand elle s’alita pour ne plus se relever, tout en continuant de diriger sa maison par ses conseils. On lui proposa encore d’aller travailler à la cour de Turin, une offre alléchante qu’elle déclina humblement.

Le vendredi 2 juin 1837, elle fut prise d’un violent accès de fièvre, mal soigné, qui l’acheva. Le jeudi 8, elle reçut le Sacrement des malades, et mourut au matin du vendredi 9 juin 1837.

Dès son vivant, elle reçut des visites de grands personnages qui lui demandaient conseil. Après sa mort, les miracles se multiplièrent. Dix-huit ans plus tard, on ouvrit le cercueil, où elle apparut toute fraîche, et encore en 1868.

L’enquête canonique pour la reconnaissance de ses vertus vit arriver une trentaine de témoins, parmi lesquels deux de ses filles, ainsi que son cher mari, le brave Domenico qui avait alors quatre-vingt-douze ans.

Anna-Maria Taigi fut béatifiée en 1920.

 

 

Luigi Boccardo

1861-1936

 

Septième des dix enfants de Gaspare et Giuseppina Malerba, Luigi naquit le 9 août 1861 à Moncalieri (Turin, Italie) et y reçut le baptême le lendemain. Son frère aîné, Giovanni Ottavio, fut son parrain et sera plus tard un saint prêtre qui aida et orienta «paternellement» son jeune frère dans toute son œuvre. Ils avaient treize années de différence d’âge.

Après son frère, Luigi fréquenta à son tour le collège de Moncalieri, puis le Petit séminaire de Giaveno. Là, son frère aîné s’engagea à lui payer la pension, pour soulager financièrement les parents.

Durant ces années, Luigi faillit être emporté par une grave épidémie de typhus. Il en guérit après avoir bu de l’eau de Lourdes. Ce fut un stimulant pour sa dévotion mariale.

En 1874, sa sœur Giacinta entra chez les Sœurs de Sainte-Anne.

En 1877, Luigi entra au Grand séminaire de Chieri, où son frère aîné était directeur spirituel. Puis en 1879, il alla étudier la théologie à Turin, où le directeur spirituel était don Giuseppe Allamano (voir au 16 février).

En 1884 il reçut l’ordination sacerdotale. Il fut d’abord directeur spirituel au séminaire de Turin, puis curé à Pancalieri, dans le même secteur où son grand frère était aussi curé.

Une épidémie de choléra montra toute la générosité de don Luigi pour se porter au secours des malades. Il y eut là plus de cinquante morts. C’est dans ces circonstances que don Giovanni fonda les Pauvres Sœurs de Saint-Gaétan.

A partir de 1886, don Luigi est appelé comme vice-recteur et directeur spirituel du Convitto Ecclesiastico della Consolata (Collège Ecclésiastique de Notre-Dame de la Consolation), à Turin, un collège où la théologie enseignée se fondait beaucoup plus sur la doctrine d’un s.François de Sales ou d’un s.Alfonso de’ Liguori, que selon les principes rigoristes issus de l’austère jansénisme. Beaucoup de saints prêtres venaient de ce Convitto, mais des frictions apparurent entre les professeurs et certains évêques. Don Allamano devait résoudre ces problèmes et appelait pour l’aider don Luigi.

Don Luigi travailla pendant une trentaine d’années aux côtés de don Allamano, en parfaite harmonie. Au fur et à mesure que les charges s’accumulaient sur les épaules de don Allamano, don Luigi en prenait davantage encore sur les siennes : depuis les travaux d’entretien du sanctuaire jusqu’à la gestion des Missionnaires de la Consolata, fondés par don Allamano, en passant par la direction spirituelle des prêtres-élèves, l’enseignement de la religion dans le quartier, les conférences, la formation liturgique et pastorale. Par-dessus tout, don Luigi passait des heures dans son confessionnal, celui n°2, très connu des habitants de Turin.

En 1909, il reçut la dignité honoraire de chanoine ; il fit des pèlerinages à Lourdes, Rome, Naples, Florence, Lucques.

En 1913, le 30 décembre, son frère Giovanni, fondateur des Pauvres Sœurs de Saint-Gaétan, mourait en laissant à son frère la charge de reprendre la direction de cette congrégation. L’archevêque l’en nomma Supérieur général. De là l’obligation pour don Luigi de voyager dans toute l’Italie pour organiser les communautés, le noviciat, ouvrir d’autres maisons…

En 1919, don Luigi eut encore à s’occuper de l’Institut des Femmes aveugles, fondé en 1894, et qui se trouvait dans une situation financière plus que difficile.

Don Luigi Boccardo publia une quantité d’opuscules et d’ouvrages de théologie, de spiritualité ; sa santé, déjà faible par nature, faiblissait encore ; il se voûtait, il maigrissait, il souffrait de la goutte, mais ne refusait aucun service.

On le supplia, et il finit par accepter de faire construire un magnifique sanctuaire au Christ-Roi, qui fut consacré en 1931.

Certaines des femmes aveugles ayant voulu se consacrer, mais ayant été refusées dans d’autres instituts à cause de leur cécité, don Luigi fonda pour elles une branche spéciale des Pauvres Filles de Saint-Gaétan : les Filles de Jésus Roi, qui auraient à prier pour l’Eglise, le pape, les prêtres, surtout ceux en difficulté ; les premières vêtures eurent lieu en 1932.

En 1934, il fêta ses noces d’or sacerdotales, au milieu d’amis, prêtres et évêques reconnaissants pour son travail. Mais il fut aussi affligé par la mort de la Supérieure des Pauvres Filles, avec laquelle il avait tant travaillé.

Peu avant de mourir, ce prêtre extrêmement actif écrivit : Il y a trois choses que je n’aurais jamais songé à faire : écrire des bouquins, fonder des Bonnes Sœurs, et construire des églises. Eh bien, je les ai faites toutes les trois !

Il remit progressivement toutes ses responsabilités à d’autres prêtres et célébra encore une dernière fois le 26 avril 1936. Il s’éteignit à cette vie le 9 juin 1936, à soixante-quinze ans.

Don Luigi avait été si uni à son grand frère Giovanni, qu’ils ne pouvaient pas non plus être séparés dans la gloire du Ciel : Giovanni fut le premier béatifié en 1998 ; à son tour, don Luigi fut béatifié en 2007.

Le bienheureux Giovanni Boccardo, l’aîné, est commémoré le 30 décembre ; en revanche, le bienheureux Luigi Boccardo, le petit frère qu’on appelait Luigino, est commémoré le 9 juin.

Luciano Verdejo Acuña
1885-1938

Né le 26 octobre 1885 à Almería, Luciano fut un homme très respectable et très estimé dans cette ville.

Il épousa Concepción Gómez Cordero et eurent (au moins ?) un fils, Antonio. C’est de ce dernier qu’on sut que Luciano allait chaque jour communier à la Messe, et qu’on priait chaque soir le chapelet en famille.

Après la proclamation de la République (1931), Luciano accueillit chez lui des Jésuites qui, déjà, subissaient les premiers assauts de la persécution. Il avait aussi des parents qui s’occupaient de politique ; il était donc bien connu.

Quand se déclencha la révolution de 1936, ainsi que la persécution religieuse qui l’accompagnait, Luciano se réfugia dans une ferme à Huércal de Almería. Dans les premiers jours de septembre 1936, il fut arrêté, passa une parodie de «jugement» et fut condamné à une année et demie de détention, pour le grave délit d’aller chaque jour communier à la Messe.

Au terme de ce temps de prison, on ne le libéra pas, mais on l’emmena à la Venta de Araoz, où il fut torturé - car son fils put remarquer comment ses vêtements étaient maculés de sang. Puis on emmena Luciano au camp de Turón, un véritable camp de concentration et d’extermination, où moururent plusieurs autres Martyrs béatifiés en même temps que Luciano.

Après y avoir subi mille espèces d’humiliations, Luciano fut martyrisé le 9 juin 1938, abattu dans un fossé (ou dans la fosse qu’on lui avait fait creuser auparavant).

Il a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Luciano Verdejo Acuña sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 9 juin.

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