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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 23:00

10 JUIN

II.

S Gétulus, martyr romain, père de sept enfants.

IV.

S Timothée, évêque et martyr à Pruse.

S Astère, évêque à Petra, exilé en Afrique par la faction des ariens.

V.

S Censurius, évêque à Auxerre.

VI.

S Maurin, abbé près de Cologne et martyr ; on obtint la pluie par son intercession, d’où son surnom de “saint Pluvieux” (VII.?).

?

S Crispule, martyr (en Espagne ou à Nicomédie).

VII.

S Landry, évêque à Paris, fondateur du premier hôpital parisien, l'Hôtel-Dieu.

S Ithamar, évêque à Rochester, premier évêque de souche anglo-saxonne en Angleterre.

VIII.

S Evremond, né à Bayeux, fondateur, en accord avec son épouse, de monastères dont celui de Fontenay-Louvet où il devint abbé.

IX.

Bse Olive, vierge à Palerme, ravie à Tunis par les Sarrasins et là torturée à mort ; patronne secondaire de Palerme, elle est aussi tenue en vénération à Carthage par les musulmans.

XII.

S Bogomile, évêque à Gnesen après son oncle ; son nom signifie "ami de Dieu" ; il finit sa vie chez les Camaldules.

XIII.

Bse Diana de Andalò, dominicaine à Bologne.

XIV.

B Arrigo de Bolzano, saint bûcheron qui donnait son temps libre à Dieu et à la pénitence, et son argent aux pauvres.

XV.

B Giovanni Dominici, dominicain florentin, légèrement bègue et devenu excellent orateur, cardinal, légat en Bohême et en Hongrie pour contrer l’hérésie hussite.

XVI.

Bx Thomas Green et Walter Pierson, chartreux anglais, martyrs à Londres.

XX.

B Edward Joannes Maria Poppe (1890-1924), prêtre belge, apôtre d’une campagne d’évangélisation fondée sur l’Eucharistie, béatifié en 1999.

B José Manuel Claramonte Agut (1892-1938), prêtre espagnol des Prêtres Ouvriers Diocésains, martyr, béatifié en 2013.

B Josef Kugler (Eustachius, 1867-1946), des Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, à Regensburg, béatifié en 2009.

Olive

Ve (ou Xe) siècle

 

On ignore beaucoup de choses sur cette Vierge martyre. Beaucoup de détails se racontent depuis plusieurs siècles, dont on n’a aucune preuve certaine, à tel point que certains se demandent si certains indices n’auraient pas purement et simplement fait apparaître cette Martyre dans l’hagiographie sicilienne, ou au contraire si les maigres informations qu’on avait sur elle auraient suscité la fantaisie des hagiographes.

Olive aurait donc été de noble famille palermitaine. Chrétienne et zélée, elle allait réconforter les chrétiens apeurés par la lourde persécution organisée par le roi Vandale Genséric. On l’aurait donc exilée à Carthage (ou Tunis) pour lui faire perdre ses envies de prosélytisme. Elle n’avait que treize ans.

L’autre tradition prétend qu’elle aurait plutôt vécu aux 9e-10e siècles, lors de la domination musulmane, le sanguinaire Abd-Allah régnant sur la Sicile, et le non moins cruel Hibraim-’ibn-Ahmed étant gouverneur du royaume d’Afrique. 

Dans sa solitude elle aurait successivement dompté les bêtes féroces, trouvé miraculeusement de quoi se nourrir, guéri un aveugle et un boiteux et, lorsque des soldats lui furent envoyés pour la mettre en prison ou la torturer, aurait eu cette force de conviction de les convertir tous et de leur inculquer une telle foi que, de retour chez eux, on les fit tous périr par le martyre. Cette féconde solitude aurait duré sept années.

Ce qui est étonnant ici, c’est qu’aucun document ne parle de ces faits, de ces nombreux martyrs, de leurs noms, de leur nombre. Toujours est-il que notre sainte Olive fut à son tour présentée au Préfet de Tunis, qui la fit torturer de toutes les façons : fouets, chevalet, huile bouillante, feu. A chaque épisode, la Sainte n’éprouvait aucun mal, en était même revigorée, faisait éteindre le feu (et convertissait les bourreaux, comme on l’a dit plus haut). A la fin, elle fut décapitée.

Il est vrai qu’à Tunis une ancienne mosquée portait le nom de Djamoa-ez-Zitoums, Moschée d’Olive, ou Mosquée de l’Olivier ; certains en effet prétendent que cette mosquée fut simplement construite “près d’un olivier”. A Tunis, parmi les musulmans, gare à qui parle mal d’Olive : il sera châtié par Allah !

Il reste qu’à Palerme et dans toute la Sicile, le culte de “sainte Olive” s’est beaucoup répandu, avec force cérémonies et manifestations locales. Mais, à Palerme, là où des Religieux de l’Ordre des Minimes construisirent leur couvent, beaucoup de “signes” furent observés, apparitions fréquentes d’une jeune fille merveilleuse qui les aidait, les protégeait, puis disparaissait.

On n’a jamais retrouvé son corps. Est-il resté en Tunisie ? A-t-il été enlevé et porté jusqu’en Espagne durant certains conflits entre ce pays et la Sicile ? Est-il à Palerme sous les fondations du couvent des Minimes ? Ou bien simplement dans l’imagination des fervents dévots de notre Sainte ?

De fait, à cause de ces nombreuses incertitudes, le Martyrologe Romain n’a pas retenu le nom de sainte Olive ; celle-ci reste fêtée le 10 juin en Sicile, dont elle est une des Patronnes célestes.

 

 

Censurius d’Auxerre

† 502

 

On dit que le Castrum Censurii (Château de Censoir) aurait été la propriété de Censurius, qui s’en défit au profit du chapitre (les chanoines) d’Auxerre. 

Il fut le neuvième évêque d’Auxerre, de 472 à 502.

De cet épiscopat de trente ans, on a retenu que Censurius était en relations épistolaires avec l’évêque de Lyon, s.Patient et s.Sidoine Apollinaire (v. 11 septembre et 21 août).

Il était aux côtés de s.Patient lorsque celui-ci fit la dédicace de l’église Saint-Germain, un des prédécesseurs de Censurius. C’est aussi à s.Patient que Censurius demanda que le prêtre Constance rédigeât la vie de s.Germain (v. 31 juillet), car ce prêtre était un excellent écrivain. Ce prêtre était très humble et désirait publier son ouvrage sans indiquer le nom de l’auteur. 

Censurius mourut en 502.

Saint Censurius d’Auxerre est commémoré le 10 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landry de Paris

† 656

 

De Landry, on croit savoir qu’il se donna tout entier au Christ dès l’enfance ; devenu officier à la chancellerie royale de Clovis II, il fut remarqué pour sa science et ses mœurs.

Aussi fut-il choisi pour succéder vers 650 à Audobertus, devenant ainsi le cinquième archevêque de Paris.

Lors d’une famine, en 651, il vendit tous ses biens, et même les vases sacrés liturgiques, pour procurer du pain aux  malheureux.

C’est à lui que remonte, traditionnellement, la création de l’Hôtel-Dieu, le premier hôpital de Paris, qui devait recevoir les malades et les soigner en évitant la contamination avec la population.

En 653, il fut un des co-signataires du concile de Clichy, où fut promulguée la charte de fondation de l’abbaye bénédictine de Saint-Denys.

En 655 c’est lui qui fit édifier l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, «la» paroisse des rois de France. On ne pourra qu’être triste en pensant que ce beau sanctuaire servit, de 1793 à 1802, de magasin à fourrage, de salpêtrière, d’imprimerie.

Landry mourut le 10 juin 656 et les miracles vinrent rapidement attester sa sainteté. La chapelle Saint-Nicolas, dans laquelle Landry aimait se retirer pour prier, hébergea ses reliques au 9e siècle et lui fut alors dédicacée.

Les reliques qui s’y trouvaient encore en 1793, furent détruites par la fureur révolutionnaire. La chapelle elle-même, devenue église, fut détruite en 1828.

Saint Landry de Paris est commémoré le 10 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ithamar de Rochester

† 664

 

Les dates précises d’Ithamar ne sont pas connues.

Natif de Kent, il fut consacré quatrième évêque de Rochester, après 644, date de la mort de son prédécesseur Paulinus.

C’était, semble-t-il, le premier évêque «indigène» d’Angleterre. En réalité, il prit le nom d’Ithamar au moment de sa consécration, et l’on ne sait pas quel était son premier prénom. Dans la Bible, Ithamar était un des fils d’Aaron (v. Ex 6:23).

D’après s.Bède le Vénérable (v. 25 mai), Ithamar valait, par ses vertus et sa science, ses prédécesseurs Justus et Paulinus, venus tous deux d’Italie avec s.Augustinus (v. 26 mai).

En 655, il consacra à son tour Frithona (ou Deusdedit), nouvel évêque de Canterbury.

Ithamar mourut quelque temps après cet événement, peut-être en 656, au plus tard en 664, quand son successeur monta sur le siège de Rochester.

Le récit de ses miracles, relatés dans un manuscrit conservé à Cambridge, a fait l’objet d’une étude récente qu’il serait intéressant de connaître.

Saint Ithamar de Rochester est commémoré le 10 juin dans le Martyrologe Romain.

 

Diana d’Andaló

1200-1236

 

Diana naquit à Bologne vers l’année 1200, de Andreolo di Lovello et Ota, qui étaient apparentés à la famille Carbonesi. Andreolo Lovello eut le surnom d’Andaló, qui passa à ses enfants, six garçons et Diana. Un de ces frères fut Lodrengo, dont Dante parle dans son Enfer.

Elle fut d’abord une jeune fille aussi intelligente que belle, attirée un peu par curiosité dans l’église où prêchaient les premiers Dominicains.

Conquise par l’idéal de ces Religieux, elle se mit sous la direction de l’un d’eux, le père Reginaldo, puis demanda à son grand-père de leur céder quelques arpents de terre (1219). Elle fit le vœu de virginité devant saint Dominique. Désormais, elle portait le cilice sous ses riches vêtements.

Elle demanda aussi à sa famille, mais sans les obtenir, des subsides pour la fondation d’un monastère de dominicaines. Aussi s’enfuit-elle de la maison pour entrer chez les Chanoinesses de Saint-Augustin à Ronzano. C’était en juillet 1221 ; la famille vint immédiatement la reprendre de force dans le couvent, au cours d’une bagarre qui dut troubler passablement la quiétude du monastère, et au cours de laquelle Diana eut une côte cassée.

Quelques mois plus tard, remise de la douleur, elle quitta à nouveau la maison familiale. Mais la famille fut moins acharnée, et accepta même de l’aider à établir une fondation. Après une année durant laquelle Diana resta à Ronzano, le monastère Sainte-Agnès fut prêt et, en 1223, elle y recevait l’habit dominicain.

Elle reçut ensuite quelques moniales du monastère dominicain de Rome : Cecilia, Amata, Costanza et Teodora. Ce sont, pense-t-on, les corps de Cecilia et Amata qu’on retrouva plus tard près de la tombe de Diana. Cecilia mourut quasi nonagénaire.

La communauté continuait de recevoir les conseils du bienheureux Jourdain de Saxe, qui s’employait à modérer les austérités des moniales.

Diana mourut le 10 juin 1236 et fut bientôt auréolée du titre de Bienheureuse, mais la confirmation du culte ne se fit qu’en 1891.

 

 

Arrigo de Bolzano

1250-1315

 

Arrigo, de Bolzano (Haut-Adige, Italie N), serait né vers 1250.

C’était un brave et bon bûcheron, dont toute la science était son amour du Bon Dieu ; il ne savait pas lire, sinon les signes de Dieu dans la nature et dans les sanctuaires.

Il se maria et eut un fils, Lorenzo ; tous trois firent un pèlerinage à la Ville Eternelle, puis ils s’établirent près de Treviso, à Biancade.

Ce qu’Arrigo (ou Enrico, Henri) gagnait, après les strictes nécessités familiales, passait aux pauvres ; il ne gardait jamais rien du soir au lendemain.

Un portrait qu’on fit de lui, le décrivait comme petit, les yeux au fond de deux tunnels, le nez immense, la bouche tordue, et mal nippé, ce qui n’était pas tellement gracieux aux yeux du monde. Certains mauvais esprits souriaient parfois de lui, mais il montra une patience exemplaire à ne pas s’occuper du qu’en-dira-t-on.

En dehors de son travail du bois et des services qu’il pouvait rendre, son temps était pour la Messe et la confession quotidiennes, la fréquente communion, l’écoute de la Parole de Dieu ; autant qu’il le pouvait, il priait, à l’église ou chez lui. 

Il avait chez lui trois «lits» ou plutôt grabats, qu’on ne découvrit qu’après sa mort, et qu’il utilisait en fonction de sa fatigue : un fort dur, de sarments ; un dur, de bottes de lin, un de paille ; son oreiller : une bûche. Il avait en outre un cilice, un caillou pour se frapper la poitrine, un fouet.

Lorsque son épouse mourut et qu’il n’eut plus la force de travailler, un brave notaire de Treviso mit à sa disposition une petite cabane près de l’église ; Arrigo continua à visiter les églises, malgré sa difficulté à marcher ; il se rendait auprès des nobles et des commerçants pour solliciter l’aumône en faveur des pauvres, jamais pour lui. Même l’évêque et le maire répondaient à ses appels.

Arrigo mourut le 10 juin 1315 ; il fallut poser une lourde barrière de bois autour du corps, jusqu’à l’enterrement, à cause de l’affluence des fidèles pour vénérer la sainte dépouille. Les miracles se multiplièrent comme rarement ce fut le cas : un registre en mentionne quarante pour le 14 juin, soixante-cinq pour le 15 juin.

Il paraîtrait que sa canonisation fut renvoyée, parce que l’on manquait d’argent pour payer les frais. Le pape approuva tout de même le culte d’Arrigo en 1750.

 

 

Giovanni Dominici

1360-1419

 

Giovanni était de la famille Banchini (ou Baccini) ; il naquit vers 1355-1360 à Florence, dans une famille fort pauvre. Son surnom de Dominici lui fut peut-être ajouté parce qu’il était du Seigneur ou de Dominique, fondateur de l’Ordre dominicain (v. 6 août).

A dix-sept ans, il voulait entrer chez les Dominicains, mais on le lui refusa pour deux motifs : il semblait peu instruit, et surtout il était bègue, ce qui lui barrait la route de la prédication. On lui conseilla de rester à la maison pour s’occuper de ses parents.

Devant sa persévérante insistance, les pères finirent par lui ouvrir la porte du noviciat, et se rendirent vite compte que Giovanni était fort intelligent, qu’il saisissait très bien les subtilités philosophiques et téhologiques, au point qu’ils l’envoyèrent étudier à la Sorbonne.

Restait le problème de l’élocution : Giovanni pria la sainte dominicaine, Caterina de Sienne (v. 29 avril), qui répondit à sa prière ; il put parler sans gêne, au point que sa prédication devint sa principale occupation ; pendant douze ans il lui arriva de prêcher deux fois par jour à Venise. 

Il fut chargé de rétablir la stricte observance de la règle dominicaine dans les monastères d’Italie.

Il composa aussi divers ouvrages d’exégèse, de théologie, sur l’éducation, ainsi que des hymnes.

Dans le cadre du Grand schisme d’Occident, il joua un rôle important au conclave de 1406. Il y fut envoyé comme délégué de Venise et exhorta les cardinaux à chercher efficacement la paix pour l’Eglise ; fut élu Grégoire XII, qui le prit comme confesseur, le nomma archevêque de Ragusa et le créa cardinal. Il lui confia aussi une mission en Hongrie, qui cependant n’aboutit pas favorablement ; Giovanni dut même se déguiser pour échapper à la mort.

Après les conciles mouvementés de Pise (1409) et Constance (1414-1418), fut élu «officiellement» Martin V, pour mettre fin à ce schisme. Grégoire XII abdiqua par la voix de Giovanni Dominici ; ce dernier, qui voulait résilier son cardinalat, fut confirmé par le nouveau pape.

En 1418, il repartit, en Bohême, pour lutter contre l’hérésie de Jean Huss. 

Giovanni Dominici se retira en Hongrie et mourut à Buda le 10 juin 1419, chargé de mérites, et fut béatifié en 1832. 

 

 

Thomas Green

? -1537

 

Il ne faut pas confondre ce martyr avec deux autres martyrs :

  • Thomas Green alias Richard Reynolds (v. 21 janvier)
  • Richard Reynolds (v. 4 mai)

Notre Thomas Green était un prêtre chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

On retient aussi un éventuel pseudonyme, Greenwood.

Il se pourrait cependant qu’il ait été élève du St.John’s College de Cambridge en 1515 et qu’il fut reçu docteur en théologie en 1532.

Le 29 mai 1537, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attraper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et notre Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

    

Walter Pierson

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, notre Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

Edward Poppe

1890-1924

 

Edward Joannes Maria naquit le 18 décembre 1890 à Temse (Belgique), de Désiré et Josefa, des boulangers qui eurent onze enfants : trois qui mourront en bas âge, deux garçons qui seront prêtres, et cinq filles qui seront religieuses. Il en restait un, qui dut reprendre la boutique parentale. Edward était le troisième.

C’était peut-être un présage providentiel qu’il portât dès son baptême le nom du saint Curé d’Ars, Jean-Marie Vianney. Ce dernier était mort en 1859, une trentaine d’années avant la naissance d’Edward.

Il étudia au collège Saint-Nicolas (1905-1910), où il adhéra à l’association De Klauwaerts, qui regroupait des étudiants flamands, ainsi qu’à Temsche Forward.

La papa d’Edward mourut en 1907. Edward pensa être de son devoir d’aider les siens, mais sa mère insista pour qu’il répondît à sa vocation sacerdotale. En 1909-1910, Edward interrompit ses études pour entrer au séminaire : il se prépara au sacerdoce à Louvain puis à Gand.

Durant ces années de préparation, il fut profondément marqué par la spiritualité de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qui développa en lui profonde dévotion mariale. Il fit aussi partie d’un groupe, Filioli Caritatis (Les Enfants de l’Amour), dont l’idéal était la sainteté des prêtres.

Mobilisé en 1914, mais malade, il revint se reposer à Temse avant de retourner au séminaire de Malines, et fut ordonné prêtre en 1916. Sa devise était : Accendatur (Qu’il s’allume), par allusion au mot du Christ, désirant allumer un feu sur terre (cf. Lc 12:49).

Son premier poste fut la paroisse Sainte-Colette à Gand, où il s’occupa avec tout son enthousiasme de jeune prêtre des pauvres, des mourants, de l’éducation religieuse des enfants et, en général, de la conversion de toute la population, gagnée par le matérialisme.

En 1918, à cause de sa santé fragile, l’abbé Poppe quitta la ville pour la campagne et se retrouva à Moerzeke, comme aumônier des Religieuses de Saint-Vincent-de-Paul. Souvent alité, il avait du temps et en profita pour stigmatiser par différents écrits, les problèmes dûs à l’émergence du marxisme.

Il fut une première fois frappé par une crise cardiaque en 1919.

En septembre 1920, lors d’un pèlerinage à Lisieux, à la tombe de Thérèse Martin (elle allait être béatifiée en 1923 et canonisée en 1925), il sentit en lui une «révélation» qui marquera toute sa vie spirituelle.

Il fit de l’Eucharistie le centre de tout son apostolat ; il ouvrait sa porte à quiconque frappait, conduisant chacun à la paix intérieure et à la réconciliation avec Dieu. Il créa la Croisade Eucharistique, pour développer chez les enfants la dévotion envers le Saint Sacrement. L’abbaye des Prémontrés d’Averbode diffusa activement ses écrits. Des journaux pour les jeunes furent imprimés, entre autres Zonneland (Le Pays du soleil).

Lui-même malade, il donnera aux malades l’exemple de la prière et de l’amour de Marie, deux piliers dans la vie de l’Eglise.

En 1922, il fut nommé aumônier national pour les séminaristes, religieux et prêtres appelés sous les drapeaux. Il résidait à Leopoldsburg et fut aumônier du Centre d’Instruction pour Brancardiers Infirmiers (CIBI).

A Noël 1923, une crise cardiaque le frappa alors qu’il rendait visite à sa mère et il retourna à Moerzeke.

La dernière année de sa vie, il fonda encore un monastère de Carmélites à Leopoldsburg. 

Il mourut à Moerzeke le 10 juin 1924, en regardant l’image du Sacré-Cœur. Il avait trente-trois ans et presque six mois, à peu près l’âge auquel est mort le Christ.

Edward Poppe a été béatifié en 1999.

 

 

José Manuel Claramonte Agut

1892-1938

 

José Manuel vint au monde le 6 novembre 1892 à Almazora (Castellón, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à Vall d’Alba (Castellón), pour le grave délit d’être prêtre. Ce fut le 10 juin 1938.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Josef Kugler

1867-1946

 

Il naquit le 15 janvier 1867 à Neuhaus bei Nittenau : Josef était le fils d'un agriculteur et forgeron.

Jeune, il tomba accidentellement d'un échafaudage, se blessant à la jambe, ce dont il souffrit ensuite toute sa vie.

En 1884, il se retira chez sa sœur à Reichenbach, dont le mari était forgeron. Cette paroisse n'était qu'irrégulièrement desservie par un prêtre, de sorte que le bon Josef allait y prier le rosaire le dimanche après-midi : de là lui vint le gentil surnom de Klostersepp, impossible à traduire ; Sepp est un diminutif de Josef, Kloster signifie le cloître ; on voulait dire quelque chose comme le moinillon Joseph ou peut-être même Jo le p’tit moine.

A partir de 1890, les Frères de la Miséricorde, ou Frères Hospitaliers de Saint Jean de Dieu, intégrèrent le couvent de Reichenbach et s'occupèrent des pauvres, des épileptiques et des malades mentaux. Il fallait du matériel et le forgeron avait beaucoup de travail, pour lui et pour ses compagnons. Josef eut tout le temps, pendant deux ans, d’observer les Frères, leurs activités, leur idéal. Finalement, Josef entra dans cet Ordre, en 1893, prenant alors le nom religieux de Eustachius.

Dans un premier temps, on voulut refuser l'admission d'Eustachius à la profession religieuse, à cause de son handicap, jusqu'à ce que le Provincial en personne lui exprimât qu'il pouvait enfin faire la profession (1898).

De 1905 à 1925, il fut chargé de l'installation de handicapés à Straubing et Gremsdorf, ainsi qu'à Neuburg sur Donau.

En 1925, il fut élu provincial pour la Bavière. Le point culminant de son activité fut sans doute l’érection d’une maison de soins à Regensburg, dont on dit à l’époque que c’était l’hôpital le plus beau et le mieux équipé d’Allemagne.

Lors de la dictature nazie, il fut confronté à mille dangers et mille épreuves. Des établissements furent fermés, Eustachius fut convoqué pour des interrogatoires, il s’éleva contre les crimes d’euthanasie commis par les Nazis. Rien ne le découragea ; il apporta de l’aide là où il pouvait, il tenta d’empêcher ce qui pouvait l’être.

A la fin de la guerre, il fallait quelqu’un pour reconstruire ce qui était détruit. Eustachius pouvait être l’homme de la situation, mais il n’en eut pas le temps : le cancer lui tronqua la vie, le 10 juin 1946.

Il a été béatifié en 2009.

 

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