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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 23:00

11 JUIN

I.

S Barnabé, chypriote, lapidé à Chypre ; en 488 on découvrit son corps et, sur sa poitrine, l'Evangile de s. Matthieu en grec ; il a le titre d'apôtre et est nommé au Canon Romain. 

IV.

S Maximus, évêque à Naples et “martyr” pour être mort exilé par les ariens.

IX.

S Rembert, évêque à Hamburg et Brême après son maître s. Oscar. 

XI.

S Bardo, abbé à Werden-sur-Ruhr et Hersfeld, évêque à Mayence, chancelier d’empire et légat papal.

XIII.

Ste Alice, mystique cistercienne à la Cambre et lépreuse. 

S Parisius, camaldule à Trévise, auteur de quelques miracles et prophéties, mort à cent-sept ans.

Bse Yolanda, fille du roi de Hongrie, nièce de ste Elisabeth, épouse de Boleslas, tertiaire franciscaine et, à la fin, abbesse des clarisses à Gnesen.

XV.

B Stefano Bandelli, dominicain à Plaisance, actif en Ligurie et en Piémont, mort à Saluzzo, qu'il protégea par une apparition après sa mort.

S Juan González de Castrillo de Sahagun, augustin espagnol, qui ne pouvait dire la messe en moins de deux heures parce qu’il voyait le Christ en gloire ; patron de Salamanque (qu’il avait pacifiée) et du Pérou.

XIX.

Ste María Rosa Francisca Molas y Vallvé, espagnole, fondatrice des Sœurs de Notre-Dame de la Consolation, canonisée en 1988.

Ste Paola Frassinetti, de Gênes, fondatrice de l’Institut de Sainte-Dorothée, pour l’éducation des filles, canonisée en 1984.

XX.

Bse Maria Schininá (du Sacré Cœur de Jésus, 1844-1910), sicilienne, fondatrice des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, pour les orphelines, les personnes âgées, les malades et les détenus, béatifiée en 1990.

B Shoukrallah Maloyan (Ignatios, 1869-1915), turc, évêque à Mardine et martyr, béatifié en  2001.

 

Barnabé

1er siècle

 

Barnabé était un Juif de la tribu de Lévi, né dans l’île de Chypre, où une colonie juive importante s’était installée depuis l’époque d’Alexandre. Il y reçut durant sa jeunesse une culture hellénique.

Il vint à Jérusalem et fit partie de la première communauté chrétienne réunie autour des apôtres, après la Pentecôte, et dont saint Luc fait dans les Actes une description magnifique :

Parmi eux nul n’était dans le besoin ; car tous ceux qui possédaient des terres ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de la vente et le déposaient aux pieds des apôtres. On distribuait alors à chacun suivant ses besoins.

Joseph, surnommé par les apôtres Barnabé (ce qui veut dire fils de consolation), lévite originaire de Chypre, possédait un champ ; il le vendit, apporta l’argent et le déposa aux pieds des apôtres (Ac 4:34-36).

On voit par là que Joseph-Barnabé fut vite conquis par l’amour du Christ. Désormais, au lieu de louer ce champ, il le cultiva lui-même ou se donna à quelque autre activité, vivant du travail de ses mains.

Il est possible que le jeune Joseph-Barnabé ait connu Saul - le futur Paul - avant même la conversion de ce dernier, par exemple à Tarse, où se trouvait l’école de Gamaliel. Tarse n’était pas éloignée de Chypre : de l’île à la côte, il n’y a qu’une centaine de kilomètres. Quoi qu’il en soit, quand Saul eut sa «rencontre» avec le Christ et qu’il se convertit, ce fut Joseph-Barnabé qui le présenta aux apôtres encore un peu méfiants envers ce Saul, la veille encore persécuteur acharné de l’Eglise naissante : 

Barnabé, l’ayant pris avec lui, le mena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur et avec quel courage il avait à Damas prêché le nom de Jésus (Ac 9:27).

Après le départ de Paul pour Tarse, Barnabé fut envoyé à Antioche, pour y rencontrer les nouveaux convertis, Juifs et Grecs :

Lorsqu’il fut arrivé et qu’il eut vu la grâce de Dieu, il s’en réjouit et il les exhorta tous à demeurer d’un cœur fervent dans le Seigneur (Ac 11:23).

Pour veiller sur ce troupeau et l’instruire dans la juste voie, Barnabé appela Paul et tous deux restèrent à Antioche pendant une année. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de chrétiens (Ac 11:26).

Barnabé et Paul firent un aller-retour à Jérusalem pour y remettre une collecte de la part de la communauté d’Antioche, et prirent avec eux Jean-Marc, un probable cousin de Barnabé.

Toujours d’après les Actes des Apôtres, Barnabé accompagna Paul dans son premier voyage apostolique (Chypre, Asie mineure : Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres, Derbé ; retour à Antioche de Syrie).

De retour à Antioche, Paul et Barnabé eurent à affronter la discussion avec les Chrétiens issus du judaïsme, qui prétendaient que les Gentils nouvellement convertis devaient se soumettre d’abord à tous les préceptes de la loi de Moïse. Ce fut l’origine du premier Concile, réuni à Jérusalem autour des apôtres Pierre - le premier pape - et Jacques - l’évêque de Jérusalem. Puis ils portèrent la décision de l’Eglise de Jérusalem à Antioche (Ac 15).

Après quelque temps, Paul voulut repartir pour visiter les Chrétiens nouvellement convertis lors de son premier voyage, mais Barnabé ne l’accompagna pas. Il préféra partir pour Chypre avec Jean-Marc.

Ici s’arrête le témoignage des Actes des Apôtres à propos de Barnabé. Des témoignages sur la suite de l’apostolat de Barnabé et sur sa mort nous viennent d’autres écrits moins sûrs.

Barnabé serait mort martyr en Chypre, lapidé et brûlé par les Juifs jaloux de son influence et des conversions qu’il opérait.

L’historien Eusèbe soutient que Barnabé aurait déjà fait partie des soixante-douze disciples de Jésus-Christ. Il lui attribue aussi cette Lettre de Barnabé, qu’on lit au bréviaire mais qui n’est pas retenue dans le canon des Ecritures inspirées.

L’activité missionnaire de Barnabé lui a valu le titre d’apôtre, comme Paul.

On retrouva son corps en 488 non loin de Salamine : il portait sur lui un exemplaire en grec de l’évangile de saint Matthieu.

Comme chez les Orientaux, saint Barnabé est honoré le 11 juin. Il est nommé au Canon Romain dans la prière du Nobis quoque peccatoribus.

 

 

Maximus de Naples

† 4e siècle

 

Maximus fut le dixième évêque de Naples, vers 350.

Fermement attaché à la doctrine du concile de Nicée (325) et refusant de signer la formule de Sirmium (343), il fut exilé par l’empereur Constance II et mourut en exil.

La date de cette mort reste incertaine, vers 362-372.

Maximus est considéré comme martyr en raison de cet exil.

Saint Maximus de Naples est commémoré le 11 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rimbert de Brême-Hambourg

820-888

 

Rimbert (Rembert) naquit près de Bruges entre 820 et 830.

S.Oscar (v. 3 février) le remarqua en passant à Thourholt (Thourout), frappé de sa modestie et de son recueillement ; il proposa à ses parents de le lui confier. Les pieux parents acceptèrent cette séparation.

Rimbert reçut la tonsure et fit de rapides progrès dans la science et la sainteté. Il apprit à se préparer constamment à la mort, comme un pèlerin sur cette terre.

Oscar en fit son auxiliaire et son confident. C’est à cette sainte amitié que nous devons à Rimbert la Vita de son maître.

Rimbert accompagna donc Oscar en Suède (852), et y organisa la mission de Sigtuna.

Sur le point de mourir (865), Oscar confia à son entourage : Rimbert est plus digne d’être archevêque que moi-même d’être diacre. Rimbert fut donc appelé à succéder à Oscar de l’avis de tous… sauf de lui-même, surtout qu’il n’était que diacre. Il ne céda qu’avec grande difficulté.

Mais il avait fait un vœu : devenir moine, s’il survivait à Oscar ; aussi avant d’être sacré évêque, alla-t-il d’abord à l’abbaye de la Nouvelle-Corbie (Corvey), y reçut l’habit et promit de vivre selon la règle bénédictine autant que le lui consentirait sa nouvelle charge. Après avoir été sacré, il reçut le pallium (865).

Il s’efforça d’amplifier l’évangélisation en Danemark et en Suède, mais les Normands détruisaient régulièrement tout son travail. Il n’hésita pas à vendre les vases sacrés de son église pour racheter les esclaves capturés par les Normands et par cette généreuse attitude, il obtint les faveurs du roi qui, alors, l’aida dans son apostolat.

Il mourut le 11 juin 888.

Sa «canonisation» se fit plutôt par la voix populaire que par décret officiel, puisque cette procédure n’existait pas encore.

Saint Rimbert est commémoré le 11 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bardo de Mayence

980-1051

 

Bardo naquit vers 980 à Habprahteshoven (Oppershofen, Hesse, Allemagne C), d’Adalbero et Christina.

Il fit de bonnes études très tôt, et très tôt aussi montra de bonnes dispositions, au point que les parents le placèrent comme oblat à l’abbaye bénédictine de Fulda. Bardo se montra le meilleur des élèves, intellectuellement et spirituellement. En outre, il devint un excellent orateur.

Il fut nommé prieur à Saint-André de Fulda puis, en 1028, abbé de Werden-sur-Ruhr ainsi qu’en 1031, de Hersfeld. Il eut l’habilité de gouverner l’un et l’autre monastère sans que son absence suscitât la moindre difficulté.

En 1031, l’empereur le préconisa pour le siège épiscopal de Mayence, et le choisit en même temps comme chancelier d’Empire.

Une vilaine cabale de comtes s’abattit sur Bardo qu’on chercha à discréditer auprès de l’empereur ; Bardo se battit contre l’injustice avec les armes spirituelles : la patience et l’austérité de sa vie, selon le mot du Christ Certains démons ne se combattent que par la prière et le jeûne (Mt 17:21).

Chaque nuit il se rendait dans quelque église pour prier ; un jour, le sacristain ne le reconnut pas et lui envoya une volée de coups de bâton. Le lendemain, Bardo lui remit un denier en remerciement.

La charité de l’évêque était proverbiale. Dieu permit sans doute aussi la multiplication miraculeuse de ses ressources, pour subvenir à tant de largesses.

En 1036 fut achevée la nouvelle cathédrale, commencée déjà du temps de ses prédécesseurs ; il la consacra à saint Martin (v. 11 novembre).

En 1049 eut lieu à Mayence un grand concile pangermanique, présidé par le pape lui-même (Léon IX, v. 19 avril) et auquel, bien sûr, participa Bardo. On y confirma la loi du célibat des prêtres et la condamnation de la simonie. Au terme de ce concile, Bardo fut nommé légat papal pour toute l’Allemagne.

Il mourut à Dornloh (auj. Oberdorla) le 10 ou 11 juin 1051.

Saint Bardo de Mayence est commémoré le 11 juin dans le Martyrologe Romain.

Alice de Schaerbeek

1225-1250

 

Alice  naquit vers 1225 à Schaerbeek (Bruxelles, Belgique).

Suivant les idiomes, on l’appelle aussi Aleyde ou Adélaïde.

Petite, elle manifesta une grande mémoire et une bonne disposition pour la vie chrétienne. Elle fut confiée à sept ans à l’abbaye cistercienne de la Cambre, où elle chercha principalement l’humilité.

Serviable, obéissante, discrète, prudente, elle eut dès neuf ans le don des miracles, des visions, des extases.

Peu après sa profession, vers 1245, elle fut frappée de la lèpre et, pour cela, mise à l’écart de la communauté, dans une petite chaumière. Elle y reçut les consolations de Notre-Seigneur lui-même. Elle obtint par ses prières la libération de leurs péchés pour d’autres âmes, y compris celles du Purgatoire.

Au fur et à mesure que son corps était gagné par la pénible maladie, elle grandissait en sainteté et en mérites. Elle offrit la perte de son œil droit pour le roi des Romains, Guillaume, qui assiégeait à ce moment Aix-la-Chapelle (1247), puis celle de son œil gauche pour Louis IX, roi de France, à ce moment en croisade (1249).

Le 11 juin 1249, elle fut comme moribonde, mais le Christ lui annonça qu’elle mourrait un an plus tard.

A partir du 13 mars 1250, elle endura des souffrances qu’elle comparait à celles de l’enfer ou du purgatoire.

Elle mourut le 11 juin 1250, et son culte fut reconnu en 1907.

Si le monastère de la Cambre fut détruit par les Calvinistes, la petite cellule d’Alice a été conservée.

 

 

Parisius de Trévise

1160-1267

 

Parisius naquit vers 1160 à Trévise en Italie Nord-Est (certains disent à Bologne).

Sa vie est aussi simple qu’extraordinaire.

Entré à douze ans chez les Camaldules, il y fut ordonné prêtre en 1191, puis fut l’aumônier des Religieuses camaldules, jusqu’à sa mort.

Certes, il ne fit pas que confesser les moniales ; il s’occupa aussi de l’agrandissement du monastère, mais surtout il prit beaucoup de temps pour faire des prophéties et des miracles, en quantité innombrable et, semble-t-il, surtout après sa mort.

Les dates reportées ci-dessus sont bien exactes : Parisius mourut à cent-sept ans, le 11 juin 1267. On l’honore du titre de Saint.

 

 

Yolanda de Pologne

1235-1298

 

Yolanda de Pologne vit le jour en 1235 à Esztergom (Hongrie N), à la frontière entre ce pays et la Pologne, où allait s’accomplir sa destinée.

C’était la fille de Bela IV, roi de Hongrie, un tertiaire franciscain, et de Maria Laskaris, qui eurent dix enfants, parmi lesquels : sainte Kinga (ou Cunégonde, v. 24 juillet), sainte Margit de Hongrie (v. 18 janvier).

Signalons aussi qu’elle était la nièce de sainte Elisabeth de Hongrie (v. 17 novembre), la petite-nièce de sainte Hedwige (v. 15 octobre), et descendait des rois de Hongrie saint Etienne (István, v.15 août) et saint Ladislaw (László, v. 30 juin). 

Appartenir à une telle lignée est une bénédiction, à laquelle Yolanda sut répondre avec générosité.

A cinq ans, elle fut confiée à sa sœur aînée, Cunégonde, qui avait épousé le roi de Pologne, Boleslas le Chaste ; sous les bons exemples de ce pieux souverain et de sa sainte épouse, Yolanda grandit dans la crainte de Dieu et, en 1257, épousa avec bonheur un autre Boleslas, duc de Kalisz, dit le Pieux.

Les deux époux rivalisèrent dans l’amour de Dieu et les bonnes œuvres ; Yolanda (devenue en Pologne Helen), s’occupa activement des pauvres, des malades, des monastères, toujours soutenue et encouragée par son époux.

Ils eurent trois filles : Elisabeth, qui épousa le Duc de Legnica ; Hedwig, qui épousa Władysław 1er de Pologne ; Anna, qui fut religieuse clarisse à Újszandec (auj. Nowy Sącz en Pologne).

Devenue veuve en 1279, elle rejoignit Cunégonde, veuve elle aussi, auprès de sa fille à Újszandec. A la mort de Cunégonde (1292), Yolanda alla chez les Clarisses de Gniezno, qui avaient été fondées par son mari, et qui l’élirent pour leur abbesse. Elle mourut le 11 juin 1298.

Le culte de la bienheureuse Yolanda fut approuvé, selon certains au 17e siècle, selon d’autres en 1827.

 

 

Stefano Bandelli

1369-1450

 

Stefano vit le jour en 1369 à Castelnuovo Scrivia (Alessandria, Piémont, Italie NW), dans une bonne famille.

Jeune encore, il fréquenta les Dominicains à Plaisance, entra dans l’Ordre et fut remarquable dans l’application de la Règle.

Il reçut les doctorats de Droit et de Théologie à Pavie, où il enseigna. Son enseignement se compléta par une éloquente prédication et une excellente direction des âmes, qui accouraient à son confessionnal. 

Sa prédication le fit surnommer un autre saint Paul ; nombreuses furent les conversions, à l’écoute de sa parole, mais aussi à la vue de ses miracles.

Il vint finir ses jours à Saluzzo (Turin), où il s’éteignit saintement le 11 juin 1450.

En 1487, la ville fut cernée par les troupes savoyardes ; les habitants virent alors dans le ciel la Sainte Vierge et le père Stefano bénissant et protégeant la ville, qui fut épargnée.

Le culte du bienheureux Stefano Bandelli fut approuvé en 1856.

Juan González del Castrillo Martínez

1419-1479

 

Juan González del Castrillo y Martínez vit le jour le 24 juin 1419, en la fête de saint Jean-Baptiste dont il porta le nom. Ses parents, Juan et Sancia, prièrent beaucoup pour obtenir ce premier fils, qui fut suivit de six autres.

La localité où naquit Juan est Sahagún (León, Espagne nord-ouest), que l’on a «traduit» en français Saint-Facond.

Il étudia d’abord chez les Bénédictins de Sahagún et commença la théologie, malgré quelques réserves paternelles. On lui donna le bénéfice d’une chapelle de village.

L’évêque en fit son secrétaire, avec une confiance d’autant plus absolue envers Juan, que celui-ci était à l’occasion accusé de dilapider les biens épiscopaux en aumônes pour les pauvres. L’évêque l’ordonna prêtre.

Juan célébra chaque jour l’Eucharistie. 

A la mort de son oncle et de ses parents, il partagea son héritage entre ses frères et sœurs et partit pour Salamanque. Il fut reçu au séminaire (1450), puis se retira chez un chanoine pendant dix ans ; durant tout ce temps, il fut reçu docteur en théologie et en droit canonique, matières qu’il enseigna à son tour. 

Sa prière réussit à obtenir la paix entre deux factions de Salamanque, qui se déchiraient depuis quarante ans (et firent beaucoup de victimes). C’est en souvenir de cela qu’une place de Salamanque porte le nom de Plaza de los Bandos. 

On dit aussi que sa prière délivra la ville de la peste noire. 

Après une nuit où il reçut des consolations extraordinaires du Ciel, il ne put en dire que ces quelques mots mystérieux : Seul Dieu sait ce qui se passa cette nuit-là entre Lui et mon âme. Mais on sait bien ce qui se passa ensuite : il se présenta dès le lendemain chez les Augustins et reçut le jour-même l’habit, tant il était connu pour sa sainteté et (déjà) ses miracles.

Un de ces miracles fut qu’il sortit d’un puits un petit enfant, qui put s’accrocher à son cordon en même temps que l’eau remontait au bord du puits ; un autre miracle fut qu’il adoucit un taureau déchaîné dans les rues de Salamanque, lui disant Tente, necio (Calme-toi, idiot), expression qui a donné son nom à la rue Tentenecio.

Dans le monastère, la bénédiction qu’il donnait chaque jour au tonneau de vin, fit que la quantité du précieux liquide ne diminua pas de toute l’année.

En 1464, il fit sa profession. L’année suivante, on le nommait maître des novices, puis définiteur pour la province, charge qu’on lui renouvela à chaque chapître jusqu’à la mort (fait unique dans l’histoire de l’Ordre).

Il faisait oraison après minuit jusqu’à l’heure de l’Office ; il se confessait jusqu’à plusieurs fois par jour, s’attirant les reproches du Prieur. Il ne pouvait célébrer la Messe en moins de deux heures, occupé à admirer  en vision Notre-Seigneur glorieux.

Lui-même fut deux fois nommé prieur, en 1471 et 1477.

Juan continua aussi à prêcher, reprochant aux seigneurs leur vie déréglée, visitant les prisonniers et cherchant à ramener dans le bon chemin des brebis égarées. Les miracles continuèrent : il aurait ressuscité sa nièce, morte de la peste. Il lisait dans les cœurs, il prophétisait, entre autres sa prochaine mort. Peu après en effet, il fut pris d’une sorte de torpeur mortelle, comme si on lui avait fait prendre quelque poison lent : on le lui aurait mélangé dans le vin de messe ou dans son repas, sur instigation d’une personne qu’il avait sévèrement blâmée pour sa mauvaise conduite.

Juan «de Saint-Facond» mourut le 11 juin 1479 ; sa tombe porta l’épitaphe suivante : Hic jacet per quem Salmantica non jacet : Ici repose celui par lequel Salamanque n’est pas tombée. Il a été choisi comme céleste Patron de Sahagún et Salamanque.

Il fut béatifié en 1601 et canonisé en 1691.

 

 

Maria Rosa Molas y Vallvé

1815-1876

 

A Reus en Espagne, province de Tarragona, naissait le 24 mars 1815 Rosa Francesca Maria Dolores, fille d’un artisan d’Andalousie, José Molas, et d’une mère catalane, Maria Vallvé. De l’un et de l’autre, elle recevra un ensemble de riches qualités : elle sera sensible, tendre et pleine de compassion, mais aussi ferme, vive et énergique, volontaire aussi et tenace.

Ce soir du 24 mars 1815 était cette année-là la nuit du Jeudi au Vendredi Saints, le moment où l’on vit l’agonie de Jésus-Christ, ce moment où le Seigneur dans la solitude souffrait et offrait sa passion pour tous les hommes pécheurs. Rosa semble avoir été marquée par le signe de la miséricorde et de la compassion. Sa vie sera un don permanent et total pour procurer du bien à ceux qui souffrent, malgré les épreuves, malgré la solitude, malgré les contradictions.

En 1841 elle entre dans une Corporation de Sœurs de la Charité, qui assistaient des malades dans l’hôpital de Reus, croyant qu’elles étaient des Religieuses. Humblement elle se met au service des plus pauvres, avec une charité parfois héroïque. Le 11 juin 1844, Reus est assiégée et bombardée par les troupes du général Zurbano : courageusement, avec deux autres consœurs, elle va s’agenouiller devant le général, et en obtient la paix pour tous ces pauvres habitants.

Successivement envoyée à Tortosa, elle réfléchit avec ses consœurs à une véritable fondation, dans l’obéissance à l’autorité ecclésiastique de Tortosa. Ainsi naît la Congrégation des Sœurs de la Consolation. 

L’œuvre veut servir à étendre le règne de Jésus-Christ, source et modèle de toute charité, de tout réconfort et de toute perfection, à poursuivre sur terre la mission du Rédempteur, en consolant les affligés, au service de l’homme en toute situation de nécessité.

Maria Rosa va au-devant de n’importe quel sacrifice, sans se préoccuper des humiliations, des calomnies, des persécutions même, auxquelles elle répond en s’offrant elle-même généreusement. Elle eut a affronter une véritable persécution de la part des Autorités civiles contre son œuvre ; mais, bien qu’éloignée par celles-ci de l’Ecole publique pour enfants, elle leur propose sa collaboration pour organiser un hôpital, pour venir en aide aux frères les plus pauvres. Quand le maire veut lui imposer le serment de fidélité à une Constitution contraire aux intérêts de l’Eglise, elle lui résiste victorieusement ; quand l’Administration publique tarde à payer le salaire des petits orphelins, elle va les défendre courageusement ; de même pour défendre les intérêts de ses Filles, dénigrées par l’Administration ; quand un médecin veut expérimenter certaines méthodes de chirurgie sur ses orphelins, elle lui résiste énergiquement.

En mai 1876, elle sent sa fin approcher ; après une brève maladie, plus fatiguée par ses sacrifices pour les pauvres que par les années, elle demande à son confesseur la permission de mourir ; l’ayant reçue, elle ajoute : “Que s’accomplisse la très sainte volonté de Dieu” et meurt au soir du 11 juin 1876, fête de la Très Sainte Trinité.

Ses Sœurs sont maintenant répandues sur quatre continents et dans onze pays.

Maria Rosa a été béatifiée en 1977, et canonisée en 1988 ; sa fête est au 11 juin.

 

 

Paola Frassinetti

1809-1882

 

Paola Frassinetti naît et reçoit le baptême le 3 Mars 1809 à Gênes en Italie, troisième de cinq enfants. Ses parents sont profondéments chrétiens, surtout sa mère, qui mourra bientôt lorsque Paola n’a que neuf ans.

Son grand frère devient prêtre ; il exerce sur elle une forte influence, la vocation commence à se manifester. Quand elle va retrouver son frère dans sa paroisse, elle réunit autour d’elle plusieurs jeunes filles avec lesquelles elle voudrait fonder un nouvel Institut pour l’enseignement des petites filles. En 1834 commence l’Œuvre, dans la plus grande pauvreté.

Une épidémie de choléra à Gênes est l’occasion de montrer le zèle et le dévouement du groupe. Un prêtre ami de Don Giuseppe vient proposer à Paola d’assumer la Pieuse œuvre de Sainte Dorothée, dans le but de venir en aide aux jeunes filles particulièrement pauvres. Paola accepte, et ses compagnes changeront leur nom de Filles de la Sainte Foi en Sœurs de Sainte Dorothée.

Plusieurs maisons sont ouvertes, dont une à Rome. Paola est reçue et encouragée par le pape Grégoire XVI. Les difficultés ne manquent pas, surtout à cause de l’extrême indigence où se trouvent les jeunes Religieuses. Mais le pape leur confie une autre œuvre : le Conservatoire de Sainte Marie du Refuge à Saint Onofrio, que la bonté de Paola transformera et qui sera même la Maison Mère de toute l’Œuvre.

En 1846, c’est la bourrasque politique à Rome. Pape et évêques se retirent de Rome. Paola est bien seule. Mais en 1850 elle rencontre Pie IX, qui la prend sous sa protection. C’est le moment de la grande expansion : Naples, Bologne, Recanati, le Brésil, le Portugal.

Aujourd’hui, les Sœurs de Sainte Dorothée sont en peu partout dans le monde : Italie, Espagne, Portugal, Malte, Angleterre, Suisse ; Etats-Unis d’Amérique, Brésil et Pérou ; Angola et Mozambique ; Taiwan. 

Paola  laisse ce monde le 11 juin 1882 dans une grande sérénité. Elle est béatifiée en 1930, canonisée en 1984. 

 

 

Maria Schininà

1844-1910

 

Née à Ragusa le 10 avril 1844, elle mena une vie seigneuriale jusqu’à ce que - après la mort de son père et une fois que tous ses frères furent mariés - elle resta seule avec sa mère. Elle entreprit ainsi un chemin vers les pauvres, abattant les barrières non seulement de la fortune, mais surtout les barrières culturelles.

Rejetée par ses frères et par ses connaissances pour s’être dépouillée des biens de famille, elle fut appelée au Carmel Salvatore La Perla, à diriger les Filles de Marie, consacrées au secours des peuples.

En 1889 elle fonda les Sœurs du Sacré-Cœur dans le but de fournir un abri aux orphelins et abandonnés, aux pauvres, de donner asile aux personnes âgées handicapées, aider les prisonniers et les travailleurs qui ont travaillé dans les mines de Ragusa.

Elle organisa une association de Dames de la Charité ainsi que l'implantation des Carmélites. De 1908 à 1909, elle donna asile à des réfugiés du catastrophique tremblement de terre qui détruisit Messine et Reggio en Calabre.

Après avoir consolidé son institution et donné à ses sœurs le commandement de l'amour, la mère Marie du Sacré-Cœur décéda le 11 Juin 1910 à Ragusa, âgée de 66 ans. Son travail est prolongé sur les trois continents par les Sœurs, avec amour et miséricorde pour ceux qui ont le plus besoin.

Elle a été béatifiée en 1990.

Le palais où elle naquit est aujourd’hui siège de l’évêché de Ragusa. En 1950 l’Institut s’est ouvert aux missions dans le monde en envoyant les premières sœurs italiennes aux Etats-Unis et au Canada. Les religieuses sont désormais présentes à Madagascar, aux Philippines, en Pologne, au Nigeria, en Roumanie, en Inde, pour diffuser le charisme de la bienheureuse Maria Schininà : faire connaître l’amour du Christ pour tous et sa miséricorde sans limites, porter le “Cœur de Dieu à la population et la population au Cœur de Dieu”.

Shoukrallah Maloyan

1869-1915

 

Shoukrallah était fils de Melkon et Faridé, né le 8 avril 1869 à Mardin (Turquie sud-ouest). C’était une famille chrétienne, appartenant à l’Eglise catholique de rite arménien.

Son curé remarqua en lui les signes de la vocation sacerdotale et l’envoya au couvent arménien de Bzommar (Liban) : le garçon avait quatorze ans.

Au terme de ses études, il reçut l’ordination sacerdotale, le 6 août 1896 (fête de la Transfiguration). A cette occasion il prit le nom religieux d’Ignatius, en souvenir de saint Ignace d’Antioche.

De 1897 à 1910, Ignatius travailla en Egypte, à Alexandrie et au Caire. Il fut aussi en 1904 le secrétaire du patriarche arménien, Boghos Bedros XII Sebbaghian. C’est durant ces années qu’une maladie lui brûla les yeux et lui causa de grosses difficultés de respiration.

Ignatius fut envoyé à sa ville natale, Mardin, pour tenter d’y remettre de l’ordre, et il en devint finalement l’archevêque, en 1911.

En prenant possession de son diocèse, il y encouragea fortement la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

Comme on le sait officieusement, les autorités turques organisèrent un massacre généralisé des Arméniens, durant l’été 1915.

Le 3 juin 1915, le chef de la police de Mardin procéda à l’arrestation de l’Archevêque, de son clergé et de nombreux fidèles. Durant ce qu’on appela un procès, on les invita à embrasser l’Islam. Ayant refusé, ils furent battus, torturés, enchaînés et gardés en prison. 

Le chef de la police frappa l’Archevêque à la tête avec la crosse de son pistolet. Les soldats le battirent sans pitié. Le pauvre prélat priait : Seigneur, aie pitié de moi ! Seigneur, donne-moi la force ! Il demanda aux prêtres présents de lui donner l’absolution. Puis les soldats revinrent le battre ; ils lui arrachèrent les ongles des pieds. 

Le 9 juin, sa mère vint le voir et pleura en le voyant en cet état. Il l’encouragea.

Le 10 juin, on les força à marcher vers le désert ; ils étaient plus de quatre cents, dont quatorze prêtres. L’Archevêque réconfortait tous ses fidèles, priant Dieu de leur donner la force d’accepter le martyre avec patience et courage. Les prêtres leur donnaient l’absolution. Avec quelques bribes de pain qu’il avait, l’Archevêque Ignatius célébra une rapide et intense liturgie eucharistique pour remettre à tous ses fidèles le Viatique.

Un soldat témoin de la scène, témoigna avoir vu alors une sorte de nuage qui recouvrit tous les prisonniers et dont il sortait un excellent parfum. Tous avaient sur leur visage l’expression de la joie et de la sérénité.

Parvenus dans un village kurde, une centaine d’entre eux furent poussés dans des grottes de l’endroit et exécutés.

Devant ses prêtres et ses fidèles massacrés sous les yeux de l’Archevêque, le chef de la police lui offrit la vie sauve, à condition d’embrasser l’Islam. Le prélat répondit dignement qu’il conservait toute sa loyauté envers l’Etat Ottoman, ajoutant aussi : Je vivrai et je mourrai pour ma foi et ma religion. Toute ma fierté est dans la Croix de mon Dieu et Seigneur (cf. Ga 6:14).

Le chef de la police, enragé, ordonna de faire partir ce qui restait de la colonne, en direction d’une vallée, à quelque quatre heures de marche. Là, non loin de Diyarbakir, les deux-cents survivants furent exécutés devant Mgr Ignatios, qui fut abattu le tout dernier par le chef lui-même.

En tombant, Mgr Ignatius put encore proclamer : Mon Dieu, aie pitié de moi ; entre tes mains je remets mon esprit (cf. Ps 30:6).

La population kurde s’empara des vêtements des Martyrs, qui restèrent là plusieurs heures, avant qu’on les rassemble pour les arroser de pétrole et les brûler.

Ces faits eurent lieu les 10/11 juin 1915.

Mgr Shoukrallah Ignatius Maloyan fut béatifié en 2001. Il est commémoré le 11 juin.

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