Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 23:00

12 JUIN

?

S Basilides, martyr romain.

IV.

S Olympe, évêque en Thrace, exilé par les ariens.

S Amphion, évêque à Epiphanie, cité comme “sûr” par s. Athanase.

V.

S Onuphrius, ermite en Egypte, “découvert” par s. Paphnuce juste la veille de sa mort.

S Ternan, évêque en Ecosse (VI.?).

VIII.

S Pierre du Mont Athos, ermite.

IX.

S Léon III, pape (795-816) : à l'instigation de Charlemagne, il établit les bases d'une collaboration de type nouveau : à l'Église le pouvoir spirituel, aux princes le pouvoir temporel avec mission de protéger l'Église ; à Noël 800, il couronna Charlemagne empereur d'Occident.

S Odulf, prêtre à Oirschot puis Utrecht, missionnaire chez les Frisons.

XI.

S Eskill, anglais, apôtre de la Suède, évêque dans le sud-ouest de Stockholm et martyr.

XIII.

B Guido de Cortone, devenu franciscain après avoir hébergé s. François d’Assise.

S Placido, ermite italien qui eut du mal à rester isolé ; finalement il fut abbé d’un petit monastère cistercien à Ocre.

XVIII.

Bse Lucrezia Elena (Florida) Cevoli, de Pise, clarisse et disciple de ste Veronica Giuliani, béatifiée en 1993.    

S Gaspare Bertoni, prêtre de Vérone, fondateur de la Congrégation des Saints Stigmates de Notre Seigneur Jésus Christ, notamment pour la formation des jeunes ; canonisé en 1989.

XIX.

Ss Nicôla Bùi Đức Thể et Augustinô Phan Viết Huy, soldats tonkinois martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre ; contraints de marcher sur la croix, ils écrivirent leur profession de foi à l’empereur ; le fils d’Augustinô, de quinze ans, fut à son tour étranglé deux jours après.

B Lorenzo Salvi (Lorenzo-Maria de saint-François-Xavier), passioniste italien, apôtre de la dévotion à l’Enfant Jésus, béatifié en 1989.

Bse Mercedes Molina Ayala (Mercedes de Jésus), religieuse en Equateur où elle s’occupa d’orphelins, d’enfants abandonnés et des Indiens Jibaros, fondatrice des Sœurs Marianites, au service des plus déshérités, béatifiée en 1985.

XX.

Bse Maria Barba (Maria Candida de l’Eucharistie, 1884-1949), carmélite à Ragusa, béatifiée en 2004.  

Basilides de Rome

† 304

 

Basilides est un martyr romain.

L’ancien Martyrologe le présentait comme soldat, qui fut arrêté et jeté en prison à cause de sa foi, déchiré par des scorpions, enfin décapité.

C’était sous les empereurs Dioclétien et Maximien, sous le préfet Aurelius.

Saint Basilides de Rome est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Onuphrius d’Egypte

† 400

 

Onuphrius était un moine égyptien qui ressentit la vocation à l’érémitisme et s’enfonça dans le désert.

Il y vécut soixante années.

Passait par là un certain abbé, nommé Paphnuce, qui aperçut de loin un être étrange, dont la barbe et la chevelure traînaient à terre et qui n’avait de vêtement qu’une ceinture de feuilles. Paphnuce pensait s’éloigner, mais il fut retenu par l’étrange personnage, qui était donc notre Onuphrius.

Il lui raconta comment il avait dû affronter le chaud et le froid, la faim et la soif, et d’autres tentations dont Dieu l’avait délivré.

Il se nourrissait du fruit d’un palmier-dattier.

Le soir, Onuphrius lui offrit du pain et de l’eau, alors qu’il n’y avait rien dans sa grotte.

Au matin, Onuphrius était pâle et moribond. Il expliqua à Paphnuce que son heure était arrivée et que Dieu l’avait envoyé pour l’ensevelir. Il mourut effectivement et Paphnuce l’enterra.

Alors la grotte s’effondra, le palmier sécha.

On situe cette pieuse mort vers l’an 400.

Saint Onuphrius d’Egypte est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Léon III

795-816

 

Le quatre-vingt-seizième pape succédait à Adrien 1er, à Noël 795.

Il était d’extraction humble, fils du Romain Azuppius. Entré jeune dans la cléricature, il étudia à l’école du Latran, apprit les belles-lettres, les Ecritures, le chant liturgique. Devenu chef du vestiarium pontifical au Latran, et cardinal, du titre de Sainte-Suzanne, il était connu pour sa bonté envers les pauvres et les infirmes.

Léon III devait tout de même avoir quelques ennemis : en avril 799, des sicaires se jetèrent sur lui lors d’une procession, lui crevèrent les yeux, lui arrachèrent la langue et le rouèrent de coups, avant de le jeter dans une église, puis dans un cachot du monastère Saint-Erasme.

Le bruit courut, et une expédition conduite par le duc de Spolète vint délivrer le pape. Ô miracle : le pape voyait et chantait, ayant récupéré l’usage des yeux et de la langue.

Certains affirment qu’en réalité, les brigands tentèrent de crever les yeux du Pontife et de lui arracher la langue. Il reste que le pape Léon III rencontra Charlemagne à Paderborn et lui demanda son soutien. Charlemagne l’accompagna bien volontiers à Rome, où il fut couronné empereur le 25 décembre 800.

Condamnés à mort, les bourreaux furent seulement exilés, sur l’intervention miséricordieuse du pape.

Le couronnement de Charlemagne n’était pas pour plaire énormément à la cour de Constantinople : quand l’impératrice Irène fut sollicitée en mariage par le nouvel empereur, ce fut le refus catégorique.

Plus tard, une nouvelle controverse à propos du Filioque agita des moines de Jérusalem. La fameuse expression était déjà utilisée par les évêques espagnols ; des moines francs de Jérusalem l’introduisirent dans le Credo, provoquant l’ire de moines grecs. Plainte des moines francs à Charlemagne, qui convoqua un concile à Aix-la-Chapelle (809) : Léon III blâma l’initiative de Charlemagne, sans cependant condamner l’expression (qui n’était pas hétérodoxe), ni non plus l’étendre à l’Eglise universelle.

Léon III intervint aussi doctrinalement contre un évêque espagnol pour sa doctrine adoptianiste (faisant du Christ-homme un fils adoptif de Dieu). Il s’occupa particulièrement de l’Eglise à Canterbury et en Bavière. 

S’il reçut en 812 une délégation du nouveau patriarche de Constantinople et du nouvel empereur, il dut ensuite prendre parti pour saint Théodore Studite (voir au 11 novembre), qui souffrit énormément de la part des iconoclastes à Constantinople. 

La fin du pontificat de Léon III fut encore agitée par des troubles dans la campagne romaine et même une conspiration.

Léon III mourut, rempli de mérites, le 12 juin 816, après vingt ans de pontificat, et fut canonisé en 1673.

Son successeur fut Etienne IV.

 

 

Odulf d’Utrecht

† 865

 

Odulf  (Odulphus en latin, Olof, Oelbert) naquit à Oirschot (Brabant), de Ludgis, un noble descendant de la famille carolingienne.

Il fut confié à l’école canonique, où il fit de grands et rapides progrès et fut ordonné prêtre.

Alors qu’il songeait à entrer dans quelque monastère, il fut nommé curé de la paroisse d’Oirschot ; après quoi, il fut reçu au chapitre d’Utrecht, dont l’évêque était s.Frédéric (v. 18 juillet).

Ce dernier l’envoya ensuite ré-évangéliser les Frisons, retombés dans le paganisme. Il espérait bien y recevoir la palme du martyre, mais ce n’était pas sa destinée. Il y fonda le chapitre de Stavoren.

De retour à Utrecht où venait de mourir Frédéric, il recommanda l’élection d’un certain Hunger pour lui succéder.

A ses derniers moments, il pria des psaumes et s’éteignit à ce monde en répétant le verset du psaume : In manus tuas, Dómine, comméndo spíritum meum (Ps 30:6), que nous chantons tous les soirs dans le répons de Complies.

C’était le 12 juin 865.

Saint Odulf d’Utrecht est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

Eskill de Suède

† 1080

 

Eskill était né en Angleterre.

Il partit, dit-on, avec s.Sigfrid pour les pays scandinaves, où le peuple était retombé dans le paganisme après les travaux apostoliques de s.Oscar (v. 3 février). Cependant, dans la vie de s.Sigfrid (v. 15 février), il n’est pas question d’Eskill.

Eskill reçut la consécration épiscopale non loin de l’actuelle Stockholm.

Il exerça son apostolat dans la province de Soedermanland, dont le prince était favorable au christianisme ; mais une conspiration le fit assassiner.

Sous son successeur, le paganisme reprit force. Lors d’une grand fête, Eskill s’efforça d’expliquer patiemment à la foule combien il leur était vain d’adorer des dieux en bois ou en métal, incapables d’entendre ou de parler : Ils ont une bouche et ne parleront pas ; ils ont des yeux et ne verront pas ; ils ont des oreilles et n’entendront pas ; ils ont des narines et ne ressentiront pas d’odeurs ; ils ont des mains et ne toucheront point ; ils ont des pieds et ne marcheront pas ; ils n’émettront aucun son de leur gorge (Ps. 113:5-7).

Les gens ne prêtèrent pas confiance à la parole d’Eskill, qui alors demanda à Dieu un «signe» de Sa puissance ; aussitôt se déchaîna un terrible orage qui renversa l’autel des offrandes païennes. Ce que voyant, la foule lapida ce magicien.

On était en 1080.

Saint Eskill est commémoré le 12 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guido de Cortone

1190-1245

 

Guido (Guy) Vignotelli naquit vers 1190 à Cortone (Toscane, Italie C), dans la famille Vignotelli ou Vagnotelli (ou encore Vignatelli et Pagnotelli). On lit parfois qu’il était d’origine espagnole, qui sait ?

Il acquit une certaine culture et, un jour de 1211, reçut chez lui François d’Assise lui-même. Au dessert, il confia au Fondateur son désir d’être son disciple. Que devait-il faire ? - Tout donner aux pauvres et renoncer à tous les biens de la terre, fut la réponse de François.

Guido devait avoir quelque héritage de ses parents, mais n’attendit pas une journée pour suivre le conseil de François, au point que dès le lendemain François lui remettait l’habit et le cordon des premiers frères.

Lorsque, tout près de Cortone, s’organisa un petit couvent de Frères Mineurs, Guido en fut le Gardien (supérieur) et fut ordonné prêtre.

Sa charge et l’ordination ne le firent pas sortir de l’humilité qu’aimait tant François ; ce fut un des préférés du Fondateur d’Assise.

Cortone fut toujours pleine de reconnaissance pour le cher Guido, qui la favorisa de grâces miraculeuses : il ressuscita une malheureuse jeune fille qui s’était noyée dans un puits ; il multiplia la farine ; un paralytique fut guéri ; en une autre circonstance, l’eau se changea en vin, pour ne citer que quelques exemples de miracles accomplis par Guido dans son angélique modestie.

Bien sûr, il n’oubliait pas quelques pénitences pour mortifier son corps et pour maintenir éveillé son esprit, car l’esprit est prompt et la chair est faible (Mc 14:38).

Avec François, il se retira quelque temps en-dehors de Cortone, dans un petit couvent appelé Las Celdas, un des premiers de l’Ordre, pour y vivre un temps de retraite, dans un climat plus intense de recueillement et de mortification. 

Peu après, il demanda à François la permission de prêcher, et sa prédication, accompagnée de ses miracles, produisit beaucoup de bons fruits. Guido était si humble, que François ne craignit pas d’en faire un éloge public devant les habitants de Cortone. 

Quelques années passèrent, François mourut en 1226 ; une vingtaine d’années plus tard, Guido parvint à la soixantaine et eut la vision de François, qui lui annonça sa prochaine récompense céleste. Peu après, Guido fut effectivement malade et parvint à l’ultime agonie. Rayonnant de joie, il s’écria alors : Voilà mon cher Saint François ! Tout le monde, debout ! Allons vers lui ! Il rendit alors son âme à Dieu, le 12 juin 1250

Son culte fut reconnu en 1583.

 

 

Placido de Roio

? -1248

 

Placido était né à Roio (Chieti, Abruzzes, Italie C) dans le seconde moitié du 12e siècle, de parents cultivateurs, qu’il aida aussi longtemps qu’il le put.

Elevé dans la piété, mais totalement inculte, il désirait avidement connaître les psaumes de la Bible. Pour s’instruire, il interrogeait les petits enfants qui revenaient de l’école et se faisait répéter ce qu’ils avaient appris, puis le méditait longuement pendant son travail, acquérant ainsi peu à peu une certaine culture.

Il voulait faire plus pour Dieu. Il partit en pèlerinage à Compostelle, où il resta une année ; mais à son retour, la maladie le cloua au lit, dans une sorte de paralysie où il ne pouvait pas même bouger la tête. Il guérit cependant au bout de cinq années, et reprit les pèlerinages, à Rome, au Mont Gargan, et en d’autres endroits encore.

Réalisant que marcher n’était pas la meilleure façon de se sanctifier, il voulut se retirer non loin d’un pieux ermite qui vivait sur le Monte Corno (Trentin) et lui demanda l’habit monastique. Mais cette expérience ne put durer ; Placido descendit plus bas et frappa à la porte du monastère de Saint-Nicolas, où il resta un an, puis se mit au service d’une église de l’endroit.

Il s’enfuit quand il remarqua qu’une femme l’épiait : il alla se réfugier dans une caverne, puis vint trouver un autre repaire dans sa région native, sous un rocher au-dessus de la ville d’Ocre, où il resta cette fois-ci douze années ; mais il ne parvint plus à rester ignoré - car Dieu bénit sa prière par le don des miracles - et l’on chercha à le rejoindre ; l’endroit était tellement difficile d’accès, qu’un jour un prêtre tomba et se tua. Pour éviter d’être la cause d’un autre accident, Placido quitta sa retraite et rejoignit une montagne boisée.

Ce qui pourrait apparaître comme une instabilité permanente, était vraiment pour Placido une volonté de quitter le monde et une recherche de l’absolu. Il s’imposait des jeûnes fréquents, vivait dans l’abstinence perpétuelle, se flagellait durement.

Ses austérités n’effrayèrent pas des candidats à cette vie rude, qui lui demandèrent de vivre avec lui. Il obtint alors du comte Berardo d’Ocre, en 1222, un terrain assez convenable pour y édifier avec eux une église et un petit monastère. Les nouveaux moines détournèrent des ruisseaux pour arroser leur domaine, plantèrent des arbres et construisirent le monastère Saint-Esprit, qui fut placé sous la règle cistercienne.

Placido se retrouva évidemment à la tête de cette communauté, qu’il dirigea stablement jusqu’à sa mort : il avait enfin trouvé la stabilité pendant un quart de siècle, et mourut le 12 juin 1248.

Les nombreux miracles suscitèrent un rapide culte populaire. Le bienheureux Placido est mentionné au Martyrologe le 12 juin.

Le monastère Saint-Esprit déclina à partir du 17e siècle ; aujourd’hui, c’est malheureusement une ruine.

Lucrezia Elena Cevoli

1685-1767

 

Elle naquit à Pise le 11 novembre 1685, onzième des quatorze enfants du comte Curzio Cevoli et de la marquise Laura della Seta. Deux autres sœurs, Maddalena et Teresa, seront aussi religieuses.

La famille est chrétienne : chaque soir on récite la prière ensemble.

A partir de 1697, elle rejoint ses deux sœurs au collège Saint-Martin et s’applique déjà à vivre dans l’austérité, refusant tout privilège, s’imposant des pénitences (jeûnes, privations, veilles ; se mettant sur elles les petites bestioles qu’elle trouvait, pour souffrir davantage…). 

A la sortie du collège, elle est très habile en peinture, en broderie, elle connaît parfaitement le français ; de retour dans sa famille, elle ne fait que supporter la vie bourgeoise et luxueuse qui l’entoure, continuant sa vie intérieure de prière et de pénitence. 

Elle refuse les propositions de mariage que la famille lui présente. 

En 1703, elle décide d’entrer chez les Clarisses Capucines de Città di Castello, rompant décidément avec la vie bourgeoise de sa famille. Le changement de vie fut dur, les épreuves nombreuses. La maîtresse des novices elle-même, Veronica Giuliani (voir au 9 juillet), pensait ne pas la recevoir à cause de son origine trop bourgeoise, mais aurait eu une inspiration céleste de l’accepter. La persévérance de la jeune fille porta ses fruits.

Au terme du noviciat, en 1705, elle prit le nom de Florida.

Il y eut entre Florida et Veronica une symbiose mystique. De nuit, elles se rendaient au fond du jardin et se flagellaient l’une l’autre, pour s’unir à la flagellation de Notre-Seigneur. 

Florida fut bientôt affligée d’une toux mystérieuse qui ne la quitta pas. Pendant une trentaine d’années elle éprouva des scrupules et des tentations contre la chasteté, un combat dont elle sortit victorieuse.

En 1705, moururent ses chers parents. Elle sut en vision qu’ils étaient en purgatoire et s’offrit alors pour le leur épargner : ce furent des souffrances pendant huit années, des douleurs et des fièvres intenses, auxquelles s’ajoutèrent d’autres mortifications de la part de son «confesseur», un prêtre dont les bonnes intentions manquaient véritablement de discernement et de délicatesse.

Mère Veronica Giuliani fut élue abbesse en 1716, et la Congrégation vaticane du Saint-Office chargea Florida d’en être la vicaire, pour mieux en observer les comportements et les grâces surnaturelles dont elle était favorisée. Mère Giuliani mourra en odeur de sainteté en 1727, et c’est justement Florida qui sera élue pour lui succéder.  

Florida s’occupera activement pour la cause de béatification de Mère Veronica et fera ériger un monastère de carmélites dans la propre habitation familiale des Giuliani, à Mercatello sul Metauro.

Pendant une vingtaine d’années, l’abbesse souffrit d’un douloureux herpès, qu’elle supporta sans jamais le faire remarquer aux autres.

Elle s’appliqua à faire observer la règle la plus stricte dans le monastère. Ainsi, ce furent les religieuses elles-mêmes qui ensevelirent les consœurs défuntes ; on pratiqua les Chemins de Croix vivants, en se flagellant rigoureusement et en portant sur les épaules de lourdes bûches de bois ; aucun objet n’était de propriété personnelle… 

Etait-ce suffisant ? Personnellement, elle s’imposa de porter une ceinture avec des pointes de fer ; elle se mettait des cailloux ou des pois chiches dans les sandales ; elle mangeait du sel pur sans boire, pour éprouver la soif ; elle dormait sur la terre nue ; elle se marqua au couteau les noms de Marie et de Jésus sur la poitrine ; elle se mettait des charbons ardents dans la bouche «pour se rafraîchir de l’intense amour qui brûlait en son cœur». L’Eucharistie la mettait dans des états extatiques étonnants : intense tachycardie, évanouissements, pleurs, visage rayonnant et brûlant.

Mère Florida introduisit dans le couvent la pratique fréquente de l’Eucharistie.

A ses pénitences volontaires, s’ajoutèrent pour Florida la grâce des stigmates de la Passion du Christ, comme pour Veronica. Mais désirant humblement cacher cette faveur divine, elle reçut en échange des plaies profondes à travers tout le corps.

Elle qui voulait rester cachée dans son couvent, fut de plus en plus connue à l’extérieur ; on vint la trouver, la consulter. Sa prière obtint des miracles, des guérisons, des multiplications de nourriture ; elle prophétisa.

Les dernières années, elle fut complètement aveugle.

Mère Florida mourut le 12 juin 1767. Un chirurgien put prélever son cœur et y observa les signes de la Passion dont elle avait parlé de son vivant. 

Mère Florida fut béatifiée en 1993.

 

 

Nicôla Bùi Đức Thể

1792-1839

Augustinô Phan Viết Huy

1795-1839

 

Trois soldats vietnamiens de la garnison de Trịnh-Quang-Khanh étaient restés en prison, après la purge de cette garnison.

Deux d’entre eux étaient Nicolas Bùi Đức Thể et Augustinô Phan Viết Huy, le premier né vers 1792 à Kiên Trung (Nam Định), le second vers 1795 à Hạ Linh (Nam Định).

On les drogua pour les faire marcher sur le crucifix. Lorsqu’ils se rendirent compte de ce qui s’était passé durant le temps de leur inconscience, ils présentèrent un placet au roi, disant qu’ils étaient chrétiens, qu’ils voulaient le rester envers et contre tous ; ils priaient le souverain de les traiter selon la rigueur des lois, c’est-à-dire de les condamner à mort, afin qu’ils pussent recevoir la grâce du martyre. Ils s’étaient rendus à la cour en personne pour porter leur supplique, accompagnés du fils d’Augustinô, un garçon d’une quinzaine d’années.

On voulut les exécuter en exemple : ils furent décapités, puis sciés par le milieu du corps, le 12 juin 1839 (le 13 juin au Martyrologe).

Deux jours après, fut aussi exécuté le fils d’Augustinô, par la strangulation. Le troisième soldat, Đaminh, fut exécuté le 18 juillet suivant.

Les deux vaillants soldats furent béatifiés en 1900 et canonisés en 1988. Leur fête commune est au 24 novembre.

 

 

Gaspare Bertoni

1777-1853 

 

Gaspare Bertoni naquit à Vérone, république de Venise, le 9 octobre 1777, de Francesco et de Brunora Ravelli di Sirmione. et fut baptisé le lendemain par son grand-oncle, don Giacomo. Les deux familles des parents avaient une étude de notaires, leur permettant une certaine aisance.

Un de ses maîtres fut le père Luigi Fortis, jésuite, bientôt élu général de la Compagnie reconstituée. A dix-huit ans, sa vocation était claire : il fréquente les cours du séminaire, où il connaît don Nicola Galvani. L’invasion des troupes françaises (1796) le pousse à montrer son ardeur caritative dans l’assistance des blessés et des malades, au sein de la Fraternité Evangélique des Hospitaliers, récemment instituée par le Serviteur de Dieu, Pietro Leonardi. Il est ordonné prêtre en 1800.

A peine arrivé en paroisse, il s’occupe de la formation des jeunes dans un Oratoire. Mais il doit remettre à plus tard ce travail, toujours à cause des événements politiques. En 1808, il assume la direction spirituelle de l’œuvre de Madeleine de Canossa à Saint-Joseph (voir au 10 avril) ; il rencontre les Servantes de Dieu Leopoldina Naudet, puis Teodora Campostrini, qu’il aide dans leurs fondations.

Chargé par l’évêque de la formation des clercs, il organise sa spiritualité d’abord sur l’adhésion inconditionnée au pape, Pie VII, retenu prisonnier par Napoléon. Il veut former ses disciples à un retour à l’Evangile : le séminaire, qui était dans un état lamentable et catastrophique, prend l’aspect d’un vrai monastère, lieu de prière et de vertus.

Après Napoléon, il fallait réévangéliser les masses : Pie VII charge don Gaspare de “missions apostoliques”, qu’il exerce toutefois avec prudence, à cause de l’œil méfiant du gouvernement autrichien, réticent à ce genre de ministère. 

Don Gaspare est favorisé de “signes”, de dons mystiques. Il se voit appelé à fonder une famille religieuse. En 1816 commence la Congrégation des Saintes Stigmates, qui prend son nom de l’église des Saintes Stigmates de saint François, où il se retira avec quelques compagnons pour prier et réfléchir à cette nouvelle famille. Il commence par une école populaire, gratuite, en s’engageant à une vie très austère, pour se donner à l’éducation des jeunes, la formation du clergé, la prédication missionnaire, en toute disponibilité aux Evêques.

En 1812, il a une extase particulièrement douloureuse, après laquelle il restera très marqué durant tout le reste de sa vie. Il devra subir quelque trois cents interventions chirurgicales à la jambe droite, et souffrait tout cela avec une patience admirable. Un jour que l’infirmier lui demandait de quoi il avait besoin, il répondit : “De souffrir”. Il était très souvent alité, et recevait d’innombrables personnes qui lui demandaient ses  conseils,  parmi  lesquelles  le  Bienheureux Karl Steeb (voir au 15 décembre), les Serviteurs de Dieu Nicola Mazza, Antonio Provolo. De toutes parts on venait à Vérone pour le rencontrer.

La Congrégation des Stigmates de Notre Seigneur Jésus Christ, s’est répandue hors de Vérone, dans d’autres villes d’Italie, aux Etats-Unis, au Brésil (où elle compte six évêques), au Chili, aux Philippines, en territoires de mission : Côte d’Ivoire, Tanzanie, Afrique du Sud, Thaïlande.

Gaspare Bertoni s’éteignit le dimanche 12 juin 1853. Il a été béatifié en 1975 en la fête de Tous les Saints, 1er novembre, et canonisé en 1989, également le 1er novembre.

 

 

Lorenzo Salvi

1782-1856

 

Né le 30 octobre 1782 à Rome, fils unique de Antonio et Marianna Biondi, Lorenzo Salvi di Mazzeria était de famille aristocratique. Sa maman mourut à peine un mois après la naissance et Lorenzo grandit dans la palais des Comtes de Charpenta, où travaillait son père.

Il étudia au Collège romain (géré par les Jésuites), où un de ses compagnons fut Gaspare del Bufalo, maintenant canonisé (v. 28 décembre), et où un de ses maîtres devint plus tard le pape Grégoire XVI.

Profondément impressionné par la prédication de saint Vincenzo Strambi (v. 1er janvier), il voulut le suivre dans la congrégation des Passionistes. Mais il n’avait que dix-neuf ans, et son père lui commande : Ne me parle ni de pères ni de frères pendant une année. Le garçon obéit et, une année après, déclara à son père : J’ai obéi, maintenant, à toi de tenir ta promesse. Le papa céda.

Lorenzo commença le noviciat au Monte Argentario (1801) où il reçut le nom de Lorenzo Maria de Saint-François-Xavier, fit les vœux en 1802 et reçut l’ordination sacerdotale en 1805.

Désormais, il devait suivre pas à pas son Fondateur, saint Paolo de la Croix (v. 18 octobre).

De 1811 à 1814, les lois napoléoniennes supprimaient les maisons religieuses. Or, en 1812, Lorenzo tomba gravement malade : l’Enfant-Jésus lui apparut et le guérit. 

Quand cette période prit fin, Lorenzo reprit sa vie de passioniste, prêchant des missions et encourageant la dévotion à la Passion du Christ, mais il y ajouta sa note personnelle : il avait désormais une dévotion particulière pour l’Enfant Jésus, et saisissait toute occasion pour promouvoir la dévotion à la sainte Enfance de Jésus-Christ. 

Depuis, il écrivit et s’engagea par vœu à prêcher sans relâche à propos de l’Incarnation du Verbe éternel. Il appelait l’Enfant-Jésus son «petit empereur» (imperatorino), avec l’image duquel il fit des miracles. On l’appela le missionnaire de l’Enfant Jésus. Pour lui, Bethléem est la première école de toutes les vertus. C’est pourquoi on le représente souvent avec une image de l’Enfant-Jésus dans ses mains. On peut dire qu’il a précédé sainte Thérèse de Lisieux dans la «petite voie de l’enfance».

Il façonna des Enfant-Jésus en cire (quelques exemplaires subsistent encore) et écrivit un livre pour expliquer comment les faire. Il fonda une association, le Drapeau de la Sainte Crêche (Drappello della Sacra Culla), où les membres s’efforcent de suivre les exemples de l’Enfant-Jésus.

Il faut aussi ajouter que Lorenzo était organiste. Mais au-delà de tous ces dons naturels, il reçut aussi des grâces surnaturelles : il prophétisa, il eut des extases…

Lorenzo devint supérieur de la maison-mère de Rome, le couvent des Saints Jean-et-Paul, mais continua infatigablement à prêcher de nombreuses missions, dans tous les milieux, des religieuses aux prisons, opérant beaucoup de conversions par sa sainte vie, sa parole douce, et les miracles que Dieu permettait. 

Son «sous-directeur» fut le père Domenico Barberi, lui aussi un saint Religieux qui ensuite œuvra en Angleterre (v. 27 août).

On appela le père Lorenzo le «mouvement perpétuel». En 1856, il ne put refuser de se déplacer encore pour aller visiter des malades à Capranica. Quand il y arriva, le 9 juin, il reçut, confessa, bénit, réconforta les malades, et annonça qu’il ne pourrait rester plus de trois jours. 

En effet, il mourut à Capranica (Viterbe, Italie centrale), le 12 juin 1856, à soixante-quatorze ans. 

Lorenzo Maria de Saint-François-Xavier a été béatifié en 1989. 

 

 

Mercedes Molina y Ayala

1828-1883

 

Née à Baba (Los Ríos, Equateur) le 24 septembre 1828, Mercedes reçut le nom de la fête du jour, Notre-Dame de la Merci.

Son père, Miguel Molina y Arbeláez, mourut deux ans après. Sa mère, Rosa Ayala y Aguilar, s’en vint vivre avec elle à Guayaquil, où elle mourut treize ans après.

L’adolescente fit une chute de cheval qui, ajoutée aux deux précédentes épreuves, amena la jeune fille à une vie de profonde piété et de pénitence. Elle renonça décidément à tout projet de mariage et, à vingt-et-un ans, se voua aux enfants abandonnés.

Elle se mit à suivre sainte Mariana de Jesús (voir au 26 mai), qui se manifesta à elle par la floraison inattendue d’un rosier, et lui annonça qu’elle aurait à fonder une famille religieuse.

A partir de 1862, Mercedes eut des grâces particulières : elle se trouvait en état de lévitation pendant qu’elle priait, se trouvait en extase après avoir reçu la Communion. Ayant quitté Guayaquil, elle s’installa à Cuenca, où elle loua une maison en compagnie d’une sainte femme, devenue depuis sainte Narcisa de Jesús (voir au 8 décembre).

En 1870 elle proposa aux pères Jésuites sa collaboration pour la conversion des Jíbaros. Elle s’installa à Riobamba, où elle se consacra par les vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, et fonda les Sœurs de Mariana de Jesús (1873). Elle sera désormais Mère Mercedes de Jesús.

La nouvelle congrégation s’occupa des orphelins, des nouveaux convertis, des anciennes prisonnières.

La Mère Mercedes de Jesús mourut dix ans après, à Riobamba, le 12 juin 1883, et fut béatifiée en 1985.

On l’a surnommée la Rosa del Guayas.

Maria Barba

1884-1949

 

Maria naquit le 16 janvier 1884 à Catanzaro (Calabre, Italie sud), dixième des douze enfants de Pietro et Giovanna Flosena. Cinq de ces enfants mourront en bas âge.

Pietro était Président de la Cour d’appel et Premier conseiller. 

Baptisée trois jours après sa naissance, Maria reçut sa première formation de sa mère, puis fréquenta l’école primaire à partir de sept ans. Elle est dans les premières.

En 1894, elle reçoit la Première communion, à laquelle elle s’est préparée avec grande ferveur.

En 1898, elle commence l’étude du piano.

Une cérémonie de prise d’habit, en 1899, l’aida à concevoir en elle l’appel à la vocation religieuse, mais, bien que très chrétiens, les parents s’y opposent fermement et veulent la pousser au mariage.

Maria attend silencieusement. Elle lit l’Histoire d’une âme de Thérèse de Lisieux, qui vient de mourir en 1897. Après la mort de son père (1904), ses frères sont encore plus férocement opposés à sa vocation et même lui interdisent de se rendre seule à l’église, tandis que sa mère la supplie d’attendre après sa mort.

En 1910, lors d’un pèlerinage à Rome, elle est reçue en audience par le pape Pie X.

Maria n’est pas encore confirmée. A cette époque, on reçoit ce sacrement peu avant le mariage. Mais comme Maria ne veut pas se marier, elle s’arrange pour recevoir la Confirmation lors d’un passage de l’évêque chez sa sœur. Elle a vingt-huit ans.

En 1914, la maman meurt, mais les frères de Maria s’opposent encore obstinément à son entrée en religion. Cinq années vont encore passer pour éprouver davantage encore cette pieuse demoiselle qui, pour le moment, devient l’âme du foyer familial.

Enfin, en 1919, elle entre chez les Carmélites de Ragusa, où elle prend le nom de Maria Candida de l’Eucharistie. La première profession a lieu en 1921, la solennelle en 1924. De sa famille si chrétienne, personne n’est venu assister aux cérémonies…

On lui confie successivement la porterie, la sacristie, la cuisine, où elle se montre «admirable», selon les témoignages des Religieuses.

A partir de 1922, elle écrira son autobiographie, à la demande de son confesseur qui perçoit la sainteté de sa vie intérieure.

En 1924, elle est élue prieure, poste qu’elle conservera pratiquement jusqu’en 1947.

Entre 1933 et 1935, elle écrira un ouvrage sur l’Eucharistie, un chef-d’œuvre de théologie spirituelle, sacramentelle et mystique.

Sa présence influe profondément le Carmel dans l’amour de la règle de sainte Thérèse d’Avila, réformatrice du 16e siècle (voir au 15 octobre). Maria Candida contribue à la fondation d’autres Carmel en Sicile,, dont celui de Syracuse en 1947, ainsi qu’à la réinstallation des Carmes.

Un douloureux cancer du foie lui cause de grandes souffrances et Maria Candida s’éteint à ce monde le jour de la fête de la Sainte Trinité, le 12 juin 1949. La nuit précédente, mystérieusement, son pied droit guérit d’un douloureux eczéma dont elle souffrait depuis plusieurs années et que les médecins ne pouvaient guérir.

Mère Maria Candida de l’Eucharistie a été béatifiée en 2004.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens