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14 juin 2020 7 14 /06 /juin /2020 23:00

15 JUIN

-VIII.

S Amos, prophète ; dans la Bible, le troisième des douze “petits Prophètes”.

III.

S Hesychius, soldat martyr à Dorostore.

?

S Dulas, martyr à Zéphyre.

IV.

S Vitus (Guy), martyr (Sicile ou Lucanie ?), grand thaumaturge, invoqué pour les épileptiques, contre la “danse de s. Guy”, puis pour les danseurs et comédiens, enfin contre les blessures d’animaux, en particulier les morsures de chiens et de serpents.

S Orsiesius, disciple préféré de s. Pacôme et son successeur au monastère de Tabenne.

Stes Libye, Léonie, Eutropie, martyres à Sibapolis ; Eutropie avait douze ans.

V.

S Abraham, persan qui subit cinq années de prison, vint en Auvergne, où il finit par diriger un monastère près de Clermont.

VI.

S Melan, évêque à Viviers. 

VII.

S Landelin, un ancien brigand d’Artois, converti, abbé à Lobbes.

VIII.

S Constantin, moine de Jumièges, évêque à Beauvais.

S Lotharius, évêque à Sées.

IX.

Ste Benilde, martyre à Cordoue, au lendemain des ss. Anastasio, Félix et Digna (cf. 14 juin).

S Bernard de Menthon, fondateur de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, patron des alpinistes.

S Hilarianus, prêtre martyr à Espalion, dont il est patron.

XIII.

S Isfridus, de l’ordre de Prémontré, évêque à Ratzeburg.

XVI.

Bx Thomas Scryven, chartreux à Londres, Peter Snow, prêtre à York et son compagnon Ralph Grimston, martyrs anglais.

XVII.

Ste Germaine Cousin, pauvre bergère à Pibrac, maltraitée, mystique, morte à vingt-deux ans.

XIX.

B Luigi Maria Palazzolo, de Bergame, fondateur des Petites Sœurs des Pauvres et des Frères de la Sainte Famille.

Ste Parui Cui Lianshi, mère chinoise et martyre après avoir déjà vu tuer son fils, canonisée en 2000 et fêtée le 9 juillet.

XX.

Bse Albertina Berkenbrock (1919-1931), jeune brésilienne martyre de sa pureté, béatifiée en 2007.

B Clemente Vismara (1897-1988), prêtre italien de l’Institut Pontifical pour les Missions Etrangères, qui travailla en Birmanie pendant soixante-cinq ans ; Jean-Paul II l’avait appelé le patriarche de Birmanie ; béatifié en 2011.

 

Amos

8e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Amos, troisième des douze “petits prophètes” de la Sainte Écriture, était un simple berger de Thécué, petite bourgade au sud de Bethléem, comme il nous le dit lui-même (Am 1:1).

Il vivait sous les règnes d’Osias (ou Azarias), roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d’Israël. donc peu après la mort de l’autre prophète, Elisée.

Son action prophétique se dirigea principalement aux peuples du royaume d’Israël, où le roi précédent, Jéroboam I, avait rétabli le culte du veau d’or. Amos, annonce que ce royaume sera détruit, les habitants déportés. Mais aussi que Dieu relèvera la maison de David.

Après avoir prophétisé à Béthel, le sanctuaire schismatique, il fut expulsé et retourna à son troupeau.

Le texte d’Amos fait apparaître pour la première fois l’expression “Jour de Yahvé” au sens du jour de la colère de Dieu (Am 5:18). Il parle aussi pour la première fois du “reste d’Israël” qui sera sauvé (Am 5:15).

Quelques auteurs affirmaient que Amos avait été frappé violemment par Ozias, le fils du prêtre schismatique Amasias et qu’il avait expiré quelques jours plus tard.

A la suite des Orientaux, le Martyrologe mentionne le Prophète Amos au 15 juin, au lendemain de la commémoration du Prophète Elisée.

 

 

Hesychius de Dorostore

† 297

 

On a parlé d’Hesychius lors du martyre de s.Iulius de Dorostore (v. 27 mai). Dorostore était une localité de Mésie, actuelle Bulgarie.

Hesychius était donc un soldat chrétien, qui se trouvait à proximité de Iulius. Loin de le maltraiter comme d’autres soldats, il s’approcha de Iulius pour l’encourager ; il lui manifesta son désir de mourir comme lui, et le priait de saluer les frères Pasicrates et Valentio : ces derniers avaient été martyrisés peu avant. Hesychius montrait par là sa foi profonde au Paradis et en la communion des Saints.

Iulius embrassa Hesychius et lui dit : Hâte-toi de venir, frère. Ceux que tu as salués ont déjà entendu tes demandes.

Dix-neuf jours plus tard, le vaillant soldat reçut à son tour la palme du martyre.

Saint Hesychius de Dorostore est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Guy

4e siècle

 

Vitus en latin, devenu Guido en italien, Guy ou Vit en français, Veit en allemand, fut un martyr du IVe siècle, probablement en 303 sous Dioclétien, en Lucanie (au Sud de l’Italie) ou à Milan.

Il aurait été originaire de Sicile, et son martyre aurait consisté à le jeter dans une grande bassine remplie d’huile bouillante.

On lui adjoint les autres martyrs Modeste et Crescence.

Le culte de saint Guy est attesté dès le Ve siècle.

Des reliques en furent transportées par des moines bénédictins à Saint-Denis en France au IXe siècle, et aussi successivement à l’abbaye de Korvey en Westphalie, et de là enfin à Prague, à la demande du duc de Bohème, saint Wenceslas. La cathédrale de Prague est en effet dédiée à saint Guy.

Au XIVe siècle, lors d'une grave épidémie, saint Guy fut invoqué pour ce qu'on appela depuis la « danse de saint Guy », une maladie courante au Moyen-Age, causée par un ergot du seigle dont  était fait le pain, cet ergot étant un champignon hallucinogène (claviceps purpurea), proche par ses effets de l'acide lysergique contenu dans le LSD. Ce mal est scientifiquement répertorié sous le nom de chorée de Sydenham. Les épileptiques recourent à saint Guy. En Corse, on l'invoque pour toutes les blessures causées par les animaux : morsures de chiens, piqûres de serpents.

Saint Guy est commémoré le 15 juin au Martyrologe.

 

 

Abraham de Clermont

† 477

 

Il s’agit ici d’un tout autre personnage que le Patriarche de la Bible.

Celui-ci naquit sur les bords de l’Euphrate au 5e siècle. 

Lors de la persécution, il voulut s’exiler et rejoindre les ermites si fameux des déserts d’Egypte. Mais il fut arrêté, cruellement battu de verges et emprisonné, pendant cinq ans.

En prison, le régime sévère auquel il fut soumis l’amaigrit tellement, que les chaînes ne le serraient plus. Il put s’enfuir.

On ne sait comment il voyagea, mais il arriva finalement en Gaule, en Auvergne, où il se fabriqua une petite chaumière pour vivre en ermite.

Sa présence, ses saintes habitudes, ne restèrent pas inaperçues : on vint le voir, l’interroger, lui demander des prières, des conseils. Bientôt il dut accepter de diriger un monastère à Saint-Cirgues, proche de Clermont. Il y construisit une église en l’honneur de s.Cyr (ou Quiricus, v. 16 juin).

Il reçut alors le sacerdoce.

Un jour qu’il recevait beaucoup de monde, mystérieusement le vin se multiplia dans la cave.

Abraham mourut vers 477.

Saint Abraham de Clermont est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landelin de Lobbes

† 686

 

Il nous a été difficile de choisir entre les versions de la vie de Landelin.

Il serait né à Vaux (Pas-de-Calais), sous le règne de Dagobert (622-639), ce qui nous donne une idée approximative de son âge. Mais certains le font naître plus tôt, vers 613.

De noble famille franque, il aurait reçu le baptême à dix ans, de son parrain Aubert, évêque de Cambrai (v. 13 décembre), qui changea son nom de Maurosus en celui de Landelin puis, constatant ses bonnes dispositions, le prépara à entrer dans la cléricature. 

Il se peut qu’il ait été élevé à la cléricature, mais cédant aux tentations et probablement aux mauvais exemples, il tomba dans de graves désordres et devint un brigand. Selon une variante des faits, c’est durant cette mauvaise période qu’il aurait pris le nom de Maurosus. 

La mort subite d’un de ses compagnons le fit profondément réfléchir ; vers 643, il s’enferma dans un monastère sous la règle de s.Colomban (v. 23 novembre), pendant six années, au terme desquelles il aurait été enfin admis à la cléricature, vers 649.

Ce serait alors seulement que Morosus serait devenu Landelin. Sa vie allait devenir édificante, mais on a peut-être ajouté quelques détails pour embellir encore plus cette conversion.

Est-il allé par trois fois en pèlerinage à Rome ? Fut-il ordonné prêtre ? Selon certaines versions, il aurait reçut les Ordres majeurs entre chacun de ces voyages et, au troisième, aurait présenté au pape ses deux compagnons, Adelin et Domitien. Il aurait visité les abbayes de Luxeuil et du Mont-Cassin.

Ce qui est plus certain, est que Landelin voulut effacer les crimes de Morosus sur les lieux mêmes de sa vie scandaleuse. Il fit construire un monastère à Lobbes, qui devint une grande abbaye. 

Il se serait ensuite retiré à Aulne, avec des compagnons pour lesquel il adopta la règle de s.Benoît, moins rigide que celle de s.Colomban. En 665, il s’installa à Wallers-en-Fagne. La fondation de ces monastères remonterait à Landelin lui-même, mais ce n’est pas l’opinion unanime.

Enfin, Landelin se retira à l’abbaye de Crespin, dont on lui attribue aussi la fondation en 673.

C’est là qu’il mourut, en 686.

Devant l’invasion des Normands en 836, on transféra ses reliques à Boke (Allemagne).

Saint Landelin de Lobbes est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lotharius de Sées

† 756

 

De cet évêque on a une certitude : qu’il fut saint.

Son nom latin est diversement traduit : Lohier, Loyer, Lothaire.

Les dates étant floues, il est difficile de le situer précisément dans ce 8e siècle. S.Ravenger, son prédécesseur, serait mort en 750 ; de s.Chrodegang son successeur, on n’a pas établi avec précision le début de son épiscopat. 

D’après la liste officielle, Lotharius fut le seizième évêque de Sées.

Il aurait humblement résigné sa charge pour se préparer à la mort dans un ermitage et aurait rendu son âme à Dieu vers 756.

Saint Lotharius de Sées est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Benilde de Cordoue

† 853

 

Sur les conditions générales de cette vague de persécution ottomane à Cordoue au 9e siècle, on pourra se reporter à la notice Eulogio de Cordoue.

Benilde était une veuve, âgée, qui vivait à Cordoue.

Elle assista au martyre des saints Anastasio, Félix et Digna, le 14 juin 853.

Le lendemain de ce jour, stimulée par le courage des trois Martyrs de la veille, elle se déclara à son tour ouvertement chrétienne.

Il n’en fallait pas plus pour la faire décapiter. Puis on exposa son corps martyrisé sur des pieux en divers endroits de la ville ; enfin son corps fut brûlé et les cendres jetées dans le Guadalquivir, le 15 juin 853.

Sainte Benilde de Cordoue est commémorée le 15 juin dans le Martyrologe Romain.​​​​​​​

Bernard dit de Menthon

1020-1086

 

Des études critiques récentes ont démontré que ce Bernard n’est pas de la famille de Menthon, qu’il n’est pas né en 923 ni mort en 1008. Les arguments semblent valides.

Bernard, donc, pouvait être de famille noble et naquit vers 1020.

Il fit des études à Paris. Au terme de sa formation et de son adolescence, son père pensait le marier mais lui, qui désirait devenir prêtre, s’enfuit de la demeure familiale la veille du mariage, par une fenêtre où il brisa un barreau. Au château de Menthon, on montre encore la fenêtre en question, même si Bernard n’y a pas vécu.

Bernard ne sera pas prêtre. Il reçut le diaconat et fut membre du chapitre de la cathédrale d’Aoste ; il fut archidiacre.

Il eut la mission de prêcher dans le diocèse et son activité remporta de vifs succès, grâce à la sainteté de vie de Bernard, mais aussi grâce aux miracles qu’il accomplissait.

Il s’inquiéta du sort des caravanes qui, traversant les Alpes, devaient marcher plusieurs jours sans trouver d’abri mais rencontraient souvent au contraire des pillards. C’est ainsi qu’il fonda vers 1045 l’hospice du Mont-Joux, d’abord sous le patronage de s.Nicolas de Myre (v. 6 décembre), qui deviendra le Grand Saint-Bernard, puis aussi l’hospice du col de Colonne-Joux, futur Petit-Saint-Bernard.

Bernard prolongea sa mission de prédication jusqu’à Pavie. Il y rencontra l’empereur qui préparait une expédition contre Grégoire VII, sans réussir à l’en dissuader.

Au retour, Bernard s’arrêta dans un monastère de Novare. C’est là qu’il mourut, le 12 juin 1081 ou 1086.

Les nombreux miracles obtenus sur la tombe de Bernard permirent sa canonisation dès 1123.

Huit siècles plus tard en 1923, saint Bernard de Menthon, comme on s’est habitué à le désigner, fut proclamé patron des alpinistes, des voyageurs et des habitants des Alpes.

Les chanoines qui gèrent le plus grand hospice, s’appellent Chanoines du Grand-Saint-Bernard. N’oublions pas les célèbres et si efficaces chiens saint-bernard qui ont sauvé tant de vies.

Saint  Bernard de Menthon, ou d’Aoste, est commémoré le 15 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Isfridus de Ratzeburg

† 1204

 

Isfridus (Isfried, en français Isfroi) fut un prêtre dans l’Ordre de Prémontré.

Il fut d’abord prieur du monastère de Magdebourg, et ensuite à Jerichow.

Devenu évêque à Ratzeburg (Schleswig-Holstein, Allemagne N), pour succéder à Evermodus en 1180, il s’occupa activement de la conversion des Wendes et de la consolidation de leur foi.

Il aurait aussi été le confesseur d’Henri le Lion, qui était à la fois Duc de Saxe et Duc de Bavière.

On a dit aussi qu’il changea l’eau en vin.

Il mourut en 1204 après un quart de siècle d’épiscopat. Son nom a été inscrit au Martyrologe en 2005, le 15 juin.

Le monastère de Jerichow n’est plus habité par des moines, mais on y célèbre la Messe et on y organise de beaux concerts en été.

 

 

Thomas Scryven

? -1537

 

Frère convers chartreux anglais, vivant à la Chartreuse de Londres et dont on ne connaît rien d’autre que les circonstances de son martyre.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, notre Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Ralph Grimston

?-1598

 

Ralph Grimston était né à Nidd (North Yorkshire, Angleterre).

Ce laïc fut arrêté pour s’être trouvé en compagnie du prêtre Peter Snow ; en outre, ce délit était aggravé par le fait que Ralph avait tenté d’empêcher l’arrestation de Peter.

Ralph subit le martyre avec Peter le 15 juin 1598 à York et fut béatifié en 1987.

 

 

Peter Snow

?-1598

 

Peter Snow était né à Ripon (North Yorkshire, Angleterre).

En 1589, il vint au Collège anglais de Reims ; il reçut la Tonsure et les Ordres mineurs en 1590, le sous-diaconat à Laon en 1590, le diaconat et la prêtrise à Soissons en mars 1591.

En mai 1591, il partit pour l’Angleterre et fut arrêté sept ans plus tard, en mai 1598, en compagnie de Ralph Grimston, qui l’accompagnait à York.

Ils furent tous deux condamnés peu après : Peter, comme traître, étant prêtre ; Ralph, comme complice, ayant aidé ce prêtre et même ayant tenté d’en empêcher l’arrestation.

Le martyre eut lieu le 15 juin 1598 à York ; Peter et Ralph furent béatifiés en 1987.

 

 

Germaine Cousin

1579-1601

 

Germaine naquit vers 1579, de Laurent, un laboureur pauvre de Frouzins (Toulouse, Haute-Garonne) et de Marie Laroche, qui mourut peu après.

Elle était malingre, scrofuleuse, sa main droite était déformée et peu vigoureuse. Son père ne l’aimait pas et se remaria.

Il n’y avait rien pour elle, elle n’avait pas sa part légitime. On ne lui faisait pas sa place au foyer. A peine lui accordait-on dans la maison de son père un asile et un abri. La marâtre, toujours irritée, la renvoyait dans quelque coin et la réduisait à prendre son repos dans l’étable ou sur un tas de sarments, au fond d’un couloir. Non contente de cette sévérité, elle interdisait à Germaine d’approcher ses frères et sœurs, que pourtant elle aimait beaucoup et cherchait à servir sans jamais montrer de jalousie.

Elle se taisait et se cachait, elle se mortifiait et ne prit jamais que du pain et de l’eau, et encore, elle donnait aux pauvres ce qu’elle pouvait conserver. Un jour, la marâtre voulut la battre pour avoir détourné quelques croûtes et, ouvrant son tablier, vit tomber de très belles roses, en plein hiver.

On lui donna à garder les moutons, que d’ailleurs elle confia souvent à la garde du Bon Dieu pour se rendre à l’église : jamais une bête ne s’égara ou ne fut victime du loup.

Un jour que le ruisseau était impossible à passer à cause des crues, les voisins virent les eaux s’écarter pour laisser passer Germaine, comme lors du passage de la Mer Rouge par Israël (Jos 3:13-17).

Illettrée, elle avait la science du cœur et parlait du Bon Dieu aux petits enfants qui venaient la voir. Elle priait le chapelet.

Un matin de juin, son père ne la vit pas sortir, il l’appela, en vain : il la trouva morte sur ses sarments.

La tradition a fixé ce jour au 15 juin 1601.

La population vint en masse à ses funérailles. On l’enterra dans l’église voisine de Pibrac, mais sans marque précise. Plus tard, le fossoyeur la retrouva, encore toute fraîche : on la reconnut aux cicatrices de sa maladie, à sa main déformée. Nouveaux miracles. On la déposa dans un cercueil à la sacristie, où l’on obtint d’elle des multiplications de pain ou de farine, des guérisons… C’est là que le vicaire général retrouva à son tour, en 1661, le cercueil de la Bergère à nouveau délaissé, et le fit ouvrir : Germaine y apparut toute fraîche.

Germaine Cousin ou de Pibrac devint universellement connue ; elle fut béatifiée en 1854 et canonisée en 1867.

 

 

Luigi Maria Palazzolo

1827-1886

 

Luigi naquit le 10 décembre 1827 à Bergamo (Italie nord), benjamin de huit enfants et seul survivant après la mort en bas âge des sept premiers.

Orphelin de père à dix ans, il reçut les meilleurs conseils de sa pieuse mère et des bons prêtres qu’il rencontra.

Ordonné prêtre en 1850, il fut tout de suite vicaire à San Alessandro, puis curé à San Bernardino (1855), toujours à Bergame.

En 1864, il fonda l’œuvre pie de Sainte-Dorothée, une association de dames destinées à s’occuper des petites filles pauvres du quartier San Bernardino : les dames leur auraient donné des leçons de catéchisme, mais aussi les auraient occupées à des activités saines et instructives.

En 1869, cette association devint une congrégation nouvelle, les Sœurs des Petites Pauvres, qui ajoutèrent à leur première activité celles de visiter les pauvres et les malades à domicile, d’assister les orphelins, et de faire l’école.

Il y eut bientôt plusieurs maisons, à Vicenza, Brescia, Breganze, et les constitutions devaient être approuvées dès 1886, année de la mort de don Luigi Maria.

Il fonda aussi en 1872 les Frères de la Sainte Famille, pour s’occuper des orphelins à Torre Boldone. L’Institut fonctionna jusqu’en 1928.

Don Luigi Palazzolo fut un pasteur infatigable, prêchant beaucoup de missions populaires, organisant de saints divertissements pour ses paroissiens, des cours du soir, un patronage de garçons dont sortirent au moins une quarantaine de prêtres. 

Il s’éteignit le 15 juin 1886, dans cette ville de Bergame qu’il n’avait pas quittée, et fut béatifié en 1963. Un miracle récemment reconnu ouvre la voie à la prochaine canonisation de Luigi Palazzolo.

Depuis 1919, l’Institut fut approuvé par le Vatican et des maisons s’ouvrirent à Rome, puis auprès des émigrés italiens en France, en Belgique, au Luxembourg. Récemment, l’Institut s’est ouvert aux missions au Brésil et au Pérou, en divers pays d’Afrique : Congo, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Kenya, Malawi. Globalement, un millier de Religieuses dans plus de cent maisons. L’Institut porte maintenant le nom de Sœurs des Petites Pauvres de l’Institut Palazzolo (SdPIP).

Au Congo éclata en 1995 une épidémie d’Ebola, dont moururent six Religieuses, frappées par la contagion après avoir secouru des malades.

Parui Cui Lianshi

1849-1900

 

Parui (Barbara) était née vers 1849 à Xiaotian (Hejian, Hebei, Chine).

Mariée, elle avait déjà perdu son fils, tué par les soldats. Voulant fuir de nuit, elle fut arrêtée et subit un cruel martyre, le 15 juin 1900 près de Liushuitao, Hebei.

Elle fut béatifiée en 1955.

Elle fait partie des cent-vingt Martyrs victimes des persécutions des Boxers ou de la secte de Yihetuan, qui furent canonisés ensemble en 2000 et qui sont fêtés simultanément le 9 juillet.

 

 

Albertina Berkenbrock

1919-1931

 

Cette petite fille brésilienne avait des parents allemands originaires de Westphalie, très chrétiens, pratiquants et assidus à la prière quotidienne. Albertina naquit le 11 avril 1919 à Saõ Luís, une petite ville du nord du Brésil ; elle fut baptisée le 25 mai suivant et reçut la Première Communion le 16 août 1928 - à neuf ans.

Sa mère et ceux qui l’ont connue à l’école ont rendu le témoignage de ses belles qualités ; elle était très obéissante et serviable, modeste dans son habillement, sereine et douce, encline à la bonté, aux vertus, dans la mesure où elle les comprenait avec ses douze ans.

Elle avait deux références : la Sainte Mère de Dieu et saint Louis de Gonzague. Cette profonde dévotion a fait germer en elle cette conscience du péché et son désir de la pureté.

Trois mots reviennent souvent dans les témoignages : délicate, modeste, réservée. Elle éprouvait aussi une profonde charité envers les plus pauvres. En particulier, dans cette région de colonisation germano-italienne, les sentiments racistes n’étaient pas rares, et Albertina eut une grande attention envers les enfants de Idanlício, l’ouvrier de la famille et qui allait être son assassin.

Cet Idanlício Cipriano Martins vivait avec son épouse et ses enfants près de la maison des Berkenbrock. Le 15 juin 1931, vers quatre heures de l’après-midi, Albertina était en train de faire paître le bétail de sa famille, quand son père lui demanda d’aller chercher un bœuf qui s’était éloigné. En chemin, elle rencontra Idanlício, qui feignit de vouloir l’aider. En réalité, il la conduisit dans un petit bois tout proche et lui proposa une relation sexuelle. Albertina s’y opposa fermement, pour conserver sa pureté, et Idanlício essaya alors de la violer. Sur son refus, il sortit un couteau et lui tailla la gorge, provoquant la mort instantanée. Albertina avait à peine plus de douze ans.

Deux jours après eurent lieu les funérailles. Non seulement les habitants de la ville y assistèrent, mais aussi de beaucoup d’autres localités des environs. L’émotion était grande, non seulement pour la mort tragique de la petite fille, mais aussi pour l’héroïsme avec lequel elle avait défendu sa pureté.

Sur le lieu du martyre, on construisit plus tard une petite chapelle dédiée à sainte Agnès, cette jeune vierge martyre des premiers siècles du christianisme, où beaucoup de pèlerins vinrent demander des grâces par l’intercession de la Servante de Dieu.

En 1952, dans la même chapelle où Albertina fit sa première Communion, se réunit le tribunal ecclésiastique de l’archidiocèse de Florianópolis, pour initier le procès de béatification et de canonisation. Plus tard, avec la création du diocèse de Tubarão, ce fut ce diocèse qui prit en charge la cause.

Le 16 décembre 2006, le pape Benoît XVI signa le décret “sur le martyre” de la Servante de Dieu, qui fut ensuite béatifiée en 2007.

Son nom sera certainement écrit au 15 juin dans une prochaine édition du Martyrologe Romain.

 

 

Clemente Vismara

1897-1988

 

Né le 6 septembre 1897 à Agrate Brianza (Milan, Italie), Clemente était le cinquième des six fils de Attilio Egidio, un sellier, et de Stella Annunziata Porta, une couturière. La maman mourut lors de la naissance du sixième enfant (1902) et le papa mourut bientôt après (1905), de sorte que Clemente fut éduqué par d’autres parents.

Après le collège, il entra au séminaire à Seveso (1913), mais dut interrompre ce cycle lors de la Première guerre mondiale, où il fut envoyé en première ligne au 80e régiment d’infanterie. Il termina la guerre avec trois médailles à la valeur militaire, et le grade de sergent major.

Il fréquentera le Séminaire lombard pour les Missions Etrangères (le futur Institut Pontifical des Missions Etrangères, PIME) à Milan, et sera ordonné prêtre en 1923.

Il fut immédiatement envoyé en Birmanie, qui devint depuis sa patrie d’adoption.

Arrivé à Toungoo dès septembre 1923, il y étudia l’anglais et les dialectes, et rejoignit Kengtung en mars 1924, d’où il partit fonder une nouvelle mission à Mong Lin.

Les conditions de vie y étaient tellement difficiles que tous les missionnaires moururent les uns après les autres, sauf Clemente. Même le supérieur du PIME «menaça» l’évêque local de retirer les missionnaires s’il ne s’arrangeait pas pour leur fournir davantage de bonne nourriture.

Le père Clemente travailla parmi beaucoup de difficultés, dans un milieu primitif, dangereux et même parfois hostile. Il fonda d’autres missions à Keng Lap, Mong Yong et Mong Pyak.

La société birmane était conditionnée par des traditions contre lesquelles il dut combattre patiemment : les hommes ne travaillent pas et consomment l’opium ; les femmes et les enfants travaillent, sont maltraités, abandonnés, vendus - ou tués. Le père Vismara chercha à protéger en priorité les orphelins et les veuves, deux catégories «maudites».

Il se fit tour à tour : agriculteur, éleveur, tailleur, coiffeur, dentiste, maçon, bûcheron. Jouissant d’une santé vraiment robuste, il s’imposa aussi un style de vie sain : horaire, propreté, nourriture ; il mangeait avec des couverts !

En 1941, les Japonais allaient occuper la Birmanie. Les Anglais enfermèrent les missionnaires italiens (comme «ennemis») à Kalaw, dont les libérèrent les Japonais envahisseurs en 1942.

Le père Vismara rouvrit la mission de Mong Lin, avec un orphelinat. Peu à peu cette localité se transformera en petite ville, avec plusieurs milliers de baptisés.

Mais après l’indépendance de la Birmanie (1948) commencera une guerrilla séparatiste, durant laquelle seront abattus plusieurs missionnaires.

En 1955, le père Vismara fut déplacé par l’évêque à Mong Ping, où il dut tout recommencer à zéro. Il obéit.

En 1957, il prit un mois de «vacances» en Italie, profitant de ces quelques jours d’abord pour faire une retraite spirituelle (chez les Jésuites de Varese), car il sentait le besoin de faire une grande lessive spirituelle mais aussi pour recevoir quelques soins médicaux, aller à Lourdes et tenir quelques conférences.

En 1961 fut abattu le premier prêtre birman (le père Vong) par des bouddhistes hostiles, pourtant réputés «tolérants». Le père Vismara en écrivit la vie, puis créa à Mong Ping un orphelinat, une école, une église et une grotte de Lourdes, avec une maison pour les missionnaires et les religieuses.

Malheureusement, en 1962, tout ce travail fut entravé par le nouveau régime communiste, qui expulsa tous les missionnaires arrivés après 1948. Malgré ces dispositions et sa santé qui commençait à décliner, le père Vismara continua. En 1979, il prit encore la jeep pour aller rencontrer le supérieur du PIME : il avait quatre-vingt deux ans.

Il fonda encore un nouveau quartier à Tongtà en 1980 et un autre à Pannulong en 1986.

Une de ses expressions habituelles était : Tu es vieux quand tu n’es plus utile à personne. Le père Vismara put et voulut s’occuper jusqu’à la fin des orphelins, des malades, des lépreux, des toxicomanes, des handicapés.

Il racheta des orphelins aux Birmans, parfois pour soixante-dix lires, parfois pour une lire et deux boîtes d’allumettes. Il s’opposa vivement au commerce des femmes en Thaïlande, où l’on achetait des femmes birmanes parce qu’elles ne portaient pas le virus du sida. 

Le père Clemente Vismara s’éteignit dans la sérénité à Mong Ping le 15 juin 1988 ; il avait quatre-vingt onze ans. Il fut enterré en Birmanie, devant la grotte de Lourdes qu’il avait fait ériger en 1962 à Mong Ping.

Le pape Jean-Paul II l’appela le patriarche de Birmanie.

A sa mort et après, des bouddhistes et des musulmans témoignèrent de la sainteté de sa vie. Un fonctionnaire bouddhiste qui fut pendant trente ans un ami fidèle du père Vismara, témoigna que, contre l’habitude birmane, et sur le conseil du père Vismara, il n’abandonna pas son épouse malade pour en prendre une autre ; cette épouse mourut heureuse de cette fidélité, et le fonctionnaire désira ardemment que fût canonisé le missionnaire.

Clemente Vismara fut béatifié en 2011. Son dies natalis est le 15 juin.

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