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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 23:00

19 JUIN

I.

S Urcisin, médecin martyr à Ravenne.

II.

S Zosime, martyr à Sozopolis.

Ss Gervais et Protais, martyrs à Milan.

IV.

Ss Gaudence et Culmace, évêque et diacre à Arezzo, martyrs (V.?).

?

S Lambertus, martyr à Saragosse.

VII.

S Dié, évêque à Nevers, retiré à Jointures où naquit un monastère qui devint Saint-Dié.

IX.

S Hildegrin, frère de s. Ludger, évêque à Châlons-en-Champagne, retiré à Werden, considéré comme le premier évêque à Halberstadt.

Ste Hildemarque, abbesse à Fécamp, où elle reçut s. Léger, évêque à Autun.

XI.

S Romuald, réformateur de la vie monastique, en particulier à Camaldoli (Camaldules), où la règle bénédictine s'inspire aussi du monachisme érémitique de type oriental.

S Boniface (Brunon), apparemment un réel doublet avec celui du 14 février.

XII.

B Odon, évêque à Cambrai et fondateur de l’abbaye Saint-Martin à Tournai.

XIII.

S Gerland, membre italien d’un ordre militaire, vénéré à Caltagirone.

XIV.

Ste Julienne Falconieri, nièce de s. Alexis, un des fondateurs des Servites, elle-même tertiaire de cet ordre, et supérieure des Mantellate,  branche féminine.

Bse Michelina Metelli, tertiaire franciscaine et mystique à Pesaro ; mariée à douze ans, veuve à vingt, elle s’occupait des lépreux.

XVI.

Bx Sebastian Newdigate, Humphrey Middlemore, Wilhelm Exmew, chartreux à Londres, et Thomas Woodhouse, prêtre et jésuite, martyrs à Tyburn (pendus, dépecés, étripés encore vifs).

XIX.

Ss Modeste Andlauer et Remi Isoré, jésuites, martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bse Elena Aiello (1895-1961), fondatrice italienne des Sœurs Minimes de la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ, stigmatisée et mystique, béatifiée en 2011.

Lambertus de Saragosse

? 4e siècle

 

Voici un glorieux Martyr qu’on ne sait pas où situer ni quand dater.

D’autres Martyrs étaient autrefois mentionnés en ce même jour, mais Lambertus ne semble pas appartenir à ce groupe.

Saint Lambertus de Saragosse est commémoré le 19 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Dié de Nevers

† 679

 

Dié (Deodatus, ou Déodat, ou Didier) est traditionnellement présenté comme un évêque de Nevers, plus tard retiré dans les Vosges, fondateur d’un petit sanctuaire ou monastère, appelé Jointures, la future ville de Saint-Dié.

Les historiens modernes ont retrouvé d’autres éléments, fait d’autres rapprochements, élaboré de nouvelles hypothèses, qui ne s’accordent pas bien. 

Il a pu naître au 7e siècle, dans une famille noble.

Il devint apparemment le douzième évêque de Nevers ; c’est du moins ce qui ressort de la liste des évêques de ce diocèse. En tant que tel, il aurait pris part au concile de Sens en 657.

Il semble bien qu’il y ait eu un évêque nommé Dié à Nevers, mais vers 665, donc plus tard que le concile de Sens en question. On a aussi expliqué qu’en fait l’évêque de Nevers (niverniensis) était un évêque hiberniensis, donc originaire d’Hibernia, l’Irlande. Donc Dié, qui n’était peut-être pas même évêque, aurait été un de ces très nombreux moines irlandais venus sur le continent.

L’évêque devenu ermite, surpris par l’hiver, aurait reçu de la générosité d’un seigneur local, la visite d’un âne chargé de victuailles, venu de lui-même lui apporter son chargement. Un jour qu’un loup avait dévoré la pauvre bête de somme, ce loup, divinement inspiré, repenti, se chargea lui-même de la corvée. Ceci rappelle un épisode similaire concernant un moine du désert d’Egypte qui ordonna à un lion de remplacer son âne qu’il venait de dévorer (et le lion obéit, bien sûr).

Un autre épisode important pourrait se situer ici : mal accepté par le voisinage, Dié se serait dirigé vers Strasbourg, sur une petite île où demeuraient déjà quelques ermites, qui le prirent comme supérieur. Ce serait l’origine d’une abbaye dédiée aux Apôtres saints Pierre et Paul, dont une filiale fut Ebersheim.

Avide de solitude, Dié reprit son bâton et alla le planter près de Bâle, puis repartit pour les Vosges, s’arrêtant dans une vallée paisible qui porte aujourd’hui son nom, et où serait née la fondation de Jointures (au confluent du Robache, ou de la Fave, et de la Meurthe) ; mais il se pourrait que cette fondation fût seulement une invention tardive des ambitieux chanoines de la collégiale Saint-Dié.

On attribua aussi à Dié la naissance de diverses sources, qu’il faisait surgir en frappant la terre de son bâton, comme Moïse frappa le rocher dans le désert (Ex 17:1-7). C’est en souvenir du passage du saint homme (ou bon-homme) et en reconnaissance pour lui qu’un col s’appellerait Col du Bonhomme.

Ensuite, Dié aurait accompli une foule de miracles en faveur des habitants : il rendait justice aux plus faibles, redressait les poutres mal équarries, construisait des murs à distance… Mais aussi forçait à la repentance : à un vigneron qui lui avait promis sa vigne, mais gardait pour lui le vin, il lui lança des guêpes qui l’assaillaient chaque fois qu’il tentait de tirer du vin.

Dié aurait été lié à la fondation d’une quinzaine de communautés et autant d’églises.

Un autre ancien évêque, Hidulphe (v. 11 juillet), devenu lui aussi ermite à Moyenmoutier après avoir gouverné l’église de Trèves, rencontra Dié. Avant de mourir, Dié lui confia son monastère, qui prit alors le nom de Saint-Dié.

Finalement, Dié serait mort en 669, ou 679, s’il est vrai qu’il vécut dix années en ermite, une vie érémitique bien mouvementée et bien remplie.

Très célèbre, saint Dié aurait ainsi été canonisé en 1049.

Une châsse d’argent contenant ses ossements fut détruite en 1636.

Le Martyrologe le commémore sobrement au 19 juin : Déodat, évêque de Nevers, qu’on dit avoir fondé un monastère à l’endroit qui ensuite prit son nom.

 

 

Hildemarque de Fécamp

† 682

 

Hildemarque (en latin Childomarca) vivait en Aquitaine.

Un moine de Fontenelle, diacre de son état, et nommé Sindardus, la persuada de le suivre jusqu’en Normandie. Là, il la présenta à saint Wandrille, qui la mit à la tête d’un monastère récemment fondé à Fécamp par s.Vaneng (v. 9 janvier ?). C’était en 664.

Très vite, les moniales furent déjà au nombre de plusieurs centaines.

Hildemarque et les moniales eurent à s’occuper du pauvre s.Léger d’Autun (v. 2 octobre), auquel le violent maire du palais avait fait crever les yeux, couper la langue et les lèvres, et qui était exilé dans cette région.

Hildemarque mourut vers 682.

Après la mort d’Hildemarque, le monastère se maintint jusqu’au 9e siècle, période où les Normands envahisseurs le détruisirent. Reconstruit, il fut très florissant. Les moniales laissèrent la place à des moines ; les derniers furent chassés en 1789, en même temps que les hommes de la Révolution pillaient et détruisaient ce qui restait de la bibliothèque.

Sainte Hildemarque de Fécamp  est commémorée le 19 juin dans le Martyrologe Romain.

Romualdo Onesti de Camaldoli

951-1027

 

Romualdo vit le jour à Ravenne (Italie) vers 951, de Sergius, duc de Ravenne. On ne connaît pas le nom de sa pieuse mère.

Elevé dans les plaisirs du monde, Romualdo fut, à vingt ans, témoin d’un duel où son père assassina son rival. Horrifié par ce spectacle, il se retira chez les Bénédictins de Classe (Ravenne).

Il demanda à y être admis. La sainteté de son comportement suscita une telle jalousie, que certains moines complotèrent de le faire mourir ; mais l’un d’eux se ravisa et prévint Romualdo, qui obtint d’aller se mettre sous la direction d’un ermite près de Venise.

Ce dernier, un certain Marino, était plutôt rude. Chaque jour, il faisait chanter à Romualdo le psautier et, quand sa mémoire lui faisait défaut, donnait un coup de baguette sur l’oreille de son disciple. Romualdo se taisait ; quand il remarqua que son ouïe baissait, il demanda seulement à changer de côté. Marino comprit son erreur et mitigea ses façons.

Vers 978, tous deux séjournèrent dans l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa (Pyrénées Orientales). Désormais, on ne parle plus de Marino. Romualdo vécut là-bas dans une austérité extrême, ne mangeant que le dimanche. Il subit aussi des assauts du démon, qui le frappait durant la nuit.

Romualdo apprit que son père, après avoir embrassé la vie religieuse, songeait à rentrer dans le monde et voulut aller le détourner de son projet. Apprenant cela, les habitants songèrent, ni plus ni moins, de le tuer pour conserver ses reliques sur place ; mais Romuald, encore une fois informé à temps, feignit l’diotie, et on le laissa partir. Son intervention auprès de son père fut heureuse. 

Ensuite, Romualdo se retira près du monastère de Classe, mais toujours dans une cellule écartée, où il n’eut de visites que celles du démon, qui le flagellait cruellement. N’en pouvant plus, Romualdo invoqua un jour Jésus : Mon très doux Jésus, m’as-tu donc entièrement livré à la persécution de mes ennemis ? Au nom de Jésus, le démon disparut.

Le diable parti, ce furent les hommes qui prirent le relais. S’étant installé dans le monastère qu’il avait fait construire à Bagno, les moines s’irritèrent de son austérité, le frappèrent de verges et le renvoyèrent.

L’empereur voulut alors favoriser la réforme de l’abbaye de Classe et y fit nommer Abbé Romuald. Après deux années de tentatives infructueuses, Romuald remit sa charge.

Le même empereur sollicita des moines pour évangéliser la Pologne et la Russie. Ces trois missionnaires reçurent la palme du martyre. Romualdo lui-même aurait voulu verser son sang et partit pour la Hongrie, mais à chaque fois qu’il tentait de pénétrer dans ce pays, la fièvre le retenait. Il dut se «contenter» de fonder quelques monastères en Allemagne.

Mandé à Rome par le pape, Romualdo y fit des miracles, suscita des conversions et bâtit un monastère à Sasso Ferrato. Des calomnies lâches s’étant répandues contre lui, il fut condamné à ne pas célébrer, mais le Bon Dieu daigna lui révéler qu’il n’avait pas à tenir compte d’une sentence injuste.

Finalement, Romualdo fit construire un nouveau couvent à Camaldoli (Toscane), où il aurait pu établir la Règle qu’il avait essayé en vain d’introduire précédemment dans les autres monastères. C’était une règle très austère, qui fut un peu mitigée plus tard.

L’Ordre se composait d’ermites et de reclus. Les ermites devaient demeurer dans des cellules séparées et se rendre pour l’office à l’oratoire ; les reclus ne sortaient pas de leur cellule. Jeûnes et abstinence étaient rigoureux, le silence aussi.

Un des monastères fondés par Romualdo fut Val di Castro : Romualdo y mourut après s’être laissé enfermer dans sa cellule pour n’avoir personne à ses derniers moments. 

Il y mourut le 19 juin 1027. Des calculs erronés le faisaient mourir à cent-vingt ans. D’après les tableaux qu’on peut en voir, il en avait sans doute la barbe, mais pas vraiment les années ; il serait tout de même mort à soixante-seize ans.

Saint Romualdo, canonisé en 1032, est fêté le 19 juin.

 

 

Giuliana Falconieri

1270-1341

 

Giuliana Falconieri vit le jour vers 1270, dans cette illustre famille de Florence (Italie), où son oncle Alessio fut un des sept co-fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie (v. 17 février). Les parents de Giuliana étaient Carissimo et Ricordata.

Carissimo, riche marchand, mais à la conscience scrupuleuse, craignait de n’avoir pas toujours acquis ses richesses honnêtement et demanda au pape l’absolution générale de ses «péchés», puis employa son argent dans les bonnes œuvres. Il mourut fort âgé, peu après la naissance de Giuliana.

Les premiers mots prononcés par celle-ci furent les noms de Jésus et Marie. En grandissant, elle fut toujours étrangère aux choses pratiques : elle ignorait ce qu’était un miroir ; elle ne s’occupait pas du ménage, supposant qu’elle n’en avait que faire. Toute son attention était ailleurs…

En 1285, ayant l’âge légal de l’indépendance, elle demanda à porter l’habit des Servites, dont elle fut la première femme ; elle donna lieu ainsi à la branche des Mantellate (qui portent le manteau). On suppose que le saint exemple de son oncle, Alessio, et l’influence du général de l’Ordre, Filippo Benizi, ne furent pas étrangers à ce choix de l’adolescente.

Giuliana savait déjà ce qu’était une discipline ou un cilice ; elle y ajouta d’autres mortifications, par exemple le jeûne complet les mercredis et vendredis, où elle ne prenait que la sainte Hostie eucharistique. Le vendredi, elle se flagellait jusqu’au sang ; le samedi, elle ne prenait qu’un peu d’eau et de pain et passait toute la journée dans la contemplation des douleurs de Marie.

A la mort de sa mère, elle réunit d’autres vierges qui, comme elle, vivaient - mais dans leur famille - l’idéal des Servites. Cette branche féminine de l’Ordre des Servites fut approuvée par le pape en 1304.

En 1306, Giuliana accepta d’être la Supérieure, donnant l’exemple de la plus humble des servantes de toutes les Religieuses ; elle dormait peu, et sur la terre nue, elle priait parfois pendant vingt-quatre heures ; elle apaisa les discordes civiles, et s’intéressa aux pauvres et aux malades, qu’elle guérissait par le seul contact de ses mains.

Les dernières années, elle ne pouvait plus prendre de nourriture, pas même l’Hostie consacrée, de sorte qu’au moment de mourir, elle s’étendit à terre, se fit étendre un corporal sur la poitrine et y déposer la sainte Hostie : celle-ci disparut miraculeusement, absorbée par Giuliana. Elle mourut alors en disant : Mon Jésus.

C’était le 19 juin 1341.

Lors de la toilette funèbre, on remarqua comme imprimée sur son cœur l’hostie, le Corps du Seigneur qu’elle avait tant désiré. C’est en souvenir de ce prodige que les Mantellate portent sur leur habit l’image d’une hostie.

Le pape confirma en 1678 le culte qu’on lui rendait, ce qui correspondait à une béatification ; la canonisation se fit en 1737.

 

 

Michelina Metelli

1300-1356

 

MIchelina naquit en 1300 ; on lui fit épouser en 1312 un héritier de la grande famille Malatesta.

De leurs huit années de vie conjugale, naquit un fils unique. Mais en 1320, moururent son mari, et peu après aussi, son fils.

L’épreuve était douloureuse, mais Michelina fut fraternellement guidée et encouragée par une sainte femme nommée Soriana, qui l’aida à retrouver la foi et la confiance en Dieu ; après avoir vu en vision son mari au ciel, elle embrassa le Tiers Ordre franciscain.

Pour l’amour du Christ, elle distribua ses richesses et adopta un style de vie austère, dans la pénitence et la prière. La famille la crut folle et l’enferma pendant quelque temps.

Une fois délivrée, elle alla en pèlerinage aux Lieux Saints, pour prier là où Jésus avait souffert la Passion. Notre Seigneur, de la croix, lui parla plusieurs fois. Il est probable aussi qu’elle ait alors reçu les stigmates de la Passion. Au retour, dit-on, elle calma une dangereuse tempête par sa prière.

Elle s’occupa de lépreux. En 1347, elle mit sur pied une confraternité, en collaboration avec le bienheureux Francesco Zanfredini (v. 5 août) ; cette Confraternité de la Très Sainte Vierge de l’Annonciation aurait pour but de soulager les pauvres, de s’occuper des malades et d’ensevelir les morts.

Michelina mourut à Pesaro le 19 juin 1356. Proclamée co-patronne de Pesaro, elle est mentionnée à ce jour dans le Martyrologe.

Son culte fut reconnu en 1737.

Modeste Andlauer

1847-1900

Remi Isoré

1852-1900

 

 

Modeste Andlauer naquit le 22 mai 1847 à Rosheim, dans le diocèse de Strasbourg. Il devint Jésuite, fut ordonné prêtre en 1877 en partit en mission en Chine en 1881, dans la province du Hebei.

De prénom et de nature, il fut timide, humble, aimant le travail bien fait.

En 1870 il connut les faits du massacre de Tien-Tsin (voir notice). 

 

 

Remi Isoré était né le 22 janvier 1852 à Bambecque (Nord), aîné d’une famille nombreuse qui compta deux prêtres et une religieuse. Son père, instituteur et chrétien convaincu, le plaça au petit séminaire d’Hazebrouck ; Rémi sentit la vocation sacerdotale, alla au grand séminaire de Cambrai, et décida bientôt d’entrer chez les Jésuites en 1875. Il fut envoyé en Chine en 1882, y apprit la langue, et devint prêtre en 1886.

Comme en France, il enseigna d’abord dans un collège, puis sera curé à Tchang Kia Tchoang. A cette époque, Remi écrit : “Hélas !  l'ère des martyrs n'est pas ouverte pour la Chine ; c'est peut-être ce qui retarde la conversion de cet immense empire, car la croix est un arbre qu'il faut arroser avec du sang. Ce n'est pas à dire, cependant, que toute espérance soit perdue de voir nos mandarins se mettre sérieusement à la besogne."

 

Après une période d’accalmie, survint en effet la persécution des Boxers en 1900. Modeste va rencontrer son confrère Remi Isoré, et tous deux sont surpris par les Boxers dans la mission de ce dernier, le 19 juin. Ils s’enferment dans la chapelle de leur communauté. Les chrétiens sont réunis sur la place publique. Il y a deux locaux, l'un à droite, l'autre à gauche. Les Boxers disent: "Si vous allez à droite, c'est que vous êtes chrétiens. Si vous allez à gauche, vous serez sauvés." Ceux qui vont à droite sont massacrés, une trentaine, ainsi que les missionnaires.

Tous ces martyrs chinois, avec les pères Andlauer et Isoré font partie des cent-vingt Martyrs qui furent béatifiés en 1955, et canonisés en 2000.

Modeste et Remi, avec leurs Compagnons, sont morts le 19 juin 1900, et sont commémorés en ce jour dans le Martyrologe Romain. 

Une fête commune célèbre ensemble ces cent-vingt martyrs chinois, le 9 juillet. On les commémore avec Agostino Zhao Rong, soldat converti devenu prêtre, et martyrisé en 1815.

 

 

Elena Aiello

1895-1961

 

Elena naquit le 10 avril 1895 à Montalto (Uffugo, Calabre, Italie sud), le Mercredi Saint, troisième enfant de Pasquale et Teresa Paglilla, qui en eurent neuf (la dernière mourut à la naissance).

La maman, enceinte d’Elena, demandait à Dieu une petite fille qu’elle aurait appelée Elena en souvenir de sainte Hélène, l’impératrice qui découvrit la Sainte Croix à Jérusalem. Elena fut aussi appelée Santa parce qu’elle vit le jour durant la Semaine Sainte. Elena fut baptisée rapidement car elle semblait en mauvaise santé ; les parents durent même payer une taxe spéciale, car le sacrement fut conféré en-dehors du temps habituel (!).

Ces petits détails montrent combien les parents étaient de bons chrétiens. Pasquale était un tailleur, très honnête ; Teresa était une excellente épouse et mère chrétienne ; elle mourut en 1905, peu après la naissance de sa dernière. Cette année-là, Elena avait dix ans.

La petite fille avait déjà reçu à la maison une bonne instruction, et les Sœurs du Précieux Sang lui firent faire l’école primaire. Elena apprenait et assimilait si bien, qu’elle fut chargée, à huit ans, d’enseigner le catéchisme aux plus petits.

Tous les jours, elle assistait à la Messe, avec empressement. Elle reçut la Première communion à neuf ans. Quelques jours avant, durant le retraite, le prêtre avait invité les enfants à porter un petit cilice autour de la taille, en pénitence pour les péchés qui attristent Jésus, mais à condition d’en faire la demande au prêtre, car il faut toujours demander conseil au prêtre pour se livrer à ces «pénitences». En sortant de la maison, la barre de bois qui tenait la porte fermée, tomba sur la petite Elena, qui en perdit deux dents : ces deux dents repoussèrent, alors que ce n’étaient déjà plus des dents de lait… Puis elle obtint la permission demandée.

Elena reçut la Confirmation en 1905, peu avant la mort de la maman. La vie chrétienne continua à la maison : chaque matin on participait à l’Eucharistie, chaque soir on priait le Chapelet.

Après un incident qui lui avait causé des désagréments continuels à sa voix, elle promit à Notre-Dame de Pompei d’être religieuse dans ce sanctuaire, si elle guérissait : le lendemain matin, elle était toute guérie.

En attendant de pouvoir entrer chez les Dominicaines, qui tenaient le sanctuaire de Pompei, Elena fréquentait les Sœurs du Précieux Sang, participait à l’Apostolat de la prière, visitait les malades, les pauvres, les mourants, enseignait le catéchisme. 

Le médecin la surprit un jour en train de coiffer une malade gravement contagieuse ; une autre fois, elle alla prier un moribond, franc-maçon connu, de se convertir avant de mourir : ce dernier la reçut d’abord en lui envoyant une bouteille qui lui ouvrit le cou, puis, celle-ci insistant encore malgré le sang qui coulait, se reprit et accepta de se confesser. Quand l’épidémie de grippe espagnole sévit durant la Première guerre mondiale, elle courut aider le curé et la Mère supérieure des Religieuses pour assister les malades ; elle fabriqua même des cercueils tout simples pour ensevelir dignement les morts.

En 1920, Elena fut opérée de l’appendicite. Le 18 août 1920 (fête de sainte Hélène), elle put enfin être religieuse à Nocera dei Pagani, où on lui confia très vite la formation des jeunes vocations.

Pour aider une autre Sœur à déplacer un meuble très lourd, Elena se fit une déchirure musculaire à l’épaule, qui dégénéra en gangraine : on dut l’opérer sans anesthésie, en lui sectionnant même des nerfs. En mai 1921, elle fit un séjour en famille pour se reposer : elle ne pesait plus que vingt-cinq kilogrammes, avec son bras paralysé, la bouche quasi fermée, et l’épaule envahie par la gangrène.

En août 1921, on lui diagnostiqua un cancer à l’estomac. Elle prophétisa au chirurgien : Docteur, vous-même, vous en mourrez, mais pas moi, car sainte Rita va me guérir. Le médecin souffrait en effet d’un identique cancer. Sainte Rita apparut à Elena et la guérit bientôt. La famille fut témoin de la lumière qui apparut durant ces apparitions.

A partir de septembre 1921, Elena fut invitée par Notre-Seigneur à participer intensément à Sa Passion. Ce fut d’abord la sueur de sang qui se vérifia chaque Vendredi Saint, jusqu’à sa mort. Plus tard, elle reçut l’impression des stigmates de la Passion de Notre-Seigneur : ses mains et ses pieds saignaient abondamment aux heures de cette Passion, le vendredi. On remarqua que les pieds étaient perforés de part en part, comme par les Clous de la Croix Le médecin consulté, incroyant, affirma qu’il y avait là quelque chose de surnaturel. Sœur Elena fut aussi observée en état de lévitation.

Sœur Elena annonça que, le jour de la Sainte-Rita (22 mai), elle serait guérie de son épaule, ce qui arriva.

En 1927, avec la permission de l’Archevêque, Elena voulut ouvrir à Cosenza une maison pour une œuvre que devait lui confier le Sacré-Cœur. Une mystérieuse Sœur - très certainement Thérèse de l’Enfant-Jésus, récemment canonisée en 1925 et qu’elle avait prié spécialement) - lui apparut et lui indiqua où trouver cette maison. La maison sera dédiée à sainte Thérèse.

Avec une compagne, elle commença à inviter les enfants et les adolescents pour les préparer à la Première communion et les aider dans leur vie personnelle. Puis elle s’occupa d’apporter de l’ordre dans les familles, dans les couples non encore mariés. Elena n’hésita pas à entrer même dans la salle de réunion où un pasteur protestant prêchait, invitant au contraire toute l’assistance à rester dans la foi catholique. Elle se porta spécialement au chevet de francs-maçons mourants. Sa compagne l’aidait partout, elle faisaient à elles deux un travail apostolique extrêmement fructueux.

La maison abritait maintenant un atelier de couture, de broderie, un jardin d’enfants ; on projetait un pensionnat pour jeunes filles… Il fallut même déménager en 1928. Cette année-là, sœur Elena a trente-trois ans.

Des signes providentiels firent comprendre à Elena et à son amie Gigia que l’œuvre devait prendre soin d’abord des orphelines ; la première qu’elles reçurent s’appelait justement Rita !

Les petites filles devaient être formées, instruites, et guidées soit pour être adoptées légitimement, soit pour être mariées régulièrement, sinon elles restaient dans l’Institut.

Des Sœurs passèrent le diplôme en couture, en broderie. En 1940 l’Institut sera reconnu officiellement par les Autorités et récompensé par l’octroi de plusieurs machines. 

Sœur Elena comprit que l’idéal de cet Institut était la Charité, et prit ce mot comme emblême, en même temps que les signes de la Passion du Christ ; l’Institut prit le nom de Sœurs Minimes de la Passion de Notre-Seigneur-Jésus-Christ.

Le nombre des vocations s’amplifia rapidement. De nouveaux locaux furent occupés à partir de 1932, puis d’autres encore en 1937, toujours sur mystérieuses indications de la Providence. Sœur Elena ouvrit jusqu’à une vingtaine de maisons.

On a vu comment la vie d’Elena fut marquée par la souffrance dès le début. Ces souffrances continuèrent encore : en 1939, la malaria ; en 1943, durant un bombardement, fracture du pied droit et du nez ; fibromes ; coliques hépatiques ; spondylarthrite. Elle dut passer beaucoup de temps alitée, supportant avec joie, et même avec ironie, toutes ces douleurs. Elle s’arrachait elle-même une dent malade, se retirait les oncles incarnés, et si on lui demandait si elle ne souffrait pas, elle répondait : Hé, qu’est-ce qu’on offre à Jésus ? 

La prière confiante de Sœur Elena obtint encore de sainte Thérèse d’autres grâces : quand on manqua d’argent pour acheter la nourriture, deux jours de suite, Elena trouva dans son livre de prières un billet de cinquante lires (des années trente) ; la deuxième fois, il y avait même une inscription : 50+50=100). 

Sœur Elena reçut aussi d’importantes prophéties, sur l’affliction du Cœur Sacré de Jésus à cause des innombrables péchés qui se commettent partout dans le monde. Elle signala ainsi les âmes des jeunes, qui se donnent aux plaisirs du monde, les parents qui scandalisent leurs enfants, les graves responsabilités des gouvernants : il s’ensuivrait des guerres, des catastrophes, des punitions célestes… Elle informa, inutilement, Mussolini, des graves conséquences qu’aurait son alliance avec Hitler. Des publications en ont été faites, qu’on peut se procurer très facilement.

L’institut de Sœur Elena fut reconnu officiellement de droit pontifical en janvier 1948, ainsi qu’au Journal officiel en août 1949.

C’est cette année-là que Sœur Elena fit les vœux de religion.

Humblement, Sœur Elena cherchait à masquer ses stigmates, les effusions de sang, mais trop de signes apparaissaient. On l’appelait la sainte moniale, ce qu’elle n’appréciait pas du tout.

Le pape Pie XII la consulta plusieurs fois, et en reconnut les dons d’abnégation, de charité et de prophétie.

Elle fut hospitalisée en juin 1961 et les consœurs pensaient qu’elle serait guérie par l’intercession de saint Antoine de Padoue, le 13 juin, car on avait remarqué dans la chambre un intense parfum mystérieux. Mais Sœur Elena précisa : Demain, ni saint Antoine, ni sainte Rita, ni la Sainte Vierge ne feront de miracle. Elle mourut en effet quelques jours plus tard, le 19 juin 1961.

Elle a été béatifiée le 14 septembre 2011, en la fête de la Sainte Croix.

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