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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 23:00

21 JUIN

I.

S Terentius, évêque à Iconium et martyr ; il serait ce Tertios qui écrivit sous la dictée de s. Paul l’épître aux Romains. 

? S Cyriaque, martyr en Afrique.

S Ursicène, évêque à Pavie.

III.

S Martin, évêque à Tongres, apôtre en Hesbaye.

IV.

Ste Démétrie, romaine, sœur de ste Bibiane, morte de peur devant le juge.

S Alban (Aubain), martyr à Mayence, patron de Namur.

VI.

S Pélade (Palladius), évêque à Embrun.

VII.

S Meven, moine gallois venu en Armorique, fondateur d'une abbaye à Gaël. 

VIII.

S Engelmond, anglo-saxon, compagnon de s. Willibrord en Frise.

S Leufroy, abbé fondateur à La Croix-Saint-Ouen.

IX.

S Raoul, évêque à Bourges, le premier qui eut le titre de patriarche des Aquitaines et des Narbonnaises ; il encouragea la communion quotidienne. 

XII.

S Raymond, chanoine à Toulouse, évêque à Barbastro après la reconquête sur les Arabes. 

XIV.

B Tommaso Cursini de Orvieto, des Servites de Marie, mystique.

XVI.

S Luigi Gonzaga, page de plusieurs cours, jésuite à Rome ;  il contracta la peste après avoir porté un malade trouvé dans la rue et mourut à vingt-trois ans ; patron de la jeunesse chrétienne.

XVII.

S John Rigby, laïc anglais martyr ; en s’entendant condamner à mort, il dit : “Je n’ai pas eu de meilleure nouvelle depuis ma naissance”, et à son bourreau : “Je te pardonne de bon cœur”; pendu, il fut éviscéré encore vivant.

XVIII.

B Jacques Morelle-Dupas, vicaire en Charente, martyr aux Pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

S José Isabel Flores Varela (1866-1927), prêtre mexicain martyr, dénoncé par un camarade et égorgé ; béatifié en 1992, canonisé en 2000, fêté avec ses compagnons le 21 mai.

Terentius (Tertios)

1er siècle

 

Ce personnage pourrait bien être le Tertios qui rédigea la lettre aux Romains de saint Paul : 

Moi, Tertios, qui ai écrit cette lettre, je vous salue dans le Seigneur (Ro 16:22).

Les ménées grecs en font un successeur de saint Sosipater, évêque à Iconium (voir au 28 avril), où il serait mort martyr.

Le nom même, grec, de Tertios serait ensuite devenu Terentius en latin.

Saint Terentius-Tertios était autrefois mentionné le 21 juin au Martyrologe.

 

 

Meven de Gaël

540-617

 

Meven (Mewen, Meen) était natif du Pays de Galles.

Il est difficile d’avoir des informations certaines sur lui.

Il aurait été à l’école de s.Samson (v.28 juillet), que d’aucuns supposaient être l’oncle de Meven ; il lui enseigna la voie de la vie monastique, d’abord en Cornouaille puis en Armorique, à Dol, où il resta après la mort de Samson.

Un riche seigneur nommé Caduon; conquis par sa parole évangélique, lui offrit des terrains pour y construire un monastère. Avec la permission de l’abbé de Dol, Meven partit avec quelques compagnons.

Vers 600, le monastère s’éleva à l’endroit qui serait aujourd’hui Saint-Jean-de-Gaël, car le monastère fut dédié à s.Jean-Baptiste (v. 24 juin et 29 août) ; la sainteté de cette nouvelle communauté fit que l’abbaye fut florissante et devint un village, qui prit plus tard le nom de Saint-Méen.

Meven fit le pèlerinage à Rome et s’arrêta en divers endroits, guérissant par-ci, faisant jaillir une source par-là. 

Il aurait aussi fondé le monastère de Monopalm près d’Angers, résidant alternativement là et à Gaël.

C’est à Gaël qu’il mourut, le 21 juin 617.

Le monastère, plusieurs fois détruit, reconstruit, devint une abbaye bénédictine, plus tard un couvent de lazaristes ; les bâtiments furent évidemment confisqués en 1790 ; au 19e siècle il s’y fonda un petit séminaire et, au 20e, l’église servit d’église paroissiale.

Saint  Meven est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leufroy d’Evreux

650-738

 

Leutfridus, en français Leufroy, né vers 650, était fils d’une famille d’Evreux, où il étudia, ainsi qu’à Chartres.

Rentré chez lui, il enseigna à des jeunes.

Un jour, il offrit un grand repas aux siens et, de nuit, quitta la maison pour se retirer dans une vie de prière et de contemplation.

Après plusieurs haltes, il s’arrêta auprès d’un célèbre solitaire, s.Sidonius (qu’on a traduit s.Saëns, v. 15 novembre), qui lui remit l’habit religieux. 

Leufroy se lia d’amitié avec l’évêque de Rouen, Ansbert (v. 9 février).

Revenu dans sa région, Leufroy s’arrêta au pays de Madrie, où il fonda un monastère, vers 690. Au même endroit, s.Ouen (v. 24 août) avait planté une croix, c’est pourquoi le monastère s’appela Croix-Saint-Ouen, plus tard Croix-Saint-Leufroy.

Leufroy fut abbé de son monastère pendant quarante-huit ans, nous dit la tradition. C’est de cette indication qu’on a déduit, approximativement, la date probable de sa naissance.

Saint Leufroy est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raoul de Bourges

810-866

 

Raoul (en latin Radulphus, d’où aussi Rodolphe) était le fils de Raoul, comte de Cahors, et d’Aiga. Il avait une sœur nommée Immenana. Il naquit vers 810.

Tôt offert par ses parents comme oblat (823), Raoul reçut sa formation d’un certain Bertrand, peut-être l’abbé de Solignac.

Raoul fut, selon certains indices, moine (abbé ?) d’un monastère à Soissons.

En 841, il fut élevé sur le siège épiscopal de Bourges, devenant le quarante-septième évêque de cette ville.

Comme tel, il signa les actes de plusieurs conciles : Meaux (845), Savonnières (859), Tuzey (860), Pîtres (862 et 864).

Il fut le premier évêque de Bourges à être appelé par le pape patriarche des Aquitaines et des Narbonnaises.

Dans une Instruction pastorale qui traite de beaucoup de sujets concernant la pastorale, on y voit son encouragement à la communion quotidienne pour les fidèles.

Il s’occupa intensément de la vie monastique, fondant les abbayes de Dèvres, Beaulieu-sur-Dordogne, Végennes, Sarrazac (où fut abbesse sa sœur Immenana).

Il mourut le 21 juin 866.

L’abbaye fut pillée par les Huguenots, et détruite par les révolutionnaires. L’abbatiale resta église paroissiale.

Saint Raoul de Bourges est commémoré le 21 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Raimundo Guillermo de Barbastro

† 1126

 

On l’a dit originaire de Durban (Gers) ou d’Orban (Tarn), sans parler de sa famille. Faut-il l’appeler Raimundo ? Les Espagnols l’appellent Ramón.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra au monastère augustinien Saint-Antoine de Frédoles, puis fut admis au chapitre de Saint-Sernin à Toulouse, dont il devint prieur en 1101.

En 1104, Raimundo fut appelé par le roi d’Aragon Pedro Ier pour le siège épiscopal de Barbastro, une ville du nord de l’Espagne récemment reprise aux Maures. Pour enseigner le peuple, le nouvel évêque s’efforça de réorganiser la vie ecclésiale, de construire des églises et d’en embellir les murs avec des fresques, dont beaucoup subsistent encore, par exemple à Alaón et Tahull.

A Barbastro était unie la ville de Roda avec son évêché. L’évêque portait le double titre de Barbastro et Roda. Or, comme l’évêque voisin d’Urgel ambitionnait d’annexer le diocèse de Roda au sien, Raimundo dut plaider sa cause à Rome, appuyé par l’archevêque de Barcelone, et obtint gain de cause.

Ensuite, après la prise de Lérida sur les Maures, cette ville fut à son tour l’objet de la rivalité entre l’évêque de Huesca et celui de Barbastro-Roda. Cette fois-ci, malgré la sentence de Rome, l’évêque de Huesca prit les armes et expulsa Raimundo de Barbastro, l’obligeant à se rabattre à Roda (1118). Il ne put jamais revenir à son siège principal de Barbastro.

Il continua cependant à administrer celui de Roda, conservant un style de vie austère, portant toujours le cilice. Il eut une attitude pleine de charité envers ses «ennemis», refusant d’utiliser les armes, pardonnant et priant.

Il accompagna le roi d’Aragon, Alfonso Ier dans son expédition contre les Maures à Málaga. De retour, il tomba malade et mourut le 21 juin 1126.

Les miracles qui eurent lieu à son tombeau, aboutirent à sa canonisation dès 1136.

 

 

Tommaso Cursini d’Orvieto

1290-1343

 

Tommaso vit le jour vers 1290 à Orvieto (Ombrie, Italie C), dans la noble famille Cursini. On a récemment corrigé l’orthographe de cette famille, bien connue dans cette ville, alors que les Corsini ne s’y trouvaient pas.

L’éducation que reçut Tommaso dans sa famille était très chrétienne. Parvenu à l’âge adulte, il pensa s’orienter vers la vie religieuse mais, n’en étant pas certain, se tourna intensément vers la Mère de Dieu. Marie lui apparut en songe par trois fois, l’invitant à rejoindre les Servites de Marie, présents à Orvieto.

Sans plus tarder, il se présenta au Prieur, lui demandant d’être simple convers. Le chapitre l’accepta à l’unanimité.

Humblement, Tommaso repoussa toujours les propositions qu’on lui fit d’accéder au sacerdoce. Il fut très heureux d’être chargé de faire la quête, une charge où l’on est toujours exposé aux sourires ou aux moqueries de la rue. Les habitants d’Orvieto et des environs le virent donc pendant très longtemps arpenter les ruelles et demander quelque chose pour les Pauvres du Christ.

Il portait toujours le cilice sous son habit ; quel que fût l’accueil qu’on lui réservait, il restait toujours souriant et patient, trouvant toujours une bonne parole pour consoler une âme triste, pour encourager, pour susciter la conversion.

Revenu au couvent, il passait son temps libre dans la méditation ou aussi dans une petite grotte isolée au fond du jardin, où il passait même parfois toute la nuit en contemplation. La grotte existe toujours.

Le pieux Frère consolateur, si connu des habitants, devint bientôt leur intercesseur dans toutes leurs nécessités ; des miracles, nombreux, se vérifièrent, dûment constatés et scrupuleusement consignés. Un des plus célèbres fut celui des figues fraîches trouvées en plein hiver dans le jardin, et que Tommaso porta à une femme enceinte qui en avait manifesté le fervent désir. Depuis, on l’appela Tommaso du figuier ; l’arbre fut en vie jusques vers 1810, quand les couvents furent supprimés par ordre impérial de Napoléon.

Quand le Frère Tommaso fut vaincu par la fatigue et la faiblesse, il se coucha. Il s’endormit dans le Seigneur le 21 juin 1343 (le onzième jour des calendes de juillet, donc pas le 23 juin comme on le trouve parfois).

Les miracles se multiplièrent aussi après la mort de Tommaso. Un des plus célèbres fut la libération miraculeuse d’un condamné à mort ; libéré une première fois miraculeusement, arrêté et condamné de nouveau, il promit de se convertir vraiment et, de nouveau libéré par une intervention céleste, eut désormais une vie honnête.

Tommaso fut bientôt honoré du titre de Bienheureux. Ce culte populaire fut approuvé en 1768.

Luigi Gonzaga

1568-1591

 

Ferrante Gonzaga et Marta de Tana Santena, issus de très illustres familles et profondément chrétiens eurent deux fils : Luigi et Rodolfo.

Luigi naquit près de Mantoue, au château de Castiglione le 9 mars 1568, et fut d’abord ondoyé - car la naissance avait été difficile - avant son baptême solennel le 20 avril.

De parents si pieux, Luigi reçut très tôt les plus belles qualités, d’abord de la piété, et ensuite de la lutte contre ses mauvais penchants : la colère, l’impatience, le mécontentement intérieur.

Le père le destinait à la carrière militaire, et lui avait fait faire un costume de soldat adapté à ses quatre ans ; Luigi fit un jour partir un coup d’une petite pièce de canon, dont le recul faillit le tuer ; son contact avec les soldats commençait à lui en apprendre aussi les façons et le jargon, mais il s’en repentit bientôt avec une honte extrême.

Envoyé à la cour de Florence, Luigi étudie le latin et le toscan. C’est à cette époque (vers 1578) que Luigi fait le vœu de chasteté perpétuelle : il n’a que dix ans.

De retour à Mantoue, il apprend à connaître la nouvelle Compagnie de Jésus, qu’on appellera les Jésuites. De passage par là, le cardinal Borromeo lui fait faire sa Première communion.

Sa culture lui permet de lire les Latins, surtout Sénèque. Il s’impose de très dures mortifications : chaînes à chien, molettes d’éperon, veilles nocturnes…

En 1581, son père étant grand-chambellan du roi d’Espagne, Luigi se trouve à la cour de Madrid comme page du prince héritier Diego. Il renonce aux leçons d’escrime et de danse que veut lui imposer son père.

Désirant par-dessus tout entrer dans la vie religieuse, il opte pour les Jésuites, surtout parce que dans cet ordre, il ne serait jamais chargé de quelque honneur ecclésiastique. Son père pourtant, mécontent de ce choix, lui fait visiter les cours et rencontrer des évêques pour tenter de le dissuader, mais en vain.

En 1585, il renonce à ses droits en faveur de son jeune frère, et se rend à Rome. Son père meurt alors, très chrétiennement, regrettant d’avoir trop longtemps mis d’opposition à la vocation de son fils.

Il prononce ses premiers vœux religieux en 1587, reçoit les ordres mineurs en 1588.

Durant la peste de 1590-1591 à Rome, il se dévoue dans le soin des malades ; en ayant trouvé un en chemin, il le charge sur ses épaules et contracte la maladie. Une extase lui annonce qu’il mourra au jour octave de la Fête-Dieu, donc le 20 juin.

Ce jour-là, il allait tellement mieux, qu’il ne put qu’avec peine obtenir le viatique. Il meurt vers minuit de ce 20 juin 1591 : il a vingt-trois ans.

La plupart de ses reliques sont dans l’église saint Ignace de Rome.

Luigi Gonzaga fut béatifié en 1605, canonisé en 1726, et plusieurs fois proclamé Patron de la Jeunesse. L’Église le fête le 21 juin, jour où il est mentionné au Martyrologe.

Si le prénom Luigi est devenu Louis en français, son nom Gonzaga a aussi été repris pour le prénom Gonzague.

 

 

John Rigby

1570-1600

 

Laïc né vers 1570 à Harrocks Hall (Lancashire, Angleterre), il était le cinquième ou le sixième fils de Nicholas et Mary Breres de Preston.

S’étant trouvé au service de la fille (malade) de Edmund Huddleston, quand celle-ci fut accusée d’avoir renié la foi protestante, John fut contraint de reconnaître lui-même qu’il était catholique et fut enfermé à Newgate, le 13 février 1599 (ou 1600).

Le jour suivant, il signa une déclaration dans laquelle il reconnaissait avoir retrouvé la foi catholique grâce au Martyr John Jones (voir au 12 juillet), deux ou trois ans plus tôt, mais avait cessé de fréquenter l’église.

Il fut renvoyé à Newgate, jusqu’au 19 février, puis au White Lion. Le mercredi 4 mars suivant, on le traîna au tribunal où il put privément faire une déclaration de «conformité» (c’est-à-dire de reconnaissance de la religion «officielle»), et l’on déclara le lendemain qu’il s’était rendu. Mais on le laissa en prison.

Le 19 juin, de nouveau en face des juges, il nia toute allégeance et fut donc condamné. Sur le chemin vers la potence, un certain Captain Whitlock s’approcha et lui demanda s’il était marié, et il répondit : Je suis célibataire, et en plus, je suis vierge. Le capitaine lui demanda alors de prier pour lui.

Il fut martyrisé le 21 juin 1600 à St. Thomas Waterings (Londres), au même endroit où avait été exécuté s.John Jones deux ans plus tôt..

Ils furent tous deux béatifiés en 1929 et canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jacques Morelle-Dupas

1754-1795

 

Une des victimes des pontons de La Rochelle.

L’abbé Morelle-Dupas était né à Ruffec (Charente), le 10 novembre 1754.

Prêtre, il appartenait au diocèse de Poitiers et exerçait justement à Ruffec.

Ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du Clergé, il fut pris dans la rafle générale des prêtres réfractaires et condamné à l’exil en Guyane.

Les bateaux ne quittèrent cependant pas La Rochelle et les prêtres furent entassés dans des conditions humaines indescriptibles à bord de navires négriers, où même des médecins furent horrifiés par ce qu’ils y virent lors d’une inspection.

L’abbé Morelle-Dupas mourut à bord du Deux Associés, le 21 juin 1794.

Il fait partie des Martyrs de la Révolution, béatifiés en 1995.

 

 

José Isabel Flores Varela

1866-1927

 

José Isabel était né à Santa Maria de la Paz, dans la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de El Teúl de González Ortega (près Zacatecas, archidiocèse de Guadalajara, Mexique) le 28 novembre 1866. Ses parents étaient Vidal Flores et Sixta Varela.

Baptisé le lendemain-même, il reçut la Confirmation en 1868.

On sait peu de choses de son enfance. Il entra au séminaire de Guadalajara en 1887, où il fut parmi les meilleurs élèves.

En 1889, il fit partie de la Congrégation de la Très Pure Immaculée Conception et de Saint Luigi Gonzaga.

En 1894 il reçut les ordres mineurs, en 1895 le sous-diaconat, en 1896 le diaconat et la prêtrise. Il célébra sa première Messe le jour de l’Assomption, 15 août 1896.

Prêtre, il fut d’abord nommé à Tonalá, et résidait près la Chapelle du Sacré-Cœur. Dès novembre, il fut nommé chapelain à Matatlán, sur la paroisse de Zapotlanejo. Pendant vingt-six années il se montra pour tous le bon prêtre ouvert à tous, oublieux de soi-même, pauvre, plein de piété et de sagesse.

Le Père José Isabel se donna totalement à l’apostolat : il fonda l’Apostolat de la Prière et une Association des Filles de Marie, organisa la catéchèse pour les enfants et les adultes ; il visitait les malades et donnait les Sacrements. Il dota l’église de cloches, édifia un bel autel et érigea une grande statue du Sacré-Cœur, à qui l’église était dédiée.

Une grave infection à la mâchoire lui défigura la figure, ce qui l’obligea à porter la barbe et lui donna un air très respectable.

Durant la persécution, tandis que certains évêques et certains prêtres se regroupaient dans les villes, il préféra avec d’autres rester au milieu de son troupeau. Il fut dénoncé par un ancien séminariste, un camarade qu’il avait d’ailleurs protégé ; le chef tyrannique de Zapotlanejo, profondément anticlérical, le fit arrêter le 13 juin 1927, au moment où le père José Isabel se rendait vers une ferme pour y célébrer l’Eucharistie.

Fait prisonnier par un détachement de soixante-dix soldats, il fut contraint de descendre de sa monture et de marcher longtemps, sans égards pour ses soixante ans. Enfermé dans un endroit infect, il fut ligoté et maltraité. Le chef se moquait de lui et, en lui faisant entendre de la musique, il ajoutait : “Écoute cette belle musique ; si tu me dis que tu appliqueras les lois, je te mets en liberté.” Très calmement, le père José Isabel lui répondit : “Moi, je vais écouter au ciel une musique bien plus belle.”

Le père José Isabel appliquait le mot qu’il avait maintes fois exprimé : “Plutôt mourir que trahir Dieu.”

Inutilement, les paroissiens tentèrent d’obtenir la libération de leur curé. 

Au petit matin du 21 juin, quatre sous-officiers le conduisirent au cimetière de Zapotlanejo. On passa une corde à une branche d’arbre et autour de son cou, et on commença à le monter et à le redescendre. Pour augmenter la torture, on le suspendait jusqu’à la quasi-asphyxie ; cela recommença trois ou quatre fois, puis ils prirent leurs armes. 

Le bon prêtre leur dit : “Ce n’est pas comme ça que vous allez me tuer, mes enfants. Je vais vous dire comment il faut faire. Mais auparavant, je veux vous dire que, si l’un de vous a reçu de moi un sacrement, il ne doit pas se tacher les mains. Alors un des soldats, reconnaissant le prêtre qui l’avait baptisé, s’écria : “Lui, c’est mon parrain ; c’est lui qui m’a baptisé ; je n’y mets pas les mains”. Furieux, le chef du peloton abattit le soldat. Ensuite, mystérieusement, les soldats ne réussirent pas à faire feu sur le Père José Isabel, de sorte que l’un des assassins sortit un grand couteau et égorgea le courageux martyr. 

C’était au matin du 21 juin 1927.

Les agents fédéraux mirent le feu à toutes les statues, et, avec beaucoup d’efforts, réussirent à renverser la statue du Sacré-Cœur. La population alors se révolta et sombra dans une profonde tristesse.

Le père José Flores est l’un des vingt-cinq Martyrs mexicains béatifiés en 1992 et canonisés en 2000. Ces vingt-cinq Martyrs ont leur fête commune le 21 mai. 

Le bienheureux José Flores est mentionné au 21 juin dans le Martyrologe, le même jour que saint Luigi Gonzaga qu’il vénérait tant.

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