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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 23:00

22 JUIN

I.

S Flavius Clemens, cousin de l’empereur Domitien, martyr à Rome.

III.

S Alban, laïc, premier martyr en Grande-Bretagne ; il avait pris l’habit d’un missionnaire poursuivi.

Ss  Iulius et Aaron, martyrs en Angleterre. 

IV.

S Eusèbe de Samosate, martyrisé en recevant sur la tête une grosse brique jetée par une femme arienne, à qui il pardonna avant d’expirer. 

Ss Victor et Hesperius, évêques à Metz.

V.

S Niketas, évêque à Rémésiana, peut-être auteur du Te Deum,  ami de s. Paulin de Nole.

S Paulinus de Nole, né à Bordeaux de famille romaine, baptisé à trente-huit ans, évêque à Nole.

VI.

Ste Consorce, vierge à Cluny, fille présumée d’un évêque en Provence.

VII.

S Domitien, abbé fondateur à Crespin.

Ste Prèce, fille de l’évêque s. Guéric, fondatrice d’un monastère là où est Epinal.

IX.

Ste Rotrude, vierge près de Saint-Omer, confondue parfois avec ste Rictrude, fondatrice de Marchiennes (VII.).

S Jean IV, dit le Scribe, évêque à Naples.

XIII.

B Innocent V, pape (1276), dominicain et auparavant évêque à Lyon, d’esprit conciliateur.

XVI.

S John Fisher, évêque à Rochester et chancelier de l'Université de Cambridge où il invita Érasme ; il refusa de se séparer du pape lors du schisme de Henri VIII et fut décapité.

 

Flavius Clemens

50-96

 

Toutes les histoires des persécutions ou des premiers siècles de l’Eglise mentionnent Flavius Clemens. Particulièrement, deux auteurs païens en parlent nommément et sont d’autant plus intéressants qu’ils ne sont pas suspects de connivence.

Selon Dion Cassius (Histoire Romaine, LXVII,4) :

Domitien fit mourir Flavius Clemens, qui était alors consul, bien que ce personnage fût son cousin et qu’il eût pour femme Flavia Domitilla sa parente. L’accusation d’athéisme fut portée contre eux deux. De ce chef, furent condamnés beaucoup d’autres citoyens qui avaient adopté les coutumes juives : les uns furent mis à mort, les autres virent confisquer leurs biens.

Selon Suétone (Domitien, 15) : 

Domitien tua, sur le plus léger des soupçons, son cousin Flavius Clemens, homme dont on méprisait fort l’inertie. Clemens venait à peine de sortir du consulat.

On devine bien à travers ces phrases un peu vagues, que Domitien n’appréciait pas beaucoup que son parent fût «athée», c’est-à-dire qu’il n’adorât pas les dieux romains.

Le christianisme avait, dès avant la fin du 1er siècle, pénétré dans la famille impériale elle-même. Flavius Clemens était cousin de Domitien, tandis que son épouse, Domitilla, en était la nièce (voir au 7 mai). On peut présumer qu’il reçut même le baptême. La tradition juive parle seulement de «conversion au Dieu unique».

C’est pour ce motif que Domitien, qui haïssait les religions orientales, n’épargna pas même son parent, et le fit mettre à mort, probablement en 96, puisque Clemens fut consul en 95.

Il y a quelques difficultés concernant Clemens et Domitilla : d’un côté il est dit qu’ils eurent deux fils (nommés à leur tour Vespasianus et Domitianus), d’un autre on parle de la vierge Domitilla. Y aurait-il vraiment deux Domitilla ? Les spécialistes ne sont pas d’accord.

En 1725, on découvrit dans l’église Saint Clément à Rome une inscription sur marbre sur laquelle on put lire : Flavius Clemens martyr.

Saint Flavius Clemens est mentionné le 22 juin au Martyrologe.

 

 

Alban

† 287 ou 303

 

Alban habitait Verulamium dans l’île de Britannia ; la ville devint, en anglais, Saint Alban.

C’était un brave artisan qui montra une bienveillante hospitalité envers un clerc chrétien.

Par un heureux échange de bons procédés, ce clerc amena Alban à la foi chrétienne.

A ce moment, le gouverneur païen faisait rechercher le missionnaire ; Alban le tint caché et, pour mieux le protéger, en prit l’habit.

Croyant avoir mis la main sur le Chrétien, les envoyés arrêtèrent Alban et le conduisirent au tribunal, où il fut sommé de sacrifier aux idoles. 

Sur son refus, il fut condamné à mort et exécuté, le 22 juin 303 (ou vers 287, d’après d’autres hypothèses) : Alban reçut ainsi le baptême du sang par son martyre.

Au 5e siècle, on fréquentait déjà le tombeau du Martyr. Venantius Fortunatus (v. 14 décembre) le chanta dans un poème.

Un monastère, érigé sur ce tombeau et relevé au 12e siècle, dura jusqu’en 1540.

 

 

Iulius et Aaron en Angleterre

† 287

 

On sait que ces deux Martyrs moururent après s.Alban (v. ce même 22 juin).

La date de leur martyre reste conjecturale : 287 ou 303.

Le lieu correspond à l’actuelle Caerleon, (Pays de Galles, Angleterre E).

Les récits disent qu’il y eut aussi de très nombreux autres Martyrs dans cette même persécution.

Saints Iulius et Aaron sont commémorés le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusèbe de Samosate

† 379

 

On ne connaît pas les origines et les débuts d’Eusèbe.

Il fut évêque de Samosate, sur l’Euphrate (auj. Samsat, Turquie S)).

Ayant d’abord fait partie d’un groupe qui avait proposé une formule encore inadéquate, il adopta fermement la foi du concile de Nicée (325) et la défendit avec courage.

En 360, il fit élire s.Mélèce (v. 12 février) sur le siège d’Antioche, contre le désir de l’empereur Constance : ce dernier réclama les Actes de cette élection, pour l’annuler, mais Eusèbe s’y opposa ; l’empereur le menaça de lui trancher la main droite mais, Eusèbe lui ayant tendu les deux poings en avant, Constance n’osa insister.

Désormais, il se déguisait en militaire pour visiter son diocèse.

En 370, Eusèbe appuya l’élection de s.Basile pour le siège de Césarée. Il en ressortit une profonde amitié entre les deux évêques.

En 374, Eusèbe fut exilé en Thrace (Grèce N) par le nouvel empereur Valens. De faux bruits arrivèrent à Rome, on le traita même d’arien et s.Basile intervint pour le défendre.

Una anecdote savoureuse se produisit à Samosate, où avait été nommé un évêque arien à la place d’Eusèbe. Cet évêque, Eunomios, pratiquait la natation dans les bains publics. Mais personne d’autre n’y entrait, par respect, pensait-il. Quand il sortit, les gens qui attendaient exigèrent la vidange complète du bassin, pour ne pas s’immerger dans l’eau souillée par un hérétique !

En 378, à la mort de Valens, Eusèbe put reprendre les rênes de son diocèse, le réorganisant, faisant nommer de bons évêques là où il en manquait. Parvenu à la ville de Dolicha, il reçut sur la tête une brique que lui lança une femme arienne. Il en mourut peu après, suppliant ses assistants de pardonner à cette personne.

C’était en 379.

Saint Eusèbe de Samosate est commémoré le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Niketa de Remesiana

† 414

 

Niketa fut évêque de Remesiana (Dacie, auj. Bela Palanka, Serbie SE) dès 366. 

Lors d’un de ses déplacements à Rome, il fut reçu par s.Paulin de Nole (v. ce même 22 juin), grâce auquel on connaît mieux notre personnage.

On apprend par lui en effet que Niketa réussit à conquérir le cœur de ses fidèles qui, d’abord incultes et voleurs, apprirent à chanter le Christ avec un cœur romain. C’était vraiment une victoire (niki en grec) pour Niketa.

Certains opinent à lui attribuer la composition du Te Deum.

Niketa mourut vers 414 après une cinquantaine d’années d’épiscopat.

Saint Niketa de Remesiana est commémoré le 22 juin dans le Martyrologe Romain.

Innocent V

1276

 

Né à Moûtiers en Savoie en 1225, Pierre fut d’abord chanoine de Tarentaise, d’où son nom habituel de Pierre de Tarentaise, plutôt que son vrai nom de Pierre de Champagny.

Dominicain, il reçoit en 1254 la mission de réorganiser une vieille abbaye bénédictine à Saint-Martin d’Ainay.

Il eut pour maître saint Thomas d’Aquin, auquel il succéda à Paris : cette charge lui valut le titre de Doctor Famosissimus.

Il nous reste de lui des Commentaires sur les quatre livres des Sentences.

Deux fois provincial de son ordre, archevêque de Lyon en 1272, cardinal-évêque d’Ostie en 1273, il se distingua au concile de Lyon de 1274 et prononça l’oraison funèbre de saint Bonaventure qui y mourut.

Succédant à Grégoire X en 1276, il fut couronné en février avec le nom d’Innocent V, et devait mourir cinq mois après. Il était le premier dominicain à avoir occupé le siège de Pierre.

Il aura occupé ce court pontificat à rétablir la paix entre Pierre et Jacques d’Aragon, entre Pise et Lucques, et au sein même du clergé de Viterbe. Il supplia Byzance de réaliser l’union décrétée au concile de Lyon peu auparavant.

Son culte ayant été reconnu en 1894, il est considéré comme Bienheureux, et mentionné au 22 juin dans le Martyrologe.

Il était le cent-quatre-vingt-cinquième pape, et eut pour successeur Adrien V.

 

 

John Fisher

1469-1535

 

John vit le jour en 1469 à Beverley (Yorkshire, Angleterre), fils aîné des quatre enfants de Robert, un marchand, et Agnes, qui étaient catholiques.

A la mort de Robert en 1477, Agnes épousa William White, et mit au monde cinq autres enfants.

John fréquenta le collège de Cambridge dès 1483, et fut bachelier (1487), puis maître ès arts (1491).

Cette année-là, il fut ordonné prêtre, avec dispense papale pour son âge. On le nomma Compagnon dans le Collège, et vicaire à Northallerton (Yorkshire).

En 1494, il devint proctor (censeur) de l’université ; en 1501, il fut docteur en théologie, et deviendrait chancelier en 1504, à trente-cinq ans, l’année où il fut nommé évêque.

Depuis 1502, il fut le confesseur de la mère du roi, Margaret Beaufort, sur laquelle il eut une sage influence ; elle fonda à Cambridge le Christ’s Collège. John contribua beaucoup au développement de l’établissement de Cambridge, en enrichissant la bibliothèque et en y développant les études de latin, de grec et d’hébreu. Il invita Erasme pour y enseigner et se mit lui-même à l’étude de l’hébreu en 1517.

D’Erasme on a retenu ce portrait de John Fisher : Il n’y a pas d’homme plus savant, ni de prélat plus saint.

Fisher fonda de son côté le Saint John’s Collège.

Il fit aussi instituer à Cambridge et Oxford une chaire de théologie, et fut chargé de celle de Cambridge.

En 1504 donc, John fut désigné par le roi pour le siège épiscopal de Rochester. Alludant à son nom de famille (Fisher), John prit pour devise épiscopale : Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. John évita sagement les honneurs et lutta contre tous les abus. Il se lança dans l’arène contre les idées du protestantisme envahissant, soutenu dans un premier temps par le roi lui-même, qui se mérita la distinction de Défenseur de la Foi.

Mais quand Henri voulut légitimer son union avec Anne Boleyn, et donc son divorce avec Catarina d’Aragon, John prit ouvertement parti pour la Vérité et, tel un nouveau Jean-Baptiste, condamna l’attitude du roi.

Il tenta de susciter une invasion de l’Angleterre par l’empereur germain, pour renverser le roi impie.

Mgr Fisher fut arrêté une première fois en 1530, pendant quelques mois. En 1532, il résigna sa charge de chancelier. L’année 1533 fut houleuse. En avril 1534, il fut interné dans la Tour de Londres. On saisit ses biens, ses livres ; on força un petit meuble fermé à clef, où l’on trouva un cilice et des disciplines.

En 1535, le pape créa cardinal l’évêque John Fisher. Le roi s’en indigna et ironisa méchamment : Un chapeau ! Il va le porter sur les épaules !

Le cardinal Fisher fut condamné à mort le 17 juin 1535. On avança la date de son exécution avant le 24 juin, qui aurait été la fête de saint Jean-Baptiste (le patron de John Fisher), pour éviter de susciter l’indignation et la révolte de la population.

Au matin du 22, John s’habilla et lut dans l’Evangile : La vie éternelle consiste à te connaître, toi, seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre, ayant accompli l’œuvre que tu m’as donnée à faire (Jn 17:3).

Le saint prélat fut contraint de rejoindre nu l’endroit de l’exécution, où on le laissa attendre jusqu’au soir.

Le prélat apparut tout décharné, émacié, squelettique. Il récita le Te Deum, puis le psaume 70, et fut décapité, le 22 juin 1535.

Sa tête fut empalée sur le pont de la Tamise. Son corps fut jeté sans autre forme dans une fosse quelconque.

Il a été béatifié en 1886, et canonisé en 1935, en même temps que Thomas More qui, pour cela, est fêté aussi le 22 juin.

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