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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 23:00

24 JUIN

I.

S Jean Baptiste, précurseur et cousin du Seigneur ; on fête aujourd’hui sa naissance, et son martyre le 29 août.

I/III.

Ss Agoardus et Agilbertus, ainsi qu'une multitude d'autres martyrs à Créteil.

IV.

Ss Joannes, prêtre romain, et son compagnon Festus, martyrs à Rome.

Ss Orence, Héros, Pharnace, Firmin, Firme, Cyriaque, Longin, soldats martyrs à Satala.

S Simplicius, évêque à Autun ; il vécut dans la continence avec son épouse avant et après son épiscopat.

VI.

S Lupicin, ermite et ascète à Lipidiacum.

VII.

S Rombaut, irlandais ou anglais, ermite près de Malines, assassiné ; son monastère prit ensuite son nom.

VIII.

S Théodulphe, abbé-évêque à Lobbes.

IX.

S Gohard, évêque à Nantes, martyrisé lors d'une incursion de Normands, avec une foule de clercs, de moines et de fidèles réfugiés avec lui dans la cathédrale. 

XI.

S Theodgarus, missionnaire au Danemark où il construisit une première église en bois.

XII.

Bse Raingarde, veuve auvergnate, moniale cellérière à Marcigny ; de ses huit enfants, un fut évêque à Lyon, quatre abbés bénédictins (dont Pierre le Vénérable à Cluny) ; et deux petites-filles la rejoignirent à Marcigny.

S Barthélemy, prêtre et ermite pendant quarante-deux années sur l’île de Farne. 

XV.

S Jean, berger à Monchy-le-Preux, invoqué pour les hernies.

XIX.

S Ruose Yuan Zaide, prêtre chinois martyr, canonisé en 2000 et fêté avec tous les Martyrs chinois le 9 juillet.

XX.

B Maksymilian Binkiewicz (1908-1942), prêtre polonais déporté et mort à Dachau, béatifié en 1999.

Ste Anastasia García Zavala (Maria Guadalupe, 1878-1963), vierge mexicaine, active dans la fondation des Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres, béatifiée en 2004, canonisée en 2013.

Jean-Baptiste Précurseur

1er siècle

 

Le dernier des Prophètes de l’Ancien Testament, qui eut la joie de rencontrer Celui qu’on attendait depuis des siècles, Jean le Baptiste et Précurseur du Seigneur, nous est connu par quelques indications de l’Evangile, surtout celui de Luc (Lc 1 ; 3), un peu aussi celui de Matthieu (Mt 3), et quelques versets de Marc (Mc 1:1-9) et de Jean (Jn 1:19-28).                                  

Som nom de Baptiste rappelle traditionnellement qu’il baptisait les foules, en leur demandant de faire pénitence pour préparer les voies du Seigneur.

Les Orientaux en revanche lui donnent le titre de Prodromos, “celui qui court en avant”, traduit en latin par Precursor, Précurseur.

Le père de Jean-Baptiste était donc Zacharie, un prêtre de la descendance d’Aaron. Comme il y avait vingt-quatre classes de prêtres, chaque classe ne servait guère plus de deux fois par an (1 Ch 24:19 ; 2Ch 23:8). C’est par le sort que les prêtres se distribuaient entre eux les diverses fonctions du sacerdoce. Une des plus importantes était l’offrande de l’encens deux fois par jour, le matin à la pointe du jour et le soir à trois heures (Ex 30:6-8). Ce jour-là, le sort désigna Zacharie pour brûler l’encens : c’était très probablement la première fois de sa vie que cet honneur lui incombait.

L’ange qui apparaît à Zacharie lui dit que sa prière a été exaucée. Selon saint Augustin, Zacharie priait, bien plus que pour avoir un fils, pour la venue du Messie, le grand désir de toute la nation. Or le venue du Messie, dans le plan de Dieu, devait arriver par la naissance du Précurseur.

Zacharie, par son doute, perdit l’usage de la parole. Peut-être subit-il un choc émotionnel, bien compréhensible, à l’annonce de sa prochaine paternité, mais ce choc devait perdurer jusqu’à la naissance de l’enfant, lui dit l’Ange, parce qu’il n’a pas reçu l’annonce avec toute l’ouverture de son cœur. 

La stérilité était traditionnellement considérée comme un déshonneur, et même comme un châtiment (Gn 30:23 ; 1S 1:5-8 ; 2 S 6:23 ; Os 9:11). En outre Elisabeth était maintenant trop âgée pour avoir un fils. Mais Dieu voulait se servir de tous ces événements comme signes : le mutisme de Zacharie, la vieillesse des conjoints symbolisaient la stérilité du Vieux Testament, de l’Ancienne Alliance. 

Zacharie revint donc chez lui après son service au temple. D’après la tradition, il habitait à quelques kilomètres de Jérusalem, à Aïn Karim. Elisabeth eut donc la joie d’attendre un enfant. Au sixième mois eut lieu l’épisode de l’Annonciation à Marie, à qui l’Ange annonça aussi qu’Elisabeth en était à son sixième mois, car rien n’est impossible à Dieu.

La parenté entre Elisabeth, membre de la tribu de Lévi, et Marie, membre de la tribu de Juda, s’explique facilement par le mariage d’un ancêtre de Marie avec un ascendant d’Elisabeth. On ignore d’ailleurs la nature et le degré de cette parenté, qui fait de Jean un cousin plus ou moins éloigné de Jésus.

Après la naissance merveilleuse de Jean, Luc dit que l’enfant demeurait dans les déserts jusqu’aux jours de sa manifestation à Israël (Lc 1:80). On ne sait pas quel âge avait Jean. Remarquons que, n’ayant que six mois de plus que Jésus, il tombait directement sous la menace d’Hérode qui ferait massacrer tous les enfants de deux ans et en-dessous (cf. Mt 2:16), dans le but d’éliminer son “rival”, Jésus qui vient de naître. On peut donc supposer très logiquement que ses parents le protégèrent du danger en le cachant dans quelque cabane isolée du proche désert. Quant à Jean, qui avait déjà reçu avant sa naissance une réelle maturité intellectuelle (puisqu’il tressaillit en présence de Marie enceinte de Jésus, cf. Lc 1:44), il devait déjà savoir se débrouiller seul dans la solitude, mangeant ce qu’il trouvait, des sauterelles et du miel sauvage, dit Matthieu (Mt 3:4), ce qui n’exclut pas pour autant quelques visites prudentes et furtives des pieux parents à leur petit garçon.

On ne sait rien de plus, “officiellement”, des parents de Jean-Baptiste. Le Précurseur du Seigneur, jeune anachorète, devait bénéficier d’une protection divine certaine. Mystérieusement, sa nourriture et son vêtement sont ceux du prophète Elie (cf. 2R 1:8), dont on attendait le retour en Israël.

Quand Jean commença son ministère, peu avant la vie publique de Jésus, il invitait les populations à la conversion de cœur, à ne rien exiger en plus de ce qui était prescrit, et aux soldats à ne pas dénoncer faussement et de se contenter de leur solde  (!) (cf. Lc 3:10-14).

Surtout Jean montrait une humilité, une discrétion vraiment extraordinaires. Si sa prédication avait un grand succès, il rappelait avec insistance qu’il n’était pas Celui qu’on attendait, qu’il n’était pas même digne de délier la courroie de sa chaussure (cf. Jn 1:19-28). Et même quand il sera en présence du Christ - quelle émotion pouvait susciter cette rencontre physique, plus réelle encore qu’au moment de la Visitation - , c’est lui qui obéira au Christ pour lui verser l’eau du baptême, et qui peu après dira tout simplement à ses disciples : Voici l’Agneau de Dieu (Jn 1:29).

Jean ne pensait pas devoir baptiser le Sauveur ; mais Jésus tenait à en recevoir le baptême pour purifier lui-aussi cette nature humaine qu’il avait prise des hommes.

Le ministère de Jean s’effacera peu à peu, jusqu’à son emprisonnement par Hérode, à qui il reprochait d’avoir épousé sa belle-sœur (Mc 6:17).

De sa prison, Jean fit questionner Jésus et lui fit demander : Es-tu celui qui doit venir ? (Mt 11:3). Avait-il encore un doute ? Non, mais il voulait que ses interlocuteurs entendissent d’eux-mêmes la réponse de Jésus : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres sont évangélisés (Mt 11:5), autant de “signes” où il fallait entendre la guérison intérieure des pécheurs, désormais purifiés, pardonnés, ouverts à la Lumière, à la Vérité, à la Vie.

Peu de temps après, Jean devait être martyrisé par la décapitation (cf. Mc 6:21-29). Cet épisode triste et glorieux sera l’occasion d’une autre notice, le 29 août prochain. Jean Baptiste est en effet le seul Saint, après Marie, dont notre calendrier liturgique relate et la naissance et la mort. 

En ce 24 juin, six mois avant la naissance de Jésus, nous fêtons donc la naissance du Précurseur du Seigneur. Cette date est traditionnellement l’occasion des fêtes de la “Saint-Jean d’été”, par opposition à la fête de la “Saint-Jean d’hiver” (27 décembre, saint Jean l’Evangéliste).

La cathédrale du pape à Rome, Saint-Jean-de-Latran, est dédiée à saint Jean-Baptiste depuis le Ve siècle.

Signalons encore ici un texte poétique relatif à la naissance de Jean-Baptiste. Les moines du Moyen-Age eurent coutume d’invoquer le Saint avant d’aller chanter les louanges divines, le priant d’ouvrir leurs lèvres (et leur cœur), comme il avait redonné la parole à son père Zacharie. C’est l’origine de l’hymne Ut queant laxis, qui remonte à Paul Diacre († 799) et dont s’est ensuite inspiré Guido d’Arezzo pour donner aux notes musicales leur nom traditionnel : Ut - Ré - Mi - Fa - Sol - La - Si. Voici le texte de cette première strophe de l’Hymne, qu’on chante toujours aux vêpres de la fête de ce jour :

 

Ut queant laxis Resonare fibris    Pour que (tes) serviteurs puissent exalter à pleine voix

Mira gestorum Famuli tuorum,    les merveilles de tes actes,

Solve polluti Labii reatum,    efface la faute d’une lèvre souillée,

Sancte Ioannes.    ô saint Jean.

 

Le reste de l’Hymne fait allusion au mutisme de Zacharie, à sa guérison, au nom de Jean, à la Visitation de Marie à Elisabeth.

Un autre fait remarquable, d'ordre architectural celui-là, concerne la célèbre basilique de Vézelay. Le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin à midi, s'il fait soleil, la lumière projetée par les différents vitraux côté Sud, est parfaitement alignée le long de l'allée centrale de la nef. On en trouvera une photographie dans quelque livre consacré aux sanctuaires de France.

 

 

Agoardus et Agilbertus

et les Martyrs de Créteil

† 1er siècle ?

 

Les deux Martyrs Agoardus et Agilbertus posent plusieurs problèmes.

Les Actes de leur martyre sont considérés par divers auteurs, même anciens, très suspects. En voici un résumé.

Deux «disciples» de l’Apôtre s.Pierre (v. 29 juin), Savinianus et Potentianus, fondèrent l’Eglise de Sens ; ceux-ci envoyèrent à Paris deux convertis, nommés Altinus et Eodaldus, lesquels, mal reçus à Paris, se replièrent à Créteil (Christolium) ; là, ils convertirent une foule de gens, parmi lesquels Agoardus et Agilbertus, et toute leur parenté.

Le temple païen fut détruit par les néophytes, et le bruit en parvint au préfet, Aggrippinus, qui les fit torturer puis décapiter, avec une foule d’autres Chrétiens.

On a depuis longtemps critiqué négativement ces Actes, alléguant que Savinianus et Potentianus étaient du 3e siècle (v. 19 octobre) ; quant à Altinus et Eodaldus, aucune mention de leur prédication n’est faite à Paris ou Créteil. Enfin, on avança qu’on ne connaît aucun préfet Agrippinus en Gaule à cette époque. En conséquence de quoi, on a supposé que Agoardus et Agilbertus furent victimes d’une sédition locale, vers les 5e-6e siècles.

De toutes ces observations, il semblerait ne rien subsister des Martyrs en question, tandis que leurs châsses furent jalousement conservées, préservées de la fureur des Huguenots puis des Révolutionnaires, enfin remises en honneur.

Les saint Agoardus et Agilbertus, avec tous les Martyrs de Créteil, sont commémorés le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannes et Festus de Rome

† 362

 

Ioannes était un prêtre romain. Festus était aussi romain.

Ils furent martyrisés, probablement décapités, sur l’ancienne Via Salaria, et leurs corps ensevelis au lieu-dit Aux Sept Palombes, et non pas en Toscane.

La date très probable de leur martyre devrait être 362, date à laquelle Julien l’Apostat prit des mesures à l’encontre des Chrétiens.

Saints Ioannes et Festus sont commémorés le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simplicius d’Autun

† 389

 

Simplicius était issu d’une famille noble et très riche. Il vivait avec son épouse dans la parfaite chasteté. A la mort de l’évêque Egemonius, il fut choisi pour lui succéder.

Un mystère insoluble entoure la figure de cet évêque, le sixième sur le siège d’Autun.

On trouve mentionné Simplicius à plusieurs conciles entre 346 et 374, et il en est encore question en 418.

Les deux évêques précédents, Cassianus et Egemonius, moururent respectivement en 355 et 374 ; le successeur de Simplicius semble avoir pris ses fonctions en 389.

Plusieurs hypothèses se présentent : 

- il y eut plusieurs personnages portant le même nom, dont certains n’étaient pas évêques, peut-être des représentants de l’évêque d’Autun ;

- Simplicius, s’il a vraiment occupé ce siège d’Autun de 346 à 418, donc pendant plus de soixante-dix ans, après s’être marié, serait mort plus que centenaire, et, pour être secondé dans sa charge, aurait pris des évêques «coadjuteurs» ;

- autre hypothèse impossible : certains des évêques mentionnés auraient été des usurpateurs, mais ils sont reconnus comme saints.

Quoi qu’il en soit, on rapporte sur lui cette anecdote. L’épouse de Simplicius, ayant voulu continuer de vivre auprès de celui-ci, fut calomniée et accusée. Pour se justifier, elle remplit sa robe de charbons ardents pendant une heure, puis les passa à Simplicius : leurs habits restèrent intacts. Le prodige engendra la conversion et le baptême d’un millier de personnes.

Une autre anecdote raconte que le même Simplicius rencontra un jour une procession en l’honneur d’une déesse païenne. Il traça un signe de croix, la statue s’écroula et les bêtes qui la portaient s’immobilisèrent. Les quatre cents hommes présents, ne réussissant pas à faire avancer les animaux, comprirent que leur «déesse» était incapable, et se convertirent.

Saint Simplicius d’Autun est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Rombaut de Malines

† 775

 

Rombaut (Rumoldus) était d’origine écossaise ou irlandaise, même si certains historiens le présentent comme anglo-saxon.

Après avoir accompli un long pèlerinage à Rome et prié sur le tombeaux des Apôtres, il s’en revint, prêchant l’Evangile le long de son chemin. On trouve aussi qu’il fut ordonné évêque à Rome et qu’il coopéra à l’activité évangélisatrice de s.Willibrord (v. 7 novembre) : s’il est possible qu’il eût été évêque, il serait plus juste de dire qu’il poursuivit cette activité évangélisatrice, car Willibrord mourut en 739. Mais la suite de notre notice ne semble pas permettre d’approuver l’historicité de cet épiscopat.

Parvenu en Gaule Belgique, il s’établit en ermite sur les terres du comte Adon, dont l’épouse était fort affligée de ne pas avoir d’enfants. Rombaut lui en promit un, qu’il baptisa en effet, lui donnant le nom de Libertus. Mais cet enfant, en jouant près de la rivière, se noya : Rombaut le ressuscita.

Le seigneur exprima alors sa reconnaissance en donnant à l’Ermite un terrain pour l’édification d’un monastère, non loin de l’actuelle Malines.

Rombaut continua son discret ministère de prédication. Il eut l’occasion de reprocher à deux malandrins leurs vices : les deux résolurent de le faire disparaître et l’assassinèrent. Le corps de Rombaut, jeté dans la rivière, fut retrouvé et inhumé dans le monastère, qui prit ensuite le nom de Saint-Rombaut.

Saint Rombaut de Malines est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain, qui le décrit comme ermite et martyr.

 

 

Théodulphe de Lobbes

† 776

 

Théodulphe (Thiou) fut moine en l’abbaye bénédictine de Lobbes, dont il devint le quatrième abbé vers 758.

En 765 eut lieu un concile à Attigny, où les vingt-sept évêques et dix-sept abbés signèrent un accord spirituel par lequel ils s’engageaient, au décès de l’un d’eux, à prier des psaumes et célébrer des Messes pour le repos de l’âme du Défunt. Théodulphe fut un des signataires.

Sa signature cependant nous éclaire sur un autre détail : il signe en effet Théodulphe, évêque du monastère de Lobbes, ce qui signifie que, tout abbé qu’il était, il avait en outre la qualité d’évêque. On dirait aujourd’hui qu’il était un abbé-mitré.

Il ouvrit une école monastique, modeste, mais qui se développera particulièrement un siècle plus tard ; on y enseigna, outre la théologie, la musique et l’histoire. En outre, la bibliothèque s’enrichit de nombreux volumes, grâce à l’intense activité des copistes et des miniaturistes. Un inventaire du 10e siècle recensera pas moins de trois-cent quarante-sept volumes.

Théodulphe mourut le 24 juin 776, laissant le souvenir d’un saint moine.

Saint Théodulphe de Lobbes est commémoré le 24 juin dans le Martyrologe Romain.

Raingarde de Semur

1075-1134

 

Raingarde de Semur serait née vers 1075 et fut la jeune épouse de Hugues-Maurice III de Montboissier, dont les ruines du château existent encore en Auvergne, au canton de Cunlhat.

Ces époux chrétiens eurent huit enfants : Hugues IV de Montboissier le Décousu, dont les deux filles rejoignirent leur grand-mère au monastère de Marcigny ; Pierre, dit le Vénérable, abbé à Cluny ; Jourdan, abbé à La Chaise-Dieu ; Ponce, abbé à Vézelay ; Armand, abbé à Manglieu ; Eustache 1er, qui perpétua la famille ; Héracle, archevêque de Lyon ; Othon, qui mourut jeune.

Raingarde fut une épouse et maîtresse de maison de toutes vertus ; elle accueillait volontiers les Religieux de passage, comme saint Robert d’Arbrissel (v. 25 février) ; mais elle aspirait surtout à une plus grande union avec Dieu et, à la mort de son cher époux au retour de Terre Sainte, faisant mentir tous les projets de ses proches, elle rejoignit le monastère bénédictin de Marcigny.

Là, elle se fit une joie d’être toute soumise aux révérendes Sœurs, rendant volontiers service à chacune, avec un tel empressement qu’on la nomma cellérière (économe). 

Le monastère alors était très prospère et abritait plusieurs dizaines de moniales. Raingarde sut administrer les nécessités matérielles pour qu’aucune ne manquât du nécessaire ; elle devinait les besoins et les goûts de chacune. Elle qui était habituée à être servie chez elle, apprit la cuisine et prépara d’elle-même ce qu’il fallait ; son fils Pierre écrivit : Elle donnait à l’une du rôti, à l’autre du bouilli, à l’une des choses salées, à l’autre de douces. Bien sûr, sa sollicitude allait joyeusement auprès des malades et, après le monastère, aux pauvres qui frappaient, et tout cela sans jamais perdre la paix intérieure. On dit d’elle qu’elle était à la fois Marthe et Marie.

Elle eut la grande joie de compter parmi les Religieuses du monastère ses deux petites-filles, Poncie et Marguerite.

Austère pour elle-même, empressée pour les autres, elle tomba malade et comprit que Dieu l’appelait.

Raingarde mourut très saintement le 24 juin 1135. Considérée par les Bénédictins comme Bienheureuse, elle ne se trouve cependant pas dans le Martyrologe Romain.

 

 

Tostig-Bartholomew de Farne

† 1193

 

Tostig naquit à Whitby (Yorkshire, Angleterre N) au début du 12e siècle, de parents scandinaves.

A l’école, ses petits camarades eurent vite fait d’ironiser sur son nom (Tostig évoquant immanquablement le toast anglais), de sorte que le garçon assuma un prénom bien anglais (et plus chrétien) : William.

Il eut bientôt des visions du Christ, de Marie et des Apôtres Pierre, Paul et Jean. Il gagna alors la Norvège, où il fut ordonné diacre et prêtre. Comme certains prêtres vivaient en concubinage, il arriva qu’on lui fit une proposition de mariage : William quitta la Norvège et retourna en Angleterre.

Il fut trois ans curé, puis il demanda à entrer au monastère de Durham, où il prit le nom de Bartholomew.

Une nouvelle vision, de saint Cuthbert cette fois-ci, (v. 20 mars) l’appela à l’île de Farne. Avec la permission de son Supérieur, il s’y installa donc, non loin d’un certain Aelwin, qui ne le supportait guère… et qui partit.

A venir le rejoindre, ce fut le tour du prieur de Durham, Thomas, qui avait dû quitter le monastère à la suite d’un différend avec l’évêque. Là encore, l’entente ne fut pas immédiate, mais la sainteté de Bartholomew l’emporta et les deux ermites vécurent pendant cinq années, dans la louange et l’ascèse quotidiennes.

Bartholomew assista fraternellement Thomas à sa mort. Il continua sa vie solitaire, vivant du lait de sa vache et du blé de son champ. On vint le voir et, tel Jean-Baptiste, il conseillait aux puissants d’adoucir leurs exigences (cf. Lc 3:10-14).

L’ermite demeura, dit-on, plus de quarante ans sur cette île. Devenu très âgé, il fut assisté par les moines proches de Lindisfarne.

Bartholomew mourut le 25 juin 1193 (même si l’on a proposé bien d’autres dates) ; les miracles accomplis sur sa tombe le firent vénérer comme Saint, mais il ne se trouve pas mentionné au Martyrologe.

 

 

Jean, berger à Monchy-le-Preux

14-15e siècles

 

Il y a au sud d’Arras une colline où se sont illustrés de vaillants soldats, déjà au 17e siècle, mais surtout lors de la Première guerre mondiale.  C’est à Monchy-le-Preux (Pas-de-Calais).

Sur les pans de cette colline vécut, d’après une tradition tenace et vivante, un pieux berger nommé Jean, à la fin du 14e et au début du 15e siècles.

Il y aurait multiplié les miracles, guérissant les aveugles, les muets, les victimes de hernie et les malades mentaux (ou, parfois, possédés). Une fontaine donnait une eau bonne pour les yeux.

La Tradition a canonisé ce thaumaturge et un pèlerinage drainait des foules. Longtemps, on a vénéré un reliquaire contenant le crâne de Jean, mais qui fut détruit à la guerre.

Le village, qui disparut sous les bombardements, fut reconstruit et la chapelle rebâtie et restaurée récemment.

Saint Jean, le Berger, ne se trouve pas dans l’actuel Martyrologe, mais il demeure présent dans l’esprit des habitants, qui le vénèrent le 24 juin, comme saint Jean-Baptiste.

 

 

Ruose Yuan Zaide

1766-1817

 

Ruose (Joseph) était né en 1766 à Pe-Choui-Hien (Peng, Sichuan, Chine).

Il fut conquis par la parole de Mgr Dufresse, et surtout par la beauté du message du Christ.

Devenu néophyte, il voulut recevoir le sacerdoce.

Ordonné prêtre, il fut un apôtre très actif, jusqu’à son arrestation en août 1816.

Condamné à mort, il fut étranglé le 24 juin 1817 à Sichuan.

Béatifié en 1900, il est un des Martyrs chinois canonisés en 2000, dont la fête commune est au 9 juillet (et parmi lesquels se trouve aussi Mgr Dufresse).

 

 

Maksymilian Binkiewicz

1908-1942

 

Né le 21 février 1908 à Gmiona Żarnowiec (Olkusz, Pologne), de Roman et Stanislawa Czubasiewicżow, Maksymilian semblait ne pas devoir vivre longtemps à cause de sa mauvaise constitution. 

Sa santé se trouva améliorée à partir de sa Première communion.

Après le baccalauréat (1926), il entra au séminaire du nouveau diocèse de Częstochowa. Il fréquenta aussi des conférences à l’université Jagelloń de Cracovie, et fut ordonné prêtre en 1931.

L’abbé Maksymilian fut nommé préfet au séminaire de Częstochowa, puis préfet à Sosnowiec, puis Wielun, avant d’être recteur à Saint-Joseph. 

En 1933, il fut reçu docteur en théologie morale et remplaça l’abbé Sliwinski dans la paroisse Konopnica.

Le 6 octobre 1941, il fut prit dans la rafle générale des prêtres, fut momentanément interné à Konstantynów, puis à Dachau, à partir du 27 octobre 1941, sous le numéro 28450.

Il supporta avec calme et même avec le sourire les mauvais traitements, s’efforçant d’apporter lui-même du réconfort aux plus malades et aux plus anciens.

Le 23 juin 1942, il reçut une formidable volée de coups de bâtons et devait partir pour un régime de travaux forcés, mais il mourut le lendemain.

Il reçut la palme du martyre le 24 juin 1942 à Dachau ; c’est peut-être par erreur que le Martyrologe le mentionne au 24 août, et d’autres sources au 24 juillet.

Maksymilian Binkiewicz a été béatifié parmi les Martyrs polonais de la période nazie, en 1999.

 

 

Anastasia García Zavala

1878-1963

 

Née le 27 avril 1878 à Zapopan (Jalisco, Mexique) de Fortino García et Refugio Zavala de García, Anastasia conçut rapidement une grande dévotion pour la Sainte Vierge, car son père tenait une boutique de souvenirs juste en face du sanctuaire de Notre-Dame de Zapopan.

Jeune fille, elle pensa un moment épouser un certain Gustavo Arreola, mais elle sentit qu’elle était plutôt appelée à se consacrer à l’assistance des pauvres et des malades.

Avec son directeur spirituel, Cipriano Iñiguez, elle fonda alors en 1901 une nouvelle famille, les Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres.

La congrégation se développa rapidement, Anastasia - désormais María Guadalupe - se trouva être la supérieure de nombreuses religieuses, édifiées par son exemple de pauvreté, de joie, de service pour le prochain. Cette mère exemplaire eut même la permission d’aller mendier pour ses malades et pour l’hôpital ; elle ne mendiait que pour avoir le nécessaire, jamais plus.

Les religieuses prêtèrent aussi leur concours pour les prêtres et la catéchèse.

Survint la révolution au Mexique : dès 1911 l’Eglise fut persécutée, les prêtres recherchés, arrêtés, fusillés. Mère María Guadalupe risqua jusqu’à sa vie pour aider les prêtres et l’Archevêque de Guadalajara, qu’elle cacha dans son hôpital. Même les soldats respectèrent cette Mère admirable, en reconnaissance pour la bonté qu’elle leur montra en soignant leurs blessures de combat.

Elle fonda jusqu’à onze maisons au Mexique.

A partir de 1961, Mère María Guadalupe (on l’appelait aussi Lupina, diminutif affectueux de Guadalupe), souffrit beaucoup. Elle mourut à Guadalajara (Jalisco), le 24 juin 1963.

Le premier miracle attesté grâce à son intercession, fut la guérison d’un malade atteint de pancréatite aiguë ; après l’opération, dont on n’espérait pas de résultat positif, le malade sentit un parfum très fort dans sa chambre et se trouva totalement guéri en quelques jours. 

Le second miracle fut la guérison d’une femme de quatre-vingt-deux ans atteinte d’hémorragie cérébrale avec pression artérielle élevée. Brusquement, après que la famille ait imploré Mère Lupina, l’hémorragie cessa et la pression retomba, sans aucune conséquence.

Mère María Guadalupe fut béatifiée en 2004, et canonisée en 2013, lors de la première canonisation présidée par le pape François.

Actuellement, les Servantes de Sainte-Marguerite-Marie et des Pauvres sont présentes aussi au Pérou, en Islande, en Grèce et en Italie.

 

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