Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 juin 2020 1 29 /06 /juin /2020 23:00

 

30 JUIN

 

I.

Les nombreux Martyrs de la première persécution à Rome.

III.

S Basilides, soldat martyr en Alexandrie : il accompagnait au martyre la jeune Potamiène (cf. 28 juin), puis fut à son tour décapité.

S Martial, originaire de Palestine, évêque à Limoges, un des sept évangélisateurs envoyés de Rome en Gaule ; ayant fondé les Églises dans tout le sud de la Gaule, il mourut "ne cessant de regretter d'avoir si peu fait".

?

S Ostian, prêtre près de Viviers.

VII.

S Bertichramnus, évêque au Mans ; il développa la viticulture et fonda plusieurs monastères. 

Ste Adile, fondatrice d’un hôpital à Orp-le-Grand.

VIII.

Ste Erentrude, sœur ou nièce de s. Rupert, première abbesse à Nonnberg.

XI.

S Thibaud, des comtes de Champagne, ermite dans une forêt de Luxembourg puis près de Vangadizza ; prêtre camaldule ; patron des charbonniers. 

S László, roi de Hongrie ; il développa le christianisme en Croatie et fonda l'évêché de Zagreb.

XII.

S Otto, évêque à Bamberg, grand évangélisateur de la Poméranie ; il fonda une vingtaine de monastères et sut rester ami et du pape et de l’empereur.

XIII.

S Adolf, comte, cistercien, évêque à Osnabrück.

XVII.

B Philip Powel (Morgan), gallois, bénédictin, martyrisé à Tyburn ; à l'annonce de sa condamnation à mort, il s'écria : Deo gratias !

XVIII.

B Gennaro Maria Sarnelli, rédemptoriste napolitain, dédié au salut des malades et des prostituées, béatifié en 1996.

XIX.

S Vinh Son Ɖỗ Yến, prêtre dominicain au Tonkin, martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Ss Rimen Li Quanzhen et Baiduo Li Quanhui, deux frères chinois, martyrs, canonisés en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

B Zynovii Kovalyk (1903-1941), prêtre ukrainien rédemptoriste, martyr crucifié, béatifié en 2001.

B Vasyl’ Vsevolod Velychkovs’kyi (1903-1973), rédemptoriste, évêque ukrainien martyr : deux fois emprisonné, venu à Rome et mort en exil au Canada, béatifié en 2001.

Protomartyrs de Rome

1er siècle

 

L’histoire romaine nous apprend que Rome fut dévastée par un immense incendie en juillet 64.

Le fait est attesté par Tacite (Annales, 15:38-40). Le feu partit entre le Cirque Maxime et les collines du Palatin et du Cælium. Il détruisit dix des quatorze quartiers de la Ville et dura plusieurs jours. 

On estime à huit cent mille le nombre des habitants de Rome à cette époque, à plusieurs milliers les victimes de l’incendie et quelque deux-cent mille les sans-abris. 

Lors de recherches archéologiques, on a retrouvé des couches de cendre, des objets métalliques tordus et fondus partiellement à cause du feu.

Suétone à son tour parle des mesures prises contre les Chrétiens (De Vita Cæsarum, 38) ; Tacite est plus explicite en affirmant que Néron accusa d’emblée les Chrétiens.

Autre témoin des faits, dut être le pape Clément 1er, puisqu’il fut élu pape une vingtaine d’années plus tard.

Des bruits circulaient, prétendant que les incendiaires étaient des hommes de l’empereur, qui désirait assister à la destruction d’une ville par le feu, comme ce fut le cas de Troie ; en outre, il voulait, paraît-il, construire une ville toute neuve, Neropolis. L’empereur aurait été vu en train de chanter pendant cet incendie, s’accompagnant de sa harpe. Pour faire taire ces bruits, assoiffé de sang, il fit arrêter ceux qu’il jugeait «impies», parce qu’ils n’adoraient pas les dieux romains. 

Certains furent brûlés vifs pour servir de torches dans des banquets du soir ; certains furent crucifiés, d’autres jetés en pâture à des bêtes sauvages, d’autres encore, couverts de peaux de bêtes, furent la proie des chiens.

Ce martyre collectif semble avoir eu lieu peu après celui des apôtres Pierre et Paul, car Clément parle d’abord du martyre de Pierre, puis de celui de Paul, après seulement des Martyrs de Rome, dont Tacite dit qu’ils furent une multitudo ingens (une foule immense). Mais il n’est pas certain qu’il y ait un lien entre la mort de Pierre et Paul, et l’incendie de Rome et ses conséquences.

Les victimes furent exécutées dans le Cirque de Néron, qui se trouvait à l’emplacement actuel de la Basilique Saint-Pierre du Vatican.

La fête de ces nombreux Martyrs a été établie au 30 juin, lendemain de la fête des Apôtres Pierre et Paul.

 

 

Basilides d’Alexandrie

† 202

 

Basilides comptait parmi les disciples d’Origène, en même temps que les huit Martyrs dont il a été question le 28 juin. 

Mais il était aussi soldat, et se trouva être de faction auprès de la jeune vierge Potamiœna, que les autres soldats et la foule accablaient de propos sordides ; Basilides prit la défense de Potamiœna et chercha à écarter les badauds. 

S’approchant de la jeune fille, il l’encouragea, et Potamiœna lui promit qu’elle lui exprimerait bientôt sa reconnaissance. 

Basilides refusa de prêter serment comme militaire et fut mis en prison. Là, il eut une vision : la martyre Potamiœna, toute lumineuse, lui apparut dans la nuit du 29 au 30 juin, lui déposant une couronne sur la tête : c’était là sa reconnaissance.

Le 30 juin 202, Basilides fut décapité, rejoignant glorieusement sa «protégée».

Saint Basilides d’Alexandrie est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martial de Limoges

3e siècle

 

On a souvent et longtemps présenté Martial comme un disciple direct des Apôtres, et même comme ce petit enfant que Jésus leur a montré comme exemple d’humilité, successivement envoyé par saint Pierre pour évangéliser la Gaule.

Sur le petit enfant de l’évangile, d’autres traditions existent, entre autres celle qui identifie cet enfant avec le futur Ignace d’Antioche, dont le surnom de Théophore (porté par Dieu) pourrait confirmer cette thèse.

Grégoire de Tours en revanche situe l’arrivée de Martial à Limoges au cours du 3e siècle, en compagnie de deux autres prêtres orientaux.

Quoi qu’il en soit, Martial demeure le premier évêque de Limoges.

Les reliques de saint Martial subirent les vicissitudes de l’Histoire, faillirent disparaître totalement à la Révolution, et furent retrouvées après la tourmente.

L’attachement des Limousins à leur patron se marque par le choix fréquent du prénom de Martial pour les enfants. Mais aussi, tout au long des siècles, le recours à saint Martial en période de péril public, fut fréquent. En 994, cessa ainsi le fléau du “mal des ardents” ; en 1864, un grave incendie qui menaçait Limoges, s’éteignit rapidement.

Saint Martial est commémoré au Martyrologe le 30 juin.

 

 

Bertrand du Mans

540-623

 

Bertrand est le nom habituel qu’on a donné à Bertichramnus (Bertrannus, Berthram).

Bertichramnus naquit vers 540 près de Rouen, où se trouvait une des très nombreuses possessions (on parle de soixante-quinze villæ) de ses riches parents, des gallo-romains apparentés à maints évêques de l’époque.

Bertichramnus fut d’abord reçu à la cour de Clotaire Ier et de son successeur Caribert.

En 567, il entra dans la cléricature à Tours, et reçut l’ordination sacerdotale à Paris des mains de s.Germain (v. 28 mai) ; il fut nommé archidiacre.

En 586, il fut nommé évêque au Mans. Son activité visa surtout à reconstituer le patrimoine de l’Eglise, dilapidé par son prédécesseur.

Vers 588, le roi l’envoya comme ambassadeur auprès des Bretons.

En 590, il participa à une commission chargée de rétablir la paix dans le monastère Sainte-Radegonde de Poitiers.

Par deux fois, cependant, il dut quitter son diocèse à cause des démêlés entre Clotaire et Brunehaut : c’est qu’il entendait rester fidèle au roi ; il fut donc absent une dizaine d’années entre 592 et 605. Clotaire lui manifesta sa reconnaissance par des donations et lui fit remettre le pallium.

En 595, Bertichramnus fonda une abbaye près du Mans, en restaura d’autres. L’église Sainte-Croix du Mans sera aussi son ouvrage.

Connaisseur du monde agricole, il s’appliqua aussi à améliorer la viticulture. Les Français ne savent probablement pas ce qu’ils lui doivent !

En 614, il y eut un important concile à Paris, auquel il participa.

Son testament de 616 est éloquent sur les immenses propriétés qu’il avait reçues en héritage et qu’il léguait à divers diocèses, à diverses familles et à ses proches.

Bertichramnus mourut vers 623, après quelque trente-sept ans d’épiscopat.

Saint Bertichramnus est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ermentrude de Nonnberg

660-718

 

Ermentrude (Erentrude) était la nièce ou même la sœur de s.Rupert de Salzburg (v. 27 mars).

Elle aurait commencé sa vie religieuse à Worms, où elle s’occupait des malades et des malheureux et aurait même organisé une première communauté de religieuses. Elle montra aussi des dons particuliers de pédagogie envers les enfants.

Sa «devise» était le verset du psaume : Pour moi, approcher Dieu est mon bien ; j’ai placé dans le Seigneur mon refuge, afin de raconter toutes ses œuvres (Ps 72:28).

Quand fut fondée la nouvelle ville de Salzburg, Erentrude répondit positivement à l’appel de Rupert pour mener la vie religieuse à Nonnberg avec quelques-unes de ses compagnes de Worms : ce fut - et reste une abbaye bénédictine florissante, fondée vers 714, dont la première abbesse fut justement Erentrude.

Peu avant sa mort, Rupert informa Erentrude de leur prochaine séparation. Par sa prière, Erentrude obtint de mourir, sinon avant Rupert, du moins peu après.

Rupert étant mort le 27 mars 718, Erentrude priait pour son âme ; Rupert lui apparut une nuit, l’invitant aux noces éternelles. Quelques jours après, Erentrude tomba malade et alla rejoindre Rupert dans la Lumière éternelle, le 30 juin de la même année. 

Sainte Ermentrude de Nonnberg  est commémorée le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

Thibaud

1017-1066

 

Thibaud naquit en 1017 à Provins (Seine-et-Marne), dans la famille, dit-on, des comtes de Brie et de Champagne.

Sa naissance avait été prophétisée par un autre saint Thibaud (v. 21 mai), qui était son arrière-grand-oncle, archevêque à Vienne.

Les parents de Thibaud étaient Arnoul ou Arnulf, et Willa. Son parrain fut Thibaud III de Blois. Thibaud eut un frère, nommé aussi Arnulf.

Le garçon ne s’intéressait pas aux plaisirs ; il fréquentait volontiers un ermite nommé Burchard, qui vivait dans une petite île de la Seine.

Quand il fut en âge, il reçut de son père le commandement d’une troupe pour soutenir la guerre d’Eudes II de Champagne contre l’empereur Conrad le Salique, mais Thibaud déclina cette responsabilité et obtint plutôt la permission de quitter le domaine familial pour se retirer du monde.

Avec un ami, nommé Gaultier (Gauthier, Gautier), il passa à l’abbaye Saint-Remi de Reims, où il se sépara de ses serviteurs, et gagna en habits de simple mendiant la forêt de Pettingen en Germanie. Là, les deux compagnons se mirent au service de la population, maçons ou cultivateurs, ou fabriquaient du charbon de bois pour les forges ; ils gagnaient ainsi quelque argent qui suffisait à leur entretien et à leur nourriture.

Leurs vertus d’humilité et de serviabilité les ayant rendus trop célèbres dans la région, ils partirent, pieds nus, pour Compostelle ; ensuite, ils se rendirent à Rome, où il leur prit l’idée d’aller en Terre Sainte. Cependant, la fatigue les contraignit à se fixer à Salanigo, entre Vicenza et l’abbaye camaldule de Vangadizza (1054).

Ils se construisirent là deux cellules ; après deux années, Gaultier mourut. Thibaud alors redoubla ses austérités, ne mangeant que du pain d’avoine avec des légumes, dormant sur la planche. 

Il fut favorisé d’apparitions d’anges, peut-être aussi d’une célèbre vision de la Sainte Trinité, et du don des miracles, qui le rendirent célèbre.

Ce fut au point que l’évêque, averti, ne tarda pas à l’investir de la dignité sacerdotale. Mais la renommée de Thibaud s’étendit bien plus loin et rejoignit ses propres parents. Ceux-ci vinrent tous deux auprès de leur fils et, le voyant après tant d’années de séparation, ne purent que se prosterner respectueusement, sans mot dire.

Le comte Arnoul fut promptement rappelé d’urgence en France, mais Willa resta près de son fils, pour s’initier à la vie érémitique.

Un an avant de mourir, Thibaud reçut l’habit des Camaldules ; il ne dormait plus qu’assoupi sur un banc. Il fut atteint d’une vilaine maladie qui lui couvrit le corps d’ulcères et souffrit ces désagréments avec une patience admirable ; il mourut le 30 juin 1066, après avoir répété plusieurs fois : Seigneur, pitié pour ton peuple.

Il fut canonisé sept ans après sa mort, en 1073.

Par le frère de Thibaud, Arnoul, qui était devenu abbé à Sainte-Colombe-lez-Sens et à Lagny, d’importantes reliques furent rapportées dans ces abbayes. Un miracle fut à l’origine du prieuré Saint-Thibault-des-Vignes.

Saint Thibaud fut pris comme patron des charbonniers.

Le Martyrologe, qui le mentionne au 30 juin, nomme aussi l’ami Gaultier.

 

 

László de Hongrie

1040-1095

 

László (Ladislas, quelquefois Lancelot) naquit vers 1040 en Pologne, car ses parents, Bela et Richezza,  s’y étaient réfugiés avec leurs trois fils pour échapper à la haine du successeur de s.István (v. 15 août).

Quand ils purent revenir en Hongrie (1048), il y eut bientôt de nouvelles rivalités entre cousins, qui ne firent la paix que par la médiation des évêques (1064). 

C’était une paix fragile : beaucoup de heurts intervinrent pendant encore plus de dix années. 

A cette époque, László aurait épousé sa première femme.

Finalement László accepta de porter la couronne à partir de 1077. On a dit qu’en 1081 on lui imposa une relique de la Sainte Couronne en signe de confirmation de son pouvoir royal.

En 1078, selon certains historiens, il aurait épousé (en secondes noces) Adélaïde de Souabe, dont la fille aînée devint impératrice de Byzance

Il fut remarquable par sa bonté, sa justice, sa charité, se faisant le soutien des orphelins, des malheureux et de tous les affligés. Il prit des mesures sévères contre les auteurs de vols, détournements, blasphèmes : il n’était pas étrange à cette époque d’infliger quelque mutilation, de réduire à l’esclavage, ou même de condamner à mort. Ces mesures contribuèrent à décourager les malfaiteurs et à pacifier la vie sociale. 

Il passait du temps en prière ; il s’imposa des mortifications, comme le jeûne. On l’aurait vu une fois élevé de terre en extase. On lui attribua le miracle d’avoir sauvé son armée de la faim quand les vivres avaient manqué.

Car il prit les armes : il repoussa les Tartares, soumit les Cumans, les Bulgares, les Serbes ; il intervint auprès de sa sœur Hélène, reine de Croatie-Dalmatie, contre les assassins de son mari et, à la mort d’Hélène qui n’avait pas d’enfants, annexa pacifiquement cette région, y soutenant le christianisme et fondant l’évêché de Zagreb.

A la demande des croisés, il prit le commandement de la première croisade, mais il mourut juste avant de partir, à Nitra, dans une expédition contre les Bohêmes révoltés, le 30 juin 1095.

Il fut le roi de Hongrie le plus estimé de son peuple. On l’invoqua bien avant sa canonisation, qui eut lieu en 1192.

Saint László de Hongrie est commémoré le 30 juin dans le Martyrologe Romain.

 

 

Otto de Bamberg

1060-1139

 

Otto serait né vers 1060 à Mistelbach (Souabe) selon certains, en Franconie selon d’autres, de souche noble. 

On suppose qu’il reçut sa formation à l’abbaye d’Hirsau ; il fut ordonné prêtre.

En 1080, lors de l’élection de l’antipape Ghiberto de Ravenne, il n’hésita pas à exprimer son franc désaccord, mais ne perdit pas pour autant l’estime des grands.

En 1082, il fut chapelain de Judith, sœur de l’empereur Heinrich IV et épouse du duc de Pologne, Władisław Ier Herman, à la cour duquel il séjourna dix ans.

En 1091, il fut rappelé à la cour d’Heinrich IV comme chancelier. Il dirigea ainsi la construction de la cathédrale de Spire. L’empereur le nomma en 1102 évêque de Bamberg, un immense diocèse. Otto s’employa à faire construire ou consolider et réformer de très nombreux monastères. Il en fonda une vingtaine : non seulement dans son diocèse, mais dans ceux de Würtzburg, Ratisbonne, Passau, Eichstadt et Aquilée, au point qu’on l’appela le Père des moines.

En réalité, il ne fut consacré qu’en 1106, à Anagni, par le pape Pascal II, car il tenait à recevoir son ordination des mains du Pontife.

Otto réussit ainsi le tour de force de rester à la fois uni au pape légitime et attaché à l’empereur, au beau milieu de la fameuse et triste querelle des investitures. Heinrich V, comme son père, lui démontra beaucoup de respect et d’honneur : il l’emmènera à Rome pour y recevoir le pallium du pape en 1111.

En 1109, Otto consacra la cathédrale de Bamberg, entièrement reconstruite après l’incendie de 1081.

Dans un concile à Fritzlar en 1118, il lui fut reproché son attachement à l’empereur et même on prétendit le décharger de sa responsabilité épiscopale, ce qui ne l’empêcha pas de travailler activement à la signature du célèbre concordat de Worms en 1122.

Or, à partir de cette date, Otto allait répondre à l’appel du duc Bolesław de Pologne, qui désirait introduire le christianisme en Poméranie. Ayant pris les dispositions nécessaires pour l’administration de son diocèse, Otto fit deux voyages apostoliques en Poméranie, et évangélisa Pyrzyce, Julin, Kamień, Szczecin, Wolin, Kołobrzeg et Białogard, baptisant quelque vingt mille païens, qui le reçurent avec empressement.

Il réussit à détruire les temples de dieux païens, à abolir la polygamie, le sacrifice des nouveaux-nés, la magie sous toutes ses formes. A Julin seulement, on lui tendit des embûches : il fut traîné dans la boue, frappé, mais échappa à la mort.

Lors de son second voyage, rendu nécessaire par le retour de quelques communautés au paganisme, il confirma les habitants dans leur foi et serait allé encore plus au nord, s’il n’avait craint d’offenser les évêques locaux.

Par ses travaux ce Père des moines mérita aussi d’être appelé l’apôtre de la Poméranie.

Otto de Bamberg s’éteignit à ce monde le 30 juin 1139, et fut canonisé en 1189.

Il existe une formule de prières employée pour la bénédiction du vin qui, par les mérites de saint Otto, obtient la guérison de la fièvre ; une autre formule est usitée contre la morsure des chiens enragés.

 

 

Adolf d’Osnabrück

1185-1224

 

Adolf de Tecklenburg naquit vers 1185 dans le château de cette localité, benjamin des fils du comte Simon de Tecklenburg et d’Oda Berg-Altena.

Chanoine à la cathédrale de Cologne, il entra chez les Cisterciens de Kamp (auj. Kamp-Lintfort).

En 1216, il fut nommé évêque d’Osnabrück, une première fois : cette élection n’ayant pas été reconnue par le pape, on la refit l’année suivante. 

Les chroniques affirment qu’Adolf brilla par l’éclat de ses vertus. Si la formule peut sembler évidente, elle se réfère cependant au souci qu’eut l’évêque de mener à bien la réforme intérieure de son diocèse, de soulager la misère des pauvres et des pestiférés.

Après sa mort, le 30 juin 1224, il fut bientôt vénéré comme un Saint, quoiqu’aucune canonisation officielle ne fût intervenue. Le culte en fut cependant reconnu en 1625.

Le Martyrologe le mentionne à ce jour.

 

 

Philip Powel

1594-1646

 

Ce fils de Roger et Catherine Powel, de bons catholiques, était né le 2 février 1594 à Tralon (Brecknockshire, Pays de Galles). 

Après ses premières études scolaires à Abergavenny, il fut acheminé aux études de droit à Londres par un Bénédictin, Augustine Baker, qui ensuite l’envoya en Belgique (1614), en passant par Douai.

Ce fut à Douai que Philip entra chez les Bénédictins du monastère de Saint-Grégoire (actuellement transféré à Downside Abbey, Bath).

En 1618, Philip reçut le sacerdoce, puis l’habit et, en 1622, fut envoyé en mission dans son pays.

Après une année environ à Londres où il retrouva le père Baker, Philipp se dirigea vers l’Angleterre du sud, dans le Devonshire et le Somersetshire. Puis il fut aumônier des soldats du général Goring en Cornouaille.

Quand cette armée fut dissoute, Philippe voulut passer au Pays de Galles (1646), mais son vaisseau fut arrêté le 22 février par un bateau de la flotte du Parlement, conduit par des protestants. Reconnu comme prêtre, il fut entièrement dépouillé, vêtu de haillons et dûment interrogé par un juge présent à bord.

Les prêtres qui accompagnaient Philipp demandèrent au juge de faire la preuve qu’ils étaient prêtres ; mais Philipp déclara sans détour qu’il était prêtre. C’était le 6 mars 1645.

Envoyé à Londres où il fut interné, Philipp attrapa une pleurésie pour les mauvaises conditions où il se trouvait emprisonné. Il avait une natte pour s’étendre, entouré de cinq co-détenus malades.

Le 29 mai, il fut transféré dans la geôle commune, où l’on se doute que les conditions n’étaient pas meilleures.

Le 9 juin, à Westminter Hall, il comparut en jugement. Le 12, il exposa sa propre plaidoirie en bon juriste qu’il avait appris à être, démontrant d’ailleurs que ceux qui le jugeaient en ce moment étaient eux-mêmes en rébellion contre le roi ; de plus, il n’avait pas été arrêté en Angleterre, mais sur mer.

Condamné à mort, Philip répondit : Deo gratias ! et ajouta : La foule m’empêche de me mettre à genoux pour remercier Dieu, mais je le remercie humblement sur les genoux de mon cœur. Puis il pria à haute voix pour le royaume, pour le roi et la reine, pour le juge et la cour.

On lui proposa de choisir le jour de sa mort, mais invita le juge à bien vouloir choisir lui-même.

Les membres de la cour furent touchés de tant de délicatese et demandèrent au Parlement un délai, qui fut refusé car il fallait pour cela l’entremise d’un ambassadeur d’une autre grande puissance.

Philip ne voulait pas attendre. Il se préparait calmement à son dernier jour. Une de ses attentions était de balayer humblement la pièce de la prison. Il priait, convertissait et confessait. Même les gardiens étaient conquis par sa douceur et le laissaient exercer son apostolat dans la prison.

Au matin du 30 juin, il pria, célébra encore une fois la Messe, et s’étendit joyeusement sur la claie qu’on lui avait préparée, tirée par un cheval. En route pour Tyburn, on lui présenta un verre de vin, qu’il but à la santé de son «cocher» (le charretier).

Plus loin, le cortège obligea un autre attelage à s’arrêter : l’homme qui conduisait, irrité, se fâcha contre le moine condamné, blasphéma contre ce «traître», et fut puni par Dieu par la mort immédiate d’un de ses chevaux.

Arrivé à la potence, Philip pria à genoux, et monta sur la charrette fatale. Il parla encore à la foule. C’était pour lui le plus beau jour de sa vie ; il remercia Dieu d’être prêtre et bénédictin ; il priait pour ses persécuteurs, donna un pourboire au bourreau.

Au moment suprême, le charretier avait disparu, horrifié par la situation de ce saint moine qu’on voulait tuer. Il fallut attendre un bon moment pour lui trouver un remplaçant.

Après son dernier soupir, Philip fut dépouillé de ses vêtements, éventré, dépecé et jeté sur un brasier.

Il avait cinquante-deux ans. C’était le 30 juin 1646. (Une relation date ce martyre au 3 août, mais c’est très probablement une erreur). 

Philip Powel fut béatifié en 1929.

Gennaro Maria Sarnelli

1702-1741

 

Gennaro (Janvier, le prénom est fréquent dans la région de Naples, où mourut le Martyr saint Janvier - Ianuarius, voir au 19 septembre) naquit le 12 septembre 1702 à Naples, quatrième des huit enfants du baron de Ciorani, Angelo Sarnelli et de Caterina Scoppa.

A quatorze ans, il exprima à son père son désir d’entrer chez les Jésuites. Son père le trouvait encore bien jeune pour une telle décision et l’orienta vers les études de Droit. En 1722 il fut reçu docteur en droit civil et en droit canonique, en latin : utriusque iuris.

Tout en exerçant sa profession de juriste, il s’engagea dans les rangs d’une pieuse association, la Congrégation des Chevaliers Professionnels du Droit et de la Médecine, dirigée par les Pieux Ouvriers de saint Nicola de Tolentino, dont le but était d’assister les malades. Ainsi se précisa la réelle vocation de Gennaro. C’est aussi durant ces années qu’il connut saint Alfonso de’ Liguori, qui était alors un avocat de premier ordre (voir au 1er août).

En 1728, il fréquenta le séminaire, tout en résidant au collège de la Sainte-Famille et, en 1729, commença le noviciat dans la Congrégation des Missions Apostoliques, tout en continuant ses visites à l’hôpital, auprès des vieillards, parmi les marins malades, sans oublier ses leçons de catéchisme aux enfants.

En 1732, au terme de ce noviciat, il fut ordonné prêtre.

Avec saint Alfonso de Liguori, ils organisèrent des cours du soir.

L’archevêque lui confia la paroisse des Saints-François-et-Matthieu, un quartier espagnol. Gennaro y trouva une telle corruption parmi les jeunes filles, qu’il décida de mettre tout en œuvre pour combattre la prostitution.

En 1732, il se décide à faire partie de la Congrégation du Rédempteur, fondée par Alfonso de’ Liguori, sans se départir des Missions Apostoliques. Les deux idéaux se rencontraient ; don Gennaro participerait ainsi aux missions en paroisses, organisées par Alfonso de’ Liguori.

Il écrivit une trentaine d’ouvrages, préconisant la sanctification des laics, luttant contre le blasphème, traitant de la pédagogie, de la morale, de la pastorale, des droits de la femme.

Sa santé déclina prématurément et il mourut à Naples le 30 juin 1741.

Gennaro Maria Sarnelli a été béatifié en 1996.

 

 

Vinh Sơn Đỗ Yến

1764-1838

 

Vinh Sơn (Vincent) était né vers 1764 à Trà Lũ (Nam Định (Vietnam).

Ayant très tôt ressenti la vocation, il fit des études au séminaire et fut ordonné prêtre en 1798, par Mgr Delgado, futur martyr lui aussi.

Le père Vinh Sơn fut arrêté une première fois, chargé de la cangue pendant un mois, et racheté par des amis. Même ses ennemis reconnurent que leur prisonnier avait un comportement d’une douceur exceptionnelle.

En 1807, il entra chez les Dominicains et fit profession à Manille, en 1808.

Lors de la persécution, il préféra rester dans sa paroisse, passant d’une maison à l’autre pour se cacher, mais surtout pour encourager les chrétiens à rester fidèles.

Il fut reconnu et arrêté par des païens le 2 juin 1838 et conduit à Sanh-Hải-Ɖương pour y subir des longs interrogatoires.

Comme il avait soixante-treize ans déjà, le mandarin voulait l’épargner et lui suggérait de se faire passer pour un médecin, mais le père Vinh Sơn refusa cette offre : 

Je ne suis pas un médecin ; je suis un prêtre, pour offrir des sacrifices à Dieu et pour prêcher la foi en Jésus-Christ, pour lequel je suis prêt à mourir. Je n’accepte pas la proposition pour le prix d’un mensonge.

 Aussi le juge écrivit-il au roi pour obtenir l’autorisation de renvoyer l’accusé dans la province de sa naissance et de le faire examiner par les autorités dont il relevait ; mais il précisait en même temps que le prêtre ne paraissait pas disposé à renoncer à sa croyance ; aussi la réponse fut-elle aussi rapide que raide : 

Ce maître de la religion de Jésus a suivi et enseigné cette religion fausse et perverse ; il refuse de l’abandonner, c’est évidemment un homme dangereux digne d’encourir notre juste courroux, car il refuse de suivre ce qu’il sait et ce qu’il devrait faire. Qu’il soit décapité.

Cette réponse parvint le 30 juin 1838 : le jour même le père Vinh Sơn devait être décapité. Il s’avança avec joie vers l’endroit de l’exécution.

Il fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988. 

Rappelons que la fête liturgique de tous les Martyrs vietnamiens est au 24 novembre.

Baiduo Li Quanhui

1837-1900 

Rimen Li Quanzhen

1841-1900

 

Ces deux frères chrétiens et mariés étaient nés à Chentuncun (Jiaohe, Hebei, Chine) et y reçurent la palme du martyre, le 30 juin 1900.

Béatifiés en 1955, ils furent canonisés en 2000, et sont fêtés comme tous les Martyrs chinois le 9 juillet.

 

 

Zynovij Kovalyk

1903-1941

 

Zynovij (Zénon) était né le 18 août 1903 à Ivakhiv (Ternopil, Ukraine), dans une famille de rite gréco-catholique.

Il entra chez les Rédemptoristes et émit les vœuxen 1926. 

Il fit ses études de philosophie et de théologie en Belgique.

Ordonné prêtre en 1937, il exerça le saint ministère à Volyn.

Le jour où l’on fête l’Immaculée Conception dans le calendrier gréco-catholique, il était en train de prêcher dans son église, lorsqu’on vint l’arrêter, pour sa foi, le 20 décembre 1940.

Jeté en prison dans le couvent des Brigittines, réquisitionné par l’armée, il y subit les horribles et honteux mauvais traitements que les communistes réservaient aux prêtres, jusqu’à être crucifié contre le mur de la prison, à Bryhidky (Lviv).

Ce martyre eut lieu un certain jour de juin 1941.

Le Martyrologe l’a inscrit au 30 juin, depuis qu’il fut béatifié parmi les Martyrs d’Ukraine en 2001.

 

 

Vasyl’ Vsevolod Velychkovs’kyi

1903-1973

 

Il y a plusieurs graphies possibles pour cet évêque martyr, selon la manière dont on transcrit l’alphabet cyrillique : Vasyl Velyckovskyj ou Basil Velychkovsky.

Né le 1er juin 1903 à Stanislaviv (l’actuelle Ivano-Frankivsk, Ukraine), de Volodymyr Velychkovskyi et Anne Theodorovych, catéchistes, qui avaient dans leurs deux familles une longue tradition de prêtres., Vasyl eut tôt le désir de sauver les âmes et pour cela, de devenir prêtre.

Après le lycée de Horodentsi, avec la fougue patriotique de ses quinze ans, il entra dans l’armée qui se battait pour la liberté de la mère patrie, durant la Première guerre mondiale, puis il entra au séminaire de Lviv en 1920.

Ordonné diacre en 1924, il commença alors son noviciat dans la Congrégation du Très Saint Rédempteur à Holosko près de Lviv, et fit sa première profession en août 1925. Ayant déjà fait ses études sacerdotales au séminaire, il fut ordonné dès la fin du noviciat par l’évêque Joseph Botsian à la prêtrise. 

Ses supérieurs avaient tout de suite remarqué son talent de missionnaire, de sorte que, après deux années d’enseignement au juvénat de Volyn, on l’envoya avec d’autres confrères pour des missions à Stanislaviv. 

En 1928, il arriva au monastère de Kovel et, de là, développa beaucoup de missions en terre de Galicie, cherchant à regagner toutes ces populations qui étaient passées à l’Eglise Orthodoxe Russe.  Il créa maintes églises et chapelles. 

Revenu à Stanislaviv en 1935, il y fut supérieur, tout en continuant son activité missionnaire, même quand le gouvernement commença à persécuter l’Eglise Gréco-Catholique en 1939.

En 1940, par exemple, il organisa une procession à travers les rues de Stanislaviv, où participèrent quelque vingt-mille personnes.

Sans se soucier de la menace de la police soviétique, il se rendit en Ukraine centrale, pour travailler avec les Ukrainiens orthodoxes de Kamianets-Podilskyi : cependant, les allemands récemment arrivés sur place craignirent que l’activité du père Vasyl eût des rapports avec la résistance ukrainienne, et le prièrent de quitter la ville dans les vingt-quatre heures.

Le père Vasyl fut alors nommé prieur du monastère de Ternopil en 1942. 

Les Soviétiques reprirent la Galicie en 1945. Dans la seule nuit du 10 au 11 avril, ils arrêtèrent toute la hiérarchie de l’Eglise Gréco-catholique. 

Arrêté pour propagande anti-soviétique à Ternopil le 26 juillet 1945, le père Vasyl reçut la proposition d’être libéré s’il se rattachait à l’Eglise Orthodoxe russe. Sa réponse fut courte et claire : Jamais !

Envoyé à la prison de Kiev, il y attendit deux années avant d’être condamné à mort, pour avoir en 1939 qualifié l’armée soviétique de horde rouge et de troupe rouge. 

Les mois qui suivirent sa condamnation, le père Vasyl continua son apostolat auprès des prisonniers.

Un beau jour, on lui annonça que sa peine était commuée à 10 ans de travaux forcés. Le père Vasyl passa d’abord deux ans dans la région de Kirovsk, puis fut transféré aux mines de Vorkuta, au-dessus du cercle arctique. Là il s’occupa des autres prisonniers. Ceux-ci s’arrangèrent pour le faire travailler seulement dans l’hôpital, plutôt que dans les mines, de sorte qu’il put célébrer la Messe, même en cachette, presque tous les jours.

En 1955, à la fin de sa peine, il put retourner à Lviv. Il n’y avait plus d’église pour célébrer. Sans se décourager, il se construisit un petit autel dans un appartement, où il recevait des fidèles par petits groupes.

En 1959, il fut nommé évêque de l’Église greco-catholique ukrainienne «clandestine», mais ne put être consacré qu’en 1963, par le Métropolite Slipyj à Moscou. 

Le missionnaire était infatigable et intrépide. Il rédigea un ouvrage sur Notre-Dame du Perpétuel Secours, où il démontrait que les athées ne peuvent pas être de bons citoyens ; en plus, il écoutait Radio Vatican. 

Tous ces graves délits le conduisirent, en 1969, à une nouvelle arrestation, qui dura cette fois-ci trois ans, à Kommunarsk (Donbass), où, entre des séances de tortures, il assista encore d’autres prisonniers. 

Il fut remis en liberté en 1972, lorsque son état de santé déclina. On dit qu’avant de le libérer, on lui injecta une substance inconnue.

Il vint d’abord en Yougoslavie, où il retrouva sa sœur à Zagreb. 

Il se rendit alors à Rome, où il rencontra le patriarche Slipyi et le pape Paul VI, puis à Winnipeg (Canada), où il mourut le 30 juin 1973. 

Vasyl Velyckovskyj a été béatifié le 27 juin 2001.

On donne parfois pour date de sa mort le 30 juillet.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens