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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 23:00

06 JUILLET

 

I.

S Romulus, disciple présumé de s. Pierre, premier évêque à Fiesole, dont il est patron.

III.

S Tranquillinus, martyr romain.

IV.

Ste Kyriaki vierge et martyre à Nicomédie, qu'on vénère à Tropea sous le nom de Dominique.

S Gervais, diacre au Mans, assassiné près de Chalon-sur-Saône lors de son retour de Rome.

V.

S Sisoès le Grand, ermite égyptien.

S Palladius, diacre de Rome, évêque en Irlande pour y combattre le pélagianisme.

?

S Hugues, ermite à Menou.

Ste Noyale (ou S Guenn de Noyal), saint(e) de Bretagne. 

VI.

Ste Moninne de Killeavy, abbesse en Irlande.

S Goar, venu d'Aquitaine à Oberwesel ; il mourut de se savoir promu évêque à Trèves.

S Juste, moine à Condat.

VII.

SS Bertaire (Berthaire, Berthier) et Athalène, martyrs près de Favernay ; Athalène était diacre et neveu de Bertaire.

VIII.

Ste Sexburge, reine anglaise, sœur des stes Ethelrede, Ethelburge et Withburge, mère des stes Ercongote et Ermenilde, fondatrice et abbesse à Ely.

XIII.

Ste Angèle, sicilienne, carmélite au Mont-Carmel puis à Sciacca.

XVI.

S Thomas More, Grand Chancelier du Royaume au moment où Henri VIII rompait avec Rome ; il démissionna et fut exécuté deux semaines après son ami John Fisher ; proclamé (en 2000) patron des chefs de gouvernement et des hommes politiques, fêté avec s. John Fisher le 22 juin.

B Thomas Alfield, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

XVIII.

B Augustin-Joseph (Elie) Desgardin, cistercien à Sept-Fons, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

Bse Marie Rose (Suzanne Agathe) de Loye, bénédictine, une des trente-deux martyres de juillet à Orange, dont le calme et la joie firent dire aux gendarmes : "Ces bougresses-là meurent toutes en riant !" ; parmi leurs bourreaux condamnés à mort l'année suivante, certains demandèrent un prêtre avant de mourir. 

XIX.

S Baiduo Wang Zuolung, un des laïcs martyrs chinois victimes des Boxers, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Ste Marietta Goretti (1890-1902), martyre de sa chasteté ; l'assassin était présent à la canonisation, aux côtés de la maman de Marietta.

Bse Maria Teresa Ledóchowska (1863-1922), autrichienne d'origine polonaise, inspiratrice de l'Institut de Saint-Pierre-Claver, dédiée aux missions africaines.

Bse Nazaria Ignacia March Mesa (1889-1943), quatrième de dix enfants, espagnole émigrée au Mexique, fondatrice en Bolivie des Missionnaires Croisées de l'Eglise, pour la catéchèse en paroisse et l'assistance des pauvres, béatifiée en 1992, canonisée en 2018.

Romulus de Fiesole

† 90

 

Il y a plusieurs légendes concernant ce Saint, martyr à Fiesole (Toscane, Italie). En essayant de trouver entre elles un dénominateur commun et un lien possible entre les divers éléments de ces textes, on pourrait arriver à l'histoire suivante.

Romulus, né évidemment à Rome, se serait converti après avoir entendu la prédication de saint Pierre.

S'étant mis à son tour à prêcher avec succès l'Evangile à Rome même, puis dans les environs, Romulus fut bientôt nommé évêque par l'apôtre saint Pierre, qui l'envoya à Fiesole avec deux compagnons.

De passage à Volterra, ils croisèrent deux autres disciples de saint Pierre qui, eux, s'en revenaient de Fiesole, découragés par leurs travaux infructueux.

Romulus n'eut pas plus de succès, de sorte qu'il bifurqua vers la Lombardie, avec ses compagnons.

Mais voilà que bientôt après, un ange vint tirer l'oreille de nos missionnaires et les invita à revenir à la mission confiée par saint Pierre.

Cette fois-ci, ils pénètrent dans Fiesole, mais en secret, et Romulus commença à convertir un à un des habitants de cette ville toute païenne.

Les miracles furent aussi au rendez-vous : l'eau qu'une femme se refusait à donner à boire à nos héros, se transforma en sang. Par ailleurs, un jeune homme possédé du démon fut délivré par Romulus.

Ces épisodes, avec les nombreuses conversions opérées par Romulus, provoquèrent la colère du gouverneur, qui fit arrêter Romulus et ses compagnons, les invita à sacrifier aux dieux romains et, sur leur refus catégorique, les fit décapiter sans autre forme de procès.

Les quatre compagnons de Romulus auraient eu nom : Carissimus, Marchitianus, Crescentius, Dolcissimus, et le possédé guéri, Celsus.

C'était l'été 90, le 6 juillet, sous l'empereur Domitien.

Légendaire ou non, ce récit fait que saint Romulus est le patron de Fiesole et que la cathédrale lui est dédiée. Elle abrite l'urne des restes de son glorieux premier évêque martyr.

 

 

Kyriaki de Nicomédie

† 4e siècle

 

Les Grecs honorent le 6 juillet cette vierge qui aurait été martyrisée à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), sous Dioclétien. 

Elle aurait renversé des idoles, aurait été jetée aux bêtes (qui l’épargnèrent) et décapitée.

Il se trouve qu’on vénère à Tropea (Calabre, Italie S) une sainte Domenica, dont le nom est dérivé de Dominus, de même que Kyriaki dérive de Kyrios (seigneur).

Cette Domenica aurait été exilée sur les bords de l’Euphrate, et ramenée par les anges à Tropea, sa ville natale.

On ne saurait dire s’il s’agit d’une simple transposition, d’une invention, d’un transfert de reliques, de deux personnages distincts…

Saint Kyriaki de Nicomédie est commémorée le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sisoès le Grand

340-429

 

Sisoès était égyptien et a pu naître vers 340.

Il passa plusieurs années dans la solitude du désert de Scété, sous la direction d’un certain abbé Hor.

Puis il rejoignit l’ermitage de s.Antoine, après la mort de ce dernier (v. 17 janvier), près du mont Colzim (Quzlum, Al-Bahr-al-Ahmar). Il devait y rester près de soixante-dix ans.

Comme beaucoup d’ermites du désert, il s’imposa de grandes mortifications, qu’il abandonna quand il comprit qu’elles étaient souvent source d’orgueil ; mais il conserva l’habitude de ne manger qu’un jour sur deux.

On a conservé de lui des apophtegmes (conseils, sentences), comme ceux-ci : 

- pour vivre fidèlement sans être tenté de fuir sa cellule : Mange ton pain avec du sel et de l’eau, tu n’auras pas besoin de feu, ni de courir au loin.

- à un autre solitaire qui voulait se venger d’un affront : Mon Dieu, ne t’occupe pas de tes serviteurs, puisqu’ils sont certains de devoir se venger eux-mêmes (le visiteur comprit et demanda pardon).

Sisoès fut un jour pillé par les Sarrasins, qui lui prirent le peu qu’il avait. En cette occasion, il conseilla à son disciple (qui s’appelait Abraham), de ne jamais tuer un voleur, de s’en remettre à la Providence, d’accepter toute épreuve comme une punition des péchés, de recevoir toute faveur comme venant de la miséricorde de Dieu.

A la fin de sa vie, Sisoès dut quitter le désert à cause de ses infirmités. Il se retira dans la proche ville de Clysma, où il mourut vers 429, probablement nonagénaire.

On le surnomma le vase d’élection du désert.

Saint Sisoès le Grand est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Palladius d’Ecosse

† 432

 

Il s’agirait ici d’un diacre de Rome.

En 431, investi de l’épiscopat, il vint en Grande-Bretagne et en Irlande. Ceci dément que s.Patrice (v. 17 mars) ait été le premier évangélisateur de l’Irlande. Palladius l’a précédé, mais de quelques années seulement.

En 432, Palladius voulut venir à Rome pour rencontrer le nouveau pape, Sixte III, mais il mourut en chemin, quand il était encore en Angleterre.

Il avait aussi le grand désir de revoir à Auxerre s.Germain (v. 31 juillet), avec qui il était très lié. En apprenant sa mort, s.Germain sacra évêque Patrice, qui partit alors en Irlande pour continuer la mission de Palladius.

Saint Palladius d’Ecosse est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Moninne de Killeavy

435-517

 

Beaucoup d’incertitudes enveloppent la vie des Saints d’Irlande. Concernant notre Moninne, on a pensé soit qu’elle avait d’autres noms comme Darerca, Blinne, Modwenna, soit qu’on l’avait confondue avec d’autres Saintes portant ces noms. C’est pourquoi les détails qui suivent peuvent être pris au conditionnel.

Moninne vit le jour vers 435 à Donaghmore (County Down, Irlande), du roi Machta, et de la princesse royale Comwi.

Elle aurait été baptisée par s.Patrice lui-même (v. 17 mars) et élevée par ste Brigit de Kildare (v. 1er février).

Moninne aurait fondé plusieurs couvents en Ecosse et en Angleterre.

Elle aurait aussi fondé le monastère de Faughart. De ce monastère, les religieuses furent réveillées une nuit par le bruit que faisaient plus bas les villageois durant une noce. Elles décidèrent alors de se transporter ailleurs.

Elles allèrent d’abord sur l’île de Begerin, auprès de s.Ibar (un oncle de Moninne, v. 23 avril ?), puis retournèrent à Faughart avant de se fixer définitivement à Killeavy. Elles étaient huit, et dépassèrent les cent cinquante. Parmi elles se trouvait une jeune veuve avec son petit enfant, qui serait devenu l’évêque Luger.

Moninne mourut vers 517.

Sainte Moninne de Killeavy est commémorée le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Goar d’Oberwesel

† 575

 

De Goar on suppose qu’il était originaire d’Aquitaine.

Devenu prêtre, il fut avide de solitude et alla se retirer entre les actuelles Bingen et Koblenz, près d’Oberwesel.

Mais comme sa sainteté ne pouvait pas «briller sous le lampadaire» (cf. Mt 5:15), les habitants découvrirent cette lumière et Goar devint très connu. L’évêque de Trêves lui permit de prêcher, particulièrement parmi les pêcheurs du Rhin. Il fonda un hospice et une chapelle.

De mauvaises langues, comme il en existe toujours pour semer la zizanie, crurent bon de dénoncer l’ermite à l’évêque ; mais un prodige, par la bouche d’un petit garçon de trois ans, aurait manifesté l’innocence de Goar.

Le roi Sigebert le fit venir à Metz et, convaincu de la haute vertu de Goar, lui proposa d’être évêque à Trèves. Goar, trop dérangé par cette perspective, en devint malade et mourut.

Saint Goar d’Oberwesel est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Juste de Condat

6e siècle

 

De ce saint Iustus, on ne peut être certain que de son existence historique, car il est mentionné par les plus anciens manuscrits du monastère de Saint-Condat, l’actuelle Saint-Claude (Jura).

Juste aurait accompli des miracles, dont le récit s’est perdu.

Un des manuscrits en question se trouve à la bibliothèque de Besançon, c’est le Martyrologe et Nécrologe du Jura.

Le même document mentionne qu’au 9e siècle, le domaine de Salaise fut donné par le comte Othon à l’abbaye de Condat et qu’en contrepartie, l’abbé Agilmar lui remit des reliques de s.Juste.

Saint Juste de Condat est commémoré le 6 juillet dans le Martyrologe Romain.

Angela de Sciacca

† 1230

 

Angela vit le jour à Sciacca (Sicile, Italie).

Au cours d’un pèlerinage en Terre Sainte, elle entra au Carmel et fit la profession dans les mains du prieur général, s. Brocard (v. 2 septembre).

De retour à Sciacca, elle vécut en ermite, dans une grotte, où elle mourut le 6 juillet 1230.

Son culte fut approuvé par les papes, mais elle n’est pas mentionnée au Martyrologe.

 

 

Thomas More

1478-1535

 

Thomas naquit à Londres le 7 février 1478, fils de John More, un juriste, et de Agnes Graunger (ou Granger, Grainger).

Après ses études à Oxford, passionné de grec et de latin, il fut envoyé par son père en 1494 faire son droit à New Inn et Lincoln’s Inn. Avocat à vingt-et-un ans, il enseigna le droit jusqu’en 1510, devenant l’avocat des marchands, puis juge.

Un de ses profeseurs, Erasme, deviendra son grand ami. Erasme avait été invité par John Fisher.

En 1505, Thomas épousa Jane Colt, dont il eut trois filles et un fils. Après le décès de son épouse, il se maria en 1511 avec Alice Middleton, une veuve avec deux garçons ; cette dernière dut faire plaisir à son mari en apprenant la harpe, le luth, le monocorde et la flûte. Thomas s’efforça de donner une excellente éducation intellectuelle à ses enfants, filles et garçons, qui apprirent tous le latin, le grec et l’astronomie.

Dans son manoir de Chelsea, le train de vie de Thomas était bourgeois, mais très chrétien : il portait un cilice, il recevait des infirmes et des vieillards. Quand ses granges prirent feu, il écrivit à sa femme que, malgré tout, il fallait être contents, et même (se) féliciter d’avoir été visités par Dieu.

Il fut membre du Parlement en 1504, mais s’exila en France en 1508 : son père avait été mis en prison par le roi, pour s’être élevé contre les taxes occasionnées par la guerre d’Ecosse.

A l’avènement d’Henri VIII, Thomas revint en Angleterre. Les responsabilités officielles vont s’accumuler : maître des requêtes et membre du Conseil privé du roi, missions diplomatiques aux Pays-Bas (1515) et à Calais (1517), trésorier de la Couronne (1521), chancelier du duché de Lancastre (1525), chancelier du royaume (1529) : il fut le premier laïc à recouvrer cette charge.

De 1528 à 1533, il publia sept livres de réfutation des thèses protestantes de Luther, et fit arrêter quarante personnes acquises aux idées hérétiques.

Quand le roi Henri VIII voulut répudier Catarina d’Aragon et épouser Anne Boleyn, Thomas n’approuva pas cette attitude, malgré la profonde estime que le roi avait pour lui. Le roi refusa d’abord sa démission, et finit par l’accepter en 1532. Peu à peu, tous les grands du royaume se détachèrent de Thomas, pour conserver leur place à la cour.

En 1533, More refusa d’assister au couronnement d’Anne Boleyn, par fidélité à Catarina d’Aragon. Sa position sera interprétée comme trahison.

En avril 1534, More acceptait que le Parlement déclarât Anne Boleyn reine légitime, mais refusait de prêter serment, car le document du Parlement exprimait, en préface, l’autorité de cette assemblée en matière de religion, contre l’autorité du pape. Il fut emprisonné dans la Tour de Londres, au même moment que Mgr John Fisher. Thomas tomba gravement malade durant cette période et ne marchait que péniblement.

Le 1er juillet 1535, Thomas More passa en jugement ; accusé de haute trahison, il refusa de répondre à toute question sur l’autorité du roi en matière de religion. De faux témoignages entraînèrent sa mise en accusation formelle pour trahison ; il devait être pendu, éviscéré et écartelé, selon la formule tristement habituelle, mais le roi commua cette sentence en décapitation.

De sa prison, Thomas gardait contact avec sa fille Margaret. Son dernier billet portait cette petite phrase d’un humour bien anglais : More is no more (More n’est plus). Il pria son gendre de remettre un pièce d’or au bourreau.

L’exécution eut lieu le 6 juillet. Au pied de l’échafaud, More pria l’officier : Aidez-moi à monter, pour descendre, je me débrouillerai. Il se déclara alors bon serviteur du roi, et de Dieu en premier. Dernier trait d’humour, il écarta sa barbe (qui avait dû pousser durant la prison, car le portrait de Thomas le montre imberbe) - disant à l’officier : Cette barbe est innocente de tout crime, et ne mérite pas la hache.

Le 22 juin précédent, avait été exécuté Mgr John Fisher, dont la tête avait été empalée sur le pont de la Tamise. Celle de Thomas subit le même sort, mais sa fille réussit à s’en emparer furtivement.

Thomas More fut béatifié en 1886, avec John Fisher, et canonisé en 1935. Bien que martyrisé le 6 juillet - jour où il est commémoré au Martyrologe - Thomas More est fêté le 22 juin, en même temps que le saint évêque John Fisher.

Récemment, saint Thomas More a été proclamé en 2000 patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques. Que ces derniers y pensent quelquefois, on peut le leur souhaiter, mais ce céleste patron doit avoir beaucoup de travail du haut du Ciel.

 

 

Thomas Alfield

? - 1585

 

Son nom de famille pourrait aussi s’écrire Aufield.

Il naquit à Gloucester (Angleterre) et étudia au Collège anglais de Reims, où il fut ordonné prêtre an 1581.

Revenu en Angleterre, on le retrouve prisonnier en 1582, suite à la publication d’une réponse à un livre calomnieux contre le catholicisme.

Ayant refusé d’affirmer la suprématie de la Reine sur le Pape, il fut exécuté le 6 juillet 1585 à Tyburn.

Il fut béatifié en 1929.

 

 

Martyres d’Orange

juillet 1794

 

La petite ville de Bollène se trouve dans le district d’Orange. Le Comtat-Venaissin venait d’être annexé à la France en 1791. Il s’y trouvait deux couvents de femmes, Ursulines et Sacramentines.

Le monastère des Ursulines remontait à 1609, celui des Sacramentines à 1725. L’année 1792, les couvents furent officiellement fermés, confisqués, et les Religieuses contraintes à vivre dans le siècle.

Dans un premier temps, les deux Supérieures purent louer une maison pour reconstituer une vie à peu près conventuelle ; mais les Sacramentines durent se replier à Pont-Saint-Esprit, où l’aumônier laissait le Saint-Sacrement dissimulé dans une armoire, pour permettre aux Religieuses de faire leur adoration.

Quand la Convention voulut leur imposer le serment Liberté-Egalité, les Religieuses opposèrent une ferme fin de non-recevoir, considérant que ce serment était nettement anti-religieux. D’ailleurs, le tribunal d’Orange devait écrire à leur sujet que les béates ont déclaré qu’il n’était pas au pouvoir des hommes de les empêcher d’être religieuses.

En avril 1794, on leur interdit de sortir de leur maison, jusqu’à leur transfert à la prison d’Orange, qui eut lieu le 2 mai suivant. Il y eut ainsi cinquante-cinq Religieuses incarcérées dans la prison de la Cure, sans compter quelque deux cents autres femmes.

En attendant l’heure suprême, les Religieuses s’organisèrent en vie de prière, occupant leur journée de cinq heures du matin à dix-neuf heures du soir en dévotions diverses ; elles se confessaient à haute voix et faisaient la communion de désir.

Vers neuf heures elles étaient appelées par petits groupes, pour être «jugées» sur leurs crimes. Celles qui demeuraient en prison, priaient à genoux, invoquant la force du Saint-Esprit pour leurs Sœurs ; elles récitaient jusqu’à mille Ave Maria à cette intention.

Vers dix-huit heures, avait lieu l’exécution ; les survivantes s’agenouillaient et priaient pour les victimes. Puis elles se relevaient, évoquant leur joie d’avoir des Sœurs Martyres et déjà au Ciel, et chantaient le Te Deum ainsi que le psaume Laudate Dominum, omnes gentes.

Les exécutions eurent lieu les 6, 7, 9, 10, 11, 12, 13, 16 et 26 juillet.

On releva la joie extrême que les victimes montraient en montant à l’échafaud. Les gendarmes eurent ce mot resté célèbre : Ces bougresses-là meurent toutes en riant.

Le 26 juillet, il y eut un acte de «clémence» envers quatre Converses, à la suite d’une réclamation de la foule, lassée par ces actes de barbarie inutiles et répétés. Puis le renversement politique amena l’arrêt des exécutions dès le 5 août.

L’année suivante, 1796, les membres de ce tribunal d’Orange furent à leur tour condamnés à mort : deux juges et l’accusateur public demandèrent un prêtre, et priaient, demandant pardon pour leurs crimes, avant de mourir.

Les trente-deux Martyres d’Orange furent béatifiées en 1925. 

 

 

Suzanne-Agathe Deloye

1741-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 4 février 1741 à Sérignan (Vaucluse), elle entra chez les Bénédictines de Caderousse, avec le nom de Marie-Rose.

Elle fut condamnée le dimanche 6 juillet comme ayant voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition.

Martyrisée à Orange le 6 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Augustin-Joseph Desgardin

1750-1794

 

Né à Hénin-Liétard (Pas-de-Calais) le 21 décembre 1750, Augustin-Joseph entra à l'abbaye cistercienne de Sept-Fons, avec le nom de Elie.

Il fut condamné à la déportation en Guyane, mais resta sur le Deux-Associés qui ne partit jamais des pontons de Rochefort et dans lequel moururent presque tous les prêtres et religieux qui s'y trouvaient.

S'étant porté au secours de ses compagnons malades, Augustin-Joseph fut gagné par la contagion et mourut le 6 juillet 1794.

Il fut béatifié avec eux en 1995.

Baiduo Wang Zuolung

1842-1900

 

Baiduo (Petrus) était né vers 1842 à Shuanzhong (Jizhou, Hebei, Chine).

Lors de la révolte des Boxers, il fut conduit dans un temple païen et sommé de renier sa foi.

Sur son refus persévérant, il fut pendu à un balcon de l'édifice.

Ce fidèle Chrétien reçut la couronne du martyre à Shuanzhong, le 6 juillet 1900, fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Marietta Goretti

1890-1902

 

Maria Teresa, qu’on a communément appelée Marietta, était née à Corinaldo (province d’Ancône) le 16 octobre 1890, de Louis Goretti et Assunta Carlini, qui étaient aussi pauvres que profondément chrétiens.

Cette fille aînée eut cinq petits frères et sœurs, dont elle s’occupa angéliquement, lorsque son père mourut prématurément en 1900, de la malaria, obligeant la pauvre maman à aller travailler dans les champs.

La famille Goretti avait déjà dû se déplacer, en quête de travail. De Corinaldo, ils gagnèrent Colle Gianturco, puis Ferriere di Conca, près d’Albano, dans une ferme du comte Mazzoleni.

Marietta reçut la Confirmation à six ans, et la première Communion à douze, en mai 1902. C’était ainsi la coutume à l’époque. En cette occasion, tous les gens du village se cotisèrent pour lui offrir une belle robe blanche.

Marietta était douce et obéissante, elle savait diriger la maison sans utiliser le fouet, secondant sa maman en toutes choses. Elle priait chaque jour le chapelet.

Les voisins avaient un fils de dix-huit ans, Alessandro, dont le cœur était déjà perverti. Il profitait des absences de la maman de Marietta, pour aller tenir à la petite fille des propos obscènes. La pauvre petite fille sentit le mal et demanda à sa mère quoi faire : cette dernière exhorta sa fille à ne jamais céder au péché.

Mais Alessandro insistait, revenait à la charge, et finit par perdre patience devant une telle résistance : le 5 juillet, il se présente avec un poinçon de vingt centimètres de long et menace la pure Marietta. Celle-ci se débat : Non, Dieu ne veut pas, c’est un péché, tu irais en enfer. Le garçon porte quatorze coups de son poinçon, perforant un poumon, atteignant la région du cœur et déchirant les organes.

Marietta crie, Alessandro s’enfuit, on la transporte à l’hôpital mourante.

A l’hôpital, Marietta peut raconter à sa mère : Alessandro voulait me faire commettre un vilain péché et moi je n’ai pas voulu.

Le bon curé était près d’elle et lui parlait de Jésus en croix. Il lui demande : Et toi, Marietta, pardonnes-tu à ton bourreau ? - Oui, pour l’amour de Jésus, je lui pardonne et je veux qu’il vienne avec moi en Paradis.

Marietta expira le lendemain, 6 juillet 1902, en invoquant la Sainte Vierge, sa sainte Patronne. 

De nombreux miracles eurent lieu sur la tombe de Marietta, mais le plus remarqué fut la conversion de l’assassin. Condamné à trente ans de travaux forcés, il se faisait remarquer dans sa prison par son cynisme et sa brutalité, quand, en 1910, il vit en songe sa victime dans un jardin au milieu des lys et lui offrant une fleur. Bouleversé, il écrivit à l’évêque une lettre où il exprimait ses regrets et sa conduite fut dès lors si exemplaire qu’il fut relâché en 1929, décidé à travailler à la béatification de Marietta.

En 1934, humblement, il alla trouver sa mère : Assunta, me pardonnez-vous ? Et cette chrétienne héroïque, oubliant sa souffrance, de lui répondre : Elle vous a pardonné en mourant, pourquoi ne vous pardonnerais-je pas ? Le lendemain, c’était Noël, ils communiaient l’un à côté de l’autre.

Alessandro travailla comme laïc au couvent des Pères Capucins d’Ascoli Piceno. Il mourut en 1970, ayant rédigé un testament édifiant.

La béatification eut lieu en 1947, et la canonisation en 1950. Lors de cette dernière cérémonie, on put assister à ce spectacle vraiment inouï : l’assassin était aux côtés de la maman, remerciant ensemble Dieu et l’Eglise d’avoir élevé à la gloire des autels cette petite fille de douze ans, que le pape appela l’Agnès du 20e siècle (voir au 21 janvier). 

Sainte Marietta Goretti est fêtée le 6 juillet.

 

 

Maria Teresa Ledóchowska

1863-1922

 

Cette famille aristocratique d’origine polonaise comptait sept enfants, dont Julia (en religion Urszula, voir au 29 mai), et Włodzimier, qui fut Général des Jésuites. Un oncle, Mieczysław, fut cardinal.

Maria Theresa, l’aînée, naquit le 29 avril 1863 à Loosdorf (Vienne, Autriche), du comte Anton August Halka-Ledóchowski et de la comtesse Józefina Salis-Zizers.

Elle se cultiva, pratiqua la peinture et la musique et, sans jamais s’éloigner de la vie chrétienne, fréquenta la belle société avec ses mondanités élégantes.

A vingt-deux ans, elle contracta le typhus ; son père en mourut, tandis qu’elle en sortit assez défigurée, mais aussi transfigurée intérieurement. A cela s’ajouta une agression qu’elle subit dans la rue par un voyou (qui s’enfuit en l’entendant invoquer saint Louis) ; elle en demeura choquée avec des maux de tête pénibles.

Elle obtint d’être admise comme dame d’honneur auprès de l’archiduchesse de Toscane à Salzburg et fit durant ces années-là le vœu de virginité. 

Elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain. Sa vie quotidienne changea totalement ; elle participait chaque jour à l’Eucharistie, et méditait assidûment sur la Passion du Christ.

Interpellée par une lecture du cardinal Lavigerie sur l’abolition de l’esclavage en Afrique, en 1889, elle rencontra ce cardinal., et se dévoua à la cause par ses écrits, puis par sa propre revue, L’Echo d’Afrique.

Elle publia un roman (Zaida) pour illustrer les conséquences néfastes de l’esclavage.

Protégée et encouragée par l’empereur Franz Joseph et l’impératrice Elisabeth, elle résilia ses obligations à la cour et se voua à son œuvre. Pour la financer, elle vécut très pauvrement dans une maisonnette mise à sa disposition par l’impératrice.

Elle fonda une première association qui devint les Missionnaires de Saint-Pierre-Claver (voir au 8 septembre), maintenant installée dans plus de vingt pays des cinq continents. Le développement n’en fut pas facile, contrecarré même par d’autres centres missionnaires autrichiens ou allemands. Qui l’encouragea fut le cardinal Sarto, futur pape Pie X.

L’association fut bénie par le pape dès 1894, et les Religieuses émirent leurs premiers vœux en 1897. En 1910 la congrégation fut définitivement approuvée.

Maria Teresa ouvrit à Salzburg une imprimerie pour publier en diverses langues. Elle arriva à trente mille abonnés, à recueillir des millions de lires. On a conservé d’elle jusqu’à huit mille lettres en diverses langues.

Son action pour la cause des Noirs la fit appeler la Mère de l’Afrique.

Les dernières années, la tuberculose (ou la malaria) la rongea. Elle mourut à Rome le 6 juillet 1922, avec un long sourire qui suggérait une céleste vision. 

Elle fut béatifiée en 1975.

 

 

Nazaria Ignacia March Mesa

1889-1943

 

Nazaria Ignacia naquit le 10 janvier 1889 à Madrid en Espagne, quatrième de onze enfants. Elle fut ondoyée le jour-même, avec sa sœur jumelle. Elle recevra le baptême le 11 avril.

A cinq ans, elle reçut le scapulaire du Carmel. En 1896 elle entra au collège des Filles Nobles de Séville.

A neuf ans elle fit sa Première Communion ; c’est ce jour-là qu’elle s’entendit appeler pour la première fois : Quelqu’un lui dit : “Nazaria, suis-moi”, à quoi elle répondit de tout son cœur : “Je te suivrai, Jésus, le mieux que puisse le faire une créature humaine”. Elle promit intérieurement de garder la virginité.

Le 15 août 1900, à onze ans, elle fit le vœu de virginité, vœu qu’elle renouvela avec trois compagnes le 8 décembre suivant.

Elle reçut la Confirmation en 1902 et, en 1905, demanda son admission dans la Compagnie de la Croix de Séville. La Mère Fondatrice lui prédit qu’elle irait en Amérique et en reviendrait avec des Compagnes. Avec les années, l’appel vers une vie plus apostolique se fit plus insistant, en même temps que la petite fille s’épanouissait et semblait vouloir jouir de la vie. Mais elle resta généreuse et répondit toujours “oui”.

Des difficultés économiques s’abattirent sur la famille, et Nazaria s’employa à aider les siens, même au prix de quelques humiliations. On dut émigrer au Mexique (1906). Il se trouva que sur le même bateau voyageaient des Religieuses, les “Sœurs des Vieillards abandonnés”, ce qui fut sans doute le prélude à son entrée au postulat de México en 1908.

En 1909, elle quitta Cuba et rentra en Espagne pour faire son noviciat à Palencia, où elle émettra ses premiers vœux en 1911 et prendra le nom de Nazaria Ignacia de Sainte-Thérèse de Jésus.

En 1912, elle partit avec neuf compagnes en Bolivie, pour y fonder une maison à Oruro. Pendant plus de douze années elle forma une partie de la communauté des Sœurs, toute donnée aux œuvres de charité propres à l’Institut, en contact direct avec les vieillards, qu’elle regardait comme les membres souffrants du Corps du Christ. Elle parcourut bien d’autres villes, d’autres milieux, quêtant des aumônes pour ses petits vieux. C’est là qu’elle perçut de façon spéciale que “la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux” (Lc 10:2) et que le cri des pauvres arrivait au ciel et en attendait une réponse adéquate.

Des expériences mystiques intérieures se multiplièrent dès 1914. Nazaria entra à “l’école de Jésus”, l’école de la sainteté. Notre Seigneur lui révéla qu’il avait de grands desseins sur elle.

En 1915 elle émit les vœux perpétuels. Il lui fut donné de comprendre de plus en plus clairement qu’elle devait être, comme Marie, vierge et mère des âmes ; elle s’offrit complètement à accomplir les desseins de la Providence ; elle offrit sa vie pour l’Eglise de Oruro.

1920 : le 2 février, elle fit le vœu d’être l’esclave de Marie. A la veille de la Pentecôte, tandis qu’elle accompagnait les Religieuses du Bon Pasteur à la recherche d’une maison pour s’installer à Oruro, elle arriva au Beaterio de las Nazarenas (ancienne propriété des Jésuites, expulsés en 1767), qui lui inspira un sentiment intérieur de dégoût et l’envie d’en sortir promptement, à cause de l’aspect d’abandon misérable qu’elle y voyait. Mais là, dans l’église, elle entendit Jésus qui lui dit : “Nazaria, c’est toi qui fonderas, et cette maison sera ton premier couvent.” Pendant plusieurs années, elle se battit contre ses angoisses pour donner vie à la prédication de l’Evangile ; et par sa particulière intuition du mystère de l’Eglise, elle en arrivera à fonder une nouvelle famille religieuse.

Toujours en 1920, en octobre, durant les Exercices Spirituels de Saint Ignace de Loyola, il y eut une méditation sur le Règne du Christ, et Nazaria y vit tout tracés ses idéaux de travailler de toutes ses forces à l’unité et à l’extension du Règne du Christ ; et comprenant que, seule, elle ne pouvait pas faire grand-chose, elle ressentit un immense désir de regrouper d’autres personnes “sous l’étendard de la Croix”, concevant la Congrégation religieuse comme “une croisade d’amour à travers l’Eglise”.

La situation de la Bolivie était bien particulière à cette époque. Beaucoup d’églises locales naissaient, mais on manquait de prêtres ; pas de Congrégations religieuses locales non plus ; sectes laïques qui luttaient contre l’Eglise catholique ; et par-dessus tout cela une pénible réalité économique, politique et sociale. En 1923, Dieu demanda à Nazaria d’offrir sa vie pour la Bolivie. Nazaria demanda à la Mère Générale et obtint l’autorisation de s’offrir comme victime.

Le 14 août 1924, Nazaria sembla à l’article de la mort, mais se releva.

Le 18 janvier 1925, Nazaria fit un vœu spécial d’obéissance au pape, qu’elle renouvellera à la Pentecôte, en y ajoutant aussi le vœu de travailler à l’union et à l’extension de l’Eglise Catholique.

Désormais, elle sera aidée dans son projet par le premier évêque de Oruro, Mgr Antezana, par l’évêque de La Paz, Mgr Sieffert, et même par le Nonce apostolique en Bolivie, Mgr Cortesi : c’était le signe qu’elle demandait à Dieu pour lui confirmer sa vocation. Tous trois virent en elle l’action de l’Esprit Saint et épaulèrent fortement ce nouveau bourgeon de la vie de l’Eglise.

Le 16 juin 1925, suite à un décret de l’évêque, Nazaria quitta les Sœurs, pour commencer au Beaterio la fondation de la nouvelle Congrégation, avec pour tout capital 40 centimes que lui remit l’ancienne abbesse des Nazarenas. Elle avait pour compagnes neuf jeunes Boliviennes, avec lesquelles elle commença les premières activités missionnaires dans les mines, entre autres Uncía, puis Toledo, Condo, Challapata et Poopó. Ces vaillantes compagnes s’appelaient : Rebeca, Simona, Isabel, Sofía, Avelina, Isabel, Elsa, Dolores, Daría.

Le 12 février 1927 la Congrégation fut érigée canoniquement, de droit diocésain, sous le nom de Sœurs Missionnaires de la Croisade Pontificale, “première fille légitime de l’Eglise Bolivienne”, comme le dit Mgr Antezana.

D’après les Constitutions, écrites par la Mère Nazaria Ignacia, “l’Institut doit réaliser l’action sociale de la femme, avec la plus grande perfection possible, ayant pour fin principale la diffusion du catéchisme parmi les enfants et les adultes et retient pour sa caractéristique principale d’être reconnu pour sa particulière union avec le Saint Père”.

C’est ainsi que, en esprit de fidélité à leur église, à leur peuple, à leur époque, les filles “pontificales”, sous l’impulsion et l’exemple de la Mère Nazaria Ignacia, se dévouèrent aux petites filles abandonnées, aux prisonniers, à la catéchèse en paroisse et dans les casernes, préparant les visites pastorales dans les mines et les campagnes. Elles recherchaient la promotion de la femme, par la professionnalisation et la défense de leurs droits, en fondant en Bolivie le premier “Syndicat des ouvrières” de l’Amérique Latine. Ce fut la “Ligue catholique des Dames Boliviennes”, dont la fin était l’amélioration religieuse, morale, culturelle et économique de la société bolivienne, spécialement des classes pauvres et ouvrières. Et pour accompagner ce programme, elles firent des publications qui aidaient à comprendre la place qu’elles occupaient dans la société et l'Eglise.

En avril 1934, Nazaria était aux pieds du pape Pie XI et lui manifestait son désir de mourir pour l’Eglise. Le pape lui répondit : Non pas mourir, mais vivre et travailler pour l’Eglise.

Le 8 juin 1935, la Congrégation reçut le Décret de Louange, devenant de droit pontifical.

En 1936, Nazaria fut en Espagne pour ouvrir des maisons. C’était la Guerre civile. On l’arrêta avec ses filles et on les mit en face d’un piquet de soldats pour les fusiller. Le consul d’Uruguay intervint à temps pour les sauver de la mort. L’ambassade de Bolivie les accueillit comme réfugiées. Nazaria pourra regagner l’Amérique en 1937.

Le 10 décembre 1938 se fonda à Buenos Aires (Argentine) une Association de Demoiselles sous le nom de Pierres Précieuses Pontificales du Pilier, dont le but était de les former à travailler ensuite dans l’Action Catholique. Puis vinrent beaucoup d’autres œuvres, trop longues à décrire ici : Ateliers et Ecoles pour les petites filles pauvres du peuple, toujours avec ce même but de la promotion de la femme. Pour aider les ouvriers et les chômeurs, elles se privèrent de leur propre pain, elles mendièrent pour eux, organisèrent des Associations : “Tables populaires”, “Marmites du Pauvre”… Là,  outre la nourriture, on cherchait avec eux une solution à leurs problèmes. Ce fut aussi la création d’un “Foyer des Pauvres”, pour y recevoir les plus pauvres et les délaissés, qui y terminèrent leurs jours, ou les petites filles paralysées, démentes et aveugles, démunies de tout secours, ou aussi les vieilles dames devenues inhabiles, handicapées et aveugles, qui avaient besoin de toutes sortes d’aides pour vivre les derniers jours de leur vie sur terre.

Une autre préoccupation de la Mère et de ses Sœurs fut leur soin extrême pour les jeunes et l’union des familles. Enfin, elles recherchèrent l’unité des chrétiens, s’employant de toutes leurs forces à ce qu’il n’y eût qu’un seul troupeau et qu’un seul Pasteur.

Dès les dix premières années, la Congrégation fut présente en Bolivie, Argentine, Espagne et Uruguay. En Bolivie, elles furent à Cochabamba, La Paz, Potosí et Santa Cruz, répondant aux appels des situations locales. Au temps de la guerre entre Bolivie et Paraguay (1933), elles laissèrent leurs couvents pour soigner les blessés dans les “hôpitaux de sang” ; puis elles s’occupèrent des orphelins de guerre, qu’elles considéraient comme les membres de leur propre famille.

Au milieu de tant de signes providentiels et malgré cette rapide expansion de l’Institut, il faut signaler ici les attaques injustes que subirent les Religieuses. Dès 1932 furent publiés des articles contre Nazaria, dans la presse sectaire et anticléricale ; il y eut un procès ecclésiastique contre Nazaria fomenté par une de ses filles : soudoyée par des prêtres, Rebeca accusait Nazaria de lui avoir ravi la charge de Fondatrice. On demanda même la tête de Nazaria : la maison de Orura fut prise d’assaut, on traîna Nazaria devant le juge. Mais sur le témoignage fidèle des autres religieuses, le jugement tomba en faveur de Nazaria. Après un court séjour au Pérou, elle revint à Oruro, où la population lui demanda pardon, sur invitation de l’évêque.

En 1939, Mère Nazaria revint en Espagne, pour continuer et compléter l’installation de maisons.

En 1942, malgré la guerre et malgré sa santé qui déclinait, elle alla à Buenos Aires pour le troisième Chapitre général. Ce fut son dernier grand voyage.

Elle entra à l’hôpital de Buenos Aires en mai 1943, où elle reçut le sacrement des malades en juin, et s’éteignit à ce monde le 6 juillet 1943, laissant grande réputation de sainteté. Ses restes furent transportés à la Maison Mère de Oruro (Bolivie), selon son désir, le 18 juin 1972.

Le 9 juin 1947 ce sera l’approbation définitive, avec l’appellation de Missionnaires Croisées de l’Eglise, quand Nazaria était déjà décédée depuis quelques années.

Elle a été béatifiée en 1992, canonisée en 2018, et on la fête le 6 juillet.

Lors de l’annonce de la béatification, le Nonce Apostolique disait : Je ne doute pas que ce premier fruit de sainteté en terre bolivienne n’ouvre la route à beaucoup d’autres âmes qui suivront l’exemple de Mère Nazaria, véritable prophète de la nouvelle évangélisation.

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