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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 23:00

07 JUILLET

 

II.   

SS Pérégrin, Lucien, Pompée, Hésyque, Papius, Saturnin et Germain, italiens martyrs à Durazzo.

S Pantænus, converti du stoïcisme, excellent professeur à Alexandrie, et même prédicateur jusqu'en Inde.

S Apollonius, évêque à Brescia.

V.

S Consul, allemand, évêque à Côme.

VI.

SS Odran et Médran, frères irlandais ; Odran voyagea beaucoup, Médran fut moine.

?

S Sigisbaud, premier évêque à Sées.

VII.

Ste Ædilburge, anglaise, abbesse à Faremoutiers.

Ste Ercongote, anglaise, fille de ste Sexburge, nièce de ste Ædilburge, moniale à Faremoutiers. 

S Boisil, prieur à Melros, maître de s. Cuthbert ; il lisait tout l’évangile de s. Jean chaque semaine et eut le don de prophétie, annonçant sa propre mort (de la peste).

VIII.

S Hedde, évêque à Dorchester ; il transféra ce siège à Winchester.

S Willibald, anglais, fils de s. Richard, frère de ste Walburge et de s.Winebald, premier évêque à Eichstätt.

S Máel Ruain, évêque et abbé en Irlande.

IX.

S Angelelme, évêque à Auxerre ; il imposa aux chanoines la vie régulière.

XII.

S Odón, évêque à Urgel, nommé alors qu'il n'était que laïc.

XIV.

B Benoît XI, pape (1303-1304) : général des Dominicains, adroit, conciliant, il mourut au bout de huit mois de pontificat ; on a de l'Eglise de Perse une lettre écrite pour son élection, où le pape est reconnu comme chef universel.

B Oddino Barotti, curé à Fossano, tertiaire franciscain ; il fit construire un hôpital et s'épuisa à recueillir les malades et les moribonds durant une épidémie.   

XVI.

Bx Roger Dickenson, Ralph Milner, Laurence Humphrey, martyrs à Winchester ; le premier était prêtre, le second, récemment converti, père de huit enfants et arrêté au jour de sa première communion, le troisième un jeune catéchiste converti depuis peu.

XVIII.

B Jean-Joseph Juge de Saint-Martin, sulpicien, directeur de séminaire, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

Bse Françoise Marie Suzanne (Iphigénie de Saint-Matthieu) de Gaillard de la Valdène, bénédictine et martyre à Orange.

XIX.

SS Antonio Fantosati, évêque, Giuseppe Maria Gambaro, prêtre franciscain, Magu Ji Tianxiang, laïc persévérant bien que privé de l'Eucharistie pendant trente années à cause de l'opium qu'il fumait, Mali Guo Lishi, mère de famille qui assista au martyre des sept membres de sa famille, tous martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

B Peter To Rot (1912-1945), laïc papou, catéchiste et père de famille, martyr des Japonais, premier Papou béatifié, en 1995.

Bse María Romero Meneses (1902-1977), des Filles de Marie Auxiliatrice au Nicaragua, au service des pauvres et abandonnés, qui diffusa la dévotion à l'Eucharistie et à la Sainte Vierge, béatifiée en 2002.

Pantænus d’Alexandrie

† 215

 

Pantænus (ou peut-être Partænus) fut un philosophe d’Alexandrie d’Egypte, qui appartenait d’abord 

à la secte des stoïciens.

L’historien Eusèbe écrit :

On raconte qu’il montra une telle ardeur et un tel enthousiasme pour la parole divine qu’il se fit admirer comme héraut de l’Evangile du Christ chez les nations de l’Orient, et qu’il poussa même jusqu’à la terre des Indes. Il y avait alors, en effet, quantité d’évangélistes de la parole, soucieux de mettre un zèle divin à imiter les apôtres pour propager et édifier la parole de Dieu. Pantænus fut l’un d’eux : on dit qu’il vint jusqu’aux Indes. Là il se trouva devancé par l’évangile selon Matthieu auprès de quelques-uns qui connaissaient le Christ. C’est Barthélemy, un des apôtres, qui les avait instruits et leur avait laissé le livre de Matthieu.

S.Barthélemy passa effectivement en Inde (v. 24 août), et le récit d’Eusèbe est parfaitement cohérent.

Pantænus revint à Alexandrie et reprit son enseignement. L’évêque Alexandre de Jérusalem parlait de lui comme le véritablement bienheureux et seigneur.

Il mourut en paix sous Caracalla, donc vers 215.

Saint Pantænus d’Alexandrie est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Boisil

? - 664

 

C'est surtout par saint Bède le Vénérable (voir au 25 mai) que l'on connaît cet abbé anglais. Bède fut informé par un certain Sigfrid, moine de Jarrow, qui fut d'abord sous la tutelle de Boisil en l'abbaye de Melrose.

On ne dit rien sur l'origine et l'enfance de Boisil. 

Boisil était prieur de l'abbaye de Melrose, sur les bords de la Tweed, au milieu d'une grande forêt qui faisait alors partie du Northumberland. L'abbé était Eata. Il semble que tous deux, Eata et Boisil, aient été formés d'abord par saint Aidan, abbé et évêque à Lindisfarne (voir au 31 août). 

La grande popularité de Boisil lui vient d'abord pour avoir reçu et formé Cuthbert, plus tard saint aussi (voir au 20 mars). Quand il le vit pour la première fois, Boisil s'exclama "Voici un serviteur du Seigneur", répétant pour ainsi dire l'exclamation de Jean-Baptiste en voyant le Christ : "Voici l'Agneau de Dieu" (Jn 1:29). Et il obtint de l'abbé Eata de l'accueillir immédiatement dans le monastère. Il lui annonça dès lors les principaux événements de sa vie : sa maladie et sa guérison durant une épidémie de peste, son élection à l'épiscopat, et ses grands services pour l'Eglise.

Boisil prédit trois ans à l'avance la grande peste de 664, durant laquelle Cuthbert tomberait malade, mais guérirait, tandis que lui-même devait en mourir. Ce qui arriva précisément.

Ses plus fréquentes instructions aux religieux étaient les suivantes : Ne cesse jamais de rendre grâces à Dieu pour le don de la vocation religieuse ; veille toujours sur toi-même pour combattre tout sentiment d'amour-propre, toute attache à ta volonté et à ton propre jugement, entretiens-toi sans relâche avec Dieu par la prière intérieure, demande une grande pureté de cœur, car c'est le seul vrai et le plus court chemin qui conduit à la perfection.

Il faisait chaque jour une lecture dans l'évangile de saint Jean, qu'il avait distribué en sept parties, pour le lire intégralement chaque semaine. Cuthbert en hérita la pratique. 

Non content d'instruire ses frères en religion par la parole et par l'exemple, Boisil allait souvent dans les villages environnants pour évangéliser les pauvres. 

Quand Cuthbert fut guéri de la peste, se sachant lui-même proche de la mort, il exhorta ainsi son disciple : Tu vois que Dieu t'a délivré du fléau ; tu ne retomberas pas et ne mourras pas cette fois. Quant à moi, ma mort est proche ; ne néglige pas de recevoir mes leçons tant que je puis te les donner, cela ne durera pas plus de sept jours.

Cuthbert lui demanda alors : Et que dois-je choisir de préférence comme lecture pour que cela ne dépasse pas ce laps de temps ? Boisil lui répondit : L'évangile de saint Jean ; nous pouvons le lire dans cet intervalle et faire toutes les réflexions nécessaires.

Les sept jours écoulés, Boisil tomba malade et vit arriver sa dernière heure avec une jubilation extraordinaire, car il avait le plus grand désir d'être uni à Jésus-Christ. A ses derniers moments, il répétait souvent le mot de saint Etienne : Seigneur Jésus, reçois mon âme. C'était en 664.

Après sa mort, Boisil montra encore son intérêt pour son pays et l'abbaye. Par deux fois, il apparut à l'un de ses disciples pour l'envoyer dire à saint Egbert (voir au 24 avril) : Ta mission est d'aller dans les monastères de saint Colomba pour leur apprendre la vraie manière de célébrer la fête de Pâques. Il y eut en effet maintes discussions en Angleterre au sujet de la date de Pâques, certains préférant la tradition celte, d'autres l'obéissance à Rome.

En 1030, les reliques de Boisil ainsi que celles de Bède, furent transférées à Durham, auprès de celles de Cuthbert. 

Différentes dates ont été retenues pour la fête de saint Boisil. Des calendriers d'Ecosse l'ont placé au 23 février ; les Bollandistes au 23 janvier, ou aussi au 9 septembre, sans raison apparente ; aujourd'hui on s'accorde plutôt pour le 7 juillet, mais le Martyrologe Romain ne l'a pas retenu, probablement à cause de cette incertitude encore pas résolue.

 

 

Ædilburge de Faremoutiers

† 695

 

Ædilburge (Aubierge) était l’une des filles du roi Anna d’Est-Anglie et de Hereswyde ; ses sœurs s’appelaient Sexburge, Ediltrude (v. 23 juin), Wilburge, et leur frère Ærconwald (v. 30 avril).

Voulant se consacrer et ne trouvant pas de monastère à son goût exigeant, elle vint au Gaule et se fixa à Eboriacum, devenu Faremoutiers, où l’on pratiquait la règle de s.Colomban (v. 23 novembre). Sa demi-sœur (ou sa nièce) Sethride l’accompagnait.

Cette dernière d’ailleurs succéda bientôt à l’abbesse Burgondofare.

Ædilburge succéda à son tour à Sethride.

C’est elle qui entreprit la construction d’une église dédiée à tous les saints Apôtres.

Quand elle mourut, le 7 juillet 695, on l’y enterra. Sept ans plus tard, on retrouva le corps non corrompu.

Sainte Ædilburge de Faremoutiers est commémorée le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hedde de Dorchester

† 705

 

Hedde (Heddi, Hedda) était d’origine anglo-saxonne, mais on ne connaît rien de lui avant son épiscopat.

Il fut moine puis abbé, on ne sait dans quel monastère, et eut le mérite d’amener à la foi Ceadwalla, fils et successeur du roi Cynegils.

En 676, il fut appelé à succéder à Leuthere sur le siège de Dorchester. C’est Theodore de Canterbury qui le consacra à Londres.

En 686, il transféra son siège de Dorchester à Winchester, et y fit amener les reliques de s.Birin, fondateur du diocèse (v. 3 décembre).

On lui attribue un rôle important dans les lois édictées par le roi Ina en 693 ; ce sont les plus anciens monuments législatifs anglo-saxons. S.Bede (v. 25 mai) affirme qu’il gouverna son diocèse beaucoup plus avec ses vertus innées et son amour, que par son savoir. 

Il mourut en 705. De nombreux miracles se produisirent sur son tombeau.

Saint Hedde de Dorchester est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Willibald d’Eichstätt

701-790

 

Willibald naquit vers 701 dans le Wessex (Angleterre), de s.Richard (v. 7 février) et Wuna, de saints parents qui eurent aussi Winibald et Walburga (v. 18 décembre et 25 février).

Il est probable aussi qu’il était le neveu de s.Boniface (v. 5 juin) par sa mère.

A trois ans, Willibald fut très gravement malade et les parents le portèrent au pied de la croix de la place publique et promirent à Dieu de le lui offrir s’il guérissait. C’est ainsi qu’il le confièrent à une abbaye, où il fit toutes ses études.

Au terme de celles-ci, lui et son frère accompagnèrent leur père qui voulait faire le pèlerinage à Rome. Mais s.Richard mourut à Lucques, où ses fils l’enterrèrent (722).

A Rome, les deux frères prirent l’habit monastique puis, tandis que Winibald demeurait dans la Ville éternelle, Willibald poursuivait son pèlerinage jusqu’aux Lieux saints avec quelques autres compagnons.

Il y eut un incident en Turquie : les Sarrasins les prirent pour des espions et les gardèrent en prison : ce fut un Espagnol qui avait ses entrées à la cour, qui intervint pour obtenir leur libération.

Wllibald resta plusieurs années en Palestine, visitant et priant à tous les endroits qui avaient été marqués par le passage de Notre-Seigneur. Certains prétendent qu’il fut le premier Anglais à visiter les Lieux saints.

Au retour, la petite compagnie s’arrêta encore deux années à Constantinople et parvint à Rome vers 729.

De là, Willibald, par fidélité au vœu de ses parents trente ans plus tôt, gagna le Mont-Cassin. Il y édifia toute la communauté par sa soumission totale à la règle bénédictine et fut successivement sacristain, doyen, portier.

Après une dizaine d’années, Willibald fut chargé d’accompagner à Rome un prêtre espagnol et c’est à cette occasion que sa vie prit un cours tout-à-fait imprévu. A Rome en effet, s.Boniface demanda au pape l’autorisation d’emmener Willibald pour ses missions en Germanie : Willibald reçut de Boniface le sacerdoce en 740, puis la consécration épiscopale pour le siège d’Eichstätt. La douceur d’âme de Willibald lui attira l’estime unanime. 

De son épiscopat, on sait que Willibald participa en 742 au concile de Germanie, en 765 à celui d’Attignies.

Son frère Winibald le rejoignit et ils fondèrent en 752 le monastère bénédictin de Heidenheim. A la mort de Winibald, Willibald fit transférer les restes de son frère à Eichstätt (775).

Willibald mourut le 7 juillet, vers 787-790.

Il fut canonisé en 938.

Saint Willibald d’Eichstätt est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Máel Ruain de Tamlacht

† 792

 

On est vraiment mal informé sur ce grand personnage.

Il a pu être formé au monastère Céli Dé de Saint-Rúadán de Lothra (Tipperary).

Il fonda ensuite le monastère de Tamlacht (ou Tallaght), qui se trouve près de Dublin, dans la fin du huitième siècle, sur un terrain que lui aurait donné le roi de Leinster, Cellach mac Dúnchada, en 774.

De nombreux disciples se joignirent à lui, soit vivant dans le monastère lui-même, soit rattachés à celui-ci et vivant en d’autres petites communautés des environs.

La règle était exigeante : les moines priaient le psautier intégral chaque jour ; la nuit, deux moines restaient dans l’église pour poursuivre le chant, relayés par deux autres un peu plus tard, de sorte que l’église retentissait du chant des moines sans interruption. En outre, pour éviter la distraction, on ne devait pas s’intéresser aux nouvelles extérieures, ni faire de pèlerinages hors de l’Irlande.

On devait souvent prier les bras en croix ; ou bien rester dans l’eau jusqu’à la ceinture, pendant qu’un autre moine flagellait son confrère ; jamais de vin, et jamais de musique.

Les moines ne rencontraient leur confesseur qu’une fois par an.

Si des couples voulaient vivre dans la proximité du monastère, ils devaient vivre dans une grande austérité, et observer la chasteté quatre jours par semaine.

Máel eut peut-être rang d’abbé mitré, car après sa mort on parle de lui comme abbé et évêque

On le dit attaché à la digne célébration de la liturgie, à honorer les Saints ; un Martyrologe qui remonte à son époque fut très probablement rédigé par lui et son plus célèbre disciple, Óengus (v. 11 mars).

Máel Ruain mourut pacifiquement en 792.

Saint Máel Ruain de Tamlacht est commémoré le 7 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

Odón d’Urgel

1065-1122

 

Odón naquit vers 1065 à la Ville de Sort, fils d’Artal I, comte de Pallars Sobirá et de Lucía de la Marca, et fut aussi connu comme Odón de Pallars, en catalan Dot de Urgel ou encore Sant Ot.

Il avait reçu de son père son caractère chevaleresque, mais heureusement n’en suivit pas la voie, car Artal était violent et mourut excommunié.

En 1087, Odón était diacre.

Non encore ordonné prêtre, il fut nommé évêque d’Urgel alors que l’évêque Guillermo Arnaldo était encore en vie ; l’évêque étant décédé en 1095, Odón pouvait lui succéder. Toutefois, il dut y avoir un temps d’attente, car en mai 1097, on parle du nouvel évêque élu, et en octobre de la même année il est question de l’évêque du siège d’Urgel.

Il faudrait donc revoir l’histoire traditionnelle, selon laquelle Odón, encore laïc, fut acclamé par la foule, comme le fut saint Ambroise à Milan (v. 7 décembre) ; Odón serait alors allé trouver le pape Urbain II à Clermont, au moment où il prêchait la croisade, et l’aurait accompagné à Rome, où il remplit les fonctions de diacre au début de la Semaine Sainte, fut ordonné prêtre le Samedi saint, et sacré évêque le jour de Pâques.

Le jeune évêque s’employa à obtenir la restitution de biens confisqués illégalement au diocèse, fit construire ou reconstruire des églises, dont la cathédrale d’Urgel, restaura deux monastères à Santa María de Lillet et Santa María de Gerri, qu’il affilia à Saint-Victor de Marseille et qu’il gouverna même comme abbé.

C’est dans ce monastère de Gerri qu’il mourut, le 7 juillet 1122.

Dès 1133, son successeur faisait célébrer sa fête. Le Martyrologe le mentionne au 7 juillet.

 

 

Benoît XI

1303-1304

 

Nicolò Boccasino était né à Trévise en 1240, et perdit son père à l’âge de six ans.

Sa mère devint blanchisseuse chez les Dominicains voisins.

Nicolò     entra à quatorze ans chez les Dominicains, y étudia quatorze ans (à Venise et à Milan) et y enseigna quatorze ans (à Milan, Venise, Trévise et Gênes) !

Provincial de la Lombardie, neuvième maître général de l’Ordre, c’était un homme de paix. 

Le pape Boniface VIII le chargea de promouvoir la paix entre Philippe IV le Bel et Edouard Ier d’Angleterre. Y ayant réussi, il fut nommé cardinal en 1298.

En 1300 il devenait Doyen du Sacré Collège et évêque d’Ostie. Les Dominicains le trouvaient trop lié au pape et pas assez influent pour leurs intérêts…

En 1301, il était légat papal en Hongrie, Pologne, Dalmatie et Serbie, mais la mission n’eut pas de succès.

Lors de l’attentat ignoble d’Agnani, où le représentant de Philippe le Bel souffleta le Pape, le cardinal Boccasini resta fidèle au Pape, témoin de l’inconduite de Nogaret envers Boniface VIII.

A la mort de ce dernier, Nicolò fut élu à l’unanimité pour être le cent quatre-vingt quatorzième pape et prit le nom de Benoît XI.

On a retrouvé au siècle dernier une lettre de l’Eglise de Perse qui reconnaissait le nouveau pape comme chef universel.

Son amour de la réconciliation le porta à plusieurs démarches heureuses : 

Il tint compte des conseils du Sacré Collège et ne nomma que deux nouveaux cardinaux, d’ailleurs dominicains : Nicolò de Prato et William Marlesfield.

Il essaya de maintenir une politique conciliante dans les différents conflits de l’époque, concernant Charles d’Anjou roi de Sicile, le roi de Danemark, les Templiers, le médecin Arnaud de Villeneuve (exilé comme hérétique et qu’il prit comme médecin personnel), le roi de France ; en Toscane, en Aragon…

Il annula les sanctions portées par Boniface VIII contre les deux cardinaux Colonna et leur famille. Malgré cela, Sciarra le força à quitter Rome : Benoît XI se retira à Pérouse, où il mourut en 1304 : les papes suivant ne reviendraient à Rome qu’en 1367.

Benoît XI resta un homme modeste et simple. On raconte que, lors de la visite de sa vieille mère, il obligea celle-ci à quitter ses vêtements trop endimanchés et à reprendre ceux de sa condition modeste.

Ce bon pape aurait pu avoir un pontificat beaucoup plus important. Mais il mourut prématurément huit mois après son élection. On a parfois dit qu’il avait été empoisonné, mais il semble qu’il ait été victime d’une dysenterie causée par des figues.

Benoît XI mourut le 7 juillet 1304 et fut inhumé à Pérouse. 

Il fut béatifié en 1736.

Son successeur fut Clément V.

 

 

Oddino Barotti

1334-1400

 

Oddino Barotti vit le jour en 1344 à Fossano (Cuneo, Piémont, Italie NO), d’une famille de l’aristocratie. Ses parents s’appelaient Giacomo et Catarina.

On lui remit une charge de chanoine à la collégiale San Giovenale alors qu’il n’était pas encore prêtre. Une fois ordonné, il fut nommé curé de la paroisse centrale de la ville. il préféra abandonner son bénéfice de chanoine pour mieux s’occuper de sa paroisse.

Oddino était particulièrement sensible au mystère de la Croix et, alors qu’il avait déjà fait les pèlerinages à Rome et Loreto, il décida de faire un pèlerinage en Terre Sainte. Le voyage fut non seulement difficile, mais en plus le prêtre fut fait prisonnier des Musulmans, qui le maltraitèrent à leur guise.

Enfin libéré, il reprit sa paroisse, mais redoubla ses mortifications, mangeant seulement du pain et quelques légumes. Ce qu’on lui apportait passait chez les pauvres. Il prit l’habit des Tertiaires franciscains. Il organisa une confrérie de la Croix, qui devait s’occuper des malades et des voyageurs. Il jeta les bases de l’actuel hôpital, en construisit un pour lépreux, et encore quatre chapelles aux quatre points cardinaux de la ville, comme pour la protéger par la Croix.

On lui confia la collégiale San Giovenale, qu’il fit presque entièrement reconstruire, tant elle était délabrée.

Durant les travaux, un maçon fit une chute mortelle : Oddino vint le prendre par la main et l’autre repartit simplement à son travail. Un charriot trop chargé s’était embourbé : une bénédiction, une invocation à Saint Juvénal, et l’attelage repartit.

En 1400, une épidémie de peste se déclara. Oddino se dépensa nuit et jour auprès des malades et des moribonds ; il subit la contagion et mourut, le 7 juillet 1400.

Son culte fut approuvé en 1808.

 

 

Ralph Milner

?-1591

 

Ralph était né à Slackstead (Hampshire, Angleterre).

C’était le chef d’une famille de huit enfants. Il vint à la foi catholique en observant le bon exemple de ses voisins. Le jour de sa Première communion, il fut arrêté et mis en prison pour sa foi.

Son gardien l’aimait bien et lui laissa assez de liberté, sur simple parole, pour aller chercher de la nourriture ou d’autres choses dont les prisonniers avaient besoin. C’est ainsi que Ralph put aussi aider le prêtre Roger Dickenson et le père jésuite Stanney.

Roger Dickenson fut découvert, et se retrouva avec Ralph en prison.

Au procès, le juge remarqua la foule massée dans la salle ; il pensa à l’épouse de Ralph et à leurs enfants : voulant à tout prix libérer Ralph, il lui proposa seulement d’aller quelques minutes dans une église protestante, juste pour dire qu’il s’y était trouvé. Calmement, fermement, Ralph refusa.

Il accompagna donc Roger Dickenson, son protégé, jusqu’à la mort.

Ralph Milner mourut en martyr à Winchester, le 7 juillet 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Roger Dickenson

?-1591

 

Roger Dickenson (ou Dickinson) était né à Lincoln (Lincolnshire, Angleterre).

On connaît mieux le laïc qui l’hébergea, Ralph Milner, que lui-même.

De lui, on dit seulement qu’il était un prêtre clandestin.

Ils furent jugés, condamnés et exécutés ensemble, Roger pour être prêtre, Ralph pour l’avoir aidé.

Roger Dickenson mourut en martyr à Winchester, le 7 juillet 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Lawrence Humphrey

1571-1591

 

Lawrence était né en 1571 dans le Hampshire (Angleterre).

Il était de famille protestante. Intéressé par l’étude, il lut la Bible et pratiqua les bonnes œuvres. Comme tout jeune homme convaincu, il voulut participer honnêtement aux discussions sur des thèmes de la religion, et rencontra le père Stanney, qui l’amena au catholicisme.

Il se mit à visiter les prisonniers et les malades, à catéchiser.

En 1591, très malade, il eut des moments de délire et, sans s’en rendre compte, traita la Reine de prostituée et d’hérétique. Des Protestants l’entendirent, le dénoncèrent et, avant même d’être remis, Lawrence fut traîné dans la prison de Winchester.

A son procès, il affirma solennellement qu’il ne pouvait se souvenir d’avoir usé de termes injurieux envers la Reine, qu’il n’entendait pas discuter les témoignages des témoins et qu’il était prêt à souffrir pour ses propos, quoique proférés inconsciemment. C’est donc pour une faute inconsciente qu’il fut condamné à mort.

Lawrence Humphrey mourut en martyr à Winchester, un jour imprécisé de 1591, que le Martyrologe situe au 7 juillet.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Jean-Joseph Juge de Saint-Martin

1739-1794

 

Jean-Joseph était né le 14 juin 1739.

Prêtre de Saint-Sulpice, chanoine, il était directeur du séminaire de Limoges.

Il fut condamné à la déportation en Guyane, mais resta à Rochefort dans le Deux-Associés qui ne partit jamais.

Les prêtres qui y étaient entassés dans des conditions inhumaines, moururent par centaines.

Le chanoine Jean-Joseph Juge de Saint-Martin, ayant bu une eau infecte, mourut le 7 juillet 1794.

Il fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Françoise-Suzanne de Gaillard

1761-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Elle naquit le 23 septembre 1761 à Bollène (Vaucluse), de Jean-Antoine de Gaillard de Lavaldène et Jeanne Gabrielle Christine de Bouchon.

Elle reçut le lendemain au baptême les noms de Françoise Gabrielle Marie Suzanne (l’ordre de ces prénoms n’est pas unanime). Les parents étaient de fervents chrétiens, et confièrent bien vite leur fille aux Religieuses Sacramentines de Bollène.

En 1778, Françoise demanda à être admise comme postulante chez les mêmes Religieuses, et reçut l’habit en février 1779, avec le nom de Marie-Iphigénie de Saint-Mathieu du Saint-Sacrement. Dans cette congrégation liée essentiellement à l’adoration eucharistique, toutes les Religieuses portent le nom du Saint-Sacrement.

En 1780 eut lieu sa profession solennelle.

En 1792, les couvents furent supprimés et confisqués par loi républicaine. Les Religieuses devaient se disperser ; certaines purent être hébergées dans leur famille, mais Iphigénie préféra rester en compagnie de ses Consœurs, dans une maison louée par une personne amie.

Le mardi de Pâques, 22 avril 1794, elle fut arrêtée et conduite à la prison de la Cure (Orange), en même temps que vingt-sept autres Religieuses, Ursulines ou Sacramentines de Bollène. En outre, son père était déjà emprisonné à la Baronne depuis quelques jours, et sa mère devait la rejoindre au mois de juin.

On fit comparaître Iphigénie, seule, devant les juges le 7 juillet. On espérait par là profiter de sa jeunesse et de sa faiblesse, mais c’était sans compter sur la ferme décision de cette femme qui allait avoir bientôt trente-trois ans. Elle refusa crânement de prêter le serment Liberté-Egalité, et fut immédiatement condamnée à mort.

A dix-huit heures, elle fut guillotinée, après avoir reçu furtivement, dans la rue de Tourre, l’absolution sacerdotale d’un prêtre fidèle.

Martyrisée à Orange le 7 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, deux Bernardines et une Bénédictine.

Antonio Fantosati

1842-1900

 

Né à Santa Maria in Valle (Trevi, Perugia, Italie centrale) le 16 octobre 1842, Antonio était un garçon frêle, timide, apparemment destiné à devenir un brave paysan.

A seize ans il entra chez les Frères Mineurs à Santa Maria della Spineta (Todi) et prit le nom de Antonino (petit Antoine). N’ayant pas été enrôlé dans les troupes piémontaises ou garibaldiennes, il continua ses études à Rome et reçut le sacerdoce en 1865.

A cette occasion, il eut pour «parrain» le comte Giovanni Battista Pecci, frère du futur pape Léon XIII, avec lequel il restera extrêmement lié durant toute sa vie missionnaire.

En 1867, il partit pour la Chine, accompagné de quelques Religieux, dont le père Elia Facchini (qui mourra deux jours après lui).

Arrivé à Wuhan (Hupeh), il endossa des vêtements chinois et prit aussi un nom chinois : Fan-Hoae-te.

En 1878, il fut nommé administrateur apostolique de l’Hupeh nord-occidental et, en 1892, vicaire apostolique de l’Hunan méridional, recevant également la consécration épiscopale. Il rencontra toutes sortes de gens, marchands, lettrés, mandarins, étudiants, bonzes, pêcheurs, avec lesquels il partagea les habitudes (et les repas…). Il fit construire un orphelinat, fit venir d’Europe des vêtements, de la nourriture, des médicaments ; il contracta la peste, dont il put guérir.

Il amena ainsi à la foi catholique quatre-vingt-dix familles. Même les Autorités favorisaient ses initiatives.

En 1888, il fit un voyage de «repos» en Italie et en Terre Sainte.

De retour en Chine, il dut affronter patiemment les jalousies et les fausses accusations qui lui venaient de mandarins influents. 

Durant la révolution des Boxers, il se trouvait en visite pastorale et apprit la triste situation des fidèles : on avait détruit sa maison et l’orphelinat, et brûlé vif le père Giacomantonio. En bon pasteur soucieux de son troupeau, il voulut les rejoindre, en compagnie du jeune père Gambaro. 

Arrivés devant Hengzhou, ils furent reconnus et leur barque poussée vers le rivage ; une grêle de pierres s’abattit sur eux. Ecroulés à terre, ils ne disaient que Jésus, Marie ; le père Gambaro se traîna aux pieds de l’évêque, l’embrassa et retomba mort, tandis que Mgr Fantosati agonisa encore pendant deux heures.

Un païen l’acheva en le transperçant d’un bambou armé d’une pointe de fer. Le corps du Martyr fut brûlé, et les cendres dispersées.

C’était le 7 juillet 1900.

Mgr Fantosati fut béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Bernardo Gambaro

1869-1900

 

Né le 7 août 1869 à Galliate (Novara, Italie nord) de Pacifico et Francesca Bozzola, Bernardo reçut de ses bons parents chrétiens une très bonne éducation.

A huit ans, il faisait déjà la Première communion (pour l'époque, c'était précoce), et sentit l'appel au sacerdoce dès l'âge de treize ans.

Après cette heureuse enfance, l'adolescent n'eut pas de peine à obtenir des parents la permission d'entrer au collège des Franciscains à Monte Mesma, où les pères lui remarquèrent son humble obéissance et son application à l'étude.

En 1886, il fut admis au noviciat, où il prit le nom de Giuseppe Maria, par dévotion aux saints parents de Jésus sur la terre.

Après ce noviciat, il compléta ses études secondaires à Voghera pendant trois ans, au couvent de Sainte-Marie-des-Grâces.

Il étudia, finalement, la théologie au couvent de Cerano, où il prononça les vœux de religion en 1890 et reçut le sacerdoce en 1892.

Son premier poste fut la direction du collège d'Ornavasco, où chacun reçut de lui les attentions d'un père, d'une mère, d'un frère, en un mot : d'un ami.

Un secret désir mûrissait en lui : aller dans la mission de Chine. Pour cela, il alla célébrer plusieurs fois la Messe au sanctuaire du Boden, pour obtenir des lumières. Finalement, ses supérieurs et ses propres parents cédèrent pour l'envoyer en Extrême-Orient.

Il passa un “examen” à Rome en décembre 1895, puis s'embarqua à Naples pour la Terre Sainte (où il resta deux mois) et arriva en Chine où il s'habilla et se coiffa “à la chinoise”.

Après quelque temps à Hankow, il vint à Heng-tciau-fu, où Mgr Fantosati lui confia la formation des jeunes clercs, ainsi que l'enseignement de la philosophie et de la théologie.

Au bout de trois ans, il put laisser cette charge à d'autres missionnaires, et reçut du même Mgr Fantosati la charge de la communauté de Yen-tcion, où sa douceur d'âme conquit immédiatement les chers Chinois, chrétiens ou non.

En mai-juin 1900, il accompagna Mgr Fantosati en tournée pastorale à Lei-yang. Au retour, ils s'arrêtèrent à San-mu-tciao pour y reconstruire la chapelle ; c'est alors qu'ils apprirent les événements du 4 juillet : les Boxers avaient détruit la résidence de l'évêque, l'orphelinat, et toutes les maisons des Chrétiens. Le père Giacomantonio avait été martyrisé.

L'évêque et le père Gambaro, avec quatre Chrétiens s'embarquèrent pour rejoindre au plus vite Hoang-scia-wan, car Mgr Fantosati voulait être présent au milieu de son troupeau. Mais à l'arrivée, des païens crièrent Mort aux Européens et reçurent les voyageurs à coups de pierres et de bâtons.

Le père Gambaro tomba, frappé à mort, et chercha à “ramper” jusqu'à l'évêque, lui aussi frappé à mort, mais encore agonisant, pour lui demander une suprême bénédiction, que l'évêque chercha à lui donner en levant difficilement la main.

Jetés à l'eau, les corps furent repêchés et brûlés, pour ne pas être ensevelis dignement.

Ainsi mourut martyr le jeune père Gambaro, à peine âgé de trente-et-un ans. 

C'était le 7 juillet 1900.

Le père Giuseppe Maria Gambaro fut béatifié en 1946, et canonisé en 2000.

 

 

Magu Ji Tianxiang

1834-1900

Mali Guo Lishi

1835-1900

 

Magu (Marcus) était né vers 1834 à Yazhuangtou (Jizhou, Hebei, Chine).

Il faut mentionner de ce Chrétien sa persévérance et son humilité, car il fut privé pendant trente années de l'Eucharistie : il n'arrivait pas à dominer son ancienne passion pour l'opium.

Mais sa fidélité à l'Eglise fut constante et il confessa courageusement le nom du Christ au moment de la révolte des Boxers.

Il reçut la palme du martyre dans son village, le 7 juillet 1900.

 

 

Mali (Maria), elle, était née vers 1835 à Hujiache (Schenzhou, Hebei, Chine).

Cette mère de famille, nouvelle mère des Frères Maccabées, eut la douleur et le courage d'assister au martyre des sept membres de sa famille, avant d'être à son tour martyrisée, le 7 juillet 1900, durant la même révolte des Boxers.

 

Ces deux héros du Christ furent béatifiés en 1946 et canonisés en 2000.

 

 

Peter To Rot

1912-1945

 

La figure de ce Bienheureux est intimement liée à l’œuvre des Missionnaires du Sacré-Cœur, grâce auxquels on connaît beaucoup de détails sur lui.

Peter était le fils de Angelo To Puia, un chef local, et de Maria Ja Tumul. Des six enfants de ce couple, Peter était le troisième, après Joseph et Therese ; après lui vinrent Gabriel et deux autres petits frère et sœur, morts en bas âge.

Peter naquit à Rakunai, près de Rabaul, la capitale de la Nouvelle Bretagne, à l’est de la Papouasie-Nouvelle Guinée.

A sept ans, il est envoyé par son père à l’école, où il se révèle un écolier intelligent et capable. Ses professeurs ont remarqué que son programme quotidien comportait toujours la prière du matin et du soir.

Il s’occupait comme tous les enfants : il servait la messe, il pratiquait le sport, aidait aux tâches quotidiennes de la maison, savait participer aux farces et aux bêtises habituelles des jeunes. Ce qu’on voyait en lui, c’était qu’il se montrait leader au milieu des autres garçons. Mais tout en étant le fils du Chef, il n’était jamais arrogant ni autoritaire.

Le curé de la paroisse, fr.Laufer, était de l’idée de diriger Peter vers le sacerdoce. Le père de Peter estima que sa génération n’était pas encore assez mûre pour avoir un prêtre ; peut-être ses petits-enfants… Mais il consentit volontiers à ce que Peter devînt catéchiste. C’est ainsi que Peter alla fréquenter l’Ecole catéchistique de Taliligap, dirigée par les mêmes Pères Missionaires du Sacré-Cœur. C’était vers la fin de 1930.

Peter s’impliqua totalement à l’étude. Sa vie intérieure s’intensifia, par la participation quotidienne à la sainte Messe et la réception de l’Eucharistie, de fréquentes visites à l’église et une dévotion toujours plus grande envers le Saint Sacrement. A Taliligap aussi il montra ses talents d’entraîneur aussi bien dans la prière que dans les activités sportives et récréatives.

Vers 1934, le fr.Laufer fit valoir que Peter était activement désiré dans la paroisse, de sorte que le jeune homme revint chez lui et, à vingt-et-un ans, devint le plus jeune catéchiste. Il enseignait, mais aussi visitait les malades ; on put vérifier qu’il vivait ce qu’il enseignait : de tempérament égal, jamais de mauvaise humeur, calme, aimable.

Finalement, il épousa en 1936 Paula Ja Varpit. Ils avaient été camarades de classe. Ce fut un mariage heureux, chrétien ; Peter fut un époux exemplaire et l’on n’oublia jamais de prier matin et soir.

En 1937 mourut le papa de Peter. C’est en souvenir de lui qu’il appela son premier fils To Puia Andreas, né en 1939. : Peter en était très fier et Andreas passait beaucoup de temps avec son père, contrairement aux habitudes. Puis vint au monde leur fille Rufina.

En janvier 1942, les Japonais débarquèrent sur l’île. Les habitants n’avaient jamais vu d’avions. Les missionnaires furent tous envoyés comme prisonniers au camp de Vunapope. En serrant les mains de Peter, le fr.Laufer lui confia la paroisse : To Rot, lui dit-il, je laisse tout mon travail entre tes mains. Veille bien sur les paroissiens. Aide-les à ne pas oublier le Bon Dieu.

Peter était un peu effrayé de sa mission, mais il s’y donna de tout son cœur. Il visitait les malades, assistait les moribonds en les préparant à rencontrer Jésus, instruisait les enfants et les adultes, les exhortant tous à demeurer fidèles à l’enseignement de Jésus. A ceux qui avaient peur de la guerre, il les encourageait ainsi : Oui, tous nous avons peur ici. Mais Dieu notre Père est avec nous et veille sur nous. Nous devons prier et Lui demander de rester toujours avec nous.

Peter s’efforçait de réunir chaque jour les villageois pour la prière, mais avec l’intensification des bombardements, ils pensèrent qu’il était dangereux d’être tous rassemblés au même endroit, de sorte que Peter divisa la population en petits groupes, qui se réfugièrent dans des abris souterrains à l’abri des bombes. C’est ainsi que les habitants continuèrent fidèlement de prier dans ces abris et demeurèrent courageux et en paix devant le danger.

Au début, les Japonais ne firent pas attention à ces rassemblements de prière et à leur dévotion dominicale. Mais quand ils commencèrent à perdre la guerre, ils craignirent de voir la population se retourner contre eux, aussi interdirent-ils aux chefs et à la population de prier Dieu, de se réunir. Toute désobéissance serait punie d’emprisonnement.

Peter était l’un de ces chefs convoqués par les Japonais. De retour au village, il leur dit : Les Japonais ne peuvent pas nous empêcher d’aimer Dieu et d’obéir à Ses lois ! Nous devons tenir bon et ne pas leur céder ! C’est ainsi qu’il continua à prêcher, à réunir et à prier.

Une autre tentative japonaise était de permettre aux hommes de prendre une seconde femme. Ils pensaient ainsi être plus en faveur auprès de la population et en même temps pouvoir les contrôler davantage. Mais Peter rappela la loi de Dieu, alla reprocher leur chute à ceux qui avaient cédé, insistant sur la nécessité de respecter ce que dit l’Eglise sur le mariage : pour se marier, ils devaient se présenter à leur catéchiste, qui serait le témoin de leur union sacramentelle. Tout autre comportement était un péché devant Dieu. En maintes occasions, il pourvut à venir en aide aux femmes qui avaient été prises comme secondes épouses.

En un mot, Peter remplissait la fonction de Diacre.

Mais il y eut des lâchetés. Des jeunes gens travaillèrent comme espions au service des Japonais, et dénoncèrent Peter. On vint fouiller sa maison et celle de ses frères, Tatamai et Telo, on lui confisqua la Bible, le catéchisme, le livre de chants, ses notes et deux crucifix. Chez Tatamai on prit un imperméable ; chez Telo, un chéquier australien. Les trois frères furent arrêtés.

La police interrogea d’abord l’aîné, Tatamai. Quand celui-ci reconnut qu’il avait participé au culte à l’église, le chef le frappa à la tête avec une canne en bois, et le condamna à un mois de prison.

Vint le tour de Peter, qui fut interrogé sur les offices à l’église, sa position sur le mariage, son refus de la loi permissive japonaise pour la polygamie. Peter fut à son tour frappé à la tête, et piqué sur le torse tout autour du cœur, puis condamné à deux mois de prison.

Le plus jeune, Telo, fut accusé d’espionnage au service de l’Australie, à cause de son chéquier. On l’accrocha à un arbre et on le frappa jusqu’à lui faire perdre connaissance.

Les jours suivants, Tatamai et Peter furent envoyés aux travaux forcés, Telo avait été frappé beaucoup trop violemment pour qu’on pût l’envoyer travailler. Telo fut même relâché deux semaines après, à cause de son mauvais état de santé, Tatamai fut relâché après un mois, mais Peter resta en prison. Quand le chef du village demanda aux autorités pourquoi il restait en prison, on lui répondit que c’était un mauvais sujet, qu’il ne permettait pas qu’on eût deux épouses et qu’il réunissait les gens pour prier.

Peter put recevoir chaque jour la visite de ses parents et amis, qui lui apportaient de la nourriture. Il les encourageait, et les rassurait en leur disant qu’il n’avait pas peur d’être en prison pour Dieu. Au chef, il dit : Je suis en prison à cause des adultères et à cause du culte à l’église. Très bien, je suis prêt à mourir. Mais vous, vous devez veiller sur les gens. A un autre ami, Peter dit : Si Dieu le veut, je serai tué pour la foi. Je suis un enfant de l'Eglise, et c’est pourquoi je mourrai pour l’Eglise.

Un jour, il demanda à son épouse de lui apporter de quoi se raser, un “laplap” blanc (une large étoffe pour se couvrir les reins), son chapelet et sa croix de catéchiste, qu’elle lui apporta le lendemain, vendredi 6 juillet, avec un peu de nourriture. Elle venait avec Andreas et Rufina, qui avaient six et trois ans, étant elle-même enceinte de son troisième enfant. Quand Paula remarqua qu’il ne mangeait pas beaucoup, elle en fut angoissée, mais Peter la calma et lui dit que son devoir était de mourir pour son peuple et pour le Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ils restèrent un long moment ensemble, puis Peter la pria de vite partir à la maison avec les enfants. 

Quand sa mère vint ensuite lui rendre visite, Peter lui dit que la police avait fait venir un médecin japonais pour lui administrer un médicament : or il n’était pas malade, il n’avait qu’un léger rhume et pensait qu’on lui avait menti. L’après-midi, il se lava, se rasa, vêtit son laplap tout neuf, et se mit devant la porte de sa prison, en priant.

A sept heures du soir, tous les prisonniers sauf Peter furent emmenés dans une ferme proche pour une soirée, chose étonnante qui n’était jamais arrivée auparavant. A dix heures du soir, les Japonais les remmenèrent pour aller se coucher. Là aussi, il était inhabituel de ne pas être dans la prison avant la nuit.

Comme la surveillance était assez lâche, trois des prisonniers réussirent à ramper dans l’obscurité pour regagner la prison ; ils trouvèrent Peter mort devant la porte de la prison.

Peter était sur le dos, un bras plié sous la tête, une jambe pliée sous l’autre, le corps encore chaud. Il avait des tampons de coton aux narines et aux oreilles, une trace rouge au cou, un morceau de tissu autour de la tête et le trou d’une petite piqûre de seringue en-haut du bras gauche. Ils comprirent qu’il avait été assassiné, mais craignant pour leur propre vie, ils se cachèrent et ne dirent rien.

Le lendemain matin, Peter manquait à l’appel et le chef l’envoya chercher. La police feignit d’être surprise à la constatation de la mort de Peter et prétendit qu’il devait être très malade pour mourir ainsi. Puis on appela le chef du village et les parents de Peter pour venir prendre le corps.

Les villageois vinrent chercher le corps de leur catéchiste. Quand ils le lavèrent, ils virent une sorte d’écume malodorante sortir des oreilles, des narines et de la bouche. En enlevant le morceau de tissus qui enveloppait la tête, ils trouvèrent deux plaies qui saignaient derrière la tête. La gorge était aplatie en son centre et gonflée, comme frappée à coup de matraque. Personne ne crut à la version de la mort par maladie.

Peter fut enseveli comme un chef, dans le nouveau cimetière de l’église, là où il avait exercé son ministère. Malgré l’affluence de la foule, les funérailles se firent en silence, par crainte des Japonais.

Dès lors Peter fut vénéré comme Martyr. Il avait trente-trois ans, comme Notre-Seigneur.

Peter To Rot est le premier Martyr de Papouasie Nouvelle Guinée. Il a été béatifié par Jean-Paul II à Port Moresby-même, durant son voyage apostolique, le 17 janvier 1995.

Peter est commémoré au Martyrologe le 7 juillet.

María Romero Meneses

1902-1977

 

Née à Granada (Nicaragua) le 13 janvier 1902, Maria était l'un des huit enfants d'un ministre du gouvernement. Cet homme était d'origine espagnole.

Elle montra des dons particuliers pour l'art et la musique, de sorte qu'elle apprit le piano et le violon.

En 1914 elle souffrit d'une fièvre rhumatique paralysante, dont elle guérit de façon miraculeuse, par l'intervention de la Sainte Vierge. De là lui vint cette confiance absolue en Marie, Secours des Chrétiens (Auxilium Christianorum).

Elève chez les Sœurs Salésiennes, elle eut bientôt la vocation d'entrer dans cette Congrégation.

Après sa guérison miraculeuse, elle entra en 1915 dans l'association des Filles de Marie et, en 1920 au noviciat des Salésiennes, Filles de Marie, Auxilium Christianorum.

En 1929, elle fit sa profession solennelle à Nicaragua.

En 1931, elle vint à San José (Costa Rica), qui devint sa deuxième patrie. En 1933, elle commença à enseigner la musique et la dactylographie à des jeunes filles de familles bourgeoises, dont beaucoup furent conquises par sa vie et embrassèrent l'état religieux.

Bientôt, l'activité de María se concentra dans le domaine social, aidant les milieux plus riches à aider les milieux pauvres. En 1945, elle ouvrit des centres de loisirs, en 1961 des centres de distribution de nourriture, en 1963 une école pour filles pauvres, en 1966 une clinique, en 1973 elle mit en route la construction de tout un village, pour donner un logement décent à des familles pauvres. Ce fut le centre Saint-Joseph.

Mère María mourut d'une attaque cardiaque à Leon (Nicaragua), où on l'avait envoyée pour une période de repos.

C'était le 7 juillet 1977.

María Romero Meneses fut béatifiée en 2002. Elle est la première Bienheureuse de l'Amérique Centrale. 

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