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7 juillet 2020 2 07 /07 /juillet /2020 23:00

08 JUILLET

 

I.

S Pancratius, disciple de s. Pierre à Antioche, évêque à Taormina puis martyr.

SS Aquila et Prisca (ou Priscilla), couple vivant à Corinthe, dont s. Paul fit l'éloge plusieurs fois (cf. Ac 18:1-3 ; Ro 16:3 ; 1Co 16:19 ; 2Tm 4:19).

II.

Ste Glyceria, fille d'un officier romain en résidence à Héraclée, décapitée pour avoir renversé une statue de Jupiter.

IV.

SS Epictète et Astion, ermites et martyrs à Almiride. 

S Procopius, martyr à Césarée de Palestine ; il vivait dans la chasteté depuis l'enfance.

S Apollonius, évêque à Bénévent.

V.

S Doucelin, prêtre, patron de Allonnes et de Varrains.

S Auspicius, évêque à Toul.

?S Illuminato, ermite à Città di Castello.

VI.

S Baudry (Beurroy), berger à Mesmont (VII.?).

VII.

S Ampelio, évêque à Milan.

Ste Landrade, abbesse fondatrice à Bilsen.

S Kilian, irlandais, évêque à Würzburg (dont il est patron), et ss. Kolonat et Totnan, prêtre et diacre, martyrs.

S Disibode, irlandais, évêque missionnaire, fondateur d'un monastère près de Spire (Disibodenberg).

VIII.

S Itier, évêque à Nevers.

S Paul le Jeune, moine martyr à Constantinople.

S Nummius, évêque missionnaire (chorévêque) entre Paris et Chartres.

?

Ste Sumnive, irlandaise martyre en Norvège avec ses compagnes. 

IX.

S Adrien III, pape (884-885) ; il chercha à rapprocher Constantinople de Rome.

X.

S Grimaud, moine à Saint-Bertin, abbé à Newminster.

S Edgar le Pacifique, roi anglais ; il publia des lois contre le paganisme, la nécromancie, l'adultère, l'homicide ; il reprocha aux clercs de se livrer au jeu, à la danse, à la débauche.

XII.

B Eugène III, pape (1145-1153) : il dut quitter Rome à cause de l'hérétique Arnaldo de Brescia, mais sut, malgré sa vie itinérante, gouverner l'Église sagement ; il avait été le premier abbé cistercien à Saint-Paul-Trois-Fontaines ; il approuva les révélations de Ste Hildegarde.

XIII.

S Albert , convers cistercien à Sestri, vivant dans une grotte.

XVII.

B Mancius Araki Kyūzaburō, chrétien japonais de Nagasaki, emprisonné pour avoir abrité des missionnaires étrangers, mort d'inanition et de tuberculose dans sa prison ; son frère Matthias fut brûlé vif quelques jours plus tard (cf. 12 juillet).

XVIII.

B Pierre Vigne, prêtre particulièrement marqué par la Présence eucharistique, fondateur des Sœurs du Saint-Sacrement, d'écoles, d'un séminaire pour les institutrices, béatifié en 2004.

XIX.

S Ruowang Wu Wenyin, catéchiste chinois canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

Pancratius de Taormina

† 98

 

Ce saint Pancratius, d'après une tradition qui n'a pas de confirmation précise, aurait été un jeune garçon d'Antioche de Cilicie, dont le père, vivement touché par ce qu'il entendait dire de Jésus-Christ, s'en vint avec son fils à Jérusalem, où tous deux eurent la joie de rencontrer Jésus en personne.

Plus tard, peu après l'Ascension du Seigneur, saint Pierre baptisa Pancratius, puis l'ordonna prêtre.

En 40, saint Pierre consacra évêque le jeune prêtre et l'envoya en Sicile pour évangéliser. C'est ainsi que Pancratius devint le premier évêque de Taormina.

Sur l'île, Pancratius fit beaucoup de conversions, parmi lesquelles le préfet lui-même. Furieux, un païen de l'endroit résolut de tuer l'évêque. Il l'invita à un banquet. A un moment donné, il lui présenta une idole à vénérer, que l'évêque cependant réduisit en poussière d'un seul signe de croix. Les convives alors s'acharnèrent sur Pancratius à coup de bâtons, de poings, de pierres et d'épées.

Caché au fond d'un puits, le corps fut signalé par une lumière mystérieuse, de sorte qu'il put en être retiré et dignement enseveli.

Pancratius aurait ainsi obtenu la grâce du martyre en 98, année de l'avènement de Trajan ; il pouvait être nonagénaire.

Saint Pancratius est donc vénéré à Taormina comme premier évêque, mais aussi à Canicatti.

Le jour de la fête de saint Pancratius a été établi au 8 juillet.

 

 

Aquila et Priscilla

1er siècle

 

Ce que nous savons de certain sur ce couple chrétien du premier siècle est seulement scripturaire.

Ils sont mentionnés aux Actes des Apôtres (18:1-3), puis par saint Paul écrivant aux Romains (Rm 16:3), aux Corinthiens (1Co:16:19), enfin à Timothée (2Tm 4:19).

Ainsi donc, l’apôtre Paul les rencontre à Corinthe : Aquila était originaire du Pont (nord de l’actuelle Turquie), avait épousé Prisca, connue avec le diminutif de Priscilla, et vivait à Rome ; l’édit de Claude expulsait les Juifs de Rome (en 49 ou 50, d’après ce qu’on lit chez Suétone) : Aquila, qui n’est plus juif, quitte cependant Rome et s’installe à Corinthe, espérant regagner bientôt la capitale romaine.

Ils reçoivent Paul, qui travaille chez eux, car ils étaient du même métier, celui de fabriquer des tentes, et l’accompagnent ensuite dans son retour à Antioche, en passant par Ephèse. (Ac 18:18).

On le remarque, Aquila et Priscilla voyageaient facilement !

L’amitié de Paul pour ce saint couple ne s’éteignit jamais ; les passages cités plus haut en témoignent.

Aquila et Prisca durent participer activement à la vie de l’Eglise, par l’hospitalité, par leur exemple, par leur parole aussi. On voit qu’ils aidèrent Apollos à embrasser plus exactement la Voie  (Ac 18:26).

D’eux encore, Paul dit aux Romains qu’ ils ont exposé leur tête pour (lui) sauver la vie  et que toutes les Églises leur rendent grâces, parlant sans doute d’un témoignage engagé envers saint Paul.

On ne connaît pas d’autres détails sur ce saint couple dans la Tradition.

Actuellement, l’Eglise orthodoxe les commémore le 13 février, et certaines communautés orthodoxes attribuent le titre d’Apôtre à Aquilas, qu’elles fêtent le 14 juillet ; l’Eglise luthérienne les fête avec les autres Apôtres.

Dans le Martyrologe Romain, Aquila et Priscilla sont nommés le 8 juillet.

 

 

Glyceria d’Héraclée

† 177

 

Le père de Glyceria était un officier romain, stationné à Perinthus (Heraclia, Thrace, act. Marmara Ereğli, Turquie W).

Lors d’une fête païenne, elle eut l’audace de renverser une statue de Jupiter, qui se brisa.

Après maintes tortures, Glyceria fut jetée aux bêtes féroces.

Cela se passait en 177.

Sainte Glyceria d’Héraclée est commémorée le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Procopius de Césarée

† 303

 

Procopius, raconte l’historien Eusèbe de Césarée, était né à Jérusalem et s’était fixé à Scythopolis (auj. Beït Shéan, Israël), où il était lecteur et interprète syriaque. 

Il chassait les démons en imposant les mains.

Envoyé avec des compagnons à Césarée maritime, il fut aussitôt conduit au gouverneur. Avant même d’être emprisonné, il fut dès l’abord pressé par le juge Flavien de sacrifier aux dieux. Mais lui proclama très haut qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais un seul, créateur et auteur de toutes choses. Cette parole émut le juge. Embarrassé, il essaya de lui persuader de sacrifier au moins aux empereurs.

Mais le saint martyr de Dieu méprisa ses instances : «Ecoute, dit-il, ce vers d’Homère : Il n’est pas bon d’avoir plusieurs maîtres ; qu’il n’y ait qu’un seul chef, un seul roi (Iliade, 2:204)».

Procopius fut alors décapité, le 9 juillet 303.

Eusèbe ajoute : Ce fut le premier martyr à Césarée.

Saint Procopius de Césarée est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Auspicius de Toul

? 490

 

De famille aristocratique, Auspicius devint le cinquième évêque de Toul, vers 478.

Cette ville étant passée au pouvoir des Francs, il fut donc le premier évêque de Toul à traiter avec les Francs.

Auspicius était réputé pour ses vertus, son talent épistolier et poétique. On s’en rend compte en retrouvant la correspondance de Sidoine Apollinaire (évêque de Clermont, v. 21 juillet) et du comte Arbogast (gouverneur de Trèves). Ce dernier avait sollicité de Sidoine des conseils, mais Sidoine l’adressa à Loup de Troyes (v. 29 juillet) ou Auspicius de Toul, illustres par leur profond savoir.

Le comte suivit ce conseil. La réponse d’Auspicius, en vers, loue les mérites du comte, et l’exhorte à éviter l’avarice, à être charitable, à honorer l’évêque de Trèves. Selon certaines hypothèses, Arbogast serait peut-être devenu le douzième évêque de Chartres.

On pense qu’Auspicius mourut vers 490.

On retrouva son corps en 1070.

Saint Auspicius de Toul est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landrade de Bilsen

† 680

 

Landrade était nièce de s.Arnoul de Metz (v. 18 juillet) et de Pépin le Bref ; elle était la fille unique de pieux parents qui vivaient en Belgique : Anchise et Begge.

Quand ceux-ci lui parlèrent de mariage, elle leur répondit avec une telle assurance qu’elle préférait l’Epoux du Ciel, qu’ils faillirent eux-mêmes entrer en religion.

Landrade se retira dans sa petite chambre, abandonna ses beaux habits mondains et se couvrit d’un cilice ; elle résolut de ne plus prendre que du pain et de l’eau et coucha désormais sur la terre nue.

Bientôt, elle quitta définitivement la maison paternelle et se retira dans la forêt, où elle se fit une petite chemière ; sa nourriture consista alors en miel sauvage et en racines ; elle n’avait sur son cilice qu’une chemise de laine grossière, marchait pieds-nus, et se flagellait d’importance avec des ronces.

En contrepartie, Dieu lui faisait entendre les chœurs célestes et le Christ lui fit la grâce des épousailles mystiques.

Elle s’enhardit alors à construire une église, que l’archevêque Lambert de Maastricht (v. 17 septembre) vint consacrer ; par la suite un grand nombre de femmes vinrent se mettre sous sa direction et Landrade devint ainsi abbesse.

Elle laissa l’exemple de toutes les vertus et beaucoup de moniales l’imitèrent dans les voies de la sainteté, comme sainte Amalberge (v. 10 juillet) ; Landrade montra une grande bienveillance envers les pauvres, mais aussi envers les malades : elle guérit des aveugles, des boîteux.

Les derniers temps de son existence, elle fut frappée d’une grave maladie, qui la consummait chaque jour plus, mais ne l’empêcha jamais de diminuer ses austérités et sa piété. Elle fit venir s.Lambert qui l’assista à ses derniers moments et elle mourut vers 680.

Sainte Landrade de Bilsen est commémorée le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Kilian de Würzburg

640-689

 

Kilian était d’origine irlandaise et naquit vers 640 à Mullagh (Cavan, Irlande).

Suivant les régions, son nom devint Cilian ou Kulhn.

Il se fit remarquer dès sa jeunesse par sa piété et son amour de l’étude ; il embrassa la vie monastique puis, animé d’un zèle missionnaire - assez fréquent alors chez les Irlandais - traversa la Gaule pour venir annoncer l’Evangile en Germanie.

Il était entouré de quelques compagnons, dont on cite parfois deux noms : Kolonat et Totnan.

On ne sait préciser quand et où Kilian fut sacré évêque - s’il le fut réellement -, avant de quitter l’Irlande, ou en chemin à travers l’Angleterre et la Gaule, ou une fois arrivé à Würzburg.

Mais avant de commencer son apostolat, il fit le pèlerinage à Rome et obtint la bénédiction du pape Conon (vers 686). Cette rencontre est également contestée par des historiens.

De retour en Allemagne, Kilian obtint la conversion du prince de Würzburg, Gozbert, qui répudia sa femme illégitime. 

Cette dernière résolut de se venger et, profitant d’une absence de Gosbert, fit assassiner Kilian, avec Coloman et Totnan, qu’on enterra avec leurs vases sacrés, leurs ornements et leur Bible.

Au retour de Gosbert, cette femme prétendit que les missionnaires avaient quitté la région ; elle en perdit la raison ; un des meurtriers devint fou furieux, un autre se suicida. L’autre malheur fut que Gosbert retourna à l’idolâtrie.

C’était vers 689.

L’œuvre de Kilian avait préparé celle de s.Boniface (v. 5 juin). 

Il devint le patron du diocèse de Würzburg, des villes de Heilbronn et Kostheim et de nombreuses églises de l’Alsace à l’Autriche. Les vignerons l’invoquent en Franconie ; il est patron des moutons à Kissingen ; l’eau d’un puits de Neumünster (où se trouvent actuellement les reliques) ainsi que celle d’une fontaine de Heilbronn sont réputées pour guérir les maladies d’yeux ; invoqué contre le rhumatisme et la goutte, Kilian l’est aussi par les jeunes femmes qui veulent devenir mères.

Saint Kilian est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain, qui oublie Kolonat et Totnan.

 

 

Disibode 

619-700

 

Cet Irlandais commença par attirer des âmes de son pays dans la voie de la sainteté.

Vers 652, il vint en missionnaire en Germanie. Sa grande douceur et sa simplicité conquirent les cœurs, même les plus endurcis.

On a donné à Disibode le titre d’évêque, la tradition faisant de lui un chorévêque.

Il fonda un monastère au confluent des deux rivières Nahe et Glan (actuel diocèse de Spire). Il y introduisit la règle de s.Benoît (v. 11 juillet). 

L’endroit de sa fondation s’appelle le Disibodenberg, et doit beaucoup plus sa célébrité à sainte Hildegard de Bingen (v. 17 septembre) qu’à Disibode, car elle fut abbesse non loin de là.

C’est elle qui nous dit qu’en à peine une douzaine d’années, le monastère compta une cinquantaine de moines.

Disibode gouverna ce monastère pendant une trentaine d’années.

Le monastère de Disibode connut une période florissante au 12e siècle, mais fut abandonné au 18e siècle et servit de carrière. Il n’en reste que des ruines qui peuvent laisser imaginer l’ampleur des bâtiments.

Saint Disibode est commémoré le 8 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adrien III

884-885

 

Il semble que l’orthographe “Hadrien” soit réservée à l’empereur romain, tandis qu’ailleurs on doive écrire “Adrien”, mais même de solides références ne s’accordent pas là-dessus. C’est sans doute de la même façon qu’on a transcrit des noms comme Teresa ou Natalis en Thérèse et Nathalie, avec une manie inexpliquée pour l’introduction d’h finalement inutiles tant pour la prononciation que pour l’étymologie. Mais laissons là les mystères de la langue française.

Adrien III, donc, fut le cent-neuvième pape : il succédait à Marin Ier.

On en sait vraiment peu de choses : son père, romain, s’appelait Benedetto, et lui-même reçut au baptême le nom de Agapito, qu’il changea en Adriano en entrant dans la cléricature.

Durant son pontificat de seize mois, il prit le temps de promulguer un décret interdisant aux délégués impériaux de participer à l’élection papale, laquelle n’avait plus à être ratifiée par l’empereur.

Rome souffrit la famine cette année-là, et le pape s’efforça de venir en aide à la population par un ravitaillement exceptionnel.

S’étant mis en marche pour aller rencontrer l’empereur Charles le Gros, il mourut en route, le 8 juillet 885, non loin de Modène.

Son culte au diocèse de Modène fut plus tard ratifié, en 1891.

Le bienheureux Adrien III est inscrit au Martyrologe le 8 juillet.

Alberto de Gênes

1090-1180

 

Alberto naquit à Gênes vers 1090, encore que le lieu exact et la date précise de sa naissance soient incertains.

Encore jeune, il ressentit la vocation pour une vie religieuse et érémitique, en particulier au contact d’un autre ermite.

Alberto se serait retiré dans une grotte entre 1110 et 1115 puis, vers 1120 demanda humblement à être accepté dans le proche monastère cistercien Saint-André, situé entre Sestri Ponente et Cornigliano.

Peu (ou pas) instruit, il fut cuisinier de la communauté.

Vers 1140, voulant intensifier sa vie de prière et de pénitence, il se retira à nouveau, dans une grotte du mont Contessa, non loin de Sestri Ponente ; c’est la raison pour laquelle on l’a aussi nommé Alberto de Sestri.

Des Confrères lui apportaient sa nourriture ; mais l’homme de Dieu ne put rester inconnu et les gens vinrent le trouver : des miracles purent attester la sainteté de l’ermite.

Après une quarantaine d’années de cette vie solitaire, il s’éteignit le 8 juillet 1180. On trouve aussi une date bien postérieure, 1223, qui semble exagérée, mais pas non plus impossible, surtout s’il faut aussi retarder la date de sa naissance. Les archives du monastère ne peuvent rien fournir de plus précis, ayant été détruites.

Quoiqu’il fût canonisé en 1244, Alberto n’est plus mentionné au Martyrologe Romain.

 

 

Eugène III

1145-1153

 

Bernardo Paganelli di Montemagno naquit à Pise vers 1100. On a parfois confondu son nom de famille avec celui des Pignatelli. Pour l’anecdote, paganelli signifie “les petits païens”.

Bernardo devint chanoine de la cathédrale de Pise et vidame, c’est-à-dire administrateur temporel. Mais il fut conquis par la personnalité spirituelle de Bernard de Clairvaux, qui était venu au concile de Pise sur l’invitation de Innocent II (1134).

A Clairvaux, notre Bernardo fut d’abord chargé de l’entretien de la chaufferie, qu’il assuma humblement.

L’abbé de Farfa et de San Salvatore de Scandriglia demanda alors à Bernard de Clairvaux une colonie de moines pour apporter plus de ferveur parmi sa communauté : aussi Bernardo quitta-t-il la Bourgogne pour l’Italie. Successivement, le pape Innocent II, voulant rendre vie à l’abbaye romaine des Trois-Fontaines (voir notice sur l’apôtre Paul), ne se gêna vraiment pas en y appelant les moines de Clairvaux et en y mettant à la tête Bernardo.

Voilà donc le fils de Bernard de Clairvaux devenu abbé aux Trois-Fontaines. Ce n’est pas l’orgueil qui tenta le nouvel abbé ; toujours humble, il écrivait à Bernard (de Clairvaux) : Ô mon père, depuis que je suis éloigné de vous, ma vie s’écoule dans l’affliction et mes jours s’écoulent dans les larmes…

En revanche, apprenant que l’endroit était quelque peu insalubre, Bernard lui répond : Je sais bien que tu habites un endroit malsain… ce qu’il faut craindre et éviter, c’est l’infirmité des âmes. Il ne sied pas à notre saint état de chercher des médecines corporelles, cela n’est pas avantageux pour le salut. Que vous preniez parfois, comme il est d’usage et comme il convient à des pauvres, des herbes et des simples, passe ! Mais il ne sied point à l’honneur et à la pureté de notre ordre d’acheter des spécialités, de courir les médecins, de prendre potion. Laissez cela aux mondains. Notre élixir, c’est l’humilité.

Et voilà qu’en 1145, Rome connaît une sombre agitation : le pape Lucius II est tué en voulant reprendre le Capitole tombé aux mains des révoltés (15 février 1145). Le soir même, les cardinaux décident d’élire le nouveau pape : ne sachant qui élire, ils s’accordent pour appeler au siège de Pierre l’abbé des Trois-Fontaines : voilà l’abbé Bernardo qui prend le nom d’Eugène III et qui, ne pouvant être intronisé dans cette Rome agitée, fuit vers Farfa où il est consacré.

Loin de s’en réjouir, Bernard de Claivaux proteste véhémentement auprès du Sacré Collège : Que Dieu vous pardonne ! Qu’avez-vous donc fait ? Vous avez rappelé sur terre un homme qui était déjà dans le tombeau ; vous avez embarrassé de soins et d’affaires celui qui ne voulait avoir ni soins, ni affaires, Vous faites monter à la première place celui qui ne pensait qu’à la dernière. Vous contraignez un moine qui était crucifié au monde à revivre dans le monde. N’y avait-il donc pas de sages parmi vous ?

Et au nouveau pape, le même Bernard : Je n’ose plus te nommer mon fils, car le fils est devenu père et le père est devenu fils. Tu es au-dessus de moi, mais c’est par moi que tu es. Quoique j’aie perdu le titre de père à ton égard, j’en conserve le cœur et la tendresse. Je suis ravi de l’éclat de ta dignité, et je frémis à la pensée des périls qui t’environnent.

Les périls ne manquèrent pas, et Eugène III ne put guère séjourner à Rome.

Il fixa d’abord sa demeure à Viterbe. Il engagea des pourparlers avec la nouvelle administration romaine et crut pouvoir entrer dans Rome. Mais l’agitateur Arnaldo de Brescia souleva la Ville, que dut quitter Eugène pour revenir à Viterbe (janvier 1146).

Puis se présenta l’affaire des Chrétiens d’Orient, assaillis par les Turcs. Le pape invita le roi français Louis VII à appeler les Grands du royaume à une nouvelle croisade, en vain. Il supplia Bernard de Clairvaux d’intervenir, qui à Vézelay finit par convaincre toute la noblesse présente. Bernard pouvait écrire au pape : Tu as ordonné, j’ai obéi… A présent les villes et les bourgs sont vides, et c’est à peine si l’on peut y trouver un homme pour sept femmes. Malgré cet enthousiasme, l’expédition militaire fut un échec, par manque d’entente et de coordination.

Eugène III voyagea beaucoup dans l’Europe chrétienne, et tint plusieurs conciles régionaux.

De Viterbe, il gagna Lyon, Cluny, Dijon, Clairvaux, Paris. A Paris, il célébra la Pâque et consacra l’église des bénédictines de Montmartre, ayant pour “diacre” Bernard de Clairvaux et “sous-diacre” Pierre le Vénérable, l’abbé de Cluny ; puis il condamna dans un concile la doctrine trinitaire de Gilbert de La Porrée. 

Puis ce fut Auxerre, Cîteaux (où il présida le chapitre général, durant lequel les abbés de Savigny et d’Obazine réunirent leurs monastères à l’ordre cistercien) ; de là il alla consacrer l’abbatiale de Fontenay, puis la cathédrale de Châlons.

A Trèves (novembre 1147) il réunit un concile où furent approuvées les révélations de sainte Hildegarde.

Retour à Reims, où un autre concile condamne les théories d’Eon de l’Etoile, puis Clairvaux, Langres, Lausanne, Saint-Maurice d’Agaune, Verceil. Il voulait gagner Rome, mais s’arrêta à Viterbe, toujours à cause de l’agitateur Arnaldo de Brescia. Après plusieurs séjours dans les environs de Rome, il put enfin s’installer au Latran, en 1152.

Cette absence de la Ville éternelle n’empêcha pas le pape d’y entreprendre des travaux importants : la restauration du Latran et de la basilique Sainte-Marie-Majeure ; il fit traduire par l’helléniste Burgundio de Pise des œuvres des Pères grecs, Jean Chrysostome et Jean Damascène. 

Saint Bernard (de Clairvaux) lui dédia son De Consideratione, où le maître cistercien ose rappeler à son ancien disciple comment vivre dans la sainteté son rang de pontife suprême : l’humilité ! Et Saint Bernard de stigmatiser l’administration romaine, trop bureaucratique et pesante, et qui devrait plutôt rayonner l’idéal du Christ.

Selon les plans de la Providence, Bernard de Clairvaux et Eugène III moururent à peu de distance l’un de l’autre, l’été 1153, Eugène le 8 juillet, Bernard le 20 août.

Le pontificat d’Eugène III avait duré huit ans et cinq mois. Son successeur devait être Anastase IV.

Le culte d’Eugène III fut ratifié en 1872, le Martyrologe le mentionne donc comme Bienheureux au 8 juillet.

 

 

Mancius Araki Kyūzaburō

1590-1626

 

Mancius était né vers 1590 à Kuchinotsu (Japon).

Il fut martyrisé le 8 juillet 1626 à Shimabara (Nagasaki).

Il fut béatifié en 1867.

 

Au même endroit et la même année, deux jours après, devait être aussi martyrisé son jeune frère, Matthias.

 

 

Pierre Vigne

1670-1740

 

Pierre naquit à Privas le 20 août 1670 à Privas, dans une famile de commerçants du textile. La France était encore marquée par les récentes “guerres de religion”.

Outre la bonne éducation et l’instruction qu’il reçut,  Pierre montra de réelles dispositions pour la vie spirituelle, et manifesta son désir d’être prêtre. Il entre au grand séminaire de Viviers en 1690.

On raconte que Pierre aurait été de religion protestante et que, à Genève lors d’une procession en l’honneur du Saint-Sacrement qu’il ne voulait pas honorer, ce fut son cheval qui se cabra et le jeta à terre ; cet événement serait à l’origine de sa profonde dévotion envers l’Eucharistie. Cet épisode, taxé de “légendaire” par certaines sources, ne trouve effectivement guère sa place dans la chronologie de la vie de Pierre.

Ordonné prêtre en 1694, il est d’abord vicaire à Saint-Agrève, où l’entente avec le curé est excellente.

Son zèle sacerdotal est stimulé par la nécessité d’évangéliser les villes et les villages, trop abandonnés. Il entre ainsi chez les Lazaristes (1700), cette Société fondée par saint Vincent de Paul pour les missions populaires (voir au 27 septembre). 

Encore insatisfait, il quitte les Lazaristes avec le plein consentement de ses supérieurs et devient missionnaire itinérant, parcourant tous les chemins du Vivarais, du Dauphiné, du Forez, de l’Hérault, jusqu’en Haute-Savoie et en Haute-Garonne. Il prêche, il confesse, il célèbre les Sacrements et la Messe, montrant aux fidèles comment adorer, comment prier, comment implorer la Vierge Marie. Cette activité intense rappelle celle de saint François-Régis (voir au 31 décembre).

En 1712, il fonde la Confrérie du Rosaire.

Arrivé au village de Boucieu-le-Roi (Ardèche), il y organise un grand Chemin de Croix (1714), que les habitants pratiquent encore de nos jours, le Vendredi Saint. Ce Chemin de Croix comporte trente stations, rappelant tous les épisodes vécus par Jésus-Christ depuis la dernière Cène jusqu’à la Résurrection au matin de Pâques. Pierre Vigne aime particulièrement ce village, dont la topographie lui fait penser à celle de Jérusalem ; il y donne le nom de Cédron au petit ruisseau qui y passe. C’est là qu’il s’établit.

Une, puis plusieurs jeunes filles vinrent lui demander conseil pour leur vocation religieuse. Il les réunit ; elles prennent le nom de Sœurs du Saint Sacrement.

Les consignes qu’il leur donne : se succéder dans l’église pour une adoration constante de Jésus présent dans le Saint Sacrement ; bien s’entendre entre elles ; donner un enseignement aux jeunes ; aider et assister la prière durant le Chemin de Croix.

Les nouvelles Sœurs font leurs premiers vœux en 1722, elles se multiplient, rejoignent la Provence et le Dauphiné. La Révolution trouble beaucoup leur activité, qu’elles poursuivent dans la clandestiné. En 1901 elles sont durement frappées par la loi anti-cléricale.

Une autre Confrérie avait vu le jour à Boucieu en 1719, les Pénitents Blancs, à la vie austère, qui furent totalement effacés par la Révolution.

Pierre Vigne écrivait beaucoup, allait régulièrement à Lyon pour y rencontrer les pères sulpiciens et son directeur spirituel. Il fut membre de la Société des Prêtres du Saint-Sacrement (1724).

Pierre Vigne était déjà malade lors de sa dernière prédication à Rencurel (Vercors) ; il dut interrompre sa prédication et s’éteignit le 8 juillet 1740. On ramena son corps à Boucieu-le-Roi.

Le siège principal des Sœurs du Saint-Sacrement est maintenant à Valence, leurs quarante-quatre maisons sont en France, Italie, Angleterre, Irlande, Espagne, Brésil, Tanzanie.

Pierre Vigne a été béatifié en 2004. Il est inscrit au Martyrologe le 8 juillet.

 

 

Ruowang Wu Wenyin

1850-1900

 

Né vers 1850, Ruowang (Ioannes) était né à Dongertou (Hongnian, Hebei, Chine).

Laïc, il subit le martyre le 8 juillet 1900, lors de la révolte des Boxers.

Il fut béatifié en 1946, et canonisé en 2000.

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