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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 23:00

21 JUILLET

 

 -VI.

 S Daniel, prophète.

II.

 S Zotique, évêque et martyr à Comane.

III.

Ste Praxedes, martyre romaine, fille de s. Pudens et sœur de ste Pudentienne (cf. 19 mai).

S Victor, martyr à Marseille, à qui fut dédié le monastère fondé par s. Iohannes Cassianus.

?

Ste Jule, vierge martyre à Troyes.

IV.

S Simeon, surnommé Salos, c’est-à-dire fou ; ermite près de la Mer Morte.

S Jean, moine compagnon de s. Siméon Salos.

VI.

S Arbogast, évêque à Strasbourg, patron du diocèse.

S Antimundus, premier évêque à Thérouanne, envoyé par s. Remi “contre le monde”. 

S Rorice, évêque à Limoges, dont le petit-fils lui succédera.

VII.

SS Jean et Bénigne, frères moines à Moyenmoutier.

XVIII.

 B Gabriel Pergaud, génovéfain à Beaulieu (Côtes d'Armor), martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Alberico Crescitelli, quatrième de onze enfants, missionnaire italien en Chine, et Ruose Wang Yumei, laïc chinois, martyrs canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

XX.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Salésiens : José Limón Limón, prêtre, et José Blanco Salgado, coadjuteur, (tous deux nés en 1892), près de Séville ;

Diocésains : Agricola Rodríguez García de los Huertos (*1896), martyrisé le jour anniversaire de son ordination ;
   - béatifiés en 2017 :

Clarétains : Frederic Codina Picassó (*1888), prêtre, à Lleida ; 

Lazaristes : Manuel Trachiner Montaña et Vicente Cecilia Gallardo (*1915 et 1916), frères convers, près de Madrid ;

- béatifié en 2020 :

Séminariste : Antonio Caba Pozo (*1914), près de Grenade.

Daniel prophète

7e-6e siècles avant Jésus-Christ

 

Quelques indices historiques émergent du Livre de Daniel.

Il devait descendre d’une famille noble de Juda : l’historien Josèphe et saint Jérôme le disent prince royal.

Son nom, Dânî-êl, signifie Jugement de Dieu, ou Mon juge est Dieu.

Après la bataille de Karkémisch (605), Daniel est déporté avec les habitants de Jérusalem à Babylone.

Il est élevé pendant trois ans avec trois autres jeunes à la cour de Babylone, où il apprend la langue des Chaldéens et reçoit le nom chaldéen de Baltassar.

Divinement inspiré, il explique au roi un songe mystérieux d’une statue colossale abattue par une petite pierre.

On connaît mieux l’épisode de Daniel et ses amis dans la fosse aux lions, dont ils ressortent indemnes, de même que l’épisode de la fournaise ardente, dont ils ressortent sans même conserver la moindre odeur de feu. Le Cantique des trois Enfants dans la fournaise est repris dans le Bréviaire le dimanche matin et aux jours de fête.

L’écrit de Daniel aurait été écrit fort tardivement, d’après les spécialistes, reprenant des récits antérieurs retenus par la tradition orale.

On ne parle pas de la mort de Daniel, encore moins d’un dies natalis. Le Prophète était mentionné au 21 juillet dans l’ancien Martyrologe, et n’a pas été retenu dans le récent.

 

 

Praxedes de Rome

† 2e ou 5e siècle ?

 

 

Praxedes passait pour être une des deux filles de s.Pudens (v. 19 mai) et donc la sœur de s.Pudentiana.

On disait que, sous Antonin le Pieux (2e siècle), elle enterra de nuit les vingt-trois victimes d’une «rafle» de la police romaine.

Est-ce possible qu’une femme seule puisse placer vingt-trois corps inanimés dans un cimetière ? On le prétend. Peut-être fut-elle aidée par quelques amis.

Cet enterrement se fit dans le cimetière de Priscilla, où elle-même fut inhumée.

Sainte Praxedes est le titre d’une petite église proche de Sainte-Marie-Majeure à Rome. Ce titre est mentionné pour la première fois, pense-t-on, en 491. En l’absence d’autres documents, on dit aujourd’hui que Praxède mourur avant 491.

Dans cette même église, on vénère, bien sûr, la Martyre, mais aussi la Colonne de la Flagellation du Christ.

Sainte Praxedes de Rome est commémorée le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Victor de Marseiille

† 290

 

 

Victor était peut-être de famille sénatoriale.

Chrétien, il animait le zèle de la communauté locale.

Au passage de l’empereur Maximien, peut-être vers 290, on lui proposa le titre d’Ami de Cæsar et d’entrer au service de ce dernier. Refus de Victor.

On sait que Victor fut martyrisé, mais pas de quelle façon.

Deux siècles plus tard s’éleva à Marseille le célèbre monastère Saint-Victor.

Saint Victor de Marseiille est commémoré le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simeon Salos

† 6e siècle

 

 

Simeon était d’Edesse (auj. Şanlıurfa, Turquie), où il apprit aussi le grec.

Orphelin de père, il vint un jour en pèlerinage à Jérusalem en compagnie de sa mère.

Il y rencontra un certain Iohannis, avec lequel il fit le pèlerinage en Terre Sainte ; tous deux demandèrent à entrer au monastère de Gerasimos, où les accueillit l’abbé Nikon.

Peu après tous deux se retirèrent non loin de là, dans le désert, pendant très de trente ans.

Simeon, divinement averti, se sépara de son cher ami, et s’en vint à Emèse (auj. Homs, Syrie).

Les habitants le virent dans un accoutrement souvent original, peut-être même grotesque et parfois aussi licencieux.

Ainsi, il traînait derrière lui une corde attachée à un chien crevé : on se moquait de lui, on lui envoyait des saletés, on le frappait…

Il trouva à travailler chez un commerçant, dont il distribua gratuitement toutes les denrées en une journée ; il renversa les étalages des pâtissiers ; un jour qu’on lui suggéra de prendre un bain, il se dépouilla entièrement et fila dans cet accoutrement…

Mais aussi il chassait les démons, convertissait des hérétiques, il multipliait le pain…

Le Carême, il jeûnait chaque jour, mais le Jeudi Saint, il mangeait du pain et du vin.

Il pressentit un prochain tremblement de terre : d’avance, il désigna des colonnes qui resteraient debout, d’autres qui seraient brisées, d’autres qui seraient seulement inclinées. Il en fut ainsi.

Simeon disparut pendant deux jours : on le retrouva mort dans sa hutte ; ce n’est qu’après sa mort que les habitants comprirent quel Saint ils avaient parmi eux. Quand on voulut retrouver son corps pour l’enterrer plus dignement, ce corps avait disparu, un peu comme Celui du Christ à la Résurrection.

Pourquoi Simeon se montrait ainsi ? Pour mériter les insultes de la même façon que Notre Seigneur fut insulté. Les fous du Christ sont assez fréquents en Orient, mais suffisamment encadrés pour qu’ils ne tombent pas dans des extravagances exagérées.

Saint Simeon Salos est commémoré le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Arbogast de Strasbourg

† 678

 

De par son nom, Arbogast était probablement d’origine franque.

Il aurait d’abord vécu en ermite dans la forêt de Haguenau, puis fut appelé vers 677 à occuper le siège  épiscopal de Strasbourg, devenant ainsi le treizième évêque de Strasbourg, et le premier à être de souche franque.

On lui doit la première cathédrale de la ville, dédiée à Notre-Dame, ainsi que la première église paroissiale, Saint-Martin. Il fonda aussi le premier monastère d’Alsace, à Surbourg, également consacré à s.Martin (v. 11 novembre).

Arbogast aurait ressuscité le fils de Dagobert, tué par un sanglier, mais on ne voit pas bien de quel Dagobert il s’agit.

Quand Arbogast mourut, on l’enterra selon son vœu sur la Montagne Verte, près de Strasbourg.

L’église qui y fut construite par la suite au 11e siècle, fut abattue par les Luthériens en 1530. Le sarcophage du Saint servit même d’abreuvoir jusqu’en 1610, quand il fut racheté et porté à Saverne.

Saint Arbogast est commémoré le 21 juillet dans le Martyrologe Romain.

Gabriel Pergaud

1752-1794

 

Il naquit le 29 octobre 1752 à Saint-Priest-la-Plaine (Creuse).

Il entra dans la Congrégation de France des Chanoines Réguliers.

Arrêté comme prêtre réfractaire, pour son refus de prêter le serment constitutionnel, il fut conduit avec quelques centaines d'autres prêtres et religieux à bord du navire négrier Deux Associés, qui devait partir pour la Guyane, mais qui resta dans le port de la Rochelle, où la plupart des prisonniers moururent d'épuisement, de mauvais traitements, de maladies.

L'abbé Gabriel Pergaud mourut le 21 juillet 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Alberico Crescitelli

1863-1900

 

Quatrième d’une famille très chrétienne de onze enfants, Alberico naquit le 30 juin 1863 à Altavilla Irpina (Avellino, non loin de Naples, Italie).

Son père le chargea tout jeune encore de contrôler des propriétés agricoles, ce qui lui donna une réelle compétence dans la matière et une heureuse disposition pour les sciences naturelles, mais l’empêcha de fréquenter assidûment l’école.

Pour y remédier, le papa le confia au curé, qui entreprit de bien former le jeune garçon, en même temps qu’il le guidait dans les voies de Dieu. Peu à peu, Alberico sentit en lui la vocation au sacerdoce et au zèle missionnaire.

Il entre au Séminaire Pontifical romain des Saints Pierre et Paul, l’actuel Institut Pontifical pour les Missions Étrangères (PIME). Il y reste sept années, obtenant avec succès les grades académiques.

Il est ordonné prêtre en 1887 et passe quelque temps dans son pays.

On lui propose alors d’enseigner à Naples, dans le Collège Chinois fondé un siècle auparavant par Matteo Ripa, mais Alberico n’y voit pas là sa vraie vocation.

Il devait partir en septembre pour Rome et rejoindre sa destination de missionnaire, mais une terrible épidémie de choléra frappa  Altavilla, dont la moitié de la population mourut, tandis que le reste de la population fuyait dans les environs. Il restait à Altavilla quelques bonnes volontés, dont Alberico, pour assister les malades et ensevelir les morts. Son dévouement fut salué par le Ministre de l’Intérieur, qui lui remit la médaille de bronze du Mérite, en 1889.

Finalement, Alberico quitte son pays et sa famille et rejoint Rome d’où, après quelques mois de préparation et ayant reçu la bénédiction du pape Léon XIII, il part pour Gênes, Nice et Marseille. C’est enfin l’embarquement : après un mois de navigation, Alberico (et son Confrère Vincenzo Colli) arrivent à Shanghai en mai 1889.

Après environ trois mois et quelque deux mille kilomètres de voyage en barque, les deux prêtres arrivent à Siaochai, où se trouve une ancienne communauté chrétienne, fondée par le missionnaire jésuite Étienne Lefèvre, martyr.

Il fallait s’habituer aux coutumes chinoises, à l’habillement, à la langue surtout, qui fut rébarbative à Alberico. Il décrivait tout cela dans son abondante correspondance avec sa chère maman.

Alberico fut chargé des régions de Mienhsien, Loioyang e Ningkiang, les plus éloignées. Il y mit toute son ardeur, convertissant, baptisant, détruisant le paganisme.

Mettant à profit ses compétences agricoles, il chercha à créer des coopératives, pour rapprocher les paysans et les chrétiens trop dispersés.

En 1898, des pluies torrentielles ruinèrent les récoltes ; il y eut des restrictions alimentaires. Le Père Alberico fit tout ce qu’il put pour obtenir que les chrétiens eussent les mêmes rations que les autres, d’autant plus qu’il s’occupait de plusieurs centaines d’orphelins. Ce fut là un des débuts de l’aversion des païens envers lui, car ils l’accusaient de les priver de nourriture au profit de ses propres œuvres.

Des événements politiques agitèrent la Chine. L’empereur fut sauvé grâce aux Nations occidentales, mais le sentiment anti-occidental se répandit et particulièrement à l’encontre des missionnaires, qui furent persécutés : églises détruites, exécutions de missionnaires et de fidèles chinois chrétiens. Même l’empereur émit un décret contre eux, qui en démentait deux autres favorables.

C’est dans ces circonstances houleuses que surgit la fameuse agitation des Boxers, décidés à éliminer toute présence étrangère du sol chinois. Quand le décret impérial interdisant les missionnaires fut publié, les Boxers se déchaînèrent. Un protocole de paix fut signé en septembre 1901 après l’intervention des Puissances alliées. Mais ce n’était pas la paix assurée.

Le Père Alberico avait reçu le conseil de changer de région pour être un peu plus protégé et se rendit au marché de Tsin-kan-ping, où il devait passer le bureau de la douane.

Le douanier le reconnut, et feignit de vouloir le protéger en le mettant au fond du bureau. A onze heures du soir, la population encerclait le bureau et le douanier, simulant un sentiment de profond regret, déclara au missionnaire que sa seule voie de salut était de fuir par la porte arrière, qu’il ouvrit et referma derrière Alberico. D’après la loi, personne n’avait le droit de violer le bureau de la douane, de sorte que le père Alberico y était en sûreté ; mais dès qu’il fut dehors, la populace lui fondit dessus.

Il fut frappé au front, et la peau lui retombait sur les yeux ; on lui arracha presque un bras ; on le frappa au nez et aux lèvres ; puis on se déchaîna contre lui à coups de bâtons et de couteaux. On l’attacha à un pieux comme on le fait pour transporter une bête portée sur les épaules. Sur la place du marché, on lui brûla la barbe et les moustaches. Malgré l’intervention un peu timide d’un mandarin qui voulait au moins apporter une civière pour le transporter, les meneurs de l’agitation lièrent les chevilles du père Alberico et le traînèrent, mourant, près du fleuve, où ils essayèrent de le décapiter et, n’y réussissant pas, se servirent d’une grande lame comme d’une scie pour l’achever, à deux. Puis on mit son corps en morceaux, qu’on jeta dans le fleuve.

Ainsi mourut martyr le père Alberico Crescitelli, le 21 juillet 1900 à Yentsepien. Il avait passé douze années au service matériel et spirituel des populations.

Béatifié en 1951, il a été canonisé parmi les cent-vingt Martyrs de Chine et du Tonkin en 2000. Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 9 juillet, et sont commémorés séparément chacun à leur dies natalis.

 

 

Ruose Wang Yumei

1832-1900

 

Ruose Wang Yumei (Josephus), né vers 1832 à Weixian (Hebei), martyrisé le 21 juillet à Daning (Weixian, Hebei).

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

Frederic Codina Picassó

1888-1936

 

Né le 7 mai 1888 à Barcelone, Frederic était le fils de gens modestes, Frederic et Elvira.

Leur pauvreté leur suggéra de confier leur enfant aux pères Clarétains.

A onze ans, Frederic commença l’étude du latin au séminaire de Barbastro et fit ses humanités. En 1903, il commença le noviciat et fit la première profession en 1904 à Vic. Pour la philosophie et la théologie, il fut à Cervera et Alagón.

Il fut ordonné prêtre en 1912.

Il fut d’abord professeur à Barbastro (de rhétorique, grec et histoire), puis en 1917 fut chargé de la prédication. En outre, il fut supérieur de communautés, successivement à Berga, Cervera, Lleida, Xátiva, puis de nouveau à Cervera et finalement Lleida.

Parmi tous ses mérites, il eut celui de résister aux pressions des autorités civiles de Cervera, qui voulaient s’emparer du grand édifice de la Congrégation, ancien bâtiment de l’université.

Le 18 juillet 1936, jour de la Saint-Frédéric, le p. Codina eut cette parole prophétique : La situation est vraiment mauvaise ; demain on verra nos têtes rouler dans les rues.

Le 19, il conseilla à tous les membres de s’habiller à la paysanne et, s’ils le voulaient ou le pouvaient, d’aller se réfugier chez des amis.

Le 21, alors qu’il célébrait la messe, il dut s’interrompre à l’évangile et s’enfuir dans une maison voisine avec ceux qui restaient. Il portait avec lui le Saint-Sacrement. Il donna à tous l’absolution générale, et tous s’offrirent alors à Dieu pour le salut de l’Espagne.

Juste après les miliciens pénétrèrent pour «contrôler». Ils emmenèrent tout le monde en prison,  laissant un des plus âgé, qui était aveugle, et mettant à part le p.Codina.

Ils poussèrent le p.Codina pour le faire aller à pied à la prison, mais au bout de quelques mètres, ils l’abattirent. C’était le premier martyr de Catalogne.

Le p.Codina fut martyrisé le 21 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Frederic Codina Picassó sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 juillet.

 

 

José Blanco Salgado

1892-1936

 

José était né le 10 novembre 1892 à San Bortolomé de Ganade (Orense).

Il fut très tôt orphelin de père, et dut rester auprès de sa mère pour l’aider au moulin.

Une infirmité incurable l’empêcha d’accéder au sacerdoce, de sorte qu’il resta chez les Salésiens comme frère coadjuteur laïc.

Il entra comme aspirant à Écija, où il fut parmi les meilleurs élèves.

Il commença le noviciat en 1912 à San José del Valle, fit les vœux en 1914, noté pour ses excellentes qualités morales, mais aussi pour son tempérament parfois un peu brusque.

Il travailla dans la communauté de Málaga de 1915 à 1930, sauf quatre ans à Écija.

Il fut responsable de la maison de Morón, (1930-1933) puis de celle de San José del Valle pendant un an, et de nouveau à Morón à partir de 1934.

Là, il partagea en partie le sort du père José Limón, qu’on pourra lire par ailleurs.

Le dimanche 19 juillet à dix heures du matin, des miliciens vinrent fouiller la maison : José leur remit d’emblée un fusil (pour lequel ils avaient déjà accordé une licence, peut-être un fusil de chasse). Il y eut une fouille en règle. José préféra rester avec les prêtres, que de s’enfuir. Puis il suivit le directeur et don Rafael vers la prison, entre deux rangs de miliciens.

Le 20, ils furent libérés par la Garde Civile, mais ils étaient exposés à tous les dangers. José commença par se rallier aux Gardes et prit son arme, pensant devoir ainsi défendre les familles. Là-dessus, le directeur lui fit remarquer qu’il pouvait plutôt aller soigner les blessés : José posa son arme, et alla prêter ses services.

Le 21 juillet après-midi, il s’agenouilla aux pieds du prêtre pour recevoir l’absolution.

On les trompa en leur promettant la vie sauve. Ils sortirent, les mains en l’air, et alors les miliciens tirèrent de tous côtés. José tomba parmi les premiers.

Gravement blessé (il avait le poumon droit perforé), il se traîna et alla s’effondrer un peu plus loin devant un appartement dont on avait enfoncé la porte. C’est là qu’il dut expirer, après quelques heures d’agonie dans la solitude. On put observer la main-courante maculée du sang de ses mains.

On le retrouva et on l’enfouit dans une fosse commune.

Il fut béatifié avec Don José Limón, en 2007.

 

 

José Limón y Limón

1892-1936

 

José était né à Villanueva del Ariscal (Séville, Espagne) le 27 décembre 1892, d’humbles et honnêtes parents.

De son enfance, on n’a rien retenu que cette magnifique déclaration de son curé : José Limón, quatorze ans, a une conduite exemplaire, une piété remarquable et des mœurs pures et chrétiennes.

Il est difficile de dire mieux sur un adolescent. José passa deux ans au séminaire de Pamplona, puis entra comme aspirant au Collège de la Sainte Trinité de Séville, tenu par des Salésiens. 

Première profession en 1912, ordination sacerdotale en 1919.

Il fut d’abord quatre ans à Utrera, puis quatre autres à Cádiz. En 1927-1930, il est directeur de la maison de Carmona où il se distingue par son amour pour les pauvres. Puis il fut curé à San José del Valle, en même temps que confesseur des novices (1930-1933), directeur de la maison de Arcos de la Frontera (1933-1935), enfin directeur de la maison Morón de la Frontera en 1935.

Don José semblait timide, il avait un rire franc avec de bonnes blagues saines, une mémoire excellente qui lui faisait déclamer des vers ; toujours dévoué pour aider sans tarder ses Confrères ; un vrai salésien très apostolique.

Au soir du 18 juillet 1936, les habitants du Collège de Morón virent des gardes rouges tourner autour de la maison.

Le 19 au matin, la maison était entièrement entourée et isolée. Il y avait là seulement quatre prêtres salésiens, dont le directeur Don José Limón et le coadjuteur José Blanco Salgado.

A dix heures du matin, se présenta un groupe de miliciens qui, sous la menace des armes, demanda à enregistrer les présents. Ils fouillèrent l’église, la dispense, cherchant la cachette des armes, en pointant plusieurs fois un couteau à la tête de José Blanco.

Finalement, ils lièrent les mains des Salésiens pour les humilier davantage et les firent monter en camion en direction de la prison. Les curieux s’approchaient. On arriva devant la mairie, où on voulait les fusiller, mais six gardes municipaux prirent en charge les prisonniers pour les conduire à la prison. C’était midi.

Le lendemain, lundi 20 juillet, craignant qu’on mît le feu à la prison, les gardes firent transporter tous les prisonniers au quartier de la Garde Civile. Il y avait là une cinquantaine de prisonniers, et en face d’eux se trouvaient les enfants des gardiens, tous élèves du collège salésien. 

Quelques-uns vinrent se confesser à Don José, qui leur donna calmement l’absolution.

Au matin du 21 juillet, des résistants mirent le feu à la porte de la Garde Civile. On laissa sortir les femmes et les enfants, qui partirent vers la mairie. Les prisonniers restants pensèrent sortir à leur tour. Don José pensait retirer sa soutane, mais un Confrère lui répondit : De toutes façons, on te reconnaîtra ; mieux vaut mourir avec.

Ils sortirent, les mains en l’air. On les fit marcher jusqu’à la place de la mairie. Il y eut une décharge toute proche, encore des tirs, tout le monde était à terre. Il était sept heures et demi du soir.

Une heure après, profitant de l’obscurité, on vint enlever les corps dans un camion, et on tira de nouveau sur le père José, qui gémissait doucement, tout en répétant Jésus, miséricorde ! Seigneur, pardon !

Ils jetèrent au sol les onze victimes. Don José reçut encore un dernier coup de pistolet, et émit un dernier gémissement. Puis les miliciens les laissèrent là et s’en allèrent.

C’était au soir du 21 juillet 1936.

Le lendemain, les corps des victimes furent ensevelis dans une tombe commune du cimetière.

Don Rafael Infantes, qui était parmi les victimes, mais fut seulement blessé, se releva un peu plus tard dans la nuit et put s’enfuir. C’est lui-même qui raconta tous ces détails, et qui, en 1966, comme directeur de la même maison, procéda à l’exhumation des restes de Don José Limón et du frère coadjuteur, José Blanco.

Don José Limón et José Blanco furent béatifiés en 2007.

 

 

Agrícola Rodríguez García de los Huertos

1896-1936

 

Né le 18 mars 1896 à Consuegra (Tolède, Espagne), Agrícola reçut le Baptême quatre jours plus tard, et la Confirmation en 1903, selon la coutume.

Précoce, il quitta ses parents et ses sœurs à sept ans, pour aller au collège de Burgos, tenu par les Frères Maristes.

A dix ans (1906), il entra au Petit séminaire de Burgos, et en 1908 au Grand séminaire Saint-Hildephonse de Tolède, d’abord pour y étudier la philosophie, puis la théologie.

En 1918, le 21 juillet, il fut ordonné prêtre. Mystérieusement, ce sera ce même 21 juillet qu’il tombera sous les balles ennemies.

Il reçut en 1921 le doctorat de théologie.

Dès son ordination, il reçut la mission de coadjuteur dans la paroisse de Villacañas, puis reçut la paroisse de Guadamur en 1925, pour passer à Mora en 1928 et finalement recouvrir la charge de vicaire économe.

De l’avis de tous, c’était un prêtre exemplaire en toutes choses, dans ses qualités humaines, dans ses activités pastorales. On le voyait chaque matin à six heures dans l’église, priant le Bréviaire, se préparant à la Messe, confessant jusqu’à neuf heures.

Lors d’une mission à Manzaneque, en septembre 1931, il prêcha pour la fête du Christ de la Foi. Il invita les fidèles à maintenir ferme leur foi catholique, malgré les difficultés du moment (car si la Guerre civile ne devait éclater qu’en 1936, l’ambiance était déjà très anti-cléricale au début des années trente).

Cette homélie lui valut d’être dénoncé par deux musiciens de l’harmonie de Mora, qui se trouvaient là pour la fête de Manzaneque. Le prêtre fut conduit en prison sous l’accusation d’avoir prêché contre la République, et resta enfermé pendant trois mois. Dès sa libération, il reprit ses activités pastorales, mais il était catalogué, et il savait à quoi s’attendre.

L’occasion se présenta lors de la Guerre civile de 1936.

Dès le 21 juillet, des révolutionnaires vinrent le trouver à l’église. Il était seize heures ; le curé était à la sacristie et leur ouvrit la porte, les priant de respecter les dames et le petit enfant qui s’y trouvaient.

Ils lui répondirent : C’est seulement pour toi qu’on vient ; avance ! Ils le tirèrent violemment dans la rue, le firent marcher quelques mètres sur le trottoir et lui tirèrent à bout portant.

Un témoin le vit s’affaisser la tête en avant ; il avait une plaie sur la droite de l’épaule. Ses lunettes tombèrent sur le trottoir. Il fit quelques pas en direction de sa maison. Un peu plus loin, il reçut une deuxième décharge, qui le fit tomber à terre. On le croyait mort, mais il put un peu se redresser et s’asseoir sur le bord du trottoir. Un milicien s’approcha et lui envoya un coup de pied dans la poitrine, qui le fit allonger sur le dos ; le milicien se mit à improviser une espèce de danse burlesque sur le corps du prêtre. Une fille de quinze ans lui tira dans la poitrine.

Ce n’était pas fini… On porta le Martyr au cimetière. Avant de l’introduire dans la tombe, on lui tira un coup dans la tête, parce qu’il avait encore quelque chose de vivant.

Don Rodríguez García fut ainsi martyrisé le 21 juillet 1936. Il avait quarante ans, et exactement, jour pour jour, dix-huit ans de sacerdoce.

C’était le premier martyr de l’Eglise de Tolède, un diocèse qui perdit dans cette persécution 60% de son clergé.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Vicente Cecilia Gallardo

1914-1936

 

Vicente naquit le 10 septembre 1914 à Cabra (Cordoue), fils de Vicente Cecilia Lama et de María della Sierra Gallardo Nieto, laquelle mourut lorqu’il avait trois ans. La famille de cette maman entoura d’amour le petit garçon et l’aida beaucoup.

Après l’école primaire, Vicente apprit le métier de charpentier, chez son oncle Miguel Torres.

En 1935, il entra dans la Congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens) comme frère convers, où cependant il n’allait faire qu’un bref noviciat, à Hortaleza (Madrid).

Le Fr.Vicente était très serviable, bon et doux ; quand il se trouvait avec des enfants, il leur enseignait à prier le Chemin de Croix ou à aller prier devant la statue de la Sainte Vierge.

Après les élections de 1936, la situation devenait très difficile pour l’Eglise en Espagne, et les parents de Vicente lui conseillèrent de revenir à la maison ; le jeune homme leur répondit que sa volonté était d’être religieux et que, mort ou vif, il le resterait.

Le 19 juillet, il y eut un premier «contrôle», ce qui amena les supérieurs à conseiller aux jeunes Frères de gagner prudemment leurs familles ou quelque endroit sûr. C’est ainsi qu’au petit matin du 20 juillet, Vicente et Manuel Trachiner Montaña sortirent du couvent par une petite porte : ils espéraient gagner Madrid à travers champs et aller ainsi trouver le P.Provincial de Madrid.

Mais au poste de contrôle de Canillas (district d’Hortaleza, peu avant Madrid), des miliciens ouvrirent leurs valises et y découvrirent leur habit avec le Crucifix ; ils pouvaient toujours dire qu’ils étaient charpentiers, ils ne pouvaient nier qu’ils étaient religieux. On les fusilla.

Vicente et Manuel furent ainsi martyrisés au petit matin du 21 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) ; ils avaient vingt-deux et vingt-et-un ans.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Vicente Cecilia Gallardo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 juillet.

 

 

Antonio Caba Pozo

1914-1936

 

Antonio Caba Pozo naquit le 1er décembre 1914 à Lanjarón (Grenade, Espagne).

Entré au Petit séminaire en 1927, il passa au Grand pour se préparer au sacerdoce et allait commencer la troisième année de théologie.

Il écrivait souvent à sa sœur - qui devait entrer chez les Sœurs de la Charité - et disait que son unique désir était de devenir un saint : J’étudie beaucoup, pour sauver beaucoup d’âmes ; car moi aussi je voudrais être saint.

Antonio fut arrêté le 19 juillet à Domingo Pérez, par des miliciens anarchistes qui se moquèrent de lui et le menacèrent, tandis qu’il demeurait serein et courageux.

Le 21 juillet, on voulut transférer les prisonniers de Lanjarón à Órgiva, pour échapper à l’attaque des nationalistes ; en route, ils furent attaqués et se dispersèrent, mais Antonio continua de marcher en priant le chapelet, quand il fut blessé par balles. Il ne mourut pas sur le coup et fut transporté à l’hôpital de Grenade pour y être soigné et reconduit chez les siens à Lanjarón. Là, il eut seulement le temps de recevoir l’Onction des Malades et expira.

Antonio Caba Pozo devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 21 juillet.

 

 

Manuel Trachiner Montaña

1915-1936

 

Le père de Manuel, Francisco, avait déjà deux fils de son premier mariage ; veuf et remarié avec Remedios, il en eut deux autres, dont Manuel, avant d’être veuf une deuxième fois.

Manuel naquit le 22 septembre (ou novembre) 1915 à Puzol (Valencia) et était encore petit à la mort de sa mère. Aussi le papa le confia aux Religieuses de Valencia. Celles-ci l’entourèrent avec un esprit tout maternel et surent orienter ce bon garçon vers la famille des pères Lazaristes.

Devenu frère dans cette Congrégation, il exerça le travail de menuisier avec le talent d’un chef d’atelier.

On a vu dans la notice de Vicente Cecilia Gallardo les circonstances dans lesquelles les deux Frères quittèrent leur maison d’Hortaleza et furent arrêtés.

Vicente et Manuel furent ainsi martyrisés au petit matin du 21 juillet 1936 à Hortaleza (Madrid) ; ils avaient respectivement vingt-deux et vingt-et-un ans, ou presque. D’après certains textes, ils auraient été fusillés à un jour d’intervalle, mais ce n’est pas la version de la Congrégation lazariste.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Manuel Trachiner Montaña sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 21 juillet.

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