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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 23:00

 

23 JUILLET

 

-VI.

S Ézéchiel ("celui que Dieu rend fort"), prêtre, prophète, mort en exil. 

II.

S Apollinaire, évêque à Ravenne, qui serait venu d'Antioche avec s. Pierre ; fêté le 20 juillet.

S Sévère, martyr à Bizyæ, après s. Memnon qu'il venait de convertir (cf. 3 juillet).

?

SS Ravenne et Rasyphe, frères anglais, ermites et martyrs à Macé. 

IV.

SS Trophime et Théophile, martyrs en Orient.

V.

S Jean Cassien, moine à Bethléem, diacre à Constantinople, prêtre à Rome, fondateur à Marseille d'un monastère d'hommes et d'un de femmes ; ses "Conférences", ont inspiré s. Benoît pour sa Règle. 

S Valérien, premier évêque à Cimiez.

VI.

Stes Romula, Redempta, Herundo, vierges romaines ; Romula eut une mort particulièrement céleste.

X.

Ste Anne (Suzanne), vierge à Leucade.

XIV.

Bse Giovanna d'Orvieto, jeune orpheline, couturière, tertiaire dominicaine.

Ste Brigitte de Suède, mère de huit enfants dont ste Catherine, première abbesse de l'Ordre du Saint-Sauveur fondé par elle, mystique ; co-patronne de l'Europe (1999).

XVI.

B Robert Bickerdike, converti, martyr anglais à York, béatifié en 1987.

XX.

Bse Pilar López de Maturana (Margarita María, 1884-1934), espagnole des Religieuses Mercédaires, pour lesquelles elle obtint aussi la vocation de missionnaires ; béatifiée en 2006.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : Felipe Valcobado Granado (F. de l'Enfant Jésus, *1874) et Manuel Pérez Jiménez (Germán de Jésus et Marie, *1898), prêtres, avec Maurilio Macho Rodríguez (M. de l'Enfant Jésus, *1915), José Osés Sáinz (J. de Jésus et Marie, *1915), Julio Mediavilla Concejero (J. du Sacré-Cœur, *1915), José Ruiz Martínez (J. María de Jésus Agonisant, *1916), Laurino Proaño Cuesta (L. de Jésus Crucifié, *1916), clercs ; Anacario Benito Nozal (A. de l'Immaculée, *1906), Felipe Ruiz Fraile (F. de Saint-Michel, *1915), convers, près de Madrid ;

Vicente Díez Tejerina (Nicéforo de Jésus-et-Marie, *1893), prêtre, avec José Estalayo García (des Sacrés-Cœurs, *1915), Epifanio Sierra Conde (de Saint-Michel, *1916), Abilio Ramos y Ramos (de la Croix, *1917), Zacarías Fernández Crespo (du Saint-Sacrement, *1917), Fulgenzio Calvo Sánchez (du Cœur Immaculé de Marie, *1916), clercs, près de Ciudad Real;

- béatifiés en 1995 :

Prêtres Ouvriers Diocésains du Cœur de Jésus : Pedro Ruiz de los Paños Angel (*1881) et José Sala Picó (*1888), à Tolède ;

- béatifié en 2001 :

Salésiens : Xavier Bordas Piferrer (*1914), séminariste, à Barcelone ; 

- béatifiés en 2007 :

Missionnaires des Sacrés-Cœurs : Simó Reynés Solivellas (*1901) et Miquel Pons Ramis (*1907), prêtres,  Francésc Mayol Oliver (*1871) et Pau Noguera Trías (*1916), profès, près de Barcelone ; 

Salésiens : Emilio Arce Díez (*1908), profès ; Victoriano Fernández Reinoso (*1913), clerc, à Madrid ;

Franciscaines Filles de la Miséricorde : Catalina Caldés Socias (C. du Carmel, *1899) et Micaela Rullán Ribot (M. du T.S.Sacrement, *1903), près de Barcelone ; 

Laïque : Prudéncia Canyelles Ginestá de Aguadé (*1884), près de Barcelone ;

- béatifiés en 2013 :

Sœurs Minimes : Ramona Ors Torrents (Margarida Alacoque de Saint-Raymond, *1862), Josepa Panyella Doménech (Josepa du Cœur de Marie, *1865), Josefa Pilar García Solanas (María Montserrat, *1871), Dolors Vilaseca Gallego (María de l’Assomption, *1871), Teresa Ríus Casas (Trinitat, *1875), Vicenta Jordá Martí (María de Jésus, *1889), Mercè Mestre Trinché (María Mercè, *1889), María Montserrat Ors Molist (Enriqueta, *1890), Ana Ballesta Gelmá (Filomena de Saint-François-de-Paola, *1895), près de Barcelone ; 

Laïque : Lucrecia García Solanas (*1866), près de Barcelone ; 

Lassalliens à Madrid : Ignacio González Calzada (Rogaciano, *1885), à Madrid;

Prêtres diocésains : Lluís Janer Riba (*1880), à Tarragona ; Joan Huguet Cardona (*1913), aux Baléares ;

B Wojciech Gondek (Krystyn, 1909-1942), prêtre franciscain polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Vasil Hopko (1904-1976), évêque en Slovaquie de rit gréco-catholique, martyr, béatifié en 2003.

 

Ezéchiel, prophète

7e-6e siècles avant Jésus-Christ

 

Ezéchiel signifie celui que Dieu rend fort.

Le prophète Ezéchiel naquit vers la fin du 7e siècle avant Jésus-Christ. Il était fils du prêtre Buzi, et prêtre lui-même. Mais on ne connaît ni son pays d’origine, ni la date précise de sa naissance. 

Il pouvait avoir vingt-cinq ans quand il fut emmené en captivité avec le roi Jéchonias et la fleur de la nation, après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor (vers 598).

Il se fixa à Tell-Abib, localité située auprès du fleuve Chobar au sud-est de Babylone. Il se maria et sa maison devint le rendez-vous des exilés.

En 592, Ezéchiel fut appelé au ministère prophétique. Sa vocation est décrite au début de son livre. Il devra ensuite annoncer la ruine de Jérusalem, une série d’oracles contre les nations païennes, puis la délivrance et la restauration d’Israël.

La vie publique du prophète s’acheva vers 570. Il se peut qu’il ait vécu plus longtemps, encore, mais on ne saurait affirmer ce que furent ses derniers jours.

Des traditions rapportent qu’après avoir accompli de grands miracles (d’après Epiphane), il aurait été en relation avec l’autre grand prophète, Jérémie, et finalement mis à mort par un chef irrité de ses perpétuels reproches. Son tombeau se serait trouvé non loin de l’Euphrate, là où furent ensevelis Sem et Arphaxad.

Le saint prophète Ezéchiel est au nombre des quatre «grands» prophètes, par l’importance de son livre. 

A la suite de l’Eglise grecque, l’Eglise a inséré saint Ezéchiel au 23 juillet.

 

 

Apollinaire de Ravenne

IIe siècle ?

 

Saint Apollinaire serait venu d’Antioche de Syrie avec saint Pierre, et le Prince des Apôtres l’aurait fait évêque de Ravenne. Mais les historiens n’y croient pas.

Apollinaire aurait fait tant de conversions qu’on l’exila en Grèce septentrionale, où il opéra aussi des miracles en Mésie et en Thrace : il rendait muet l’oracle de Sérapis ! Renvoyé à Ravenne, il combattit le paganisme, et fut arrêté, subit maintes tortures avant d’être abandonné mourant dans un village de lépreux.

L’autre illustre évêque de Ravenne, s.Pierre Chrysologue (v. 31 juillet), qui mourut au Ve siècle, reconnaît en Apollinaire le premier évêque de Ravenne et un martyr non pas de ses supplices, mais de ses durs travaux au service de la Vérité.

Reste que saint Apollinaire est vénéré comme martyr dès le VIe siècle.

On a expliqué la grande diffusion de son culte par la rivalité entre Ravenne et Rome. Mais ce grand Saint n’est-il pas pour quelque chose aussi dans la gloire de Ravenne ?

A la suite de saint Apollinaire, plusieurs évêques de Ravenne furent désignés par la providentielle manifestation d’une colombe.

Pendant quelque temps, saint Apollinaire fut retiré du calendrier romain, mais il y a été réintroduit. Traditionnellement, saint Apollinaire est commémoré au Martyrologe le 23 juillet, où on lui donne le titre d’évêque et de glorieux martyr. Mais on ne le fête pas en ce jour, où l’on fête en priorité sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe. Les jours immédiatement précédents et suivants étant des jours de fête importants, on a établi la fête de saint Apollinaire au 20 juillet. 

Quoi qu’il en soit, on pourra fort heureusement invoquer saint Apollinaire, originaire d’Antioche de Syrie, pour que ce pays retrouve la paix.

 

 

Severus de Thrace

† 305

 

Tout ce qu’on peut dire sur Severus a été écrit dans la notice de s.Memnon.

Memnon était un centurion de l’armée romaine en station à Bizya (Thrace, auj. Vize, Turquie W).

Il se convertit sur les enseignements de son ami Severus.

Après d’atroces supplices, ils s’en allèrent au Ciel y recevoir la palme du martyre.

C’était durant la persécution de Dioclétien et Maximien, donc vers 303-310.

Saint Memnon de Thrace est commémoré le 3 juillet dans le Martyrologe Romain, tandis que s.Severus est mentionné au 23 juillet.

 

 

Ioannes Cassianus

355-435

 

Ioannes Cassianus serait d’origine scythe (act. Roumanie), même si l’on a aussi préconisé la Provence, la Palestine, le Kurdistan… Il naquit vers 355-360.

Suite, sans doute, à la dévastation de la Scythie vers 375-382, de 375 et 385 il séjourna à Bethléem dans quelque monastère.

En 385, ses supérieurs lui permirent de passer en Egypte, accompagné d’un certain Germanus ; tous deux voulaient connaître et vivre la vie monast!que des Pères de l’Egypte, qu’il ne quittèrent que brièvement  en 392 pour rencontrer leur supérieur de Palestine.

Leur séjour se prolongea donc dans le désert de Scété (au sud-ouest d’Alexandrie).

Vers 400, ils vinrent à Constantinople pour rencontrer s.Jean Chrysostome (v. 14 septembre), qui eut le temps d’ordonner prêtre Germanus, et diacre Ioannes, avant son départ en exil.

En 405, les deux amis portèrent à Rome une lettre du clergé de Constantinople, qui exprimait l’attachement de ce clergé à Jean Chrysostome.

Mais au retour, Germanus et Ioannes constatèrent qu’ils n’étaient pas personæ gratæ pour leur soutien à Chrysostome, et durent repartir, on ne sait pas exactement où, mais en 415, Ioannes se trouvait en Provence et fut ordonné prêtre à Marseille. Dès lors, on perd de vue Germanus qui, peut-être, revint en Palestine.

Ioannes fonda à Marseille le fameux monastère d’hommes dédié à Saint-Victor (v. 21 juillet), ainsi que celui de femmes, dédié au Saint Sauveur.

L’évêque d’Apt demanda à cette époque à Ioannes de décrire la vie des moines d’Egypte et de Palestine. Ce fut l’origine des très fameuses Institutions cénobitiques et remèdes aux huit principaux vices, douze livres que Ioannes Cassianus acheva vers 418.

Puis il rédigea les vingt-quatre Conférences (en latin : Conlationes), où il raconte ses visites aux Pères du désert. Dans la dixième, il parle de l’enseignement d’un abbé Isaac, qui recommande de prier sans cesse, en toutes occasions, le fameux verset de l’Office divin : Deus, in adiutórium meum inténde, Dómine ad adiuvándum me festína (Dieu, viens à mon aide, Seigneur viens vite à mon secours, Ps 69:2).

Après cela, Cassianus écrivit aussi un ouvrage sur l’Incarnation, qui n’eut pas le succès des précédents. Cassianus était fatigué de ses nombreux déplacements, âgé, et ne s’est pas rendu compte de ses expressions douteuses, qui d’ailleurs furent combattues par un autre Saint, Prosper d’Aquitaine (v. 25 juin).

Ioannes Cassianus mourut vers 435.

Latin, il fut traduit en grec, cas unique avec celui de Grégoire le Grand (v. 3 septembre).

Saint Ioannes Cassianus est commémoré le 23 juillet dans le Martyrologe Romain

 

 

Valerianus de Cimiez

† 460

 

Cimiez, quartier de Nice, est le nom moderne de Cemenelum.

Valerianus en fut l’évêque. Dans la mesure où Cemenelum fut assimilé à Nice, on peut dire que Valerianus fut le quatrième évêque de Nice.

Il est supposé avoir été moine à Lérins, mais il est certain qu’il entretint avec cette abbaye des rapports très amicaux.

Valerianus assista aux conciles de Riez (439 et de Vaison (442).

En 449, il y eut un bref conflit de juridiction concernant l’évêque d’Arles. Le pape s.Léon (v. 10 novembre) trancha en séparant bien les deux évêchés d’Arles et de Vienne. Puis il demanda à tous les évêques de la région d’approuver sa Lettre à Flavien, dans laquelle il exposait la doctrine catholique sur le Christ, Fils unique de Dieu, une Personne en deux Natures. Valerianus fut un des signataires.

En 455, il participa au concile d’Arles, au sujet d’un petit problème entre l’abbaye de Lérins et l’évêque de Fréjus.

Dans son apostolat, Valérianus s’attaqua particulièrement aux gourmands, aux orgueilleux, aux captateurs d’héritage.

Peu après, c’est le même pape s.Léon qui réunit les deux diocèses si voisins de Nice et Cimiez.

Valerianus mourut vers 460.

On a de lui quelques homélies ; citons celle aux moines de Lérins, assez brève, où il réussit la performance de citer chacune des quatorze épitres de s.Paul.

Saint Valerianus de Cimiez est commémoré le 23 juillet dans le Martyrologe Romain.

Giovanna d’Orvieto

1264-1306

 

Giovanna naquit en 1264 à Carnaiola (Fabro, Orvieto, Italie C). On l’appelait Vanna.

Orpheline très jeune, elle se confia simplement aux Anges ; à ses petites camarades qui la plaignaient, elle montra une image de l’Ange gardien : Voilà mon père et ma mère, et je serai moins abandonnée que vous.

A dix ans, elle se consacra à Jésus-Christ et songea peu après à faire partie des Tertiaires dominicaines, qui portaient un habit religieux tout en restant dans leur domicile.

Mais voilà que les parents de Giovanna avaient déjà arrangé un beau mariage pour cette jeune fille ; furieux du choix de Giovanna, ils cherchèrent à l’en dissuader par tous les moyens. Giovanna, qui avait quatorze ans, gagna Orvieto, où d’autres parents, bienveillants, l’accueillirent.

Pour gagner son pain, elle faisait des travaux de couture. Cette grande fille, brave paysanne, fut bientôt éprouvée dans sa santé. Elle n’en continuait pas moins à prier, à rendre service, à donner quelque conseil.

Elle reçut alors l’habit de Tertiaire, et sa vie devint désormais une douloureuse montée vers l’identification au Crucifié. Pour une femme qui l’avait un jour insultée, elle s’engagea à prier deux cents Pater et deux cents Ave, regrettant de ne pouvoir faire plus à cause de sa santé.

Les dix dernières années de sa vie, elle vécut chaque vendredi la Passion du Seigneur, souffrant d’une totale dislocation des os.

Le jour de sa mort, 23 juillet 1306 à Orvieto, sortit de son côté un flux de sang. Puis des miracles eurent lieu.

Peu après sa mort, une consœur en eut une apparition et lui demanda ce qu’il en était de sa douleur au côté. Vanna répondit que Toutes ces douleurs sont finies. Elle apparut aussi à un autre Religieux, lui demandant de faire retirer son corps du cimetière, parce qu’on y bavardait au lieu d’y prier.

Déclarée bienheureuse en 1753, son culte fut confirmé en 1754 et elle fut proclamée en 1926 patronne des travailleuses italiennes couturières.

 

 

Brigitte de Suède

1303-1373

 

Son père était un chevalier et haut fonctionnaire de Suède, et parent de la famille royale. Sa mère mourut assez jeune. Famille pieuse, où l’on jeûnait, priait et lisait les Ecritures assidûment. Une tante de Brigitte fonda le premier couvent de dominicaines en Suède. 

Elle se maria (ou : on la maria) à treize ans et elle eut huit enfants. Tandis qu’elle surveillait avec soin l’éducation donnée à ses enfants, elle entreprit aussi la formation de son mari, assez inculte.

Elle fit avec son mari le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Veuve en 1344, elle se retira près d’un monastère et commença à recevoir des révélations, grâce auxquelles elle osa intervenir tant auprès du roi de Suède et du clergé local qu’auprès des rois d’Angleterre et de France (c’était la guerre de Cent-Ans) et du Pape (pour l’exhorter à quitter Avignon et regagner Rome).

Brigitte vint à Rome en 1349. D’après ses révélations, elle devait fonder un nouvel ordre, pour hommes et pour femmes, qui se serait appelé Ordre du Saint-Sauveur, mais elle n’obtiendra cette autorisation du pape qu’en 1370. 

Entre temps, sa fille Catherine (qui sera aussi canonisée comme sa mère) la rejoignit à Rome et la seconda dans ses activités : tout un groupe de saintes personnes gravitait autour d’elles, pour prier et étudier.

En 1372 elle fit un long pèlerinage en Terre Sainte, avec plusieurs membres de sa maison, dont deux de ses fils, Birger et Charles.

De retour à Rome en 1373, elle s’éteignit le 23 juillet.

Sa fille Catherine fit reporter le corps de sa mère en Suède, au monastère de Vadstena que le roi avait fait construire sur sa demande. Elle fut très vite canonisée (1391). 

Sainte Brigitte est la sainte nationale de la Suède. On la représente avec la plume, l’encrier et le livre.

Ses Révélations ne tiennent pas moins de huit livres. 

Elle a été proclamée co-patronne de l’Europe en 1999.

 

 

Robert Bickerdike

?-1586

 

Ce laïc anglais était né à Low Hall (Knaresborough, Yorkshire) à une date non connue.

Il vivait à York et, d’après le Martyrologe romain, s’était réconcilié avec l’Eglise catholique.

Il fut arrêté une première fois en 1582 pour avoir donné au martyr John Boste (voir au 24 juillet), un verre de bière. Ensuite, à son procès, il fut accusé d’avoir proféré des propos de trahison. Acquitté, il fut rappelé par le juge à Castle pour un nouveau procès.

Cette fois-ci, il fut condamné. Un de ses «forfaits» était que, au moment où l’on conduisait Francis Ingleby pour être exécuté (voir au 3 juin), il avait protesté contre une femme qui accusait le condamné de voleur. C’est ce «délit» qui semble avoir été la cause de sa condamnation.

L’exécution eut lieu à York, par pendaison, éviscération et décapitation.

On ne connaît pas non plus au juste le jour de son martyre ; certains le mettent probablement au 23 juillet, d’autres au 5 août, ou peut-être aussi au 8 octobre. Au Martyrologe, il est mentionné avec John Fingley, le 8 août.

Robert a été béatifié en 1987.

Pilar López de Maturana y Ortiz de Zárate

1884-1934

 

Le 25 juillet 1884 naquirent à Bilbao (Espagne) deux jumelles, Pilar et Leonor, qui restèrent toujours unies dans une grande amitié cordiale et spirituelle. Elles étaient les dernières des cinq enfants de Vicente Lopez et Juana Ortiz.

Adolescente, elle fut un peu prématurément courtisée par un jeune marin, ce qui détermina sa mère à la placer dans un collège de Religieuses mercédaires à Berriz.

La jeune fille mûrit et perçut en elle une forte vocation religieuse à la vie missionnaire.

En 1903, elle entra au noviciat de ces mêmes Religieuses, prenant le nom de Margarita María, tandis que sa sœur jumelle venait d’entrer chez les Carmélites à Vitoria (elle mourra en odeur de sainteté en Argentine).

Pilar-Margarita, de son côté, approfondissait sa vie mystique. En 1906, elle commença à travailler dans le collège, où elle devait rester plus de vingt années, montrant son profond esprit de prière et de charité, l’idéal mercédaire étant de se préoccuper du rachat des capifs, et conséquemment de la conversion de tous les pécheurs. 

La charité de Pilar embrassait le monde entier, d’abord dans la prière, puis en communiquant cet idéal aux élèves du collège, enfin à tout le monastère.

A partir de 1913, elle se mit de plus en plus en relation avec des missionnaires et, en 1920, fonda l’association Juventud Mercedaria Misionera de Berriz (Jeunesse Mercédaire Missionnaire de Berriz), où les jeunes filles, consacrées ou mariées, vivaient cet idéal de soutien des missionnaires par leur prière et leurs sacrifices.

Le mouvement fut contagieux : le monastère entier s’enflamma pour cet idéal et les Religieuses rejoignirent bientôt la Chine, l’Océanie, le Japon.

Son activité fut frappée d’une douloureuse épreuve, due à un ulcère duodénal qui la fit souffrir dès 1922 jusqu’à la fin de ses jours. 

Elle-même fut nommée supérieure de son couvent espagnol en 1927, et en tant que telle voulut participer à la troisième expédition missionnaire pour se rendre compte par elle-même des exigences apostoliques des Religieuses.

Le travail apostolique fut entravé par la guerre civile, par des persécutions, par la Deuxième guerre mondiale, qui détruisit plusieurs fois les bâtiments.

En 1930, sur la pétition unanime à vote secret des quatre-vingt quatorze Religieuses, le couvent fut officiellement transformé en Institut missionnaire.

Aux trois vœux habituels de religion, la Mère Margarita ajouta celui de rester dans la mission même en cas de danger de mort, si le bien des âmes le requiert.

L’ulcère, qui la frappait depuis douze ans, évolua en cancer. Elle acheva les dernières années de sa vie dans une intense activité contemplative du Christ Rédempteur, au monastère de Berriz (ou dans l’hôpital proche). 

Elle s’éteignit le 23 juillet 1934, deux jours avant son cinquantième anniversaire.

Elle a été béatifiée en 2006. 

 

 

Ramona Ors Torrents

1862-1936

 

Ramona (Raymonde) était née le 28 octobre 1862 à Centelles (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-deux ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Marguerite Alacoque de Saint-Raymond.

Elle fit la profession solennelle en 1887.

On disait qu’elle avait toutes les vertus, obéissante, humble, serviable ; elle lisait assidûment l’Ecriture Sainte.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Josepa Panyella Doménech

1865-1936

 

Josepa était née le 7 janvier 1865 à Sant Andreu de la Barca (Barcelone, Espagne).

A vingt-et-un ans elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Josepa du Cœur de Marie. Elle fit la profession comme sœur converse en 1887.

Elle avait un mot d’ordre : toujours sourire !

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Lucrecia García Solanas

1866-1936

 

Lucrecia était née le 15 août 1866 à Aniñón (Saragosse, Espagne).

Consacrée, elle resta laïque, et vivait auprès de sa jeune sœur, Josefa Pilar (María Montserrat), aidant la communauté en assumant les obligations externes du monastère.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, en même temps que ces neuf Religieuses, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Josefa Pilar García Solanas

1871-1936

 

Josefa était née le 8 mars 1871 (ou 1872) à Aniñón (Saragosse, Espagne).

Elle entra à vingt-sept ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María Montserrat.

Elle fit la profession solennelle en 1899.

Supérieure du couvent, elle fit tout pour sauver la vie des Sœurs, même au prix de la sienne.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Francesc Mayol Oliver

1871-1936

 

Francesc était né à Vilafranca de Bonany (San Joan, Majorque, Baléares) le 31 mai 1871. 

Il y avait cinq enfants dans la famille, dont trois seulement vécurent. Francesc fut baptisé le jour-même de sa naissance.

On ne l’avait jamais entendu parler de sa vocation, mais, après avoir participé à une Mission prêchée par le Fondateur des Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie (Joaquim Rosselló), il entra quelques jours après dans cette Congrégation, au sanctuaire de Lluc, et fit la profession en 1896, comme Frère coadjuteur. 

Comme c’est le cas des Frères, on lui confia diverses charges : infirmier, cuisinier, jardinier… Il faisait tout cela avec grande disponibilité, avec ses façons un peu rustiques. Quand il avait un peu de répit, il lisait la vie des Saints.

Il vivait au sanctuaire marial du Coll depuis 1933 où, malgré quelques ennuis de santé, il maintint ses activités, grâce auxquelles les supérieurs savaient que la communauté était bien tenue. Ce fut une des premières communautés de Barcelone qui paya si cher lors de la révolution de 1936. 

Les quatre Religieux qui y vivaient avaient fait leur noviciat à Sant Honorat. Quand ils décidèrent de quitter le sanctuaire du Coll, Mayol pensa que, vu son âge, rien ne pourrait lui arriver, et décida de rester sur place. 

A l’arrivée des révolutionnaires, il eut le réflexe de cacher la sainte Image de la Vierge et défendit le sanctuaire, éteignant le feu avec une branche. On le menaça de mort ; il finit par suivre le conseil des voisins en rejoignant les autres Religieux.

D’abord ils restèrent cachés dans une boutique toute proche du sanctuaire, le 20 juillet 1936, puis trouvèrent refuge chez une pieuse dame, Prudéncia Canyelles, propriétaire de la Tour Alzina, à Creueta del Coll (Barcelone), le 21.

Là arrivèrent les miliciens au soir du 23 juillet. Ils firent sortir les deux prêtres un à un, et les fusillèrent au fur et à mesure qu’ils franchissaient le seuil de la maison. Ils abattirent le frère Francesc dans la cuisine, par une décharge dans l’estomac.

Ils furent tous martyrisés, y compris Prudéncia Canyelles, le 23 juillet 1936 et béatifiés en 2007.

 

 

Dolors Vilaseca Gallego

1871-1936

 

Dolors était née le 19 juin 1871 à Piera (Barcelone, Espagne).

Elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María de l’Assomption.

Elle fit la profession solennelle en 1893.

Sa douceur la faisait remarquer tout spécialement.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Felipe Valcobado Granado

1874-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Né le 26 mai 1874 à San Martín de Rubiales (Burgos), Felipe reçut le Baptême le 29 mai, et la Confirmation l’année suivante.

Il avait une tante clarisse à Peñafiel et une cousine passioniste à Bilbao.

Après ses études au collège de Peñafiel (Valladolid), il n’avait qu’une, et une seule intention, celle de devenir passioniste ; même quand on essayait de lui suggérer quelque autre Congrégation, il répondait énergiquement : Même si j’avais à choisir mille fois, je choisirais mille fois d’être passioniste.

Il fit le noviciat à Deusto (Bilbao), la profession en 1890 et prit le nom de Felipe de l’Enfant-Jésus.

Après ses études de philosophie et théologie à Peñaranda de Duero (Burgos), il reçut le sacerdoce en 1897.

Jusqu’en 1902, il fut successivement à Corella et Peñaranda, puis s’embarqua à destination du Mexique en 1903.

Là-bas, il fut à Tacubaya pendant sept années, puis passa à Santa Clara (Cuba) en 1910 comme recteur. Il eut la même fonction à Corella (Espagne) en 1911, de nouveau à Santa Clara (Cuba) en 1917.

De 1920 à 1926, il fut de retour en Espagne, comme consulteur provincial à Daimiel.

1926 : nouveau voyage à Cuba où, de nouveau recteur à Santa Clara, il construisit la nouvelle maison.

Fatigué, il revint se «reposer» à Daimiel en 1929, où il devait être directeur spirituel.

C’était un homme très discret, enthousiasmé par sa vocation de passioniste, excellent confrère. Il n’avait pas d’ennemis.

Après la nuit tragique du 21 au 22 juillet 1936 (voir notice Passionistes de Daimiel), il fut une des victimes de Carabanchel (Madrid), ayant donné l’absolution à chacun des huit autres Martyrs, avant de tomber à son tour sous les balles.

Tous furent béatifiés en 1989.

 

 

Teresa Ríus Casas

1875-1936

 

Teresa était née le 17 novembre 1875 à Sant Martí de Provençals (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-quatre ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Trinitat.

Toujours joyeuse, mais aussi grande contemplative, elle passait tout son temps libre devant le Saint-Sacrement.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

Lluis Janer Riba

1880-1936

 

Lluis naquit le 4 mars 1880 à Pontils (Tarragona, Espagne), de Jaime et Teresa, qui le firent baptiser trois jours après sa naissance.

Au terme de ses études secondaires, il fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1904.

Humble et doux, il était chargé de la sacristie de la cathédrale.

Le 23 juillet 1936, à 14 heures 30, il était en train de baisser le volet de son balcon, quand des miliciens l’aperçurent et lui donnèrent l’ordre de descendre.

Le prêtre obéit, et se présenta comme il était, vêtu de sa soutane. On lui dit d’aller l’enlever, pour aller sur le bateau-prison du port. Un milicien lui dit même : Ça, donne-le moi.

Don Lluis n’eut pas même le temps d’aller se changer : il était à peine arrivé à l’entrée de l’immeuble, qu’on lui déchargea un pistolet à brûle-pourpoint. Il mourut sur le coup.

Ils l’achevèrent en lui tirant encore d’autres balles et ils le tirèrent de l’autre côté de la place, le laissant sur un tas d’ordures, que devait emporter un camion des poubelles. Mais des mains plus respectueuses le confièrent à un taxi pour le déposer au cimetière, où il fut autopsié.

La foule présente remarqua la douceur du prêtre, qui tomba les mains jointes, les yeux fermés, sans verser une goutte de sang. Don Lluis était le premier prêtre de Tarragona à tomber sous les balles des révolutionnaires.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Ruiz de los Paños y Ángel

1881-1936

 

Né à Mora (Tolède, Espagne) le 18 septembre 1881, Pedro avait quatre frères et sœur, enfants de Francisco Ruiz et Braulia Ángel. 

Entré au séminaire de Tolède en 1894, il reçut l’ordination sacerdotale en 1905.

A partir de 1904, il appartint à la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains, dont il devint lui-même directeur dès 1933.

Entre 1927 et 1933, il fut recteur du Collège Pontifical Espagnol à Rome.

Dans une entrevue avec le Pape, il exposa tous ses projets : il fallait fomenter des vocations, il fallait former les prêtres à semer la foi, à glorifier Dieu… Il mit vraiment toute sa personne et toute sa vie au service du Sacerdoce. 

Il voulait fonder un institut féminin de Disciples de Jésus, mais n’eut pas le temps de le porter à réalisation, car la guerre civile tronqua cette vie toute sacerdotale.

Il fut abattu en pleine rue à Tolède, le 23 juillet 1936, en même temps que le recteur du petit séminaire, José Sala Pico.

Après sa mort, ses condisciples décidèrent de faire avancer son projet de fondation et, avec l’appui de l’archevêque de Valladolid, ouvrirent une maison, où les Disciples firent leurs première professions en 1942.

Don Pedro a été béatifié en 1995, en même temps que huit autres prêtres du même Institut. 

 

 

Prudéncia Canyelles Ginestá

1884-1936

 

Prudéncia était née le 5 août 1884 à Sant Celoni (Barcelone), baptisée le 10 août suivant.

Elle se maria en 1927. On disait d’elle qu’elle avait un caractère explosif, doublé d’un naturel extrêmement charitable.

Elle appartint aux Conférences Saint-Vincent-de-Paul, ainsi qu’à la Confraternité des Dames  Visiteuses, qui allaient passer un peu de leur temps avec les malades chez eux. Prudéncia n’hésitait pas à demander l’aumône pour eux.

Avec sa sœur aînée María, elle allait faire du catéchisme dans des quartiers déravorisés de Barcelone.

Elle eut un premier projet de mariage avec un jeune homme qui dut renoncer à cette union, pour s’occuper de ses deux jeunes sœurs malades mentales. Prudéncia alors épousa Ezequiel Aguadé Soler, un malade tuberculeux, qu’elle épousa pour s’en occuper, plus que pour fonder avec lui un foyer chrétien, et qu’elle amena à une foi profonde, alors qu’il n’était pas particulièrement porté à la religion. C’est dans ces circonstances qu’elle put se lier davantage aux Religieux du Coll, qui portèrent l’Eucharistie et le Sacrement des Malades à son époux avant sa mort.

Après la mort de son mari, Prudéncia continua ses activités avec grande intensité.

Elle entendit dire que les Religieux du Coll s’étaient réfugiés dans une boutique près du Sanctuaire, et voulut leur offrir plutôt son propre domicile, la Tour Alzina, où ils s’établirent avec reconnaissance au soir du 21 juillet 1936.

On pourrait prétendre que cette proposition de Prudéncia était une sainte imprudence, mais il faut admettre que c’était d’abord un acte de courage héroïque, qui pouvait et devait lui coûter la vie.

Le 23 à midi, les miliciens fouillèrent une tour voisine, cherchant les Religieux, puis ils se présentèrent à la Tour Alzina. A ce moment-là, se trouvait avec Prudéncia une amie, Teresa, qui voulut ouvrir quand ils frappèrent, mais Prudéncia voulut ouvrir elle-même la porte. Interrogée, elle reconnut qu’elle hébergeait les trois Religieux.

Après avoir abattu trois Religieux (voir la notice de Simó Reynés), ils emmenèrent le frère Pau au quartier de la Milice.

Les miliciens laissèrent là les deux femmes, en les menaçant méchamment si elles s’avisaient d’aller raconter quelque chose. Elles remontèrent à l’étage et mirent du temps à reprendre leurs esprits après ce carnage. Vers le soir, elles redescendirent et virent le pauvre frère Francesc qui vivait encore ; elles lui demandèrent s’il souffrait beaucoup, mais n’eurent pas le temps d’entendre sa réponse : les miliciens revenaient.

Ils arrêtèrent Prudéncia pour l’interroger. L’entendant dire que le frère Francesc vivait encore, ils lui tirèrent à nouveau à bout portant dans la tête. Puis, pointant le révolver sur la poitrine, ils obligèrent Teresa à leur faire visiter toute la maison en détail, et ils détruisirent tous les objets religieux qu’ils trouvèrent.

Quand arriva l’ambulance qui devait relever les Religieux abattus, ils partirent vite avec Prudéncia, laissant là Teresa, qu’ils épargnèrent pour la raison qu’étant une ouvrière, elle était liée aux syndicats. C’est grâce à elle qu’on connut tous ces détails.

Quant à Prudéncia, elle fut détenue jusqu’au soir, et emmenée avec quatre autres religieuses et le frère Pau Noguera au fameux tournant de Rabassada sur la route du Tibidabo, et là ils les fusillèrent tous, Prudéncia et le frère Pau d’un côté, les quatre autres Religieuses de l’autre.

Le corps de Prudéncia, enseveli dans une fosse commune, n’a pas pu être identifié plus tard.

Ce martyre eu lieu au soir du 23 juillet 1936.

Prudéncia fut béatifiée en 2007, en même temps que les Religieux du Coll et les Religieuses, avec lesquels elle fut martyrisée.

 

 

Ignacio González Calzada

1885-1936

 

Ignacio était né à Terrazos de Bureba (Burgos, Espagne) le 31 juillet 1885, en la fête de saint Iñigo (Ignace) de Loyola, dont il porta le nom.

La famille était très chrétienne : un voisin vit souvent le petit garçon prier le chapelet avec son père, au retour du travail des champs, avant d’arriver à la maison.

On ne fut donc pas surpris d’entendre Ignacio exprimer son désir de rejoindre les Frères des Ecoles Chrétiennes au séminaire de Bujedo.

Il y entra, à dix-sept ans. On lui trouva d’excellentes dispositions, mais aussi une mémoire plutôt paresseuse, qui devrait sans doute lui poser des problèmes pour ses études.

Toujours est-il qu’il reçut l’habit en 1902, avec le nom de Rogaciano. 

Le jeune aspirant se montra très docile et travailleur, et particulièrement humble, jusqu’à manger à genoux au réfectoire ou à baiser les pieds de ses confrères.

On le vit participer de tout son cœur aux travaux d’aménagements de la maison, car on s’apprêtait à recevoir d’autres Frères provenant de France, à cause des lois anticléricales.

En 1905, il eut la joie de voir arriver son jeune frère, qui prenait la même route que lui. Quant à Rogaciano, on l’envoya à Jerez, pour travailler à la cuisine. Il s’y montra soumis, évitant toute discussion, recevant avec joie qui arrivait tard, même la nuit.

Le pauvre Rogaciano souffrait déjà beaucoup de rhumatismes ; il peinait à monter et descendre les escaliers, mais il ne s’en plaignait jamais. Quand les Confrères remarquaient qu’il était débordé, ils l’aidaient comme ils pouvaient, et lui les remerciait tout confus, en leur promettant de prier une dizaine de chapelet à leurs intentions.

Dès qu’il le pouvait, il s’échappait pour aller se recueillir un moment devant le Saint-Sacrement ; on l’y voyait immobile, les larmes aux yeux. Il offrait ses souffrances, son travail, il priait pour l’Institut, pour le salut des âmes.

On l’envoya ensuite à Madrid, où il fut quatorze ans, toujours humble, toujours effacé, toujours disponible et souriant.

En 1935, il fut dans une autre maison près de Madrid, à Las Peñuelas, quartier Puente Vallecas. Lors de la révolution de 1936, les Frères furent généreusement maltraités et insultés.

Rogaciano fut arrêté le 24 juillet 1936, et assassiné le jour-même.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

José Sala Picó

1888-1936

 

Fils de Jacinto et Josefa, José (ou Josep) naquit le 24 juin 1888 à Pons (Lleida).

Un oncle à lui vivait en Andorre, et le reçut quelque temps. C’est lui qui, outre qu’il lui donna une excellente formation, lui paya aussi les études du séminaire.

Après les études de philosophie et de théologie au séminaire de Seo de Urgell, il fut ordonné prêtre en 1911.

Il eut diverses charges pastorales, avant d’entrer dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers du Cœur de Jésus, en 1915, mû par un profond désir d’aider les jeunes séminaristes à devenir de bons prêtres.

A partir de là, il fut préfet et économe au séminaire de Segovia pendant quatre ans, puis préfet à celui de Tolède, avant d’être recteur du Petit séminaire.

C’est en 1926 que mourut son père, dont il se souvenait avec grande affection, et aux funérailles duquel il ne put assister, se trouvant alors à Tolède. 

On remarquait en Don Sala Pico sa charité quasi maternelle, particulièrement envers les jeunes séminaristes, surtout s’ils étaient malades. Il avait une bonté exquise, une humilité qui lui faisait toujours éviter les premières places. Dans les moments difficiles de 1936, il s’efforça de redonner courage tant aux séminaristes qu’aux professeurs, et montrait toute sa confiance dans le Sacré-Cœur de Jésus. S’il était parfois austère, il avait un grand cœur. Il était très obéissant et respectait le recteur du Grand séminaire comme son propre supérieur.

Le 21 juillet 1936, le gouverneur de Tolède fit rassembler jusqu’à deux mille personnes (combattants et leurs familles), avec des vivres pour tenir quelques jours, en cas d’attaque de l’armée de Madrid.

Au soir du 22 juillet, commencèrent les exécutions des prêtres, qui durèrent un mois environ. 

Don José, avec quelques autres prêtres, demeurèrent dans le séminaire le 22 jusqu’à neuf heures du soir ; voyant l’heure du sacrifice se présenter à eux, ils consommèrent les Saintes Hosties, puis décidèrent de quitter le séminaire, espérant ainsi que les miliciens, le trouvant vide, ne l’auraient pas saccagé.

Un des prêtres put rejoindre Madrid. Don Pedro et don José trouvèrent refuge chez un ami, mais un voisin anticlérical s’opposa à leur entrée dans l’immeuble. Ils allèrent chez Don Cepeda, un autre prêtre qui vivait chez sa sœur.

Au matin, arrivèrent les miliciens pour arrêter don Cepeda, mais arrêtèrent aussi les deux autres, en voyant qu’ils étaient prêtres.

Ils sortirent, les mains en l’air ; dans une petite ruelle, les miliciens pensèrent qu’ils pourraient les fusiller là, mais un voisin leur demanda de ne pas laisser de cadavres devant sa porte ; ils continuèrent vers une ancienne fabrique de farine convertie en prison, mais elle était pleine ; à ce moment passa une voiture qui transportait un médecin (chrétien) à la maternité. On les fit conduire à un autre carrefour, où ils leur tirèrent à bout portant. Il pouvait être neuf heures du matin.

Don Sala Pico reçut la palme du martyre avec Pedro Ruiz de los Paños, le 23 juillet 1936 ; tous deux furent béatifiés en 1995.

Mercè Mestre Trinché

1889-1936

 

Mercè était née le 18 juin 1889 à Barcelone (Espagne).

Elle entra à vingt-six ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María Mercè.

Sa profession solennelle eut lieu en 1920.

Humble, travailleuse, âme intérieure, elle aimait l’adoration eucharistique et la piété mariale.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

María Montserrat Ors Molist

1890-1936

 

María Montserrat était née le 10 novembre 1890 à Centelles (Barcelone, Espagne).

Elle entra à vingt-quatre ans chez les Sœurs Minimes, et prit le nom de Enriqueta (ou : María de Saint-Henri).

Sa profession solennelle eut lieu en 1919.

Joyeuse et dévouée, elle aimait offrir beaucoup de sacrifices, en union avec la passion du Christ.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Vicente Diez Tejerina

1893-1936

 

Il était né à Herreruela de Castillería (Palencia) le 17 février 1893, baptisé le lendemain et confirmé la même année.

En 1908, il fut novice chez les Passionistes de Angosto (Álava), et fit la profession en 1909 à Bilbao, changeant son nom en Nicéforo («qui porte la victoire», variante helléniste du latin Vicentius, vainqueur).

En 1910, il partit pour le Mexique avec tout un groupe de Passionistes, mais en 1914, la persécution sévissait déjà et l’obligea à passer aux Etats-Unis.

A Chicago, il étudia la théologie et reçut le sacerdoce en 1916.

En 1918, le voilà à Santa Clara (Cuba), où il enseigna dans le collège Saint-Paul-de-la-Croix.

En 1920 il put saisir une occasion de rejoindre le Mexique pour des missions populaires. Il prêcha à la cathédrale de Guadalajara (1925). Il suscita par sa parole de nombreuses vocations religieuses et sacerdotales, et fonda la bibliothèque ambulante «Saint-Paul-de-la-Croix».

On lui connaissait un caractère pacifique, doux, aimable, à la voix sonore, humble. Organiste autodidacte et marial.

En 1932, sa nomination comme premier consulteur provincial le rappela en Espagne et, en 1935, il fut nommé Provincial. En tant que tel il fonda le journal El Lábaro (L’Etendard), pour répandre par écrit le message de la Croix, qu’il ne pouvait faire passer par la prédication.

De 1935 à 1936, il rendit visite aux maisons d’Amérique latine ; on lui conseillait de ne pas revenir en Espagne, mais il préféra partager le sort de ses Confrères.

Début juin 1936, il se trouvait à Saragosse ; le 13, il passa par Madrid pour Daimiel.

On aura pu lire dans la notice générale des Passionistes de Daimiel comment il encouragea les Religieux, durant cette nuit du 22 au 23 juillet.

Il tomba sous les balles lors de la «première» fusillade à Manzanares, le 23 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1989. 

 

 

Ana Ballesta Germá

1895-1936

 

Ana était née le 28 septembre 1895 à Barcelone (Espagne).

Elle entra à vingt ans chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de Filomena de Saint-François-de-Paola.

En 1920, elle émit les vœux solennels.

Soucieuse de respecter la Règle dans son intégralité, elle savait être disponible pour rendre service, dans un constant esprit de prière et de pénitence.

C’est à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), qu’elle reçut la palme du martyre, le 23 juillet 1936.

Elle a été béatifiée en 2013.

 

 

Manuel Pérez Jiménez

1898-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

 

Manuel était né à Cornago (La Rioja), le 7 septembre 1898, d’un papa muet. Baptisé le lendemain, il fut confirmé en 1900.

En 1910, il entra au collège de Villar (Corella, Navarre), où se trouvait aussi le noviciat des Passionistes. 

Il y fit la profession en 1915, avec le nom de Germán de Jésus et Marie.

Il étudia la philosophie à Daimiel, la théologie à Rome et fut ordonné prêtre en 1923.

Envoyé à Santa Clara (Cuba), il y resta plus de dix années comme vicaire à Caibarién, excellent prédicateur et conférencier. Il parle lui-même de quelque trois mille sermons (une moyenne de trois-cents par an, pour chaque dimanche et fête).

De Caibarién, il se rendait volontiers à Santa Clara pour se retirer, prier et partager la vie commune.

En 1935, il fut élu recteur de la communauté de Daimiel, quand l’atmosphère politique de l’Espagne était déjà très marquée par l’anti-cléricalisme. Il suggéra aux Supérieurs d’éloigner les plus jeunes, pour leur épargner des risques et il acheta pour eux des habits civils, au cas où, mais lui-même préféra conserver son habit religieux.

A la sortie du couvent, cette nuit du 21 au 22 juillet 1936, il fut un des premiers à tomber, avec huit autres, à Carabanchel.

Il fut avec eux béatifié en 1989.

 

 

Vicenta Jordá Martí

1899-1936

 

Vicenta était née le 6 mars 1899 à Zorita (Castellón, Espagne).

Elle entra chez les Sœurs Minimes de Barcelone, et prit le nom de María de Jésus.

C’était une âme privilégiée, qui aimait le silence et le recueillement ; elle vécut vraiment en odeur de sainteté.

Elle reçut la palme du martyre à Sant Genís dels Agudells, Horta (Barcelone), le 23 juillet 1936, et a été béatifiée en 2013.

 

 

Catalina Caldés y Socías

1899-1936

 

Née le 9 juillet 1899 à Sa Pobla (Mayorque), Catalina (Catherine) était le deuxième des quatre enfants des parents très chrétiens qu’étaient Miquel Caldés et Catalina Socías. Elle reçut le Baptême le jour-même de sa naissance et la Confirmation quelques mois plus tard.

Après avoir fréquenté le collège des Sœurs Franciscaines de la Miséricorde (fondées une cinquantaine d’années plus tôt), elle voulut entrer chez ces Religieuses, à Pina, en 1921 et fit la profession en 1922, prenant le nom de Catalina du Carmel.

Elle fut successivement à Lloseta (Mayorque), où elle s’occupa des petits enfants, puis en d’autres lieux et aussi à Ciutadella (Minorque), avant de gagner la petite communauté proche de Barcelone, située au sanctuaire du Coll : là, elle soignait les malades et s’occupait des petits enfants.

Cette communauté vivait des aumônes qu’elle recevait.

Sœur Catalina allait soigner un malade, quand elle entendit les menaces et les cris des révolutionnaires. On lui conseillait de partir de là, mais elle préféra rejoindre ses Consœurs. A ce moment-là, elle avait pris des vêtements civils.

Le 20 juillet, vers trois heures de l’après-midi, commença le calvaire des Religieuses. 

Quelques anarchistes se présentèrent qui, après quelques questions générales, arrêtèrent les deux Sœurs Catalina et Micaela, et les emmenèrent au comité de la FAI (Fédération Anarchiste Ibérique), où ils les tinrent prisonnières pendant trois jours, les torturant de toutes les façons, sans respect aucun de leurs personnes et de leur état religieux.

Après le martyre des Religieux du Coll (voir notice de Simó Reynés Solivellas), les anarchistes emmenèrent le frère Pau, deux autres Religieuses avec Catalina et Micaela, et les fusillèrent tous au tournant de la Rabassada, sur la route du Tibidabo.

Catalina ne mourut pas sur le coup ; gravement blessée, elle se traîna jusqu’à la porte d’une famille qu’elle connaissait, implorant un verre d’eau. Les occupants de la maison lui donnèrent un verre de lait, et la firent asseoir dans le jardin, mais sans la faire entrer dans la maison, par crainte de représailles.

Un des membres de la famille, qui avait un parent milicien, lui demanda d’accompagner cette malheureuse Religieuse à l’hôpital. Le milicien vint en effet, mais pas seul, et en chemin d’autres miliciens abattirent Catalina, sur la route de la Vall de Hebrón. Catalina avait trente-sept ans.

Ce martyre eu lieu au soir du 23 juillet 1936.

Catalina fut béatifiée en 2007.

 

 

Simó Reynés Solivellas

1901-1936

 

Simó (Simon) était né à Mancor de la Vall (Majorque, Baléares) le 23 janvier 1901. La famille habitait dans la montée vers le village, près du vénérable sanctuaire de Sainte-Lucie (Santuario de Lluc), qui existait déjà au 14e siècle.

Simó fut baptisé le lendemain de sa naissance, et confirmé en 1904.

Le papa, un simple cordonnier qui portait lui-même le nom de Simó, offrit à Dieu ses deux premiers enfants, Francesc et Simó ; tous deux étaient doués pour la musique, outre qu’ils étaient fort pieux. 

Tous deux aussi se consacrèrent à Dieu chez les Missionnaires des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie.

Francesc était plus débrouillard, plus vif que Simó, de sorte qu’il prit en quelque sorte sous sa protection son jeune frère. 

Simó fit la profession en 1918, en même temps que son grand frère. C’était un jeune homme de caractère très doux, et de santé fragile. Il fut ordonné prêtre en 1926.

On le nomma maître des novices de Sant Honorat, et responsable d’un groupe de jeunes au sanctuaire de Lluc, confesseur de la communauté. Musicien, il fut maître de chapelle. 

Les deux frères faisaient partie de la même communauté, au sanctuaire marial du Coll, une des premières communautés de Barcelone qui paya si cher lors de la révolution de 1936. Francesc avait sollicité la nomination de son jeune frère dans le même sanctuaire, pour l’avoir près de lui, connaissant sa fragilité.

Les quatre Religieux qui y vivaient avaient fait leur noviciat à Sant Honorat. Francesc réussit à s’échapper, laissant à son jeune frère la primeur du martyre.

Simó fut en effet abattu avec son Confrère Miquel Pons par les révolutionnaires près de la Tour Alzina, à Creueta del Coll (Barcelone). Quand il tomba, les assassins s’acharnèrent particulièrement à lui défigurer complètement le visage. 

C’était le 23 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Micaela Rullán Ribot

1903-1936

 

Née le 24 novembre 1903 à Petra (Mayorque), Micaela (ou Miquela, Michèle) reçut le Baptême le jour suivant.

Toute petite, elle fut envoyée par sa famille chez les Sœurs Franciscaines de la Miséricorde (fondées une cinquantaine d’années plus tôt)., ce qui l’habitua à préférer s’occuper des plus petits.

Après quelques années passées à Valencia, la famille revint à Mayorque. Micaela fréquentait assidûment les Franciscaines, collaborant pour la catéchèse, la confection de vêtements pour les pauvres. 

Wojciech Gondek

1909-1942

 

Wojciech (Adalbert) était né le 6 avril 1909 à Słona (Małopolskie, Pologne) de parents chrétiens, Jan et Julia.

Après les études au Lycée d'état, il entra au noviciat des Frères Mineurs Franciscains à Wieliczka, et émit les vœux en 1929.

Il fit des études de philosophie et de théologie au Grand Séminaire de Przemyśl dès 1931, où il obtint d'excellents résultats : il était noté eminenter, valde bene.

Avec et malgré ces excellentes appréciations, il resta un religieux modeste et pieux.

Avant l'ordination sacerdotale, il fit la profession solennelle à Przemyśl et prit le nom de Krystyn (Christian) en 1933 et reçut le sacerdoce en 1936.

Le 26 août 1940 commença le chemin de croix de Krystyn. Il fut arrêté à Wloclawek, conduit à Szczegliniek, puis Sachsenhausen, pour finir à Dachau, où il reçut le numéro 22779.

Dans ce camp, il mourut d'épuisement et de faim, à la suite d'une grave diarrhée avec hémorragie.

C'était le 23 juillet 1942.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Vasil’ Hopko

1904-1976

 

Vasil' naquit le 21 avril 1904 à Hrabské, un petit village à l’Est de la Slovaquie. Fils unique de ses parents (Vasil’ et Anna Petrenková), il reçut au baptême, trois jours après, le prénom de son père. 

Il n’avait qu’un an lorsque mourut son père ; en 1908, sa mère dut partir vivre aux États-Unis pour trouver du travail et laissa le petit garçon de quatre ans chez son grand-père. Puis à sept ans il alla vivre chez son oncle, Demeter Petrenko, un prêtre gréco-catholique.

Grâce à l’argent envoyé par sa mère, il put fréquenter l’école primaire du village, puis le lycée de Presov, où il devint bachelier en 1923.

La vie de son oncle avait fait naître en Vasil' l’appel au sacerdoce. Après un an de service militaire, il décida en 1923 d’entrer au séminaire gréco-catholique de Presov. Après une grave maladie dont il se remit, il fit vœu d’embrasser le sacerdoce. Il fut ordonné en 1929.

Après un bref apostolat à Pakostov, son premier poste fut la charge pastorale des fidèles gréco-catholiques de Prague : jeunesse, vieillards, chômeurs, orphelins. Le père Vasil' fonda le Mouvement des Étudiants Gréco-catholiques ainsi que l’Union de la Jeunesse Gréco-Catholique. Il contribua beaucoup à la création d’une paroisse gréco-catholique pour cette ville, et en devint le curé. 

Il a la grande joie, après vingt-deux ans de séparation, de retrouver sa mère, revenue des États-Unis.

En 1936, Vasil' revient en Slovaquie, où il est directeur spirituel au séminaire gréco-catholique de Presov. Il reprend des études et obtient une maîtrise en théologie (1940) à Bratislava.

En 1941, il est secrétaire à la curie de l’évêque et, en 1943, professeur de théologie morale et pastorale à la Faculté Théologique de Presov. On s’étonne de le voir trouver aussi du temps pour écrire plusieurs ouvrages et de se trouver à la tête du magazine Blahovistnik  (Messager de l’Evangile).

Après la Seconde Guerre Mondiale, la République de Tchéco-Slovaquie tombe sous la pesante domination de l’Union Soviétique. En prévoyance de temps très difficiles, l’évêque Gojdic de Presov demande à Rome de lui nommer un évêque auxiliaire. Le choix tomba sur le père Vasil', qui fut donc sacré évêque en 1947, avec le titre d’évêque de Midilia. 

Dès lors, Vasil' s’employa à soutenir l’évêque de Presov dans sa responsabilité de préparer la population à traverser la dure persécution qui s’annonçait à l’horizon.

Pas à pas, les autorités communistes s’apprêtaient à éliminer l’Eglise Gréco-catholique en l’assimilant à l’Eglise Orthodoxe. Il y eut en 1950 un “concile” (sans évêques !) qui décida en ce sens : l’Eglise Gréco-catholique n’existait plus officiellement ; tous ses prêtres, ses fidèles, ses églises passaient sous la coupe de l’Eglise Orthodoxe officielle (complice du régime communiste). Cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, les deux évêques Gojdic et Hopko sont arrêtés.

Mgr Hopko subit alors d’interminables et pénibles interrogatoires, accompagnés de tortures, visant à le faire renier sa foi et reconnaître de fausses accusations. Il est en résidence surveillée, dans un monastère. Le 24 octobre 1951, la Cour d’Etat le condamne à quinze années de prison, à la perte de ses droits civils pour dix ans. 

Durant son emprisonnement, on lui administra, en plus des tortures quotidiennes, de petites doses d’arsenic pour provoquer une mort lente par empoisonnement. On retrouvera ces traces d’arsenic dans ses os après sa mort.

Mgr Hopko vit sa peine de prison “abrégée” de deux ans lorsque, en 1964, on le délivra pour motifs de santé. Il n’en pouvait plus : il souffrait de graves déficiences physiques et mentales, dues aux constants mauvais traitements subits. Malgré cet état chancelant, il se donna activement à la résurrection de l’Eglise Gréco-catholique.

Il séjournait dans une maison de repos pour prêtres âgés et vit sa condamnation “annulée”, même s’il ne fut jamais réhabilité.

Il eut la joie de voir cette Église tchéco-slovaque reconnue officiellement en 1968, après dix-huit années de persécution.

A partir de 1968, Mgr Hopko vécut à Presov. Cette année-là, il fut confirmé comme évêque auxiliaire pour tous les fidèles gréco-catholiques de Tchéco-Slovaquie. Il mit tout en œuvre pour honorer cette charge, encourageant les fidèles et ordonnant des prêtres.

Mgr Vasil' Hopko mourut à Presov le 23 juillet 1976. 

Il avait fait siens les propos de son évêque, Mgr Gojdic : Pour moi, l’important n’est pas de mourir dans le palais épiscopal ou en prison, mais d’entrer au Paradis.

Vasil' Hopko, en même temps que Zdenka Cecilia Schelingová, fut béatifié le 14 septembre 2003, fête de la Sainte Croix, en présence de tout l’épiscopat, mais aussi du Président de la République.

Le bienheureux Vasil' Hopko est mentionné au Martyrologe le 23 juillet.

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