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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 23:00

25 JUILLET

I.

S Jacques le Majeur, témoin de la transfiguration et de l'agonie du Christ, premier des Apôtres à verser son sang et patron d'Espagne ; lorsque sa fête est un dimanche, c'est une Année Sainte à Compostelle.

III.

S Christophe, martyr en Lycie, dont le nom s’accorde avec l'histoire du passeur de gué, et qui eut un jour à porter le Christ.

IV.

S Cucuphatus, d'origine africaine, décapité à Barcelone.

SS Paulus, Valentina et Théé, martyrs à Césarée de Palestine.

V.

Ste Olympias, veuve et diaconesse à Constantinople ; elle établit dans sa maison une communauté de vierges ; exilée pour sa fidélité à s.Jean Chrysostome, elle mourut à Nicomédie.

VI.

S Magnerich, évêque à Trèves, fidèle ami et successeur de s.Nicet.

SS Beatus et Bantus, deux prêtres ermites près de Trèves.

S Evroult, abbé à Saint-Fuscien-au-Bois.

Ste Glossinde, abbesse à Metz.

VII.

S Jean l'Agneau, évêque à Maastricht ; avant l'épiscopat, il cultivait les terres ; il pensait que son bâton prendrait plus facilement racine que lui l'épiscopat… et son bâton fleurit.

IX.

S Teodomiro, jeune moine martyr à Cordoue.

XV.

B Jean Soreth, carme normand, prieur général et réformateur de son ordre ; il fut si bronzé par ses nombreux voyages, qu'on l'appela "le nègre" ou même "le diable".

B Pietro Corradini de Mogliano, franciscain.

XVI.

B Rodolfo Acquaviva, jésuite italien, parent de s.Louis de Gonzague, martyr en Inde avec d'autres : Alfonso Pacheco (espagnol), Pietro Berna et Antonio Francisco (italiens), Pantxoa Aranha (basque espagnol).

XVIII.

B Angelo Nicola (Antonio) Lucci, évêque franciscain en Apulie, très généreux, béatifié en 1989.

B Michel-Louis Brulard, carme à Charenton, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bse María Carmen Sallés y Barangueras (1848-1911), dominicaine espagnole puis fondatrice des Religieuses Conceptionnistes Missionaires de l'enseignement, béatifiée en 1998, canonisée en 2012.

B Ángel Darío Acosta Zurita (1908-1931), prêtre mexicain, martyrisé juste trois mois après son ordination, béatifié en 2005.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1989 :

Passionistes : près de Tolède, le prêtre Pedro Largo Redondo (P. du Cœur de Jésus, *1907), avec le clerc Felix Ugalde Irurzun (F. des Cinq Plaies, *1915), et le profès Benito Solana Ruiz (B. de la Vierge de Villar, *1882);

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Tolède le prêtre Carlos Rubio Álvarez (Federico, *1862) et les profès Primo Martínez de San Vicente Castillo (*1869), Jerónimo Ochoa Urdangarín (*1904) et Eloy Francisco Felipe Delgado Pastor (Juan de la Croix, *1914) ;

- béatifié en 1995 :

Piaristes : près de Huesca le prêtre Dionisio Pamplona Polo (D. de Saint-Barnabé, *1868) ;

- béatifiés en 1999 :

Augustins Récollets : à Motril les prêtres León Inchausti Minteguia, José Rada Royo (J. de N.Dame des Douleurs), Julian Benigno Moreno y Moreno (de Saint-Nicolas-de-Tolentino), Deogracias Palacios Del Rio (*1859, 1861, 1871, 1901), et le profès José Ricardo (du Sacré-Cœur) Diez Rodríguez (*1909) ;

- béatifiés en 2007 :

Carmes Déchaux : près de Barcelone les prêtres Ricard Farré Masip (Eduardo de l'Enfant-Jésus, *1897) et Jaume Balcells Grau (Gabriel de l'Annonciation, *1908) ;

Dominicains : près de Tolède, les prêtres José Luis Palacio Muñiz et Antonio Varona Ortega (*1870, 1901) et les profès Higinio Roldán Iriberri et Juan Crespo Calleja (*1895) ; à Madrid, le prêtre José María López Tascón (*1896) ; à Barcelone, le laïc Miquel Peiró Victori (*1887), tertiaire marié ;

Lasalliens : près de Barcelone, Jesús Juan Otero (Arnoldo Julián,), José Bardolet Compte (Benet Josep), Santos López Martínez (Mariano León), Vicente Fernández Castrillo (V.Justino), et José Mas Pujolrás (Josep Benet (*1902, 1903, 1910, 1912, 1913) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Josep Garriga Ferrer (*1872) ;

Carmes déchaux : à Tarragona, le prêtre Vicente Gallen Ybañez (de la Croix, *1908), et le profès Joan Fort Rius (Ángel de Saint-Joseph, *1896) ;

Bénédictins : près de Barcelone, le prêtre Francesc María de Paula Sánchez Solé (*1880), et les convers Jaume Vendrell Olivella (Bernat) et Aleix Civil Castellví (Ildefons) (*1878, 1889) ;

Mercédaires : à Lleida, les prêtres Tomás Carbonell Miquel, Enric Morante Chic et Jesús Eduard Massanet Flaquer (*1888, 1896, 1899) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Lleida et Barcelone, les prêtres Josep Reixach Reguer, Joan Mercer Soler et Manuel Torres Nicolau, Jaume Payás Fargas, Miquel Baixeras Berenguer, Artur Tamarit Pinyol (*1865, 1874, 1874, 1907, 1908, 1913) ; les profès Marcelí Mur Blanch, Joan Capdevila Costa, Marià Binefa Alsinella (*1882, 1883, 1906) ;

- béatifié en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, Manuel Vázquez Alfalla (*1863).

Bse Mieczysława Kowalska (Maria Teresa de l'Enfant-Jésus, 1902-1941), clarisse polonaise, déportée à Dzialdowo, où elle offrit sa vie pour la libération de ses compagnes, ce qui se fit ; béatifiée en 1999.

B Wenceslas Pedernera (1936-1976), ouvrier agricole argentin, martyr, béatifié en 2019.

B Andrea Bordino (1922-1977), prêtre italien ; après la guerre, il entra au Cottolengo de Turin et mourut de leucémie ; béatifié en 2015.

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Jacques le Majeur

Ier siècle

 

D’après les Actes des Apôtres, Jacques fut le premier des apôtres à souffrir le martyre (Ac 12:2), en l’an 43 ou 44.

S’il est vrai que cet apôtre fut l’évangélisateur de l’Espagne, il faudrait placer cet apostolat entre 33 et 43, mais nous ne possédons pas de documents historiques sûrs de cette période.

Quand des auteurs valables y font allusion, il se trouve que leurs écrits ne sont pas authentiques.

Commençons donc par l’Ecriture.

Jacques, avec son frère Jean, sont appelés par Jésus-Christ tandis qu’ils sont en train de réparer leurs filets de pêcheurs (Mt 4:21-22) : Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Jacques est, avec Pierre et Jean, le témoin d’événements majeurs de la vie publique du Seigneur : la guérison de la belle-mère de Pierre, la résurrection de la fille de Jaïre, la Transfiguration, l’agonie à Gethsémani.

Il avait ses moments de faiblesse, comme tout homme et comme tout apôtre aussi : il n’était pas mécontent de voir sa mère demander pour lui à Jésus une place d’honneur dans le Royaume, et n’eut pas la force de veiller une heure (Mt 26:40) ; puis comme tous les autres, il disparut de Gethsémani quand on vint arrêter Jésus.

Passée la Pentecôte, les Apôtres allèrent évangéliser les nations et, mis à part saint Paul qui, lui, n’était pas des Douze, les Actes ne disent rien sur leurs apostolats respectifs. Seules des traditions orales et locales nous sont parvenues.

Que fit donc Jacques, pendant une dizaine d’années ?

Nous allons ici nous inspirer d’une ignorante, la bienheureuse Anna Katharina Emmerick (voir au 9 février), qui n’avait aucune culture humaine et ne parlait que de ce qu’elle “voyait” dans ses visions. Son secrétaire n’était pas plus docte qu’elle, il s’efforçait de ne transcrire que ce qu’il entendait d’elle. Bien sûr, l’Eglise ne s’est pas prononcée sur ces révélations particulières et il ne faut pas recevoir ces lignes comme l’Evangile. Même les Mystiques ont leurs imperfections et leurs inexactitudes, mais les détails eux-mêmes qu’on va lire laissent supposer une information qui n’est pas humaine.

Jacques le Majeur était grand ; il avait de larges épaules, sans cependant être gros ; il avait le teint blanc, les cheveux noirs et la barbe brunâtre. Il était tout à la fois grave et serein.

Dans son voyage de Jérusalem en Espagne, il passa par les îles grecques et par la Sicile, puis il longea par mer la côte d’Espagne, jusqu’à un détroit semblable à celui qui sépare la France de l’Angleterre ; enfin il aborda à terre à Gadès. Il y a là une presqu’île avec un cap.

Il resta environ quatre ans dans (l’Espagne) et y fit plusieurs voyages.

Il avait laissé en Espagne sept disciples pour continuer à prêcher l’Evangile pendant qu’il faisait un voyage à Rome. Puis il revint à Gadès, alla à Saragosse, à Grenade, puis en Galice. 

Avant de retourner à Jérusalem, il s’arrêta visiter Marie et son frère Jean à Ephèse, puis arriva à Jérusalem, où il fut arrêté peu de temps avant le jour de Pâques.

Jacques fut conduit sur le Calvaire, on lui banda les yeux, on attacha ses mains de chaque côté d’une pierre où on le mit assis, et il fut décapité.

Des disciples purent récupérer le corps de l’apôtre martyr ; ils l’ensevelirent d’abord près de Jérusalem, puis plus tard le transportèrent secrètement en Espagne.

(Pour la précision, les expressions en italique sont tirées textuellement de la traduction française des “Visions” ; les autres phrases résument le reste du texte).

D’après ce que disent les Actes des Apôtres, saint Jacques fut donc martyrisé peu avant Pâques, ce qui place ce martyre plutôt en avril, et les Grecs l’avaient mis au 30 avril. Plus tard, lors d’une “découverte” des reliques du Saint en Galice qui aurait eu lieu un 25 juillet, on a inséré la fête de saint Jacques à cette date, où elle est restée au Martyrologe et dans le calendrier romain.

 

 

Christophe de Lycie

† 3e siècle

 

Il est presque amusant de comparer les deux traditions, orientale et occidentale, concernant s.Christophe (Christophoros).

En Orient, on dit que Christophe était un anthropophage, à tête de chien, qui se convertit au Christ et fut enrôlé dans l’armée impériale. Ayant refusé d’apostasier, il mourut dans des supplices inimaginables.

En Occident, Christophe est un géant qui voulut se mettre au service du plus grand roi : ayant compris que Satan était plus puissant, il pensa le suivre, mais il découvrit le Christ, qui aimait tous les hommes. S’étant fait passeur de gué, il eut un jour à porter un enfant qui pesait plus que tout ce qu’il avait pu soulever jusqu’alors. L’enfant lui révéla qu’il était le Christ et qu’il portait un juste nom : Christo-phore, porteur du Christ. Cependant, on ne comprend pas comment cette situation a pu aboutir au martyre.

Peut-être s’agit-il de deux personnages différents ?

Les tortures que subit Christophe furent les verges de fer, le feu (qui ne l’atteignit pas), les flèches et la décapitation.

Ce pouvait être vers 250, sous Dèce.

La dévotion populaire prétendait que voir l’image de Christophe garantissait de tout malheur pour la journée. Christophe fait partie des quatorze Saints Auxiliateurs.

Saint Christophe de Lycie (auj. Turquie SW) est commémoré le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cucuphatus de Barcelone

270-303

 

Cucuphatus serait né vers 270 à Scilli (auj. Kasserine, Tunisie). Certains le font venir d’Irlande (?). Il aurait fait des études à Césarée de Maurétanie (act. Cherchell, Algérie).

Il serait venu de Carthage en Espagne, pour fuir la persécution de Dioclétien (303).

En Espagne, il prêcha le Nom du Christ, particulièrement dans la cité de Ampurias (auj. San Martín de Ampurias, Catalogne). On lit ailleurs qu’il serait venu directement à Barcelone et qu’il était diacre (mais qui l’aurait ordonné ?)

Arrêté, il fut conduit à Barcelone (s’il n’y était pas déjà) où il subit le martyre. On lui aurait extrait toutes les entrailles, qu’il se remit lui-même en se serrant le ventre avec une corde. On l’aurait mis sur un bûcher, qui ne put s’enflammer, tandis que les bourreaux devenaient aveugles ; on le jeta en prison, où il convertit les geôliers ; on lui aurait aussi écorché les chairs avec des crochets de fer et des scorpions et versé sur les plaies du sel et du piment ; finalement, il fut décapité.

Si les dates reportées ci-dessus sont assez justes, Cucuphatus serait mort à trente-trois ans, comme le Christ.

Saint Cucuphatus de Barcelone est commémoré le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paulus, Valentina et Thea de Césarée

† 308

 

Thea était de Gaza (Palestine).

Arrêtée, elle fut conduite à Césarée (de Palestine, auj. près de Dor, Israël) avec d’autres Compagnons : ils eurent les tendons du pied gauche brûlés et l’œil droit crevé, puis furent condamnés aux mines.

Thea n’était pas intimidée, ni femme à se laisser condamner à la prostitution : elle proféra des paroles à l’encontre du tyran qui commandait à des juges aussi cruels. Aussitôt, on la fustigea, on l’écartela sur le chevalet, on lui déchira les flancs.

A ce moment-là, une autre femme qui assistait à ces tortures, éleva la voix courageusement en s’adressant au juge : Jusqu’à quand tortureras-tu ma sœur aussi cruellement ? Ce n’était pas sa sœur de sang, mais elles l’étaient par la foi. Celle-ci était Valentina, de Césarée. On la saisit sur le champ et on la mit devant l’autel pour offrir de l’encens : la voilà qui donne un grand coup de pied pour renverser cet «autel». Le juge la fit alors torturer encore plus durement que jamais.

Puis il fit jeter les deux vierges sur un bûcher.

Paulus, lui, était aussi condamné à mort et devait être décapité. Il obtint du bourreau un petit «délai» et se mit à prier : pour la conversion des Juifs et des païens ; puis pour le juge qui venait de le condamner, pour les chefs d’Etat, pour le bourreau lui-même. Sa prière était si intense, si sincère, si émouvante, que tous l’écoutaient avec les larmes.

Le martyre de ces trois Soldats du Christ eut lieu le 25 juillet 308, à Césarée de Palestine. 

Saints Paulus, Valentina et Thea de Césarée sont commémorés le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Olympias de Constantinople

361-409

 

Cette noble femme était de famille très aristocratique. Le grand-père, Ablabios, fut consul ; le père était comte au palais impérial.

Fille unique, elle naquit vers 361 ou un peu plus tard. Bientôt orpheline de son père, elle fut prise en charge par le préfet de Constantinople. Une noble femme, Theodosia, sœur d’un évêque, s’occupa de son éducation.

Cette Theodosia était la dédicataire du traité de s.Basile (v. 2 janvier) sur l’Esprit-Saint ; elle enseigna à Olympias l’amour de l’Ecriture et la piété.

Vers 384, Olympias épousa le préfet de Constantinople, Nebridios, qui cependant mourut très vite. Olympias refusa de se remarier. Pensant assurer son avenir, l’empereur crut bien faire de mettre ses grands biens sous séquestre, mais les lui restitua intégralement quand il se rendit compte de la sainte vie d’Olympias.

Olympias organisa à Constantinople une maison d’accueil pour les prêtres de passage, pour les malades. Le patriarche Nectaire lui conféra le titre de diaconesse, d’habitude réservé à des femmes deux fois plus âgées qu’elle. D’autres femmes s’unirent à elle, constituant une sorte de monastère.

Une profonde amitié lia le saint évêque Jean Chrysostome et Olympias, qui nous vaut une correspondance fort intéressante. L’évêque l’aidait dans sa vie spirituelle, Olympias l’assistait pour son vestiaire et sa table. Dure fut la séparation, quand Chrisostome dut partir en exil (404). Mais leur correspondance ne fut pas interrompue. Chrysostome la qualifie de tour, havre, rempart, prêchant splendidement d’exemple.

Vers 405, il semble qu’Olympias eut à affronter une affaire de justice, qui la fit partir à Cyzique, de là à Nicomédie.

C’est là-bas qu’elle mourut, vers 408.

En 532, un incendie détruisit la fondation d’Olympias à Constantinople, qui fut reconstruite et dédicacée en 537.

Sainte Olympias de Constantinople est commémorée le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Magnerich de Trèves

† 586

 

Magnerich (Magnericus), dont on ne connaît pas l’enfance et la formation, fut un fidèle disciple de l’évêque Nicetius de Trèves (v. 1er octobre) ; lorsque ce dernier fut exilé pour avoir excommunié Clotaire, Magnerich refusa de s’en séparer et revint avec lui. 

Il lui succéda en 566. il était le vingt-quatrième évêque de Trèves.

Ce fut un des premiers évêques de Germanie d’origine non franque.

Il continua le travail de redressement de Trèves commencé par Nicetius et, par dévotion à s.Martin de Tours (v. 11 novembre), fit construire dans le diocèse quatre églises en son honneur, outre qu’il fit le pèlerinage à Tours. Il fonda aussi des communautés de clercs.

En 581, il accueillit l’évêque de Marseille Theodorus (v. 2 janvier), exilé par le roi de Burgondie.

En 586, il fut le parrain de Thibert II, fils de Childebert II.

Magnerich sut se faire obéir. Un ermite nommé Wulfilaich s’était fait stylite, mais sans doute sans véritable vocation pour ce genre de vie : l’évêque l’obligea à en redescendre, fit détruire la colonne, et lui ordonna d’entrer dans un monastère.

L’épiscopat de Magnerich dura vingt ans. Venance Fortunat parle de Magnerich comme de la parure de l’épiscopat.

Magnerich s’éteignit vers 586.

Saint Magnerich de Trèves est commémoré le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

Bantus et Beatus de Trèves

7e siècle

 

Il a été question dans la notice de s.Magnerich des ermites qui vivaient dans son diocèse de Trèves.

Parmi eux, vivaient deux prêtres, dont on ne connaît par ailleurs presque rien sinon leur nom : Bantus (ou Banthus) et Beatus.

On les donne comme frères, missionnaires dans l’Ouest de la Germanie, à Hunsrück et Hochwald. Tout en demeurant dépendants du diocèse allemand, ils auraient même atteint les Vosges et seraient morts à un âge très avancé.

On ne peut guère en dire davantage.

Après leur mort, leurs reliques furent portées à Trèves pour Bantus, à Coblence pour Beatus.

Les malades ont recouru à l’intercession des deux Saints pour guérir de leurs fièvres.

Les saints Bantus et Beatus sont commémorés le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Glossinde de Metz

580-610

 

Glossinde (Glodesindis) était la fille de Wintrio, duc de Champagne et chef des leudes d’Austrasie. Elle naquit vers 580 et grandit donc dans la noblesse d’Austrasie.

Son père voulut la donner en mariage, mais Glossinde s’y refusait et ne put échapper à son père qu’en se réfugiant dans la cathédrale de Metz.

On dit que deux anges vinrent lui imposer l’habit bénédictin ; peut-être fut-ce sa tante Rotlinde, abbesse à Trèves, qui réussit à convaincre Wintrio de laisser aller sa fille. Glossinde put la suivre et apprendre à vivre selon cette Règle bénédictine.

Vers 604, elle vint fonder à l’intérieur de Metz un monastère où vécurent bientôt jusqu’à une centaines de moniales.

Glossinde gouverna ce petit troupeau pendant six années et mourut le 25 juillet 610.

Ses reliques furent bientôt l’objet d’un culte et des miracles se produisirent.

On apprend que l’église des Saints-Apôtres, où furent déposées ces reliques, est maintenant… le mess des officiers ; les reliques se trouvent donc en l’église Sainte-Marie-hors-les murs.

Sainte Glossinde de Metz  est commémorée le 25 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Teodomiro

† 851

 

Teodomiro était né à Carmona (Séville, Espagne), dans le début du 9e siècle.

Jeune encore il vint à Cordoue et entra au couvent bénédictin de San Zoilo. D’après saint Eulogio, l’unique source traitant de cette période, Teodomiro fut conduit devant le Cadi peu après être arrivé à Cordoue, ce qui laisse supposer qu’il était tout juste postulant ou peut-être novice.

Lors donc de la persécution lancée par ce Cadi, Teodomiro fut condamné à être flagellé, puis percé de flèches et enfin égorgé.

Ce martyre eut lieu six jours après celui du diacre Pablo (v. 20 juillet) ; le corps de ce dernier était resté sans sépulture ; on ramassa les deux corps de Pablo et de Teodomiro pour les déposer dans leur couvent San Zoilo.

Le Martyrologe mentionne Teodomiro au 25 juillet.

Jean Soreth

1394-1471

 

Jean Soreth naquit à Caen en 1394. On ne nous dira rien de plus sur cette famille normande.

Il entrera, toujours à Caen, dans l’Ordre du Carmel et sera ordonné prêtre vers 1417.

A Paris il prit ses grades en théologie et fut docteur en 1438.

Responsable des études de l’Ordre, il fut nommé provincial de France en 1440, puis prieur général en 1451. Il sera réélu trois fois.

Son activité principale sera d’encourager la stricte observance de la règle. Une demande avait été présentée au pape en 1432 pour obtenir un allègement de cette règle qui semblait à certains trop rigide. On voulait moins de silence, moins d’oraison, moins d’austérités ; il y eut même un schisme en Allemagne.

La méthode de Jean Soreth n’était pas autoritaire : là où il passait, il appuyait sa réforme sur les moines attachés à la règle primitive, en tâchant d’y amener les autres, sans les obliger. Il obtint généralement le respect fondamental de la règle et des constitutions. Si certains quittèrent l’Ordre, Jean put remettre en honneur la vie conventuelle et l’office divin, le silence, le travail, l’esprit de pauvreté et le renoncement à toute propriété. 

Il s’intéressa à l’admission dans l’Ordre des Béguines qui lui en faisaient la demande ; c’est dans ce sens que fut fondé à Vannes un couvent de Carmélites, par la bienheureuse Françoise d’Amboise (v. 4 novembre), qui émit les vœux dans les mains de Jean Soreth. Il reçut ainsi dans l’Ordre plusieurs groupes de «religieuses» de Ten Elsen de Gueldre, de Nieukirk, mais aussi de Florence. Il fonda plusieurs Carmels : Dinant, Liège, Harlem, Huy, Namur, Vilvorde.

Durant ses nombreux voyages, jusqu’en Angleterre et en Sicile, Jean se souciait si peu de se protéger du soleil que son teint très basané l’avait fait surnommer le Nègre, ou même le Diable, ce qui pourrait faire supposer qu’il n’était pas toujours bien accueilli… 

Durant sa présence à Liège, les troupes de Charles le Téméraire incendièrent la ville ; le Saint Sacrement fut jeté à terre. Bravant le danger, Jean se précipita pour ramasser les Hosties et les reporter dans l’église du couvent.

La réforme de Jean Soreth, qui resta éphémère, annonçait celle de Thérèse d’Ávila au siècle suivant. 

Le pape en aurait fait un évêque et un cardinal, mais Jean refusa humblement.

Jean Soreth présida en 1469 le chapitre général à Aurillac. De là il gagna Nantes pour y amener la réforme. Curieusement, lors de ce séjour, le prieur du couvent décéda subitement pendant un déjeuner, après lequel Jean tomba lui-même brusquement malade. On a avancé que c’était là l’effet d’un empoisonnement, dû à quelque moine récalcitrant. Mais les preuves manquent, évidemment.

Jean rentra à Angers. Il agonisa en pardonnant à son «empoisonneur» et expira en invoquant les noms de Jésus et Marie, le 25 juillet 1471.

Le culte qu’on lui rendait fut approuvé en 1865.

 

 

Pietro Corradini de Mogliano

1435-1490

 

Pietro Corradini vit le jour vers 1435 (1442 ?) à Mogliano (Marches, Italie CE).

Il aurait eu à treize ans une «vision» lui annonçant que le monde en perdition serait sauvé par un petit frère, probablement François d’Assise (v. 4 octobre). 

Après ses études de droit à Pérouse, il fut vraiment conquis par l’idéal franciscain et entra dans l’Ordre séraphique en 1467.

Ordonné prêtre, il fut l’heureux compagnon d’un illustre prêcheur, Domenico Gangale, plus connu comme Giacomo de la Marche (v. 28 novembre) ; Pietro fut lui-même un prêcheur écouté dans toute l’Italie centrale. A Camerino, le duc Varani et sa fille clarisse eurent recours à ses conseils ; cette Religieuse est sainte Camilla Battista Varani (v. 31 mai), qui fut la première biographe de Pietro.

En 1472, on envoya Pietro prêcher en Crète.

Il était très populaire, et faillit même un jour être étouffé par la foule qui voulait lui témoigner sa sympathie.

Il fut trois fois élu provincial pour les Marches, une fois à Rome.

Début juillet 1490, il eut un avertissement et fut frappé d’un mal douloureux. Il le supportait avec bonne humeur, même sur son lit de mort ; un confrère (peut-être Giacomo de la Marche lui-même) lui dit : Padre Pietro, tu meurs en riant ! Il trépassa le 25 juillet 1490, murmurant les noms de Jésus et de Marie, tandis qu’on chantait à l’office le Te Deum.

Son culte a été approuvé en 1760.

 

 

Rodolfo Acquaviva

1550-1583

 

Il était né le 25 octobre 1550 à Atri (Teramo, Abruzzes, Italie centre-est), de Giangirolamo, duc d’Atri, qu’on dit parent de Luigi Gonzaga (voir au 21 juin).

Il y eut deux autres frères de Rodolfo, Giulio et Ottavio, qui devinrent cardinaux ; un oncle fut général de la Compagnie de Jésus.

Le petit garçon fut surnommé angiolino, petit ange, pour sa douceur. Adolescent, il resta pur et étranger aux mauvaises sollicitations. Son cœur le tournait vers le soin des pauvres.

En 1568, après quelques réticences de son père et un délai imposé par les Supérieurs, il entra dans la Compagnie de Jésus à Rome.

Son admission ne manqua pas de piquant : Rodolfo réussit à pénétrer dans la salle du noviciat et alla se prosterner aux pieds des novices, leur demandant de prier pour son admission ! On le pria de patienter un peu. Puis quelque brave bourgeoise lui insinua le devoir du respect dû aux parents, et le jeune de lui rétorquer : Eh ! Madame, depuis quand êtes-vous si savante en cas de conscience, que vous sachiez la hiérarchie des commandements de Dieu ? Il fallut en appeler au Pape, qui ordonna de laisser Rodolphe libre de choisir, encore dut-il attendre quelques mois avant de voir la porte s’ouvrir.

Il fut confrère de Stanisłas Kotska (voir au 15 août), avec lequel il rivalisait d’obéissance. 

Rodolfo pensait rester coadjuteur (non prêtre), mais après sa profession, il fut envoyé étudier à Macerata (1569), où le novice n’hésita pas à nettoyer le réfectoire et à aller dans les rues pour quêter, car le couvent était très pauvre. Puis on l’envoya étudier au Collège romain.

Il voulait partir pour les Indes, sur les traces du Fondateur, saint François Xavier (voir au 3 décembre). On l’envoya à Lisbonne, où il fut ordonné prêtre (mars 1578) ; deux semaines après, il embarqua pour les Indes, en compagnie du père Matteo Ricci, qui devait poursuivre sa mission en Chine et de d’autres Confrères.

Parmi ces Confrères s’en trouvaient qui accompagnèrent Rodolfo dans toute sa mission ; ce furent Alfonso Pacheco et Antonio Francisco.

On arriva à Goa en septembre 1578. Rodolfo rencontra là-bas Francisco Aranha (qui servit d’interprète en langue persane, et Pietro Berno. Il fut professeur de philosophie au collège jésuite.

Fin 1579, il fut désigné, avec les quatre autres, pour aller trouver l’empereur Akbar à Fatehpur Sikri. Ce dernier avait fait la demande de prêtres instruits, qui lui enseigneraient la Loi de la perfection. L’accueil de l’empereur fut très cordial, encourageant. Les Jésuites purent enseigner le christianisme librement. L’empereur écoutait volontiers Rodolfo, et désirait trouver une religion unique pour tout son empire.

Après de nombreux débats, Rodolfo constata que l’entourage de l’empereur était toujours fermé au christianisme, et même menaçant ; il y avait en particulier un désaccord à propos de la monoganie. Constatant que l’empereur ne se décidait pas à embrasser le christianisme, Rodolfo jugea préférable de se retirer de la cour et, malgré les regrets d’Akbar, retourna à Goa en février 1583.

Il fut alors nommé supérieur à Salcete (Goa) et se rendit avec ses quatre Compagnons à Cuncolim, où les habitants s’étaient rebellés contre les Portugais, qui cherchaient à éliminer les idoles hindoues. Nos pères Jésuites voulurent ériger simplement une grande croix : la foule en colère les attaqua ; un Portugais présent voulut tirer sur eux, mais le père Pacheco l’en empêcha. Les chrétiens furent massacrés à coups de cimeterres et de lances. On acheva le père Aranha, blessé, le jour suivant. Le laïc portugais et quatorze Indiens chrétiens furent également immolés.

L’empereur apprit la nouvelle avec une profonde émotion.

Rodolfo avait l’âge du Christ, trente-trois ans. C’était le 25 juillet 1583. Dans l’ancien calendrier, c’était le 15 juillet, ce qui fait que certains affirment que le martyre eut lieu ce jour-là.

Une fois leur martyre reconnu, ils furent béatifiés tous les cinq en 1893.

 

 

Alfonso Pacheco

1551-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

Alfonso était né en 1551 en Castille ou en Catalogne (Espagne).

Envoyé aux missions en Inde, il fut supérieur de la communauté jésuite de Salcete (sud de Goa).

Son martyre eut lieu le 25 juillet 1583 et il fut béatifié en 1893.

 

 

Francisco Aranha

1551-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

On discute sur l’origine de Francisco : basque espagnol ou portugais ? S’il était basque, il faudrait le prénommer Pantchoa.

Très  jeune, il avait accompagné à Goa (Inde) son oncle, nommé premier archevêque de cette ville.

En 1571, il entra dans la Compagnie de Jésus comme simple coadjuteur.

Habile architecte, il connaissait le persan, raison pour laquelle on l’envoya pour accompagner le père Rodolfo Acquaviva.

Ils furent martyrisés le 25 juillet 1583 et béatifiés en 1893.

 

 

Pietro Berno

1552-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

Né vers 1552 à Ascona (actuelle Suisse italienne), dans une famille modeste, il étudia à Rome au Collège romain, tout en étant pensionnaire au Collège germanique.

Entré chez les Jésuites en 1577, il fit le noviciat au Portugal et compléta ses études à Coimbra.

En 1579, il participa à l’expédition jésuite en Inde et fut ordonné prêtre à Goa en 1580.

Là il étudia la langue konkanie et fut envoyé comme curé à Colva (île Salcete), une région très marquée par l’hindouisme païen. Son zèle le poussa à des gestes qu’on qualifierait aujourd’hui d’imprudents : avec des Portugais, il détruisit des «sanctuaires» hindouistes et même, dit-on, abattit une vache avant de la jeter dans un puits (mais l’épisode est fortement contestable).

Plus tard, il fut aux côtés du père Rodolfo Acquaviva en mission à Cuncolim.

Martyrisé le 25 juillet 1583, il fut béatifié en 1893.

 

 

Antonio Francisco

1553-1583

 

Voir la notice Rodolfo Acquaviva

 

Il était né à Coimbra (Portugal) et, une fois jésuite, fut envoyé aux Indes et ordonné prêtre à Goa en 1583.

Son martyre eut lieu le 25 juillet 1583 et il fut béatifié en 1893.

 

 

 

Michel-Louis Brulard

1758-1794

 

Michel-Louis était né à Chartres (Eure-et-Loir) le 11 juin 1758.

Il avait étudié la théologie à Paris et, désireux d’une vie plus parfaite, était entré dans l’Ordre des Carmes Déchaux de Charenton, un couvent établi en 1772.. 

Agé de trente-six ans, il fut déporté sur le Deux Associés, à Rochefort (Charente Maritime), pour être en principe exilé en Guyane. Mais le bateau ne partit jamais et tous les prêtres restèrent enfermés là dans les conditions les plus pénibles qu’on ne saurait jamais imaginer.

On dit de ce Religieux qu’il était un véritable séraphin, qu’il ne vivait que de sacrifices, ne parlait que de choses spirituelles, ne pensait qu’au ciel et ne parlait que du ciel.

Il mourut dans la nuit du 25 juillet 1792, d’une pneumonie. Son corps était devenu d’une maigreur à peine concevable.

Le père Brulard fut béatifié en 1995.

 

 

María Carmen Sallés y Barangueras

1848-1911

 

Elle naquit le 9 avril 1848 à Vic (Espagne), deuxième des dix enfants de José Sallés y Vall et de Francisca Barangueras y de Planell.

Ses bons parents, très chrétiens, souffrirent beaucoup pour nourrir une telle famille ; le père s’en vint à Manresa trouver du travail.

Carmen fut envoyée au collège de la Compagnie de Marie, Là, comme dans sa famille, elle développa une profonde dévotion à la très Sainte Vierge.

Justement, en 1854 était proclamé le dogme de l’Immaculée Conception, quatre ans avant les apparitions mariales à Lourdes. Et en 1858 Carmen reçut la Première communion, durant un pèlerinage à Montserrat : ce jour-là elle se donna entièrement à Jésus, elle n’avait que dix ans.

Elle eut l’intrépidité de refuser formellement le mariage qu’on lui proposait avec un jeune homme de Manresa, et entra au noviciat des Sœurs Adoratrices. Ces Religieuses se dédiaient à l’assistance auprès de femmes égarées par la prostitution ou la délinquance.

Carmen s’interrogea : qu’auraient fait ces pauvres femmes, si elles avaient eu une autre formation, une autre éducation, dans la société ? Ainsi mûrit en elle un projet de formation de la femme, pour lui donner une place authentique et noble dans la société.

Aussi demanda-t-elle à passer chez les Dominicaines de l’Annonciation, dédiées à l’enseignement et l’éducation des jeunes filles. Leur fondateur, le père Coll, l’accueillit au noviciat.

Pendant vingt-deux ans, elle fit ce travail en divers endroits, érigeant une petite école pour recueillir les enfants des femmes qui travaillaient, au lieu de les laisser courir dans la rue. A Barcelone, elle fut directrice d’une école élémentaire, et organisa un cours du soir pour trois-cents ouvrières.

La formation consistait en un enseignement en même temps qu’une formation spirituelle, pour former des femmes à la hauteur de leur mission.

Comme toujours dans les cas de «nouveautés», Carmen fut accusée de «monter» la tête à ces femmes… En 1889, elle chercha, elle pria, elle consulta : elle pensait, tout en restant dominicaine, développer une branche particulière de la Congrégation, mais on le lui refusa. Alors, avec trois autres Consœurs, elle fonda une nouvelle famille religieuse : les Conceptionnistes de Saint-Dominique (actuellement : Conceptionnistes Missionnaires de l’Enseignement).

Lors d’un voyage à Madrid où elle rencontra un saint prêtre (Celestino Pazos), elle «entendit» la volonté de Dieu en priant la Vierge du Bon Conseil : elle irait avec ses compagnes à Burgos.

Elles y arrivèrent en octobre 1892. L’archevêque les accueillit à bras ouverts.

En 1893, les constitutions étaient approuvées et Carmen nommée supérieure.

En 1908, le pape donna l’approbation.

Carmen poussa ses Religieuses à prendre les diplômes de Maîtresses, de musique, de français.

Elle fonda jusqu’à treize Maisons de Marie Immaculée : Burgos, Segovia, El Escorial, Madrid, Pozoblanco, Almadén, Valdepeñas, Manzanares, Santa Cruz de Mudela, Murchante, Barajas de Melo, Arroyo del Puerco, Santa Cruz de la Zarza.

Elle montra en même temps une grande préoccupation pour les filles pauvres, qu’elle aida à recevoir la même formation que les autres.

Elle pensait à l’expansion de l’œuvre en Italie et au Brésil, lorsque Dieu la rappela, à Madrid, le 25 juillet 1911.

En l’année mariale 1954, la congrégation fut définitivement approuvée.

María Carmen fut béatifiée en 1998, et canonisée en 2012.

Ángel Darío Acosta Zurita

1908-1931

 

Cet “ange” naquit le 13 (ou le 20) décembre 1908 à Naolinco, Veracruz (Mexique), de Leopoldo Acosta et Dominga Zurita ; il reçut quelques jours après au baptême les noms de Ángel Darío, le 23 décembre.

Le papa était boucher, travailleur et honnête. La famille était chrétienne, et le petit garçon reçut la Première communion à six ans, puis la Confirmation.

Les conditions de vie furent difficiles, car le papa perdit son bétail, tomba malade et mourut très vite. La jeune veuve fit face comme elle put à la situation de grande pauvreté, et Ángel Darío l’aida à s’occuper de ses quatre petits frères.

Ángel Darío faisait preuve de beaucoup de qualités, il était serviable, doux, réfléchi, ouvert aux autres, affectueux avec sa chère maman. C’était aussi un enfant de chœur pieux et fidèle aux pratiques chrétiennes.

Quand l’évêque fit une tournée de paroisses pour susciter des vocations sacerdotales, Ángel Darío sentit réellement l’appel de Dieu dans son cœur, mais en considération de sa situation familiale, l’évêque crut bon de ne pas l’accepter dans son séminaire, car il était le seul soutien solide de sa mère. Le pauvre Ángel Darío en fut bien triste, aussi sa mère demanda au curé d’appuyer sa demande auprès de l’évêque, qui alors l’accepta, d’abord comme externe puis, au vu de ses excellents résultats, lui accorda une bourse et l’admit comme séminariste.

C’étaient déjà des temps rudes pour l’Eglise, à cause de la révolution, et l’évêque décida de transférer son séminaire à Mexico. Ángel Darío s’y gagna tout de suite l’estime des supérieurs, par ses qualités de bonté, de douceur, d’application à l’étude et de profonde piété.

En plus de cela, Ángel Darío, qui aimait beaucoup le football, anima plusieurs années de suite son équipe, dont il était le capitaine.

Ángel Darío reçut l’ordination sacerdotale le 25 avril 1931 de Mgr Guizar y Valencia, et chanta sa première messe le 24 mai suivant à Veracruz.

Il fut vicaire à la paroisse de l’Assomption, à Veracruz, avec deux autres, Ráfael Rosas et Alberto Landa, qui assistaient leur curé, le père Justino de la Mora.

Dès son arrivée sur place, Ángel Darío montra sa ferveur et sa bonté, sa préoccupation pour la catéchèse des enfants et leur préparation au sacrement de la Réconciliation. Dans une de ses homélies, il s’exprima ainsi : La croix est notre force dans la vie, notre consolation au moment de la mort, notre gloire dans l’éternité. En faisant tout par amour pour le Christ crucifié, tout deviendra plus facile pour nous. Si Lui souffrit tellement en croix pour nous, à notre tour nous devons bien souffrir pour Lui.

La violence de la persécution poussa le curé à avertir plusieurs fois ses vicaires du danger qu’ils couraient pour leur vie, du seul fait d’être prêtres ; il leur permettait de choisir en toute liberté soit de se cacher soit même de rentrer dans leurs familles, selon qu’ils le jugeaient préférable. Tous trois cependant furent unanimes dans leur décision et dans leur réponse : Nous sommes disposés à n’importe quelle conséquence même grave, pourvu que nous accomplissions notre devoir de prêtres.

Ils se savaient exposés au martyre et s’y préparaient chaque jour mieux, tandis que la persécution se déchaînait contre Dieu et contre l’Eglise catholique, jusqu’à la promulgation de la fameuse Loi Tejeda, qui voulait supprimer tous les prêtres de l’Etat de Veracruz, pour en finir avec le “fanatisme du peuple”, et menaçant de mort tout récalcitrant. Le gouverneur envoya ainsi à chaque prêtre un document où il exigeait d’eux l’application de la loi. Le père Ángel Darío reçut sa lettre le 21 juillet, elle portait le numéro 759.

Le père Ángel Darío était clairvoyant, mais restait très tranquille, et même montrait une sereine joie.

Le 25 juillet de bonne heure, arriva à la paroisse la mère d’Ángel Darío, qui ne l’avait pas vu depuis son ordination sacerdotale ; elle assista à la messe de son fils, avec beaucoup d’émotion.

La date fixée pour l’entrée en vigueur de la loi était justement ce 25 juillet. Ce jour-là, il pleuvait et tout se passait normalement dans la paroisse de l’Assomption. L’église était pleine d’enfants, venus avec leurs catéchistes, et beaucoup d’adultes aussi, qui voulaient recevoir le sacrement de la Réconciliation.

A 18 heures 10, plusieurs hommes en uniforme militaire entrèrent par les trois portes de l’église et se mirent à tirer sur les prêtres. Le père Landa fut gravement blessé, le père Rosas échappa miraculeusement, protégé par le pupitre ; le père Ángel Darío qui revenait du baptistère où il avait baptisé un petit bébé, s’écroula, criblé de balles, réussissant à crier : “Jésus !”.

En entendant les coups de feu, le curé sortit de la sacristie et demanda aux assassins de lui tirer dessus aussi, mais ils étaient déjà partis. Le pauvre curé s’approcha du père Ángel Darío : il ne pouvait que tracer un ultime signe de croix sur son front.

Le père Ángel Darío avait exactement trois mois de sacerdoce. 

Immédiatement prévenu, l’évêque rédigea une lettre de protestation au gouverneur, lui rappelant que, tandis qu’il faisait mourir ses prêtres en train de prêcher la Bonne Nouvelle aux fidèles, les anges présentaient à Dieu ces martyrs : si son diocèse était dans la peine pour tant de douleur, il n’en serait cependant que plus fort et rien ne saurait ébranler le Rocher de Dieu.

Ángel Darío fut béatifié en 2005, à Guadalajara (Mexique). Son corps repose en la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption à Veracruz et le Martyrologe le commémore au 25 juillet.

 

 

 

León Inchausti Minteguía

1859-1936

 

Né le 27 juin 1859 dans le quartier de Mendieta Beaskoa (Ajángiz, Biscaye, Espagne), et baptisé le lendemain, León était le deuxième des cinq enfants de Benito et Juana Minteguía, de bons paysans très chrétiens.

En 1878, il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, au couvent de Monteagudo. Il fit la première profession en 1879.

Il s’embarqua à Barcelone à destination des Philippines en 1884, où il arriva après un mois de voyage.

Envoyé sur l’île de Cebú, il y resta un ans pour y apprendre la langue et il se prépara au sacerdoce, qu’il reçut en 1884.

Ses missions successives l’envoyèrent à Loay, Dimiao, Bantón, Sierra Bullones, Dimiao, Ubay, Azagra…

En 1897, il revint en Espagne, au couvent de Marcilla, jusqu’en 1903.

C’est alors qu’il s’embarqua de nouveau, mais cette fois-ci à destination du Brésil.

En 1921, il participait au chapitre provincial d’Espagne, puis demeura un an à Granada et Motril.

En 1927, ce fut un nouveau départ, pour Bilbao, avant le retour à Motril en 1928.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

José Rada Royo

1861-1936

 

Né le 17 novembre 1861 à Tarazona (Saragosse, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de José de Notre-Dame des Douleurs.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

Carlos Rubio Álvarez

1862-1936

 

Il était né le 3 décembre 1862 à Benavides de Orbigo (León).

A dix-neuf ans, il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Federico.

Il fut successivement supérieur à Gibraltar, Granada et San Rafael, Maître des novices, Provincial d’Espagne, directeur spirituel à Calafell, Ciempozuelos et Talavera (Tolède).

Il avait une particulière dévotion envers la Sainte Trinité, la Sainte Famille et Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Lors de son arrestation, on lui dit de s’habiller en paysan ; il répondit qu’étant prêtre, il devait s’habiller en prêtre, ce qui irrita particulièrement ses agresseurs : ils le menacèrent et l’insultèrent.

Le 25 juillet 1936, devant le tribunal, il déclara : Je m’appelle Federico et je suis prêtre, et comme je ne sais pas combien de temps je serai ici, j’ai pris quelques hosties pour célébrer la Messe. Ceux qui constituaient ce «tribunal» restèrent bouche bée, mais un milicien, pointant son fusil vers le Père, lui répondit : Les hosties, je les mets là, dans le canon du fusil, et après, je vous les donnerai à manger.

Ils conduisirent alors le père Federico au sanctuaire de Notre-Dame du Prado, patronne de Talavera, avec trois autres prêtres. Le long du chemin, ils fusillèrent le père Federico.

Plus tard, on reconnut son corps dans le cimetière, grâce au scapulaire du Carmel qu’il portait sur la poitrine.

C’était le 25 juillet 1936.

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

Manuel Vázquez Alfalla

1863-1936

 

Manuel Vázquez Alfalla naquit le 14 juillet 1863 à Motril (Grenade, Espagne).

Entré au Grand séminaire en 1887, étant une vocation dite «tardive», il reçut le sacerdoce en 1892.

Il desservit successivement la paroisse de Motril, puis celle de Salobreña.

Après une période d’apostolat à Buenos Aires (Argentine), il revint à Motril, à la paroisse de l’Incarnation.

Le 25 juillet 1936, il s’apprêtait à célébrer la Messe en l’honneur de l’apôtre saint Jacques, quand il fut arrêté.

Il souffrit le martyre ce même jour, dix jours après son soixante-treizième anniversaire.

Manuel Vázquez Alfalla devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

 

 

Josep Reixach Reguer

1865-1936

 

Né le 13 juin 1865 à Vilanova de Sau (Barcelone), il fut baptisé le même jour et confirmé la même année, comme on le pratiquait alors. Ce qu’il y a de remarquable ici, c’est que l’évêque qui le confirma fut Antonio María Claret lui-même, fondateur des Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ou Pères Clarétains (v. 24 octobre).

Ses parents s’appelaient Juan (un paysan, qui mourut en 1878) et Felipa.

Cette même année 1878 où mourut son papa, Josep entra alors au collège des Clarétains de Barbastro, où il eut d’excellents résultats.

En 1880, il entra au noviciat de Vich et fit la profession en 1881. Après la philosophie, il fit la théologie à Gracia (1884), Santo Domingo de la Calzada (1885), où il reçut les ordres mineurs, ainsi que le sous-diaconat et le diaconat en 1887-1888. Il fut ordonné prêtre à Gracia (1889).

On l’envoya d’abord à Solsona, comme sacristain, à Santo Domingo de la Calzada puis Bilbao (1891), à Lleida puis Olesa (1899), où il fut supérieur. Il y eut à Olesa un «bruit» qui amena le p.Josep à démissionner.

Il fut alors nommé à Alagón, puis à Barbastro (1907), Aranda de Duero (1908), de nouveau Olesa (1919) ; dans cette dernière localité, il était supérieur, tout en se sentant le dernier capable d’exercer cette fonction ; Dieu l’exauça en quelque sorte, car la maison fut supprimée en vue de la construction d’une voie ferrée (1924).

C’est à Sabadell qu’il se trouvait en 1936, au moment du déchaînement de la guerre civile et de la persécution.

Le 19 juillet, il alla se réfugier chez un ami proche du couvent ; le 20, lui et les Confrères vinrent célébrer la messe au couvent et tous repartirent vers midi, sauf lui : en tant qu’économe, il voulait veiller aux biens de la communauté. A minuit, les miliciens donnèrent l’assaut au couvent et, sous les yeux horrifiés du p.Josep, mirent le feu à tout un tas d’images et crucifix qu’ils trouvèrent dans la maison, tout cela arrosé d’une pluie de blasphèmes.

Vers une heure du matin, le père Josep réussit à sortir dans la rue et rejoindre la maison de ses amis, mais ceux-ci dormaient, toutes portes fermées, de sorte que le prêtre dut appeler assez fort pour se faire ouvrir : ce fut sans doute là qu’un voisin le vit et put ensuite le dénoncer.

Au petit matin du 25 juillet, on vint le chercher ; les miliciens menacèrent les amis : Ou vous nous le livrez, ou vous venez avec nous. Le Père dormait ; quand on le réveilla, il dit : Voilà, je suis prêt.

On le bouscula dans la rue à coups de poings, on lui tira plusieurs coups de feu dans le ventre et on le laissa à terre ; il se traîna comme il put jusqu’à l’hôpital, où le soignèrent une Religieuse et deux infirmières : elles comprirent qu’il était prêtre ; il fallait l’opérer et pour cela le transférer à un autre établissement ; vers cinq heures du matin, on appela la Croix-Rouge, qui arriva avec le maire et le juge et quelques jeunes de dix-sept ans, tous armés. Le Père leur dit : Si c’est vous qui m’avez tiré dessus, je vous pardonne, parce que je veux mourir comme Jésus, qui pardonna à ceux qui le crucifiaient.

A la Sœur qui l’assistait, il dit : Je m’en vais au Ciel. Là, je prierai pour vous.

On tenta de l’opérer, mais l’hémorragie était trop forte. Il mourut vers quatorze heures.

Martyrisé le 25 juillet 1936 à Sabadell, le père Josep fut béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Josep Reixach Reguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Dionisio Pamplona Polo

1868-1936

 

Il était né le 11 octobre 1868 à Calamocha (Teruel, Espagne).

Entré chez les Pères des Ecoles Pies (Piaristes), prenant le nom de Dionisio de Saint-Barnabé.

Il enseigna ensuite dans différents collèges, à Alcañiz, Jaca, Pamplona et Barbastro.

A Buenos Aires (Argentine) et à Peralta de la Sal (Huesca, Espagne), il fut à la fois recteur du collège et curé.

Arrêté et mis en prison au moment de la guerre civile, il réussit à s’échapper de la prison pour aller consommer dans l’église les Saintes Hosties, et éviter ainsi une bien probable profanation.

Après ce geste, il fut repris ; on lui demanda les clefs de l’église. Il répondit : Je ne les remettrai qu’à l’évêque, qui me les a confiées.

Au moment de sortir de la prison, il demanda au gardien une brosse pour nettoyer sa soutane, car il voulait être tout beau pour aller à son martyre, comme pour aller à une fête.

Ce bon prêtre âgé était aussi très grand, beaucoup plus que ceux de son groupe, qu’on emmenait avec lui. Mais il était le seul prêtre.

Au moment de les tirer, les assassins dirigèrent la plus grande partie de leurs balles sur le prêtre, au cri de Le curé pour moi.

Le père Pamplona Polo reçut la palme du martyre à Monzón (Huesca) le 25 juillet 1936 et a été béatifié en 1995.

 

 

Primo Martínez de San Vicente Castillo

1869-1936

 

Né le 9 juin 1869 à San Romano de Campezo (Álava), il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu comme Frère.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina (Tolède).

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

José Luis Palacio Muñiz

1870-1936

 

Né le 20 mai 1870 à Tiñana (Siero, Asturies), il fut baptisé le jour même. Il eut aussi un frère prêtre et une sœur de vie contemplative.

En 1873, la famille s’établit à Villabona, où le papa avait un poste d’administrateur.

José étudia la philosophie et une partie de la théologie au séminaire d’Oviedo, puis il entra chez les Pères dominicains ; il fit la profession à Ocaña en 1895 et fut ordonné prêtre en 1899 à Ávila.

Le jour-même de son ordination, il s’offrait pour partir aux missions du Pérou.

Pendant douze années, il travailla activement dans la région de l’Amazone.

Le père José Luis était un homme doux, pacifique, humble, pieux.

En raison de sa santé, il intégra la province du Pérou où, en 1910, il fut élu prieur du couvent de Arequipa, tout en maintenant des contacts avec les Indios de Urubamba.

Il dut cependant revenir en Espagne, pour des problèmes de santé, et il fut envoyé au couvent du Rosaire à Madrid, où il exerça le saint ministère jusqu’en 1932.

En 1932, il fut à Ocaña, puis nommé aumônier à Nambroca (Tolède) en 1935 : les ouvriers le considéraient comme un Saint.

En juillet 1936, des miliciens vinrent l’expulser de la maison et de Nambroca. Avec trois autres Religieux, il allait prendre le train, quand ils furent tous fusillés près de la station de Algodor (Madrid), le 25 juillet 1936.

On les enterra d’abord le long du Tage.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.


 

Julián Benigno Moreno y Moreno

1871-1936

 

Né le 16 mars 1861 à Alfaro (Logroño, La Rioja, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de Julián Benigno de Saint-Nicolas-de-Tolentino.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

Josep Garriga Ferrer

1872-1936

 

Il était né à Cabra del Camp le 10 mars 1872.

Prêtre de l’archidiocèse de Tarragona, il exerça le ministère sacerdotal à Montroig del Camp, Sant Pere de Cambrils, Sant Joan de Tarragona, Purissima Sang de Reus.

C’est devant l’église de cette dernière localité, qu’il fut abattu par les balles ennemies, le 25 (ou le 27) juillet 1936.

Mgr Josep Garriga Ferrer fut béatifié en 2013.

 

 

Joan Mercer Soler

1874-1936

 

Il naquit au sein d’une famille nombreuse le 14 octobre 1874 à Albiñana (Tarragona), de Antonio et Antonia, de bons paysans chrétiens ; il fut baptisé le lendemain, 15 octobre, et confirmé en 1879.

Il entra au séminaire de Barcelone en 1889, et poursuivit ses Humanités au séminaire clarétain de Barbastro (1891) ; il fit le noviciat à Cervera (1894), où il fit la profession (1895) et la philosophie. En 1898, il passa à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie : il y reçut les ordres mineurs, le sous-diaconat et le diaconat. Il fut ordonné prêtre à Burgos en 1903.

Il aurait beaucoup aimé partir loin, en Amérique, mais il resta en Espagne : Selva del Campo, Cervera, Vich, Sabadell, Lleida, Berga, finalement Sallent en 1934.

Au soir du 20 juillet, avec le frère Mur, il abandonna la maison clarétaine, et ils trouvèrent refuge dans une famille proche, mais le 24, ils jugèrent préférable de quitter cette famille pour ne pas la compromettre. Dans la rue, on les reconnut et, aux cris de Des Curés !, on les arrêta, on les insulta, on les brutalisa. Peu après, on les emmena à la mairie, où ils retrouvèrent le p. Payás.

Ayant répondu qu’ils étaient Religieux, ils furent condamnés à mort.

Ils furent fusillés le 25 juillet 1936 au cimetière de Sallent, et béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Joan Mercer Soler sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Manuel Torres Nicolau

1874-1936

 

Manuel naquit et fut baptisé le 15 octobre 1874 à Almacellas (Lleida), de parents paysans, José et Raimunda.

En 1887, il entra chez les Clarétains de Barbastro et acheva ses Humanités à Alagón. En 1890, il commença le noviciat à Cervera et fit la profession l’année suivante ; après la philosophie, il passa en 1894 à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie. Il fut ordonné prêtre en 1900, toujours à Santo Domingo.

Il occupa les fonctions de professeur à Ségovie, d’économe à Don Benito ; puis il fut nommé successivement à Plasencia, Aranda de Duero, Vich, Barbastro, Calatayud, Cartagena, finalement Lleida.

Bon prêtre, il aimait aussi les travaux techniques ou mécaniques.

Il aurait pu partir pour le Mexique dès 1922, mais il se jugea inapte à telle mission, un peu par excès d’humilité, un peu par soucis de sa santé (il souffrait de l’estomac).

Le 21 juillet 1936, il dut quitter la maison clarétaine de Lleida et se réfugier chez une voisine. Peu après, il fut arrêté et conduit en prison, où il retrouva les pères Baixeras et Tamarit ; ils étaient plus de trente prisonniers dans la même salle. Tous priaient le chapelet.

Au matin du 25 juillet 1936, les trois prêtres furent appelés, conduits au champ de Mars, et fusillés.

Béatifié en 2017, le bienheureux Manuel Torres Nicolau sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Jaume Vendrell Olivella

1878-1936

 

Jaume (Jacques) était né le 29 juin 1878 à San Esteve d’Ordal (Barcelone, Espagne).

Devenu Bénédictin, de la congrégation de Subiaco, il fut frère convers, avec le nom de Bernat.

Il fut assassiné le 25 juillet 1936 à Gelida (Barcelone) et béatifié en 2013.

 

 

Francesc María de Paula Sánchez Solé

1880-1936

 

Francesc était né le 25 août 1880 à Barcelone (Espagne).

Devenu Bénédictin, de la congrégation de Subiaco), il fut ordonné prêtre.

Il fut assassiné le 25 juillet 1936 à Molins de Rei (Barcelone) et béatifié en 2013.

 

 

Marcelí Mur Blanch

1882-1936

 

Marcelí (Marcelin) naquit le 1.avril 1882 à Riguepeu (Gers), de Ramón et Joaquina, et fut baptisé trois jours plus tard.

En 1892, il entra chez les Pères Clarétains de Barbastro pour ses Humanités. En 1908, il commença le noviciat à Cervera et fit la profession de frère convers en 1909.

Il se mit à apprendre le travail de tailleur et fut en diverses communautés : Alagón, La Selva de Campo, Cervera, Marseille en 1931 où, connaissant bien le français,  il fut portier, tailleur et sacristain.

Le Frère apprit humblement à dominer ses défauts, à combler ses lacunes ; il était, disait-on, têtu, mais bon frère.

Il se trouvait à Sallent (Barcelone) depuis janvier 1936, quand se déchaîna la guerre civile. Il partagea le sort du p.Joan Mercer, avec lequel il reçut la palme du martyre, le 25 juillet 1936.

Béatifié en 2017, le bienheureux Marcelí Mur Blanch sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Joan Capdevila Costa

1883-1936

 

Né le 30 octobre 1883 à Sovelles (Gerona), Joan fut baptisé - et probablement confirmé - en la fête de Tous les Saints, le 1. novembre suivant. Ses parents s’appelaient Jaime et María.

Il entra au noviciat des Clarétains de Cervera en 1900, et fit la profession en 1901.

Cette communauté de Cervera était fort nombreuse : plus de quatre cents individus y vivaient, prêtres, novices et étudiants, et Joan dut être le tailleur pour tout ce monde.

Puis ce fut Lleida (1907), Gracia (1920), Selva del Campo (1926), de nouveau Gracia (1929), jusqu’à son arrestation en 1936.

Tailleur et portier, efficace et fidèle, il fut aussi chargé d’administrer la publication d’un bulletin hebdomadaire, La Fiesta Santificada, et successivement de la maison d’édition Coculsa.

Au moment où explosa la guerre civile, toute la communauté dut évacuer la maison et s’éparpiller chez des connaissances. Le frère Joan crut bon de rester tout bonnement dans les locaux de son administration de Barcelone, pensant que la situation allait se calmer rapidement.

C’était manifestement ignorer que cette maison d’édition était déjà bien repérée, puisqu’elle publiait des articles religieux. Six miliciens armés se présentèrent en effet sans tarder l’après-midi du 25 juillet 1936, et enlevèrent le Frère. Une demi-heure après, ils revinrent avec fr. Joan, envoyèrent par le balcon tous les documents de l’imprimerie et y mirent le feu dans la rue.

Ensuite, on perdit la trace du Frère. On retrouva son cadavre le lendemain à l’hôpital.

Martyrisé le 25 juillet 1936 à Barcelone, il fut béatifié en 2017.

 

Le nom du bienheureux Joan Capdevila Costa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Benito Solana Ruiz

1882-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Benito naquit à Cintruénigo (Navarra), tout près du noviciat passioniste de Corella, le 4 janvier 1882, et fut baptisé le même jour. Il reçut la Confirmation en 1901.

Il ne put faire beaucoup d’études, parce qu’il avait décidé d’être un frère coadjuteur chez les Passionistes, et que sa famille s’y opposait. Mais il imposa sa décision et fit la profession à Corella en 1914, avec le nom de Benito de Notre-Dame de Villar.

Après quelques années à Daimiel, il partit pour Santa Clara (Cuba) et Tacubaya (Mexique), où il fit les vœux perpétuels.

On le remarquait pour ses bonnes façons. Il s’occupait de l’intendance de la maison et de l’église.

A cause de la persécution au Mexique, il repartit sur Cuba puis, en 1929 à Saragosse, où on lui confia l’infirmerie ; lui-même souffrait de fréquentes crises de rhumatisme, qu’il supportait patiemment.

Après quelques mois à Valencia, il partit pour Daimiel, peu avant le nuit tragique du 21-22 juillet 1936.

Il était parmi les trois Religieux qui furent arrêtés à Urdá (Tolède). C’est là qu’il fut fusillé, le 25 juillet 1936.

Il a été béatifié en 1989.

 

 

Joan Fort Rius

1886-1936

 

Joan naquit le 20 octobre 1886 à l’Espluga de Francolí (Conca de Barberá, Tarragona, Espagne).

Il dut bien probablement sa vocation de carme à son confesseur, lui-même carme déchaux.

Après son noviciat, il fut envoyé à Tucson (Arizona, Etats-Unis), où il fera sa profession solennelle comme convers, en 1912, avec le nom de Ángel de Saint-Joseph.

Là-bas, il se dédiera particulièrement à la pastorale des jeunes, fondant pour eux un patronage avec jeux et prières.

En 1934, il revint à Tarragone, comme portier.

Le 21 juillet 1936, il dut quitter le couvent et se réfugier avec un autre père chez un ami, terciaire de l’ordre.

Arrêtés tous les deux, ils furent conduits au port de Tarragone et là fusillés, le 25 juillet 1936.

Joan a été béatifié en 2013.

 

 

Miguel Peiró Victori

1887-1936

 

Né le 7 février 1887 à Aiguafreda (Barcelone, Espagne), il fut baptisé le lendemain. Ses noms de baptême furent Miguel Mariano Ricardo.

En 1894, mourut son père ; Miguel entra alors au collège des orphelins de Sant Juliá de Vilatorta (Barcelone), tenu par les Pères de la Sainte Famille, puis il accompagna sa mère à Roda de Ter (Barcelone), où sa tante, Dominga Victori, dirigeait un collège.

Cette tante était la secrétaire principale des Dominicaines de l’Anunciata. Elle trouva un poste pour son neveu dans l’usine de textiles Tecla Sala, puis un autre poste plus important encore à Hospitalet de Llobregat (Barcelone).

Miguel (ou Miquel) épousa en 1915 une pieuse femme de Roda de Ter, Francisca Ribes Roger et ils eurent plusieurs enfants. Un de ceux-là, José, mourra à son tour en 1938, des suites de la persécution.

Miguel entra alors dans le Tiers-Ordre dominicain et collabora au Cercle d’ouvriers catholiques liés eux-aussi au Tiers-Ordre.

Le 24 juillet 1936, il alla à Barcelone en quête de nouvelles sur son frère, Ramón, lui aussi dominicain, qui allait lui aussi tomber martyr le 21 août 1936 (et sera béatifié en 2001). En chemin, Miguel fut profondément attristé de voir les incendies, les profanations d’églises et de maisons religieuses. C’est dans cet état d’âme qu’il rentra à Hospitalet de Llobregat.

Avec ferveur il pria le chapelet ce soir-là en famille. Il l’avait à peine achevé, qu’on vint l’arrêter chez lui, ainsi que son fils José. Il se sépara de son épouse en lui disant simplement : Au ciel.

Quelques instants après, on entendit des coups de feu : Miguel tombait, martyr, à quarante-neuf ans. Son épouse exigea qu’on mît un crucifix sur le cercueil.

Miguel fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Tomás Carbonell Miquel

1888-1936

 

Tomás eut le sort douloureux d'être orphelin de ses deux parents, Tomás et María, l'année-même de sa naissance.

Il naquit le 20 décembre 1888 à Jijona (Alicante, Espagne) et fut baptisé le 23. A l'époque, on fêtait l'apôtre saint Thomas le 21 décembre : il en reçut le nom.

Il fut confirmé en 1895.

Son oncle le prit en charge et l'aida de son mieux, particulièrement quand le garçon voulut entrer au Grand séminaire de Málaga, en 1905, où il étudia la philosophie avec les meilleurs résultats.

Toutefois, il eut l'occasion de connaître les Pères Mercédaires et d'assister à la profession de deux de leurs novices, ce qui suscita en lui le désir d'appartenir à cet Ordre.

Il reçut l'habit en 1907, fit la première profession en 1908 et rejoignit Lleida. Il fut ordonné prêtre en 1911.

Déjà avant d'être prêtre, il enseignait les langues, l'arithmétique et la géographie ; après les cours, il emmenait ses élèves prier devant le Saint-Sacrement.

En 1916, il passa avec succès son baccalauréat d'Etat ; en 1917 il eut le titre de bachelier en lettres et en philosophie.

Cette même année, il participa avec enthousiasme à une mission à Barcelone, et alla aussi prêcher à Almenar, Artse, Borges Blanques, Barbastro.

En 1918, il prêcha à El Puig, Elche, Valencia, Puigvert ; en 1919, il était administrateur du collège ; en 1920, il prêchait à Sidamunt, Alicante et Barcelone, tout en étant conseiller. Puis en 1921, il prêcha infatigablement à Torres, Altorricón, Menarguens, Montblanc, Albi, Sidamuntel, ainsi que durant des récollections en d'autres lieux et monastères, avant de rejoindre Lleida, puis El Puig.

En 1923, on le proposa comme provincial ; il voyagea aussi à Maiorque.

De 1926 à 1931, il s'occupa d'une maison de jeunes délinquants à Godella, où il montra toute sa sollicitude envers les jeunes garçons qu'on cherchait à remettre sur une bonne voie, et sans cesser de prêcher encore.

En 1930, il fut supérieur à Palma de Maiorque, en 1932 à El Puig.

En 1932, il fut élu supérieur provincial. Son style était de se déplacer, de voir sur place, de parler : Saragosse, Lleida, Valencia, Barcelone, Madrid... Il ne s'arrêtait pas.

En 1933, il crée le collège de Benicalap, pour permettre aux étudiants mercédaires de recevoir une formation approfondie au séminaire proche de Valencia. Il s'y installe aussi. Il se préoccupe de chacun, de tout, il est tout à tous. Pour leur procurer des subsides, il visite les autres communautés (Barcelone, Lleida, San Ramón, Bilbao, Bérriz, Orozco…).

Avec tout cela, il souffre de gastrite chronique, de problèmes de circulation, à cause du tabac qu'il n'arrive pas à éliminer (il fait prier pour que Dieu l'en libère).

En 1935, il prêcha encore à Lleida. A Noël, il prêchait à la cathédrale.

Juillet 1936 arriva.

Le 18 juillet, il pensa être plus en sécurité à Barcelone ; mais il dut rejoindre Lleida. Le 21, les miliciens firent irruption dans l'église où il célébrait ; les fidèles durent sortir, l'église fut fermée, et le père Tomás se réfugia chez un prêtre.

Le 25 juillet, des miliciens firent irruption dans la maison à sept heures du matin. Le père se présenta simplement : Je suis prêtre, et provincial des Mercédaires. Et eux : On n'est pas venu pour rien.

Ils l'emmenèrent dans la rue, mains en l'air, et l'abattirent un peu plus loin.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Aleix Civil Castellví

1889-1936

 

Aleix était né le 11 janvier 1889 à Molins de Rei (Barcelone, Espagne).

Devenu Bénédictin, de la congrégation de Subiaco, il fut frère convers, avec le nom de Ildefons.

Il fut assassiné le 25 juillet 1936 à Santa Creu d’Olorde (Barcelone) et béatifié en 2013.

 

 

Higinio Roldán Iriberri

1895-1936

 

Né le 11 janvier 1895 à Ollogoyen (Navarra, Espagne), il fut baptisé le 13 suivant. Une de ses sœurs aussi, Paula, fut religieuse.

Après avoir fréquenté l’école de Matauten, il travailla dans sa famille : il fallait tondre les moutons et tisser la laine.

En 1921, il entra chez les Dominicains d’Ávila, comme Frère convers. Il dut interrompre la vie du couvent pour accomplir le service militaire.

De retour au couvent, il fut à La Mejorada (Valladolid), Ávila (où il fit la profession solennelle en 1924), avant d’être envoyé à Ocaña et à la propriété de Nambroca (Tolède).

En 1932, il fut administrateur de Nambroca, où ses belles qualités furent appréciées de tous : bon, généreux, pieux ; pour se détendre, il parlait de la vie des Saints.

Le 24 juillet, il fut arrêté en même temps que les autres Religieux et conduit au poste jusqu’à la nuit. Feignant de les protéger, les miliciens organisèrent leur expulsion, prévenant les miliciens présents dans les stations suivantes de les arrêter.

Le 25 juillet 1936, ils prirent le train pour Madrid, mais arrêtés à Algodor, ils furent tous fusillés.

Le Frère Higinio fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Juan Crespo Calleja

1895-1936

 

Né le 27 décembre 1895 à Villada (Palencia, Espagne), il fut baptisé le 4 janvier suivant et confirmé en 1907. C’était l’aîné de douze enfants. Son père fonda l’Adoration nocturne dans la paroisse.

En 1916, il entra comme Frère chez les Dominicains d’Ávila. Il dut cependant interrompre la vie du couvent pour revenir chez lui et aider les siens aux travaux de la famille.

Rencontrant les jeunes de son âge, il montra envers eux un véritable esprit apostolique.

De retour au couvent d’Ávila, il fit la profession en 1919.

En 1922, il fut nommé procureur à Santa María de Nieva (Segovie) puis, en 1929, de La Mejorada (Valladolid), avant d’être envoyé à Ocaña et à la propriété de Romaila comme administrateur (1932-1936).

Il enseignait le catéchisme aux ouvriers, qu’il emmenait ensuite à la messe le dimanche à Nambroca (Tolède).

Le 10 mars 1936, les Dominicains furent expropriés de leur ferme et, en mai, les forces armées vinrent arrêter le frère Juan pour le conduire au Gouverneur : il devait se replier sur Nambroca.

Le 24 juillet, il fut arrêté en même temps que les autres Religieux et conduit au poste jusqu’à la nuit. Feignant de les protéger, les miliciens organisèrent leur expulsion, prévenant les miliciens présents dans les stations suivantes de les arrêter.

Le 25 juillet 1936, ils prirent le train pour Madrid, mais arrêtés à Algodor, ils furent tous fusillés.

Le Frère Juan fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

José María López Tascón

1896-1936

 

Né le 3 mars 1896 à Aviados (León, Espagne), il fut baptisé le jour suivant, et confirmé en 1897. Un de ses frères aussi, Manuel, fut dominicain.

En 1908, il entra à l’école apostolique des Pères dominicains à Corias (Asturies) ; il prit l’habit en 1913, fit la première profession en 1914 à Padrón (La Coruña), avant de faire ses études de philosophie à Corias et de théologie à Salamanque.

Ordonné prêtre en 1921, il fit d’autres études de littérature à l’université de Madrid, publia divers articles et, jusqu’en 1930, enseigna à Oviedo, Vergara (Guipúzcoa) et Atocha (Madrid).

C’était un travailleur, pieux, réservé et en même temps très aimable et agréable avec les Confrères.

A l’apparition des pénibles circonstances politiques de 1936, il restait disponible à accepter ce que Dieu déciderait.

Le 20 juillet, le couvent de Atocha fut assailli et il fut gravement blessé à l’abdomen. Tout en sang, il répétait : Que Dieu vous pardonne, comme je vous pardonne. Il accompagna ses Confrères là où on les conduisait, au quartier de Abtao et à la Direction générale de Sécurité, où ils furent enfermés. Perdant son sang, affaibli, il fut recueilli par la Croix-Rouge dans un hôpital de Tolosa, où il reçut les derniers sacrements.

Rempli de paix, de joie et de force, répétant le Salve Regina et l’antienne O spem miram de saint Dominique, il s’endormit dans le Seigneur, le 25 juillet 1936.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Enric Morante Chic

1896-1936

 

Enric ou Enrique (Henri) était né le 25 septembre 1896, à Lleida, de Magín, un avocat, et Dolores, une femme très pieuse qui offrit immédiatement son fils à Notre-Dame de la Merci, qu’on fêtait alors le 24 septembre. Sa petite sœur s’appela Carmen.

Le petit garçon reçut au Baptême, trois jours après, les prénoms de Enrique et Ramón, sans doute parce que saint Raymond (Ramón de Peñafort) était le co-fondateur de l’Ordre de la Merci (voir au 7 janvier). Le prêtre qui le baptisa était son oncle maternel, Fulgencio Chic.

Elève du collège des Pères Mercédaire (de Notre-Dame de la Merci, pour le rachat des Captifs),   à Lleida, il savait à peine parler que déjà il disait vouloir être un mercédaire.

Le matin, il arrivait avant le sacristain à l’église, pour servir la messe.

A quinze ans, il fut envoyé à El Olivar, pour la suite de ses études.

Il reçut l’habit en septembre 1914, fit l’année suivante la première profession, puis la philosophie.

En 1916, bref passage à Lleida, avant de revenir à El Olivar pour la théologie, en 1918, et à San Ramón en 1919.

En 1922 il partit au service militaire, qui semble avoir été assez mouvementé, d’après les différents endroits où on l’envoya : Saragosse, Lleida, Larache, Lleida, San Ramón, La Segarra.

Au retour du service militaire, la famille le taquinait en lui disant de renoncer à la vie religieuse, mais il répondait qu’il préférait mourir.

Il se prépara au sacerdoce : en 1923, il reçut la tonsure et les ordres mineurs ; en 1924, après avoir fait la profession solennelle, il reçut les ordres majeurs et fut ordonné prêtre.

Lors de sa première messe solennelle à Lleida, celui qui prêcha fut ce même Fulgencio Chic qui l’avait baptisé.

En 1924, Enrique fut envoyé à Barcelone. On ne peut oublier la bonté qu’il y manifesta envers les familles pauvres ; sa générosité ne connaissait pas de limites.

En 1927, il fut envoyé à Porto Rico, où il eut en charge les paroisses de Maricao et de Las Marías. Pendant deux années, il se dépensa sans compter pour visiter toutes les familles dispersées dans les montagnes, célébrer des centaines de baptêmes et de mariages, enseigner le catéchisme, apprendre aux enfants à chanter. Tout le monde l’aimait. Quand il implorait du secours chez les gens plus aisés, on ne savait lui résister. Sa générosité le poussa à donner son repas aux pauvres, jusqu’à en tomber gravement malade avec des crises d’épilepsie. Il dut revenir en Espagne.

En 1930, à Barcelone, il eut un malaise en donnant la communion, restant évanoui pendant une demi-heure. Il revint à Lleida en 1931, se reprit, joua de l’orgue. Il ne pouvait célébrer chaque jour, mais fin 1933, on sait qu’il célébrait quotidiennement.

Il fut ensuite à El Puig, où tous les gamins couraient derrière lui, recevant bénédictions et bonbons.

En 1934, on le trouve à Benicalap, comme maître de chœur, puis maître des novices, ensuite à Valencia pour le chapitre, avant de rejoindre la communauté de Lleida en mai 1936.

Lorsque sa communauté dut se disperser au moment de l’insurrection de 1936, il rejoignit sa mère, à Lleida, mais préféra s’en aller pour ne pas compromettre la famille et se dirigea vers Grenyana, où il pensait trouver quelque maison accueillante «de droite», mais personne ne voulut le recevoir.

Le 22, il arriva à l’ermitage de Notre-Dame de Grenyana, où il vivait dans les bois pendant la journée, couchant à l’ermitage la nuit, y trouvant une bonne soupe chaude. On lui suggérait de gagner la France. On lui donna un bon casse-croûte et il se mit en marche. En réalité, tout le monde le connaissait, y compris les révolutionnaires, qui le guettaient. Un quart d’heure après, il fut arrêté par deux marxistes, qui l’attachèrent au harnais de leur cheval.

Enrique leur dit seulement qu’ils ne pouvaient rien lui faire, puisqu’il n’avait rien fait de mal. Ils le firent aller jusqu’à la station ferroviaire de Lleida, et le lynchèrent, en l’accablant d’insultes.

C’était le 25 juillet 1936 vers treize heures.

Enrique fut béatifié en 2013.

 

 

Ricard Farré Masip

1897-1936

 

Né le 20 avril 1897 aux Torms (Lleida, Espagne), il fut baptisé le jour-même, mais sa maman mourut peu après la naissance.

En 1909, il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux de Badalona et au noviciat de Tarragona en 1912.

En 1913, il fit la profession, prenant le nom de Eduard de l’Enfant-Jésus.

En 1920, il fut ordonné prêtre, avec une dispense d’âge, car il n’avait que vingt-trois ans.

Il fut tout de suite envoyé à Mexico, où il resta jusqu’en 1923 seulement, à cause de la persécution qui y sévissait : il passa aux Etats-Unis et y termina sa préparation à la licence de théologie.

Il fut élu prieur de la communauté de Washington, en même temps qu’il était vicaire provincial.

En 1933, il fut présent au Chapitre général de l’Ordre en Israel, puis rejoignit Barcelone pour y enseigner la théologie.

En 1936, il fut élu prieur du couvent de Tarragona, là où il avait fait le noviciat.

Tandis qu’il était en train de prêcher pour les fêtes du Carmel (16 juillet), tous les religieux durent se réfugier dans des maisons privées à partir du 20 juillet 1936.

Le 25 juillet 1936, des miliciens vinrent «enregistrer» le couvent, où se trouvaient le père Eduardo et le père Gabriel. Ces derniers furent arrêtés et conduits immédiatement à Montcada (Barcelone), où ils furent fusillés cette nuit-là même.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Jesús Eduardo Massanet Flaquer

1899-1936

 

Ce Jésus-là naquit à Capdepera (Maiorque) le 16 janvier 1899, de Francisco et Eleonor, qui le firent baptiser le 21 janvier suivant ; il fut confirmé la même année, en mai, selon une habitude de l’époque.

Après ses premières études, il voulut entrer dans l’Ordre mercédaire, et reçut l’habit en 1817, à El Olivar. L’année suivante, il fit la première profession.

Sa vocation était réelle, profonde ; il accepta de vivre dans la pauvreté, après avoir vécu dans une famille plutôt aisée ; il était épris de liturgie et voulait accomplir tous les rites avec la plus grande sollennité.

En 1919, il fut à San Ramón, où il fit la profession solennelle en 1922. En 1923, à Solsona, il reçut le sacerdoce.

A partir de 1923, il vint à Lleida, où il travailla activement à la liturgie, mais fut surtout un excellent prédicateur.

En 1926, il fut nommé aumônier du régiment de Navarre, où pendant six mois il se sentit responsable paternellement des deux mille soldats et officiers qui risquaient leur vie chaque jour. Il vivait avec eux, il parlait, écoutait, encourageait, confessait, assistait les blessés et les moribonds. Il arriva à consacrer tout ce régiment à Notre-Dame de la Merci, et organiser la prière quotidienne du chapelet, des groupes de prière.

Revenu à Lleida en 1927, il fut envoyé successivement à Barcelone, Palma de Maiorque (1929), El Puig de Santa María (1930), et fut de retour à Lleida en 1935.

Arrivèrent les événements douloureux de 1936. Il trouva à loger chez des amis de Lleida, où il apparaissait très calme, sans craindre la mort qui le menaçait.

Le 24 juillet au soir, il changea d’étage, toujours absorbé dans la prière et disposé à pardonner à ses assassins. Au matin, pour ne pas compromettre son hôte, il grimpa dans la mansarde, mais une voisine le dénonça et les miliciens vinrent l’arrêter.

En descendant de là, il passa devant son hôte et lui fit un geste de gratitude. Les miliciens le faisaient marcher en direction de la prison. En passant près d’une personne de connaissance, le prêtre lui dit : Adieu, au Ciel ! L’hôte suivait le groupe par derrière pour voir ce qui allait se passer. A un moment donné, les miliciens lui firent accélérer le pas, et l’abattirent peu après en lui tirant par derrière.

Jesús Eduardo resta là, à terre ; peu après, des femmes le virent encore bouger un peu, et lui lancèrent des pierres à la tête ; le crâne fut fracturé, le cerveau en sortait. Le cadavre du Martyr fut ramassé et jeté à la fosse commune.

C’était le 25 juillet 1936.

Le père Massanet Flaquer fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Varona Ortega

1901-1936

 

Né le 16 janvier 1901 à Zumel (Burgos, Espagne), il fut baptisé le 18 suivant, et confirmé en 1902.

En 1913, il entra à l’école apostolique des Pères dominicains à La Mejorada (Valladolid) ; il fit la première profession en 1918 et la solennelle en 1922.

Il fut envoyé aux Etats-Unis au couvent de Rosaryville (New Orleans, Louisiane) pour y compléter ses études de théologie, ainsi qu’à la Dominican House of Studies de Washington (1922-1924), achevant cette préparation par des cours de pédagogie à l’Université catholique (1924-1926).

Il reçut alors l’ordination sacerdotale (1926), après laquelle il fut envoyé aux Philippines, où il enseigna dans le collège Saint Jean de Latran de Manille.

Ce bon professeur estimé de tous dut cependant interrompre cette belle activité didactique, à cause de la tuberculose, et il revint en Espagne.

En 1933, il fut à Ávila et, le mal continuant à évoluer, on l’hospitalisa au sanatorium de Guadarrama (Madrid). Désormais condamné, il fut à Nambroca (Tolède) à partir de février 1936 : aussi bon professeur qu’il avait été, il fut exemplaire dans la maladie, acceptant la souffrance avec résignation et sans jamais se plaindre. Dès qu’il pouvait un peu se tenir sur les jambes, il célébrait la sainte Messe.

Il acheva cette vie douloureuse en partageant le sort du père José Luis Palacio.

En juillet 1936, des miliciens vinrent l’expulser de la maison et de Nambroca. Avec trois autres Religieux, il allait prendre le train, quand ils furent tous fusillés près de la station de Algodor (Madrid), le 25 juillet 1936. Le père Antonio avait les bras levés et chantait le Christ, Roi de l’univers.

On les enterra d’abord le long du Tage.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

Deogracias Palacios Del Río

1901-1936

 

Né le 22 mai 1901 à Baños del Valdeapados (Burgos, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de Deogracias de Saint-Augustin.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

 

Jesús Juan Otero

1902-1936

 

Né le 6 juin 1902 à Abastas (Palencia, Espagne), ce nouveau Jésus fut baptisé le 15 juin suivant et grandit dans une famille très chrétienne de la Vieille Castille.

Ses compagnons avaient pour lui une réelle estime ; l’un d’eux put témoigner : Quand Jesús est là, on bouge et on est joyeux.

En 1917, un Frère des Ecoles Chrétiennes passa par là et parla de la vocation au jeune garçon, qui fut conquis par l’idée de faire du bien aux enfants.

Ses pieux parents furent heureux de le voir partir dès le mois d’août 1917 au noviciat de Hostalets de Llers, où là encore il conquit l’estime de tous par son innocente allégresse.

En 1918, il prit l’habit, et le nom de Arnoldo Julián. Un fait assez remarquable marqua ce noviciat : quelques mois après son entrée, arriva aussi son jeune frère, qu’il rencontra justement à l’entrée de la maison. Arnoldo, au lieu d’aller le saluer comme cela aurait été naturel, alla d’abord en solliciter du supérieur la permission. Oh ! admirable obéissance d’un jeune religieux ! On croirait revoir saint Jean-Baptiste qui, voyant arriver le Christ, n’osa pas même se déplacer pour saluer son cousin, mais annonça fortement à tout le peuple : Voici l’Agneau de Dieu ! (Jn 1:29).

Après le noviciat, Arnoldo fit le scholasticat à Bujedo.

En 1920, il rejoignit la communauté de San Celoni, où il fut éducateur de jeunes pendant treize années, avec un «succès» unanime auprès des enfants. Il en reçut même d’excellents éloges de la part d’inspecteurs d’état.

Il préparait ses cours avec grand scrupule, et n’hésitait pas à demander des conseils, des explications, à d’autres Frères plus expérimentés, quand il avait un doute.

Le curé de la paroisse recourait aussi à ses services pour pouvoir entrer en contact avec des paroissiens qui, sinon, n’auraient pas osé contacter le prêtre.

Fortement attaché à l’esprit religieux, il sut aussi imposer le respect du Supérieur, à l’occasion de «troubles» intérieurs, qui ne manquent jamais dans les communautés. Il n’hésita pas non plus à reprendre très fraternellement tel ou tel Frère dont le comportement donnait des signes d’affaiblissement. Parfois, certains en vinrent quand même à l’accuser par derrière, à quoi Arnoldo savait répondre fraternellement en rétablissant la justice et la vérité.

En 1933, il fut envoyé à Moncada : ce fut un regret unanime de la part de ceux qu’il quittait, mais aussi la joie de ceux qui le recevaient.

L’année suivante, un problème de santé l’obligea à ne prendre que du lait durant les repas, ce qu’il supporta fidèlement, en esprit d’obéissance.

L’atmosphère politique se couvrait de nuages, et le Frère, conscient de la situation, «prophétisait» : Ils vont nous tuer à Moncada. A tout hasard, le directeur lui donna une adresse sûre où se réfugier en cas de nécessité.

Cette occasion arriva, le 19 juillet 1936 : Arnoldo dut se réfugier avec d’autres frères (Josep, Mariano et Vicente) chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans une plantation voisine lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

  • Tu caches des prêtres ici.
  • Erreur, ce sont des professeurs.
  • Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

  • N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Arnaldo fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Josep Más Pujolrás, Santos López Martinez, Vicente Fernández Castrillo).

 

 

Josep Bardolet Compte

1903-1936

 

Né le 20 juillet 1903 à Capsanes (Tarragona, Espagne), il fut baptisé le 26 suivant.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il fréquenta d’abord leur collège à Salt, puis le noviciat mineur à Hostalets (1916), le noviciat (1919) et prit le nom de Benet Josep.

Il fit le scholasticat à Bujedo (1920), et exerça son apostolat successivement à San Celoni, Granollers, Palamós, Gerona et Moncada.

Le 19 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et chaque Frère de la communauté devait trouver où se cacher. Josep trouva d’abord une cabane abandonnée : il y passa la nuit.

Le 21, il fut accueilli dans une famille amie, où il fut pris d’un très fort tremblement, qui se calma lentement. Il disait : Je ne demande pas de mourir. Mais si je dois mourir durant cette tourmente, je l’accepte, parce qu’ainsi je pourrai servir à la Cause de Dieu.

Le 25, il était en train de donner une leçon de français à un des enfants de la famille, quand huit miliciens arrivèrent le chercher. Il se rendit sans résistance.

On lui mit les menottes. Comme pour Jésus-Christ, la foule hurlait : A mort ! A mort !

On lui fit subir une parodie de jugement et on le condamna comme Religieux.

Le soir même de ce 25 juillet 1936, on le fusilla près du Besós. Il avait trente-trois ans.

Benet Josep fut béatifié en 2007.

 

 

Jerónimo Ochoa Urdangarín

1904-1936

 

Né le 28 février 1904 à Goñi (Navarre), il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu comme Frère.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina (Tolède).

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

Marià Binefa Alsinella

1906-1936

 

Né le 27 juin (et non le 24 septembre) 1906 à Anglesola (Lleida), il reçut le nom de Mariano sept jours plus tard au Baptême. En catalan, Mariano est tronqué en Marià. Ses parents, Ramón et Josefa, étaient de simples paysans, bons chrétiens.

Marià entra chez les Clarétains de Cervera en 1922 ; l’année suivante, il recevait l’habit et commençait le noviciat ; en 1924, il fit la profession comme frère convers.

Il fut successivement à Berga (1926) et Barcelone (1928).

En 1930, il traversa une crise de doute, de découragement, et quitta la maison pendant deux ans ; mais deux ans plus tard, il reprit courage, refit un noviciat à Vich et refit la profession en 1933.

Il fut alors envoyé à Sallent, comme cuisinier et chargé de diffuser la cause du bienheureux Fondateur, Antonio María Claret (v. 24 octobre). Effectivement, celui-ci devait être canonisé en 1934.

Le 20 juillet 1936, le comunauté dut se disperser et le frère Marià se réfugia chez des amis non loin de là, jusqu’au 24 suivant. Il priait et enseignait le catéchisme aux enfants.

A vingt-trois heures, vinrent plusieurs miliciens qui menacèrent le père de la famille en lui mettant le fusil à la tempe et le sommant de leur livrer le Frère. On l’emmena au Comité - qui s’était justement installé dans la maison des Clarétains - puis à la mairie, où Marià retrouva les deux pères Mercer et Payás et le frère Mur. Comme on l’a vu, tous quatre furent fusillés ce soir-là, 25 juillet 1936.

Béatifié en 2017, le bienheureux Marià Binefa Alsinella sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Pedro Largo Redondo

1907-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

Pedro était natif d’Alba de los Cardaños (Palencia), une localité qui envoya douze des siens chez les Passionistes.

Il naquit le 19 mai 1907, reçut le Baptême le 22 suivant, et la Confirmation en 1911.

Il fit ses études à Corella (Navarre) et fit la profession en 1923, avec le nom de Pedro du Cœur de Jésus.

Après cinq ans à Daimiel, il rejoignit Saragosse pour la théologie (1928-1932).

Il pensait partir avec ses Confrères pour les missions d’Amérique Latine, mais il devait d’abord faire le service militaire, à Melilla (1934-1935), où l’ambiance difficile ne lui fit pas perdre sa ferveur habituelle.

Toujours tranquille, méditatif, bon et discret, il revint à Saragosse, prit congé de Notre-Dame du Pilar et rejoignit Daimiel, où il s’occupa de la catéchèse.

Après la nuit du 21-22 juillet 1936, il prit le train avec Benito et Félix, à Malagón, pensant rejoindre Madrid. Mais ils furent arrêtés à Urda (Tolède), obligés de descendre et placés près du dépôt d’eau du chemin de fer.

C’est là qu’ils furent fusillés tous les trois, le 25 juillet 1936. Leurs cadavres furent retrouvés à Yébenes (Tolède).

Ils font partie des vingt-six Passionistes béatifiés en 1989.

 

 

Jaume Payás Fargas

1907-1936

 

Jaume (Jacques ; Jaume est la forme catalane pour Jaime) naquit le 14 août 1907 à Castelltersol (Barcelone), et fut baptisé trois jours plus tard. Il était le benjamin des sept enfants de José, un épicier, et Antonia. Deux des frères aînés de Jaume furent aussi prêtres clarétains.

Il entra dans cette Congrégation en 1919 au postulat de Vich, où il fit de brillantes Humanités ; c’est là qu’il se consacra particulièrement à la Sainte Vierge, en 1921. Puis il passa au noviciat à Cervera en 1923, prit l’habit et, en 1924, fit la profession.

La philosophie se fit à Cervera puis Solsona. Jaume fut reçu bachelier à Lleida. Pour la théologie, il fut à Solsona puis Cervera.

Il n’avait encore reçu que les ordres mineurs, qu’il manifessta au Sous-Directeur son plus vif désir d’aller en pays de mission, quelle qu’il fût, pour sauver les âmes.

Jaume put éviter le service militaire, car ils étaient sept frères dans la famille ; mais on lui demanda tout de même un «dédomagement financier», ce que n’exigeait pas la loi…

Son père mourut en 1930 et, en 1931, il reçut l’ordination sacerdotale à Solsona.

Une fois prêtre, il compléta ses études par celles de l’Ecole Normale de Barcelone, qu’il acheva en 1935. Cette année-là, il était dans la maison de Sallent.

Le p.Jaume était connu pour ses qualités intellectuelles surprenantes, pour ses dons en peinture aussi, pour son humilité et sa prudence dans la conversation.

Au moment de la révolution, en juillet 1936, le p.Jaume, avec le père supérieur, se réfugia dans une maison amie, où il cacha les objets précieux liturgiques (les calices, les ciboires, des ornements, des missels). Du 20 au 23 juillet, la suite des événements fut particulièrement agitée, car le p.Jaume dut changer plusieurs fois de cachette, fut même parfois refoulé par des gens qui avaient peur des représailles. Un jeune le retrouva même embourbé jusqu’à la ceinture près de la rivière Llobregat ; le p.Jaume mourait de soif à cause de la fièvre. Un élève du collège reconnut son professeur, et le père fut bientôt dénoncé et arrêté, dans l’après-midi du 23 juillet. On le mit dans une pièce de la mairie.

Son «gardien», un employé de la mairie, était en réalité un brave homme, qui lui trouva de quoi écrire à sa mère et porta la lettre à celle-ci. Ensuite, le même homme se montra touché par l’attitude noble du père Jaume. Il lui suggérait de «faire semblant» de renier son sacerdoce, sa foi. Jaume refusait. A la fin il lui dit : A Dieu, au ciel ! Et l’autre : Non, impossible, parce que je ne crois à rien de tout ça, on ne se reverra donc pas. Et Jaume : Alors, je prierai le Bon Dieu de te faire venir au Ciel.

Le 24, on lui proposa encore de renoncer à son sacerdoce et d’accepter un poste de maître ; sa réponse fut claire : Demain, jour de la fête de mon saint Patron, je serai au ciel.

Effectivement, le p.Jaume fut fusillé le 25 juillet 1936, jour de la fête de s.Jacques le Majeur, au cimetière de Sallent (Barcelone). Au moment d’être fusillé, il prit la parole : Je voudrais vous bénir avant de mourir, mais il reçut la décharge en levant le bras et ne put achever son geste.

Il a été béatifié en 2017.

Le nom du bienheureux Jaume Payás Fargas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

Miquel Baixeras Berenguer

1908-1936

 

Né le 14 février 1908 à Castellterçol (Barcelone), Miquel était le quatrième des dix enfants de Francisco, un tisserand, et Montserrat. Deux des frères de Miquel furent aussi clarétains (dont l’un martyr, déjà béatifié en 1992, v. 15 août) et une sœur fut carmélite.

Miquel entra en 1919 au postulat clarétain de Vich, en même temps que Jaume Payás, qui était du même pays que lui, et fit d’excellentes études. Il commença le noviciat en 1923 à Cervera, et fit la profession en 1924.

En même temps qu’il faisait la philosophie à Cervera puis Solsona, il prépara brillamment le baccalauréat civil et commença la théologie au séminaire de Solsona ; en 1928, il continuait la théologie à Cervera et fut reçu au doctorat en 1930.

On s’inquiétait déjà quand fut proclamée la Seconde République en avril 1931. Il écrivit à sa famille : Jusqu’à présent, on ne nous a pas fait de boutonnières dans le ventre, ni de trous dans la tête. Il reçut les ordres et fut ordonné prêtre à Solsona en juin, avec dispense d’âge de huit mois.

Au vu de ses brillantes études, il fut chargé d’enseigner à Gracia puis Solsona, mais il préférait nettement la prédication apostolique pour le salut des âmes, et fut envoyé à Lleida en 1935.

Quand le pays se souleva en juillet 1936, le p.Miquel fut mis en prison dès le 21 juillet avec ses Confrères Torres et Tamarit, dont il partagea le sort : au petit matin du 25 ils furent fusillés au champ de Mars et entassés dans la fosse aux martyrs.

Martyrisé le 25 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, Miquel Baixeras Berenguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Vicent Gallen Ibáñez

1908-1936

 

Vicent était né le 29 septembre 1908 à Vallat (Castelló, Espagne), mais la famille se transféra bien vite à Badalona.

Après avoir fréquenté le collège tenu par les Pères Carmes, il entra au noviciat et fit la profession, avec le nom de Vicent de la Croix.

En 1920, il fut envoyé aux Etats-Unis, où il termina ses études à l’Université Catholique de Washington et fut ordonné prêtre.

Après une courte période à Tucson (Arizona), il revint à Tarragona comme professeur.

Il avait une particulière attention dans le soin de la liturgie, et s’occupait avec grande attention des enfants et des pauvres. Il écrivit aussi quelques articles dans la revue de l’Ordre.

Lors de la guerre civile, il trouva à se réfugier avec le frère Joan Fort, mais ils furent arrêtés, et conduits sur la bateau-prison Rio Segre, d’où, peu de jours après, on les fit sortir pour les fusiller, le 25 juillet 1936.

Le père Vicent fut béatifié en 2013.

 

 

Jaume Balcells Grau

1908-1936

 

Né le 12 octobre 1908 à Valls (Tarragona, Espagne), il fut baptisé le 17 suivant.

Orphelin dès deux ans, il fut élevé par ses oncle et tante à Pla de Santa María.

En 1919, il entra au Petit séminaire des Carmes Déchaux de Palagrugell et au noviciat de Tarragona en 1923.

En 1924, il fit la profession, prenant le nom de Gabriel de l’Annonciation.

En 1929, il fut envoyé au Collège international de Rome pour y compléter ses études et y fut ordonné prêtre en 1932.

Il se «spécialisa» dans l’histoire de son Ordre, et dans la composition musicale.

Il fut nommé professeur au même Collège international, alla enseigner la philosophie en Israel pendant un an puis, de retour à Rome, fut diplômé à l’Ecole Vaticane de Bibliothèque, en même temps qu’il enseignait la patrologie, jusqu’en 1936.

En 1936, il vint dans sa Catalogne natale pour y passer des «vacances», mais c’est la persécution qui l’attendait.

Tandis qu’il s’apprêtait à fêter saint Elie chez des Carmélites de Tiana, tous les religieux durent se réfugier dans des maisons privées à partir du 20 juillet 1936.

Le 25 juillet 1936, des miliciens vinrent «enregistrer» le couvent, où se trouvaient le père Eduardo et le père Gabriel. Ces derniers furent arrêtés et conduits immédiatement à Montcada (Barcelone), où ils furent fusillés cette nuit-là même.

Il fut un des nombreux Martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 2007.

 

 

José Ricardo Diez Rodríguez

1909-1936

 

Né le 16 février 1909 à Camposalinas (León, Espagne).

Il entra comme Frère dans l’Ordre des Augustins Récollets, prenant le nom de José du Sacré-Cœur.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Motril (Granada).

Il fut un des sept Religieux augustiniens récollets, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1999.

 

Santos López Martinez

1910-1936

 

Né le 16 octobre 1910 à Viñambres de Vallduerna (León, Espagne), il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes : noviciat mineur (1926), noviciat (1927) : vêture, avec le nom de Mariano León.

 

Il commença son apostolat dès le scholasticat, pour remplacer un Frère malade (1930).

Il fut envoyé à Moncada, Palamós, Salt, de nouveau Moncada (1934).

Le 19 juillet 1936, Mariano dut se réfugier avec trois autres Frères chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans un champ de haricots blancs, lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

  • Tu caches quatre prêtres ici.
  • Erreur, ce sont des professeurs.
  • Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

  • N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Mariano fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Josep Más Pujolrás, Vicente Fernández Castrillo, Jesús Juan Otero).

 

 

Vicente Fernández Castrillo

1912-1936

 

Né le 31 août 1912 à Piedrahita de Muño (Burgos, Espagne), il fut baptisé le 7 septembre.

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il fit le noviciat mineur à Cambrils (1926), le noviciat à Fortianell (1929) et prit le nom de Vicente Justino.

Il enseigna d’abord au noviciat mineur (1931), puis à Josepets et Moncada (1934).

Le 19 juillet 1936, Vicente dut se réfugier avec d’autres frères (Josep, Mariano et Arnoldo) chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans une plantation voisine lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

  • Tu caches des prêtres ici.
  • Erreur, ce sont des professeurs.
  • Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

  • N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Vicente fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Josep Más Pujolrás, Santos López Martinez, Jesús Juan Otero).

 

 

Artur Tamarit Pinyol

1913-1936

 

Né le 2 août 1913 à Solerás (Lleida) et baptisé le 5 suivant, Artur était un des huit garçons de Pio, un coiffeur, et María ; il reçut la confirmation en 1917, selon la coutume du moment.

Les Catalans écrivent le nom de famille d’Artur : Pinyol ; les Espagnols : Piñol.

De ces huit garçons, quatre devinrent prêtres clarétains, dont Remigio et Arturo, qui furent martyrisés, et Alfredo et Pio qui moururent beaucoup plus tard (l’un au Mexique en 1987, l’autre à Barcelone en 2002).

Arturo fut postulant à Barbastro en 1923 ; il fut retardé un an par la maladie, et passa à Cervera en 1926 pour achever ses Humanités ; en 1928, il fut novice à Vich, reçut l’habit et, en 1929, fit la profession.

Il fit la philosophie à Solsona et, en 1931, la théologie à Cervera. Dispensé du service militaire à la suite d’une nouvelle loi, il reçut les ordres et fut ordonné prêtre en 1936 à Barbastro.

Artur fut ordonné alors qu’il n’avait pas vingt-trois ans ; une dispense d’âge fut nécessaire pour ce saint novice qui avait fait l’édification de tous. Une tristesse l’attendait cependant peu après : son bon papa mourait le 30 mai suivant.

Il fut envoyé à Lleida en juin 1936, où il arriva peu avant l’explosion de la révolution et de la persécution religieuse.

Il fut arrêté le 21 juillet en même temps que presque tous les membre de la communauté, qui s’étaient réfugiés chez Madame Puig. Ils furent incarcérés et se préparèrent ensemble au martyre, dans la prière commune.

Au matin du 25 juillet, on les amena au Champ de Mars où ils furent fusillés et ensevelis dans une fosse commune qu’on appela la fosse des martyrs.

Le frère d’Artur, Remigio, devait être à son tour martyrisé le 27 août suivant.

Ils furent béatifiés en 2017.

Le nom du bienheureux Artur Tamarit Pinyol sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 25 juillet.

 

 

Josep Más Pujolrás

1913-1936

 

Né le 13 août 1913 à Mieras (Girona, Espagne), il fut baptisé le 17.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes : noviciat mineur à Fortianell en 1926, vêture en 1929 avec le nom de Josep Benet.

Scholasticat à Cambrils, catéchèse à Horta (1932), Salt (1933), enfin Moncada (1934).

Le 19 juillet 1936, Josep dut se réfugier avec trois autres Frères chez Pedro Garau, dans sa maison de Mas Rampiño, proche de Moncada. Cet homme reçut d’ailleurs bien d’autres Religieux, qui ne se montraient jamais en compagnie de la famille, pour ne pas les compromettre.

Une première fois, les Frères purent se cacher dans un champ de haricots blancs, lors d’une inspection des miliciens, mais le 25 juillet, une quarantaine de miliciens réapparurent brusquement, encerclèrent la maison, arrêtèrent le patron :

- Tu caches quatre prêtres ici.

- Erreur, ce sont des professeurs.

- Pour nous, c’est tout comme. Amène-les !

Les Frères se présentèrent. Le «Chef» les rassura :

- N’ayez pas peur. On va vous conduire en France.

Trois voitures se présentèrent, mais qui les conduisirent au cimetière. Le soir, on entendit des coups de feu : les quatre Frères tombaient, martyrs, après avoir crié encore une fois Vive le Christ Roi !

C’était le 25 juillet 1936.

Ils furent pieusement ensevelis le lendemain. Plus tard, les corps furent exhumés, en 1940, reconnus par les gens de la famille qui les avaient hébergés.

Josep fut béatifié en 2007.

(Pour les trois autres Frères, voir les notices : Santos López Martinez, Vicente Fernández Castrillo, Jesús Juan Otero).

 

 

Eloy Francisco Felipe Delgado Pastor

1914-1936

 

Né le 10 décembre 1914 à Puebla de Alcocer (Badajoz, Espagne), il entra dans l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu comme Frère, avec le nom de Juan de la Croix.

Il fut martyrisé le 25 juillet 1936 à Talavera de la Reina (Tolède).

Il fut un des soixante et onze Religieux de l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu, martyrs de la persécution espagnole, béatifiés en 1992.

 

 

Félix Ugalde Irurzun

1915-1936

 

Voir aussi la notice Passionistes de Daimiel

 

Félix naquit à Mendigorria (Navarra) le 6 novembre 1915 et fut baptisé le 9 suivant. Il reçut la Confirmation en 1922, et l’Eucharistie en 1923.

Il avait un oncle passioniste, Costantino Ugalde (1881-1942), qui fut envoyé en mission au Mexique et à Cuba.

Il fut toujours reconnaissant à ses parents de l’excellente éducation chrétienne qu’il en reçut.

Après le collège de Saragosse, il revint un moment chez lui, comme tous les étudiants, et rejoignit vite le collège, demandant aux siens de prier beaucoup pour qu’il eût la sagesse d’être un bon religieux.

Tout heureux de vêtir l’habit passioniste, il entra au noviciat en 1932 et fit la profession à Corella en 1933, sous le nom de Félix des Cinq Plaies.

A partir de 1934, il était à Daimiel pour les études de philosophie. Cette année-là, en décembre, furent assassinés aux Asturies trois Passionistes ; commentant le fait, il écrivait alors : C’est une grâce de Dieu d’être martyr, de verser son sang pour le Christ.

Son amour pour la Sainte Vierge était remarquable. Son maître de novices disait de lui : C’était un plaisir de l’avoir au noviciat : si simple, si humble, si respectueux des Supérieurs.

Il fut fusillé à Urda, le 25 juillet 1936, et fut béatifié avec ses Confrères en 1989.

Mieczysława Kowalska

1902-1941

 

Elle naquit le 1er janvier 1902 à Varsovie, dans une famille athée.

Mais Mieczysława entendit tout de même l’appel de la Vérité, et reçut la Communion en 1915, la Confirmation en 1920.

C’est vers cette même année que son père et son frère partirent en Union Soviétique, tandis que Mieczysława restait en Pologne.

Elle s’impliqua dans des associations pieuses, et entendit bientôt l’appel à la consécration.

En 1923 elle entra chez les Religieuses de Przasnyszu, dites Pauvres Sœurs Capucines de Sainte-Claire, prenant le nom de Maria Teresa de l’Enfant-Jésus.

Un des buts de sa consécration, était de s’offrir pour la conversion de son père et de son frère.

Après les vœux temporaires (1924) et la profession perpétuelle (1926), elle vécut dans le monastère comme portière, sacristine, bibliothécaire, maîtresse des novices, et conseillère au conseil d’administration du monastère.

Discrète et bonne, toujours prête à rendre un service, elle vivait particulièrement la douleur de Jésus-Christ dans la Crucifixion. Elle avait écrit sur le crucifix de sa chambre : Chut ! Mon Jésus est mourant.

Le 2 avril 1941, toute la communauté fut arrêtée par la Gestapo, soit une quarantaine de Religieuses, toutes déportées au camp de concentration de Dzialdowo.

Là, dans des conditions hygiéniques déplorables, dormant sur la paille où grouillaient les vers, les Religieuses furent enfermées, entassées dans la même cellule 31.

Rongée par la tuberculose, Maria Teresa souffrait énormément, d’autant plus que la poussière de la paille l’empêchait de respirer. Elle offrit à Dieu sa vie pour le retour de ses Consœurs à Przasnysza…

Elle mourut le 25 juillet 1941. Or, deux semaines plus tard, le 7 août 1941, toutes les Religieuses étaient libérées et abandonnées à elles-mêmes, certaines rejoignant des familles, d’autres errant de-ci de-là, avant de pouvoir trouver une maison accueillante (parfois les propres maisons des Juifs arrêtés par les Allemands).

Mieczysława a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de l’époque nazie, en 1999.

 

 

Wenceslao Pedernera

1936-1976

 

Wenceslao Pedernera naquit à Los Jagüeles (La Calera, Argentine) le 28 septembre 1936, jour où l’on fête s.Wenceslas, dont il reçut le nom au baptême.

Ses études ne dépassèrent pas ce qui est pour nous le cours élémentaire, mais ce fut un travailleur, dans les vignobles d’un certain Gargantini, italien d’origine.

On le surnommait Wence ; en 1961, il rencontra Martha Ramona Cornejo, qu’il voudra épouser, mais pas à l’église, car il n’aimait pas ces prêtres qui ne savent rien dire aux grands propriétaires. Martha cependant, surnommée Coca, finit par l’emporter et le mariage fut célébré chrétiennement en 1962.

La vraie conversion de Wence se fit en réalité six ans plus tard, lors d’une mission populaire ; son cœur fut touché par la prédication de prêtres qui parlaient vraiment au nom de l’Evangile. Sa conviction fut telle qu’il organisa et dirigea un groupe de prière, qui s’appuyait directement sur l’enseignement du Christ. Coca rayonnait de joie. Naîtront bientôt trois filles, María Rosa, Susana et Estela.

Wence fut alors totalement conquis par les idées de Mgr Angelelli, l’évêque de La Rioja, où il désirait s’installer. Coca lui proposa d’abord de rester à Mendoza, mais en 1973, ils déménagèrent à Anguinan, puis à Sañogasta : là, ils firent partie d’une coopérative agricole, où le travail était nourri par la prière et par la lecture de l’évangile.

Avec les prêtres qu’il connaissait bien, il partageait un lopin de terre qu’il cultivait avec amour. Parmi ceux qui fréquentaient Wence, il y eut trois jeunes, qui devinrent prêtres par la suite.

Encouragé par l’évêque Mgr Enrique Angelelli (v. 4 août), Wence organisa le Mouvement Rural Catholique. Ce genre d’organisation syndicale allait à l’encontre des immenses latifundi, dont les grands propriétaires s’enrichissaient sur le dos de leurs ouvriers. Wenceslao fut lui aussi accusé de marxisme et menacé.

Le 25 juillet 1976, quatre hommes masqués firent irruption chez lui et, devant son épouse et ses filles terrorisées, dont l’aînée avait douze ans, le frappèrent de vingt balles. Huit jours plus tôt, avaient été assassinés les deux prêtres Gabriel Longueville et Carlos Murias (v. 18 juillet) ; Mgr Angelelli serait à son tour assassiné le 4 août.

Avant d’expirer à l’hôpital où le transporta son épouse, Wenceslao pardonna à ses assassins et pria Coca de ne pas garder de rancœur envers les assassins.

En 2019, Wenceslao Pedernera fut béatifié avec l’évêque et les deux prêtres martyrs, et inscrit au Martyrologe le 25 juillet.

 

 

Andrea Bordino

1922-1977

 

Andrea Bordino naquit  le 12 août 1922 dans une famille de vignerons à Castellinaldo (Cuneo). Il eut un frère, Risbaldo.

Plus enclin au sport qu’aux études, Andrea devint champion de ballon élastique, un sport très pratiqué dans sa région. Sa formation chrétienne se fera dans sa famille, dans sa paroisse et dans l’Action catholique.

À l’âge de vingt ans, Andrea et son frère furent recrutés dans l’artillerie alpine de la division de Cuneo, destinée au front russe. Andrea fut préposé au ravitaillement, dans l'enfer de glace que fut la campagne de Russie. Après la défaite, les deux frères furent faits prisonniers en janvier 1943. Pendant deux ans, ils subirent les horreurs des camps de Sibérie et de Mongolie.

Andrea s’occupa de ceux qui mouraient d’épidémie à l’infirmerie du camp 29/3 de Pactarol. C’est à cette époque que mûrit sa vocation religieuse.

Rentré chez lui à l'automne 1945, il frappa en 1946 à la porte de l’œuvre hospitalière Cottolengo de Turin et y devint frère Luigi della Consolata (ou Louis de N.Dame de la Consolation). Ses journées se passaient dans la prière et le service des malades. Selon les témoins, il incarnait la devise du fondateur Joseph-Benoît Cottolengo (v. 30 avril) : La charité du Christ nous presse (2Co 5:14). Envers les malades, il avait la même attitude de respect que devant l’Eucharistie.

Atteint cependant de leucémie en 1975, il passera les deux dernières années de sa vie dans de grandes souffrances, mais aussi dans une constante louange d’action de grâce.

Il mourut le 25 juillet 1977.

Andrea Bordino - Luigi de N.Dame de Consolation a été béatifié en 2015.

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