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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 23:00

26 JUILLET

 

I.

SS Anne et Joachim, parents de la Très Sainte Vierge Marie ; l'église dédiée à sainte Anne, à Jérusalem, serait construite sur les fondations de leur maison.

S Erastos, chrétien de Corinthe cité en Ro 16:23, peut-être même déjà un des soixante-douze disciples du Seigneur.

?

SS Symphronius, Olympius, Théodule et Exupérie, martyrs romains.

S Pasteur, mystérieux romain, peut-être martyr, peut-être à identifier avec Hermas ou Pimenius.

VI.

S Valens, évêque à Vérone.

Stes Pompaia (Koupaia) et Sève, mère et sœur de s.Tugdual ; Pompaia est patronne de Langoat.

VIII.

Ste Christine (Christiane), fille d'un roi anglais, vierge près de Termonde.

IX.

SS Bénigne et Charus, deux ermites près de Malcesine.

S Glisent, ancien soldat de Charlemagne, ermite près de Brescia, où il vivait avec une ourse et une brebis.

X.

S Turpion, évêque à Limoges.

XI.

B Gothalm, irlandais ou écossais mort près de Melk.

B Jore, évêque au Mont Sinaï, venu à Béthune où il mourut.

S Simeone, un arménien venu vivre en ermite près de Mantoue.

S Austindus, bénédictin et évêque à Auch, défenseur des libertés de l'Église contre les seigneurs d'Armagnac.

XIII.

SS Evangelista et Pellegrino, deux ermites de Saint-Augustin, prêtres à Vérone.

B Ugo de Actis, moine silvestrin à Sassoferrata.

XV.

Bse Camilla Gentili, martyre à San Severino, tuée par son mari impie.

XVI.

Bx John Ingram, prêtre, et George Swallowell, laïc, martyrs anglais, le premier à Gateshead, l’autre à Darlington.

Bx Edward Thwing et Robert Nutter, prêtres anglais martyrs, béatifiés en 1987. Robert se fit dominicain pendant la prison.

XVII.

B William Ward ou Webster, prêtre anglais martyr à Tyburn.

B André de Phu Yên, adolescent, catéchiste précoce, protomartyr du Vietnam ; béatifié en 2000, il n'est pas inclus dans la liste des cent dix-sept Saints martyrs du Vietnam fêtés le 24 novembre.

XVIII.

Bx Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort, missionnaire à Limoges, et Pierre-Joseph Le Groing de la Romagère, chanoine à Bourges, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

Bses Marie-Marguerite de Saint-Augustin Bonnet, Marie-Madeleine (Catherine de Jésus) de Justamont, Anne de Saint-Basile Cartier, Marie-Claire de Sainte-Rosalie du Bac, Elisabeth-Thérèse du Cœur de Jésus Consolin, ursulines guillotinées à Orange.

XIX.

Bse Bartolomea Capitanio, sainte femme de Lovere, co-fondatrice, avec Vincenta Gerosa, des Sœurs de Charité de Marie-Enfant.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1999 :

Augustins : à Motril, le prêtre Vicente Pinilla Ibáñez (*1870) ;

Diocésains : à Motril, Manuel Martín Sierra (*1892) ;

- béatifiés en 2007 :

Trinitaires : près de Jaén, le prêtre Santiago Altolaguirre Altolaguirre (Mariano de Saint-Joseph, *1857) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Antonio Jaume Secases (Jaume Berti, *1905) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à ou près de Tarragona, Josep Badía Minguella, Francesc Vidal Sanuy, Josep Masquef Ferrer, Josep Civit Timoneda, Aleix Miquel Rossell, Miquel Vilatimó Costa, Pau Roselló Borgueres, Pau Gili Pedrós  (*1863, 1867, 1872, 1874, 1882, 1888, 1895, 1912) ;

Bénédictins : près de Tarragona, le profès Josep María Jordá y Jordá (*1884), et près de Huesca le profès Vicente Burrel Enjuanes (*1896) ;

Mercédaires : près de Huesca, le prêtre Amancio Marín Mínguez (*1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : à Lleida et Barcelone, les prêtres Gumersindo Valtierra Alonso, Manuel Jové Bonet, Xavier Sorribas Dot  (*1874, 1895, 1909) ; les clercs Miguel Oscoz Arteta, Amadeu Amalrich Rasclosa (*1912), Pere Caball Juncà (*1913), José Elcano Liberal, Lluís Plana Rabugent, Teófilo Casajús Alduán (*1914), Senén López Cots, Lluís Hortós Tura, Josep Casdemont Vila, Vicente Vázquez Santos, Antonio Cerdá Cantavella (*1915), Amadeu Costa Prat, Onésimo Agorreta Zabaleta, Xavier Amargant Boada (*1916).

B Anno Sjoerd Brandsma (Titus, 1881-1942), grand carme hollandais, professeur à l'Université catholique de Nimègue, journaliste ardent, conduit à Dachau où on lui fit une injection mortelle, béatifié en 1985.

Bse Giuseppa Maria de Micheli (Maria Pierina, 1890-1945), italienne des Filles de l'Immaculée Conception, béatifiée en 2010.

S Ġorġ Preca (1880-1962), prêtre à Malte, fondateur de la Société de la Doctrine Chrétienne, béatifié en 2001 et canonisé en 2007.

 

 

 

Anne et Joachim

1er siècle

 

Dans l’Evangile, il est question de la généalogie de Joseph, père nourricier de Jésus, mais pas de celle de Marie. L’humilité de la Servante du Seigneur a couvert également la sainteté de ses parents, Anne et Joachim.

C’est que les Évangiles ne sont pas là pour nous faire des reportages historiques, mais pour nous présenter la Bonne Nouvelle apportée par le Verbe incarné. Anne et Joachim sont les heureux parents de Marie, et donc les grands-parents de Jésus, mais c’est la sainteté de Jésus surtout qui est retombée en grâces sur sa Mère et ses grands-Parents, comme le soleil qui communique sa lumière aux astres qui l’environnent.

Des écrits apocryphes très anciens, parmi lesquels le fameux Protévangile de Jacques, nous racontent des choses qui, sans être divinement inspirées, ont tout du vraisemblable et peuvent nous aider à admirer l’œuvre divine de la Rédemption, dans les derniers temps qui ont précédé la naissance de notre Sauveur.

D’après ce Protévangile, donc, le mariage d’Anne et Joachim était resté stérile ; ces pieux époux en étaient non seulement affligés, mais aussi méprisés par l’entourage juif. Cependant, après beaucoup de prières et de larmes, ils reçurent la visite d’un Ange qui leur annonça une prochaine naissance : ce fut Marie.

Reconnaissants, ils vinrent offrir leur petite fille au Temple dès qu’elle eut trois ans (c’est l’origine de la fête de la Présentation, le 21 novembre).

Le culte à sainte Anne et saint Joachim est tardif. Il commença en Orient et se développa en Occident à partir du XIIe siècle, en corrélation avec la dévotion à l’immaculée conception de Marie. Ce n’est qu’au XVIe siècle que la fête fut étendue à toute l’Eglise. Mais on séparait Anne de son époux Joachim : Anne fut fêtée le 26 juillet, et Joachim le 16 août, au lendemain de la fête de l’Assomption de Marie. Dans le calendrier réformé les saints époux sont maintenant réunis en une seule fête, le 26 juillet.

Les premiers sanctuaires en l’honneur de la mère de Marie furent élevés à Jérusalem, là où fut conçue la sainte Vierge immaculée, en Asie Mineure et en Grèce. En Occident, la dévotion envers sainte Anne se développa particulièrement en Silésie, en Rhénanie, en Provence (Apt), en Bretagne (Auray), dont sainte Anne a été proclamée patronne en 1914, au Canada (Beaupré). Ces trois derniers sanctuaires ont aussi été honorés par le couronnement des statues qui y sont vénérées.

Le pèlerinage d’Auray remonte aux apparitions de sainte Anne à Yves Nicolazic en 1626.

 

Pour terminer, voici une petite prière provençale en l’honneur de sainte Anne : 

 

Sainte Anne, mère de Notre Dame 

et mère-grand de Jésus-Christ,

Enseignez-moi le saint Paradis.

 

ou bien, en provençal : 

 

Santo Anno, mero de Nouestro Damo

Et mero grand de Jesus-Christ,

Enseignetz me lou sant Paradis.

 

 

Erastos

1er siècle

 

Le nom d’Erastos (Erastus, Eraste) apparaît trois fois dans l’Ecriture : deux fois sous la plume de saint Paul, une fois sous la plume de saint Luc, le compagnon de Paul : 

- aux Romains : Eraste, le trésorier de la ville, vous salue (Rm 16:23) ;

- dans les Actes des Apôtres : (Paul) envoya en Macédoine deux de ceux qui l’assistaient, Timothée et Eraste, et demeura lui-même quelque temps en Asie (Ac 19:22) ;

- à Timothée : Eraste est demeuré à Corinthe (2Tm 4:20).

 

Une première question : s’agit-il du même personnage ? D’après la tradition orientale et occidentale, on pourrait répondre par l’affirmative, tant il est vrai que, s’il s’agissait de plusieurs personnages, le texte le préciserait probablement. Eraste semble ici aussi connu que Timothée.

Il a pu être converti par saint Paul à Corinthe, accompagner son maître jusqu’à Ephèse, d’où il repartit pour la Macédoine.

Les Grecs ont cependant précisé qu’Eraste était un des soixante-douze disciples du Seigneur, qu’il serait passé à Corinthe avant de revenir à Jérusalem, où ses compétences furent mises à profit au service de l’Eglise naissante, avant de devenir évêque à Panéas (ancien site de Césarée de Philippe).

Les Latins, de leur côté, ont supposé que, puisque Paul avait envoyé Eraste en Macédoine, ce dernier y serait devenu évêque à Philippes, et même mort martyr.

Aussi prudemment que laconiquement, le Martyrologe dit qu’ Eraste, trésorier de Corinthe, avait rendu service à saint Paul.

Eraste est mentionné le 26 juillet.

 

 

 

Simeone de Polirone

† 1016

 

Simeone aurait été originaire d’Arménie, d’où le nom qu’on lui donne parfois de Siméon l’Arménien.

Suivant l’appel de Dieu, il aurait abandonné toute sa famille (et même son épouse ?) pour devenir un moine de l’Ordre de Saint-Basile, et un ermite.

Après avoir visité les Lieux Saints de Palestine, il vint à Rome (vers 983), où on le prit pour un hérétique. Examiné par le pape, il fut jugé orthodoxe.

Avant ou après son passage à Rome, il fit encore de longs pèlerinages à Tours au tombeau de saint Martin, à Compostelle au tombeau de saint Jacques, puis vint s’établir en Lombardie, au tout récent monastère bénédictin de Polirone, près de Mantoue.

Tout ce mouvement ne dit pas grand-chose sur l’extraordinaire sainteté de Simeone ; il aurait fait beaucoup de miracles, dès son vivant et après sa mort, qui advint le 26 juillet 1016.

Quand on demanda au pape d’élever une église en son honneur, la réponse servit de «canonisation» ; elle disait : S’il fait des miracles éclatants, bâtissez l’église pour l’y placer… Traitez-le comme saint.»

De la célèbre abbaye à San-Benedetto Po, il reste d’amples bâtiments, mais hélas pas de communauté.

 

 

Austindus d’Auch

1000-1068

 

Austindus était un Bordelais, né ves 1000.

Il entra au monastère bénédictin de Saint-Orens à Auch, où il devint abbé.

Le diocèse d’Auch traversait une pénible période, l’évêque étant simoniaque ; il fut déposé. En 1050, c’est Austindus qui devint alors le soixante-deuxième titulaire d’Auch. Plus précisément, Auch avait été un siège épiscopal jusqu’en 878 (cinquante-et-un évêques) et archiépiscopal depuis 879. Austindus était donc le onzième archevêque.

Son premier acte fut la consécration de l’église de Saint-Mont.

Il y avait deux prieurés dans le diocèse, Saint-Orens où il avait été moine et abbé, et Saint-Mons : il les affilia à Cluny, à l’époque de saint Hugues (v. 29 avril).

En 1054, il fut un des co-consécrateurs de l’église de Maguelonne ; en 1055, il fonda Nogaro, siège de plusieurs conciles, dont un dès 1056 et un autre en 1061. 

Toujours à Nogaro, fut construite en 1061 l’église Saint-Nicolas, une splendeur romane, classée aux Monuments historiques. L’église paroissiale de Nogaro fut profanée, pillée, abattue par les bandes protestantes en 1569.

Austindus voulut reconstruire et embellir la cathédrale. Il eut l’idée géniale de faire édifier le sanctuaire ainsi qu’une maison pour les chanoines, avec un cloître entre les deux. Ces travaux commencèrent en 1064.

La présence d’Austindus fut bénéfique également pour les évêchés avoisinants. En effet, un véritable usurpateur, nommé Raymond le Vieux, avait réussi la belle prouesse de cumuler six évêchés gascons ; Austindus obtint de Rome de le déposer et fit nommer des évêques pour les six sièges (1059).

Vers 1060, Austindus présida un concile à Jaca (Espagne : la ville dépendait d’Auch), sur la question des Chrétiens et des Arabes, et un autre à Saint-Sever (1061) au sujet des monastères bénédictins.

L’évêque dut affronter aussi les seigneurs d’Armagnac, qui avaient la dent dure : Austindus dut même se réfugier deux ans à Reims, pendant que la noblersse était frappée d’excommunication et le diocèse d’interdit. Il ne revint à Auch qu’en 1068.

Cette même année, il tint encore un concile dont, malheureusement, nous n’avons pas les actes.

Austindus mourut en 1068, et fut honoré officiellement à partir de 1350 environ.

Saint  Austindus d’Auch est commémoré le 26 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evangelista et Pellegrino

13e siècle

 

Evangelista et Pellegrino furent deux ermites de Saint-Augustin qui vivaient à Vérone (Italie N) au 13e siècle.

On sait qu’ils étaient prêtres.

On ignore si ces noms étaient leurs noms de baptême, ou de religion, ou des surnoms qu’ils se méritèrent pour leurs activités, l’un en prêchant assidûment la Bonne Nouvelle (l’Evangile), l’autre en se déplaçant beaucoup d’un endroit à l’autre (ou en fréquentant beaucoup de lieux de «pèlerinages»).

Leur sainte vie et les miracles engendrèrent un culte qui fut reconnu en 1837. 

Ils sont fêtés le 26 juillet et commémorés en ce jour dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ugo de Actis

† 1270

 

Ugo de Actis ( ou degli Atti) était né à Serra San Quirico (Marches, Italie CE).

Il entra au monastère des Silvestrins de Sassoferrato, fondés par saint Silvestre (v. 26 novembre), qui l’accueillit personnellement (et dont le successeur devait être Giuseppe, le frère d’Ugo).

Il fit la profession en 1248.

Ugo se donna autant aux œuvres de miséricorde qu’à la prédication et mourut un 26 juillet, vers 1270, à Sassoferrato, dont il est le céleste patron.

Son culte fut approuvé en 1756 et l’on a inséré son nom dans le récent Martyrologe au 26 juillet.

 

 

Camilla Gentili

† 1486

 

Camilla était la fille de Luca Gentili, seigneur de Rovellone, et de Brandina Grassi. Elle était née à San Severino Marche.

Cette femme douce et pieuse fut donnée en mariage à un homme brutal, Battista Santucci, qui haïssait la famille Grassi, et donc sa belle-mère, autant d’ailleurs que sa propre épouse. On avait espéré le calmer par cette union, mais les espérances furent totalement déçues.

En 1482, il en vint à assassiner un membre de la famille Grassi ; il n’eut la vie sauve que sur l’intervention personnelle de son épouse Camilla, qui priait avec ferveur pour la conversion de son mari.

Libéré, l’homme conserva sa rancune personnelle contre sa belle-famille, et en vint à interdire à Camilla de rencontrer sa mère Brandina.

Camilla savait obéir, mais ne put s’empêcher d’aller chercher quelque consolation auprès de sa mère. Lorsque Battista s’en aperçut, il simula un moment de tendresse et invita Camilla à une petite promenade non loin de là, dans une de ses propriétés à Uvaiolo. Evidemment, Camilla était tout heureuse de le suivre et de passer un moment de paix avec son mari.

Arrivés à l’endroit, Battista sortit un poignard et frappa mortellement Camilla à la gorge et à la poitrine. La malheureuse martyre s’écroula en pardonnant à son mari. Celui-ci tenta de s’enfuir, mais se trouva comme paralysé sur place.

La population de San Severino apprit les faits avec profonde stupeur. On ne sait si Battista se repentit, ni par quel jugement il fut condamné.

C’était le 26 juillet 1486. 

On recourut à l’intercession de Camille, des grâces furent obtenues et un culte populaire s’instaura, qui fut confirmé en 1841.

 

 

George Swallowell

1564-1594

 

George Swallowell (ou Swalwell) serait né en 1564 à Darlington (Angleterre).

On dit qu’il entra dans la cléricature (anglicane) à Trimdon en 1575 et qu’il fut ordonné prêtre en 1577. Mais si ces dates sont correctes, il faut probablement anticiper la naissance de ce prêtre (ou retarder son ordination) de quelques années.

Nommé curé à Trimdon, il fut ensuite transféré à Houghton-le-Spring.

En 1590, il rendit visite à un prisonnier catholique à Durham. Les entretiens qu’il eut avec ce dernier l’amenèrent à se convertir au catholicisme. Sa conviction fut telle qu’il proclama sans tarder au pupître de son église qu’il avait été jusque là dans l’erreur et sortit de l’église à l’instant même.

Arrêté, jeté en prison à Durham, il passa en jugement un an plus tard, mais fut relâché. Ensuite, les autorités voulurent s’en prendre de nouveau à lui : on chercha un témoin de sa déclaration dans l’église, mais on ne trouva qu’un certain Finch, qui avait entendu un témoin parler des faits ; on s’en contenta pour accuser George de trahison et le condamner à mort, le 23 juillet.

Avec lui, se trouvaient deux prêtres accusés, dont John Boste. A l’énoncé de la sentence, George fut pris de panique et renia sa foi catholique, promettant au juge qu’il ferait tout ce qu’il lui dirait, pour rester en vie : le père Boste alors le fixa dans les yeux et lui demanda : George, qu’as-tu fait ? Le pauvre renégat se ressaisit sur place et se déclara catholique. Le juge ordonna alors qu’il fût pendu, éviscéré et écartelé à Darlington.

Le jour de l’exécution, on lui fit parcourir quelque trois kilomètres à pied depuis la prison, puis on le conduisit dans une charrette, où il demeura les yeux et les mains levés vers le ciel, jusqu’à Bakehouse Hill, où était installée la potence.

George Swallowell mourut en martyr à Darlington, le 26 juillet 1594. Dans cette localité, il fut le dernier condamné à mort. En réalité, George fit vraiment tout ce qu’avait dit le juge, et fut ainsi assuré de rester dans la Vie éternelle.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

John Ingram

1565-1594

 

John naquit en 1565 à Stoke Edith (Herefordshire, Angleterre).

Il était vraisemblablement le fils d’Anthony Ingram de Wolford et Dorothy Hungerford.

Après ses études en Worcestershire, il partit au Collège anglais de Reims, puis au collège des Jésuites à Pont-à-Mousson, enfin au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné prêtre en 1589.

En 1592 il vint en Ecosse.

En 1593, il fut arrêté sur le Tyne et mis en prison : de Berwick on le passa à Durgam, puis York, pour finir à la Tower de Londres. On lui fit subir des tortures horribles, qu’il supporta avec grande constance.

Il eut la force de composer vingt épigrammes en latin, qu’on a conservées.

Puis on le renvoya à York, Newcastle, Durgam. Dans cette dernière localité, il fut jugé en compagnie de deux autres prêtres, John Boste et George Swalwell, ce dernier étant un ministre anglican converti. Déclaré coupable d’avoir séjourné comme prêtre en Angleterre, et taxé de haute trahison pour avoir été ordonné prêtre, il fut condamné à mort.

On dit qu’une personne écossaise aurait offert au gouvernement anglais mille couronnes en échange de sa vie.

John Ingram mourut en martyr à Newcastle-on-Tyne (Tyne and Wear), le 26 juillet 1594.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Robert Nutter

1550-1600

 

Né à Burnley (Lancashire) vers 1550, Robert Nutter étudia au Collège Brasenose (Oxford) en 1564 (ou 1565) et, avec son frère, futur martyr lui aussi, vint au Collège anglais de Reims.

Il reçut le sacerdoce à Soissons en 1581.

De retour en Angleterre, il fut arrêté avec son frère et envoyé à la Tour de Londres, en février 1584.

Il y resta quarante-sept jours, supportant les fers pendant quarante-trois jours, et subit deux fois la torture de Scavenger’s Daughter : cette horreur consistait à étendre la victime sur un chevalet métallique en forme de A, la tête attachée à la pointe supérieure du A, les mains au milieu, et les pieds aux extrémités inférieures ; faisant incliner la tête vers le bas, tandis qu’on forçait les genoux à se relever comme dans la position assise, on comprimait ainsi le corps du condamné jusqu’à faire sortir le sang par le nez et les oreilles. C’était l’opposé de l’autre supplice du chevalet, consistant à écarteler complètement le corps de la victime.

Ce supplice est, dit-on, «rarement mentionné» ; il fut appliqué à deux prêtres, Thomas Cottam et à notre Robert Nutter.

On fit ensuite assister Robert à l’exécution de son frère aîné, avant de le relâcher : on espérait par là, en le surveillant, arriver à d’autres repaires de Catholiques.

Curieusement, on l’arrêta et on le fit passer en France en janvier 1585 avec vingt autres prêtres et un laïc, sur le bateau Mary Martin de Colchester.

Abordant à Boulogne-sur-Mer le 2 février, il partit à Rome en juillet, et fut le guide de prêtres nouvellement ordonnés pour repartir en Angleterre.

A l’arrivée à Gravesend, Nutter se fit passer pour Rowley, mais on le reconnut : le 30 novembre 1585 il se retrouvait à la Newgate Prison de Londres, d’où il fut conduit en 1587 à la Marshalsea Prison, et enfin au Wisbech Castle (Cambridge) en 1590.

C’est durant ces années de prison que Robert se joignit à l’Ordre dominicain.

La prison dura : en 1597, il signe une pétition au père Henry Garnet, pour obtenir un supérieur des Jésuites en Angleterre ; en 1598, avec Edward Thwing et d’autres, il signe une autre pétition au Pape, pour instituer un archiprêtré en Angleterre.

Là-dessus, en mars 1600, la porte étant restée ouverte par inadvertance, Robert et Edward en profitèrent pour s’échapper, ainsi que leurs autres compagnons. Certains ne furent jamais repris ; mais ceux qui étaient allés vers le sud furent retrouvés et arrêtés en mai : Nutter fut envoyé à Lancaster, où il fut exécuté avec son ami Edward le 26 juillet 1600.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

Edward Thwing

1565-1600

 

Né dans le Yorkshire vers 1565, Edward Thwing (Thweng) vint à Reims durant l’été 1583 pour commencer les études en vue du sacerdoce.

Peu après, il entra au noviciat des Pères jésuites de Pont-à-Mousson, mais on le voit retourner au Collège anglais de Reims deux ans après.

Après un voyage à Rome, il reçut le sacerdoce à Laon en 1590.

Il s’était particulièrement signalé pour sa maturité en logique et en rhétorique, en grec et en hébreux.

Ses premières années sacerdotales furent troublées par un pénible ulcère au genou. Enfin, en 1597, il s’embarqua pour l’Angleterre ; il fut arrêté dès son arrivée, avec d’ailleurs un autre prêtre, Robert Nutter.

Tous deux réussirent à s’échapper en mars 1600 et à échapper aux recherches pendant deux mois.

On les retrouva et on les arrêta en mai 1600 ; les choses allèrent vite : tous deux furent jugés, condamnés, et exécutés le 26 juillet 1600 à Lancaster.

Ils furent béatifiés en 1987.

 

 

William Ward

1560-1641

 

William était né vers 1560 à Thornby (Westmoreland, Angleterre).

On ne connaît pas de détails sur sa vie jusqu’en 1604, date à laquelle il vint à Douai pour se préparer au sacerdoce.

En décembre 1605, il reçut les premiers Ordres, en 1607 le sous-diaconat, le diaconat et le sacerdoce au printemps de 1608.

En octobre, il partait pour l’Angleterre, mais fut dirigé vers les côtes d’Ecosse, où il fut arrêté et mis en prison pour trois ans.

Libéré, il vint en Angleterre, où il exerça ses fonctions sacerdotales pendant trente ans, dont une vingtaine… en prison, car il fut arrêté plusieurs fois. Il débordait de zèle et d’ardeur, il était particulièrement disponible pour entendre les confessions. Sévère, strict, il l’était d’abord pour lui-même, et beaucoup de gens s’attachèrent à lui. Extrêmement discret dans ses nombreuses activités charitables, il fut même taxé d’avarice.

Un édit du parlement anglais du 7 avril 1641 ayant banni tous les prêtres sous peine de mort, il refusa de partir et, le 15 juillet, fut arrêté chez son neveu. Six jours plus tard, il fut jugé à Old Bailey et condamné le 23 juillet.

William Ward mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 26 juillet 1641, fête de sainte Anne, pour laquelle il avait une particulière dévotion.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

André de Phú Yen

1625-1644

 

André est le dernier des enfants d’une jeune femme vietnamienne, Jeanne. Le papa meurt très vite après la naissance. C’est tout ce qu’on saura de l’enfance du garçon.

André naît à Phú Yên dans la province de Ran-Ran, en 1625 ou 1626 ; quand il est baptisé avec sa mère en 1641, il doit avoir une quinzaine d’années. Faible de constitution, il est très intelligent et naturellement bon.

En 1642, André est admis dans l’entourage du père Alexandre de Rhodes et, après une année d’études et de formation culturelle, fait partie du groupe de catéchistes ou “Maison Dieu” : là ils s’engageaient à servir l’Eglise en secondant le travail apostolique des prêtres. André vit intensément cet engagement.

En 1644, le roi d’Annam s’oppose à l’expansion du christianisme ; le gouverneur de la province, Ông Nghè Bô veut s’en prendre aux catéchistes et informe le père Alexandre qu’il ait à cesser toute activité en Cochinchine (qui dépend du royaume annamite) et à rentrer au plus vite à Macao, une zone portugaise. Mais le père Alexandre ne veut pas céder.

Tandis qu’il va rendre visite à un vieux catéchiste de soixante-treize ans arrêté deux jours plus tôt, qui s’appelle aussi André, des soldats viennent arrêter le jeune André dans la résidence et le conduisent au gouverneur, sous les coups de bâton.

Aux avances de ce dernier, André répond qu’il n’est pas disposé à abandonner la nouvelle loi qu’il professe, quelles que soient les conséquences, y compris souffrances et tortures.

André est chargé au cou de la “croix de Cochinchine”, un douloureux instrument de torture, et conduit en prison.

Là, il réconforte ses visiteurs, affirmant avec joie qu’il va souffrir pour le Christ et demandant la grâce d’être fidèle et reconnaissant jusqu’à la fin, pour répondre à tant d’amour de Dieu pour les hommes en donnant lui-même sa vie.

Au matin du 26 juillet 1644, on mène les deux André catéchistes en parade à travers le marché de Kè Chàm, toujours chargés de la croix au cou. Ils sont condamnés à mort, mais sur l’intervention du père de Rhodes, on épargne le vieux catéchiste en raison de son âge.

Vers dix-sept heures, André est conduit au lieu de l’exécution, escorté d’une trentaine de soldats, toujours en traversant la ville pour faire exemple. C’est tout un cortège d’amis chrétiens et païens, portugais et vietnamiens, le père de Rhodes en tête, qui accompagne le jeune martyr. André les exhorte à ne pas s’attrister, à rester fermes dans la foi.

Le père de Rhodes demande que, conformément à l’habitude, on étende une natte sous les genoux du supplicié, mais André préfère que son sang tombe à terre comme celui du Christ.

André est d’abord transpercé de lances, puis décapité. Juste avant le coup fatal, il crie d’une voix forte : Jésus.

André de Phú Yên est béatifié en 2000 ; considéré comme le protomartyr du Vietnam, il est proclamé patron de la jeunesse de ce pays. Il est commémoré le 26 juillet dans le Martyrologe.

 

 

Marie-Marguerite Bonnet

1719-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 18 juin 1719 à Sérignan (Vaucluse), elle entra chez les Sacramentines, avec le nom de Sœur Saint-Augustin (du Saint-Sacrement).

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Madeleine de Justamont

1724-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 6 septembre 1724 à Bollène (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Catherine de Jésus.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, comme ses trois nièces Marguerite-Eléonore (12 juillet), Dorothée-Madeleine et Madeleine Françoise (16 juillet).

Toutes quatre furent béatifiées en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marie-Claire du Bac

1727-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 9 janvier 1727 à Laudun (Gard), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Claire de Sainte-Rosalie.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Anne Cartier

1733-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 19 novembre 1733 à Livron (Drôme), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur Saint-Basile.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Elisabeth-Thérèse de Consolin

1736-1794

 

Voir la notice générale Orange (Martyres d’) 1794

 

Née le 9 juin 1736 à Courthézon (Vaucluse), elle entra chez les Ursulines, avec le nom de Sœur du Cœur de Jésus.

Elle fut élue Supérieure du monastère de Sisteron.

A cause de sa fermeté, elle se mérita la qualificatif de fanatique obstinée.

Elle fut condamnée le 26 juillet.

Martyrisée à Orange ce même 26 juillet 1794, elle fut béatifiée en 1925, en même temps qu’une trentaine d’autres Religieuses, la plupart Sacramentines ou Ursulines, et deux Bernardines.

 

 

Marcel-Gaucher Labiche de Reignefort

1751-1794

 

Prêtre du diocèse de Limoges, où il était né le 3 novembre 1751.

Arrêté dans la vague anticléricale de la Révolution, il se retrouva à bord du Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où presque tous ces prêtres moururent des conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient entassés.

Il mourut ainsi le 26 juillet 1794 et fut béatifié avec ses Confrères en 1995.

 

 

Pierre-Joseph Le Groing de la Romagère

1752-1794

 

Né à Saint-Sauvier (Allier) le 28 juin 1752, veille de la fête de saint Pierre, il en reçut le nom au Baptême.

Prêtre du diocèse de Bourges.

Arrêté dans la vague anticléricale de la Révolution, il se retrouva à bord du Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où presque tous ces prêtres moururent des conditions inhumaines dans lesquelles ils étaient entassés.

Il mourut ainsi le 26 juillet 1794 et fut béatifié avec ses Confrères en 1995.

 

 

Bartolomea Capitanio

1807-1833

 

Comme Caterina Vincenza Gerosi (voir au 20 juin), Bartolomea naquit à Lovere (Bergame, Lombardie, Italie nord), le 13 janvier 1807, aînée des deux filles de Modesto et Caterina Canossi ; l’autre fille s’appela Camilla.

C’était une fille pleine d’idées innovatrices et décidée ; lors d’un jeu à la courte-paille où elle avait tiré la paille la plus longue, elle déclara sans ambages : Je veux être sainte, une grande sainte, et une sainte très vite.

Après l’école primaire, elle fréquenta les Clarisses et obtint son diplôme d’institutrice en 1822.

Elle fut institutrice pendant deux ans, mais revint chez ses parents et continua de faire l’école à des enfants pauvres, mais gratuitement, chez elle. Son curé l’encourageait.

Bartolomea avait le souci de remettre en honneur la religion, et mit sur pied une petite association de pieuses femmes. C’est à ce moment qu’elle rencontra  Caterina Gerosa et qu’elles collaborèrent dans un petit hôpital à Lovere.

Mais Bartolomea avait un projet bien plus important, qu’elle confia à Caterina : fonder une véritable congrégation religieuse, dont la mission serait d’assumer toutes les œuvres de miséricorde : école, orphelinat, hôpital, etc. Elle en rédigea la Règle.

Après les habituelles difficultés que rencontrent toutes les nouvelles familles religieuses, particulièrement quand elles sont proposées par une jeune femme comme Bartolomea, les deux amies purent acquérir une vieille maison et l’institut fut érigé en novembre 1932. Immédiatement elles y ouvrirent une petite école gratuite, un orphelinat. 

L’année suivante, elles furent reconnues par le gouvernement autrichien en juin 1933, mais Bartolomea mourut le 26 juillet, de tuberculose. Elle n’avait que vingt-six ans. Caterina prendra courageusement en mains ces premiers efforts et portera l’institut des Sœurs de Marie Enfant à l’accomplissement de sa mission.

Bartolomea et Caterina furent béatifiées en 1926, et canonisées en 1950.

 

 

Santiago Altolaguirre Altolaguirre

1857-1936

 

Né à Yurre (Álava, Espagne) le 30 décembre 1857, Santiago entra dans l’Ordre des Trinitaires et prononça ses vœux en 1875, prenant le nom de Mariano de Saint-Joseph.

Il fut ordonné prêtre en 1880.

Il fut supérieur dans diverses maisons de l’Ordre, avant de devenir supérieur général.

En 1936, il était au sanctuaire de Notre-Dame de Fuensanta, près de Villanueva del Arzobispo.  Le père Santiago passait ses vieux jours dans la méditation, dans la prière, et il confessait.

Le 22 juillet, quand la révolution s’était déchaînée, ce vieux prêtre octogénaire fut arrêté et cruellement torturé.

Pour commencer, on lui attacha les poignets, en lui imposant une position de prière à genoux, tandis qu’on lui donnait des coups de poing et qu’on le frappait avec la crosse des fusils, le rouant de coups sans pitié.

Ensuite, ils arrachèrent du sol de l’église des pointes de bois qu’ils lui piquèrent sous les ongles des doigts de la main droite ; le pauvre prêtre cria plusieurs fois Non, pour l’amour de Dieu !

Puis, toujours avec cette corde, ils l’attachèrent par le cou, et passant la corde par-dessus la grille qui fermait le chœur, ils le tirèrent en l’air et le firent retomber à terre, plusieurs fois de suite. Puis ils le traînèrent par les nefs de l’église.

Ensuite ils le firent monter aux chambres du couvent, où ils l’attachèrent de nouveau en position agenouillée sur des morceaux de bois ; ils lui retirèrent les chaussures et le frappèrent sur la plante des pieds avec des planches du parquet de chœur, qu’on avait démonté précédemment

Enfin on conduisit le vénérable prêtre aux écoles, transformées en prison, et là on le fusilla.

C’était le 26 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Josep Badia Minguella

1863-1936

 

Josep était natif de Salomó (Tarragona), le 18 septembre 1863. On fêtait ce jour-là saint Joseph de Cupertino.

Il fut baptisé deux jours après, et confirmé en 1877.

Ordonné prêtre en 1889, il fut à San Pedro de Reus (Tarragona).

Prêtre exemplaire, cherchant la perfection, il donnait tout ce qu’il avait ; il ne permettait jamais la moindre critique du prochain.

Dès les années 20, il parlait du martyre, et s’y préparait. Peu avant les événements de juillet 1936, il organisa un Chemin de Croix, durant lequel il appelait les fidèles à la pénitence.

Au matin du 26 juillet, il sortit de sa chambre beaucoup plus tard que d’habitude. Il dit à la maîtresse de maison : La Sainte Vierge m’a inspiré un grand courage. Je suis persuadé qu’il ne m’arrivera rien de mal.

Il commença à prier le chapelet. Au moment des mystères douloureux, cinq miliciens entrèrent pour fouiller. Ils cherchaient le prêtre, qui répondit : C’est moi ! On se rappelle Notre-Seigneur à Gethsémani (Jn 18:5).

Un des miliciens lui demanda : Du moment que tu es prêtre, pourquoi es-tu habillé en civil ? - C’est contre ma volonté, les circonstances m’y obligent, répondit le prêtre. Ils reprirent : On t’arrête ! et ils l’emmenèrent.

Parvenus au chemin du Molinet, devant l’usine de gaz de Reus, ils lui dirent de se mettre la face contre le mur. Il leur obéissait, mais il voulut d’abord les regarder en face et leur dit : Je vous pardonne. Vous m’envoyez au ciel. Il les bénit et ajouta : Tirez ! Vive le Christ Roi !

Il mourut sur place. On l’inhuma dans le cimetière de Reus. C’était le 26 juillet 1936.

Plus tard, un des assassins, à son tour moribond, raconta qu’il voyait constamment la main de don José en train de le bénir.

Don José a été béatifié en 2013.

 

 

Francesc Vidal Sanuy

1867-1936

 

Il naquit le 7 septembre 1867 à Montpalau (Segarra, Espagne), de Jaime et Teresa, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1877.

En 1880, il entra au Petit séminaire de Tarragona.

Terminées ses études de philosophie et de théologie, il fut ordonné prêtre en 1895.

Il fut nommé successivement aux paroisses de la Sainte-Trinité et de Saint-François, à Tarragona. Ce fut un prêtre droit, zélé, proche des pauvres.

Lors de la révolte de 1936, il s’installa dans un petit appartement ; au risque de sa vie, il alla prendre le Saint-Sacrement de l’église pour éviter une profanation possible, et pour donner la communion aux Religieuses qui étaient proches de chez lui.

Après beaucoup d’hésitation, il s’habilla en civil. Mais il priait le bréviaire avec ferveur et, avant de dîner, priait le chapelet avec tous ceux de l’étage.

Le 26 juillet 1936, un groupe de miliciens se présenta, pour chercher le curé. Don Francesc demanda : Et où allons-nous ? - Au commissariat, pour être enregistré.

Il les suivit sans rien dire. Il fut assassiné ce jour-là, avec don Gili. A l’autopsie, on vit qu’il avait reçu deux balles dans la nuque, qui étaient ressorties par le visage.

Ces deux prêtres furent béatifiés en 2013.

 

 

Vicente Pinilla Ibánez

1872-1936

 

Né à Calatayud (Tarazona, Espagne) le 9 avril 1872, Vicente entra chez les Augustins Récollets et fit la profession religieuse en 1886, prenant le nom de Vicente de Saint-Louis-de-Gonzague.

Après les études nécessaires, il fut ordonné prêtre en 1893.

Sa première destination fut les Philippines, où il exerça avec zèle le saint ministère, mais fut arrêté en 1898 par des insurgés, jusqu’en 1900.

De retour en Espagne, il fut cette fois envoyé au Brésil, où il travailla jusqu’en 1927.

Revenu sur le sol espagnol, il recouvrit quelques charges importantes, dont celle de supérieur du couvent de Motril, jusqu’en 1933, date à laquelle il resta simple membre de sa communauté.

C’est à Motril, en même temps que Manuel Martín Sierra, qu’il reçut la palme du martyre le 26 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Josep Masquef Ferrer

1872-1936

 

Il était né le 11 mai 1872 à Tarragona, de Antoni et Isabel.

En 1897, il fut ordonné prêtre.

Vicaire à L’Aleixar (Baix Camp), il suscita sept vocations religieuses.

Ce bon prêtre recevait chaque jour deux pauvres à sa table.

Très heureux d’être prêtre, il exprima plusieurs fois sa ferme volonté de ne jamais renier son état sacerdotal, même pour chanter la messe quelques jours de plus. 

Le 26 juillet 1936, la révolution faisait déjà son œuvre destructrice. On vint à sa porte à sept heures du soir. Il se présenta lui-même : C’est moi. Que s’accomplisse la volonté de Dieu !

On l’emmena avec un camion sur la route de Valls, où on l’assassinat d’une balle dans la tête, ainsi que l’autre prêtre, Antoni Perere.

C’était le 26 juillet 1936. 

Don Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Josep Civit Timoneda

1874-1936

 

Josep était né le 21 décembre 1874 à Omells de na Gaia (Urgell), de Josep et Cecilia, et fut baptisé deux jours après.

Après ses études aux Petit et Grand séminaire, il fut ordonné prêtre en 1899.

Il fut successivement à Rocafort de Nalec, Reus et Sarral.

Bon prêtre, il était connu pour sa discrétion, sa prudence. Il passait beaucoup de temps au confessionnal.

Lors de la révolution de 1936, l’abbé Civit Timoneda allait célébrer la Messe chez les Sœurs des Pauvres à Reus. Il y allait toujours en soutane, et sa gouvernante le priait sans cesse de ne pas la porter, par prudence envers les marxistes qui rôdaient de tous côtés.

Le 26 juillet, vers treize heures, on vint le prendre. Il portait sa soutane et son manteau (on l’appelait en français «douillette»). On le conduisit sur la route de Reus, au milieu des insultes les plus grossières.

A la route de Valls (Rambla de Miró), on le fit mettre à genoux et on le fusilla.

C’est ainsi, avec sa soutane, que l’abbé Josep Civit Timoneda reçut la palme du martyre, le 26 juillet 1936. 

Il a été béatifié en 2013.

 

Gumersindo Valtierra Alonso
1876-1936

Né le 13 janvier 1876 à San Martín de Humada (Burgos), Gumersindo fut baptisé le jour-même, et confirmé l’année suivante. Ses parents, Santiago et Josefa, étaient de simples paysans chrétiens qui priaient fidèlement le chapelet.

En 1890, il commença le postulat chez les Clarétains de Ségovie, où ils étaient plus de cent-vingt garçons. Très bon élève, il passa au noviciat de Cervera en 1893, fit la profession l’année suivante, et commença la philosophie. Jusques là, ses résultats étaient excellents.

En 1897 cependant, il se trouvait à La Selva del Campo comme frère convers : des crises d’épilepsies l’empêchaient d’accéder au sacerdoce. L’épreuve était rude, mais il l’accepta humblement. Dieu le récompensa : les crises passèrent et il put reprendre les études.

Il fut professeur des postulants à Barbastro et préfet auxiliaire, tout en suivant les cours de théologie au séminaire de Barbastro. Il reçut enfin les Ordres et fut ordonné prêtre en 1908 à Lleida : il avait trente-deux ans.

L’enseignement lui allait à la perfection. Après Barbastro, il fut envoyé pour cela à Vich (1909), Cartagena (1916), Madrid (1922), Alagón (1923), puis au séminaire comme préfet de discipline, à Requena comme supérieur (1928), où il établit l’archiconfrérie du Cœur Immaculé de Marie.

Dès la proclamation de la Deuxième République (1931), il s’attendait au martyre et s’y préparait.

En 1932 on le nomma supérieur de la maison généralice à Barcelone, charge renouvelée en 1934. Il ne s’en sentait pas capable : J’aurai certainement plus de mal à tenir qu’à commander.

Le 20 juillet 1936, c’était la révolution, mais le père Gumersindo ne réalisait pas la situation : Si on n’a rien fait à personne… On le persuada de s’habiller en paysan et d’aller se cacher. Il dut changer de cachette plusieurs fois ; il ne comprenait pas le danger qu’il courait à sortir tout vêtu de noir avec son bréviaire en mains… Le dimanche 26, des miliciens l’arrêtèrent dans la rue.

Naïvement, il indiqua la maison où il logeait, mais comprit (trop tard) qu’il ne devait pas nommer les propriétaires et se tut : il reçut une violente gifle qui le fit saigner du nez et se mit à dire le chapelet. On le remit à d’autres miliciens : Celui-là, vous pouvez en faire ce que vous voulez. On l’emmena plus loin, on le fit descendre de voiture, marcher quelques mètres, et une décharge l’abattit en pleine rue.

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Barcelone, béatifié en 2017, le bienheureux Gumersindo Valtierra Alonso sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Aleix Miquel Rossell

1882-1936

 

Aleix (Alexis) était né le 11 octobre 1882 à Pla de Santa María (Catalogne, Espagne).

Ordonné prêtre en 1906, il exerça le saint ministère à Solivella, Alforja, Constantí, Bellmunt del Priorat, Gratallops, Capafonts, Cerviá, Pira i la Masó, Riera de Gaiá.

On disait de lui qu’il avait des qualités extraordinaires, intellectuelles et artistiques. Il savait très bien faire chanter les enfants.

Lors de la révolution de 1936, il eut un pressentiment. Dès le 20 juillet, il alla trouver le confrère, don Dalmau, pour faire un confession générale, convaincu qu’il allait être martyrisé pour le Christ.

La nuit suivante, il alla se réfugier chez un autre confrère ; certains qu’ils allaient être assassinés, ils se confessèrent mutuellement.

Le 26 juillet 1936, se présentèrent deux miliciens à l’appartement où il s’était réfugié, pour l’emmener.

Le soir même, ils l’assassinèrent : don Aleix s’était bien préparé.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Josep María Jordá i Jordá

1884-1936

 

Il était né le 17 novembre 1884 à Tarragona (Espagne).

Bénédictin, il faisait partie de la communauté de Montserrat.

Actuellement, on ne sait pas en dire plus sur sa vie.

Au soir du 22 juillet 1936, les moines chantèrent une dernière fois les vêpres, puis commencèrent à se disperser, espérant échapper au massacre général qui se tramait. Ils emportèrent avec eux l’antique image de la Vierge Noire, vénérée dans leur église (la Moreneta). Personne ne fut attaqué à ce moment-là.

De toute la communauté, vingt-trois furent arrêtés et martyrisés. Certains de ceux qui échappèrent eurent cependant beaucoup à souffrir dans les difficultés, les déplacements nocturnes, les cachettes, les dangers d’être dénoncés. Certains purent rejoindre d’autres communautés à l’étranger. Le plus jeune des Martyrs avait dix-huit ans, le plus âgé quatre-vingt-deux.

Le père Josep María Jordá i Jordá reçut la palme du martyre à Pont Negre (Terragona) le 26 juillet 1936, et fut béatifié en 2013.

Miquel Vilatimó Costa

1888-1936

 

Miquel était né le 24 octobre 1888 à Vic (Osona, Catalogne, Espagne), de Climent et María, qui le firent baptiser dès le lendemain. 

Il fut confirmé l’année suivante et reçut en 1899 la Première communion.

La famille comptait neuf enfants, qui furent éduqués très chrétiennement. Miquel apprit à être bon et docile.

Après les Petit et Grand séminaires de Vic, il fut ordonné prêtre en 1913, et célébra sa première messe solennelle deux jours après à Montserrat.

L’évêque l’envoya poursuivre des études à l’université de Louvain ; le jeune prêtre était un étudiant acharné : en deux années, il passa la licence de théologie et le doctorat de philosophie.

Dès 1915, il était professeur de philosophie au séminaire de Vic.

En 1928, il fut nommé chanoine de la cathédrale de Tarragona, tout en restant professeur à Vic. 

En 1933, il fit un nouveau voyage d’études en Allemagne.

De caractère jovial et ouvert, érudit et doué, il publia des articles dans le périodique local La Croix et en d’autres revuestint des conférences, publia des livres, dont un portait comme titre Le syndicalisme, erreurs et dangers.

Lors de le révolution de 1936, il habitait dans la maison canoniale. Apprenant qu’on saccageait la cathédrale, il envoya un employé récupérer l’unique exemplaire existant en Europe d’un livre inédit du Cardinal Mercier.

Avant d’aller se réfugier chez son confrère Pau Roselló, il prit congé d’un ami en lui disant : Si nous ne nous voyons plus, à Dieu, au ciel. Une fois chez don Roselló, il donna l’ordre exprès qu’on ne niât pas sa condition de prêtre, si on venait le chercher. Les deux prêtres menèrent une vie de prière, dont ils savaient qu’elle finirait par le martyre.

Chaque jour il allait donner la communion à des Religieuses de la Compagnie de Sainte-Thérèse, qui habitaient à un autre étage.

Arrivèrent les révolutionnaires, demandant à don Pau Roselló s’il était aumônier. Le prêtre répondit : Oui, mais pas que moi. Nous sommes deux, et si vous voulez quelque chose de nous, vous nous trouverez toujours ici.

Un groupe de miliciens se présenta au soir du 26 juillet, à l’heure du repas. Don Pau se présenta et fit venir don Miquel ; tous deux suivirent les miliciens, tranquilles et sereins, jusqu’au Comité et, de là, furent conduits en camion, jusqu’à la route de Reus. Les miliciens tenaient leurs fusils aux fenêtres du camion. 

A un certain moment, ils firent descendre les deux prêtres et les assassinèrent, par balles et chevrotines, comme l’indiqua le résultat de l’autopsie.

C’était le 26 juillet 1936.

Les deux prêtres, don Pau et don Miquel, furent béatifiés en 1936.

 

 

Manuel Martín Sierra

1892-1936

 

Né à Churriana de la Vega (Grenade, Andalousie, Espagne) le 2 octobre 1892, Manuel était le second de onze enfants.

Il fit ses études chez les Religieux piaristes (des Ecoles Pies) et entra au séminaire de Grenade en 1909.

Il fut ordonné prêtre en 1915 et, successivement, reçut le doctorat en théologie.

Après avoir enseigné la théologie au séminaire, été aumônier de Religieuses, il fut nommé curé en plusieurs paroisses, en dernier lieu à Motril (Granada).

Lors de la persécution, on lui proposa de se réfugier dans sa famille, dès le 24 juillet 1936, mais il préféra demeurer au milieu de ses paroissiens.

Réfugié avec les Religieuses et les Pères augustins dans la paroisse (ou même dans l’église), il tomba aux mains des révolutionnaires qui le traînèrent sur le parvis, l’obligeant à blasphémer. Sur son refus, ils le fusillèrent dans l’église, en même temps que le père Vicente Pinilla Ibánez, le 26 juillet 1936.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Pau Roselló Borgueres

1895-1936

 

Pau (Paul) était né le 9 mai 1895 à Vimbodí (Conca de Barberá en Catalogne, Espagne), de Pau et María, qui le firent baptiser trois jours plus tard.

Suivant le bon exemple de son curé et de son maître, il voulut entrer dans la vie ecclésiastique, mais le papa n’avait pas de quoi lui payer les études. Aussi, le curé s’offrit pour lui payer sa pension au séminaire, convainquant ainsi le papa à le laisser suivre sa vocation.

Durant les vacances, Pau préparait ses frères à la Première communion. A la maison, il se montrait pieux, effacé, sachant se dominer.

Il fut ordonné prêtre en 1921. 

Il devint féru de sciences naturelles, qu’il enseigna aux séminaristes de Tarragona. Il réussit à monter un émetteur d’ondes courtes, et fit une conférence où il anticipait ni plus ni moins la télévision (sans penser au mal qu’elle diffuserait plus tard, comme tous les moyens de communication). 

Mais il fut surtout un bon prêtre, ennemi acharné des critiques malveillantes.

Arriva le triste mois de juillet 1936. A Tarragona, le couvent de Sainte-Claire était en flammes. L’abbé Pau se dirigea, en soutane, vers le couvent de la Compagnie de Sainte-Thérèse, dont il était aussi aumônier, pour en retirer le Saint-Sacrement, qui pouvait être profané par les révolutionnaires. Les Religieuses lui demandèrent pourquoi il s’exposait ainsi, en soutane ; il répondit : Que voulez-vous qu’il m’arrive ? Qu’ils me tuent parce que je suis prêtre ? Eh bien, qu’ils me tuent avec ma soutane !

Le 26 juillet 1936 au soir, on vint l’arrêter pour le conduire au Comité, puis immédiatement sur la route de Reus, où on l’abattit en lui tirant à la tête et au cœur, avec son Confrère, don Miquel Vilatimó (voir sa notice, avec quelques autres détails).

Don Pau Roselló Borgueres a été béatifié en 2013.

 

 

Manuel Jové Bonet
1895-1936

Né le 14 septembre 1895 à Vallbona de las Monjas (Lleida), et baptisé trois jours plus tard, Manuel était l’un des sept enfants de Juan et Ramona, de bons paysans chrétiens. Le père avait un frère chez les Clarétains.

En 1907, Manuel commença les études secondaires chez les Clarétains à Vic, lorsque le préfet était le p.Gumersindo, qui serait martyrisé le même jour que lui.

Il commença le noviciat en 1911 à Cervera et fit la profession en 1912. Il fit là aussi la philosophie et une partie de la théologie, qu’il acheva à Alagón. C’est l’archevêque de Saragosse qui lui conféra les Ordres sacrés et l’ordonna prêtre en 1920.

Après une année de prédication, il fut nommé professeur de latin à Vic. C’était sa passion ; il collaborait à la revue Alma Roma, s’ingéniait à trouver les mots latins pour traduire les expressions modernes.

En 1925, il fut professeur à Cervera. Ses interventions suscitaient les éclats de rire parmi les postulants, qui d’habitude trouvaient les conférences ennuyeuses.

En 1928, il commencça la publication de la revue Candidatus Latinus, qui devint Palaestra Latina deux ans plus tard, une revue qui servit de référence pour beaucoup d’étudiants. Il préparait aussi un dictionnaire latin-espagnol. C’est en travaillant à cet ouvrage qu’il vit arriver la révolution d’été 1936. 

Le 24 juillet, avec ses quatorze étudiants, il partit pour Vallbona de las Monjas, à vingt-cinq kilomètres de là, en veillant à faire assez de détours pour éviter les miliciens. Ils durent passer la nuit chez l’habitant et se remirent en route au matin du 25. En chemin, quelqu’un les reconnut et les dénonça. Ils marchaient deux par deux à quelque distance les uns des autres, mais des miliciens arrêtèrent le dernier groupe et remontèrent au premier. Un ami proposa au p. Manuel de fuir par une porte de derrière, mais il s’y refusa énergiquement, pour ne pas abandonner les jeunes qui lui étaient confiés.

On réunit le père et les quatorze postulants. Le père se mit à écrire (en latin) les événements ; un jeune sortit son chapelet, on l’obligea à le piétiner mais il refusa ; on voulait forcer le père José à piétiner son crucifix et, comme il refusait, on le lui fourra dans la bouche avec un coup de poing qui le fit saigner abondamment. On arracha au père Manuel son pantalon et on s’apprêtait à le mutiler, mais le «chef» intervint : Ça, non ! Mais on lui fit une profonde coupure à l’aine, qui saignait énormément. On se moqua copieusement aussi de tous les postulants, qui avaient avec eux des chapelets, des crucifix, des cilices aussi.

On les attacha ensuite deux à deux et on les fit descendre à coups de poings et de pieds. On les fit monter dans un camion qui partit pour Verdú ; on voulait les fusiller sur place, mais le président du Comité le leur refusa ; ils ne savaient que faire. Ils repartirent pour Lleida et s’arrêtèrent au cimetière, firent descendre les postulants et le p.Manuel.

Le père dit aux postulants : Nous allons mourir pour Dieu ! Vive le Christ Roi ! Il répéta encore trois fois : Vive le Christ Roi ! Juste avant de mourir, ils crièrent tous ensemble Vive le Christ Roi ! Les miliciens les fusillèrent quatre par quatre, jusqu’aux trois derniers. Il était quatorze heures.

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017, le bienheureux Manuel Jové Bonet sera mentionné avec ses quatorze Postulants dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Vicente Burrel Enjuanes

1896-1936

 

Il était né le 28 décembre 1896 à Juseu (Huesca, Espagne), dans une famille aisée et très chrétienne.

Il entra dans la communauté bénédictine de El Pueyo, de la congrégation de Solesmes, comme frère convers (1921).

Il fit les premiers vœux en 1922, et les solennels en 1925.

Quoique humble frère, Vicente avait une culture au-dessus de l’habituelle, ayant passé le diplôme de Magistère ; il enseignait aux petits enfants.

Comme frère dans sa communauté, il sut rendre maints services, comme d’installer jusqu’à soixante-dix personnes au réfectoire, d’aider en cuisine ou de faire le cordonnier.

Lors de la révolution de juillet 1936, la communauté se dispersa. Vicente accompagna un autre frère, Lorenzo Santolaria, dans la famille de celui-ci à Torres de Alcanadre. 

Le 25 juillet, très tôt, il dut les quitter, habillé en pauvre paysan, seul, avec un sauf-conduit dans la poche et une chemise de rechange.

A neuf heures du matin, à Berbegal, on le reconnut, on l’enregistra, on lui détruisit le sauf-conduit, mais on le laissa continuer. Une heure après, à Fornillos, les gens l’accueillirent avec bonté et le maire lui-même lui donna à manger et le cacha. Le pauvre frère, timide de nature, était épuisé et triste.

Il repartit de Fornillo pour Fonz, avec un bon casse-croûte dans sa besace, espérant rejoindre là sa sœur mariée. En route, on l’accueillit dans des barraques de campagne, où il put se rafraîchir. Mais la marche forcée à travers les champs, la soif, l’impossibilité de trouver où se reposer un moment, l’avaient exténué : on calcule qu’il avait dû faire une trentaine de kilomètres dans sa journée, en pleine chaleur.

De la route, il aperçut l’incendie qui montait de El Pueyo, où l’église était la proie des flammes.

Il continua ainsi son chemin, parfois accompagné par de braves gens, et gagna Los Certales, en vue de Fonz, qu’il devait rejoindre en traversant le Rio Cinca.

Le 26 au matin, un brave homme lui montra où passer. Le Frère voulut le remercier en lui montrant les douze duros qu’il avait, ce qu’on avait pu lui donner en partant du monastère, mais le monsieur lui répondit : Vous n’avez besoin de dire à personne que vous avez cet argent-là.

Ensuite, il passa par deux autres barraques, où on lui donna à boire.

Au moment où il crut pouvoir traverser le Rio, arriva un camion de miliciens en direction de Barbastro ; ils s’arrêtèrent, vidèrent le balluchon du Frère et comprirent que c’était un Religieux : ils l’arrêtèrent.

Ils l’emmenèrent à Barbastro. Un passant l’aperçut avec les miliciens au pont de l’Amparo, tête basse, silencieux, pauvrement vêtu. Les miliciens le maltraitèrent sans compassion, remontèrent la côte du Rollo et lui dirent : Tu vois bien : avec ce que tu portes, tu ne peux pas nier qui tu es. - Je ne dis pas le contraire : je suis de El Pueyo, mais arrêtez de me battre !

Ils le bousculèrent, lui firent monter la rue en se moquant de lui : Avance, on va te donner la communion.

Il passa devant le couvent des Capucines, arriva au promontoire de Santa Bárbara ; ils lui firent faire quelques pas et lui tirèrent dessus. Le Frère tomba, mort sur le coup, premier de sa communauté à être exécuté.

Il était dix heures trente du matin, de ce 26 juillet 1936.

Le frère Vicente Burrel Enjuanes fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Jaume Secases

1905-1936

 

Né à Alás (Lérida, Espagne) le 19 novembre 1905, Antonio Jaume entra en 1918 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, et fit ses premiers vœux à Mollerusa en 1931, prenant le nom de Jaime Bertino.

Rappelons qu’à l’époque, ces Frères fermaient leur habit au cou avec un col blanc, qui retombait sur le haut de la poitrine comme une petite «bavette».

Le noviciat se fit à Irún en 1921, puis le scolasticat à Talence, en France.

Sa première étape d’apostolat fut à Manresa, pendant neuf ans, puis à Calaf et de nouveau à Manresa en 1935.

Au début de la révolution, le 21 juillet 1936, il put se réfugier chez un ami, se présentant comme un parent de la famille. Mais il fut dénoncé aux miliciens, qui vinrent rechercher le «moine».

Quand ils purent l’identifier, l’un d’eux lui lança : Alors, tu es un de ceux qui ont la bavette blanche ! Tu peux l’enlever, tu n’en auras plus besoin.

On emmena le Frère, qui subit tous les mauvais traitements possibles : on lui cracha au visage, comme pour le Christ ; on le traîna vers l’escalier qu’on lui fit dévaler en roule-tonneau. 

On le conduisit non loin de là, à La Torre del Mitje, où on l’acheva d’une décharge de fusil.

C’était le 26 juillet 1936.

On retrouva son corps dans le cimetière de Manresa ; le Frère, qui avant trente ans, portait la trace des nombreux coups de bâtons qu’on lui asséna avant de l’achever.

Il fut béatifié en 2007.

Amancio Marín Mínguez

1908-1936

 

Il y a des Saints dont on dit parfois qu’ils n’ont rien fait de spécial, précisément parce qu’ils n’ont fait que de grandes choses pour Dieu, qui voit en profondeur ce que les hommes ne font qu’apercevoir de l’extérieur.

Amancio est de ceux-là.

Il naquit le 26 mars 1908 à Celada del Camino (Burgos, Espagne), de Miguel et María Candelas, qui le firent baptiser trois jours après. Il fut confirmé en 1910.

Ayant perçu l’appel de Dieu, il entra chez les Mercédaires à Lleida en 1921. Il fit le noviciat à San Ramón, où il reçut l’habit en 1923 et fit la profession en 1925.

Il montrait un grand intérêt à bien apprendre comment célébrer l’Office divin.

Il étudia la philosophie et la théologie à Poyo (Pontevedra), où il fit la profession solennelle en 1930. Il fut ordonné prêtre en 1931 à Tuy.

Comme beaucoup de Religieux, il fut envoyé en divers endroits : au couvent de Maiorque en 1932, à Lleida en 1933, à El Olivar en 1934 pour assister le curé de la paroisse d’Estercuel, à San Ramón en 1935, pour enseigner au collège.

Quand la révolution éclata en 1936, les Religieux durent laisser leur couvent au soir du 23 juillet. Amancio se réfugia chez un grand ami, le pharmacien de l’endroit, mais préféra repartir sans tarder, pour ne pas compromettre son ami et sa famille, et jugea opportun de rejoindre Burgos.

Un membre du comité de San Guim lui procura un passeport comme assistant de pharmacie, et le mit au train de Lleida, l’avertissant qu’il courait des risques à porter sous sa chemise un chapelet et des médailles. Mais il n’en fit rien. Quant à ce brave membre du comité, il fut dénoncé et mis en prison.

Amancio arriva à Lleida, y passa la nuit et continua son voyage. Le 25 juillet, il descendit à Binéfar et reçut l’hospitalité d’amis qu’il y connaissait. Voyant que sa présence provoquait des inquiétudes, il s’en alla ailleurs. A peine retiré dans sa chambre, il fut arrêté par des envoyés du Comité, qui l’avaient suivi dès son arrivée en gare. Ils l’emmenèrent au Comité, où il passa la nuit.

Le lendemain, ils revinrent fouiller chez les gens qui l’avaient reçu, puis conduisirent le Père à la mairie. Le chef lui proposa ciniquement : Si tu veux bien venir combattre avec nous, on te laisse en vie - Jamais je n’irai me battre pour les ennemis de mon Dieu, répondit-il.

L’après-midi, ils organisèrent dans les rues de Binéfar une procession burlesque, où la foule fut invitée à insulter le Religieux, lui sortir une quantité de calomnies et de sarcasmes vulgaires. On lui lia les mains derrière le dos et on lui accrocha dans les doigts des préservatifs. Amancio, quant à lui, gardait la tête basse, tranquille, silencieux.

A sept heures du soir, ils le conduisirent au cimetière. Amancio demanda cinq minutes : il fit le signe de la croix, se recueillit, bénit ses bourreaux et cria : Vive le Christ Roi ! Il tomba sous les balles.

Le chef en question, plus tard, révéla qu’il n’avait jamais vu quelqu’un de si détendu. Quelques secondes avant de l’abattre, il lui prit le pouls, qui était aussi régulier et normal que si rien ne se passait.

Un journal rouge de l’endroit écrivit le lendemain : A Binéfar, on a arrêté le fasciste Amancio Marín, qui avait trompé les Comités de San Guim et de Lleida. Ledit Amancio a été justicié.

On avait qualifié le père Amancio d’ordinaire : il n’avait apparemment rien fait de bien spécial, ce n’était pas un «grand» prédicateur, il n’a pas eu de charge particulière ; il fut vicaire de paroisse pendant un an et fit la classe aux gamins. 

Amancio fut un vrai Religieux : obéissant, humble, pieux. Après cinq années de sacerdoce, il reçut la couronne du martyre à vingt-huit ans, le 26 juillet 1936, et fut béatifié en 2013.

 

Francesc Xavier Sorribas Dot
1909-1936

Il était né le 7 novembre 1909 à Torelló (Barcelone), benjamin des trois enfants de Jaime et María, dont le fils aîné fut aussi Clarétain. Les parents tenaient un commerce. Francisco Xavier fut baptisé le 8 novembre 1909 et confirmé en 1911.

Il entra chez les Clarétains de Vic en 1920, et retrouva son frère à Cervera en 1924. Il commença le noviciat en 1925, fit la profession en 1926, et partit étudier la philosophie à Solsona. Il trouvait cette étude facile.

En 1928, il alla à Cervera pour la théologie, puis en 1931 à Tarragona à cause de sa santé, et revint à Cervera. Il reçut l’ordination sacerdotale en 1931 à Solsona.

Il avait une mémoire prodigieuse et un don marqué pour la parole ; il était en outre animé d’un grand zèle pour le salut des âmes et se proposa dès 1934 pour les missions de Chine.

Après une année de préparation, il fut cependant envoyé à Sallent en 1934, puis à La Selva del Campo, où il fut organiste et prédicateur.

En juillet, à l’annonce des mauvaises nouvelles politiques, on décida de disperser la communauté. Le 21 juillet, tous évacuèrent la maison, car l’église avait déjà commencé à brûler.

Le p.Sorribas se cacha dans une cabane avec deux autres jeunes. Ils furent bien accueillis par le curé de Almoster, mais ils durent s’enfuir rapidement, emportant le Saint-Sacrement avec eux, de façon à pouvoir au moins communier. Ils trouvèrent une autre cabane, mais le propriétaire leur dit : Si on vous tue, vous allez au ciel, mais s’ils me tuent à cause de vous, que fera ma famille ? Alors, ils se remirent en marche pendant toute la journée du 24.

A La Riba, ils furent bien accueillis par le président du Comité, qui leur donna à manger et les cacha dans une cabane pour la nuit ; le lendemain, 25, on leur fit prendre des billets de train. Le p. Sorribas préféra accompagner Juan Costa à Lleida (l’autre étant parti dans une autre direction).

A cette époque, tous les prêtres et les religieux portaient la marque de la tonsure cléricale, et Xavier tenait à l’entretenir : ce fut à cela qu’on le reconnut dans la gare de Lleida. Tandis qu’on emmenait le jeune en prison, on s’acharna sur le p.Sorribas, qui n’avait pas de laisser-passer. On lui dit d’aller en demander un, mais à un moment donné, on le plaqua contre le mur d’une place et il tomba sous les balles.

Martyrisé le dimanche 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Francesc Xavier Sorribas Dot sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

 

 

Pau Gili Pedrós

1912-1936

 

Pau (Paul) naquit à Omellons (Garrigues, Espagne) le 29 janvier 1912.

Il fréquenta les séminaires de Tarragona, et alla préparer le doctorat à l’université de Comilles.

Les dernières années de ces études, il vivait avec ses parents à Vimbodí (Conca de Barberá).

Ordonné prêtre très jeune, à vingt-deux ans, en 1934, il fut le secrétaire particulier de l’évêque auxiliaire, Mgr Borrás (voir au 12 août), et vivait dans un appartement qu’il partageait à Tarragona avec un autre prêtre, Pere Batlle.

Dans la matinée du 26 août 1936, des miliciens vinrent les arrêter et les emmenèrent ; ils rejoignirent d’abord un autre prêtre déjà arrêté, Francesc Vidal, et les conduisirent tous trois au Comité, qui s’était installé dans le couvent de Jésus-Marie.

Là, ils furent séparés. Pau et Francesc furent conduits au bateau-prison Cabo Cullera, dans l’idée de les y mettre en prison. Mais le commandant leur refusa l’accès, sous prétexte qu’ils ne lui présentaient pas de mandat d’arrêt.

Les miliciens repartirent alors et allèrent les fusiller, pour la seule raison qu’ils étaient prêtres.

Ces deux Martyrs entrèrent dans l’Eternité le 26 août 1936.

Lors de l’autopsie, on constata que Pau avait reçu des balles à la poitrine et à la tête. Il avait vingt-quatre ans.

Pau Gili Pedrós fut béatifié en 2013.

 

Amado Amalrich Rasclosa
1912-1936

Né le 28 avril 1912 à Celrá (Girona), Amado (Amadeu) était le fils de Narciso et Hermenegilda, qui le firent baptiser le 5 mai suivant.

Il commença le postulat chez les Clarétains de Cervera en 1923, où il fit de très bonnes études, retardées une année par la maladie. Il commença le noviciat en 1927 à Vic, passa à Solsona pour la philosophie, à Cervera pour la théologie en 1931 : déjà il dut s’habiller en paysan pour voyager sans ennui.

La maladie retarda à nouveau ses études ; il fut soigné à Gracia et reprit la théologie à Solsona en 1934. Il fut réformé au service militaire.

Il était du nombre des quatorze Postulants qui accompagnaient le p. Manuel Jové Bonet.

Pour les détails connus sur le martyre de ces quatorze Postulants, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017, le bienheureux Amadeu Amalrich Rasclosa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Miguel Oscoz Arteta
1912-1936

Miguel fut le premier-né des onze enfants de León et Eugenia, de bons paysans chrétiens. Né le 12 novembre 1912 (ou peut-être 1910 ?) à Artazu, Navarra, il fut baptisé le même jour et confirmé en 1915.

Il eut deux frères clarétains, Eugenio et Francisco, et deux tantes maternelles Hospitalières.

Dans son pays, il étudia déjà le latin avec son curé, de sorte qu’il sauta une année en entrant au postulat clarétain d’Alagón en 1926 ; l’année suivante, il passait à Cervera.

En 1929, il commença le noviciat à Vic, fit la profession en 1930, étudia la philosophie, puis commença la théologie. Il avait aussi, dit-on, des dons pour la musique.

Il fut retardé pour la profession solennelle et les Ordres à cause du service militaire et de la maladie. Il ne fit la deuxième année de théologie qu’en 1934-35.

Il était du nombre des quatorze Postulants qui accompagnaient le p. Manuel Jové Bonet.

Pour les détails connus sur le martyre de ces quatorze Postulants, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida et béatifié en 2017, le bienheureux Miguel Oscoz Arteta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Pere Caball Juncá
1913-1936

Né le 1.août 1913 à Vilanova de la Muga (Girona), de Hermenegildo et María, il fut baptisé le 9 août et confirmé en 1925. Le papa était un berger.

Pere fréquenta le Petit séminaire d’El Collell pendant trois ans, puis intégra le postulat clarétain de Cervera en 1928 ; il commença le noviciat à Vic en 1930.

Tout fils de berger qu’il était, il n’en étudiait pas moins avec ardeur et avec d’excellents résultats. Le latin lui réussissait très bien : c’était une des espérances du p.Manuel Jové. Il accomplit les études de philosophie sans difficulté à Solsona, et commença la théologie en 1934.

Il reçut les deux premiers Ordres mineurs (portier et lecteur) et passa en 1935 à Cervera pour la suite de ces études, que la persécution vint interrompre.

Il se préparait intensément à l’éventualité du martyre et demandait à Dieu la force, la foi nécessaires pour être fidèle jusqu’au bout.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Pere Caball Juncá sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


José Elcano Liberal
1914-1936

Né le 31 mars 1914 à Olóriz (Navarre), José fut ondoyé ce même jour. Le curé acheva les rites le lendemain. José fut confirmé la même année, comme cela pouvait se faire alors. Les parents s’appelaient Pantaleón et Evarista ; ils eurent six autres enfants après José.

Celui-ci entra au postulat clarétain d’Alagón en 1926 et acheva ses Humanités à Cervera. En 1930, il passa au noviciat de Vic. Après la profession (1931), il fit les études de philosophie à Solsona et y commença la théologie. Il se trouva ensuite à Cervera pour la suite de ses études. Mais les événements politiques mirent fin à ces projets.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux José Elcano Liberal sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Lluís Plana Rabugent
1914-1936

Né le 20 juillet 1914 à La Sellera (Girona), et baptisé le lendemain, Lluís était l’un des huit enfants de Francisco et Margarita. L’enfant reçut la Confirmation trois ans plus tard.

En 1926, il commença les Humanités, à Cervera et Alagón ; il fit le noviciat à Vic, la profession en 1931, et passa à Solsona pour la Philosophie et la Théologie. En 1935, il fut à Cervera, où l’année suivante la maladie retarda ses études.

Le 20 juillet 1936, quand commença la guerre civile, il accomplissait vingt-deux ans.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Lluís Plana Rabugent sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Teófilo Casajús Alduán
1914-1936

Né le 4 novembre 1914 à Murchante (Navarre), il fut baptisé le lendemain et confirmé l’année suivante. Il était l’un des sept enfants de Jacinto, un menuisier-charpentier, et Agustina. Cette dernière avait déjà deux frères dans la congrégation des pères Clarétains. Teófilo était vif, intelligent.

Il commença ses Humanités chez les Clarétains à Alagón et Cervera ; outre ses dons pour l’étude, il en avait particulièrement pour la musique ; il fit le noviciat à Vic en 1930, la profession l’année suivante et passa à Solsona pour la philosophie et le début de la théologie. Il reçut en juin 1935 les premiers Ordres mineurs (portier et lecteur). Puis il alla à Cervera pour achever la théologie…

Il ne put l’achever, à cause de la guerre civile et de la persécution.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Teófilo Casajús Alduán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

Lluís Hortós Tura
1915-1936

Né le 8 février 1915 à Argelaguer (Girona), Lluís était l’un des cinq enfants de Lorenzo, modeste ouvrier, et Magdalena, qui le firent baptiser le 14 février suivant.

Il fit le postulat à Barbastro (1925) puis Cervera (1928), le noviciat à Vic (1930), la profession en 1931, la philosophie à Solsona, puis la théologie à Cervera (1935).

Ces études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Lluís Hortós Tura sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Senén López Cots
1915-1936

Né le 21 février1915 à Barcelone, Senén était le fils d’un commerçant, Constantino et d’Antonia, qui le firent baptiser le 17 mars suivant, et confirmer en 1926.

Il fit ses Humanités à Barbastro (1924) et Cervera, commença la philosophie à Solsona (1929) et seulement après le noviciat à Vic (1930), car il était très jeune. En 1931, la maladie l’obligea à interrompre momentanément ce noviciat, qu’il reprit l’automne suivant. Il se remit si bien, et montrait de telles aptitudes, qu’on demanda une dispense pour avancer la date de sa profession (janvier 1932). ll fit la philosophie et le début de la théologie à Solsona, avec une brève interruption pour sa santé.

De là, il passa à Cervera en 1935.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Senén López Cots sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Josep María Casademont Vila
1915-1936

Né le 12 mars 1915 à San Feliu de Pallarols (Girona), Josep était le fils de Josep et Teresa, qui le firent baptiser le 15 mars suivant, et confirmer l’année suivante. Le papa était forgeron. Josep eut un frère.

Il fit le postulat chez les pères Clarétains de Cervera et Barbastro de 1926 à 1930, puis fit le noviciat à Vic, terminé par la profession en 1931. Il alla à Solsona pour la philosophie et la théologie.

En 1935, il revenait à Cervera…

Ces études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Josep Casademont Vila sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Vicente Vázquez Santos
1915-1936

Né le 23 août 1915 à Villada (Palencia), Vicente était l’aîné des deux enfants de Vicente et Concepción, qui le firent baptiser le 29 suivant et confirmer en 1917.

Le papa de Vicente, un ouvrier journalier, mourut en 1918, de sorte que Vicente fut orienté  en 1926 par son oncle, Anastasio Vázquez, prêtre clarétain, vers le postulat d’Alagón, où le rejoignit d’ailleurs son frère. Vicente y fit ses Humanités et les acheva à Cervera.

En 1930, il intégra le noviciat de Vic, où il fit la profession l’année suivante. Il fut ensuite à Solsona pour la philosophie et le début de la théologie, puis passa à Cervera en 1935.

Vicente montrait des aptitudes particulières pour les langues, et surtout le grec : il rédigeait des articles en grec dans la revue Katholikon d’Athènes.

Ces études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Vicente Vázquez Santos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Antonio Cerdá Cantavella
1915-1936

Né le 25 septembre 1915 à Játiva (Valencia), d’Antonio et María, Antonio fut baptisé deux jours plus tard et confirmé en 1924. De ses deux frères aînés, José María devait aussi tomber en novembre 1936, tandis qu’Enrique mourra en 1933 ; ces trois frères appartinrent à la famille religieuse des Clarétains. 

Antonio fit ses Humanités à Alagón puis Cervera de 1926 à 1930 ; ses camarades reçurent l’habit le 14 août 1930, mais comme il ne devait accomplir quinze ans qu’un mois plus tard, il fit la vêture le 26 septembre ;  après le noviciat à Vic, il fit la profession (1931) et partit à Solsona pour la philosophie. En 1935, il rejoignit Cervera pour la théologie.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

A vingt ans, il fut martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida. Béatifié en 2017, le bienheureux Antonio Cerdá Cantavella sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

Amadeu Costa Prat
1916-1936

Né le 4 janvier 1916 à Tona (Barcelone), de Paladio, un tailleur, et Rosa, qui le firent baptiser le 7 janvier suivant, et confirmer en 1918.

Il commença l’étude du latin au séminaire de Vic, puis intégra le postulat de Cervera (1928) ; après les Humanités, il fit le noviciat à Vic, la philosophie à Solsona et arriva à Cervera en 1935 pour la théologie, en vue du sacerdoce…

Il avait une très belle voix, une bonne santé, ce qu’il fallait pour un bon prédicateur.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

Martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida, béatifié en 2017, le bienheureux Amadeu Costa Prat sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


Onésimo Agorreta Zabaleta
1916-1936

Né le 16 février 1916 à Ujué (Navarre), il était l’aîné des trois enfants de Julián et Francisca, qui le firent baptiser deux jours après et confirmer la même année. Les deux autres enfants étaient Josefa et Cándido, leur père était ouvrier.

Onésimo fit ses Humanités à Alagón puis Cervera de 1927 à 1931 ; après le noviciat à Vic, il fit la profession (1932) et partit à Solsona pour la philosophie. Onésimo avait un don pour apprendre les langues. En 1935, il rejoignit Cervera pour la théologie.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

A vingt ans, il fut martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida. Béatifié en 2017, le bienheureux Onésimo Agorreta Zabaleta sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.


José Amargant Boada
1916-1936

Il naquit le 25 septembre 1916 à Sant Feliu de Pallarols (Girona), de Miguel et Dolores, qui le firent baptiser une semaine plus tard et confirmer en 1929. Le père était manœuvre.

José fit ses Humanités à Barbastro puis Cervera de 1926 à 1931 ; il reçut l’habit le lendemain de ses quinze ans (26 septembre 1931) et, après le noviciat à Vic, fit la profession (1932) et partit à Solsona pour la philosophie. En 1935, il rejoignit Cervera pour la théologie.

Ses études furent dramatiquement interrompues par les événements politiques de 1936.

Pour les détails connus sur le martyre des quatorze Postulants de Cervera, se référer à la notice de Manuel Jové Bonet

A moins de vingt ans, il fut martyrisé le 26 juillet 1936 à Lleida. Béatifié en 2017, le bienheureux José Amargant Boada sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 26 juillet.

Anno Sjoerd Brandsma

1881-1942

 

Il naquit à Oegelklooster (Bolsward, Pays-Bas) le 23 février 1881, dans une famille de paysans.

Après les études à Megen, il entra en 1898 au noviciat des Grands-Carmes à Boxmeer, avec le nom de Titus Brandsma.

Titus étudie la philosophie et la théologie à Zenderen et Oss.

Le fr. Titus n’avait pas une santé excellente, mais il fut très actif, vivant très profondément une vie toute mystique, qu’il ne laissait pas paraître à l’extérieur.

Dès 1901, il traduisit en néerlandais les œuvres de sainte Thérèse d’Avila.

Ordonné prêtre en 1905, il fut envoyé à Rome à l’Université Grégorienne, où il passa le doctorat de philosophie et de sociologie.

Revenu aux P    ays-Bas, Titus enseigna la philosophie, la sociologie, l’histoire de l’Eglise, au Philosophicum, le séminaire des Carmes d’Oss.

Il n’avait sans doute pas assez d’occupations : il trouva le temps de fonder un lycée à Oss, un autre à Oldenzaal, agrandissant celui de Zenderen. Il se mobilisa pour soutenir la langue frisonne et l’esperanto.

S’intéressant au journalisme, à la presse catholique et au travail des journalistes, il obtint un diplôme de journaliste professionnel, avant de devenir lui-même rédacteur en chef d’un journal local à Oss. A Nimègue, il écrivit dans le journal De Gelderlander. Il fut aumônier des journalistes catholiques. L’école pour journalistes qu’il voulait fonder, ne verra le jour qu’après sa mort.

En 1923, lors de la fondation de l’Université catholique de Nimègue (aujourd’hui Université Radboud), il est professeur d’histoire de la philosophie et de la mystique. Une de ses leçons porte sur la mystique néerlandaise et flamande : il s’attache à montrer aux étudiants les racines religieuses des Pays-Bas. Par la suite, sa collection de reproductions de manuscrits religieux sera à l’origine du Centre d’Etudes Titus Brandsma, toujours à Nimègue.

Il aborde aussi avec ses élèves les problèmes du moment, le nazisme…

Titus reste d’abord un religieux : il devient membre du conseil général de l’Ordre du Carmel, qu’il veut renouveler.

En 1926, il est prieur à Nimègue, en 1929 il fonde un couvent à Doddendaal. 

Entre temps, il est co-fondateur d’un journal chrétien, Ons geestelijk erf (Notre patrimoine spirituel).

En 1932-1933, il est recteur de l’université et prend position fermement contre l’idéal nazi.

En 1935, il est le porte-parole de l’archevêché d’Utrecht et comme tel s’oppose ouvertement aux théories nazies et à la persécution des Juifs, dont il prend la défense dans une série de conférences en 1938-1939.

En 1940, les troupes hitlériennes envahissent les Pays-Bas ; Titus persuade audacieusement tous les rédacteurs de journaux catholiques de ne faire aucune publicité pour le parti national-socialiste, noyauté par les nazis. Titus est «noté» par les services d’information allemands.

Le 19 janvier 1942, il est arrêté à Nimègue, emprisonné à Arnhem, interrogé pendant deux jours à La Haye.

Prisonnier à Scheveningen jusqu’au 12 mars, il est interné dans le camp de transit de Amersfoort pendant plus d’un mois ; le Vendredi Saint, 3 avril, il tient encore une conférence pour les autres prisonniers sur la Passion du Christ.

Reconduit à Scheveningen du 28 avril au 16 mai, puis à Clèves du 16 mai au 13 juin, il est finalement transféré à Dachau, où il arrive la 19 juin. Sa santé est très affaiblie, il tombe parfois même dans le coma.

Paisiblement, il soutient le moral des codétenus, partage avec eux sa ration, et surtout les invite à pardonner à leurs ennemis, qui sont aussi des enfants de Dieu.

Lors d’un dernier passage à l’infirmerie, il reçoit une injection mortelle, dont il décède en quelques minutes, le 26 juillet 1942, en la fête de sainte Anne dont il avait reçu le nom au baptême.

Il fut béatifié en 1985.

 

 

Giuseppa De Micheli

1890-1945

 

Elle naquit à Milan le 11 septembre 1890, dans une famille profondément chrétienne, et reçut au Baptême les noms de Giuseppa Francesca Maria. Elle eut (au moins) un frère prêtre et deux sœurs religieuses.

Orpheline de père à deux ans, elle entendit l’appel de Dieu durant la cérémonie de vêture de sa sœur aînée (1909).

A douze ans, durant la cérémonie du Vendredi Saint, elle avait entendu en elle une voix qui lui disait : Personne ne me donnera un baiser, pour réparer celui du traître Juda ? Et au moment de la vénération de la Croix, elle embrassa de tout son cœur le visage du Crucifié.

En 1913, donc, elle entra chez les Filles de l’Immaculée Conception à Milan, récemment fondées par Eufrasia Jaconis, qui la reçut elle-même.

L’année suivante, elle prenait l’habit, et le nom de Maria Pierina.

En 1919, trois ans après la mort de la Fondatrice, Maria Pierina rejoignait l’Argentine. Sa dévotion principale était la contemplation de la Sainte Face du Christ bafoué et insulté.

En 1921, à Buenos Aires, elle fit les vœux perpétuels et revint en Italie. Deux ans après, mourait sa pieuse maman.

En 1928, elle était élue supérieure à Milan, et en 1930 déléguée de la Mère générale pour l’extérieur.

Au milieu de ces activités, elle eut une vie mystique très profonde. Jésus lui parlait. Durant le Carême de 1936, Il la fit participer aux douleurs de son agonie à Gethsémani, lui demandant de répandre la dévotion réparatrice envers sa Sainte Face : Chaque fois que l’on contemplera ma Face, mon amour se répandra dans les cœurs, et grâce à ma Sainte Face, on obtiendra le salut de beaucoup d’âmes.

Le 31 mai 1938, dernier jour du Mois de Marie, la Mère du Christ lui présenta un scapulaire où était écrit sur le devant Illumina, Domine, vultum tuum super nos (Seigneur, fais resplendir ta Face sur nous, cf. Ps 118:135), et sur l’autre côté se trouvait une Hostie brillante avec les mots Mane nobiscum, Domine (Reste avec nous, Seigneur, cf. Lc 24:29). Ceux qui le porteraient, qui visiteraient le Saint Sacrement chaque mardi, en réparation pour les offenses que reçut le Seigneur durant sa Passion, seraient réconfortés dans leur foi et mourraient dans la paix. 

Maria Pierina devait aussi faire frapper une médaille. Or c’est à ce moment que le fameux photographe Giovanni Bruner, de Trento, réalisa la photographie du Saint Suaire, qu’il présenta au cardinal Schuster, archevêque de Milan, lequel la transmit à son tour à Marie Pierina. C’est donc de la miraculeuse représentation de la Sainte Face que l’on s’inspira pour frapper cette nouvelle médaille. Plus tard, la Sainte Vierge expliqua que la médaille pouvait «remplacer» le scapulaire.

Le Seigneur fit comprendre à Maria Pierina combien Il était ignoré, et combien Il désirait l’institution d’une fête de réparation, qui aurait eu lieu le mardi précédant le Carême.

Toutes ces manifestations divines et ces grâces passaient presque inaperçues des Consœurs de  Maria Pierina, qui demandait au Christ de rester inconnue et cachée, tout en cherchant à s’immoler pour le salut des âmes.

En 1939, Maria Pierina fut élue supérieure de la nouvelle maison de Rome (Institut Saint-Esprit). C’était le début du conflit mondial, au terme duquel s’acheva en même temps la mission de Maria Pierina : en 1945, elle quitta Rome pour Milan, et mourut à Centonara d’Artó (Novare), le 26 juillet 1945.

La fête de la Sainte Face n’a pas (encore) été instituée, mais le cardinal Schuster répandit avec zèle la dévotion à la Sainte Face, fondant la congrégation bénédictine des Sœurs Réparatrices de la Sainte Face. Les bénédictins silvestrins la répandirent à leur tour au sanctuaire de Bassano Romano et à Clifton (USA).

Maria Pierina fut béatifiée en 2010.

 

 

Ġorġ Preca

1880-1962

 

Ġorġ (Georges) naquit à La Vallette (Malte) le 12 février 1880, de Vincenzo et Natalina Ceravolo, et fut baptisé le 17 suivant.

En 1888, il reçut la Première Communion à Hamrun, où s’était établie la famille.

Après le lycée, il entra au séminaire de Malte. Diacre, il fut mortellement malade mais, raconta-t-il, fut guéri par l’intercession de saint Joseph.

Il fut ordonné prêtre en 1906.

Déjà avant d’être prêtre, il rassemblait des jeunes pour leur parler de l’Evangile. Une fois ordonné, il fonda en 1907 la Société de la Doctrine Chrétienne, destinée à former des laïcs pour la catéchèse, dont le premier supérieur était un de ses «garçons», ouvrier des chantiers navals, gagné par l’enseignement de Ġorġ.

Cette Société porta d’abord le nom de MUSEUM, acrostiche de Magister, utinam sequatur Evangelium universus mundus ! (Maître, puisse le monde entier suivre l’Evangile !).

En 1910 fut créée la branche féminine de l’œuvre. Tous les membres de la société seraient des laïcs, célibataires, modestement vêtus, vivant simplement, passant suffisamment de temps dans la prière et l’étude.

Malgré le succès de ce départ, l’évêque lui demanda de fermer ses centres, car l’idée d’évangéliser les ouvriers par des ouvriers était trop révolutionnaire à cette époque… Ġorġ obéit. Ce fut une longue période de souffrance, durant laquelle on accusa même Ġorġ de folie (tant qu’à faire, il aurait même été un homosexuel contrarié). Ġorġ prêcha à ses amis le pardon et conserva toute sa sérénité : l’évêque ordonna une enquête en 1916, dont les conclusions furent favorables à Ġorġ, mais il fallut attendre 1932 pour la reconnaissance canonique.

Durant cette retraite forcée, Ġorġ entra dans le Tiers-Ordre carmélitain (1918) sous le nom de Fra Franco (d’après le bienheureux Franco Lippi, un ermite carme) ; il suggéra à tous ses amis de porter le scapulaire du Carmel.

En 1952, des membres partirent pour l’Australie ; des centres furent ouvert ensuite en Angleterre, en Albanie, au Kenya, au Soudan et au Pérou.

Ġorġ Preca mourut le 26 juillet 1962 à Santa Venera (Malte), laissant derrière lui de nombreux ouvrages et une œuvre apostolique qu’il avait préconisée soixante ans avant le concile de Vatican II.

Son zèle apostolique, par référence à saint Paul qui a évangélisé l’île de Malte, l’ont fait appeler le second apôtre de Malte. Les Maltais l’ont affectueusement surnommé Dun Ġorġ, don Georges.

Ġorġ Preca fut béatifié en 2001 et canonisé en 2007, premier saint de l’île de Malte (du moins après saint Publius, du 1er siècle, qui fut évêque d’Athènes, dont dépendait alors Malte ; Ġorġ au contraire, n’était «que» maltais).

Le miracle retenu pour la canonisation si rapide du prêtre maltais, fut la guérison inattendue et incroyable, inexplicable, d’un Maltais dont l’œil gauche souffrait d’un décolement de rétine incurable. Or, le malade, sorti de l’hôpital, se confia à l’intercession de Ġorġ Preca, glissant sous son oreiller un tissu ayant appartenu au prêtre. Le docteur put constater le miracle et en témoigner : ce docteur devint ensuite président de Malte (Ċensu Tabone).

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