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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 23:00

27 JUILLET

 

III.

Sept Saints Dormants, retrouvés vivants à Ephèse au Ve s. dans la caverne où ils avaient été emmurés : Ioannis, Maximianus, Constantinos, Martinianus, Malchus, Serapion, Dionysios.

IV.

S Pantaleimon, martyr à Nicomédie ; il était médecin, c'est un des protecteurs des médecins.

S Desideratus, évêque à Besançon, mort à Lons-le-Saunier.

V.

S Ursus, évêque à Troyes.

S Cælestinus Ier, pape (422-432) ; il affirma son autorité à propos du semi-pélagianisme et du nestorianisme (concile d'Ephèse, 431). 

S Siméon Stylite, syrien, ermite à Tellnesin ; sa colonne lui permettait d'éviter les foules.

S Ursus, abbé, fondateur de monastères : Heugnes, Toiselay, Pontigny, Sennevières, Loches.

VI.

S Leubais, abbé à Sennevières, un des monastères fondés par s. Ursus.

S Fronimus, évêque à Metz.

S Laurent, évêque à Milan ; il se prononça pour le pape légitime, Symmaque.

S Ecclesius, évêque à Ravenne.

S Galactorius, deuxième évêque à Lescar ; il mourut assassiné les Wisigoths et fut considéré martyr.

B Ethère, évêque à Auxerre.

VIII.

Bse Anthousa, moniale à Mantineon, cruellement torturée et exilée pour son zèle pour les saintes images. 

IX.

SS Aurelio et Natalia (ou Sabigothe), Félix et Liliosa, deux couples martyrs à Cordoue, avec s. Jorge, diacre originaire de Palestine.

IX.-X.

SS Apôtres de Bulgarie, outre les ss. Cyrille et Méthode : Clement (évêque à Ochrida), Gorazd, Naum, Sava, Angelariy

XII.

B Berthold Ier, abbé à Garsten, après avoir été veuf à trente ans.

S Raimondo Palmerio, qui perdit en une année ses cinq premiers enfants (le sixième sera religieux) ; il fit beaucoup de bien dans Plaisance.

XIII.

B Hugues, enfant de huit ans martyrisé par des juifs à Lincoln.

B Novellone, tertiaire franciscain à Faenza, vénéré par les cordonniers.

XIV.

Bse Lucia Bufalari, sœur du b. Giovanni de Rieti, augustine, prieure à Amelia.

XVI.

B Robert Sutton, prêtre gallois martyr, béatifié en 1987.

B William Davies, prêtre écossais martyr, béatifié en 1987.

XVII.

Bse Maria-Maddalena Martinengo, capucine à Brescia, deux fois abbesse, aux mortifications  très étranges et nombreuses.

XX.

Bse María Grazia Tarallo de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1866-1912), de la congrégation des Crucifiées Adoratrices de l'Eucharistie près de Naples, après que son mari, tombé malade le soir même du mariage civil, mourut six mois plus tard, avant le mariage à l'Eglise ; modèle d'obéissance, béatifiée en 2006.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : à Barcelone, le prêtre José Caselles Moncho (*1907), les clercs Felipe Hernández Martínez et Zacarías Abadía Buesa, et le profès Jaime Ortiz Alzueta, tous trois nés en 1913 ;

Franciscains Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Modesto Vegas y Vegas (*1912) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Tolède, Joaquín de la Madrid Arespacochaga (*1860) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Narcis Serra Rovira (Ramon Eloi), Francesc Pujol Espinalt (Honest María) et Antoni Tost Llabería (Francesc Magí) (*1876, 1894, 1915) ;

Dominicaines de l’Annonciation : à Barcelone, Ramona Fossas Románs, Adelfa Soro Bó, Reginalda Picas Planas, Teresa Prats Martí, Ramona Perramón Vila, Rosa Jutglar Gallart, et la jeune Otilia Alonso González (*1881, 1887, 1895, 1896, 1898, 1900, 1916) ;

Salésiens : à Guadalajara, le prêtre Andrés Giménez Galera (*1904);

- béatifiés en 2013 :

Bénédictins : près de Barcelone, le prêtre Ángel María Rodamilans Canals (*1874) ;

Diocésains : près de Tarragona, Josep Bru Boronat (*1883) ;

Clarétains : près de Sigüenza, le prêtre José María Ruiz Cano (*1906) ;

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Cordoue, le prêtre José María González Delgado (*1908) ;

- béatifié en 2015 :

Diocésain et Cistercien : à Aytona, Josep Camí y Camí (*1907), postulant à la Trappe de Viaceli ;

- béatifié en 2017 :

Lazaristes : à Madrid, le prêtre José Ibañez Mayandia (*1877) ;

- béatifiés en 2018 :

S.Pierre aux Liens : près de Barcelone, le prêtre Cirilo Illera del Olmo (Teodoro, *1883), les profès Jacinto Gómes Peña (Joaquín), Emilio Puente González (Bernardo), Joaquín Puente González (Jacinto) (*1895, 1911, 1915), le convers José Franco Ruiz (Máximo, *1906) ;

- béatifié en 2020 :

Capucins : à Manresa, le prêtre Joan Romeu Canadell (Domènec de Sant Pere de Riudebitlles, *1882).

Bse Helena Staszewska (Maria Klemensa de Jésus Crucifié, 1890-1943), supérieure ursuline à Rokiciny Podhalanskie, où elle cacha des jeunes filles juives, morte à Auschwitz, béatifiée en 1999. 

Dormants d’Ephèse

† 250

 

Vers 250, sept chrétiens, peut-être jeunes hommes, peut-être soldats, se seraient réfugiés dans une caverne près d’Ephèse, où il se réveillèrent deux siècles plus tard, pour se rendormir ensuite définitivement.

Selon les versions, ils auraient été huit. Mieux : on les aurait emmurés dans cette caverne, et on les aurait retrouvés vivants au 5e siècle.

Ils avaient (ou on leur a donné) les noms suivants : Ioannis, Maximianus, Constantinus, Martinianus, Malchus, Serapion, Dyonisios (il manque éventuellement le huitième).

Le Martyrologe précise qu’ils se seraient «endormis» après leur martyre.

Ce récit est bien mystérieux. On a tenté d’expliquer que ces Martyrs, par leur «réveil» momentané, auraient par là voulu témoigner de la réalité de la Résurrection.

Mais comment concilier qu’il se fussent réfugiés et qu’ils eussent été martyrisés ?

Et comment expliquer qu’un tel miracle ait eu si peu de témoignages et de confirmations ?

Peut-être se sont-ils manifestés par une apparition ? Mais à qui ?

Les saints Dormants d’Ephèse sont commémorés le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Pantaleimon de Nicomédie

† 303

 

Pantaleimon (qui est devenu en latin Pantaleo) était un médecin à la cour de l’empereur Maximien. 

On recourait volontiers à ses services, car il avait de grandes connaissances et surtout parce qu’il exerçait gratuitement. Aussi l’a-t-on appelé anargyre, sans argent, comme les saints Cosme et Damien (v. 26 septembre).

Chrétien, il aurait un moment apostasié, mais aurait été ramené à la foi grâce à un certain Hermolaos, prêtre, qui fut lui aussi décapité avec deux autres Compagnons nommés Hermippe et Hermocrate qui, cependant, ne sont pas mentionnés dans le Martyrologe.

Dénoncé comme chrétien, torturé longuement, il supporta miraculeusement plusieurs supplices (le feu, le chevalet…) et fut à la fin décapité.

Pantaleimon est un des patrons célestes du corps médical.

Saint Pantaleimon de Nicomédie est commémoré le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Desideratus de Besançon

† 4e siècle

 

Desideratus (Désiré) aurait été le dixième évêque de Besançon (Doubs, France). Mais les listes ne sont pas absolument concordantes, et l’une d’elles le présente comme le deuxième évêque, ce qui est très probablement une erreur.

L’erreur est bien compréhensible, mais difficilement résolvable, dans la mesure où l’on affirme que le premier évêque de Besançon serait le même s.Lin qui fut le successeur de s.Pierre à Rome, au premier siècle.

Désiré dirigea donc ce diocèse de Besançon au 4e siècle.

Il s’endormit dans le Seigneur à Lons-le-Saunier (Jura), vers 370.

Saint Desideratus de Besançon est commémoré le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cælestinus Ier

422-433

 

Fils du romain Priscus, il est diacre de l’église de Rome en 416.

A la mort de Boniface Ier, il est élu à l’unanimité et devient le quarante-troisième pape.

Il estimait beaucoup saint Augustin d’Hippone, et en imposa la doctrine contre le pélagianisme et le semi-pélagianisme ; dans cette lutte il s’appuya fortement sur de grands noms de l’époque : Palladius en Angleterre, Patrick pour l’Irlande, Germain d’Auxerre, Loup de Troyes, Prosper d’Aquitaine et Hilaire de Poitiers en Gaule.

Quant à l’erreur de Nestorius, qui devait aboutir au concile d’Ephèse (431), elle fut condamnée solennellement, tandis que triomphait la doctrine de Cyrille d’Alexandrie sur le titre de Theotokos (Mère de Dieu), attribué à Marie et contesté par Nestorius. Ce dernier d’ailleurs ne s’était pas présenté au concile ; déjà condamné à Rome en 430, il fut déposé du siège de Constantinople, excommunié, remplacé par Maximien. Le pape approuva ces décisions.

D’autres lettres du pape Célestin Ier aux évêques de Viennoise et de Narbonnaise rappellent l’interdiction de porter un autre vêtement qu’une tenue ecclésiastique ; la nullité d’une ordination épiscopale, si le candidat n’a pas franchi tous les degrés du sacrement de l’ordre ; l’interdiction aux métropolitains de s’ingérer dans d’autres diocèses que ceux de leur ressort.

Nous ne sommes qu’au cinquième siècle, et nous voyons que le pape doit toujours veiller à la discipline dans les rangs de l’Eglise.

Il est dit que Célestin Ier eut un pontificat de neuf ans, dix mois et dix-sept jours, ce qui fixe la date de sa mort au 26 ou au 27 juillet.

Dans la dernière édition du Martyrologe romain, le pape Cælestinus est commémoré au 27 juillet. 

Après lui siégea sur le trône de saint Pierre saint Sixte III.

 

 

Siméon Stylite

 390-459

 

Vie insolite, admirable, étonnante, inimitable !

Siméon fut le fils d’un pauvre berger de Cilicie et naquit sur les confins de la Syrie. Il commença par garder les troupeaux de son père. 

A treize ans, il fut spécialement ému en entendant un jour à l’église, la lecture des béatitudes évangéliques : Bienheureux ceux qui pleurent… Bienheureux ceux qui ont le cœur pur… Il en demanda à un vieillard quelque explication et comment atteindre ce bonheur. Le vieillard répondit : Prière continuelle, veilles, jeûnes, humiliations, larmes, support patient des persécutions, telle est la voie qui conduit au vrai bonheur ; une vie de solitude offre les meilleures occasions de pratiquer la solide vertu.

Siméon alors se retira à l’écart, se prosterna la face contre terre, suppliant Dieu de le conduire dans les sentiers qui mènent à la perfection et au bonheur.

S’étant endormi, comme il l’a raconté lui-même, il lui semblait voir en songe les fondations d’une maison qu’il construisait et, comme il s’arrêtait de temps en temps pour respirer, une voix lui disait de creuser encore plus profondément. Quand la profondeur fur atteinte, la voix lui dit alors de construire à la hauteur qu’il voulait. Les actions de Siméon furent tellement au-dessus de ce que peut la nature, qu’elles demandaient de profondes fondations pour assurer la solidité de l’édifice.

Siméon rejoignit d’abord quelques ascètes qui vivaient par là, avec lesquels il vécut deux années. Désireux de plus grande perfection, il gagna Téléda (à une cinquantaine de kilomètres d’Alep) où il vécut une dizaine d’années. Ses trop grandes austérités le firent un moment expulser du monastère : c’est que sa conduite était trop austère pour les autres moines. En effet, il ne mangeait qu’une fois la semaine, se faisait une ceinture avec des branches de palmier - qui le mirent en sang. 

Il quitta vraiment le monastère pour une petite cellule près de Tellnesin, non loin d’Antioche. Il s’y fit emmurer, avec seulement dix pains et une cruche d’eau pour passer les quarante jours du carême. Au moment de Pâques, Siméon n’avait pas touché aux pains ni à l’eau, mais gisait à terre sans forces ; ayant reçu l’eucharistie, il reprit des forces et mangea un peu. Il répéta près de trente fois ce jeûne quarésimal, restant d’abord quelques jours debout pour louer Dieu, puis il se mettait assis et, les derniers jours, il se couchait. Plus tard il put même se passer de ces “adoucissements”. 

Ceci dura trois années. Siméon gagna alors une hauteur voisine et, dans un enclos circulaire, il se fit mettre au pied une grosse chaîne de vingt coudées, fixée à l’autre bout, pour ne pas excéder le rayon qu’il s’était tracé. Il s’occupait ainsi à la contemplation.

Siméon eut la visite d’un évêque d’Antioche, qui lui suggéra qu’il valait mieux être enchaîné par la volonté que par une chaîne, et là Siméon montra sa vraie sainteté, car il acquiesça au conseil et se fit retirer la chaîne du pied.

La renommée d’un tel ascète ne pouvait pas ne pas s’étendre au loin ; on parla, on vint, on lui demanda des prières, il fit des miracles, tant et si bien qu’il n’avait plus sa sereine solitude. Il résolut, pour s’isoler, de construire une colonne. Cette colonne, en grec stylos, est à origine du nom de Stylite qui fut donné à Siméon.

Sa colonne eut d’abord six coudées de haut, puis douze, bientôt vingt-deux, enfin quarante.

Siméon s’y tenait debout, par tous les temps, avec seulement un bonnet sur la tête. Il priait, s’inclinait pour s’humilier devant Dieu : certains comptèrent ses inclinations, qui allèrent jusqu’à douze cent quarante-quatre ; Siméon touchait presque du front le bout de ses pieds. La station debout prolongée lui provoqua un pénible ulcère au pied. L’exposition au soleil le rendit aveugle.

L’après-midi, l’ascète prêchait à ceux qui étaient au pied de la colonne, recommandant le détachement de la terre, le mépris des biens du monde, la crainte du châtiment dû au péché. Le reste de la journée passait en prière.

Les témoins ont exalté son humilité, sa douceur, sa disponibilité pour être tout à tous. Quelques moines d’Egypte cependant osèrent le blâmer, sans doute jaloux de tant de perfection. On vint le voir de toute la Syrie, bien sûr, mais de tout l’Occident, de l’Espagne, de la Bretagne, de la Gaule…

Il mourut sur sa colonne le 2 septembre 459, à l’âge de soixante huit ans. Ses obsèques furent l’occasion d’autres prodiges. Il fut enterré à Antioche.

Quoique mort le 2 septembre, les Grecs le commémorent le 1er septembre, tandis que les Latins l’ont longtemps commémoré le 5 janvier, pour l’inscrire maintenant le 27 juillet au Martyrologe.

 

 

Ursus 

Ve-VIe siècle

 

Ce qu’on sait sur ce saint abbé de monastère, c’est qu’il était né à Cahors, et qu’il était rempli de l’amour de Dieu dès son enfance.

Ursus (Ours) vint en Berry et fonda trois monastères : Heugnes, Toiselay, Pontiniacum (Pontigny).

Puis il passa en Touraine où il construisit un oratoire et un monastère à Sennevières.

Ce fut le tour de Loches, sur l’Indre, dans le creux d’une montagne au-dessus de laquelle s’élève un château célèbre, qui porte le même nom que le monastère. Là il décida de ne plus aller ailleurs et d’y travailler de ses mains avec d’autres moines.

Saint Grégoire de Tours, l’unique source dont nous disposions, mentionne la grande abstinence qu’il s’imposait pour la nourriture et la boisson ; il le dit aussi thaumaturge, chassant les démons d’un souffle sur les pauvres énergumènes possédés. Il fit d’autres miracles.

Un de ceux-ci concernait le moulin qu’il fit construire sur l’Indre, pour faciliter le travail manuel des moines. Il créa un canal entre deux rangées de pieux, avec de gros amas de pierres pour faire des écluses et y amena l’eau pour que le courant fît tourner la roue du moulin. Mais un certain Sichlarius voulut s’emparer du moulin et, comme l’abbé Ours s’y refusait, en construisit un autre à proximité, provoquant l’inondation sous la roue du moulin des moines et l’empêchant de tourner. L’abbé fit prier, demanda des prières à tous les autres monastères qu’il avait fondés, et s’enferma lui-même dans son oratoire. Trois jours après, la roue tournait comme auparavant, mais surtout le moulin pirate avait totalement disparu.

Quand Ours mourut, les énergumènes et les aveugles furent guéris auprès de son tombeau.

Le souvenir du saint abbé Ours demeura longtemps à Loches, où l’église Saint-Ours fut détruite à la Révolution. Quant au moulin, paraît-il, il existait encore au XVIIIe siècle.

Saint Ours est commémoré au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

Galactorius de Lescar

† 507

 

Saint Galactorius (Galactoire) est le deuxième évêque connu de Beneharnum, l’ancienne cité de Lescar, après s.Iulianus Ier.

Au concile d’Agde de 506, il signa Galactorius, episcopus de Benarno. Mais Iulianus étant mort vers 450, l’épiscopat de Galactorius commença probablement vers cette année-là.

La ville de Beneharnum fut détruite par les Normands en 841 et au 10e siècle fut construite la ville de Lescar.

On attribuait à Galactorius un fait d’armes notoire : face aux envahisseurs wisigoths, il aurait conduit son armée diocésaine au secours des Francs de Clovis, mais fut surpris et tué à Mimizan, ayant refusé d’apostasier (507). C’est ce qui lui valut le titre de martyr.

La critique historique propose une autre thèse. Les Wisigoths se retiraient après leur défaite de Vouillé et, par esprit de vengeance, mirent à mort l’évêque Galactorius qu’ils trouvèrent sur leur chemin.

Les reliques du Martyr furent dispersées par les Protestants.

Le diocèse de Lescar fait actuellement partie de celui de Bayonne.

Saint Galactorius de Lescar est commémoré le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ecclesius de Ravenne

† 532

 

Cælius Ecclesius fut le vingt-quatrième évêque de Ravenne. Peu avant lui avait siégé un évêque arien.

Son épiscopat dura de février 522 à juillet 532 ou 533.

On le décrivit comme étant de taille moyenne et d’aspect aimable. Mais surtout, il se montra très habile pour rester indépendant entre l’influence du roi Theodoricus, de l’empereur Justin et des ariens.

En 525, il faisait partie de l’expédition à Constantinople, au retour de laquelle le pape Jean Ier et ses assistants furent arrêtés (v. 18 mai). Ecclesius, cependant, ne fut pas inquiété.

Au retour de cette pénible mission, E. construisit à Ravenne la basilique de Sainte-Marie-Majeure, puis poursuivit la construction du Tricoli (le palais épiscopal) et fit bâtir Saint-Vital.

Il y eut une vague de contestation d’une partie du clergé de Ravenne, concernant diverses questions de droits, de propriétés, de rangs, qui fut portée devant le pape Félix IV. Ce dernier prit les décisions qui s’imposaient, après avoir reproché aux dissidents d’avoir manqué de respect et d’obéissance.

Saint Ecclesius de Ravenne est commémoré le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

Anthousa de Mantineon

700-771

 

Il a été question de cette Anthousa le 18 avril, car c’est précisément d’elle qu’il s’agissait à propos de la fille de l’impératrice Eudokia. 

Celle d’aujourd’hui est aussi désignée comme de Constantinople, mais à tort comme on va le voir. La localité où elle vécut se nommait Mantineon, qu’on situe en Paphlagonie (Asie Mineure N, sur la Mer Noire), donc fort loin de Constantinople.

Elle naquit vers 700, de Strategios et Febronia.

Les affaires du monde ne l’intéressaient pas ; comme Jean Baptiste, elle se retira bientôt dans la solitude des montagnes et des grottes. Elle pratiqua certaines mortifications, s’imposant des chaînes de fer et des cilices. Quand elle rencontra le prêtre Sisinnios, elle l’entretint sur la construction d’une église en l’honneur de la Sainte Mère de Dieu. Sisinnios lui donna d’abord beaucoup de conseils et d’instructions, éprouva sa vertu d’obéissance en lui commandant de s’introduire dans un four brûlant - dont elle sortit parfaitement indemne -, lui annonça clairement ce qu’allait être sa vie future et la congédia en lui annonçant quand il mourrait lui-même.

Tout se passa comme il l’avait dit. Bientôt une trentaine de femmes rejoignirent Anthousa. Après la mort de Sisinnios, le grand nombre de moniales et de moines poussa Anthousa à construire deux églises avec cellules attenantes. Vers 740, deux monastères s’établirent : un pour les religieuses avec une église dédiée à la Sainte Vierge, un pour les moines avec une église dédiée aux saints Apôtres.

Le monastère des hommes se trouvait sur la côte, tandis que celui des femmes était sis sur une île d’un lac «Perkile» (?), et sa supérieure était également à la tête du monastère d’hommes. Un moine apportait aux moniales leur nourriture, et en rapportait aux hommes les habits qu’elles leur confectionnaient. Le problème du «double monastère» fut plusieurs fois posé par l’Eglise de Byzance, qui n’acceptait pas l’existence de deux monastères si rapprochés ; mais dans le cas de Mantineon, les deux communautés étaient bien et réellement séparées.

Un des moines fut s.Romanos le Néomartyr (victime des Arabes en 780, fêté chez les Orientaux le 1er mai). C’est peut-être de lui qu’il s’agit quand on parle de son neveu.

La fidélité totale d’Anthousa et des deux communautés fut bien connue et le bruit en parvint aux oreilles de l’empereur Constantin Copronyme. Celui-ci envoya un de ses hommes de main avec une troupe pour aller convaincre Anthousa de se rallier aux idées de l’iconoclasme. Les soldats commencèrent par se saisir des nombreuses icônes du monastère, puis leur chef fit venir Anthousa et son neveu pour les interroger ; le neveu fut cruellement fouetté presque jusqu’à la mort, puis relâché ; on maltraita ensuite Anthousa fort durement : on la fouetta avec des lanières de cuir en lui maintenant écartés les bras et les jambes, on lui imposa sur la tête des icônes préalablement brûlées et encore incandescentes, on lui brûla la plante des pieds avec des charbons ardents. Les bourreaux furent bien déçus de constater que, par la force divine, Anthousa demeura absolument indemne ; enfin, on la força à l’exil ou du moins à quitter son monastère.

Plus tard, de passage avec toute son armée, l’empereur voulut la retrouver et à nouveau l’interroger, mais la prière d’Anthousa lui enleva la vue et l’empêcha d’aller au bout de ses intentions. C’est à ce moment- là qu’elle aurait prophétisé à l’impératrice Eudokia l’heureuse naissance de sa fille (757).

Là-dessus, on ne sait au juste quelle fut la fin d’Anthousa : soit elle put enfin revenir dans son monastère, soit elle mourut en paix en exil, en la fête d’un Saint qu’elle aimait particulièrement, Pantaléon (ou Pantalemon), le 27 juillet, vers 771. On lit aussi çà et là qu’elle fut torturée et martyrisée avec quatre-vingt-dix moniales, mais il ne semble pas que ce soit la vérité : le Martyrologe est plutôt de l’opinion qu’elle mourut en paix chez elle. 

Des miracles se produisirent à sa tombe.

Sainte Anthousa de Mantineon est commémorée le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Jorge, Aurelio et Natalia, Félix et Liliosa de Cordoue

† 852

 

Il s’agit ici de cinq Martyrs de la persécution islamique de Cordoue, sous Abderramane II, dont les informations nous ont été rapportées par s.Eulogio (v. 11 mars).

On sait combien est exigeante la loi coranique, qui ne supporte pas la moindre critique du monde et de la religion islamique et les punit de mort.

L’évêque de Cordoue convoqua un concile en 852, où l’on rappela l’interdiction pour les Chrétiens, de se présenter volontairement à la torture et à la mort. Mais certains jugèrent qu’il ne fallait pas hésiter à rendre témoignage à la Foi et, s’opposant au silence de beaucoup, préférèrent parler ouvertement, cherchant par là à affermir les cœurs faibles et, si possible, à convertir des Musulmans à la Vérité.

 

Jorge était un moine, peut-être diacre, originaire de Palestine, dont le nom pourrait donc être Georgios. C’était un grand ascète, d’humeur toujours égale, qui avait porté la mortification jusqu’à se priver de bain pendant trente ans. Etranger, il pouvait être ignoré mais il ne cacha pas sa Foi.

Aurelio était né d’un Arabe et d’une Espagnole de la haute société. Devenu orphelin, il fut élevé chrétiennement par une tante. Devenu grand, il crut licite un certain conformisme aux usages des autorités occupantes, mais sans abandonner sa religion chrétienne.

Natalia (qui portait aussi le nom de Sabigothe) était née vers 825, fille de parents musulmans mais, à la mort de son père, fut amenée au christianisme par son beau-père, que sa mère épousa en secondes noces. Le couple d’Aurelio et Natalia avait une petite fille. Natalia assista au martyre d’un certain Juan (différent de celui du 27 septembre) et conçut désormais le désir, partagé par son époux, de témoigner ouvertement le Christ.

Félix était un cousin d’Aurelio et se comportait à peu près comme ce dernier.

Liliosa, l’épouse de Félix, était la fille de Chrétiens «clandestins» et, de concert avec son époux, pratiquait à la maison la Foi chrétienne, dans la prière et l’amour de l’Evangile. 

Et voici comment s’enchaînèrent les événements. Aurelio vit un jour passer dans la rue tout un attroupement autour d’un Chrétien qu’on avait juché sur un âne mais tourné vers la queue de l’animal : chacun était invité à le fouetter, le frapper, l’insulter ; le pauvre homme avait le dos en sang.

Aurelio jugea que son attitude avait été jusque là une trahison. Avec Natalia son épouse, ils décidèrent désormais de vivre dans la pénitence et la charité ; ils mirent de côté ce qui aurait été nécessaire à l’entretien de leur fillette. Natalia retira ouvertement le voile des femmes musulmanes.

Liliosa fit de même.

Les deux couples ne tardèrent pas à être convoqués, et Jorge avec eux. On leur donna quatre jours pour réfléchir et se rétracter. Tous restèrent fidèles au Christ. Jorge n’hésita pas à traiter le Fondateur de l’Islam de ministre de l’Antichrist et labyrinthe de tous les vices.

Tous les cinq furent condamnés à mort et décapités : d’abord Félix, puis Jorge, Liliosa, Aurelio et Natalia.

C’était le 27 juillet 852.

Ils sont tous cinq commémorés le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sava Sedmotchislenik

810-920

 

On se reportera utilement d’abord à la notice Clement d’Ohrid

Très peu de choses nous ont été transmises à propos de Sava (Sabas).

Les dates ci-dessus sont les extrêmes qu’on peut envisager pour la vie de Sava.

Il serait né entre 810 et 840.

Ce fut un clerc bulgare, et adhéra aux saint Cyrille et Méthode (v. 14 février), ce qui lui valut les titres d’ élu et coryphée parmi les élèves de ces deux Saints, et participa fidèlement à leur mission.

Il mourut vers les années 880-890, ou même plus tard, incertitude qui lui donnerait une durée de vie variant de quarante à cent-dix ans.

Longtemps oublié, saint Sava Sedmotchislenik est commémoré le 27 juillet dans le Martyrologe Romain, en même temps que les missionnaires de Bulgarie Clement, Gorazd, Naum et Angelariy.

 

 

Naum de Preslav

830-910

 

Se reporter d’abord à la notice Clement d’Ohrid

Pour compléter cette notice, ajoutons ici que Naum naquit vers 830 en Mésie, une région recouvrant à peu près la Serbie, la Bulgarie Nord et une portion de la Roumanie.

Ses parents étaient de famille noble, mais Naum préférait le Christ à la richesse du monde. Il suivit bientôt les frères Cyrille et Méthode (v. 14 février).

Il fut ordonné prêtre à Rome en 868, comme Clement. 

Après l’accueil très favorable que réserva le roi Boris aux missionnaires, Naum fut chargé de l’école de Preslav, ce qui explique qu’on l’ait nommé de Preslav, Preslavski. Il y resta jusqu’en 893, avant de passer à Ohrid.

En 895 ou 905, il fonda non loin d’Ohrid une église et un grand monastère dédiés à s.Michel (v. 29 septembre).

Il mourut le 23 décembre 910.

Le monastère qu’il fonda porte actuellement le nom de Saint-Naum.

Saint Naum de Preslav est commémoré le 27 juillet dans le Martyrologe Romain, en même temps que les autres missionnaires de Bulgarie de la même époque : Clement, Gorazd, Saba et Angelariy.

 

 

Clement d’Ohrid

840-916

 

Il serait né vers 840 à Ohrid (Koutmitchevitsa), une région de l’empire bulgare correspondant actuellement à peu près à la Macédoine.

Très jeune, il connut et suivit s.Méthode (v. 14 février) et accompagna les deux frères Cyrille et Méthode dans leur mission en Moravie (863), et à Rome (868).

C’est à Rome que Clement fut ordonné prêtre.

Après la mort de Cyrille, il accompagna Méthode en Pannonie (Hongrie) et Moravie.

En 885, mourut Méthode. Clement devait poursuivre l’œuvre des premiers apôtres bulgares. Clement organisa alors avec un autre disciple de Méthode, Gorazd, la «bulgarisation» du clergé morave d’origine germanique, qui s’entêtait à célébrer et catéchiser en latin : ils furent emprisonnés et expulsés de Moravie.

Le roi bulgare Boris les invita alors à Pliska, pour leur confier la formation du clergé. Il y voyait une excellente occasion de contrer l’influence grandissante du clergé de Byzance et celle du clergé germanique. En favorisant la liturgie en vieux-slave, Boris pensait à juste titre renforcer la cohésion de son peuple et son indépendance politique.

Ce furent alors cinq missionnaires qui se présentèrent à Boris : Clement, Gorazd, Naum, Sabas et Angelariy.

Boris favorisa l’ouverture de deux écoles de vieux-slave à Preslav et Koutmitchevitsa.

Gorazd fut, pratiquement, évêque d’Ohrid, suivi à sa mort par Clement.

De 886 à 893, Clement forma plusieurs milliers de disciples à l’alphabet glagolithique et au vieux-slave. D’abord titulaire du siège de Velitsa, il mourut avec le titre d’archevêque d’Ohrid, en 916.

L’activité, la persévérance, les écrits et traductions de Clement en ont fait un «fondateur» de la Bulgarie chrétienne et moderne. 

Les cinq missionnaires dont on vient de parler moururent à des dates différentes (par exemple Naum le 23 décembre 910), mais sont commémorés ensemble le 27 juillet dans le Martyrologe Romain.

Berthold de Garsten

1090-1142

 

Berthold appartenait sans doute à la famille du prévôt de Regensburg et des Comtes de Bogen et serait né près du lac de Constance. On a dit qu’il se serait retiré du monde après son veuvage, vers trente ans.

Moine, bibliothécaire et sous-prieur au couvent bénédictin de Saint-Blaise en Forêt-Noire, il fut prieur à Göttweig en 1107.

Le margrave Ottokar de Steyr le chargea de fonder un nouveau monastère à Garsten, où Berthold devint abbé à partir de 1111.

Excellent père spirituel, Berthold donna l’exemple du confesseur assidu, à une époque où le Sacrement de la Réconciliation était un peu oublié des laïcs. Les fidèles venaient nombreux à cette abbaye et l’abbé pensa d’abord au salut de leurs âmes. Il reçut ainsi l’empereur Conrad III.

L’affluence fut telle que Berthold fit construire une hôtellerie, un hôpital. L’abbaye reçut d’amples donations et connut une période prestigieuse.

Berthold importa à Garsten la réforme de Hirsau, qui s’inspirait de celle de Cluny.

Le saint abbé mourut le 27 juillet 1142 et fut bientôt «canonisé» par la voix populaire ; l’évêque l’inscrivit même au nombre des Saints au 13e siècle, mais le culte n’en fut officiellement reconnu qu’en 1970.

Le monastère de Garsten sert actuellement de Palais de Justice.

 

 

Raimondo Zanfogni Palmerio

1140-1200

 

Raimondo Palmerio naquit à Plaisance (Italie NC) d’une famille de la moyenne bourgeoisie.

Tout petit, on lui enseigna le métier de sabotier. A douze ans, il fut placé par ses parents pour apprendre le métier du commerce. Mais à la mort du papa, Raimondo fit avec sa mère le pèlerinage à Jérusalem ; sur le chemin du retour, la maman mourut. Raimondo pouvait avoir une quinzaine d’années.

A Plaisance, il fut aidé par des parents, et se maria.

Dieu voulut que les cinq enfants qu’il eut moururent bientôt. Raimondo proposa à son épouse de se consacrer tous les deux ; mais l’épouse enfanta à nouveau, en 1174, un garçon qui s’appela Gerardo. Raimondo le consacra à Dieu.

Cette chère épouse mourut à son tour. Sans attendre, Raimondo confia son fils aux beaux-parents, et partit cette fois-ci à Compostelle.

Il revint par différents lieux de pèlerinage et, à Rome, eut une vision qui l’invitait à regagner Plaisance.

A Plaisance, il se donna entièrement au soulagement de ceux qui en avaient besoin, veuves, orphelins, prisonniers, bagarreurs aussi (et les gens de Crémone le mirent même en prison quelques heures !). Il arracha des prostituées à la délinquance. Il fonda un hospice pour les pauvres. Il allait jusqu’à implorer des magistrats ou de l’évêque l’interdiction de certains jeux violents et dangereux.

Le 27 juillet 1200, assisté de son grand fils auquel il suggéra d’entrer en religion, il adressa une belle prière au Crucifix et mourut paisiblement. 

Gerardo fut un des premiers chanoines auxquels fut confié la garde du tombeau de Raimondo. Le culte de ce dernier fut reconnu en 1576. Il aurait même été canonisé en 1602.

 

 

Petit Hugues de Lincoln

1247-1255

 

Il n’est pas rare de rencontrer d’anciens récits de mort rituelle exécutée par des Juifs sur des enfants. C’est le cas affreux du petit garçon dont il est question ci-après.

Hugues, un petit garçon de huit ans, aurait été enlevé et mis à mort par un groupe de Juifs à Lincoln. Un des responsables ayant été arrêté, on réussit à lui faire avouer que c’était coutume pour les Juifs, en haine du Christ, de renouveler chaque année les scènes de la Passion ; le petit garçon aurait été criblé de coups de poignard, crucifié, puis complètement éviscéré avant d’être jeté dans un puits abandonné.

L’homme arrêté fut évidemment condamné à mort et immédiatement pendu.

Mais il y eut d’autres événements : au même moment, le roi avait décrété qu’il avait droit à récupérer l’argent des Juifs, s’ils étaient condamnés pour crime, en conséquence de quoi une centaine d’entre eux furent arrêtés et accusés d’avoir participé au meurtre de Hugues ; on n’en exécuta “que” dix-huit.

Le petit Hugues était donc considéré comme martyr, et l’on venait en pèlerinage sur sa tombe dans la cathédrale. Rien n’empêche de supposer qu’un fanatique inconnu ait sévi contre lui en haine du Christ, mais de tels souvenirs ont été définitivement effacés ; aussi, le Martyrologe Romain ne mentionne plus le “Petit saint Hugues” au 27 juillet.

Il ne s’agit pas ici de réhabiliter l’enfant “martyr”, ni d’accuser qui que ce soit. Seul Dieu connaît les cœurs.

Au siècle dernier, l’Eglise Anglicane a voulu réparer l’injustice. Le “reliquaire” de la cathédrale fut retiré, et remplacé par cette plaque : 

 

Ancien emplacement du reliquaire du Petit saint Hugues.

Des légendes mensongères rapportant des histoires de « meurtres rituels » de petits garçons chrétiens par les communautés juives étaient courantes dans toute l'Europe au Moyen-Âge et même beaucoup plus tard. Ces faux bruits ont coûté la vie à un grand nombre de Juifs innocents. Lincoln avait sa propre légende et la prétendue victime a été enterrée dans la Cathédrale en 1255.

De telles histoires ne font pas honneur à la chrétienté et ainsi nous prions :

Seigneur, pardonne ce que nous avons été,

corrige ce que nous sommes,

et amène-nous à ce que nous devons être.

 

 

Novellone de Faenza

† 1280

 

Novellone de Faenza (c’est-à-dire né à Faenza, en Emilie-Romagne, Italie CNE) ne nous est pas bien connu, et beaucoup de choses qu’on dit de lui restent au conditionnel.

Son nom déjà, pourrait s’écrire aussi Nevolone ; le suffixe -one pourrait suggérer quelque obésité : était-ce son vrai nom, ou un gentil sobriquet qu’on attribuait au personnage ?

Novellone était peut-être sabotier.

Tertiaire franciscain, il resta fameux dans les récits de l’époque pour ses austérités, prières et jeûnes, et ses pèlerinages répétés, en se flagellant continûment. Il serait ainsi allé onze fois à Compostelle, douze fois à Rome. 

Sur la fin de ses jours, il se serait  rapproché des ermites camaldules (tout en restant tertiaire franciscain) et aurait ainsi vécu comme ermite. Peu avant sa mort, le prieur général des Camaldules, en visite à Faenza, lui aurait interdit de repartir en pèlerinage, à cause de son âge avancé.

Novellone mourut à Faenza le 27 juillet 1280, et toute la population accourut à la cathédrale pour assister aux funérailles. 

Des miracles fréquents donnèrent lieu à un culte qui fut confirmé en 1817. Le Bienheureux Novellone est inscrit au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

Lucia Bufalari

† 1350

 

Lucia Bufalari était la sœur du bienheureux Giovanni Bufalari (v. 1er août). Elle naquit, dit-on, à Porchiano del Monte (Amelia, Ombrie, Italie C). La famille Bufalari était noble depuis le siècle précédent.

Des historiens prétendent qu’elle ne pouvait appartenir à une communauté de l’Ordre des Augustins, puisqu’il n’y en avait pas à cette époque à Amelia. D’autres admettent cependant qu’elle se soit retirée avec quelques compagnes non loin du couvent des pères Augustins, pour vivre selon leur Règle, ce qui reste très plausible. C’est pour son rôle de «guide» que Lucia fut connue comme prieure, mais son humilité ne lui a jamais donné ce titre.

Lucia mourut saintement le 27 juillet 1350 et fut tout de suite invoquée pour la guérison des enfants malades.

Il y eut plus tard un couvent de religieuses Augustiniennes à Amelia jusqu’au début du 20e siècle. 

Le culte de la bienheureuse Lucia Bufalari fut confirmé en 1832.

 

 

Robert Sutton

1545-1587

 

Robert naquit à Burton-on-Trent, en ou avant 1545.

Après qu’il eut pris ses grades à Oxford (1567), il fut recteur à Lutterworth (Leicestershire) en 1571.

Son jeune frère William l’amena au catholicisme. William devint jésuite.

Robert et un autre jeune frère, Abraham, vinrent à Douai en 1575 ou 1576 pour se préparer au sacerdoce.

Ils furent tous deux ordonnés sous-diacres à Cambrai en septembre 1576 (ou 1577), diacres en décembre et prêtres en février de l’année suivante.

Après avoir célébré leur première Messe, le 7 mars, ils partirent pour l’Angleterre. En 1585, ils furent arrêtés et bannis, mais revinrent à la charge.

Tandis qu’on perd de vue Abraham, on sait que Robert fut bientôt arrêté à Stafford, et condamné pour être un prêtre catholique. Il fut «hanged, drawn and quartered» (pendu, éviscéré et écartelé), la pendaison ayant été abrégée pour qu’il restât encore vivant pendant le reste du supplice.

Un an plus tard, des Catholiques purent récupérer un de ses membres, et l’on trouva un pouce et un index intacts. Abraham était là, et remit la relique du pouce au père John Gerard. Le même Abraham vivait encore à l’avènement de James 1er, qui en ordonna l’exil à perpétuité.

Robert Sutton a été martyrisé le 27 juillet 1587 (certains disent en mars), et béatifié quatre siècles plus tard, en 1987.

 

 

William Davies

?-1593

 

Voici l’histoire d’un des plus illustres prêtres martyrs anglais du 16e siècle.

 

William naquit dans la nord du Pays de Galles, peut-être à Croes yn Eris (Denbighshire), à une date imprécise.

En 1582, il arriva à Reims pour se préparer au sacerdoce. A son arrivée, le 6 avril, il eut la joie d’assister à la première Messe de Nicholas Garlick, qui sera bientôt martyrisé (voir au 24 juillet).

En 1583, il reçut les premiers ordres (qu’on appelle aujourd’hui les ministères), en compagnie de soixante-treize autres séminaristes.

En 1585, il fut ordonné prêtre et partit bientôt pour exercer le saint ministère dans son pays natal.

En 1591, il fut arrêté à Holyhead, où il se trouvait à guider quatre étudiants qui voulaient passer par l’Irlande pour rejoindre le collège anglais de Valladolid (Espagne).

On le sépara de ses compagnons et on le traîna dans un cachot infect à Beaumaris Castle. Au bout d’un mois, la sainteté et la patience qu’il montra, lui valurent un peu de relaxation : on lui permit de retrouver ses compagnons une heure par jour, et même de célébrer la Messe. Le geôlier devint si complaisant qu’ils auraient même pu s’échapper.

La réputation du saint prêtre lui attira des visiteurs de tous côtés : Catholiques qui venaient lui demander conseil, ministres Protestants qui venaient discuter avec lui.

Lui et ses compagnons furent condamnés à mort. William n’eut pas si tôt entendu la sentence, qu’il entonna le Te Deum, repris par ses compagnons.

Mais la sentence était manifestement injuste, et le peuple protestait, à tel point que le juge repoussa l’exécution jusqu’à ce que l’on pût connaître l’avis de la reine.

On conduisit William à Ludlow, où il dut se soumettre encore une fois aux assauts des ministres protestants, qu’il réduisit au silence. Là-dessus, les ministres le traînèrent dans leur église, sous prétexte d’y tenir encore une discussion, mais c’était pour l’obliger à assister au service protestant. William se mit alors à prier plus fort qu’eux l’office de Vêpres en latin, puis présenta devant tout le monde la supercherie dont il avait été victime.

De Ludlow, on l’envoya alors à Bewdley, où il partagea un cellule infecte avec des criminels ; puis on le fit passer encore par d’autres prisons, avant de le renvoyer à celle de Beaumaris, où il retrouva ses compagnons !

Avec joie et consolation, ils vécurent là quelques mois une vie commune, partageant leur temps entre la prière et l’étude. Ils étaient si heureux, qu’il leur semblait être plutôt au ciel qu’en prison.

Aux assises d’été, il fut décidé que William devait mourir, en tant que traître, tout en lui faisant la proposition de le laisser libre s’il avait accepté d’assister, ne serait-ce qu’une seule fois, au service protestant.

Désormais, toute la population était acquise à la cause de William, qu’on honorait déjà comme un Saint. Le prêtre fut tout de même «pendu, éviscéré et écartelé», selon l’habituelle et cruelle expression. Quand il eut la corde autour du cou, le prêtre dit : Seigneur, ton joug est doux et ton fardeau léger. 

Ses compagnons recueillirent sa soutane tachée de son sang, précieuse relique.

Par la suite, ces derniers, qui étaient pourtant condamnés à la prison à vie, purent s’échapper, et c’est le plus jeune d’entre eux qui, ayant réussi à rejoindre Valladolid, fit le récit détaillé de toute cette merveilleuse histoire à l’évêque, qui la consigna ensuite dans son Historia particular de la Persecucion in Inglaterra.

William Davies a été martyrisé le 27 juillet 1593, et béatifié en 1987.

Margherita Martinengo

1687-1737

 

Elle naquit le 5 octobre 1687 à Brescia (Italie centre-nord), du comte Leopardo Martinengo et de Margherita Secchi d’Aragon, une parente de Luigi Gonzaga (v. 21 juin). La naissance fut difficile, l’enfant fut ondoyée. La maman mourut cinq mois après.

D’un second mariage, avec Elena Palazzi, Leopardo eut deux fils et une fille : Nestor, Cecilia et Francesco.

Les rites du baptême furent complétés quand Margherita eut cinq ans, tout heureuse de se voir si joliment vêtue.

Elle eut pour institutrice une Ursuline et fit d’étonnants progrès : à sept ans, elle lisait le bréviaire romain en latin. C’était le début des marques de prédilection de la Providence.

Tombée un jour du carrosse, elle fut relevée saine et sauve : elle affirma avoir senti son Ange gardien la prendre dans ses mains. Elle se mit aux mortifications, qu’elle maintint une fois pensionnaire chez les Augustiniennes, à partir de 1697 : elle se relevait la nuit pour prier dans le froid, elle doublait ses draps de morceaux de bois ou de cailloux ou d’épines… Elle ignorait à l’époque qu’il faut toujours demander conseil aux Supérieures avant de s’imposer de telles pénitences. Quand elle reçut la Première communion, il arriva que l’Hostie tomba à terre : elle se prosterna à terre pour la reprendre de sa langue : Je croyais le Seigneur indigné contre moi, raconta-t-elle.

Après deux années, elle demanda à passer à l’autre école, pour se séparer de deux tantes qui l’affectionnaient trop ; chez les Bénédictines, ce furent alors les deux confesseurs qui la tourmentèrent, l’un par ses monitions interminables, l’autre par ses scrupules. Elle revint chez elle.

On songea à la marier, mais elle refusa. Elle vit alors en vision sainte Teresa d’Ávila et sainte Chiara d’Assise qui se «disputaient» sa vocation : elle opta pour sainte Chiara. Mais après un essai chez les Clarisses durant l’hiver 1704-1705, elle constata qu’elle devait renoncer, et s’orienta vers les Capucines de Notre-Dame-de-la-Neige à Brescia, où elle devint Maria Maddalena. Après tout, elle restait dans l’ambiance franciscaine.

La Maîtresse des novices ne lui fit pas de cadeau ; la novice s’éclipsa sous les ordres sévères, s’appliquant avec ardeur aux tâches quotidiennes auxquelles elle n’était pas habituée : jardin, potager, bêtes, cuisine. Surtout, elle vivait en Dieu : Ma prière n’a jamais de commencement, puisqu’elle ne s’arrête jamais.

Malgré cette Maîtresse des novices, elle fit cependant la profession en 1706, grâce aux votes unanimes de la communauté. 

Sa santé restait faible, elle était fragile ; s’étant démis l’épaule en sonnant la cloche, elle ne dit rien et fut bientôt très mal. L’évêque vint lui dire qu’elle allait bientôt rencontrer le Céleste Epoux et elle lui répondit : Je n’en ai pas le moindre désir !, signifiant par là qu’elle ne devait pas encore mourir. Peu après, le Christ lui apparut pour l’absoudre de tous ses péchés. Elle fit le triple vœu «du plus parfait, du plus pénible, du plus intensément. Elle s’engagea à prier cent Ave le samedi, mille pour les grandes circonstances (elle obtint ainsi la guérison d’une Consœur).

Elle brûlait tellement d’amour pour son divin Epoux, qu’elle souffrait de ne pouvoir le Lui montrer suffisamment ; et son confesseur de la traiter d’hérétique !

Elle eut la permission de s’imposer de nouvelles mortifications, mais quelles mortifications ! Les bras en croix plusieurs heures par nuit, du fiel de poisson dans sa nourriture, une côte cassée d’un coup de pierre, la discipline pendant une heure, des épines dans le corps ; la fenêtre ouverte l’hiver, fermée l’été ; un cilice de fer avec cinq cents pointes, plus un autre en lames de fer blanc ; des aiguilles dans le corps ; le nom de Jésus (Gesù) tatoué à l’acide sulfurique ; une plaie à la jambe soignée avec du sel, de la chaux et du vinaigre ; un ongle du pied coupé jusqu’à le perdre…

Excès, dira-t-on ; c’étaient pour elle des façons de montrer son amour au Christ Rédempteur. Elle était surtout ingénieuse pour les dissimuler, tout en ayant demandé la permission. Car elle avait vraiment le désir d’abandonner sa volonté propre et d’obéir à chaque Consœur.

En 1721, elle reçut la grâce des Fiançailles mystiques, une expérience rare dans l’histoire de la théologie mystique. Le Christ passe à sa fiancée un anneau précieux, parfois visible ; la fiancée alors «ressent» l’amour du Christ, plutôt qu’elle ne le comprend.

Malgré son désir d’être soumise, Maria-Maddalena fut élue trois fois maîtresse des novices ; on la mit à la porterie, et le bruit de sa sainteté se répandit dans toute la ville ; plus tard, on l’élut deux fois abbesse, malgré sa maladie. 

Elle avait beau dire Le rien ne fait rien, on la jugeait encore utile : elle servait de protection au monastère ; annonçait-on la peste comme imminente ? il lui venait une rage de dents épouvantable, et tout le monde restait sauf.

Pour un 15 février, fête des saints Faustin et Jovite, patrons de Brescia, les «sages» de l’endroit voulurent inaugurer un casino. Au cours de cette manifestation, l’animateur de l’entreprise impie tomba mourant, et se convertit avant de trépasser. Pendant ce temps, Maria-Maddalena priait ; soudain, elle s’arrêta radieuse : La grâce est accordée ! La grâce, c’était la fête sacrilège interrompue, et le «sage» ramené à Dieu.

Elle aimait le silence joyeux, affable, bon ; les paroles humbles, douces, saintes. Avant de parler, il fallait se demander si les paroles pouvaient s’inscrire sous la lettre N, nécessité.

En juillet 1734, elle eut un vomissement de sang. On la réélut cependant en 1736, comme on l’a dit plus haut. Même une des Sœurs qui n’avait pas voté pour elle, affirma qu’il y avait quelque chose de divin dans son gouvernement.

Elle mourut le 27 juillet 1736.

En 1738, parut une dissertation d’un médecin qui avait examiné son cadavre, et s’étonnait que les aiguilles n’eussent causé ni inflammations, ni ulcères, ni gangrène.

Maria-Maddalena fut béatifiée en 1900.

Maria Grazia Tarallo

1866-1912

 

Maria Grazia naquit à Barra (Naples, Italie) le 23 septembre 1866, deuxième des sept enfants de Leopoldo et de Concetta Borriello. Elle fut baptisée le lendemain.

Le papa était jardinier de la commune ; la maman, d’une grande vitalité, perdit cependant deux de ses enfants en bas âge, tandis que vécurent les deux garçons, Gabriele et Vitaliano, et que deux filles devinrent religieuses (Drusiana et Giuditta).

Maria Grazia fréquenta une école privée puis celle des Sœurs Stimmatine.

A cinq ans, elle promit à la Sainte Vierge de rester chaste. Elle put recevoir, exceptionnellement pour l’époque, l’Eucharistie à sept ans en 1873, et la Confirmation en 1876.

En 1884, son père voulut la marier avec un certain Raffaele Aruta, et obtint de la faire au moins aller à la mairie pour le mariage civil (avril 1889), en attente du mariage religieux qui aurait lieu plus tard ; au retour, le jeune marié eut un vomissement de sang, symptôme de la tuberculose qui frappait n’importe où et n’importe qui. Raffaele fut conduit à Torre del Greco, au pied du Vésuve, où l’air devait être meilleur, mais il mourut bientôt, en janvier 1890. Maria Grazia, qui s’était d’abord employée à ramener son «mari» à Dieu, se trouvait désormais totalement libre.

Elle entra donc en 1891 chez les Sœurs Crucifiées Adoratrices de l’Eucharistie à San Giorgio a Cremano, où elle prit le nom de Maria de la Passion. C’est la Fondatrice elle-même, Maria Pia (Maddalena Notari), qui la reçut, lui imposa son nom et put témoigner plus tard de la sainteté de Maria Grazia.

Avant même d’entrer au monastère, Maria Grazia aurait déjà eu une vision de la Sainte Vierge, entourée des Sept Fondateurs des Servites de Marie.

Elle avait aussi rêvé des Religieuses dans l’habit qu’elles devaient porter bien plus tard.

Maria Grazia commença ainsi le noviciat en novembre 1891 et fit la profession en 1892.

En vingt ans, elle ne quitta son monastère que deux fois : d’abord en 1894 pendant deux ans, pour aller avec onze Consœurs fonder une nouvelle maison à Castel San Giorgio, ensuite à San Gregorio Armeno, dans le vieux Naples, pendant deux années aussi, juste après avoir fait la profession solennelle.

Maria de la Passion vécut sa vocation dans une union particulière à la passion du Sauveur. Elle eut la charge de la cuisine, de la garde-robe, mais aussi, en 1910, celle de Maîtresse des novices.

L’intense vie intérieure de Maria fut ornée de grâces mystiques particulières : visions, extases, stigmates, esprit de prophétie, guérisons, attaques diaboliques (elle en conserva même une plaie profonde au bras ; il fallut opérer la Religieuse, dont le bras cependant resta inerte par la suite, sauf trois jours avant sa mort, quand on la vit lever le bras et faire le signe de la Croix).

Durant une de ses adorations à l’église, elle s’était trouvée sur le passage que devait prendre les Sœurs pour aller chanter l’office, de sorte que la Fondatrice dut lui imposer un autre endroit pour se recueillir. Maria Grazia passait jusqu’à des nuits entières en adoration, priant pour la conversion des pécheurs, spécialement pour les prêtres tombés dans l’indifférence ou même dans le sacrilège.

Les derniers temps, elle ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie.

Elle annonça sa mort, pour le 27 juillet 1912, et fut béatifiée en 2006.

Le miracle retenu pour la béatification, fut la guérison totale d’un jeune homme de vingt-et-un ans, quasi aveugle ; il récupéra subitement la vue dès qu’on lui imposa la relique du bras de Maria Grazia sur les yeux. Ce miracle eut lieu lors du transfert des restes de la Religieuse dans l’église du monastère, en 1924. Deux filles du miraculé entrèrent ensuite dans cette congrégation.

 

Les Religieuses s’appellent aujourd’hui Sœurs Adoratrices de l’Eucharistie et sont présentes en diverses localités d’Italie, mais aussi aux Philippines et au Pérou, d’où proviennent la majorité des novices.

 

 

Joaquín de la Madrid Arespacochaga

1864-1936

 

Parmi les ancêtres de la famille de la Madrid et Arespacochaga, il y eut de grands personnages qui illustrèrent l’histoire de l’Espagne, mais aussi de grands Saints : ni plus ni moins saint Dominique de Guzmán, la bienheureuse Beatriz de Silva, et sainte Thérèse d’Ávila.

Les époux Rafael de la Madrid Baeza et María del Carmen Arespacochaga Armenta eurent quatre enfants : Rafael, Jesús, notre Joaquín et María de la Cinta.

Joaquín vit le jour le 6 novembre 1860 à La Seu de Urgel (Lleida).

Dès tout petit, Joaquín montra des signes de la vocation sacerdotale. Quand son père fut nommé à Murcia, Joaquín entra au séminaire de cette ville. Il avait dix-neuf ans : pour un problème cardiaque, il avait dû attendre quelques années avant d’y entrer.

En 1886, il fut ordonné prêtre.

Après avoir été curé à Azucaica et chapelain d’un couvent, il passa à l’Hospitalito (petit hôpital) du Roi (1889), fut chapelain à la cathédrale de Tolède (1911) et chanoine (1917).

Lors d’une grave inondation en 1908, il fonda un orphelinat pour recueillir les enfants qui avaient perdu leurs parents dans la catastrophe. 

Pour les dames qui acceptèrent de s’en occuper, il écrit une première «règle de vie», leur donna l’habit des Franciscaines Conceptionnistes, obtint l’approbation ecclésiastique, et ouvrit plusieurs collèges dans toute l’Espagne.

Les jalousies se manifestèrent bientôt, et quand Joaquín dut partir pour Tolède, confiant la direction de l’Œuvre à un Jésuite, les nouvelles Religieuses prétendirent que le fondateur était ce père jésuite, qui s’appelait Malo. Lors d’un chapitre général, le jeune Joaquin fut légitimement reconnu comme authentique fondateur, par le témoignage de certaines Religieuses qui avaient connu les premières fondatrices. Joaquín ne se préoccupa pas outre mesure de cet accroc : ce qui lui importait, c’étaient ses orphelins.

A Tolède, il ouvrit une autre maison, pour accueillir les femmes pauvres, veuves et sans ressources suffisantes. Là encore on le calomnia.

Il ouvrit alors une maison pour recevoir les seuls orphelins de père et mère, sous la protection de Marie Immaculée. Il réunit quelques hommes, qui seront Tertiaires Franciscains et devront demander l’aumône pour aider ces orphelins. Lui-même donna l’exemple en allant quêter sur la place des Abastos.

Devenu prêtre, il fut alors nommé aumônier de l’hôpital royal. Sur le chemin entre l’orphelinat et l’hôpital, des voyous, sous le couvert de pauvres malheureux, l’insultèrent ; il décida bientôt de transférer l’orphelinat à l’intérieur de Tolède.

Ces activités ne l’empêchèrent pas de prêcher la Bonne Nouvelle. Au contraire, on pourrait dire qu’il n’y avait pas de sanctuaire à Tolède, ni de localité de cette province, où il n’avait pas semé la graine de l’Evangile, en particulier à Camuñas, où il ramena beaucoup de Protestants dans le giron de l’Eglise.

Ses supérieurs ne manquèrent pas d’apprécier la valeur d’un tel prêtre. Humble, discret et si efficace, prédicateur plein de talent, il fut nommé Aumônier de la Chapelle Royale de la Cathédrale, et Chantre. Tant que sa santé le lui permit, il remplit fidèlement ses devoirs dans ces charges ; quand il fut malade, le Saint-Siège l’en dispensa, mais il s’efforça toujours de les remplir autant qu’il le put. Il eut aussi la permission de célébrer chez lui.

Il avait une confiance totale, absolue, en la Vierge Marie, à laquelle il recourait chaque fois qu’on manquait de pain, ou d’argent pour payer les notes de nourriture. Chaque fois, un donateur anonyme se présentait avec un sac de vivres, ou des amis lui envoyaient des chèques…

Il savait communiquer son amour pour l’Eucharistie. Tout ce qu’il désirait, était que les élèves vinssent communier même chaque jour.

Son amour pour les orphelins était vraiment maternel ; il était prêt à se lever de nuit pour remettre une couverture sur un lit, à acheter des jouets à Noël. 

Il vivait très pauvrement, racommodant lui-même son unique soutane. 

Ce fut un thaumaturge, dont on put observer les miracles. Une dame malade des yeux vint le voir, après avoir consulté l’ophthalmologue ; il la bénit et lui dit que ce n’était rien ; au moment de l’opération, le docteur ne trouva plus rien à soigner, le mal avait disparu… La même chose pour un prêtre qui devait être opéré d’une hernie : au moment de l’opération, la hernie avait disparu ! Le père Joaquín avait béni le prêtre. Une autre fois encore, la bénédiction du prêtre guérit instantanément le genou d’un petit garçon qui ne pouvait pas marcher normalement…

Il y eut aussi des faits «extraordinaires» avec le sang qu’on lui retirait fréquemment à cause de sa maladie cardiaque. Le sang se conservait, parfois solidifié, mais sans se corrompre. Le phénomène se répéta, fut observé par l’évêque qui en fit analyser un flacon à Paris : personne ne put expliquer comment ce sang humain se conservait.

Il prophétisa. Bien avant la persécution de 1936, il annonça : Vous verrez le sang des prêtres couler dans les rues d’Espagne.

Par précaution, avant même le déclenchement de la guerre civile, il avait envoyé les enfants dans d’autres localités, chez des parents ou des amis. Il n’en restait plus beaucoup dans la maison. Quand commença l’état de guerre à Tolède, le 17 juillet 1936, il réunit tout le monde dans la chapelle pour prier. Quand le palais de l’Alcázar fut bombardé, comme le collège était proche, il décida qu’il fallait sortir de là.

Il exhorta tous les enfants à défendre le Christ coûte que coûte, donna la bénédiction et voulut se confesser à un tout jeune prêtre qui était là. Il lui dit : J’aurai été le premier à me confesser à toi, et peut-être bien que tu seras le dernier à me confesser. Le prêtre en oublia de donner une pénitence : le père Joaquín le lui rappela ! Puis il prit avec lui les Hosties dans une custode, et tout le monde sortit ; c’était une véritable procession du Saint Sacrement !

On lui disait que c’était dangereux pour lui et pour tous les autres, de porter la soutane. A quoi il répondit : Si Dieu nous a choisis, que s’accomplisse sa volonté.

Ils se réfugièrent chez un ami, qui les accueillit à bras ouverts, au risque de sa vie, jusqu’au 27 juillet.

Tous les jours, on entendait parler de prêtres fusillés par les rouges. Or, le père Joaquín devait absolument faire la prise de sang, mais il courait le danger d’être appréhendé par les miliciens. Alors, leur hôte se décida à aller trouver le maire lui-même, pour lui expliquer le cas. Le maire répondit qu’il y avait déjà pensé, et qu’il était sûr qu’on ne ferait rien au père Joaquín. Mieux, il s’offrit pour aller le chercher et le conduire lui-même au dispensaire.

Mais survint un autre fait : un milicien de l’endroit put observer le père en soutane, parmi les gens présents, à un moment où on ouvrait la porte pour faire passer un peu d’air. Les miliciens ne devaient pas tarder à arriver.

Entre temps, le père Joaquín envoya les élèves au collège, pour y prendre ce qui pouvait rester de vivres, et les apporter à la famille qui les hébergeait.

Vint le moment où, le nombre des victimes augmentant de plus en plus, le père Joaquín dit à deux des plus jeunes : Vous, allez vous-en, vous êtes jeunes, vous pourrez vous mettre à l’abri ; moi, ils vont venir me prendre bientôt.

Des témoins oculaires purent observer ou entendre les faits qui suivent.

Des inconnus se présentèrent à la maison, cherchant des prêtres. Le père Joaquín se présenta en disant : Mes enfants, qu’est-ce que je vous ai fait de mal ?

Un séminariste voulut aller à la Cuesta de los Pajaritos, on l’arrêta un peu plus loin et une balle le tua. Le père Joaquín dit (alors qu’il ne pouvait voir la scène) : Ils ont tué Estanislao ! Peu après, on apportait le corps du garçon, mais le père Joaquín n’eut pas la permission de rester prier un instant auprès de lui.

Les témoignages ne concordent pas sur le lieu du martyre du père Joaquín. Mais on sait qu’il tira de sa poche quelques monnaies qui lui restaient et les distribua aux assassins. Certains d’entre eux, habitants de Tolède, dirent : Nous, on ne tue pas un homme comme ça. Les Madrilènes leur répondirent : Si vous ne le tuez pas, c’est nous qui le ferons.

Le père Joaquín fut alors fusillé. De pieuses femmes, connaissant le phénomène du sang du père Joaquín, vinrent imprégner des tissus avec ce sang. Des envoyés du maire vinrent chercher le père Joaquín, mais c’était trop tard, il venait d’expirer.

C’était le 27 juillet 1936 ; le père Joaquín fut béatifié en 2001.

 

Parmi ses nombreux élèves, il y eut beaucoup de prêtres, en particulier celui qui fut l’évêque de Ciudad Real, et qui reçut à son tour la palme du martyre (Narciso Estenaga Echevarría, voir au 22 août).

Ángel María Rodamilans Canals

1874-1936

 

Ángel naquit le 1er mai 1874 à Sabadell (Barcelone, Catalogne, Espagne).

A six ans, il entra à l’école du village et, à neuf ans, à celle des Bénédictins de Montserrat, où il étudia la musique, qui devint sa priorité.

En 1890, il fut organiste au monastère bénédictin de El Pueyo. En 1899, il fut à Barcelone pour étudier au séminaire diocésain en même temps qu’il prenait des leçons de piano chez l’illustre musicien Enric Granados.

En 1901, il reçut l’ordination sacerdotale.

On l’envoya à Sabadell : il fut maître de chapelle et organiste jusqu’en 1915, date à laquelle il exerça à Terrassa jusqu’en 1923. Il fonda le Chœur Montserrat, joua de la contrebasse, du tible et de la tenora (instruments à vent traditionnels).

En 1923 il entra alors au monastère bénédictin de Montserrat, où il sera jusqu’à sa mort responsable de la musique des élèves. Il eut une immense activité de professeur, de compositeur. Il eut parmi ses élèves de futurs grands musiciens et le niveau musical du sanctuaire se renforça beaucoup.

Le 22 juillet 1936 au soir, les moines chantèrent les vêpres pour la dernière fois avant de se disperser.

Bien vite, les révolutionnaires s’installèrent dans les lieux, sans aller jusqu’à incendier le bâtiment.

En partant, les moines mirent en sécurité la sainte image de la Vierge, dite «la Moreneta» (la Petite Noire). 

Mais ils ne purent obtenir le sauf-conduit dont ils avaient besoin pour protéger leur voyage.

Après avoir évacué les enfants et leurs familles, les Religieux se mirent en route par petits groupes. Certains purent passer inaperçus et rejoindre d’autres communautés, y compris à l’étranger, mais vingt-trois d’entre eux furent arrêtés.

Don Ángel chercha à se réfugier dans son pays, Sabadell. Mais il fut très vite reconnu et assassiné le 27 juillet, à Serra d’en Camaró, non loin de là.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Narcís Serra Rovira

1876-1936

 

Narcís était né le 1er mai 1876 à Quart (Girona, Catalogne, Espagne).

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassalliens), il prit le nom de Raimon Eloi.

Il était devenu directeur de l’école de Santpedor.

Martyrisé au cimetière de Balsareny le 27 juillet 1936, il fut béatifié en 2007.

 

 

José Ibáñez Mayandía

1877-1936

 

Né le 26 août 1877 à Puebla de Hijar (Teruel), José était fils de Pedro et Quiteria, qui le firent baptiser dès le lendemain de sa naissance.

Entré dans la Congrégation des Pères Lazaristes (Vincentiens), il fit la première profession en 1895 et fut ordonné prêtre en 1901.

Sa mission passa par Cid, Tardajos, Ávila, Orense, Alcorisa, África, Cadix, enfin Madrid où il fut supérieur.

Quand il fallut évacuer la maison, il laissa partir tous les Confrères se cacher où ils pouvaient, mais il préféra demeurer seul dans cette maison, dont il se sentait responsable. Le dimanche 26 juillet, à six heures du matin, il allait célébrer la Messe chez les Filles de la Charité, qui tenaient un hospice avec deux cents convalescents.

Les miliciens l’arrêtèrent dans l’entrée, lui mirent un pistolet dans la main en lui demandant à quoi il lui servait et l’emmenèrent à leur «tchéka», installée dans une école chrétienne proche de l’hospice. Ils le dévêtirent entièrement et l’obligèrent à passer au milieu des résidents, entouré d’une meute de gamins de douze-quatorze ans qui le fouettaient avec des courroies. On l’emmena ensuite à la Dehesa de la Villa, où ils lui tirèrent dessus et le laissant là à terre.

Mais le Père n’était pas mort sur le coup. Le lendemain, les mêmes bourreaux qui conduisaient un autre prisonnier pour le fusiller au même endroit, aperçurent le père José en train de se traîner dans la rue ; ils le remmenèrent à la tchéka mais, au lieu de lui donner un coup de grâce, s’acharnèrent sur lui en le mettant en morceaux, qu’ils mirent dans un drap et firent voir à tous les résidents. Un des bourreaux était boucher.

Martyrisé le 27 juillet 1936 à Madrid et béatifié en 2017, José Ibáñez Mayandía sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 27 juillet.

 

 

Ramona Fossas Románs

1881-1936

 

Ramona (Raymonde) naquit le 1er novembre 1881 à Ripoll (Girona, Catalogne, Espagne), et fut baptisée le 3 avec les noms de Ramona Rosa Eudalda. C’était l’aînée de quatre enfants.

En 1900, mourut son père, de sorte qu’elle travailla comme modiste pour aider sa mère.

Elle donnait de son temps pour visiter les pauvres et les malades, chez eux ou à l’hôpital.

En 1903, elle entra chez les Dominicaines de l’Annonciation.

Elle fut successivement dans les communautés de Vic, Villanueva de Castellón, Valencia, Sant Viçens de Castellet, Játiva, Castell del Remei, Girona, Pineda de Mar ; elle fut ensuite prieure à Canet de Mar, Montserrat et Barcelone.

Le 27 juillet 1936, les Religieuses durent quitter leur couvent pour être interrogées. Les révolutionnaires voulaient les faire apostasier, renoncer à leur consécration religieuse, et leur imposer leurs propositions malhonnêtes.

Sur leur refus, ils les firent remonter en camion pour les reconduire au couvent, en réalité pour aller vers la montagne du Tibidabo ; ils passèrent Vallvidrera et, au lieu-dit El Fero les firent descendre.

Ils les tuèrent l’une après l’autre. Deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter les détails qu’on a mentionnés. 

Depuis, l’endroit a été appelé Les Monjes («les Moniales»).

Ramona et ses Sœurs furent béatifiées en 2007.

 

 

Joan Romeu Canadell

1882-1936

 

Joan Romeu Canadell naquit le 11 décembre 1882 à Sant Pere de Riudebitlles (Barcelone, Catalogne, Espagne E)

Il entra dans l’Ordre des Capucins et prit le nom de Domènec de Sant Pere de Riudebitlles et fut ordonné prêtre.

Il fut exécuté pour la Foi à Manresa le 27 juillet 1936.

Le père Domènec devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

Cirilo Illera del Olmo

1883-1936

 

Il naquit le 29 mars 1883 à Las Quintanillas (Burgos, Espagne).

Pendant quelques années, il vécut auprès d’un de ses oncles, prêtre, qui sut l’orienter vers la vie religieuse ; c’est ainsi qu’il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens, avec le nom de Teodoro.

Il fut ordonné prêtre en 1914.

Ses activités sacerdotales l’amenèrent à être éducateur et Supérieur local. En 1931, il eut la charge de Conseiller Général. En 1936, il était Supérieur à San Feliu.

Avec les autres membres de la communauté, il reçut la palme du martyre en la localité Pallejá (Barcelone), le 27 juillet 1936.

Cirilo Illera del Olmo, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

 

Josep Bru Boronat

1883-1936

 

Josep naquit le 16 juin 1883 à Mont-roig del Camp (Catalogne, Espagne), et fut baptisé dès le lendemain.

Il entra à neuf ans au séminaire de Tarragona mais, pour alléger les dépenses de ses parents, il travailla aussi chez un épicier de l’endroit.

En 1904, il fit le service militaire à Alcoi, où son comportement suscita l’admiration.

En 1908 il fut ordonné prêtre.

Il exerça la charge pastorale à Ulldemolins, puis à Reus, Belianes, laissant toujours derrière lui le souvenir d’un très bon prêtre. Finalement il fut nommé à Cambrils, comme aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Quand éclata la révolution de 1936, il alla se réfugier dans la ferme où vivait son frère Miquel, à Reus, se remettant totalement dans les mains de Dieu.

L’après-midi du 27 juillet, quatre miliciens se présentèrent chez Miquel, lui intimant l’ordre d’aller chercher son frère, sinon ils mettraient le feu à toute la grange. Josep se présenta sans attendre, très tranquille, sans la moindre résistance. Les miliciens promirent à Miquel qu’ils allaient seulement faire une déclaration au Comité révolutionnaire de Riudoms, et qu’ils seraient de retour dans une heure.

Ils poussèrent don Josep dans leur camion, et rejoignirent la route de Vinyols. Ils firent descendre le prêtre et lui demandèrent : Tu nous promets que tu ne t’échapperas pas ? Alors, marche. Après qu’il eut fait quelques pas, ils lui tirèrent par derrière, d’abord dans la jambe droite, pour provoquer son immobilisation et pouvoir lui pratiquer encore d’autres tortures et amputations grossières, et le laissèrent mort dans le fossé.

Une demi-heure plus tard, un camion vint le ramasser pour le porter au cimetière de Reus, où on le jeta dans la fosse commune.

Don Josep fut martyrisé le 27 juillet et fut béatifié en 2013.

 

 

Adelfa Soro Bó

1887-1936

 

Adelfa naquit le 6 mars 1887 à Villanueva de Castellón (Valencia, Catalogne, Espagne), et fut baptisée le lendemain avec les noms de Adelfa Josefa Fermina. Elle fut confirmée en 1895.

Elle fréquenta le nouveau collège des Dominicaines de l’Annonciation.

En 1905, elle y entra comme novice et fit la profession en 1907.

C’était une bonne musicienne, et elle enseigna le solfège et le piano.

Elle fut successivement dans les communautés de Sant Andreu de Palomar, Girona, Salt, Castell del Remei, enfin Barcelone.

Le 27 juillet 1936, les Religieuses durent quitter leur couvent pour être interrogées. Les révolutionnaires voulaient les faire apostasier, renoncer à leur consécration religieuse, et leur imposer leurs propositions malhonnêtes.

Sur leur refus, ils les firent remonter en camion pour les reconduire au couvent, en réalité pour aller vers la montagne du Tibidabo ; ils passèrent Vallvidrera et, au lieu-dit El Fero les firent descendre.

Ils les tuèrent l’une après l’autre. Deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter les détails qu’on a mentionnés.

Depuis, l’endroit a été appelé Les Monjes («les Moniales»).

Adelfa et ses Sœurs furent béatifiées en 2007.

 

 

Francesc Pujol Espinalt

1894-1936

 

Francisco était né le 9 avril 1894 à Santpedor (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassalliens), il prit le nom de Honest María.

Il fut envoyé à Manresa en 1935.

Lors de la révolution de 1936, il se cacha chez une tante, où on le découvrit.

Martyrisé à Sant Fruitós de Bages le 27 (ou le 21 ?) juillet 1936, il fut béatifié en 2007.

 

 

Teresa Prats Martí

1895-1936

 

Teresa naquit le 8 janvier 1895 à Ciutadilla (Lleida ou Lerida, Catalogne, Espagne), et fut baptisée le lendemain.

Elle fréquenta l’école d’Etat et, à treize ans, était déjà une excellente couturière, de sorte qu’elle put aider sa famille avec des travaux de couture et de broderie.

Elle entra dans la congrégation des Filles de Marie, fit partie de la chorale paroissiale, enseigna le catéchisme, visitait les malades et les soignait autant qu’elle le pouvait.

En 1918, les Dominicaines de l’Annonciation l’aidèrent à entrer dans leur atelier de couture, à Montserrat.

En 1920, elle entra comme novice chez les mêmes Dominicaines et fit la profession en 1922.

Elle fut successivement dans les communautés de Barcelone, Sant Viçens de Castellet et Vic, comme cuisinière, enseignante en matières pratiques et chargée de l’internat ; elle fut finalement à Barcelone.

Le 27 juillet 1936, les Religieuses durent quitter leur couvent pour être interrogées. Les révolutionnaires voulaient les faire apostasier, renoncer à leur consécration religieuse, et leur imposer leurs propositions malhonnêtes.

Sur leur refus, ils les firent remonter en camion pour les reconduire au couvent, en réalité pour aller vers la montagne du Tibidabo ; ils passèrent Vallvidrera et, au lieu-dit El Fero les firent descendre.

Ils les tuèrent l’une après l’autre. Deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter les détails qu’on a mentionnés.

Depuis, l’endroit a été appelé Les Monjes («les Moniales»).

Teresa et ses Sœurs furent béatifiées en 2007.

 

 

Reginalda Picas Planas

1895-1936

 

Reginalda naquit le 25 mai 1895 à Borredà (Barcelone, Catalogne, Espagne), et fut baptisée le lendemain. Elle fut confirmée en 1895.

Elle fréquenta l’école populaire, puis le nouveau collège des Dominicaines de l’Annonciation.

En 1919, elle y entra comme novice et fit la profession en 1920.

Cette pieuse Religieuse souffrait d’une infirmité.

Elle fut successivement dans les communautés des Asturies : Boo, Oviedo, Ablaña, Sama de Langreo, Gijón, enfin Barcelone.

Le 1er janvier 1936, elle confiait que Dieu ne lui avait pas accordé la grâce du martyre aux Asturies, mais qu’elle pressentait qu’elle la recevrait en Catalogne.

Le 26 juillet 1936, des miliciens fouillèrent la demeure de Manresa où la Religieuse s’était réfugiée avec Sœur Rosa Jutglar. Ils se moquaient d’elles et leur firent des propositions malhonnêtes, évidemment repoussées fermement.

Le lendemain, 27 juillet, ils allèrent les trouver dans l’autre maison où, inséparables, elles s’étaient réfugiées.

Ils les firent remonter en camion et allèrent les assassiner à Castellgall (Barcelone), au lieu-dit dels Torrents.

Reginalda et Rosa furent béatifiées en 2007.

 

 

Jacinto Gómez Peña

1895-1936

 

Il naquit le 26 juillet 1895 à Alfoz de Bricia (Campino, Burgos, Espagne). Un oncle et un frère étaient membres de la congrégation des Ecoles Pies (piaristes).

Il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens et prit le nom de Joaquín.

Au terme du noviciat, il fit la profession (1912) puis le service militaire. Enfin, la profession solennelle en 1922.

Au moment de l’insurrection communiste de juillet 1936, il dut quitter de force la maison de Barcelone et vint se réfugier dans celle de San Feliu, le 22 juillet. Cette situation allait être de courte durée : quatre jours après, au soir du 26 juillet, on vint arrêter toute la communauté.  A minuit, des miliciens les emmenèrent près du río Llobregat pour les exécuter vers trois heures du matin.

Jacinto Joaquim reçut ainsi la palme du martyre dans la localité de Pallejá (Barcelone), le 27 juillet 1936, lendemain de son anniversaire.

Jacinto Gómez Peña, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 27 juillet.

Ramona Perramón Vila

1898-1936

 

Ramona (Raymonde) naquit le 29 août 1898 à Vic (Barcelone, Catalogne, Espagne), et fut baptisée avec les noms de Ramona Rosa María. Elle fut confirmée la même année.

Elle travailla comme domestique, puis dans une usine de textile, et fréquenta l’école des Dominicaines de l’Annonciation

En 1920, elle y entra comme novice et fit la profession en 1928.

Le 27 juillet 1936, les Religieuses durent quitter leur couvent pour être interrogées. Les révolutionnaires voulaient les faire apostasier, renoncer à leur consécration religieuse, et leur imposer leurs propositions malhonnêtes.

Sur leur refus, ils les firent remonter en camion pour les reconduire au couvent, en réalité pour aller vers la montagne du Tibidabo ; ils passèrent Vallvidrera et, au lieu-dit El Fero les firent descendre.

Ils les tuèrent l’une après l’autre. Deux d’entre elles, Ramona et la jeune Otilia, survécurent quelques heures et purent raconter les détails qu’on a mentionnés.

Ramona fut recueillie par des personnes courageuses et bien intentionnées ; on la transporta à un hôpital de la Croix-Rouge, où elle manifesta sa reconnaissance envers ces bons samaritains, mais aussi à Dieu pour cette grâce du martyre.

Depuis, l’endroit du martyre a été appelé Les Monjes («les Moniales»).

Ramona et ses Sœurs furent béatifiées en 2007.

 

 

Rosa Jutglar Gallart

1900-1936

 

Rosa naquit le 25 janvier 1900 à Sabassona (Barcelone, Catalogne, Espagne), et fut baptisée le 27, et confirmée en 1901.

Elle fréquenta le collège des Dominicaines de l’Annonciation à Folgarolas (Barcelone) et travailla quelque temps en usine.

En 1920, elle entra comme novice chez les mêmes Dominicaines et fit la profession en 1921.

Elle fut envoyée à Manresa, pour s’occuper des petits enfants, avec lesquels elle réussissait très bien.

Le 26 juillet 1936, des miliciens fouillèrent la demeure de Manresa où la Religieuse s’était réfugiée avec Sœur Reginalda Picas Planas. Ils se moquaient d’elles et leur firent des propositions malhonnêtes, évidemment repoussées fermement.

Le lendemain, 27 juillet, ils allèrent les trouver dans l’autre maison où, inséparables, elles s’étaient réfugiées.

Ils les firent remonter en camion et allèrent les assassiner à Castellgall (Barcelone), au lieu-dit dels Torrents.

Rosa et Reginalda furent béatifiées en 2007.

 

 

Andrés Jiménez Galera

1904-1936

 

Andrés naquit le 25 janvier 1904 à Rambla de Oria (Almería, Espagne).

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1926 et nommé vicaire à Almería, en même temps que professeur de théologie au séminaire diocésain.

Plus tard, en 1934, il eut l’occasion de rencontrer le salésien Marcelino Olaechea, auquel il manifesta son désir de faire partie de la Société salésienne.

Il expérimenta cette nouvelle vie à Salamanque dès 1935, et s’y trouva vraiment comme un poisson dans l’eau.

En 1936, il commença le noviciat à Mohernando (Guadalajara). Mais c’était l’année de la triste révolution.

Le 23 juillet, la maison fut prise d’assaut, et tous les Religieux furent arrêtés. Don Andrés n’épargna pas sa peine pour réconforter autant qu’il put ses Confrères, les encourageant à accepter la volonté de la Providence.

Quand ils furent expulsés de la maison, Andrés et les autres tournèrent pendant quelques jours dans les environs d’Henares, à la recherche d’un refuge.

Le 27 juillet, des miliciens les surprirent et les emmenèrent au palais des Marquis de Heras, puis au Gouvernement Civil de Guadalajara. Le Gouverneur les renvoya à Mohernando comme prisonniers.

En route, d’autres miliciens réquisitionnèrent un des cochers et l’obligèrent à repartir sur Madrid. Il y avait dans ce véhicule don Andrés et un étudiant, Eulogio Cordeiro.

A une cinquantaine de kilomètres de Madrid, près de Guadalajara, ils s’arrêtèrent et firent descendre les deux Religieux. Ils voulurent obliger don Andrés à jeter à terre son crucifix, mais il refusa. Ils lui dirent alors de traverser la route et d’aller jusqu’au Henares, après un terrain en jachère. Don Andrés n’en eut pas même le temps : huit miliciens lui tirèrent par derrière et le prêtre tomba face contre terre. L’un des miliciens s’avança et, constatant qu’il était encore vivant, lui donna le coup de grâce.

Le corps du prêtre resta sans doute plusieurs jours sans sépulture ; ensuite, on ne l’a jamais retrouvé.

Don Andrés mourut martyr le 27 juillet 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

José Franco Ruiz

1906-1936

 

Il naquit le 24 mars 1906 à Sotragero (Burgos, Espagne). Baptisé dès le lendemain de sa naissance, en la fête de l’Annonciation, il reçut le nom de saint Joseph, José. C’était l’aîné de quatorze enfants.

Dès 1910, selon la coutume du temps, il reçut la Confirmation.

En 1925, il entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens et prit le nom de Máximo. A dix-neuf ans, il n’avait pas vraiment fait d’études, raison pour laquelle ses Supérieurs l’orientèrent vers l’état de frère convers, pour accomplir divers travaux au service de la communauté.

Il commença ainsi le noviciat en 1926, émit la profession en 1927 et les vœux perpétuels en 1932.

Outre ses occupations manuelles, on lui confia les petits enfants de l’Asile Durán à Barcelone.

En 1936, il se trouvait dans la communauté de San Feliu, lorsque le 26 juillet les miliciens prirent d’assaut  la maison et arrêtèrent tous les Religieux. José reçut avec eux la palme du martyre dans la localité de Pallejá (Barcelone), le 27 juillet 1936.

José Franco Ruiz, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

 

José María Ruiz Cano

1906-1936

 

Né le 13 septembre 1906, à Jerez de los Caballeros (Badajoz), José María reçut la Première communion en 1914.

Dix ans plus tard, il était chez les Missionnaires Fils du Cœur Immaculé de Marie ou Clarétains, du nom de leur fondateur (Antonio María Claret, voir au 24 octobre).

En 1927, alors qu’on ne parlait pas de persécution, il écrivait dans ces notes : Mon bon Jésus, si je n’en étais pas si indigne, je te demanderais la grâce du martyre, pour sceller ainsi ma vie religieuse.

Il fut ordonné prêtre en 1932.

Il enseigna une année à Aranda de Duero (Burgos) ; en 1933, il écrivait dans son agenda : Seigneur ! Que soit faite ta volonté ! Donne-nous ta grâce pour boire le calice amer de la persécution et du martyre. Rends-en moi digne !

En juin 1933, il fut envoyé comme formateur au séminaire clarétain de Sigüenza, où il était ainsi responsable de soixante jeunes séminaristes, qui avaient entre douze et seize ans.

Arriva la révolution de juillet 1936.

Jusqu’au 25 juillet, la situation semblait se maintenir assez calme à Sigüenza, lorsque, ce jour-là, l’évêque et quatre Clarétains furent arrêtés, puis fusillés (cet évêque fut martyrisé le 28 juillet ; la cause n’est pas encore conclue).

Le père José María réunit alors tous ses «disciples» dans la chapelle, vers treize heures, et les mit au courant de la situation. Il tenta de les rassurer, leur disant que les supérieurs avaient seulement décidé, pour le moment et par précaution, de fermer le collège et de disperser tous les élèves par petits groupes, qui iraient se réfugier chez des amis et proches alentour, disposés à les accueillir.

Cela dit, le Père se tourna vers l’image de la Vierge Marie portant l’Enfant-Jésus. A genoux, les bras en croix, il pria à peu près en ces termes : O ma Mère ! si vous voulez une victime, me voilà ; choisissez-moi, mais ne permettez pas que ces innocents subissent le moindre mal, car ils n’ont rien fait à personne.

Aux plus grands qu’il voyait partir et qui lui disaient A bientôt !, il répondait : Au Ciel !

Il resta avec le groupe des plus jeunes élèves et partit le dimanche 26, pour Guijosa, à quelque sept kilomètres de Sigüenza, où il arriva à la tombée de la nuit. Le curé et les habitants les accueillirent à bras ouverts. Certains proposèrent au Père de laisser là les enfants, qui ne risquaient plus rien, et de s’enfuir. Sa réponse fut : Même s’ils me prennent et m’abattent, je ne laisse pas les enfants.

On chercha le Père des enfants qui avaient fui de Sigüenza.

Le 27 juillet, tôt, le Père célébra la Messe pour ces jeunes garçons, en l’église paroissiale. A midi, arrivèrent sept voitures. Un milicien de Sigüenza prit la parole : Voilà le Père, lequel rétorqua : Notre-Dame du Carmel, sauvez l’Espagne ; je meurs content.

On l’interrogea pendant une heure, dans une des voitures, gardée par deux miliciens, tandis que les séminaristes se massaient autour. Le Père leur dit : N’ayez pas peur. Il n’y a rien. Je meurs content.

On voulut lui faire dire Vive le communisme ! Vive la Russie !, mais il traduisit : Vive le Christ roi ! Vive la Vierge Marie ! Certains voulaient le tuer sur place, mais le chef le fit monter dans une voiture.

Des miliciens qui venaient de profaner l’église paroissiale, lui apportèrent une pieuse image de l’Enfant-Jésus ; ils la jetèrent au père José María en lui disant : Tiens, tu vas mourir en dansant avec lui. Le Père serra l’image contre son cœur, puis un milicien la lui arracha et la jeta par-terre.

La voiture partit. Le Père dit adieu aux enfants et les bénit.

La caravane de voitures alla s’arrêter à la limite de la colline Otero, à mi-chemin entre Guijosa et Sigüenza. Ordre fut donné au père José María de descendre ; il obéit, les bras en l’air (en forme de croix). Il pardonna à ses ennemis, les bénit et commença de monter sur l’Otero : c’était la montée au Calvaire, avant la Croix.

Il y eut une décharge de fusil. Le prêtre tomba à terre, les bras en croix, le crâne tout défoncé. C’était le 27 juillet 1936, à treize heures. Après le Calvaire et la Croix, la gloire de la Résurrection.

Plus tard, un des miliciens reconnut : Ce Frère qui était avec les enfants, tout de même, il disait qu’il nous pardonnait, alors qu’on allait le tuer…

Le lendemain, quatorze autres jeunes Clarétains devaient recevoir la palme du martyre près de Ciudad Real. Avec eux, le père José María Ruiz Cano fut béatifié, en 2013.

 

 

José Caselles Moncho

1907-1936

 

Né le 8 août 1907 à Benidoleig (Alicante, Espagne), José étudia au collège salésien de Valencia, et entra dans la Société à Campello (Alicante). Il fit la profession religieuse en 1927.

Après les études de théologie à Carabanchel (Madrid), il fut ordonné prêtre à Valencia en 1936.

Il rejoignit le Tibidabo au printemps de 1936 et chercha à trouver un abri pour tous ses élèves, oublieux de sa propre personne.

Voulant rejoindre des élèves qui venaient d’être arrêtés par les miliciens, il fut lui-même arrêté et torturé dans une prison de Barcelone, et tué le 27 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Josep Camí y Camí

1907-1936

 

Né le 5 septembre 1907 à Aitona (Lleida, Espagne), il fut ordonné prêtre dans ce diocèse.

Il demanda à entrer chez les moines Trappistes de Viaceli et sa demande fut acceptée.

Bloqué par les événements, il fut convoqué au Comité du Peuple et, la nuit du 27 juillet 1936, avec le vicaire d’Aytona fut attaché à l’arrière d’une voiture, qui partit à toute vitesse sur plusieurs kilomètres.

Parvenus à un croisement, les deux prêtres eurent la force de se relever, ils s’embrassèrent et pardonnèrent à leurs bourreaux.

On les fusilla et on fit passer la voiture plusieurs fois sur leurs corps.

C’est un témoin oculaire qui put raconter les faits à la sœur de Josep.

Josep fut martyrisé à Aitona le 28 juillet 1936 et béatifié en 2015.

 

 

José María González Delgado

1908-1936

 

José était né le 26 février 1908 à Gabia Grande (Grenade, Espagne).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il était au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), et fut ordonné prêtre.

Il dirigeait les jeunes séminaristes.

Refusant de crier Vive le communisme, il cria Vive le Christ Roi, et fut immédiatement abattu.

Il reçut la palme du martyre sur la place centrale de Pueblo Nuevo, le 27 juillet 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

Voir aussi la notice Carmes martyrs à Cordoue 1936

 

Emilio Puente González

1911-1936

 

Il naquit le 5 mars 1911 à San Andrés de Montearados (Burgos, Espagne) et fut baptisé le jour suivant.

La famille comptait déjà plusieurs membres dans les Ordres : un oncle maternel était prêtre ; sa sœur était piariste ; deux cousins étaient dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens

Emilio reçut la Confirmation en 1916, et rejoignit la même Congrégation à Marseille, où il prit le nom de Bernardo et commença le noviciat en 1929. L’année suivante, il faisait la première profession.

Cinq ans plus tard le rejoindra son jeune frère Joaquín (v. ce même jour).

Entre 1930 et 1936, Emilio Bernardo étudia la philosophie et fit deux années de théologie ; il reçut les Ordres mineurs.

En juillet 1936, toute la communauté de Barcelone fut expulsée et Emilio se réfugia chez des amis ; il fut cependant reconnu dans la rue, et arrêté.

Interrogé longuement, torturé, il fut déclaré ennemi du peuple parce que religieux, et condamné à mort.

Il reçut la palme du martyre dans la localité de Montjuic (Barcelone), le 27 juillet 1936. Le même jour, son jeune frère était aussi fusillé, mais dans une autre localité.

C’est un de ses élèves qui reconnut son corps à la morgue de l’hôpital.

Emilio Puente González, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

Modesto Vegas Vegas

1912-1936

 

Né le 24 février 1912 à La Serna (Palencia, Espagne), Modesto fréquenta l’école de son village, puis entra au séminaire franciscain de Granollers en 1924.

Il y fit ses humanités, ainsi que le noviciat, et émit la profession religieuse en 1929.

Après la philosophie, il partit pour Ósimo (Italie), y acheva ses études et reçut le sacerdoce, en 1934.

De retour en Espagne, il exerça le saint ministère à Granollers, ainsi que dans la région du Vallés oriental. Nombreux étaient les pèlerins qui venaient prier au sanctuaire de Notre-Dame de Montserrat et de saint Antoine de Padoue. Lui-même infirme, Modesto savait accueillir avec bonté et compréhension les pécheurs, pour les conduire au pardon de Dieu.

Le 19 juillet, il alla se réfugier chez une dame tertiaire franciscaine, où travaillait d’ailleurs sa sœur Carmen. Il y resta jusqu’au 27 juillet.

On avertit la maîtresse de maison des intentions des miliciens. Le père Modesto quitta les lieux dans l’après-midi, avec sa sœur, pensant trouver un refuge sûr à l’hôpital de Granollers. A mi-chemin, alors qu’il était vêtu en civil, des enfants le reconnurent et le saluèrent gentiment : Père Modesto !…

Des miliciens les entendirent et s’approchèrent ; le père Modesto fut arrêté avec sa sœur, conduit au Comité révolutionnaire, où il déclina son identité de prêtre et franciscain, ce qui lui valut un torrent d’insultes.

Sa sœur était là aussi et tenta, pour le sauver, de nier qu’il était prêtre ; mais lui insista à dire la vérité ; les miliciens se mirent à blasphémer, à sortir mille accusations contre les prêtres et les religieux. Le père Modesto osa répliquer : C’est faux ! les prêtres et les religieux ne font de mal à personne ! Au contraire, nous faisons tout ce que nous pouvons pour le bien de tous ! Un milicien, ancien séminariste, plein de rage, lui répondit : Menteur ! J’ai étudié, moi, chez les curés, et je les connais bien ! Vous devez tous êtres brûlés vifs !

On libéra Carmen, mais on garda Modesto ; sous prétexte de le conduire en prison, on le fit monter dans un camion. Un autre témoignage rapporte que Modesto demanda : Vous me conduisez à la mort ? Vous n’avez pas de compassion pour un malade ? Ils lui répondirent : Si tu es malade, tu n’as rien à faire de cette vie. On va te conduire à un endroit où, selon ce que tu crois toi-même, tu seras bien mieux !

Parvenus au bois de Can Montcada (Lliçà d’Amunt), à quatre kilomètres de là, ils le fusillèrent. Son corps resta là pendant trois jours, avant d’être enterré dans une fosse commune, enregistré comme inconnu, entre vingt-cinq et trente ans.

Le père Modesto avait en réalité vingt-quatre ans ; il reçut ainsi la palme du martyre près de Barcelone, vers dix-sept heures, le 27 juillet 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Felipe Hernández Martínez

1913-1936

 

Né le 14 mars 1913 à Villena (Alicante, Espagne), dans une famille d’agriculteurs.

De caractère un peu inquiet, parfois farouche, Felipe entra à neuf ans au collège des Salésiens, puis dans leur séminaire de Campello en 1924.

En 1929, ce fut le noviciat à Gerona, la profession en 1930, avant de commencer les trois années de «pratique» à Ciudadelo (Minorque).

Il passa trois ans à Ciudadela, se montrant toujours très dynamique et joyeux, aidant les plus jeunes à servir la messe.

A la fin de sa première année de théologie à Carabanchel (Madrid), il devait rejoindre Sarriá. Il trouva un aumônier auprès duquel il pouvait assister à la messe et se confesser ; ayant reçu le conseil de ne pas s’y présenter aussi régulièrement, il répondit courageusement : S’il faut mourir, je préfère voir la mort en face que de me faire surprendre par derrière.

Il fut abbattu à Barcelone, le 27 juillet 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Jaime Ortiz Alzueta

1913-1936

 

Né le 24 mai 1913 à Pampelune (Espagne), Jaime fréquenta divers collège, où son caractère difficile le faisait mal noter.

Il commença par travailler, puis demanda à entrer chez les Salésiens de Pampelune, pour pouvoir plus tard éduquer chrétiennement les futurs ouvriers.

Il fit le noviciat, puis la profession religieuse en 1932.

Il fut envoyé à Turin pour se perfectionner en mécanique et assista à la canonisation du Fondateur, don Giovanni Bosco.

Il devait rejoindre Sarriá, il se réfugia chez une personne amie, découvert par les miliciens. On trouva des médailles dans l’étui de sa clarinette et il fut condamné à mort.

Après des tortures, il fut abbattu à Barcelone, le 27 juillet 1936. Plus tard, on retrouva des photographies de son corps, blessé à la poitrine et le visage déformé par les coups de bâton.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Zacarías Abadía Buesa

1913-1936

 

Né le 5 novembre 1913 à Almuniente (Huesca, Espagne), Zacarías entra chez les Salésiens en 1930.

Déjà présent à Sarriá, très intelligent, il montra des dispositions particulières pour la littérature.

A la fin de l’année scolaire 1936, il se destinait aux études de théologie, avec le désir de devenir prêtre et de partir pour les missions (où, peut-être, il aurait reçu le martyre…)

Il reçut la palme du martyre à Barcelone, le 27 juillet 1936. Il n’avait pas vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Antoni Tost Llaveria

1915-1936

 

Antoni était né le 17 janvier 1915 à Montroig (Tarragona, Catalogne, Espagne).

Entré chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassalliens), il prit le nom de Francesc Magí.

Il venait d’être nommé à l’école de Santpedor en 1935.

Martyrisé au cimetière de Balsareny le 27 juillet 1936, il fut béatifié en 2007.

 

 

Joaquín Puente González

1915-1936

 

Il naquit le jour de Noël, 25 décembre 1915 à San Andrés de Montearados (Burgos, Espagne) et fut baptisé trois jours plus tard, en la fête des Saints Innocents, le 28 décembre. Il reçut la Confirmation en 1922.

Il suivit l’exemple de son frère aîné Emilio (v. ce jour) et entra dans la congrégation de Saint-Pierre-aux-Liens à Marseille en 1934, avec le nom de Jacinto et fit la profession en 1935.

Revenu en Espagne, il fut à Sant Feliu pour ses études en même temps que pour s’occuper des enfants de la maternelle. En juillet 1936, il fut envoyé à la maison de Barcelone.

Il y était à peine installé, que les miliciens envahirent l’établissement et expulsèrent les Religieux. Joaquín Jacinto se réfugia chez des amis.

Le 26 juillet, il se rendit à la communauté de Sant Feliu, où il fut arrêté à minuit en même temps que les autres membres. Ils furent conduits au río Llobregat et exécutés à trois heures du matin. Joaquín Jacinto, qui n’avait que vingt ans, ne mourut pas immédiatement et agonisa quatre heures durant.

Il reçut ainsi la palme du martyre dans la localité de Pallejá (Barcelone), le 27 juillet 1936. Le même jour, son frère aîné était aussi fusillé, mais dans une autre localité.

Joaquín Puente González, béatifié en 2018, sera commémoré au Martyrologe le 27 juillet.

 

 

Otilia Alonso González

1916-1936

 

Otilia naquit le 31 décembre 1916 à Enfistiella (Nembra, Asturies, Espagne), fut baptisée le 2 janvier suivant, et confirmée en 1925.

Orpheline de sa mère à deux ans, elle fut très bien éduquée par la seconde épouse de son père. 

Elle fréquenta l’école d’Etat, puis celle des Dominicaines de l’Annonciation, à Caborana.

En 1932, elle y entra comme novice et fit la profession en 1933.

En 1935, on l’envoya à Barcelone, pour y préparer l’habilitation à enseigner.

Lors de la révolution de juillet 1936, elle s’apprêtait à partir se réfugier aux Asturies.

Le 27 juillet 1936, les Religieuses durent quitter leur couvent pour être interrogées. Les révolutionnaires voulaient les faire apostasier, renoncer à leur consécration religieuse, et leur imposer leurs propositions malhonnêtes.

Sur leur refus, ils les firent remonter en camion pour les reconduire au couvent, en réalité pour aller vers la montagne du Tibidabo ; ils passèrent Vallvidrera et, au lieu-dit El Fero les firent descendre.

Ils les tuèrent l’une après l’autre. Deux d’entre elles, Otilia et Ramona Perramón, survécurent quelques heures et purent raconter les détails qu’on a mentionnés. 

Otilia fut recueillie par des personnes courageuses et bien intentionnées ; on la transporta à un hôpital de la Croix-Rouge, où elle manifesta sa reconnaissance envers ces bons samaritains, mais aussi à Dieu pour cette grâce du martyre. Elle pria le médecin d’avertir sa famille, et lui confia qu’elle mourait soumise, pure, totalement abandonnée à la volonté de Dieu. Elle demanda une médaille pour la baiser et prier. Son agonie dura deux heures environ.

Depuis, l’endroit du martyre a été appelé Les Monjes («les Moniales»).

Otilia mourut au soir du 27 juillet 1936 ; elle avait dix-neuf ans. 

Elle et ses Sœurs furent béatifiées en 2007.

Helena Staszewska

1890-1943

 

Polonaise de naissance, Helena naquit le 30 juillet 1890 à Złoczew, de Karol et Maria Kaszyńskich, qui eurent douze enfants. C’est elle qui dut aider toute cette fratrie.

Après son baccalauréat, elle fut maîtresse d’école pour pouvoir aider sa famille.

En 1921, elle entra chez les Ursulines, où se trouvaient déjà deux de ses sœurs. Elle prit le nom de Maria Klemensa de Jésus Crucifié.

Elle fut supérieure adjointe à Sierczy, Zakopane, Stanisławowo, et supérieure à Częstochowa, Gdynia et Rokiciny Podhalańskie, où elle arriva en août 1939.

Les Religieuses hébergèrent les élèves à Varsovie et organisèrent un enseignement clandestin. Mère Maria Klemensa cacha des jeunes filles juives, des blessés, des réfugiés.

Surveillée, Mère Maria Klemensa fut arrêtée le 26 janvier 1943, conduite à la prison de Montelupich et de là envoyée au camp d’Auschwitz, sous le numéro 38102.

Elle y mourut des mauvais traitements et de la fièvre typhoïde, le 27 juillet 1943.

Elle a été béatifiée en 1999.

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