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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 23:00

AOUT

 

01 AOUT

 

-II.        

SS Frères Maccabées et leur mère, cf. M 7, avec le vieillard s. Eléazar.

II.        

Ste Sophie, mère des trois sœurs Foi, Espérance et Charité (Pistis, Elpis et Agapé ; en russe : Nadia, Vera et Liouba), qu'elle suivit dans le martyre trois jours après elles ; on la fête aussi le 30 septembre.

       

S Secundinus, martyr à Rome.

IV.        

S Eusebius, évêque à Verceil où il mena avec ses prêtres une vie commune (c'était une nouveauté, qui sera suivie par s. Augustin) ; son anti-arianisme lui valut l'exil (Palestine, Cappadoce, Thébaïde), mais il put regagner sa ville et y mourut ; fêté le 2 août.

SS Léonce, Atte, Alexandre, agriculteurs martyrs à Pergé avec six autres.

S Vère, évêque à Vienne.

S Justin, enfant martyr près de Paris.

S Leus, prêtre à Ferrare.

?        

S Félix, martyr à Gerona.

V.        

S Exsuperius, premier évêque à Bayeux.

S Nectaire, évêque à Vienne.

S Severus de Rustan, prêtre au pays de Bigorre.

VI.        

S Bandry, évêque à Soissons ; exilé en Angleterre, rappelé par le peuple frappé de la peste.

S Arcade, évêque à Bourges.

SS Friardus et Secondellus, ermites à Vindunitta (Besné ?) ; Friard obtint la guérison de ses camarades piqués par des guêpes puis conduisit la vie d'ermite avec le diacre Secondel.

S Kined (Kenned), solitaire gallois.

Ste Almeda, vierge galloise martyre.

VII.        

S Pellegrino, pèlerin de souche irlandaise, mort en Italie centrale ; son corps est conservé justement à San Pellegrino.

S Ionatus, abbé à Marchiennes.

VIII.        

Ste Marie la Consolatrice, vierge à Vérone, sœur de l'évêque s. Annon.

X.        

S Ethelwold, moine à Glastonbury puis évêque à Winchester, grand restaurateur de la vie monastique, avec s. Dunstan et s. Oswald.

XI.      

Bx Rodolphe, abbé, et Albert, cellerier et prieur, à Vallombreuse.

XIV.        

B Emericus de Quart, évêque à Aoste.

B Giovanni Bufalari, augustin à Rieti, frère de la bse Lucia di Amelia.

XVI.        

S Pierre Favre (ou Lefèvre), savoyard, un des sept premiers jésuites, canonisé en 2013.

XVII.    

B Thomas Welbourne, laïc anglais, martyr à York.

B Martinus Gómez Tozaemon, laïc japonais tertiaire franciscain, martyr (le 27 août au Martyrologe).

XVIII.    

S Alfonso de’ Liguori, juriste napolitain, puis prêtre et fondateur des Rédemptoristes, voués aux missions populaires, évêque à Naples, auteur d'ouvrages de théologie morale, pour lesquels il sera proclamé Docteur, et patron des confesseurs et des moralistes.

XIX.        

SS Bênadô Võ Văn Duê et Đaminh Nguyễn Văn Hạnh, dominicain, prêtres, martyrs tonkinois, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

S Pierre Julien Eymard, prêtre de la Société de Marie, fondateur de deux Sociétés religieuses pour développer le culte au Saint-Sacrement ; fêté le 2 août.

XX.        

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Capucins Amigoniens : à Madrid, le prêtre José de Miguel Arahal (Bienvenido-María de Dos Hermanas, *1887) ;

- béatifié en 2007 :

Diocésains : à Toledo, Justino Alarcón de Vera (*1885) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Sebastiá Tarragó Carré (*1879) ;

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Benito Iñiguez de Heredia Alzola (Gaudencio, *1882) ;

Frères Maristes : près de Barcelone, Severino Ruiz Hidalgo (*1907) et José Mulet Velilla (José Teófilo, *1917) ;

- béatifiés en 2015 :

Capucins : près de Barcelone, le prêtre Francesc de Paula Soteras Culla (Ráfael María, *1902), et le convers Joan Bonavida Dellá (Félix, *1894) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près de Saragosse, Vicente Montserrat Millán (*1904) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, Francisco Morales Valenzuela et José Giménez Reyes (*1877, 1889).

B Aleksy Sobaszek (1895-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Gerhard Hirschfelder (1907-1942), prêtre allemand martyr à Dachau, béatifié en 2010.

Bses Adela Mardosewicz (Maria-Stella), Jadwiga Karolina Żak (M. Imelda), Anna Kukołowicz (M.Rajmunda), Eleonora Aniela Jóźwik (M.Daniela), Józefa Chrobot (M.Kanuta), Helena Cierpka (M.Gwidona), Julia Rapiej (M.Sergia), Eugenia Mackiewicz (M.Kanizja), Paulina Borowik (M.Felicyta), Leokadia Matuszewska (M.Heliodora), Weronika Narmontowicz (M.Boromea) (*1888, 1892, 1892, 1895, 1896, 1900, 1900, 1903, 1905, 1906, 1916), religieuses polonaises de la Sainte-Famille-de-Nazareth, exécutées par les nazis en 1943 ; elles s'étaient offertes à la place d'otages, béatifiées en 2000.

B Pierre-Lucien Claverie (1938-1996), dominicain, évêque en Oran, martyr, béatifié en 2018.

Les Sept Frères Maccabées et leur mère

2e siècle avant Jésus-Christ

 

Les deux Livres des Maccabées, les plus récents des livres de l’Ancien Testament, tirent leur nom de Judas Maccabée, qui entraîna ses frères de religion dans la lutte contre l’envahisseur pour maintenir la tradition religieuse juive.

C’est dans le deuxième Livre, au chapitre 6, qu’est relaté le martyre du vieillard Eléazar, de quatre-vingt-dix ans (v.24), puis, au chapitre 7, l’histoire des Sept Frères, arrêtés avec leur mère, tous suppliciés horriblement.

Eminemment admirable et digne d’une illustre mémoire fut la mère qui, voyant mourir ses sept fils dans l’espace d’un seul jour, le supporta allègrement en vertu des espérances qu’elle plaçait dans le Seigneur. Elle exhortait chacun d’eux… (2M 7:20-21).

La tradition chrétienne a appelé ces martyrs les sept frères Maccabées et les a tenus en grand honneur, avec des églises à Antioche, à Rome, à Lyon et à Vienne.

Le culte de ces Martyrs semble avoir été universel dans l’Eglise, jusqu’au 5e siècle. Plusieurs Pères composèrent des textes sur eux : Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome, Augustin, Ambroise, Gaudence de Brescia.

En général, on retenait que les reliques se trouvaient d’abord à Antioche de Syrie, mais saint Jérôme les situait à Modin. Différentes sources orientales donnent des noms à ces frères et à leur mère, mais diffèrent entre elles.

Le martyre aurait eu lieu à Antioche de Syrie, d’où les reliques furent transportées à Constantinople, puis à Rome. Elles sont vénérées dans l’église de Saint-Pierre-aux-Liens.

Le Martyrologe commémore le vieillard Eléazar et les Sept Frères avec leur Mère au 1er août.

 

 

Secundinus de Rome

† ?

 

L’actuel Martyrologe mentionne Secundinus, martyr à Rome sur la Via Prænestina au trentième mille, mais à une époque inconnue, sans doute assez ancienne.

L’ancien Martyrologe ne le mentionnait pas.

Saint Secundinus de Rome est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Félix de Gerona

† 304

 

Il existe plusieurs versions concernant Félix.

La plus populaire le fait originaire de Maurétanie (Maroc-Algérie).

Avant la persécution de Dioclétien (303) ou juste après le décret impérial, Félix gagna Gerona (Espagne NE), d’abord pour y prêcher le Christ, ensuite pour rencontrer le préfet Dacianus et tenter de le faire changer d’avis.

Félix endura de longs supplices, au terme desquels il rendit à Dieu son âme.

Un sanctuaire, puis une basilique furent construits à Gerona. On raconte cet événement qui se produisit plus tard : un voleur s’était emparé des précieux ornements de l’église ; un inconnu se présenta et le persuada d’aller à tel endroit où il pourrait vendre ces beaux tissus avec leurs pierres ; le voleur suivit le conseil et, peu après, se retrouva dans la basilique de Gerona, tandis que l’inconnu disparaissait ; c’était sans doute s.Félix.

Des reliques de s.Félix se trouvaient aussi à Narbonne, dans une église que le roi Alaric fit raser, parce qu’elle lui enlevait la vue qu’il avait de son palais ; Alaric en devint aveugle.

Saint Félix de Gerona est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Eusebius de Vercelli

283-371

 

Eusebio naquit vers 283 en Sardaigne.

Après le martyre de son père, il vint à Rome avec sa mère et sa jeune sœur.

C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, puis évêque (345).

Le diocèse de Vercelli (Piémont, Italie nord-ouest) venait d’être fondé et il en fut le premier évêque.

Dans son diocèse, il organisa la vie commune entre les membres du clergé et aurait institué l’Ordre des Chanoines Réguliers de Saint-Augustin.

Il fut en occident le plus chaleureux opposant à l’hérésie d’Arius, dont il appelait les fauteurs les Ariomanites ou fous d’Arius.

Pour sa fidélité à la doctrine, il fut exilé par l’empereur de 355 à 361 et fut relégué en Palestine, puis en Cappadoce et en Egypte méridionale.

Ayant repris son diocèse, il y mourut le 1er (ou le 2) août 371, à quatre-vingt-huit ans.

Sa fête liturgique est au 2 août depuis 1969.

 

 

Exsuperius de Bayeux

340-405

 

Exsuperius aurait été un Romain de famille noble et riche du premier siècle.

Le pape s.Clément (v. 23 novembre) l’aurait envoyé évangéliser le Bessin où, après avoir chassé plusieurs démons, Exsuperius serait devenu le premier évêque de Bayeux.

Les spécialistes restent perplexes devant ces dates : si Exsuperius vivait au premier siècle, les deux ou trois premiers évêques de Bayeux auraient dû mourir plus que centenaires, sauf s’il y eut des évêques que nous ne connaissons pas ou de longues périodes de vacance du siège.

On attribue à Exsuperius la guérison de plusieurs démoniaques, à la vue de quoi se serait converti Regnobert, futur successeur d’Exsuperius.

Exsuperius aurait légué à son Eglise un plat en argent (Missorium), qu’on retrouva en Angleterre en 1729, et disparu depuis (?).

Le nom d’Exsuperius devint, selon les localités : Spire (Corbeil), Dispar (Bretagne), et aussi Spirius, Soupir, Soupierre. Il y eut à Corbeil des reliques de s.Exsuperius, dispersées dans la Seine par les révolutionnaires en 1793.

Saint Exsuperius de Bayeux est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Severus de Rustan

? 500

 

Severus (Sever) devait être un grand propriétaire terrien, héréditaire des biens d’une famille noble de Bigorre (Hautes-Pyrénées).

Il devint prêtre et voulut favoriser les pauvres avec ses amples revenus.

Deux de ses propriétés devinrent des maisons religieuses, à vingt kilomètres l’une de l’autre. Il y célébrait la messe chaque dimanche. Il s’y rendait à cheval ; un jour qu’une branche de néflier lui balaya la figure, il maudit l’arbre, qui sécha ; se reprenant de son impatience, il pria Dieu de faire reverdir l’arbre.

Severus avait l’habitude d’orner ses églises avec des lys. Ceux qu’on mit près de son tombeau se fanèrent, mais reprirent vie à chaque date anniversaire de sa mort, qui advint vers 502. On en parlait encore en 1753.

C’est la maison de Rustan qui devint un monastère bénédictin dès au moins le neuvième siècle. Il fut fermé à la Révolution. Les reliques de s.Severus furent brûlées par les Huguenots en 1573.

Saint Severus de Rustan est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Friardus de Vinduneta

† 570

 

Friardus était le fils de parents très modestes, gallo-romains, et naquit au pays nantais.

Dans sa jeunesse, il cultiva les terres de son père, mais surtout il tranchait au milieu de ses camarades par sa grande piété.

Un jour qu’un essaim de guêpes s’était abattu sur ces jeunes gens, Friardus s’agenouilla, pria et fit un grand signe de croix : l’essaim disparut.

Il se retira sur l’île de Vinduneta, sur la Loire (peut-être Besné), pour y mener la vie d’ermite. Le rejoignirent un abbé, Sabaudus, qui retourna bientôt à son monastère, et un diacre, nommé Secundellus.

Ce dernier crut devoir aller évangéliser les populations proches, mais Friardus sut que c’était une simple tentation diabolique, pour empêcher Secundellus de persévérer dans la prière ; on pourrait appeler cette tentation, activisme : un prétecte apparemment juste nous fait oublier notre vocation principale.

Peu après, Secundellus mourut dans les bras de Friardus.

Quand Friardus fut à son tour parvenu à ses derniers moments, il manda l’évêque s.Felix (v. 8 juin ?) qui, retenu, lui fit répondre de ne pas mourir avant sa venue : Friardus obéit ponctuellement.

Il mourut vers 570.

Saint Friardus de Vinduneta est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ionatus de Marchiennes

† 690

 

Ionatus fut un disciple de s.Amand (v. 6 février).

Il se trouvait au monastère d’Elnone, lorsque s.Amand le nomma abbé du monastère de Marchiennes.

Un autre monastère, de moniales, s’éleva aussi à Marchiennes, que dirigea sainte Rictrude (v. 12 mai).

Un ouvrage sur ses miracles fut publié, que nous ne connaissons malheureusement pas.

Une discussion qui n’est pas encore achevée, présente ce Ionatus comme le Ionas de Bobbio, disciple de s.Colomban (v. 23 novembre). L’argument est celui-ci : au moment où l’on perd de vue Ionas de Bobbio, apparaît Ionatus à Marchiennes, justement quand celui de Bobbio semble s’être déplacé dans le Nord de la Gaule. Intéressant, l’argument ne semble pas cependant être un alibi valable.

Saint Ionatus de Marchiennes est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Æthelwold de Winchester

904-984

 

Né vers 904, fils de haute famille, Æthelwold grandit à la cour du roi Athelstan.

Il reçut la tonsure des mains de s.Elphege l’Ancien (ou Ælfheah le Chauve, v. 12 avril ?) puis entra au monastère de Glastonbury, que gouvernait alors s.Dunstan (v. 19 mai). Il y étudia la grammaire, la métrique, la patristique.

En 954, il fut nommé à son tour abbé à Abingdon, un monastère tombé en grande décomposition et qu’il fallait restaurer. Il y établit la Règle bénédictine.

Il surveilla de près tous les travaux (il reçut un jour une grosse planche qui lui cassa plusieurs côtes) ; lui-même sut fondre deux cloches, et peut-être aussi les tuyaux d’un orgue.

Lui qui avait voulu voyager pour s’instruire de la vie monastique sur le continent, fut contraint par Dunstan et la reine de demeurer sur place ; il envoya un moine à Fleury-sur-Loire dans ce but.

En 963, Æthelwold fut nommé évêque pour le siège de Winchester. Aidé par le roi qui en demanda la permission au pape, il eut l’initiative de remplacer, même manu militari, beaucoup de membres du clergé diocésain par des moines et son exemple fut repris par s.Oswald (v. 29 février) et s.Dunstan.

Æthelwold refonda ainsi plusieurs monastères : Chertsey, Milton, Peterborough, Ely, Thorney, également celui des moniales à Winchester.

Avec s.Dunstan, Æthelwold rédigea une sorte de charte monastique qui devait servir de Règle normative pour tous les monastères d’Angleterre. Les abbayes profitèrent de ce mouvement et formèrent une élite de moines savants, intellectuels, dont plusieurs furent abbé, évêques. On attribue à l’influence d’Æthelwold le magnifique Bénédictionnaire de Saint Æthelwold, qui se trouve actuellement à la British Library.

On s’en doute, des mouvements contestataires se manifestèrent parmi certains moines récalcitrants : on essaya d’empoisonner Æthelwold, inutilement.

Dans le but d’aider la jeunesse, Æthelwold traduisit en anglais des ouvrages latins. Il était toujours souriant, un lion pour les déréglés, une colombe  pour les bons, l’Aigle du Christ et le Père des moines.

Il mourut à Beddington, le 1er août 984.

Saint Æthelweald de Winchester est commémoré le 1er août dans le Martyrologe Romain.

Emericus de Quart

† 1313

 

Emericus (ou aussi Hemericus ou Eymericus, en français Emeric ou Aymeri) de Quart était le deuxième des cinq fils de Jacques II (ou Zacharie), seigneur de Quart (Aoste, Italie NO). Les autres fils furent Jacques III, Aymon (évêque de Genève), Henri (prévôt de la cathédrale d’Aoste) et Guillaume (archidiacre).

Chanoine de la collégiale Saint-Ours, Emericus était sous-diacre vers 1300 et fut probablement ordonné diacre et prêtre en 1300-1301, car il signe comme évêque d’Aoste en 1302.

Son épiscopat fut marqué par l’institution de la fête de la Conception de la Vierge Marie (1311).

Il mourut en 1313, apparemment le 1er septembre, mais le Martyrologe le mentionne au 1er août, rappelant l’austérité de sa vie et son zèle pastoral.

Il fut proclamé bienheureux en 1889.

 

 

Giovanni Bufalari

1318-1336

 

Giovanni, de la noble famille des Bufalari, naquit vers 1318 à Porchiano (Amelia, Ombrie, Italie C, auj. Porchiano del Monte). Sa sœur, Lucia, est mentionnée au Martyrologe le 27 juillet.

Très jeune, il entra dans l’Ordre augustinien et fut envoyé à Rieti.

Un témoignage contemporain affirme : (Giovanni) était simple, humble, toujours joyeux ; manger, boire, il faisait comme tout le monde, ainsi que dans toutes les autres occupations de la vie commune ; irrépréhensible dans ses rapports humains, et vraiment remarquable dans sa vie spirituelle.

Il nourrissait une amitié profonde envers tous les confrères et jamais il n’eut une parole déplacée ; aimable avec tous, surtout avec les malades ; les hôtes de passage, il leur lavait les pieds et leurs vêtements poussiéreux  et leur faisait mille gentillesses.

Envers les prêtres, il avait une attention encore plus grande, par respect pour l’Eucharistie qu’ils célébraient et leur servait la Messe avec grand empressement.

Il aimait aller faire une promenade solitaire dans le jardin, mais il en revenait avec les larmes, triste de contempler d’un côté les fruits, les oiseaux, les arbres qui obéissent à leur Créateur, et de l’autre les hommes à qui est promise la vie éternelle en récompense de leur obéissance, et qui n’obéissent pas au Créateur. 

Quelques jours avant sa mort, on entendit un rossignol qui chantait devant sa fenêtre ; Giovanni commenta le fait en disant que sa fiancée venait l’inviter au paradis. De fait, peu après, alors qu’il servait la Messe, il vit une belle lumière sur l’autel, et après une très brève maladie, s’endormit dans le Seigneur, un 1er août de 1336 environ, à dix-huit ans.

Il y eut tout de suite beaucoup de prodiges miraculeux obtenus par l’intercession de Giovanni, sagement consignés par écrit par les témoins : cent-cinquante pour la première année !

Son culte fut confirmé en 1832, la même année que pour sa sœur Lucia.

 

 

Pierre Favre

1506-1546

 

Pierre vit le jour au Villaret (Savoie) le 13 avril 1506, dans une famille nombreuse, catholique.

On a hésité entre deux formes pour l’orthographe de son nom de famille : Lefèvre ou Favre. La réponse s’impose, puisqu’il signa lui-même Favre et que ce nom s’est maintenu par la suite, comme par exemple pour un certain Jules Favre, un arrière-neveu de notre Saint.

Le garçonnet se montra très précoce. Il savait déjà, à six ou sept ans, tenir de belles prédications comme un petit docteur, disait-on.

Il ne put aller à l’école, à cause de la pauvreté des parents, et il sanglotait en rêvant d’aller à l’école. Ce fut un oncle, Mamert Favre, prieur à la chartreuse du Reposoir, qui le fit envoyer étudier à Thônes puis à La Roche, puis qui lui payera ses études à la Sorbonne. Excellent élève, après avoir épuisé la science de ses maîtres en Savoie, il gagna Paris, à dix-neuf ans. Il restera toujours très reconnaissant envers les Chartreux, avec il restera en contact, par exemple quand il sera à Cologne.

C’est à Paris qu’il partagea la chambre d’un certain François-Xavier (en basque : Pantxoa Xabier, voir au 3 décembre), qui lui fit aussi connaître un non moins célèbre Ignace de Loyola (en espagnol : Iñigo de Loyola, voir au 31 juillet).

Pierre fut très brillant et devint bachelier ès arts. Il aida Iñigo dans ses débuts universitaires parisiens et, l’élève ayant dépassé le maître, Iñigo devint à son tour son maître en choses spirituelles.

Autour d’Ignace se forma un petit groupe, dont le seul français était Pierre. Le premier, il fit les Exercices spirituels proposés par Iñigo, avant son ordination sacerdotale, qu’il reçut en juin 1534.

Il célébra sa première messe le 22 juillet, en la fête de sainte Marie-Madeleine.

La même année, le 15 août, le groupe des Amis dans le Seigneur monta à Montmartre et tous firent trois vœux : de pauvreté, de chasteté, et d’aller en pèlerinage à Jérusalem. Ils devaient se retrouver à Venise en janvier 1537.

Iñigo étant allé se refaire une santé, Pierre, l’unique prêtre du groupe alors, en fut le chef. 

En 1536, Pierre devint maître ès arts. 

On se mit en marche pour Venise à l’automne 1536 ; Iñigo les rejoignit à Venise, mais comme il n’y avait pas de bateau en partance, ils vinrent à Rome, demander sa bénédiction au pape, Paul III. Ensuite, ils exercèrent leur apostolat en Italie du nord.

Un an après, le vœu pour Jérusalem devenait caduc ; on revint voir le pape à Rome. Ce dernier nomma Pierre professeur d’Ecriture sainte à La Sapientia. Puis le pape, toujours Paul III, après avoir approuvé la naissante Compagnie de Jésus, envoya Pierre en Allemagne, auprès du conseiller impérial Ortiz (1540-1541) : il fallait quelqu’un pour diriger les colloques entre catholiques et protestants ; les colloques n’aboutirent pas, mais furent l’occasion pour Pierre de comprendre que le protestantisme gagnait à cause des désordres internes de la société : ignorance religieuse du peuple, immoralité du clergé.

Iñigo l’appelle ensuite en Espagne, où il séjourne quelques mois à Saragosse, Madrid, Ocaña, Tolède, mais le pape le rappelle en Allemagne, qu’il rejoint en totale obéissance, sans même s’arrêter chez les siens en Savoie ; c’est durant ce voyage (1542) que Pierre conquit Petrus Canisius (voir au 21 décembre). Pierre fonda la collège de Cologne, puis visitera Anvers et Louvain.

Puis Iñigo veut l’envoyer au Portugal ; tandis que Pierre manque le bateau à Anvers et doit aussi se faire soigner à Louvain, il apprend que le nonce en Allemagne l’appelle à Cologne. Nouveau dilemme d’obéissance envers le Fondateur et envers le Pape. L’obéissance comme un cadavre le fait rester à Cologne, où il réfute Melanchton et toute une cohorte de luthériens, préservant ainsi le diocèse de l’hérésie.

En 1544, Iñigo parvient à arracher son fils de l’Allemagne pour l’envoyer au Portugal ; Pierre passe par Lisbonne, Evora, Coimbra… puis rejoint l’Espagne (1545), suscitant par sa parole convaincante beaucoup de vocations missionnaires. Les étapes de son voyage en Espagne sont Valladolid, Madrid, Salamanque, Tolède, Alcala, de nouveau Madrid, mais à l’hôpital pour se faire soigner à nouveau.

C’est là que lui parvient un ordre du pape de gagner Trento, pour le concile. En route, il ouvre encore des maisons : Valencia, Gandia, Barcelone.

S’il arrive enfin à Rome, épuisé, c’est pour y mourir dans les bras de Iñigo, le 1er août 1546.

De lui, un des premiers compagnons de Pierre, Simon Rodrigues, écrivit : Il avait une rare et délicieuse douceur de rapports, que je n’ai trouvée chez personne à ce degré. C’était dire la manière charmante qu’avait Pierre de converser et de gagner les cœurs ; il préférait la conversation personnelle aux grands discours solennels dans la chaire des églises. A cela s’ajoutait son intégrité parfaite, qui confirmait sa parole.

Pierre Favre fut béatifié en 1872 (plus exactement, le culte immémorial fut confirmé, ce qui équivalait à une béatification).

En 2013, Pierre Favre reçut la canonisation équipollente, par décision du pape lui-même, sans nouvel examen.

 

Thomas Welbourne

?-1605

 

Thomas était un laïc anglais, né à Kitenbushel dans le Yorkshire nord.

On ne sait de lui presque rien, sauf le plus important : maître d’école catholique, il exhortait ses voisins à embrasser le Catholicisme et fut, pour ce motif, accusé et condamné au même titre que les traîtres.

Thomas Welbourne mourut en martyr à York, le 1er août 1605.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Martinus Gómez Tōzaemon

?-1627

 

C’était un laïc né à Hakata (Japon) à une date non connue.

Il portait une partie de son nom en espagnol, comme bien d’autres Martyrs, mais il était japonais, et très fervent.

Membre du Tiers Ordre franciscain, il fut arrêté avec le père Francisco de Sainte Marie en 1627, au moment où ce dernier allait célébrer la Messe chez Gaspar Vaz (voir les notices correspondantes).

Il était un des hôtes généreux des missionnaires franciscains. 

Il refusa d’apostasier, fut condamné à mort, et décapité le 1er août 1627 à Nagasaki, alors que tous les autres du groupe furent martyrisés le 16 août suivant.

Il fait partie des deux-cent cinq Martyrs du Japon béatifiés en 1867.

(Le groupe de ces quinze Martyrs japonais est mentionné le 27 août au Martyrologe).

 

 

Alfonso de’ Liguori

1696-1787

 

Alfonso était l’aîné des huit enfants de la famille de’ Liguori, une très ancienne famille napolitaine.

Une tradition prétend que le bienheureux Francesco de Girolamo (voir au 11 mai) aurait prédit la naissance d’un évêque, qui mourrait à un âge avancé et ferait de grandes choses pour la gloire de Dieu.

Alfonso naquit le 27 septembre 1696 à Marianella (Naples, Italie), de Giuseppe et Anna Maria Caterina Cavalieri, qui lui firent donner une éducation très soignée avec des précepteurs de choix à la maison.

Alfonso étudia sans aucune difficulté les langues et les sciences, ainsi que les arts : latin et grec, français, mathématiques, peinture et musique. En 1708, il entrait déjà à l’université et se diplôma comme docteur en droits civil et ecclésiastique en 1713, à dix-sept ans.

Ses débuts immédiats au barreau furent brillants. Son avenir semblant se dessiner, son père le poussa au mariage, mais un échec cuisant lors d’une plaidoirie fit rentrer le jeune avocat en lui-même et l’orienta vers un changement radical. 

C’était en 1723 : il voulut entrer à l’Oratoire.

Il fallait vaincre la résistance de son père. Sa vie avait tellement changé que beaucoup de relations se détournèrent de lui ; même son père évitait de le rencontrer.

Reçu par l’archevêque de Naples, Alfonso eut la permission d’étudier la théologie à la maison. En 1726, il était ordonné prêtre. Peu auparavant, un excès de travaiil et de pénitences l’amenèrent à l’antichambre de la mort, mais il guérit de façon vraiment inattendue.

La prédication d’Alfonso eut immédiatement un merveilleux succès ; des pécheurs publics se convertirent. Venu incognito se confesser, le père d’Alfonso en ressortit très ému et reconnaissant.

Le récit de toutes les entreprises d’Alfonso sera une trop longue suite d’événements. Alfonso se donna à la prédication populaire, peu à peu entouré de condisciples.

En 1731, à Foggia, après un tremblement de terre, Alfonso prêchait dans la cathédrale, où la foule le vit en lévitation.

En 1732, à partir du Royaume de Naples puis dans toute l’Italie centrale, Alsonse et ses compagnons prêchèrent sans relâche dans les villes et les villages, où les gens des campagnes avaient besoin de recevoir enfin la Parole de Dieu.

Alfonso écrivit aussi beaucoup. Il composa des chants populaires (dont le fameux Tu scendi dalle stelle, que tous les Italiens chantent à Noël).

Ces premières années d’activité aboutirent finalement à la fondation de la Congrégation du Très Saint Rédempteur. Les débuts furent à la fois prometteurs et difficiles : les vocations ne manquaient pas, mais les défections aussi. A partir de l’approbation de Rome, l’institut s’affermit, les vocations affluèrent

En 1762, Alfonso fut nommé évêque à Sant’Agata dei Goti, une charge dont il profita, entre autres, pour venir en aide à la population frappée de famine en 1764. Pour honorer sa charge, il fut contraint de se faire raser proprement, de mettre une soutane neuve, de chausser des souliers neufs (mais qu’il garda jusqu’à sa mort).

Il s’occupa de réformer le séminaire et le clergé. Dans les nominations, il ne s’occupait pas des recommandations, mais du seul mérite du candidat. Il n’hésita pas à exposer quelques remontrances à l’occasion. Pour réformer les monastères de religieuses, il en fonda un de rédemptoristines, qui devaient vivre selon un style plus austère, plus authentiquement monastique.

En 1773-1774, deux maisons s’ouvrirent dans les Etats pontificaux.

Toujours en 1774, tandis qu’on le voyait immobile sur son fauteuil, comme prostré, il fut en même temps présent auprès du pape mourant, pour le réconforter. On appelle cela la bilocation.

Il présenta sa démission en 1774, trop durement frappé par une arthrite qui le courbait de plus en plus, outre qu’il n’entendait et ne voyait presque plus. 

Il se retira dans la maison-mère de sa congrégation, à Nocera de’ Pagani,. Sa retraite fut troublée par une scission à l’intérieur même de la congrégation. Le résultat était en quelque sorte que le Fondateur se trouvait en-dehors de sa propre fondation. L’épreuve fut très douloureuse, mais Alfonso la supporta avec courage, et prédit que les deux rameaux se réuniraient, après sa mort.

Mgr Alfonso de’ Liguori s’éteignit le 1er août 1787.

Comme il l’avait prédit, la recomposition de la congrégation se fit en 1793.

Alfonso fut béatifié en 1816, canonisé en 1839 et proclamé Docteur de l’Eglise en 1871.

Son œuvre est très important. On a de lui une Théologie morale, des Visites au Saint-Sacrement, l’œuvre mariale des Gloires de Marie, et d’autres titres pour les prêtres, pour les religieuses, pour le peuple.

Saint Alfonso fut béatifié en 1816, canonisé en 1839, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1871, avec le titre de doctor zelantissimus.

Sa fête liturgique est au 1er août.

Bênadô Võ Văn Duê

1755-1838

 

Bênadô (Bernard) vit le jour en 1755 à Quần Anh (Nam Ɖịnh, Vietnam).

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin oriental.

Il avait quatre-vingt-trois ans lorsqu’il apprit l’arrestation de son évêque, Mgr Delgado (voir au 12 juillet). Il se fit transporter auprès du Prisonnier, pour mourir avec lui ; il eut bien du mal à obtenir cette «faveur», mais finit par se faire entendre de soldats qui l’emmenèrent. C’était le 3 juin 1838.

Il confessa sa foi avec courage et fut condamné à la décapitation le 23 juin. 

Il fut décapité à Ba Tòa (Nam Ɖịnh) le 1er août 1838.

Béatifié en 1900, il a été canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

 

 

Đaminh Nguyễn Văn Hạnh

1772-1838

 

Ɖaminh (Dominique) vit le jour en 1772 à Năng A (Nghệ An, Vietnam).

Ce fut un prêtre de l’Ordre dominicain.

Arrêté le 7 juin 1838, il fut terriblement torturé en prison, où on voulait le faire apostasier.

On le condamna à mort, et l’on attendit la confirmation de cette sentence jusqu’à la fin de juillet.

Le père Ɖaminh fut décapité à Ba Tòa (Nam Ɖịnh) le 1er août 1838.

Béatifié en 1900, il a été canonisé en 1988.

 

 

Pierre-Julien Eymard

1811-1868

 

Il naquit le 4 février 1811 à La Mure (Isère), d’un père vendeur d’huile et d’une mère (Marie-Madeleine) très chrétienne. 

Le papa pensait remettre à son fils sa boutique, et s’opposa un certain temps à la vocation de Pierre-Julien. Ce dernier, très jeune, fut attiré par l’église paroissiale et le Saint-Sacrement. Un jour qu’il tendait sa tête en direction du tabernacle, il dit à une de ses grandes sœurs (Marie-Anne) : C’est que j’écoute, et je l’entends mieux d’ici.

Le papa finit par accepter de laisser partir son garçon à Grenoble, où un prêtre s’offrait à lui donner des leçons gratuitement, contre de petits services. 

Puis la maman mourut.

Notre garçon put enfin partir à Marseille chez les Oblats de Marie Immaculée, mais il se mit à l’étude avec un tel acharnement qu’il dut vite revenir à la maison pour se reposer.

Là-dessus, Monsieur Eymard mourut en 1831, et Pierre-Julien entra au Grand séminaire de Grenoble ; il fut ordonné prêtre en 1834.

L’abbé Eymard vécut quelques années de pastorale intense comme vicaire à Chatte, puis comme curé à Monteynard, deux paroisses qui furent toutes renouvelées. Le jeune prêtre avait été marqué par la tendance de l’époque au dolorisme (d’inspiration «janséniste»), mais il comprit un jour, en priant devant le Calvaire de Saint-Romans, que la spiritualité devait s’ouvrir davantage à l’amour gratuit, au don de soi à la Providence, à l’acceptation humble des circonstances, sans recherche volontariste de la souffrance en elle-même.

Pierre-Julien se sentait surtout une âme de Religieux ; il obtint enfin de l’évêque la permission d’entrer au noviciat des Pères Maristes, en 1839. Cette jeune congrégation mariale avait été fondée par le père Colin. Pierre-Julien, qui était déjà prêtre, y fit un noviciat «abrégé», et émit les vœux religieux dès l’année suivante. 

Ses supérieurs, ayant remarqué ses qualités d’organisateur, d’éducateur, de prédicateur, le nommèrent diecteur spirituel du collège de Belley (Ain, 1839), puis Provincial pour la France (1844), et Directeur du Tiers-Ordre de Marie (1845) : il organisa fort bien ce dernier en différentes branches, selon les états de vie.

Durant la procession de la Fête-Dieu 1845, Pierre-Julien eut l’inspiration de prêcher Jésus-Christ eucharistique, sous la protection de l’apôtre saint Paul.

Le 21 janvier 1851, pendant qu’il priait dans la basilique Notre-Dame de Fournière à Lyon, il se sentit mystérieusement, dit-il lui-même, fortement impressionné par la pensée de l’état d’abandon spirituel où se trouvaient les prêtres, d’ignorance des laïcs, du peu de dévotion que recevait le Corps du Christ dans le Tabernacle et même des sacrilèges.

De là lui vint l’inspiration, d’abord, de fonder un Tiers-Ordre masculin dévoué à l’adoration réparatrice, lequel allait devenir par la suite une congrégation religieuse proprement dite, consacrée au culte et à l’apostolat de l’Eucharistie. 

En attendant, il fut nommé supérieur du collège de La Seyne-sur-Mer, qu’il redressa de fond en comble ; il parla de son projet, mais le Supérieur des Maristes s’y opposait, n’y voyant pas de lien possible entre cette dévotion eucharistique et le but de la Société de Marie. Le père Eymard demanda, et finit par obtenir d’être relevé de ses vœux. Il partit pour Paris.

La nouvelle congrégation naquit à Paris en 1856, mais après que l’archevêque l’eut d’abord désapprouvée. Il l’approuva séance tenante, cependant, quand Pierre-Julien lui représenta l’important projet de la Première Communion des adultes à Paris. Ce fut le 13 mai 1856.

La communauté se développa très lentement, au milieu de mille péripéties, dans une pauvreté héroïque. Les religieux manquaient tellement du minimum, qu’ils demandaient de l’aide à d’autres congrégations voisines. Ils durent abandonner leur petite demeure pour laisser percer un nouveau boulevard.

Il y eut une branche masculine et une autre féminine. Des maisons s’ouvrirent : Marseille, Angers ; l’œuvre de l’Adoration prit bientôt un essor considérable.

L’approbation papale arriva dès 1863. Le père Eymard, contre sa volonté, fut contraint d’être nommé Supérieur. 

Pierre-Julien avait une autre idée en tête, qui ne put jamais se concrétiser : acquérir le Cénacle de Jérusalem, pour en faire un lieu de culte extraordinaire envers l’Eucharistie. Après des mois d’attentes, ce fut une réponse négative de la part de Rome, que Pierre-Julien accepta dans l’esprit de soumission du Christ envers son Père : Que ta volonté soit faite, non la mienne.

Après quelques autres fondations à Bruxelles, à St Maurice Montcouronne (Essonne), à Nemours (Seine-et-Marne), le père Eymard dut fermer la maison de Nemours, il perdit la confiance des évêques, tomba malade, mais son amour et son zèle pour l’Eucharistie redoublaient encore.

Il confia, peu de jours avant sa mort : Que le diable est mauvais quand il vous bat. Ses soufflets sont secs, comme s’il frappait sur du marbre. C’est qu’il frappe vraiment, et pas seulement d’une manière imaginaire.

Epuisé, amaigri, sans même la force de manger, il reçut l’ordre formel de son médecin d’aller se reposer à La Mure. Arrivé le 21 juillet, il mourut le 1er août 1868, succombant à un accident vasculaire.

Béatifié en 1925, canonisé en 1962, il fut introduit au calendrier romain en 1995 et proclamé Apôtre de l’Eucharistie : sa fête liturgique est au 2 août, puisque l’on fête au 1er août saint Alfonso de’ Liguori.

Les Religieux du Saint-Sacrement sont un millier, dans un peu plus de cent maisons. Les Religieuses sont moins nombreuses et présentes en France et Belgique, en Amérique du Nord, au Vietnam.

Francisco Morales Valenzuela

1877-1936

 

Francisco Morales Valenzuela naquit le 22 septembre (novembre ?) 1877 à Alhama de Grenade (Espagne).

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut curé à Beas de Grenade et à Quentar, avant d’être nommé à Alhama de Grenade.

C’est là qu’il fut abattu le 1er août 1936, dans la rue de l’église paroissiale, près de la sacristie, où l’on retrouva son cadavre.

Francisco Morales Valenzuela devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Sebastià Tarragó Carré

1879-1936

 

Il naquit le 21 juillet 1879 à Vinaixa (Garrigues, Catalogne, Espagne), de Josep et Magdalena, qui le firent baptiser le lendemain.

Il fut ordonné prêtre en 1903.

Il fut curé à Bellmunt (Priorat). Bon prêtre, humble, il était l’ennemi acharné des critiques, au point qu’il trouvait toujours une excuse pour sauver ses fidèles.

Il avait pour le soigner une pieuse femme, Raimunda (Ramona) Abellí, de soixante ans, originaire de Figuera, presque aveugle et qui portait des verres très forts pour voir tout de même quelque chose.

Le 22 juillet, la révolution avait explosé. Le prêtre alla retirer le Saint Sacrement de l’église, observé par les miliciens. Ils lui proposèrent la vie sauve s’il acceptait de se marier avec cette Raimunda. Il répondit avec sainte indignation : Jusqu’à maintenant, j’ai vécu comme un bon prêtre, et c’est comme ça que je veux mourir !

Le 1er août, le comité révolutionnaire de Bellmunt fit venir un taxi de Falset, qu’ils chargèrent d’aller chercher Emili Rull Pedret, un ami de Sebastià, pour convaincre ce dernier d’aller à Vinaixa, son pays natal. Ils proposèrent aussi à Madame Raimunda de la conduire où elle désirait, mais elle répondit qu’elle devait s’occuper de don Sebastià à Vinaixa aussi.

Vers dix heures du matin, ils partirent pour Falset, accompagnés par deux miliciens. De là, après une heure d’attente, ils continuèrent vers la Vilella Alta et Poboleda. En chemin, ils croisèrent une autre voiture, dont ils obligèrent les occupants à repartir sur Poboleda, chercher d’autres volontaires pour fusiller don Sebastià.

Dans un ravin à mi chemin entre Poboleda et Escaladei, après avoir concédé aux deux victimes un quart d’heure pour prier, ils les dépouillèrent, les maltraitèrent avec des propos et des gestes grossiers et sarcastiques et, n’ayant pu obtenir de les faire renoncer à leurs devoirs sacrés, les aspergèrent d’essence et les brûlèrent vifs, en même temps qu’ils les tuaient à coup de balles.

On peut dire que tous deux furent martyrs de la pureté, ce 1er août 1936.

Seul don Sebastià fut béatifié en 2013.

 

 

Benito Iñiguez de Heredia Alzola

1882-1936

 

Benito (Benoît) vit le jour le 16 avril 1882 à Dallo (Ávila, Espagne).

A la suite de son aîné, Alejandro, il entra à dix-sept ans dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Gaudencio.

Il fut présent en diverses communauté : Ciempozuelos, Carabanchel, Madrid, Barcelone.

A partir de 1914, il fut supérieur à Valencia, Palencia, Málaga, puis économe à San Rafael, Madrid et au sanatorium de Ciempozuelos de 1931 à 1936.

L’établissement ayant été occupé par les éléments révolutionnaires, il fut envoyé à Madrid pour régler quelques achats. Dans le train, il fut arrêté, dérobé de l’argent qu’il portait et mis en prison.

La nuit de ce 1er août 1936, il fut assassiné à Valdemoro avec deux autres ecclésiastiques.

Son frère Alejandro (en religion Mauricio) devait être assassiné à son tour le 28 août suivant à Barcelone.

Frère Gaudencio, ainsi que son frère, furent béatifiés en 2013.

 

 

Justino Alarcón de Vera

1885-1936

 

Justino vit le jour le 1er août 1885 à Fuensalida et fut baptisé le lendemain. Il fut confirmé en 1889.

En 1898, il entra au Petit séminaire de Tolède, dont il sortit avec les meilleurs résultats.

En 1909-1910, il fut successivement bachelier, licencié et docteur en théologie, pour être ordonné prêtre en 1910.

Il exerça le saint ministère successivement à Escalonilla, Talavera de la Reina (en même temps qu’aumônier des Petites Sœurs des Pauvres), puis aumônier des Ursulines à Tolède.

En 1912, il fut nommé professeur au séminaire, où il resta jusqu’à la fin de ses jours, tout en cumulant la charge de deuxième cérémoniaire à la cathédrale. Au séminaire, il enseignait la Logique, la Métaphysique, la Cosmologie, la Psychologie et la Théologie naturelle.

Il devait avoir encore un peu de temps libre, car il fonda et dirigea le périodique Editorial Católica Toledana, en même temps qu’il collaborait au périodique El Castellano.

Quand se déchaîna la guerre civile de 1936, Tolède fut aux mains des marxistes, qui attaquèrent tout de suite les prêtres. Malgré le danger, don Justino tint à porter sa chère soutane, signe de son appartenance à Dieu et au sacerdoce.

Le 1er août 1936, jour de ses cinquante-et-un ans, à midi, des miliciens vinrent l’arrêter chez lui. Sans résister, il les suivit ; en chemin, on se moquait de lui, on le frappait ; le prêtre ne pouvait presque plus marcher ; conduit au lieu-dit El Tránsito, il fut abattu.

Don Justino fut béatifié en 2007.

 

 

José de Miguel Arahal

1887-1936

 

José naquit à Dos Hermanas (Séville) le 17 juin 1887.

Après l’école primaire, il fréquenta l’école tenue par les pères Capucins de Saint-Herménégilde, où il ressentit la vocation religieuse.

S’étant présenté au couvent de Monte Sión (Torrent), il fut reçu par le Vénérable père Luis Amigó, qui lui dit : Sois le bienvenu, mon fils. C’est ce nom de Bienvenido que José conserva par la suite. Le père Luis Amigò avait opéré une réforme à l’intérieur de l’Ordre Capucin, dont les religieux, appelés Tertiaires Capucins, prirent aussi le nom de Amigoniens. 

En 1905, José-Bienvenido fit la première profession, suivie de la solennelle en 1911.

En 1920, il fut ordonné prêtre.

Il reçut successivement la charge de supérieur des Tertiaires capucins, maître des novices, conseiller et vicaire général, enfin, de 1927 à 1932, général de la congrégation entière.

Il s’employa à renforcer l’appel aux vocations, l’étude des Religieux, l’ouverture au monde d’Amérique du Sud. Il transmettait sa dévotion au Saint Sacrement, au Sacré-Cœur.

La révolution de 1936 le trouva à Madrid, à l’école de Santa-Rita. Il fut le dernier à la quitter, avec son habit religieux.

Le 31 juillet, des miliciens le forcèrent à remettre les fonds déposés à la Banque de Biscaye et à la Banque d’Espagne. Ensuite, ils lui retirèrent son repas et l’emmenèrent avec violence à la Pradera de San Isidro, où ils le fusillèrent. C’était le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

José Giménez Reyes

1889-1936

 

José Giménez Reyes naquit le 20 septembre 1889 à Santafé (Grenade, Espagne).

Entré au Petit séminaire en 1902, il fut ordonné prêtre en 1915.

Après diverses paroisses, il fut nommé vicaire à Sainte-Catherine de Loja et administrateur de Riofrío

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 1er août 1936.

José Giménez Reyes devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 1er août.

 

 

Joan Bonavida Dellá

1894-1936

 

Joan était né le 2 avril 1894 à Tortosa (Tarragona, Catalogne, Espagne).

Le 22 janvier 1925, il prit l’habit des Capucins. Après le noviciat, il prit à la profession le nom de Félix, comme frère convers ; il fit la profession solennelle l’année suivante, comme frère convers.

A Olot, il fut jardinier et quêteur. A Sarrià, il fut de nouveau quêteur, restant au service du père Provincial.

Le 19 juillet 1936, quand éclatèrent les émeutes révolutionnaires, il était à Tordera, toujours occupé à demander l’aumône pour son couvent. Il resta à l’abri dans une famille d’accueil.

Quand les communications furent apparemment rétablies, il décida de partir pour Arenys de Mar, mais à la gare, il ne put passer inaperçu, par son comportement aimable et réservé. On l’arrêta, Félix n’opposa aucune résistance.

On le fit monter dans un camion pour aller le fusiller avec le curé de l’endroit (qui fait très probablement partie d’une autre cause de béatification).

Félix reçut la palme du martyre, à Palafolls (Barcelone), le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

 

Francesc de Paula Soteras Culla

1902-1936

 

Francesc de Paula était né le 12 avril 1902 à Mataró (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Tout petit, il entendit l’appel au sacerdoce. Ayant rencontré le père Pio d’Igualada, il demanda à entrer au collège séraphique, à dix ans.

De là, il passa au noviciat de Manresa et prit l’habit en 1917 avec le nom de Ráfael María.

Au terme de sa préparation, il reçut le sacerdoce en 1925.

Il fut professeur de philosophie et directeur du collège de philosophie ; puis, au chapitre de 1933, il fut nommé secrétaire provincial et archiviste.

On le décrivait comme un Religieux très intègre, d’intentions droites, profondément surnaturel et particulièrement obéissant.

Il fut surpris dans le train de Sarrià : apprenant qu’il était Religieux, on l’arrêta et on le fusilla.

Ráfael María reçut la palme du martyre à Vallvidrera (Barcelone), le 1er août 1936.

Il a été béatifié en 2015.

 

Vicente Montserrat Millán
1904-1936

Né le 6 janvier 1904 à Lorca (Murcia), il fut baptisé quatre jours plus tard. Il avait une sœur, Antonia.

En 1914, il entra au Petit séminaire de Murcia, mais passa à celui d’Almería lorsque son père transféra son négoce dans cette ville.

Il fut ordonné prêtre en 1928. En action de grâces pour cette ordination, la mère du jeune prêtre offrit à l’église de Lorca un beau retable pour l’autel de saint Vincent, le saint patron de son fils (sur s.Vincent, v. 22 janvier).

D’abord vicaire à Cantoria, Vicente fut chapelain à Villanueva de Sigena.

Sentant gronder la révolution et la persécution en 1936, il demanda à un Confrère de lui administrer le Sacrement des Malades.

Il se savait menacé. En effet, on l’arrêta au matin du 1. août après la célébration de la Messe, et on l’emmena à La Almolda, où on le fusilla à quatre heures de l’après-midi.

Les restes du Martyr reposent maintenant aux pieds de la statue de s.Vincent, au-dessus du retable d’autel que Madame Montserrat avait offert en 1928.

Martyrisé le 1. août 1936 et béatifié en 2017, le bienheureux Vicente Montserrat Millán sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 1.août.

 

 

Severino Ruiz Hidalgo

1907-1936

 

Severino vit le jour le 5 novembre 1907 à Fuencaliente de Lucio (Burgos, Espagne), de Feliciano et Jacinta, qui eurent sept enfants, dont plusieurs suivirent la voie de la vie consacrée.

Petit, il raconta souvent que la nuit, tandis qu’il priait les trois Je vous salue, Marie au pied de son lit avant de se coucher, la chambre se remplissait d’une lumière merveilleuse ; sa mère, une femme prudente, lui disait de ne pas y faire attention, qu’il devait avoir rêvé, mais le garçonnet protestait gentiment en l’assurant qu’il ne dormait pas, qu’il était bien à genoux et conscient de ce qu’il voyait.

Plus certain encore fut ce trait qu’on rapporta de lui lorsqu’il fut enfant de chœur. Comme souvent cela arrive, certains enfants de chœur s’amusaient en venant «servir la messe» et se dissipaient à l’intérieur de l’église. Severino le leur reprocha : Si c’est pour ça, vous auriez mieux fait de ne pas venir à l’église ; quand on est à la messe, on doit suivre les conseils de notre père et maître {le curé}.

Quand ses frères aînés entrèrent chez les Maristes, il les enviait, mais les parents avaient besoin de lui ; il attendit l’heure pendant onze ans.

Il profita de son service militaire en Afrique pour l’écrire à son père, qui ne lui refusa plus son autorisation. Il put enfin avoir sa place parmi les Frères maristes. 

En 1930, il entra au noviciat de Las Avellanas, et y reçut l’habit l’année suivante. 

En 1932, il fit la profession, avant de passer au scholasticat de Las Avellanas. Il y resta encore en 1933, comme préfet.

En 1935, il fut envoyé au séminaire de Vic (Barcelone), toujours comme préfet.

Il fut apprécié de tous, maîtres et élèves.

L’horizon s’obscurcit en 1936, et le Frère Severino conserva tout son calme. On savait que son plus grand désir était de mourir pour le Christ. Il en reçut la grâce.

Le 1er août 1936, il fut arrêté avec le Frère José Teófilo. Conduits à Palma de Cervelló (Barcelone), on les abattit, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi.

Ils furent tous deux béatifiés en 2013.

 

 

José Mulet Velilla

1917-1936

 

José vit le jour le 28 juin 1917 à Mazaleón (Saragosse, Espagne), de Miguel et Benita, de bons chrétiens, cultivateurs céréaliers, qui donnèrent naissance ensuite à Melchor.

José fut baptisé le 1er juillet.

Il obéissait sans retard, c’était un travailleur.

En 1928, il entra au séminaire des Frères maristes de Vic (Barcelone).

En 1932, il passa au noviciat de Las Avellanas et reçut l’habit l’année suivante, avec le nom de José Teófilo.

En 1934, il émit les premiers vœux, avant de passer au scholasticat de Las Avellanas.

En 1935, le voilà professeur au séminaire de Vic (Barcelone), où il connut le Frère Severino, préfet depuis peu.

Fidèle et toujours joyeux, il fut apprécié de tous, maîtres et élèves.

Le 1er août 1936 (on lit parfois 30 juillet, sans doute par erreur), il fut arrêté avec le Frère Severino Ruiz Alarcón. Conduits à Palma de Cervelló (Barcelone), ils furent abattus, tandis qu’ils criaient Vive le Christ Roi. Frère José Teófilo venait d’avoir dix-neuf ans.

Ces deux Frères maristes furent béatifiés en 2013.

Aleksy Sobaszek

1895-1942

 

Né à Przygodzice (Pologne) le 17 juillet (août ?) 1895, Aleksy était le fils d’un simple facteur.

Il fréquenta l’Ecole Royale d’Ostrow et reçut le diplôme en 1914.

Puis il entra au séminaire, et étudia à Freising, Poznań et Gniezno.

Ordonné prêtre en 1919, il exerça le saint ministère à Wągrowiec, Słupy, Gniezno, Rogożno,  tout en étant préfet d’études aux écoles, avant d’être nommé curé à Siedlemin. En même temps, ce prêtre très actif préparait d’autres spécialisations en philosophie et en pédagogie à Poznań.

Devant l’invasion des troupes nazies, il eut un premier réflexe de fuir ; après trois semaines, il revint et demanda publiquement pardon.

Il continua son ministère courageusement pendant deux ans. Arrêté le 6 octobre 1941, il fut emmené à Dachau, où il succomba à la suite des tortures et autres mauvais traitements reçus, le 1er août 1942.

Il a été béatifié parmi les cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, en 1999.

 

 

Gerhard Hirschfelder

1907-1942

 

Né le 17 février 1907 à Glatz en Silésie (Klodzko en Dolnoslaskie dans l’actuelle Pologne), de père inconnu, il fut éduqué chrétiennement et amoureusement par sa mère, Maria Hirschfelder. 

Au terme de ses études à Glatz, il passa son baccalauréat en 1927.

Il eut besoin d’une dispense pour ses études et son ordination, car il était illégitime. Il étudia la philosophie et la théologie à l’université de Breslau (Wroclaw).

Le 31 janvier 1932, il fut ordonné prêtre à Wroclaw (Pologne) pour la partie prussienne de l’archidiocèse de Prague. Sur la photographie de sa première messe, célébrée à Bad Lagenau, il écrivit : Le Christ, notre agneau pascal, est resssucité, Alleluia.

Vicaire à Tscherbeney pendant deux ans, à Grenzeck jusqu’en 1939, puis à Habelschwerdt, il prêchait contre les abus et la violence des Nazis, en particulier en exhortant la jeunesse à rejeter cette idéologie. 

Il montra partout cette joie naturelle, cet enthousiasme communicatif dans les groupes qu’il animait. Il utilisait sa guitare pour accompagner les chants de la jeunesse. Celle-ci se joignait à lui spontanément. Il en vint à proclamer courageusement en pleine homélie : Qui cherche à arracher la foi au Christ du cœur de la jeunesse, est un criminel.

La Gestapo prouva combien il avait raison en l’arrêtant le 1er août 1941, durant une réunion avec la jeunesse.

En prison à Glatz, il écrivit un Chemin de la Croix, et des réflexions sur le sacerdoce, le mariage et la famille. Très souvent revient sous sa plume le terme de “expiation” (Sühne) ; il s’offrait, comme le Christ et en union avec Lui :

Le monde ne peut pas comprendre notre réelle richesse spirituelle, voilà pourquoi le chrétien, et particulièrement le prêtre, peuvent toujours être les hommes les plus heureux : parce que le Christ, pour qui nous vivons, ne peut pas mourir (Unseren wirklichen seelischen Reichtum kann ja die Welt nicht erkennen... und so kann der Christ, besonders der Priester, der immer fröhlichste Mensch sein, weil Christus, für den wir leben, nicht zu töten ist).

Il a été déporté au camp de concentration de Dachau le 15 décembre 1941, sous le matricule 28972.

Dans ce camp s’était formé un groupe issu des prêtres du mouvement de Schönstatt, fondé par Josef Kentenich en 1914, basé sur une spiritualité mariale et dont la devise était Nichts ohne dich. Nichts ohne uns (Rien sans toi. Rien sans nous) ; il s’organisait autour de Josef Fischer, Karl Leisner en fit partie et Gerhard s’y joignit à son tour.

Gerhard Hirschfelder mourut de faim et de pneumonie, un an exactement après son arrestation, le 1er août 1942.

Il a été béatifié en 2010.

Adela Mardosewicz

1888-1943

 

Adela était née le 14 décembre 1888 à Ciasnówka (Nieświez, alors en Pologne, maintenant Njašvim en Biélorussie).

Elle entra en 1910 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Malgré une malformation cardiaque, elle fut admise et fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Stella du Très Saint Sacrement.

Elle fut remarquable pour sa dévotion à l’Eucharistie, pour son zèle auprès de la jeunesse, et de son sens pratique dans la gestion économique.

En 1936, elle fut appelée par l’évêque de Nowogródek, pour gérer l’internat qu’elles y avaient ouvert récemment, ainsi que pour collaborer à la catéchèse paroissiale.

 

En 1939, cet internat fut fermé d’autorité par les Soviétiques ; le couvent restant ouvert, Sœur Maria Stella fut élue supérieure en 1940.

En 1941, nouvelle invasion, mais de la part des Allemands. La Gestapo procéda à l’arrestation des Juifs.

Mère Maria Stella ne cacha pas sa désapprobation et, avec ses Religieuses, se déclara prête à s’offrir à la place des cent-vingt personnes arrêtées en juillet 1943.

Ces otages furent relâchés ou envoyés comme travailleurs du service obligatoire en Allemagne.

Les Religieuses, dont la Mère Maria Stella, furent convoquées au commissariat le 31 juillet. Elles y passèrent la nuit en prière, s’attendant à être à leur tour envoyées aux travaux forcés. En réalité, on les remit à des hommes de la Gestapo qui les fusillèrent à l’aube du 1er août 1943 dans la forêt proche de la ville.

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

Voir les notices :

  • Anna Kukołowicz
  • Eleonora Aniela Jóźwik
  • Eugenia Mackiewicz
  • Helena Cierpka
  • Jadwiga Karolina Żak
  • Józefa Chrobot
  • Julia Rapiej
  • Leokadia Matuszewska
  • Paulina Borowik
  • Weronika Narmontowicz

 

 

Anna Kukołowicz

1892-1943

 

Anna était née le 24 août 1892 à Barvanishki (Vilnius, Pologne, maintenant Lituanie).

Elle entra en 1918 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno, puis à Nowogródek à partir de 1934. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Rajmunda de Jésus et Marie.

Il est vrai qu’elle n’avait pas le tempérament facile et qu’elle fut la cause de quelques malentendus avec les Religieuses ; on oublie que nous avons tous des défauts, les Saints aussi, et il est bon de montrer qu’ils les ont combattu humblement.

Dane le cas de Sœur Rajmunda, celle-ci sut demeurer patiente et gentille avec les élèves, qui aimaient venir prier avec elle à la chapelle.

En outre, Sœur Rajmunda souffrait d’arthrite, ce qui ne l’empêcha pas de travailler généreusement au jardin, à la ferme, à l’entretien de l’école.

Au moment de son martyre, elle était à trois semaines de son cinquante-et-unième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Jadwiga Karolina Żak

1892-1943

 

Jadwiga (Hedwige) était née le 27 décembre 1892 à Oświęcim (Małopolskie, Pologne).

Elle entra en 1911 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Imelda de Jésus Eucharistie.

Puis elle vint avec la Sœur Adela à Nowogrodku, en 1936, où elle s’occupa de la sacristie et de l’autel. Elle voulait que les surplis fussent aussi propres que les âmes (et l’inverse…). Elle fut enseignante, et surveillante du dortoir.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Eleonora Aniela Jóźwik

1895-1943

 

Eleonora Aniela (Angèle) était née le 25 janvier 1895 à Poizdów (Lubelskie, Pologne).

Sa seule formation fut de fréquenter pendant trois mois une école du soir. Elle savait laver, cuisiner, nettoyer.

Elle entra en 1920 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Daniela de Jésus et Marie Immaculée.

En 1932, elle vint à Nowogrodku, nouvelle sainte Marthe au service de chacun, des Sœurs, de l’aumônier, des élèves.

A côté de la cuisine, elle s’occupa du réfectoire de l’école, montrant un degré élevé de modestie, d’amour pour les enfants pauvres, vivant sans cesse sous la présence de Dieu.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Józefa Chrobot

1896-1943

 

Józefa était née le 22 mai 1896 à Raczyn (Wieluń, Łódzkie, Pologne).

Elle était fiancée, et les bans étaient publiés, lorsqu’elle entendit une voix intérieure qui lui disait que son fiancé était à Grodno et qu’elle allait recevoir une belle robe rouge.

Elle annula alors son mariage et entra en 1921 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth

Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Kanuta de Jésus aux Oliviers.

Dix ans après, elle fut appelée à Nowogrodku. Malgré une mauvaise santé, dont elle ne se plaignit jamais, elle travailla fidèlement à la cuisine.

A partir du déclanchement de la guerre, tous les jours à minuit elle alla à la chapelle se prosterner à terre, les bras en croix, implorant la miséricorde de Dieu sur le monde.

Il lui manquait quelque chose : cette robe rouge que la Voix lui avait promise naguère. L’infirmière lui suggéra de patienter…

Au moment de son martyre, elle vit son habit rougi par le sang.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Helena Cierpka

1900-1943

 

Helena était née le 11 avril 1900 à Granowiec (Odolanów, Wielkopolskie, Pologne).

Elle entra en 1927 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. Elle fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Gwidona de la Miséricorde de Dieu.

Après ses vœux perpétuels (1936), elle vint à Nowogrodnu, où elle montra toute sa joie de travailler à la ferme.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Julia Rapiej

1900-1943

 

Julia était née le 18 août 1900 à Rogożyna (Augustów, Podlaskie, Pologne).

Elle entra en 1922 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Envoyée en 1923 à Philadelphie (Etats-Unis), elle y fit la profession solennelle, avec le nom de Maria Sergia de la Douloureuse Mère de Dieu.

Elle revint en Pologne en 1933. En quittant l’Amérique, elle dit à sa sœur, qui s’inquiétait sur une possible guerre en Europe, qu’elle n’avait pas peur, ni du martyre, car elle voulait donner sa vie pour Jésus.

A Nowogrodku elle fut assistante à la cuisine, à l’infirmerie, à l’intendance.

Sa dévotion principale allait à la Vierge Marie ; elle rayonnait la paix.

Elle devait recevoir la grâce du martyre peu de jours avant son quarante-troisième anniversaire.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Eugenia Mackiewicz

1903-1943

 

Eugenia était née le 27 novembre 1903 à Suwałki, Podlaskie, Pologne).

Elle avait un frère prêtre, à la mort duquel elle voulut devenir religieuse, à trente-trois ans (1933).

Elle entra dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, dont le noviciat était à Albano (Italie). 

Elle fit la profession solennelle en 1936, avec le nom de Maria Kanizja.

Elle fut enseignante à Kalisz, avant d’être envoyée à Nowogrodku en 1938.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Paulina Borowik

1905-1943

 

Paulina était née le 30 août 1905 à Rudno (Lublin, Lubelskie, Pologne).

Elle entra en 1932 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. 

Elle fit la profession solennelle en 1935, avec le nom de Maria Felicyta, et fut envoyée à Nowogródek.

C’était une Religieuse simple, d’extraction très humble ; elle travailla de tout son cœur à la cuisine.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Leokadia Matuszewska

1906-1943

 

Leokadia était née le 8 février 1906 à Stara Huta (Świecie, Kujawsko-Pomorskie, Pologne).

Elle entra en 1933 dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth, à Grodno. Elle fit la profession en 1935, avec le nom de Maria Heliodora.

Elle fut envoyée deux ans après à Nowogrodku, où elle fut chargée de l’infirmerie et de la cuisine, transmettant à tous sa joie, en particulier aux enfants qui l’adoraient.

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Weronika Narmontowicz

1916-1943

 

Weronika était née le 18 décembre 1916 à Verjaliski (Hrodzyenskaya, Pologne, actuelle Biélorussie).

Elle entra en 1936 (le 24 décembre) dans la congrégation des Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth à Grodno. 

Elle fit la profession solennelle en 1939, avec le nom de Maria Boromea et fut envoyée à Nowogródek.

 

Concernant les événements liés au couvent et au martyre des onze Religieuses, se reporter à la notice Adela Mardosewicz

Les onze Religieuses furent béatifiées en 2000.

 

 

Pierre-Lucien Claverie

1938-1996

 

Né le 8 mai 1938 à Bab-el-Oued (Alger, Algérie), Pierre-Lucien Claverie était d’une famille catholique ; son père était un simple ouvrier.

Il fut actif dans le scoutisme et, après son baccalauréat, vint étudier à Grenoble.

En 1958, il entra chez les Pères Dominicains à Lille et étudia dans leur grand couvent du Saulchoir, en banlieue parisienne (et maintenant fermé).

En 1962 et 1963, sa mère et sa sœur, puis son père, quittèrent l’Algérie. Durant la même période, Pierre-Lucien accomplit son «service militaire», mais, refusant de porter les armes, il travailla dans le milieu de l’aumônerie.

Il reçut le sacerdoce en 1965.

De retour en Algérie, il apprit l’arabe et approfondit l’Islam. En Alger, il dirigea le Centre des Glycines, un institut destiné à initier à la culture islamique des Religieux vivant en Algérie, et aussi fréquenté par de nombreux étudiants algériens. Le père Claverie, quoique de nationalité française, se considérait pleinement algérien.

En 1981, il fut consacré évêque d’Oran. Mais on l’appelait aussi l’évêque des Musulmans, tant il connaissait si bien leur monde et savait dialoguer avec eux.

A partir de la guerre civile de 1992, l’Evêque se sentit de plus en plus menacé, mais refusa de quitter son diocèse. Après l’assassinat des moines de Tibhirine (mai 1996), il fut à son tour assassiné à la porte de son évêché, où il rentrait en compagnie de son chauffeur, un de ses fidèles amis, un jeune Musulman de vingt-et-un ans.

Mgr Claverie aurait été assassiné «parce qu’il en savait trop» sur la mort - officiellement non encore élucidée - des sept moines de Tibhirine.

Mgr Claverie reçut la palme du martyre en Oran (Algérie), le 1er août 1996, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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