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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 23:00

03 AOUT

 

I.

SS Nicodème, Gamaliel, et Abibon ; une vision permit en 415 de retrouver près de Jérusalem leurs corps avec celui de s. Etienne Protomartyr, dans la propriété de Gamaliel qui avait accueilli Nicodème chassé par les Juifs ; Abibon est le fils de Gamaliel ; s. Nicodème est maintenant commémoré le 31 août avec s. Joseph d'Arimathie.

II.

S Asprenas, premier évêque à Naples, baptisé par s. Pierre.

V.

S Dalmace, archimandrite à Constantinople, ancien officier, fervent opposant de Nestor au moment du concile d'Ephèse.

S Fauste, moine à Constantinople, qui serait le fils de s. Dalmace, cf. ci-dessus.

S Euphronius, évêque à Autun, correspondant de s. Sidoine Apollinaire.

VI.

S Martinus, ermite en Campanie ; s. Benoît lui conseilla d'enlever de sa cheville la chaîne qui le retenait à sa grotte.

X.

B Grégoire, abbé à Nonantola ; à la fin, il démissionna et resta ermite. 

B Bennon, évêque à Metz ; ses ennemis lui crevèrent les yeux et il retourna dans son ermitage près de Zürich.

XII.

S Pietro, évêque à Anagni, bénédictin.

S Waltheof, abbé à Melrose ; il vit un jour l'Enfant Jésus dans l'Hostie.

XIII.

B Geoffroy de Loudun, élu très jeune évêque au Mans ; il fonda une chartreuse au Parc d'Orques.

XIV.

B Augustin Kažotić, dalmate, dominicain, évêque à Zagreb puis Lucera.

XX.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Salvador Ferrandis Seguí (*1880) ;

Mineurs Conventuels : près de Barcelone, le prêtre Federico López y López (Alfonso, *1878) et le profès Eugenio Remón Salvador (Miguel, *1907) ;

Salésiens : à Barcelone, le prêtre Francisco Bandrés Sánchez (*1896) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : à Barcelone, Josep Guardiet Pujol (*1879) ;

Fils de la Divine Providence : près de Valencia, le prêtre Ricardo Gil Barcelón (*1873) et le postulant Antonio Isidoro Arrué Peiró (*1908) ;

Capucins : à Málaga, le prêtre Geronimo Limón Márquez (Luis, *1885) ;

Lazaristes : aux Asturies, le prêtre Andrés Avelino Gutiérrez Moral (*1886) ;

Lasalliens : près de Madrid et à Madrid, Patricio Beobide Cendoya (Alejo Andrés) et Eleuterio Mancho López (Eleuterio Roman) (*1889, 1898).

 

Gamaliel et Abibon

1er siècle

 

Au temps du Christ, les docteurs juifs s’opposaient dans l’interprétation de la Loi mosaïque ; alors que l’école de Shammaï représentait les tendances plus strictes, celle de Hillel était plus libérale. Son chef était alors Gamaliel (ce qui signifie Dieu récompense) qui, dans son enseignement s’efforçait de modérer les abus de la loi du divorce, encourageait les Juifs à entretenir de bons rapports avec les étrangers et même s’intéressait aux lettres grecques.

Tous ceux qui l’écoutaient n’appliquaient pas forcément ses directives, ainsi un certain Saul, qui brûlait de zèle pour les observances judaïques et ne respirait toujours que menaces et carnage à l’égard des disciples du Seigneur (Ac 9:1).

Les Juifs devaient bien le constater : la mort de Jésus n’avait pas mis fin à la propagande des disciples de Jésus. Même arrêtés, ils furent délivrés par l’ange de Dieu (Ac 5:17-21). Situation embarrassante !

C’est dans ce contexte que Gamaliel intervint avec son autorité : Si cette entreprise est des hommes, elle se dissipera ; si elle est de Dieu, vous ne pourrez la détruire (Ac 5:38-39).

On adopta son avis, continue saint Luc, l’auteur des Actes des Apôtres (Ac 5:39b).

Mais, s’ils l’adoptèrent, ils firent tout de même battre de verges les apôtres, leur interdirent de parler de Jésus, avant de les relâcher. Ils n’étaient pas vraiment convaincus.

Ensuite, Gamaliel n’est plus nommé dans l’Ecriture. Il a pu mourir avant le siège de Jérusalem (70).

Le Talmud juif prétend qu’il était resté juif, évidemment. La Tradition chrétienne, elle, affirma qu’il s’était converti, et l’on a longtemps reçu cette vérité.

Gamaliel aurait ainsi déposé dans sa propriété de Caphargamala le corps de saint Etienne, protomartyr, ainsi que celui de Nicodème, lui aussi persécuté par les Juifs.

A son tour, Gamaliel aurait été enseveli là, ainsi que son deuxième fils, Abibon (Habib), converti lui aussi.

Le prêtre Lucien découvrit en 415 les reliques de saint Etienne avec celles de Nicodème, Gamaliel et Abibon, sur des visions qu’il révéla alors.

Tous ces faits ne nous sont pas attestés par d’autres documents historiques «scientifiques», et c’est pourquoi le Martyrologe n’a pas gardé la mention de Gamaliel et Abibon, qui étaient autrefois commémorés le 3 août.

Nicodème, en revanche, est maintenant commémoré en même temps que Joseph d’Arimathie au 31 août.

 

 

Asprenas de Naples

† 2e siècle

 

Au cours de son voyage vers Rome, s.Pierre se serait arrêté à Naples où il guérit Asprenas, avant de le consacrer évêque de la toute première communauté chrétienne napolitaine.

L’épiscopat d’Asprenas aurait duré vingt-trois ans, sous Trajan (98-117) et Hadrien (117-138), période durant laquelle le premier Evêque de Naples se montra particulièrement proche des pauvres.

Il aurait fait construire un sanctuaire en l’honneur de Notre-Dame, devenu ensuite la cathédrale, ainsi que la basilique Saint-Pierre, où se trouverait l’autel où s.Pierre aurait célébré le Saint Sacrifice.

Asprenas serait mort vers 130.

Il est particulièrement invoqué contre l’hémicrânie ; il est le second Patron céleste de Naples.

Saint Asprenas de Naples est commémoré le 3 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Euphronius d’Autun

† 5e siècle

 

Sans doute issu de quelque grande famille gallo-romaine, Euphronius devint prêtre.

Il fit édifier à ses frais une basilique en l’honneur de s.Symphorien (v. 22 août) à Autun.

Vers 450 il fut appelé à être le 9e évêque d’Autun.

Sa largesse continua, et il s’employa à faire couvrir de marbre le sépulcre de s.Martin (v. 11 novembre) à Tours.

On sait qu’il fut en bonne correspondance avec s.Sidoine Apollinaire (v. 21 août), ou avec d’autres évêques, pour des questions d’exégèse biblique ou pour des élections d’évêques.

Vers 475 il fut présent à un concile en Arles. Il devait déjà être fort âgé.

Euphronius mourut après ce concile ; peut-être même seulement en 490.

Saint Euphronius d’Autun est commémoré le 3 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Martinus au Mont Massico

500-580

 

Né vers 500 dans la noblesse romaine, il s’appelait réellement Marcus ou Marzius. C’est le pape Grégoire le Grand (v. 12 mars) qui le nomma Martinus.

Il quitta sa famille et sa maison pour se retirer sur la montagne proche de Cassino, où s.Benoît fonda son fameux monastère (Montecassino, Montcassin). Martinus se dédiait à la prière et à la pénitence, et Benoît partagea quelque temps la même grotte. Mais Benoît prévoyait d’aller évangéliser la population, tandis que Martinus préférait la solitude totale. Ce n’était pas égoïsme de sa part : c’était une question de vocation.

Benoît fonda son monastère, tandis que Martinus émigra dans une très étroite grotte sur le Mont Massico, mais ils restèrent en relation. Martinus eut l’idée un jour de se lier une chaîne au pied et attacha l’autre extrémité à une grosse pierre ; il passa ainsi «prisonnier» plusieurs années. Benoît lui suggéra fraternellement de détacher cette chaîne, et de se «contenter», si l’on peut dire, d’être «enchaîné» à l’amour du Christ, ce que fit Martinus. 

Il continua de vivre dans la pénitence et la mortification, et reçut aussi le don des miracles, car la population, attirée par la sainteté de l’ermite, venait lui demander des prières, des bénédictions, et les malades étaient guéris.

Certains visiteurs ne voulaient plus repartir : une communauté se forma autour du nouvel Abbé.

Celui -ci mourut le 3 août 580. Mais son histoire ne s’arrête pas là.

Plusieurs fois, des évêques voisins tentèrent de «s’emparer» des saintes reliques de Martino, mais à chaque fois un événement météorologique ou tectonique les en empêcha. Lors de l’invasion des Sarrasins au 9e siècle, Martino apparut et galvanisa tellement les bons moines, que l’ennemi se retira honteusement en laissant à terre quelque deux mille victimes. Ce ne fut qu’en 1094 que l’évêque de Carinola, s.Bernardo (? v. 12 mars), grand dévot de Martinus, réussit dans l’entreprise : il transféra les restes de l’Ermite dans sa cathédrale toute nouvelle, et en fit le saint Patron de la ville.

Saint Martinus au Mont Massico est commémoré le 3 août dans le Martyrologe Romain.

 

Ricardo Gil Barcelón

1873-1936

 

Ricardo vit le jour le 27 octobre 1873 à Manzanera di Teruel (Espagne), de Francisco et Francisca, des parents de noble origine, aisés, qui eurent dix enfants. D'eux, Ricardo put dire : Maman m'a appris à penser aux pauvres.

En 1885, il entra au petit séminaire, mais son père l'orienta en 1889 vers l'Ecole Normale, pour lui faire obtenir le diplôme de maître d'école. Ricardo y rencontra l'obstination du directeur, franc-maçon, qui ne manquait pas une occasion de se moquer de lui et de la Religion, au point de l'exclure de l'Ecole peu avant le concours final.

En 1893, il fut engagé aux Philippines durant la guerre hispano-américaine. Il y eut un épisode de grand danger, où Ricardo se trouva seul devant l'ennemi. Mais une mystérieuse lumière le guida vers le quartier général espagnol. Ce n'était pas son heure.

Il profita de sa présence aux Philippines, pour suivre les cours de théologie à l'université dominicaine de Manille, qui s'achevèrent par son ordination sacerdotale en 1904.

Il fut nommé aumônier de la Délégation Apostolique puis, en 1905, revint en Espagne, où il demanda son admission au noviciat dominicain. 

Toujours insatisfait, il se retira chez les Tertiaires Capucins de Torrentes, puis essaya la vie érémitique. Cherchant toujours sa vraie destinée, il fit à pied le pèlerinage à Rome, où il arriva après trois mois, le 6 juillet 1909.

Il fut accueilli par un bon Chanoine du Latran, et rencontra, en 1910, un certain don Luigi Orione (voir au 12 mars), fondateur de la Petite Œuvre de la Divine Providence. Ce fut la lumière.

Don Ricardo resta quelques mois à Rome, puis fut envoyé à Tortona ; fin 1910, il fut envoyé à Messine, lors du tremblement de terre dévastateur. Après cela, il fut nommé recteur du sanctuaire de Notre Dame de la Chaîne à Cassano Jonio, jusqu'en 1923, sauf un bref séjour à Reggio Calabria en 1913.

Ensuite, il fut envoyé à Tortona comme professeur d'espagnol pour les jeunes missionnaires en partence pour l'Amérique latine.

De nouveau à Rome pendant trois ans, il fut envoyé encore à Cassano Jonio, où une terrible épreuve l'attendait : lui et un autre Religieux furent accusés du meurtre d'une petite fille. Il dut subir deux mois de prison, au terme desquels le jugement reconnut l'inexistence d'indices et la non-recevabilité des accusations ; mais l'épreuve laissa une profonde blessure dans le cœur du prêtre, qui dut se retirer et se reposer, à Villa Moffa di Bra (Cuneo). 

Après s'être remis dans le bain, à Tortona, il repartit en 1930 pour l'Espagne, dans le but d'y ouvrir une maison de la congrégation de don Orione.

Il vécut ainsi à Valencia à partir de 1931.

En 1936, il se trouvait avec un aspirant, Antonio Isidoro Arrué Peiró (voir par ailleurs).

Le 1er août, à dix heures du matin, on vint «fouiller pour trouver les bombes», en réalité pour les arrêter. Les voisins protestaient.

Antonio, qui se trouvait chez des voisins, fut invité par eux à s'enfuir, mais il courut plutôt voir ce qui arrivait au père Ricardo. On les emmena tous les deux dans un camion marqué FAI (Forces Anarchistes Internationales).

Il est impossible de savoir ce qu’on leur fit subir ce jour-là et le lendemain, interrogatoires, vexations, comme ce fut le cas si fréquemment alors. 

Ensuite, on sut seulement qu'ils rejoignirent la plage de Valencia, El Saler, où les miliciens demandèrent au père Ricardo de crier Vive la FAI, à quoi il répliqua de tout son cœur : Vive le Christ Roi !

Il reçut une balle dans la nuque ; Antonio se précipita pour le soutenir dans sa chute, et reçut à son tour de violents coups de crosse de fusil, qui lui enfoncèrent le crâne.

Le père Ricardo mourut ainsi en martyr avec son cher Antonio, le 3 août 1936.

Tous deux furent béatifiés en 2013.

 

 

Federico López y López

1878-1936

 

Né le 16 novembre 1878 à Secorún (Huesca, Espagne), Federico commença d’abord une carrière civile ; il fut par exemple secrétaire de la mairie.

Percevant l’appel de Dieu, il pensa rejoindre une abbaye bénédictine d’Australie. On ne sait pourquoi, il entra finalement chez les pères Franciscains Conventuels de Granollers, en 1905.

Il fut envoyé avec Francisco Remón (voir au 31 juillet) à Ósimo (Italie) pour le noviciat et prit alors le nom de Alfonso. Il fit là aussi les études ecclésiastiques et fut ordonné prêtre en 1911.

Après un bref séjour en Espagne, il fut confesseur au sanctuaire de Loreto, de 1912 à 1915.

Par la suite, il fut à Granollers (Barcelone), comme professeur au collège tenu par les Franciscains, car il était devenu un éminent latiniste ; il fut aussi maître des novices, dont certains allaient partager son sort dans le martyre (voir Modesto Vegas, Cándido Rivera, Eugenio Remón) ; et fut enfin Gardien du couvent.

C’est surtout comme confesseur qu’il a laissé une sainte réputation. Mais il accomplit aussi d’autres missions ponctuelles, comme de fonder à Barcelone ou à Santander.

Il était de santé délicate, à cause des poumons, et ne devait pas accomplir de tâches fatigantes, mais peu à peu il s’en remit.

Une des dévotions mariales qu’il transmettait aux postulants et aux novices, était celle du saint esclavage, selon les termes de saint Louis-Marie Grignion de Montfort (voir au 28 avril).

Le 19 juillet 1936 au soir, il fut chez le boucher-fournisseur du couvent. Le 20 au matin, il partit célébrer la Messe au couvent, saluant ses hôtes : Que s’accomplisse la volonté du Seigneur ! Je suis prêt à mourir pour Dieu !

Vers dix heures du matin, un groupe de miliciens fit irruption dans le couvent, à la recherche d’armes (?). Ils fouillèrent tout le couvent, accompagnés du père Alfonso et du Frère Miguel, tandis que le Frère Buenaventura restait en-bas. Furieux de ne rien trouver, ils menacèrent de mettre le feu au couvent et de tuer les Religieux s’ils les retrouvaient là à leur prochain passage. Le soir, le couvent était en flammes.

Les pauvres Religieux ne pouvaient que quitter leur cher couvent et trouver refuge dans quelque bonne famille d’accueil. Partis chacun dans une direction différente, ils se retrouvèrent sans le vouloir dans la même famille, à Llerona.

Alfonso écrivit un mot à son frère de Barcelone, Saturnino, le priant de lui trouver un passeport, tout en se préparant en même temps à mourir aux mains des ennemis de l’Eglise. Dans leur prière, le chapelet, les Religieux offraient leur vie pour le salut de l’Espagne et de l’Eglise.

Le 3 août dans l’après-midi, des miliciens vinrent fouiller la maison. Parmi eux se trouvaient d’anciens élèves des Religieux. Ils découvrirent donc nos trois Religieux ; ils les invitèrent à renier leur foi, leur passèrent les menottes, les frappèrent, leur demandant de blasphémer. Alfonso répondit soit par le silence, soit par Seigneur, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! (cf. Lc 23:34).

On les fit monter dans un camion, direction Dels Puatells (Samalús del Vallés). En route, on leur dit qu’ils étaient les derniers à mourir, que tous les autres étaient déjà morts. Mentionnant le père Dionisio, qui avait été fusillé le 31 juillet précédent, un milicien commenta : Voilà comment meurent les héros !

Alors les deux Frères firent leur acte de contrition et reçurent l’absolution du père Alfonso. Un des miliciens le remarqua, fit arrêter le véhicule et, s’adressant aux autres, leur dit : Il faut fusiller sur place ce genre de types ! On repartit après cet incident de colère, on parvint au lieu-dit Dels Puatells, qui se trouve à un kilomètre et demi de Samalús. Une dernière fois, on les invita à apostasier, en vain évidemment.

Il y eut des coups de fusil et les trois Religieux tombèrent. Dans la pénombre, les miliciens ne se rendirent pas compte que Buenaventura, tout ensanglanté, n’était pas mort. Pressés de repasser au Comité pour trouver d’autres victimes, ils ne prirent pas le temps de donner le coup de grâce ; ils le poussèrent du pied, et leur chef ajouta : Partons, ils ont déjà expiré !

Mais Buenaventura réussit à se reprendre, à se faire un garrot pour arrêter l’hémorragie et s’écarter de l’endroit : c’est de son témoignage, confirmé par ses larges cicatrices, qu’on a recueilli tous ces détails.

Une heure après, les miliciens revinrent avec trois cercueils et s’étonnèrent de ne trouver que deux cadavres !  

Le martyre du père Alfonso et du frère Miguel eut lieu le 3 août 1936 (on voit parfois la date du 5 août, mais les sources franciscaines et le Martyrologe le mentionnent au 3 août).

Ils ont été béatifiés en 2001.

 

 

Josep Guardiet i Pujol

1879-1936

 

Il naquit à Manlleu le 21 juin 1879. Son père était pharmacien.

Il fréquenta le séminaire de Vic et passa le doctorat de théologie à la faculté de Tarragona.

Ordonné prêtre en 1902, il exerça le saint ministère à Ullastret, Olesa de Montserrat, Sabadell (1905-1912), Barcelone, et surtout Rubí (1916-1936).

Quand il était encore à Barcelone, il passa un jour avec un groupe de jeunes par Rubí et s'écria : Oh Rubí ! Qui pourrait verser son sang pour toi ? Les jeunes lui firent remarquer que cette ville était très peu chrétienne. Et lui : Personne n'est bon complètement ; moi, j’éprouve ce désir.

Ce fut un prêtre extrêmement actif, qui créera plusieurs associations ou manifestations : Ecole Montserrat, le concours des crèches de Noël, une maison populaire, le journal Endavant, une Schola Cantorum, un musée ; il stimula en outre la culture féminine ; il organisa plusieurs pélerinages à Lourdes, ainsi que la première Journée catéchétique inter-diocésaine à Montserrat (1933).

On l'appela le prêtre du sourire ; il transforma sa paroisse.

Au moment de la proclamation de la République, on lui interdit de sonner les cloches. Il eut l'idée alors d'illuminer son clocher de différentes couleurs, selon la cérémonie annoncée : blanc pour un baptême, rose pour un mariage, bleu pour les funérailles d'un enfant, violet pour celles d'un adulte, rouge pour une grande fête, vert pour des fêtes moins importantes. L'idée fut saluée jusqu'en Angleterre !

Quand commença la révolution, un habitant de Rubí lui proposa l'hospitalité : ayant des idées opposées à celle du curé, il pensait que personne n'aurait l'idée de le rechercher chez lui ; mais le prêtre refusa aimablement.

Le 19 juillet, le médecin de la ville vint le prévenir de vite partir avant que la frontière soit fermée, mais il préféra encore rester parmi ses paroissiens.

Le 20 juillet 1936, des miliciens vinrent le contraindre à remettre les clefs de l'église, pour l'incendier. Avant de les remettre, le digne curé alla retirer le Saint Sacrement ; il pensait que les révolutionnaires se limiteraient à quelques désordres réparables, mais il eut l’amère tristesse de voir disparaître en cendres cette vieille église.

Le lendemain, deux jeunes miliciens de dix-sept ans vinrent l'arrêter tandis qu'il était en réunion avec des jeunes, et le conduisirent à la prison locale.

Au matin du 3 août 1936, d'autres miliciens anarchistes arrivèrent de Barcelone, vinrent s'emparer de don Josep pour le conduire sur la route de l'Arrabassada, au lieu-dit Pi Bessó, où ils le fusillèrent.

Don Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Salvador Ferrandis Seguí

1880-1936

 

Né à L’Orxa (Alicante, Espagne) le 25 mai 1880, Salvador reçut de ses parents chrétiens une solide formation.

Il entra au séminaire. Il y montra de telles qualités tant pour sa piété que pour son intelligence, qu’il mérita une bourse spéciale pour continuer ses études. Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1904.

Il exerça le saint ministère à Villalonga, à la propriété de la Comtesse y Pedreguer, où il restaura la chapelle avec ses propres deniers et fut curé à Pedreguer. 

Il prit grand soin des pauvres et des malades, qu’il visitait comme s’ils étaient autant de christs. Il faisait tout cela sans se faire remarquer, sans rien dire, sans attendre des compliments ou des remerciements : il déposait de la nourriture ou des vêtements délicatement, évitant surtout de blesser les personnes. 

Il avait une grande piété : il priait beaucoup et enseignait aux enfants et aux jeunes comment prier. Il avait une grande dévotion pour le Saint Sacrement.

Au moment de la persécution, il fut fait prisonnier par les miliciens, et détenu dans la prison où il rencontra d’autres paroissiens. Il était si aimé que même le comité révolutionnaire, qui était venu l’arrêter, lui promit qu’il ne lui arriverait rien. Ce sont d’autres miliciens qui, ensuite, voulurent le mettre à mort. Le vicaire de la paroisse leur dit : Monsieur le Curé, on ne le met pas à mort, parce que avec lui, vous fusillez le père des pauvres et des malades.

Mais le bon curé répliqua : Lequel de vous doit me mettre à mort ? Allez, tue-moi, je te pardonne. Je meurs pour Dieu et pour mes fidèles. Vous croyez qu’en m’enlevant la vie vous abattez la religion : en fait, chaque goutte de sang est une semence qui la rendra encore plus féconde. Vive le Christ Roi !

Il fut fusillé au matin du 3 août 1936, à Vergel (Alicante).

Salvador Ferrandis Seguí a été béatifié en 2001.

 

 

Geronimo Limón Márquez

1885-1936

 

Geronimo vit le jour le 27 mars 1885 à Valencina del Alcor, aujourd’hui Castilleja de la Concepción (Séville, Espagne), de Luis et María Dolores, qui le firent baptiser avec les noms de Geronimo María Trinidad.

Le garçon fut confirmé en 1892, lors de la visite pastorale de l’évêque.

Entré chez les Capucins de Barrameda en 1900, il prit le nom de Luis María et se distingua par sa piété, son esprit d’austérité.

Il fit la première profession en 1901, la solennelle en 1905.

Il fut ordonné prêtre en 1908.

Excellent prédicateur, il fut d’abord Gardien (Supérieur) à Barrameda, Séville et Antequera, puis devint Provincial.

Lors des affrontements de juillet 1936, le couvent d’Antequera (Málaga) fut assiégé du 20 juillet au 3 août. Il tenta de sauter par une fenêtre, mais se cassa une jambe, et fut transporté sur une civière de la Croix-Rouge. Mais la foule déchaînée hurlait et demandait sa mort, comme la foule de Jérusalem le fit pour le Christ.

Parvenus devant l’hôpital, les brancardiers ne purent que poser le blessé devant la porte. On l’entendit prier : Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit (cf. Ps 30:6). On l’abattit (ou il expira) dans une ruelle proche, sous une niche où se trouvait une statue de Notre-Dame du Carmel.

Il reçut la palme du martyre le 3 août 1936 et fut béatifié en 2013.

Andrés Avelino Gutiérrez Moral

1886-1936

 

Andrés Avelino vit le jour le 11 novembre 1886 à Salazar de Amaya (Burgos, Espagne), de Juan et Vicenta. Il porta le nom de saint Andrea Avellino, qui est fêté le 10 novembre.

Ce fut d’abord un vilain petit garçon, espiègle et même violent. En voici un exemple : un jour, une femme du pays le surprit avec un autre voyou à combiner qui sait quelle aventure malhonnête ; elle le leur reprocha vivement ; les gamins, eux, se mirent à la rosser sauvagement, au point qu’ils la crurent morte et la tirèrent vers un ruisseau ; mais l’eau la rafraîchit, la ranima et elle reprit connaissance.

Andrés avait alors dix ans. Il eut cependant la chance d’avoir une grande sœur qui, avec une douceur angélique, sut le redresser, le préparer à la Première communion, lui enseigner le catéchisme. Finalement, à l’étonnement de tout le pays, on apprit qu’Andrés entrait chez les pères Vincentiens (de la congrégation de la Mission, fondée par saint Vincent de Paul, voir au 27 septembre). Tout le monde pensait qu’il n’aurait pas persévéré.

Il étudia à Tardajos, et faillit effectivement, quitter le collège, une seule fois.

En 1903, il entra au noviciat, fit la philosophie à Hortaleza, la théologie à Madrid. Son chemin ne fut pas «exemplaire», à cause de son caractère violent, mais sa conversion était, elle, exemplaire ; il persévéra et fut admis aux Ordres sacrés.

Une fois ordonné prêtre, il fut à Limpias comme professeur. Il y fut très efficace ; il exigeait l’ordre ; trois comme lui auraient suffit pour conduire un régiment.

De 1917 à 1930, il fut à Tardajos, envoyé dans les missions de Burgos, et finalement comme directeur. Il mettait à profit sa grande érudition, et continuait toujours d’étudier davantage. Toujours vif, toujours en mouvement, exagéré dans ses gestes (qu’il apprit à dominer), il transpirait quand il neigeait ; c’était une trompette sonore ; on le surnomma «Le Père Travaux».

En 1930, il fut envoyé à Orense ; en 1933 à Gijón.

Ce qu’on sait de son martyre, fut connu par les aveux d’un de ses assassins.

On commença par le tromper au téléphone, lui demandant des renseignements sur le bateau Cervera en rade de Gijón ; ingénu, le père Andrés donna des détails sur ce bateau, par ailleurs tristement célèbre : les miliciens n’avaient plus qu’à venir l’accuser d’être complice du bateau en question.

Le 3 août, on vint l’arrêter. On le conduisit sur la colline près de Villaviciosa ; ce fut le calvaire du pauvre Religieux ; à un moment donné, on le fit descendre du camion, au milieu des insultes et des coups. Il dut continuer de monter ; désormais le prêtre qui avait tant appris et enseigné la douceur, appliquait pleinement son enseignement, ressemblant vraiment à l’Agneau divin.

C’était sa victoire. Vainqueur de son caractère, il vainquit aussi par sa foi. Après avoir reçu les balles ennemies, il tomba. On lui refusa le «coup de grâce» et il agonisa longtemps. Les bourreaux partirent, les voisins n’avaient pas le courage d’aller le secourir, par crainte d’être abattus à leur tour. Quelqu’un vint cependant… pour lui voler sa montre.

Martyrisé à Gijón (Asturies) le 3 août 1936, don Andrés fut béatifié en 2013.

 

 

Patricio Beovide Cendoya

1889-1936

 

Patricio vit le jour le 15 mai 1889 à Azpetia (Guipuzcoa, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession avec le nom de Alejo Andrés.

Les maisons où il fut nommé successivement furent : Bujedo (1907), Saint Martin de Madrid (1908), Saint Sébastien de Madrid (1909), Lorca (1912), Maison de Bienfaisance de Madrid (1913), Pobra de Trives (1921), Lembeek-les-Hal (Belgique, 1922), Griñon (1923), Chamberí près Madrid (1934.)

Il fut martyrisé à Torrejon de Ardoz (Madrid) le 3 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Francisco Bandrés Sánchez

1896-1936

 

Francisco vit le jour le 24 avril 1896 à Hecho (Huesca, Espagne).

A neuf ans, il fut inscrit par ses parents à l’école salésienne de Huesca.

Il entra dans la Société des Salésiens, y fit le noviciat et la profession et fut ordonné prêtre en 1922.

Après plusieurs postes, il fut nommé en 1927 directeur au collège de Mataró ; en 1934, il fut envoyé diriger la maison de Sarriá (Barcelone).

Homme d’action et de gouvernement, il chercha à maintenir le calme dans la maison dès les premiers mouvements révolutionnaires du 18 juillet 1936. Il pensait aussi que, grâce à la présence de tant de jeunes élèves, la maison serait respectée.

Le 21 juillet, les Religieux en furent toutefois expulsés. Don Bandrés remit à chacun cent pesetas, ne pouvant que leur dire de se réfugier où ils pouvaient.

Lui-même alla chez sa sœur avec un Confrère. Apprenant déjà la mort de quelques Religieux, il chercha à prendre un train pour gagner l’étranger. Mais comme il n’avait pas de passeport, ce lui fut impossible et il revint chez sa sœur.

La nuit du 3 août, des miliciens vinrent demander don Ramón, l’administrateur du collège ; il n’était pas là, mais don Francisco affirma qu’il en était lui-même le directeur, rappelant l’utilité publique de l’éducation qu’y recevaient les élèves.

Il fut arrêté et conduit de suite à l’Hôtel Colón, immense édifice où s’étaient installés les révolutionnaires.

Ce soir du 3 août 1936, don Francisco fut fusillé dans une des pièces de l’hôtel, transformées en cellules de prison.

Don Francisco Bandrés fut béatifié en 2001.

 

 

Eleuterio Mancho López

1898-1936

 

Eleuterio vit le jour le 20 février 1898 à Fuentes de Valdepero (Palencia, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) et fit la profession avec le nom de Eleuterio Román.

Quand il arriva au séminaire mineur de Bujedo, il démontra une énergie surprenante à travailler, à étudier mais aussi à se sanctifier chaque jour. Il était inutile de lui redire une chose : il la faisait sans attendre.

Il fut titulaire de plusieurs diplômes officiels.

Il commença son activité au collège de Notre-Dame de la Maravillas (Madrid, 1921)), à Puente de Vallecas (Madrid, 1922), Sacré-Cœur (Madrid, 1925), puis fut chargé de la classe supérieure du noviciat à Griñon (1927). Ensuite, il fut à Mudela (1930) et enfin nommé sous-directeur à Puente de Vallecas en 1933.

C'est là que la révolution le trouva. Peu avant que la communauté fût contrainte d'abandonner la maison, il se préocccupa de faire consommer les Hosties du Tabernacle avant toute profanation.

Dans la rue, il fut reconnu et conduit à la prison.

Il fut martyrisé à Torrejon de Ardoz (Madrid) le 3 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Eugenio Remón Salvador

1907-1936

 

Eugenio vit le jour le 17 septembre 1907 à Caudé (Teruel, Espagne).

En 1925, à dix-huit ans, il entra au nouveau couvent des Franciscains de Granollers (Barcelone), où il fit le noviciat avec le nom de Miguel et la profession comme Frère convers en 1928.

Humblement il aida la communauté comme cuisinier, portier, et aussi comme quêteur.

En 1933, il fut envoyé à Loreto (Lorette) en Italie et c’est dans la Sainte Maison de Nazareth qu’il fit la profession solennelle cette année-là.

En 1934, il revint en Espagne et fut de nouveau à Granollers, où tous le connaissaient comme un saint homme rempli d’une foi extraordinaire.

On pourra relire dans la notice du père Federico (Alfonso) López, les détails déjà racontés sur les tristes événements du 19 juillet et des jours suivants.

Concernant Miguel, au moment de quitter ses hôtes bienveillants, il leur dit : Je ferai ce que Dieu me demande ! Je suis disposé à mourir pour le Christ !

On a vu qu’il était avec le père Alfonso durant la fouille du couvent par les miliciens.

Quand il fut découvert le 3 août chez ses hôtes, on l’invita à blasphémer ; il répondit : Seigneur, pardonne-leur !

Dans le «camion de la mort», Miguel et l’autre Frère (Buenaventura), firent leur acte de contrition et reçurent l’absolution du père Alfonso.

Il répéta encore : Nous ne rejetterons jamais ces choses que nous avons professées.

Miguel et Alfonso tombèrent les premiers, le 3 août 1936, au lieu-dit Dels Puatells, et furent béatifiés en 2001.

 

 

Antonio Isidoro Arrué Peiró

1908-1936

 

Antonio était un catalan, né le 4 avril 1908 à Calatayud (Saragosse, Espagne), de Antonio, un charpentier, et Aqueda, de bons chrétiens modestes.

Ils eurent dans leur famille un oncle dominicain, évêque aux Philippines le siècle précédent.

Après l'école du village, Antonio apprit le métier de son père.

L'adolescent fut orphelin de mère (1923) et de père (1926) ; entre les deux, mourut aussi sa sœur, ce qui l'obligea à venir chercher refuge à Saragosse, complètement déraciné et seul.

Il fut même un moment enfermé dans un asile, d'où il réussit à s'enfuir, convaincu de ne pas être fou, et seulement désireux de devenir missionnaire.

En 1931, ce fut la rencontre providentielle avec le père Ricardo Gil Barcelón (voir par ailleurs). Ils vécurent à Valencia. Don Ricardo allait célébrer la Messe dans la Maison des Abandonnés, où personne ne voulait aller, et Antonio l'accompagnait.

Antonio y trouvait sa voie. Il travaillait, parlant peu, servant les autres comme le Christ.

Don Ricardo le fit entrer au séminaire pour commencer au moins le latin ; il voulait l'envoyer à Tortona (Italie), pour y être formé totalement dans l'esprit de don Orione, mais les événements ne le permirent pas. 

Antonio partagea totalement la vie pauvre de don Ricardo. Tous les deux étaient habillés très pauvrement, et s'attiraient quelques moqueries, auxquelles ils répondaient invariablement : Vive le Christ Roi !

Lors de la révolution de 1936, Antonio fut fidèle jusqu'au bout à son cher protecteur. Quand celui-ci fut arrêté, le 1er août 1936, Antonio se trouvait chez des voisins et aurait pu s'enfuir, mais préféra revenir à la maison pour rester près du prêtre. 

On ne sait pas au juste ce qu'on leur fit souffrir ce jour-là et le lendemain. 

Tous deux furent emmenés de force sur la plage El Saler de Valencia, où le père Ricardo reçut un coup de feu dans la nuque ; Antonio se précipita pour le soutenir dans sa chute, et fut à son tour abattu à coups de crosse de fusil, qui lui enfoncèrent le crâne.

C'était le 3 août 1936.

Tous deux furent béatifiés en 2013.

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