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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 23:00

05 AOUT

 

II.

SS Addaï et Mari, évangélisateurs (après les Apôtres) en Mésopotamie et évêques.

III.

S Memmius, évêque à Châlons-en-Champagne dont il est patron principal ; entre autres merveilles, il aurait ressuscité un mort et gouverné son diocèse pendant quatre-vingts ans.

IV.

S Emygdius, évêque à Ascoli Piceno et martyr, au temps du pape Marcel.

S Paris, premier évêque à Teano. 

S Cassianus, évêque à Autun.

Ste Nonna, heureuse épouse qui convertit son mari, s. Grégoire l'Ancien, et fut la mère de s. Grégoire de Nazianze, ste Gorgonie et s. Césaire.

?

S Eusigne, soldat de cent-dix ans qui reprocha son impiété à Julien l'Apostat et fut décapité à Césarée.

SS Kattidios, Kattidianos et Soleb (Sobel), trois martyrs égyptiens.

V.

Ste Marie aux Neiges. Dédicace de Sainte-Marie-Majeure. Peut-être aussi le vrai jour de la Nativité de Marie.

VI.

S Venantius, évêque à Viviers.

S Viâtre, ermite à Tremblevif, qui devint Saint-Viâtre.

?

S Froult, vénéré à Saintes.

VII.

S Oswald, roi anglais baptisé par des moines de Iona, auxquels il confia l'évangélisation de son pays.

VIII.

S Abel, écossais, ami de s. Boniface, évêque à Reims.

IX.

S Thierry, évêque à Cambrai.

XIII.

S Thomas de la Hale, bénédictin martyr à Douvres.

XIV.

B Francesco (Cecco) Zanfredini, tertiaire franciscain à Pesaro, ermite à Monte Granario : il rendit la vie au coq qu'on avait plumé et préparé, pensant lui épargner le chant du coq matinal qui le réveillait.

Ste Margherita de Cesolo, dite Scalza (déchaussée), veuve à San Severino.

XVIII.

B Pierre-Michel Noël, prêtre à Rouen, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : à Madrid les prêtres Manuel Moreno Martínez et Victor García Ceballos (*1862, 1880), et le profès Eduardo González Santo Domingo (*1889) ;

Augustins : près de Valencia, les prêtres Anastasio Díez García, Gabino Olaso Zabala, Victor Gaitero González, Felipe Barba Chamorro, Ángel Pérez Santos, Emilio Camino Noval, Cipriano Polo García (*1867, 1869, 1871, 1873, 1877, 1877, 1880) ; le convers Luis Blanco Álvarez (*1888) ; les laïcs Luciano Ramos Villafruela et Ubaldo Revilla Rodríguez (*1884, 1885) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Pere Masó Llagostera (Edmond Ángel, *1897) ;

- béatifiés en 2013 :

Evêque : à Lleida, Salvi Huix Miralpeix (*1877) ;

Diocésains : près de Tarragona, Pau Virgili Monfá, Joan Gibert Galofré et Lluís Domingo Mariné (*1869, 1880, 1911) ;

Bénédictins : près de Huesca, le convers Lorenzo Santolaria Ester (*1872) ;

Mercédaires : près de Teruel, les profès Jaume Codina Casellas et José Trallero Lou (*1901, 1903).

Memmius de Châlons-en-Champagne

† 280

 

Premier évêque de Châlons-en-Champagne (anc. Châlons-sur-Marne), Memmius aurait vécu très longtemps, puisque certaine tradition le dit disciple du pape s.Clément (v. 23 novembre), ce qui reste assez douteux.

Autrefois, une certaine Poma, vierge à Châlons, était donnée comme sœur de Memmius (? 27 juin).

Saint Pierre ou saint Clément aurait confié à Memmius la mission d’aller évangéliser la population de Châlons, assisté d’un diacre (Donatien, v. 7 août) et d’un sous-diacre (Domitien, ? 9 août). Ce dernier, mort en cours de route, fut ressuscité par Memmius.

L’évêque fonda un monastère, plusieurs paroisses.

Leur apostolat fut tellement efficace qu’il n’y eut personne dans cette région qui pût appliquer les décrets de persécution romains.

Vu les dates (approximatives) des successeurs de Memmius, on peut tout juste placer son épiscopat au maximum vers la fin du troisième siècle, tout en lui attribuant une durée de quatre-vingts ans…

Comment donc concilier cela avec l’histoire ci-dessus ? On pourra admettre que l’auteur de la Vie de Memmius aura nommé Pierre ou Clément le pape qui l’aura ordonné évêque et envoyé en mission, comme si l’on disait aujourd’hui Pierre a décidé que… alors qu’il s’agit du pape François.

On dit que ses deux successeurs furent Donatien et Domitien eux-mêmes.

Saint Memmius de Châlons-en-Champagne est commémoré le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emygdius d’Ascoli Piceno

279-309

 

Emygdius serait d’origine germanique, étant né à Trèves en 279.

Après avoir reçu une formation adéquate et appris à lire les Saintes Ecritures, il reçut le baptême en 302, juste au moment où allait se déclencher la persécution de Dioclétien.

Excellent prédicateur, il fit le pèlerinage à Rome où il rencontra le pape Marcel (v. 16 janvier). La ville d’Ascoli Piceno n’avait pas encore d’évêque. Le pape ordonna alors Emygdius, qui devint le premier évêque de cette ville.

Le gouverneur de la ville, remarquant les miracles d’Emygdius, le prit pour une réincarnation du dieu païen Esculape, et le priait d’offrir des sacrifices ; en échange, il lui donnerait sa fille en mariage. Mais Emygdius amena à la foi cette demoiselle et la baptisa. La réaction du gouverneur fut violente : il fit arrêter sa fille, et décapiter Emygdius (309).

Le Martyr se serait alors emparé de sa propre tête et l’aurait transportée à l’endroit de son petit oratoire, indiquant ainsi où il désirait être enseveli. Pour cet acte - qui n’est pas unique dans l’histoire - Emygdius fait partie des Saints céphalophores.

Il faut signaler ici que les spécialistes historiens n’aiment pas beaucoup raconter ces détails, qui leur paraissent un peu invraisemblables. Par exemple, on se pose la question : pourquoi le gouverneur fit-il décapiter seulement Emygdius, et pas les autres chrétiens, en particulier ceux qui vinrent ensevelir le Martyr ? Peut-être changeront-ils d’avis lorsqu’ils seront témoins de faits semblables…

L’histoire ne s’arrête pas là, puisque le saint Evêque fut traditionnellement invoqué par les habitants contre les tremblements de terre. La ville en effet ne fut pas touchée par celui de 1703. C’est peu après qu’on retrouva la tombe d’Emygdius.

Saint Emygdius d’Ascoli Piceno est commémoré le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Paris de Teano

† 346

 

Paris était d’origine grecque : il gagna l’Italie pour fuir la persécution qui sévissait encore dans son pays.

Arrivé à Teano (Campanie, Italie CSW), il aurait tué un dragon que le peuple idolâtre adorait, et fait surgir une fontaine à l’endroit de la caverne d’où sortait l’animal.

Les habitants, furieux, voulurent jeter Paris aux bêtes, qui cependant ne le touchèrent pas. Ce fut alors l’occasion d’une conversion massive de la population.

En 333, Paris fut nommé premier évêque de Teano par le pape Silvestre (v. 31 décembre).

Après treize années d’épiscopat, Paris mourut très probablement en 346.

Saint Paris de Teano est commémoré le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cassianus d’Autun

† 355

 

Destinée étrange que cet Egyptien, né de famille aisée, ordonné évêque par s.Theonas (v. 28 décembre), et envoyé de là, sur une vision céleste, pour évangéliser les Bretons.

Mais l’évêque Rhéticius d’Autun (v. 15 mai) le retint au passage, en fit son coadjuteur et Cassianus lui succéda en 335, quatrième évêque de ce diocèse.

Donc, au lieu d’aller parler aux Bretons, Cassianus poursuivit l’évangélisation des Eduens.

Son épiscopat dura vingt années, au terme desquelles il mourut le 5 août 355.

Le tombeau de Cassianus fut le but d’un pèlerinage célèbre ; un peu de terre ou de poussière grattée et diluée produisait de nombreux miracles. C’était au point que le sépulcre en était presque transpercé.

Dans une autre version, Cassianus succède à Simplicius, qui cependant fut le deuxième successeur de Cassianus, de 364 à 418.

Saint Cassianus d’Autun est commémoré le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nonna de Cappadoce

† 374

 

On a parlé de s.Grégoire de Nazianze le 25 janvier.

La mère de celui-ci était une très pieuse femme chrétienne, nommée Nonna.

Fille d’un certain Philtatios, elle avait épousé un magistrat de la ville de Nazianze (auj. Nenezi, Turquie centrale), Grégoire, qui appartenait à une secte judéo-païenne, où l’on n’adorait que le Très-Haut (Hypsistos, d’où leur nom d’Hypsistariens). Suivant les exemples et les enseignements de Nonna, ce Grégoire passa au Christianisme, et sa conversion fut si profonde qu’il devint évêque de Nazianze. Il mourut centenaire, vers 373.

De cette sainte union naquirent trois enfants, trois futurs Saints : Gorgonia, Grégoire et Césaire (v. 9 décembre, 25 janvier et 25 février). Grégoire devint à son tour évêque de Nazianze, ce qui explique que son père fut appelé Grégoire de Nazianze l’Ancien.

C’est par la plume reconnaissante de Grégoire que nous connaissons combien était profonde la foi de Nonna : elle reçut en songe la vision de son futur fils, qui devait recevoir le nom de Grégoire, et qu’elle consacra à Dieu dès la naissance.

Toujours d’après Grégoire, sa mère était très réservée, ne se permettait pas de rire exagéré, de paroles inconvenantes, était fidèle à toutes ses obligations domestiques ; elle s’imposait aussi des pénitences, pleurait ses péchés et ceux des pécheurs. Sans épargner son sourire envers les femmes païennes, elle ne leur tendait pas la main, sans mépris, uniquement pour marquer discrètement son idéal.

Nonna mourut au moment de recevoir à l’église la sainte Communion, le 5 août 374, et fut inhumée dans le tombeau de son époux et de Césaire, déjà défunts.

Sainte Nonna de Cappadoce est commémorée le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Venantius de Viviers

† 544

 

Venantius, devenu Venance ou Venant en français, provenait d’une grande famille de la noblesse burgonde ; son père pouvait être un certain Gondomar, neveu du roi Sigismond - et certains auraient parfois avancé qu’il était le fils de ce dernier.

Venantius est bien attesté au 6e siècle, mais de façon insuffisante.

Il fut appelé à occuper le siège épiscopal de Viviers ; c’en était le onzième titulaire.

Il participa aux conciles d’Epaone (517) et de Clermont (535).

On sait qu’il releva la cathédrale Saint-Vincent, qu’il fit construire des églises nouvelles.

Il mourut vers 544. Ses reliques furent portées en sûreté à Soyons, dans un monastère de Bénédictines qui fut attaqué par les Protestants en 1621. Les reliques furent sauvées et reportées à Valence.

Saint Venantius de Viviers est commémoré le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Viâtre de Tremblevif

6e siècle

 

Viâtre (Viator en latin) fut très célèbre en son temps.

Ermite, il se retira dans la forêt de Sologne, non loin d’un village qui s’appelait Tremblevy, plus tard Tremblevif. 

Viâtre aurait été - mais on en doute - un moine à Micy, disciple de s.Mesmin (? v. 15 décembre), mais en serait sorti pour chercher plus de solitude et plus de perfection que dans le monastère, qui était déjà décadent.

On ajouta aussi que Viâtre aurait creusé son tombeau dans le tronc d’un tremble.

Au 19e siècle, la commune obtint d’être nommée Saint-Viâtre, en l’honneur de cet ermite.

 

Saint Viâtre de Tremblevif est commémoré le 5 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Oswald roi

604-642

 

Le père de notre Oswald, Æthelfrith, était un chef anglo-saxon qui annexa le Deira à son royaume de Bernicie, pour former la Northumbrie. La mère, Acha, était de la famille royale du Deira : les deux époux se marièrent probablement lors de l’annexion du Deira à la Bernicie.

En 616, Æthelfrith mourut lors d’une bataille contre Raedwald, roi d’Est-Anglie. C’est alors un frère d’Acha, Edwin, qui prend le pouvoir en Northumbrie, tandis qu’Oswald fuit vers le nord, avec ses deux frères et sa sœur, dans le royaume irlandais de Dal Riata où ils grandissent.

Mais dans cette contrée irlandaise, ils rencontrent les saints moines de l’île d’Iona, où l’abbé saint Colomba avait fondé un monastère. Oswald reçoit le baptême.

Edwin est tué dans une bataille en 633 ; la Bernicie, à nouveau séparée du Deira, est gouvernée par le frère d’Oswald, Eanfrith, qui est tué à son tour l’année suivante.

C’est alors qu’Oswald se met en marche contre l’envahisseur, Cadwallon, non sans avoir d’abord érigé une croix, devant laquelle lui et toute son armée prièrent avant de partir à l’assaut de l’ennemi.

D’après Adomnan d’Iona, Oswald aurait alors eu une vision de saint Colomba qui lui aurait dit : Sois fort et courageux ; vois-tu, je serai avec toi… le Seigneur m’a promis que ton ennemi Catlon {Cadwallon} sera livré entre tes mains, qu’ensuite tu reviendras triomphalement et que ton règne sera heureux (Be strong and of a good courage ; behold, I shall be with thee, (…) March out this following night from your camp to battle, for on this occasion the Lord has granted to me that your foes shall be put to flight, that your enemy Catlon shall be delivered into your hands, and that after the battle you shall return in triumph, and have a happy reign).

Oswald rapporta cette vision à son conseil et tous promirent de se faire baptiser après la bataille : Cadwallon fut en effet battu et tué, alors que son armée était bien plus forte. 

Après cette victoire d’Heavenfield (près d’Hexham), Oswald réunifia la Northumbrie et régna à partir de 634. 

Saint Bède affirme qu’Oswald mit sous sa domination toutes les nations et provinces britanniques, mais parle aussi plus tard d’une coalition anglo-saxonne contre Oswald, peut-être avec son propre frère, Oswiu, qui dominait les Écossais et les Picts. La Mercie aussi ne se soumit pas véritablement : si Oswald dominait le petit royaume de Lindsey, plus tard les moines d’un monastère local firent des difficultés à accepter les ossements d’un “roi étranger”.

Oswald épousa Kineburga, la fille du roi des Saxons de l’ouest, Cynegils. Kineburga accepta de recevoir la baptême, ainsi que son frère.

Un fils d’Oswald, Æthelwald, régna sur le Deira en 651, ce qui laisse supposer que ce fils provenait d’une union précédente, d’avant le baptême d’Oswald.

Roi chrétien convaincu, Oswald fit appel à un évêque irlandais pour accélérer la conversion de ses sujets : ce fut d’abord Coorman, bientôt remplacé par Aidan ; ce dernier ne connaissait pas l’anglais, et Oswald traduisit les prédications d’Aidan, car il avait appris l’irlandais lors de son exil. Oswald donna à Aidan toute l’île de Lindisfarne.

Un jour qu’il mangeait avec Aidan, il apprit que des pauvres demandaient l’aumône, et leur fit donner son repas. Aidan alors saisit la main droite d’Oswald en lui disant : Puisse cette main ne jamais périr. Tant il est vrai que le bras et la main d’Oswald restèrent inaltérés, toujours d’après saint Bède.

Un conflit avec la Mercie engendra une bataille à Maserfield (peut-être l’actuelle Oswestry), le 5 août 642. Oswald y fut tué, son corps démembré, sa tête et ses membres placés sur des piques. En mourant, Oswald priait pour l’âme de ses soldats.

Oswald avait trente-huit ans, il avait régné huit ans.

Saint Bède raconte qu’Oswiu, le frère d’Oswald, aurait retrouvé les restes de son frère l’année suivante. D’abord conservées à Lindsey, ces cendres furent transférées à Gloucester (909). Le chef d’Oswald est à la cathédrale de Durham, où l’on mit aussi les restes de saint Cuthbert.

Dans les Côtes d’Armor, une paroisse porte le nom de saint Oswald.

Certains ont donné Oswald comme martyr, ainsi le Martyrologe qui mentionne saint Oswald comme martyr, illustre dans l’art militaire mais plus encore ami de la paix, qui développa la foi chrétienne dans son pays et mourut au combat contre des païens ennemis du Christ.

 

 

Francesco Zanfredini

1270-1350

 

Né en 1270 à Pesaro (Marches, Italie CE), le petit Cecco fut orphelin très jeune.

Il suivit l’esprit franciscain et vécut selon la règle du Tiers-Ordre après avoir donné ses biens aux pauvres.

D’abord à l’ermitage de Montegranaro, il revint à Pesaro, pour y diffuser le culte marial.

Il construisit deux chapelles dédiées à la Sainte Vierge, une à Montegranaro, à laquelle il adjoignit un hôpital et une à Pesaro, où il se retira pour vaquer à la contemplation.

Mécontent, le diable se manifesta en détachant un énorme rocher qui aurait dû écraser l’ermitage et l’ermite, mais Dieu protégea miraculeusement son serviteur, qui ne s’aperçut même pas de l’aventure.

La renommée de sa sainteté se répandit dans toute la contrée et des disciples vinrent se joindre à lui. Francesco vivait dans la pénitence et la prière, et allait quêter pour nourrir son monde. Ce qui lui restait d’argent allait aux bonnes œuvres : il offrait une dot à une pauvre fille qui se mariait, il réparait une église en ruines, il rachetait des prisonniers.

Tout le monde l’admirait ; pour combattre la tentation d’orgueil, Francesco s’imposa un cilice et se flagella. Il combattit aussi une tentation de sensualité, un jour où on lui proposa un bon morceau de viande savoureuse, en laissant attendre le plat plusieurs jours, avant de manger la viande désormais puante ; il fut ainsi totalement guéri de la gourmandise pour le reste de ses jours.

Une autre fois, alors qu’il était bien malade, les confrères crurent que le chant du coq le dérangeait et tuèrent la bête ; ce coq réveillait chaque matin les religieux pour se rendre à l’office, et Francesco, ne l’entendant plus, s’en enquit : on lui apporta la bête toute fumante sur un plat. D’un signe de croix, il lui remit les plumes et le rendit à la vie.

Francesco fit le pèlerinage à la Portioncule d’Assise pour gagner l’indulgence et, au retour, fonda la Confraternité de la Très Sainte Vierge de l’Annonciation, en collaboration avec la bienheureuse Michelina Metelli (v. 19 juin). Cette dernière s’occupait déjà de lépreux ; la confraternité devait s’occuper des malades et de la sépulture des morts.

De temps en temps, Francesco regagnait l’ermitage de Montegranaro pour retrouver le silence et reprendre des forces intérieures. C’est à Montegranaro qu’il s’éteignit, riche de bonnes œuvres, le 5 août 1350.

Le culte qu’on lui rendait fut approuvé en 1859.

 

 

Margherita de Cesolo

1325-1395

 

Cette «pierre précieuse» (margarita) nacquit en 1325 à Cesolo (San Severino, Marches, Italie CE), de pieux parents agriculteurs.

A quinze ans, tandis qu’elle gardait le troupeau, elle vit arriver un pauvre pèlerin qui lui demanda quelque chose à manger ; c’était en réalité le Christ. Elle lui donna son casse-croûte, et le «pèlerin» disparut. De retour à la maison, elle demanda quelque chose à manger à sa mère, qui n’avait plus rien à lui donner. Margherita alors suggéra à sa mère de regarder dans la mée : il s’y trouvait une quantité de pain suffisante pour nourrir toute la famille et les pauvres de l’endroit.

Plus tard, Margherita accepta d’épouser un brave garçon de Cesolo, et mit au monde une petite fille. Mais elle fut bientôt veuve et voulut consacrer sa vie au service des pauvres, à la prière et à la pénitence.

Pour être en communion intime avec la passion du Sauveur, elle s’imposait de grandes mortifications : le cilice, un lit de branchages, un oreiller de pierre ; elle marchait pieds-nus, ce qui lui valut le surnom de déchaussée.

La fin de sa vie fut marquée par une douloureuse et longue maladie, qu’elle supporta en totale soumission à la volonté de Dieu. Quand elle fut proche de la mort, sa fille lui demanda un «souvenir» : Margherita détacha alors de ses pieds la peau désormais toute desséchée et lui remit cette sorte de «sandales», qui portaient la marque des doigts de pieds. Puis elle rendit l’esprit, le 5 août 1395, jour où la commémore le Martyrologe.

Il semble que le culte fut très vite autorisé.

 

 

Pierre-Michel Noël

1754-1794

 

Né le 23 février 1754 à Pavilly (Seine-Maritime), Pierre-Michel fut un prêtre du diocèse de Rouen.

Déporté sur le Deux-Associés, qui ne partit jamais de La Rochelle, il fut avec des centaines d’autres prêtres entassés dans les cales du bateau, où les conditions de vie étaient tout sauf humaines et encore moins hygiéniques.

Les mauvais traitements, la mauvaise nourriture, usèrent le prêtre, qui mourut du scorbut le 5 août 1794, à quarante ans.

Il a été béatifié en 1995.

José Trallero Lou

1903-1936

 

Comme pour son Confrère Jaume Codina, la vie de ce Frère mercédaire n’est que sainteté.

Il naquit le 28 décembre 1903 à Oliete (El Olivar, Teruel, Espagne), en la fête des Saints Innocents, dont il reçut toute l’innocence. Ses pieux parents, Antonio et Petra, le firent baptiser dès le lendemain. Il eut (au moins) une petite sœur, Josefina et deux petits frères, Antonio et Pedro.

Il fut orphelin de mère à dix ans, de père à dix-neuf.

Toute sa jeunesse, il s’occupa joyeusement du troupeau. Tous les dimanches, il était présent à la messe et au chapelet, revenant ensuite à son champ. Il disait lui-même que, en-dehors des obligations religieuses, il ne serait jamais allé au village. Jamais au bar, ni au dancing, jamais près d’un jupon, toujours et seulement préoccupé de faire bien son travail et de ne pas faire de mal à quiconque.

Quand son petit frère Pedro voulut être Frère à El Olivar, José l’accompagna, mais tandis que Pedro ne persévéra pas, José resta.

Son autre frère Antonio, le rejoignit, comme domestique.

Un jour que des bêtes du troupeau étaient entrées dans la vigne d’un voisin, le propriétaire, furieux, dut remarquer à son grand étonnement que sa vigne n’en avait reçu aucun mal, et cela parce que José avait prié saint Antoine (l’abbé, voir au 17 janvier). 

En 1924, il fut donc postulant et reçut l’habit en 1925.

Il fit la première profession en 1926, la solennelle en 1929. Son maître des novices le définissait obéissant, travailleur, effacé.

On lui confia le travail des champs.

Quand sa famille venait lui rendre visite, il montrait son jardin, mais ne permettait pas à ses cousins de cueillir un fruit pour goûter, parce qu’ils étaient aux Moines.

En 1926, il devait se présenter pour le service militaire. Il se fit réformer à cause de son ouïe défectueuse ; en réalité il souffrait d’autre chose, qu’il ne voulait pas encore dévoiler : ce n’est qu’en 1931 qu’on lui trouva une tumeur au genou, tandis que son oreille suppurait et qu’il souffrait de violents maux de tête. Il fallait l’opérer à Barcelone.

Mais on dut remettre. On trouve José comme cuisinier à San Ramón en 1934, à Banicalap en 1935, en consultation médicale à Valencia, pour être bientôt opéré. L’opération eut lieu en avril 1936 à Barcelone.

A l’hôpital, on lui préparait son déjeuner, mais presque toujours il le donnait au premier pauvre qu’il voyait.

 

En 1932, il vint à Palma de Mallorca, qu’il quitta en 1935 pour rejoindre San Ramón puis El Olivar. En septembre, Jaime fut chargé de la cuisine, pour quelque soixante-dix personnes.

Il ne mangeait jamais entre les repas ; il trouvait le temps d’aider au travail des champs ; il priait assidûment la Sainte Vierge et méditait devant le Saint-Sacrement ; jamais une plainte.

On connaît beaucoup de choses de son élévation intérieure par les quelques lettres qu’on a conservées de lui. Il écrivait mal autant l’espagnol que le castillan, faisait toutes les fautes d’orthographe possibles et (in)imaginables, mais respirait l’humilité et la sainteté.

Le 4 août 1936, par obéissance au Supérieur, il sortit de sa cachette avec un autre Frère pour rejoindre Oliete. C’était dangereux, mais il préféra obéir. Ils rencontrèrent des miliciens, qui les ligotèrent et les conduisirent au couvent d’El Olivar, déjà occupé par le Comité de Estercuel. A leur arrivée, les Frères furent torturés et insultés.

Les miliciens tinrent en joue les Frères, leur demandant où étaient les autres Religieux. Evidemment, ils ne répondirent pas, et reçurent d’autres insultes. 

Un des Frères portait quelques médailles au cou ; un milicien lui dit de les enlever, que c’était passé de mode ; le Frère refusa. On voulut obliger les Frères à acclamer la révolution, le communisme, la Russie, mais ils ne répondirent que Vive le Christ Roi ! Vive la Religion Catholique !

Devant les Frères Jaime et José, on profana l’église, le cimetière, on brûla les saintes images et les ornements. On se fit remettre tout ce qu’ils avaient mis de côté pour manger et boire et les deux Frères durent leur préparer le repas. Tandis qu’ils mangeaient, ils continuaient de les injurier, les mettant aussi entre quatre cierges allumés, comme pour une veillée funèbre. Puis ils les enfermèrent dans une pièce, pendant qu’ils continuaient leurs orgies.

Le 5 août 1936 au matin, ils firent marcher les deux Frères à deux kilomètres de là, se remirent à les questionner, à les faire acclamer la révolution, mais les deux victimes ne répondirent jamais que Vive le Christ Roi !

Les miliciens racontèrent plus tard que ces deux Frères étaient tellement stupides, qu’ils ne savaient vraiment rien dire d’autre que Vive le Christ Roi, de sorte qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que de les tuer.

Les deux Martyrs tombèrent sous les balles. On voulut les faire brûler, mais seuls leurs vêtements furent consummés, les corps demeurèrent calcinés.

Les deux Frères Jaume et José furent béatifiés en 2013.

 

 

Lluís Domingo Mariné

1911-1936

 

Lluís naquit le 10 mai 1911 à Morell (Tarragona, Espagne), des époux Josep et Josepa, qui le firent baptiser peu après.

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre le 30 juin 1935.

Il fut nommé à la paroisse de Pont d’Armentera (Alt Camp), où son apostolat devait durer seulement une année.

On vit en lui un prêtre entièrement donné à Dieu, heureux, lumineux d’humilité et de chasteté.

Dans une de ses lettres, il écrivait : Etudie beaucoup, oui, parce que l’Eglise a besoin d’hommes cultivés, mais prie beaucoup aussi. L’étude bien orientée, avec une intention droite, est une véritable oraison.

Il méditait beaucoup sur la vie de saint Jean-Marie Vianney (voir au 4 août). Sans la foi et le contact avec Jésus, ajoutait-il, nous sommes un tas de fous.

Lors de la révolution de l’été 1936, il se refusa d’abord à abandonner son curé ; il fallut aller chercher les Saintes Espèces et ils se cachèrent dans la montagne. Des paysans leur portèrent de quoi manger et se reposer.

On le sut : trois miliciens arrivèrent sans tarder, l’après-midi du 5 août. Don Lluís se confessa à son curé et se livra, certain que son heure était arrivée.

En parcourant les rues de Pont d’Armentera, il disait joyeusement Au-revoir à ses fidèles. 

On le fit monter dans un camion. On l’y tortura de façon barbare - c’est le chauffeur et les assassins eux-mêmes qui le racontèrent - et des passants confirmèrent ces témoignages, pour avoir eux-mêmes entendu les cris de douleurs.

Au croisement de Masilorenç et Valls, près de Rodonyà, on fit descendre le jeune prêtre et on le fusilla.

C’était le 5 août 1936. Don Lluís avait vingt-cinq ans, et à peine plus d’une année de sacerdoce.

Il a été béatifié en 2013.

Manuel Moreno Martínez

1862-1936

 

Né le 17 juin 1862 à Rincón de Soto (La Rioja), Manuel fut baptisé le 20 juin suivant.

Entré chez les Dominicains, il fit la profession en 1878, à Ocaña, et la profession solennelle à Ávila en 1881.

Encore diacre, il fut envoyé aux missions des Philippines, en 1884, où il acheva ses études et fut ordonné prêtre en 1885.

C’étaient les missions de Chine qui devaient le voir en pleine activité. Il fut à Fokién pendant vingt-six ans, prêchant, baptisant, confessant, écrivant des articles d’un grand intérêt historique sur la Chine.

Deux fois vicaire provincial pour la mission de Fogán en 1902 et 1906, il revint aux Philippines au couvent de Saint-Dominique à Manille (1911-1913) et à Pampanga (1913-1917), avant de retourner en Espagne.

Confesseur à Ávila (1917-1921), à La Mejorada (1921-1931) auprès des Religieuses dominicaines de Olmedo (Valladolid), puis à Santa María de Nieva (Segovia) de 1931 à 1934, il fut élu supérieur de la maison San Gervasio (Barcelone) et, enfin, prieur de Ocaña en 1935, où il avait professé un demi-siècle plus tôt.

Septuagénaire, le père Manuel s’apprêtait désormais à rejoindre une maison de Religieux âgés, au Portugal, mais le couvent de Ocaña fut prit d’assaut le 22 juillet 1936.

Le père Manuel laissa les Religieux aller se réfugier où mieux il leur semblait, en leur donnant un peu d’argent. Lui-même alla se réfugier avec deux autres dans une maison privée, d’où il gardait contact avec chacun.

Les révolutionnaires mirent complètement à sac ce couvent, profanant l’église, pillant, brûlant les saintes images et les archives.

Le 5 août 1936, le père Manuel obtint un sauf-conduit en règle pour Madrid, où il pensait pouvoir loger tous les membres du couvent d’Ocaña. En réalité, c’était un piège : arrivé avec trois autres Pères à la gare de Madrid-Astocha, on les fit descendre et on les fusilla, tandis qu’ils criaient : Vive le Christ Roi ! Vive l’Eglise catholique ! 

Manuel Moreno Martínez a été béatifié en 2007.

 

 

Gabino Olaso Zabala

1869-1936

 

Il vit le jour le 18 février 1869, à Abadiano (Biscaye, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fut ordonné prêtre en 1893.

On l’envoya aux Philippines en 1894, où il exerça son ministère sacerdotal et enseigna au séminaire de Vigam.

En 1896, éclata la révolution anticoloniale, et il se trouva que notre Gabino participa lui-même à la torture d’un autre prêtre, Mariano Dacanay ; peut-être en fut-il accusé, peut-être y fut-il contraint, toujours est-il que deux ans plus tard, il fut à son tour torturé par les indépendantistes.

De retour en Espagne en 1900, il vécut à Llanes, Tapia et Ceuta.

En 1933, il était supérieur de la maison de soin de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec les autres Confrères de la maison, au total sept prêtres, un convers et deux laïcs. Il marcha à la mort en criant Vive le Christ Roi ! et en pardonnant à ses ennemis.

Les dix Religieux furent tous martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Pau Virgili Monfa

1869-1936

 

Pau (Paul) vit le jour le 8 août 1869 à Valls (Alt Camp, Catalogne) et fut baptisé deux jours plus tard.

Ordonné prêtre en 1893, il fut vicaire à Masó, puis curé à Pla de Cabra, aujourd’hui Pla de Santa Maria (Alt Camp, Tarragona).

C’était un prêtre de profonde piété, qui aimait soigner la liturgie. Il chercha à entretenir et embellir son église.

On l’entendit plusieurs fois dire qu’il donnerait volontiers sa vie pour sauver la foi en Espagne.

Le 22 juillet 1936, voyant comment les révolutionnaires expulsaient les religieux des couvents, il s’efforça de dissimuler des objets précieux du culte, mais le Comité s’y opposa, lui promettant qu’il n’y avait aucun risque. Cette belle promesse se vérifia en réalité par la destruction systématique de tous les objets du culte et des autels.

Le 23 juillet, le curé et son vicaire furent reçus chez un paroissien, mais don Pau préféra revenir dans son presbytère.

Le 24, se présentèrent trois miliciens armés pour le faire partir de là. Il les pria de le laisser aller à l’église pour retirer le Saint Sacrement ; l’un d’eux se moqua de lui ; un autre lui dit : Monsieur le Recteur, moi, j’y crois ! mais ils ne lui permirent pas d’aller chercher le Saint-Sacrement.

Don Pau alla se réfugier chez un paroissien, qui sera édifié par l’attitude du prêtre, soumis à la volonté de Dieu.

Le 5 août dans l’après-midi, des révolutionnaires vinrent le demander ; une demi-heure après, arrivèrent trois autres révolutionnaires, qui étaient allés chercher le vicaire, don Juan Gibert. La famille qui avait accueilli le bon prêtre, était en larmes.

Ils firent monter les deux prêtres dans une voiture en direction du bateau-prison, mais vers Montblanc, entre le pont de la Fusta et la voie de chemin de fer, on les fusilla. 

Juste avant leur exécution, le curé dit au vicaire : Que votre sang soit une semence de chrétiens ! 

Don Pau agonisa plusieurs heures, tout en priant.

Les deux prêtres furent béatifiés en 2013.

 

 

Victor Gaitero González

1871-1936

 

Il vit le jour le 18 octobre 1871, à Valdemoro (León, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession en 1889 et fut ordonné prêtre en 1895.

Il resta d’abord deux années à Valladolid, comme pédagogue et sous-maître des novices, avant d’être envoyé aux Philippines. Il n’y resta pas très longtemps, passa à Macao et revint en Espagne.

Sa santé délicate l’obligea à demeurer à la maison de soin de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec neuf autres Confrères, sept prêtres, un convers et deux laïcs. 

Les cinq Religieux furent martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Lorenzo Santolaria Ester

1872-1936

 

Lorenzo vit le jour le 20 avril 1872 à Torres de Alcanadre (Huesca, Catalogne, Espagne), dans une famille de cultivateurs.

Il entra dans l’Ordre bénédictin à El Pueyo, comme convers, en 1899. En 1900, il fit la première profession, et en 1903 la solennelle.

Sa science de la culture le mit tout de suite en bonne position pour prendre en charge l’organisation des cultures du monastère, principale source des rentrées. 

Il fallait surveiller les céréales, les vignes, les oliviers, les amendiers et les ruches. Le Frère disposait de quelques ouvriers, avec quelques excellents mulets, et à l’occasion, les moines prêtaient main forte, surtout au moment des récoltes.

Avec les ouvriers, il se montrait très respectueux, mais il leur interdisait toute parole déplacée : si l’un d’eux blasphémait, il était renvoyé.

Religieux avant tout, le Frère s’efforçait de ne pas manquer les offices de la communauté.

Arrivèrent les tristes journées de juillet 1936. 

Le 20 juillet, Frère Lorenzo partit pour Torres de Alcanadre avec le Frère Vicente Burrel. Ils y arrivèrent le 23 au matin. Le Frère pensait que la situation allait s’arranger rapidement et qu’il ne resterait chez son frère Pablo que quelques jours. Le 25, le Frère Vicente dut repartir.

Lorenzo dut bien passer un moment à la Maison du peuple, mais sans y voir le moindre indice de danger.

Le 5 août cependant, arriva vers neuf heures du matin un camion de miliciens, provenant de Monzón.

Ils demandèrent à voir le Frère Lorenzo, son frère Pablo et le fils de ce dernier. La cousine commença par dire que Lorenzo se trouvait au jardin, mais Lorenzo, entendant qu’on le cherchait, se présenta spontanément. Les miliciens furent enchantés : Le voilà, le curé ; cette femme nous a trompés.

Ils devaient aller à Barbastro. Devant la maison, on fouilla Lorenzo ; on lui prit son canif (qu’on donna à la famille en souvenir), son chapelet et des images pieuses, qu’on jeta par-terre.

Lorenzo, Pablo et son fils montèrent dans le camion. En réalité, on sortit seulement du pays et on les fusilla tous les trois. Après les avoir arrosés d’essence, on fit brûler les cadavres. 

Le lendemain, un autre parent découvrit les cadavres. Lorenzo avait les mains croisées sur la poitrine, tenant quelque chose qu’on n’a pas identifié : un petit livre, l’évangile, la Règle ?

Frère Lorenzo a été béatifié en 2013.

 

 

Felipe Barba Chamorro

1873-1936

 

Il vit le jour le 5 février 1873, à Pozo Antiguo (Zamora, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession en 1889.

Ordonné diacre, il fut envoyé aux Philippines, où il fut ordonné prêtre en 1896.

Après deux années de travail paroissial, il tomba aux mains d’indépendantistes, qui ne le libérèrent qu’après plusieurs mois.

De retour en Espagne, il vécut dans diverses maisons, puis à Caudete (Albacete), pour y recevoir des soins.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec neuf autres Confrères ; ils furent tous martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Anastasio Díez García

1877-1936

 

Il vit le jour le 21 janvier 1877, à Quintanilla de Vivar (Burgos) et fut très probablement baptisé le lendemain 22, où l’on fête saint Anastase, dont il porta le nom (qui signifie résurrection).

Ses parents s’appelaient Rufino et Eulalia.

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession en 1893 et fut ordonné prêtre en 1900.

On l’envoya au Brésil, où il exerça un grand travail missionnaire pendant quelque trente années.

De retour en Espagne, il vécut à Gijón puis à Caudete (Albacete), pour y recevoir des soins.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec neuf autres Confrères ; ils furent tous martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Ángel Pérez Santos

1877-1936

 

Il vit le jour le 1er octobre 1877, à Villaherreros (Palencia, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession en 1894 et fut ordonné prêtre en 1901.

On l’envoya en Argentine et au Pérou, où son ministère sacerdotal lui valut le surnom de bon père.

De retour en Espagne, il vécut à la maison de soin de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec les neuf autres Confrères ; ils étaient sept prêtres, un convers et deux laïcs. 

Les cinq Religieux furent martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Emilio Camino Noval

1877-1936

 

Né le 9 octobre 1877 à Castiello (Valdesoto, Asturies, Espagne), Emilio reçut le baptême deux jours après. 

Ses parents étaient José et Vicenta.

Il entra dans l’Ordre de Saint-Augustin.

Il fit la profession en 1893 et fut ordonné prêtre en 1900.

En 1901, il fut envoyé en mission au Brésil puis, en 1903, en Argentine.

A cause de problèmes de santé, il dut revenir en Espagne (1907) et fut dans les maisons de son Ordre, à Gijón, Madrid, Novelda, Caudete.

Il fut ensuite professeur à Uclés, à Ceuta (1929), à Caudete (1932), où il se trouvait au moment de la Révolution de 1936.

Son supérieur lui conseilla de se réfugier chez le laitier, d’ailleurs avec un autre membre de la communauté, mais comme tous les autres il fut arrêté et conduit en prison.

De là, on fit sortir tous les «prisonniers» (les membres de la communauté) en direction d’un endroit appelé Partida de Madariaga, à Fuente la Higuera, près de Valencia, où ils furent tous exécutés.

C’était le 5 août 1936.

Emilio Camino Noval fait partie des nombreux Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

Joan Gibert Galofré

1880-1936

 

Joan vit le jour le 13 mai 1880 à Riera de Gaiá (Tarragona, Espagne), de Joan et Josepa.

Il fut ordonné prêtre en 1904.

Rempli d’excellentes vertus, il faisait l’unanimité parmi ses paroissiens, qui disaient : L’abbé Joan est un saint ; s’il ne va pas au ciel, qui y ira ?

En 1936, il était vicaire à la paroisse de Pla de Cabra, aujourd’hui Pla de Santa Maria (Alt Camp, Tarragona), dont le curé était don Pau Virgili Monfa, martyrisé le même jour. Il était aussi aumônier des Religieuses.

Arrêté par le Comité révolutionnaire, il appris qu’on avait profané le Saint Sacrement à la paroisse et s’enquit de la chapelle des Religieuses ; elles avaient pensé à le mettre en sûreté, ce qui le tranquillisa profondément.

Le 5 août dans l’après-midi, trois révolutionnaires, avec don Joan Gibert, rejoignirent ceux qui étaient allés chercher don Pau.

Ils firent monter les deux prêtres dans une voiture en direction du bateau-prison de Tarragona, mais vers Montblanc, entre le pont de la Fusta et la voie de chemin de fer, on les fusilla. 

Juste avant leur exécution, le curé dit au vicaire : Que votre sang soit une semence de chrétiens ! 

Les deux prêtres furent béatifiés en 2013.

 

 

Víctor García Ceballos

1880-1936

 

Né le 24 juin 1880 à Carrión de los Condes (Palencia), Victor fut baptisé le 26 juin suivant.

Après avoir fréquenté le collège de son pays, dirigé par les Jésuites, il entra chez les Dominicains.

Il fit la profession en 1898, à Ocaña, et fut ordonné prêtre en 1906.

Il fut professeur à Ocaña et à Santa María de Nieva.

Il avait de grands dons naturels pour la peinture et pour la musique.

Malade, il fut envoyé à la maison de Nambroca (Tolède), puis à Rome où le changement de milieu l’aida à se remettre un peu, quoique le climat romain ne soit pas excellent à cause de son humidité.

En 1920, le père Victor fut sacristain au couvent romain de la Sainte-Trinité.

Sa santé ne s’étant pas rétablie, il obtint du Maître de l’Ordre dominicain de pouvoir revenir habiter chez sa sœur à Carrión de los Condes, tout en étant aumônier des Filles de la Charité, et peignant des tableaux durant ses heures libres.

L’archevêque de Saragosse fut témoin de la conduite exemplaire de ce prêtre et de sa bonté envers les autres.

A partir de 1925, il fut plusieurs fois déplacé : Ocaña en 1925, Madrid en 1930, Santa María de Nieva en 1932, Ocaña en 1934, jusqu’à ce fatidique 22 juillet 1936.

Comme on l’a dit dans d’autres notices (voir Manuel Moreno Martínez), le couvent de Ocaña fut en effet pris d’assaut le 22 juillet 1936.

Le père Manuel, supérieur, laissa les Religieux aller se réfugier où mieux leur semblait, en leur donnant un peu d’argent. Lui-même alla se réfugier avec deux autres dans une maison privée, d’où il gardait contact avec chacun.

Les révolutionnaires mirent complètement à sac ce couvent, profanant l’église, pillant, brûlant les saintes images et les archives.

Le 5 août 1936, le père Manuel obtint un sauf-conduit en règle pour Madrid, où il pensait pouvoir loger tous les membres du couvent d’Ocaña. En réalité, c’était un piège : arrivé avec trois autres Pères, dont le père Victor García Ceballos, à la gare de Madrid-Astocha, on les fit descendre et on les fusilla, tandis qu’ils criaient : Vive le Christ Roi ! Vive l’Eglise catholique ! 

Victor García Ceballos a été béatifié en 2007. 

 

 

Cipriano Polo García

1880-1936

 

Il vit le jour le 16 septembre 1880 à Mayorga (Valladolid, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession et fut ordonné prêtre. On n’a pas trouvé les dates de ces événements.

Il se trouvait dans la maison-infirmerie de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec ses neuf Confrères. 

Les dix Religieux furent martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Eduardo González Santo Domingo

1884-1936

 

Né le 5 janvier 1884 à Ávila, Eduardo fut baptisé le 13 janvier suivant, et confirmé le 26 février 1891.

Son père mourut trois ans après, et sa mère, tertiaire dominicaine, travailla chez l’aumônier des Carmélites de Saint-Joseph, lequel le confia à la résidence des Carmélites d’Ávila.

A onze ans, il revint chez sa mère. 

Ayant demandé son admission à la maison dominicaine de Ocaña, il fit sa profession comme Frère coopérateur à Ávila en 1914.

Il fut envoyé en diverses maisons, pour y rendre ses services de bon frère convers, qu’on appréciait du reste pour son travail joyeux et humble, sa fidélité et son recueillement. 

C’est ainsi qu’il fut à La Mejorada en 1917, à Ocaña en 1924, à Ávila en 1925, à Madrid en 1932, d’abord au couvent de la Passion, puis à celui du Rosaire, pour revenir à Ocaña en juin 1936.

Le frère Eduardo ne se faisait pas d’illusion sur les événements anticléricaux de l’Espagne : il sentait que l’heure du martyre arrivait, et s’y préparait.

Comme on l’a dit dans d’autres notices (voir Manuel Moreno Martínez), le couvent de Ocaña fut pris d’assaut le 22 juillet 1936.

Le père Manuel, supérieur, laissa les Religieux aller se réfugier où mieux leur semblait, en leur donnant un peu d’argent. Lui-même alla se réfugier avec deux autres dans une maison privée, d’où il gardait contact avec chacun.

Les révolutionnaires mirent complètement à sac ce couvent, profanant l’église, pillant, brûlant les saintes images et les archives.

Le 5 août 1936, le père Manuel obtint un sauf-conduit en règle pour Madrid, où il pensait pouvoir loger tous les membres du couvent d’Ocaña. En réalité, c’était un piège : arrivé avec trois autres Pères, dont le frère Eduardo, à la gare de Madrid-Astocha, on les fit descendre et on les fusilla, tandis qu’ils criaient : Vive le Christ Roi ! Vive l’Eglise catholique ! 

Eduardo González Santo Domingo a été béatifié en 2007.

 

 

Luciano Ramos Villafruela

1884-1936

 

Il vit le jour le 17 octobre 1884 à Villahoz (Burgos, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession en 1911 comme Frère laïque.

Sa santé délicate l’obligea à demeurer à la maison de soin de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec les autres Confrères, sept prêtres, un convers et un autre laïc. 

Ces dix Religieux furent martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Ubaldo Revilla Rodríguez

1885-1936

 

Il vit le jour le 16 mai 1885 à Buenavista de Valdivia (Palencia, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession comme Frère laïque.

Sa santé délicate l’obligea à demeurer à la maison de soin de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec les autres Confrères, sept prêtres, un convers et un autre laïc. 

Ces dix Religieux furent martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

 

 

Salvi Huix i Piralpeix

1887-1936

 

Salvio (en catalan Salvi) vit le jour le 21 décembre 1887 dans la maison des Huix à Santa Margarita de Vellors (Sant Hilari Sacalm, La Selva, Catalogne), issu d’une ancienne famille noble. Ses parents s’appelaient Juan et María.

Il entra au séminaire de Vic et fut ordonné prêtre en 1903.

Vicaire à Coll et Castellet, il entra en 1907 dans la congrégation de l’Oratoire (dont le fondateur fut saint Filippo Neri, voir au 26 mai), puis fut nommé professeur de théologie ascétique et mystique au séminaire.

Il dirigea la congrégation mariale de Vic et, en 1921, organisa l’assemblée générale de cette congrégation à Barcelone.

En 1923, il organisa le couronnement de Notre-Dame de la Gleva, présidé par le nonce apostolique.

En 1927, il fut nommé administrateur apostolique à Ibiza ; consacré évêque en 1928, il arriva sur l’île d’Ibiza avec le bateau Mahón et fut accueilli triomphalement.

Il commença la visite systématique des paroisses, organisa un synode, publia un catéchisme en catalan, fit construire des églises paroissiales, stimula l’Action Catholique, institua une Schola Cantorum.

En 1935, il fut transféré à Lleida.

Lors de la révolution de juillet 1936, il se réfugia chez des amis. Mais apprenant que beaucoup de prêtres et de religieux étaient systématiquement arrêtés et mis en prison, il se constitua spontanément aux «autorités», qui l’enfermèrent à son tour dans la prison de Lleida.

Le 5 août 1936, on l’en fit sortir avec une vingtaine d’autres personnes : on devait les conduire en sûreté à Barcelone, mais le camion fut intercepté par des révolutionnaires et dévié vers le cimetière de Lleida, où l’on fusilla l’évêque et ses compagnons.

En arrivant à cet endroit, l’évêque s’était écrié : Nous voilà déjà parmi les Saints !

Mgr Salvi Huix Piralpeix a été béatifié en 2013.

 

 

Luis Blanco Álvarez

1888-1936

 

Il vit le jour le 20 novembre 1888 à Ayoó de Vidriales (Zamora, Espagne).

Entré dans l’Ordre des Augustins, il fit la profession comme Frère convers.

Sa santé délicate l’obligea à demeurer à la maison de soin de Caudete.

Le 23 juillet 1936, on vint l’arrêter avec les autres Confrères, sept prêtres et deux laïcs. 

Ces dix Religieux furent martyrisés à Fuente la Higuera (Valencia) le 5 août 1936.

Ils ont été béatifiés en 2007.

Pere Massó Llagostera

1897-1936

 

Pere (Pierre) vit le jour le 20 avril 1897 à Sant Joan Les Fonts (Girona, Espagne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, d’abord comme élève à Salt, puis en 1914, comme novice ; il reçut l’habit et prit le nom de Edmond Ángel.

Après le scholasticat, il exerça son ministère à Horta.

En 1923, il dut faire le service militaire et fut envoyé à Cuba pour trois ans dans les communautés de Regla et Vedado.

En 1926 il revint en Espagne et fut à Fortianell, avant de rejoindre Salt.

Le 21 juillet 1936, toute la communauté dut se dissoudre. Frère Edmund se réfugia à Can Oller (Gerona), jusqu’au 27 juillet, jour où il se déguisa en mendiant et tenta de rejoindre Bascano pour franchir la frontière.

S’étant arrêté devant une cabane, il fut remarqué par une patrouille de miliciens qui lui intimèrent le haut-les-mains. En les levant, il laissa voir le chapelet qu’il était en train de prier.

Il donna ensuite cette explication : il voulait aller à Bascano chez Monsieur Untel, le père d’un élève de Salt. Ils l’accompagnèrent chez ce monsieur qui confirma qu’effectivement il était professeur à Salt. Les miliciens le lui laissèrent avec ordre impératif de ne pas le laisser partir (s’il partait, c’est lui qui y passerait).

Le Frère passa là des moments intenses et édifiants de prière et de méditation.

Le 5 août 1936, les miliciens revinrent le chercher en voiture. Ils partirent vers Olot et tournèrent vers Estañol ; au lieu-dit Mas Llanes, vers dix-sept heures, ils le fusillèrent.

Le lendemain, les membres du Comité d’Estañol vinrent écraser le crâne et brûler le cadavre. Ce qui resta fut mis en terre.

Frère Edmond Ángel a été béatifié en 2007.

 

 

Jaume Codina Casellas

1901-1936

 

La vie de ce Frère mercédaire n’est que sainteté.

Il naquit le 3 mai 1901 à Aguilar de Segarra (Barcelone, Espagne), de José et Magdalena, qui le firent baptiser deux jours plus tard.

Dès son enfance, il connut les Pères mercédaires et voulut les rejoindre. Il chercha à aller travailler à Barcelone, uniquement pour être en contact avec eux.

A seize ans, il eut la permission de ses bons parents d’entrer au couvent de Lleida, où le conduisit son père lui-même.

Malade, il dut être soigné à San Ramón durant l’été 1921. Il écrivait alors à son cousin qu’il méditait ainsi sur les souffrances du Christ et qu’il désirait souffrir pour gagner le ciel.

En novembre 1921, il se trouvait de nouveau à San Ramón pour la vêture.

En 1922, il fut convoqué à Barcelone pour le service militaire. Il passait son temps à parler de la vie des Saints et n’avait qu’une idée en tête : rejoindre son monastère, ce qui arriva en 1926.

Il persévéra dans sa sainte intention et put faire la profession en 1927 à El Olivar.

En 1928, il passa quelques jours à la maison, auprès de sa mère très malade, qu’il assista de son affection et de sa piété. On l’avertit que déjà il courait des risques, qu’on pourrait le tuer : le corps, dit-il, qu’ils en fassent ce qu’ils veulent ; mon âme, elle est à Dieu seul.

En 1930, il fit la profession solennelle.

En 1932, il vint à Palma de Mallorca, qu’il quitta en 1935 pour rejoindre San Ramón puis El Olivar. En septembre, Jaime fut chargé de la cuisine, pour quelque soixante-dix personnes.

Il ne mangeait jamais entre les repas ; il trouvait le temps d’aider au travail des champs ; il priait assidûment la Sainte Vierge et méditait devant le Saint-Sacrement ; jamais une plainte.

On connaît beaucoup de choses de son élévation intérieure par les quelques lettres qu’on a conservées de lui. Il écrivait mal autant l’espagnol que le castillan, faisait toutes les fautes d’orthographe possibles et (in)imaginables, mais respirait l’humilité et la sainteté.

Le 4 août 1936, par obéissance au Supérieur, il sortit de sa cachette avec un autre Frère pour rejoindre Oliete. C’était dangereux, mais il préféra obéir. Ils rencontrèrent des miliciens, qui les ligotèrent et les conduisirent au couvent d’El Olivar, déjà occupé par le Comité de Estercuel. A leur arrivée, les Frères furent torturés et insultés.

Les miliciens tinrent en joue les Frères, leur demandant où étaient les autres Religieux. Evidemment, ils ne répondirent pas, et reçurent d’autres insultes. 

Un des Frères portait quelques médailles au cou ; un milicien lui dit de les enlever, que c’était passé de mode ; le Frère refusa. On voulut obliger les Frères à acclamer la révolution, le communisme, la Russie, mais ils ne répondirent que Vive le Christ Roi ! Vive la Religion Catholique !

Devant les Frères Jaime et José, on profana l’église, le cimetière, on brûla les saintes images et les ornements. On se fit remettre tout ce qu’ils avaient mis de côté pour manger et boire et les deux Frères durent leur préparer le repas. Tandis qu’ils mangeaient, ils continuaient de les injurier, les mettant aussi entre quatre cierges allumés, comme pour une veillée funèbre. Puis ils les enfermèrent dans une pièce, pendant qu’ils continuaient leurs orgies.

Le 5 août 1936 au matin, ils firent marcher les deux Frères à deux kilomètres de là, se remirent à les questionner, à les faire acclamer la révolution, mais les deux victimes ne répondirent jamais que Vive le Christ Roi !

Les miliciens racontèrent plus tard que ces deux Frères étaient tellement stupides, qu’ils ne savaient vraiment rien dire d’autre que Vive le Christ Roi, de sorte qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que de les tuer.

Les deux Martyrs tombèrent sous les balles. On voulut les faire brûler, mais seuls leurs vêtements furent consummés, les corps demeurèrent calcinés.

Les deux Frères Jaume et José furent béatifiés en 2013.

 

 

José Trallero Lou

1903-1936

 

Comme pour son Confrère Jaume Codina, la vie de ce Frère mercédaire n’est que sainteté.

Il naquit le 28 décembre 1903 à Oliete (El Olivar, Teruel, Espagne), en la fête des Saints Innocents, dont il reçut toute l’innocence. Ses pieux parents, Antonio et Petra, le firent baptiser dès le lendemain. Il eut (au moins) une petite sœur, Josefina et deux petits frères, Antonio et Pedro.

Il fut orphelin de mère à dix ans, de père à dix-neuf.

Toute sa jeunesse, il s’occupa joyeusement du troupeau. Tous les dimanches, il était présent à la messe et au chapelet, revenant ensuite à son champ. Il disait lui-même que, en-dehors des obligations religieuses, il ne serait jamais allé au village. Jamais au bar, ni au dancing, jamais près d’un jupon, toujours et seulement préoccupé de faire bien son travail et de ne pas faire de mal à quiconque.

Quand son petit frère Pedro voulut être Frère à El Olivar, José l’accompagna, mais tandis que Pedro ne persévéra pas, José resta.

Son autre frère Antonio, le rejoignit, comme domestique.

Un jour que des bêtes du troupeau étaient entrées dans la vigne d’un voisin, le propriétaire, furieux, dut remarquer à son grand étonnement que sa vigne n’en avait reçu aucun mal, et cela parce que José avait prié saint Antoine (l’abbé, voir au 17 janvier). 

En 1924, il fut donc postulant et reçut l’habit en 1925.

Il fit la première profession en 1926, la solennelle en 1929. Son maître des novices le définissait obéissant, travailleur, effacé.

On lui confia le travail des champs.

Quand sa famille venait lui rendre visite, il montrait son jardin, mais ne permettait pas à ses cousins de cueillir un fruit pour goûter, parce qu’ils étaient aux Moines.

En 1926, il devait se présenter pour le service militaire. Il se fit réformer à cause de son ouïe défectueuse ; en réalité il souffrait d’autre chose, qu’il ne voulait pas encore dévoiler : ce n’est qu’en 1931 qu’on lui trouva une tumeur au genou, tandis que son oreille suppurait et qu’il souffrait de violents maux de tête. Il fallait l’opérer à Barcelone.

Mais on dut remettre. On trouve José comme cuisinier à San Ramón en 1934, à Banicalap en 1935, en consultation médicale à Valencia, pour être bientôt opéré. L’opération eut lieu en avril 1936 à Barcelone.

A l’hôpital, on lui préparait son déjeuner, mais presque toujours il le donnait au premier pauvre qu’il voyait.

 

En 1932, il vint à Palma de Mallorca, qu’il quitta en 1935 pour rejoindre San Ramón puis El Olivar. En septembre, Jaime fut chargé de la cuisine, pour quelque soixante-dix personnes.

Il ne mangeait jamais entre les repas ; il trouvait le temps d’aider au travail des champs ; il priait assidûment la Sainte Vierge et méditait devant le Saint-Sacrement ; jamais une plainte.

On connaît beaucoup de choses de son élévation intérieure par les quelques lettres qu’on a conservées de lui. Il écrivait mal autant l’espagnol que le castillan, faisait toutes les fautes d’orthographe possibles et (in)imaginables, mais respirait l’humilité et la sainteté.

Le 4 août 1936, par obéissance au Supérieur, il sortit de sa cachette avec un autre Frère pour rejoindre Oliete. C’était dangereux, mais il préféra obéir. Ils rencontrèrent des miliciens, qui les ligotèrent et les conduisirent au couvent d’El Olivar, déjà occupé par le Comité de Estercuel. A leur arrivée, les Frères furent torturés et insultés.

Les miliciens tinrent en joue les Frères, leur demandant où étaient les autres Religieux. Evidemment, ils ne répondirent pas, et reçurent d’autres insultes. 

Un des Frères portait quelques médailles au cou ; un milicien lui dit de les enlever, que c’était passé de mode ; le Frère refusa. On voulut obliger les Frères à acclamer la révolution, le communisme, la Russie, mais ils ne répondirent que Vive le Christ Roi ! Vive la Religion Catholique !

Devant les Frères Jaime et José, on profana l’église, le cimetière, on brûla les saintes images et les ornements. On se fit remettre tout ce qu’ils avaient mis de côté pour manger et boire et les deux Frères durent leur préparer le repas. Tandis qu’ils mangeaient, ils continuaient de les injurier, les mettant aussi entre quatre cierges allumés, comme pour une veillée funèbre. Puis ils les enfermèrent dans une pièce, pendant qu’ils continuaient leurs orgies.

Le 5 août 1936 au matin, ils firent marcher les deux Frères à deux kilomètres de là, se remirent à les questionner, à les faire acclamer la révolution, mais les deux victimes ne répondirent jamais que Vive le Christ Roi !

Les miliciens racontèrent plus tard que ces deux Frères étaient tellement stupides, qu’ils ne savaient vraiment rien dire d’autre que Vive le Christ Roi, de sorte qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que de les tuer.

Les deux Martyrs tombèrent sous les balles. On voulut les faire brûler, mais seuls leurs vêtements furent consummés, les corps demeurèrent calcinés.

Les deux Frères Jaume et José furent béatifiés en 2013.

 

 

Lluís Domingo Mariné

1911-1936

 

Lluís naquit le 10 mai 1911 à Morell (Tarragona, Espagne), des époux Josep et Josepa, qui le firent baptiser peu après.

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre le 30 juin 1935.

Il fut nommé à la paroisse de Pont d’Armentera (Alt Camp), où son apostolat devait durer seulement une année.

On vit en lui un prêtre entièrement donné à Dieu, heureux, lumineux d’humilité et de chasteté.

Dans une de ses lettres, il écrivait : Etudie beaucoup, oui, parce que l’Eglise a besoin d’hommes cultivés, mais prie beaucoup aussi. L’étude bien orientée, avec une intention droite, est une véritable oraison.

Il méditait beaucoup sur la vie de saint Jean-Marie Vianney (voir au 4 août). Sans la foi et le contact avec Jésus, ajoutait-il, nous sommes un tas de fous.

Lors de la révolution de l’été 1936, il se refusa d’abord à abandonner son curé ; il fallut aller chercher les Saintes Espèces et ils se cachèrent dans la montagne. Des paysans leur portèrent de quoi manger et se reposer.

On le sut : trois miliciens arrivèrent sans tarder, l’après-midi du 5 août. Don Lluís se confessa à son curé et se livra, certain que son heure était arrivée.

En parcourant les rues de Pont d’Armentera, il disait joyeusement Au-revoir à ses fidèles. 

On le fit monter dans un camion. On l’y tortura de façon barbare - c’est le chauffeur et les assassins eux-mêmes qui le racontèrent - et des passants confirmèrent ces témoignages, pour avoir eux-mêmes entendu les cris de douleurs.

Au croisement de Masilorenç et Valls, près de Rodonyà, on fit descendre le jeune prêtre et on le fusilla.

C’était le 5 août 1936. Don Lluís avait vingt-cinq ans, et à peine plus d’une année de sacerdoce.

 

Il a été béatifié en 2013.

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