Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 août 2020 3 05 /08 /août /2020 23:00

06 AOUT

I.

 La fête de la Transfiguration du Seigneur, cf. Mt 17 ; Mc 9 ; Lc 9. Très tôt fêtée par les Grecs, cette fête se généralisa en Occident, après que, le 6 août 1457, une victoire fut remportée sur les Turcs par le roi Jean Hunyade et s. Jean de Capistran.

III.

SS Xyste II, pape (257-258), et ses diacres (Janvier, Magnus, Vincent, Stéphane, Agapitus, Felicissimus), plus conciliant que son prédécesseur avec s. Cyprien de Carthage, martyrisé quelques jours avant s. Laurent ; on les fête le 7 août.

IV.

SS Justus et Pastor, jeunes martyrs espagnols (7 et 9 ans) à Complutum.

V.

S Hormisdas, pape (514-523) : conciliateur dans Rome et avec les Grecs.

VI.

S Jacques, ermite et thaumaturge à Amida.

S Exoce, évêque à Limoges.

VII.

S Stapin, évêque à Carcassonne.

VIII.

S Morin, évêque à Auxerre.

XII.

S Chrémès, abbé de moines basiliens à Placa.

B Octavien, né à Quingey, frère de Guy de Bourgogne (futur Calixte II), bénédictin à Pavie, et finalement évêque à Savone.

B Schetzelon, ermite près de Trèves ; il ne parlait pas, et se vêtait d'un pagne.

XIII.

S Domingo de Guzmán, chanoine régulier augustin à Osma, fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs (dominicains) après une mission fructueuse en pays cathare, mort à Bologne et fêté le 8 août.

XX.

Bse Anna Maria Rubatto (Francesca Maria di Gesù, 1844-1904), fondatrice des Sœurs Tertiaires Capucines de Loano, pour les malades et la jeunesse, béatifiée en 1993.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Laïcs : près de Valence, Carlos López Vidal (*1894) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Tolède, Saturnino Ortega Montealegre (*1866) ;

Lasalliens : près de Barcelone, Antoni Serra Hortal (Adolfo Jaime, *1880) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Pau Bertrán Mercadé, Francesc Vives Antich  (*1875, 1876) ;

Capucins : les prêtres José González Ramos Campos (Ángel) à Málaga, Andrés Soto Carrera (Gil) près de Séville, José María Recalde Magúregui (Ignacio), près de Vitoria (1879, 1883, 1912) ; le diacre Alejandro Casares Menéndez (José, *1897), près de Granada ; le convers Juan Silverio Pérez Ruano (Crispín) , *1875), à Málaga ;

Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur : à Madrid, María del Consuelo Ramiñán Carracedo (Isabel, *1876) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, José María Polo Rejón (*1890) ;

Capucins : près de Manresa, Josep Domènech Bonet (*1892, Benet de Santa Coloma de Gramenet).

B Tadeusz Dulny (1914-1942), séminariste polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

S Paul VI, pape (1963-1978), béatifié en 2014, canonisé en 2018.

La fête de la Transfiguration du Seigneur

 

Les trois évangiles «synoptiques» relatent l’événement de la Transfiguration de Jésus-Christ, en présence des Apôtres Pierre, Jacques et Jean.

Le récit se trouve en Matthieu (Mt 17), Marc (Mc 9) et Luc (Lc 9), et c’est sans doute le récit de Marc qui est le plus vivant, ayant été reçu de la bouche même de Pierre par son disciple Marc qui l’écoutait parler à Rome.

L’évangéliste donne ce détail, que les vêtements du Christ devinrent étincelants, d’une blancheur extrême, comme il n’est foulon sur terre qui puisse ainsi blanchir.

Le Christ apparaît sur le Mont Thabor comme un nouveau Moïse et un nouvel Elie, législateur et prophète de la Nouvelle Alliance.

Cette scène a été désormais placée comme quatrième des cinq nouveaux «Mystères lumineux» de notre Rosaire, depuis la publication de la Lettre Apostolique de Jean-Paul II en 2002 (Rosarium Virginis Mariæ, n.21).

La fête existait très tôt chez les Grecs, et passa en occident après le 8e siècle, dans quelques diocèses d’Espagne, de France et d’Italie.

Le 6 août 1457, pour marquer une victoire remportée sur les Turcs par le roi Jean Hunyade et saint Jean de Capistran, le pape Calliste III étendit la fête à l’Eglise universelle.

C’est en ce jour que mourut le pape Paul VI (1978).

 

 

Xyste II

257-258

 

Après la remarque qui a été faite sur l’orthographe de Sixte ou Xyste, à propos du pape saint Sixte Ier, on gardera finalement la forme “Xyste”, telle qu’on la trouve dans le texte du Martyrologe, même si on la traduit en général par “Sixte” en français. 

D’ailleurs, Xyste II était un philosophe grec ; venu à Rome, il devint l’archidiacre de saint Etienne Ier, et lui succéda (août 257). C’était le vingt-quatrième pape.

La persécution de Valérien s’étant déchaînée, il fut sacré le plus discrètement possible, car toute réunion publique était interdite, et ordre était donné à tout évêque de sacrifier aux dieux de l’Empire.

Successivement, un deuxième édit menaçait d’exécution immédiate tout évêque, prêtre ou diacre, sur simple constatation de son identité.

Or le pape avait justement réuni les chrétiens dans une crypte du cimetière de Calliste, le 6 août 258. La police surgit en pleine célébration : le pontife s’offrit spontanément aux bourreaux pour éviter l’arrestation de toute l’assemblée. C’est ainsi que les fidèles assistèrent impuissants à la décapitation du pontife, avec quatre autres diacres (ou sous-diacres), qui étaient Ianuarius, Magnus, Vincentius et Stephanus), tandis que les deux autres diacres Felicissimus et Agapitus étaient aussi décapités au cimetière de Prétextat.

Les détails précédents et l’exécution immédiate du pape semblent devoir mettre en discrédit l’épisode d’une rencontre de Xyste II et du diacre Laurent, auquel le pape aurait prédit qu’il le “suivrait” quelques jours plus tard. Il est vrai que saint Laurent sera mis à mort le 10 août suivant, mais non par la décapitation. S’il est vrai que Laurent n’était pas auprès du pape le 6 août, il semble bien impossible qu’ils se soient rencontrés, puisque le pape fut décapité sur place.

Durant l’année de son pontificat, Xyste II ordonna deux évêques, quatre prêtres et sept diacres.

Comme on l’a dit pour Xyste Ier, on ne sait pas lequel des deux papes est concerné dans la prière Communicantes du Canon Romain.

Saint Xyste II est mentionné au Martyrologe le 6 août, jour de la Transfiguration du Seigneur, mais fêté le 7 août.

Le successeur de Xyste II fut saint Denys.

 

 

Felicissimus et Agapitus

 † 258

 

Voir la notice de Xyste II (ci-dessus).

 

 

Iustus et Pastor de Alcalá

† 304

 

Une tradition que certains spécialistes n’aiment pas beaucoup, fait de Iustus et Pastor deux frères de sept et neuf ans, fils d’un certain s.Vitalis (?) et cousins de la martyre ste Marta d’Astorga (? 23 février).

Ces deux Saints n’existent pas dans le Martyrologe ; de plus, Marta aurait été martyrisée en 250, un demi-siècle plus tôt que Vitalis.

Reprenant la tradition, nous sommes donc en 304. Le gouverneur Dacianus parcourt l’Espagne à la recherche de Chrétiens pour leur extorquer leurs Livres saints. A Complutum (tout près de Madrid), deux enfants de l’école entendent parler de lui et veulent aller le voir. On les dénonce comme fils de chrétiens.

Dacianus, sans même les faire venir, ordonna à des soldats d’aller les torturer ; les deux enfants s’encourageaient à persévérer dans la Foi ; Dacianus en fut informé et ordonna de les décapiter sur place.

On dit que la localité de Complutum se dépeupla au fur et à mesure que la population construisait autour du tombeau des deux Enfants martyrs et qu’ainsi se développa la ville de Alcalá de Henarés, qui vénère Iustus et Pastor comme ses Patrons célestes.

Ces mêmes Martyrs sont titulaires de la cathédrale de Narbonne.

Saints Iustus et Pastor de Alcalá sont commémorés le 6 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Hormisdas

514-523

 

Hormisdas était de Frosinone (Frusino), d’une famille aisée de l’Agro Romano (Latium).

Fils de Iustus, il se maria d’abord, eut un fils, le futur pape Silvère, et une fois veuf entra dans la cléricature romaine.

Sous le pape Symmaque, il était diacre et resta fidèle au pontife romain lors du schisme de l’antipape Laurent. Il y eut un synode à Saint-Pierre en 502, où il fut notaire : à cette occasion, l’évêque Ennodius de Pavie lui prédit qu’il deviendrait pape.

Symmaque étant mort le 19 juillet 514, Hormisdas fut élu pour lui succéder dès le lendemain.

Ce nouveau pape, le cinquante-deuxième, était un pape pacificateur.

Dans Rome, où serpentaient des traces du schisme précédent, Hormisdas eut la sagesse de réintégrer des clercs qui s’étaient compromis avec l’antipape Laurent.

En Orient, c’était plus compliqué. L’empereur soutenait le patriarche Acace, qui ne professait pas la doctrine du concile de Chalcédoine sur les deux natures du Christ. Une révolte militaire mit l’empereur en difficulté l’obligeant à négocier ; ce fut pénible, long, mais au moins les évêques orientaux eurent le courage de prendre position nettement pour la doctrine rappelée par le pape Hormisdas, contre le patriarche Acace.

Finalement, après la mort de l’empereur, son successeur Justin poursuivit les négociations avec Rome, qui aboutirent. En revanche, le roi goth Théodoric de Ravenne, encore arien, qui avait d’abord soutenu tacitement le pape, se mit de son côté à persécuter les amis de Constantinople : une des victimes fut Boèce († 524, voir au 23 octobre). 

En Occident, l’Eglise d’Espagne se réorganisait ; celle d’Afrique était enfin libérée du roi vandale : Hormisdas suivit de près ces situations avantageuses.

Le pape Hormisdas emit un décret contre la simonie : les charges d’Eglise ne devaient pas être attribuées en échange de privilèges ou de dons.

Il mourut le 6 août 523, après un pontificat de neuf ans. Tardivement, on l’a inséré dans le Martyrologe en ce jour.

Son successeur sera saint Jean Ier.

 

 

Octavien de Quingey

1060-1132

 

Octavien naquit vers 1160 à Quingey, aîné des enfants de Guilllaume II Tête-Hardie, comte de Bourgogne, et d’Etiennette de Vienne. Un de ses frères, Guy, devint le pape Calixte II, et un autre évêque de Besançon.

Il désirait entrer au monastère de Cluny, mais Guillaume voulait lui faire reprendre ses possessions et l’envoya faire son droit à Bologne.

En 1087, apprenant que son père était malade, il se mit en route pour aller l’assister. Mais il en apprit la mort en arrivant à Pavie. Octavien fut bien heureux de pouvoir abandonner cette succession ; il ne revint pas en France, mais entra à l’abbaye bénédictine de Saint-Pierre au Ciel d’Or.

Il pensait y rester dans la contemplation, ignoré du monde ; il refusa d’en devenir l’abbé. Mais il fut bien obligé, par obéissance, d’accepter l’évêché de Savone, en 1129 (ou peut-être plus tôt, ce qui décalerait aussi la date de son décès).

Cet épiscopat dura à peu près deux ans. Octavien mourut le 6 août 1132.

Quarante ans après sa mort, on retrouva son corps intact. Un culte commença, qui fut confirmé en 1793.

Le Martyrologe le commémore au 6 août.

 

 

Schetzelon de Trèves

† 1138

 

Le nom de ce très étrange ermite germanique fut aussi écrit : Schetzel ou Scocelin ou Jocelin ou Gislain ou Ghislain, de sorte qu’on a cru devoir ou pouvoir le confondre avec un autre ermite de la même époque et du même endroit, Gezelin. En latin, on lui a donné la forme Schecelinus.

Après avoir été élevé dans une pieuse famille, il jugea qu’il ne pouvait progresser dans la voie de la sainteté qu’en se détournant le plus possible du monde. A quinze ans, il se retira dans la forêt de Grünewald près de Trèves.

Il n’avait qu’un pagne pour tout vêtement (ou peut-être pas même cela, sauf s’il se trouvait obligé d’être en contact avec quelqu’un), et c’est pourquoi il ne s’approchait des maisons que de nuit.

En plein hiver, il se réfugiait parfois auprès des maisons, jamais dedans, et seulement pour quelques heures de la nuit. Les gens ne lui parlaient pas, pour respecter son silence ; ils laissaient dehors à son intention de la paille, un vieux sac. On lui offrait du pain d’orge dont il emportait quelquefois un morceau. 

Saint Bernard (v. 20 août) le connut, par révélation divine, assure-t-on, et pensa bien de lui faire parvenir une petite délégation pour mieux connaître ce saint homme et pour lui offrir l’habit cistercien, ainsi qu’une paire de sandales ; Schetzelon montra une humble reconnaissance pour ces précieux cadeaux et les essaya ; puis il trouva que ces choses-là étaient de trop pour lui et les retira.

Aux envoyés de Bernard il conta comment un jour d’hiver, alors qu’il dormait à terre, la neige le recouvrit, sauf sa face, car sa respiration faisait fondre la neige. Un lièvre transi de froid trouva l’endroit fort à propos pour se réchauffer et s’endormit sur la tête de Schetzelon, qui en éprouva quelque plaisir momentané. Puis il se reprocha d’avoir été responsable de l’incident, qui l’avait un moment distrait de la prière. Ç’avait été la «plus forte tentation» de sa vie.

Schetzelon serait mort vers 1138-1141, un 6 août, jour où le Martyrologe le mentionne.

On peut encore voir la grotte où il se serait retiré.

 

 

Domingo de Guzmán

1170-1221

 

Domingo (Dominique) vit le jour en 1170 à Caleruega (Burgos, Espagne), benjamin des trois enfants de Félix de Guzmán et de Juana de Aza, qui étaient apparentés à la famille royale et fermement attachés à la foi chrétienne.

L’aîné des enfants, Antonio, entra dans l’Ordre de Saint-Jacques, le deuxième, Manés, entra dans l’Ordre qu’allait fonder son jeune frère.

La maman elle-même a été béatifiée (voir au 2 août). Avant la naissance de son troisième fils, elle vit en songe un chien s’échapper de son sein, avec une torche allumée dans la gueule, partant mettre le feu au monde : ce chien fait allusion à la prophétie de Isaïe 56:10, traitant les mauvais pasteurs de chiens muets.

La marraine de l’enfant, pour sa part, aurait été favorisée d’une autre vision : une étoile brillait au-dessus de la tête de Domingo, présageant la lumière que l’enfant allait apporter au monde par sa mission apostolique ; saint Domingo est représenté avec cette étoile sur les fresques du peintre dominicain, Fra Angelico (voir au 18 février).

Elevé par sa mère, puis par son oncle maternel, archiprêtre, Domingo fut envoyé à Palencia à quatorze ans. Il s’y distingua par son amour de l’étude, par ses vertus aussi : il vendit tous ses livres pour venir en aide aux victimes d’une famine (1191).

Il fut ordonné prêtre an 1194 et nommé chanoine du chapitre cathédral d’Osma, où il résida.

Il accompagna l’évêque pour une mission hautement diplomatique : demander la main d’une princesse danoise pour le prince Fernando. La mission réussit, mais quand l’évêque et son chanoine retournèrent chercher la Demoiselle, celle-ci était morte. 

Durant ces déplacements, Domingo put remarquer quel mal faisait dans le sud de la France l’hérésie albigeoise. Quant à l’évêque, il emmena Domingo à Rome, où il voulait solliciter du pape sa démission de la charge de son diocèse, pour aller évangéliser la région du Don et de la Volga. Mais le pape avait bien d’autres projets, et envoya l’évêque et Domingo prêcher en Languedoc.

Domingo s’établit à Toulouse (1215). C’est le début de l’Ordre dominicain ou Ordre des Prêcheurs.

Après trois voyages à Rome, Domingo obtint l’approbation papale et envoya des frères en Espagne, à Paris et à Bologne.

En 1218, Domingo sera de retour en Espagne, passant par Ségovie, Madrid, Guadalajara.

A Rome, il put établir sa communauté à Sainte-Sabine (où se trouve toujours le couvent dominicain), tandis que les Religieuses s’établirent à Saint-Sixte. C’est l’une d’elles qui rédigea l’histoire des miracles accomplis à Rome par Domingo.

Après le premier Chapitre général de Pentecôte 1220, à Bologne, Domingo passa en Lombardie, en Vénétie et revint à Bologne.

Il y mourut le 6 août 1221, son dies natalis au Martyrologe.

Il fut canonisé en 1234. Le pape Grégoire IX, qui prononça cette canonisation, assimila Domingo aux Apôtres, tant sa parole et celle des Dominicains avaient contribué à répandre partout la Vérité de l’évangile.

La fête liturgique de saint Dominique est actuellement au 8 août.

 

Anna Maria Rubatto

1844-1904

 

Née le 14 février 1844 à Carmagnola (Turin, Italie nord), Anna fut orpheline de son père à l’âge de quatre ans. Elle avait une sœur.

Jeune elle fit déjà le vœu de virginité, de sorte que, lorsqu’un notable local la demanda en mariage, il essuya un net refus de la jeune fille.

Elle avait dix-neuf ans à la mort de sa chère maman ; elle partit donc à Turin, où elle rencontra une certaine Marianna Scoffone, qui l’orienta vers les pauvres, les malades, les enfants ; Anna visitait les uns et les autres, enseignait le catéchisme.

Quand cette Marianna Scoffone mourut, en 1882, Anna partit chez sa sœur à Loano, où elle fréquenta un groupe de pieuses femmes, dirigées par des Pères Capucins.

En 1884, un incident allait faire d’Anna une Supérieure en très peu de temps. En sortant de la messe, Anna se trouva auprès d’un maçon, blessé par la chute d’une pierre sur le chantier d’un couvent en construction. Anna soigna l’homme… et fut appelée par les religieuses du couvent pour être leur supérieure : Anna avait déjà acquis une solide expérience et apparaissait comme une femme mûre.

De pieuse laïque, elle devint ainsi membre de cette congrégation, y prononça les vœux en 1886, sous le nom de Maria Francesca de Jésus, et devint la Supérieure des Capucines de Loano.

En 1897, Maria Francesca partit avec quelques Religieuses pour l’Uruguay, dans le but de fonder d’autres maisons tant à Montevideo qu’en Argentine (Buenos Aires, Rosario). Elle fonda des écoles, soigna des malades. Elle fera plusieurs fois le voyage outre Atlantique et fondera de nombreuses missions, y compris au Brésil (Marañón).

Actuellement plusieurs centaines de Religieuses maintiennent l’idéal de Mère Rubatto. Elles sont aussi présentes en Ethiopie.

Anna Rubatto (Maria Francesca) mourut à Montevideo le 6 août 1904 et fut béatifiée en 1993.

Cette Italienne est considérée comme la première Bienheureuse uruguayenne.

 

 

Saturnino Ortega Montealegre

1866-1936

 

Don Saturnino était né le 29 novembre 1866 à Brihuega (Guadalajara), et reçut au baptême le nom du Saint du jour : Saturnino.

Il fut orphelin de mère assez jeune, et fréquenta la collège de Sigüenza.

Il alla au séminaire de Tolède et fut ordonné prêtre en 1892.

Durant ses études dans cette même localité, il cultiva la poésie et la peinture. Il publia vers la fin de sa vie un recueil de ses poésies, les Leyendas de mi Alcarria.

Il exerça le saint ministère à Guadalajara de Romancos, Archilla, San Felipe de Brihuega et Fuencemillán (Guadalajara), puis Santa Cruz de Retamar (Tolède).

Depuis 1912, il fut curé de Santa María la Mayor et archiprêtre de Talavera de la Reina.

Il fut à l’origine de plusieurs fondations : la Fondation Santander pour les petits enfants, la Fondation Aguirre, pour les personnes âgées, la Auditoria pour accorder une situation légale aux plus pauvres, le Syndicat de l’Aiguille pour les couturières, la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, et d’autres encore.

Les derniers temps, il ouvrit aussi un séminaire pour aider les jeunes prêtres.

Il fut arrêté le 19 juillet 1936, dès le commencement de la révolution espagnole.

Le 5 août suivant, on le conduisit à sa Fondation Santander, où l’on se moqua de lui, avec des plaisanteries et des railleries dont on peut imaginer le mauvais goût. On le dévêtit, on lui accrocha une clochette au cou comme on l’aurait fait d’un taureau dans l’arène, et faisant semblant de lui enfiler des banderilles (ou en les lui enfilant pour de bon).

Dans la nuit du 5 au 6 août, on le conduisit avec deux autres prêtres prisonniers au quartier de Calera, pour les fusiller. Don Saturnino donna l’absolution à ses deux compagnons, et s’adressant ensuite aux meurtriers, il leur dit : Je vous pardonne par amour pour Jésus-Christ. Vive le Christ Roi !

Ce furent ses dernières paroles avant de tomber.

On retrouva son corps au lieu-dit El Consejo, au bord de la route, avec des blessures d’arme à feu.

La balle de plomb retrouvée dans son crâne au moment de l’exhumation, fut expertisée comme étant de calibre 38, d’un revolver qui servit pour lui donner le «coup de grâce».

Don Saturnino mourut le jour de la fête de la Transfiguration, le 6 août 1936. Peu de temps auparavant, il avait dit : Mourir pour Jésus, quelle douce mort !

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pau Bertran Mercadé

1875-1936

 

Pau (Paul) naquit le 21 janvier 1875 à Creixell (Tarragona, Espagne) de Andreu et María.

Après les Petit et Grand séminaire, il fut ordonné prêtre en 1899.

Dès son premier poste d’activité, il se montra aussi matinal que travailleur. Il disait de lui-même : Pau, c’est synonyme de «bras ouverts» (c’est-à-dire qu’on ne le voyait jamais «les bras croisés»).

Il fut d’abord vicaire à Passanant, où se trouvait un sanctuaire à Notre-Dame, qu’il honora d’une très profonde piété.

Puis il passa à Sant Martí de Maldá, comme recteur et archiprêtre.

Enfin il fut nommé à Selva del Camp, où il se trouvait lors de la révolution de 1936.

Il put d’abord se cacher chez des fidèles de la paroisse, en changeant plusieurs fois, pour ne compromettre ni lui ni eux. Puis, deux de ses voisins lui offrirent de le conduire en voiture à son pays, Creixell, où, providentiellement, ils purent arriver sans inconvénient.

Il trouva refuge chez son frère, Josep, avec le recteur de Creixell, don Francesc Vives Antich. Leur vie pendant ces jours d’inquiétude, était dans la prière et le recueillement.

Le 6 août, arriva une «voiture-fantôme», dont les occupants demandèrent si tous les curés de là étaient morts. On leur dit que le maire en avait deux chez lui, ils se firent conduire chez les Bertran. Ils étaient six ou sept miliciens qui, avec d’horribles blasphèmes et autres insultes grossières, ordonnèrent aux deux prêtres de sortir de là.

Don Pau leur demanda gentiment : Que désirent ces Messieurs ? et comme ils les arrêtaient, sans rien dire, il continua : Bon, et pourquoi voulez-vous nous tuer ? - Parce que vous êtes curés, leur répondit-on. Et don Pau : Alors, ça va (en catalan : Si és així, bé).

Juste après arriva l’autre prêtre, don Francesc. A son tour, il dut monter dans le camion au milieu des insultes et des blasphèmes. 

Arrivés à Torredembarra, devant l’usine Refractaris Llovet, on les fit descendre.

Les deux prêtres se donnèrent réciproquement l’absolution. On les fusilla.

Don Pau Bertran Mercadé et don Francesc Vives Antich furent martyrisés le 6 août 1936, jour de la fête de la Transfiguration. Ils moururent ainsi transfigurés dans la gloire du martyre.

Ils ont tous deux été béatifiés en 2013.

 

 

Juan Silverio Pérez Ruano

1875-1936

 

Juan Silverio vit le jour le 27 décembre 1875 à Cuevas de San Marcos (Málaga, Espagne), de Juan et Antonia, qui le firent baptiser le 29.

Elevé chrétiennement, il priait chaque jour le chapelet.

A trente ans, il entra chez les Capucins en 1905 avec le nom de Crispín, fit la première profession en 1906, la solennelle en 1909.

Il était Frère convers. On l’envoya à Saint-Domingue (Amérique), jusqu’en 1925.

Serviable, il fut estimé pour son humilité et son esprit de pauvreté. Il veillait scrupuleusement à ce que tout fût en ordre dans la communauté.

Le 3 août 1936, les miliciens le trouvèrent en prière dans l’église du couvent ; ils le frappèrent sauvagement.

Le 6 août, les Religieux furent expulsés. Crispín sortit sans mot dire, murmurant des invocations à Dieu et à Marie, tenant dans ses mains la couronne de la statue de Marie.

Il reçut la palme du martyre à Antequera (Málaga) le 6 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

María Consuelo Remiñán Carracedo

1876-1936

 

Elle naquit le 17 juin 1876 à Seavia de Coristanco (Amboade, La Coruña, Espagne), de Francisco Rimuiñán et Pilar Carracedo, des parents aisés et pratiquants.

Baptisée le lendemain, elle reçut les noms de María Consuelo.

Confirmée en 1905, elle entra successivement chez les Sœurs Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur, prenant le nom de Isabel.

Son curé en écrivit alors : C’est une personne de caractère, constante, énergique, décidée, qui sait laisser la maison paternelle pour aller étudier à Santiago et y vivre sa vie religieuse. 

Elle fit la première profession en 1907, et la perpétuelle en 1912, en la maison généralice de Madrid.

Sa mission principale fut l’enseignement. 

Vers les dernières années de sa vie, elle souffrit d’une grave infirmité qui l’obligea à rester isolée à l’infirmerie. On ne savait pas au juste ce qu’elle avait : des fistules apparaissaient sur sa peau, son visage se déformait. Il était édifiant de constater combien elle supportait doucement et avec le sourire, cette vilaine infirmité.

En mai 1936, une fois entrée à l’hôpital, on lui diagnostica un lupus tuberculosus au visage.

Lors des pénibles événements de la révolution de 1936, elle se réfugia un moment avec d’autres Religieuses chez des particuliers. Mais après plusieurs fouilles, on crut qu’elle serait plus en sécurité à l’hôpital, et elle s’y dirigea. Dans la rue on la reconnut, on s’empara d’elle, on la bouscula et elle fut, dit-on, lapidée. Une autre version affirme que son corps, attaché par les mains et les pieds à deux camions, fut complètement déchiqueté.

En réalité, on ne connaît pas au juste les circonstances de son martyre, ni la date.

Quelques jours après sa mort, on retrouva son cadavre abandonné à quelques kilomètres de Perales del Río, aux environs de Madrid, le 7 août. Il aurait porté des blessures d’armes à feu, ce qui exclurait tout ou partie des détails fournis plus haut.

La Sœur Isabel mourut en martyre, probablement le 6 août 1936 ; elle fut béatifiée en 2013.

 

 

José González Ramos Campos

1879-1936

 

José vit le jour le 24 février 1879 à Cañete la Real (Málaga, Espagne), de Pedro et María.

Touché dès l’enfance par l’esprit et la personne de saint Francesco d’Assise (voir au 4 octobre), il entra au noviciat des Capucins de Massamagrell (Valencia) et prit le nom de Ángel.

Il fit la profession en 1897, la solennelle en 1900.

Il fut ordonné prêtre en 1901.

Toute sa vie, il souffrit de diverses pathologie, qu’il supporta très patiemment.

Il fut successivement professeur à Antequera, Gardien (supérieur) à Grenade, Antequera, Séville, Ubrique et Sanlúcar de Barrameda, et fut nommé provincial.

Lors des affrontements de 1936, la communauté d’Antequera fut littéralement assiégée, avec l’impossibilité de sortir, ne fût-ce que pour trouver un peu de nourriture. Les miliciens armés gardaient portes et fenêtres. Alors le père Ángel invita toute la communauté à se disposer à donner leur vie pour le Christ.

Le 6 août 1936, les miliciens forcèrent les portes et firent sortir les Religieux. Arrivés sur la place, ils furent accueillis par les cris d’une foule déchaînée qui réclamait leur mort. Cinq Religieux furent abattus sur place, dont le père Ángel.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Antoni Serra Hortal

1880-1936

 

Antoni était né le 19 décembre 1880 à Bañolas (Girona, Espagne) et fut baptisé le 21.

Il entra à Barcelone en 1894 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes dont il prit l’habit en 1897, sous le nom de Adolf Jaume. Il reçut sa formation en France et à Bujedo (Burgos).

En 1898, il commença son activité d’éducateur à Bonanova, d’où il passa à Teruel en 1907, puis à Manlleu en 1909, où il fit la profession.

En 1920 il revint un an à Teruel, et de nouveau à Bonanova.

Le frère Adolfo Jaime était très estimé des élèves, qu’il entraînait dans la vie chrétienne avec enthousiasme, les invitant à la participation fréquente aux sacrements.

En 1927, il fut directeur à Berga, une charge dont il demanda lui-même à être relevé après deux années.

En 1929 il était professeur à Condal et, à partir de 1930, procureur de Manlleu.

Au moment de la révolution espagnole de 1936, le frère Adolf se trouvait à Rosas, en visite à sa famille. Il crut bon de vite passer en France mais, malgré son passeport, il ne put franchir la frontière.

De retour à Rosas, il fut bientôt repéré par une patrouille de miliciens qui l’arrêta. Il répondit franchement qu’il habitait Manlleu et qu’il était en visite chez sa famille. Les miliciens téléphonèrent à leurs camarades de Manlleu, qui confirmèrent qu’ils recherchaient justement le Frère Adolf.

Conduit à Manlleu, Adolfo fut «pris en charge» par les miliciens : ils le dépouillèrent de tout ce qu’ils purent trouver sur lui, puis se firent remettre la valise.

Ensuite, ils le conduisirent en voiture à l’extérieur de la ville et le fusillèrent au carrefour des routes de Roda et Olot (Manlleu, Girona) le 6 août 1936. C’était la fête de la Transfiguration du Seigneur.

Son corps repose à Santa María de Corcó (Barcelone).

Il fut béatifié en 2007.

Andrés Soto Carrera

1883-1936

 

Andrés vit le jour le 29 juin 1883 à Puerto de Santa María (Séville, Espagne), de Andrés et Genoveva, qui le firent baptiser le 26 juillet avec les noms de Anastasio Andrés Marcelo Pedro Trinidad.

Il étudia au collège séraphique (franciscain) et entra chez les Capucins en 1898, avec le nom de Gil.

Il fit la profession simple en 1899, la solennelle en 1905, et fut ordonné prêtre en 1907.

Il eut plusieurs fonctions importantes, qu’il exerça avec un esprit d’obéissance totale envers les Supérieurs. Il fut professeur, aumônier, maître des novices, secrétaire provincial, définiteur provincial. Très travailleur, très effacé, il alla au-devant du martyre sans trembler.

Quand les miliciens forcèrent les portes du couvent d’Antequera et firent sortir les Religieux, il fut le premier à sortir, priant son bréviaire, et fut abattu sur la place, devant le monument à l’Immaculée, le 6 août 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José María Polo Rejón

1890-1936

 

José María Polo Rejón naquit le 28 février 1890 à Monachil (Grenade, Espagne).

Il commença le séminaire en 1904, et fut ordonné prêtre en 1918.

D’abord vicaire à Zujaira, puis à Sainte-Catherine de Loja et Sainte-Croix de Comercio, il fut curé à Domingo Pérez et enfin à Arenas del Rey, chargé de Fornes.

C’est dans cette localité que, le 6 août 1936, il souffrit le martyre.

José María Polo Rejón devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 6 août.

 

 

Josep Domènech Bonet

1892-1936

 

Josep Domènech Bonet naquit le 6 septembre 1892 à Santa Coloma de Gramenet (Barcelone, Catalogne, Espagne E)

En 1909 il entra dans l’Ordre des Capucins et, à sa profession en 1913, prit le nom de Benet de Santa Coloma de Gramenet.

En 1915 il fut ordonné prêtre.

Successivement il fut maître des novices, définiteur provincial et gardien du couvent de Manresa.

Le 22 juillet 1936, quand la révolution s’était à peine déclanchée, le couvent fut occupé et dévasté par les anarchistes marxistes. Il faut dire ici que la Catalogne est certainement la région d’Espagne qui fut la plus touchée lors de cette guerre civile.

Le couvent ayant été gravement incendié, le p.Benet pria tous les Religieux qui s’y trouvaient, de l’évacuer entièrement et d’aller chercher refuge où la Providence le leur permettrait, qui chez l’habitant, qui chez des parents, qui… à la belle étoile.

Le p.Benet trouva une maison de campagne près de Manresa ; il y fut bientôt découvert par une troupe de miliciens : on voulut le faire blasphémer, ce qu’il refusa énergiquement. On le conduisit alors au lieu-dit La Culla et fut exécuté pour sa foi à Pont de Vilamura (Manresa) le 6 août 1936.

Le père Benet devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 6 août.

 

 

Carlos López Vidal

1894-1936

 

Carlos était né à Gandía (Valencia, Espagne) le 15 novembre 1894.

C’est dans cette localité qu’il fit ses études, au collège des Pères des Ecoles Pies.

Marié avec Rosa Tarasona Ribanocha, n’ayant pas d’enfants, il fit partie de plusieurs associations pieuses. 

Particulièrement, il était le sacristain en second à la collégiale de Gandía, rendant humblement service à l’Eglise et portant volontiers secours au Prochain, quand l’occasion s’en présentait.

Fervent catholique, il fut mis en prison et martyrisé à La Pedrera de Gandía le 6 août 1936.

Ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi !

Carlos fut béatifié en 2001.

 

 

Alejandro Casares Menéndez

1897-1936

 

Alejandro vit le jour le 25 février 1897 à Chauchina (Grenade, Espagne), de José María et Modesta, qui le firent baptiser le 4 mars avec les noms de Alejandro des Sacrés Cœurs de Jésus et Marie ; il fut confirmé en 1905.

Il entra à douze ans au collège séraphique d’Antequera, entra au noviciat des Capucins, avec le nom de José, fit la première profession en 1913, la solennelle en 1916.

Il reçut les ordres sacrés jusqu’au diaconat, mais ne fut pas ordonné prêtre, en raison de problèmes nerveux.

On l’envoya au collège d’Antequera, comme professeur de littérature. Il montrait pour ses élèves un véritable amour maternel ; il avait une grande dévotion à la Vierge de Pincho, vénérée dans son village. Très serviable, on disait qu’il avait un cœur plus grand que son intelligence.

Au début des hostilités de juillet 1936, il chercha refuge chez un charpentier de l’endroit, mais revint dans le couvent pour rester avec la communauté. 

Quand les Religieux furent expulsés du couvent, il reçut la palme du martyre sur la place, le 6 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

José María Recalde Maguregui

1912-1936

 

José María vit le jour le 7 février 1912 à Galdácano (Vitoria, Espagne), de Estaban et Rosa, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1921.

Sa mère s’occupait de la chapelle Saint-Barnabé, proche de leur maison.

L’enfant reçut une bonne éducation chrétienne ; il accompagnait son père aux champs. 

Après ses études au collège séraphique d’Antequera, il commença le noviciat chez les Capucins en 1928 et prit le nom de Ignacio.

Il fit la première profession en 1929, la solennelle en 1933.

Intelligent, très doué pour les études, il fut ordonné prêtre en 1935.

On le fit professeur à Antequera, charge qu’il remplit avec total désintéressement, alors qu’il aurait pu se dédier à la musique. Il forma tout de même une chorale et une équipe de théâtre, pour la plus grande satisfaction des élèves.

Il était le plus jeune de la communauté. Le jour même de leur expulsion, Ignacio écrivit à ses parents comment il acceptait d’avance le martyre.

Sur la place, il reçut trois balles de fusil, à l’épaule, au genou et à la poitrine.

Il reçut la palme du martyre à Antequera (Málaga) le 6 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Tadeusz Dulny

1914-1942

 

Tadeusz (Thaddée) était né le 8 août 1914 à Krzczonowice (Pologne), un des huit enfants (six garçons et deux filles) de Jan et Antonina Gruszki. Il reçut le Baptême le lendemain en la paroisse de Ċmielów. 

Ces parents chrétiens surent inculquer à leurs enfants l’amour de l’Eglise, le respect des autres et la générosité. Travailleurs, ils purent recueillir suffisamment d’argent pour payer de bonnes études à leurs enfants, dont quatre fréquentèrent l’université.

Au terme de ses études à Chreptowicz et Ostrowiec, Tadeusz obtint le baccalauréat et entra au séminaire de Włocław en 1935. Il se montra acharné au travail, pour obtenir des résultats satisfaisants, créant l’admiration parmi ses compagnons. Son frère aîné Julian, en revanche, interrompit ses études de séminaire à la troisième année.

Tadeusz était un garçon modeste mais énergique, timide mais avec un sens de l’humour.

Au 1er septembre 1939, il se présenta au séminaire. Mais c’était le début de la Deuxième guerre mondiale, qui commença par l’invasion de la Pologne par les troupes nazies. Dès le mois de novembre, la police vint arrêter les séminaristes et les professeurs..

D’abord emprisonnés à Włocław, ils furent transférés le 16 janvier 1940 à Lad, dans une maison des Frères des Ecoles Chrétiennes : dans cette maison, le séminaire put se reconstituer et Tadeusz y acheva sa cinquième année de séminaire. Il était désormais tout proche de l’ordination sacerdotale.

Durant l’été, le 26 août, tous les professeurs et les séminaristes furent alors envoyés au camp de concentration de Sachsenhausen, proche de Berlin.

Le 15 décembre 1940, Tadeusz fut transféré avec d’autres au camp de Dachau, où il reçut le numéro matricule 22662.

Dans ce camp trop tristement célèbre, furent internés plus de huit cents prêtres et religieux polonais. Tadeusz, qui n’était pas encore prêtre, montra alors tout ce qu’il était capable de faire, avec un cœur incroyablement généreux, totalement oublieux de soi-même. Il sut transmettre à tous la joie de sa foi profonde, son esprit de prière ; il organisa dans le plus grand secret un groupe de prière regroupant plusieurs dizaines de prisonniers, qui se soutenaient mutuellement par la prière, la méditation, la direction spirituelle, les sacrements.

Ainsi, les prisonniers donnaient un exemple constant de patience dans l’épreuve, d’amour et de pardon envers les oppresseurs, de soutien envers les prêtres âgés et malades. 

Poussés par la faim, les détenus volaient souvent la ration des uns et des autres. Tadeusz, lui, donnait sa ration, partageait ce qu’il recevait de sa famille.

Durant une année et demie, il survécut au rythme difficile, aux travaux épuisants et aux traitements inhumains qu’il subit avec ses compagnons.

Il mourut d’inanition le 6 (ou le 7) août 1942, et son corps fut brûlé, à la veille de son vingt-huitième anniversaire.

Le Martyrologe le commémore le 6 août.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

Paul VI, pape

1963-1978

 

Giovan Battista Montini naquit le 26 septembre 1897, deuxième des trois enfants de Giorgio Montini et Giuditta Alghisi, habitants de Brescia (Italie) ; ils avaient leur villa de campagne à Concesio, où eut lieu la naissance. L’enfant était si maigre et faible, que les médecins lui donnèrent un jour de vie. Son aîné, Ludovico, fut sénateur ; le benjamin, Francesco, fut médecin.

La maman était une femme noble, délicate, mais peu expansive et un peu froide en apparence ; le père, jeune avocat, se battait contre l’anticléricalisme, et dirigea le quotidien Il Cittadino di Brescia. Très actif, il lança dans les campagnes les Ligues Blanches, fonda une maison d’éditions, fut dirigeant local de l’Action Catholique et fut trois fois élu député.

Giovan Battista reçut la Première communion et fut confirmé en 1907. Il fréquenta souvent les Bénédictins de Chiari, et reconnut que c’est là que mûrit sa vocation.

A la maison, il rencontra souvent des personnalités religieuses et politiques : don Sturzo et Romolo Murri, qui fondèrent avec Giorgio Montini le Parti Populaire Italien, ancêtre de la Démocratie Chrétienne ; et aussi Alcide De Gasperi.

Ce cadre de vie explique l’atmosphère dans laquelle l’enfant grandit, dans l’enthousiasme des idées et de l’activité de son père, mais aussi avec un caractère sévère, mélancolique, frappé par de fréquentes fièvres ; il dut être confié pendant plus d’une année à un couple de bons paysans, dans l’espoir qu’il se développerait mieux, mais Giovan Battista demeura toujours timide, hypersensible, inquiet même.

Giovanni Battista étudia chez les Jésuites, mais avec des interruptions, dues à sa santé, et obtint son baccalauréat comme candidat libre (1916), puis fréquenta le séminaire de Brescia (1916-1920) : en réalité, il dut compléter ses études à la maison, en laïc, toujours à cause de sa santé, assisté par des prêtres.

Durant cette période, Giovanni Battista lança la bibliothèque du soldat, pour envoyer aux soldats de bons livres, le magazine La Fionda, où il préconisait une université catholique ; il défendit la liberté de l’enseignement, la défense de la famille.

En 1919, il put enfin vêtir la soutane et six mois plus tard il fut ordonné prêtre, le 29 mai 1920.

En 1920 également, il passa la licence en Droit canonique à Milan et fut envoyé à Rome, où il étudia à l’Université Grégorienne et à la Faculté des Lettres La Sapienza. Il entra peu après à l’Académie des Nobles Ecclésiastiques. En 1922, il fut reçu docteur en droit canonique.

L’abbé Montini se montra brillant, facile à apprendre les langues, et fut appelé à travailler à la Secrétairerie d’Etat du Vatican. Il passa le doctorat en Théologie, le diplôme de l’Académie des Nobles, mais dut renoncer au doctorat de Lettres. Il fut envoyé étudier également à Paris et à Varsovie. Revenu à Rome, il obtint de s’occuper de la jeunesse dans le Cercle Universitaire Catholique. Les jeunes étudiants, enthousiastes, le tutoyaient, l’appelaient Gibiemme, d’après ses initiales GBM.

En 1925, il fut nommé assistant national de la Fédération Universitaire des Catholiques Italiens (FUCI) et s’engagea dans l’opposition à l’idéal fasciste qui montait alors ; c’est là qu’il rencontra et encouragea des jeunes dont les noms illustrèrent la vie politique de l’Italie : Aldo Moro, Giulio Andreotti, Amintore Fanfani, Giorgio La Pira, Guido Carli, Giuseppe Dossetti… Pour aider les étudiants à conserver une culture fondée sur la foi catholique, il fonda la maison d’édition Studium.

En 1934, il fut appelé à collaborer avec le nouveau Secrétaire d’Etat, Eugenio Pacelli (futur Pie XII) et dut quitter la FUCI. Un autre collaborateur, ancien camarade, fut Domenico Tardini : ce dernier était aussi  «conservateur» que Montini était «progressiste» et, s’ils ne furent jamais amis, collaborèrent tout de même pendant près de vingt ans.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, il eut une très importante collaboration avec le pape Pie XII. Il soutint la formation de la Démocratie Chrétienne et l’adhésion de l’Italie à l’OTAN.

En 1943 moururent ses deux parents.

En 1953, Mgr Montini fut nommé archevêque de Milan ; sa devise épiscopale fut In Nomine Domini. Il fit construire près de cent nouvelles églises dans le diocèse. En 1958, il fut créé cardinal par le pape Jean XXIII (v. 3 juin) auquel il succéda en 1963 avec le nom de Paul VI. Il était le deux-cent soixante-deuxième pape.

Son travail fut de porter le concile Vatican II à sa fin et de conduire l’Eglise dans son effort de renouveau. En novembre 1964, il proclama Marie, Mère de l’Eglise, à la suite d’une intervention dont l’initiative venait de Marthe Robin.

En 1964 encore, eut lieu la rencontre historique du pape catholique avec le patriarche orthodoxe Athénagoras 1er, à Jérusalem.

Alors que la Constitution sur la Sacrée Liturgie avait été votée à la quasi unanimité (il ne manquait que quatre voix sur les deux mille cent-cinquante-et-une), Paul VI créa la surprise en publiant en 1969 le nouvel Ordo Missæ, qui apportait de substantielles modifications au rit de la Messe et qui fit couler beaucoup d’encre.

Paul VI est à l’origine de la création du Synode, qui se réunit périodiquement pour discuter de problèmes importants de l’Eglise, et soumet au Pontife un document de base à partir duquel il est amené à prendre certaines décisions.

L’année 1968 fut aussi l’année de la Foi, pour le mille neuf-centième anniversaire du martyre de saint Pierre. En la fête de l’Apôtre, 29 juin 1968, le pape lut sa Profession de Foi, qui énonçait toute la doctrine fondamentale de l’Eglise à partir du Credo de Nicée.

Ce pape montra le zèle apostolique de l’apôtre saint Paul, en inaugurant les grands voyages pontificaux :  il se rendit en Inde (Bombay), aux Etats-Unis (ONU), au Portugal (Fatima), en Colombie (Bogotà), à Genève, en Ouganda, aux Philippines. C’est durant ce dernier voyage, que le Pape fut victime d’une tentative d’assassinat, dont il lui resta deux blessures au cou. C’est à Manille qu’il répéta la parole de l’Apôtre : Malheur à moi si je n’évangélise pas (1Co 9:16).

Paul VI eut l’initiative de proclamer deux femmes Docteurs de l’Eglise : sainte Thérèse d’Avila et sainte Catherine de Sienne (v. 15 octobre et 29 avril). C’est ce Pape qui renonça à porter la tiare pontificale, qui supprima beaucoup d’habitudes vaticanes désuètes comme la fameuse sedia gestatoria, et fit moderniser les bureaux du Vatican.

Paul VI publia huit encycliques : Ecclesiam suam (1964), Mense maio (1965, sur la dévotion mariale), Mysterium fídei (1963, sur l’Eucharistie)), Christi Matri (1966, sur la Très Sainte Vierge Marie), Populorum progresssio (1967, sur la question sociale), Sacerdotalis cælibatus (1967, sur le célibat des prêtres), Humanæ vitæ (1968, sur le respect de la vie naissante), Matrimonia mixta (1970, sur les mariages mixtes).

Paul VI eut des échardes dans sa chair (cf. 2Co 12:7) comme certaines initiatives de l’épiscopat hollandais, l’abandon de centaines de prêtres et religieux, dont il se voyait obligé de signer à contre-cœur la réduction à l’état laïc, la rébellion de l’évêque français M.Lefebvre…

Paul VI mourut à Castel Gandolfo le 6 août 1978, en la fête de la Transfiguration du Seigneur.

Il a été béatifié en 2014 et sera canonisé en 2018.

Son successeur fut Jean Paul Ier, pendant vingt-huit jours, immédiatement suivi par Jean Paul II.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens