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7 août 2020 5 07 /08 /août /2020 23:00

08 AOUT

 

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SS Eleuthère et Léonide, époux martyrs.

SS Auxiliateurs (Auxiliaires) : Acace, Barbe, Blaise, Catherine, Christophe, Cyriaque, Denis, Erasme, Eustache, Georges, Gilles, Guy, Marguerite, Pantaléon, chacun mentionné ou fêté à sa date propre dans le calendrier. 

III.

SS Secundus, Carpophorus, Victorinus et Severianus, martyrs à Albano.

IV.

SS Cyriacus, Largus, Crescentianus, Memmia, Iuliana et Smaragdus, martyrs romains.

S Marinos, vieillard d'Anazarbe, martyr à décapité puis laissé aux chiens.

S Myron, pieux époux et cultivateur en Crète, devenu évêque et mort centenaire.

V.

S Eusebio, évêque à Milan, adversaire du monophysisme aux côtés de s. Léon le Grand ; il reconstruisit la cathédrale incendiée par les Huns.

S Hormisdas, noble de Ahmadan condamné pour sa foi à paître, nu, des chameaux.

S Severus, prêtre à Vienne, venu de l'Inde.

VII.

S Liébaut, abbé à Fleury-sur-Loire (ensuite Saint-Benoît-sur-Loire).

S Mummolus, abbé à Fleury, où il ramena les reliques de s. Benoît.

Ste Sigrade, veuve retirée à Soissons, mère de s. Léger d'Autun.

VIII.

SS Ternat, Gervais et Gédéon (VII.-VIII.), évêques à Besançon.

IX.

S Aimilianos, évêque à Cyzique, exilé à cause de l'iconoclasme.

B Rathard, prêtre fondateur d'un monastère augustin à Diessen.

XI.

S Altmann, évêque à Passau, réformateur du clergé et des monastères par la lutte contre le concubinage et la simonie.

XII.

S Famiano, ermite cistercien à Gallese, né à Cologne.

XVI.

B John Felton, martyr anglais à Londres : il avait affiché la sentence d'excommunication du pape Pie V contre la reine Elisabeth ; son petit garçon, Thomas, avait alors deux ans, et subit aussi le martyre, dix-huit ans plus tard.

B John Fingley, prêtre anglais, martyr à York, béatifié en 1987.

XIX.

S Baolu Ge Tingzhu, martyr chinois laïc particulièrement lacéré, canonisé en 2000 et fêté le 9 juillet.

XX.

Ste Bonifacia Rodríguez Castro (1837-1905), vierge espagnole, fondatrice de la congrégation des Servantes de Saint Joseph, pour la formation des femmes à l'image de la sainte Famille, béatifiée en 2003, canonisée en 2011.

Bse Maria Ellen MacKillop de la Croix (1842-1909), fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur de Jésus, pour l'enseignement, première australienne béatifiée, en 1995, et canonisée en 2010.

Bse Maria Anna Rosa Caiani (Maria Margherita, 1863-1921), fondatrice des Sœurs Minimes du Sacré-Cœur, éducatrices franciscaines, béatifiée en 1989.

 

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1997 :

Laïcs : à Barbastro, Ceferino Giménez Malla (*1861) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Antonio Silvestre Moya (*1892) ;

Piaristes : près de Valencia, Nazaria Gómez Lezaun (Carmen de Saint-Philippe-Neri), Pascalina Gallén Martí (Presentación de la Sainte Famille), María Luisa Girón Romera (María Luisa de Jésus), Antonia Riba Mestres (Clemencia de Saint-Jean-Baptiste), et María Baldillou y Bullit (María de l'Enfant-Jésus (*1869, 1872, 1887, 1893, 1905) :

- béatifiés en 2007 :

Evêque : à Cuenca, Cruz Laplana Laguna (*1875), et son secrétaire, le prêtre Fernando Español Berdié (*1875) ;

Salésiens : à Madrid, le profès Nicolás de la Torre Merino (*1892) ;

Lasalliens : près de Ciudad Real, Pedro Álvarez Pérez (Felipe José, *1914) ;

Laïcs : près de Barcelone, Antero Mateo García (*1875) ;

- béatifiés en 2013 :

Mercédaires : près de Teruel, le prêtre Mariano Pina Turón (*1867) ;

Picpus : à Madrid, le prêtre Leoncio López Ramos (Eladio, *1904) ;

Séminaristes : près de Jaén, Manuel Aranda Espejo (*1906) ;

- béatifiés en 2020 :

Dominicains : près de Ciudad Real, les clercs Paulino Reoyo García, Santiago Aparicio, Ricardo López y López (*1913, 1913, 1914).

 

B Wlodzimierz Laskowski (1886-1940), prêtre polonais martyr à Gusen, béatifié en 1999.

Saints Auxiliateurs

 

Le Moyen-Age finissant honorait les Saints beaucoup plus à cause de la puissance qu’on leur prêtait qu’en raison de leurs vertus. Certains Saints auxquels on avait plus souvent recours furent groupés, honorés ensemble et très souvent représentés les uns avec les autres.

Eustache Deschamps († vers 1407) énumère dix Saints dont le secours est particulièrement efficace : 

 

Saint Denis, saint Georges, saint Blaise

Saint Christofle et aussi saint Gile,

Saincte Catherine, il vous plaise,

Saincte Marthe et saincte Christine,

Saincte Barbe et saincte Marguerite,

Avoir toujours de moi mémoire,

Ainsi comme il est chose voire (vraie)

Que Dieux à vous X octroya

Que quiconque vous requerra,

De bon cuer, par prière honneste,

En quelque péril qu’il veurra,

Dieux essaucera sa requeste.

 

Nous retrouvons huit de ces dix noms dans les quatorze Saints Auxiliaires (ou Auxiliateurs), c’est-à-dire dont on peut attendre un secours (auxilium) prompt et efficace. Leur grande vogue date seulement du 15e siècle. L’origine de cette dévotion est germanique : elle se répandit tout le long du Rhin et en Italie. En France, on ajouta la Vierge Marie et le groupe fut de quinze.

La fête était concédée en plusieurs contrées, au 8 août, au 4e dimanche après Pâques, etc… Tous ces Saints, que la légende n’a pas oubliés, sont traités à leurs jours respectifs ; rappelons seulement ici leurs emblèmes et leurs «spécialités», dans l’ordre du calendrier.

Saint Blaise (3 février) porte deux cierges croisés et guérit les maux de gorge.

Saint Georges (23 avril) : près d’un dragon qu’il a terrassé, guérit les maladies dartreuses, et protège les militaires, les boy-scouts.

Saint Acace (8 mai), couronné d’épines, est invoqué pour les maux de tête.

Saint Erasme (2 juin), qui tient ses entrailles enroulées sur un treuil, est tout indiqué pour les douleurs d’entrailles.

Saint Guy ou Vit (15 juin), est invoqué contre la «danse de saint-guy», contre l’épilepsie.

Sainte Marguerite d’Antioche (21 juillet) conduit en laisse un dragon et porte une petite croix  : elle est invoquée contre les maux de reins et par les futures mamans.

Saint Christophe (25 juillet), qui porte l’Enfant Jésus, protège les voyageurs contre la mort subite, les tempêtes ou la foudre.

Saint Pantaléon (27 juillet), aux deux mains clouées, est invoqué pour les maladies de consomption.

Le diacre saint Cyriaque (8 août) est, lui aussi, puissant contre le démon et il s’occupe des maladies des yeux.

Saint Gilles (1er septembre), accompagné d’une biche, apporte la paix aux fous et à ceux qui sont sujets à la panique ou aux frayeurs nocturnes ; on l’invoque aussi contre le cancer et la stérilité des femmes.

Le chasseur saint Eustache (20 septembre) préserve de l’incendie et du feu éternel.

Saint Denys (9 octobre) marche avec la tête dans ses mains et préserve de la possession diabolique.

Sainte Catherine d’Alexandrie (25 novembre), reconnaissable à la roue qu’elle brisa, est la «sage conseillère» des philosophes, des avocats et des penseurs ; également des vierges et des métiers liés à la roue (charrons, meuniers, tourneurs).

Sainte Barbe (4 décembre), à côté d’une tour, garantit de la foudre et de la mort subite ; elle est aussi la patronne des mathématiciens, des artilleurs et des pompiers.

 

 

Secundus, Carpophorus, Victorinus et Severianus d’Albano

† 300

 

De ces quatre illustres Martyrs, on sait fort peu de choses.

Autrefois mentionnés à Côme, on les situe aujourd’hui à Albano, sur la Via Appia, au quinzième mille de Rome.

Ils moururent peut-être à la fin du 3e ou au début du 4e siècles.

Le Martyrologe Romain les mentionne au 8 août.

 

 

Cyriacus, Largus, Crescentianus, Memmia, Iuliana, Smaragdus à Rome

† 308

 

De ces six illustres Martyrs, on sait fort peu de choses.

Ils seraient mort sur la Via Ostiense, au septième mille de Rome.

Ils moururent peut-être au début du 4e siècle.

Un récit ancien, mais apparemment peu authentique, affirmait que Cyriacus, Largus et Smaragdus cherchèrent à aider d’autres Chrétiens dans l’édification d’un palais romain ; le pape Marcel (v. 16 janvier) eut à peine le temps d’ordonner diacre Cyriacus, que les trois Compagnons furent mis en prison. Successivement, Cyriacus délivra la fille de Dioclétien, qui était possédée : il fut libéré avec ses deux Compagnons. Mais l’autre empereur, Maximien, profitant d’une absence de Dioclétien, les fit arrêter : Cyriacus eut la tête enduite de poix fondue et fut roué de coups de bâtons ; enfin ils furent tous trois décapités, avec une vingtaine d’autres, parmi lesquels les autres Martyrs nommés dans le titre : Crescentianus, Memmia et Iuliana.

Ajoutons encore que Cyriacus est invoqué pour les maladies des yeux.

Le Martyrologe Romain mentionne ces six Martyrs au 8 août.

 

 

Marinos d’Anazarbe

† 308

 

A Anazarbe de Cilicie (auj. Ağaçli, Turquie CS) vivait un vieillard nommé Marinos.

Arrêté pour sa foi chrétienne, il fut conduit à Tarse, et décapité.

Le juge ordonna d’abandonner son corps aux chiens et aux bêtes.

On situe ce martyre entre les années 303 et 311.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 8 août.

 

 

Eusebio de Milan

† 462

 

Eusebio - peut-être Eusebios, s’il était d’origine grecque - fut évêque de Milan à partir de 449.

A cette date, le pape Léon le Grand (v. 10 novembre) poursuivait, entre autres, l’hérésiarque Eutychès et sa doctrine (le monophysisme, qui prétendait qu’après l’Incarnation, il n’y avait qu’une nature dans le Christ). 

Ce pape envoya à Eusebio ses deux légats, l’évêque Abbondius de Come et le prêtre Senator de Milan, de retour de Constantinople, pour lui demander de convoquer un concile régional : les vingt évêques de la Lombardie devaient écouter le rapport des deux légats et confirmer la Lettre à Flavien, que le pape envoyait au patriarche Flavien de Constantinople.

La Lettre à Flavien est un monument de la doctrine de l’Eglise sur l’Incarnation et les deux Natures, divine et humaine, du Christ. Les évêques réunis autour d’Eusebio la signèrent tous. Ce concile de Milan se déroula donc avant le concile de Chalcédoine, qui s’ouvrit en septembre 451.

L’année suivante, Attila faisait irruption en Italie et détruisait l’église milanaise de Sainte-Thècle. Eusebio la fit reconstruire.

Un autre événement moins clair semble concerner aussi notre Eusebio. En 456, l’impopulaire empereur romain Avitus fut déposé et fut contraint, dit-on, de se faire consacrer évêque de Plaisance, par Eusebio justement. Avitus mourut l’année suivante (s’il ne fut pas assassiné).

Eusebio mourut en 462, après une douzaine d’années d’épiscopat.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 8 août.

 

 

Severus de Vienne

† 5e siècle

 

La vie de Severus est attestée historiquement, mais certains détails la rendent quelque peu fabuleuse.

Prêtre, il serait venu de l’Inde pour évangéliser la région de Vienne en Gaule. 

On lui attribua l’extinction complète du paganisme qui y sévissait encore. Il y détruisit un panthéon, un bois sacré, ce qui expliquerait qu’on l’aurait représenté tenant le démon enchaîné.

Il y aurait aussi construit une église Saint-Etienne, qui s’appela plus tard Saint-Severus.

Une date de 455 environ est avancée pour sa mort.

Saint Severus de Vienne, prêtre, est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Mummolus de Fleury-sur-Loire

† 663

 

Mummolus, qui est devenu en français Mommolin, nous serait pratiquement inconnu sans l’événement inattendu et spectaculaire du transfer des reliques de s.Benoît (v. 11 juillet).

Il fut donc le troisième abbé du monastère de Fleury-sur-Loire (Loiret), de 632 à 663.

Le fondateur de ce monastère bénédictin, s.Liébaut, était inscrit au Martyrologe le 8 août, mais n’y est pas resté dans la dernière édition.

Mummolus sachant que l’abbaye du Mont-Cassin, où se trouvaient les tombeaux de s.Benoît et de sainte Scholastique, avait été brûlée et saccagée par les Lombards en 589, décida d’y envoyer un moine pour en rapporter dans sa propre abbaye les restes des deux Fondateurs.

L’entreprise ne fut pas facile, mais réussit. Le moine chargé de cette mission s’appelait Aigulfus (v. 3 septembre) ; le voyage de retour fut miraculeusement rapide et facile (655 environ). 

Ensuite, l’histoire des reliques de s.Benoît et de sainte Scholastique comporte beaucoup d’épisodes : les reliques de sainte Scholastique arrivèrent chez les moines du Mans ; celles de s.Benoît furent déposées à Fleury, d’où furent distribuées beaucoup de parcelles de reliques : au Mont-Cassin quand l’abbaye fut relevée (752), à Pressy (887), à Montpellier (1364), au Bec (1725), en Russie (1736). Signalons que les moines du Mont Cassin ont été plutôt mécontents de ne pas pouvoir récupérer chez eux l’intégralité des reliques.

Mummolus mourut à Bordeaux, sans doute au cours d’un voyage, le 8 août 663.

Depuis l’arrivée des reliques des Fondateurs à Fleury, cette localité s’est appelée Saint-Benoît-sur-Loire.

Saint Mummolus de Fleury-sur-Loire est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emilianos de Cyzique

† 820

 

Emilianos (plus précisément Aimilianos) fut évêque sur le siège de Cyzique (Thrace, ou plutôt Mysie, act. Turquie W, sur la Mer de Marmara).

L’empereur Léon l’Arménien voulut reprendre l’iconoclasme et convoqua une réunion d’évêques dans son palais de Constantinople. Emilianos était convoqué, mais il eut la sainte audace de faire remarquer que, la question relevant de la théologie, donc de l’Eglise, il fallait se réunir dans une église et non dans un palais.

Il n’en fallait pas davantage pour irriter l’empereur : ordre fut donné de faire exiler l’évêque (815).

On ne nous dit pas en quelle contrée se fit cet exil, ni à quelle date précise Emilianos y mourut. Ceux qui donnent l’année 820 pour la date possible de sa mort, présument que, l’empereur étant mort en 820, et l’évêque n’ayant pas repris son siège après cette date, il avait dû mourir au plus tard en 820.

Saint Emilianos de Cyzique est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Altmann de Passau

1015-1091

 

Altmann vit le jour vers 1015 en Westphalie (Allemagne W), dans une famille de la haute noblesse.

Il fréquenta la Sorbonne de Paris, l’école-cathédrale de Paderborn, dont il devint professeur.

Il devint prévôt du chapître d’Aix-la-Chapelle et chapelain de l’empereur à Goslar.

En 1065, il fut nommé évêque de Passau, sur instigation de l’impératrice ; mais Altmann n’était pas en Allemagne à ce moment-là : il revenait d’un pèlerinage aux Lieux saints, et fut accueilli en Hongrie par une délégation impériale. Il fut consacré à Salzburg, par un de ses confrères de Paris, Gebhard (v. 27 août).

Altmann alors voua toute son énergie à la réforme du clergé, souvent simoniaque et concubinaire, et publia officiellement les décisions du pape Grégoire VII ; il fonda le monastère de Göttweig, en réforma d’autres.

L’empereur Henri IV, frappé d’excommunication, se vengea sur Altmann et l’exila après avoir détruit la ville de Passau (1077-1078). Altmann se réfugia à Rome : le pape le nomma son Délégué apostolique pour l’Allemagne. Il put rentrer dans son diocèse en 1081, mais pour peu de temps et dut se retirer en 1085 dans son monastère de Göttweig.

Il mourut en cette situation, en 1091.

Saint Altmann de Passau est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Famiano de Gallese

1090-1150

 

Famiano aurait d’abord reçu le nom de Quardo (Wardo, Suardus), dérivé de Gerhard. Il serait né vers 1090 à Cologne (Allemagne) de Gottschalk et Guimara, détail qui pourrait faire supposer que cette dernière était d’origine espagnole.

A dix-huit ans, donc en 1108, Famiano entreprit des pèlerinages qui le conduisirent à Rome (1114), à Compostelle (1118).

La date de son arrivée à Rome, 1114, laisse supposer qu’il s’arrêta beaucoup en chemin, en quelque monastère ou sanctuaire, où il s’offrit à d’humbles travaux pour mériter son pain.

Après Compostelle, Famiano s’arrêta pendant un quart de siècle dans le nord de l’Espagne, près de la rivière Minon. Il y vécut en ermite puis, en 1144, finit par entrer dans le tout nouveau monastère cistercien d’Oseira, où l’abbé, vu la situation, fit faire à Famiano un noviciat spécial, dans une petite cellule peu distante du monastère, pour préserver la solitude de Famiano.

En 1146, Famiano émit les vœux de religion et fut ordonné prêtre.

Et le revoilà parti en pèlerinage, pour la Terre sainte cette fois-ci, dont il revint trois ans plus tard. 

D’après la «tradition», Famiano s’arrêta à Rome, où il eut une vision des Apôtres Pierre et Paul ; ils l’invitaient à s’arrêter à Gallese : cette localité se trouve dans la région de Viterbe (Latium) et y vit naître le futur pape Marinus Ier, qui régna deux ans de 882 à 884.

La même tradition rapporte que Famiano fit naître une source en frappant la roche de son bâton, comme le fit Moïse (Ex 17:1-7).

C’est finalement à Gallese qu’il mourut, en ou vers 1150.

Dès 1154, le pape le canonisa : c’était le premier Cistercien canonisé.

Des miracles retentissants eurent lieu sur son tombeau, comme la guérison de deux sourds, et c’est ce qui aurait généré le surnom de Famiano, c’est-à-dire celui qui a une grande renommée.

En 1285, une basilique fut élevée à l’endroit de son tombeau au-dessus de la grotte où il vécut, l’autre qu’on appelle San Famiano a Lungo, à l’endroit de la source qu’il fit jaillir.

 

Saint Famiano de Gallese est commémoré le 8 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

John Felton

 † 1570

 

Tout ce qu’on sait de lui provient d’un récit écrit par sa fille Frances Salisbury, qui toutefois ne mentionne pas son âge.

John était d’une vieille famille du Norfolk, et vivait à Bermondsey Abbey près de Southwark. Il était “de petite stature et de teint foncé”.

Son épouse était une amie de la reine Elizabeth I, dame d’honneur de la reine Mary et veuve d’un des commissaires aux comptes de la reine Mary. 

John Felton eut l’audace d’afficher à la porte de l’évêché de Londres une copie de la bulle papale qui excommuniait Elizabeth I et déliait ses sujets de toute allégeance envers elle. La bulle n’avait pas encore été promulguée en Angleterre. Après sa promulgation, le complot de Ridolfi devait pousser le duc de Norfolk à enlever (ou assassiner) la reine Elizabeth, et installer sur le trône Mary, reine d’Ecosse : en épousant cette dernière, il devenait roi de facto. Le complot échoua, le duc de Norfolk fut emprisonné à la Tour de Londres et exécuté en 1572.

John, lui, s’était procuré la bulle papale à Calais et l’avait donc affichée à la porte de l’évêché au petit matin de la Fête-Dieu, le 24 mai 1570. Il en avait donné un autre exemplaire à un ami, William Mellowes. C’est ce dernier qui, sous la torture, donna le nom de John. On l’arrêta le 26 mai.

Il reconnut d’emblée son acte et proclama que la reine ne devait pas être reine d’Angleterre ; on le tortura pour l’obliger à “avouer” l’implication de Guerau de Spes, ambassadeur d’Espagne.

John fut condamné à mort le 4 août, et exécuté le 8 dans le cimetière Saint-Paul. En chemin, il récitait les psaumes de la pénitence. L’échafaud était dressé en face de la porte sur laquelle avait été apposée la bulle ; le condamné eut un frisson d’effroi, tout de suite dominé, et déclara : C’est moi qui ai affiché ici la lettre du pape contre la prétendue reine ! Et maintenant, je suis prêt à mourir pour la foi catholique. En loyal sujet, il retira de son doigt un anneau qu’il destina à Elizabeth. Puis il récita à genoux un Miserere et, après avoir recommandé son âme à Dieu, il s’abandonna au bourreau.

On reste dans l’admiration de voir ce gentilhomme laïc savoir par-cœur les psaumes.

La pendaison n’avait pas encore totalement retiré la vie au condamné : on le remit sur pied, et il fut dépecé vif ; sa fille raconte qu’il prononça une ou deux fois le saint nom de Jésus pendant que le bourreau lui arrachait le cœur avec ses mains. 

John Felton fut béatifié en 1886.

Son petit garçon, Thomas, n’avait que deux ans au moment de ce martyre, et subit à son tour le martyre dix-huit ans plus tard. Le bienheureux Thomas Felton est mentionné au Martyrologe le 28 août, vingt jours après son père, qui est au 8 août.

 

 

John Fingley

1553-1586

 

John Fingley (ou Finglow) était né vers 1553 à Barnby (Howden, Yorkshire), de John et Elizabeth.

Il était inscrit au Caius College de Cambridge en 1573 et travailla comme domestique pour payer ses études.

En 1580 il passa au Collège anglais de Reims et fut ordonné prêtre en 1581. Le mois suivant, il se trouvait en Angleterre.

Il put exercer le saint ministère pendant quelque temps dans le nord de l’Angleterre.

Arrêté, il fut confiné à Ousebridge Kidcote. Un jeune prisonnier, qui occupait une cellule au-dessus de celle de John, réussit à ouvrir un peu le sol, pour faire passer de la lumière dans sa cellule. 

Cité en jugement, John fut accusé d’être un prêtre catholique et d’avoir fait passer des Anglais dans l’Eglise catholique.

Ces «crimes» très graves, classés comme «haute trahison», furent punis de la peine de mort : John fut pendu, éviscéré et écartelé à York, le 8 août 1586.

Il a été béatifié en 1987.

 

NB. Un laïc, Robert Bickerdike (ou Bickendike), fut martyrisé dans les mêmes conditions, mais à une date incertaine. Voir au 23 juillet.

 

 

Baolu Ge Tingzhu

1839-1900

 

Baolu (Paulus) Ge Tingzhu, né vers 1839 à Xiaotun (Shenzhou, Hebei), reçut le martyre au même endroit le 8 août 1900.

Il a été béatifié en 1946 et canonisé en 2000.

 

 

Bonifacia Rodríguez Castro

1837-1905

 

Elle naît le 6 juin 1837 à Salamanque (Espagne), aînée de six enfants d’une famille très chrétienne. Son père, Juan, est un artisan tailleur. A la mort de celui-ci, Bonifacia doit aider sa mère, María Natalia.

Elle a alors 15 ans, elle doit travailler dans la passementerie à laquelle elle s’est initiée. 

Très vite, Bonifacia expérimente les dures conditions de la femme travailleuse à cette époque : horaires épuisants et maigre salaire. Elle monte son propre atelier de passementerie où elle travaille avec le plus grand recueillement, imitant la vie cachée de la Sainte Famille de Nazareth. A partir de 1865, sa mère, qui a perdu tous ses autres enfants sauf une fille qui s’est mariée, travaille aussi dans l’atelier de Bonifacia. Elles mènent toutes les deux une vie de grande piété. 

Bonifacia nourrit un amour de prédilection pour la Vierge Marie Immaculée, dogme récemment promulgué (1854), ainsi que pour saint Joseph que Léon XIII déclare Patron de l’Église universelle (1870). Un groupe de jeunes filles, amies de Bonifacia, se joint à elle, attirées par le témoignage de sa vie. Elles se réunissent dans sa maison-atelier, spécialement les soirées de dimanches et jours de fête, pour se libérer des amusements dangereux qui les guettent. Elles décident ensemble de faire une Association de l’Immaculée et de Saint Joseph qu’elles nomment ensuite Association Joséphine.

Bonifacia, qui se sent appelée à la vie religieuse, songe à entrer dans un couvent de dominicaines à Salamanque. C’est alors qu’elle rencontre un jésuite, le Père Francisco Javier Butinyà qui l’en dissuade. Lui aussi est dévoré d’un grand zèle apostolique pour le monde des travailleurs. Il est en train d’écrire un livre intitulé : La lumière de l’artisan, ou, collection de vies d’illustres fidèles qui se sont sanctifiés dans des professions humbles. 

Le Père pense à une nouvelle Congrégation féminine qui servirait à protéger les femmes travailleuses par le moyen de femmes travailleuses. Il propose à Bonifacia d’en être la cofondatrice avec lui. Ce projet reçoit le soutien enthousiaste de l’évêque de Salamanque, Mgr Lluch y Garriga, qui promulgue le décret d’érection de l’Institut, dénommé Congrégation des Servantes de Saint Joseph (janvier 1874). Son but est de rendre sa dignité à la femme pauvre sans travail en la préservant du danger de se perdre. Quant au Père Butinyà, il pense qu’il faut sanctifier le travail en l’unissant à la prière. « Ainsi, écrit-il, la prière ne sera pas un obstacle pour le travail, ni le travail ne vous enlèvera le recueillement de la prière. » 

Bonifacia fait donc sa fondation avec six autres compagnes…dont sa mère. Leur résidence n’est autre que leur atelier. En somme, elles avaient l’intuition implicite que la société est parfois tentée de tout convertir en marchandise et en gain, en mettant de côté les valeurs et la dignité qui n’ont pas de prix (Jean Paul II – homélie de béatification). Or, la personne qui est l’image et la demeure de Dieu doit être protégée (…) quelle que soit sa condition sociale ou son activité professionnelle (Ibid). 

La vie d’un travailleur vaut plus que tout l’or du monde, dira plus tard Mgr Cardjin, fondateur de la J.O.C. C’est vrai, mais cela ne se disait pas à l’époque, du moins dans ces termes-là, et, d’autre part, le projet de vie de Bonifacia paraissait trop audacieux. Aussi rencontre-t-il immédiatement l’opposition du clergé séculier de Salamanque. Le Père Butinyà, avec tous les jésuites, est exilé hors d’Espagne et l’évêque, transféré à Barcelone.

Les directeurs de la Communauté nommés par le nouvel évêque sèment imprudemment la désunion entre les sœurs. Bonifacia, la fondatrice, s’emploie à défendre le charisme de son Institut, mais on profite d’un voyage qu’elle entreprend à Gérone pour la destituer. S’ensuivent humiliations et calomnies. Sa seule réponse est le silence, l’humilité et le pardon. Puis elle obtient d’aller fonder un nouvel Atelier à Zamora où elle peut vivre son idéal (25 juillet 1883). 

Mais, quand arrive l’approbation pontificale de Léon XIII aux Servantes de Saint Joseph (1er juillet 1901), la maison de Zamora en est exclue. Malgré tout, Bonifacia, poussée par son désir de communion, décide d’aller voir ses sœurs de Salamanque, mais, quand elle arrive à la maison de Sainte Thérèse, on lui dit : Nous avons reçu l’ordre de ne pas vous accueillir. 

Le cœur transpercé, elle revient à Zamora, consciente qu’elle ne reverra plus jamais Salamanque, mais avec la certitude que la réunification de la Communauté se fera après sa mort. 

Bonifacia meurt le 8 août 1905.

Effectivement, la maison de Zamora s’unit au reste de la Congrégation le 23 janvier 1907. 

De nos jours, les Servantes de Saint Joseph poursuivent l’œuvre (de leur fondatrice) dans le monde avec simplicité, joie et abnégation. (Jean-Paul II).

Béatifiée en 2003, Bonifacia est canonisée en 2011. Elle sera inscrite au Martyrologe le 8 août, dans une prochaine édition mise à jour.

Maria Ellen MacKillop

1842-1909

 

Née le 15 janvier 1842 à Fitzroy (Melbourne, Australie), Mary était la fille aînée de Alexander et Flora MacDonald, des Irlandais émigrés en Australie.

Alexander avait étudié dans un séminaire romain, mais n’était pas arrivé au sacerdoce et partit pour Sydney en 1838. Son épouse arriva à Melbourne en 1840. Ils se rencontrèrent cette année-là et se marièrent. 

Le premier de leurs huit enfants fut Marie Ellen, qui fut baptisée six semaines après sa naissance, avec le nom «officiel» de Marie Ellen, même si on l’appela toujours Mary. Les autres enfants furent : Maggie, John, Alick (qui mourut à onze mois), Annie, Lexie (future religieuse), Donald (futur jésuite) et Peter.

Alexander, qui ne réussit pas dans les affaires, s’occupa de son éducation à la maison, et l’inscrivit dans des écoles privées. Toute petite, Mary entendit déjà l’appel de Dieu. En réalité, sa vie fut balisée par de douloureuses croix.

En 1847, son cher grand-père se noya. 

Pour aider sa famille, Marie Ellen travailla comme nurse et comme secrétaire, encore toute jeune. Puis elle enseigna à Melbourne, à Portland : elle avait juste vingt ans !

Elle ouvrit alors chez elle un «séminaire pour jeune femmes».

Dans sa paroisse, on la connaissait pour son activité inlassable, pour le temps qu’elle passait en prière, surtout avant de prendre une décision.

Elle sentait l’appel à la vie religieuse, mais se voyait obligée de travailler pour aider sa famille. Un pénible scandale, issu de la jalousie, l’obligea à revenir chez elle, alors qu’elle était parfaitement innocente.

Mary était déjà une femme forte, pragmatique, généreuse, outre qu’une cavalière hors classe ! En 1860, avec sa sœur Annie, elle partit pour Penola, dans le sud de l’Australie, où la rencontre d’un prêtre, Julian Tennison Woods, l’amena à ouvrir une école catholique privée, pour les pauvres. 

Ainsi commença en 1866 la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur, la seconde en Australie. Son but était d’abord l’éducation des enfants pauvres dans les régions éloignées, origine du quatrième vœu des Religieuses : aimer Jésus dans le cœur des enfants. 

Mary fit sa profession en 1867, la même année où le père Tennison Woods était nommé directeur de l’éducation catholique pour l’Australie du sud. 

Cette année-là aussi mourut son frère John, de vingt-deux ans, d’une chute de cheval.

L’approbation diocésaine arriva en 1868. Six ans plus tard, l’approbation du Vatican : Mary, qui s’appelait désormais Mary de la Croix, se trouvait à la tête d’une congrégation qui se développait très rapidement.

Mary voulait conserver une certaine indépendance, pour maintenir l’esprit apostolique de ces écoles, mais comme cela arrive très fréquemment, des bruits circulèrent, des jalousies montèrent dans le cœur des prêtres, l’évêque fut alerté… et excommunia Mary en 1871. Mary était comme anéantie, mais espérait fermement en un signe de Dieu : l’évêque en effet comprit le non-fondement des accusations contre Marie, lui demanda pardon et la réadmit pleinement dans l’Eglise.

En 1872, mourut sa sœur Maggie, de vingt-neuf ans, d’une fièvre rhumatismale.

Mary fut reçue par le pape en 1873 ; elle parcourut l’Angleterre, l’Irlande, l’Ecosse, pour trouver les fonds nécessaires à son œuvre.

En 1875, elle fut élue supérieure de la congrégation.

En 1882, vingt-deux maisons et écoles étaient déjà fondées : Adelong, Taralga, Temora, Tumbarumba, Narrandera, Holbrook, Binalong, pour n’en citer que quelques-unes ; en peu de temps, Mère Mary de la Croix devait diriger environ soixante-dix écoles.

En 1886, c’est sa mère qui mourut lors d’un naufrage, alors qu’elle voyageait pour aller voir sa fille.

Elle passa les dernières années de sa vie à visiter inlassablement les maisons, cherchant en particulier à améliorer les conditions de vie des Aborigènes.

On a conservé plus d’un millier de ses lettres, qui montrent son esprit apostolique et organisateur.

En 1902 Mère Mary de la Croix eut une première attaque cardiaque, qui la laissa handicapée.  Elle mourut d’un arrêt cardiaque à Sydney, le 8 août 1909.

Elle fut béatifiée en 1995 et canonisée en 2010. C’est la première Australienne canonisée et elle a été choisie comme Patronne céleste de son pays.

Les Religieuses continuent aujourd’hui à répandre le bien, en Australie, en Nouvelle Zélande et au Pérou. Elles étaient un millier dès la mort de la Fondatrice, œuvrant dans les hôpitaux, les orphelinats, les missions chez les Aborigènes, et en général là où le besoin s’en faisait sentir.

 

 

Maria Anna Rosa Caiani

1863-1921

 

Née le 2 novembre 1863 à Poggio a Caiano (Prato, Italie), Maria Anna était le troisième des cinq enfants de Jacopo et Luisa Fortini. Le papa était forgeron, la famille très chrétienne.

Marianna, comme on l’appelait, reçut une excellente éducation, pleine de foi, mais aussi d’épreuves.

Elle reçut la Première communion à dix ans, et s’engagea toujours davantage dans les activités paroissiales, au point d’être surnommée l’aumônier de Poggio a Caiano.

Le fils cadet, Gustavo, mourut à onze ans, des suites d’une fracture de la hanche qui le rendit infirme pendant sept années. C’est Marianna qui le soignait et consolait. 

C’est ainsi qu’à seize ans elle commença à s’occuper des malades de son pays, répandant partout son esprit lumineux, et recevant aussi, à l’occasion, quelques humiliations cuisantes, par exemple ce crachat qu’on lui envoya à son arrivée auprès d’un moribond, et qu’elle considéra toujours comme une perle que lui avait offerte le Seigneur.

Peu après, en 1884, c’est Jacopo qui mourut subitement, ainsi que la maman, six ans après, en 1890. Marianna vint aider son frère Osea dans sa boutique de tabac. Elle était seule à la maison, car tous ses frères et sœurs étaient désormais mariés.

Elle fit en 1893 une première expérience chez les Bénédictines de Pistoia, où elle comprit qu’elle n’était pas faite pour la clôture monastique, mais bien plutôt pour les petites gens.

Voulant sortir du monastère après seulement un mois, elle en fut littéralement bannie par l’aumônier, qui la traita de sainte folle, tandis que son frère Osea l’obligeait à manger seule dans sa chambre.

De retour à Poggio a Caiano, elle reçut la suggestion d’un bon père Capucin de faire de l’apostolat sur place, tandis que les mamans du pays lui demandaient d’accueillir les enfants pour leur faire l’école et leur enseigner le catéchisme.

En 1894, avec quelques compagnes, elle ouvrit une petite école, avec l’approbation de l’évêque. Les petites élèves furent bientôt nombreuses ; Marianna, aidée par des bienfaiteurs, acheta une plus grande maison, en 1900, méchamment critiquée par les gens de son pays, qui ironisaient en disant qu’elle voulait construire un couvent avec des «Gloire au Père», alors qu’elle n’en avait pas même l’idée. C’est le nouveau curé qui, en arrivant à Poggio, fut chargé de diriger cette nouvelle association.

Marianna n’avait pas la formation nécessaire pour assumer efficacement un tel enseignement. Dieu y pourvut en lui envoyant une ex-religieuse, dont l’expérience antécédente se montra salutaire pour le nouvel Institut.

En 1901, l’évêque tenta de réunir ces pieuses dames à un Institut récent (les Sœurs Carmélites de Campi Bisenzio), mais l’expérience ne réussit pas, et Marianna fut plus convaincue que jamais de sa vocation propre.

En 1902, les cinq Consœurs décidèrent de prendre un habit religieux, sous la direction de Marianna, devenue alors Maria Margherita, en référence à la Religieuse visitandine de Paray-le-Monial.

Marianna aimait particulièrement la prière en commun et savait par-cœur les deux hymnes au Saint-Esprit (Veni, Creator et Veni, Sancte Spiritus), qu’elle chantait fréquemment durant la journée. Encore maintenant, les Religieuses chantent à neuf heures du matin le Veni, Creator.

En 1905, elles firent les premiers vœux. En 1907, leur Institut prit le nom de Sœurs Minimes du Sacré-Cœur.

La Mère Maria Margherita continua de diriger son œuvre au milieu de mille difficultés et mille contradictions ; des courants opposés s’élevèrent parmi les Religieuses, des protestations, des bavardages, des maladresses des prêtres… à un degré tel qu’il ne fut pas difficile de proclamer l’héroïcité de ses vertus.

A partir de 1915, Mère Maria Margherita commença à faire des malaises, qui furent mal diagnostiqués et soignés ; elle vomissait tout ce qu’elle avalait ; elle eut probablement un cancer du foie. Pour compléter le tableau de la situation, on l’envoya contre son gré se faire soigner dans la maison de soins qu’elle avait ouverte en 1919, assistée par une «infirmière» qui précédemment lui avait causé beaucoup de tristesses.

C’est là qu’elle mourut, le 8 août 1921. On dit que son corps est resté incorrompu. 

Elle a été béatifiée en 1989.

L’institut, agrégé à l’Ordre franciscain, fut appelé à œuvrer dans les environs de Poggio, puis à s’étendre, jusqu’aux hôpitaux militaires de Milan et Florence, pour arriver bientôt à treize maisons et une bonne centaine de Religieuses, qui ensuite rejoignirent l’Egypte, Israël, le Brésil, le Sri Lanka.

Ceferino Giménez Malla

1861-1936

 

Si les Gitans n’ont pas toujours bonne réputation dans notre société, le cas de Ceferino pourra nous aider à redresser notre jugement.

Ce Gitan espagnol naquit le 24 août 1861 à Benavent de Segriá (Lérida, Espagne) et vécut en nomade pendant quarante ans. Il était surnommé El Pelé.

Encore adolescent il se maria, mais n’eut jamais d’enfants. Ayant décidé de se fixer à Barbastro, il contracta son mariage à l’église avec Teresa Giménez, en 1912. Ils accueillirent chez eux Pepita, la nièce de Teresa. Teresa mourut en 1922.

Il gagnait sa vie en vendant des bêtes et en confectionnant des articles en osier.

Injustement accusé un jour de vol, il fut mis en prison, et finalement déclaré innocent.

Chrétien, il restait en contact avec le monde gitan et se mit à enseigner le catéchisme aux jeunes roms, lisant la Bible, priant chaque jour, recourant lui-même aux conseils et aux explications d’un prêtre. 

On recourait à son jugement pour arbitrer des différends et il savait imposer des décisions qui maintenaient la paix dans la communauté.

En 1926, il entra dans le Tiers-Ordre franciscain, participa à la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, s’inscrivit dans les rangs des adorateurs nocturnes, participait souvent à la sainte Messe et priait le chapelet.

Lors de la guerre civile de 1936, il prit ouvertement la défense d’un prêtre que des miliciens étaient en train de frapper à coups de crosse de fusil. Arrêté à son tour, il fut condamné à mort. Des personnes qui le connaissaient bien, lui offrirent de le sauver s’il acceptait de retirer son chapelet. Mais Ceferino refusa, bien conscient qu’on allait le faire mourir.

Il fut conduit au cimetière de Barbastro. On lui demanda s’il avait une arme : il sortit son chapelet. On le fusilla ; il tomba, avec son chapelet en mains, après avoir crié Vive le Christ Roi.

C’était le 9 (ou le 8) août 1936. Son corps, jeté dans la fosse commune, n’a pas pu être identifié par la suite.

Reconnu martyr, il fut béatifié en 1997.

Le Martyrologe romain le mentionne au 2 août.

 

 

Mariano Pina Turón

1867-1936

 

Il vit le jour le 13 avril 1867 à Híjar (Teruel, Espagne), de Antonio et Antonia, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Dans sa famille et dans son pays, il reçut une formation de foi, de travail, qui en firent un garçon excellent, honnête, humble et aimable.

Au retour de son service militaire, il expliqua à sa chère fiancée que Dieu l'appelait à être religieux, et proposa à la jeune fille d'être elle aussi moniale. Mais cette dernière n'en ressentait pas la vocation.

Mariano, lui, persévéra dans son attitude. Bientôt, il rejoignit le couvent des Mercédaires à El Olivar, accompagné par son père.

Il fut vêtu en 1888, entra au noviciat et étudia le latin et la philosophie.

En 1892, il fit la profession solennelle et, au terme des études théologiques à Lleida, fut ordonné prêtre en 1896.

Deux ans après son ordination, il fut nommé maître des novices à El Olivar, où il fut supérieur dès 1899.

Son activité se développa principalement entre Lleida, San Ramón, El Olivar, où il fut tour à tour maître des novices et supérieur.

A Borges Blanques, il ouvrit un collège ; à El Olivar, une école pour les enfants.

Ce n'était pas un homme intellectuel, mais un saint prêtre plein de bonté. L'affection reconnaissante et respectueuse que tous avaient pour lui se traduisit par le surnom de grand-père qu'on lui donna, tant de la part des élèves que des confrères.

Le 25 juillet 1936, il célébra la fête de saint Jacques Apôtre à Crivilén, où il demeura après la fête. Des bruits alarmants circulaient et l'on proposa au père de le cacher ; il ne voyait pas le danger, il continuait de se montrer comme d'habitude.

Le 1er août, malade, il vint à El Olivar pour se reposer ; le médecin qu'on appela pour lui voulait l'emmener chez lui à Estercuel, tandis que les autres Religieux allaient se disperser ; finalement, il fut hébergé chez des parents d'élèves, où il organisait la prière avec une sérénité constante. Les miliciens se montrèrent implacables et menaçants : il fallait faire sortir le père Mariano d'Estercuel.

La nuit du 5 au 6 août, on le mit sur un cheval, on l'emmena à Alcaine, où il fut reçu par un ami qui lui donna à manger et où il put se reposer toute la journée. 

Le 7 août, il partit vers Muniesa, mais se replia vers le moulin de Alacón. On lui donna par une fenêtre de quoi manger et boire, ainsi qu'une couverture pour dormir. Le Père remercia en disant combien il désirait mourir martyr.

Au matin du 8 août, il laissa à la porte la cruche d'eau et la couverture ; d'autres amis le reçurent ; il alla s'acheter des sandales, car il était presque pieds nus. Au moment où il essayait les chaussures, des individus armés lui tombèrent dessus, le chassèrent, le brutalisèrent, l'emmenèrent au Comité puis à la gare de Muniesa. On le menaça de mort, il répondit : Quand vous voudrez, Messieurs.

On l'emmena à quelques centaines de mètres de la gare, où on lui tira d'abord dans les jambes, pour le faire souffrir davantage, puis on lui donna le coup de grâce. C'était le 8 août 1936.

Le père Mariano avait soixante-neuf ans. Il fut béatifié en 2013.

 

 

Nazaria Gómez Lezaun

1869-1936

 

Née à Eulz (Navarre) le 27 juillet 1869, Nazaria entra dans la congrégation des Ecoles Pies en 1895, au noviciat de Carabanchel (Madrid).

Au jour de sa profession, elle prit le nom de Carmela de Saint-Filippo-Neri.

Pendant quarante-et-un ans elle fut la portière du collège de Valencia.

Elle et ses quatre compagnes quittèrent le collège le 22 juillet 1936, et cherchèrent refuge chez le chauffeur du collège. Les Religieuses auraient même été sept ou huit.

Le 8 août suivant, à cinq heures du matin, la maison fut assaillie : on dit aux Religieuses qu’elles avaient été dénoncées et qu’elles devaient aller se faire enregistrer au gouvernement civil.

Une voiture les attendait à la porte. Comme les sept (ou huit) Religieuses ne pouvaient pas toutes monter dans la voiture, on n’en prit que cinq. La voiture, au lieu de se rendre au siège du «gouvernement», partit sur la plage du Saler de Valencia, où les cinq Religieuses furent fusillées.

C’était le 8 août 1936.

Les cinq Religieuses furent béatifiées en 2001.

 

 

Pascalina Gallén Martí

1872-1936

 

Née à Morella (Castellón) le 20 novembre 1872, Pascuala (ou Pascalina) avait trois sœurs, et toutes quatre furent Religieuses, une chez les Filles de la Charité, les trois autres aux Ecoles Pies. Pascalina y entra avec sa sœur Josefa en 1890.

Elles firent le noviciat à San Martín de Provensals (Barcelone). 

Au jour de sa profession (1892), Pascalina prit le nom de Presentación de la Sainte Famille (Ici, les notices perdent de vue l’autre sœur, Josefa).

Après sept années à Olesa de Montserrat, Pascalina vécut au collège de Valencia à partir de 1899.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Antero Mateo García

1875-1936

 

Parmi les quelque dix-mille Martyrs qui versèrent leur sang pour leur foi lors de la révolution espagnole de 1936, il n’y eut pas que des prêtres et des religieux. 

Il y eut des laïcs. L’un de ceux-là fut notre Antero, né le 4 mars 1875, baptisé deux jours après avec les noms de Antero, Marcelino Lucio, et confirmé en 1887. C’était l’aîné d’une fratrie de neuf enfants.

En 1902, il épousa Manuela Trabadelo Malagón, avec laquelle il eut huit enfants, dont un Dominicain et une Carmélite déchaussée.

Il était né à Valdevimbre (León) ; avec son épouse, il vécut à Cembranos (León), mais dut s’installer ensuite à Barcelone en 1916, où il fut employé des chemins de fer du Nord.

Les deux époux furent membres du Tiers-Ordre dominicain ; Antero participa à l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement ; il participa aux pèlerinages de malades à Lourdes, où il fut brancardier. A Barcelone, il prenait aussi du temps pour visiter des malades.

En juillet 1936, on vint fouiller chez lui. Il devait certainement avoir quelques images pieuses et quelques crucifix à ses murs…

Toujours est-il que le 6 août, il vint attendre en gare son épouse, sa fille carmélite et quelques autres religieuses en provenance de Valencia. On l’arrêta ; au bout de quelques heures, sa famille obtint sa libération.

Il reçut l’ordre de rejoindre son travail habituel à la gare du Nord, mais le 8 août, il ne revint pas au foyer.

A la tombée de la nuit, des miliciens vinrent le tirer brutalement de l’endroit où il travaillait, le conduisirent à Sant Andreu de Palomar (Barcelone) et, sous le pont du Dragón, le fusillèrent pour sa foi courageuse.

Ce 8 août 1936, Antero recevait la récompense éternelle de sa fidélité au Christ.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Cruz Laplana Laguna

1875-1936

 

Né à Casa Alonso de Plan (Huesca) le 3 mai 1875, le petit garçon reçut le nom de Cruz (Croix), car on fêtait alors ce jour-là l’Invention de la Sainte Croix.

A onze ans, il entra au séminaire de Barbastro, qu’il compléta par trois années de Droit canonique et une de Théologie à l’Université Pontificale de Saragosse.

Il fut ordonné prêtre en 1898.

Vicaire à Caspe, curé à San Gil, il enseigna au Grand séminaire de Saragosse entre 1902 et 1912.

En 1921, il fut nommé évêque de Cuenca. 

Il vécut sobrement, ne prit jamais une glace ou un café, qu’il aimait pourtant beaucoup, et refusa d’avoir une voiture personnelle.

Au début de la guerre civile, le 20 juillet 1936, une bombe explosa à la porte de l’évêché. Le 28 juillet, l’évêque fut contraint d’abandonner sa résidence, en compagnie de son domestique (et frère) Manuel Laplana et de son secrétaire, don Fernando Español. 

Des miliciens les firent monter dans un autobus, qui se dirigea vers la carrière de Villar de Olalla.

En montant, l’évêque dit : S’il est vrai que je meure pour l’Espagne, je meurs volontiers. Je suis déjà préparé et je me suis confessé.

On fit descendre le prélat et son secrétaire. 

L’évêque s’adressa aux miliciens : Vous croyez qu’il n’y a pas de Ciel ? Vous croyez qu’il n’y a pas d’Enfer ? Il y a un Ciel, un Enfer, mes enfants ! Vous pouvez me tuer : je vous laisse mon corps, mais mon âme ira au Ciel. 

Il leva la main pour donner sa bénédiction, en disant : Je vous pardonne. Du ciel, je prierai pour vous.

Une balle lui traversa la main et se logea dans sa tempe. Il mourut ainsi, en soutane, portant les insignes épiscopaux, vu que, au moment de l’arrestation, il avait fermement refusé de s’habiller en paysan. Les bourreaux s’acharnèrent à le défigurer sauvagement.

Furent aussi abattus son frère et son secrétaire. On les mit dans une fosse commune. C’était le 8 août, peu après minuit.

Mgr Cruz Laplana Laguna et don Fernando Español Berdié furent béatifiés en 2007.

Fernando Español Berdié

1875-1936

 

Il vit le jour à Anciles (Huesca, Espagne) le 11 octobre 1875 et fut baptisé le 16. Il était l'un des cinq enfants de José et Constantina, dont deux filles furent ensuite Adoratrices.

Après le baccalauréat à Huesca, il prépara d'abord une licence de droit à l'université de Saragosse, et allait commencer une belle carrière d'avocat ; mais il entra au séminaire de Barbastro, où il fut dispensé de certaines matières, au profit du latin et de la théologie.

Ordonné prêtre en 1901, il préféra la charge d'âmes à l'enseignement au séminaire, et fut curé à Gruslau (Grau, Huesca).

Quand Mgr Laplana y Laplana fut nommé évêque à Cuenca, il appela don Fernando pour être son secrétaire, pour partager avec lui la Croix.

A Cuenca, don Fernando fut nommé chanoine, maître de cérémonies et professeur au séminaire.

Le 28 juillet 1936, l'évêque fut arrêté, et don Fernando tint à l'accompagner au séminaire, transformé en prison.

Le 7 août à minuit, on vint appeler l'évêque, seul, mais son secrétaire protesta : Là où va mon Maître, j'y vais aussi.

Transportés à quelques kilomètres de là, sur la route de Villar Olalla, au lieu-dit Puente de la Sierra, l'évêque et son secrétaire furent fusillés.

Ils ont été tous deux béatifiés en 2007.

 

 

Josep Maria Aragonés Mateu

1886-1936

 

José María (en catalan : Josep Maria) vit le jour le 21 mai 1886 à Tarragona (Catalogne, Espagne) et fut baptisé le 23.

Il fut au séminaire diocésain, jusqu’au sous-diaconat, puis suivit le conseil de ses Supérieurs et voulut connaître les Frères des Ecoles Chrétiennes : il y travailla comme employé à Tarragona, et demanda son admission.

A vingt-quatre ans, il commença le noviciat à Bujedo, reçut l’habit, avec le nom de Lleonard Josep, puis fit le scholasticat. Tombé malade, il fut envoyé à Tarragona pour reprendre des forces.

Une fois remis, il fut actif à Berga, mais il dut subir une difficile opération à l’estomac. On le crut «perdu», mais il se rétablit et fut envoyé à Bonanova, où il fut sous-directeur.

En 1925, il fut directeur à Gracia.

En 1928, il fut nommé Visiteur pour cette région.

Au début de l’été 1936, il se trouva dans un monastère de la Cerdaña avec le Frère Dionisio Luis (directeur à Bonanova), pour préparer les prochaines retraites dans quatre maisons du district.

Le 17 juillet, ils se dirigèrent vers l’école de La Seo de Urgel, car une procession solennelle était prévue pour le lendemain au sanctuaire de Notre-Dame de Meritxell (Andorre). Mais en arrivant à La Seo, ils apprirent les mauvaises nouvelles de Barcelone et ailleurs : il fallait rejoindre ces communautés pour soutenir les autres Frères et les jeunes. Mais les communications étaient coupées, aussi projetèrent-ils d’aller à Toulouse et d’y prendre l’avion pour Barcelone. C’était audacieux, et même risqué, mais de toutes façons, ce fut impossible.

Les Frères de La Seo passèrent en France, mais Leonardo et Dionisio restèrent sur place. Le 22 juillet, ils purent trouver à se loger dans un hôtel dont le patron était un bon chrétien. Leur projet était de rejoindre Barcelone à tout prix.

Le 7 août, Dionisio alla demander un passeport. Mais on le trouva «suspect» et on envoya des miliciens fouiller sa chambre à l’hôtel. Leonardo étant absent à ce moment-là, les miliciens lui laissèrent une convocation pour se présenter. Bien qu’on lui conseillât d’éviter de revenir, il refusa d’abandonner son Confrère et alla se présenter le lendemain, 8 août 1936.

Alors les miliciens les embarquèrent tous les deux et les emmenèrent à Baños de Sugrañes (Traverseras). On leur dit de descendre et de faire quelques mètres. Se voyant devant la mort, les deux Frères s’embrassèrent, et moururent ainsi sous les balles.

Frère Leonardo José fut béatifié en 2013, avec son Compagnon.

 

 

María Luisa Girón Romera

1887-1936

 

Née à Bujalance (Cordoue) le 25 août 1887, María Luisa entra dans la congrégation des Ecoles Pies en 1916. C’était une vocation dite «tardive».

Son frère, Cristóbal, devint maire de Bujalance.

Au jour de sa profession (1918), elle prit le nom de María Luisa de Jésus.

Après avoir été à Carabanchel, elle fut envoyée au collège de Valencia en 1919, d’où elle partit pour Cuba en 1920 jusqu’en 1934, où elle enseigna à La Havane et à Guanajuay ; puis elle revint à Valencia.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Mateo Molinos Coloma

1890-1936

 

Mateo vit le jour le 21 août 1890 à Forcall (Castellón, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il commença le noviciat mineur à Cambrils en 1906, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis passa au noviciat, reçut l’habit, avec le nom de Dionisio Luis. Ce fut ensuite le scholasticat.

En 1908, il exerça à Tarragona où, continuant d’étudier et de se former, il obtint les diplômes nécessaires pour l’enseignement à tous les niveaux, primaire, secondaire, technique.

En 1916, il fut professeur et préfet à Bonanova.

En 1928, il fut préfet de la «deuxième division», avant de devenir directeur à Bonanova.

Au début de l’été 1936, il se trouva dans un monastère de la Cerdaña avec le Frère Leonardo José, visiteur, pour préparer les prochaines retraites dans quatre maisons du district.

Le 17 juillet, ils se dirigèrent vers l’école de La Seo de Urgel, car une procession solennelle était prévue pour le lendemain au sanctuaire de Notre-Dame de Meritxell (Andorre). Mais en arrivant à La Seo, ils apprirent les mauvaises nouvelles de Barcelone et ailleurs : il fallait rejoindre ces communautés pour soutenir les autres Frères et les jeunes. Mais les communications étaient coupées, aussi projetèrent-ils d’aller à Toulouse et d’y prendre l’avion pour Barcelone. C’était audacieux, et même risqué, mais de toutes façons, ce fut impossible.

Les Frères de La Seo passèrent en France, mais Leonardo et Dionisio restèrent sur place. Le 22 juillet, ils purent trouver à se loger dans un hôtel dont le patron était un bon chrétien. Leur projet était de rejoindre Barcelone à tout prix.

Le 7 août, Frère Dionisio alla demander un passeport. Mais on le trouva «suspect» et on envoya des miliciens fouiller sa chambre à l’hôtel. Frère Leonardo étant absent à ce moment-là, les miliciens lui laissèrent une convocation pour se présenter. Bien qu’on lui conseillât d’éviter de revenir, il refusa d’abandonner son Confrère et alla se présenter le lendemain, 8 août 1936.

Alors les miliciens les embarquèrent tous les deux et les emmenèrent à Baños de Sugrañes (Traverseras). On leur dit de descendre et de faire quelques mètres. Se voyant devant la mort, les deux Frères s’embrassèrent, et moururent ainsi sous les balles.

Frère Dionisio Luis fut béatifié en 2013, avec son Compagnon.

 

 

Nicolás de la Torre Merino

1892-1936

 

Il vit le jour à Béjar (Salamanque, Espagne) le 4 mars 1892, dans une famille pauvre dont le papa mourut en 1896.

Le petit garçon fréquenta très tôt le collège salésien de son pays, grandit dans une profonde piété et, en 1905, entra dans la communauté de Sarriá (Barcelone) en tant que cordonnier.

Il fit là son noviciat de coopérateur salésien et la profession en 1910.

Il fut envoyé à Valencia puis Sarriá, Atocha (Madrid) de 1919 à 1931, sauf en 1925-1927 à La Coruña ; puis Vigo-San Matías (1931) et Estrecho (1933). 

Lors de la révolution de 1936, après une première arrestation à la Direction Générale de Sécurité, il prit pension dans Madrid et continua son activité percevant des autres coopérateurs leurs offrandes, qu’il notait consciencieusement dans son petit carnet. Ses allées-et-venues furent observées et il fut vraisemblablement dénoncé et arrêté.

Il fut assassiné pour sa foi à Madrid, le 8 août 1936, et béatifié en 2007.

 

 

Antonio Silvestre Moya

1892-1936

 

Né le 26 octobre 1892 et baptisé le même jour à La Ollería (Valencia), Antonio était le fils d’un chef de la Garde Civile.

Après l’école communale, il entra au séminaire de Valencia, le petit puis le grand, et fut ordonné prêtre en 1915. Il fut reçu Docteur en théologie.

Ses postes successifs furent : vicaire à Calpe, à Cuatretonda, en 1920 curé à Otos puis en 1930 à Fuente la Higuera. En 1934, il fut curé à Santa Tecla de Játiva.

A Otos, il commença la restauration de l’église et développa le culte envers la relique de la Vraie Croix ; à Fuente la Higuera, il développa le culte à Notre-Dame du Rosaire ; à Játiva, il eut le soin de préserver les reliques du Serviteur de Dieu Andrés Garrido et développa le culte envers l’Ecce-Homo.

Au début du mois d’août 1936, toutes les églises de Játiva furent incendiées et le bon curé dut entrer dans la clandestinité, sans pour autant cesser de visiter les malades et de célébrer chez lui.

Le 7 août, premier vendredi du mois, il porta le tabernacle avec la Présence réelle au sous-sol et, à genoux, répéta sa consacration au Sacré-Cœur, offrant sa vie.

Le soir, des miliciens se présentèrent et, malgré les protestations de la famille, enlevèrent le prêtre. Ils le portèrent au port de Cárcer, avec un autre prêtre (Fernando Gimeno) où ils leur tirèrent plusieurs coups. Don Fernando mourut, tandis que don Antonio, gravement blessé, se traîna jusqu’à Llosa de Ranes, où on le soigna.

Mais au matin suivant, 8 août, les miliciens, avertis, revinrent à la charge. Ils mirent le prêtre blessé dans une voiture et partirent pour El Saler (Valencia) ; en partant, le prêtre fit le signe de la Croix, disant qu’il pardonnait à tous.

Arrivés à l’endroit en question, ils l’abattirent.

Antonio Silvestre Moya fut béatifié en 2001.

 

 

Antonia Riba Mestres

1893-1936

 

Née à Igualada (Barcelone) le 8 octobre 1893, Antonia entra dans la congrégation des Ecoles Pies.

Au jour de sa profession (1919), elle prit le nom de Clemencia de Saint-Jean-Baptiste.

Après un court séjour à Saragosse, elle fut envoyée au collège de Valencia.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Leoncio López Ramos

1904-1936

 

Il vit le jour à Laroco (Orense, Espagne) le 16 novembre 1904.

Il eut aussi un frère et une sœur dans la même Congrégation que lui.

Il entra dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie, fit la profession en 1924 avec le nom de Eladio, et fut ordonné prêtre en 1929 à l'Escorial (Madrid).

Il enseigna au collège de Madrid pour les enfants, puis fut chargé d'exercer le saint ministère à l'église adjacente du Christ Roi.

En février 1936, dans sa soif de vie intérieure, il entra à la Chartreuse à Saragosse, mais sa santé l'obligea à reprendre ses activités à Madrid.

En juillet 1936, il dut quitter le collège et se réfugier dans une pension, où il affirma clairement sa condition sacerdotale et son entière disposition à mourir, si Dieu le voulait. La directrice de la pension le reçut très bien, mais ce fut une des domestiques qui dénonça le prêtre.

Les miliciens ne tardèrent pas à se présenter, le 7 août, demandant à rencontrer les trois prêtres qui se trouvaient là. Ils les emmenèrent au poste mais, ce jour-là, les laissèrent libres.

Le 8 août très tôt, ils revinrent à la charge ; cette fois, don Eladio répéta sa condition sacerdotale, ajoutant qu'il n'avait pas de papiers avec lui et qu'ils pouvaient bien faire de lui ce qu'ils voulaient.

Il fut immédiatement condamné à mort et fusillé.

Don Eladio (Leoncio) fut béatifié en 2013.

María Baldillou y Bullit

1905-1936

 

Née à Balaguer (Lleida) le 6 février 1905, María entra dans la congrégation des Ecoles Pies.

Elle fit le noviciat à Masnou (Barcelone) et, au jour de sa profession (1927), elle prit le nom de María de l’Enfant-Jésus.

Elle montra dans ses occupations une vertu peu commune, et brilla particulièrement par son obéissance.

Elle fut envoyée au collège de Valencia.

(Pour le reste de la notice, se reporter plus haut : Nazaria Gómez Lezaun).

 

 

Manuel Aranda Espejo

1912-1936

 

Il vit le jour le 22 mars 1912 à Monte Lope Álvarez (Jaén, Espagne).

Après ses études secondaires, en 1931, il entra au séminaire de Baenza pour les Humanités ; puis il entra au Grand séminaire de Jaén pour la philosophie et la théologie, en vue d'être ordonné prêtre.

Dieu lui préparait une voie encore plus glorieuse et plus rapide.

Lors des émeutes révolutionnaires de juillet-août 1936, il fut arrêté. Des enfants entendirent ce dialogue, entre les révolutionnaires et le séminariste : 

- Et puis je vous dis et vous répète que je ne prononcerai pas même une parole contre Dieu. Pour rien et pour personne au monde je n'offenserai son Nom.

- Tu blasphèmes, oui ou non ?

- Non et non !

- On va te tuer.

- Allez-y !

Trois coups de feu achevèrent cette scène. Manuel tomba le 8 août 1936, à vingt-quatre ans, l'âge où il aurait pu être ordonné prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Pedro Álvarez Pérez

1914-1936

 

Pedro était né le 27 juin 1914 à Carmena (Tolède, Espagne).

Entré à treize ans comme aspirant chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Griñon (Madrid), il y reçut l’habit au noviciat en 1930, et prit le nom de Felipe José.

Il fut envoyé au collège de Consuegra (Tolède), où tous le considérèrent comme un don du Ciel.

Le 21 juillet 1936, durant la Messe, les miliciens encerclèrent l’établissement, proférant insultes et menaces. Le célébrant et les Frères consommèrent les Saintes Espèces pour éviter toute profanation et allèrent se réfugier dans une maison voisine.

Déçus, les miliciens prirent aussi d’assaut cette maison. Les Frères se rendirent sans opposer résistance.

Ils furent conduits en prison, où ils prièrent en se préparant à leur mort certaine.

Trois des Frères furent fusillés le 7 août ; Felipe fut d’abord confondu avec un autre prisonnier de même nom.

Revenus de leur erreur, les anarchistes le fusillèrent à son tour le lendemain, à Fuente del Fresno (Ciudad Real), le 8 août 1936. Il avait vingt-deux ans.

Frère Felipe José a été béatifié en 2007.

 

 

Wlodzimierz Laskowski

1886-1940

 

Wlodzimierz (Vladimir) Laskowski naquit à Rogozno (Pologne) le 30 janvier 1886. Son père est professeur d’université.

Il entend la vocation sacerdotale dès l’enfance et sera ordonné prêtre le 1er mars 1914.

Il est successivement vicaire à Modrze, Ostrow, Wielkoposki, enfin curé à San Martín de Poznan.

En 1917, il est secrétaire général de la Caritas et, en 1923, économe du séminaire diocésain, en même temps qu’il travaille à la curie épiscopale.

En 1930 il est archiprêtre de Lwówek.

Victime de la haine des Nazis contre la foi catholique, il est arrêté le 15 mars 1940. Détenu pendant quelques semaines à Poznan, il est conduit au camp de Dachau et de là à Gusen en juillet. Acceptant courageusement les souffrances et les tortures, il préféra ne pas se séparer de ses confrères de sacerdoce.

Il mourut dans ce camp de Gusen près de Linz (aujourd’hui en Autriche) le 8 août 1940, à la suite des tortures qu’il y subit.

Il fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999. Fêté en Pologne avec tout ce groupe le 12 juin, il est mentionné au Martyrologe le 8 août.

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