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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 23:00

09 AOUT

III.

S Romanus, soldat martyr à Rome, touché par le martyre de s.Laurent.

IV.

S Domitien, évêque à Châlons-en-Champagne.

?

S Antonin, martyr brûlé vif en Alexandrie.

SS Amour et Viateur, martyrs en Franche-Comté (Saint-Amour) ; ils seraient de la légion thébéenne.

V.

S Martin, martyr espagnol, disciple de s.Martin et lapidé à Brive.

S Samuel, prêtre près de Constantinople, auteur d'ouvrages contre nestoriens, eutychéens et timothéens.

VI.

SS Felim, évêque à Kilmore, et Nath í, fondateur du monastère de Achonery, irlandais.

S Erneus, abbé à Ceaucé.

VIII.

SS Julien et Marcien, martyrs de l'iconoclasme à Constantinople.

IX.

B Hathumar (Hadumar, Harimar), premier évêque à Paderborn.

XI.

B Maurille, évêque à Rouen, après avoir été abbé à Florence, où les moines tentèrent de l'empoisonner.

S Falco, ermite dans les Abruzzes.

XIII.

B Giovanni de Salerne, dominicain, envoyé à Florence par s.Dominique.

XIV.

S Giovanni de Fermo, ermite franciscain sur le mont Alverne, captivé par la Passion du Christ dès son enfance.

XV.

Ste Beatriz de Menezes da Silva, noble portugaise, fondatrice à Tolède des Conceptionnistes, en l'honneur de l'Immaculée Conception de Marie (le 17 août au Martyrologe).

XVI.

B Richard Bere, chartreux londonien martyr.

XVIII.

B Claude Richard, bénédictin à Moyenmoutier (Vosges), martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bse Juana Josefa Cipitria y Barriola (Candida María de Jesus, 1845-1912), servante basque espagnole, fondatrice de la congrégation des Filles de Jésus, pour l'éducation des jeunes filles, béatifiée en 1996.

Bse Barbara Marianne Cope (Koob, 1838-1918), de famille allemande émigrée aux Etats-Unis, des Sœurs de Saint-François, dédiée aux lépreux à Honolulu, béatifiée en 2005, canonisée en 2012.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : à Barcelone, sept profès nés en Colombie : Gabriel Maya Gutiérrez (Esteban), Rubén de Jésus López Aguilar, Ramón Ramírez Zuluaga (Melchiades), Luis Ayala Niño (Arturo), José Velázquez Peláez (Juan Bautista), Luis Modesto Páez Perdomo (Gaspar), Alfonso Antonio Ramírez Salazar (Eugenio) (*1907, 1908, 1909, 1909, 1909, 1913, 1913) ;

- béatifiés en 1995 :

Piaristes : près de Huesca, le prêtre Faustino Oteiza Segura (F. de N.Dame des Douleurs, *1890), et le convers Francisco Felipe Naya (Florentín de S.François Borgia, *1856) ;

Disciples de Jésus : près de Toledo, le prêtre Guillermo Plaza Hernández (*1908) ;

- béatifié en 1997 :

Evêques : à Barbastro, Florentino Asensio Barroso (1877-1936) ;

- béatifié en 2001 :

Capucins : près de Valencia, le prêtre José María Garrigues Hernández (Germán de Carcagente, *1895) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Toledo, Francisco López-Gasco Fernández-Largo (*1888) ;

Salésiens : à Madrid, le profès José María Celaya Badiola (*1887) ;

Lasalliens : à Barcelone, Josep Figuera Rey (Llorenç Gabriel, *1912) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Madrid, Antonio Mateo Salamero (*1864) ;

Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur : près de Tarragona, Joan Vallés Anguera (*1872) ;

Fils de la Sainte-Famille : à Barcelone, Narcís Sitjá Basté (*1867) ;

Bénédictins : près de Huesca, le prêtre Mariano Sierra Almázor (*1869) ;

Rédemptoristes : à Cuenca, le prêtre Julián Pozo Ruiz de Samaniego (*1903) ;

Lasalliens : près de Lleida, Josep María Aragones Mateu (Lleonard Josep) et Mateo Molinos Coloma (Dionisio Luis) (*1886, *1890) ;

- béatifiés en 2020 :

Diocésains : près de Grenade, les prêtres Cayetano Giménez Martín et Lorenzo Palomino Villaescusa (*1866, 1867).

Ste Edith Stein (Teresa Benedicta de la Croix, 1891-1942), onzième enfant d'une famille juive polonaise, philosophe puis carmélite, arrêtée à Echt, exécutée à Auschwitz, offrant sa vie pour les Juifs et les Allemands, co-patronne de l'Europe avec les stes Catherine de Sienne et Brigitte de Suède ; béatifiée en 1987, canonisée en 1998.

B Franz Jägerstätter (1907-1943), père de famille autrichien, pendu à Berlin par des nazis, béatifié en 2007.

Bx Zbigniew Adam Strzałkowski (*1958) et Michał Tomaszek (*1960), Frères mineurs polonais, abattus au Pérou en 1991, béatifiés en 2015.

Romanus de Rome

† 258

 

Romanus semble bien être ce soldat dont il est question dans le martyre de s.Laurent (v. 10 août).

Si le récit est authentique, Romanus fut profondément touché par le courage de Laurent, se convertit sur place et demanda le baptême.

Laurent baptisa Romanus, qui fut immédiatement décapité, le 9 août 258.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 9 août.

 

 

Felim de Kilmore

6e siècle

 

Cet Irlandais bénéficie d’une dizaine de variantes pour son nom : Feidlimid, Feidhlimidh, Felimy, Feidhilmethie, Feidlimthe, Fedlimidh, Phelim, Phelime.

Il vécut au sixième siècle, son père se nommant Carill et sa mère Dediva (avec des variantes là aussi : Editua, Dedi, Deidi, Deighe, Deidiu, Deaga, Mediva). Cette dernière était la petite-fille du grand poète Dubhthach moccu Lughair. La même Dediva avait d’autres enfants, presque tous connus comme Saints (Senan, Caillin, Mainchin, Daigh, Diamaid, Senchán et une fille, Femia) ; seuls Daigh et Femia étaient réellement frère et sœur de Felim.

Felim vécut en ermite près de Kilmore, où il fonda un monastère et passe aussi pour y avoir été évêque.

Saint Felim de Kilmore est commémoré le 9 août dans le Martyrologe Romain, sous la forme Fedliminus).

 

 

Nath Í d’Achonry

6e siècle

 

Très peu connu, l’Irlandais Nath Í vécut au sixième siècle.

D’après une Vita très tardive, il serait né dans la province de Leyney (auj. Sligo), descendant de Conamel, frère du chef local Diarmait, qui reçut une bénédiction spéciale d’un s.Cormac.

 Nath Í, surnommé le prêtre (cruimthir), est désigné comme Nath Í of Achad Cain Conairi.

Il aurait étudié sous s.Finnián de Clonard (v. 12 décembre), sur le conseil duquel il fonda ensuite le monastère d’Achad Cain (act. Achonry), sur un terrain généreusement mis à disposition par le roi de Luigne, Cennfáelad. et en aurait été l’abbé. L’abbaye aurait donné naissance au diocèse de Achonry.

Un des disciples de Nath Í fut s.Féchín de Fore (? v. 14 février ou 20 janvier). Nath Í reçut la visite des ss. Columba, Comgall et Cainnech.

La date de la mort de Nath Í reste très incertaine.

Son culte fut approuvé en 1903.

Saint Nath Í d’Achonry est commémoré le 9 août dans le Martyrologe Romain.

Falco de Palena

11e siècle

 

Falco serait né à Taverna (Italie S), au 11e siècle.

Il appartenait à une communauté de moines basiliens à Pesaca, mais cette communauté dut chercher refuge dans les Abruzzes et, à la mort du supérieur Ilarione et de son successeur Nicola, les membres se retirèrent chacun dans la vie érémitique.

Falco s’établit ainsi près de Palena.

Il y mourut saintement et l’on attribua à son intercession la libération de cinquante-deux énergumènes dans la cité de Gioia dei Marsi.

Son culte fut confirmé en 1893 et le Martyrologe le mentionne comme Bienheureux au 9 août, situant Palena en Calabre, par erreur, au lieu de dans les Abruzzes. 

 

 

Giovanni Quarna de Salerno

1190-1242

 

Il ne s’agit pas de l’un des princes lombards du 10e siècle.

Giovanni Quarna naquit en 1190 à Salerno, dans une noble famille normande.

De saint Domingo lui-même (v. 6 août), il reçut à Bologne non seulement l’habit de l’Ordre des Prêcheurs (Dominicains), mais aussi sa formation. Il fut tellement fidèle à saint Domingo, qu’on disait qu’il en avait totalement reçu l’esprit.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Toscane, à la tête de douze compagnons, malgré son jeune âge. Parvenus à Florence, ils commencèrent à prêcher et Giovanni sut conquérir l’estime de la population, qui accourut à sa prédication. Beaucoup de gens se convertirent.

Les douze Prêcheurs purent s’établir sur place et Giovanni fut chargé de réformer le monastère bénédictin de Sant’Antimo.

En 1221, Giovanni apprit que Domingo était à la mort et se hâta de le rejoindre à Bologne, où il put encore recevoir sa bénédiction.

Revenu à Florence, il continua sa prédication, combattant énergiquement l’hérésie patarine.

Il fonda en 1230 le monastère de San Jacopo à Ripoli pour les moniales, première communauté féminine dominicaine en Toscane.

Le 9 août 1242, il s’endormit dans le Seigneur.

Son culte fut confirmé en 1783.

 

 

Giovanni de Fermo

1259-1322

 

Giovanni de Fermo, comme l’indique son nom, était né à Fermo (Marches, Italie CE), de famille aisée.

Cette aisance ne le toucha pas. Au contraire, il eut une enfance obsédée par le mystère de la Passion du Sauveur. Il en pleurait la nuit jusqu’à tremper le drap autour de sa tête. Il se mortifiait de son mieux avec des guirlandes d’orties sur le peau. Il se mettait les genoux en sang par de raides génuflexions sur la terre dure.

En 1269, il entra chez les Chanoines réguliers de Saint-Augustin.

Ayant trouvé une vieille cuirasse, il monta au clocher pour être tranquille, et à coups de hache il l’adapta à sa taille juvénile ; il la porta sous ses vêtements jusqu’à ce qu’on eût découvert cet équipement insolite. On peut se demander comment il put se rendre incognito dans ce clocher et surtout y travailler tranquillement son armure, sans que le bruit ait suscité la moindre inquiétude parmi les moines ; mais le récit ne le précise pas.

Aspirant à une plus grande solitude, Giovanni passa en 1272 (ou 1292) chez les Frères Mineurs, disciples de saint François. Ce dernier était mort en 1226 : sur la prière de Giovanni, François lui apparut et lui montra ses stigmates.

Il avait coutume de marcher les  yeux au ciel ; quand on lui suggéra de regarder où il posait les pieds pour éviter de se blesser, il répondit qu’il était préférable de s’occuper de l’esprit plutôt que des pieds.

Il vivait des périodes de quarante jours (carêmes) en l’honneur du Saint-Esprit, de la Vierge Marie, des Anges.

Il eut aussi la consolante présence de son Ange gardien. Grand dévôt des âmes du Purgatoire, il en vit une longue procession qui, le jour du 2 novembre, sortaient du Purgatoire pour monter au Ciel.

Fervant de la mortification, il vécut longtemps sur le Mont Alverne dans de grandes austérités. C’est pour ce motif qu’on l’a aussi nommé Giovanni de l’Alverne (en italien : della Verna). Il n’avait, même en hiver, qu’une tunique grossière et des fémoraux, avec un manteau ; il lui arrivait de rejoindre le chœur couvert de neige. Sa cabane n’avait pas de lit ; il couchait à terre. Même saint François, dans une apparition, lui aurait suggéré d’adoucir ces mortifications.

Bien que peu instruit, il connaissait bien l’Ecriture Sainte et savait s’en servir pour prêcher. Il parcourut l’Italie septentrionale et centrale, ramenant à la Vérité les pécheurs et les hérétiques. 

Il fit des miracles, il prophétisa, il pénétrait les cœurs et lisait dans les âmes, aidant ainsi les pénitents à accuser leurs fautes.

Giovanni mourut le 9 août 1322 et son culte fut approuvé en 1880.

 

 

Beatriz de Menezes da Silva

1424-1492

 

Il y a des différences de dates pour la naissance et la mort de Beatriz. On a choisi ici celles qui semblaient plus officielles.

Cette «bienheureuse» naquit vers 1424 à Campo Maior (Portugal), un des onze enfants de Rui Gomes da Silva, gouverneur de Campo Maior, et d’Isabel de Menezes.

Rui Gomes avait reconquis le Portugal sur les Musulmans. Un frère de Beatriz fut João, connu comme Amadeus de Portugal, grand mystique et bienheureux, qui réforma l’Ordre franciscain.

Beatriz grandit à la cour de l’Infant Juan dont, en 1447, elle accompagna la fille, Isabel, qui devait épouser Juan de Castille.

Le diable brisa cette belle amitié en suscitant la jalousie d’Isabel envers la beauté de Beatriz et elle l’enferma dans un cachot humide.

Cependant, Beatriz eut là une apparition de la Vierge Marie, qui lui demanda de fonder un Ordre marial. Elle aurait eu aussi des apparitions de saint François d’Assise et de saint Antoine de Padoue.

Ayant pu s’échapper, Beatriz se réfugia dans le couvent dominicain de Tolède, pendant trente-sept ans.

En 1484, elle fonda une nouvelle branche, les Conceptionnistes, en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie, auquelles elle donna d’abord la règle cistercienne. Cette fois-ci, Isabel, fille de Juan II, protégea la fondation.

Beatriz mourut le 9 août 1492 (on trouve aussi le 1er septembre).

En 1501, le pape leur fit adopter la règle de sainte Claire, puis en 1511, leur donna une règle propre, donnant ainsi naissance à l’Ordre de l’Immaculée Conception, qui comporte aujourd’hui quelque trois mille moniales, dans environ cent cinquante monastères, en Europe et au Brésil.

Rappelons que le dogme proprement dit de l’Immaculée Conception ne fut proclamé qu’en 1854, mais était déjà en honneur parmi certains théologiens, comme le franciscain John Duns Scotus († 1308, voir au 8 novembre)

Beatriz fut béatifiée en 1926 et canonisée en 1976.

Le Martyrologe la mentionne au 17 août.

 

 

Richard Bere

? -1537

 

Richard naquit à Glastonbury (Somerset, Angleterre) et y serait devenu abbé entre 1493 et 1525.

Il entra en 1523 à la Chartreuse de Londres, où les moines furent invités à signer l’Acte de Suprématie, reconnaissant l’autorité du roi sur celle du Pape. Les moines refusèrent.

Le 29 mai, on envoya les moines chartreux à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un panier aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin, toujours en 1537. 

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, notre Richard Bere mourut le 9 août, Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540.

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Claude Richard

1741-1794

 

Ce prêtre fidèle était né le 19 mai 1741 à Lérouville (Meuse).

Bénédictin, il appartenait à l'abbaye Saint-Léopold de Moyenmoutier (Vosges) et était l’aumônier des Religieuses du Saint-Sacrement de Nancy.

Condamné à la déportation pour son sacerdoce, il fut abandonné avec des centaines d'autres prêtres à bord des navires négriers bloqués à La Rochelle. Le père Richard se trouva à bord du Deux Associés.

Devant l’extrême pénurie d’infirmiers, il s’offrit lui-même pour assister les victimes de la contagion, pour le plus grand réconfort des malades.

Il fut lui-même gagné par la contagion et connut une agonie très douloureuse.

Il mourut le 9 août 1794 sur l'Ile Madame, là où l’on débarquait les mourants, qu'on enterrait ensuite sur cette île.

Claude Richard fut béatifié en 1995. 

Juana Josefa Cipitria y Barriola

1845-1912

 

Juana naquit le 31 mai 1845 en Pays Basque, à Berrospe (Andoain, Guipuzkoa), d’un père tisserand, et pauvre.

La famille s’installa en 1854 à Tolosa, puis à Burgos. Plus tard encore, Juana vint à Valladolid, puis à Salamanque.

La pauvreté des petites gens la toucha profondément et elle voulut les soulager. Elle disait : Là où il n’y a pas de chambre pour les pauvres, il n’y en a pas non plus pour moi.

En 1868, elle rencontra un père jésuite, Miguel José Herranz, qui la suivit spirituellement.

Le Vendredi Saint 1869, elle eut une vision du Christ, qui lui demandait de fonder une nouvelle famille religieuse, pour la formation et l’instruction des enfants et des jeunes. La Sainte Vierge était là aussi, qui lui répétait toutes les paroles du Christ. Le lendemain, à l’église, elle eut une nouvelle vision de ce que Dieu attendait d’elle.

Aidée par les conseils du père Herranz, elle fonda à Salamanque, le 8 décembre 1871, cette nouvelle congrégation : la Congrégation des Filles de Jésus, ou jésuitines, vouées à l’éducation apostolique des enfants. Juana prit alors le nom de Cándida María de Jésus

Elle ouvrit des maisons en diverses localités espagnoles (Arévalo, Peñaranda de Bracamonte, Segovia, Medina del Campo) puis en Pays basque, et jusqu’au Brésil (1911). Actuellement, les Filles de Jésus sont présentes dans dix-sept pays.

La congrégation avait reçu l’approbation papale en 1901

Cándida s’éteignit à cette vie terrestre le 9 août 1912 à Salamanque, fut béatifiée en 1996, et canonisée en 2010.

 

 

Barbara Koob

1838-1918

 

Née le 23 janvier 1838 à Heppenheim (Hesse, Allemagne), Barbara émigra avec ses parents, de pauvres agriculteurs, aux Etats-Unis. Ils s’installèrent à Utica (New York), et leur nom fut alors officialisé en Cope.

Elle interrompit l’école pour s’occuper, à quinze ans, des ses parents malades et de ses six frères et sœurs.

En 1862, elle entra chez les Franciscaines de Syracuse, qui travaillaient pour la scolarisation d’enfants immigrés allemands (et qui plus tard collaboreront à la fondation des cinquante premiers hôpitaux des Etats-Unis).

Barbara prit alors le nom de Marianne ; elle prononça ses vœux en 1863. Elle enseigna, devint maîtresse des novices, et supérieure du couvent, avant d’être finalement supérieure du premier hôpital de Syracuse.

En pleine harmonie avec l’esprit de saint François d’Assise, Marianne s’occupa de tous les malades, sans distinction de race, de religion, de nationalité, de couleur, tout en donnant une priorité aux pauvres, aux alcooliques et aux mères célibataires.

L’évêque d’Honolulu ayant lancé un appel pour l’évangélisation de l’archipel des Hawai, Marianne releva l’invitation. Il y avait des lépreux dans cet archipel, sur l’île de Molokai, où l’on abandonnait les malades pour les isoler. Or Marianne se souvenait que saint François était un jour allé au-devant d’un lépreux et l’avait embrassé.

Elle trouva quelques volontaires et partit, en 1883. Mais son hôpital à Syracuse ? Une autre supérieure y fut nommée, et l’on garda Marianne aux îles Hawai.

La première tâche fut d’organiser une école pour les petites filles, et un hôpital sur l’île Maui.

En 1888, elle accosta à Molokai, où elle retrouva le père Damian de Veuster, qui mourut de la lèpre en 1889.

Marianne ouvrit une école pour les garçons, une autre pour les filles, planta des arbres et des fleurs pour rendre plus agréable le paysage ; comme le père Damian, elle fit chanter les enfants, leur apprit la musique. Maternellement elle leur fit confectionner des habits corrects : elle était leur mère.

Si généreux que fût son exemple, elle reçut des critiques sur ses méthodes, car il est toujours plus facile de critiquer que de faire quelque chose de mieux.

Marianne se dépensa sans compter jusqu’à son quatre-vingtième anniversaire. Elle ne fut jamais contagiée par la lèpre. Une maladie des reins fit plier cet arbre si robuste ; une attaque cardiaque mit fin à cette vie généreuse.

Marianne mourut le 9 août 1918 à Kalaupapa, fut béatifiée en 2005 et canonisée en 2012.

 

 

Francisco Felipe Naya

1856-1936

 

Il vit le jour à Alquézar (Huesca), de Miguel et Francisca, d’humbles ouvriers, le 10 octobre 1856, jour de la fête de saint Francisco de Borgia, dont il porta le nom. Sa sœur aînée, Joaquina, fut religieuse capucine au couvent de Huesca.

Jeune homme, après l’école élémentaire, il vint travailler chez un couple aisé d’Alquézar, qui avaient aussi une maison à Barbastro. Là, Francisco connut les Pères des Ecoles Pies (Piaristes).

Entré au noviciat de Peralta de la Sal en 1876, il fit la profession en 1880 comme Frère convers, avec le nom de Florentín de saint François Borgia.

Tandis qu’il s’efforçait de compléter sa culture par la lecture, le calcul et l’écriture, on lui confia le travail de la cuisine et du réfectoire, qu’il accomplit fidèlement (et avec succès) en diverses maisons de la Congrégation : Saragosse, Tafalla, Daroca, Caspe, Molina de Aragón, Pamplona, Alcañiz et, finalement, de nouveau à Peralta de la Sal à partir de 1929.

Chaque fois qu’il quittait une communauté, on était triste, tant il rayonnait de bonté et de fidélité.

Cette année-là, donc, le Frère avait soixante-douze ans, sa vue baissait, l’ouïe aussi, et il souffrait de son estomac. Tant qu’il put, il aida à sa façon ; quand il ne put aider matériellement, il passa tout le temps qu’il pouvait à prier, à adorer, à méditer.

En juillet 1936, on évita quelques jours les troubles dans Peralta, mais ils reprirent le 22, jour où les révolutionnaires furent maîtres sur place. 

Une quarantaine de soldats arrivèrent de Binefar dans l’intention de mettre le feu à la maison des Piaristes. Il fallut évacuer la maison, avec ses trente novices et postulants.

On a vu que le supérieur, Dionisio Pamplona, fut assassiné dès le 25 juillet. La maison, l’église, tout fut détruit et brûlé. Dans la maison où on les enferma, les Religieux s’organisèrent pour maintenir une vie de prière, bénéficiant encore de la bienveillante charité des familles du pays. 

Les plus jeunes purent peu à peu regagner leurs familles. Le 28 juillet, furent assassinés deux autres membres de la communauté. Il ne restait que le père Faustino et le frère Florentín.

Le 29 on les évacua encore dans une autre maison. Si le Frère Florentín ne voyait ou n’entendait pas tout, il comprenait très bien la situation. Il priait.

Le 9 août après-midi, on vint les chercher pour aller à Fonz où ils devaient être jugés. Simple prétexte pour masquer la réalité du martyre. Le père Faustino le dit au Frère. Les yeux de ce dernier s’illuminèrent et il répondit : Dites, Père, nous allons au Ciel ? Eh bien, qu’est ce qu’on va faire, si Dieu le veut ainsi ! (¿Qué dice, Padre, que nos vamos al cielo ? ¡Pues qué vamos a hacer, si así lo quiere Dios !).

Il renouvela sa consécration, demanda la bénédiction du prêtre, remercia les Dames qui les avaient hébergés, et monta dans le camion qui les attendait, devant toute une foule qui regardait en silence.

A quelques kilomètres de Azanuy, on les fit descendre, s’écarter une centaine de mètres de la route, et on les fusilla. On tenta de mettre le feu à leurs cadavres.

Le Frère Florentín était le plus âgé de ceux qui furent assassinés dans cette communauté : il avait presque quatre-vingts ans.

Il mourut le 9 août 1936 et fut béatifié en 1995.

 

 

Antonio Mateo Salamero

1864-1936

 

Antonio vit le jour le 24 septembre 1864 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).

Prêtre, il appartenait au diocèse de Madrid.

C’était l’aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes à Griñon (Madrid), où il avait été nommé en 1929.

Il fut martyrisé à Torrejon de la Calzada (Madrid) le 9 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Cayetano Giménez Martín

1866-1936

 

Cayetano Giménez Martín naquit le 27 novembre 1866 à Alfornón (Sorvilan, Grenade, Espagne).

Il fut ordonné prêtre en  1890 et nommé vicaire en plusieurs paroisses, dont Alboloduy, puis curé de la paroisse de l’Incarnation et archiprêtre de Loja.

Il fut abattu au cimetière de Loja, le 9 août 1936.

Cayetano Giménez Martín devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

Lorenzo Palomino Villaescusa

1867-1936

 

Lorenzo Palomino Villaescusa naquit le 22 août 1867 à Salobreña (Grenade, Espagne).

En 1888, il entra au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1895.

D’abord vicaire à Adra (Almería), il fut nommé à Salobreña.

Il exerça un moment à la paroisse du Pilar à Córdoba (Argentine) et revint à Salobreña en 1918, comme vicaire, chargé de Lobres.

Il fut martyrisé à Salobreña le 9 août 1936, veille de la fête de s.Laurent.

Lorenzo Palomino Villaescusa devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 9 août.

 

 

Narcís Sitjà Basté

1867-1936

 

Narcís (ou Narciso) vit le jour le 1er novembre 1867, en la fête de tous les Saints, à Sant Andreu de Palomar (Barcelone), de Francisco et Teresa.

La famille compta en tout quatre religieux et religieuses.

En 1877, un père des Fils de la Sainte-Famille Jésus-Marie-Joseph, ouvrit un collège, où le petit Narcís fut inscrit en 1880.

En 1883, il y fit une première profession et fut remarqué pour son esprit d’obéissance à la Règle, son zèle pour l’enseignement et la catéchèse. C’était un bon directeur d’âmes. Le Supérieur lui demanda plusieurs fois de prêcher les retraites dans l’Institut.

Il eut aussi des responsabilités dans le gouvernement de la congrégation.

En 1936, le père Narcís se trouvait à Les Corts, d’où il rejoignit son pays, Sant Andreu. Discrètement, il fit de l’apostolat, jusqu’au jour où des miliciens vinrent fouiller la maison.

Le 9 août, ils se présentèrent ; le père Narcís ne cacha pas son identité sacerdotale.

On l’emmena, sans lui laisser le temps de se chausser ou de prendre sa carte d’identité. Le père Narcís n’eut que le temps de dire aux siens Adieu, au Ciel !

Quelques secondes plus tard, on entendit des coups de feu. C’était le 9 août 1936.

On retrouva le cadavre du prêtre le lendemain, la main levée pour donner la bénédiction aux bourreaux.

Le père Narcís fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Sierra Almázor

1869-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Mariano était né le 25 février 1869 à Alquézar (Huesca, Espagne).

Il étudia au monastère bénédictin de Treviño, passa à l’abbaye de Montserrat, où il fit la profession (1886) et rejoignit la communauté de El Pueyo. Il fut ordonné prêtre en 1892.

Il enseignait la géographie aux jeunes garçons. A l’occasion il prêtait concours dans les paroisses voisines.

Dès le 15 juillet 1936, avant même l’explosion révolutionnaire, il avait dit à une dame de Barbastro : Si nous ne nous revoyons plus, au Ciel ! Ce jour-là, il avait présidé la fête de Notre-Dame du Carmel à Salas Altas, chez les Carmélites.

C’était le plus ancien de la communauté des Bénédictins de El Pueyo.

Le 21 juillet, il tenta de rejoindre le Mesón, où des gens de son pays (et peut-être même parents), avaient une propriété. Mais il se mit sur la route avec son habit bénédictin, ce qui le fit immédiatement reconnaître.

Les miliciens le surprirent sur la route de Huesca, et l’emmenèrent en prison à Barbastro.

Le pauvre Père fut bien réconforté de se retrouver avec ses Confrères dans cette prison, mais cette «joie» ne devait pas durer longtemps.

Un matin très tôt - apparemment le 26 juillet - un milicien armé et menaçant appela Mariano Sierra. On ne devait plus le revoir.

On put savoir qu’on l’emmena d’abord à El Pueyo, au monastère, toujours au sujet des soi-disant armes cachées. Le père Mariano ne pouvait dire autre chose que ce qu’avait dit le Prieur précédemment, à savoir qu’il n’y avait jamais eu d’armes dans le monastère, aussi les miliciens tentèrent de l’effrayer en tirant près de lui des coups de fusil, faisant semblant de le tuer. A un moment, il s’évanouit et tomba. On le réanima avec une bonne dose de vin, on le reconduisit à la prison de Barbastro, puis à la prison municipale.

La raison de cet épisode fut en réalité une rivalité entre deux miliciens, dont l’un accusa l’autre d’avoir remis des armes au père Mariano à El Pueyo. Après cet incident, le Père fut «oublié», ce ne fut qu’une dame visiteuse qui le reconnut et qui lui porta à manger.

Les méchancetés diverses continuèrent ainsi tous les jours, jusqu’au 9 août 1936, jour où le père Mariano fut probablement exécuté dans le groupe dont faisait partie l’évêque de Barbastro. On avance cependant parfois la date de la mort du Bénédictin au 2 août.

Le père Mariano Sierra Almázor fut béatifié en 2013.

Joan Vallés Anguera

1872-1936

 

Joan vint au monde le 21 décembre 1872 à Darmós (Tortosa, Espagne).

En 1897, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre en 1898.

Il travailla à Murcia, à Cuernavaca (Mexique), Jaén, Barcelone, Ségovie, Tarragone, Belchite, Séville.

Il reçut la palme du martyre dans son pays natal, Darmós, le 9 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Florentino Asensio Barroso

1877-1936

 

Il vit le jour à Villasexmir (Valladolid, Espagne) le 16 octobre 1877, de Jacinto et Gabina, qui eurent neuf enfants.

Le papa était un vendeur ambulant, la maman tenait une petite échope.

Florentino fut baptisé le 24 octobre et confirmé l’année suivante.

Il fréquenta le Petit, puis le Grand séminaire de Valladolid, et fut ordonné prêtre en 1901.

Il exerça son apostolat sacerdotal à Villaverde de Medina, puis l’évêque lui confia en 1905 son secrétariat, les archives épiscopales, ainsi que l’administration de l’évêché.

Comme cela ne suffisait pas à remplir l’emploi du temps du prêtre, il prépara le doctorat de théologie à Valladolid, qu’il obtint en 1906. Cette même université le retint ensuite comme professeur de métaphysique.

En 1910, il fut nommé chanoine de la cathédrale ; en 1915, économe pour l’archidiocèse.

On lui demanda aussi d’être confesseur au séminaire, chez les Sœurs Oblates, chez les cisterciennes de Las Huelgas, à l’hôpital de Esgueva, charges qu’il remplit jusqu’en 1935.

En 1925 il fut nommé curé de la paroisse métropolitaine de Valladolid et, à partir de 1932, directeur de l’Apostolat de la Prière.

On se demande comment un seul homme pouvait faire face à tant de responsabilités ; c’est une grâce de Dieu. La fidélité du prêtre et son zèle le signalèrent au nonce apostolique, qui parla de lui au pape.

En 1935 don Florentino fut nommé évêque de Barbastro (Huesca). La consécration se fit en janvier 1936 et l’entrée dans le diocèse fut très discrète, en raison de l’ambiance hostile qui se répandait déjà.

Il faut donner ici quelques chiffres concernant ce diocèse et cette douloureuse période de l’histoire espagnole. Le petit diocèse de Barbastro comptait cent trente-et-un prêtres à l’arrivée du nouvel évêque : cent treize furent assassinés durant la révolution de 1936 ; les dix-huit bénédictins du monastère de El Pueyo furent tous assassinés et leur monastère complètement dévasté, c’est tout juste si l’on réussit à sauver les murs et l’antique architecture ; la magnifique statue du Sacré-Cœur fut aussi fusillée par les révolutionnaires. 

Mgr Asensio fut aux arrêts dans son propre évêché dès le 22 juillet, et mis en prison à la mairie au soir du 8 août. Ce 8 août, Mgr Asensio achevait une neuvaine de prières au Sacré-Cœur.

L’interrogatoire fut très pénible, mais surtout les mauvais traitements physiques qu’on fit subir au prélat.

Il y avait là quelques miliciens, dont un pauvre gars illettré, enrôlé avec de belles promesses, qui fut invectivé par un des miliciens (on ne peut citer la phrase dans son intégralité) : Dis-donc, ce n’est pas toi qui avais envie de manger des  d’évêque ? En voilà l’occasion.

Sans attendre, le bonhomme sortit un couteau, viola le prélat et l’amputa sauvagement sur place. Les jambes de l’évêque, le pavement, furent inondés de sang, tandis que le prélat pâlissait terriblement. Il retint un cri de douleur et murmura une prière qui parlait des cinq plaies douloureuses du Seigneur. Le bourreau s’empara de son misérable «trophée» et alla le montrer dans les rues de Barbastro.

Comme on l’aurait fait pour un cheval blessé, on recousut vaguement la plaie de la victime, qui n’était plus qu’une loque humaine et qui se serait effondrée de douleur sur le pavement, si elle n’avait pas été attachée par les coudes à l’autre prisonnier lequel, terrifié et muet, se maintint debout et retint l’évêque.

Au matin du 9 août 1936, le pauvre prélat, qui se tordait de douleur, fut poussé vers le camion qui l’emmena au lieu de l’exécution. On l’entendit dire à haute voix : Quelle belle nuit pour moi : je m’en vais à la maison du Seigneur ! Et quand les balles tombèrent, il disait encore : Seigneur, pitié pour moi !, bénissant ses bourreaux et leur pardonnant.

Ce n’était pas fini. Le prélat n’avait pas été touché mortellement. On le laissa agoniser là une heure ou deux, sur un monceau d’autres cadavres, et seulement alors il reçut le coup de grâce.

Les bourreaux le dépouillèrent ; l’un se mit le pantalon, l’autre les chaussures, qui lui allaient bien (c’est lui-même qui le reconnut plus tard, après la guerre, avant d’être à son tour exécuté). 

Mgr Florentino Asensio fut béatifié en 1997.

Sa devise était : Ut omnes unum sint (Que tous soient Un, cf. Jn 17:21).

 

 

José María Celaya Badiola

1887-1936

 

Il vit le jour le 24 février 1887 à Azcoitia (Guipuzcoa, Espagne).

En 1903, il entra comme aspirant chez les Salésiens de Villaverde de Pontones (Cantabria) et, l’année suivante commença son noviciat à Carabanchel Alto, comme coopérateur, avec la responsabilité de cordonnier.

En 1906, il fit la profession.

En 1917, il partit à Camagüey (Cuba), où il resta deux ans seulement, à cause de sa santé. Il dut passer une longue période de repos à Carabanchel Alto ; il y retourna une seconde fois, puis fut nommé en 1934 à Mohernando (Guadalajara).

Le Frère était atteint d’une paralysie progressive, qui lui rendait la vie de plus en plus douloureuse.

Quand il fallut évacuer le collège en 1936, les miliciens lui permirent dans un premier temps de rester dans la maison, mais quand il fallut l’évacuer définitivement le 3 août, José María fut bien contraint d’accompagner ses Confrères à Madrid. Le voyage fut un réel tourment pour ce saint homme. Dans la capitale, les Religieux furent d’abord réunis au centre de la Gauche Républicaine, puis à la Direction Générale de Sécurité.

José María n’arrivait pas à descendre une marche. Un jeune Frère suggéra de la lui faire passer avec une chaise, mais la seule réponse des miliciens fut que c’étaient les curés qui étaient responsables de la guerre. Le croyant prêtre aussi, ils accusèrent José María d’avoir empoisonné le peuple avec ses sermons. 

Pendant une demi-heure, les Religieux (avec José María), durent rester debout face au mur les mains en l’air. Le pauvre José María demandait instamment de pouvoir prendre seulement son médicament dans sa valise. Refus impitoyable. 

Le 4 août à deux heures du matin, José María passait avec d’autres Salésiens de Mohernando à la prison de Ventas. Son calvaire allait parvenir au paroxysme. 

Voyant que son état s’aggravait, on l’envoya à l’infirmerie, où on lui fit une «mystérieuse» injection.

José María Celaya Badiola s’éteignit alors, le 9 août 1936.

Son cadavre resta là quelque temps, exposé aux moqueries grossières des miliciens.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

 

Francisco López-Gasco Fernández-Largo

1888-1936

 

Il vit le jour le 4 octobre 1888 en la fête de saint Francesco d’Assise, dont il reçut le nom au baptême, le lendemain. Il fut même confirmé dès le 20 octobre, selon une coutume de l’époque.

En 1901, il entra au Petit séminaire de Tolède, puis au Grand. 

Son archevêque l’envoya terminer sa théologie à Rome, où il passa la licence et le doctorat en théologie ; il y fut ordonné prêtre, en 1914.

De retour dans son pays, il fut d’abord professeur au séminaire et aumônier des Frères Maristes de Tolède ; en 1918, vicaire à la paroisse Saint-Jacques de Tolède, puis curé à Cuerva.

Il fonda une pieuse union pour les jeunes, Alliance en Jésus par Marie, aujourd’hui institut séculier.

En 1936, il était curé de Villa de Don Fadrique (Tolède).

Dès le 18 juillet, il se réfugia dans la maison de son sacristain, où il continuait de recevoir et de confesser, sans se cacher. Il savait ce qui l’attendait et s’y préparait tranquillement.

Il fut arrêté le 3 août 1936. On le maltraita de toutes les façons ; il refusa de blasphémer ; on lui coupa une oreille ; la nuit du 8 au 9 août, on tenta de l’assommer comme une bête, ainsi que les autres prisonniers avec lui. Dans leur rage, les bourreaux ne s’aperçurent même pas que le prêtre n’avait pas expiré : ils emmenèrent toutes les victimes et au lieu-dit La Media Luna, les jetèrent du camion ; le corps du prêtre se renversa sur les autres cadavres, et un des bourreaux, après s’être encore bien moqué de lui, lui assena un formidable coup de matraque qui lui écrasa le crâne.

C’était le 9 août 1936. Don Francisco fut béatifié en 2007.

 

 

Faustino Oteiza Segura

1890-1936

 

Il vit le jour le 14 février 1890 à Ayegui (Navarre), de Isidoro et Ángela, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Vers quatorze ans, une grave pneumonie faillit l’emporter. Il reçut le Saint Viatique.

Rétabli, il voulut entrer chez les Pères des Ecoles Pies, en 1905.

Il fit la profession simple en 1907, avec le nom de Faustino de Notre-Dame des Douleurs, et la profession solennelle en 1912.

Ordonné prêtre en 1913, il fut chargé d’enseigner aux enfants à Peralta de la Sal ; il y resta vingt-trois ans.

Il souffrit patiemment la maladie de Parkinson, tout en accomplissant fidèlement sa mission.

Il fut aussi maître des novices.

En juillet 1936, on évita quelques jours les troubles dans Peralta, mais ils reprirent le 22, jour où les révolutionnaires furent maîtres sur place. 

Une quarantaine de soldats arrivèrent de Binefar dans l’intention de mettre le feu à la maison des Piaristes. Il fallut évacuer la maison, avec ses trente novices et postulants.

On a vu que le supérieur, Dionisio Pamplona, fut assassiné dès le 25 juillet. La maison, l’église, tout fut détruit brûlé. Dans la maison où on les enferma, les Religieux s’organisèrent pour maintenir une vie de prière, bénéficiant encore de la bienveillante charité des familles du pays. 

Les plus jeunes purent peu à peu regagner leurs familles. Le 28 juillet, furent assassinés deux autres membres de la communauté. Il ne restait que le père Faustino et le frère Florentín.

Le 29 on les évacua encore dans une autre maison.

Les deux Religieux furent à leur tour appelés, le 9 août 1936 pour aller être jugés. 

Parvenus à Azanuy, les miliciens les firent descendre du camion, parcourir une centaine de mètres à l’écart de la route. Au moment d’être fusillé, le père Faustino reconnut parmi les miliciens un de ses élèves et lui dit : Antonio, tu vas tuer ton maître ? L’autre s’enfuit en sanglotant.

On tenta de mettre le feu aux deux cadavres. 

Les deux Religieux furent béatifiés en 1995.

 

 

Mateo Molinos Coloma

1890-1936

 

Il vit le jour le 21 août 1890 à Forcall (Castellón).

Il commença le noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1906, passa au noviciat, fit la profession en 1918 et prit le nom de Dionisio Luis.

Les lieux de son activité furent Tarragona et Bonanova ; professeur pendant douze ans, il y fut nommé préfet, puis directeur (1932). 

Après quatre années, arriva la révolution de 1936.

Il se trouvait avec le Frère visiteur (Leonardo José, alias José María Aragones Mateu) à La Seo de Urgel et préparait les retraites. Ils s’efforcèrent de gagner Barcelone pour être avec les autres Frères, mais ils ne purent que trouver à se loger dans un hôtel le 22 juillet, toute communication étant impossible.

Le 7 août, ils sollicitèrent un sauf-conduit, mais le miliciens les trouvèrent «suspects», vinrent fouiller leur chambre à l’hôtel, et arrêtèrent l’autre Frère.

Le 9 août, voyant qu’ils allaient être fusillés, ils s’embrassèrent et tombèrent sous les balles, vers Traverseras, au lieu-dit Baños de Sugrañes (Lleida).

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

José María Garrigues Hernández

1895-1936

 

Il vit le jour le 12 février 1895 à Carcaixent, de Juan Bautista et María Ana, fut baptisé le jour-même.

Il y eut huit enfants dans cette belle famille chrétienne, dont trois furent Capucins. Le papa appartenait à diverses associations pieuses, y compris le Tiers-Ordre franciscain.

Sur les traces de son aîné Domingo, José María entra au Séminaire Séraphique de Massamagrell, prit l’habit en 1911, professa en 1912, avec le nom de Germán de Carcagente, et fit la profession solennelle en 1917.

Il fut ordonné prêtre en 1919.

Son activité principale fut l’apostolat auprès de la jeunesse et des pauvres. Il enseigna à Totana (Murcia) et à Massamagrell. Il fut sous-maître des novices à Ollería et Alcira (1926) ; dans cette dernière localité, il s’occupa aussi de l’école des petits enfants et organisa une schola cantorum.

Dès février 1936, il fallut abandonner le couvent d’Alcira et rejoindre celui de Valencia.

En juillet, il se réfugia avec un frère dans leur pays. Tous les édifices religieux partirent en flammes, ainsi que le matériel. Beaucoup de catholiques, même laïques, furent assassinés.

Trois miliciens se présentèrent au soir du 9 août pour fouiller ; ils en sortirent tout ce qu’ils y trouvèrent comme images et crucifix, qu’ils firent brûler dans la rue ; puis un voisin leur fit remarquer que l’homme qui les avait accompagnés était un Religieux. Ils l’emmenèrent au Comité, une heure après à la Garde Civile, convertie en prison, et se livrèrent à son encontre à une série de moqueries et de mauvais traitements.

Vers minuit de ce 9 août 1936, ils l’emmenèrent près du pont de chemin de fer sur le Júcar. En descendant du véhicule, le père Germán s’agenouilla, baisa les mains de ses bourreaux et leur pardonna : Je vous pardonne, parce que je sais que vous allez me tuer.

Une première salve le fit tomber un peu plus bas, les bourreaux le rejoignirent et tirèrent une seconde fois.

Le lendemain, le juge ordonna de relever la dépouille du Père. A l’hôpital, les Religieuses le reconnurent : son visage portait encore son habituel sourire.

Le père Germán ayant été exécuté «vers minuit», on trouve parfois la date de sa mort au 10 août. Le Martyrologe la mentionne au 9 août.

Il fut béatifié en 2001.

 

Julián Pozo Ruíz de Samaniego

1903-1936

 

Il vit le jour le 7 janvier 1903 à Payueta, de Toribio et Micaela, et fut baptisé le 9. Quoique inconnu, le martyr saint Julien qui se trouve parmi les Saints du 7 janvier, fut le patron de notre Julián.

Sa mère fut veuve et se remaria.

Il reçut la confirmation en 1912.

Les détails que nous connaissons de lui, proviennent de sa propre biographie, qu’il écrivit durant le noviciat.

Il raconte qu’il eut dès l’enfance le désir d’être prêtre et missionnaire.

Il entra à dix ans au collège des Pères Rédemptoristes de El Espino (Burgos).

En 1915, il rejoignit le nouveau collège de Cuenca, où il prit l’habit en 1919 et commença le noviciat.

Il y eut un petit incident juste avant la vêture : les supérieurs jugèrent bon d’envoyer Julián se reposer un certain temps chez lui, pour reprendre des forces ; le garçon en fut tout étonné, pria ardemment la Sainte Vierge, et reçut quelques jours après l’invitation à se rendre à Nava del Rey (Valladolid), pour la vêture et commencer le noviciat (25 août 1919).

Il fit la profession en 1920 en même temps que son Confrère Miguel Goñi, et passa à Astorga pour les études sacerdotales. 

Julián fut cependant affecté d’une maladie chronique, qui limita ses possibilités et, de toutes façons, lui barra le chemin des missions. Cette maladie fut diagnostiquée comme le mal de Betcherew, dégénérant en une paralysie progressive des os de la colonne vertébrale et provoquant une insuffisance respiratoire. Il s’ensuivit une tuberculose chronique. Julián supporta cela avec un sourire imperturbable.

En 1921, il fut envoyé dans sa famille pour un temps de repos ; il put ensuite affronter les études, qu’il affronta courageusement, malgré les moments de faiblesse répétés. Il passa la fête du 15 août 1923 dans son lit, crachant le sang, mais encore plus convaincu de sa vocation parmi les Rédemptoristes.

Après un séjour à Nava del Rey pour se reprendre, il revint à Astorga et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut envoyé à Granada, où il put assister la Servante de Dieu Conchita Barrecheguren, elle aussi malade de tuberculose.

En 1927, il alla à Cuenca, où l’attendait le martyre. Seulement en 1933-1934, il fut confesseur des aspirants à El Espino, charge qu’il dut abandonner à cause d’un nouvel accès de sa maladie.

En 1928 déjà, il demanda à recevoir le Sacrement des Malades, qu’il reçut en pleine conscience de sa possible mort prochaine ; son Supérieur en informa la famille, parlant de lui comme d’un santito, petit saint.

La conjoncture politique lui fit peu à peu entrevoir l’éventualité du martyre, ce qui le comblait de joie.

Le 20 juillet 1936, il quitta le couvent avec un autre Frère, et ils furent reçus chez des amis. Le 25, ils allèrent loger au séminaire.

A partir du 31 juillet eurent lieu arrestations et exécutions. Le tour du père Julián arriva le 9 août ; il fut martyrisé avec un autre prêtre à quelques kilomètres de Cuenca. Au moment d’être fusillé, il demanda à conserver sa soutane. Quand il reçut la décharge, il cria encore Vive le Christ Roi !, et une seconde décharge l’acheva. On retrouva son corps, en position agenouillée, le chapelet à la main ; il avait reçu le martyre à trente-trois ans.

L’autre prêtre, Juan Crisóstomo Escribano García, prêtre diocésain, ne fait pas partie de la même cause de béatification que Julián.

Ce martyre eut lieu le 9 août 1936, et le père Julián fut béatifié en 2013, avec cinq autres Rédemptoristes : José Javier Gorosterratzu, Ciriaco Olarte, Miguel Goñi Áriz, Victoriano Calvo et Pedro Romero.

 

 

Martyrs Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu

† 1936 (9 août)

 

Sept Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, d’origine colombienne, avaient été envoyés de leur pays en Espagne pour compléter leur formation. Ils vivaient non loin de Madrid, à Ciempozuelos, occupés à soigner des malades mentaux, leur apportant toute l’aide possible pour leur santé physique et spirituelle.

Lors de la guerre civile espagnole, en 1936, le gouvernement communiste fit savoir à ces Religieux qu’ils devaient laisser l’établissement à des employés marxistes (qui ne connaissaient rien en matière de médecine ou de tenue d’un hôpital, n’ayant d’autre titre que d’être anticléricaux).

Les sept Frères furent mis en prison à Madrid.

L’ambassadeur de Colombie l’apprit et leur procura des passeports en règle, ainsi que des brassards aux couleurs de leur pays, pour leur faciliter la sortie d’Espagne à destination de leur patrie. De son côté, l’aumônier des Clarisses de Madrid leur remit l’argent nécessaire pour le voyage. Il les mit au train de Barcelone, tandis que l’ambassadeur invitait le consul de Colombie à Barcelone à aller les attendre en gare. Mais les gardes marquèrent tous les billets d’un signe particulier, convenu avec leurs camarades de Barcelone.

Le consul colombien à Barcelone avait déjà hébergé une soixantaine de catholiques dans son consulat, mais il voulait absolument venir en aide à ces Frères. Il se déplaça plusieurs fois à la gare, où le train n’arriva jamais. On finit par lui dire que ses sept concitoyens étaient en prison.

A la prison, on lui dit qu’il ne pouvait pas rencontrer ces Messieurs, sans une autorisation de la FAI (Fédération Anarchiste Espagnole) ; l’ayant obtenue, il se vit répondre qu’on ne pouvait libérer ces hommes, parce qu’ils avaient de faux passeports ; le Consul protesta que les passeports avaient été établis par l’ambassadeur, mais on lui affirma que l’écriture de certains d’entre eux était illisible ; chaque fois on lui disait de revenir plus tard.

Le 9 août au matin, on lui dit qu’ils avaient été transportés à l’hôpital : en réalité, on les avait assassinés durant la nuit.

Voici leur noms par ordre alphabétique ; on trouvera une notice pour chacun :  

  • Alfonso Antonio Ramírez Salazar (Eugenio, né en 1913)
  • Gabriel Maya Gutiérrez (Esteban, né en 1907)
  • José Velázquez Peláez (Juan Bautista, né en 1909)
  • Luis Ayala Niño (Arturo, né en 1909)
  • Luis Modesto Páez Perdomo (Gaspar, né en 1913).
  • Ramón Ramírez Zuluaga (Melquiades, né en 1909)
  • Rubén López Aguilar (Rubén de Jésus, né en 1908).

 

Tous les sept furent béatifiés en 1992.

 

 

Gabriel Maya Gutiérrez

1907-1936

 

Né à Pácora (Caldas, Colombie) le 19 mars 1907, Gabriel était le fils de Baudillo et Teresa, qui lui donnèrent une éducation très chrétienne.

Il fut confirmé en 1909.

En 1932 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Esteban (Etienne).

Un Confrère put dire de lui qu’il était humble, charitable, pieux et consciencieux. Bien que très doué et bien préparé, il acceptait, à l’occasion, de se soumettre à un autre Frère moins doué ou moins formé que lui.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos, où il montra sa patience et son dévouement pour les malades.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Rúben López Aguilar

1908-1936

 

Né à Concepción (Medellín, Colombie) le 12 avril 1908, Rúben était le deuxième des quatorze fils de Joaquin et Efigenia. 

Ajoutons que, devenu veuf, Joaquin se remaria et eut sept autres enfants.

On imagine les difficultés financières que pouvaient avoir de tels parents, devant donner à manger à vingt-et-un enfants.

Rúben voulait devenir prêtre, mais ne rencontra personne pour l’aider. Après quelques études, préoccupé par la pauvreté de sa famille, il chercha un travail, aux mines de Yolombó et Alejandría et au percement du tunnel de Quiebra.

Partout il se montra excellent compagnon et ami, partageant ce qu’il avait. Il répétait souvent Bendito sea mi Dios (Béni soit mon Dieu).

En 1930 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu à Bogotá, où il fit la profession en 1935, prenant le nom de Rúben de Jésus.

La guerre de 1933 entre le Pérou et la Colombie fut pour lui l’occasion de montrer son amour pour les malades, et son esprit d’obéissance, devant accompagner les soldats jusqu’à Pasto.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Guillermo Plaza Hernández

1908-1936

 

Il vit le jour le 25 juin 1908 - le jour où l’on fête un célèbre Italien, saint Guglielmo de Montevergine - à Yuncos (Tolède, Espagne).

Il étudia la philosophie au séminaire de Tolède, puis continua sa formation sacerdotale dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains à Tortosa (Tarragona). Il fut ordonné prêtre en 1932.

Jeune prêtre, il fut déjà nommé préfet au séminaire de Saragosse et, en 1935, à celui de Tolède.

Dès le 22 juillet 1936, il dut se cacher, dans la famille d’un séminariste de cette ville.

Le 9 août, sur conseil de cette famille, l’abbé Plaza gagna un petit pays voisin, Cobisa, où l’on croyait qu’il serait plus en sûreté qu’en pleine ville. Mais en y arrivant, quelqu’un ne sut retenir sa langue et dit tout fort : Je me suis confessé à ce prêtre.

Il fut arrêté sur place et conduit à la mairie, où il répondit franchement qu’il était prêtre.

On l’emmena avec des moqueries et des coups ; il demanda à passer par son pays, pour saluer sa mère, mais on le lui refusa.

A Argès, l’endroit de l’exécution, il demanda qui allait le tuer, pour s’agenouiller devant lui et lui baiser la main en signe de pardon, mais on le lui refusa aussi.

Ils tirèrent tous ensemble et le jeune prêtre tomba, le 9 août 1936, à vingt-huit ans.

Dieu permit que la sainte maman du prêtre mourût ce jour-là, à Yuncos, de sorte qu’elle put elle-même recevoir au Ciel son fils qui avait dû renoncer à la joie de la saluer avant de mourir.

Don Plaza fut béatifié en 1995.

 

 

Ramón Ramírez Zuluoga

1909-1936

 

Né à Sonsón (Antioquia, Colombie) le 13 février 1909, Ramón reçut une éducation très chrétienne.

Il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en prenant le nom de Melquiades.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Luis Ayala Niño

1909-1936

 

Né à Paipa (Boyacá, Colombie) le 7 avril 1909, Luis reçut une éducation très chrétienne.

En 1928 il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1929, prenant le nom de Arturo.

Venu en Espagne en 1930 pour compléter sa formation, il fut à Ciempozuelos et à Málaga.

Après la profession solennelle, en 1933, il fut destiné aux études sacerdotales, qu’il ne put achever, ayant reçu le martyre. 

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

José Velázquez Peláez

1909-1936

 

Né à Jardín (Antioquia, Colombie) le 9 juillet 1909, José fut baptisé le jour même.

Il fut confirmé en 1912 et reçut la Première communion en 1916.

En 1932, après ses études de magistère, il demanda à entrer chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Juan Bautista.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il fut à Cordoue, Granada et Ciempozuelos.

En juillet 1936, quand la révolution était déjà prête à éclater, il demanda à faire tout de suite les vœux solennels (alors qu’il devait faire les vœux temporels en septembre).

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Josep Figuera Rey

1912-1936

 

Josep était né le 22 août 1912 à Pobla de Segur (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 1er septembre suivant.

D’abord élève des Frères des Ecoles Chrétiennes, il entra au noviciat mineur de Mollerusa, passa au noviciat de Pibrac (Haute Garonne) en 1928, où il fit la profession avec le nom de Llorenç Gabriel.

Il fit le scholasticat à Talence (Gironde), puis fut catéchiste à Pons (Charente Maritime), Calaf (Barcelone) et Manresa.

En 1935, la maison de Toulouse fut reliée à Barcelone, et il fut nommé à Condal.

Au moment de la révolution, il se réfugia chez sa grand-mère, priant, travaillant dans le jardin.

La nuit du 8 au 9 août, deux voitures de miliciens s’arrêtèrent devant la maison : on cherchait Frère Llorenç.

On lui demanda ce qu’il faisait là ; il répondit qu’il était maître, qu’il préparait d’autres examens et qu’il passait seulement quelques jours chez la grand-mère. Durant la fouille de la maison, on découvrit dans sa valise sa photographie avec l’habit religieux.

On l’accusa d’avoir menti ; il répéta qu’il disait vrai en affirmant qu’il était maître et que, de plus, il était Religieux, de la famille des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Ils l’emmenèrent, expliquant à la grand-mère que, comme il avait menti, ils devaient un peu lui faire peur.

Evidemment, le Frère Llorenç ne revint pas. Sur son cadavre, un carton indiquait qu’il était mort par balles, le 9 août 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Luis Modesto Páez Perdomo

1913-1936

 

Né à La Union (Huilá, Colombie) le 15 juin 1913, Luis était le fils de Felix María et de María.

Il fut d’abord ondoyé, puis le prêtre célébra les rites complémentaires, le 17 novembre.

En 1933 il entra chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu, où il fit la profession en 1935, prenant le nom de Gaspar.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Alfonso Antonio Ramírez Salazar

1913-1936

 

Né à La Ceja (Antioquia, Colombie) le 2 septembre 1913, Alfonso entra chez les Frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu en 1932, où il fit la profession en 1933, prenant le nom de Eugenio.

Son premier «poste» fut d’être responsable de nuit à l’hôpital psychiatrique Notre-Dame de la Merci, à Bogotá.

Venu en Espagne pour compléter sa formation, il était à Ciempozuelos.

Il fut assassiné le 9 août 1936 et béatifié en 1992.

On trouvera les détails de l’arrestation et de la mort des sept Frères Hospitaliers dans la notice Hospitaliers de Ciempozuelos

 

 

Edith Stein

1891-1942

 

Edith Stein naquit le jour de la grande fête juive du Yom Kippour, le 12 octobre 1891 à Wrocław (qui était à l’époque Breslau), dernière des onze enfants d’une famille juive. 

Son père, commerçant en bois, mourut quand elle n’avait que trois ans, laissant une veuve très courageuse, volontaire, admirable, qui sut reprendre l’entreprise de son époux, mais qui ne sut pas maintenir chez ses enfants une foi vivante. Edith perdit la foi en Dieu ; elle l’écrivit : En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de prier.

Edith obtint brillamment son baccalauréat en 1911 et commença des études d’allemand et d’histoire à l’Université de Wrocław, mais elle s’intéressait davantage à la philosophie.

Elle s’affilia à l’Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote, car elle se disait féministe radicale, une position qu’elle abandonna plus tard pour des solutions purement objectives.

En 1913, elle alla à Göttingen suivre les cours d’Edmund Husserl, dont elle devint l’assistante et avec qui elle passa sa thèse. Elle rencontra aussi Max Scheler, qui lui ouvrit le regard sur le catholicisme.

En 1915, elle passa son examen d’Etat, puis fréquenta un cours d’infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien.

En 1916, l’hôpital fut fermé et Edith retrouva Husserl à Fribourg-en-Brisgau. En 1917, elle présenta sa thèse et fut reçue summa cum laude, «Sur le problème de l’empathie».

C’est à cette époque qu’elle fut vivement «interpellée» en voyant une brave femme entrer dans une église catholique, son panier à la main, une scène qu’elle n’oublia jamais.

Une autre rencontre, avec Adolf Reinach et son épouse, convertis au christianisme, l’aida à voir la lumière sur le Christ mort et resssucité. 

Après cette illumination, elle chercha à travailler pour elle-même et désirait obtenir l’habilitation à l’enseignement. Husserl se prononça en sa faveur, mais les femmes n’avaient pas accès à ce poste, encore moins une femme juive.

La lecture du Nouveau Testament, de saint Ignace de Loyola, de sainte Thérèse d’Avila, du philosophie chrétien Kierkegaard, l’amena peu à peu à la conversion totale : elle fut baptisée le 1er janvier 1922, et confirmée le 2 février suivant.

Elle annonça la nouvelle à sa mère, qui en fut très émue, mais qui ne put jamais faire comme sa fille le pas vers le christianisme.

Edith pensa tout de suite au Carmel, mais en fut dissuadée par les prêtres qui l’accompagnaient. 

Jusqu’en 1931, elle donna des cours d’allemand et d’histoire au lycée pour enseignants du couvent dominicain de Spire. On l’invita aussi à donner des conférences ; elle se mit à traduire la correspondance de Newman, les Questiones disputatæ de veritate de saint Thomas d’Aquin. Elle passait les grandes fêtes de l’année à l’abbaye de Beuron.

En 1932, on lui confia une chaire à l’Institut de Pédagogie scientifique de Münster, mais en 1933 elle tombait sous la loi nazie et ne pouvait plus conserver son poste. Alors, elle s’orienta vers sa première aspiration, le Carmel, et se présenta au Carmel de Cologne.

Elle alla une dernière fois chez les siens, accompagna sa mère à la synagogue. Sa mère ne comprit jamais sa démarche ; Edith lui écrira chaque semaine, mais ne reçut jamais de réponse. C’est sa sœur Rosa qui lui donnera des nouvelles de la famille.

Edith avait déjà fait les vœux de religion, privément, quand elle était à Spire. Entrée au carmel de Cologne, elle prit l’habit en 1934, avec le nom de Theresa-Benedicta de la Croix, et fit la première profession en 1935.

Sa mère mourut le 14 septembre 1936, jour de la fête de la Croix.

Edith - Theresa Benedicta - fera sa profession solennelle en 1938, et consacrera ses temps libres à l’écriture d’ouvrages.

Elle passa au carmel d’Echt, où travaillait sa sœur Rose, à son tour baptisée, qui travaillait chez les Carmélites.

Le 2 août 1942, la Gestapo vint chercher Edith : elle était en train de prier, à la chapelle. Elle n’eut que cinq minutes pour se présenter, avec sa sœur Rosa.

Réunies à d’autres Juifs convertis au christianisme, les deux sœurs furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork : c’était la représaille nazie contre la protestation des évêques catholiques des Pays-Bas qui avaient dénoncé le pogrom et la déportation des Juifs.

Au matin du 7 août, un convoi d’environ mille Juifs partit pour Auschwitz.

Ce fut le 9 août 1942, que sœur Theresa-Benedicta de la Croix, avec sa sœur Rosa et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Elle fut béatifiée en 1987. A cette occasion, le pape Jean-Paul II prononça ces paroles : 

Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d'Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle. Elle est la synthèse d'une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s'engagent, aujourd'hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, "jusqu'à ce qu'enfin il trouvât le repos dans le Seigneur". 

Selon ce même pape, l'Église honorait ainsi une fille d'Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec foi et amour au Seigneur Crucifié, Jésus Christ, telle une catholique, et à son peuple telle une juive.

Theresa Benedicta de la Croix fut successivement canonisée en 1998. Elle est inscrite le 9 août au Martyrologe. 

En outre elle a été proclamée co-patronne de l’Europe (1999), avec sainte Brigitte de Suède et sainte Catherine de Sienne.

Franz Huber-Jägerstätter

1907-1943

 

Franz Huber fut le fils naturel de parents si pauvres qu’ils ne pouvaient se marier et tenir un foyer. Le garçon, né le 20 mai 1907 à Sankt Radegund (Autriche), fut recueilli par sa grand-mère paternelle.

Quand le papa, Franz Bachmeier, mourut à la Première guerre mondiale, la maman, Rosalia épousa Heinrich Jägerstätter, un paysan, qui adopta Franz (1917). Ce dernier profita de la bibliothèque de son nouveau grand-père, et se passionna pour la lecture.

En 1927, Franz s’engagea trois mois dans une ferme de Bavière, puis pour trois ans dans une mine du Steiermark ; l’ambiance social-démocrate du milieu ouvrier lui fit peu à peu abandonner la pratique religieuse.

En 1933, mourut son père adoptif. Revenu à la campagne, et à la pratique, il songea entrer en religion, mais son curé préféra lui conseiller de fonder un foyer.

Franz épousa en 1936 Franziska Schwaninger, dont il eut ensuite trois filles. Leur voyage de noces les conduisit en pèlerinage à Rome.

La piété de Franz s’approfondit ; il se rendait chaque jour à la Messe, communiait souvent (car à l’époque la communion quotidienne n’était pas encore une habitude acquise) et faisait beaucoup de lectures pieuses. Quand il faisait le croque-mort dans son village, il refusait d’être rémunéré.

En 1938, il eut un rêve où il comprit clairement l’opposition essentielle entre l’idéal chrétien et celui du National-Socialisme. En mars, on lui proposa d’être le maire de son village autrichien ; l’Autriche venait d’être envahie par les troupes allemandes, et il refusa ce poste. Au référendum d’avril sur l’Anschluß de l’Autriche à l’Allemagne, il fut le seul de Sankt Radegund à voter Non ; au dépouillement des urnes, on supprima même sa voix pour déclarer 100% de Oui.

En 1940, on dénonça à la Gestapo dix «opposants au régime», parmi lesquels Franz. Mais la lettre de dénonciation fut habilement interceptée et n’eut pas de suites immédiates. Franz, à trente-trois ans, fut appelé sous les drapeaux. A la fin de la même année, il revêtit l’habit du Tiers-Ordre franciscain.

C’est en 1941, se trouvant à Ybbs, il apprit comment on se débarrassait des malades mentaux par l’euthanasie. Grâce à l’un de ses supérieurs, il fut en tant qu’Autrichien déclaré non-disponible et renvoyé chez lui.

Désormais, sa conviction inébranlable était bien claire dans sa tête : on ne pouvait pas sans pécher gravement contre Dieu, combattre pour un dictateur qui prétendait gouverner le monde. Il l’écrivit à l’évêque : Comment peut-on soutenir une Allemagne qui s’est livrée à tant d’enlèvements dans plusieurs pays ? Est-ce une guerre juste et sainte ? Qui l’Allemagne combat-elle dans ce pays : le bolchevisme ou le peuple russe ? Quand les missionnaires vinrent évangéliser ces régions, utilisèrent-ils les fusils et les bombes ? 

Mais l’opportunisme régnait ; à part sa femme, le reste de la famille, ses voisins, même les membres du clergé, tous s’éloignèrent de lui.

La Wehrmacht le rappela en 1943. Quand il se présenta, il expliqua son opposition à tout combat et se proposa pour des services en-dehors des combats, ce qu’on lui refusa. A Enns, il répéta son opposition. On l’interrogea ; on le transféra de Enns à la prison militaire de Linz (mars-avril 1943). De là, il écrivit à son épouse que, certes, il ne pouvait rien changer aux événements du monde, mais qu’il voulait au moins être un signe que tout le monde ne se laissait pas emporter par le fleuve.

En mai 1943, il fut emmené à la prison de Berlin-Tegel ; le 6 juillet, il passa en jugement au Charlottenburg de Berlin. Accusé d’avoir conspiré contre les forces militaires, il fut condamné à mort et à la perte de ses droits civils.

Jusqu’au jour de son exécution, il refusa constamment de revenir sur sa prise de position.

Il fut le premier de seize victimes à être décapité à Brandenburg/Havel, le 9 août 1943.

La figure de Franz Jägerstätter eut un très grand retentissement jusque dans le mouvement pacifiste américain ; un film autrichien fut tourné en 1972 sur Le cas Jägerstätter ; en 1997, la cour de Berlin annulla la condamnation ; en 2005, le parlement autrichien le réhabilita, après l’avoir longtemps considéré comme déserteur.

Franz Jägerstätter fut béatifié en 2007, en présence de son épouse de quatre-vingt-quatorze ans et de ses trois filles.

 

 

Zbigniew Adam Strzałkowski

1958-1991

 

Il naquit le 3 juillet 1958 à Zawadzie (Pologne).

Après l’école du village, il fréquenta le lycée jusqu’au baccalauréat, qu’il obtint en 1978, l’année de l’élection papale de Jean-Paul II.

Zbigniew travailla d’abord pendant un an comme mécanicien à Tarnów.

En 1979, il entra chez les Frères Mineurs franciscains, et fit les études régulières de philosophie et de théologie.

En juin 1986, il fut ordonné prêtre, le même jour où était ordonné diacre Michał Tomaszek, et dans cette même ville de Wrocław où étaient arrivés les Frères Mineurs sept-cent cinquante ans auparavant.

De 1986 à 1988, le père Zbigniew fut sous-directeur du Petit Séminaire franciscain de Legnica.

En 1988, ses Supérieurs ouvrirent une mission au Pérou, et Zbigniew fut dans les premiers à y être envoyés, en novembre 1988, avec son ami Michał Tomaszek.

L’endroit était très isolé, privé d’eau et d’électricité, sans téléphone ; les Franciscains y ouvrirent une mission sur l’appel de l’évêque. En arrivant, ils trouvèrent une petite chapelle et une «maison paroissiale» inachevée.

Bien accueillis, ils se firent aider pour achever ce presbytère ; ils s’occupèrent des malades lors d’une épidémie de choléra ; ils fondèrent une école, firent le nécessaire pour amener la radio et le téléphone.

Le 9 août 1991, des hommes du groupe maoïste Sentier lumineux vinrent enlever les deux prêtres avec le chef du village, qui assista au «jugement».  Les pères étaient accusés de résister à la révolution en faisant prier le chapelet, honorer les Saints, assister à la Messe et lire la Bible ; de mentir aux gens, car la religion est l’opium du peuple ; de participer à l’impérialisme du pape polonais Jean-Paul II. 

On retrouva les corps des deux prêtres face contre terre, la tête brisée par une balle dans le crâne. On avait écrit sur un papier avec le sang de Zbigniew : Ainsi meurent les esclaves de l’impérialisme.

Zbigniew avait trente-trois ans.

On n’a jamais identifié les coupables, et le groupe du Sentier lumineux, en grande partie démantelé, n’a pas encore cessé complètement ses exactions.

Au village, les gens disent que le père Zbigniew guérit les malades.

La date de béatification du père Strzałkowski a été fixée au 5 décembre en même temps que pour son confrère Michał Tomaszek.

 

 

Michał Tomaszek

1960-1991

 

Michał Tomaszek naquit le 23 septembre 1960 à Łękawicy (Żywiec, Pologne). 

Son père, Mieczysław, mourut en 1969, laissant une veuve avec quatre enfants, deux fils (jumeaux) et deux filles.

Michał fréquenta assidûment la paroisse, avec toute sa famille, et fut enfant de chœur.

Après avoir achevé le lycée à Łękawicy, il entra au petit séminaire de Legnica, tenu par des pères franciscains. Déjà là, il donnait beaucoup de temps à la prière méditative devant le Saint-Sacrement. Le soir, quand tout était silencieux, il restait encore longtemps à genoux, dans sa chambre, devant une petite statue qu’il avait apportée de chez lui, de Marie-Immaculée.

En 1980, il passa son baccalauréat et entra dans l’Ordre des Frères Mineurs ; sa demande était bien réfléchie : Depuis longtemps, je suis convaincu d’avoir reçu la vocation au sacerdoce et à l’Ordre franciscain. J’ai eu le temps, pendant les années du Petit séminaire, d’approfondir cet appel. Mon désir est maintenant de travailler dans les missions, pour servir Dieu et Marie Immaculée.

Michał reçut l’habit en la fête de saint Francesco d’Assise (v. 4 octobre) en 1980, et fit la première profession un an plus tard. 

Le noviciat se fit à Smardzewice, puis Michał passa les années de philosophie et de théologie au séminaire franciscain de Cracovie (1981-1987).

En 1985, il fit la profession solennelle. L’année 1986 était le sept-cent cinquantième anniversaire de l’arrivée des Franciscains à Wrocław, aussi choisirent-ils de conférer les Ordres à leurs candidats dans cette ville. Michał reçut donc le diaconat cette année-là et dans cette ville.

En 1987, il fut ordonné prêtre à Cracovie.

Il exerça le saint ministère d’abord dans la paroisse franciscaine de Piensk k Zgorzelec. Il était rempli de zèle pour tous les fidèles. Il eut un soin particulier pour les enfants handicapés. Son ardeur et sa disponibilité le firent appeler second saint François.

Quand il apprit que deux de ses Confrères allaient partir pour le Pérou, il demanda à son Supérieur à être envoyé avec eux ; l’un des deux était justement Zbigniew Strzałkowski, qui serait son compagnon de martyre.

En prenant congé des paroissiens de Piensk, Michał déclara franchement que, si c’était le cas, il n’hésiterait pas à donner sa vie pour Dieu.

Il apprit rapidement les notions nécessaires d’espagnol et partit en juillet 1989. Il se trouva ainsi engagé dans la paroisse de Pariacoto.

En peu de temps, il sut rassembler beaucoup de jeunes autour de lui, auxquels il enseignait la Vérité, qu’il faisait prier, et puis qu’il occupait dans des loisirs utiles, comme la musique et le chant.

Il savait que dans la zone, menaçait et agissait le groupe marxiste Sentier lumineux, qui s’en prenait directement à l’Eglise. Ce furent justement des émissaires de ce groupe qui l’assassinèrent, avec le père Strzałkowski, le 9 août 1991, dans sa quatrième année de sacerdoce. Il avait trente-et-un ans.

La date de béatification du père Michał a été fixée au 5 décembre 2015.

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