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11 août 2020 2 11 /08 /août /2020 23:00

   12 AOUT

 

IV.

S Euplus, martyr à Catane, décapité.

SS Anicetus et Photius, oncle et neveu, martyrs à Nicomédie, brûlés vifs.Ste Hilarie, mère de ste Afra, martyre à Augsburg.

?

SS Gracilien et Felicissima, martyrs à Faléria.

V.

S Muredachus, premier évêque à Killala.

Ste Lelia, vierge en Irlande.

VI.

S Ercolano, évêque à Brescia.

S Porcaire, abbé à Lérins, martyr des Sarrasins avec ses nombreux moines.

VII.

Ste Cécile (Claire, Sigeberge), abbesse à Remiremont, auteur d'une Vie de s. Romaric, fondateur de cette abbaye et qui pourrait être son père.

XVII.

B Charles Meehan, prêtre franciscain irlandais martyr béatifié en 1987.

B Innocent XI, pape (1676-1689) à 55 ans : excellent administrateur, il rompit avec le népotisme, poussa le roi de Pologne et l'empereur à s'allier contre les Turcs sous les murs de Vienne, et s’opposa à l'absolutisme de Louis XIV à propos de la régale.

XVIII.

B Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon, chanoine en Haute-Vienne, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Antôn Nguyên Dích (paysan), Giacôbê Dô Mai Nam (prêtre), Micae Nguyên Huy My (médecin), martyrs décapités au Tonkin ; Antôn avait accueilli le père Giacôbê chez Micae (le maire du village et son beau-père) ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1992 :

Hospitaliers : près de Madrid, le profès Atilano Dionisio (Flavio) Argüeso González (*1877) ;

Clarétains : à Barbastro, les prêtres Nicasio Sierra Ucar, Sebastián Calvo Martínez, Pere Cunill Padrós, José Pavón Bueno (*1890, 1903, 1903, 1909), le sous-diacre Wenceslau Clarís Vilaregut (*1907) ; le profès Gregorio Chirivás Lacambra (*1880) ;

- béatifiée en 1993 :

Laïque : à Hornachuelos (près de Cordoue), Victoria Díez Bustos de Molina (*1903), enseignante de l’Institut Thérésien, jetée dans un puits de mine abandonné, morte en proclamant “Vive le Christ-Roi !” ;

- béatifié en 1995 :

Disciples de Jésus : près de Tarragona, le prêtre Antoni Perulles Estivill (*1892) ;

- béatifié en 2001 :

Salésiens : près de Barcelone, le profès Miquel Domingo Cendra (*1909) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Tolède, Domingo Sánchez Lázaro (*1860) ;

Dominicains : dans les Asturies, l’ancien général de l’Ordre Buenaventura García-Paredes Pallasà (*1866) ;

- béatifiés en 2013 :

Evêques : près de Tarragona, l’évêque auxiliaire Manuel Borrás Ferré (*1880) ; près de Madrid, l’évêque de Jaén Manuel Basulto Jiménez (*1869) ;

Diocésains : près de Lleida, Pau Figuerola Rovira (*1870) ; près de Tarragona Joan Rofes Sancho, Antoni Nogués Martí, Ramon Martí Amenós, Josep María Sancho Toda  (*1875, 1876, 1905, 1909) ; près de Madrid, Félix Pérez Portela (*1895) ; près de Huesca, José Jordán Blecua et Josep Nadal Guiu (*1906, 1911) ;

Carmes Déchaux : près de Tarragona, le profès Carles Barrufet Tost (de Jésus Marie, *1888) ;

Lasalliens : près de Castellón, Pedro José Cano Cebrían (Arístides Marcos) et Gabriel Albiol Plou (Justí Gabriel) (*1906, 1910) ;

Filles de la Charité : près de Madrid, Estefanía Saldaña Mayoral, María Asunción Mayoral Peña, Ramona Cao Fernández, Juana Pérez Abascal, Melchora Adoración Cortés Bueno, María Severina Díaz-Pardo Gauna, María Dolores Barroso Villaseñor (*1873, 1879, 1883, 1886, 1894, 1895, 1896) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : à Cuenca, Enrique María Gómez Jiménez (*1865) ;

Lazaristes : à Madrid, le prêtre Hilario Barriocanal Quintana (*1869), le convers Perfecto Del Río Páramo (*1885), et le laïc Felipe Basauri Altube (*1881).

Bx Józef Straszewski (*1885), prêtre, et Józef Stepniak (Florian, *1912), profès capucin, martyrs polonais déportés à Dachau et gazés en 1942, béatifiés en 1999.

B Karl Leisner (1915-1945), prêtre ordonné clandestinement à Dachau par l'évêque de Clermont-Ferrand, Mgr Piguet ; mort juste après sa libération et considéré comme martyr, béatifié en 1996.

Euplus de Catane

† 304

 

Euplus était chrétien à Catane.

On a dit parfois qu’il était diacre, mais il n’était pas même clerc. 

En avril 304, il se présenta spontanément au tribunal en affirmant désirer mourir pour sa foi.

Il n’était pas obligé de faire cet acte ; l’Eglise le lui aurait même interdit, s’il avait pensé à consulter d’abord un prêtre ou un évêque. Il agit par conviction sincère.

Il présenta les quatre livres des Evangiles. On les lui confisqua probablement, mais en vain : il les savait par-cœur.

Emprisonné, il fut interrogé une deuxième fois au mois d’août suivant. C’est là qu’il avoua avoir encore ces Livres avec lui, mais dans sa tête.

Le gouverneur, nommé Calvisianus, le fit étendre sur le chevalet et frapper jusqu’à ce qu’il consentît à sacrifier aux dieux.

Euplus persévéra dans sa foi. Il fut décapité, le 12 août 304.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 12 août.

 

 

Anicetus et Photius de Nicomédie

† 305

 

On donnait à Anicetus le titre de comte, disons : un dignitaire. Photius était son neveu.

Ils subirent tous deux le martyre par le feu à Nicomédie (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW), en 305 ou 306.

Le Martyrologe Romain les mentionne au 12 août.

 

 

Muredachus de Killala

† 5e siècle

 

Muredachus n’est que la forme latinisée d’un nom irlandais qui pourrait s’écrire Muredach, Muirethacus, Murtagh ; le nom complet de notre Personnage devrait être Muiredach mac Echdach.

Muredachus, donc, était un vieux parent de s.Patrice (v. 17 mars), et proche aussi du roi Lóegaire mac Néill.

Patrice l’établit premier évêque de Killala vers 442.

Dire qu’il rencontra s.Columba (v. 9 juin) en 575 serait lui accorder une longévité étonnante. Peut-être s’agit-il là d’un autre Muredachus.

L’évêque de Killala ne demeura pas sur son siège. Il le quitta pour se retirer sur une île proche de la côte de Sligo. Il y vécut en ermite.

Le Martyrologe Romain le mentionne au 12 août.

 

 

Lelia d’Irlande

† 5e siècle

 

Lelia passerait pour être cette Liadhain, arrière-petite-fille du prince Cairthenn, qui reçut le baptême des mains de s.Patrice (v. 17 mars).

Elle mena une vie très austère, et fut peut-être aussi supérieure de quelque monastère dans le Munster.

Elle est fêtée dans le diocèse de Limerick, où se trouve la localité de Killeely (Cill Liadaini).

Le Martyrologe Romain la mentionne au 12 août.

 

 

Ercolano de Brescia

† 585

 

D’Ercolano, on peut supposer qu’il exerça son épiscopat dans la deuxième moitié du 6e siècle, comme dix-neuvième évêque de Brescia (Italie N), entre s.Cipriano († 582, v. 21 avril ?) et s.Onorio, dont on a seulement une mention en 585, ce qui réduit l’épiscopat d’Ercolano tout au plus à trois années, peut-être moins.

Qui plus est, il se serait retiré à la fin de sa vie dans une vie érémitique, et serait ainsi mort à Campione del Garda, au début de 585 ou peu auparavant.

On retrouva ses reliques en 1282 et il fut proclamé patron de Maderno.

Saint Ercolano de Brescia est commémoré le 12 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Porcaire de Lérins

et ses Compagnons

† 730

 

L’histoire de ce martyre n’a pas convaincu tous les historiens.

Porcaire était l’abbé de l’immense famille religieuse composée de plusieurs centaines de moines vivant sur l’île de Lérins ; plusieurs furent appelés à devenir évêques ou abbés en Gaule ou ailleurs, tant on connaissait leurs mérites.

Vers 730, des Sarrasins envahirent la Provence, faisant disparaître tout ce qu’ils pouvaient trouver de chrétien sur leur passage : hommes, femmes, enfants, églises, monastères. Un ange vint avertir Porcaire que lui et ses moines allaient achever de se sanctifier dans le Sang de l’Agneau, car les hordes païennes ne tarderaient pas à aborder l’île.

Le saint Abbé prévint les moines ; on cacha les reliques ; on emmena en Italie les enfants qui étudiaient dans le monastère ; on se prépara dans la prière. Deux moines jugèrent bon de se cacher dans une grotte voisine.

Les envahisseurs s’abattirent sur le monastère et ses occupants ; ils torturèrent et massacrèrent tous les moines, sauf quatre jeunes qu’ils emmenèrent en hôtages. Un des deux moines cachés dans la grotte revint sur sa décision et alla se présenter aux Sarrasins, qui l’égorgèrent.

Une fois embarqués avec les Sarrasins, les quatre jeunes moines réussirent à échapper à la garde de leurs ravisseurs et revinrent à Lérins ; ayant retrouvé le moine demeuré dans sa grotte, ils allèrent tous les cinq raconter au Pape les événements.

Puis ils retrouvèrent les jeunes et revinrent relever les ruines de leur cher monastère.

Saint Porcaire de Lérins est commémoré avec ses Compagnons le 12 août dans le Martyrologe Romain, qui fait une discrète allusion à une tradition.

Charles Meehan

1645-1679

 

Charles Meehan (ou Mahoney) était né vers 1645 en Irlande. Il était un des quatre enfants de Nicholas The O’Meighan, qui reçurent leur éducation de leur oncle James, en religion frère Bonaventura, franciscain, gardien du collège Saint-Antoine de Louvain.

Après Louvain, les quatre garçons étudièrent au couvent franciscain de Drumahair, puis à Jamestown.

Charles était très brillant, et fut même professeur à Drumahair.

Il retourna à Louvain pour poursuivre d’autres études, et passa aussi quelque temps au Collège franciscain de Prague.

Il fut ordonné prêtre en 1671.

De retour en Irlande, il eut la permission de célébrer la Messe et de confesser, mais pas encore de prêcher, d’après le chapitre de Elphin (1672). Peu après, il fut envoyé en mission en Ecosse.

Peu après, lui arriva l’ordre de rejoindre encore une fois Louvain pour d’autres études (!).

En 1674, on l’envoya à Hammelburg (Germanie), pour étudier la théologie pendant deux années (il n’avait donc pas encore fait de théologie ou n’en avait pas fait assez avant son ordination, ce qui expliquerait pourquoi il n’avait pas encore le droit de prêcher.

Nouvel ordre de départ : on l’envoya à Rome en 1676, comme prédicateur et professeur au Collège Irlandais, après quoi il fut renvoyé en Irlande. Mais le bateau fit naufrage sur les côtes du Pays de Galles (1678), et Charles rejoignit à la nage la côte, vers Milford Haven.

Il était en train de traverser à pied le nord du Pays de Galles à la recherche d’un bateau pour rejoindre son pays, lorsqu’il fut arrêté : son «forfait» était qu’il ne parlait pas bien le gallois.

Là-dessus, on finit par apprendre qu’il était catholique, et même (!) prêtre ; il fut accusé de faire partie d’un complot papiste, le tristement fameux Titus Oates Plot.

On le confia à un gardien brutal et grossier, qui le battit et lui crachait dessus, lui demandant ironiquement : Dis la messe pour nous, curé ! 

Charles put s’échapper, mais fut très vite repris, et encore plus maltraité.

Interrogé, Charles expliqua que, durant toute sa permanence sur le sol anglais, il n’avait jamais pu célébrer la messe, qu’il était un sujet irlandais et ne cherchait qu’à regagner son pays après son naufrage. Il n’y avait plus de chefs d’accusation contre lui, mais la cour le jugea «coupable» et le condamna à mort.

En attendant la sentence, Charles fut mis en prison à Denbigh, où le conseil ne voulait pas payer son entretien. On l’envoya alors à Ruthin, où probablement il aurait pu être relâché.

Cependant, le Comte de Shaftsbury, profondément anti-catholique, disposa l’exécution rapide de Charles. On l’attacha à une claie de bois, traînée par un cheval jusqu’à la sortie de la ville. 

Parvenu devant la potence, le père Charles proclama son innocence, remercia ceux qui l’avaient soutenu, pardonna à ses bourreaux, et dit qu’il voulait prier pour la conversion du roi Charles II : ce dernier, en effet, revint au catholicisme sur son lit de mort, en 1685. 

L’exécution se fit selon le «protocole» anglais, par pendaison (interrompue), éviscération et écartèlement. On commença par extraire son cœur et ses intestins, pour les brûler devant la potence. On coupa la tête et les membres en morceaux, pour les jeter dans le fleuve. La tête fut repêchée et exposée sur une pique, avant d’être secrètement ensevelie.

C’était le 12 août 1679.

Le père Charles Meehan fut béatifié en 1987.

 

 

Innocent XI

1676-1689

 

Benedetto Odescalchi naquit au sein d’une riche famille de Côme, le 16 mai 1611. 

Après avoir étudié chez les Jésuites, il commença le métier des armes, dit-on, mais le quitta après avoir été blessé à l’épaule d’un coup de mousquet.

Il fit donc des études de droit à Gênes, puis à Rome et à Naples, où il fut reçu docteur, et entra dans la cléricature à Rome.

Les papes le remarquèrent et lui confièrent diverses charges : protonotaire apostolique, gouverneur de Macerata, cardinal à trente-quatre ans, enfin légat papal à Ferrare.

A la mort de Clément X, il se passa presque deux mois avant que son successeur fût élu : ce fut notre Benedetto, qui prit le nom d’Innocent XI, en souvenir d’Innocent X  qui l’avait créé cardinal.

Le nouveau pape, deux-cent quarantième successeur de saint Pierre, fut très actif sur trois fronts : à l’intérieur du Vatican, dans les rapports avec les rois de France, et sur le plan doctrinal.

Au Vatican, il fallait retrouver un style plus simple : le pape, qui était lui-même austère, réduisit le train de vie des prélats, réclama une table plus sobre, proscrivit les carrosses somptueux, exigea des serviteurs laïques une conduite irréprochable ; il supprima le Collège des Vingt-Quatre secrétaires, trop dispendieux, et diminua les honoraires des prélats chargés d’étudier les béatifications et canonisations (on sait en effet que certaines causes n’aboutissaient pas, faute de “moyens” ; certains Ordres, plus fortunés, eurent plus de Saints que d’autres).

En France, il y eut le problème de la régale, ce droit octroyé parfois par Rome au souverain pour percevoir les revenus de certains sièges vacants. Louis XIV venait de proclamer que ce droit s’étendait à tous les évêchés systématiquement. Deux évêques s’opposèrent, à Pamiers et à Alet. Sur ordre du roi très chrétien, l’évêque de Montauban fut réduit à la mendicité, neuf chanoines privés de leur traitement et vingt-trois curés mis en prison.

Innocent ne céda pas ; il menaça le roi, qui céda un moment, mais se ressaisit ; les évêques firent semblant de se référer au Parlement pour n’avoir pas à trancher eux-mêmes. La question restait en suspens.

Là-dessus se greffa un autre problème : celui des franchises, ces immunités dont jouissaient les ambassadeurs accrédités à Rome. C’étaient des laissez-passer pour toutes sortes d’abus. Quand le pape voulut les supprimer, le roi de France fut piqué. Son ambassadeur prétendit passer outre, on en arriva presque à un débarquement de troupes françaises dans les États du pape, mais Louis XIV recula au dernier moment, car sa situation se gâtait en Europe et il pouvait y perdre encore du prestige. C’était juste avant la mort du Pape.

Un autre “conflit” politique opposa le pape Innocent XI, à la reine Christine de Suède cette fois-ci. Celle-ci s’était réfugiée à Rome après son abdication et son abjuration. Le pape jugea bon de lui faire retirer ses toilettes trop mondaines, mais aussi de faire saisir toutes les toilettes décolletées des blanchisseries. Quel travail il aurait aujourd’hui… Un autre incident fit que Christine se fâcha tellement contre le pape, que celui-ci lui retira la pension de douze mille écus dont elle jouissait. 

Au niveau doctrinal, le pape Innocent XI condamna la doctrine quiétiste de l’espagnol Molinos, religieux augustin.

Le pape Innocent XI fit appel au prestige du religieux capucin Marco d’Aviano pour convaincre l’empereur autrichien Leopold et les autres puissances à s’unir contre l’invasion des Turcs. La victoire de Vienne du 12 septembre 1683 fut ainsi à l’origine de la fête du Saint Nom de Marie.

Innocent XI mourut le 12 août 1689 (peu après la reine Christine), ayant eu un pontificat très actif de près de treize ans.

Un siècle après, la congrégation détenait déjà les pièces concernant deux-cent vingt-neuf miracles obtenus par l’intercession de ce pape. Cette fois-ci c’est Louis XV qui s’opposa à la béatification. Celle-ci se fit enfin, mais récemment, en 1956, et le pape Innocent XI est maintenant nommé dans le Martyrologe en date du 12 août.

Son successeur sera Alexandre VIII, qui put mettre un terme aux prétentions françaises de la régale.

 

 

Pierre Jarrige de la Morelie de Puyredon

1737-1794

 

Pierre était né le 19 avril 1737 à Saint-Yrieix (Haute-Vienne).

Prêtre du diocèse de Limoges.

Déporté avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Deux-Associés, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

Il mourut sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 12 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Antôn Nguyện Ɖích

1769-1838

 

Antôn Nguyện Ɖích vit le jour vers 1769 à Chi Long (Hanoi, Vietnam).

Ce laïc marié appartenait au vicariat du Tonkin occidental.

Il hébergea le prêtre Giacôbê Đỗ Mai Năm, et tous deux furent dénoncés par des domestiques de Antôn.

Ce dernier avait soixante-neuf ans et, de ce fait, ne devait pas être condamné à mort, mais la persécution visait à donner des exemples pour décourager la population à persévérer dans la foi chrétienne.

La sentence fut confirmée par édit royal le 11 août. 

Antôn fut décapité avec le père Giacôbê à Bảy Mẫu (Hanoi) le 12 août 1838.

Pour bien montrer le but que se proposait le roi, le mandarin proclama à l’aide d’un porte-voix, au moment du supplice : 

Venez tous assister à l’exécution des disciples de Jésus, si quelqu’un ose encore suivre cette religion, qu’il sache bien que le roi lui fera couper la tête comme à ces condamnés.

Antôn Nguyện Ɖích fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

 

 

Giacôbê Ɖỗ Mai Năm

1781-1838

 

Giacôbê (Jacques) vit le jour vers 1781 à Ɖông Biên (Thanh Hóa, Vietnam).

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin occidental, ordonné en 1813.

Il errait de village en village, contraint de se cacher perpétuellement. La dénonciation se fit par deux domestiques de son hôte, Antôn Nguyện Ɖích.

Il fut arrêté avec deux laïcs, Antôn et Micae Nguyễn Huy My, dans le village de Vinh-Tri, le premier pour avoir hébergé le prêtre, le second pour avoir dissimulé chez lui les objets du culte.

La sentence fut celle-ci : 

Il nous paraît évident que c’est l’un des plus criminels apôtres des mauvaises doctrines et que sa cause n’a pas besoin de nouveaux éclaircissements ; en conséquence, nous le condamnons à avoir la tête tranchée, puis exposée au haut d’un poteau pour l’instruction de tous et l’extirpation de cette mauvaise doctrine.

La sentence fut confirmée par édit royal le 11 août. 

Le père Giacôbê fut décapité à Bảy Mẫu (Hanoi) le 12 août 1838.

Pour bien montrer le but que se proposait le roi, le mandarin proclama à l’aide d’un porte-voix, au moment du supplice : 

Venez tous assister à l’exécution des disciples de Jésus, si quelqu’un ose encore suivre cette religion, qu’il sache bien que le roi lui fera couper la tête comme à ces condamnés.

Le père Giacôbê fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort, avec Antôn Nguyện Dích et Micae Nguyễn Huy Mŷ. Leur fête commune est au 24 novembre.

 

 

Micae Nguyễn Huy My

1804-1838

 

Micae (Michel) Nguyễn Huy My vit le jour vers 1804 à Kẻ Vĩnh (Hanoi, Vietnam).

Ce laïc appartenait au vicariat du Tonkin occidental.

Il aida le prêtre Giacôbê Đỗ Mai Năm en dissimulant chez lui les objets du culte, et tous deux furent dénoncés par des domestiques de Antôn, l’hôte du prêtre et beau-père de Micae.

La sentence fut confirmée par édit royal le 11 août. 

Micae fut décapité avec le père Giacôbê et Antôn à Bảy Mẫu (Hanoi) le 12 août 1838.

Pour bien montrer le but que se proposait le roi, le mandarin proclama à l’aide d’un porte-voix, au moment du supplice : 

Venez tous assister à l’exécution des disciples de Jésus, si quelqu’un ose encore suivre cette religion, qu’il sache bien que le roi lui fera couper la tête comme à ces condamnés.

Micae Nguyễn Huy My fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

Domingo Sánchez Lázaro

1860-1936

 

Il vit le jour le 4 août 1860 à Puebla de Montalbán (Tolède, Espagne), en cette fête de saint Dominique, dont il porta le nom (on fêtait en effet saint Dominique le 4 août, aujourd’hui le 8 août).

A vingt ans, il perçut la vocation sacerdotale et se prépara à son ordination, qui eut lieu en 1888.

Il exerça le saint ministère dans son pays natal, puis à Archicollar y Camarenilla (1893), Los Carralbos et Illán de Vacas (1902), Puente del Arzobispo (1907), où il fut ensuite archiprêtre.

Le 24 juillet 1936, il sortait d’un enterrement, quand des miliciens vinrent lui intimer l’ordre de ne pas sortir dans la rue. Le lendemain, ils accrochèrent au clocher le drapeau rouge. 

Le 4 août 1936 - soixante-seizième anniversaire du prêtre - trois miliciens vinrent arrêter don Domingo et son vicaire, don Laureano. Ils furent en prison jusqu’au 12 août.

Ce jour-là, on les fit monter en camion avec deux autres prêtres : au volant se trouvait un homme du peuple, qu’on avait forcé à conduire le camion. Don Domingo le rassura : Ne vous en faites-pas, mon fils, je pars à la Maison du Père.

Au lieu-dit Puerto de San Vicente (Toledo), on allait les fusiller. Don Domingo leur dit : Attendez ! Ne me tuez pas tout de suite, que je vous bénisse d’abord. Puis : Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

Même les ennemis de l’Eglise avaient de l’admiration, de l’estime pour ce prêtre si bon.

Don Domingo mourut le 12 août 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique María Gómez Jiménez

1865-1936

 

Né le 15 juillet 1865 à Cuenca, Enrique fut baptisé deux jours après.

Entré au séminaire Saint-Julien en 1883, il fut ordonné prêtre en 1888.

Vicaire à Villaescusa de Palositos, curé de Valdeganga, chapelain du couvent Saint-Clément en 1890, il fut nommé curé de Villar de Cantos en 1897 ; en 1900, il fut à Belmonte, en 1901 à la cathédrale de Cuenca, en 1903 à celle d’Almería.

En 1910, il alla exercer son ministère sacerdotal en Argentine, dans la paroisse de Chivilcoy.

Revenu en Espagne en 1917, il fut aumônier de l’hôpital de Cuevas del Almanzora ainsi que des Religieuses.

En 1918, il repartait en Argentine et en revint en 1923.

Désormais, il ne quitta plus Almería, où il fut aumônier des Servantes de Marie, des Filles de la Charité, et collaborateur de la paroisse Saint-Pierre.

A partir de 1933, ses mauvaises conditions de santé l’immobilisèrent à Cuenca, où il se trouvait au moment de la révolution, en juillet 1936.

A son auxiliaire de vie, il avait dit : Si on vient me chercher, ne parlez pas mal aux miliciens, ne dites pas que je ne suis pas là, je n’ai pas l’intention de me défendre, puisque Notre Seigneur ne s’est pas défendu quand on allait le tuer.

La nuit du 12 août 1936, on vint l’arrêter ; les hommes voulaient le jeter à l’eau dans le Júcar, pour faire croire qu’il s’était suicidé, mais il protesta et discuta vivement avec eux ; finalement, ils l’abattirent sur la place des Toros. Le vieux prêtre, avec sa voix sonore, priait : Vive le Christ Roi ! Pardon, Seigneur, pour ceux qui me tuent pour toi…

Martyrisé le 12 août 1936, béatifié en 2017, Enrique María Gómez Jiménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

 

 

Buenaventura García Paredes Pallasá

1866-1936

 

De famille agricole, Buenaventura naquit le 19 avril 1866 et fut baptisé le jour-même, à Castañedo de Valdés (Luarca, Asturies).

Il eut un frère prêtre.

Après avoir gardé les troupeaux de ses parents, il fit l’école primaire dans son pays natal, puis à l’école d’un père dominicain.

Entré à l’école apostolique dominicaine de Corias, il y étudia deux ans avant de revenir chez lui pour sa santé.

Remis, il se dirigea vers l’école dominicaine de Ocaña (Tolède), où il fit la profession en 1884.

En 1887, on l’envoya successivement à Salamanque, Valencia et Madrid pour achever ses études en droit civil, en philosophie et en lettres.

Il fut ordonné prêtre à Ávila en 1891 et nommé professeur de droit politique et administratif à l’université de Manille.

Il dirigea le quotidien catholique Libertas.

En 1901, il fut prieur à Ávila et directeur du collège Santa María de Nieva (Ségovie) ; en 1910, il fut prieur de Ocaña, et élu provincial de Manille, où il resta sept années. Il y acquit les terrains nécessaires à la construction de la nouvelle université et fonda la revue Misiones Dominicanas.

Il fonda l’école apostolique de La Mejorada (Olmedo, Valladolid), développa la province jusqu’aux Etats-Unis (Rosaryville et New Orleans).

En 1917, il fut supérieur à Madrid, où il fit construire la nouvelle maison. Pendant neuf années, il se dédia à une intense activité apostolique et à la direction des âmes.

En 1926, contre son gré, malgré ses supplications où on le vit prostré à terre, il fut nommé maître général de l’Ordre dominicain, dont il ne conserva la charge que deux ans et demi.

C’est lui qui, alors, acquit les locaux pour l’université dominicaine de l’Angelicum à Rome.

Retiré à Ocaña à partir de 1929, il se trouvait à Madrid en juillet 1936.

Le 11 août, on l’arrêta et on le conduisit à la tchéka García de Paredes, d’où on rejoignit Fuencarral (Madrid), où il fut martyrisé le 12 août 1936, à un endroit appelé Valdesenderín del Encinar. Près de son corps, on retrouva son chapelet et son bréviaire.

Le père Buenaventura fut béatifié en 2007.

 

 

Hilario Barriocanal Quintana

1869-1936

 

Né le 14 janvier 1869 à Quintanavides (Burgos) de Francisco et Josefa, qui le firent baptiser le 17 janvier suivant, Hilario étudia le latin et fit ses Humanités dans son pays natal.

Il entra dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) en 1887, à Madrid, et fit la profession en 1889. C’est à Madrid qu’il fit toutes ses études de philosophie et théologie, et qu’il fut ordonné prêtre en 1895.

C’est encore et toujours à Madrid qu’il exerça ses nombreuses activités : professeur de philosophie dès 1895, de théologie, droit et histoire ecclésiastique (1901), administrateur de la revue La Vierge Immaculée de la Médaille Miraculeuse, préfet et aumônier de San Diego et Santa Isabel jusqu’en 1921 ; secrétaire des Pères Visiteurs, maître de cérémonies.

C’est lui aussi qui prenait les photographies, dont il avait la passion. Discret, voire silencieux, toujours affable même si quelque chose ou quelqu’un l’agaçait.

Déjà avant le mouvement insurrectionnel de 1936, il vivait dans une petite maison de Madrid, et se dissimula chez les Religieuses, vêtu comme un infirmier de la Croix-Rouge, tout en haut de la maison, où on lui portait ses repas. A partir du 9 août, il se mit dans une des chambres de l’appartement du portier, comme «parent» ; personne ou presque ne savait le secret, à part une ou deux personnes de confiance, mais on put quand même dénoncer le Père.

Le 11 août, en fin d’après-midi, une voiture s’arrêta et en sortirent cinq hommes armés. Leur «chef» était bien informé : Ici, il y a un oiseau de prix, un curé. Le père Hilario s’avança sans trembler. On fouilla : il avait un passeport pour la France (car il devait souvent voyager à Paris) ! On l’emmena, avec le portier.

Ensuite, on suppose qu’il fut fusillé près de Madrid, à Boadilla del Monte, le 12 août 1936.

Béatifié en 2017, Hilario Barriocanal Quintana sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

 

 

Manuel Basulto Jiménez

1869-1936

 

Ce fils de meunier naquit le 17 mai 1869 à Adanero (Ávila, Espagne) et fut ordonné prêtre en 1892.

Il passa la licence de droit à Valladolid et fut nommé chanoine honoraire à León et Madrid.

En 1909, il fut nommé évêque à Lugo.

En 1916, il reçut la charge de sénateur.

En 1919, il fut transféré au siège de Jaén.

Sa devise épiscopale était : Qui s’appuie sur Dieu, ne manque de rien.

Au début de la guerre civile de 1936, le gouverneur de Jaén conseilla maintes fois à l’évêque d’aller se réfugier à Ávila, où il aurait été en sécurité, mais le prélat préféra à chaque fois demeurer près de ses fidèles et partager leur sort.

Le 2 août 1936, il fut arrêté dans sa résidence épiscopale, en même temps que sa sœur Teresa et son mari Mariano, ainsi que le doyen de la cathédrale, le vicaire général. Les miliciens fouillèrent pour trouver des armes (?) et mirent la main sur des bons de trésor, qui devaient garantir l’entretien du clergé et des couvents. On obligea l’évêque à s’installer à la cave.

Le Front populaire délibéra sur la détention de l’évêque : il serait enfermé dans la cathédrale elle-même. L’évêque demanda à consommer le Saint-Sacrement, ce qu’on lui refusa.

Le lendemain, la radio annonça que Mgr Basulto avait été arrêté au moment où il cherchait à fuir, avec neuf millions de pesetas en poche.

La cathédrale était remplie de «prisonniers», plusieurs centaines, peut-être même plus de mille. On en fit deux groupes qui partirent les 11 et 12 août.

Mgr Basulto fit partie du groupe du 12 août 1936 : durant la nuit du 11 au 12, on les fit monter dans le train (le train de la mort) en direction de Alcalá de Henares (Madrid). Le train fut cependant bloqué à Vallecas (près de Madrid) et laissé à la merci de la foule en furie. Non loin de la colline Santa Catalina (Madrid), à l’endroit qu’on appelait le puits de Tonton Raymond, on fit passer les victimes par vingt-cinq sur un petit sentier en pente, où ils furent abattus par un jet croisé de mitrailleuses.

D’après deux témoins qui survécurent, l’évêque tomba à genoux en criant : Seigneur, pardonne mes péchés et pardonne à mes assassins.

Teresa, la sœur de l’évêque, était la seule femme du convoi ; elle fut abattue par une femme de la milice qui lui tira à bout portant.

Une foule de badauds, estimée à deux mille personnes, assistait à l’horrible spectacle et se précipita sur les cadavres pour les dépouiller ou les profaner.

Mgr Basulto Jiménez fut béatifié en 2013.

 

 

Pau Figuerola Rovira

1870-1936

 

Pau (Paul) naquit le 8 septembre 1870 à L’Espluga de Francolí (Conca de Barberá), et fut baptisé dès le lendemain.

La famille était assez aisée, mais il renonça volontairement à l’héritage pour répondre à l’appel de Dieu.

Il fut ordonné prêtre en 1893.

Ses nominations le conduisirent à Catilar, Forès et l’Espluga Calba.

Très humble, très doué, mais aussi très méditatif, il passait des heures la nuit devant le Saint Sacrement.

Lors de la révolution de 1936, il vint se réfugier chez une pieuse veuve, en défendant absolument qu’on niât sa condition sacerdotale si l’on venait le chercher. Disposé à se rendre, il attendait simplement le jour de pouvoir être martyr à son tour.

Le 12 août, des miliciens arrivèrent, demandant à voir Monsieur le Curé, promettant en outre de respecter sa vie, si on leur donnait une bonne somme d’argent.

A une heure de la nuit, ils revinrent. La dame appela le prêtre : Monsieur le Curé, ils vont vous martyriser ! - Adieu. On se reverra au Ciel. Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous !, répondit-il.

On l’emmena au carrefour de la route de l’Espluga Calba avec celle de Tarragona à Lleida, on prit la direction de Vinaixa et peu après on fit descendre le prêtre.

On le maltraita de façon horrible ; on lui tira dans les jambes, on lui coupa les parties génitales. Des voisins de Borges entendirent les cris durant la nuit. Le pauvre prêtre hurlait de douleur et redisait sa jaculatoire préférée : Cœur Sacré de Jésus, j’ai confiance en vous !

Les assassins lui mirent dans la bouche le membre qu’ils avaient sectionné. Après l’avoir arrosé d’essence, sans trop savoir s’il était encore vivant ou mort, ils lui mirent le feu.

Don Pau Figuerola Rovira fut martyrisé le 12 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Estefanía Saldaña Mayoral

1873-1936

 

Elle vit le jour le 1er septembre 1873 à Rabé de las Calzadas (Burgos, Espagne) de Venancio et María.

A quatorze ans, elle fut orpheline de son père et dut suspendre ses études. Malgré son courage, elle demeura toujours un peu dépressive à la suite de cette épreuve.

Sœur María Asunción Mayoral Peña, martyrisée avec elle, était sa cousine germaine.

Entrée chez les Filles de la Charité à Madrid en 1890, elle fut une excellente maîtresse pour les enfants. Elle fut ainsi envoyée à Corella, puis Bilbao (1894), Briviesca (Burgos, 1895).

Après la profession (1896) elle se montra toujours très obéissante et très fidèle à la Règle.

Elle fut successivement à Saragosse (1905) et Sigüenza (1906). Après une maladie (1908), elle fut à Sestao, Valdemoro, Cuencia (1912) et Barbastro (1914). Son dernier poste fut le collège de Leganés (Madrid, 1916).

Elle avait dans cette localité une sœur, chez laquelle se réfugièrent les cinq Filles de la Charité lorsqu’elles furent expulsées de leur maison en 1936.

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

Estefanía fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Antoni Noguès Martí

1876-1936

 

Don Antoni vit le jour le 20 janvier 1876 à Mont-roig del Camp, et fut baptisé le 22 janvier.

Après ses études de séminaire, il fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut en poste à Vilabella, à Torre de Fontaubella, finalement à Falset, comme archiprêtre.

Son souci primordial était d’avoir une église bien propre, bien rangée, et de célébrer des offices avec une solennelle dignité.

Il ouvrait l’église tôt le matin, pour recevoir les fidèles qui désiraient se confesser avant la Messe.

Très humble de sa personne, don Noguès ne voulait jamais s’imposer ; s’il pensait faire quelque réforme, il demandait leur avis aux vicaires, et n’imposait jamais son opinion.

Il organisait la catéchèse des enfants avec grand soin ; chaque groupe avait son ou sa catéchiste.

Il ouvrit une école paroissiale.

En l’honneur du Saint-Sacrement, il institua la pratique des Jeudis eucharistiques et se préoccupa de susciter des vocations sacerdotales.

Il dirigeait personnellement des confréries : la Confrérie du Précieux Sang, celle de Saint-Vincent-de-Paul, sans oublier l’Action catholique. Il montra une grande dévotion à la patronne du pays, sainte Cándida (martyre romaine fêtée le 3 octobre).

Il étudiait et diffusait avec enthousiasme les documents du Saint-Siège.

La révolte menaçait, elle éclata en 1936. L’archiprêtre disait souvent : Quel bonheur j’aurais à mourir martyr. Mais quand même, j’aimerais bien voir la réaction des catholiques après cette persécution. Il ne devait pas la voir.

Le 20 juillet 1936, don Noguès et ses deux vicaires, don Ramon Martí et don Josep Sancho, trouvèrent refuge chez le maire. Ce dernier ayant été destitué le jour-même, les révolutionnaires conduisirent les prêtres chez l’organiste de la paroisse. Le lendemain matin, on les envoya dans une cabane du verger du même organiste ; quelques heures après, dans le verger d’un autre habitant : là, des paroissiens leur apportèrent à manger ; quand les révolutionnaires l’apprirent, ils les en empêchèrent. Les prêtres ne mangèrent rien pendant trois jours.

Ils vinrent habiter dans une ferme, puis don Josep proposa d’aller dans une propriété de ses parents : il fut convenu qu’ils leur porteraient de quoi manger à un endroit convenu et qu’ils n’auraient qu’à venir le prendre. Les prêtres se casèrent dans une petite grotte. C’est là que les rejoignit don Joan Rofes, qui s’était échappé de Riudecanyes. Le refuge où ils passaient la nuit était si petit qu’ils restèrent complètement trempés lors d’un orage.

Le 12 août, les révolutionnaires, une trentaine, vinrent chez M. Sancho, le père de don Josep, qu’ils obligèrent à aller jusqu’à cette ferme, puis ils l’emmenèrent. Quant à la mère, ils la menacèrent de mort si elle ne révélait pas où se trouvaient les prêtres : son jeune fils s’interposa en demandant d’être tué à la place de sa mère. N’arrivant à rien, ils se dirigèrent vers le bois proche de la ferme et, avec leurs chiens, retrouvèrent les quatre prêtres.

Les voyant, l’archiprêtre, don Noguès, demanda à être tué à la place des autres, qui étaient jeunes (il avait soixante ans et eux, la trentaine). Pour toute réponse, les révolutionnaires les assassinèrent sur place tous les quatre. C’était le 12 août 1936.

Pendant deux jours, les cadavres restèrent là, sans sépulture, jusqu’à ce que le Comité de Reus les fît brûler, en-dehors du bois.

Don Antoni Noguès Martí fut béatifié avec les trois autres prêtres en 2013.

Joan Rofes Sancho

1876-1936

 

Né le 28 février 1876 à La Torre de Fontaubella (Catalogne, Espagne), Joan fut baptisé le jour même, et confirmé l’année suivante.

Il reçut sa formation sacerdotale au séminaire et fut ordonné prêtre en 1900.

Il exerça le saint ministère dans différentes paroisses : Ulldemolins, Borges del Camp, Poboleda, Torroja, Almoster, Figuerola, Farena, et finalement comme curé à Riudecanyes, pendant huit ans.

Saint prêtre et bon pasteur, il avait une façon très fraternelle de recevoir ou rencontrer ses confrères de Sacerdoce. Frugal, il s’imposait des mortifications dans sa nourriture.

En 1936, il était donc curé à Riudecanyes.

Les miliciens vinrent le chercher. Ils lui laissèrent le temps de consommer les Saintes Hosties du Tabernacle, puis le firent partir du village.

Il alla d’abord dans une cabane de campagne à Torre de Fontaubella, mais il rejoignit sa sœur Gertrudis. Elle se lamentait de savoir qu’on persécutait les prêtres. Et lui : Ils persécutent le Christ, rien d’étonnant qu’ils nous persécutent nous aussi.

Il alla se cacher dans un bois, un peu avant Colldejou, dans les environs de Fontaubella. Ils s’y retrouvèrent à quatre, avec don Antoni Nogués, don Ramon Martí et don Josep Sancho.

Le 12 août 1936, ils furent assassinés tous les quatre. 

Don Joan Rofes Sancho fut béatifié aussi en 2013.

 

 

Atilano Argüeso González

1877-1936

 

Atilano vit le jour le 5 octobre 1877 à Mazuecos de Valdeginate (Palencia, Espagne) et reçut probablement le Baptême le 9 octobre, fête de saint Denis dont il reçut aussi le prénom, Dionisio.

En 1894, il entra dans l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu.

Après la profession simple (1896) et la solennelle (1900), il prit le nom de Flavio.

Il fut envoyé dans divers centres, également en Italie (1914-1922), à Rome et Nettuno.

En 1936, il se trouvait à l’hôpital psychiâtrique de Ciempozuelos (Madrid). Lors de l’arrestation et du martyre des Sept Confrères Colombiens du 9 août, il était lui-même malade et resta dans l’établissement, désormais occupé et contrôlé par des «infirmiers laïques».

Remis, le 12 août, il alla se faire enregistrer au bureau, mais on l’arrêta et on le conduisit en camion avec un autre prisonnier, et on alla les fusiller sur la route d’Andalousie, près de Valdemoro.

Frère Flavio fut béatifié en 1992.

 

 

María Asunción Mayoral Peña

1879-1936

 

Elle vit le jour le 18 août 1879 à Tardajos (Burgos, Espagne), de Mariano, qui mourut jeune, et de Brigida.

Elle était cousine germaine de Estefanía, sa consœur en religion.

Entrée chez les Filles de la Charité, en 1897, elle passa de Valladolid à Madrid puis à Ségovie, où elle fit la profession en 1902. 

A cause de plusieurs épidémies, elle fut infirmière en beaucoup d’endroits (Palencia, Lleida, Madrid, Oviedo). Expulsée de celui d’Oviedo en 1934, de celui des Aveugles à Madrid, elle arriva enfin à son dernier poste, Leganés (Madrid), d’où elle fut aussi expulsée avec les autres Religieuses.

Le 20 juillet 1936, les miliciens vinrent arrêter les Religieuses. La Supérieure voulut aller prendre le Saint Sacrement et le faire consommer par les Sœurs, mais deux miliciens renversèrent le ciboire à terre. La Supérieure protesta : C’est Notre Seigneur ! et les deux autres : Ici, ce seigneur ne commande pas ; qui commande, c’est nous. La Supérieure put rammasser les Hosties et les distribua.

Elles furent ensuite enfermées dans une salle pendant cinq jours, puis les miliciens réunirent les deux communautés (quarante-six Religieuses) dans cette même salle pendant toute une journée. Rappelons qu’à cette époque, les Filles de la Charité portaient une très large cornette : quarante-six dans cette unique salle devait être un gros problème.

Le 26 juillet, on les emmena le soir à la Direction Générale de Sécurité de Madrid, où elles subirent deux jours d’interrogatoire ; après quoi, on les laissa en liberté conditionnelle, avec obligation d’indiquer où elles se réfugiaient. Par groupes de deux ou trois, elles se dispersèrent chez les familles des unes ou des autres.

María Asunción et ses compagnes s’étant d’abord réfugiées chez la sœur de l’une d’elles, elles furent dénoncées aux miliciens des Forces Anarchiques Ibériques (FAI) par deux anciennes élèves.

Le 12 août, la maison fut fouillée par trois fois, et à chaque fois elles répondirent qu’elles étaient Filles de la Charité. On leur proposa une place comme maîtresses ou infirmières du Secours Rouge, mais elles refusèrent. Les miliciens étaient furieux de constater que le prêtre et deux autres Religieuses avaient disparu. 

A onze heures du soir, ils vinrent les prendre. Il restait encore une vieille Religieuse, toute malade, qui demanda à partir aussi, mais le chef répondit sèchement : Laissez là ce vieux fossile, qu’elle meure toute seule.

On les emmena à la Porte de Fer de Madrid ; il se trouva que les assassins étaient d’anciens élèves de ces Sœurs. Elles leur pardonnaient et priaient en silence.

Il y eut une trentaine de tirs de mitrailleuse, puis cinq coups à quelques secondes l’un de l’autre. C’est l’un des chauffeurs qui raconta ces détails par la suite.

C’était le 12 août 1936 à 23 heures 45. 

Les Religieuses furent béatifiées en 2013.

 

 

Gregorio Chirivás Lacambra

1880-1936

 

Gregorio vit le jour le 24 avril 1880 à Siétamo (Huesca, Espagne).

Après leur déménagement à Barbastro, Gregorio fut bientôt orphelin et, à douze ans, rencontra les Clarétains.

Il entra au noviciat des Clarétains de Vic (ou de Cervera ?), et fit la profession en 1897 comme Frère convers. 

Ses activités furent la couture, la sacristie, à Cervera, Alagón, Lleida et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, parmi les plus âgés de la communauté, et fut béatifié en 1992.

 

 

Manuel Borrás Ferré

1880-1936

 

Il naquit le 9 septembre 1880 à La Canonja (Tarragona, Espagne) et fut baptisé trois jours après. Son père était pharmacien.

Il fréquenta le séminaire de Tarragona et reçut le sacerdoce en 1903.

A peine ordonné prêtre, il fut nommé notaire à la Curie épiscopale et membre du Tribunal métropolite. On le fit aussi chanoine de la cathédrale.

En 1910, il fut confesseur au séminaire et, en 1914, secrétaire privé puis vicaire général de l’évêque de Solsona.

En 1934, il fut nommé évêque auxiliaire de Tarragona.

A Tarragona, il développa surtout l’Adoration nocturne, la solennité de la Fête-Dieu, et porta toute son attention à la liturgie de la cathédrale. Il développa l’Action Catholique.

Il semble qu’on n’ait jamais rien eu à lui reprocher depuis l’enfance. Il célébrait la Sainte Messe avec une piété rare. Prudent, avisé, bon administrateur, courageux dans l’épreuve.

Lors de la révolution de 1936, il s’offrit spontanément pour protéger le cardinal-évêque de Tarragona. Quand on leur proposa des vêtements civils, il répondit : S’ils veulent nous tuer, qu’ils sachent qu’ils tuent Monsieur le Cardinal et son Evêque auxiliaire.

Le 21 juillet, on leur dit de quitter les lieux pour aller en un lieu de leur choix. Le Cardinal pensa au monastère de Poblet. Ils y furent confinés.

Le 23 juillet, une voiture de Barcelone s’arrêta et ses occupants appelèrent le Cardinal, qui partit avec eux, accompagné de son secrétaire particulier. Mgr Borrás voulut l’accompagner, mais le Cardinal lui dit de regagner Poblet et de faire ce qu’il pouvait pour les fidèles du diocèse.

Le gouvernement de Barcelone fut prévenu et dépêcha un député pour aller reprendre le Cardinal et l’évêque. Les deux voitures se croisèrent près de Montblanc : apparemment, la démarche du député fut sans résultat.

Mgr Borrás fut alors la proie des miliciens. On prétendit le «mettre en sûreté», dans une cachette plus sûre, mais le «protecteur» de l’évêque avertit le Comité d’Espluga, qui dépêcha une voiture dans les minutes suivantes. On le conduisit à la prison de Montblanc, avec l’interdiction de communiquer avec le Cardinal.

Dans cette prison, on prépara au matin du 24 une cellule pour le Cardinal et son secrétaire, et une autre le soir pour Mgr Borrás. Le 25, on fit sortir le Cardinal, qui demanda à partir avec l’évêque. On le lui refusa ; il partit pour Barcelone et, de là, gagna l’Italie.

Mgr Borrás passa les jours suivants dans la prière, avec les autres prêtres arrêtés comme lui ; ils priaient le bréviaire, le chapelet. L’évêque les encourageait. Il pardonnait à leurs bourreaux et répétait : Les pauvres, ils ne savent pas ce qu’ils font. Que Dieu soit béni ! Nous allons gagner le ciel !

L’après-midi du 12 août, il fut dans la cour de la prison avec les autres prêtres. Il les bénit et leur dit : Adieu ! Au ciel !

Il sortit de la prison calmement, en souriant. On le fit monter dans une camionnette et on le mit sur un sac de paille. On lui avait dit qu’on le conduisait au tribunal de Tarragona, mais on partit en direction de Valls, et l’on s’arrêta quelques kilomètres plus loin, avant le Coll de Lilla. Là, on le fit descendre, on lui fit faire quelques pas et on l’abattit, tandis que l’évêque bénissait ses bourreaux.

Ces derniers arrosèrent le corps du prélat avec de l’essence et y mirent le feu. Des habitants de Montblanc virent encore le cadavre brûler un peu plus tard. Depuis on n’a pas pu retrouver les restes de Mgr Borrás.

Il mourut en martyr le 12 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Felipe Basauri Altube

1881-1936

 

Né le 16 mars 1881 à Bilbao, de Pedro et Juana qui le firent baptiser dès le lendemain, Felipe épousa Justina Ortiz Elorrio, qui eut deux filles : Isabel et Julia Adelaida. L’épouse de Felipe mourut et celui-ci s’installa au 31 rue Fernández de la Hoz à Madrid avec ses deux filles, menant une vie toute simple et profondément chrétienne, dans l’amour de Dieu et du prochain.

Il faisait partie de l’Association des Enfants de Marie, le tiers-ordre des Pères lazaristes et des Filles de la Charité, qui géraient un grand sanctuaire marial à Madrid. Des laïques comme Felipe étaient évidemment poursuivis par les révolutionnaires marxistes, lors de la guerre civile.

Le 10 août 1936, le boulanger d’en-face de l’appartement de Felipe, l’avertit par téléphone qu’il avait entendu des gens parler d’un réactionnaire habitant au n° 31. Felipe remercia pour l’information, mais jugeant qu’il n’avait rien à se reprocher, il pensa qu’il n’avait rien à craindre. Quelques heures plus tard, des miliciens vinrent l’enlever et le conduisirent à la tchéka toute proche, installée dans le couvent des Servantes du Sacré-Cœur.

Plusieurs autres membres laïcs se trouvaient là aussi. Ils furent emmenés au Cuartel de la Montaña, où ils furent fusillés.

La date reste très imprécise : on a supposé que le martyre de Felipe eut lieu le 12 août 1936, deux jours après son arrestation, comme cela arrivait généralement. D’ailleurs, Felipe n’a plus été revu ensuite. On a parlé aussi du 18 août et du 23 octobre, cette dernière date étant celle du martyre de deux prêtres et cinq frères lazaristes (v. (José María Fernández Sánchez).

Béatifié en 2017, Felipe Basauri Altube risque d’être mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 octobre, mais la date du 12 août, choisie ici, conviendrait mieux.

 

 

Ramona Cao Fernández

1883-1936

 

Elle vit le jour le 11 septembre 1883 à Fontey-Rua de Valdeorras (Orense, Espagne), de Facundo et Teresa.

Entrée chez les Filles de la Charité, en 1901, elle fut infirmière à l’hôpital des Femmes Incurables à Madrid, à l’hôpital militaire à Séville (où elle obtint son diplôme d’infirmière), au sanatorium de Jaén (1935).

Elle fit la première profession en 1906.

Expulsée avec Sœur Juana Pérez Abascal, elles furent arrêtées et accusées de vol ; mais comme les preuves manquaient totalement, elles furent remises en liberté. Ne sachant où se réfugier, elles prirent le parti de prendre le train pour Madrid, portant leur blouse d’infirmières de la Croix-Rouge, avec leur chapelet en-dessous.

En montant dans le train à Alcazar de San Juan, elles se retrouvèrent avec les centaines de prisonniers du premier train de la mort.

A la descente du train, elles furent jetées à terre, maltraitées et fusillées à l’endroit du Pozo Tío Raimundo.

C’était le 12 août 1936 ; elles furent béatifiées en 2013.

 

Perfecto Del Río Páramo
1885-1936

Né le 18 avril 1882 à Pedrosa del Río Urbel (Burgos), Perfecto fréquenta très jeune la maison des Pères Vincentiens.

Il y commença le noviciat en 1898 et fit la profession comme frère convers. Sa première destination fut à Valdemoro (Madrid).

En 1902, il fit partie d’une expédition missionnaire au Mexique. Il fut à Mérida, Culiacán, Tacubaya, Oaxaca, cuisinier apprécié de la communauté ; à côté de ses faitouts, il avait toujours une paire de pinces pour fabriquer des chapelets, son chat sur l’épaule, avec lequel il savait s’amuser.

On le disait «polisson», taquin, mais toujours correct. 

Au Mexique, il connut déjà la période de la révolution. En 1915, il revint en Espagne et fut à Badajoz, Alcorisa, Ramales (1919) ; de retour à Alcorisa, il passa à Cadix (1934) : au lendemain des élections et de la proclamation de la République, la résidence des Pères vincentiens fut incendiée ; Perfecto vint alors à Madrid, où il connut la persécution pour la troisième fois.

Le 25 juillet, Perfecto et son cousin durent évacuer la maison madrilène de García de Paredes, et s’en vint chez son frère prêtre, don Cecilio, qui restait enfermé chez lui depuis que, le 19 juillet, il avait été contraint à fermer l’église. Ensemble ils priaient et se préparaient à mourir pour le Christ.

Le 7 août, des révolutionnaires vinrent inspecter la maison et emmenèrent les trois Religieux. On retrouva leurs cadavres le 11 août, abandonnés près des abattoirs de Madrid. Il semble toutefois qu’on ait retenu la date du 12 août.

Béatifié en 2017, Perfecto Del Río Páramo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 12 août.

 

 

Juana Pérez Abascal

1886-1936

 

Elle vit le jour le 20 octobre 1886 à Madrid (Espagne), de José et Dolores.

Entrée chez les Filles de la Charité, en 1908, elle fut vêtue en 1909 et envoyée à Cordoue ; puis à Valladolid, où elle prit le diplôme d’infirmière ; ensuite ce fut : Madrid (à la prison de Carabanchel), Valencia, finalement au sanatorium de Jaén.

Expulsée avec Sœur Ramona Cao Fernández, elles furent arrêtées et accusées de vol ; mais comme les preuves manquaient totalement, elles furent remises en liberté. Ne sachant où se réfugier, elles prirent le parti de prendre le train pour Madrid, portant leur blouse d’infirmières de la Croix-Rouge, avec leur chapelet en-dessous.

En montant dans le train à Alcazar de San Juan, elles se retrouvèrent avec les centaines de prisonniers du premier train de la mort.

A la descente du train, elles furent jetées à terre, maltraitées et fusillées à l’endroit du Pozo Tío Raimundo.

C’était le 12 août 1936 ; elles furent béatifiées en 2013.

 

Carles Barrufet Tost

1888-1936

 

Carles (Charles) naquit le 9 avril 1888 à Selva del Camp (Camp de Tarragona, Espagne).

Il fréquenta le collège des Clarétains, et entendit l’appel de Dieu. Mais il fut davantage attiré par l’idéal du Carmel et du service fraternel : en 1907, il entra au noviciat des Carmes Déchaux de Tarragone, avec le nom de Carles de Jésus-Marie.

En 1912, il fit sa profession comme Frère convers et fut destiné au couvent de Barcelone, comme cuisinier, infirmier et portier. Il y restera toute sa vie.

Arriva la révolution de 1936 : il fallut quitter le couvent, vêtu en ouvrier ou en paysan, et trouver où se cacher. Un ami, que Carles avait aidé précédemment, lui rendit le service en lui fournissant un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son pays natal, et revoir trois neveux dont il était tuteur. Ils lui proposèrent de rester chez eux, mais il voulut éviter de compromettre la famille par sa présence, et chercha refuge ailleurs.

Le 12 août, il fut repéré et arrêté.

On le fit monter dans un camion et, sur la route de Reus, près de Mas Vermell, on le fusilla.

Carles a été béatifié en 2013.

 

 

Nicasio Sierra Úcar

1890-1936

 

Nicasio vit le jour le 11 octobre 1890 à Cascante (Navarre, Espagne), dans une famille aussi nombreuse que très chrétienne.

Enfant de chœur, très tôt il parla de son désir d’être prêtre.

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains en 1902 à Alagón, il entra au noviciat de Cervera et y fit la profession, avant de rejoindre Alagón, et fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut professeur à Aranda de Duero, prédicateur à Calatayud, Cartagena et Barbastro.

En quittant le couvent, en août 1936, il réussit à dissimuler le Saint Sacrement dans sa petite valise, ce qui permit à tous les Confrères de recevoir l’Eucharistie chaque jour, en cachette bien sûr.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

 

 

Antoni Perulles i Estivill

1892-1936

 

Il vit le jour le 5 mai 1892 à Cornudella de Montsant (Catalogne, Espagne), de Pablo et Angela, qui le firent baptiser le lendemain. Antoni eut un frère prêtre également.

C’était une famille pauvre, mais très chrétienne, surtout la maman. Le petit Antoni n’aimait qu’une chose : servir la messe chaque matin.

Sa première année de Petit séminaire à Tortosa ne fut pas bonne et le papa voulut le garder à la maison, mais on proposa au garçon de faire encore une année, durant laquelle il se prit au sérieux, et devint le meilleur élève, surnommé le Sage. 

Il fut tonsuré et reçut les Ordres mineurs en 1913, et fut sous-diacre en 1915.

A la fin de la dernière année de théologie, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et acheva sa préparation à Burgos, où il fut ordonné prêtre en 1916 et resta jusqu’en 1932 ; il fut sous-directeur du séminaire de 1929 à 1932, puis fut recteur de celui d’Orihuela à partir de 1933.

Quand éclata la Guerre civile en 1936, il se trouvait en visite dans sa famille. Lui, son frère Prudencio et le curé de Mola, se cachèrent pendant une semaine dans les champs ; don Antonio refusa de se séparer de son bréviaire, qu’il priait chaque jour devant le Crucifix, qu’il portait toujours avec lui. Au bout de quelques jours, il insista pour revenir à la maison, trouvant inutile de rester ainsi à ne rien faire, dehors. Passèrent encore une dizaine de jours.

Le 12 août était le jour de sa profession. Ce jour-là vinrent des miliciens pour fouiller la maison ; ils ordonnèrent à don Antonio de ne pas bouger de là et vinrent le chercher un peu plus tard pour aller à la prison de Tarragona.

Il embrassa son frère, auquel il remit sa montre, embrassa sa mère et sortit très calmement, avec le sourire.

Il fut fusillé près de Marçà, sur la route de Molar, le 12 août 1936.

Il tomba en criant : Je meurs pour Dieu, pour l’Eglise et pour mon Pays, après avoir pardonné à son assassin.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Melchora Adoración Cortés Bueno

1894-1936

 

Elle vit le jour le 4 janvier 1894 à Sos del Rey Católico (Saragosse) et reçut au baptême le nom d’un des trois Rois mages. C’était la cinquième fille du pasteur Jerónimo et de Eusebia.

Après ses études chez les Filles de la Charité (de Saint-Vincent-de-Paul), elle-même membre des Filles de Marie, elle entra au noviciat de Sangüesa (Navarre), en 1914.

Elle fut envoyée à Grenade, Aleixar, et fit la consécration en 1919. 

Puis elle fut à Corella, à Vitoria (1933), où elle dut elle-même être opérée d’un rein : elle profita de sa convalescence pour préparer le diplôme officiel d’infirmière à Salamanque ; mais avant de le passer, elle fut appelée au collège de Leganés (Madrid), en septembre 1936.

Elle se montra capable d’organiser et de diriger, entièrement dévouée aux élèves, et remplie d’espérance. Elle organisa une chorale, une troupe de théâtre, des colonies d’été, des pèlerinages, des groupes de catéchèse, des cours de peinture. 

Quand le gouvernement interdit les crucifix dans les salles, elle en demanda quelques centaines de petite taille, pour les distribuer à chacun des malades.

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

Melchora fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Félix Pérez Portela

1895-1936

 

Félix vit le jour le 21 février 1895 à Adanero (Ávila, Espagne), de Miguel et Saturnina, des parents très chrétiens.

Il entra au Petit séminaire de Madrid en 1907 ; il allait entrer au Grand séminaire, à Rome, quand mourut sa chère maman. 

Félix resta toujours fidèle à sa vocation ; quand un proche insinua qu’il pourrait faire une carrière plus «rentable», Félix répondit franchement : Prêtre, et rien d’autre.

Il eut les meilleures notes au séminaire, mais ne s’en vantait jamais.

Il fit donc ses études sacerdotales à Rome au Collège Espagnol San José de 1913 à 1918, période durant laquelle il fut reçu docteur en théologie et en droit canonique à l’Université grégorienne.

C’est à Rome qu’il reçut l’ordination sacerdotale, des mains du cardinal Merry del Val.

De retour à Madrid, il fut aumônier des Franciscaines, puis dès 1920 curé à Cobeña, où il développa l’association des Filles de Marie. Cette même année, il fut appelé à être le secrétaire de l’évêque de Jaén, Mgr Basulto, lui aussi originaire de Adanero.

En 1935, il fut nommé Vicaire général du diocèse, et doyen du chapitre de la cathédrale. Il tint aussi des cours au séminaire et ne manqua jamais une adoration nocturne. Il sut très bien adapter son caractère catalan à l’esprit de l’Andalousie, où il fut très estimé.

En juillet 1936, comme on l’a vu dans la notice sur Mgr Basulto, il se trouvait avec ce dernier dans la résidence épiscopale lorsqu’une meute de miliciens envahit le bâtiment, obligeant le prélat et son vicaire général à se retirer dans la cave, avant de les enfermer le 2 août dans la cathédrale elle-même, où se retrouvèrent quelque six cents (et peut-être même beaucoup plus) prêtres et religieux.

Un ordre du directeur des prisons exigea de diminuer la quantité de prisonniers accumulés dans la cathédrale et d’en conduire quatre à cinq cents à Alcalá de Henares.

Il y eut une première expédition le 11 au soir, une autre le 12 août à une heure du matin, dont fit partie l’évêque, le vicaire général don Félix, ainsi que la sœur de l’évêque et son mari. 

Avant de quitter la cathédrale, don Félix faillit être séparé de l’évêque, mais il insista : Qu’il m’arrive ce qui arrivera à l’Evêque. Ils se donnèrent réciproquement l’absolution.

On entassa tout ce monde dans divers véhicules et, à la station de Espeluy, on les fit monter dans le train pour Alcalá de Henares.

Vers midi, le train fut littéralement assailli entre les stations de Vallecas et Villaverde par des miliciens, qui obligèrent les Gardes républicains à l’abandonner et dévièrent le train vers le lieu-dit Caseta del Tío Raimundo où, par groupes de vingtaines, tous les prisonniers furent fait passer entre trois mitrailleuses rapprochées. 

Don Félix aurait été un des derniers à tomber, ce 12 août 1936.

Il fut béatifié, avec son évêque, en 2013.

 

 

María Severina Días Pardo Gauna

1895-1936

 

Elle vit le jour le 23 octobre 1895 à Vitoria (Espagne), de Luis et Peregrina.

D’abord élève des Carmélites, elle étudia la musique et connut les Filles de la Charité (de Saint-Vincent-de-Paul) par son père, qui était membre d’une Conférence de Saint-Vincent-de-Paul.

Avant d’être Religieuse, elle s’occupa de sa mère gravement malade. Elle acheva ses études de piano et de magistère, fit un pèlerinage à Lourdes, et en revint encore plus convaincue de se consacrer.

Entrée chez les Filles de la Charité à Madrid, en 1917, elle fut professeur de musique. Elle travailla à Pamplona, Mendigorria.

Après sa profession (1922), elle fut envoyée à Valsameda, Ségovie.

Dès le début, elle voulait être sainte, et le fut vraiment par sa vie intérieure, sa douceur, sa confiance en Dieu, et par le martyre.

Son dernier poste fut le collège de Leganés (Madrid), où se trouvait aussi la Sœur Melchora Adoración, avec laquelle elle fut très amie.

Comme toutes les autres, elle refusa de rentrer chez ses parents en 1936, pour demeurer dans sa communauté et près des malades.

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

María Severina fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Dolores Barroso Villaseñor

1896-1936

 

Elle vit le jour le 14 octobre (on trouve aussi le 4 octobre, ou le 9 novembre) 1896 à Bonares (Huelva, Espagne), aînée des quatre enfants de Francisco et Francisca.

Paysans pauvres, ils se déplacèrent à Guadaira (Séville), pour confier les enfants aux grands-parents et permettre à la maman de faire des ménages. Mais le papa et deux enfants moururent bientôt de tuberculose, et le curé envoya les deux autres enfants chez les Filles de la Charité. 

Le dernier frère vivant mourut aussi peu avant d’être ordonné prêtre. Seule restait Dolores avec sa mère. Là encore, le bon curé se soucia que cette dame ne manquât de rien, pour laisser Dolores se consacrer.

Entrée chez les Filles de la Charité à Morón de la Frontera (Séville) en 1926, Dolores elle fut infirmière à Málaga et Leganés.

Elle avait le don particulier de comprendre les malades mentaux et de les entourer d’une affection spéciale.

Son dernier poste fut le collège de Leganés (Madrid).

On trouvera des détails sur les derniers moments de cette communauté dans la notice de María Asunción Mayoral Peña.

Dolores fut martyrisée le 12 août 1936 et béatifiée en 2013.

 

 

Sebastián Calvo Martínez

1903-1936

 

Sebastián vit le jour le 20 janvier 1903 à Gumiel de Izán (Burgos, Espagne), en la fête de saint Sébastien, dont il porta le nom.

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains à Barbastro, il entra au noviciat de Cervera, et fut ordonné prêtre en 1928.

Il fut professeur et prédicateur à Calatayud, Aranda de Duero et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre, à trente-trois ans, à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

 

 

Pere Cunill Padró

1903-1936

 

Pere (Pierre) vit le jour le 18 mars 1903 à Vic (Barcelone, Espagne).

Elève du collège mariste, il fut sacristain et servant de messe chez les moniales sacramentines.

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains à Vic, il entra au noviciat de Cervera, et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut à Barcelone, Barbastro et Cervera.

Le 2 août 1933, son calme et sa présence d’esprit empêchèrent l’incendie de son couvent. Puis il rejoignit celui de Barbastro.

Le 2 août 1936, quand on emmena les supérieurs de la maison pour les fusiller, don Pere devint le supérieur de ceux qui restaient et réussit à protéger la vie des plus malades.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut à son tour la palme du martyre, à trente-trois ans, à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

Victoria Díez Bustos de Molina

1903–1936

 

Cette pieuse femme de l’Action Catholique espagnole était née le 11 novembre 1903 à Séville, fille unique de José et Victoria.

Le papa était employé et responsable d’un commerce à Séville.

Victoria fut préparée par les Carmélites à la Première communion. Elle avait beaucoup de dons artistiques et fréquenta l’Ecole des Arts, mais elle prépara surtout et obtint son diplôme de Maîtresse d’Ecole, tout cela à Séville.

Elle fit partie de l’Institut Thérésien qui venait de s’installer en 1925 à Séville ; cet institut voulait former des enseignants dans l’esprit de sainte Thérèse d’Ávila (voir au 15 octobre). Victoria y trouva sa voie. Elle passa des concours et fut destinée à Chelez (Badajoz), où en une seule année elle organisa la bibliothèque, combattit l’absentéisme des élèves, organisa des excursions, des chants et autres activités pour former tous ces enfants.

En 1928, elle fut nommée à Hornachuelos (Cordoue), où elle développa une intense activité au service de la société et de l’Eglise. En effet, en plus de ses responsabilités à l’école, elle organisa la catéchèse des enfants et l’Action Catholique, malgré les lois laïques de la Deuxième République qui interdisaient l’enseignement de la religion dans les écoles. Elle reprit ce qu’elle avait commencé à Chelez, multipliant les excursions, les cours de chant et de peinture, les cours du soir pour les femmes, organisant une bibliothèque. Elle avait encore du temps pour visiter des familles. Elle fut enfin élue Présidente du Conseil Local du Peuple.

Déjà avant la guerre civile, l’église fut incendiée (1934) ; elle s’employa, avec le curé, à la restaurer et la rouvrir au culte après plusieurs mois de travail. Malheureusement, l’église fut de nouveau saccagée aux premiers jours de la révolution de juillet 1936.

Le 20 juillet, on arrêta le curé. Le 11 août, on convoqua Victoria pour une déclaration au Comité : elle ne revint pas à la maison. Malgré toutes les interventions, on ne réussit pas à la faire libérer. 

Au matin du 12 août 1936, on la fit marcher avec dix-sept hommes à douze kilomètres de là ; les prisonniers n’en pouvaient plus, et c’est Victoria qui les encourageait : Courage ! En avant, le Christ nous attend.

Parvenus à une dépendance de propriété, ils furent soumis à une mascarade de jugement, au terme duquel ils furent tous condamnés à mort. On les exécuta au bord d’un puits de la Mina del Rincón.

Victoria fut la dernière à être exécutée. On lui proposa encore la liberté, si elle acceptait de cesser de proclamer sa foi. Sa réponse fut : Je dis ce que je pense. Vive le Christ Roi ! Vive ma Mère ! On l’exécuta. Elle avait trente-trois ans.

Elle fut béatifiée en 1993.

 

 

Ramon Martí Amenós

1905-1936

 

Ramon (Raymond) naquit le jour de la fête de Tous les Saints, 1er novembre 1905, et fut baptisé deux jours après.

En 1928, il reçut l’onction sacerdotale qui en faisait un prêtre pour l’éternité.

Il fut nommé vicaire à Falset.

Ce fut un prêtre très zélé, très soumis à ses supérieurs, débordant d’initiatives excellentes pour susciter dans l’âme des jeunes l’enthousiasme d’appartenir à l’Eglise.

Sous son impulsion se développa donc le groupe des Jeunes Chrétiens de Catalogne, qui eurent les meilleures sections d’art dramatique et de cinéma du diocèse.

Il organisa en outre des conférences, des débats sur des sujets d’apologétique et de morale, qui eurent beaucoup de succès.

Par ailleurs, sur invitation de l’archiprêtre de Falset, il s’occupa de la formation culturelle des séminaristes de la paroisse.

Ce n’était pas un pur activisme. Don Ramon restait longuement en adoration devant le Saint Sacrement, méditant sur l’Evangile. Rien d’étonnant alors qu’il fût aussi un excellent directeur d’âmes.

Quand éclata la révolution, il pouvait très facilement se mettre quelque part en sécurité, mais il préféra rester aux côtés de l’archiprêtre, don Nogués, et de l’autre vicaire, don Josep Sancho.

Les longs détails de cette marche au martyre sont racontés dans la notice sur Antoni Nogués.

Pour les résumer, on dira ici qu’entre le 20 juillet et le 12 août, les trois prêtres (auquel s’en joindra un quatrième vers la fin), changèrent sept fois d’habitation ou de cachette, jusqu’à être découverts dans un bois, trempés par l’orage.

C’est là que les révolutionnaires les fusillèrent, les laissant sans sépulture pendant deux jours avant que le Comité les fît brûler en-dehors du bois.

Tous les quatre furent martyrisés le 12 août 1936, et béatifiés en 2013.

 

 

José Jordán Blecua

1906-1936

 

José vit le jour la 27 mai 1906 à Azlor (Huesca), onzième des douze enfants de Domingo et Crescencia.

Deux (ou trois) des filles de ce foyer furent Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul.

Il entra au Petit séminaire de Barbastro, au Grand de Lleida, et fut ordonné prêtre en 1932.

Homme vraiment évangélique, pieux, humble, obéissant, il exerça le saint ministère à Monzón, où le surprit la révolution de juillet 1936.

Peu avant de mourir, il put écrire quelques mots à son père : Je suis très content de souffrir ce martyre pour la cause du Christ… Je regretterais beaucoup de ne pas pouvoir mourir pour Lui.

Il subit ce martyre le 12 août 1936, à trente ans, après quatre années de sacerdoce, exprimant son pardon envers les assassins. Avec lui fut exécuté aussi son Confrère, Josep Nadal Guiu ; on les appelait les deux curés de Monzón.

Don José fut béatifié, ainsi que don Nadal, en 2013.

 

 

Pedro José Cano Cebrián

1906-1936

 

Pedro vit le jour le 1er juin 1906 à Villalba de los Morales (Teruel, Espagne) et fut baptisé deux jours plus tard.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1919.

Il commença le noviciat en 1922 ; il reçut l’habit avec le nom de Arístides Marcos.

Il fut catéchiste à Santa Madrona (Barcelone), puis Santpedor (1924), San Feliu de Guixols (1928), Benicarló (1929) ; après la profession solennelle : Manlleu (1931), de nouveau San Feliu (1933).

Ce fut un Frère doux, humble, obéissant et pieux.

En 1936, les Frères purent obtenir un sauf-conduit pour rejoindre leurs familles, mais pas le Frère Arístides, car sa famille se trouvait au-delà du front. Il choisit d’aller à Benicarló, où il resta une journée chez les parents de son Confrère Rafael José, mais pour ne pas compromettre ces gens à cause des fouilles des révolutionnaires, il partit pour Barcelone.

Il fallait un sauf-conduit ; d’après les indications qu’il fournit, on comprit qu’il était Religieux, de sorte qu’après son départ, les miliciens le suivirent.

A un croisement, à Poads, ils l’abattirent, laissant là le cadavre. C’est une voiture de la Croix-Rouge qui le releva et on le marqua d’abord comme «inconnu».

Des témoins purent l’identifier : le Frère Arístides Marcos avait été martyrisé le 12 août 1936. 

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Wenceslao Clarís Vilaregut

1907-1936

 

Wenceslao vit le jour le 3 janvier 1907 à Olost de Llusanés (Barcelone, Espagne), de parents cultivateurs aisés, dont il reçut une excellente éducation chrétienne.

A quinze ans, il entra au petit séminaire de Vic, et accepta volontiers d’assister le papa d’un prêtre. 

Puis il entra chez les Clarétains à Vic et y fit la profession en 1927. 

Il commença l’étude de la théologie et fut ordonné sous-diacre. La maladie cependant l’empêcha de continuer et il demanda à rester chez les Clarétains comme Frère.

C’est ainsi qu’il fut à Barcelone, Alagón et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Avant de mourir, il laissa ce billet : 

Ouvriers, nous, les martyrs, nous mourons en vous aimant et en vous pardonnant. Nous sommes nombreux à avoir offert notre vie pour votre salut. Soyez-en certains : notre intérêt pour vous est sincère !

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, parmi les «plus âgés» de la communauté, et fut béatifié en 1992.

 

 

José Pavón Bueno

1909-1936

 

José vit le jour le 19 janvier 1909 à Cartagena (Murcia, Espagne).

Après avoir fréquenté le collège des Clarétains à Cervera, il entra au noviciat de Vic, puis à Solsona et de nouveau à Cervera, et fut ordonné prêtre en 1934.

Titulaire d’un diplôme commercial, il fut envoyé à Játiva puis, quand cette maison fut fermée, il fut envoyé à Calatayud et Barbastro.

 

Voir ici la notice Clarétains martyrs à Barbastro

 

Il reçut la palme du martyre à Barbastro le 12 août 1936, et fut béatifié en 1992.

 

 

Miguel Domingo Cendra

1909-1936

 

Miguel vit le jour le 1er mars 1909 à Caseres (Tarragona, Espagne).

En 1928, il demanda à être admis au noviciat des Salésiens. 

Après les trois années de pédagogie à Mataró, où sa vivacité et son discernement firent l’admiration, il fut envoyé faire la théologie à Madrid, en 1934.

Après que la maison de Sarriá dut être évacuée, il se dirigea vers son pays natal, mais fut arrêté à Arenys de Lladó et assassiné à Prat de Compte (Tarragona), le 12 août 1936..

Miguel Domingo Cendra fut béatifié en 2001.

 

 

Josep María Sancho Toda

1909-1936

 

Josep naquit le 20 mars 1909, lendemain de la fête de saint Joseph, dont il reçut le nom au Baptême, le 21 mars.

Enfant, il servit la Messe à la paroisse dès l’âge de six ans, et sut bientôt diriger la prière du Chapelet.

Rien d’étonnant qu’il soit entré au Petit séminaire à neuf ans, après qu’on ait put résoudre plusieurs problèmes d’ordre économique. Ses études furent excellentes.

En 1931, il reçut l’onction sacerdotale qui en faisait un prêtre pour l’éternité.

Il fut nommé vicaire à Arbeca, Vilallonga, et Falset. Il travailla aussi à la paroisse Saint-François de Tarragona.

Ce jeune prêtre, célèbre pour son invariable sourire, s’occupa spécialement de la catéchèse pour les enfants ; il fut directeur et maître d’école, dont les élèves conservèrent longtemps un excellent souvenir.

Il était simple, soumis à l’archiprêtre, don Nogués (futur martyr avec lui), et dévot de l’Eucharistie.

Quand éclata la révolution, il accompagna l’archiprêtre, don Nogués, et l’autre vicaire, don Ramon Martí Amenós dans toutes leurs péripéties.

Les longs détails de cette marche au martyre sont racontés dans la notice sur Antoni Nogués.

Pour les résumer, on dira ici qu’entre le 20 juillet et le 12 août, les trois prêtres (auquel s’en joindra un quatrième vers la fin), changèrent sept fois d’habitation ou de cachette, jusqu’à être découverts dans un bois, trempés par l’orage.

C’est là que les révolutionnaires les fusillèrent, les laissant sans sépulture pendant deux jours avant que le Comité les fît brûler en-dehors du bois.

Tous les quatre furent martyrisés le 12 août 1936, et béatifiés en 2013.

Gabriel Albiol Plou

1910-1936

 

Gabriel vit le jour le 23 avril 1910 à Peñiscola (Castellón, Espagne) et y fut baptisé et confirmé, mais on n’a pu consulter les registres, qui furent brûlés par les Rouges.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils.

Il commença le noviciat en 1928 ; il reçut l’habit avec le nom de Justino Gabriel.

Il fut catéchiste à Farnés, Voltregá (trois ans) et passa à Condal en 1933.

Dès le début de la révolution, le Frère chercha à se réfugier chez un ancien élève, mais la situation était trop difficile, aussi se décida-t-il à rejoindre sa famille à Madrid. Mais comme la situation n’y était pas meilleure, tous revinrent à Peñiscola.

En arrivant, quelqu’un reconnut le jeune Frère au milieu des siens. Le père de famille vint se présenter au Comité, assurant que sa famille allait rester seulement quelques jours dans le pays. Mais le chef des miliciens l’insulta : Allez, f… le camp, toi et ton fils curé !

La famille jugea bon de tenir caché Justino dans une dépendance. On lui porterait à manger. Pour dormir, il se construirait une petite cabane.

Mais un soir, Justino voulut venir à la maison, se croyant couvert par l’obscurité. Erreur ! Le 12 août, au soir, des miliciens vinrent le réclamer.

Le Frère s’était caché dans le grenier. Quand il comprit que les miliciens fouillaient dans tous les recoins de la maison, il vint au-devant d’eux en leur disant : Me voici.

Commença alors un des martyres les plus cruels qu’on ait lu dans la chronique de ces jours déjà si douloureux.

Ils emmenèrent le Frère à la prison du château dit du «Père Luna», puis l’emmenèrent au milieu de la plage, lui donnant force coups de baïonnettes tout en marchant. Ils lui coupèrent les oreilles et lui crevèrent les yeux. Quand il fut bien en sang, ils le poussèrent dans l’eau de mer, pour que le sel lui brûlat davantage encore ses plaies. Puis, le sortant de l’eau, ils lui coupèrent la langue ; l’ayant dévêtu, ils lui coupèrent les parties génitales. Ce n’était pas encore fini. Ils lui enfondèrent une baïonnette d’oreille à oreille, la passant par les plaies déjà ouvertes ; le Frère respirait encore un peu : ils lui enfoncèrent encore une autre baïonnette dans l’omoplate. Enfin, ils l‘achevèrent par balles. Ils jetèrent le corps dans la mer, mais les vagues le ramenèrent sur la plage.

On lui retrouva une balle dans la tête, une autre dans l’abdomen.

Frère Justino, martyrisé le 12 août 1936, fut béatifié en 2013.

 

 

Józef Straszewski

1885-1942

 

Il vit le jour le 18 janvier 1908 à Włocław (Kujawsko-Pomorskie, Pologne).

Après ses études, il étudia la philosophie à Plock, puis fut admis au Grand séminaire.

Ordonné prêtre en 1911, il fut sept mois vicaire à Rozprza, cinq ans à Borowna, où il remplit pratiquement la charge du curé, qui était très âgé. Il fut transféré à Krzepice, où il seconda aussi le vieux curé pendant quatre ans, puis fut nommé vicaire à la cathédrale de Włocław, en même temps que préfet de l’Ecole de commerce ; il fut enfin nommé premier curé de la nouvelle paroisse Saint-Stanislas de Włocław (1922), dont il géra la construction de l’église. Il y fonda aussi un cinéma.

Curé zélé, il se cultivait constamment : sa bibliothèque comptait un millier de titres.

Il fut nommé chanoine honoraire en 1937.

Il fut arrêté par la Gestapo dans la grande rafle du 7 novembre 1939. Emmené d’abord le 16 janvier 1940 à Inowrocławia puis Sachsenhausen, il fut conduit à Dachau le 25 avril 1941, avec le numéro 24545, où il subit avec ses confrères des mauvais traitements et des tortures physiques. Il devint un véritable squelette vivant.

Des témoins survivants ont attesté que l’abbé Józef ne se plaignit jamais. Il restait disponible pour entendre des confessions. 

Il fut «éliminé» (gazé) dans un groupe de prisonniers «inutiles», le 12 août 1942 et fut béatifié en 1999.

 

 

Józef Stępniak

1912-1942

 

Il vit le jour le 3 janvier 1912 à Żdżary (Mazowieckie, Pologne), de Pavel et Ana Misztal, des parents agriculteurs, qui le firent baptiser dès le 4 janvier.

La maman mourut quand Józef était encore petit, et le papa se remaria.

Après l’école primaire, il fréquenta l’école secondaire à Lomza, tenue par les Capucins, durant laquelle il adhéra au Tiers-Ordre franciscain. Ce n’était pas le meilleur élève quant à ses résultats scolaires, mais il compensait ses lacunes par son travail acharné et sa bonne volonté.

C’était un bon camarade, enjoué, optimiste, avec «la tête un peu dans les nuages».

Après son baccalauréat, il entra chez les Pères Capucins de Nowe Miasto et commença le noviciat en 1931 ; il professa en 1932 avec le nom de Florian et fit la profession solennelle en 1935.

Il compléta ses études à l’université de Lublin et exerça déjà le saint ministère dans cette ville. Ordonné prêtre en 1938, il continua des études sur l’Ecriture Sainte à Lublin. Sur son image d’ordination, il avait fait écrire cette phrase de saint Paul : Nous sommes prêts à vous donner non seulement l’Evangile, mais aussi notre vie (cf. 1Th 2:8).

Quand la guerre éclata, il s’offrit courageusement pour remplacer les curés de paroisse qui se cachaient, en assumant les confessions et les funérailles.

Il fut arrêté par la Gestapo le 25 janvier 1940 et interné d’abord dans le château local, puis à Sachsenhausen le 18 juin 1940, ensuite au camp de concentration de Dachau à partir du 14 décembre de la même année, avec le numéro 22738.

Il y conserva sa bonne humeur contagieuse, et reçut le gentil surnom de soleil du camp. Lui qui avait une santé de fer et un fort appétit, fut complètement miné par le froid et la nourriture insuffisante et mauvaise.

En juillet 1942, il put être admis à ce qui pouvait s’appeler par euphémisme l’infirmerie du camp., où il put se remettre, mais fut admis, en tant que convalescent, dans le bloc des invalides, qui était en réalité l’antichambre de la mort. Là encore, le père Florian apportait une parole de douceur, de réconfort, à ces hommes condamnés. Il en partait chaque jour des dizaines, en fonction de la première lettre de leur nom de famille.

Le 12 août 1942 arriva la lettre S ; ce fut le tour du père Florian Stępniak : ce jour-là il fut gazé et son corps fut incinéré. 

Le père Florian Stępniak a été béatifié en 1999.

 

 

Karl Leisner

1915-1945

 

Karl était né le 28 février 1915 à Rees (Rhénanie Nord, Allemagne).

Dès l’âge de douze ans, il tint un petit journal, dans lequel on peut lire son aversion totale pour le nazisme. Ainsi en 1934, entendant scander Heil Hitler, il écrivit dans son calepin : J’ai une passion pour le Christ. Heil !

Au lycée, il rencontra le Mouvement de Schönstatt, un groupe dont il recevra toute sa spiritualité.

Militant chrétien, à dix-huit ans il était responsable de son groupe à Kleve (Clèves). Son évêque lui confia la responsabilité de la jeunesse pour tout le diocèse.

Séminariste, il fut ordonné diacre le 25 mars 1939. Peu après, il apprit qu’il était atteint de tuberculose pulmonaire et s’en fut se reposer en Forêt Noire. 

Après l’attentat manqué du 8 novembre 1939 contre Hitler, il commenta imprudemment : Dommage qu’il fût parti et fut arrêté par la Gestapo dès le lendemain.

Emprisonné à Friburg-in-Breisgau, transféré à Sachsenhausen, il fut interné au camp de Dachau en décembre 1940.

A Dachau s’étaient constitués trois groupes de Schönstatt. Celui auquel appartenait Karl prit comme devise Victor in vinculis (Vainqueur dans les chaînes).

Clandestinement, l’évêque de Clermont-Ferrand, qui était prisonnier aussi, Mgr Piguet, conféra l’ordination sacerdotale à Karl dans ce même camp, le 17 décembre 1944. Rien ne manqua pour cette ordination : une jeune fille de vingt ans, qui travaillait aux plantations voisines, put, au risque de sa vie, faire passer l’autorisation officielle de l’évêque de Düsseldorf, diocèse originaire de Karl, celle de l’évêque de Münich, diocèse de Dachau, le saint chrême, le Pontifical, même la crosse épiscopale.

Karl, déjà mourant, ne put célébrer qu’une seule fois la Messe, le 26 décembre, fête de saint Etienne.

Peu après que les alliés eurent ouvert le camp et libéré les prisonniers, Karl fut interné au sanatorium de Planegg (Münich, Bavière), où il mourut le 12 août 1945.

Les derniers mots de son journal furent : Seigneur, bénis aussi mes ennemis !

En 1988, Jean-Paul II le donna comme modèle à la jeunesse d’Europe. Karl avait écrit le 16 juin 1945 : Une seule chose : Pauvre Europe ! Retourne à ton Seigneur ! Là est ta Source pour tout ce que tu portes de plus beau.

Karl Leisner a été béatifié en 1996.

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