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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 23:00

 

20 AOUT

 

-IX.

S Samuel, prophète, cf. I Rois.

?

S Amadour, mystérieux personnage à l'origine de Rocamadour .

IV.

S Lucius, sénateur de Cyrène venu en Chypre où il fut décapité.

SS Léonce et Carpophore, martyrs à Aquilée.

?

S Saloine (Seroire), martyr à Saintes.

V.

S Maximus, disciple de s. Martin, abbé près de Chinon.

VII.

S Hadouin, évêque au Mans. 

S Oswin, roi anglais très humble, assassiné par son cousin.

S Philibert, abbé à Jumièges et Noirmoutier, fils de l'évêque Philibaud (à Aire).

S Paul le Jeune (Paul III), patriarche à Constantinople ; il s'agit peut-être de Paul IV, un siècle après, qui se retira dans un monastère après avoir été intimidé par l'iconoclasme.

IX.

SS Leovigildo et Cristóbal, moines martyrs à Cordoue.

XII.

S Bernard, fondateur de Clairvaux puis de soixante-huit abbayes, parcourant l'Europe au service de l'Église et prêchant la deuxième Croisade ; il est le “Doctor mellifluus”.

XIII.

S Benedetto Manetto dell’Antella, un des sept fondateurs des Servites, fêtés ensemble le 17 février.

XIV.

B Giovanni (Bernardo) Tolomei, abbé à Sienne, fondateur des Olivétains, canonisé en 2009 ; on lui associe parfois ses deux premiers compagnons : Patrizio Patrizzi et Ambrogio Piccolomini.

XVIII.

Bx Louis-François Lebrun, bénédictin, et Gervais-Protais Brunel, cistercien à Mortagne, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XIX.

Ste Maria de Mattias, italienne, fondatrice des Sœurs Adoratrices du Précieux-Sang, pour l'enseignement des petites filles, des jeunes filles et des femmes mariées, canonisée en 2003.

XX.

S Pie X, pape (*1835, 1903-1914) ; deuxième de dix enfants, évêque à Mantoue, cardinal de Venise, adversaire du modernisme, réformateur, mort sans avoir pu conjurer la guerre mondiale, fêté le 21 août.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 : 

Piaristes : Maties Cardona Meseguer (de Saint-Augustin, *1902), prêtre, près de Castellón ;

- béatifiée en 2001 : 

Laïque : María Climent Mateu (*1887), de l'Action Catholique, vierge, près de Valencia (sa mère, martyrisée avec elle n’est pas encore béatifiée) ;

- béatifié en 2007 :

Lassalliens : Ismael Barrio Marquilla (Celestino Antonio *1911), à Barcelone ; 

- béatifiés en 2013 : 

Prêtres diocésains : Magí Albaigés Escoda (*1889), à Tarragone ; Pau Segalá Solé (*1903), à Lleida ; 

Carmes déchaux : Jaume Perucho Fontarro (Silveri de Saint-Louis-de-Gonzague, *1864), et Francesc Segalá Solé (de l’Assomption, *1912), prêtres, à Lleida ;

Mercédaires : Tomás Campo Marín (*1879) et Francesc Llagostera Bonet (*1883), prêtres, et SantosSanz Iranzo (Serapio, *1879), profès, à Lleida ;

Prêtres Ouvriers du Sacré-Cœur : Cristófol Baqués Almirall (*1885).

B Georg Häfner (1900-1942), prêtre allemand, martyr à Dachau, béatifié en 2011.

B Własisław Mączkowski (1911-1942), prêtre polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

 

Samuel

11e siècle avant Jésus Christ.

 

On situe le prophète Samuel entre 1100 et 1020 avant l’ère chrétienne.

Des deux Livres de Samuel de l’Écriture, seul le premier parle de la naissance, de la vie et de la mort de Samuel (1S 1-25). 

Ses parents étaient de la montagne d’Ephraïm, d’une famille venue d’Ephrata. Le père Elqana montait chaque année de sa ville pour adorer et pour sacrifier à Yahvé Sabaot à Silo. Or de ses deux femmes, l’une était stérile, Anne, qui était l’objet de moqueries de la part de l’autre épouse. 

Anne pria intensément et le prêtre Eli lui promit d’être exaucée. Un an après, Elqana venait au Temple, plein de reconnaissance, mais Anne attendit que l’enfant fût sevré pour venir elle-même le présenter à Dieu au Temple.

L’enfant reçut le nom de Samuel, traditionnellement interprété comme “obtenu de Dieu”, ou bien aussi “le nom de Dieu” selon d’autres spécialistes.

Pleinement heureuse, Anne laissa son enfant au Temple, le donnant totalement à Dieu et le confiant au prêtre Eli. C’est à ce moment qu’elle chanta son Cantique, le “prototype du Magnificat”, dont Marie semble effectivement s’être inspirée après l’Annonciation.

Samuel grandit donc dans le Temple. Chaque année, ses pieux parents venaient le visiter, et Anne lui apportait à chaque fois un nouvel habit. Eli les bénit : Anne eut ensuite trois fils et deux filles.

C’est une de ces nuits que Dieu appela Samuel ; le petit garçon, peut-être déjà adolescent, entendit une voix qui l’appelait ; croyant que c’était Eli, il vint aussitôt, mais Eli ne l’avait pas appelé. A la troisième fois, Eli comprit que Dieu lui-même appelait Samuel et conseilla au garçon de répondre : Parle, Yahvé, car ton serviteur écoute. 

Dieu fit savoir à Samuel quelle punition allait s’abattre sur Eli et sa descendance, car Eli s’était montré trop faible envers ses fils et ne les avait pas avertis pour le mal qu’ils faisaient. 

A partir de ce moment-là, on sut que Samuel était inspiré de Dieu.

C’est Samuel qui sacrera roi Saül, puis David. 

L’Ecriture dit que Samuel mourut. Tout Israël s’assembla et fit son deuil ; on l’ensevelit chez lui à Rama (1 S 25:1).

Le livre du Siracide (ou Ecclésiastique) en fait un long éloge (Si 46:16-23), qui finit en ces termes : Avant l’heure de son éternel repos, il rendit témoignage devant le Seigneur et son oint : De ses biens, pas même de ses sandales, je n’ai dépouillé personne. Et personne ne l’accusa. Après s’être endormi il prophétisa encore et annonça au roi sa fin ; du sein de la terre il éleva la voix pour prophétiser, pour effacer l’iniquité du peuple.

Au Ve siècle, les reliques de Samuel furent transportées solennellement de Rama au sanctuaire qui lui fut dédié à Constantinople. C’est saint Bède le Vénérable qui eut l’idée heureuse de l’introduire dans le Martyrologe, à cette date du 20 août.

Le prophète Samuel a été choisi comme co-patron de ce blog, en compagnie de saint Ephrem, pour sa soumission enfantine et humble envers le prêtre et sa disponibilité totale à recevoir la parole de Dieu.

 

 

Maximus de Chinon

† 5e siècle

 

S.Martin (v. 11 novembre) avait parmi ses disciples un certain Maximus (dont le nom est devenu Mexme en français).

La réputation de sa sainteté le poussa à quitter la Touraine pour venir dans un autre monastère près de Lyon, en l’Ile-Barbe, sur la Saône. Mais là encore, on remarqua sa grande sainteté. Résolu à disparaître, il pensa revenir et se cacher dans son pays.

En traversant la Saône, la barque se renversa, mais Maximus put récupérer ses précieux bagages : l’Evangile, le calice et la patène - et rejoindre la rive opposée sain et sauf.

Il s’en vint à Chinon, où il fonda un monastère.

De cette nouvelle vie, on connaît un miracle éclatant : des ennemis encerclaient Chinon et avaient bouché le puits de la ville, condamnant les assiégés à mourir de soif. Maximus se mit en prière et obtint un orage si abondant que tous les récipients de la ville purent être remplis - et que les assiégeants s’enfuirent de panique.

On dit que Maximus mourut fort âgé.

Le monastère fut détruit par les Normands. L’église, après plusieurs modifications, servit longtemps d’école et, après récente restauration, est devenue un centre culturel.

Le Martyrologe Romain mentionne Maximus de Chinon au 20 août.

 

 

Philibert de Jumièges

615-685

 

Des spécialistes ont fait remarquer que l’orthographe de ce nom pourrait mieux s’écrire Filibert, étant d’origine germanique.

Philibert naquit vers 615, non loin d’Eauze (Aquitaine), où son père occupait une très haute charge.

Ce même personnage, Philibaud, fut même investi du caractère épiscopal, pour le siège d’Aire. Ce fut une pratique assez souvent répétée en ces temps-là, et l’on connaît maints exemples d’époux qui, à la suite de l’ordination du mari, vécurent désormais comme frère et sœur. S. Hilaire (v. 13 janvier) en est un exemple. Philibaud fut donc le quatrième évêque d’Aire.

Vers 628, Philibert fut envoyé à la cour du roi Dagobert, où il rencontra s.Eloi, s.Wandrille et Dadon, le futur s.Ouen (v. 1er décembre, 22 juillet, 24 août), avec lesquels il se lia d’amitié.  

Vers 636, Philibert, gagné par les exhortations de ces précieux amis, exprima sa volonté de partir au monastère récemment fondé par Dadon, à Rebais, dont l’abbé était un ancien moine de Luxeuil, s.Agile (v. 30 août). A l’époque, ce monastère était appelé Jérusalem.

D’après les chroniques, le Diable ne se privait pas de se manifester dans cette sainte demeure. Philibert, qui se sentit obligé un jour de mitiger ses jeûnes, reçut la visite de l’Importun qui, lui caressant doucement l’estomac, lui souffla : Tout va bien, maintenant ! D’un signe de croix, Philibert mit promptement en fuite le Démon - et redoubla l’intensité de ses mortifications.

Vers 650, Agile mourut, et l’on élut Philibert pour lui succéder. On vient de voir avec quelle énergie il se «soignait» : il proposa le même régime à la communauté, qui fut moins unanime pour le suivre. Deux moines cherchèrent à expulser leur Abbé : ils furent bientôt punis d’une mort subite. Mais l’épreuve bouleversa Philibert, qui préféra se retirer.

Il visita de nombreux monastères, entre autres Luxeuil et Bobbio, étudiant de près les Règles des grands fondateurs, s.Basile, s.Macaire, s.Benoît, s.Colomban (v. 1er janvier, 19 janvier, 11 juillet, 23 novembre). Ayant achevé son long périple, il vint au diocèse de Rouen, dont Dadon - devenu Ouen - était alors évêque.

Là, sur un ample terrain que lui céda le roi Clovis II, il fonda en 654 le monastère de Jumièges, pour des hommes, bientôt doublé d’un autre, pour les femmes, à Pavilly. Jumièges n’était pas loin de Fontenelle, où se trouvait la fondation de s.Wandrille. L’essor de Jumièges fut tel qu’on avance le nombre de neuf cents moines qui, sous l’impulsion de Philibert, bonifièrent la région en défrichant la forêt.

Philibert eut maille à partir avec le maire du palais Ebroin qui, vexé d’avoir été écarté sur des interventions solennelles de Philibert, se vengea sur l’évêque d’Autun, s.Léger (v. 2 octobre), auquel il fit crever les yeux. Là encore, Philibert fit de sévères remontrances à Ebroin, ajoutant qu’il ne craignait pas le martyre. Ebroin n’osa éliminer Philibert, mais réussit à le calomnier sournoisement auprès de s.Ouen, de façon tellement habile que Philibert fut mis en prison plusieurs années, jusqu’à ce que Ouen se rendît compte de sa bévue et fît libérer Philibert (674). 

Philibert alla se réfugier auprès de l’évêque de Poitiers, qui le protégea et favorisa son apostolat. Philibert réforma le monastère de Quinçay, puis se retira en l’île d’Her, où naquit alors le monastère de Noirmoutier, dont les premiers moines venaient de Jumièges. 

C’est de cette époque que naquirent les marais salants de l’endroit, sur initiative de Philibert.

En 683, après la mort d’Ebroin, Philibert regagna Jumièges où deux abbés nommés par l’évêque s.Ouen, avaient provoqué des divisions et des dissensions, certains moines ne les trouvant pas dans la ligne de leur Fondateur. Philibert fut reçu avec grande liesse ; il rétablit l’ordre, et reçut même du nouveau maire du palais un autre terrain, où naquit le monastère féminin de Montivilliers.

Peu après, Philibert retourna à Noirmoutier. En passant, il nomma abbé de Jumièges son disciple Achard, qui jusques là avait gouverné le monastère de Quinçay. 

S’étant définitivement retiré à Noirmoutier, Philibert soutint encore le développement d’autres monastères locaux, et rendit son âme à Dieu le 20 août 685.

Après maintes péripéties, marquées surtout par les invasions normandes, les reliques du saint Fondateur parvinrent à Tournus, accompagnées de nombreux miracles qui rendirent Philibert très célèbre.

Saint Philibert de Jumièges est commémoré le 20 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Leovigildo et Cristóbal

9e siècle

 

Ces deux moines habitaient Cordoue, où une persécution islamique anti-chrétienne se déclencha au milieu du 9e siècle, pour des raisons qu’on ignore. Que l’Islam soit profondément anti-chrétien, ressort clairement d’une lecture de leur «livre sacré», mais pourquoi particulièrement dans la région de Cordoue et à cette époque-là, alors que l’occupation durait depuis cent cinquante ans et que la population s’était désormais habituée à l’envahisseur, les historiens ne l’expliquent pas.

Le prêtre Euloge (v. 11 mars) nous a laissé trois livres d’Actes de Martyrs de Cordoue.

Cristóbal était un parent et disciple d’Euloge. Il était de sang arabe ; il entra au monastère Saint-Martin, près de Cordoue, dans la montagne au lieudit Rojana. 

Ce saint religieux, animé au martyre par les morts précédentes, alla en ville trouver le juge et confessa hautement sa foi. On l’incarcéra.

Quant à Leovigildo, qui était moine à Saint-Just-et-Saint-Pasteur, près de Cordoue aussi, il vint à son tour proclamer son christianisme devant le juge. Roué de coups, il fut jeté au cachot.

Il vient spontanément une question à l’esprit : pour quel motif ces deux moines se seraient donc présentés d’eux-mêmes au juge ? N’est-ce pas une provocation imprudente ? Si c’était vraiment le cas, Euloge et l’Eglise après lui n’auraient pas retenu ces deux personnages dans les rangs des Martyrs du Christ. On peut supposer qu’ils se rendirent à la ville pour tout autre motif et que, à l’occasion de leur présence, ils rencontrèrent le juge, qui les questionna. Ils n’avaient rien à cacher.

Les deux prisonniers se réconfortèrent mutuellement. Cristóbal, qui était plus jeune, pria Leovigildo de recevoir le premier les honneurs du martyre.

Leurs corps devaient être brûlés, mais les chrétiens les dérobèrent avant qu’ils fussent consumés et les mirent dans la basilique Saint-Zoïle.

Le Martyrologe mentionne ces deux martyrs au 20 août, précisant qu’ils furent décapités alors qu’Euloge ne le dit pas.

Bernard de Clairvaux

1090-1153

 

Si l’on parle habituellement de Bernard de Clairvaux, celui-ci était né au château de Fontaine-lez-Dijon (Côte d’Or), troisième des sept enfants de Tescelin le Saure et d’Aleth de Montbard.

Tous les garçons, avec leur père, rejoindront un jour Bernard au monastère ; l’unique fille, Hombeline (ou Ombeline), fut bénédictine à Jully.

Pour sainte (ou bienheureuse) Aleth (Alèthe, Alliette), voir au 4 avril.

Comme cela s’était vérifié à propos de saint Domingo de Guzmán (voir au 6 août), la mère de Bernard avait rêvé de son fils aboyant comme un chien zélé, allusion donc encore une fois à la prophétie de Isaïe 56:10, traitant les mauvais pasteurs de chiens muets.

Cette pieuse mère devait mourir en 1107. Après avoir fréquenté les chanoines de Saint-Vorles à Châtillon-sur-Seine, Bernard entra à la trappe de Cîteaux.

Comme son entourage cherchait à lui présenter des arguments négatifs, en particulier à cause de sa nature délicate, il se plongea dans un bain d’eau froide pour affirmer sa volonté de se vaincre. Puis il «prit sa revanche» en convainquant des amis et jusqu’à ses frères, de le suivre à l’abbaye.

L’aîné de Bernard, Guy, s’en vint l’annoncer au plus jeune : Nous partons. Tout ce domaine est à toi. Es-tu content ? Et le petit Nivard de répondre : Ce n’est pas juste ! Vous prenez le ciel et vous me laissez la terre ! Nivard les rejoignit.

Cîteaux était une jeune abbaye, fondée en 1098. Son abbé était Etienne Harding (voir au 17 avril).

Bernard y fut de 1112 à 1115, et fut nommé abbé à Clairvaux, une filiale de Cîteaux, où il allait rester trente-huit ans, jusqu’à sa mort.

Mais Bernard ne resta pas enfermé. Contemplatif de nature, il sut être actif pour l’Eglise, quand on le lui demanda. Dominant ses perpétuelles indispositions d’estomac, il fut constamment debout.

Il fonda quelque soixante-huit abbayes dépendantes de Cîteaux ; il écrivit ; il promut l’ordre militaire des Chevaliers du Temple ; il prêcha souvent ; il vint en Italie et en Allemagne pour remédier au schisme d’Anaclet II contre le pape Innocent II ; il parla dans le midi contre l’hérésie d’Henri ; en 1140, il rencontra Abélard à Sens dans une joûte théologique ; on le vit à Paris avec les étudiants, à Chartres avec les Bénédictins ; il prêcha pour la croisade, sur la prière de son ancien disciple, devenu le pape Eugène III.

Surtout, il accomplissait miracle sur miracle, mais s’effaçait humblement : Il n’y a aucun rapport entre ces miracles et moi.

Bernard écrivit le Traité de l’Amour de Dieu, le Traité de la Grâce et du Libre-arbitre, une suite de Conférences sur le Cantique des Cantiques, des Louanges à Marie. C’est à lui qu’on attribue ce mot : De Maria, numquam satis (sur Marie, on n’en dira jamais assez).

Mort le 20 août 1153, Bernard fut canonisé en 1174, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1830, avec le titre de Doctor Mellifluus, «qui coule comme le miel».

 

 

Benedetto dell’Antella

1203-1268

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Il est plus connu sous le nom de Manetto, qui semblerait être un diminutif de Benedetto.

En 1264, il fut prieur à Lucca puis, de 1265 à 1267, quatrième supérieur général de l’Ordre.

Il quitta ce monde, probablement, le 20 août 1268, d’où l’insertion de cette notice en ce jour, mais le Martyrologe mentionne ces Fondateurs ensemble le 17 février.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

 

Giovanni (Bernardo) Tolomei

1272-1348

 

Giovanni Tolomei naquit le 10 mai 1272 à Sienne (Italie).

Après des études de droit, il s’agrégea à une Pieuse Union appelée les Disciplinés (Disciples) de Sainte Marie (Disciplinati di Santa Maria), dont les membres, laïcs, priaient et s’occupaient d’œuvres charitables.

En 1313, avec trois amis, il voulut se retirer dans une de ses propriétés, le Deserto di Accona, pour y conduire une vie érémitique, se contentant de vivre dans des grottes naturelles. Ils construisirent seulement une petite chapelle.

Ces trois amis étaient un certain Francesco (dont on ignore tout), Ambrogio Piccolomini et Patrizio Patrizi, que parfois on a associés à Giovanni dans les éloges sur la sainteté de ce dernier, mais qui n’ont pas été canonisés.

C’est à cette époque que Giovanni changea son nom en celui du grand Cistercien, Bernard de Clairvaux, et s’appela désormais Bernardo.

Cette vie érémitique se poursuivit jusqu’en 1319, date à laquelle l’évêque institua avec eux la Congrégation bénédictine de Santa Maria di Monte Oliveto. L’appellation de cette nouvelle famille voulait indiquer en premier lieu son appartenance à l’immense branche de l’Ordre bénédictin, puis son caractère fortement marial ; enfin, le «Mont des Oliviers» voulait rappeler le saint lieu de l’Agonie du Christ à Jérusalem.

Cette branche subsiste toujours, ce sont les Olivétains.

Giovanni-Bernardo mourut de la peste, toujours à Sienne, le jour de la fête de saint Bernard, le 20 août 1348.

En raison de l’épidémie, son corps fut jeté dans une fosse commune, avec les corps d’autres moines frappés du même mal, de sorte qu’on n’a jamais pu retrouver et identifier le corps du saint Fondateur.

Son culte fut confirmé le 24 novembre 1644, et l’héroïcité de ses vertus en 1768. Le miracle en vue de sa canonisation fut examiné en 2002, et la canonisation elle-même eut lieu en 2009.

 

 

Louis-François Lebrun

1744-1794

 

Louis-François était né le 4 (ou le 9 ?) avril 1744 à Rouen (Seine Maritime). Son père était marchand pelletier, en même temps que trésorier de la paroisse Saint-Herbland, tout près de la cathédrale, mais se déplaça par la suite sur la paroisse Saint-Cande-le-Jeune.

Entré dans la congrégation bénédictine de Saint-Maur, Louis-François fit le noviciat à Saint-Martin de-Sées, et émit les vœux en 1763.

Selon les statuts de cette congrégation, le moine vivait de façon stable dans la province de la congrégation, tout en se déplaçant dans les différentes maisons de cette province.

Louis-François fut ainsi à Jumièges en 1771, où il fut ordonné diacre puis prêtre. 

En 1774, il était à Saint-Florentin de Bonneval, puis fut nommé prieur de Saint-Sulpice de Courbehaye (Chartres), dont il garda le titre jusqu’à la Révolution.

Successivement il fut au Bec-Hellouin (1775), prieur à Saint-Martin de Sées (1778), de Notre-Dame de Valmont (1779).

Redevenu simple moine en 1781, il est à Valmont puis à Saint-Ouen de Rouen, enfin à Saint-Georges de Boscherville (1783).

Cette même année, il redevient prieur à Bonne-Nouvelle (Rouen), mais repart à Saint-Ouen comme simple moine, et à Saint-Wandrille en 1788.

En 1790, Dom Lebrun n’a pas à faire le serment, exigé seulement des curés et desservants nouvellement établis par le régime, mais on le lui demande à partir de 1792. Il sera finalement passible de la déportation (sinon de la peine de mort, s’il se cache).

Pour ne pas inquiéter sa sœur et son beau-frère qui l’ont hébergé, Dom Lebrun se dénonce.

Immédiatement arrêté, il est interné à la maison commune de Saint-Vivien de Rouen (l’ancien grand séminaire), d’où il est envoyé à Rochefort avec une soixantaine de prêtres. Ils partent le 21 mars 1794, passent par Chartres, Tours, Poitiers, Rochefort : cinq-cents kilomètres en vingt jours, dormant dans des églises profanées ou des prisons.

D’abord enfermé sur le Borée, Dom Lebrun y est privé des vingt-trois livres qu’il avait pris avec lui, puis se retrouve sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort.

Ce moine bénédictin était tout à la fois littérateur, peintre, mathématicien, aussi modeste qu’instruit, et aussi pieux que modeste.

La douceur et l’honnêteté de son caractère se peignaient dans toutes ses manières pleines d’urbanité et jusques dans les traits touchants de sa figure.

Il flotta longtemps entre la vie et la mort, au grand hôpital, et périt finalement au moment où, débarqué sur l’île Citoyenne, comme il l’avait désiré, il semblait devoir bientôt se rétablir, après avoir considérablement souffert et toujours avec une grande résignation.

Il rendit son âme à Dieu le 20 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Gervais-Protais Brunel

1744-1794

 

Gervais-Protais était né le 18 juin 1744 à Magnières (Meurthe-et-Moselle).

Entré dans la congrégation des Trappistes, il était prieur de l’abbaye de Mortagne (Orne) depuis 1790. L’abbaye comptait environ quatre-vingt-dix moines. Les novices avaient déjà été évacués vers la Suisse dès 1791.

Arrêté le 12 mai 1793, il fut déporté de la Meurthe-et-Moselle, et envoyé sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort, où il arriva le 27 janvier 1794.

Ce moine rendit son âme à Dieu sur l’Île Madame, le 20 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Maria de Mattias

1805-1866

 

Née et baptisée le 4 février 1805 à Vallecorsa (Frosinone, Latium, Italie centrale), Maria était la seconde des sept enfants de Giovanni et Ottavia De Angelis, une famille aisée. Trois enfants moururent en bas âge ; les quatre autres étaient : Vincenza, Maria, Michel, Antonio.

Maria aimait écouter son père lui lire les belles histoires de l’Ecriture, le soir, jusqu’à ce qu’elle s’endormît. En outre, elle nourrissait une particulière dévotion pour le Précieux Sang du Christ, versé pour l’humanité entière.

Elle apprit à lire et à écrire, sans plus, et vécut dans les loisirs jusque vers seize ans. 

Elle fut confirmée à dix ans, et reçut la Première communion à onze : elle aurait désiré recevoir l’Eucharistie souvent, mais n’en eut la permission qu’une fois par mois.

Sa vie changea radicalement à partir de 1821, Tandis qu’elle se regardait dans son miroir, elle y vit tout d’un coup l’image de Notre-Dame, qui l’invitait. 

Maria se mit à lire, à dévorer tous les livres de piété qu’elle put trouver. Elle suivit une mission prêchée par Gaspare del Bufalo (voir au 28 décembre), et résolut de se donner à Dieu.

En 1834, elle fonda la congrégation des Sœurs Adoratrices du Sang du Christ, pour l’éducation des jeunes filles et la catéchèse.

Elle qui était de caractère plutôt timide et introvertie, devint une prédicatrice éloquente par le zèle qu’elle mettait à parler du salut des âmes ; on l’écoutait, on se convertissait ; son zèle se communiqua à d’autres jeunes filles.

En 1827, Maria fut encouragée par son directeur spirituel à vivre quelque temps parmi des religieuses trinitaires, pour connaître la vie communautaire. Elle y resta environ trois ans.

Après l’échec d’un essai de fondation à Norcia, Maria fut pressentie pour ouvrir une maison à Acuto. Pour elle, il ne s’agissait pas seulement d’ouvrir une école : elle envisageait une formation complète pour les jeunes filles ou les demoiselles (formation spirituelle, retraites…), pour préparer ces personnes à enseigner à leur tour.

Dès le début, Maria leur proposa une heure d’adoration quotidienne ; avec la permission du confesseur, elles pourraient communier chaque jour (une importante et courageuse innovation pour les temps) ; la dévotion du chapelet du Précieux Sang. On attendit longtemps encore pour décider si l’on émettrait des vœux. 

On se réunit de plus en plus nombreux dans la maison de Maria, une centaine de jeunes filles chaque soir, trois cents le dimanche. Toute cette population était sans prêtre, et avait besoin d’entendre parler de Dieu. Maria parlait d’un balcon, ou dressait une petite table sur la place.

Maria cependant souffrait de son asthme. Elle eut des moments de fièvre intense, qui l’épuisaient. Elle devait toutefois faire face à tous les problèmes qui se posaient : visiter les nouvelles maisons, trouver des ressources, faire face à la vague anticléricale qui soulevait l’Europe, apaiser les rivalités avec d’autres associations…

Le pape fit appel à cette congrégation pour diriger l’hospice Saint-Louis de Rome et l’école de Civitavecchia.

Maria mourut le 20 août 1866 : la congrégation comptait déjà soixante-dix communautés, en Italie surtout, mais aussi en Allemagne et en Angleterre.

Maria de Mattias fut béatifiée en 1950 et canonisée en 2003.

 

 

Pie X

1903-1914

 

Giuseppe Sarto, deuxième de dix enfants, naquit à Riese (Vénétie, Italie) le 2 juin 1835. Son père, Giambattista, était un employé municipal ; sa mère, Margarita Sanson, était couturière. Des dix enfants, le premier était presque mort-né, et Giuseppe fut en fait l’aîné des sept autres, le dernier devant mourir tout petit.

Baptisé dès le lendemain avec les prénoms de Giuseppe Melchiore, il grandit dans une ambiance très chrétienne et modeste.

Il commença l’étude du latin avec le curé, et fréquenta chaque jour le collège de Castelfranco, à six kilomètres de là, dont il sortit premier sur quarante-trois élèves. 

Son père était décédé en 1852, et sa mère était fort pauvre. Pour entrer au séminaire de Padoue, il bénéficia d’une bourse d’études du patriarche de Venise, originaire lui aussi de Riese, et fut ordonné prêtre en 1858. Il fut vicaire à Tombolo (Trévise), curé de Salzano en 1866, chanoine de la cathédrale de Trévise en 1875, évêque de Mantoue en 1884, patriarche de Venise et cardinal en 1893.

A Salzano, les sœurs de Giuseppe vinrent l’aider, non sans peine, car le curé distribuait déjà tout ce qu’il avait. Il inaugura une école du soir, constitua une chorale, visitait tous les habitants, y compris les incroyants et les Juifs. Il se dépensa sans compter lors de l’épidémie de choléra de 1873, au point que l’évêque l’appela à la modération.

A Trévise, outre que chanoine, il devait être chancelier de l’évêché et directeur spirituel des séminaristes.

A Mantoue, il se dépensa notamment pour la formation du clergé, la discipline ecclésiastique, l’enseignement de la doctrine chrétienne auprès du peuple. Il connaissait personnellement tous les séminaristes. Il lui arrivait d’arriver inopinément dans une paroisse pour remplacer un curé malade. Il confessait dans la cathédrale : on pouvait y aller librement. Il fitau moins une fois la visite de toutes les paroisses du diocèse. 

A Venise, il intensifia la même activité, faisant imprimer un catéchisme pour tous les diocèses de la Vénétie et s’appliqua à développer la musique sacrée, notamment en restaurant le chant grégorien.

Léon XIII étant mort le 20 juillet, son successeur fut choisi en la personne du cardinal Sarto, le 4 août. Il prit le nom de Pie en mémoire des saints pontifes qui ont porté ce nom et de ceux qui, ces derniers temps, ont été persécutés pour l’Eglise.

Lors du conclave, il protestait de son incapacité, alléguant qu’il ne savait pas le français (il le comprenait, mais ne le parlait pas couramment), qu’il était trop vieux (à quoi un autre cardinal rétorqua qu’il valait mieux qu’un seul mourût pour tout le peuple)… Loin de se réjouir de cette élection, Pie X ressemblait à un condamné à mort. 

Agé de soixante-huit ans, Pie X était le deux-cent cinquante-septième pape. 

Il s’installa au troisième étage du Vatican, et mena dans son appartement une vie tout ascétique : il dormait cinq heures et donnait tout son temps aux audiences et à la correspondance.

Il choisit pour devise : Instaurare omnia in Christo (Tout restaurer dans le Christ). Cette “restauration” passe par la formation du clergé, qui doit être saint, par l’enseignement doctrinal des fidèles, par une collaboration entre le clergé et les fidèles, par la réforme de la musique sacrée, qui doit élever et favoriser la prière ; il encourage ainsi la pratique du chant grégorien, dont l’esthétique et l’universalité peuvent être perçues par tous les chrétiens de la terre. Il entreprend une réforme du Droit canonique, de la Curie.

Poursuivant ce qu’il avait commencé à Venise, il promulgue un catéchisme universel en simplifiant celui du concile de Trente.

Contre les restes de la déviation janséniste, il encourage la réception fréquente de l’Eucharistie et, pour les enfants, établit qu’ils fassent leur première communion dès l’âge de sept ans. Il encourage les Congrès Eucharistiques.

Il réforme le bréviaire, la prière quotidienne des prêtres : il en fait réduire la longueur en supprimant certaines répétitions, en répartissant plus également le psautier sur chaque jour.

Il condamne l’hérésie moderniste dans un climat de grandes tensions et de polémiques continuelles ; il crée une commision biblique pour la révision du texte de la Vulgate (la Bible en langue latine) ; il crée l’Institut Biblique. 

Sous son pontificat il y eux soixante-treize béatifications et quatre canonisations.

Un des gros soucis de Pie X fut le conflit avec le gouvernement français, lors de la tristement célèbre loi sur les associations, qui fut à l’origine de l’expulsion de France de la plupart des religieux, et donc de la fermeture de leurs instituts. Paris rompit les relations diplomatiques avec le Vatican, et vota unilatéralement la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905).

Quand il pressentit la montée vers la Guerre mondiale, Pie X supplia l’empereur autrichien d’arrêter la guerre. Il mourut sur cette espérance, le 20 août 1914, après un pontificat de onze ans.

Béatifié en 1951, canonisé en 1954, il est mentionné au Martyrologe le 20 août, et fêté le 21 août au calendrier romain.

C’est Benoît XV qui lui succéda, dans cette pénible atmosphère de guerre.

Jaume Perucho Pontarró

1864-1936

 

Jaume, né le 12 mars 1864 à Corroncui (Viu de Llevata, Alta Ribagorça, Lleida, Espagne), orphelin de père et mère, fut accueilli par une bonne famille de l’endroit.

Il put étudier à Lleida, où il rencontra les pères carmes. Il entra au séminaire du Désert des Palmes.

Il fit la profession religieuse, prit le nom de Silveri de Saint-Louis-de-Gonzage, et fut ordonné prêtre.

Quand le couvent de Tarragona devait rouvrir, il fit partie de la nouvelle communauté, puis il fut envoyé à Cuba, où il ouvrira le couvent de Matanzas. Revenu à Barcelone, il fut prieur, puis il fut envoyé à Tarragona, où il s’occupa activement de la jeunesse.

En 1936, lors de l’incendie de l’église de Tarragona, il alla se réfugier chez un ami et pensait rejoindre en train Lleida.

Parvenu là, il fut arrêté ; il se retrouva avec tout un groupe de détenus qui furent abattus le 20 août 1936 au cimetière de Lleida, et enterrés dans une fosse commune ; il y avait là près de quatre vingt personnes, religieux et prêtres.

Le père Jaume-Silveri fut béatifié en 2013.

 

 

Tomás Campo Marín

1879-1936

 

Tomás vit le jour le 23 janvier 1879 à Mahamud (Burgos, Espagne), de Julián et Genara, qui le firent ondoyer dès la naissance ; les rites furent complétés le 3 février et le garçon fut confirmé en octobre.

En 1895, il entra au couvent des Pères Mercédaires de El Olivar. Il y reçut l’habit en 1895, fit la première profession en 1896, la solennelle en 1900 à Poyo (Pontevedra).

Il reçut les Ordres à Saint-Jacques de Compostelle, et le sacerdoce à Lugo.

Il habitait alors au couvent de Sarria, où il fut immédiatement nommé maître des novices. En 1905, il était formateur des profès à Lleida ; en 1906 à El Olivar, à Palma de Maiorque, où il prêcha avec ardeur (et succès). Sa santé commençait déjà de baisser, surtout parce qu’il fumait beaucoup.

En 1918, on lui demanda d’organiser le septième centenaire de l’Ordre, qu’il organisa de façon solennelle avec l’évêque ; entre autres prouesses, il fit venir six cents fidèles de Barcelone en bateau.

En 1920, il faillit être simultanément supérieur à Maiorque et provincial, mais il ne pouvait cumuler les deux charges ; il quitta Maiorque pour Barcelone, où il fut tout de même également prieur. Il organisa les Jeudis eucharistiques.

En 1926, il se trouvait vicaire puis curé à El Puig. En 1930, il repassait à Maiorque comme administrateur : il fit tout nettoyer et repeindre, acquit une machine à écrire. Cette année-là, il y eut des incendies de couvents pendant deux mois, durant lesquels les Religieux ne sortirent jamais de leur maison.

Entre 1932 et 1935, le père Tomás fut très actif aux différents chapitres et synodes. En 1935, il reçut le supériorat de Lleida : il y réorganisa la vie conventuelle en décadence et alla prêcher à Barcelone, San Ramón, Valencia, Benicalap, Burgos, Sarria, El Olivar ; il ne perdait pas une occasion pour découvrir de possibles vocations : beaucoup lui en furent reconnaissants.

A partir de février 1936, la situation était si menaçante, que les Religieux - le père Tomás et deux autres - allèrent dormir chez des amis. Ils y emportèrent des valises avec leurs effets et des objets du culte.

Le 22 juillet, suite à un mauvais conseil, ils crurent être plus en sûreté au commissariat de police, à cause de la foule menaçante, de sorte que la Generalitat vint les chercher en voiture et les conduisit à la prison, escortés par tout un peloton de miliciens rouges. Ils furent là pendant vingt-huit jours, jusqu’au 20 août.

A voir les «prisonniers» qui partaient les uns après les autres sans revenir, ils comprirent bien vite leur erreur. Ils ne se préparèrent que plus intensément à leur prochaine mort. Le père Tomás s’arrêta de fumer, tout en conservant sa bonne humeur habituelle.

Le 19 août, peu avant minuit, on fit sortir soixante-quatorze Religieux et prêtres, dont notre père Tomás et ses deux Confrères, Francisco Llagostera et Serapio Sanz. Ils saluèrent leurs compagnons, en leur donnant rendez-vous dans l’éternité. 

Les prisonniers furent liés deux à deux et durent monter dans des camions qui partirent jusqu’au croisement des routes de Tarragona et Barcelone, au milieu des insultes et des blasphèmes des miliciens. Dans les camions, on chantait à tue-tête l’Ave maris Stella, le Magnificat, on criait Vive le Christ Roi, on invoquait Marie… 

Une fois passé le cimetière, les conducteurs auraient voulu continuer jusqu’à Barcelone, mais une armée de miliciens les obligea à revenir en arrière jusqu’au cimetière.

On fit descendre les prisonniers, on les aligna par groupes de quatorze contre le mur, éclairés par les phares des camions, et les coups partirent, couverts par les chants et les cris des victimes. Un milicien passa donner le coup de grâce, mais on laissa là les cadavres, qui furent ensevelis seulement le lendemain par les employés du cimetière.

Martyrisé le 20 août 1936, le père Tomás fut béatifié en 2013, avec ses deux Confrères, Francisco et Serapio.

 

 

Santos Sanz Iranzo

1879-1936

 

Santos vit le jour le 1er novembre 1879 à Muniesa (Teruel, Espagne), de Manuel et Joaquina, qui le firent baptiser le 3.

Ce fut un enfant modèle, obéissant, travailleur, pieux et assidu à l’église.

Par trois fois, pendant qu’il travaillait aux champs, il vit une lumière inhabituelle qu’il prit pour une invitation surnaturelle : un matin, il partit travailler comme d’habitude, et une fois sur place, confia le cheval et les outils à un voisin, pour partir directement de Muniesa à El Olivar, chez les Mercédaire.

Il n’avait rien dit à personne, sauf à sa sœur. Il ne voulait écouter que la voix de Dieu

C’était en 1900. Les Religieux le trouvèrent si ingénu et si décidé, qu’ils le gardèrent. Santos reçut l’habit en 1901, et fit la première profession en 1902. Puis il fut envoyé à Lleida où, à part de brèves absences, il devait rester plus de trente ans.

A Lleida, il prit le nom de Serapio et fit la profession solennelle.

On lui confia toutes les charges : sacristie, cuisine, accueil, commissions, maître d’école.

Un jour qu’on lui avait donné une oie et qu’il devait la tuer et la préparer, il préféra l’abandonner au fond d’une cave d’où, le lendemain, elle avait simplement disparu, pour sa plus grande consolation.

En 1922, il organisa une collecte en vue d’équiper les bancs de l’église de prie-dieux ; la campagne couvrit presque toute la dépense nécessaire.

A partirt de 1929, il commença à s’équiper d’habits civils, tant l’atmosphère devenait lourde et pénible.

A partir de février 1936, la situation était si menaçante, que les Religieux - dont les pères Tomás Campo et Francesc Llagostera et le Frère Serapio - allèrent dormir chez des amis. Ils y emportèrent des valises avec leurs effets et des objets du culte.

Le 22 juillet, suite à un mauvais conseil, ils crurent être plus en sûreté au commissariat de police, à cause de la foule menaçante, de sorte que la Generalitat vint les chercher en voiture et les conduisit à la prison, escortés par tout un peloton de miliciens rouges. Ils furent là pendant vingt-huit jours, jusqu’au 20 août.

A voir les «prisonniers» qui partaient les uns après les autres sans revenir, ils comprirent bien vite leur erreur. Ils ne se préparèrent que plus intensément à leur prochaine mort. 

Le 19 août, peu avant minuit, on fit sortir soixante-quatorze Religieux et prêtres, dont les deux pères Tomás Campo et Francisco Llagostera. Frère Serapio «protesta», voulant les accompagner, étant lui aussi Religieux. Alors un milicien s’approcha et lui fit remarquer que, petit, il avait reçu une gifle au collège des Mercédaires : maintenant, il devait la «restituer» et envoya une gifle magistrale au Frère Serapio, qui ne broncha pas. On l’emmena avec les deux autres Pères. Ils saluèrent leurs compagnons, en leur donnant rendez-vous dans l’éternité. 

Les prisonniers furent liés deux à deux et durent monter dans des camions qui partirent jusqu’au croisement des routes de Tarragona et Barcelone, au milieu des insultes et des blasphèmes des miliciens. Dans les camions, on chantait à tue-tête l’Ave maris Stella, le Magnificat, on criait Vive le Christ Roi, on invoquait Marie… 

Une fois passé le cimetière, les conducteurs auraient voulu continuer jusqu’à Barcelone, mais une armée de miliciens les obligea à revenir en arrière jusqu’au cimetière.

On fit descendre les prisonniers, on les aligna par groupes de quatorze contre le mur, éclairés par les phares des camions, et les coups partirent, couverts par les chants et les cris des victimes. Un milicien passa donner le coup de grâce, mais on laissa là les cadavres, qui furent ensevelis seulement le lendemain par les employés du cimetière.

Martyrisé le 20 août 1936, le Frère Serapio fut béatifié en 2013, avec ses deux Confrères, Tomás et Francisco.

 

 

Francesc Llagostera Bonet

1883-1936

 

Francesc vit le jour le 30 août 1883 à Valls (Tarragona, Espagne), de Francisco et Francisca, qui le firent baptiser le 2 septembre ; il fut confirmé en 1891.

Il fit ses humanités chez les Pères des Ecoles Pies à Valls, puis fit le séminaire de Tarragona et fut ordonné prêtre en 1911.

Il fut vicaire ou aumônier à Maldá, Vilavert, Alforja, Valls, Torroja, Sarreal et Ulldemolins. 

Partout, c’était un prêtre discret, humble, effacé, qui travaillait beaucoup.

Sa dévotion envers saint Ramón (Raymond) de Peñafort et son admiration pour l’Ordre fondé par lui (Mercédaires) le rapprocha toujours plus de ces Religieux, au point qu’il demanda son admission à Portell. Il reçut l’habit en 1923, acheva le noviciat par la profession en 1924.

Ensuite, on le vit à Lleida, San Ramón, Barcelone, Lleida, Portell, à Palma de Maiorque (1933) ainsi qu’à Barcelone et Tarragone, où il revit sa mère.

Il avait l’art de passer inaperçu, tout en travaillant infatigablement. Si on lui faisait tenir la sacristie, il le faisait comme le dernier des Frères convers. 

Cultivé, il écrivait, il traduisait des textes en catalan, il rédigeait des articles pour les revues de l’Ordre.

A partir de février 1936, la situation était si menaçante, que les Religieux - le père Francisco et deux autres - allèrent dormir chez des amis. Ils y emportèrent des valises avec leurs effets et des objets du culte.

Le 22 juillet, suite à un mauvais conseil, ils crurent être plus en sûreté au commissariat de police, à cause de la foule menaçante, de sorte que la Generalitat vint les chercher en voiture et les conduisit à la prison, escortés par tout un peloton de miliciens rouges. Ils furent là pendant vingt-huit jours, jusqu’au 20 août.

A voir les «prisonniers» qui partaient les uns après les autres sans revenir, ils comprirent bien vite leur erreur. Ils ne se préparèrent que plus intensément à leur prochaine mort.

Le 19 août, peu avant minuit, on fit sortir soixante-quatorze Religieux et prêtres, dont notre père Francisco et ses deux Confrères, Tomás Campo et Serapio Sanz. Ils saluèrent leurs compagnons, en leur donnant rendez-vous dans l’éternité. 

Les prisonniers furent liés deux à deux et durent monter dans des camions qui partirent jusqu’au croisement des routes de Tarragona et Barcelone, au milieu des insultes et des blasphèmes des miliciens. Dans les camions, on chantait à tue-tête l’Ave maris Stella, le Magnificat, on criait Vive le Christ Roi, on invoquait Marie… 

Une fois passé le cimetière, les conducteurs auraient voulu continuer jusqu’à Barcelone, mais une armée de miliciens les obligea à revenir en arrière jusqu’au cimetière.

On fit descendre les prisonniers, on les aligna par groupes de quatorze contre le mur, éclairés par les phares des camions, et les coups partirent, couverts par les chants et les cris des victimes. Un milicien passa donner le coup de grâce, mais on laissa là les cadavres, qui furent ensevelis seulement le lendemain par les employés du cimetière.

Martyrisé le 20 août 1936, le père Francisco fut béatifié en 2013, avec ses deux Confrères, Tomás et Serapio.

 

 

Cristòfol Baqués Almirall

1885-1936

 

Cristòfol (Christophe) vint au monde le 20 mars 1885 à Olesa de Bonesvalls (Barcelone, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à L’Arrabasada (Barcelone) le 20 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

María Climent Mateu

1887-1936

 

Cette pieuse femme naquit le 13 mars 1887 à Játiva (ou Xátiva), Valencia (Espagne), de Josep et Júlia, qui la firent baptiser par son oncle, curé du village.

Elle grandit dans l’amour de Dieu et le désir intense de vivre sa foi au service de l’Eglise, tout en restant dans le siècle.

Elle avait une intense vie de prière, de méditation, assistant chaque jour à la Messe.

Tertiaire franciscaine et membre de l’Action Catholique, elle fut aussi une «marie des sanctuaires» (pour l’entretien des églises), membre des Enfants de Marie, de l’Apostolat de la Prière, de l’Adoration Nocturne, du Rosaire Perpétuel, du Syndicat Catholique Féminin ; elle s’engagea dans l’apostolat social de la femme et au service des vieillards.

Elle s’occupa de la chorale paroissiale, des ornements. Que n’aurait-elle pas fait pour servir Dieu et l’Eglise…

Quand survinrent les douloureux événements de 1936, on lui conseilla de moins s’exposer, mais elle préféra rester à Játiva et s’en remettre à la volonté divine.

Le 20 août 1936 vers trois heures du matin, on vint l’arrêter ; sa mère cependant ne voulait pas la laisser partir seule, aussi prit-on les deux femmes pour les emmener vers le cimetière. 

Les bourreaux profitèrent du déplacement pour maltraiter les deux femmes, les insultant, les frappant ; María eut un bras cassé. On voulait lui faire acclamer le communisme, mais elle répondit : Je mourrai en criant : Vive le Christ Roi. Fatigués et honteux, les bourreaux les abattirent avant-même de parvenir au cimetière.

La maman de María n’a pas fait partie de la même cause de béatification que María. Actuellement, seule María a été béatifiée, en 2001.

Magí Albaigés Escoda

1889-1936

 

Né le 23 mai 1889 à L’Albi (Garrigues, Espagne), de Joan et Francesca, Magí fut baptisé le jour-même.

Bon séminariste, exemplaire, il reçut l’ordination sacerdotale en 1913.

Excellent prêtre, il fut nommé chanoine archiprêtre de la cathédrale de Tarragona, et secrétaire du cardinal Vidal i Barraquer.

Lors de la révolution de 1936, il acheva les prières du jour au soir du 21 juillet, avec le cardinal et son auxiliaire, Mgr Borrás (voir au 12 août). 

Puis il alla retirer les Saintes Hosties du Tabernacle et accompagna les deux prélats à Poblet.

Le 22, il reprit le train pour Tarragona, où il changea deux fois d’endroit pour passer la nuit.

Le 23 au matin, des miliciens arrivèrent. Don Albaigés passa juste à ce moment, avec un ciboire contenant des Hosties. Un milicien s’en saisit et lui signifia son arrestation. Le prêtre montra une telle contrariété que le milicien lui rendit le ciboire, en lui disant : Tiens, prends, mange ! Don Albaigés distribua les Saintes Hosties aux personnes présentes qui l’entouraient.

Les miliciens restèrent un moment immobiles. Puis arriva un autre prêtre, don Monrabá. Les miliciens les emmenèrent tous deux en les maltraitant, d’abord au commissariat, puis au bateau-prison. Là, don Albaigés montra toute sa bonté et sa piété pour accomplir la volonté de Dieu.

Le 20 août 1936, on le tira de là pour le fusiller. Son délit était d’être prêtre.

On le retrouva au cimetière de Tarragona.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Maties Cardona Meseguer

1902-1936

 

Né le 23 décembre 1902 à Vallibona (Castellón), Maties (Matthias) était le fils de parents très pauvres, Narcís et Dominga. Il eut une soeur, Dolores.

A douze ans, il fut admis au collège des pères des Ecoles Pies (fondés par saint Joseph Calasanz) à Morella. Les Supérieurs le qualifièrent de travailleur, sympathique, pieux.

Malheureusement, ses bons parents lui demandèrent de renoncer à rester dans ce collège, car ils n'avaient vraiment pas de quoi lui payer ne serait-ce que le minimum pour l'aider à continuer ses études. C'est à regret que ses supérieurs et ses compagnons durent le laisser repartir chez lui.

Mais son curé intervint : il lui trouva un travail au sein de la communauté des Frères des Ecoles Chrétiennes, à Barcelone, de sorte qu'il pouvait envoyer un peu d'argent à ses parents, tout en continuant à espérer pouvoir entrer chez les Pères des Ecoles Pies (ou Piaristes).

A vingt ans, il fallut faire le service militaire : il y resta huit années, dans un groupe de communications, où il prit le grade de brigadier.

Il y eut une parenthèse durant cette période, lorsque Maties dut être hospitalisé à Malaga, pour de mystérieuses fièvres. Maties y rencontra une pieuse Religieuse qui lui montra une profonde amitié spirituelle et l'encouragea de toutes ses forces et de ses prières ; il conserva toujours une profonde reconnaissance pour cette précieuse et fidèle amitié.

Mais Maties n'était toujours pas dans son “milieu” espéré. Il se tourna vers la Sainte Vierge, qui l'exauça : il rencontra de nouveau le père Boronat qu'il avait connu à Morella. Et bien que la situation familiale fût toujours aussi précaire, le père Boronat adressa Maties au père Provincial, qui l'accepta.

Maties commença son noviciat à Moia, en 1929. A vingt-sept ans, on n'étudie pas comme à vingt ans, mais Maties se remit au latin et au grec, en même temps qu'à la composition de vers en espagnol et en latin. Un beau jour, il décida brusquement de mettre fin à ces poésies ; à un Confrère qui s'en étonnait, il répondit : Que veux-tu ? Durant l'oraison, j'avais la tête pleine de rimes, de consonnances et d'assonnances...

De 1930 à 1933 il fut à Irache pour une première période de formation culturelle. En 1933 il fut à Albelda de Iregua (La Rioja) pour la théologie ; l'année suivante, il faisait la profession solennelle.

Il fut ordonné prêtre en 1936. Déjà la Révolution couvait.

Maties était alors au collège Sant Antoni de Barcelone.

Le 19 juillet, il sortit pour aller se réfugier chez une tante, puis chez un grand ami, mais pour peu de temps, ne voulant pas compromettre ces personnes.

Le 30 juillet, il gagna son village natal, Vallibona, pensant y trouver plus de sécurité, et où sa chère sœur Dolorès le reçut avec grande joie.

Le 11 août, on brûla toutes les saintes images de l'église.

Le 17, le maire suggéra à Maties de se réfugier plutôt chez son oncle, qui tenait la Maison Cardona, un peu en dehors du village.

Mais à peine arrivé, survinrent deux hommes (qui l'avaient déjà recherché chez sa sœur) pour l'arrêter. Ils lui demandèrent d'abord de sortir ce qu'il avait dans les poches ; Maties sortit son bréviaire, sur lequel il posa un respectueux baiser ; l'un des hommes lui dit : Il vaut mieux le brûler. Maties fut conduit au Comité révolutionnaire.

Au Comité, il retrouva un autre prêtre, Manuel Meseguer. On leur concéda de pouvoir recevoir des amis et des proches. Dolores lui porta à manger.

Le 20 août, après que Dolores soit allée le voir encore une fois, trois hommes vinrent chercher Maties ainsi que l'autre prêtre, Manuel, et les conduisirent un peu en dehors du village, au lieu dit Pigró del Coll. A peine descendus du véhicule, ils furent abattus.

Le père Maties mourut les bras en croix ; on vit que son front était criblé de balles.

Maties Cardona Meseguer fut béatifié en 1995.

 

 

Pau Segalà Solé

1903-1936

 

Pau (Paul) vit le jour le 18 octobre 1903 à Montgai (Noguera, Espagne), de Josep et Cecilia, qui le firent baptiser le 22 suivant.

Il était le frère aîné de Francesc, qui le rejoindra au séminaire, entrera chez les Carmes déchaux, et sera martyrisé avec lui.

En 1917 Pau entra au séminaire des Franciscains à Balaguer, mais passa au Petit séminaire diocésain de La Seu de Urgell en 1919, puis au Grand séminaire, et fut ordonné prêtre en 1928.

Immédiatement il fut envoyé à Tèrmens (Lleida), un an après à Linyola, puis Albesa ; en 1931 à Cardosa et en 1933 à Montroig.

Devant l’explosion de violence anticléricale, don Pau se retira en 1936 dans sa famille à Montgai, où le rejoignit à son tour son jeune frère Francesc.

Après quelques jours de «repos», voulant éviter à leur famille les funestes représailles des révolutionnaires, ils se présentèrent spontanément au Comité.

On les arrêta immédiatement, on les conduisit à la prison de Lleida et on les fusilla sans attendre, le 20 août 1936.

Don Pau avait trente-trois ans.

Les deux frères furent béatifiés en 2013.

 

 

Ismael Barrio Marquilla

1911-1936

 

Ismael était né le 22 avril 1911 à Piedrahita de Juarros (Burgos, Espagne) et fut d’abord ondoyé ; le curé suppléa ensuite aux rites du Baptême.

Il entra au noviciat mineur de Cambrils, puis à celui de Benicarló, en 1928 ; il prit l’habit et fit la profession avec le nom de Celestino Antonio.

Après le scholasticat à Cambrils, il commença son activité à Bonanova en 1930.

Il y était quand éclata la persécution. Il se réfugia chez les parents d’un élève avec d’autres Frères, qui cependant allèrent se cacher ailleurs. On lui déconseillait de rester dans ce quartier, mais il répondait : S’ils me tuent, Dieu soit béni.

Le 18 août, ce furent quarante miliciens qui vinrent encercler la maison de cette famille, demandant à emmener le maître de maison et ses fils. Finalement, ils embarquèrent le Frère Celestino, qu’ils appelaient le curé. Le petit garçon de la famille lança : Ce n’est pas un curé, c’est un professeur.

Deux jours après, des miliciens vinrent montrer à cette famille une lettre que le Frère aurait écrite au général Cabanillas à Burgos, et qu’ils avaient trouvée dans la sacoche de ce Frère. Quand l’élève du Frère lut le texte, il ne put s’empêcher de faire remarquer : Ce n’est pas son écriture, et en plus, il y a pas mal de fautes d’orthographe.

On ne sut rien de plus sur le Frère. A la morgue, une note indiquait qu’il était mort par balles, dans le torrent du Cister, près de Barcelone. La note portait la date du 20 août 1936. 

Frère Celestino a été béatifié en 2007.

 

 

Francesc Segalá Solé

1912-1936

 

Francesc naquit le 25 mai 1912 à Montgai (Noguera).

Très jeune, il entra au séminaire, en même temps que son frère aîné Pau, mais n’y trouvant pas l’ambiance à laquelle il se sentait appelé, sur le conseil de pères carmes, il rejoignit leur couvent de Palafrugell.

Il y fit la profession, avec le nom de Francesc de l’Assomption. 

En 1936 il fut ordonné prêtre, comme son frère, avec lequel il entretint une fréquente correspondance.

Il était prêtre depuis à peine quelques mois, lorsqu’éclatèrent les tristes épisodes de la guerre civile de l’été 1936.

Le monastère fut pris d’assaut. Francesc put en sortir avec un autre père, tous deux vêtus en laïcs. Peu après, Francesc fut reconnu et arrêté par la police, mais remis en liberté ; il en profita pour rejoindre un confrère hospitalisé. Puis il voulut revenir dans son pays, réussissant à traverser Tárrega, malgré quelques problèmes. A Montgai, il retrouva son cher frère Pau, avec lequel il passa quelques jours de vie assez tranquille, priant, travaillant dans les champs.

Vers le milieu du mois d’août, le comité du peuple fit arrêter les deux frères. Ils furent conduits à Lleida, au cimetière de la ville, où ils furent fusillés avec d’autres prêtres et religieux. 

C’était probablement le 20 août 1936. Francesc de l’Assomption venait de fêter cette grande fête, après quelques mois seulement de sacerdoce.

Francesc fut béatifié en 2013.

 

 

Georg Häfner

1900-1942

 

Georg naquit le 19 octobre 1900 à Würtzburg (Bavière, Allemagne), dans une famille modeste ; son père, Valentin, travaillait à la mairie.

Il fréquenta le lycée de cette ville et, en 1918, fit son service militaire.

De 1919 à 1924, il étudia la philosophie et la théologie à l’université.

En 1920, il entra dans le Tiers-Ordre du Carmel et y prit le nom de Aloysius du Saint-Sacrement.

En 1924 il fut ordonné prêtre. Un an après apparaissait l’encyclique Quas primas, sur le Royaume du Christ, dont il fut totalement imprégné ; sa devise serait désormais : Tout pour le Christ Roi.

Il fut aumônier ou vicaire à Motten, Goldbach, Mürsbach et Altglashütten. A partir de 1934, il fut curé à Oberschwarzach.

Dès les premières manifestations de Nationalsocialisme, il s’opposa à cette idéologie, refusant de faire le salut hitlérien. D’autres incidents aboutirent à l’interdiction pour lui d’enseigner la religion dans l’école.

Dès 1941, il n’échappa plus aux interrogatoires de la police. Un autre incident provoqua son arrestation : un fidèle de la paroisse avait rétracté sur son lit de mort sa situation matrimoniale irrégulière et s’était réconcilié avec l’Eglise, bénéficiant ainsi de la sépulture chrétienne. On dénonça le curé pour avoir enfreint les lois civiles. Il fut arrêté le 31 octobre 1941.

Dès le 12 décembre, il fut emmené à Dachau, avec le numéro 28876. Il subit dès lors de continuelles tortures, dont un co-détenu put rendre témoignage : on le faisait marcher sous les coups de poings, il reçut des uppercuts, jusqu’à saigner et tomber à terre ; on recommençait le lendemain ; dès que le garde SS aperçevait la silhouette du prêtre, il se jetait sur lui avec férocité et recommençait la même scène que la veille ; l’abbé Häfner pensait que son bourreau était d’autant plus excité que lui restait toujours très calme et le regardait bien dans les yeux. Il avait la conscience tranquille et sa devise Tout pour le Christ Roi lui donnait des forces.

Six mois avant sa mort, il eut cette phrase : Nous ne voulons ni condamner un être humain, ni en vouloir à quiconque.

L’abbé Georg Häfner mourut le 20 août 1942.

Son père ainsi que le Doyen de la cathédrale vinrent deux jours après réclamer son corps à Dachau, mais le transport ne fut pas permis. Un mois plus tard arriva l’urne contenant les cendres du prêtre.

Georg Häfner fut béatifié en 2011.

 

 

Władysław Mączkowski

1911-1942

 

Il vit le jour le 24 juin 1911 à Ociąż (Wielkopolskie, Pologne), benjamin des huit enfants de Stefan, maître d’hôtel local, et de Maria Sobierajskich, qui le firent baptiser le 16 juillet suivant.

Des cinq frères de Władysław, quatre s’installèrent dans le commerce, l’autre travailla dans les chemins de fer. Il avait en outre deux sœurs.

Władysław n’avait pas une constitution très forte. Il fréquenta l’école supérieure de Ostrow Wielkopolski jusqu’au baccalauréat (1931), puis fréquenta les séminaires de Poznan et de Gnieżno, où on le jugea «introverti, calme, modeste».

Son père mourut en 1936, et ses frères étaient trop pauvres pour l’aider ; Władysław obtint une bourse d’études, qu’il devait rembourser ensuite.

On peut signaler ici que le 22 mai 1937 furent ordonnés prêtres quarante diacres, dont notre Władysław.

Il exerça le saint ministère comme vicaire dans une paroisse rurale qui comportait six paroisses ; puis il fut envoyé à Szubin en 1939, où la guerre ne l’empêcha pas de continuer ses activités, dans la clandestinité toutefois. Il fut ensuite envoyé à Łubowo, où sa pieuse mère l’accompagna : c’est elle qui put témoigner l’avoir vu plusieurs fois à genoux en prière dans l’église.

Le 26 août 1940, il fut arrêté et enfermé quelques jours à Szczyglinie, avant d’être transporté le 29 août à Sachsenhausen, et de là au camp de Dachau, le 13 décembre ; il porta le numéro 22760.

Dans le bloc se trouvaient d’autres prêtres et religieux, avec lesquels il priait chaque jour. Il put envoyer de petites lettres à sa famille, quinze lignes réglementaires, dans lesquelles il était contraint d’écrire, en allemand, qu’il allait bien et n’avait besoin de rien.

Il y survécut pendant une année et demie, dans les conditions pénibles malheureusement bien connues ; durant le terrible hiver 1941-1942, on dut transporter des brouettes de neige par -36°, avec des vêtements misérables ; Władysław mourut d’épuisement le 20 août 1942.

Son corps fut détruit dans le four crématoire.

L’abbé Mączkowski, qui avait trente-et-un ans, et cinq années de sacerdoce, a été béatifié en 1999.

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Published by samuelephrem - dans 08-août
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