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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 23:00

21 AOUT

 

III.

S Euprepius, premier évêque à Vérone.

Ste Cyriaca, veuve romaine martyre.

S Privatus, évêque martyr à Mende, dont il est le patron, victime d'une incursion barbare.

S Quadratus, évêque à Utique et martyr, très vénéré par s. Augustin.

?

S Paterne, alexandrin martyr à Fondi.

IV.

SS Luxorius, Cisellus et Camerinus, martyrs en Sardaigne.

SS Agathonicos, martyr à Selymbria, et Zoticos, martyr à Nicomédie.

Ste Bassa, martyre en Haloné, et ses trois fils Theognios, Agapios et Pistos, martyrs à Edessa de Grèce.

V.

S Sidoine Apollinaire, évêque à Clermont, très lettré, père de deux enfants avant d'entrer dans les ordres.

VI.

S Léonce Ier, évêque à Bordeaux.

S Noël (Natale), à Casal.

VIII.

S Albéric, évêque à Utrecht, descendant des rois mérovingiens.

IX.

Ste Théokléto, thaumaturge de l'ordre des Optimates, veuve à Constantinople.

XII.

Ss  Ahmed (Bernat), Zoraida (María) et Zaida (Gracia), trois frère et sœurs, fils de l'émir de Valencia ; leur frère aîné lers fit massacrer à Alzira ; Bernat fut fixé à un arbre par un long clou dans le front, ses deux sœurs furent déchiquetées vivantes à coups de sabre.

XIX.

S Giuse Ɖặng Ɖình Viên, prêtre tonkinois martyr, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

Bse Victoire Rasoamanarivo, épouse fidèle d'un cruel mari sur l'île de Madagascar, béatifiée en 1989.

XX.

Bx martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Dominicains : Luis Urbano Lanaspa (*1882) et Ramón Peiró Victorí (*1891), prêtres, près de Barcelone ;

Salésiens : Pedro Mesonero Rodríguez (*1912), clerc, près de Barcelone ;

- béatifié en 2013 : 

Fils de la Sainte Famille : Joan Cuscó Oliver (*1872) et Pere Sadurní Raventós (*1883), prêtres, à Lleida ; 

Bx martyrs espagnols de 1937 :

- béatifié en 2013 : 

Frères Maristes : Vidal García y García (Jorge Camilo, *1916), près de Madrid.

B Jan Zembol (Brunon, 1905-1942), profès franciscain polonais, martyr à Dachau, béatifié en 1999.

B Władysław Findysz (1907-1964), prêtre polonais longtemps persécuté pour sa foi et son apostolat, béatifié en 2005.

Euprepius de Vérone
† 250

Euprepius fut le premier évêque de Vérone, mais assez probablement pas au 1er siècle.
Un document ancien le nomme Puprepis, et le fait venir d’Orient.
On lui attribue aujourd’hui un épiscopat de quatorze années, de 236 à 250.
Le Martyrologe Romain mentionne Euprepius de Vérone au 21 août.


Cyriaca de Rome
† 255

On croit savoir que Cyriaca fut martyrisée à Rome sous Valérien, donc dans les années 253-260.
Cette Chrétienne passe pour avoir été une riche veuve, qui utilisa toutes ses ressources au profit de l’Eglise, en particulier des pauvres.
Elle donna également un domaine de l’Agro Verano (là où fut martyrisé s.Laurent, v. 10 août). Ce fut là l’origine du cimetière qui porta son nom.
Cyriaca n’avait plus rien, sinon sa propre vie, qu’elle offrit à Dieu généreusement, mais dans des circonstances qu’on ignore.
Le Martyrologe Romain mentionne Cyriaca de Rome au 21 août.


Privatus de Mende
† 258

Privatus a pu naître près de Clairmont (act. Clermont-Ferrand).
De Clairmont, donc, il fut envoyé par s.Austremoine (v. 1er novembre) en pays de Gévaudan, pour évangéliser le pays Gabale (act. Lozère).
On ne peut dire avec certitude s’il fut le premier ou le deuxième évêque de Mende : d’abord parce que le siège épiscopal devait certainement se trouver à Anderitum (act. Javols), ensuite parce qu’on ne sait si s.Severianus, hypothétique premier évêque, a bien existé.
Toujours est-il que, cette année-là (258 ou environ), Privatus s’était retiré dans une grotte du Mont Mimat, pour s’adonner plus intensément à la prière et au jeûne, lorsque s’approchèrent les Alamans, guidés par Chrocus. La population s’était réfugiée à Grèzes et subit un siège de deux années.
Quand les Alamans découvrirent enfin Privatus dans sa grotte, ils le prirent en otage, espérant se faire ouvrir les portes de la ville, mais Privatus préféra supporter tous les supplices possibles plutôt que de livrer son peuple.
On l’invita à sacrifier aux idoles : il refusa. On le tira de sa grotte, il fut frappé, mutilé, et amené jusqu’au bourg de Mimate (act. Mende), où il succomba à ses blessures, vers 258.
Une autre version affirme qu’on l’enferma dans un tonneau garni de pointes à l’intérieur, et qu’on le précipita du haut de la colline.
Mais les assaillants furent si exténués au terme de ces deux années, qu’ils levèrent le siège en promettant aux Gabales de les laisser en paix.
La tombe de Privatus fut creusée à l’endroit où il mourut. Une grande partie des reliques furent détruites pendant les guerres de religion.
Saint Privat est évidemment le protecteur de la ville de Mende ; des processions furent organisées, des miracles eurent lieu.
Le Martyrologe Romain mentionne Privatus de Mende au 21 août.


Quadratus d’Utique
† 259

Quadratus était l’évêque d’Utique au moment du massacre de la Massa Candida (v. 18 août), qu’on a cru pouvoir dater vers 259.
Trois jours plus tard, dit la chronique, ce saint évêque fut à son tour mis à mort.
De lui écrivit s.Augustin (v. 28 août) : C’est lui qui a appris à tout son peuple, clercs et laïques, à confesser le Christ ; il a envoyé devant lui son troupeau et est mort trois jours après. Augustin écrit en réalité le quatrième jour, selon la façon romaine de compter, comme nous disons que le Christ est ressuscité le troisième jour après sa mort.
Le Martyrologe Romain mentionne Quadratus d’Utique au 21 août.


Luxorius de Sardaigne
† 304

On manque d’informations certaines sur Luxorius.
Il devait être un soldat. 
Sa conversion au christianisme fut l’aboutissement de la lecture des Psaumes de la Bible.
Il fut dénoncé ; on voulut le faire abjurer et l’obliger à sacrifier aux idoles païennes, mais il resta ferme dans sa foi et fut décapité à Forum Trajani (auj. Fordongianus) en Sardaigne.
Peut-être que deux jeunes néophytes furent décapités avec lui, Camerinus et Cisellus, mais on ne sait rien sur eux.
L’Eglise de Pise aurait reçu des reliques de Luxorius, qui devint chez eux Rossorius.
Le Martyrologe Romain mentionne Luxorius de Sardaigne au 21 août.


Bassa d’Haloné
et Theognios, Agapios et Pistos à Edessa
4e siècle

Bassa était la mère de Theognios, Agapios et Pistos.
Elle fut martyrisée en l’île d’Haloné (Cyzique, Mysie, Turquie d’Asie NW).
Ses trois fils, Theognios, Agapios et Pistos, furent martyrisés à Edessa de Grèce.
Il existe, paraît-il, des Actes de ces Martyrs, auxquels cependant on ne peut guère donner confiance.
Le Martyrologe Romain mentionne Bassa d’Haloné et ses fils au 21 août.


Agathonicos et Zoticos de Selymbria
4e siècle

Zoticos fut mis à mort avec deux Compagnons par le préfet de Nicomédie.
Puis le même préfet découvrit Agathonicos, fils d’un autre préfet. Il se le fit amener à Nicomédie, pour l’interroger. Les réponses d’Agathonicos provoquèrent la conversion de plusieurs païens présents à l’interrogatoire : le préfet les fit tous arrêter, en fit décapiter quelques-uns et tous les autres, avec Agathonicos, furent envoyés à Constantinople. 
En cours de route, on exécuta tous les Compagnons d’Agathonicos. Ce dernier arriva donc seul à Constantinople ; il y fut torturé.
Conduit alors à l’empereur qui se trouvait non loin, à Selymbria (auj. Silivri, sur la mer de Marmara en Turquie européenne), Agathonicos y fut décapité.
L’ancien Martyrologe écrivait que l’empereur en question était Maximien, ce qui nous situe à la fin du 3e ou au début du 4e siècle. Cependant, Maximien était empereur en Occident et ne s’est jamais trouvé à Nicomédie (ni à Selymbria) ; il s’agirait peut-être plutôt de Dioclétien, mais le nouveau Martyrologe ne se prononce pas.
Le Martyrologe Romain mentionne Agathonicos et Zoticos au 21 août.


Sidoine Apollinaire
430-486

De famille noble gallo-romaine, Caius Sollius Apollinaris Sidonius - en français courant Sidoine Apollinaire - naquit en 430 à Lyon.
Son père, Alcimius Apollinaris, comme son grand-père et son arrière-grand-père, furent préfet du prétoire des Gaules.
Le christianisme entra dans cette famille par le grand-père de Sidoine.
Le jeune noble devint très érudit en lettres et particulièrement en poésie ; nourri d’Ovide et de Virgile, il fit ses études à Lyon puis en Arles.
Vers 451, il épousa Papianilla, une autre héritière de la noblesse gallo-romaine, qui lui donna deux enfants, un garçon prénommé Apollinarius et une fille.
En 455, le beau-père de Sidoine, Avitus, devint empereur et octroya à Sidoine une place de poète officiel à Rome. Le Sénat fit fondre une statue en bronze de Sidoine, qui fut érigée au Forum de Trajan. Sidonius conserva sa place sous Maiorianus, mais quitta Rome en 461, à la mort de ce dernier, pour retourner dans ses terres.
Le nouvel empereur, Anthemius, le rappela en 467 et le nomma préfet de Rome. Il fut honoré du titre de patrice. Cependant, Sidoine préféra assez vite quitter Rome pour se retirer chez lui en Gaule. 
Il fréquenta le clergé, particulièrement un prêtre nommé Constantius, accompagna l’évêque de Lyon en voyage, et finit par entrer dans le clergé.
En 470, c’est sur lui que tombèrent tous les regards pour nommer le nouvel évêque de Clermont. Sidoine n’était pas un théologien, mais il était assez instruit et avait suffisamment de contacts pour savoir diriger un diocèse. 
C’est ainsi que pendant cinq ans, de 470 à 475, il organisa avec Ecdicius, la défense de Clermont, en face des Wisigoths. Après la chute de Clermont, traîtreusement abandonnée par les Romains aux assiégeants, Sidoine fut mis en prison pendant deux ans près de Carcassonne.
Les neuf dernières années de Sidoine ne furent pas de tout repos. Un de ses prêtres essaya même de le supplanter.
Sidonius mourut un 21 août, vers 486.
On a de lui des Carmina (poèmes) et de la correspondance, dont le style est toujours élégant.
Le Martyrologe Romain mentionne Sidoine Apollinaire au 21 août.

 

 

Ahmed, Zoraida et Zaida

† 1181

 

Il n’est pas impossible que des détails de cette notice proviennent de déformations un peu légendaires ou au moins exagérées. Mais le fond historique est indubitable.

Ahmed était né vers 1135 à Carlet (Alzira, Espagne E), deuxième fils de l’émir qui résidait à Valencia (Espagne E) et s’appelait plus précisément Ibn Ahmed al-Mansur. Il avait en outre deux sœurs, Zoraida et Zaida.

Les quatre jeunes gens étaient évidemment élevés dans la tradition islamique.

L’émir envoya en 1156 son fils Ahmed en mission à Barcelone, pour négocier la libération de prisonniers de guerre. N’ayant pu obtenir ce que désirait son père, Ahmed prit le chemin du retour et, s’étant égaré, trouva refuge au monastère cistercien de Poblet, qui avait été fondé quelques années plus tôt.

Y ayant reçu l’hospitalité, il demanda au bout de deux jours à être reçu dans la communauté. Son désir devait être mûr et bien affirmé, car les moines ne tardèrent pas à le baptiser dans la religion chrétienne, avec le nom de Bernat, par référence au célèbre abbé cistercien Bernard de Clairvaux (v. 20 août).

On profita de ses dons pour lui confier l’administration du monastère ; il s’y attela de bon cœur et pratiqua l’aumône avec une grande libéralité, au point qu’il fut blâmé ; mais il échappa à la punition en obtenant du Ciel quelque miracle qui le justifiait pleinement.

En 1181, Bernat voulut revenir chez les siens, dans l’intention d’y annoncer la Bonne Nouvelle. Une tante s’était déjà convertie et vivait à Lleida ; elle l’encouragea à aller trouver son frère et ses sœurs. 

Son frère, al-Mansur, qui avait pris la succession de leur père, s’opposa catégoriquement à la prédication de son jeune frère.

Bernat eut cependant le temps d’amener à la foi ses deux sœurs Zoraida et Zaida, qui prirent au Baptême les noms de María et Gracia (les récits ne sont pas unanimes dans l’attribution de ces prénoms à l’une ou l’autre des deux jeunes filles).

Le roi fut impitoyable. Il fit poursuivre les trois frère et sœurs, qui avaient pris la fuite, les retrouva à Alzira et les fit mettre à mort sur place. Bernat fut cloué à un arbre avec un long clou enfoncé dans son front, les deux sœurs furent mises en morceaux, vivantes, à coups de sabre.

Ce triple martyre eut lieu à Alzira, le 21 août 1181.

En 1643, la ville d’Alzira se mit officiellement sous la protection des trois martyrs. Leurs reliques furent réparties entre Poblet, Carlet, Valencia et Alzira ; celles de Poblet disparurent en 1835, les autres furent profanées et détruites en 1936.

En 1871, leur fête fut étendue à l’Ordre cistercien ; le diocèse de Valencia en célèbre la fête.

 

 

Giuse Ɖặng (Ɖình) Văn Viên

1787-1838

 

Giuse (Joseph) Ɖặng Văn Viên vit le jour vers 1787 à Tiên Chu (Hưng Yên, Vietnam), de parents très croyants.

Ce fut un prêtre du vicariat du Tonkin oriental. Il fut ordonné prêtre en 1824 et travailla avec ardeur parmi ses concitoyens, pendant quatorze ans.

Longtemps recherché, il fut arrêté le 1er août 1838, jour de l’exécution du père Đaminh Nguyện Văn Hạnh et de l’abbé Bênadô Võ Văn Duê. Il refusa énergiquement de faire connaître la cachette du père Hermosilla, que l’on poursuivait également.

Jugé le 3 août, il fut condamné à mort. 

L’exécution avait été programmée pour le 21 août. Au moment du supplice, le mandarin lui déclara :

Nous savons que vous ne méritez pas la mort et nous voudrions pouvoir vous sauver ; mais les ordres du roi ne permettent pas de le faire ; pardonnez-nous donc si nous sommes obligés de vous ôter la vie et ne nous imputez pas cette faute.

Le père Giuse Ɖặng Văn Viên fut décapité à Bảy Mẫu (Hanoi) le 21 août 1838, béatifié en 1900, et canonisé en 1988, cent-cinquante ans après sa mort.

Une fête commune célèbre tous les Martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

 

 

Victoire Rasoamanarivo

1848-1894

 

Victoire Rasoamanarivo (que l’on peut abréger en Rasoa, prononcer 'Rachou') naît à Antananarivo en 1848, fille de Rainandriantsilavo, officier du palais royal, et de Rambahinoro, qui a des liens avec la famille royale. 

Tandis que les Anglais avaient reconnu comme roi de Madagascar Radama 1er,  les protestants en profitèrent pour évangéliser. En 1838, ils réalisèrent l’exploit de traduire et d’imprimer en malgache la première Bible. 

Ensuite régna l’une des nombreuses femmes de Radama 1er, la cruelle Ranavalona 1ère, qui s’imposera par la terreur, persécutera les chrétiens (protestants), faisant des centaines de martyrs. Elle meurt en 1861. 

Son fils, Radama II lui succède et proclame la liberté religieuse. Il rappelle les missionnaires. Les jésuites et les sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny évangélisent les Hauts-Plateaux. Victoire est une des premières élèves des Religieuses ; baptisée en 1863, à 15 ans, elle reçoit son nom de Victoire. Elle fait la première communion et reçoit la confirmation l’année suivante, et se marie le 13 mai 1864 avec Radriaka, fils du Premier ministre, un bon militaire, mais malheureusement adonné à la boisson. 

Elle n’avait pas le désir de se marier, mais ses parents l’avaient promise à Radriaka. Elle se soumit, à seize ans.

Une compagne dit d’elle qu’elle pleurait à la lecture de la passion de Jésus et disait : Nous ne savions pas ces choses avant, parce que nous ne connaissions pas Dieu. Nous ferons le serment de ne jamais répéter ces coutumes que nous avions auparavant.

Le roi est assassiné dans une révolution de palais. Lui succède la reine Rasoherina. Elle règne très peu de temps. Vient la reine Ranavalona II qui se convertit au protestantisme. La famille de Victoire est largement protestante. Victoire subit des pressions pour passer à la Réforme. Mais elle résiste fermement.

En 1876, elle devient Présidente Fondatrice du Zanak’i Masina Maria (Groupe des Filles de Marie).

Son mari, Radriaka, est un prince débauché, un tyran domestique. Ils n’ont pas d’enfant. Victoire refusera de divorcer et lui restera fidèle. Son beau-père lui-même lui dit un jour: Soa ô ! Je te dis ma peine. Nous sommes bien au courant de la souffrance que tu supportes silencieusement. La reine et moi-même avons pensé faire rompre ton mariage avec Radriaka, mon fils. Elle lui répondit: Dada ô, cette affaire ne concerne que moi. Je la veux supporter. Pourquoi vous tracasser inutilement ? Ne savez-vous pas que Dieu nous a unis pour toujours ? Je ne divorcerai jamais ! 

Victoire passe jusqu’à trois heures en prière dans l’église, où elle puise la force de supporter les humiliations que lui inflige son mari. Jamais une plainte ; elle prie pour la conversion de Radriaka. 

Après vingt-quatre ans de ce calvaire, son mari, affaibli, est proche de la mort. Devant la patience, la tendresse et les prières de sa femme, Radriaka est touché. Il demande à devenir catholique. En l’absence de prêtres, Victoire elle-même lui donne le baptême, en mai 1888, avec le nom de Joseph. En effet, après la première guerre franco-malgache, en 1883, les missionnaires catholiques avaient été expulsés. 

Ils ne purent revenir qu’en 1886, constatant avec grand étonnement que la communauté catholique, malgré les tracasseries du gouvernement, s’était accrue. C’était le résultat de la persévérance de Victoire et du frère malgache Raphaël Rafiringa (voir au 19 mai) . Les prières n’avaient pas cessé. On se réunissait à l’église chaque dimanche. Et Victoire répétait les lectures de l’Évangile et catéchisait. Le nombre des chrétiens avait été multiplié par quatre !

Quand les églises furent fermées, Victoire monta au palais et en revint avec l’autorisation de faire rouvrir les églises. Le roi lui avait répondu : Il n’y a aucune loi qui interdise aux chrétiens de prier dans leurs églises. Les gardes s’excusèrent. Victoire, par sa haute noblesse et sa force de caractère, imposait le respect. Victoire, non seulement maintint la foi, mais encore se dévoua sans compter au service des pauvres, des malades et, en particulier, des lépreux. 

En toute sa vie, Victoire remporta la victoire du Bien sur le Mal.

Elle mourut d’une grave maladie le 21 août 1894 en disant son chapelet et en répétant: Neny ! Neny ! Neny ! (Prononcer Nen’), c'est-à-dire: Mère ! Mère ! Mère ! Victoire n’avait pu avoir d’enfants, mais elle était devenue la mère de tous les chrétiens malgaches.

Une année après sa mort, la France conquit Madagascar et exila Ranavalona III.  

Victoire fut béatifiée en 1989, presque un siècle après sa mort. Le Martyrologe la mentionne au 21 août.

Juan Cuscó Oliver

1872-1936

 

Juan vit le jour le 6 mai 1872 à La Granada (Barcelone, Espagne), le jour où l’on fêtait alors le martyre de saint Jean Evangéliste devant la Porte Latine à Rome, ce qui explique le prénom qu’on lui donna au baptême. Ses parents étaient d’humbles ouvriers, qui eurent onze enfants.

Après avoir fréquenté le collège à Vilafranca del Penedès, il entra en 1891 dans l’Institut des Fils de la Sainte-Famille, commença le noviciat en 1892 et fit la première profession en 1894, la solennelle en 1897.

Ordonné prêtre en 1899, il reçut la responsabilité de l’éducation des enfants et des jeunes, dans différents établissements.

En 1936, le père Juan était supérieur à Tremp. Au mois de juillet, les autorités obligèrent toute la communauté à évacuer le collège, qui fut transformé en hôpital. Avec le père Sadurní, le père Juan se réfugia dans un hôtel de Barcelone et, au début du mois d’août, ils voulurent rejoindre Esterrid’Aneu, dans l’espoir de passer en France, puis en Italie pour rejoindre Rome. Ils étaient avec un petit groupe d’autres personnes.

Après plusieurs heures, ils arrivèrent à Alós d’Isil, mais là les deux Pères durent faire une pause pour se reposer de leur longue marche à pied, laissant partir le reste du groupe.

C’est à ce moment qu’ils furent arrêtés par des miliciens qui les remirent au Comité d’Esterri d’Aneu ; de là, ils furent conduits à la prison de Lleida, où se trouvaient déjà quelque huit cents détenus.

Dans la nuit du 20 au 21 août 1936, les révolutionnaires firent sortir de cette prison plus de soixante-dix prêtres et religieux, dont nos deux pères, Juan et Sadurní, qu’on devait en principe conduire à Barcelone ; en réalité, ils furent fusillés contre le mur du cimetière de Lleida.

Le long du trajet, ils chantaient le Credo et le Salve Regina, acclamaient le Christ Roi.

Une fois fusillés et tombés dans la fosse commune, on les brûla à la chaux vive, pour libérer de la place pour les suivants.

Les deux pères, Juan et Sadurní, furent béatifiés en 2013.

 

 

Luis Urbano Lanaspa

1882-1936

 

Né le 3 juin 1882 à Saragosse, il fréquenta les Piaristes de Saragosse, puis entra au Petit séminaire à quatorze ans, pour les études de philosophie.

En même temps, il fut sacristain chez les Dominicaines de Santa Inés.

En 1898, il prit l’habit des Dominicains à Padrón (La Coruña), puis fut envoyé aux couvents de Corias (Asturies) et San Esteban (Salamanque).

En 1906 il fut ordonné prêtre.

En même temps que ses études de théologie, il compléta sa science en devenant docteur ès sciences physiques à l’université de Madrid.

En 1912, chargé de restaurer la province d’Aragon, il s’installa à Valencia, où l’on put apprécier ses qualités de prédicateur, de professeur, de directeur des âmes, d’écrivain, et soutien des pauvres et des ouvriers.

Le voilà envoyé au Chili, au Pérou et en Equateur, comme Prédicateur Général de l’Ordre, avec le titre de Prédicateur de Sa Majesté.

Il reçut le titre de Maître en Théologie, il écrivit des articles où il préconisait saint Dominique comme modèle à suivre pour l’œcuménisme ; il fut à l’origine du collège Saint Joachim et de la Polyclinique Saint Vincent Ferrer.

Le père Urbano forma toute une génération de jeunes dominicains, enthousiastes de son enseignement et de ses qualités personnelles.

Revenu en Espagne, il ne se faisait aucune illusion sur le sort qui pouvait l’attendre, devant la montée de l’anti-cléricalisme ambiant.

Le 19 juillet 1936, il alla se réfugier chez des amis de l’Ordre. Le 23 juillet, il reçut les premières menaces.

Le 21 août au matin, il fut arrêté.

Après avoir tout donné, il reçut peu de récompense de ceux qu’il avait aidés, mais reçut la récompense divine : le martyre, qu’il subit le soir de ce même 21 août 1936, non loin de Cruz de Término (Valencia), où il reçut plusieurs balles.

Le père Urbano Lanaspa fut béatifié en 2001.

 

 

Pere Sadurní Raventós

1883-1936

 

Pere (Pierre) vit le jour le 22 avril 1883 à Vilanova i La Geltrú (Barcelone, Espagne).

Après avoir fréquenté le collège des Fils de la Sainte-Famille à Reus, il entra dans l’Institut en 1886, fit la première profession en 1900, la solennelle en 1903.

Il reçut les Ordres mineurs sur une période assez longue, sans qu’on en donne d’explication : maladie ? crise ? autres études ?

Ordonné prêtre en 1914, il fut toujours professeur de sciences, se montrant à la fois excellent professeur et pédagogue ; non seulement il enseignait, mais il communiquait aux élèves l’amour de l’étude. Il était au courant des dernières avancées de la science, et ses élèves l’interrogeaient volontiers.

Il enseigna presque toute sa vie au collège de Vilafranca del Penedés.

En 1936, le père Sadurní se trouvait au collège de Tremp, dont le père Juan Cuscó était supérieur. Au mois de juillet, les autorités obligèrent toute la communauté à évacuer le collège, qui fut transformé en hôpital. Le père Sadurní et le père Juan se réfugièrent dans un hôtel de Barcelone et, au début du mois d’août, voulurent rejoindre Esterri d’Aneu, dans l’espoir de passer en France, puis en Italie pour rejoindre Rome. Ils étaient avec un petit groupe d’autres personnes.

Après plusieurs heures, ils arrivèrent à Alós d’Isil, mais là les deux Pères durent faire une pause pour se reposer de leur longue marche à pied, laissant partir le reste du groupe.

C’est à ce moment qu’ils furent arrêtés par des miliciens qui les remirent au Comité d’Esterri d’Aneu ; de là, ils furent conduits à la prison de Lleida, où se trouvaient déjà quelque huit cents détenus.

Dans la nuit du 20 au 21 août 1936, les révolutionnaires firent sortir de cette prison plus de soixante-dix prêtres et religieux, dont nos deux pères, Juan et Pere, qui furent fusillés contre le mur du cimetière.

Le long du trajet, ils chantaient le Credo et le Salve Regina, acclamaient le Christ Roi.

Une fois fusillés et tombés dans la fosse commune au cri des hourras révolutionnaires, on les brûla à la chaux vive, pour libérer de la place pour les suivants.

Les deux pères, Juan et Pere, furent béatifiés en 2013.

 

 

Ramón Peiró Victorí

1891-1936

 

Ramón (Raymond) naquit le 7 mars 1891 à Aiguafreda (Barcelone). Il avait un frère, Miguel, plus tard tertiaire dominicain, qui le suivra jusqu’au martyre.

Après l’école primaire, qu’il fréquenta chez les bons Pères de la Sainte-Famille, il s’orienta vers la vie dominicaine et entra en 1906 au couvent de Corias (Asturies), où il prit l’habit et fit le noviciat. Il fit la profession solennelle en 1911.

A ce moment-là, il venait d’être dirigé sur le couvent de Salamanque, mais il demanda humblement à faire partie de la nouvelle province d’Aragón, et c’est là qu’il fit ses études de philosophie et de théologie, jusqu’à être ordonné prêtre en 1915.

Professeur à Solsona, il fut ensuite nommé supérieur à Calanda, puis transféré à Barcelone, où il contribua à l’épanouissement du culte eucharistique autant qu’à la dévotion du Rosaire.

Le 19 juillet 1936, sans plus tarder, il dut quitter son couvent et passer environ un mois à se réfugier chez des amis, changeant rapidement de cachette, pour ne pas compromettre ses hôtes. 

Le jour-même où il quitta son couvent, il eut l’immense tristesse de voir partir en flammes son couvent et cette chapelle qu’il avait embellie avec tant d’amour.

Finalement réfugié dans une pension tenue par des étrangers, il se sentait plus en sécurité ; on lui demanda tout de même s’il était prêtre, et il répondit sincèrement par l’affirmative. De toutes façons, il se préparait au martyre.

Deux jours après il fut arrêté, malmené. Il eut le temps d’écrire un petit mot à sa mère, dans lequel il se disait content.

Le père Ramón fut fusillé à El Morrot (Barcelone), le 21 août 1936, et béatifié en 2001.

 

 

Pedro Mesonero Rodríguez

1912-1936

 

Pedro vit le jour le 29 mai 1912 à Aldearrodrigo (Salamanque, Espagne).

Il entra chez les Salésiens et fit la profession à Gerona en 1931.

Il venait de terminer à Valencia ses trois années de préparation pédagogique.

En 1936, comme ses Confrères, il fut enfermé à la prison Modelo et libéré le 29 juillet.

Il chercha où se réfugier, et trouva quelque chose à Meliana, puis à Torrent, puis encore à Almácera. Là, il demanda au Comité un sauf-conduit, mais préféra tenter la fuite. Reconnu à Meliana, il fut arrêté et tué sur place.

On a dit ignorer le jour précis de son martyre. Ailleurs, on avance qu’ayant refusé de trahir un prêtre, il fut arrêté et martyrisé à El Vedat de Torrent (Barcelone) le 21 août 1936, et béatifié en 2001.

Le Martyrologe Romain le commémore le 10 août, avec don Juan Martorell Soria.

 

 

Vidal García García

1916-1937

 

Vidal était né le 7 février 1916 à Cuadros (León, Espagne), benjamin des enfants de Cipriano et Saturnina, qui le firent ondoyer le jour-même par sa tante, car on craignait qu’il ne vivrait pas. Le Baptême lui donna et la grâce surnaturelle et la vie naturelle. Il fut confirmé en 1917.

A l’école comme au catéchisme paroissial, il fut montré comme modèle à ses camarades ; de ses frères et sœurs, il fut le plus attiré par l’étude.

Le jeune garçon avait un grand frère chez les Maristes : il entra à son tour au collège de Venta de Baños (Palencia) en 1928 ; il y fut si bon élève, qu’on l’envoya terminer ses études secondaires à Blancotte (Haute-Garonne, France) pour y apprendre le français.

En 1934 il commença le noviciat à Tuy ; il y reçut l’habit et le nom de Jorge Camilo ; un an après, il faisait les premiers vœux.

Sa première étape d’enseignement fut Madrid et devait être l’unique.

Le Frère Jorge Camilo n’eut pas le temps de faire sa profession solennelle : Dieu allait lui accorder une grâce plus glorieuse encore : le martyre.

Le 20 juillet 1936, quand éclata la révolution, le Frère Jorge se trouvait alité, malade du typhus. Sans pitié, les miliciens l’obligèrent à se lever et l’emmenèrent à la prison Modelo. En novembre, on le déplaça à celle de Porlier.

Début 1937, le Frère passa en jugement et fut laissé en liberté. Mais où aller ? Il commença par porter une lettre d’un codétenu à sa mère, laquelle alors le reçut comme son fils. Mais peu après, on le réquisitionna : il se retrouva prisonnier dans l’ancien collège des Pères Pauliniens à Hortaleza (Madrid) et engagé dans un bataillon de la Brigade Líster. C’est là que ses chefs se rendirent compte qu’il était Religieux et l’assassinèrent en exemple pour les autres dans la cour de cette prison. 

C’était le 21 août. Jorge avait vingt ans.

Il fut béatifié en 2013.

Jan Zembol

1905-1942

 

Il vit le jour le 7 septembre 1905 à Łętownia (Małopolskie, Pologne), troisième des dix (ou treize ?) enfants de Franciscek et Anna Radoniów.

Après l’école locale, il entra chez les Frères Mineurs Franciscains à Lviv comme Frère Convers en 1922, et y prit le nom de Brunon (Bruno).

Il fut envoyé en plusieurs couvents : Przemyśl, Stopnicy, Kęty, Włocław, Cracovie, Lviv, où on lui confia les charges de cuisinier, de quêteur, de jardinier et d’organiste.

Il fit la profession solennelle en 1932.

A partir de 1933, il fut à Sądowej Wiszna et, à partir de 1937 à Chełm.

Lors du déclenchement de la guerre, il fut arrêté le 19 septembre 1939 et emprisonné au château de Lublin, avant d’être redirigé vers Sachsenhausen le 20 juin 1940, et à Dachau en décembre 1940.

En mars 1942, les autorités du camp le «punirent» en le jetant dans un bassin d’eau glacée ; il ne s’en remit pas.

Ses camarades de détention le surnommèrent ange de patience et de bonté.

A la suite des pénibles conditions de détention, il décéda le 21 août 1942 à Dachau (Allemagne).

Le Frère Bruno a été béatifié en 1999.

 

 

Władysław Findysz

1907-1964

 

Il vit le jour le 13 décembre 1907 à Krościenko Niżne (Krośno, Pologne), de Stanisław et Apolonia, des paysans de vieille souche catholique.

Il fréquenta une école primaire tenue par les Sœurs féliciennes, puis le lycée à Krośno. Il s’inscrivit à la Congrégation mariale.

En 1927, il entra au Grand séminaire de Przemyśl et fut ordonné prêtre en 1932.

Il exerça le ministère sacerdotal comme vicaire dans des paroisses qui devaient plus tard passer en territoire ukrainien : Borysław, Drohobycz ; puis Strzyżów, Jasło, Nowy Żmigród (Jasła). Il fut nommé curé de cette dernière paroisse en 1942.

Pendant la Deuxième guerre mondiale, il s’efforça de venir en aide aux personnes pauvres et aux victimes du travail forcé en Allemagne.

En 1944, les Allemands l’expulsèrent avec toute la population de Żmigród ; il put y revenir l’année suivante, reprenant son travail au profit des pauvres et de la reconstruction de la ville. Désormais, son activité sera limitée par le régime communiste imposé après la guerre.

L’abbé Findysz poursuivit autant qu’il put l’œuvre de régénérescence spirituelle et morale de sa paroisse, protégeant les fidèles de l’athéisme envahissant. 

Il est reconnu que par son action, beaucoup de familles ont été sauvées de la déportation pendant l’opération Wisła (ou opération Vistule, durant laquelle des populations entières furent déplacées). Il intervint en particulier en faveur de familles d’origine Łemki (les gréco-catholiques, ou catholiques de rite oriental), durement persécutées par les communistes et menacées d’exil.

L’activité de l’abbé Findysz contrecarrait manifestement les efforts du régime communiste ; il fut jusqu’en 1946 sous la surveillance de l’UB (la soi-disant Sécurité Publique, aux ordres du stalinisme). En 1952, il fut interdit d’enseignement du catéchisme dans le lycée. 

Par deux fois, en 1952 et 1954, il essuya un refus de «permis de séjour» pour administrer une entière région de sa paroisse qui se trouvait en zone frontalière et où il n’avait plus accès depuis la fin de la guerre. 

En «compensation» de son zèle pastoral, son évêque le nomma successivement chanoine (1957), vice-doyen, puis doyen (1962) de cette zone pastorale.

A partir de 1963, le chanoine Findysz se livra à une intense activité pastorale pour promouvoir le Concile Vatican II. Il envoya ainsi des lettres pressantes aux paroissiens, les invitant à conserver, ou à reprendre, une vie religieuse et morale vraiment chrétienne. Les autorités civiles l’accusèrent alors de contraindre les fidèles à la pratique religieuse.

En septembre 1963, le chanoine dut se soumettre à une grave intervention chirurgicale, pour l’ablation de la glande tyroïde, et se préparait à une seconde opération, prévue pour décembre,  pour lui retirer une tumeur à l’œsophage.

En novembre 1963, il fut interrogé puis retenu prisonnier au château de Rzeszów. Il fut alors condamné à deux ans et demi de prison : son crime était d’avoir enfreint le décret sur la protection de la liberté de conscience. Il fut enfermé au château de Rzeszów, puis à la prison centrale de Cracovie. Pendant qu’on lui imposait tous les mauvais traitements possibles, physiques et psychiques, on le discréditait publiquement par toute une campagne de presse calomnieuse.

Bien qu’interné à l’hôpital de la prison, le chanoine Findysz ne récupéra pas la santé, par manque de traitements adéquats. La tumeur à l’œsophage gagna l’estomac

Une intense activité, tant de la part de l’évêché que de l’avocat du prêtre, chercha à faire libérer ce prêtre désormais condamné à une mort lente. La demande fut rejetée plusieurs fois. 

Libéré enfin le 29 février 1964, l’abbé Findysz n’était plus qu’une loque humaine vivante ; un examen pratiqué à l’hôpital de Wrocław parvint à la conclusion que l’opération était désormais impossible. Terrassé par l’emphysème pulmonaire, il s’éteignit à Nowym Żmigrodzie le 21 août 1964.

Władysław Findysz fut béatifié en 2005.

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Published by samuelephrem - dans 08-août
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