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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 23:00

  22 AOUT

 

I.

Ste Vierge Marie, Reine élevée au Ciel, qui siège au côté de son Fils divin, le Christ Roi.

III.

S Symphorien, jeune martyrisé à Autun pour avoir troublé le déroulement d'une procession en l'honneur de la déesse Bérécynthe ; sa mère l'encourageait à rester fidèle.

IV.

S Timothée, martyr romain.

VII.

S Sigfrid, abbé bénédictin à Wearmouth, remarquable connaisseur de la Bible et moine très doux .

IX.

S Aldobrand, évêque à Bagnorea ; peut-être le même que Aldualdus.

S André le Scot, frère de ste Brigide de Kildare, archidiacre à Fiesole ; mort, il “protesta” contre l'inhumation d'une pécheresse près de sa tombe.

XIII.

S Filippo Benizi, médecin florentin devenu général des Servites, à l'origine de conversions notables, entre autres Hélène et Flore, prostituées, qui devinrent les premières cloîtrées des Servites ; à sa mort, on chanta la messe "Gaudeamus" en blanc, avec Gloria et Credo.

XIV.

B Giacomo Bianconi, prieur dominicain à Bevagna, Spolète et Foligno ; un crucifix saigna sur lui, pour signifier qu'il serait sauvé.

XVI.

B Timoteo de Monticchio, franciscain mystique à Ocra.

B Thomas Percy, noble anglais qui chercha à rétablir le catholicisme ; vaincu et fait prisonnier, il fut martyrisé, comme son père, et décapité.

Bx William Lacey et Richard Kirkman, prêtres anglais martyrs à York ; William était veuf.

XVII.

SS John Wall (Joachim de Sainte-Anne), franciscain à Worcester, et John Kemble, prêtre octogénaire, martyrs anglais.

B Domenico (Bernardo) Perani, capucin dans les Marches.

XVIII.

B Elie Leymarie de Laroche, prêtre du diocèse de Verdun, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 2001 :

Capucines Tertiaires de la Sainte Famille : près de Castellón, Petra María Victoria Quintana Argos (Rosario de Soano,) et Manuela Justa Fernández Ibero (Serafina de Ochovi)  (*1866, 1872) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Ciudad Real, l'évêque Narciso de Esténaga Echevarría, et son secrétaire le prêtre Julián Melgar Salgado (*1882 et 1900) ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : près de Tarragona, Joan Farriol Sabaté, Dalmau Llebaría Torné et Josep Roselló Sans (*1868, 1877 et 1883) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Vic, le profès Josep Vidal Balsells (*1908) ;

- béatifiées en 2019 :

Conceptionnistes : près de Madrid, Inés Rodríguez Fernández et María Concepción Rodríguez Fernández (*1889 et 1895).

B Symeon Lukach (1893-1964), ukrainien, évêque dans la clandestinité, martyr en prison, béatifié en 2001.

 

Elie Leymarie de Laroche

1758-1794

 

Né le 8 janvier 1758 à Annesse (Dordogne), Elie fréquenta le séminaire Saint-Sulpice de Paris et devint prieur de Saint-Jean de Coutras, dans le diocèse de Bordeaux.

Il fut déporté de la Dordogne, et envoyé sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort.

Doux, complaisant, très religieux, d’un commerce également sûr et facile, l’abbé Leymarie fut chéri de ses confrères autant au séminaire que dans son diocèse et durant sa détention sur le vaisseau, au point que sa mort jeta ses amis dans la consternation et causa des regrets, même à ceux qui le connaissaient moins.

Ce prêtre rendit son âme à Dieu le 22 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

 

 

Petra María Victoria Quintana Argos

1866-1936

 

Née le 13 mai 1866 à Soano (Santander, Espagne), Petra (Pierrette) était la fille de paysans très chrétiens, Antonio Quintana et Luisa Argos.

Elle avait quatorze ans, lors de la mort de sa mère, et dut, outre les travaux des champs,  s’occuper du foyer et de ses petits frères et sœurs.

En 1889, malgré quelques réticences familiales, elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille au sanctuaire de Montiel-Benaguacil (Valencia), convaincue que Dieu l’appelait à son service.

En 1891, elle fit la première profession avec le nom de Rosario de Soano (Rosario est un prénom masculin et féminin en Espagne, sous-entendant Notre-Dame du Rosaire).

Elle fut au couvent de Masamagrell (Valencia).

En 1896 elle émit les vœux perpétuels et porta désormais au doigt l’anneau de son «union» avec le Christ.

De caractère jovial, affable, à la fois austère pour elle-même et bonne pour les plus pauvres, elle fut tour à tour chargée de demander l’aumône pour le couvent, élue maîtresse des novices, conseillère générale de 1914 à 1926, puis Supérieure générale.

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Manuela Fernández et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Manuela sur la route de Puzol.

Au moment d’être fusillée, sans perdre son sang-froid, elle retira son anneau et le remit à son bourreau en lui disant : Tiens, prends-le, ce sera le signe que je t’ai pardonné.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Joan Farriol Sabaté

1868-1936

 

Il était né le 3 octobre 1868 à Montblanc.

Il fut ordonné prêtre en 1894.

Après avoir été vicaire à Vimbodí jusqu’en 1899, il fut nommé dans son pays d’origine, à Montblanc.

Le 9 août 1936, il fut arrêté à son tour et mis en prison, toujours à Montblanc. Il y retrouva l’évêque auxiliaire, Mgr Borràs (voir au 12 août), et d’autres prêtres du diocèse.

Dès son arrestation et son entrée en prison, il était fermement convaincu qu’on le ferait mourir prochainement.

Il devait rester quelques jours seulement en prison, qu’il passa en montrant le bon exemple, sans montrer d’inquiétude devant la mort ; il y ajouta même de la bonne humeur. Il s’informait sur ce qui se passait hors de la prison, des autres prêtres assassinés et fit dire à un de ses amis qu’il attendait sa mort avec résignation.

Le 22 août 1936, avec deux autres prêtres, don Dalmau Llebaria et don Josep Roselló, il fut emmené à Tarragona. Les trois prêtres furent assassinés sur la route de Barcelone, au lieu-dit La Creu de la Guineu.

Joan Farriol Sabaté fut béatifié en 2013.

 

 

Manuela Justa Fernández Ibero

1872-1936

 

Née le 6 août 1872 à Ochoví (Navarre, Espagne), Manuela était la fille de paysans très chrétiens, Hilarión Fernández et Juana Francisca. De ses nombreux frères et sœurs, Manuela eut deux frères Capucins et deux sœurs Tertiaires Capucines.

Elle avait quinze ans, quand elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille.

Elle émit la première profession en 1891 et travailla activement à l’éducation des petites orphelines, en particulier en recueillant des dons et des aumônes pour les soutenir.

Elle fut élue supérieure locale et, pendant trente-six ans, conseillère générale.

On la connaissait pour son caractère patient, humble, serviable, et sa dévotion au Saint Sacrement.

En 1936, elle se trouvait au couvent de Masamagrell (Valencia) et organisa le placement des postulantes et des novices en lieu «sûr».

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Piera Quintana et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Piera sur la route de Puzol.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Dalmau Llebaria Torné

1877-1936

 

Dalmau ou Dalmacio était né le 5 octobre 1877 à Falset (Catalogne, Espagne).

Il fit des études aux séminaires de Tarragone, mais dut partir à la guerre hispano-américaine à Cuba.

Jeune, Dalmau demanda à Dieu deux grâces : être prêtre, et être martyr. 

Il fut ordonné prêtre en 1902.

Les paroisses de son activité pastorale furent Ulldemolins, Siurana, Aleixar, Alforja, Belltall, Solivella, Sant Martí de Maldà, enfin Montblanc.

Ce fut un homme de Dieu, effacé et bon avec tout le monde. Son zèle se manifesta surtout pour les Exercices spirituels dans la paroisse et pour encourager l’Action catholique.

Pour les Exercices spirituels (retraites), il réussissait à rassembler beaucoup d’hommes et de jeunes, avec lesquels il priait. Il ne prêchait pas toujours lui-même ; sans jalousie, il invitait d’autres prêtres.

Grâce à son action persévérante, son groupe d’Action catholique des jeunes fut le plus important du diocèse.

Arriva la révolution de juillet 1936. Dans la matinée du 21 juillet, on essaya de mettre le feu aux porte de l’église : il se précipita avec son vicaire pour éteindre le feu avec l’eau bénite. Sage intervention !

Puis ils célébrèrent chacun leur dernière Messe dans l’église, toutes portes fermées, et mirent le Saint Sacrement en sûreté, ainsi que les ornements et les objets précieux (les calices, les ciboires).

Dans l’après-midi, ils se réfugièrent dans une famille de la paroisse. Au moment du souper, on vint arrêter don Dalmau, qui fut emmené à la mairie, mais remis en liberté. On le reprit vers minuit pour l’emmener à la prison de Montblanc.

Là il retrouva les jours suivants le Cardinal Vidal, Mgr Borrás et d’autres confrères ; il redonnait courage à tous, il confessait, ils priaient ensemble. Puis arriva son vicaire, don Josep Colom, qui devait être fusillé le 4 août suivant.

Fin juillet, on le fit aller à l’église pour ouvrir les portes des Archives paroissiales, qui se trouvaient au-dessus de la sacristie. Quand il vit de là dans quel état était l’église, il en fut douloureusement affecté.

Le 22 août, après un mois d’emprisonnement, on voulut le conduire à Tarragona avec deux autres prêtres. On leur disait que, pour plus de sécurité, on les menait à un des bateaux-prisons. En quittant ses compagnons de prison à Montblanc, don Dalmau leur dit : Courage ! Au Ciel ! 

Durant le voyage, il exprima sa conviction qu’il allait au martyre, s’en remettant pleinement entre les mains de Dieu. A un moment, don Dalmau dit au chauffeur : S’ils ne me tuent pas, j’en serai reconnaissant toute la vie ; s’ils me tuent, je vous protègerai tout spécialement du haut du Ciel.

La voiture les déposa à Tarragona et retourna à Montblanc. Les trois prêtres furent alors conduits à quelque deux kilomètres de là sur la route de Barcelone et, au lieu-dit La Creu de la Guineu, assassinés, pour le seul fait d’être des prêtres.

Après avoir été prêtre, don Dalmau venait d’obtenir l’autre grâce : être martyr. 

D’après l’autopsie, les prêtres avaient été fusillés de dos. Ce fut le 22 août 1936.

Don Dalmau fut béatifié en 2013.

 

 

 

Narciso de Estenaga Echevarría

1882-1936

 

Narciso naquit le 29 octobre 1882 à Logroño. Son père, Nicanor de Estenaga y Lizarralde, était journaliste et mourut très vite. C’est pour ce motif que la maman, lavandière, Eugenia Echevarría, déménagea à Vitoria, où elle mourut à son tour, laissant son petit garçon de onze ans dans les mains de la Sainte Vierge.

Il fut reçu à Aguirre dans le séminaire pour enfants pauvres, où s’occupa de lui la “Mère Corazón”, María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus, voir au 20 mars). Elle accueillit Narciso, lui paya les études et l’envoya au séminaire de Tolède. Là il étudia brillamment sous la conduite de Joaquín Lamadrid, futur martyr lui aussi. Il sera reçu docteur en droit.

Il fut ordonné prêtre en 1907, et sera nommé chanoine de la cathédrale, puis confesseur du roi Alphonse XIII. En 1922, il fut préconisé pour être évêque à Ciudad Real, charge à laquelle était attachée la fonction de Prieur des Ordres Militaires de Santiago, Alcántara, Calatrava et Montesa. Il fut consacré en 1923.

Il participa à différents Congrès (catéchistique, eucharistique) et correspondit avec l’Académie Royale d’Histoire et Belles Lettres ; il parlait plusieurs langues et écrivit des ouvrages.

Quand éclata la guerre civile, le gouverneur de Ciudad Real était partisan de la modération, mais n’empêcha pas les interventions des miliciens. Malgré le danger, l’évêque resta dans son diocèse. Le 19 juillet, il demanda à son clergé de ne pas abandonner les fidèles et de continuer les célébrations. Le 23 juillet furent assassinés les Passionistes de Daimiel (voir la notice).

Monseigneur Estenaga pouvait passer en zone “nationale” pour être protégé, mais il répondit que précisément maintenant que les loups sont autour de la bergerie, le pasteur ne doit pas s’enfuir.

Après que la Garde Civile fut renvoyée à Madrid, les miliciens imposèrent leur cruauté dans la ville. La prison regorgeait de prisonniers, de sorte qu’on réquisitionna le Séminaire pour y installer le Tribunal Révolutionnaire.

Le 25 juillet, le Gouverneur demanda l’interruption des célébrations dans les églises, puis les trois églises furent envahies, en particulier celle de la Vierge du Prado, patronne de la ville, qui fut utilisée comme garage.

Le 28, quatorze des trente étudiants clarétins furent fusillés pendant qu’on les transférait à Madrid. On proposait aussi à l’évêque d’aller s’y réfugier, mais le Comité révolutionnaire prétendit “veiller sur sa sécurité” en lui imposant de ne pas sortir de son palais épiscopal.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’Évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 on vint déloger l’évêque et son secrétaire ; tout le reste du personnel avait dû déjà abandonner les lieux. Mgr Estenaga et le père Julián Melgar, avec un balluchon d’habits sur l’épaule, s’installèrent chez un ami, Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. C’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secréta

 

Filippo Benizi

1233-1285

 

Filippo Benizi naquit le 15 août 1233 à Florence (Italie), de parents nobles, Giacomo Benizi (ou Benizzi, ou Benozzi ou Beniti) et Albaverde Frescobaldi, qui prièrent longtemps pour recevoir le don de la paternité. Filippo vit donc le jour en la fête de l’Assomption de Marie ; il eut une petite sœur, qui fut à son tour une sainte femme.

Après avoir été instruit par un précepteur à la maison, il fut envoyé à treize ans à Paris pour y étudier la médecine ; mais après quelques années passées en France, Filippo vint à  Padoue pour y recevoir le doctorat.

De retour à Florence en 1253, il exerça pendant un an, tout en occupant son temps libre dans la lecture des Pères de l’Eglise.

En 1254, durant le Carême, il priait dans la chapelle des Servites de Marie à Carfaggio, lorsqu’il lui sembla vraiment que le Crucifix lui suggérait d’aller rejoindre cet Ordre. Le jeudi de Pâques, il y était, et entendit la lecture du jour (Ac 8:26-40) : L’Esprit dit à Philippe : Approche et monte sur ce char. Filippo prit pour lui cette invitation, pour échapper au monde et «monter» dans l’Ordre. Dès le lendemain, il demanda son admission et fut reçu par le Supérieur, un des sept Fondateurs qui succédait à Alessio Falconieri (v. 17 février).

Filippo cependant, reçut des visites de Florentins, aussi fut-il muté au couvent du Monte Senario, où il fut d’abord chargé du jardin, de la quête, logé dans une petite grotte derrière la chapelle. Pendant cinq années, le docteur devenu novice fut ainsi mis à l’épreuve de l’humilité. Un jour qu’une créature mondaine vint le tenter, il se coucha longuement dans la neige pour éteindre totalement l’ardeur de la chair.

En 1258, le prieur l’envoya à Sienne ; en route, il rencontra des pères dominicains, qui restèrent émerveillés par la modestie et la science de ce jeune Religieux, et s’empressèrent de recommander au Supérieur de mettre cette intelligence au service de l’Eglise : Filippo fut ordonné prêtre en 1259 et se prépara à la Première Messe pendant tout le Temps pascal.

En 1262, il fut nommé maître des novices, en 1263 définiteur général puis assistant du Supérieur général, avant d’être lui-même élu Supérieur général en 1267.

A cette époque, l’Ordre comptait déjà une quinzaine de maisons en Italie. En 1268, les constitutions avaient été établies. Par modestie, Filippo faillit renoncer à sa charge, mais on le convainquit du contraire. Lors du conclave de 1269, il se cacha pendant trois mois, car le bruit courait qu’on parlait de lui pour être pape. Une fois le «danger» écarté, il partit visiter les maisons de l’Ordre en Allemagne et en France (il y en avait déjà à Toulouse, Montpellier, Vienne et Avignon). En Allemagne, il se perdit pendant trois jours dans la forêt ; n’en pouvant plus, il pria et reçut la visite de deux «bergers» qui le guidèrent vers une maisonnette où ils lui servirent à manger et à boire, le laissèrent se reposer puis lui indiquèrent sa route ; quand Filippo se retourna pour les remercier, il n’y avait plus personne… C’étaient deux anges !

En 1274, il participa au concile de Lyon. Revenu en Italie en 1276, il joua le pacificateur entre Bologne, Florence et Pistoia : la paix revint en 1280.

En 1282, il se passa un fait remarquable. Filippo était à Forlí, d’où un certain Pellegrino Laziosi le chassa vertement ; Filippo s’en allait humblement, mais fut rattrappé par le garçon vantard, qui lui demanda pardon et entra ensuite dans l’Ordre ; il mourut en odeur de sainteté (v. 1er mai).

C’est encore Filippo qui, en 1284, reçut dans l’Ordre des Servites Giuliana Falconieri, la nièce d’Alessio (cf. supra), qui fut la première de la branche féminine (v. 19 juin).

Une autre conquête de Filippo, fut la conversion de deux prostituées qu’il rencontra en voyage ; leur remettant ce qu’il avait comme argent, il les pria doucement de vivre honnêtement pendant trois jours, tandis qu’il faisait prier ses Religieux ; les deux femmes se convertirent vraiment et furent les deux premières cloîtrées de l’Ordre : Elena et Flora.

En 1285, l’Ordre comptait désormais quelque dix mille religieux et Filippo voulut aller trouver la pape à Pérouse ; ne pouvant plus marcher, il s’acheta une monture pour neuf livres.

C’est en août 1285 qu’il tomba malade à Todi, de nouveau un 15 août, le jour de son anniversaire. Il demanda son livre : ni le psautier, ni son ouvrage sur les origines de l’Ordre, mais son petit crucifix d’ivoire qu’il gardait de sa jeunesse.

Il s’éteignit le 22 août. Ses obsèques n’eurent rien de triste ; on célébra la Messe avec le Gloria et le Credo, comme aux fêtes. Le corps resta exposé jusqu’au 28 août, incorruptible et parfumé malgré la chaleur estivale.

Filippo Benizi a été béatifié en 1645 et canonisé en 1671.

 

 

Giacomo Bianconi

1220-1301

 

Giacomo (Jacques) naquit le 7 mars 1220 à Bevagna, qu’on dit Mevania en latin (Pérouse, Ombrie, Italie C). Ses parents s’appelaient Giovanni et Vanna, de famille connue.

Sa naissance aurait été signalée par l’apparition de trois étoiles très brillantes dans le ciel, car dans la même période naquirent notre Giacomo, Ambrogio Sansedoni (v. 20 mars) et Tommaso d’Aquino (v. 7 mars), trois illustres dominicains.

A seize ans, Giacomo reçut l’habit dominicain au couvent de Spolète et, dès lors, avança dans la science sacrée autant que dans la sainteté à pas de géants. Les deux sources de sa «science» étaient la mortification et l’adoration du Saint-Sacrement.

Il étudia à Pérouse. Ordonné prêtre, il fut un prêcheur infatigable. Il fonda un couvent dans sa ville d’origine, Bevagna, qu’il gouverna, dit-on, plus par ses exemples que par son autorité. Il aurait aussi suggéré à une certaine Lucia de fonder un couvent bénédictin pour les femmes.

En 1281, il fut nommé prédicateur général ; en 1291, prieur à Spolète, et en 1299 à Foligno.

Une secte infâme, rappelant celle des Nicolaïtes, serpentait en Ombrie, et Giacomo la pourchassa, obtenant même l’abjuration solennelle de son chef à Orte.

On a de lui deux ouvrages : Miroir de l’Humanité de Jésus et Miroir des Pécheurs ou Dernier Jugement Universel.

Parmi les faits extraordinaires qu’on a rapportés sur Giacomo, se trouve cette mystérieuse manifestation d’un Crucifix, d’où jaillit du Sang sur la tête de Giacomo, comme signe certain de son salut éternel. 

Il fit beaucoup de miracles. Le dernier eut lieu sur son lit de mort : pour réconforter les confrères, Giacomo se fit apporter de l’eau fraîche, qu’il changea en bon vin d’un geste de bénédiction, avant de s’endormir pieusement dans le Seigneur.

Certains avancent comme date de cette mort le 15 août 1301, mais le Martyrologe au 22 août.

Son culte fut confirmé en 1672.

 

 

Timoteo de Monticchio

1444-1504

 

Timoteo, né en 1444 à Monticchio (L’Aquila, Abruzzes, Italie C), était le fils de braves cultivateurs.

Tôt (petit garçon, lit-on) il entra chez les Frères mineurs de l’Observance, y fit de bonnes études et fut ordonné prêtre.

On l’envoya comme maître des novices à Campli, plus tard à Ocre.

Il vécut et appliqua la Règle avec une humble persévérance, et fut favorisé de grâces extraordinaires, recevant la visite de Notre-Dame, de saint François d’Assise ; Notre Seigneur lui parla de l’Hostie durant la sainte Messe ; beaucoup de miracles se vérifièrent par l’intervention de ce Religieux qu’on disait plus céleste que terrestre.

Sa sainte mort advint le 22 août 1504.

Les miracles ne cessèrent pas et permirent la reconnaissance du culte en 1870.

 

 

 

Thomas Percy

1528-1572

 

C’était le fils aîné de Sir Thomas Percy, comte de Northumberland et d’Eleanor, fille de Sir Guiscard Harbottal.

Le comte Thomas Percy participa au Pélerinage de Grâce, un mouvement insurrectionnel qui réussit à rétablir les offices et les couvents catholiques, au point de forcer les autorités à des négociations, qui d’ailleurs ne furent pas tenues, et au contraire aboutirent à une nouvelle répression. Cet homme donc fut exécuté à Tyburn (1537), et pour cela considéré comme martyr. 

Le petit Thomas avait alors huit ans. Lui et son frère Henry furent alors enlevés à leur mère et confiés à Sir Thomas Tempest.

En 1549, son père fut réhabilité, en sorte qu’il récupéra son rang et son titre. Déclaré gouverneur de Prudhoe Castle, il assiégea et prit Scarborough Castle, que des rebelles avaient conquis en 1557. En récompense il reçut le comté de Northumberland avec, en plus, les baronies de Percy, Poynings, Lucy, Bryan et Fitzpane. Installé en grande pompe à Whitehall, il fut peu après nommé Gouverneur Général des Marches, en qualité de quoi il défit les Ecossais.

En 1558, il épousa Anne Somerset, fille du comte de Worcester, qui plus tard souffrit beaucoup pour la foi. De ce mariage devaient naître un garçon, mort jeune, et quatre filles : Elizabeth, Lucy, Jane et Mary.

Quand la reine Elizabeth monte sur le trône, elle laisse Thomas Percy tranquille pendant un certain temps, et lui accorde même l’Ordre de la Jarretière (1563). Il résigna sa fonction et se retira dans le sud. Mais la persécution systématique des catholiques rendait sa position difficile ; de plus, quand circulèrent des bruits sur la prochaine excommunication de la reine Elizabeth, toute la région du nord planifia de libérer la reine Mary, reine d’Ecosse. 

Le comte Thomas, de concert avec le comte de Westmoreland, écrivit une lettre au pape pour lui demander quoi faire. Mais les circonstances firent qu’ils durent prendre une décision avant que la lettre n’arrivât à Rome. Après un court succès, l’entreprise ne réussit pas ; Thomas s’enfuit en Ecosse où il fut capturé et, après trois années, vendu au gouvernement anglais. Conduit à York, il fut décapité, ayant refusé d’être remis en liberté moyennant l’abandon de sa religion. C’était le 22 août 1572.

Il a été béatifié en 1895. 

Son épouse Anne s’en vint dans les Flandres, avec sa petite Mary qui venait de naître (1570) ; Anne mourut à Namur en 1596 ; Mary fonda le couvent de Bénédictines de Bruxelles, dont dépendent presque tous les actuels monastères de Bénédictines d’Angleterre.

Il y a encore actuellement des descendants de Thomas et Anna dans les Flandres.

 

 

Richard Kirkman

? -1582

 

Richard Kirkman était né à Addingham (West Riding, Angleterre).

Il vint à Douai en 1577, au Collège anglais qui fut transféré à Reims, où il fut ordonné prêtre le Samedi Saint de 1579.

Etant repassé en Angleterre en compagnie d’Alexander Briant (voir au 1er décembre), il trouva refuge à Scrivelsby (Lincolnshire) et fut probablement arrêté le 8 août 1582. Pour lui, le jugement et la condamnation ne se firent pas attendre. Son sort fut le même que pour William Lacey.

Les derniers mots de Richard furent ces versets du psaume 119 : Malheur à moi, qui me suis arrêté à Mosoch ! J’ai habité dans les tentes de Kedar ! Je suis resté trop longtemps parmi ceux qui haïssaient la paix.

Richard et William furent exécutés le 22 août 1582 à Knavesmaire (York). 

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

William Lacey

? -1582

 

William Lacey (ou Lacy) était né probablement à Houghton (Yorkshire, Angleterre). Il avait un frère (Ralph) et une sœur (Barbara).

Il épousa en secondes noces une veuve nommée Cresswell, dont les deux fils, Arthur et Joseph, furent jésuites.

Il souffrit pour sa foi, perdit son poste d’officier civil et connut la prison. Après la mort de son épouse, il rejoignit le collège anglais de Reims en juin 1580. En septembre de la même année, il vint à Pont-à-Mousson puis à Rome où il fut ordonné prêtre, après avoir obtenu une dispense en raison de ses deux mariages.

En 1581, il prit la route pour l’Angleterre, s’arrêtant à la basilique de Loreto (Ancône, Italie). Il se déplaça dans son pays, en compagnie des jésuites Jasper Heywood et William Holt.

Le 22 juillet 1582, il se trouvait auprès d’un prêtre, Thomas Bell qui achevait la Messe à York Castle. Ce dernier, malheureusement, allait ensuite apostasier.

Arrêté, William fut chargé de chaînes et enfermé au fond d’un cachot souterrain. Après des interrogatoires répétés, il passa en jugement le 11 août, avec Richard Kirkman.

Il se trouve que le juge de ce tribunal était Henry Hastings, fils de Catherine Pole, petite-fille de la martyre Margaret Pole (voir au 27 mai). Lui-même appartenait à la secte protestante puritaine, que la reine haïssait ; mais elle se servait volontiers de la haine de Henry Hastings envers les Catholiques et surtout envers les prêtres. 

Les deux prêtres William et Richard furent exécutés le 22 août 1582 à Knavesmaire (York).

Le culte qui leur était rendu fut confirmé en 1886, ce qui équivalait à la béatification.

 

 

John Kemble

1599-1679

 

Né en 1599 à Rhydicar Farm (Saint-Weonards, Herefordshire, Angleterre), il était le fils de John et Anne Kemble, catholiques et parents de quatre prêtres.

John fut ordonné prêtre à Douai en 1625 et retourna en Angleterre aussitôt après, dans les régions de Monmouthshire et Herefordshire, où la persécution n’était pas aussi rigoureuse que dans d’autres régions.

Lors du fameux et triste complot de Titus Oates, de fausses accusations furent lancées contre le prêtre John Kemble, qui fut arrêté dans la maison de son frère, à Pembridge Castle. Il refusa de se cacher, ne voulant pas abandonner son «troupeau» ; on dit que l’épouse et les enfants du John Soudamore, qui vint arrêter John Kemble, étaient parmi les propres paroissiens du prêtre.

Ce bon prêtre, alors âgé de quatre-vingts ans, fut traîné à Londres et interrogé. Il fut évident qu’il n’avait rien à voir avec ledit complot, mais il était coupable pour le crime d’être un prêtre catholique. On le condamna au supplice «habituel» : à être pendu, éviscéré et écartelé.

Ramené à Hereford pour y être exécuté, le père Kemble prit le temps d’achever ses prières, et partagea avec la foule une dernière pipe et un dernier verre. Il ajouta : L’échec des autorités de Londres à me mélanger au complot, montre bien que je ne meurs que pour le fait d’appartenir à la religion catholique, cette même religion qui a permit à l’Angleterre de devenir un royaume chrétien.

Son bourreau était dans une grande angoisse ; le prêtre le réconforta. On raconte qu’il lui dit : Anthony, homme loyal, mon ami Anthony, n’aie pas peur, fais ton devoir. Je te pardonne de tout mon cœur. Loin de me causer du déplaisir, tu me fais un grand plaisir.

Kemble eut la «permission» de mourir vraiment avant d’être éviscéré, de sorte qu’on lui épargna cette douloureuse agonie qu’on imposa à tant d’autres Martyrs anglais.

C’est le 22 août 1679 qu’il fut martyrisé à Widemarsh Common (Hereford). Autant les Protestants que les Catholiques pleurèrent ce grand gentilhomme.

Après avoir prié par l’intercession du Martyr, Madame Scudamore recouvra l’ouïe, et sa fille fut guérie d’un cancer à la gorge.

John Kemble fut béatifié en 1929 et canonisé en 1970.

Un autre miracle, retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de tous ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

John Wall

1620-1679

 

Il naquit en 1620 à Preston (Lancashire, Angleterre).

En 1641 il entra au Collège Anglais de Douai et fut ordonné prêtre en 1645.

Pendant quelques années, il passa en Angleterre et exerça clandestinement le saint ministère parmi les catholiques persécutés.

Puis il revint à Douai pour demander son admission dans l’Ordre des Frères Mineurs Franciscains ou Récollets , et il prit le nom de Joachim de Sainte-Anne.

Il fut nommé maître des novices, jusqu’en 1656, année où il retourna en Angleterre et s’établit dans le Worcestershire et devint recteur de l’Ecole Royale de Worcester.

En 1678, souçonné (à tort) d’avoir trempé dans le fameux complot de Titus Oate, il fut arrêté et enfermé à la prison de Worcester. Son jugement eut lieu le 25 avril ; on l’envoya à Londres, on le renvoya à Worcester pour être exécuté comme prêtre catholique exerçant le ministère.

La population locale le connaissait bien et l’estimait beaucoup. Dans la foule qui assistait à son martyre, beaucoup étaient protestants et pleuraient. Le maire cria : Voilà bien le moyen de nous faire tous devenir papistes !

John Wall fut martyrisé le 22 août 1679 à Worcester (Worcestershire).

Il fut béatifié en 1929, canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Domenico Perani

1604-1694

 

Domenico (ou Francesco ?) Perani vit le jour le 7 novembre 1604 à Villa d’Appignano (La Lama, Offida, Ascoli Piceno, Italie), troisième des huit enfants d’humbles paysans, Domenico Puccio et Elisabetta Perani. On n’explique pas pourquoi il porta le nom de sa mère et non celui de son père.

Il grandit en gardant les brebis, en passant la charrue et en maniant la pioche. Mais surtout il était attiré par la dévotion. Son père s’en rendait mieux compte de jour en jour, et surtout lquand il découvrit son garçon à genoux au milieu du troupeau, tournée vers une image de la Vierge Marie qu’il avait peinte contre le mur d’en-face.

En 1626, il demanda à entrer chez les pères Capucins : ni son père ni les Religieux n’y mirent d’obstacle. On l’envoya faire le noviciat à Corinaldo (Ancona), où il prit l’habit des Frères lais et le nom de Bernardo.

Après le noviciat et la profession, il fut envoyé à Fermo (Ascoli Piceno) comme infirmier et cuisinier, ce qu’il fit pendant quarante années (!).

Il excella bien sûr dans toutes les vertus, mais particulièrement dans celles de patience et de charité. Jamais on ne le vit triste. Il détestait tellement les murmures par derrière, qu’à son apparition les «fautifs» se disaient : Chut, voilà Bernardo.

Jamais oisif, il aidait les Confrères dès qu’il avait fini son travail ; sinon, il passait des heures à l’église, assistant aux messes quotidiennes (on ne concélébrait pas à l’époque), communiant plusieurs fois par semaine, méditant sur la Passion ; en passant devant le Tabernacle, il baisait la terre ; quittant ou revenant au couvent, il faisait toujours d’abord une petite prière au Saint-Sacrement ; il s’imposait d’autres mortifications, dormant peu et sur la dure, s’imposant le cilice, jeûnant, dans une discrétion totale.

En 1669, il fut envoyé à Offida, comme quêteur. Chaque couvent avait son quêteur, qui allait à la ronde demander de l’aider pécunière ou matérielle pour les Religieux, et aussi pour les pauvres. C’était l’occasion de parler de Dieu, de rencontrer les gens. Bernardo eut de la difficulté à partir à soixante-cinq ans sur les chemins et à aborder certaines personnes, mais il était si édifiant qu’on le vénérait partout. Il exhortait à la prière, à la lutte contre le péché, à la dévotion mariale.

Parvenu à un âge vénérable, il fut relevé de sa charge et se vit confier l’accueil au couvent, charge qu’il remplit avec toute la délicatesse et la prudence désirées. On vint le voir, lui demander conseil, recevoir ses lumières, car il avait véritablement le don de science infuse, alors qu’il était pour ainsi dire illettré.

Les grâces qu’il obtenait, il les attribuait à un autre Capucin, Felice de Cantalice (v. 18 mai), qui venait d’être béatifié en 1620.

Quand les Supérieurs voulurent le transférer, c’est l’évêque lui-même qui intervint pour faire annuler la décision, car le frère Bernardo fait plus de bien aux âmes que vingt missionnaires ensemble.

Il n’y eut pas que ces bénédictions. La charité du Frère envers les pauvres fut sévèrement réprimée par les Supérieurs ; l’un alla jusqu’à piétiner tout son jardin, sous prétexte qu’il donnait trop largement aux pauvres au détriment du bien-être des Religieux. En réalité, jamais on ne manqua dans le couvent.

Le frère Bernardo reçut à soixante-douze ans les stigmates de la passion, comme le Fondateur de l’Ordre séraphique, François d’Assise.

Les dernières années, Bernardo dut abandonner toutes ses occupations, contraint de se déplacer avec les béquilles. Il priait, les bras en croix devant le Saint-Sacrement.

Bernardo d’Offida s’éteignit doucement le 22 août 1694 ; si nombreux furent les fidèles à découper un morceau de son habit comme relique, qu’on dut par trois fois remettre un habit à la dépouille du saint homme.

Il fut béatifié en 1795.

 

 

Elie Leymarie de Laroche

1758-1794

 

Né le 8 janvier 1758 à Annesse (Dordogne), Elie fréquenta le séminaire Saint-Sulpice de Paris et devint prieur de Saint-Jean de Coutras, dans le diocèse de Bordeaux.

Il fut déporté de la Dordogne, et envoyé sur le Deux-Associés aux pontons de Rochefort.

Doux, complaisant, très religieux, d’un commerce également sûr et facile, l’abbé Leymarie fut chéri de ses confrères autant au séminaire que dans son diocèse et durant sa détention sur le vaisseau, au point que sa mort jeta ses amis dans la consternation et causa des regrets, même à ceux qui le connaissaient moins.

Ce prêtre rendit son âme à Dieu le 22 août 1794, et fut béatifié avec ses Compagnons en 1995.

Petra María Victoria Quintana Argos

1866-1936

 

Née le 13 mai 1866 à Soano (Santander, Espagne), Petra (Pierrette) était la fille de paysans très chrétiens, Antonio Quintana et Luisa Argos.

Elle avait quatorze ans, lors de la mort de sa mère, et dut, outre les travaux des champs,  s’occuper du foyer et de ses petits frères et sœurs.

En 1889, malgré quelques réticences familiales, elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille au sanctuaire de Montiel-Benaguacil (Valencia), convaincue que Dieu l’appelait à son service.

En 1891, elle fit la première profession avec le nom de Rosario de Soano (Rosario est un prénom masculin et féminin en Espagne, sous-entendant Notre-Dame du Rosaire).

Elle fut au couvent de Masamagrell (Valencia).

En 1896 elle émit les vœux perpétuels et porta désormais au doigt l’anneau de son «union» avec le Christ.

De caractère jovial, affable, à la fois austère pour elle-même et bonne pour les plus pauvres, elle fut tour à tour chargée de demander l’aumône pour le couvent, élue maîtresse des novices, conseillère générale de 1914 à 1926, puis Supérieure générale.

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Manuela Fernández et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Manuela sur la route de Puzol.

Au moment d’être fusillée, sans perdre son sang-froid, elle retira son anneau et le remit à son bourreau en lui disant : Tiens, prends-le, ce sera le signe que je t’ai pardonné.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Joan Farriol Sabaté

1868-1936

 

Il était né le 3 octobre 1868 à Montblanc.

Il fut ordonné prêtre en 1894.

Après avoir été vicaire à Vimbodí jusqu’en 1899, il fut nommé dans son pays d’origine, à Montblanc.

Le 9 août 1936, il fut arrêté à son tour et mis en prison, toujours à Montblanc. Il y retrouva l’évêque auxiliaire, Mgr Borràs (voir au 12 août), et d’autres prêtres du diocèse.

Dès son arrestation et son entrée en prison, il était fermement convaincu qu’on le ferait mourir prochainement.

Il devait rester quelques jours seulement en prison, qu’il passa en montrant le bon exemple, sans montrer d’inquiétude devant la mort ; il y ajouta même de la bonne humeur. Il s’informait sur ce qui se passait hors de la prison, des autres prêtres assassinés et fit dire à un de ses amis qu’il attendait sa mort avec résignation.

Le 22 août 1936, avec deux autres prêtres, don Dalmau Llebaria et don Josep Roselló, il fut emmené à Tarragona. Les trois prêtres furent assassinés sur la route de Barcelone, au lieu-dit La Creu de la Guineu.

Joan Farriol Sabaté fut béatifié en 2013.

 

 

Manuela Justa Fernández Ibero

1872-1936

 

Née le 6 août 1872 à Ochoví (Navarre, Espagne), Manuela était la fille de paysans très chrétiens, Hilarión Fernández et Juana Francisca. De ses nombreux frères et sœurs, Manuela eut deux frères Capucins et deux sœurs Tertiaires Capucines.

Elle avait quinze ans, quand elle entra dans la récente congrégation des Capucines Tertiaires de la Sainte Famille.

Elle émit la première profession en 1891 et travailla activement à l’éducation des petites orphelines, en particulier en recueillant des dons et des aumônes pour les soutenir.

Elle fut élue supérieure locale et, pendant trente-six ans, conseillère générale.

On la connaissait pour son caractère patient, humble, serviable, et sa dévotion au Saint Sacrement.

En 1936, elle se trouvait au couvent de Masamagrell (Valencia) et organisa le placement des postulantes et des novices en lieu «sûr».

Au moment de la révolution, elle dut quitter le couvent avec les autres consœurs et trouver refuge chez des particuliers.

Arrêtée le 21 août avec deux autres Compagnes (Piera Quintana et María Fenollosa), elle fut conduite le lendemain avec Piera sur la route de Puzol.

Petra et Manuela furent martyrisées le 22 août 1936, et béatifiées en 2001.

 

 

Dalmau Llebaria Torné

1877-1936

 

Dalmau ou Dalmacio était né le 5 octobre 1877 à Falset (Catalogne, Espagne).

Il fit des études aux séminaires de Tarragone, mais dut partir à la guerre hispano-américaine à Cuba.

Jeune, Dalmau demanda à Dieu deux grâces : être prêtre, et être martyr. 

Il fut ordonné prêtre en 1902.

Les paroisses de son activité pastorale furent Ulldemolins, Siurana, Aleixar, Alforja, Belltall, Solivella, Sant Martí de Maldà, enfin Montblanc.

Ce fut un homme de Dieu, effacé et bon avec tout le monde. Son zèle se manifesta surtout pour les Exercices spirituels dans la paroisse et pour encourager l’Action catholique.

Pour les Exercices spirituels (retraites), il réussissait à rassembler beaucoup d’hommes et de jeunes, avec lesquels il priait. Il ne prêchait pas toujours lui-même ; sans jalousie, il invitait d’autres prêtres.

Grâce à son action persévérante, son groupe d’Action catholique des jeunes fut le plus important du diocèse.

Arriva la révolution de juillet 1936. Dans la matinée du 21 juillet, on essaya de mettre le feu aux porte de l’église : il se précipita avec son vicaire pour éteindre le feu avec l’eau bénite. Sage intervention !

Puis ils célébrèrent chacun leur dernière Messe dans l’église, toutes portes fermées, et mirent le Saint Sacrement en sûreté, ainsi que les ornements et les objets précieux (les calices, les ciboires).

Dans l’après-midi, ils se réfugièrent dans une famille de la paroisse. Au moment du souper, on vint arrêter don Dalmau, qui fut emmené à la mairie, mais remis en liberté. On le reprit vers minuit pour l’emmener à la prison de Montblanc.

Là il retrouva les jours suivants le Cardinal Vidal, Mgr Borrás et d’autres confrères ; il redonnait courage à tous, il confessait, ils priaient ensemble. Puis arriva son vicaire, don Josep Colom, qui devait être fusillé le 4 août suivant.

Fin juillet, on le fit aller à l’église pour ouvrir les portes des Archives paroissiales, qui se trouvaient au-dessus de la sacristie. Quand il vit de là dans quel état était l’église, il en fut douloureusement affecté.

Le 22 août, après un mois d’emprisonnement, on voulut le conduire à Tarragona avec deux autres prêtres. On leur disait que, pour plus de sécurité, on les menait à un des bateaux-prisons. En quittant ses compagnons de prison à Montblanc, don Dalmau leur dit : Courage ! Au Ciel ! 

Durant le voyage, il exprima sa conviction qu’il allait au martyre, s’en remettant pleinement entre les mains de Dieu. A un moment, don Dalmau dit au chauffeur : S’ils ne me tuent pas, j’en serai reconnaissant toute la vie ; s’ils me tuent, je vous protègerai tout spécialement du haut du Ciel.

La voiture les déposa à Tarragona et retourna à Montblanc. Les trois prêtres furent alors conduits à quelque deux kilomètres de là sur la route de Barcelone et, au lieu-dit La Creu de la Guineu, assassinés, pour le seul fait d’être des prêtres.

Après avoir été prêtre, don Dalmau venait d’obtenir l’autre grâce : être martyr. 

D’après l’autopsie, les prêtres avaient été fusillés de dos. Ce fut le 22 août 1936.

Don Dalmau fut béatifié en 2013.

 

 

Narciso de Estenaga Echevarría

1882-1936

 

Narciso naquit le 29 octobre 1882 à Logroño. Son père, Nicanor de Estenaga y Lizarralde, était journaliste et mourut très vite. C’est pour ce motif que la maman, lavandière, Eugenia Echevarría, déménagea à Vitoria, où elle mourut à son tour, laissant son petit garçon de onze ans dans les mains de la Sainte Vierge.

Il fut reçu à Aguirre dans le séminaire pour enfants pauvres, où s’occupa de lui la “Mère Corazón”, María Josefa Sancho de Guerra (du Cœur de Jésus, voir au 20 mars). Elle accueillit Narciso, lui paya les études et l’envoya au séminaire de Tolède. Là il étudia brillamment sous la conduite de Joaquín Lamadrid, futur martyr lui ussi. Il sera reçu docteur en droit.

Il fut ordonné prêtre en 1907, et sera nommé chanoine de la cathédrale, puis confesseur du roi Alphonse XIII. En 1922, il fut préconisé pour être évêque à Ciudad Real, charge à laquelle était attachée la fonction de Prieur des Ordres Militaires de Santiago, Alcántara, Calatrava et Montesa. Il fut consacré en 1923.

Il participa à différents Congrès (catéchistique, eucharistique) et correspondit avec l’Académie Royale d’Histoire et Belles Lettres ; il parlait plusieurs langues et écrivit des ouvrages.

Quand éclata la guerre civile, le gouverneur de Ciudad Real était partisan de la modération, mais n’empêcha pas les interventions des miliciens. Malgré le danger, l’évêque resta dans son diocèse. Le 19 juillet, il demanda à son clergé de ne pas abandonner les fidèles et de continuer les célébrations. Le 23 juillet furent assassinés les Passionistes de Daimiel (voir la notice).

Monseigneur Estenaga pouvait passer en zone “nationale” pour être protégé, mais il répondit que précisément maintenant que les loups sont autour de la bergerie, le pasteur ne doit pas s’enfuir.

Après que la Garde Civile fut renvoyée à Madrid, les miliciens imposèrent leur cruauté dans la ville. La prison regorgeait de prisonniers, de sorte qu’on réquisitionna le Séminaire pour y installer le Tribunal Révolutionnaire.

Le 25 juillet, le Gouverneur demanda l’interruption des célébrations dans les églises, puis les trois églises furent envahies, en particulier celle de la Vierge du Prado, patronne de la ville, qui fut utilisée comme garage.

Le 28, quatorze des trente étudiants clarétins furent fusillés pendant qu’on les transférait à Madrid. On proposait aussi à l’évêque d’aller s’y réfugier, mais le Comité révolutionnaire prétendit “veiller sur sa sécurité” en lui imposant de ne pas sortir de son palais épiscopal.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’Évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 on vint déloger l’évêque et son secrétaire ; tout le reste du personnel avait dû déjà abandonner les lieux. Mgr Estenaga et le père Julián Melgar, avec un balluchon d’habits sur l’épaule, s’installèrent chez un ami, Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. C’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secrétaire de rester là, mais lui protesta : J’ai toujours accompagné mon évêque, je le ferai aussi maintenant ; je demande à recevoir le même sort.

Ils partirent à huit kilomètres de là, à Peralvillo Bajo, près du fleuve Guadiana, en un endroit qu’on appelle “el Piélago”. Là ils fusillèrent d’abord le secrétaire, Julián Melgar, puis tirèrent à bout portant sur la tête de l’évêque, dont le visage sera complètement méconnaissable. Ils voulaient les rouler dans le fleuve, mais les laissèrent là.

Un berger les découvrit là le lendemain, donna l’alerte, et on les ensevelit dans le cimetière. Un employé des pompes funèbres raconta : le cadavre de l’évêque portait la soutane et les bas violets.

En 1940, les restes de l’évêque martyr et de son secrétaire furent transférés dans la cathédrale.

Des trois évêques martyrs de cette triste période, Mgr Narciso de Estenaga était le plus jeune : cinquante-quatre ans.

Narciso de Estenaga Echevarría et Julián Melgar furent béatifiés en 2007. 

Ils seront commémorés ensemble le 22 août au Martyrologe., tandis qu’en Espagne une fête commune les célèbre avec tous les autres martyrs le 6 novembre.

 

 

Josep Roselló Sans

1883-1936

 

Josep naquit le 24 septembre 1883 à Montblanc (Tarragona, Catalogne, Espagne).

Ce garçon qui fut très tôt attiré par les activités paroissiales, entra au Séminaire de Tarragona, et fut ordonné prêtre en 1908.

Son poste fut sa propre terre natale, Montblanc, où il fut un prêtre humble, doux, appliqué à son ministère. Il avait une grande dévotion à Notre-Dame de la Serra, et développa celle à saint Matthieu, le patron de la paroisse.

Quand éclata la révolution de 1936, très vite le curé de Montblanc et son premier vicaire furent arrêtés et mis en prison. Don Josep était resté en liberté.

Le 22 juillet 1936, il voulut aller célébrer la Messe chez les Carmélites de la Charité, tôt le matin comme d’habitude. Auparavant, son frère lui fit remarquer le danger qu’il y avait à s’exposer ainsi, en soutane, dans les rues du pays. Lui au contraire, répondit sur un tout autre registre : Je ne sais pas ce que me feront les gens, toutefois qu’il arrive ce qui doit arriver, l’unique chose qu’ils pourront me faire, c’est de mettre mon corps en morceaux, mais pas mon âme (cf.Mt 10:28). De plus, ma mission sacerdotale m’y oblige.

Effectivement, en chemin, il fut insulté et menacé. Il alla célébrer la Messe. Il y fit une homélie émouvante, qu’il acheva en disant : Nous serons martyrs ! L’après-midi, un groupe essaya d’occuper l’église Sainte-Marie ; il descendit sur la place pour tenter de calmer les gens, mais devant les portes de l’église, on l’arrêta et on le conduisit en prison.

Quelques jours après, arriva aussi en prison l’évêque, Mgr Borrás (voir au 12 août). En voyant qu’il portait une soutane qui ne lui allait pas du tout, don Josep le força à prendre la sienne, qui était neuve.

Les jours suivants, don Josep se comporta de façon très charitable envers ses compagnons de prison, par ses bonnes paroles, par sa piété et tout son comportement vraiment sacerdotal. 

Le 22 août, on le conduisit avec don Dalmau Llebaria et don Joan Farriol, à quelques kilomètres de Tarragona, sur la route de Barcelone, où on les fusilla tous les trois.

Don Josep Roselló Sans fut béatifié (avec les deux autres prêtres), en 2013.

 

 

Inés Rodríguez Fernández

1889-1936

 

Inés Rodríguez Fernández naquit le 2 novembre 1889 à Avedillo (Zamora, Castille, Espagne CW), aînée des deux filles de Ángel Rodríguez et Catalina Fernández.

Elle eut un peu de mal à convaincre les parents de la laisser entrer en religion, car elle les aidait vaillamment dans les travaux de la maison et des champs. Mais c’est Dieu qui l’emporta, et elle entra en 1908 dans l’Ordre de l’Immaculée Conception, dont les Religieuses s’appellent aussi les Conceptionnistes Franciscaines. Le couvent se trouvait à El Pardo (Madrid).

En 1910, Inés fit la profession, prenant le nom d’Agnès de Saint-Joseph.

Ce qui la caractérisa, fut l’intensité de sa prière ; elle était persuadée que ce dialogue intérieur avec Dieu lui faciliterait le progrès dans toutes les vertus.

En 1935, elle fut élue supérieure, dès le premier vote des Religieuses, et à l’unanimité. Et ces dernières purent constater qu’elles avaient fait le bon choix : Mère Agnès était toujours présente pour donner l’exemple dans la prière et dans le travail, toujours présente auprès de chacune pour encourager, pour écouter, comme une mère attentive.

Avec les nuages qui s’accumulaient dans le ciel de l’Espagne, en 1936, elle sut prévenir les Religieuses des dangers imminents, et les encourager à s’appuyer sur la divine Providence.

L’orage éclata le 19 juillet 1936. Dès le 21, des hommes armés se présentèrent et ordonnèrent aux moniales de quitter leur maison. Mère Agnès venait de rappeler à ses filles d’être prêtes à donner leur vie pour l’Eglise.

A midi, elles sortirent du monastère, insultées par une cohorte d’hommes et de femmes qui les mirent en rang par deux et les conduisirent sur la place centrale. Certains habitants les reçurent, mais quatre jours plus tard, les miliciens revinrent à la charge : il fallait alors quitter le pays, sinon ils mettraient le feu à ces maisons.

Ces huit moniales se réfugièrent chez la mère de leur aumônier, mais durent encore changer de maison, et mère Agnès avec sa propre sœur furent reçues par un couple âgé, le 2 août.

Vingt jours plus tard, revinrent encore les miliciens, qui voulaient embarquer les Religieuses et les vieux époux avec leur femme de ménage ; mère Agnès demanda la liberté de ses hôtes. Les miliciens emmenèrent alors les deux Religieuses et les fusillèrent à l’aube du 22 août en pleine campagne, à Vicálvaro.

Mère Agnès reçut le coup de grâce dans la bouche, sa compagne dans le ventre.

Mère Agnès de Saint Joseph et sa sœur ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 22 août.

 

 

María Concepción Rodríguez Fernández

1895-1936

 

María Concepción Rodríguez Fernández naquit le 29 septembre 1895 à Avedillo (Zamora, Castille, Espagne CW), petite sœur d’Inés (v. ce même jour, 22 août).

Entrée à son tour chez les Sœurs Conceptionnistes Franciscaines, à El Pardo, prenant le nom de Marie du Carmel et de l’Immaculée Conception.

Désormais, les deux sœurs partagèrent leur vie religieuse, jusqu’au martyre.

On peut se référer à la notice Inés Rodríguez Fernández

Toutes deux ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 22 août.

 

 

Julián Melgar Salgado

1900-1936

 

Né le 16 avril 1900 à Bercero (Valladolid), Julián entra au séminaire de Valladolid, où il fit la connaissance de Narciso de Estenaga y Echevarría, futur évêque de Ciudad Real, avec lequel il se lia d’une amitié profonde.

Devenu évêque en 1922, Mgr Estenaga l’ordonna prêtre en 1924 et le prit comme secrétaire particulier.

Au moment de la révolution, tous se désolidarisèrent du sort de l’évêque et de son secrétaire, sauf le député José Mateo, qui sera d’ailleurs assassiné à son tour deux semaines après eux. Il chercha où les faire recevoir.

Le 5 août, les miliciens donnèrent l’assaut à l’évêché. L’évêque voulut préserver sa chapelle de la profanation, leur déclarant qu’il ne partirait pas de là sans le Saint Sacrement, sinon ils pouvaient le tuer sur place. Ce jour-là, ils n’intervinrent pas davantage.

Le 8 août, l’évêque et son secrétaire sortirent de l’évêché avec juste un balluchon de vêtements, et allèrent chez Saturnino Sánchez Izquierdo.

Le 14 août au soir, les miliciens s’emparèrent du trésor de la cathédrale et de celui de la Vierge du Prado, dont ils détruisirent la sainte Image.

Au petit matin du 22 août, l’évêque et son secrétaire célébrèrent leur dernière messe. A dix heures, des miliciens avec deux voitures vinrent convoquer l’évêque et menacèrent de faire sauter la porte à la dynamite. Les propriétaires ne voulaienet pas ouvrir la porte ; c’est l’évêque qui se présenta alors à eux, en soutane avec sa croix pectorale, en leur disant : Allons où vous voulez. 

Les miliciens disaient au secrétaire de rester là, mais lui protesta : J’ai toujours accompagné mon évêque, je le ferai aussi maintenant ; je demande à recevoir le même sort.

Ils partirent à huit kilomètres de là, à Peralvillo Bajo, près du fleuve Guadiana, en un endroit qu’on appelle “el Piélago”. Là ils fusillèrent d’abord le secrétaire, Julián Melgar, puis tirèrent à bout portant sur la tête de l’évêque, dont le visage sera complètement méconnaissable. Ils voulaient les rouler dans le fleuve, mais les laissèrent là.

Un berger les découvrit là le lendemain, donna l’alerte, et on les ensevelit dans le cimetière. Un employé des pompes funèbres raconta : le cadavre de l’évêque portait la soutane et les bas violets.

En 1940, les restes de l’évêque martyr et de son secrétaire furent transférés dans la cathédrale.

Des trois évêques martyrs de cette triste période, Mgr Narciso de Esténaga était le plus jeune : cinquante-quatre ans.

Narciso de Esténaga Echevarría et Julián Melgar furent béatifiés en 2007. 

Ils seront commémorés ensemble le 22 août au Martyrologe., tandis qu’en Espagne une fête commune les célèbre avec tous les autres martyrs le 6 novembre.

 

Josep Vidal Balsells

1908-1936

 

Né le 5 décembre 1908 à Sant Coloma de Queralt (Tarragona), il fut baptisé trois jours plus tard et confirmé en 1914. Son père, muletier, s’appelait Antonio, sa mère Teresa.

Josep fit partie de l’Action Catholique. Il travailla dans une pharmacie.

En 1934, il demanda à être admis chez les Clarétains, malgré ses études incomplètes. Il commença le noviciat à Vic et fit la profession en 1935. Puis il commença courageusement la philosophie à Solsona.

Lors de la révolution de juillet 1936, la communauté dut se disperser. Josep alla se réfugier à San Miguel de Olius, puis Noguer, Clará, Guillenyá, Rial, Les Planes de Besora, Navés, Grifé. Il fallait toujours se cacher, éviter de se faire remarquer, et éviter aussi d’apporter des ennuis à ceux qui l’hébergeaient.

Le 15 août, Josep renouvela sa profession. Pensant à ses vieux parents, il demanda à aller les voir, mais la distance étant assez grande et, les difficultés de déplacement s’étant aggravées, il s’arrêta à Grifé.

De là, il écrivit un mot à ses parents, les invitant à venir le chercher. Mais la lettre fut interceptée et le Comité de Santa Coloma envoya des hommes pour arrêter Josep. Celui-ci eut un mouvement de crainte, mais ensuite reconnut d’anciens camarades, il en embrassa même un ; comme on lui disait qu’ils allaient le conduire chez lui, il fut en confiance et les suivit.

Un peu plus loin, on le fit monter en voiture et l’on prit la direction opposée à Sant Coloma, vers Berga ; il était 9 ou 10 heures du soir, quand les hommes firent descendre Josep et le fusillèrent. Il reçut une dizaine de balles.

Josep avait vingt-huit ans, et un an de profession.

Martyrisé le 22 août 1936, béatifié en 2017, Josep Vidal Balsells sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 22 août.

 

 

Symeon Lukach

1893-1964

 

Né le 7 juillet 1893 à Starunya (Stanislaviv, Ukraine), Symeon était le fils de paysans.

Il entra au séminaire en 1913, interrompit ses études pendant deux ans à cause de la Première guerre mondiale, et les acheva en 1919, année où il fut ordonné prêtre.

Il enseigna la théologie morale au séminaire de Stanislaviv, jusqu’en avril 1945.

En 1945, il fut secrètement sacré évêque.

Le NKVD l’arrêta une première fois en 1949, et il fut condamné à dix ans de déportation en Sibérie.

A moitié de sa peine, il fut relâché le 11 février 1955 (jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes). A partir de cette date, il travailla dans le clergé clandestin.

En juillet 1962, il fut arrêté une deuxième fois, et subit un nouveau jugement, en compagnie d’un autre évêque clandestin, Mgr Sleziuk.

La sentence fut de cinq années de travaux forcés. Mgr Lukach avait soixante-neuf ans.

Durant cette période, l’évêque fut atteint de tuberculose. Quand désormais il était trop tard, on le remit en liberté.

Revenu dans son village natal, il s’éteignit le 22 août 1964.

 

Reconnu comme martyr de la période communiste, Mgr Lukach fut béatifié en 2001.

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