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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

27 AOUT

 

I.

Le saint Eunuque de la Reine Candace (cf. Ac 8:17-40), qui aurait évangélisé l'Ethiopie puis serait allé en Arabie et jusqu'à Ceylan, où il aurait reçu le martyre.

III.

SS Marcellinus et Mannea, époux, et leurs enfants Ioannis et Babilas, ainsi que le clerc Serapion et le soldat Petrus, martyrs à Tomes ou Thmouis. 

IV.

S Rufus, martyr à Capoue.

S Narnus, premier évêque à Bergame.

Ste Monique, mère de s. Augustin, morte à Ostie.?

Ste Euthalie, vierge près de Lentini, égorgée par son frère.

Ste Anthuse la Jeune, vierge martyre, cousue dans un sac et précipitée dans un puits.

S Decuman, ermite anglais et martyr.

V.

S Pimin, abbé à Scété.

VI.

S Lizier, espagnol, évêque pendant quarante-quatre ans à Couserans, plus tard Saint-Lizier.

S Césaire d'Arles, évêque à Arles à trente ans, auteur d'une Règle monastique, le premier évêque en Europe à recevoir le "pallium", auteur de nombreux sermons, qu'il a toujours voulus brefs (c'est-à-dire ne devant pas dépasser un quart d'heure).

S Ebbon, moine, évêque à Sens, puis ermite.

IX.

S Giovanni, évêque à Pavie.

X.

S Gebhard, évêque à Constance, fondateur de l'abbaye de Petershausen.

XI.

S Malrubius, ermite à Merns et martyr.

XII.

S Guérin, abbé à Aulps, qu'il affilia à Cîteaux et d'où sortit Hautecombe ; évêque à Sion.

S Amédée, abbé cistercien à Hautecombe, évêque à Lausanne, très marial ; son père s'était retirés dans l'abbaye de Bonnevaux

XIV.

B Angelo Conti, augustin à Foligno.

XVII.

B Roger Cadwallador, prêtre anglais (ordonné en Espagne), martyr, béatifié en 1987. 

S David Lewis, prêtre jésuite gallois, martyr ; il était lié d'amitié avec s.Claude de La Colombière.

XVIII.

Bx Jean-Baptiste Etienne de Souzy, prêtre du diocèse de La Rochelle, et Jean-Baptiste Guillaume (fr. Uldaric), des Ecoles Chrétiennes à Nancy, martyrs aux pontons de Rochefort, béatifiés en 1995.

XIX.

Bx Gim Cheon-ae Andreas et Choe Yeo-Gyeom Matthias, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014. 

B Domenico Barberi (D. de la Mère de Dieu), passioniste de Viterbe, actif en Angleterre où il recevra la profession de foi de John Henry Newman.

XX.

Bx Martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Prêtres diocésains : Fernando González Añón (*1886) et Ramón Martí Soriano (*1902), près de Valencia ; Fernando avait favorisé la dévotion au Sacré-Cœur, à l'Eucharistie et à Marie ;

- béatifiés en 2007 : 

Dominicains : Pedro Ibáñez Alonso (*1892) et José María López Carrillo (*1892), prêtres, à Madrid ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Quirino Díez del Blanco (Gregorio, *1889), prêtre, à Madrid ;

Vincentiens : Pelayo José Granado Prieto (*1895), prêtre, aux Asturies ;

Trinitaires : Hermenegildo Iza Aregita (de l’Assomption, *1879), Buenaventura Gabika-Etxebarria Gerrikabeitia (de Sainte-Catherine, *1887), Francisco Euba Gorronõ (de Saint-Laurent, *1889), Plácido Camino Fernández (de Jésus, *1890), Juan Antonio Salutegui Iribarren (de Jésus-Marie, *1902), prêtres, près de Ciudad Real ;

Frères Maristes : Casimiro González García (Crisanto, *1897), près de Lleida ; Pere Valls Piernau (Teogenes, *1885), Mauro Álvarez Renedo (Luciano, *1892), José Félix Serret Anglés (Pedro Jerónimo, *1904), à Málaga ;  Luis Moreno Aliende (Luis Alfonso, *1911), à Madrid.

Bse María Pilar Izquierdo Albero (1906-1945), espagnole, miraculeusement guérie d'une mystérieuse maladie un 8 décembre, fondatrice des Missionnaires de Jésus et Marie pour les malades et les pauvres, béatifiée en 2001.

 

 

Le Saint Eunuque
Ier siècle

Dans les Actes des Apôtres, il est question d’un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire de Candace, reine d’Ethiopie, qui retournait dans son pays après un pèlerinage à Jérusalem (Ac 8:26-40).
Tout éthiopien qu’il était, il n’était donc pas païen ; il avait dû recevoir quelque enseignement de la Synagogue, pour entreprendre son pèlerinage à la Ville Sainte. Et son désir d’être un bon pratiquant lui fait même lire l’Écriture.
Qui en fut averti par l’Ange du Seigneur, est un des sept Diacres récemment élus pour servir la communauté naissante (Ac 6:5), Philippe (v. 11 octobre).
Celui-ci rattrape l’eunuque - dont on ignore le nom - et le voit méditer sur un passage d’Isaïe, légèrement édulcoré par rapport au texte reçu, mais suffisamment clair pour que Philippe puisse lui expliquer comment ce passage prophétique s’est réalisé en Jésus-Christ.
Au verset 36, l’eunuque se montre pleinement convaincu de la Vérité et demande le baptême, en voyant à proximité une source d’eau qui arrivait à point nommé.
La réaction de Philippe, au verset 37, n’est pas retenue dans l’édition officielle récente de la Vulgate, mais fait partie de manuscrits très anciens. Philippe répond : 
Si tu crois de tout ton cœur, c’est permis. Celui-ci (l’eunuque) répondit : Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu.
Le texte sacré ne nous dira rien de plus sur cet homme pieux, avide de Vérité et tout heureux de recevoir la Vie nouvelle annoncée par le Christ.
D’après les Pères, en particulier saint Irénée, Eusèbe, saint Jérôme, le saint Eunuque prêcha l’Evangile aux siens, et les Éthiopiens voient en lui leur premier apôtre, avant même la venue de saint Matthias ou de saint Barthélemy.
Il aurait même été martyrisé à “Taprobane”, l’île de Ceylan (ou Sri Lanka).
Si le Martyrologe mentionne au 11 octobre le diacre Philippe qui baptisa l’Eunuque, l’édition récente n’a cependant pas retenu l’Eunuque lui-même, probablement par manque de documents plus complets. 
Le saint Eunuque de la reine Candace était mentionné le 27 août.

 

 

Marcellinus, Mannea, Ioannis, Serapion et Petrus de Tomes
304

Le martyre de tout ce groupe est attesté historiquement, mais avec quelques variantes.
Marcellinus, tribun, et son épouse Mannea auraient été livrés aux flammes, puis aux bêtes, et enfin décapités, les flammes et les bêtes les ayant laissés indemnes.
Ioannis est présenté comme leur fils, auquel on ajoute parfois Babilas.
Serapion, un clerc, et Petrus, un soldat, moururent aussi avec eux, et sont parfois donnés comme les frères de Ioannis.
Suivant les sources, ils moururent soit à Tomes (Scythie, act. Constanța, Roumanie) soit à Thmuis (Egypte). Le Martyrologe a opté pour Tomes en Scythie.
Il y a aussi divergence sur la date du martyre : 287 ou 304.
Le Martyrologe Romain mentionne tout ce groupe au 27 août.


Rufus de Capoue
1er ou 4e siècle

La liste épiscopale de Capoue (Campanie, Italie CS)) suppose un évêque nommé Rufus dans les années 80. Ce Rufus aurait été baptisé par un certain Apollinaire, lui-même disciple de s.Pierre. Successivement, Rufus serait devenu le troisième évêque de cette ville.
Toutefois, on situe le martyre de Rufus, avec son compagnon Carponius, au début du 4e siècle, sous Dioclétien. Ces deux martyrs ont été extrêmement célèbres et la petite église qui leur est dédiée à Capoue est un joyau d’art roman très visité et très apprécié.
Dans la dernière édition du Martyrologe, Rufus a perdu et son Compagnon et son titre d’évêque. En réalité, on avoue ne rien savoir sur lui.
Le Martyrologe Romain mentionne Rufus de Capoue au 27 août.


Narnus de Bergame
4e siècle

Narnus devrait être né au 3e siècle, à Villa d’Ogna (Bergamo, Italie NC). 
On n’a pas de preuves favorables ou contraires, qu’il reçût le baptême des mains de s.Barnabé (v. 11 juin), lequel lui aurait ensuite conféré le sacerdoce et l’aurait établi premier évêque de Bergame, au 1er siècle.
Une autre tradition, d’ailleurs, situe l’épiscopat de Narnus après la persécution de Dioclétien, donc vers 310.
Successivement, Narnus aurait fait un pèlerinage jusqu’à Compostelle et, à son retour, désormais à bout de forces, aurait confié son diocèse à l’évêque de Brescia, Viator (? 14 décembre). 
Une telle «nomination» passe à nos yeux pour être invraisemblable : quel droit aurait pu avoir Narnus d’appeler Viator à lui succéder ? à moins que ce dernier ait lui-même trouvé un successeur pour Brescia avant de prendre la charge du diocèse de Bergame… Peut-être alors que s.Latinus, qui succéda à Viator, fut un des soixante-quinze évêques ordonnés par le pape Silvestre Ier (v. 31 décembre). On n’a pas de réponses à ces questions.
Narnus mourut, croit-on, vers 345 ; cette date exclurait sans appel l’épiscopat de Narnus au 1er siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne Narnus de Bergame au 27 août.


Monnica, mère d’Augustin
332-387

Monnica (en latin Monica) était d’une famille chrétienne de Numidie et naquit à Thagaste (auj. Souk Ahras, Algérie). Elle avait des frères et sœurs, qu’il ne nous est pas donné de connaître.
Si les parents de Monica étaient de bons chrétiens, c’est surtout leur servante qui s’occupa de l’éducation des enfants, avec une certaine rigueur et beaucoup d’amour.
Fait assez rare pour une jeune fille, Monica fut tentée par le vin ; quand elle allait à la cave en puiser pour la table, elle en goûtait volontiers quelques gouttes, qui remplirent bientôt de petits verres. On a ici l’impression d’anticiper le bon père Gaucher d’Alphonse Daudet dans ses Lettres de mon Moulin. Mais la comparaison s’arrête ici : Dieu se servit d’une autre servante qui, prise de colère, insulta Monica en la traitant de buveuse ; Monica rentra en elle-même et sut se corriger.
Elle épousa un certain Patricius, qui n’était pas commode ; elle supporta longtemps son mauvais caractère et eut la consolation de voir son mari enfin recevoir le baptême en 370 ; il mourut l’année suivante.
De ce mariage naquirent, comme on sait, Augustinus et Navigius, ainsi qu’une fille. Augustinus eut un parcours assez tortueux, avant de céder enfin à la grâce divine et aux larmes silencieuses de Monica (v. 28 août). 
Augustin reçut le baptême en avril 387, des mains de s.Ambroise de Milan (v. 7 décembre). Monica était présente. Elle profita des conseils de s.Ambroise, qui l’estimait beaucoup.
Quelques mois plus tard, Monica, Augustin et Navigius voulurent rentrer en Afrique ; ils firent escale à Ostie, où Monica eut une sorte d’extase, dont parle Augustin dans ses Confessions. Monica lui déclara ensuite : Rien ne m’attache plus à cette vie… La seule raison pour laquelle je désirais voir ma vie se prolonger un peu, c’était pour te voir chrétien catholique… Surabondamment exaucée, je te vois maintenant mépriser les félicités de la terre pour te vouer au service de Dieu. Que fais-je encore ici ?
Monica fut prise de fièvre peu après. Elle décéda le 13 novembre 387, entourée de ses deux fils. Augustin avait alors trente-trois ans.
On a très longtemps fêté sainte Monique le 4 mai, sans qu’on sache vraiment pourquoi ; la réforme du calendrier l’a rapprochée de son fils : on fête Monica le 27 août, et Augustin le 28 août.
Le Martyrologe Romain mentionne Monica, mère d’Augustin, au 27 août.


Pimin de Scété
4e-5e siècles

Pimin (on le transcrit parfois Pimène, ce qui signifie Pasteur), fut un des plus grands abbés anachorètes de l’Egypte chrétienne. 
Ses deux frères le suivirent, mais aussi une quantité d’autres moines qui voulaient profiter de son exemple et de son enseignement.
Ce qu’on sait de lui constitue un ensemble de plusieurs dizaines d’apophtegmes, qui résument ou citent des enseignements reçus du célèbre Abbé. En voici quelques-uns :
Un vieillard habitait au lieu où vint se fixer Pimin. Il y était connu et honoré. Les gens coururent après Pimin et délaissèrent le vieillard. Pimin dit à ses frères : Que pourrions-nous faire pour ce grand vieillard ?… Faites lui des petits plats, prenez du vin de Saïs ; allons le voir pour manger avec lui. L’ancien ouvrit, on mangea et il les congédia en disant : Vous valez cent fois mieux que ce qu’on raconte de vous.
Si un homme se repent de tout son cœur, et s’abstient désormais de son péché, Dieu le reçoit dans les trois jours.
Qu’est-ce que la pénitence du péché ? Ne plus le commettre.
Si on met un serprent et un scorpion dans un vase et qu’on le ferme, ils meurent au bout d’un certain temps. Ainsi les mauvaises pensées naissent grâce au démon, mais crèvent par notre patience.
Qui enseigne sans faire est semblable à une fontaine qui abreuve et lave tout le monde, mais qui ne peut se nettoyer elle-même.
Tel homme semble se taire, et intérieurement il condamne les autres. Tel autre parle du matin au soir, et observe le silence, car il ne dit rien sans nécessité.
Si un moine domine son ventre et sa langue, et vit en pèlerin sur terre, il ne mourra pas.
La foi, c’est vivre dans l’humilité et faire la charité.

Le Martyrologe Romain mentionne Pimin de Scété au 27 août.

 

Césaire d’Arles

470-543

 

Cesarius est le fils de parents gallo-romains chrétiens. Il est né en 470 ou 471 à Chalon-sur-Saône en territoire burgonde.

A dix-huit ans, il partit sans rien dire pour demander son admission dans le clergé à l’évêque de Chalon-sur-Saône, s.Silvestre (v. 20 novembre). Encore insatisfait, il va très loin : sur l’île de Lérins où saint Honorat (v. 16 janvier) avait fondé un monastère déjà célèbre. 

Vite remarqué pour ses qualités, il y est nommé cellérier (ou économe). Son administration sévère ayant, comme dans toutes les maisons religieuses, suscité quelque protestation, il est destitué de sa charge et peut se livrer à ses passions : la lecture, la prière, les veilles, les jeûnes. Il dépasse un peu les normes, il tombe malade et se voit “exilé” dans une pieuse famille d’Arles pour se refaire la santé.

Il y fait des rencontres providentielles : Ennodius de Pavie, Iulianus Pomerius, et Eone d’Arles, l’évêque. Il se trouve que Eone et Césaire sont parents, au point que l’évêque va garder son cousin dans son clergé ; Césaire est ordonné diacre, puis prêtre en 499, et reçoit la charge de diriger un monastère des alentours. C’est à cette époque que remonte la Regula ad monachos.

Appelé au siège épiscopal d’Arles, il en redoute les responsabilités et commence par se cacher ; on le découvre, il est sacré en 503.

Impartial en face du pouvoir civil, il fut accusé par la jalousie ; il dut se présenter aux rois ariens wisigoth et ostrogoth, dont il obtint en fait une pleine et entière confiance. Le wisigoth Alaric II fut convaincu de publier un abrégé du Code théodosien en faveur de tous les catholiques ; l’ostrogoth Théodoric le renverra avec une fabuleuse somme d’or.

En revenant de Ravenne, Césaire ne manqua pas de s’arrêter à Rome et d’y rencontrer le saint pape Symmaque (v. 19 juillet). Ce dernier lui remet le pallium, cet insigne habituellement réservé au pape, et que portent aussi les archevêques en signe d’unité avec le Siège romain. Ainsi, Césaire devenait le vicaire du Saint-Siège pour toutes les Eglises de Gaule et d’Espagne, avec le droit de convoquer des conciles au nom du pape.

Le plus connu de ces conciles fut celui d’Orange, où fut affirmée la doctrine du péché originel et la nécessité de la grâce prévenante et concomitante pour les débuts de l’acte de foi, la prière, le désir de salut et en général tout acte surnaturel. C’était la doctrine de saint Augustin qui était pleinement approuvée.

En même temps, le concile niait la prédestination des hommes au mal, et affirmait que tous les baptisés avaient la possibilité d’accomplir, avec la coopération de Dieu, ce qui était nécessaire au salut de leur âme.

Ce concile historique montrait donc l’importance à la fois de la grâce de Dieu et de la volonté de l’homme dans la marche vers la sainteté. La grâce de Dieu guide toujours les hommes de bonne volonté.

A l’intérieur du diocèse, Césaire se montra exigeant : il voulait un clergé saint, chaste, érudit, connaisseur du chant liturgique et des cérémonies. Il veut que chacun ait lu quatre fois l’Ecriture Sainte, vive dans la continence ; on n’ordonnera pas un diacre avant ses vingt-cinq ans, un prêtre avant ses trente ans.

Une prescription pastorale ne manquera pas de susciter notre approbation : il ne faut pas prêcher plus de quinze minutes ! Et surtout, pas de considérations trop compliquées, trop dogmatiques ; des choses simples, des comparaisons empruntées à la vie des champs, une langue familière. Ne pas sortir de la messe avant la bénédiction du célébrant… Ne pas prolonger sa colère (saint Paul dit, Eph 4:26 : Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, mais qui a lu les épîtres de l’Apôtre ? Il faut donc les répéter en d’autres termes). Ne pas s’enivrer ; respecter les lois du mariage. Communier à Noël, à Pâques, à la Pentecôte. 

On connaît de saint Césaire plus de deux-cents homélies, ainsi qu’un ouvrage sur la Sainte Trinité, contre les ariens et les pélagiens.

Sa sainteté et son influence ont poussé les rois francs à étendre ses domaines. Les archevêques d’Arles devinrent ainsi d’importants propriétaires terriens de la région, ce qui leur permettait d’étendre leurs efforts pastoraux auprès d’une vaste population, encore païenne en maints endroits.

Après quarante années d’épiscopat, Césaire s’éteignit dans la joie du Seigneur, le 27 août 542, veille de la fête de saint Augustin, comme il l’avait souhaité, tant il aimait ce Docteur.

.

 

 

Lizier de Couserans

† 548

 

Licerius ou Glycerius, Lizier en français et Licerio en espagnol, naquit en Espagne (et non au Portugal), de famille noble.

Après sa formation littéraire, il vint à Riez se mettre sous la direction de l’évêque Fauste (v. 28 septembre). Ce dernier, connu pour son attachement à la doctrine trinitaire de l’Eglise, fut banni vers 478 par le roi Euric.

Lizier resta fidèle à son saint Maître jusqu’à la mort de celui-ci (après 485), puis se tourna alors vers un autre saint évêque, Quinctianus de Rodez (v. 13 novembre), qui lui conféra les saints ordres.

Vers 504, Lizier fut élu pour occuper le siège épiscopal de Lugdunum Consorannorum en Couserans. Il en était le deuxième titulaire et son épiscopat dura, dit son biographe, quarante-quatre ans.

Durant cette période, la région fut souvent dévastée par des incursions des Wisigoths venus d’Espagne. Par sa prière, Lizier obtint la protection de sa ville, qui fut épargnée.

En 506, Lizier participa à l’important concile d’Agde, qui définissait certaines normes disciplinaires : on ne pouvait ordonner un diacre avant ses vingt-cinq ans, un prêtre ou un évêque avant trente ans ; on devait fustiger les clercs tombés dans l’ivrognerie ; on interdisaitt de jouer ou de consulter les augures ; on rappelait l’obligation de la messe dominicale, de la tonsure pour les clercs.

On attribua à Lizier de nombreux miracles.

Il mourut un 27 août, vers 548.

Il fut en grande vénération dans le diocèse de Lerida (Lleida).

La ville de Lugdunum Consorannorum prit bientôt le nom de Saint-Lizier.

Saint Lizier de Couserans est commémoré le 27 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Giovanni de Pavie

† 9e siècle

 

Des vingt-cinq prédécesseurs de Giovanni sur le siège épiscopal de Pavie, quatorze portent le titre de Saint.

Du personnage qui nous intéresse ici, on ne connaît que le nom, d’après la liste épiscopale de ce diocèse. Les actes en ont été perdus, peut-être dans quelque incendie.

Après Giovanni, six évêques seulement de ce diocèse ont été béatifiés ou canonisés.

Saint Giovanni de Pavie est commémoré le 27 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gebhard de Constance

† 995

 

Gebhard était fils d’Ulrich, comte de Bregenz (act. Autriche).

Il reçut une excellente formation de l’évêque de Constance Conrad I, qui mourut en 975 (v. 26 novembre).

En 979, Gebhard fut nommé trente-deuxième évêque de Constance, siège qu’il occupa pendant près de vingt ans.

Il fonda l’abbaye bénédictine de Petershausen, qui devint un édifice laïc au 19e siècle.

Il y eut plusieurs évêques de ce nom sur le même siège, mais seul le nôtre fut canonisé.

Saint Gebhard de Constance est commémoré le 27 août dans le Martyrologe Romain.

Guérin d’Aulps

1060-1150

 

Né entre 1060 et 1062 à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle), Guérin était le fils unique du seigneur de Mousson et de son épouse, des parents extrêmement vertueux qui surent encourager la vocation de Guérin.

Celui-ci entra en 1077 chez les Bénédictins de Molesme.

Vers 1082 (ou 1090), Guérin fut du nombre des élus qui devaient construire une nouvelle fondation en Savoie. Ce fut l’origine du monastère de Notre-Dame-d’Aulps, pour lequel le comte Humbert II accorda volontiers les terrains nécessaires.

Les débuts furent héroïques, comportant des cabanes faites de boue, des branchages pour servir de «lits» et, évidemment, une table très maigre. Ce fut justement cette rigueur qui attira très vite des vocations.

Guérin en fut le prieur. Le monastère devint une abbaye, et dépendit bientôt de Cîteaux.

En 1110, Guérin fut élu abbé. Aulps fonda à son tour Hautecombe et devint totalement indépendante de Molesme.

En 1138, Guérin dut céder aux instances du pape pour accepter l’évêché de Sion, malgré son âge et sa fatigue. 

Les contemporains vantent sa méthode douce, silencieuse, calme, qui désarmait ses éventuels contradicteurs. il visita son diocèse dans les coins les plus reculés. Il introduisit le christianisme dans la vallée isolée d’Anniviers, restée païenne. Il reçut la visite du pape Eugène III, de passage dans la région, qui consacra l’église du monastère d’Agaune.

Guérin voulut revoir Aulps, en 1150. Et c’est au retour d’Aulps qu’il sentit les forces le quitter : vite ramené à l’abbaye, il s’y éteignit le 27 août 1150, jour où le commémore le Martyrologe. Il semble qu’il faille bien préférer cette date à celle du 6 janvier, qu’on trouve parfois mentionnée.

Lors de l’ensevelissement, on remarqua le cilice que portait Guérin. Il était fermé par deux agrafes de fer, que l’on fondit en forme de clé. C’est cette clé que porte Guérin dans certaines représentations artistiques.

L’histoire des reliques de Guérin présentent un certain intérêt. Déjà il fallut construire une hôtellerie spéciale pour abriter les nombreux pèlerins venus les vénérer. Lors de la funeste Révolution française, les moines durent laisser les bâtiments, ainsi que la tombe du Bienheureux. En 1793, les révolutionnaires n’osèrent profaner cette tombe, mais consentirent à un habitant de retirer deux dents de la mâchoire, et à des soldats présents de tailler quelques fragments des vêtements encore visibles : ces soldats furent les seuls rescapés de leur bataillon attaqué cette même année sur le Rhin. Longtemps après ces faits, les conscrits de la localité demandaient toujours une «relique» de Guérin : lors de la guerre de 1870, aucun de ceux-là ne tomba sous les balles. Outre ces reliques, l’ensemble du corps du bienheureux Guérin fut, dès 1793, déposé dans une châsse qui se trouve actuellement à Plan-d’Avau.

L’office du bienheureux Guérin fut approuvé en 1853.

 

 

Amédée de Lausanne

1110-1159

 

Né vers 1110, le 21 janvier, au château de Chaste dans le Dauphiné, Amédée était fils d’Amédée de Clermont, seigneur d’Hauterive, et de Pétronille de Bourgogne.

La date du 21 janvier, qu’on va rencontrer plusieurs fois, est le jour de la fête de sainte Agnès, pour laquelle Amédée eut toujours une grande dévotion.

Amédée eut une sœur, qui fut religieuse.

La formation du petit Amédée n’eut rien de banal ! Amédée, son père, sentit l’appel à se consacrer à Dieu et, accompagné de seize autres chevaliers, demanda son admission à Bonnevaux, où il prit avec lui son petit garçon. L’abbé fut fort content de cette belle assemblée, mais conseilla de laisser le petit Amédée, qui avait neuf ans, auprès de sa mère.

Après quelque temps, voulant procurer à son fils une éducation plus soignée, Amédée père passa avec lui à l’abbaye de Cluny en 1121 ; il finit par revenir à Bonnevaux, mais cette fois-ci sans son fils, préférant l’envoyer auprès de l’empereur Henri V, avec lequel il était parent.

En 1125, Amédée (le Jeune, disons) voulut à son tour entrer à l’abbaye de Clairvaux, sous la direction de saint Bernard (v. 20 août), faisant ainsi de très grands et rapides progrès dans la science et la sainteté. C’est un 21 janvier qu’il fit la profession monastique.

En 1139, Amédée fut préconisé pour être abbé à Hautecombe : il avait vingt-neuf ans !

Neuf ans plus tard, il fut alors appelé au siège épiscopal de Lausanne. Le pape l’obligea à accepter cette charge qu’humblement Amédée n’osait assumer. Il fut sacré évêque le 21 janvier 1145, jour de ses trente-cinq ans.

Dès lors, il visita assidument son diocèse, prêcha, s’occupa de la formation de son clergé. Il écrivit plusieurs homélies en l’honneur de Notre-Dame (dont celle qu’on lit au bréviaire le 22 août).

On lui confia la formation du jeune comte Humbert de Savoie, dont il fut ensuite le conseiller et le protecteur dans la gestion des Etats.

L’évêque reçut la visite du pape Eugène III en 1147, et plaça son diocèse sous la protection de saint Pierre et du pontife de Rome.

Amédée fut aussi victime des ambitions du comte de Genève, qui le contraignit même à quitter sa ville épiscopale, obligeant l’évêque à résider à Moudon, parmi ses ennemis. Ceux-ci furent excommuniés.

Quand sonna la dernière heure, Amédée donna l’absolution à tous ces gens, sauf à Humbert d’Aubonne, qu’il assigna au jugement de Dieu.

Il mourut saintement le 27 août 1159 (on lit parfois le 11 août) et fut enseveli dans sa cathédrale. Pendant très longtemps, on crut (ou l’on fit croire) que sa tombe était à l’abbaye de Hautecombe, mais en 1911 des fouilles archéologiques mirent à jour dans la cathédrale de Lausanne un tombeau contenant le corps, l’ornement, les insignes épiscopaux d’Amédée.

La vénération publique rangea Amédée au nombre des bienheureux bien avant l’Eglise. Son culte a été confirmé en 1903.

 

 

Angelo Conti

1226-1312

 

Angelo fut un autre ange de Foligno (Ombrie, Italie C), où il naquit en 1226, de famille noble.

On aimerait trouver quelques détails supplémentaires, pour notre édification, mais Angelo a dû préférer nous enseigner l’humilité par l’effacement.

On sait qu’il entra dans l’Ordre des Augustins, qu’il se trouvait à Gubbio en 1293 et en 1297, et qu’il fonda des monastères pour son Ordre, dont celui de Foligno.

Quatre mots caractérisent sa vie, d’après la tradition : patience, oraison, mortification, piété.

Angelo mourut à Foligno le 27 août 1312 et son culte fut confirmé en 1881. Le Martyrologe l’a introduit récemment dans ses pages.

 

 

Roger Cadwallador

1568-1610

 

Roger naquit en 1568 à Stretton Sugwas (Hereford, Angleterre).

Passé au Collège anglais de Reims, il y fut ordonné sous-diacre en 1591, diacre en 1592, année où il fut envoyé au Collège anglais de Valladolid (Espagne), où il fut ordonné prêtre.

Il acquit une science assez développée du grec, pour se permettre de traduire le Philotheus de Théodoret, un recueil de Vies des Pères du désert de Syrie, qui cependant ne fut pas publié.

Revenu en Angleterre dès 1594, il exerça le ministère sacerdotal dans le Herefordshire pendant plus de quinze années, particulièrement auprès des pauvres.

On le recherchait dès 1605, ou même avant, mais il put se cacher encore quelques années. Il fut arrêté à Pâques 1610 chez un veuf catholique du nom de Winefride Scroope, des environs de Hereford.

On le présenta à l’évêque protestant, Robert Bennet, qui le fit mettre aux fers jours et nuits dans la prison de Hereford. Une épidémie locale le fit transférer à la prison de Leominster ; il fut contraint d’y aller à pied, portant toujours ses fers. A son arrivée à cette nouvelle prison, il y fut maltraité avec la dernière cruauté.

Un tribunal le condamna à mort pour sa seule qualité de prêtre. Lors de ce procès, l’évêque protestant se prit lui-même au piège de sa doctrine personnelle. En effet, comme il avait déclaré que Jesus Christ est le seul et unique Prêtre du Nouveau Testament, Roger lui rétorqua : Et pourquoi donc me condamnez-vous, puisqu’il n’y a pas de prêtres, selon vous ?

Après plusieurs semaines de prison, l’exécution eut lieu, par pendaison, où la maladresse du bourreau fit durer longtemps le douloureux supplice de Roger : le nœud de la corde se défit sous son menton ; le père Roger invita les Catholiques présents dans la foule à prier le Notre Père, mais discrètement pour ne pas se compromettre. 

Après une brève pendaison, on remit le prêtre sur pied encore conscient et il fut dépecé encore vivant. Son cadavre fut brûlé.

Le père Roger fut martyrisé à Leominster le 27 août 1610, et béatifié en 1987.

 

 

David Lewis

1616-1679

 

Né en 1616 à Abergavenny (Monmouthshire, Pays de Galles), il était le benjamin des neuf enfants d’un père protestant, Morgan Lewis, et d’une mère catholique, Margaret Pritchard.

Lors d’un voyage à Paris en 1632, il se convertit au catholicisme et partit se préparer au sacerdoce à Rome, où il fut ordonné prêtre en 1642. En 1645, il entra dans la Compagnie de Jésus.

Revenu dans son Monmouthshire natal, il fut provincial pour l’Ordre en Pays de Galles.

Sous le pseudonyme prudent de Charles Baker, il exerça son ministère sacerdotal dans les régions de Monmouthshire et Hereford, sans s’occuper du danger qu’il courait, trouvant refuge à l’abbaye de Llantarnam, se déplaçant de nuit, visitant les Catholiques ; on le connaissait, on l’appelait le Père des pauvres.

Lors du fameux soi-disant complot de Titus Oates, les recherches de prêtres catholiques s’intensifièrent particulièrement dans le Pays de Galles. Parmi les «fidèles» du père David, il s’en trouva un qui le trahit : après avoir fait arrêter le père Evans, il s’attaqua au père Lewis, déclarant à la Chambre des Communes, que ce prêtre encourageait le papisme depuis sept ou huit ans.

Ce dernier s’apprêtait à célébrer la Messe, quand six gaillards firent irruption, se saisirent du prêtre et de tout son matériel liturgique. C’était en novembre 1678..

Le père Lewis fut mis en prison à Monmouth, puis à Usk, où il eut le réconfort de retrouver beaucoup de Catholiques qui refusaient de reconnaître la suprématie du roi sur l’Eglise.

Le père David passa au tribunal en mars 1679 ; la séance était présidée par son propre délateur : on l’accusa d’être un prêtre papiste depuis seize ans, d’administrer les Sacrements à des centaines de personnes. Il se trouva aussi d’autres traîtres, qui vinrent témoigner contre le père, après avoir été parmi ses plus fidèles assistants.

En même temps que le père David, furent aussi jugés des malfaiteurs, assassins et voleurs notoires, dont tous les crimes furent prouvés ; seul le prêtre fut condamné à mort. On voulut y ajouter un nouvel interrogatoire au Conseil de Londres, pour établir ses liens avec le complot ; il était clairement étranger à cela, mais on lui fit bien comprendre qu’il ne resterait en vie que s’il apostasiait et déclarait les Jésuites impliqués dans ce complot. David ajouta : Je ne pouvais pas dénoncer de complot, puisque je n’en savais rien ; et je ne pouvais pas accepter la religion officielle, puisque c’était contre ma conscience.

Sur son refus catégorique, il fut renvoyé à Usk pour y être exécuté. Il eut le sort d’être «seulement» pendu et éviscéré, la foule ayant protesté pour qu’il ne fût pas écartelé. Un témoin affirma que ses viscères ne se consummaient pas, de sorte qu’on dut les faire brûler ensuite avec le reste du corps.

Le père Lewis fut martyrisé le 27 août 1679, béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Jean-Baptiste Etienne de Souzy

1734-1794

 

Jean-Baptiste était né le 24 mars 1732 ou 1734 à La Rochelle (Charente Maritime).

Vicaire à Saint-Barthélemy (La Rochelle), puis curé d’Ardillières en Aunis de 1762 à 1769, il devint chanoine de la cathédrale et bientôt syndic du chapitre.

C’était un prêtre d’une très vaste science et très recherché pour sa direction spirituelle. Excellent prédicateur, malgré peut-être une certaine rigueur, il savait convaincre par la conviction qu’il mettait dans ses sermons et sa parole pénétrante pleine de charité.

Il n’écrivait pas ses sermons en entier, mais seulement un bref canevas, au dos d’une carte à jouer (!). Il prêcha jusqu’à Luçon et Poitiers. 

Désintéressé et charitable, il remit un jour tout le fruit de sa quête à des pauvres.

Ayant refusé de prêter le serment constitutionnel, il fut arrêté et déporté à Rochefort sur le Deux-Associés. 

Il y montra une profonde fermeté d’âme, malgré les conditions inhumaines de cette détention, privée de toutes les règles les plus élémentaires d’hygiène ; il tenta d’organiser cependant une sorte de vie commune de prière et de vie sacramentelle avec ses Confrères prêtres.

Epuisé par les continuelles mortifications et privations, il s’éteignit sur l’Île Madame le 27 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Jean-Baptiste Guillaume

1755-1794

 

Jean-Baptiste était né le 1er février 1755 à Fraisans (Jura).

Il entra à Nancy chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (ou Lassalliens) en octobre 1785 sous le nom de Frère Uldaric.

Il est à remarquer ici que les Frères des Ecoles Chrétiennes portèrent le nom d’Ignorantins, parce qu’ils font profession de n’apprendre eux-mêmes que ce qu’il est nécessaire d’enseigner aux enfants des pauvres.

C’est ainsi que notre Ignorantin franc-comtois enseigna pendant huit ans à Nancy, faisant la joie et s’attirant la reconnaissance des familles qui bénéficiaient de son enseignement discret. Au moment de la Révolution, il continua d’exercer ses activités comme instituteur.

Par définition, les Frères de sont pas des prêtres et comme tels, ne devaient pas être persécutés comme le furent les prêtres durant la Révolution. Mais le Frère Uldaric fut repéré pour l’influence chrétienne qu’il exerçait sur les enfants ; arrêté le 13 mai 1793 en tant que religieux et invité à prêter le serment constitutionnel, ce qu’il refusa, il fut condamné à la déportation le 17 janvier 1794. 

Il rejoignit l’ensemble des prêtres «déportés» à Rochefort, qui furent entassés sur le Deux-Associés. Une épidémie de typhus emporta un certain nombre de ces héros, dont le Frère Uldaric qui fut débarqué mourant sur l’île Madame.

Il y mourut le 27 août 1794, le même jour qu’un autre Jean-Baptiste, le chanoine de Souzy, et fut béatifié en 1995.

 

 

Gim Cheon-ae Andreas

1760-1801

 

Gim Cheon-ae Andreas est un laïc coréen né en 1760 en Corée du Sud.

Il fut décapité à Jeonju (Jeolla-do), le 27 (ou le 28) août 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Yeo-Gyeom Matthias

1763-1801

 

Choe Yeo-Gyeom Matthias est un laïc coréen né en 1763 à Mujang (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Mujang le 27 août 1801 et béatifié en 2014.

Domenico Barberi

1792-1849

 

Quand il naît, le 22 juin 1792, Domenico est le onzième (et dernier) enfant de Giuseppe et de Maria Antonia Pacelli. Dans cette belle famille, on est de bons chrétiens : quand la petite Margherita, de dix ans, est sur le point de mourir, en 1797, elle dit à Domenico : Quand je serai morte, tu me mettras un voile tout blanc avec des roses blanches.

Le papa va bientôt mourir à son tour, en 1798 ; la maman aussi, en 1803. Les plus jeunes enfants sont recueillis chez leurs grands frères et sœurs, mais Domenico est hébergé par l’oncle maternel Bartolomeo, paysan, chez lequel il garde les moutons et apprend le métier des champs.

Petit, il avait un peu fréquenté les pères Capucins chez lesquels il avait appris les premiers éléments de l’instruction “avec une grande ardeur pour l’étude”. Mais chez son oncle, il doit laisser les livres. L’adolescent grandit, connaît les difficultés de son âge, les rencontres occasionnelles. Il s’éprend d’une jeune fille. Il fréquente maintenant les Passionistes de Vetralla, qui l’aident dans son instruction et dans sa vie spirituelle.

Quand le bruit court que Napoléon recrute tous les jeunes gens pour son expédition en Russie, Domenico voit en songe sa chère Maman qui l’assure qu’il n’aura pas à partir, et lui recommande de bien prier son chapelet.

Après avoir combattu intérieurement - et victorieusement, il entre à vingt-deux ans chez les Passionistes de Paliano (près de Frosinone) en 1814. Ses études sont trop pauvres pour songer au sacerdoce : il n’y pense même pas et on lui confie la cuisine. Mais pendant qu’il prie devant l’image de la Sainte Vierge, une “voix” lui dit clairement qu’il deviendra prêtre dans six ans, et apôtre dans le nord de l’Europe, et particulièrement en Angleterre.

Effectivement, ses dons particuliers pour l’étude le font remarquer, et de frère religieux il devient candidat au sacerdoce. Il prie avec ferveur pour l’Angleterre : il fait le vœu de renoncer à toute consolation spirituelle et corporelle pour le retour à l’Eglise catholique des frères séparés, qu’il aime d’un amour tout spécial.

En 1815, il fait la profession religieuse ; en 1818 il sera ordonné prêtre, après avoir vécu au Monte Argentario (près de Grosseto) puis à la maison généralice de Rome. 

Le petit paysan qui ne savait pas grand-chose va être maintenant pendant dix ans professeur de philosophie, de théologie, d’éloquence sacrée, à Vetralla, puis à Rome, puis à Ceccano, près de Frosinone. Que de couvents avaient les Passionistes à cette époque ! Domenico enseigne, confesse, conseille, écrit. On lui propose l’épiscopat, qu’il refuse immédiatement.

Il devient supérieur de couvent, conseiller provincial, père provincial. Il est toujours occupé. Il fait imprimer un traité de mariologie en français, un commentaire au Cantique des Cantiques, un traité de philosophie (en six volumes), un autre de théologie, des biographies de confrères, et aussi - par obéissance - sa propre autobiographie.

Un premier “signe” providentiel se manifeste, quand on lui demande d’aider un anglais converti, Sir Henry Trelawney.

Arrive le moment du départ pour le “nord”, selon la mystérieuse voix : en 1840, il se trouve à la tête du premier groupe de religieux en partance pour la Belgique, à Ere près de Tournai, première maison de Passionistes hors d’Italie. Domenico se montrait tellement effacé, que l’évêque cru bon de le soumettre à un examen en règle avant de lui donner les pouvoirs pour confesser. En plus, Domenico ne savait pas grand-chose de français !

La même année, Domenico va prospecter en Angleterre pour une autre fondation : il s’y rend définitivement en septembre 1841. La maison s’ouvre à Aston Hall (Stone). 

Le fondateur de la congrégation, saint Paul de la Croix (voir au 18 octobre), avait eu une vision extatique après laquelle il s’était exclamé : Qu’est-ce que j’ai vu ? Qu’est-ce que j’ai vu ? Mes fils en Angleterre !

Les débuts de la langue anglaise ne sont pas faciles, l’accueil humain est plutôt froid ; mais Domenico est un travailleur acharné. Il est à la fois curé, supérieur, maître des novices, professeur. Il parle, il rencontre, il convainc : les vocations arrivent, on le recherche, catholiques et anglicans. Il prêche à Manchester, à Liverpool, à Birmingham ; il passe aussi en Irlande.

Il y a tant de conversions à Stone, qu’il faut construire une nouvelle église. Le 10 juin 1844 eut lieu la première procession de la Fête-Dieu en Angleterre.

Et il y a tant de vocations, qu’il faut ouvrir un nouveau couvent de Passionistes à Woodchester (Gloucestershire) en 1846, et encore un autre à Londres en 1848.

Parmi les rencontres de Domenico, il faut parler de James Ford, de John Dobree Dalgairns, des professeurs d’Oxford. Il déclenche tout un mouvement de dialogue avec les Anglicans, fraternel, profond, respectueux, fécond. Il fait prier les Anglicans pour les Catholiques. De son côté, il sait reconnaître les faux pas des Catholiques ; il rencontre aussi George Spencer, un anglican qui, converti, entrera sous peu chez les Passionistes sous le nom de Ignazio de Saint-Paul. Une autre “conquête” sera celle d’Elizabeth Prout, qui fondera la Congrégation des Sœurs de la Croix et de la Passion.

Tout ne va pas sans heurts, bien sûr. Un jour, des garnements lui jettent un caillou : Dominique le ramasse, le baise et le garde dans sa poche : ébahis, les garçons se convertiront au catholicisme.

Mais sa plus célèbre “prise” est incontestablement celle de John Henry Newman (voir au 11 août) , qui était un chef de file des anglicans en Angleterre, par sa science et sa position. Or, plus de trois-cents personnalités d’Oxford suivront l’exemple de Newman. Domenico est écouté, on dit que c’est un enfant pour sa simplicité, et un lion pour son intelligence.

Dans les archives d’un couvent de religieuses, on peut lire cette anecdote qui montre bien son humour : les braves religieuses craignaient de devoir parler à des hommes (récemment convertis), car la réserve et la clôture imposaient normalement la distance. Domenico les rassura : Vous êtes trop vieilles et trop laides, n’ayez pas peur !

Infatigable, il sentira brutalement des douleurs à la tête et au cœur durant un voyage en 1849, justement entre les deux maisons de Londres et Woodchester. C’est l’infarctus : on le dépose à la gare de Reading, où il expire le 27 août 1849. Il a cinquante-sept ans.

Il est béatifié en 1963 par Paul VI qui le déclare apôtre de l’unité.

Le martyrologe le mentionne le 27 août ; les Passionistes anticipent cette fête au 26 août, pour célébrer le lendemain celle de sainte Monique.

Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

† 1936

 

Le 19 juillet 1936, les Religieux furent déjà l’objet d’insultes dans les rues d’Alcázar, au retour d’un enterrement qu’ils avaient célébré. Le père Plácido chercha à obtenir des informations précises sur la situation réelle, auprès de la Garde Civile.

Le 21 juillet au petit matin, vers six heures, le père Plácido se rendit à l’Hospice pour célébrer la Messe. Apercevant les Franciscains prisonniers dans leur couvent, il entendit quelqu’un dire : Celui-là, il faudra y penser après, mais il continua son chemin sans s’arrêter.

A sept heures, invectivant contre les Religieux, des gens se postèrent dans la cour d’une maison voisine du couvent, pour empêcher éventuellement la fuite des Religieux.

A ce moment, le père Antonio célébrait la messe pour les fidèles dans l’église ; des miliciens entrèrent sans ménagement, lui intimant l’ordre de vite terminer, et faisant sortir les fidèles après les avoir fouillés. Le célébrant consomma rapidement toutes les Hosties consacrées pour éviter la profanation.

A huit heures, se présenta le juge municipal, qui donna un quart d’heures aux Pères pour s’habiller en paysans, ce qu’ils firent, avant de se réunir dans le cloître en attendant la fin de la Messe du père Antonio.

Le père Plácido alors s’en revenait de l’Hospice ; une dame le prévint, mais il répondit : Merci pour l’information, mais le sort de mes Frères sera aussi le mien.

On l’arrêta avant même qu’il entrât au couvent, et il fut emmené avec les cinq autres membres de la communauté, qu’on conduisit à la mairie, au milieu des cris, des moqueries, des hurlements de toute une foule de miliciens. A la mairie, ils retrouvèrent les Franciscains et un Dominicain. Ils furent en tout quatorze.

Tandis que dehors, la foule enragée criait : Faites-les sortir, qu’on les fusille. Mort aux curés !, le maire annonça aux gens qu’il allait se passer ce qu’on leur avait promis.

Le maire, un ancien élève du père Plácido, s’approcha de lui et lui proposa la vie sauve, mais le Père la lui demanda pour tous et pas seulement pour lui.

On arrêta aussi alors les Religieuses Conceptionnistes, qu’on envoya à l’Hospice.

Puis on les fit sortir, attachés deux par deux, pour les faire aller dans une salle proche, où ils restèrent environ un mois, mangeant le peu qu’on pouvait leur faire parvenir. L’endroit était trop petit pour tout ce monde, sans fenêtres, par la chaleur estivale. Les prisonniers prièrent ensemble, mais on le leur interdit. Si quelqu’un leur apportait à manger quelque chose, les miliciens leur disaient : C’est ça, donnez-leur à manger, ils n’en ont plus pour longtemps.

Ils avaient seulement le droit de parler entre eux, ce dont ils profitèrent pour se confesser et se donner l’absolution réciproquement.

Le 26 août au soir, on fit passer les prisonniers civils dans une autre «prison». Les Religieux étaient donc là, bien conscients de la situation. Ce soir-là, personne ne mangea.

Vers minuit, on les fit sortir en deux groupes. Les miliciens annoncèrent qu’on allait les transférer dans une autre prison. Personne ne résista ni ne protesta, ni ne chercha à fuir. A peine était parti le premier groupe, qu’on entendit des coups de feu. Un quart d’heure après, fut le tour du second groupe. Les miliciens dirent au chauffeur du camion de faire attention à ne pas passer sur les corps des premiers. 

Ils furent fusillés entre minuit et une heure du matin, ce 27 juillet 1936. Un seul échappa, le frère franciscain Isidro qui, blessé, profita de l’obscurité pour fuir à travers champs.

L’endroit du martyre de ces Religieux s’appelait Balsa del Andaluz et n’était pas très loin du pays, de sorte que les habitants entendirent bien les coups et aussi les voix des Martyrs qui tombaient en criant Vive le Christ Roi.

Le lendemain matin, on transporta les corps dans des chars à bestiaux. Au cimetière, l’autopsie révéla que les coups avaient été portés à brève distance, à la tête et à la poitrine.

Les six Trinitaires furent béatifiés en 2013. Ce furent, par ordre alphabétique : 

  • Buenaventura Gabika-Etxebarria Gerrikabeitia
  • Esteban Barrenechea Arriaga, qui cependant fut assassiné quelques jours plus tard, le 13 septembre.
  • Francisco Euba Gorroño
  • Hermenegildo Iza y Aregita
  • Juan Antonio Salutregui Iribarren
  • Plácido Camino Fernández

 

 

Hermenegildo Iza y Aregita

1879-1936

 

Hermenegildo vit le jour le 13 avril 1879 à Mendata-Albiz (Biscaye, Espagne), en la fête de saint Herménégilde. Ses parents s’appelaient Joaquín et María Ignacia.

Il entra au noviciat de l’Ordre des Trinitaires à Algorta en 1894, fit la profession simple en 1895 avec le nom de Hermenegildo de l’Assomption et fit la profession solennelle en 1899.

Il fut ordonné prêtre à Séville en 1902 par le (maintenant bienheureux) évêque Marcelo Spinola (voir au 19 janvier).

Il fut d’abord maître des novices, puis supérieur, à Alcázar de San Juan (1903-1907), puis supérieur à Antequera, au sanctuaire marial de la Bien Aparecida, à Rome, à Laredo (Cantabria), Belmonte, et fut de retour à Alcázar en mai 1936, avec cinq autres Religieux.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcazár de San Juan

 

Le père Hermenegildo fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Pere Valls Piernau

1885-1936

 

Pere (Pedro) était né le 22 novembre 1885, à Vilamacolum (Girona, Espagne), de Jaime et Cecilia, qui le firent baptiser le 24 novembre ; il fut confirmé en 1893.

Entré en 1898 au collège des Frères Maristes à San Andrés de Palomar, il fut postulant en 1900 et passa au noviciat ; en 1901 il reçut l’habit et le nom de Teógenes ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1907, à Lleida.

Entre les deux professions, il fut un an à Azille (Aude, France), puis revint à San Andrés de Palomar.

Teógenes fut professeur à Cartagena, Valencia (1917), Burgos (1925), Málaga (1929).

En juillet 1936, il fallut évacuer la maison.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes ; le Frère Teógenes trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Pedro Jerónimo et Luciano.

Le Frère Teógenes fut arrêté tôt le matin du 27 août par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Teógenes fut béatifié en 2013.

 

 

Fernando González Añón

1886-1936

 

Il vit le jour le 17 février 1886 à Turís (Valencia, Espagne), de Fernando et Isabel, de bons parents chrétiens.

Petit, le garçon «jouait» au prêtre et adressait ses prédications à ses petits camarades.

Séminariste, il fit la joie de ses professeurs et de ses collègues.

Il fut ordonné prêtre en 1913 et nommé à la paroisse de Alcácer ; il passa à Alcira (1915), Macastre, Cortes de Pallás, Anna (1924), San Juan de la Ribera (1925) : partout, il laissait la réputation d’un saint prêtre soucieux du bien des ouvriers.

En 1931, il fut nommé à Turís, son pays natal, où il fonda la dévotion des Quarante Heures et encouragea vivement la nouvelle fête du Christ Roi, instituée en 1925.

La révolution de juillet 1936 engendra l’incendie des églises de Turís ; on détruisit les saintes images, cadres et statues, crucifix, on poursuivit les catholiques.

Le curé fut arrêté dans son propre presbytère, le 27 août 1936.

Le lendemain il fut conduit au peloton d’exécution. Juste avant de mourir il pardonna à ses bourreaux, criant encore une fois Vive le Christ Roi !

L’abbé Fernando González fut béatifié en 2001.

 

 

Buenaventura Gabika-Etxebarria Gerrikabeitia

1887-1936

 

Buenaventura vit le jour le 14 juillet 1887 à Ajánguiz (Biscaye, Espagne), jour où l’on fêtait alors saint Bonaventure (aujourd’hui au 15 juillet), de Gregorio et Cristina.

Il entra dans l’Ordre des Trinitaires à Algorta en 1902 et prit le nom de Buenaventura de Sainte-Catherine.

Après la profession solennelle à La Rambla (1906), il fut ordonné prêtre à Málaga (1909).

A part une année dans le couvent nouvellement érigé à Belmonte (1923), jusqu’en 1936 il se trouva dans la maison de Alcázar de San Juan.

Il aimait beaucoup la musique et, de sa voix sonore de baryton (et de Basque !), enseignait aux enfants à chanter les tables de multiplication, ce qu’ils aimaient beaucoup. 

Il y eut tant d’enfants qui passèrent sur les bancs devant lui que, à l’approche de la révolution, il pensait tout simplement : A nous, il ne pourra rien nous arriver, puisque presque tous les enfants d’Alcázar ont trouvé du travail grâce à nous.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Buenaventura fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Quirino Díez del Blanco

1889-1936

 

Quirino vit le jour le 25 mars 1889 à La Mata de Monteagudo (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1904 et le nom de Gregorio.

Après la profession (1905), il fut ordonné prêtre (1914) et nommé professeur à El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés. 

Le père Gregorio réussit à s’échapper et à se cacher, mais fut vite repéré et arrêté. En prison, son état de santé le fit libérer. Mais on découvrit sa condition de prêtre Capucin ; on le reprit, on l’emmena à l’Alto del Hipodromo, où on lui tira des balles dans le dos. 

Il reçut la palme du martyre à Madrid le 27 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco Euba Gorroño

1889-1936

 

Francisco vit le jour le 25 août (ou juillet ?) 1889 à Amorebieta (Biscaye, Espagne), de Santiago et Petronila.

Il entra au noviciat de l’Ordre des Trinitaires à Algorta en 1904 et prit le nom de Francisco de Saint-Laurent.

Il fit la première profession en 1905, la solennelle en 1908 et fut ordonné prêtre en 1911.

Toute sa vie religieuse se déroula ensuite dans la maison de Alcázar de San Juan, où il enseigna, et vint en aide à ceux qui étaient dans quelque nécessité, par exemple leur trouvant du travail dans les Chemins de Fer.

C’était, disait-on, un homme solidement bâti, vif, à la joie contagieuse, peut-être même parfois exagérée, car il fut la cible de quelques médisances aux derniers temps de sa vie.

En outre, de même que le père Buonaventura avait une magnifique voix de baryton, le père Francisco avait, lui, un voix de ténor retentissante, au point que certaines personnes allaient à la Messe «pour entendre le père Francisco». Il dirigea une belle chorale avec les élèves du collège, autant pour la liturgie que pour les fêtes populaires.

Le père Francisco dirigea l’Adoration Nocturne, les Filles de Marie, les «Tarsicius» (jeunes garçons de la Première communion) ; il fut aumônier des vieillards de la maison de repos locale et visitait beaucoup les malades.

En bon Basque, il jouait très bien à la pelote.

A l’approche de la révolution de 1936, il disait nonchalamment : Je ne crois pas qu’il nous arrivera quelque chose.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Francisco fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Plácido Camino Fernández

1890-1936

 

Plácido vit le jour le 6 mai 1890 à Laguna de Negrillos (León, Espagne), aîné des quatre enfants de Miguel et María.

Il entra au noviciat de l’Ordre des Trinitaires à Alcázar de San Juan et prit le nom de Plácido de Jésus.

Il professa en 1906, solennellement en 1909 à Cordoue, puis fut envoyé passer le doctorat de philosophie à l’Université Grégorienne de Rome. C’est dans la basilique du Latran qu’il fut ordonné prêtre, en 1916.

On a dit qu’il fut le Trinitaire le plus intelligent de son siècle.

Revenu en Espagne en 1917, il enseigna la philosophie au couvent de la Bien Aparecida et à Cordoue, où il enseigna aussi la théologie. De 1925 à 1935, il fut le directeur du collège de Alcázar, de sorte que c’est lui qui connaissait le mieux les élèves du pays, qui le lui rendirent abondamment par leurs témoignages au procès informatif diocésain.

Le père Plácido fut aussi aumônier de l’hospice tenu par les Petites Sœurs des Vieillards Abandonnés.

En mai 1936, eut lieu un chapitre général à Rome, qui le nomma professeur de théologie et philosophie, de sorte qu’il devait aller soit à Cordoue soit à Belmonte. Mais en juillet 1936, il se trouvait encore dans la maison de Alcázar de San Juan, avec cinq autres Religieux.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Plácido fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Mauro Álvarez Renedo

1892-1936

 

Mauro était né le 15 janvier 1892, fête de saint Maur, à Albacastro (Burgos, Espagne), de Bonifacio et María, qui le firent baptiser le 17 janvier ; il fut confirmé en 1893 et reçut la Première communion en 1901.

Entré en 1904 au collège des Frères Maristes à Burgos, il fut postulant à San Andrés de Palomar en 1906, puis passa au noviciat ; en 1907 il reçut l’habit et le nom de Luciano ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1913, toujours à Burgos.

Luciano fut professeur à Carrejo (1912), Cabezón de la Sal (1913), Logroño (1915), Arceniega (1917), Girona (1919) ; entre 1920 et 1935 : Pamplona, Cartegena, Madrid, Logroño, Pamplona, Lucena. A Málaga enfin, en 1935.

En juillet 1936, il fallut évacuer la maison.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes ; le Frère Luciano trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Pedro Jerónimo et Teógenes.

Le Frère Luciano pensait à ses élèves ; il tenta de les retrouver au collège et reprendre les cours. Mais il fut arrêté par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Luciano fut béatifié en 2013.

 

 

José María López Carillo

1892-1936

 

Il était né à Alcalá la Real (Jaén) le 14 février 1892, et fut baptisé le lendemain.

En 1907, il entra à l’école apostolique dominicaine d’Ocaña (Tolède), fit la profession en 1911 à Ávila, où il étudia la philosophie et la théologie. Un de ses professeurs d’alors parlait déjà de son extraordinaire sainteté.

On l’envoya à Rosaryville (Etats-Unis), où il fit la profession solennelle, puis à Manille où il fut ordonné prêtre en 1919.

Son apostolat se déroula ensuite en Chine jusqu’en 1935 : il construisit l’église de Hai-San, et recueillit beaucoup de petites orphelines dans une maison appelée La Sainte Enfance

En 1935, une grave maladie l’obligea à venir en Espagne pour y subir une opération. On le garda ensuite à Ocaña pour sa convalescence.

En juillet 1936, il passait par Madrid, au couvent du Rosaire. Lors de l’assaut de la maison par les révolutionnaires, le père José María trouva à se réfugier avec le père Pedro Ibáñez, mais ils furent tous deux arrêtés et interrogés au Quartier de la Chine, à Madrid. Quand on demanda son identité au père José María, il précisa qu’il était un missionnaire de Chine, à quoi un milicien, croyant qu’il se moquait de lui, lui fit une remontrance très irrespectueuse, avant de l’envoyer au cachot. 

Puis ils exécutèrent les deux prêtres, le 27 août 1936.

Fait remarquable : d’après le témoignage d’un autre missionnaire de Chine, ce même 27 août 1936, en Chine, une catéchiste et une des petites orphelines lui dirent qu’elles avaient vu en rêve le père Carrillo avec son habit dominicain.

Le père José María López Carrillo fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Ibáñez Alonso

1892-1936

 

Il était né à Fuentes de Nava (Palencia) le 27 avril 1892, et fut baptisé le 30.

Entré à l’école apostolique dominicaine d’Ocaña (Tolède), il fit la profession en 1909 ; il étudia la théologie à Ávila, Rosaryville et New Orleans (Etats-Unis).

Il acheva ces études à Manille, où il fut ordonné prêtre en 1917.

Son apostolat se déroula ensuite en Chine jusqu’en 1922 (Hing-Hoa et Kamna), d’où on l’envoya aux Philippines : de 1922 à 1934, il exerça le ministère sacerdotal et enseigna à Manille, puis aux séminaires de San Jacinto et de Tuguegarao.

A partir de 1934, il fut de retour en Espagne, où il enseigna à Ségovie.

Rempli de zèle, il affectionnait d’exercer le saint ministère dans des conditions quasi impossibles. Il restait humble et très recueilli.

En juillet 1936, il se trouva «par hasard» à Madrid, au couvent du Rosaire. Lors de l’assaut de la maison par les révolutionnaires, le père Pedro trouva à se réfugier avec le père José María López Carillo à la pension Totio, du 20 au 22 juillet. Au même endroit se trouvaient aussi d’autres Religieux, augustins et piaristes. Tous furent arrêtés le 26 août.

A l’interrogatoire, le père Pedro déclara qu’il était catholique, apostolique, romain et dominicain jusqu’à la mort.

On l’emmena avec le père Carillo à la tchéka de Fomento. Le lendemain, dans le Quartier de la Chine, à Madrid, on exécuta les deux prêtres. C’était le 27 août 1936.

Le père Pedro Ibáñez Alonso fut béatifié en 2007.

 

 

Pelayo José Granado Prieto

1895-1936

 

Pelayo José vit le jour le 30 juillet 1895 à Santa María de los Llanos (Cuenca, Espagne) et fut baptisé deux jours après.

Son père, Juan Francisco, avait épousé en troisièmes noces, Cipriana ; des quatre enfants qui naquirent de ce ménage, Pelayo fut le troisième. 

Le papa mourut dès 1899 et la maman se transféra dans son pays, Belmonte, avec ses quatre bambins de deux à neuf ans. Elle plaça les deux aînés dans un collège gratuit, et chercha du travail.

En 1903, Pelayo fut conduit par sa mère à Cuenca, où il fut confié aux Filles de la Charité, après sa Première communion chez les pères Trinitaires. 

Obéissant et pieux, Pelayo était content d’aider à la sacristie, de prier le chapelet. Les Religieuses le présentèrent au collège vincentien de Teruel. Il y fut accepté, malgré un certain retard (il avait déjà quinze ans). En quatre ans, par son application et grâce à sa bonne mémoire, il rejoignit le niveau des autres élèves et demanda son admission au noviciat.

Il entra dans la Congrégation en 1914.

Il prit plaisir à approfondir les œuvres de saint Vincent de Paul ; il lisait et apprenait en latin le texte de la Règle, ainsi que les Epîtres de saint Paul.

Il professa en 1916, et fut à Hortaleza (Madrid) pour la philosophie ; on sait qu’il y nota des problèmes, des tensions entre les supérieurs et les étudiants, car les hommes sont des hommes, imparfaits. Puis il fit la théologie à Madrid (1919-1923), au terme de laquelle il fut ordonné prêtre.

On l’envoya à Écija (Séville), où en plus de la prédication, il créa et dirigea l’Association des Filles de Marie ; puis à Grenade (1927). Le curé de Belmonte, où habitait sa mère, entendit parler de lui et l’invita à venir prêcher la neuvaine à Notre-Dame de la Grâce.

En 1929, il fut surpris de se voir envoyé à Pages del Corro (Séville). En 1932, on l’envoya alors à Badajoz d’où, après un fécond apostolat, il fut enfin envoyé à Gijón.

Il savait que, l’année précédente, trois Confrères avaient trouvé la mort dans les tumultes d’Oviedo. Il pressentait que le martyre l’y attendait.

Le 19 août, pour obéir aux supérieurs, il partit pour prêcher à La Corrada, en la fête de Notre-Dame du Carmel. On lui suggérait de ne pas y aller, à cause du grand danger qu’il courait. Il répondit que la meilleure préparation au martyre est l’obéissance.

Au soir de la fête, arrivèrent les miliciens, armés de fusils et de bâtons, proférant mille insultes sacrilèges. Don Pelayo renonça à rejoindre Gijón et chercha à se réfugier ; il trouva une maison abandonnée ; s’il y avait de l’orage, il changeait d’endroit, se dissimulant de jour dans un champ de maïs, de nuit chez le curé ; on l’arrêta bientôt et on l’enferma à Soto del Barco.

Sans crainte, il continua à «célébrer» le sacrement de la Réconciliation autour de lui. Il ne craignait pas le martyre, il craignait de faillir durant les tortures.

Son martyre fut en effet horrible. On s’acharna sur son corps de la façon la plus indescriptible. On l’amputa des parties génitales ; on lui déchira des morceaux de chair, et le recousut avec des aiguilles de matelassier ; on se moquait de lui : Voyez un peu quelle belle peau blanche ! Et lui de répondre seulement : Seigneur, pardonne-leur ! C’est un parent des dirigeants marxistes qui entendit cela et tenta, vainement, d’implorer un peu de clémence pour ce prêtre.

Les trois derniers jours, don Pelayo fut enfermé dans une petite baignoire, sans manger ni boire ; on lui refusa un peu d’eau ; on lui refusa aussi la présence d’un prêtre pour se confesser.

Le 27 août 1936, quand il faisait déjà nuit, on le traîna plus mort que vif près de la rivière Nalón, où on lui ouvrit de nouveau le dos avec un couteau, jusqu’à ce qu’il rendît l’esprit. Puis on le jeta dans l’eau.

Sa bonne maman apprit cette mort deux ans plus tard, peu avant de mourir elle-même.

Don Pelayo José fut béatifié en 2013.

 

 

Casimiro González García

1897-1936

 

Casimiro était né le 4 mars 1897, fête de saint Casimir, à Miralrío (Torrelaguna, Madrid, Espagne), cinquième des six enfants de Dámaso et Martina, qui le firent baptiser le 7 mars.

Il reçut de sa mère l’habitude de prier la Vierge Marie, en l’honneur de laquelle il avait érigé un petit autel à la maison : il s’y agenouillait avec elle, priait le chapelet, chantait l’Ave, Maris Stella.

Entré au collège des Frères Maristes à Torrelaguna, il y reçut la Première communion en 1907.

Après beaucoup de discussions avec son père réticent, Casimiro entra en 1914 au noviciat des Frères Maristes de Las Avellanes ; en 1915 il reçut l’habit et le nom de Crisanto ; un an après il faisait les premiers vœux.

Crisanto fut professeur à La Garriga (1917), Madrid (1918, où il fit la profession en 1921), Murcia (1930), Las Avellanas (1935) comme directeur du collège.

En juillet 1936, il fallut évacuer la maison. Les plus jeunes s’éparpillèrent parmi les familles proches, et les Frères (Crisanto et Moisés Félix) les rejoignaient pour prier, les exhorter. Le Frère Crisanto leur dit un soir : Courage ! je ne vous abandonnerai pas tant qu’il restera un seul de vous, dussé-je y laisser la vie. 

Bientôt, le Comité révolutionnaire donna l’ordre de faire disparaître (de brûler) tous les objets religieux. On cacha se qu’on put.

Les Frères Maristes passaient la nuit dans les bois, ou dans des cabanes isolées.

Le 27 août, on vint appeler le Frère Crisanto ; il devait se présenter au Comité. Des miliciens le firent monter dans une camionnette, accompagnés de quatre membres du Comité. Il leur dit : Ça m’est égal que vous me tuiez, pourvu que vous épargniez mon Confrère et les jeunes.

La vérité est qu’effectivement non seulement les jeunes furent tous sains et saufs, mais que plus tard les miliciens eux-mêmes accompagnèrent l’autre Frère à la frontière !

Quant au Frère Crisanto, on a eu le témoignage du conducteur de la camionnette, chez lequel se trouvait un des jeunes ; en rentrant, il lui annonça : Votre directeur est mort. Il raconta qu’au lieu-dit Mas del Pastor (Fontdepou, Lleida), le véhicule cala au bas d’une petite côte. Tous descendirent, on ordonna au Frère de se mettre au bord du ravin. 

Le Frère supplia : Pour l’amour de Dieu, ne me tuez pas ! Laissez-moi m’occuper de mes enfants. Quand il eut fait quelques pas, ceux du Comité forcèrent les autres à tirer ; ces derniers ne pouvaient s’y résoudre : On ne va pas tuer quelqu’un du pays. Quelqu’un tira et le Frère tomba. 

C’était le 27 août 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Antonio Salutregui Iribarren

1902-1936

 

Juan Antonio vit le jour le 5 février 1902 à Guernika y Luno (Biscaye, Espagne), de Ambrosio et Josefa, qui eurent aussi une fille, Genciana, future clarisse.

Il entra dans l’Ordre des Trinitaires en 1917 et prit le nom de Antonio de Jésus et Marie.

Après la première profession au sanctuaire de la Bien Aparecida (1918), la solennelle en 1923, il fut ordonné prêtre en 1926, par le (futur bienheureux) évêque Manuel Basulto Jiménez (voir au 12 août).

De faible santé, il était la douceur personnifiée, organiste de talent, et quelque peu distrait, au point qu’un jour il ne se rendit pas compte que sa cape lui avait échappé en chemin, et il dut aller la chercher au siège des Républicains, qui l’avaient ramassée !

Sa destinée passa par les couvents de la Bien Aparecida, Laredo, Belmonte et Alcázar.

A Alcázar, il fit avec le père Francisco un duo exceptionnel pour les chants et la chorale. En outre, il composa l’hymne à Jésus de Nazareth.

En 1936, il se trouvait dans la maison de Alcázar de San Juan avec cinq autres Religieux. Peu avant les pénibles événements de juillet, des parents vinrent le chercher pour le ramener chez eux au Pays Basque, mais il choisit de demeurer au milieu de ses Confrères dans le couvent.

 

Voir le récit des événements de juillet-août 1936 dans la notice Trinitaires Martyrs à Alcázar de San Juan

 

Le père Antonio fut béatifié avec ses Compagnons en 2013.

 

 

Ramón Martí Soriano

1902-1936

 

Il vit le jour le 7 octobre 1902 à Burjassot (Valencia, Espagne).

A douze ans, il voulait être prêtre, et on lui conseilla d’entrer au séminaire, comme externe. Il fut le domestique du recteur, puis secrétaire.

Son désir était : devenir prêtre, mais pas gagner d’argent !

Il fut ordonné prêtre en 1926.

Nommé vicaire à Vallada, il s’occupa entre autres du vieux curé, un homme malade et de caractère difficile. Il fonda des ateliers pour faire travailler les ouvriers, ainsi qu’un syndicat pour les ouvrières.

Après les élections de février 1936, dès le Vendredi Saint, il fut expulsé du pays, mais avant de partir il prit le temps d’avertir ses fidèles de rester fidèles au Christ et de se préparer éventuellement au martyre. Il y eut des gens pour dire que ces propos étaient politiques.

L’abbé Martí rejoignit sa famille à Burjassot, d’où il se rendait chez les Sœurs Trinitaires pour célébrer la Messe. Mais ces Religieuses furent elles aussi expulsées de leur couvent au moment de la révolution de juillet. Il demeurait donc chez les siens.

Quatre miliciens se présentèrent le 27 juillet pour arrêter le prêtre, qui les reçut gentiment, leur promettant qu’il ne renierait ni Dieu ni sa religion, et qu’il était prêt à être tué, si sa condition de prêtre était un délit. Il salua tout le monde et fut emmené au Comité.

On lui proposa la liberté s’il reniait Jésus-Christ : refus ; la nuit venue, on lui fit à nouveau la proposition : refus. On l’emmena sur la route de Godella à Bétera pour le fusiller, ce 27 juillet 1936.

Don Raimundo Martí Soriano fut béatifié en 2001.

José Félix Serret Anglés

1904-1936

 

José Félix était né le 20 novembre 1904, à Ráfales (Teruel, Espagne), de Vicente et María, qui eurent sept enfants. José reçut la Première communion en 1912.

Entré en 1919 au collège des Frères Maristes à Vic, il passa au noviciat de Las Avellanas en 1920 ; en 1922 il reçut l’habit et le nom de Pedro Jerónimo ; un an après il faisait les premiers vœux. La profession solennelle se fit en 1927, toujours à Las Avellanas.

Pedro Jerónimo fut professeur à San Antonio (1923), Pamplona (1928), Montserrat (1929), Larache (Maroc, 1930, pour la période du service militaire), Valencia (1931), Grenade (1932), enfin Málaga (1935).

Humble et modeste, le Frère Pedro Jerónimo semblait habituellement très sérieux, mais cachait un fond plein d’humour, et ne manquait pas de l’exprimer dans un joyeux éclat de rire.

Le 18 juillet 1936, il fallut évacuer la maison, qui fut encerclée par les révolutionnaires.

Les Frères Maristes passèrent d’abord la nuit dans les bois ou les montagnes, d’où ils apercevaient l’incendie des églises et des couvents  ; leur propre collège fut complètement saccagé. Le Frère Pedro Jerónimo trouva à loger dans un appartement avec deux autres Frères, Teógenes et Luciano.

Le Frère Pedro Jerónimo fut arrêté tôt le matin du 27 août par les miliciens, conduit au Comité pour soi-disant y retirer un sauf-conduit : en réalité, on le conduisit non loin du cimetière de Málaga pour l’assassiner, avec ses deux Confrères.

C’était le 27 août 1936.

Frère Pedro Jerónimo fut béatifié en 2013.

 

 

Luis Moreno Allende

1911-1936

 

Luis était né le 24 juin 1911 à Quintanilla San García (Burgos, Espagne), de Máximo et Asunción, qui le firent baptiser le lendemain. Des huit enfants de ce couple chrétien, un fut prêtre jésuite (Ismael), tandis que Luis fut Mariste.

Entré en 1922 au collège des Frères Maristes à Arceniega (Álava), il fut postulant à Las Avellanas en 1926, puis passa au noviciat ; en 1927 il reçut l’habit et le nom de Luis Alfonso ; un an après il faisait les premiers vœux.

Luis fut professeur à Las Avellanas, Calatayud (1929), Madrid (1932). Ses supérieurs mettaient beaucoup d’espoir en lui, pour ses grandes qualités de professeur.

En 1936, le danger d’être arrêté grandissait jour après jour. Le Frère Luis, qui ne cachait pas sa crainte d’être arrêté, fréquentait souvent la Bibliothèque Nationale, pour se préparer aux examens, et évitait ainsi d’être arrêté. 

Dans son intérêt, une parente lui trouva une pension où se réfugier : la maîtresse de maison était très accueillante, mais mariée avec un communiste. On expliquait au Frère que les miliciens, a priori, ne fouillaient pas les maisons habitées par des communistes, mais le Frère ne pouvait supporter les propos insultants du communiste contre l’Eglise, et trouva refuge ailleurs.

Dans cette maison se trouvait un autre Frère (ou un prêtre). Au soir du 26 août, se présenta un inconnu qui leur dit : J’ai l’occasion de faire une bonne œuvre : partez, car on va venir vous chercher cette nuit. Ils partirent vite, mais comment passer inaperçus ? Ils furent arrêtés cette nuit-même, et assassinés peu après.

C’était le 27 août 1936.

Frère Luis Alfonso fut béatifié en 2013.

 

 

María Pilar Izquierdo Albero
1906-1945

María Pilar Izquierdo Albero naquit à Saragosse (Espagne) le 27 juillet 1906, troisième des cinq enfants de bons parents chrétiens, pauvres, mais riches de vertus chrétiennes.
Ces dernier la firent baptiser le 5 août suivant. Ils inculquèrent à tous leurs enfants la dévotion à Notre-Dame du Pilar, dont María porta aussi le nom.
María sur profiter des enseignements et des exemples de ses parents ; elle donnait à plus pauvre qu’elle son goûter, ou même ses habits.
Elle ne put fréquenter l’école ; elle apprit tout juste à lire un peu. Mais elle savait ce que signifiait souffrir et aimer, aimer et souffrir.
En 1918, commença pour María une mystérieuse maladie qu’on ne sut diagnostiquer. Pendant quatre années, on tenta de la soigner à Alfamén, près de Saragosse ; à son retour, elle travailla dans une cordonnerie, où sa bonté de cœur conquit tous les employés.
En 1926, elle fit une chute du tramway et se fractura le bassin ; en 1929, de nombreux kystes la rendirent paraplégique et aveugle. Ce furent douze années d’allées-et-venues entre l’hôpital de Saragosse et sa misérable mansarde.
Mais de cette mansarde jaillissait une source de lumière, de paix, de joie même, qui irradiait tous les visiteurs. On venait lui demander de prier en toutes occasions, spécialement durant les cruelles années de la guerre civile (1936-1939).
C’est en 1936 que María commença à parler de son projet : l’Œuvre de Jésus, dans laquelle on chercherait à reproduire la vie du Seigneur sur terre, au moyen des œuvres de miséricorde. L’œuvre reçut une première approbation à Madrid, sous l’appellation de Missionnaires de Jésus et Marie.
Le 8 décembre 1939, fête de l’Immaculée Conception, María guérit : elle pouvait voir, se déplacer. 
Comme cela arrive très souvent dans les fondations, on tenta d’empêcher María d’exercer le moindre apostolat, mais l’évêque de Madrid sut convaincre son entourage et, en 1942, érigea canoniquement l’œuvre en tant que Pieuse Union des Missionnaires de Jésus, Marie et Joseph. María et ses compagnes accomplirent alors un apostolat très fécond auprès des pauvres, des enfants, des malades.
Ce n’était pourtant pas la fin des soucis de la Fondatrice : dès 1944, les douleurs reprirent au ventre avec de vilaines calomnies, des intrigues, des incompréhensions diverses qui jetèrent la division entre les religieuses et contre leur Fondatrice. En novembre 1944, María dut elle-même se retirer de son œuvre, avec neuf de ses filles.
En décembre 1944, tandis qu’elle se dirigeait à San Sebastián par une nuit glaciale et des routes couvertes de neige, un accident de voiture lui causa une fracture de la jambe. Apparut alors aussi une tumeur maligne. Les souffrances ne la quittèrent plus, mais elle resta confiante que son œuvre lui survivrait.
María mourut à San Sebastián le 27 août 1945, assistée par le père Daniel Díez García et offrant sa vie pour celles de ses filles qui l’avaient abandonnée.
Celles qui étaient restées fidèles à leur Fondatrice s’installèrent à Logroño, où l’évêque approuva canoniquement la pieuse union sous le nom de Œuvre Missionnaire de Jésus et Marie. Depuis 1981, l’Œuvre devint de Droit Pontifical. Les Religieuses sont environ deux-cents, réparties en Espagne et Italie, et en plusieurs pays d’Amérique du Sud.
María fut béatifiée en 2001.
Le Martyrologe Romain mentionne María Pilar Izquierdo Albero au 27 août.

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Published by samuelephrem - dans 08-août
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