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27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 23:00

28 AOUT

 

-VIII.

S Ezéchias, roi de Juda, successeur de Achaz, soutien du prophète Isaïe (cf. Is 36 sq).

II.

S Hermes, martyr romain très illustre, mais dont on n'a rien retenu de la vie.

III.

S Pelagius, martyr à Constance, dont il est le patron.

S Iulianus, militaire à Vienne, réfugié à Brioude, rejoint par des soldats envoyés à ses trousses, décapité.

?

SS Facondin, évêque à Tadinum, et son archidiacre, Juventin. 

IV.

S Alexandros, évêque à Constantinople ; sommé de réintroduire Arius dans la communion, il se mit en prière : c'est alors qu'Arius mourut subitement. Alexandre changea son titre de Byzance en celui de Constantinople et mourut quasi centenaire.

S Restitutus, évêque et martyr à Carthage ; dans la lutte contre les hérétiques, il se laissa un moment circonvenir, mais se ressaisit.

S Vicinius, premier évêque à Sarsina.

S Musê, brigand glouton qui devint abbé à Scété.

V.

S Vivianus, évêque à Saintes.

S Augustin, évêque à Hippone ; il avait été manichéiste, et avait eu un fils; converti et baptisé à Milan par s. Ambroise, sacré évêque, auteur d'une Règle de vie commune encore en vigueur aujourd'hui, il est un des quatre grands Docteurs de l'Eglise.

VI.

Ste Florentina, religieuse bénédictine espagnole, sœur des ss. Leandro, Fulgencio et isidoro. 

VIII.

S Ermelius, évêque vénéré dans l'actuel Hainaut français.

X.

Bse Adelinde, veuve qui voulut, par sa consécration, expier le péché commis par ses trois fils, morts en essayant d'enlever leur sœur consacrée.

XVI.

Bx William Dean, William Gunter, Robert Morton, Thomas Holford, James Claxton, prêtres anglais, Thomas Felton, religieux minime de vingt ans, et un laïc : Hugh More, martyrs anglais.

B Henry Webley, laïc anglais, martyr, béatifié en 1987.

XVII.

S Edmund (Brian) Arrowsmith, jésuite anglais martyr par pendaison.

XVIII.

B Miguel (Junipero) Serra Ferrer, franciscain espagnol, missionnaire en Amérique centrale, mort en Californie ; béatifié en 1988.

B Charles-Arnould Hanus, curé et doyen du chapitre à Ligny, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Joaquina de Vedruna, espagnole veuve avec neuf enfants après seize ans de mariage, puis fondatrice des Carmélites de la Charité, morte du choléra.

B Ghébré-Michaël (= “serviteur de Michel”), éthiopien, déçu par la théologie de son Église monophysite, converti à l'Église catholique et prêtre lazariste ; il fut torturé et en mourut ; le Martyrologe l’a inscrit au 14 juillet.

Ste Zélie Martin, mère de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, béatifiée en 2008 et canonisée en 2015 en même temps que son mari.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Capucins : José Ample Alcaide (Aurelio de Vinalesa, *1896), prêtre, près de Valencia ; 

Laïques : Juan Bautista Faubel Cano (*1889), ainsi que Arturo Ros Montalt (*1901) qui avait six enfants, près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

   Diocésains : Mamerto Carchano y Carchano (*1879), près de Albacete ;

- béatifiés en 2013 : 

Diocésains : Jaume Tarragó Iglesias (*1868), Isidre Fábregas Gils (*1878), Eladi Peres Bori (*1883), près de Tarragona ; Francisco López Navarrete (*1892), près de Jaén ; Agustín Bermejo Miranda (*1904), près d’Ávila ; 

Bénédictins : Leandro Cuesta Andrés (Leandro, *1870), Santiago Pardo López (*1881), Antoni Lladós Salud (Raimundo, *1881), Jaume Caballé Bru (Domingo, *1883), Fernando Salinas Romeo (*1883), Julio Fernández Muñiz (Ildefonso, *1897), Antonio Suárez Riu (Honorato, *1902), Mariano Palau Sin (Anselmo, *1902), Abel Ángel Palazuelos Maruri (Mauro, *1903) et Ramón Sanz de Galdeano Mañeru (Ramiro, *1910), prêtres ; Martín Donamaría Valencia (Rosendo, *1909), Leoncio Ibáñez Caballero (Lorenzo, *1911) et Ángel Carmelo Boix Cosials (Aurelio, *1914), clercs ; Lorenzo Sobrevia Cañardo (*1874) et Antonio Fuertes Boira (Ángel, *1889), profès, près de Huesca ;

Hospitaliers : Alejandro Iñiguez de Heredia Alzola (Mauricio, 1877) et Serviliano Solá Jiménez (Luis Beltrán, *1899), à Barcelone ;

Lassalliens : Modest Godo Buscato (Anselm Félix, *1879), Cesáreo España Ortiz (Eladio Vicente, *1886), Josep Camprubí Corrubí (Jacint Jordi, *1888), Nicolás Rueda Barriocanal (Daniel Antonino, *1894), Javier Pradas Vidal (Elías Paulino, *1896) et Modest Pamplona Falguera (Agapit Modest, *1907), à Tarragona ;
   - béatifiés en 2017 : 
Diocésains : Francisco et José Romero Ortega (*1872 et 1875), deux frères, et Juan Sánchez Molina (*1882) (sur le bateau Jaime I), près d’Almería.

B Józef Mazurek (Alfons Maria du Saint-Esprit, 1891-1944), prêtre carme polonais martyr, béatifié en 1999.

Bse Teresa Bracco (1924-2944), piémontaise, martyre de sa virginité, béatifiée en 1998 (le 29 au Martyrologe).

 

Ezechias

VIIIe-VIIe siècles avant Jésus-Christ

 

Ezéchias fut roi à Jérusalem, après son père Achaz, vers l’an 718 avant notre ère.

L’Ecriture relate son règne de vingt-neuf ans en 2R:18-20 et en 2Ch:29-32, repris en Is 36-39.

Achaz n’avait pas montré les meilleurs sentiments envers la culte de l’unique Yahwé : Ezéchias au contraire fut l’ami du grand prophète Isaïe et soutint ses efforts pour consolider la religion yahwiste, imitant tout ce qu’avait fait David son ancêtre (2Ch 29:2).

Il combattit tout ce qui sentait les usages païens.

Il secoua le joug assyrien, soutenu par un miracle divin, qui envoya une invasion de rats et une épidémie dans l’armée ennemie.

Il fortifie Jérusalem, fait creuser un canal souterrain pour amener l’eau dans la cité.

Ezéchias avait bien œuvré pour son peuple, mais en retour le peuple se reposait sur de vaines quiétudes, et à la mort du roi, son fils Manassé retomba dans le péché contre Dieu.

Le saint roi Ezéchias est commémoré en Orient le 28 août, jour où il n’est plus dans notre Martyrologe romain.

 

 

Hermes à Rome

2e ou 3e siècle

 

Etonnemment, on ne connaît rien de bien certain sur ce martyr qui fut extrêmement célèbre.

Il aurait été originaire de Grèce avant de venir à Rome.

Il y aurait subi le martyre sur la Via Salaria et aurait été enterré dans le cimetière de Basilla.

La catacombe de Basilla porte aussi le nom de saint Hermes. La basilique qui y fut construite était de dimensions très vastes.

On croyait pouvoir dater le martyre d’Hermes au début du 2e siècle, mais l’actuel Martyrologe l’a retardé au 3e.

En Picardie, saint Hermes est invoqué contre la folie, contre les maux de tête.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hermes au 28 août.

 

 

Iulianus de Brioude

† 250

 

Iulianus serait né à Vienne (Isère, France) et serait entré dans l’armée, sous le tribun Ferréol (v. 18 septembre).

Les deux militaires ne cachaient pas leur foi. A la nouvelle de la prochaine persécution, Ferréol suggéra à Iulianus de se retirer en Auvergne. Ce dernier suivit le conseil et fut accueilli charitablement par une brave femme, à Brioude.

Mais des sicaires furent envoyés à ses trousses ; à leur passage, Iulianus se présenta spontanément, présenta son cou et fut décapité.

Deux vieillards, touchés par l’événement, prirent soin d’accorder à Iulianus une sépulture honorable : Dieu les en récompensa en leur rendant leur jeunesse.

Au siècle suivant, une dame espagnole apprit que son mari avait été condamné à mort à Trèves. Elle promit alors, si elle retrouvait son mari vivant, de construire une belle église sur la tombe de Iulianus. Dans l’intervalle, son mari rentra en grâce ; elle accomplit alors son vœu.

Plus tard, s.Germain d’Auxerre (v. 31 juillet) eut révélation que le martyre de Iulianus avait eu lieu le 28 août, bien probablement durant la persécution de Dèce (250).

Proche de Brioude se trouve une fontaine où les bourreaux auraient lavé la tête de Iulianus avant de la rapporter à Vienne. Saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre) rapporte que, dans cette fontaine, la force de la fièvre s’y éteint aussi rapidement que le feu d’un bûcher inondé d’eau.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Iulianus de Brioude au 28 août.

 

 

Pelagius de Constance

† 283

 

Pelagius aurait été martyrisé vers 283 dans la région de Carnie (act. Frioul, Italie NE), probablement décapité.

Mais il reste particulièrement honoré à Constance (Konstanz, Allemagne S).

Qui était-il ? Que faisait-il ? Nous ne le savons pas.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Pelagius de Constance au 28 août.

 

 

Vicinius de Sarsina

† 330

 

Vicinius aurait été natif de Ligurie (Italie NO) et serait venu dans la région de Sarsina (Italie CNE) pour y mener une vie de solitaire. Il vivait dans la prière et la méditation, sous le seul regard de Dieu.

Quand les prêtres de Sarsina eurent besoin d’avoir un évêque, une grande lumière se manifesta sur la montagne où se trouvait Vicinius, qui fut ainsi appelé à être le premier évêque de Sarsina, juste avant la persécution de Dioclétien, a-t-on écrit (vers 303).

Vicinius fut donc sacré évêque ; mais durant son épiscopat d’une trentaine d’année, il se retira souvent sur sa montagne pour y passer encore de longs moments dans la prière.

Il eut le don des miracles : avec une chaîne qu’il déposait en signe de pénitence sur le cou des malades (particulièrement des possédés), il les guérissait. Cette chaîne a été conservée, et remonterait effectivement à l’époque de Vicinius, d’après les analyses des scientifiques.

Encore aujourd’hui, ces exorcismes se pratiquent dans la basilique Saint-Vicinius, l’ancienne cathédrale.

Vicinius mourut vers 330.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Vicinius de Sarsina au 28 août.

 

 

Alexandros de Constantinople

236-336

 

Alexandros fut évêque de Byzance, vers  313.

C’était l’époque où Arius commençait à répandre ouvertement, en Alexandrie, ses théories erronées sur l’humanité  et la divinité du Christ.

Au concile de Nicée (325), Alexandros fut parmi les plus opposés à ces aberrations.

En 330, lorsque la nouvelle Byzance, reconstruite par Constantin, prit le nom de Constantinople, Alexandros changea aussi son titre épiscopal : non plus évêque de Byzance mais évêque de Constantinople.

En 336 cependant, Arius réussit à gagner la confiance de l’empereur. On demanda à Alexandros de l’admettre dans sa communion. Le prélat était fort embarrassé et partagé entre la doctrine proclamée à Nicée et le respect de l’autorité impériale. Il pria.

Au matin du dimanche suivant, Arius venait de décéder brusquement. Dieu avait manifesté sa volonté.

Alexandros mourut peu après, presque centenaire, dit-on. Son épiscopat avait duré vingt-trois ans.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Alexandros de Constantinople au 28 août.

 

 

Restitutus de Carthage

† 360

 

Restitutus succéda à Gratus sur le siège épiscopal de Carthage.

Il fut présent au concile de Rimini (359), et y fut même à la tête de tous les évêques «orthodoxes», fidèles à la doctrine énoncée au concile de Nicée (325).

Successivement, deux délégations pour chacun des «partis» en présence, furent envoyées à l’empereur Constance ; celle orthodoxe était conduite par Restitutus. Malheureusement, les non-orthodoxes l’emportèrent et Restitutus eut la faiblesse de se laisser faire et de signer un compromis, le 10 octobre 359.

Il dut le regretter amèrement et se ressaisir. A sa mort, en effet, vers 360, on le mentionna au même titre que s.Augustin (v. ce même 28 août). Ce dernier prononça un discours en son honneur.

La situation n’était pas claire en Afrique : les donatistes et autres hérétiques s’acharnaient contre les catholiques, et les évêques avaient fort à faire pour maintenir leurs fidèles dans l’unité.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Restitutus de Carthage au 28 août.

 

 

Musê l’Ethiopien

† 400

 

Comme le Bon Larron Dysmas (v. 25 mars), et pire encore, Musê (Moïse) fut d’abord un brigand, à la peau toute noire d’un authentique Ethiopien, et diablement glouton, au point qu’il pouvait prendre pour repas un mouton entier, bien arrosé de vin. De son épée digne d’un Goliath (cf. 1S 17:7,45,51), il aimait tuer, bêtes ou hommes.

Un jour, qui sait comment, la grâce de Dieu le toucha et il s’en vint directement au désert de Scété, trouver un illustre solitaire nommé Isidore (peut-être celui de Péluse, v. 4 février). Musê chercha à le rassurer : Montre-moi Dieu ! On imagine l’hésitation d’Isidore, qui le conduisit à Macaire (l’Ancien, v. 19 janvier). Ce dernier eut l’heureuse idée de lui enseigner doucement le Credo, puis, devant le désir de ce nouveau disciple, de le baptiser.

Si la conversion de Musê était sincère, profonde, totale, l’Ennemi du Bien ne s’avouait pas vaincu et venait torturer Musê avec des tentations diverses de gloutonnerie, de débauche. Musê, humblement et bien adroitement, s’en ouvrait à Isidore, qui le consolait et l’encourageait.

Musê s’ingéniait à rendre service. Quand les ermites plus âgés sommeillaient, il prenait leurs cruches à eau et allait, malgré l’éloignement du puits, les remplir pour les leur rapporter pleines d’eau fraîche.

Des années passèrent : Musê souffrit beaucoup d’une grave douleur au pied, qui l’obligea à se coucher ; il priait davantage ; sa prière vainquit le Malin et lui obtint même sa guérison.

Une «pétition» présentée par cinq cents moines, demanda au patriarche d’Alexandrie de bien vouloir ordonner prêtre Musê. Le patriarche commença par refuser d’ordonner ce «Noir» ; Musê ne s’en formalisa aucunement, mais le patriarche, touché par son humilité, le rappela et l’ordonna.

Un jour qu’il eut plusieurs visiteurs, Musê était fort embarrassé car il n’avait pas d’eau à leur offrir. Ils le virent sortir plusieurs fois de sa grotte, et enfin tomba une forte pluie. Il s’expliqua : Je disais à Dieu : Si tu ne me donnes pas de l’eau pour tes serviteurs, d’où tirerai-je de l’eau, pour les faire boire ?

Sa dernière heure arriva, lors d’une incursion de barbares. On lui conseillait de fuir, mais il répondit : Qui a tué par le glaive périra par le glaive (cf. Mt 26:52) ; c’est ainsi qu’il périt, avec quelques autres frères, en 395 ou 407.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Musê l’Ethiopien au 28 août.

 

 

Augustin d’Hippone

354-430

 

Aurelius Augustinus, ce géant de la pensée théologique naquit le 13 novembre 354 à Thagaste (auj. Souk Ahras, Algérie), de Patricius et Monica, la sainte Monique dont on va aussi parler.

La plupart des détails qu’on connaît bien sur lui nous viennent de ses Confessions.

Augustinus eut un frère, Navigius, une sœur qui mourut en 424, supérieure d’un monastère à Hippone, et peut-être une autre sœur.

Si Augustinus suivait sa mère à l’église, il n’appréciait pas énormément l’étude. Il finit tout de même par être envoyé à Madaure pour étudier la grammaire, où il se familiarisa avec l’auteur latin Virgile (beaucoup plus qu’avec la langue barbare qu’était pour lui le grec). Puis il fut à Carthage pour la rhétorique : c’est là qu’il connut Alypius, futur évêque de Thagaste. Augustinus s’intéressa à la philosophie et, mais très peu, à la Sainte Ecriture. Il se fit manichéen, une secte philosophique sans grandes exigences pour ses adeptes.

De retour à Thagaste, il fut professeur de grammaire et gagna à ses idées son ami Alype. Puis il alla enseigner la rhétorique à Carthage, y ouvrant une petite école. Il se lia avec une femme qui lui donna un fils, Adeodatus.

En 383, il préféra quitter le sol africain pour Rome, d’où il gagna Milan pour enseigner là encore la rhétorique. Il y rencontra l’évêque Ambroise (v. 7 décembre), qui allait être l’artisan de sa conversion.

Sa mère le rejoignit bientôt. Elle veillait sur son «philosophe» de fils, priant secrètement pour sa conversion. Elle fut déjà bien soulagée d’apprendre qu’Augustin n’était plus manichéen et réussit au moins à lui faire envisager un vrai mariage avec sa concubine, et le baptême de son fils. Mais Augustin se lia quelque temps à une autre femme.

La grâce le poursuivait : il apprit la conversion d’un certain rhéteur Victorinus, le scrupule de sa vie déréglée le travaillait ; il se trouvait chez son ami Alype, quand il se prit à pleurer sincèrement. Il aurait entendu une voix céleste qui lui disait : Tolle, lege, qu’on a interprété de diverses façons : Enlève (le mal), choisis (le bien), ou aussi : Enlève le mal par la Loi, ou encore : Prends (l’Ecriture) et lis. Le fait est qu’il ouvrit l’Ecriture au hasard et tomba sur les mots de saint Paul : Point de ripailles ni d’orgies, pas de luxure ni de débauche (Ro 13:13).

La conversion fut franche, totale, et Augustin persévéra, pour la plus grande joie de sa mère. Huit mois plus tard, le 24 avril 387, il recevait le baptême de la main de saint Ambroise. L’épisode fut longtemps consigné dans le Martyrologe romain à cette date.

Sainte Monique mourut peu après, à Ostie (Rome), durant un voyage qu’elle faisait avec ses deux fils pour regagner l’Afrique.

Augustin regagna donc l’Afrique, avec Alypios et son fils Adeodatus. Il aborda à Carthage, gagna Thagaste. Il vendit son petit patrimoine. Son fils mourut environ trois ans plus tard.

C’est alors que le vieil évêque d’Hippone, qui cherchait un coadjuteur, proposa l’élection d’Augustinus, qui fut acclamé. Le candidat demanda à réfléchir : il n’était pas même prêtre, et devait apprendre tant de choses !

En 394, il reçut l’ordination épiscopale. Désormais, il parlerait chaque jour à ses fidèles, parfois deux fois par jour. De là sont venus ses Sermons.

Il parlera, fera le juge, répondra aux questions, combattra les hérésies : on lui écrivait de Rome, d’Italie, de Gaule, d’Espagne, de Bethléem. Sa correspondance avec saint Jérôme est fameuse !

Il réunit son clergé : il en fit une petite communauté, où l’on partageait fraternellement et la pensée et la table. Saint Augustin n’a pas, à proprement parler fondé un Ordre, mais celui des Augustins s’inspire des principes qu’il a énoncés ; et beaucoup de Congrégations s’inspirent de la règle augustine.

Augustin écrivit contre le donatisme et contre le pélagianisme. Il rédigea ses Confessions, sa Cité de Dieu, et principalement son De Trinitate, mais aussi un commentaire sur la Genèse, sur les Psaumes. Ces quelques titres ne sont qu’un mince aperçu de l’œuvre immense d’Augustin.

Agé et fatigué, en 426, il fit acclamer Heraclius pour son successeur. Puis vint l’épreuve de l’invasion des Vandales en Afrique ; ce fut une profonde douleur pour le vieil évêque qui avait tant œuvré depuis quarante ans pour le relèvement de son diocèse.

Dans sa chambre, il recevait encore, guérissant tel possédé, tel malade. Il fit afficher aux murs en grosses lettres des psaumes qu’il répétait.

Saint Augustin mourut le 28 août 430, alors qu’Hippone était assiégée par Genséric et les Vandales..

Son corps fut d’abord porté loin des envahisseurs, en Sardaigne, puis à Pavie, où sa tombe est sous la garde des Pères augustins.

La loi de l’Eglise d’alors n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Augustin ne fut canonisé et proclamé Docteur de l’Eglise, qu’en 1298. Il est aussi reconnu par l’Eglise orthodoxe.

On l’a pris comme patron des brasseurs, des imprimeurs et des théologiens.

Il est un des quatre grands Docteurs occidentaux de l’Eglise, avec Ambroise, Jérôme et Grégoire 1er (v. 7 décembre, 30 septembre et 3 septembre).

 

 

Vivianus de Saintes

† 460

 

Vivianus aurait été le fils d’un père encore païen et d’une mère chrétienne.

De seize à trente ans, il fut formé par l’évêque Ambroise.

A la mort de ce dernier, c’est sur Vivianus que tomba le choix du clergé et du peuple pour lui succéder. Il devenait ainsi le troisième évêque de Saintes.

On raconte de lui qu’il aurait fait le déplacement à Toulouse (quelque quatre cents kilomètres) pour implorer une baisse des impôts en faveur de ses diocésains. Il en aurait convaincu le roi Théodoric par un miracle éclatant.

Un siècle plus tard, Grégoire de Tours (v. 17 novembre) parle de la masse de ses vertus, précisant qu’il accorde souvent la santé aux malades.

Vivianus mourut vers 460.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Vivianus de Saintes au 28 août.

 

 

Florentina de Cartagena

555-612

 

Troisème des cinq enfants de Severiano et Túrtura, Florentina naquit vers 545-555 (la date reste conjecturale, car on hésite déjà sur la date de naissance de son frère Fulgencio ; 545 pourrait être plus exacte, donc 540 environ pour Fulgencio).

Ses frères aînés furent Leandro et Fulgencio (v. 13 mars et 14 janvier), son petit frère Isidoro (v. 4 avril) et sa jeune sœur Teodosia.

A la mort des parents, Florentina s’occupa de l’éducation d’Isidoro et de Teodosia. D’après la remarque ci-dessus, elle pouvait en effet avoir une quinzaine d’années à ce moment.

Elle embrassa la vie monastique, chez les Bénédictines près d’Écija (Séville). On a trouvé ici ou là qu’elle fut abbesse, mais cet abbatiat ne semble pas confirmé.

Cultivée, décidée, elle fonda néanmoins une quarantaine de monastères, qui suivirent la Règle écrite par son frère aîné, Leandro.

Ce dernier lui dédia aussi un traité : La Foi Catholique, contre les Juifs.

Elle mourut vers 612.

Sainte Florentina de Cartagena est commémorée le 28 août dans le Martyrologe Romain.

Robert Morton

1548-1588

 

Robert naquit vers 1548 à Bawtry (Yorkshire, Angleterre).

Il étudia au Collège anglais de Rome, où il fut ordonné diacre, puis à celui de Douai (installé à Reims), où il reçut le sacerdoce et d’où il partit en 1587 pour l’Angleterre.

Très vite arrêté, il fut accusé d’être prêtre et d’exercer son ministère en Angleterre, et condamné à mort le 26 août 1588.

Robert subit le martyre à Lincoln’s Inn Fields (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.

 

 

Hugh More

? -1588

 

Hugh naquit à Grantham (Lincolnshire, Angleterre).

Réconcilié dans l’Eglise catholique, il vint à Reims en vue de devenir prêtre.

Mais il retourna en Angleterre avant d’être ordonné ; il fut arrêté et mis en prison. Il fut accusé d’être passé au catholicisme et d’avoir fréquenté un séminaire papiste. Il refusa absolument de se rendre dans une église protestante, car ç’aurait été apprécié comme une expiation de sa soi-disant trahison.

Condamné à mort, Hugh subit le martyre à Lincoln’s Inn Fields (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.

 

 

William Gunter

? -1588

 

William naquit à Raglan (Monmouthshire, Pays de Galles).

Il se prépara au sacerdoce à Reims, où il fut ordonné prêtre, et regagna l’Angleterre en 1587.

Très vite arrêté, il fut condamné à mort pour le délit d’être prêtre et d’avoir exercé comme tel dans le royaume.

On le traîna de Newgate au nouveau gibet installé près du théâtre, où il fut pendu, éviscéré et écartelé, un martyre qu’il subit avec joie et courage.

Ce fut à Shoreditch (Londres) le 28 août 1588 et William fut béatifié en 1929.

 

 

Thomas Holford

1541-1588

 

Thomas naquit à Aston (Cheshire, Angleterre). Certains l’ont aussi nommé Thomas Acton.

Il aurait été fils d’un ministre protestant, puis maître d’école à Hereford.

Il étudia au Collège anglais de Reims (1582), reçut le sacerdoce à Laon en 1583 et partit tout de suite pour l’Angleterre.

Une première fois arrêté vers la Toussaint, il s’échappa ; il rejoignit ainsi son pays où il espérait gagner des amis à l’Eglise catholique, mais il fut repris en 1585 et mis en prison au château de West Chester, d’où on l’envoya sous bonne garde à Londres. Mais ses gardiens étant ivres, il trompa leur attention, feignant la folie en se mettant deux bas de couleurs différentes, et réussit encore à sortir et même à trouver quelqu’un dans la rue pour l’aider ; il rejoignit Gray’s Inn Fields par de petits chemins. Il arriva chez des amis, l’estomac dans les talons, les jambes en sang. Une fois restauré et reposé, il reprit ses activités, mais en évitant Londres.

L’année suivante, il fut repris alors qu’il allait chez un tailleur de Londres pour acheter un nouveau costume.

Il fut enfermé à Newgate, accusé d’être prêtre et d’exercer son ministère en Angleterre et condamné à mort le 26 août 1588.

Thomas subit le martyre à Clerkenwell (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.

 

 

William Dean

1557-1588

 

William naquit vers 1557 à Linton-in-Craven (Yorkshire, Angleterre), fils de Thomas Dean.

Après avoir été à l’école à Leeds et Clitheroe, il fut inscrit comme boursier au Magdalene College de Cambridge en 1575, puis comme pensionnaire au Caius College, toujours à Cambridge en 1577.

Il se prépara au sacerdoce à Reims, fut ordonné prêtre à Soissons en décembre 1581, au moment où l’on apprit le martyre d’Edmund Campion (voir au 1er décembre) ; en janvier 1582, il regagna l’Angleterre.

C’était un homme profond et très instruit.

Il fut arrêté peu avant 1585 et envoyé en exil, menacé de mort s’il osait revenir en Angleterre. Son zèle pour les âmes le fit tout de même rentrer très vite en Angleterre, où il fut de nouveau arrêté en 1588 et condamné à mort pour avoir été ordonné prêtre par l’autorité romaine, et être resté dans le royaume contrairement aux lois.

Tout danger d’une prétendue invasion espagnole s’étant révélé infondé, la persécution reprit de plus belle contre les catholiques et surtout contre les prêtres. Un des agents de la Reine désirait même que chaque rue de Londres fût baignée du sang des papistes.

Au moment de l’exécution, alors que William était en train de s’adresser à la foule, quelqu’un vint le frapper si violemment à la bouche, que le prêtre faillit bien mourir avant d’être exécuté.

William subit le martyre à Mile End Green (Londres) le 28 août 1588 et fut béatifié en 1929.

 

 

Henry Webley

1558-1588

 

Né à Gloucester (Gloucestershire, Angleterre) vers 1558, ce pieux laïc fut arrêté à Chichester en 1586.

Accusé d’avoir aidé au moins un prêtre (William Dean) à se cacher durant la persécution, il fut condamné à mort pour ce «crime».

Il fut exécuté au lieu-dit Mile End Green (Londres).

D’après le Martyrologe et la majeure partie des sources, ce fut le 28 août 1588 (on trouve parfois le 22).

Henry Webley fut béatifié en 1987.

 

 

James Claxton

?-1588

 

James naquit dans le Yorkshire (Angleterre).

Il grandit dans la foi catholique, passa au Collège anglais de Reims où il fut ordonné prêtre en 1582.

Revenu en Angleterre, il exerça le saint ministère auprès des Catholiques du Yorkshire.

Arrêté au bout de trois ans, il fut d’abord banni d’Angleterre en sa qualité de prêtre. Mais son zèle le poussa à y rentrer clandestinement.

A nouveau arrêté et jugé, il fut condamné à mort pour deux délits : celui d’être prêtre et celui d’avoir contrevenu au bannissement.

James Claxton mourut en martyr, avec Thomas Felton, à Isleworth (Londres), le 28 août 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Thomas Felton

1567-1588

 

Thomas naquit vers 1567 à Bermondsey Abbey (Londres, Angleterre).

Dans son enfance, il fut page chez Madame Lovett.

Il fut envoyé au Collège anglais de Reims, où il fut tonsuré en 1583. Il voulut alors entrer dans l’Ordre des Minimes, mais il ne put en supporter les austérités et retourna en Angleterre.

En abordant sur la côte, il fut arrêté et conduit à Londres, au Poultry Compter. Après deux années, un parent obtint sa libération ; tentant de regagner la France, il fut intercepté et conduit à Bridewell ; remis en liberté, il retenta sa chance pour aller à Reims et se préparer au sacerdoce, mais il fut à nouveau arrêté, à nouveau conduit à Bridewell, et particuièrement torturé dans le Little Ease de la prison.

Présenté au tribunal de Newgate, juste après la défaite de l’Armada espagnole, il reconnut que, au cas où l’Armada avait pu accoster, il serait resté fidèle à Dieu, à la Reine et à son pays ; mais quant à reconnaître la suprématie royale sur l’autorité papale en matière de religion, il n’en était pas question.

C’était accepter d’office la condamnation à mort.

Thomas Felton mourut en martyr, avec James Claxton, à Isleworth (entre Brentford et Hounslow), le 28 août 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edmund Brian Arrowsmith

1585-1628

 

Originaire de Haydock dans le Lancashire, d’une famille d’agriculteurs aisés qui souffrirent beaucoup pour la foi catholique, il reçut le nom de Brian au baptême, et celui de Edmund à la confirmation. Son père s’appelait Robert, sa mère Margery Gerard.

Un parent de cette dernière, le père John Gerard, écrivit un “Journal d’un prêtre élisabétain” ; un autre fut martyrisé, Miles Gerard.

Un oncle de la famille, lui aussi appelé Edmund Arrowsmith, était professeur au collège de Douai pour les Anglais catholiques “réfugiés”.

Une nuit, le père et la mère d’Edmund furent emmenés par la police, laissant leur quatre petits enfants grelottant en chemise. Le père passa en France, visita le docteur Edmund. Après des années il rentra en Angleterre et mourut.

Sa veuve confia le petit Edmund à un vieux prêtre. Le jeune homme passa à Douai, fin 1605. La maladie l’ayant contraint à retourner en Angleterre de 1605 à 1607, il revint faire ses études au collège anglais, et fut ordonné prêtre en 1612.

Dès 1613 il fut envoyé dans le Lancashire et travailla dans la "mission anglaise" pendant dix  années. Il obtint un franc succès, malgré son goût pour la controverse, qui aurait pu le faire arrêter.

Un contemporain disait de lui : “A le voir, c’était un être très chétif, mais il était zélé, spirituel, fervent et si porté à disputer avec les hérétiques que je lui souhaitais souvent en badinant d’emporter du sel dans sa poche pour assaisonner ses actions, de peur que trop de zèle sans discrétion ne le mît trop vite en danger, si l’on pense aux violentes et soudaines tempêtes de persécutions qui nous assaillaient souvent.”

Un autre le jugeait “de grande innocence vie, de grande sincérité dans sa nature, de grande douceur dans sa conversation, de grande industrie dans son action. Il montrait toujours un gai visage, signe très probable d’une conscience droite et sans tache.”

Il eut plusieurs fois à exorciser des possédés, et jamais sans résultat.

Vers 1623, il fut examiné par l’évêque anglican de Chester, mais le roi Charles Ier, qui tenait alors à être bien vu de la catholique Espagne, le fit relâcher. L’évêque de Chester, un bon vieillard, avait reçu Edmund pendant qu’il était à table avec des ministres. Le prélat s’excusa, sur son âge et ses infirmités, de manger de la viande un vendredi. “Mais qui donc a dispensé ces vigoureux messieurs ?” demanda notre catholique.

Peu après il se décida à entrer chez les Jésuites. Il fut admis après une retraite de quelques mois en Essex, qui lui tint lieu de noviciat régulier à l’étranger.

Cinq ans après, il fut dénoncé par un jeune homme auquel il reprochait un mariage incestueux, il fut arrêté puis interrogé à Brindle Moss, où curieusement son cheval refusa de sauter un fossé.

Aux assises de Lancaster, en août 1628, il fut accusé d’être prêtre, jésuite, et de faire campagne pour l’Église de Rome.

Condamné à mort, il fut d’abord enchaîné et placé dans un cachot si étroit qu’il ne pouvait s’allonger. Il y resta du mardi après-midi au jeudi midi. On ne sait s’il obtint même quelque nourriture.

Au moment d’aller au lieu du supplice, il reçut l’absolution, devant tout le monde, du bienheureux John Southworth, qui se trouvait à une fenêtre, bénéficiant d’un sursis (voir au 28 juin).

Jusqu’au dernier moment, on le tentait d’abjurer pour recouvrer la liberté, mais il répondait : “Ne me tentez plus ! Je ne le ferai pas, en aucun cas, à aucune condition !” Ses dernières paroles furent, an latin : “Bone Iesu !”

Il fut ainsi pendu, éviscéré puis écartelé, selon la forme habituelle établie, là même où il avait exercé son apostolat.

Béatifié en 1929, il fait partie des Quarante Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles qui ont été canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Commémoré le 28 août, Edmund est localement fêté avec d’autres Compagnons martyrs le 25 octobre.

La maison des Arrowsmith se trouve toujours à Hoghton, dans le Lancashire.

Miguel José Serra Ferrer

1713-1784

 

Miguel naquit le 24 novembre 1713 à Petra (Maiorque), de Antonio et Margherita.

Après l’école communale, il se rendit chez les Franciscains de Maiorque et fit la profession en 1731, avec le nom de Junipero (en souvenir du cher disciple de saint François d’Assise, Frère Ginepro).

Pendant les dix-huit années suivantes, il sera ordonné prêtre (1737), prêchera des missions (particulièrement suivies durant les périodes de carême) ; il enseignera la philosophie et la théologie à l’université Luliana.

En 1749, suivant une inspiration mystérieuse, il partit en mission pour l’Amérique, accompagné du frère Francisco Palòu, qui sera à ses côtés pendant toute sa vie.

Le bateau arriva à Porto Rico en octobre 1749, à Veracruz en décembre. A pied, il rejoignit Mexico, où l’accueillirent les Franciscains, qui étaient déjà installés dans la région.

Après quelques mois de préparation, Junipero partit évangéliser la Sierra Gorda. Arrivé à Jalpàn en juin 1750, il étudia la langue Pame auprès d’un gouverneur local et se mit à évangéliser les Indios dans leur langue, traduisant les prières et le catéchisme, et les aidant à travailler.

Ensemble, ils construisirent une église en pierre à Santiago di Jalpàn.

Il fut momentanément envoyé au Texas, pour remettre sur pied la mission détruite par les Apaches, mais à cause du danger, on le rappela au Mexique. Il fut gardien, maître des novices, prêcheur, de 1758 à 1767.

Cette année-là furent expulsés les Jésuites de la Basse-Californie, et leurs maisons passèrent aux Franciscains. Le père Junipero en fut nommé supérieur. Deux ans après, il fondait la nouvelle mission de San Diego.

En trois ans, il put fonder encore quatre autres missons dans la Haute-Californie, puis il fut contraint de revenir au Mexique, fondant encore d’autres missions.

En l’absence d’évêque, il reçut du pape l’autorisation de conférer le sacrement de Confirmation et on a retenu que les personnes confirmées furent cinq mille trois cent-neuf.

En 1782, après avoir fondé une ultime mission, il se retira dans celle de Monterey (Etats-Unis), avec son fidèle Palòu, auquel nous devons tous ces détails.

Durant les dix-sept années de ses missions en Californie, le père Junipero parcourut près de dix-mille kilomètres, sans compter les milliers d’autres par voie fluviale. C’est à ses missions que remonte la fondation des grandes villes américaines de San Francisco, San Diego, Los Ángeles, Ventura.

Actuellement, c’est sa statue qui représente l’état de Californie dans la salle du Congrès de Washington, et le point culminant de la chaîne de Californie porte son nom.

Le père Junipero mourut le 28 août 1784 et fut béatifié en 1988.

 

 

Charles-Arnould Hanus

1723-1794

 

Charles-Arnould était né le 18 octobre 1723 à Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Il était prêtre du diocèse de Verdun.

Déporté des avec tant d’autres prêtres de France, il fut entassé avec eux à bord du Washington, aux pontons de Rochefort. Le bateau était normalement destiné à la Guyane, mais ne partit jamais et les prêtres vécurent dans les cales du bâtiment, dans des conditions hygiéniques inimaginables.

 

Il mourut ensuite sur l’Ile d’Aix (où l’on se débarrassait des moribonds avant de les y enterrer), le 28 août 1794, et fut béatifié en 1995.

 

 

Joaquina de Vedruna i Vidal de Mas

1783-1854

 

Le prénom de cette Sainte catalane s’écrit aussi Joaquima.

Elle naquit à Vic (Barcelone, Catalogne, Espagne) le 16 avril 1783, dans une famille aisée barcelonaise, cinquième des huit enfants de Lorenzo, notaire à la chancellerie royale de Barcelone, et de Teresa Vidal.

Petite, elle ne se permettait jamais d’avoir la moindre tache sur un vêtement ; en grandissant, cette exigence passa à son âme, qu’elle chercha à maintenir dans une sainte pureté inaltérée.

A douze ans, elle demanda à entrer chez les Carmélites, mais la Prieure ne pouvait accepter une petite fille comme Joaquina.

A seize ans, en 1799, elle accepta d’épouser l’avocat et grand propriétaire Teodoro de Mas, avec lequel elle eut neuf enfants : Anna, Josep-Joaquin, Francis (mort à six ans), Agnes, Joaquina (morte à neuf ans), Charlotte (morte à sept ans), Teodora, Teresa, María Carmen.

Joaquina eut la tristesse d’être rejetée par ses beaux-parents. Son épreuve augmenta par l’absence de son mari qui s’était activement engagé dans la guerre d’indépendance espagnole (1808-1814) et par la mort de trois de ses enfants. Puis Teodoro mourut de tuberculose en 1816.

Elle avait alors trente-trois ans, et s’installa avec tout son monde dans leur propriété de Vic. Elle songea alors qu’elle pourrait se retirer chez les Carmélites. Deux de ses enfants se marièrent, deux entrèrent chez les Clarisses et deux chez les Cisterciennes.

En attendant l’heure de Dieu, elle se donna aux œuvres charitables, enseigna, assista les malades. Remarquant ces charismes, son directeur spirituel lui suggéra de fonder une congrégation inspirée de l’idéal du Carmel, mais dont les membres seraient actifs et seraient les Carmélites de la Charité. Elles furent déjà neuf à faire leurs vœux en 1826, avec une règle que leur avait écrite l’évêque de Vic.

Joaquina renonça devant notaire à ses biens, qu’elle léguait à son aîné Josep Joaquin et prit le nom de Joaquina de Saint-François d’Assise : son directeur spirituel était un père capucin et pouvait lui avoir suggéré cette référence au Poverello.

Peu après ces débuts, les Religieuses durent s’exiler en France (1839-1843) car leur Fondatrice était «compromise», étant la mère de ce même Josep Joaquin qui, comme son père, soutenait âprement la cause carliste contre les libéraux. Elle fut même arrêtée en mise cinq jours en prison à Vic. Elle trouva refuge dans sa maison de Barcelone, puis à Berga, finalement en France méridionale. Elle-même affirma avoir souvent été aidée et conseillée pendant ce temps par un mystérieux Jeune homme, en qui elle reconnut l’archange saint Michel.

Pouvant tout de même revenir dans son pays en 1843, elle ouvrit une vingtaine de maisons, seulement en Espagne. Il y en aura en Italie, en Amérique Latine, en Asie.

La congrégation fut approuvée en 1850.

Les dernières années de la Mère Joaquina furent éprouvées par la douleur de la maladie : progressivement paralysée à la suite d’un accident vasculaire cérébral, elle remit sa charge de Supérieure. Durant l’épidémie de choléra qui sévissait à Barcelone, elle fut frappée par la contagion.

Elle eut la consolation d’avoir souvent auprès d’elle sa fille Agnès, veuve à son tour, et ses deux filles Clarisses. Elle mourut le 28 août 1854 (on trouve aussi la date du 22 mai, qui semble erronée).

Joaquina de Vedruna fut béatifiée en 1940 et canonisée en 1959.

 

 

Ghebre Michaël

1791-1855

 

Ghebre naquit dans la riche région éthiopienne du West Gojam, au Sud du lac Tsana, là où se trouve le village de Dibo, sur la rive droite de l’Abbay, en 1791.

Le nom de Ghebre Michaël signifie : serviteur de saint Michel.  On verra que toute sa vie, Ghebre Michaël voulut servir et défendre la Vérité, comme l’Archange Michel combattit la révolte de Satan pour l’honneur de la Vérité.

Ghebre Michaël reçut une éducation soignée.

Petit, une grave maladie lui retira l’œil gauche, mais cela ne l’empêcha pas de s’adonner à l’étude avec la ferme volonté d’apprendre la Vérité. On l’appela “homme aux quatre yeux”, tant il mettait d’ardeur à apprendre.

Dans l’Eglise Copte éthiopienne, s’était diffusée une erreur assez grave, car les théologiens y enseignaient que Jésus Christ n’avait pas les deux natures, humaine et divine. C’est toutefois dans cette foi que grandit Ghebre Michaël

Il étudia dans la ville de Mertolé-Mariàm, où d’autres étudiants se trouvaient là, chez leurs maîtres, traités par ceux-ci en fils et serviteurs, partageant la vie dure de la famille. On n’avait presque pas de livres, de sorte qu’on était obligé de retenir beaucoup de choses par-cœur. Ghebre Michaël apprit ainsi la grammaire, la poésie, le chant, le comput ecclésiastique et civil, le Psautier, la Bible, la théologie et l’astronomie.

Il demanda ensuite à entrer au monastère de la même ville de Mertolé-Mariàm, où il étudia de vieux manuscrits.

Il put venir avec quelques compagnons en Égypte, et il rencontra Giustino De Jacobis, un missionnaire italien consacré évêque pour l’Ethiopie. Avec celui-ci, il engagea des discussions théologiques sur la nature, unique ou double de Jésus-Christ. Giustino lui expliqua que notre doctrine enseigne que Jésus possède les deux natures, divine et humaine. Pour Ghebre Michaël ces deux natures signifiaient deux personnes, d’après la théologie copte. Mais Giustino lui fit remarquer que, dans la sainte Trinité, il y a bien trois personnes et une seule nature, et non trois natures ! Là, Ghebre Michaël. reconnut que la théologie copte n’avait pas de réponse.

Successivement, il accompagna Giustino à Rome et à Jérusalem, avant de revenir en Abyssinie. Ghebre Michaël fut bientôt convaincu de la sainteté de Giustino, mais aussi de la doctrine catholique de celui-ci. Il quitta l’Eglise copte et se rallia à l’Eglise catholique.

Giustino en fit un de ses meilleurs compagnons d’apostolat. Il lui confia l’enseignement au séminaire, la composition d’un catéchisme adapté à la population, et la traduction d’un ouvrage destiné à la formation du clergé indigène. Ghebre Michaël se donnait entièrement à la prédication, à la réfutation des erreurs coptes.

Les amis de Dieu rencontrent toujours des épines sur le chemin vers la perfection. Ghebre Michaël fut entravé par l’évêque copte, Salâmâ, un ignorant avec qui il eut des discussions peu amènes, Salâmâ l’insultant, et Ghebre Michaël répondant assez vivement qu’il n’était pas en communion avec le patriarche. Salâmâ le fit emprisonner pendant deux mois, puis tenta d’empêcher son entrée parmi les pères Lazaristes. Giustino eut le temps de l’ordonner prêtre, avant d’être exilé pour toujours (voir au 31 juillet).

Ghebre Michaël fut remis aux mains de l’empereur d’Abyssinie par le même Salâmâ : il y eut un passage à tabac, qui laissa le pauvre Ghebre Michaël la poitrine enfoncée. Il subit ensuite le supplice du tronc : dans un tronc d’olivier dur et lourd, ou ménage une ouverture ovale, juste pour les deux pieds ; le patient est coincé, des genoux aux chevilles, dans cet étau, moyennant des pièces de bois qui interdisent tout jeu ; le sang ne circule plus, les jambes enflent ; il faut une scie pour délivrer le supplicié. Dans la hutte infecte où se trouvait Ghebre Michaël et ses compagnons, l’eau suintait du toit, les bestioles grouillaient partout sur ces corps quasi dénudés.

Salâmâ essaya de traiter avec Ghebre Michaël, en vain. Il le flagella avec sa cravache fendue au bout en deux lanières, qu’il appelait ironiquement “double nature en une personne”. Les autres compagnons furent flagellés à coup de queue de girafe.

Transférés devant l’empereur, Ghebre Michaël et ses compagnons furent à nouveau fustigés à la queue de girafe. Ghebre Michaël allait être fusillé, mais le consul anglais intervint à temps et Ghebre Michaël fut condamné aux fers à perpétuité. Affaibli par tant de luttes et de souffrances, il fut abattu par l’épidémie de choléra qui sévissait et mourut en vaillant témoin du Christ, le 28 août 1855.

Ghebre Michaël fut béatifié comme martyr en 1926.

De façon actuellement incompréhensible, malgré la date de sa mort, Ghebre Michaël a été un temps mentionné le 1er septembre, puis actuellement au 14 juillet dans le nouveau Martyrologe Romain. Il est ici au 28 août, son dies natalis.

 

 

Louis et Zélie Martin

1823-1894 et 1831-1877

 

On ne peut qu’être heureux de savoir que deux époux sont béatifiés dans l’Eglise : Louis et Zélie Martin ont été proclamés Bienheureux le dimanche 19 octobre 2008, et pourront successivement devenir également Saints. Une remarque trop rapide et superficielle pourrait dire : C’est normal qu’ils soient Saints, puisque leur fille Thérèse est une Sainte. Ce raisonnement serait parfaitement faux. C’est d’ailleurs le contraire qui s’est passé : Louis et Zélie ont cherché la sanctification en Dieu, quotidiennement, et un des fruits de cette élévation à Dieu a été leur fille, Sainte Thérèse.

Qu’ont-ils donc fait ? Qui étaient-ils, ces parents ? A première vue, rien de très extraordinaire. Tout est dans le quotidien, dans la simplicité : et c’est précisément là qu’ils ont rencontré Dieu.

Louis Martin est né à Bordeaux en 1823, ses parents finissent par se fixer à Alençon ; en grandissant, il se sent une vocation religieuse à laquelle il préfère un autre genre de vie. Il ouvre une bijouterie-horlogerie. Il a des loisirs, comme tout bon petit bourgeois de province : la pêche à la ligne, le billard au café du coin avec quelques amis, quelques voyages et même un peu de “boursicotage”, mais surtout il est un chrétien convaincu et actif et, en dehors de ses devoirs religieux proprement dits (il va chaque dimanche à l’église, il reçoit les Sacrements aussi, il prie beaucoup) -  il cherche à rencontrer Jésus dans les pauvres et participe aux Conférences Saint-Vincent-de-Paul, organisées par Frédéric Ozanam (lui aussi Bienheureux) en vue de venir en aide aux nécessiteux. C’est sa mère qui lui fait rencontrer en 1858 - il a trente-cinq ans déjà - cette belle jeune fille qui sera son épouse.

Zélie Guérin est née en 1831 ; elle aussi a renoncé à une vie religieuse, et a ouvert une petite mercerie de dentelles à Alençon. En se rencontrant, Louis et Zélie ont tout d’abord uni leur foi en Dieu et ont cherché à faire Sa volonté avant tout. Zélie se plaisait à dire : Dieu est le Maître ; à quoi Louis ajoutait : Dieu premier servi.

De leur mariage naîtront neuf enfants, dont quatre mourront en bas âge. Tristesse pour des parents, ces deuils affinent leur foi. L’espérance de la vie éternelle les fait vivre plus intensément en union avec Dieu. Zélie écrit : “Nous nous efforçons de remettre toutes choses entre les mains de Dieu et d’attendre les événements dans le calme et l’abandon à sa volonté”.

Leur vie chrétienne est intense : chaque matin ils vont participer à l’Eucharistie, Louis pratique l’adoration nocturne ; chaque jour ils prient avec leurs enfants en famille ; constamment ils sont remplis d’attention pour les autres, qu’ils soient domestiques, voisins ou connaissances. Les quatre filles de ce ménage grandissent véritablement “dans l’Eglise”. L’une d’elle, Céline, écrit : “Quand Papa avait communié, il restait silencieux sur le chemin du retour, continuant - nous disait-il - à (s’) entretenir avec Dieu”.

Zélie a été très tôt frappée par la maladie. Un cancer au sein se déclare dès 1865 - elle a trente-quatre ans, et elle continuera sa mission de mère pendant douze années encore. Elle mourra à quarante-six ans (1877), jeune encore, pleine de vertus et de mérites, acquis héroïquement dans l’acceptation quotidienne de la volonté de Dieu.

Louis s’installera à Lisieux avec ses cinq filles. C’est une vie chaleureuse, avec ses sorties, ses promenades, les veillées où l’on s’entretient dans une tendre atmosphère devant le feu de cheminée. Quatre de ses filles entreront au Carmel et une autre chez les Visitandines de Caen. Bientôt une pénible artériosclérose le séparera toujours plus des siens, jusqu’à ce qu’il doive être interné définitivement en hôpital psychiâtrique. Il meurt en 1894.

Les époux Martin ont su être la “Lumière du monde” (Mt 5,13-16), ils ont “marché humblement avec Dieu” (Mi 6,8), ils ont cherché l’avis du Seigneur.

Ces nouveaux Bienheureux sont pour nous un don de Dieu :

- un don pour les époux : ils vécurent l’union indissoluble de leur mariage, pendant dix-neuf années. Zélie écrivait à Louis : “Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis”, et il lui répondait : “Je suis ton mari et ami qui t’aime pour la vie”.

- un don pour les parents : ils reçurent de Dieu cette mission de donner la vie, malgré la fatigue, malgré la maladie de Zélie.

- un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint : Louis a accepté son veuvage avec foi et courage, se donnant entièrement au bien de ses enfants.

- un don pour tous les malades : ils ont accepté la maladie et la mort en face, sans rien refuser à Dieu.

Oui, vraiment, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, Docteur de l’Eglise, avait raison de dire :

“Le Bon Dieu m’a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre”.

Le miracle examiné pour la béatification fut celui de la guérison d’un bébé italien atteint d’une malformation pulmonaire à la naissance, guéri en 2002.

Louis et Zélie seront très probablement fêtés ensemble dans le diocèse de Lisieux, mais au Martyrologe leur nom sera inscrit aux jours respectifs de leur mort sur terre - leur naissance au ciel : 29 juillet pour Louis, 28 août pour Zélie.

 

Sources : Homélie du cardinal Martins, lors de la Béatification

Article du journal La Croix du dimanche 19 octobre

Hagiography Circle : http://newsaints.faithweb.com/

 

Le miracle qui permit la canonisation des Epoux Louis et Zélie Martin, concerne une petite fille de l’archidiocèse de Valencia (Espagne), née prématurément en octobre 2008 après une grossesse très difficile, et souffrant de multiples pathologies. Une hémorragie cérébrale très grave aurait pu entraîner des dommages irréversibles. La sachant en danger de mort, conseillés par le carmel de Serra, proche de Valencia, ses parents commencèrent une neuvaine au bienheureux couple Martin. L'enfant se remit graduellement et la guérison fut reconnue "scientifiquement inexplicable" par les experts. Aujourd'hui, Carmen a six ans et ne garde aucune séquelle.

La canonisation a été annoncée pour le 18 octobre 2015.

 

 

Jaume Tarragó Iglesias

1868-1936

 

Jaume (Jacques) naquit le 19 décembre 1868 à Solivella (Conca de Barberà), de Jaume et Paula, qui le firent baptiser dès le lendemain.

Ordonné prêtre en 1894, il fut chargé des paroisses de Alforja et Renau, avant d’être curé à Pont d’Armentera (Alt Camp).

Il encouragea vivement les confraternités locales, il organisa des neuvaines, des semaines de prière. Sa grande dévotion était Jésus crucifié.

Passionné pour la catéchèse des enfants et en général l’instruction religieuse, il réussit à reporter la paix entre les deux factions politiques du pays.

Il fut très estimé de toute la population, même des gens contraire à l’Eglise, qui refusèrent de le tuer après qu’on ait assassiné l’autre prêtre, don Lluís Domingo (voir au 5 août).

Donc, au moment de la révolution de juillet 1936, il fut expulsé du presbytère, ainsi que ses vicaires. La nuit suivante, ils se perdirent dans la montagne à cause de l’obscurité, mais réussirent à rejoindre la maison Boada, où ils restèrent cette nuit-là et les deux ou trois jours suivants, toutefois ils restèrent cachés dans le bois, jusqu’à ce qu’un bon fidèle pût aller les retrouver et mettre à leur disposition une maison du pays.

Ils y furent découverts le 5 août 1936 : c’est ce jour qu’ils arrêtèrent et fusillèrent don Lluís Domingo.

Le 26 août, ils firent comparaître don Jaume devant le Comité, pendant deux jours. Le 28 août, avec deux autres catholiques fervents, Maria Torellò et Joan Rovira, qui allaient prendre le chemin du martyre. En montant en voiture, Maria vit Joan pleurer ; elle l’encouragea : Courage, Joan, ils nous emmènent vers un endroit bien meilleur, n’est-ce pas, don Jaume ? et le prêtre : Oui, ma fille, oui, c’est exactement ça !

On les conduisit jusqu’à Torredembarra (Tarragona), et on les fusilla, tandis qu’ils criaient : Vive le Christ Roi !

Don Jaume reçut ainsi la palme du martyre le 28 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Leandro Cuesta Andrés

1870-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Leandro était né le 30 mars 1870 à Rupelo (Burgos, Espagne).

En religion, il prit le nom de Juan. Il reçut l’habit bénédictin à Montserrat en 1886, fit la première profession en 1887 et fut ordonné prêtre en 1894.

En 1906, il rejoignit la communauté bénédictine de El Pueyo.

Austère, attaché à la Règle et au monastère, il avait aussi un côté humoristique et même parfois ironique, qui le rendait très attachant.

Il était chargé des ruches d’abeilles, qu’il affectionnait beaucoup ; en outre, c’est lui qui recevait les pauvres et savait leur montrer beaucoup d’empressement, comme d’ailleurs envers les malades ; mais envers ces derniers, il était «ferme» et ne cédait pas à leurs petits caprices.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

Francisco Romero Ortega

1872-1936

 

Né le 30 mars 1872  à Almería, fils d’un honorable tailleur, Francisco fréquenta le séminaire de cette ville et fut ordonné prêtre en 1895.

On verra que son jeune frère, José, le suivrait de près, et dans la vie, et dans la mort.

D’abord vicaire dans deux paroisses d’Almería, il le fut ensuite à Benizalón. En 1910, il revint dans sa ville natale, où il fut aumônier et vicaire ; en 1926, il fut aumônier des Servantes de Marie ; en 1931, il desservit Araoz.

Le 27 août 1936, quand la persécution religieuse faisait fureur, Francisco et son frère José furent arrêtés dans la maison où ils habitaient. On les emmena au poste et, de là, on les emmena sur la grand-route. Au lieu-dit Fuensanta, on les débarqua. Les deux frères se dirent : Voilà qu’on va Le voir… Face à face.

Seul José mourut sur le coup. Francisco eut une fin horrible : cruellement blessé, se traînant comme il pouvait pour s’abriter sous un pont, il fut repéré par les miliciens qui repassaient par là, avec leur charrette pleine de poissons qu’ils avaient pêchés entre temps et qu’ils allaient vendre au marché. Se rendant compte que leur victime respirait encore, ils plantèrent dans les yeux du prêtre un vieux parapluie, ils imbibèrent d’essence un épi de maïs qu’ils allumèrent et lui fourrèrent dans la bouche.

Puis ils chargèrent les deux cadavres sur la charrette, pour aller montrer leurs «proies». On s’acharna encore sur leurs pauvres cadavres tout au long des rues du pays et on les brûla avant de les jeter dans l’Andarax.

Martyrisés le 28 août 1936 et béatifiés en 2017, Francisco et José Romero Ortega seront mentionnés dans le Martyrologe Romain au 28 août.

 

 

Lorenzo Sobrevia Cañardo

1874-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Lorenzo était né le 16 avril 1874 à Huesca (Espagne).

Il passa son diplôme de maçon.

Il reçut l’habit bénédictin à El Pueyo en 1897, fit la première profession en 1898, la solennelle en 1901.

Comme Frère convers, il prit le nom de Turibio.

Ses dons au travail le firent envoyer aussi à Valvanera (La Rioja) et à Silos (Burgos).

A El Pueyo, il assistait le Préfet des collégiens.

C’était un homme ordonné, qui aimait la discipline, les choses rangées à leur place.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

José Romero Ortega

1875-1936

 

Né le 2 avril 1875 à Almería, fils d’un honorable tailleur, José fréquenta comme son frère Francisco les séminaires de cette ville à partir de 1888 et fut ordonné prêtre en 1899.

Il fut d’abord aumônier de l’asile psychiatrique, tenu par les Filles de la Charité. En 1911, il fut à la paroisse de San José, en 1912 à Gérgal puis revint à San José en 1916 ; en 1919, il fut vicaire à la paroisse Santiago, dont le curé était, lui aussi, un futur martyr, Carmelo Coronel Jiménez (v. 31 août).

Le 27 août 1936, quand la persécution religieuse faisait fureur, Francisco et son frère José furent arrêtés dans la maison où ils habitaient. On les emmena au poste et, de là, on les emmena sur la grand-route au niveau de Huercál de Almería. Au lieu-dit Fuensanta, on les débarqua. Les deux frères se dirent : Voilà qu’on va Le voir… Face à face.

On ne va pas ici redire ce qui a été dit de si pénible à propos du martyre des deux frères (v. plus haut Francisco Romero Ortega).

Martyrisés le 28 août 1936 et béatifiés en 2017, Francisco et José Romero Ortega seront mentionnés dans le Martyrologe Romain au 28 août.

 

 

Alejandro Iñiguez de Heredia Alzola

1877-1936

 

Alejandro vit le jour le 8 février 1877 à Dallo (Ávila, Espagne).

Il entra dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Mauricio.

Du 20 au 26 juillet 1936, les ennemis de l’Eglise saccagèrent à Barcelone tout ce qu’ils purent trouver de religieux, biens et personnes. Les Religieux étaient comme prisonniers dans leur propre couvent, mais on leur laissa un «sursis» et ils purent se disperser dans Barcelone chez des amis.

Dans les jours qui suivirent, quatre d’entre eux furent assassinés, dont le Frère Mauricio.

Il fut martyrisé le 28 août 1936 à Barcelone.

Son jeune frère Benito-Gaudencio venait d’être martyrisé le 1er août précédent à Valdemoro (Madrid).

Tous deux furent béatifiés en 2013.

 

 

Isidre Fàbregas Gils

1878-1936

 

Isidre (Isidore) naquit le 7 janvier 1878 à Puigpelat, de Josep et Llúcia.

Il fut ordonné prêtre en 1901.

Modèle de prêtre, estimé de tous, il donnait tout ce qu’il avait.

Il sera nommé à Catilar, puis Cambrils. Au moment des émeutes du 6 octobre 1934, il travailla infatigablement en faveur des prisonniers de sa paroisse, jusqu’à obtenir que tous fussent chez eux pour passer la nuit de Noël.

En 1936, avec son frère Ireneu Climent, il se réfugia chez des amis et passait tout son temps dans la prière. Quelques jours plus tard, il partit pour Vinyols, puis alla se réfugier dans la ferme du Puig. Tandis qu’il se dirigeait vers Vila-seca, il fut arrêté et conduit au bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona.

Le 28 août, il vit arriver un groupe de miliciens, parmi lesquels quelques-uns avaient participé aux émeutes du 6 octobre. Don Isidre dit alors à un des Frères Lassaliens présents avec lui : Voilà qu’ils viennent nous libérer. Et le Frère de le reprendre : Monsieur le Curé, vous vous trompez : ils viennent nous tuer. C’est ce qui devait arriver.

Après les avoir fait débarquer, ils les ligotèrent, le prêtre, les six Lassalliens et six autres jeunes de Solivella, les firent monter dans un camion, qui partit sur la route de Valencia. Avant d’arriver à Vila-seca, ils firent descendre les ecclésiastiques, les mirent face à la mer, et les fusillèrent.

Don Isidre mourut martyr le 28 août 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

Modest Godo Buscató

1879-1936

 

Il vit le jour le 12 janvier 1879 à Selva de Mar (Girona, Espagne), et fut baptisé le 16.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), au noviciat mineur de Fonseranes (Béziers, Hérault) en 1892, commença le postulat avec le nom de Anselmo Félix et fit la profession. Il fit le scholasticat à Bujedo.

Modest-Anselmo fut un infatigable travailleur, joyeux, dynamique.

Dans les premiers temps, il fut à Manlleu (1897), pour la catéchèse.

Il fut directeur de l’école gratuite à Cambrils (1905), puis sous-directeur du noviciat et directeur de la maison. Il passa à Sampedor (1916), Teruel (1923), fut directeur au Collège Condal en 1928, enfin de nouveau à Cambrils à partir de 1931.

En 1936, le directeur de l’autre maison des Frères à Cambrils (Maison Saint-Joseph) apprit qu’à quelques kilomètres de là, à Reus, déjà on incendiait les églises et maisons religieuses. Le 21 juillet après-midi, un Comité se présenta pour faire évacuer la maison, qu’ils voulaient occuper le soir même. Un autre Comité vint aviser le maire qu’ils voulaient mettre le feu à l’autre maison, à quoi le maire s’opposa fermement, ayant donné aux Frères sa parole qu’il ne le permettrait pas. Les deux Comités disparurent, mais ils pouvaient revenir d’un instant à l’autre.

Le Frère Anselmo Félix dut organiser l’évacuation de cette maison, trouvant un accueil provisoire chez des amis de l’endroit. Certains ne trouvèrent rien d’autre que le lit d’un ruisseau, en se couvrant avec leur manteau : heureusement, on était en été… Les plus jeunes atteignirent Valencia et Tarragona ; les plus malades ou plus anciens furent accueillis dans des hôpitaux, chez des amis.

Certains de ceux qui furent reçus dans la Maison de Bienfaisance de Tarragona, furent vite dénoncés, et durent se retirer. Ils ne pouvaient passer inaperçus : ils furent arrêtés.

Frère Anselmo Félix fut un de ceux arrêtés à Tarragona et mis dans le bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux, envers lesquels il montra tout son empressement pour leur venir en aide ou les soulager, autant que faire se pouvait.

Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Anselmo, qui demanda à un prêtre présent l’absolution ; puis il recommanda aux Frères encore détenus de transmettre au Frère Visiteur qu’ils avaient été fidèles jusqu’au bout.

On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Mamerto Carchano y Carchano

1879-1936

 

Il vit le jour le 21 juillet 1879 à Elche de la Sierra (Albacete), de Constantino et Natividad, qui le firent baptiser le 23 ; il fut confirmé en 1891.

Après les Petits séminaires de Tolède et Murcia, le Grand de Tolède, il fut ordonné prêtre en 1903.

Les paroisses qu’il desservit furent : Ayna, Alcaraz (1905), Paterna de Madera (1908), Castilléjar (1918), Molinicos (1929) avec la responsabilité d’archiprêtre de Elche de la Sierra.

Le 28 juillet 1936, l’église de Molinicos fut séquestrée, et don Mamerto obtint de conserver le Saint Sacrement et de célébrer chez lui. En effet, le 29, il put célébrer et donner la communion à quelques fidèles.

Mais le maire se déclara incapable d’empêcher toute intervention de révolutionnaires, et sur la prière de sa famille, don Mamerto revint chez les siens.

Le 21 août suivant, on vint l’arrêter. Au milieu d’insultes et de coups, on voulait le faire blasphémer, on le blessa à l’arme blanche, on le frappa à coups de crosse de fusil. On lui fit balayer les rues, nettoyer les toilettes, évacuer le fumier. Comme on le croyait proche de la mort, on le reconduisit chez lui : aux siens, il affirma avoir tout supporté par amour de Dieu.

Le 28 août 1936, on vint le chercher de nuit et on le conduisit à un kilomètre du pays, pour le fusiller.

Don Mamerto fut béatifié en 2007.

 

 

Santiago Pardo López

1881-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Santiago était né le 25 juillet 1881 à Palacios de Benaber (Burgos, Espagne), en la fête de saint Jacques, dont il porta le prénom.

Son grand frère fut bénédictin à Montserrat et mourut jeune prêtre. Ce fut sans doute là l’origine de sa vocation.

Santiago reçut l’habit à Montserrat en 1897, professa en 1898 et fut ordonné prêtre en 1906.

On l’envoya d’abord à Manille, où il enseigna la physique et la chimie et participa aussi à la pastorale paroissiale.

En 1925, il revint en Espagne et fut à El Pueyo, où il fut maître des novices.

Toujours intéressé par la liturgie, il fut aussi cérémoniaire.

Dans la prison, il était empressé à rendre services aux uns et aux autres.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Antoni Lladós Salud

1881-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Antoni était né le 15 décembre 1881 à Lluças (Lleida, Espagne).

Il étudia les humanités à l’abbaye bénédictine de Montserrat, où il fit la profession en 1898 et fut ordonné prêtre en 1906.

En religion, il prit le nom de Raimundo.

Il fut maître des novices, puis envoyé à El Pueyo comme préfet des jeunes aspirants.

Il priait beaucoup, parfois tard le soir, pieds-nus, dans le long couloir du monastère.

Outre les conditions pénibles de la détention à Barbastro, une de ses peines fut de devoir se séparer de ses chers élèves, quand ceux-ci furent libérés le 23 août, mais au moins ceux-ci étaient libres !

Le père Raimundo réussit, à travers un autre Religieux, à se faire apporter par un des jeunes garçons, une sainte image du Christ, qu’on lui avait offerte en cadeau et qu’il tenait à avoir entre les mains au moment de sa mort. Il en fut bien consolé.

Il voulut aller au martyre pieds-nus.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Juan Sánchez Molina

1882-1936

 

Juan naquit le 20 novembre 1882  à Rioja (Almería), paroisse où il fut baptisé.

Il entra au séminaire en 1897 et fut ordonné prêtre en 1909.

Successivement, il fut nommé à la paroisse de Gérgal, il participa activement au Synode diocésain de 1929 et, en 1935, devint aumônier à la prison, ainsi qu’auprès des Sœurs des Anciens Abandonnés. Il était très bon et très estimé.

Lors de la révolution de 1936, il fut dans un premier temps mis en prison et les «laïcistes» d’Almería eux-mêmes empêchèrent sa libération ; puis il fut embarqué sur le bateau Astoy Mendi.

Le 28 août, il fut envoyé sur le Jaime I, en rade d’Almería. Le Supérieur des Jésuites s’y trouvait également. On les aurait précipités dans les chaudières du bateau.

Martyrisé le 28 août 1936 et béatifié en 2017, Juan Sánchez Molina sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 28 août.

 

 

Eladi Perés Bori

1883-1936

 

Eladi naquit le 26 avril 1883 à Maldà (Urgell, Catalogne, Espagne), de Roc et Concepció.

Le petit garçon se montra vif et espiègle, mais aussi très pieux.

La grâce aidant, il fréquenta le collège à Montblanc, puis le séminaire de Tarragona.

Il fut ordonné prêtre en 1906.

Les paroisses où il exerça le saint ministère sont Ciutadilla, Sarral, Alió, Sant Francesc de Reus, Passanant, Blancafort, Pla de Santa Maria, Puigdelfí. Finalement, il fut nommé aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils.

Discrètement, il acquit une certaine érudition et écrivit même un ouvrage pour animer les soirées avec les jeunes.

Au moment de la révolution de 1936, il quitta Cambrils et ne savait pas trop où aller. Il arriva vers la plage. Une famille le vit passer : Pauvre don Eladi, il faut l’aider. La nuit tombait, ils le suivirent et virent qu’il s’accroupissait dans une barque pour essayer de dormir. Ils lui apportèrent de quoi manger et le conduisirent dans une cabane abandonnée, où il resta une dizaine de jours.

Un matin qu’un des garçons lui porta son petit déjeuner, il trouva les portes enfoncées, et courut chez lui pour prévenir. Les gens vinrent et trouvèrent le prêtre attaché à un meuble, tout tremblant. La première chose qu’il dit fut : Pardonnez-leur, c’est moi qui ai eu peur. Les voleurs lui avaient pris cent cinquante pesetas, son habit, sa montre ; ils lui avaient jeté au visage son bréviaire et l’avaient laissé moitié nu.

Il partit de là, vêtu comme un mendiant, jusqu’à Tarragona. Il suivit la rivière Francolí jusqu’au hameau de Marquès de la Pobla de Mafumet, où il trouva refuge chez une famille, avec un autre «fugitif». Ils priaient toute la journée. Don Eladi se préparait au martyre.

Mais ils préférèrent partir encore, pour éviter de compromettre les habitants de la maison. Une nuit ils allèrent jusqu’aux abords de Reus, où ils se cachèrent sous un châtaigner.

Le matin, ils se séparèrent ; don Eladi voulut aller à Maldà, chez son frère. Moins d’une heure après, des miliciens le rencontrèrent et le firent monter dans leur véhicule ; ils l’assassinèrent un peu plus loin ; l’autre homme entendit les coups de feu.

On avait tué don Eladi pour le seul fait qu’il était prêtre. C’était le 28 août 1936.

Don Eladi Perés Bori fut béatifié en 2013.

 

Jaume Caballé Bru

1883-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Jaume était né le 25 mai 1883 à Villalba de los Arcos (Tarragona, Espagne).

Il reçut l’habit bénédictin à Montserrat en 1900, professa en 1901 et fut ordonné prêtre en 1910.

En religion, il prit le nom de Domingo (Dominique).

Après treize années à Montserrat, il fut envoyé treize ans encore à Manille.

Revenu en Espagne, il fut à El Miracle (Solsona) et passa à El Pueyo en 1932, comme professeur d’histoire de l’Eglise et de théologie morale.

On a retenu ce trait personnel qu’il avait besoin de boire beaucoup, et qu’on le voyait souvent remplir sa gourde pour ne pas manquer.

Il écrivit beaucoup d’articles, en espagnol et en catalan. On a gardé de lui un long compte-rendu de son voyage en bateau d’Espagne à Manille, qu’il avait envoyé à son frère.

Quand il fut interrogé sur ses noms, prénoms, âge, etc, il remarqua que l’employé de service était catalan, comme lui. Il lui dit son nom en catalan : Domènec Caballé. Sòc català. Mais l’employé resta indifférent.

Le père Domingo fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et béatifié en 2013.

 

 

Fernando Salinas Romeo

1883-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Fernando était né le 31 mai 1883 à Pozán de Vero (Huesca, Espagne), lendemain de la fête de saint Fernand, dont il porta le prénom.

Le pays de sa famille étant assez proche du monastère bénédictin de El Pueyo, il dut faire ses humanités au monastère.

Il fit ensuite le noviciat à Montserrat : c’est là qu’il professa et fut ordonné prêtre, en 1909.

On signalera ici que son frère aîné, Raimundo, fut bénédictin en Australie, puis aux Philippines comme abbé à Manille. Revenu en Espagne, il se retira à El Pueyo, où il mourut en 1943 après une brève maladie. Une cousine aussi a été abbesse bénédictine à Calatayud et Saragosse.

La «spécialité» du père Fernando fut l’histoire civile et religieuse de l’Aragon. Il fut pour cela aussi chargé de la bibliothèque, qu’il développa beaucoup. On y recensait bien vingt-cinq mille ouvrages. Même les anarchistes la respectèrent. Le père Fernando fut l’auteur de nombreux articles dans les encyclopédies et autres publications.

Pour chercher des sources d’eau, il s’ingénia à étudier la situation géologique du terrain, et même à utiliser les vertus du pendule, avec des résultats très positifs.

En juillet 1936, le père Fernando jugea possible d’aller se réfugier dans sa famille, qui était proche, mais un brave homme qu’il rencontra en chemin l’en dissuada totalement, car toutes les routes étaient très surveillées. Il revint donc sur ses pas et partagea les vicissitudes de sa communauté.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Cesáreo España Ortiz

1886-1936

 

Il vit le jour le 25 février 1886 à Pancorbo (Burgos, Espagne), et fut baptisé dès le lendemain.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), au noviciat mineur de Bujedo en 1898, commença le postulat en 1902 avec le nom de Eladio Vicente et fit la profession.

Cesáreo-Eladio fut un Frère très soumis à la Règle, silencieux et travailleur ; ce qu’on lui donnait à faire, il le faisait à la perfection ; il se préoccupait de chacun, sachant se montrer compréhensif et bon. Fragile de santé, il n’en était pas moins énergique et austère pour lui-même.

Dans les premiers temps, il fut à Teruel où il prépara les enfants à la Première communion.

Il enseigna à Barcelone (où il fut aussi Visiteur) à partir de 1904, à Cambrils (1905), à Bonanova (1906). En 1911, il dut être soigné à Cambrils et passa l’année suivante à Teruel, dont le climat était meilleur pour lui ; puis il fut à Tarragona (1913), directeur à Guixols (1922), directeur du scholasticat de Cambrils (1925), et du noviciat (1927).

En 1936, il aida un groupe de novices à trouver les moyens de rejoindre leurs familles, à cause de la situation dramatique.

Il fut arrêté à Tarragona et mis dans le bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux.

Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Eladio, qui se mit à chanter le Magnificat.

On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

José Camprubí Corrubí

1888-1936

 

Il vit le jour le 22 février 1888 à Palmerola (Gerona, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il commença par travailler comme employé chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), à Manlleu.

Ayant demandé son admission dans la communauté, il dut attendre un peu pour éprouver sa vocation. Il passa au noviciat de Fortianel et prit l’habit en 1923 avec le nom de Jacinto Jorge. Il avait trente-cinq ans au moment de la profession.

José-Jorge était un homme sérieux, tellement qu’on souhaitait parfois le voir un peu plus expansif.

Il fut nommé infirmier auxiliaire, puis responsable de l’infirmerie à Cambrils, jusqu’en 1936.

En 1936, il fut arrêté et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux. On l’y voyait prier beaucoup le chapelet.

Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Jacinto. En quittant ses compagnons, il leur demanda de prier pour lui, ajoutant : Moi aussi, je prierai pour vous.

On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Juan Bautista Faubel Cano

1889-1936

 

Juan Bautista naquit le 3 janvier 1889 à Liria (Valencia, Espagne), d’une famille chrétienne.

Il apprit de son père la pyrotechnique et continua des études de façon privée. Dans la région, il avait la réputation du meilleur pyrotechnicien ; il fut même récompensé à Valencia et Saragosse.

De son mariage avec Patrocinio Beatriz, il eut trois enfants : Patrocinio, Josefina et Juan Bautista.

Ce chrétien voulut vivre l’Evangile de façon totale et chercha en tout l’intégrité morale. Il recevait l’Eucharistie chaque jour, méditait, priait le chapelet en famille, et vénérait le Sacré-Cœur.

Il fit partie d’associations chrétiennes dès sa jeunesse : Action Catholique, confraternités diverses, Adoration Nocturne.

Il fut aussi président de la Droite, dont il orienta une section vers le secours des pauvres.

Contre la législation opposée à l’enseignement religieux, il fonda des écoles catholiques.

Tout cela en faisait un ami de l’Eglise, et un ennemi de la milice républicaine.

Lors de la révolution de juillet 1936, l’église partit en flammes et Juan Bautista se précipita pour retirer le Saint-Sacrement et éviter la profanation. Des Religieuses trouvèrent un abri chez Juan Bautista. Un proche lui suggéra de dissimuler le Crucifix ; il refusa, expliquant que c’était le Maître de la maison. D’autres lui conseillaient de se cacher, mais il répondait que si Notre Seigneur avait besoin de (son) sang, il ne devait pas le lui refuser.

Le 6 août 1936, des miliciens armés vinrent de nuit pour l’arrêter. Il prit son crucifix et sortit. Les miliciens l’emmenèrent avec quelques autres à l’endroit appelé Els Olivarets, où ils le torturèrent avec des coups d’aiguille et en tirant pour le terroriser. Puis ils le mirent quelques jours dans la prison de Liria, et ensuite dans celle de San Miguel de los Reyes.

Sa famille put lui rendre visite ; il leur raconta avoir beaucoup souffert la nuit de son arrestation, par exemple on lui piquant le bout des doigts et d’autres parties du corps, sans entrer dans les détails.

La veille de sa mort, il remit un chèque à une personne de confiance, lui demandant de vite retirer tout son argent et de le donner aux siens avant sa mort, qui devait arriver le lendemain.

Le 28 août 1936 à une heure du matin, on l’appela avec d’autres prisonniers, dont deux prêtres et un député de gauche, qui durent monter dans un car escorté par trois voitures de miliciens rouges. Des témoins les entendirent crier Vive le Christ Roi.

Parvenus à la route de Liria à la Cañada, les prisonniers furent alignés et abattus. Juan Bautista tenait toujours son crucifix en main, comme il se l’était toujours promis.

Juan Bautista Faubel Cano fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio Fuertes Boira

1889-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Antonio était né le 1er (ou le 2) août 1889 à Saragosse (Espagne).

En 1913, il professa à La Cogullada, un prieuré bénédictin en Aragon, dépendant de Ligugé (Vienne), puis passa à El Pueyo.

En religion, comme Frère convers, il prit le nom de Ángel.

Il fut le cuisinier de sa communauté et, en prison, se chargea également de la distribution des rations.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Francisco de Paula López Navarrete

1892-1936

 

Il naquit le 2 mars 1892 à Villanueva del Arzobispo (Jaén, Espagne), de Andrés et María, qui lui donnèrent au baptême le nom de saint Francesco di Paula (voir au 2 avril : on pourrait vraisemblablement se demander si l’enfant ne serait pas né plutôt le 2 avril à moins que le baptême ait eu lieu le 2 avril, ce qui, pour l’époque, semble bien tardif).

Le petit Paquito grandit, avec son petit frère Enrique, dans ce foyer chrétien, qui possédait quelques terres et, plus tard, une petite quincaillerie.

Veuf dès 1894, le papa se remaria et eut deux filles.

Francisco s’habitua à s’abandonner à la Mère céleste, en remplacement de la maman de la terre. Il se rendait souvent au sanctuaire marial proche, Notre-Dame de Fuensanta.

A huit ans, il fut envoyé étudier à Úbeda, où vivaient des parents et où il étudia sous la paternelle vigilance d’un bon prêtre.

Bientôt, il voulut aller convertir les hérétiques, et entra au séminaire de Baeza en 1905. Malgré sa bonne corpulence, il tomba malade plusieurs fois, de sorte que ses résultats ne furent pas toujours à la hauteur de ses qualités intellectuelles et spirituelles.

En 1916 il fut ordonné prêtre à Cordoue, car l’évêque de Jaén était souffrant ; il se trouva que dans la même cérémonie furent ordonnés prêtres cinq autres séminaristes qui seraient bientôt martyrisés dans les mêmes circonstances que Francisco.

Sa première nomination fut pour Beas de Segura et Cañada Catena, proches de son pays natal. En 1926, il fut nommé à Villanueva même et, en 1933, à Orcera comme archiprêtre.

Il fonda l’Action Catholique, développa la bonne presse, restaura des sanctuaires abandonnés. Il se choisit les douze personnes les plus pauvres de la paroisse, pour les recevoir personnellement à Noël, à Pâques et aux grandes fêtes.

L’année 1936, fatigué, il vint passer quelques jours dans sa famille le 13 juillet. Les événements des jours suivants firent qu’on l’obligea à rester là. Il célébra encore la Messe chez les Religieuses du Christ-Roi.

Ce fut d’abord son père qui fut arrêté ; le tour du prêtre arriva le 28 août 1936. Il y avait beaucoup de délits à lui reprocher : les nombreux crucifix et saintes images accrochés aux murs de la maison, sa soutane, et surtout le fait qu’il était prêtre. Arrêté à midi, il refusa catégoriquement de profaner ces saintes images et ajouta : Faites de moi ce que vous voulez que je fasse pour les saintes images.

On l’emmena en camion, tel qu’il était, en pantoufles, sans lui permettre d’enfiler sa soutane, encore moins d’avaler son repas, disant à la famille qu’il allait revenir dans un moment.

Le «petit moment» consista à sortir de Villanueva, prendre la route Cordoue-Valencia vers Beas de Segura et s’arrêter au milieu des oliviers près de la voie ferrée. A l’entrée d’un tunnel, ils fusillèrent le prêtre, l’arrosèrent d’essence et, comme il respirait encore, le mirent quasi en morceaux.

Des témoins affirmèrent plutôt qu’une fois arrivé à l’endroit en question, il se leva et bénit ses bourreaux, puis qu’on commença par l’arroser d’essence pour le brûler vif, mais les bourreaux ne réussirent pas à allumer le feu, de sorte que leur chef les menaça de son arme : Si vous ne me le tuez pas, c’est moi qui le tue. Ils tirèrent, tandis qu’il avait les bras en croix et criait Vive le Christ Roi. Puis ils lui coupèrent les bras, les jambes, et la tête.

Don Francisco de Paula López Navarrete fut béatifié en 2013.

Nicolás Rueda Barriocanal

1894-1936

 

Il vit le jour le 10 septembre 1894 à Quintanavides (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 17.

Il commença le noviciat mineur chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), à Cambrils en 1907.

Il fut choisi pour le noviciat de Lembecq-lez-Hal (Belgique) et prit l’habit en 1910 à Bettange (Luxembourg) avec le nom de Daniel Antonino.

Nicolás-Daniel était un homme doux, patient, généreux.

Sopn activité fut l’apostolat à Bonanova, puis l’enseignement à Santa Madrona et Las Corts ; puis le collège Condal et Guixols.

Une pleurésie poussa ses supérieurs à lui confier une charge moins pesante, et il fut au noviciat de Cambrils, où il eut aussi une activité de catéchiste.

En 1936, il fut arrêté et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux.

Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Daniel. En quittant ses compagnons, il leur demanda de prier pour lui, ajoutant : Moi aussi, je prierai pour vous.

On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

José Ample Alcaide

1896-1936

 

Il vit le jour le 3 février 1896 à Vinalesa (Valencia), troisième des sept enfants de Vicente et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1899.

Après avoir fréquenté le Séminaire Séraphique de Massamagrell (Valencia), il entra dans l’Ordre des Capucins, reçut l’habit en 1912, professa en 1913, avec le nom de Aurelio de Vilanesa, et fit la profession solennelle en 1917.

On l’envoya étudier à Rome, où il fut ordonné prêtre en 1921.

Il fut nommé directeur des études philosophico-théologiques à Orihuela (Alicante), professeur au séminaire, directeur du Tiers-Ordre franciscain, confesseur et prêcheur.

Dès le 13 juillet 1936, il dut abandonner son couvent et se réfugier chez ses parents.

Les miliciens le repérèrent et l’arrêtèrent le 28 août 1936. Ils l’emmenèrent au petit matin pour le fusiller au Barranco del Carraixet avec d’autres laïcs auxquels il donna l’absolution : le voyant, un milicien lui donna deux gifles ; un autre milicien dit au premier de cesser de le gifler, que ça n’en valait plus la peine.

En exhortant ses compagnons à mourir en paix, le Père leur dit encore : Criez bien fort : Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Javier Pradas Vidal

1896-1936

 

Il vit le jour le 20 mars 1896 à Culla (Castellón, Espagne).

Il étudia à Benicarló chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), puis passa au noviciat mineur de Cambrils en 1909, commença en 1911 le postulat avec le nom de Elías Paulino et fit la profession.

Javier-Elías fut un excellent frère et professeur, et plusieurs de ses élèves poursuivirent dans la vie consacrée.

Il fut dans diverses écoles et, en ultime analyse fut sous-directeur du noviciat. On prévoyait de le nommer directeur, mais les événements renversèrent tous ces projets.

En 1936, il accompagna des élèves jusqu’à Tarragona, et c’est là qu’il fut arrêté.

Il fut conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme des centaines d’autres prêtres et religieux, envers lesquels il montra tout son empressement pour leur venir en aide ou les soulager, autant que faire se pouvait.

Le 28 août après-midi, des anarchistes de Cambrils vinrent réclamer les prisonniers de cette ville. Il y en avait sept, dont le Frère Elías.

On les conduisit au pont de Castellets, route de Cambrils, où ils furent fusillés, le 28 août 1936.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Juan Antonio García Moreno

1896-1936

 

Juan Antonio vit le jour le 11 avril 1896 à Lucena (Cordoue, Espagne).

Après son service militaire, il entra en 1928 dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et prit le nom de Raimundo.

Il exerça en diverses communautés : Santa Águeda, Madrid, Jerez de la Frontera, Ciempozuelos, enfin Málaga.

Malgré les instances de son père, il préféra demeurer auprès des malades.

Récemment opéré, il se reposait dans sa chambre, quand les miliciens vinrent le chercher.

Frère Raimundo fut martyrisé le 28 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Julio Fernández Muñiz

1897-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Julio était né le 24 juin 1897 à Cobos (Muros de Nalón) (Oviedo, Asturies, Espagne).

En religion, il prit le nom de Ildefonso.

Il commença ses études à El Pueyo, fit le noviciat bénédictin à Montserrat, y fit la profession et passa à El Pueyo, où il fut ordonné prêtre.

C’était le professeur de latin des collégiens. Il était si bon qu’il ne savait pas toujours bien maintenir la discipline en classe…

Il était surtout sacristain, et organiste. C’est lui qui se chargea de sauver l’Eucharistie, au moment de quitter le monastère, le 22 juillet 1936.

Dans le camion qui transportait les moines au lieu de l’exécution, le père Ildefonso cria très fort Vive le Christ Roi !, à quoi un milicien répondit en lui assenant un violent coup de crosse qui lui ouvrit le crâne.

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Serviliano Solá Jiménez

1899-1936

 

Serviliano vit le jour le 20 avril 1899 à Artariain (Navarre, Espagne), de Florencio et Perpetua, qui le firent baptiser le même jour. Il reçut la confirmation en 1902.

Il entra en 1918 à Ciempozuelos dans l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Dieu et passa à Carabanchel Alto, où il prit le nom de Luis Beltrán.

Il fit la première profession en 1920, la solennelle en 1925.

Il exerça en diverses communautés de Catalogne, faisant la quête au profit des maisons de son Ordre, et s’occupant des malades pendant la nuit, du moins tant que sa santé le lui permit. Il eut ensuite des occupations moins importantes et moins fatiguantes.

Lors de la révolution de 1936, il se trouvait à Manresa, d’où il rejoignit Barcelone avec le Frère Mauricio.

Tous deux furent arrêtés et martyrisés le 28 août 1936 à Barcelone.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Arturo Ros Montalt

1901-1936

 

Arturo Ros Montalt naquit le 26 octobre 1901 à Vinalesa (Valencia, Espagne), d’une modeste famille chrétienne dont il était l’aîné.

Il travailla à l’usine de jute.

De son mariage avec María Llopis Sirer en 1927, il eut six enfants : María, Vicenta, Arturo, Amparo, Francisco et Honorato, ce dernier fils posthume et futur prêtre.

Ce chrétien fidèle suivait en tout les conseils de son directeur spirituel, fonda l’Action Catholique dans son pays ainsi qu’un syndicat chrétien, et refusa énergiquement d’appartenir à des formations de gauche. Il fut élu de 1933 à 1935 au Conseil municipal, où même ses «adversaires» reconnaissaient son entière probité.

Quand la Gauche supprima l’enseignement religieux, il fit tout pour fonder dans son pays une école catholique.

Tout cela en faisait un ami de l’Eglise, et un ennemi de la milice républicaine.

Vers la fin du mois d’août 1936, on l’arrêta et on lui infligea toute une série de mauvais traitements.

Le 28 août 1936 au matin, on l’appela avec une dizaine d’autres prisonniers pour monter dans un car ; il dit à ses compagnons : Préparons-nous à recevoir le baptême de sang.

Sur la route de Moncada, on abattit d’abord tous les autres devant Arturo. Lui, on le jeta vivant dans un four à chaux, où son corps disparut entièrement.

Arturo Ros Montalt fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio Suárez Riu

1902-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Antonio était né le 5 janvier 1902 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).

Il fit le noviciat chez les Bénédictins de Montserrat, fit la profession en 1919 et fut ordonné prêtre en 1925, comme moine de El Pueyo.

En religion, il prit le nom de Honorato.

Cultivé et bon conseiller, il était le sous-prieur du monastère, et préfet des jeunes collégiens.

En juillet 1936, il dit à son médecin : Je viens vous dire adieu, car ils vont tuer tous les Religieux. Le médecin lui proposa sa maison, mais il répondit qu’il resterait dans le monastère.

Peu de temps avant l’arrestation de toute la communauté, dom Honorato rencontra sa famille. Au moment où il prenait congé de ses parents, sa mère lui suggéra de partir pour l’étranger. Mais lui, bien conscient que l’heure du martyre était proche, lui répondit : Non, Maman. Ça vous semble peu de chose de mourir pour Dieu et de monter au Ciel ?

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Palau Sin

1902-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Mariano était né le 9 août 1902 à Torres del Obispo (Huesca, Espagne).

Il étudia à El Pueyo, fit le noviciat bénédictin à Montserrat, ainsi que la profession (en 1919) et fut ordonné prêtre en 1925.

En religion, il prit le nom de Anselmo.

Il fut maître de chœur, doué d’une admirable voix de basse.

C’est lui que le père Prieur envoya en reconnaissance, à Barbastro, vêtu en civil, pour avoir des nouvelles de la situation, le 20 juillet 1936 ; le 22, c’est encore lui qui montra aux miliciens la dynamite que les Pères utilisaient pour creuser des puits (et non pour faire la guerre).

Il fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et fut béatifié en 2013.

 

 

Abel Ángel Palazuelos Maruri

1903-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Abel Ángel était né le 26 octobre 1903 à Peñacastillo (Santander, Espagne).

Il entra au monastère bénédictin de Valvanera (La Rioja), d’où il passa à Samos (Lugo) pour le noviciat. Il prit le nom de Mauro.

En 1920, il émit les vœux temporaires, les solennels en 1926, année où il fut ordonné prêtre.

En 1934, il fut nommé prieur du monastère de El Pueyo, et comme tel il conduisit admirablement toute sa communauté au don total, par fidélité à l’Eglise et au Christ.

C’est lui qui reçut la confession de l’évêque de Barbastro, Mgr Asensio.

L’homme qui l’abattit avoua lui-même son crime quelques jours plus tard et raconta l’épisode :

En chemin vers le lieu de l’exécution, le père Palazuelos Maruri demanda à saluer sa mère, ce qu’on lui accorda, en pensant qu’il allait juste s’arrêter quelques instants à l’hôpital tout proche ; mais ils furent bien surpris de voir le moine se tourner vers Notre-Dame de El Pueyo et entonner le Salve Regina.

Le jeune anarchiste, ne pouvant supporter la situation, se mit à tirer sur le moine, jusqu’au mur du cimetière. Depuis, travaillé dans sa conscience, il ne pouvait plus sortir la nuit, ne trouvait plus le sommeil, et pensait que son crime ne pouvait être pardonné. On n’en sait pas plus, mais on ne peut douter que le père Mauro lui-même aura intercédé pour son pardon, lui qui avait invité plusieurs fois ses Confrères à pardonner à leurs bourreaux.

Le père Mauro fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et béatifié en 2013.

 

 

Agustín Bermejo Miranda

1904-1936

 

Né le 10 avril 1904 à Puerto Castilla, de Adolfo et Eulogia, Agustín fut baptisé le 13 suivant.

Il entra en 1915 au Petit séminaire d’Ávila, y reçut la confirmation en 1919, passa au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut d’abord envoyé à Horcajo de la Ribera, mais pour peu de temps, car il dut partir au service militaire, comme aumônier des troupes espagnoles en Afrique (1927-1929).

Au retour, il fut nommé à El Mirón (1929), San Juan de la Nava (1930), Arévalo, Parrillas, Bohoyo enfin où il restera de 1932 à 1935. Sa dernière paroisse sera Hoyo de Pinares, où il arriva avec sa vieille maman, le 27 avril 1935.

Parmi ses nombreux soucis, il chercha à rapprocher de l’Eglise ses propres «ennemis» de gauche, qui étaient contaminés par les idées de la proche Madrid.

Le 19 juillet 1936, l’église paroissiale fut occupée et transformée en dépôt de vivres, tandis que le curé et sa maman furent confinés dans le presbytère. Des fidèles proposèrent au prêtre de fuir à Madrid, mais don Agustín, en bon pasteur, ne voulait abandonner ni sa mère ni ses fidèles. Ces derniers leur apportèrent leur soutien, des repas, des nouvelles.

Bien vite, don Agustín apprit avec douleur l’assassinat de deux curés voisins, les 23 et 24 juillet ; pendant un mois, il passera avec sa mère des journées de prière et d’angoisse.

Le 28 août vers sept heures du matin, arrivèrent quatre miliciens armés. La maman leur ouvrit, sachant bien ce qui allait se produire. Le prêtre se présenta tout de suite. Mère et fils s’embrassèrent  longuement, sous l’œil moqueur des miliciens, dont l’un traita même le prêtre de lâche. Don Agustín lui rétorqua doucement : Embrasser sa mère pour la dernière fois n’est pas un acte de lâcheté, mais de bon fils, d’homme fier.

La vieille dame tomba à terre, on ne sait si ce fut à cause d’un coup reçu ou par perte de connaissance. Les miliciens emmenèrent le prêtre dans leur voiture.

On prit la route de Cebreros, jusqu’au lieu-dit El Barraco, après le pont de la Gaznata. Le jeune curé fut abattu vers midi, ce 28 août 1936.

D’après le propre témoignage de certains miliciens, ils cherchèrent inutilement à fermer le poing du prêtre pour faire le signe communiste ; ils dirent que le prêtre était mort très courageusement.

Le corps resta d’abord sans sépulture, puis les miliciens voulurent le brûler. Ensuite on enterra ce qui en restait.

Les miliciens choisirent exprès la fête patronale de saint Michel, le 29 septembre, pour profaner l’église. L’église elle-même ne souffrit pas trop ; on profana les ornements sacrés ainsi que les saintes images de saint Roch et saint Sébastien ; quelques objets plus précieux disparurent ; de la chaire, les républicains «prêchèrent» leurs idées marxistes.

Don Agustín Bermejo Miranda fut béatifié en 2013.

 

 

Modesto Pamplona Falguera

1907-1936

 

Il était né le 17 juin 1907 à Berga (Barcelone) et reçut le Baptême trois jours plus tard.

Il étudia au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens) sur place, et voulut faire partie de cette communauté.

Il commença le noviciat à Cambrils, l’acheva à Fortianell, où il reçut l’habit, et le nom de Agapito Modesto (1923).

Ses activités d’enseignant furent à San Hipólito de Voltregá et San Feliu de Guixols.

A la proclamation de la République en 1931, des lois obligèrent les Lassalliens à restructurer leurs communautés, et Modesto passa à Barceloneta.

Il dut alors faire son service militaire, à Tarragona, avec cette heureuse possibilité de pouvoir dormir chez les Lassalliens de Tarragona ; au terme de son service, il resta dans cette communauté, jusqu’en 1934, année où il passa à Cambrils.

Ceux qui le connurent firent l’éloge d’un Frère doux et délicat, serviable et très obéissant.

Le 21 juillet 1936, il fallut abandonner la maison de Cambrils : il revint à Tarragona, où il fut arrêté ; on le mit dans le bateau-prison Rio Segre.

A un compagnon de captivité, il dit : Je suis jeune {il avait vingt-neuf ans} et j’aurais bien voulu travailler davantage au sein de mon Institut. Dieu ne le veut pas, aussi j’offre ma vie pour que d’autres puissent faire ce que je n’ai pas pu faire.

Le 28 août, on le fit sortir du bateau.

A un confrère, il remit ce qui lui restait, son stylo et quelques boutons pour son habit, lui disant joyeusement : Tiens, je n’en aurai plus besoin.

Il semblait si joyeux, que l’autre pensait qu’on l’avait libéré. Et Modesto : Comment ? Dans quelques instants je serai au ciel, peut-être bien dans moins d’une demi-heure. Tu te rends compte ?

Il était avec quelques autres détenus ; on les fusilla près du pont Castellet. C’était le 28 août 1936.

Modesto a été béatifié en 2013.


 

Martín Donamaría Valencia

1909-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Martín et son frère jumeau étaient nés le 13 novembre 1909 à San Martín de Unx (Navarre, Espagne).

Martín reçut l’habit bénédictin en 1926 à Montserrat, tandis que son frère le reçut à Belloc (Pyrénées Atlantiques) avant de partir pour l’Australie.

En religion, il prit le nom de Rosendo, fit la profession en 1927 et fut ordonné diacre en 1932.

L’année du soulèvement révolutionnaire de 1936, il allait recevoir le sacerdoce.

Il avait une bonne oreille musicale et une belle voix, et fut nommé maître de chant pour les jeunes.

A El Pueyo, il reçut de son père un violon, qu’il jouait suffisamment bien pour égayer ses Confrères le dimanche.

Ce papa aimait beaucoup son fils ; lors de son service militaire à Pamplona, il paya à l’Etat la somme d’argent nécessaire pour abréger l’éloignement de son fils.

Quand Rosendo fut arrêté et détenu à Barbastro avec toute sa communauté, il attendit son heure avec sérénité. Par un des collégiens libérés, il fit dire à son père et à ses frères de ne pas être tristes, car lui était heureux. Le papa, encore une fois, fut fier de son fils : Il savait qu’il allait mourir, et c’est lui qui nous consolait. Quel fils !

Rosendo fut exécuté le 28 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Ramón Sanz de Galdeano Mañeru

1910-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Ramón était né le 30 août 1910 à Villatuerta (Navarra, Espagne), cinquième des dix enfants d’une famille très chrétienne ; il y eut d’abord quatre filles, puis notre Ramón et son frère Sérafín (qui serait aussi bénédictin, en Australie), et de nouveau quatre filles, dont deux religieuses.

L’accouchement de Ramón se révélait difficile ; le papa pria avec profonde ferveur le Sacré-Cœur, priant pour la vie du garçon et de la maman dont les enfants avaient tant besoin ; Ramón fut un garçon plein de vie, espiègle à l’occasion, toujours reconnaissant pour ce don de la vie.

Très jeune il exprima son désir d’être religieux et entra à onze ans à El Pueyo. La famille comptait d’ailleurs déjà deux Bénédictins.

En religion, Ramón prit le nom de Ramiro.

Après El Pueyo, il fit le noviciat à Samos, revint à El Pueyo où il fit la profession solennelle en 1932 et reçut l’ordination sacerdotale en 1935.

Déjà avant d’être ordonné, il enseignait la théologie aux plus jeunes.

Dans la «prison» de Barbastro, il réussit à obtenir un peu d’eau pour faire la barbe à ses compagnons ; il alla couper les cheveux aux Clarétains, prisonniers eux aussi, l’étage en-dessous.

On sait qu’entre le 25 et le 30 juillet, Ramón aurait pu être libéré, par l’entremise d’un ami d’enfance, engagé dans l’armée et qui avait une certaine influence ; mais Ramón refusa d’être libéré seul sans sa communauté, et son ami ne pouvait libérer tout le monde ; il raconta ce fait à sa famille, grâce à laquelle on le sut.

La nuit, Ramón se trouvait près d’une fenêtre qui donnait sur la place et se rechangeait avec un autre diacre piariste pour observer quels prisonniers on conduisait au peloton ; c’est ainsi que dans la nuit du 9 août, il aperçut Mgr Asensio, qui fut en effet fusillé ce jour-là.

Ramón fut exécuté le 28 août 1936 à Barbastro, et béatifié en 2013.

 

 

Leoncio Ibánez Caballero

1911-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Leoncio était né le 11 septembre 1911 à Cubillejo de Lara (Burgos, Espagne).

Il étudia à El Pueyo, fit le noviciat et la première profession à Belloc (Pyrénées Atlantiques).

En religion, il prit le nom de Lorenzo.

C’était un homme aussi humble et pieux que robuste et solide. Il collabora au creusement des puits pour trouver de l’eau, au soin des ruches.

Il fit la profession solennelle en 1932 et dut partir au service militaire, à Melilla. C’est avec les larmes qu’il alla s’agenouiller devant la statue de Notre-Dame avant de quitter son monastère pour trois ans.

Il fut ordonné sous-diacre le 5 juillet 1936, quinze jours avant le soulèvement révolutionnaire.

Le soir du 20 juillet 1936, il partit avec un jeune profès, Rafael Lacambra, vers Peralta de Alcofea, le pays de ce dernier. La démarche avait été décidée dans l’espoir de mettre en sûreté, dans la famille de Rafael, les archives du monastère.

Pendant quelques jours, on ne sut plus rien des deux Religieux, jusqu’aux premiers jours d’août.

Début août, dom Lorenzo réapparut dans la pièce où se trouvaient ses Confrères de El Pueyo, qui n’en croyaient pas leurs yeux.

On n’aurait peut-être rien su d’autre sur lui, si Rafael n’avait pas survécu, et voici ce qui leur était arrivé :

Arrivés vers cinq heures du soir à Peralta, ils furent reçus chez une sœur de Rafael, où ils s’empressèrent de dissimuler leurs bréviaires. Deux jeunes vinrent s’informer sur ces deux individus et, ne trouvant pas d’objets religieux, repartirent. La famille tremblait pour les deux jeunes Religieux et leur disait de fuir.

Mais ayant accompli leur mission, ils s’installèrent dans la cave, priant et lisant le bréviaire à la lumière d’une bougie. Rafael ne fut pas plus inquiété ensuite.

Le 21 eurent lieu les premières exécutions à Peralta. On vint chercher Lorenzo pour le faire travailler «utilement» : on le fit creuser des tranchées. Huit jours après, le Comité lui ordonna simplement de partir, car il n’était pas du pays.

Rafael voulait réaccompagner Lorenzo, mais c’était trop risqué. Lorenzo partit seul à trois heures du matin, disant à Rafael : Il va falloir que tu restes tout seul ; tu vas devoir te battre. Résiste jusqu’au bout. Moi, s’ils me tuent, je mourrai comme j’ai vécu. Quand les circonstances te le permettront, tu diras à mon père que son fils est mort comme un soldat courageux et que mon dernier cri avant d’être fusillé fut «Vive le Christ Roi !»

Lorenzo rejoignit la maison de campagne du monastère de El Pueyo, y trouva les gens qui avaient été témoins du départ des moines, et alla se constituer à Barbastro.

C’est ainsi que Lorenzo fut réuni à sa Communauté, en prison.

Avec toute sa communauté, il fut exécuté le 28 août 1936 et béatifié en 2013.

 

 

Ángel Carmelo Boix Cosials

1914-1936

 

Voir aussi la notice : El Pueyo (Bénédictins martyrs à)

 

Ángel Carmelo était né le 2 septembre 1914 à Pueyo de Marguillén (Huesca, Espagne).

Durant ses études, il montra un goût particulier pour la traduction des auteurs latins et grecs, dont il retenait les textes avec une mémoire prodigieuse.

Il reçut l’habit bénédictin à El Pueyo en 1929 et fit la première profession en 1930 et prit le nom de Aurelio.

Dès le noviciat, il manifesta aussi une tendance ascétique et, disons, mystique.

Il fit la profession solennelle le 11 juillet 1936 (solennité de saint Benoît), en présence de l’évêque, Mgr Asensio, qui allait être lui-même arrêté quelques jours plus tard et serait martyrisé le 9 août suivant.

Ángel (Aurelio) était le benjamin de toute la communauté, un véritable petit ange.

Il fut envoyé à Rome au monastère de Saint-Anselme, pour ses études, mais en était revenu à cause de sa santé. Il avait conservé de cette courte période une maturité impressionnante.

L’année du soulèvement révolutionnaire de 1936, il commençait tout juste son ascension vers le sacerdoce, qui commençait par le rite de la tonsure.

La famille a conservé les dernières lettres qu’il écrivit peu avant sa mort, à ses parents et à son frère Joaquín ; avec profonde affection pour eux, il leur exprima son grand bonheur de pouvoir mourir en martyr du Christ.

Arrêté et détenu à Barbastro avec toute sa communauté, il fut exécuté le 28 août 1936, quelques jours avant son vingt-deuxième anniversaire.

Il fut béatifié en 2013.

Józef Mazurek

1891-1944

 

Józef Mazurek naquit le 1er mars 1891 près de Baranowka en Pologne orientale qui était alors sous administration autrichienne.

Il entra chez les Carmes déchaux et fit la connaissance, au séminaire des Carmes de Wadowice, du futur saint Rafael Kalinowski (v. 15 novembre). En 1908, il reçut l'habit religieux et le nom d'Alfons Maria du Saint-Esprit. Il poursuivit ses études de philosophie et de théologie à Wadowice, puis à Vienne. C'est dans la capitale impériale en pleine guerre qu'il fut ordonné prêtre en juillet 1916.

Jusqu'en 1930, dans la nouvelle Pologne indépendante, il fut professeur au petit séminaire de Wadowice, où ses dons d'organisateur et d'éducateur furent remarqués. Il réussit à faire donner au séminaire les mêmes droits qu’aux écoles privées et mêmes statales, avec reconnaissance du baccalauréat. En une décennie, 50 élèves de l'internat entrèrent au noviciat ! Il fut alors élu prieur du couvent de Czerna.

Sa vie était empreinte de foi profonde, et il pensait passer son existence dans ce couvent... Il raviva la flamme spirituelle de sa communauté, prêcha à l'église conventuelle qui se trouvait dans un bois relativement éloigné du village. Il avait une conscience claire de la célébration de l'Eucharistie. Il célébrait la messe avec une profonde dignité et un recueillement intense. Il puisait ses forces dans l'oraison solitaire devant le Saint-Sacrement.

Lorsque la région fut occupée par l'armée allemande, et intégrée au Gouvernement Général, il ne se laissa pas intimider par les vexations des autorités locales allemandes. Il accueillit de jeunes aspirants carmes, donna refuge à des personnes déplacées de Silésie. Il avait toujours dans ces moments une grande dévotion envers le Sacré-Coeur de Jésus.

En août 1944, alors que la situation sur le terrain militaire - notamment en URSS - devenait défavorable aux Allemands, les occupants multiplièrent les faits d'hostilité envers la population civile. Ainsi, lors d'un promenade en communauté, le jeune novice François Powiertowski fut tué d'un coup de fusil par un soldat allemand. Quatre jours après ce meutre, le chef de la Kommandantur ordonna aux religieux de construire des tranchées de défense au village de Rudawa qui se situait à des dizaines de kilomètres du couvent. Mais le Père Alphonse-Marie fut séparé de la communauté et torturé, car on le soupçonnait de détenir des informations sur la résistance. En vérité, il s'agissait d'éliminer un Chrétien au charisme trop important pour la jeunesse locale...

Finalement, dans la panique générale, il fut fusillé à Nawojowa Góra près de Rudawa (Pologne), ce 28 août, veille du martyre de saint Jean-Baptiste auquel il était si dévôt.

On retrouva ces lignes dans ses écrits : Dans l'affliction, les tribulations et les angoisses, ainsi que dans les tentations, je trouverai toujours mon refuge auprès de Marie, ma Mère très aimée. Je lui offre toute ma personne et toute chose. Avec elle je veux rester fidèlement au pied de la Croix de Jésus.

Il fut béatifié par Jean-Paul II le 13 juin 1999 à Varsovie. Le Pape Jean-Paul II, lorsqu'il était jeune homme, avait pu trouver des forces spirituelles auprès du Père Alphonse-Marie qu'il rencontra personnellement. Il déclara à la cérémonie de béatification que c'était une grande grâce pour lui-même et pour l'Eglise de l'ajouter à la liste des bienheureux.

 

 

Teresa Bracco

1924-1944

 

Fille de Giacomo et Angela Pera, Teresa naquit le 24 février 1924 à Santa Giulia (Dego, Savona, Italie), avant-dernière des sept enfants de ce beau foyer de paysans chrétiens.

Chaque jour, la maman ouvrait son livre de prières et les faisait répéter aux enfants ; le dimanche, le papa posait des questions aux plus grands, pour voir s’ils avaient bien suivi l’homélie du curé de la paroisse.

La petite n’avait que trois ans, en 1927, lorsque dans l’espace de trois jours, les parents perdirent leurs deux garçons de quinze et neuf ans, Luigi et Giovanni.

Après l’école primaire, elle s’occupa des besognes domestiques et des bêtes du troupeau. En gardant les bêtes, elle priait toujours son chapelet. Jamais elle ne manqua la Messe le matin, qui se célébrait très tôt à cette époque.

Elle n’avait que neuf ans quand elle vit dans le bulletin des Salésiens l’image de saint Domenico Savio avec sa devise : La mort, mais pas le péché ! Elle s’exclama résolument : Ça, c’est pour moi aussi !

Teresa devint une jeune fille très belle, mais ne fut jamais prise par la vanité ; sérieuse, réservée, elle fit dire à un jeune homme : Une fille comme ça, je n’en ai jamais vu, et je n’en reverrai jamais plus.

En 1943, c’est la guerre ; en juillet 1944, les Partisans combattirent avec acharnement les Allemands, qui revinrent sur leurs pas le 24 juillet, pillant, brûlant, terrorisant.

Le 28 août, alors que Teresa travaillait aux champs, les Allemands entrèrent dans le village de Santa Giulia. Teresa, l’apprenant, courut vers la maison, mais ils arrêtèrent sur leur passage toutes les femmes jeunes et s’emparèrent de trois jeunes filles, dont Teresa. C’était le début de son calvaire.

Un soldat l’attira dans le bois voisin ; elle s’échappa ; l’homme la rattrapa et, comme Teresa se débattait et se défendait vaillamment, il l’immobilisa en l’étranglant ; n’arrivant pas à ses fins, il lui tira une balle de révolver dans le cœur et, plein de rage, lui enfonça le crâne d’un coup de botte dans la tempe gauche.

Martyre de sa pureté, Teresa mourut le 28 août 1944 (le Martyrologe la mentionne le 29), et fut béatifiée en 1998.

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