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28 août 2020 5 28 /08 /août /2020 23:00

29 AOUT

 

I.

Décollation de s. Jean Baptiste (cf. Mc 6:17-29).

III.

Ste Basilla, vierge à Sirmium.

Ste Sabina, une noble dame romaine (martyre ?), à l'origine du titre de Sainte-Sabine à Rome, église avec bâtiments donnés plus tard à s. Dominique.

Ste Sabine, vierge près de Troyes.

Ste Candida, martyre romaine, peut-être la même que le 3 octobre.

IV.

SS Euthyme et son fils Crescent, à Pérouse.

V.

S Adelphus, évêque à Metz.

VII.

S Victor, solitaire à Cambon, invoqué contre la fièvre.

S Sebbe, roi en Essex, plus fait pour l'épiscopat que pour la royauté ; sur son lit de mort il reçut l'habit monastique qu'il désirait depuis longtemps.

S Merry, abbé à Autun ; ses miracles, sa sainteté, le rendaient si célèbre, qu'il s'enfuit pour être ermite : la menace d'excommunication de l'évêque le fit revenir ; mort à Paris, il fut enterré en l'église Saint-Pierre qui s'appela Saint-Merry.

IX.

Ste Vérone, vierge à Berthem.

XI.

S Albéric, ermite près de Camaldoli.

XIII.

Bx Giovanni de Pérouse et Piero de Sassoferrato, franciscains envoyés par s. François en Espagne, martyrs à Valence, qui fut reprise peu après par les Chrétiens.

Bse Bronislawa, chanoinesse de Prémontré près de Cracovie.

XVII.

B Richard Herst (Hurst), riche agriculteur anglais et martyr, dont la veuve était enceinte de son septième enfant.

XVIII.

B Louis-Wulphy Huppy, prêtre du diocèse de Limoges, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

B Edmund Ignatius Rice, veuf irlandais, fondateur des Frères Chrétiens pour l'éducation des enfants pauvres, béatifié en 1996.

Ste Jeanne (Marie de la Croix) Jugan, fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, obligée d'abdiquer devant certains ecclésiastiques, béatifiée en 1982, canonisée en 2009.

XX.

B Ya'Qūb Melkī (Flavien-Michel, 1858-1915), évêque arménien, battu et décapité, béatifié en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 : 

Dominicains : Constantino Fernández Álvarez (*1907), prêtre, près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

 

Ouvriers du Sacré-Cœur : Josep María Tarín Curto (*1892), prêtre, près de Tarragona ;

Dominicains : Francisco Monzón Romeo (*1912), prêtre, près de Teruel ;

- béatifié en 2014 :

    Diocésains : Pedro de Asúa Mendía (*1890), à Balmaseda ;

- béatifiées en 2015 :

Sœurs de Saint-Joseph : Josefa Monrabal Montaner (*1901) et María Dolors Oller Angelats (Fidela, *1869), près de Valencia ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : José Almunia López-Teruel (*1870), près d'Almería.

B Dominik Jedrzejewski (1886-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Bse Janina Szymkowiak (María Sancja 1910-1942), polonaise des Filles de la Bse Vierge Marie des Douleurs, béatifiée en 2002.

Bse Rose de Eluvathingal Cherpukaran (Eufrasia du Sacré-Cœur de Jésus, 1877-1952), supérieure indienne de la congrégation de la Mère du Carmel de rite siro-malabar, béatifiée en 2006, canonisée en 2014 ; elle s'était consacrée à neuf ans.

Dominicains : Francisco Monzón Romeo (*1912), prêtre, près de Teruel ;

Basilla de Sirmium
3e-4e siècles

On a parlé d’une sainte Basilla le 28 août, qui fut une martyre romaine (v. 22 septembre).
Celle-ci mourut à Sirmium  (act. Sremska Mitrovica, Serbie).
Tout ce qu’on sait d’elle - son nom et le lieu de sa mort - vient d’être écrit.
Mais il existe un récit qui pourrait compléter nos connaissances si lacunaires.
Basilla serait née au 2e siècle, d’un gouverneur romain en fonction en Lusitanie (Espagne NW ou Portugal). Le gouverneur et son épouse étaient païens. Tandis que le père était en voyage, la mère accoucha de… neuf enfants, dont notre Basilla. Effrayée, cette maman crut bon de faire disparaître toutes ces petites créatures et demanda à sa servante de les noyer, mais la servante, baptisée, les cacha et les sauva. On se rappelle ici l’histoire de Moïse (Ex 2:1-10).
Plus tard, lors d’une persécution, ces neuf filles furent présentées précisément à ce même gouverneur, leur père. Intrigué par leur ressemblance avec son épouse, il appela cette dernière, qui reconnut ses filles. Le papa donna une journée à ses filles pour réfléchir, sinon elles seraient mises à mort. Ayant réussi à s’échapper en neuf directions différentes, elles furent rattrapées et exécutées en divers lieux d’Europe, notre Basilla à Sirmium.
Ce récit présente tout de même des détails assez étranges pour être totalement crédible.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Basilla de Sirmium au 29 août.


Sabina de Rome
?

Ce qui était encore impossible au siècle dernier, semble devenir probable actuellement : les trois Sabina dont il va être question pourraient n’être qu’un seul personnage.
Dans la ville (disparue) de Vindena (Ombrie, Italie C) vivaient Sabina et Serapia. Cette dernière, originaire d’Antioche, fut martyrisée un 29 juillet, Sabina à son tour un 29 août.
Il existe à Rome, sur l’Aventin, une église Sainte-Sabine : on croyait pouvoir dire que ce titre remontait à une sainte femme prénommée Sabina, qu’on aurait postérieurement déclarée martyre ; ce n’est pas prouvé, et l’on s’aventure à affirmer que ce fut le culte de la Sabina précédente qui s’est simplement déplacé à Rome.
Quant à la Sabina de Troyes, qu’on a fait la sœur d’un s.Sabinien martyr (? v. 29 janvier), venue à la recherche du corps de son frère, il s’agirait peut-être simplement d’une translation de reliques de la Romaine, pour laquelle on aurait alors composé une belle histoire.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Sabina de Rome au 29 août.


Adelphus de Metz
5e siècle

Adelphus pourrait être le dixième évêque de Metz.
Il est dit que les premiers évêques de cette ville étaient presque tous d’origine grecque. Cette affirmation pourrait s’accorder avec le nom même d’Adelphus, Adelphos en grec.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Adelphus de Metz au 29 août.

 

Victor de Cambon

560-?

 

D’après d’anciennes traditions, Victor naquit vers 560 dans la paroisse de Cambon, au village de La Croletaie, proche de Nantes.

Il s’en éloigna quelque temps. On a voulu supposer qu’il fut disciple de saint Martin de Vertou (v. 24 octobre).

On n’est pas sûr qu’il ait été prêtre ; il vécut en ermite et fut peut-être à la tête d’un petit monastère à Cambon. 

On dit que son ermitage fut détruit par les Normands en 878.

On invoque s.Victor contre les fièvres.

Si l’on a pu apporter une date de naissance à notre personnage, on n’a pas trouvé celle de sa mort, qui advint, d’après le Martyrologe, au septième siècle.

Saint Victor de Cambon est commémoré le 29 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Sebbe d’Essex

† 693

 

Sebbe fut roi en Essex (Angleterre) pendant une trentaine d’années, de 665 environ à sa mort.

Il s’associa son neveu Sighere.

Lors d’une épidémie de peste jaune, ce dernier apostasia, croyant l’épidémie due à la fureur des dieux païens, mais Sebbe resta fidèle. Un pieux évêque de Mercie put ramener à la foi le prince apostat.

Voici en quels termes s.Bède le Vénérable (v. 25 mai) parle du roi Sebbe : 

C’était un homme très dévoué à Dieu. Ses actes étaient inspirés par la religion ; il priait souvent, prévoyait les pieux rendements de ses aumônes ; il préférait une vie privée de caractère monastique à toutes les richesses et tous les honneurs du royaume ; il aurait embrassé celle-ci depuis longtemps et laissé le royaume, si sa femme n’avait refusé la séparation avec ténacité. Beaucoup disaient et répétaient qu’un tel homme était plus fait pour l’épiscopat que pour la royauté.

Ses derniers moments furent marqués par une plus grande ascension spirituelle encore. Sur son lit de mort, il demanda à son épouse si elle acceptait qu’ils se consacrassent tous deux au Seigneur, à quoi elle consentit enfin. Il demanda alors à l’évêque présent de lui remettre l’habit religieux. Tenant à mourir pauvre, il légua une très forte somme d’argent pour les pauvres.

L’agonie étant proche, Sebbe craignit de se mettre à délirer et pria l’évêque de demeurer auprès de lui, avec deux ministres. Il eut alors une vision qui lui annonçait sa prochaine mort, trois jours plus tard. Il trépassa au jour-dit, en grande paix, on ne sait exactement si ce fut en 692, 693 ou 694.

Saint Sebbe d’Essex est commémoré le 29 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Merry

† 700

 

Merry (latin Medericus) naquit au 7e siècle à Autun, de parents nobles.

Il y avait dans cette ville un monastère dédié, croit-on, à s.Martin (v. 11 novembre), où il entra fort jeune. Jeune d’âge, déjà mûr dans sa détermination, il grandit dans les vertus, fut ordonné prêtre et fut choisi pour succéder au défunt abbé.

Comme il arrive dans la vie de beaucoup de Saints, Merry se méfiait de la gloire humaine, des honneurs, et dut se combattre pour accepter la bénédiction abbatiale. Plus tard, quand les miracles commencèrent, malgré lui, à le rendre célèbre, il s’enfuit : seule la menace épiscopale d’excommunication le fit revenir sur ses pas.

C’est que Merry savait mettre en déroute le Démon. Un moine tourmenté par la tentation fut délivré quand Merry lui imposa sa propre tunique ; à un autre, il fit manger du pain bénit !

Devenu vieux, Merry fit valoir son grand âge pour faire accepter sa démission, et se hâta de partir pour Paris avec un disciple nommé Frodulphus (ou Frou, v. 22 avril ?). En route, il s’arrêta à Champeaux (Melun), où il fit tomber les liens de plusieurs prisonniers ; à Bonneuil, il obtint la libération de deux autres prisonniers ; enfin parvenu à Paris, il s’établit près de la chapelle Saint-Pierre-des-Bois, où il acheva sa vie en ermite.

Merry mourut un 29 août, vers 700.

On a pris l’habitude de l’invoquer contre les douleurs d’entrailles.

A partir du 9e siècle, la chapelle Saint-Pierre prit le nom de saint Merry, fut agrandie et devint paroisse. L’actuelle église, qui n’est pas dépourvue de beauté, est malheureusement un peu à l’abandon.

 

Saint Merry est commémoré le 29 août dans le Martyrologe Romain.

Giovanni de Pérouse

Piero de Sassoferrato

† 1231

 

Ces deux Religieux franciscains de la première heure furent envoyés par saint François d’Assise lui-même vers 1220 en Espagne, qui était encore partiellement sous la domination des Musulmans.

Giovanni était prêtre, Piero convers.

Ils s’étaient fixés dans la petite ville de Teruel, où ils prêchaient, mais ils n’avaient pas formé un couvent proprement dit.

La ville de Valencia étant encore au pouvoir des Musulmans, ils résolurent de s’y rendre, principalement pour réconforter les prisonniers chrétiens et, sans doute aussi, avec le secret désir, s’il plaisait à Dieu, d’y recevoir la palme du martyre, au cas où ils seraient pris par les ennemis du Christ.

Après quelque temps, ils entrèrent dans l’église du Saint-Sépulcre ou s’arrêtèrent sur la place devant cette église, et se mirent à prêcher. Aussitôt ils furent arrêtés.

Sommés d’abjurer la foi chrétienne, ils s’y refusèrent et furent condamnés à mort par le roi Ceid Abu Zeyd.

Ils reçurent la grâce du martyre par la décapitation, le 29 août 1231. L’année de ce martyre est contestée, par le fait que Ceid avait été déposé déjà avant 1228 par son adversaire. Auparavant, Ceid se serait converti par l’intercession des deux Martyrs.

Valencia fut reprise par les Chrétiens peu après (1238).

Les corps de Giovanni et de Piero furent ramenés à Teruel et vénérés comme des reliques de martyrs. La population recourt à leur intercession contre l’invasion des sauterelles. Le culte des deux Martyrs fut approuvé en 1705.

 

 

Richard Herst

?-1628

 

Richard était né peut-être à Broughton (Preston, Lancashire, Angleterre).

Son nom pourrait être plus exactement Hurst.

C’était un très honnête petit propriétaire, qui cultivait ses terres près de Preston. 

L’évêque (anglican) de Chester envoya un émissaire avec des hommes pour l’arrêter. Il y eut de la bagarre avec les domestiques et l’un des hommes se cassa une jambe en voulant rattraper un des domestiques dans un champ cultivé. Le fait pouvait être tout-à-fait étranger à la situation de Richard, mais on s’en servit pour l’accuser de meurtre. D’ailleurs, la victime elle-même reconnut, avant de mourir, que ç’avait été un simple accident.

Une pétition fut envoyée au roi, soutenue même par la reine, mais le gouvernement maintint sa position. Herst fut condamné à mort pour meurtre, mais il était clair qu’on voulait par là intimider les Catholiques.

Au lendemain de cette condamnation, on intima à Richard l’ordre d’aller entendre un sermon dans l’église protestante ; sur son refus, on le traîna par les jambes sur la voie qui longeait l’église, mais il se mit les doigts dans les oreilles pour ne rien entendre.

Au moment de l’exécution, on lui proposa encore de le laisser vivre, s’il voulait jurer fidélité au roi, mais comme le texte comportait des expressions contraires à la Foi catholique, il refusa. On l’exécuta immédiatement.

Richard Herst mourut en martyr à Lancaster, le 29 août 1628.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Louis-Wulphy Huppy

1767-1794

 

Ce jeune prêtre avait la jeunesse de l’âge, mais la maturité de l’ancien.

Il était né le 1er avril 1767 à Rue (Somme), dans le diocèse d’Amiens, où l’on vénère particulièrement saint Wulphy (voir au 7 juin).

Incardiné comme prêtre au diocèse de Limoges, l’abbé Huppy fut déporté de la Haute-Vienne.

Il fut un des plus jeunes déportés à bord du Deux-Associés, où il arriva en mars 1794 et où il se distingua autant par sa piété envers Dieu que par sa prévenance envers les Confrères.

Il mourut d’épuisement le 29 août 1794, à vingt-sept ans, et fut béatifié en 1995.

 

 

Edmund Ignatius Rice

1762-1844

 

Né le 1er juin 1762 à la ferme de Westcourt, Callan (Kilkenny, Irlande), Edmund s’appelait en gaélique Eamann Iognáid Ris. Ses parents s’appelaient Robert Rice et Margaret Tierney.

Quatrième de sept enfants, Edmund avait aussi deux demi-sœurs, filles du premier mariage de Margaret.

A cette époque, les catholiques irlandais étaient sous le joug de la loi anglaise anti-catholique,  de sorte que l’’éducation qu’il reçut se fit à la maison, grâce à la présence d’un religieux augustin, le frère Patrick Grace. Puis Edmund fréquenta une école secondaire à Kilkenny.

Ayant travaillé comme apprenti chez son oncle Michael, il en hérita des activités commerciales à sa mort (1785). Le commerce prospéra, et Edmund se maria. Son épouse pourrait être Mary Elliott.

La jeune épouse d’Edmund mourut cependant d’un accident de cheval, après quatre ans de mariage : sur son lit de mort, elle accoucha d’une petite fille, Mary, qui fut légèrement handicapée.

L’épreuve conduisit Edmund à s’orienter vers l’éducation parmi la jeunesse, mais plus particulièrement de la jeunesse pauvre.

Il remit son affaire commerciale à un autre Catholique, certain Mr.Quan, et conçut le projet de préparer des maîtres pour ces jeunes.

En 1802, il réunit des jeunes gens dans sa maison de Mount Sion (Waterford) : ce sera le noyau fondateur des Frères Chrétiens ou Frères de la Présentation. Une maison fut construite pour eux à Waterford, qui fut bénie par l’évêque en 1803.

En 1808, Edmund et quelques collaborateurs émirent les vœux de religion ; c’est là qu’il prit le nom de Ignatius ou Iognáid. C’était le premier cas d’un institut masculin en Irlande, et fondé par un laïc.

Ces laïcs enseignèrent, mais aussi nourrirent et vêtirent les jeunes qu’ils reçurent.

Leur devise était tirée du livre de Job : Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris, que le nom du Seigneur soit béni éternellement (Job 1:21).

La fondation eut un très grand succès, et se développa dans toute l’Irlande. Mais une des difficultés était que les Frères dépendaient de l’évêque local, de sorte qu’Edmund chercha à obtenir de Rome l’approbation, pour pouvoir rester indépendant. Cette approbation se fit dans les années 1820 : Edmund fut le premier Supérieur général de l’Œuvre.

On pourrait se demander comment cette œuvre catholique put à ce point se développer, dans le contexte anti-catholique anglais de l’époque. C’est qu’il fut fortement appuyé par un politicien, Daniel O’Connell.

Lors d’un chapitre général, convoqué en 1838, Edmund laissa la direction de l’œuvre à  Michael Paul Riordan.

Il se retira alors dans la maison du Mount Sion, d’où on le voyait sortir chaque jour pour une  petite promenade, mais sa douloureuse arthrite l’obligea finalement à accepter un fauteuil roulant.

A Noël 1841, la santé d’Edmund sembla vraiment compromise, mais ce ne fut pas encore la fin. Il dut vivre de plus en plus retiré dans sa chambre, dans un état proche du semi-coma perpétuel, qui dura jusqu’en août 1844.

A cette date, il y avait déjà onze écoles en Irlande, autant en Angleterre, une en Australie, et on en demandait aux Etats-Unis et au Canada.

Edmund mourut le 29 août 1844. Sa cause de béatification traîna un peu, et fut vivement encouragée par un certain Giovanni Battista Montini (futur pape Paul VI) en 1957.

Le miracle retenu pour cette béatification fut, en 1976, la guérison totale et inexplicable d’un homme qui, selon les médecins, n’avait plus que deux jours de vie, après des complications dues à une gangrène du colon. 

Edmund Rice fut béatifié en 1996.

 

 

Jeanne Jugan

1792-1879

 

Jeanne naquit au hameau des Petites-Croix (Cancale, Ille-et-Vilaine) le 25 octobre 1792, cinquième enfant d’un marin-pêcheur, Joseph Jugan et de Marie Horel.

Elle fut baptisée le jour-même de sa naissance. Pour être née aux Petite-Croix, Jeanne recevra beaucoup de grandes croix.

Elle avait quatre ans lorsque son père mourut en pleine mer, comme cela arrive à beaucoup de pêcheurs.

Elle reçut la Première communion en 1801 (ou 1803), juste après le concordat.

Elle entra ensuite au service de la vicomtesse de la Chouë à Saint-Coulomb, proche de Cancale, comme aide-cuisinière.

En 1810, elle avait dix-huit ans et fut demandée en mariage par un jeune marin, mais demanda le temps de réfléchir. Finalement, six ans plus tard, elle renonça définitivement au mariage, affirmant que Dieu la voulait pour lui, la gardait pour une œuvre qui n’est pas connue, pour une œuvre qui n’est pas encore fondée.

Cette œuvre débutera quelques années plus tard, comme voulue par Dieu.

Jeanne quitta Cancale pour Saint-Servan (Saint-Malo) en 1817 et travailla à la pharmacie de l’hôpital. En 1823, trop fatiguée, elle se mit au service de Mademoiselle Lecoq, avec laquelle elle prie et visite les pauvres de la paroisse. Elle entre au Tiers-Ordre du Sacré-Cœur.

Vers 1838, elle loue un petit appartement avec une autre amie, Françoise Aubert, dite Fanchon. C’est dans cet appartement qu’elle reçut une pauvre femme aveugle et infirme, à qui elle donna son lit : voilà le début de l’œuvre !

Les personnes recueillies se multiplièrent, que Jeanne appelait les membres souffrants de Jésus-Christ, mais aussi les bonnes volontés qui voulaient aider Jeanne Jugan. La communauté se forme.

En 1842, est établi un premier règlement, inspiré de l’Ordre hospitalier des Frères de saint Jean de Dieu, dont Jeanne devient la Supérieurek avec le nom de Marie de la Croix. Ses compagnes prennent le nom de Servantes des Pauvres.

Réélue en 1843, elle est déposée par l’abbé Le Pailleur (qui avait encouragé la fondation), qui sait pourquoi. Jeanne se soumet humblement, mais continue son travail de Fondatrice, ouvrant d’autres maisons. On commence de parler d’elle : l’Académie française lui décerne le prix Montyon, les journalistes écrivent des articles.

En 1844, les Religieuses adoptent le nom de Sœurs des Pauvres, pour prendre en 1849 celui de Petites Sœurs des Pauvres.

En 1847, elle n’est pas même invitée au chapitre général.

En 1852, sur l’autorité du sévère abbé Le Pailleur, Jeanne est définitivement rabaissée au rang de simple sœur, reléguée au noviciat de Saint-Pern, où elle-même dit aux jeunes novices que le «Fondateur» est cet abbé Le Pailleur. Les novices, évidemment, ne comprennent rien à cette situation, mais ont tout de même une grande admiration pour cette vieille Religieuse, si douce, si discrète, si souriante.

Une des réflexions de Jeanne était : Il faut toujours être de bonne humeur, nos vieillards n’aiment pas les figures tristes !

Jeanne s’éteint le 28 août 1879, dans ce noviciat La Tour Saint-Joseph (Saint-Pern), à presque quatre-vingt-sept ans, dont vingt-sept passées dans l’épreuve de l’humiliation.

A cette date, il y avait déjà plus de cent maisons, et pas seulement en Europe. La congrégation se développera mondialement, avec des maisons sur les cinq continents. Les Sœurs sont près de trois mille.

Peu à peu, la vérité éclatera au grand jour ; dès 1902, Jeanne Jugan sera reconnue Fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres. Elle sera béatifiée comme telle en 1982, et canonisée en 2009. Même au Martyrologe, il est précisé qu’elle fut inique eiecta, injustement mise dehors.

Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison totale et inexplicable d’un médecin américain, malade d’un cancer à l’œsophage, après une neuvaine à la bienheureuse Jeanne Jugan.

Jeanne Jugan est commémorée le 29 août au Martyrologe.

 

 

Ya’Qūb Melkī

1858-1915

 

Ya’Qūb vit le jour en 1858 à Kalaat Mara (Mardin, Turquie ottomane), dans une famille orthodoxe syriaque.

En 1868, il entra au monastère de Saffron, où il étudia la théologie, ainsi que les langues syriaque, arabe et turque. Il devait déjà les parler, mais il les approfondit.

En 1878, il fut ordonné diacre et chargé de cours dans l’école du monastère.

Son étude, son amour de la Vérité, le poussèrent à se rapprocher de l’Eglise catholique. Il rejoignit le monastère syro-catholique de Charafe en 1879. En 1883 il fut ordonné prêtre à Alep et fit partie de la communauté Fraternité de Saint-Ephrem. Il prit le nom de Flavien Michel (Flaby’anūs Mykh’ayl).

Pendant une douzaine d’années, il exercera le ministère pastoral dans divers villages de Tur Abdin, mais en 1895, un courant anti-catholique aboutira au saccage et à l’incendie de son église et de son presbytère ; sa mère  fut assassinée ainsi que divers membres de la paroisse.

Courageusement, les années suivantes, il collaborera à la reconstruction de ces villages.

Son activité était appréciée ; en 1897, il fut nommé chorévêque et vicaire épiscopal de Mardin et Gazarta (actuelle Czire).

En 1899 il fut nommé éparque de Gazireh ; en 1913, il fut consacré évêque.

En été de 1915, Mgr Melkī tenta par tous les moyens de protéger les populations menacées de massacre. Il revint d’urgence à Gazarta prévenir les chrétiens de s’enfuir à temps, car beaucoup avaient refusé de partir, malgré les avertissements des dirigeants locaux. Mgr Melkī vendit tout ce qu’il avait de précieux, même des ornements liturgiques, pour aider les plus pauvres.

On lui conseilla de s’enfuir ; il refusa d’abandonner ses brebis en danger.

Le 28 août 1915, il fut arrêté avec l’évêque chaldéen Philippe-Jacques Abraham. Sommés de passer à l’Islam, ils choisirent le martyre. Mgr Abraham fut abattu d’un coup de fusil ; Mgr Melkī fut battu jusqu’à perdre connaissance, puis fut décapité à Czire, le 29 août 1915.

 

Un siècle plus tard, jour pour jour, Mgr Flavien-Michel Melkī fut proclamé bienheureux.

 

María Dolors 0ller Angelats

1869-1936

 

Elle était née le 17 septembre 1869 à Banyolas (Girona, Espagne), aînée des quatre enfants de Lorenzo et Margarita. Son frère Salvador fut Religieux mariste.

Entrée une première fois chez les Sœurs de Saint-Joseph de Girona, elle quitta le noviciat, mais y revint en 1892 et elle prit le nom de Fidela. Elle fit la profession en 1894.

En 1911, elle fut envoyée à la maison de Malgrat de Mar (Barcelone), comme Supérieure de la communauté qui gérait l’hôpital.

En 1918, elle fut Supérieure à Camprodon (Gerona) ; puis elle sera transférée à Palamós (1921), enfin à Gandia (1926) pour y fonder une nouvelle communauté dont elle serait Supérieure.

Le 28 août 1936, on la jeta en prison, puis on la fit monter dans un camion qui partit sur la route de Valencia.

Elle fut martyrisée au lieu-dit Cantera de Xeresa (Valencia), le 29 août 1936.

Son martyre fut reconnu en 2015, année de sa béatification.

 

José Almunia López-Teruel
1870-1936

Né le 18 mars 1870 à Tíjola (Almería), plus jeune de onze ans que son aîné Alfredo, José reçut avec ce dernier la Confirmation, puis le suivit au séminaire d’Almería (1883). Ses études furent très brillantes.

Ordonné prêtre en 1893, il fut vicaire à Sainte-Marie d’Albix et aumônier des Filles de Marie ; il poursuivit ses études à Grenade, où il obtint un doctorat en théologie dès 1894. On lui confia aussi un enseignement à Vera. En 1896, il fut curé de Níjar, sans arrêter encore ses études : licence de droit canonique (1906), licence de droit civil (1909). Dans la même paroisse, il fonda l’Adoration nocturne (1911).

Cette même année, il fut transféré à Cuevas del Almanzora, où il fit construire patiemment la deuxième tour de l’église.

Au moment de la persécution de l’été 1936, sa famille le convainquit de venir se réfugier à Almería ; c’était sans compter sur la sagacité des miliciens : ceux de Cuevas vinrent trouver le bon Curé là où il se cachait, le 28 août. Don José était assez malade et sa famille chercha à s’opposer à son enlèvement. Un des miliciens cependant, qui avait reçu le Baptême et la Communion des mains du Prêtre, le rassura, lui promettant qu’il n’allait rien lui arriver de mal.

Ils le firent monter en voiture et, parvenus au pont de Rioja, lui dirent de descendre. Don José ne voulait pas : alors on lui tira une balle et on le tira à terre. Les miliciens se mirent à fumer, puis lui tirèrent vingt-huit balles. Enfin, celui d’entre eux qui avait refusé de tirer sur ce bon Prêtre, fut contraint par les autres de lui tirer un trentième coup.

Le frère de josé, Alfredo, devait être fusillé le 18 octobre suivant.

Martyrisé le 29 août 1936 et béatifié avec son frère en 2017, José Almunia López-Teruel sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 29 août.

 

 

Pedro de Asúa y Mendía

1890-1936

 

Pedro vit le jour le 30 août 1890 à Balmaseda (Bilbao, Pays Basque espagnol), cinquième des six enfants de Isidro et Francisca. Isidro était avocat, et avait combattu dans les rangs carlistes.

L’oncle de Pedro avait fait fortune au Mexique et avait bien aidé la famille, très chrétienne.

Il étudia chez les Filles de la Croix, puis chez les Jésuites à Orduña.

Bachelier, il alla étudier l’architecture à Madrid et fut diplômé en 1915. A Madrid, il connut l’Adoration nocturne.

En 1917, il promut l’Adoration nocturne à Balmaseda avec trente-cinq hommes de cette localité. Il encourageait ses confrères par des exhortations chaleureuses et fraternelles.

Il se décida en 1919 à entrer au séminaire, et fut ordonné prêtre en 1924.

C’est lui qui fut chargé de la construction du nouveau séminaire de Vitoria (Gasteiza) ; durant ce chantier, les ouvriers disaient de lui que c’était un saint. Un ouvrier français qui y travaillait, protestant, reconnut que la religion qui a formé cet homme, est certainement la vraie.

Par la suite, il fut chargé de superviser les édifices diocésains, de les restaurer, d’en construire de nouveaux, ce qui le contraignit à se déplacer souvent, sans pour autant oublier sa première passion : l’adoration, la prière, et la formation des jeunes et l’Action Catholique, l’assistance des pauvres.

La veille de son anniversaire, le 29 août 1936, il fut arrêté par des miliciens révolutionnaires, et l’on ne sut plus rien de lui. On retrouva plus tard son cadavre à Liendo (Cantábria). On retrouva aussi un de ses assassins, qui raconta qu’il mourut en disant : Je vous pardonne.

Ce martyr fut béatifié en 2014.

 

 

Josep Maria Tarín Curto

1892-1936

 

Josep Maria vint au monde le 6 février 1892 à Santa Bárbara (Tarragona, Espagne).

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

 

Il reçut la palme du martyre à Tortosa (Tarragona) le 29 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Josefa Monrabal Montaner

1901-1936

 

Elle était née le 3 juillet 1901 à Gandía (Valencia, Espagne) et entra chez les Sœurs de Saint-Joseph de Girona, où elle fit la profession en 1931.

Elle fut envoyée soigner les malades à Villareal.

On l’entendit dire clairement qu’elle avait un grand désir d’être martyre, d’offrir sa vie pour la conversion des pécheurs et le salut de l’Espagne.

Elle fut martyrisée à Gandía-Xeresa (Valencia), le 29 août 1936.

Son martyre fut reconnu en 2015, année de sa béatification.

 

 

Constantino Fernández Álvarez

1907-1936

 

Né le 7 novembre 1907 à La Vecilla de Curueño (León, Espagne), Constantino entra à l’école apostolique dominicaine de Solsona (Lérida), sur le conseil et l’exemple de son oncle, le père Ramón Fernández Tascón, et aussi d’un de ses frères, Ramón.

En 1924, il passa au couvent de Valencia, où il montra une grande aptitude à l’étude.

En 1929, il reçut le sacerdoce et fut envoyé à la faculté romaine de l’Angelicum, où il reçut le doctorat en théologie, avant d’y enseigner à son tour.

De retour à Valencia, il y enseigna la théologie morale et écrivit abondamment. Il fut nommé procureur du couvent de Valencia.

Lors de la révolution de 1936, alors qu’il passait quelques jours de vacances dans sa famille, il voulut rejoindre son couvent. Le 19 juillet, il dut quitter le couvent pour se réfugier chez une famille amie. Il fut arrêté au seuil d’une maison où il s’apprêtait à aller célébrer la messe, et incarcéré à la prison Modelo. Il tenta de faire valoir son titre de professeur à Rome pour être libéré ; même l’ambassadeur d’Espagne à Rome reconnut qu’à Valencia, on ne peut rien obtenir. Il tenta cependant d’intervenir, mais ce fut en vain.

Un soir, une étrangère (mais tertiaire dominicaine) vint faire visite aux prisonniers, et leur lut (en latin) cet avis (qui devait passer pour une prière aux yeux des gardiens) : 

Monitum : Si concedetur tibi libertatem tempore nocturno, ne egrediaris continuo ex carcere, sed sub quocumque prætextu exspecta usque ad mane, quia tunc pervenies securius ad domum nec ita facile incurres inimicorum insidias, ce qui signifiait : 

Avis : Si on te met en liberté de nuit, ne sors surtout pas tout de suite, sous aucun prétexte, mais attends le matin, pour rejoindre plus sûrement la maison et éviter de tomber aux mains des persécuteurs.

L’avis fut entendu par les prêtres présents, qui le répétèrent aux autres dès que possible. Mais le père Constantino n’eut pas même le temps d’en tenir compte.

Dans la prison, la bibliothèque était gérée par un prêtre diocésain (qui put échapper à la mort). C’est par lui qu’on apprit qu’il faisait porter au père Constantino des livres de Droit canonique, dans l’un desquels il lui fit passer une Sainte Hostie, au matin du 29 août.

Ce fut son viatique. Le soir même, on l’exécuta, aux environs de Valencia, à Cuart de Poblet ; il n’avait pas même vingt-neuf ans.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Francisco Monzón Romeo

1912-1936

 

Francisco naquit le 29 mars 1912 à Híjar (Teruel, Espagne), dans une famille très chrétienne.

En 1925, il entra à l’école apostolique dominicaine de Calanda, prit l’habit à Valencia en 1928, étudia la théologie à Valencia et Salamanque, où il fut ordonné prêtre le 3 mai 1936.

L’été suivant, il se trouvait pour une brève période de vacances chez les siens, quand éclata la révolution de juillet.

Pour ne pas compromettre la famille, il errait par les champs durant la journée, recevant chaque jour un bol de lait chaud que lui apportait son petit frère Miguel, futur prêtre.

Le 24 août, des miliciens firent irruption dans la maison et, pointant le fusil contre la mère du prêtre, la menacèrent : Vous nous dites où se trouve votre fils, ou je tire. Pour une fois, ils disaient «vous». Mais la maman ne répondit rien.

Quelques heures après, ils revinrent et promirent au papa que, si leur fils se rendait, il ne lui arriverait rien. Le papa tomba dans le piège, les conduisit, et ils arrêtèrent le père Francisco.

Le lendemain 29 août 1936, en fin d’après-midi, ils proposèrent au père Francisco une promenade en voiture ; parvenus au terrain de football, ils le firent descendre.

Ses dernières paroles furent : Mon Dieu ! Jésus-Christ a versé son sang pour moi ; maintenant, je le verserai pour Lui.

On le bouscula violemment et il reçut plusieurs balles dans le dos, qui mirent fin à cette toute jeune vie sacerdotale : le père Francisco avait vingt-quatre ans, et un peu plus de cent jours de sacerdoce.

On retrouva l’endroit du martyre grâce à une forte et mystérieuse lumière, mais la famille ne put obtenir la permission de récupérer le corps, qui fut enterré dans la fosse commune. Plus tard seulement, on put le transférer à Saragosse.

Le père Francisco Monzón a été béatifié en 2013.

Dominik Jędrzejewski

1886-1942

 

Il naquit le 4 août 1886 à Kowal (Pologne), cadet des six enfants d’Andrzeja et Katarzyny Zakrzewski.

A l’époque, on fêtait saint Dominique le 4 août (aujourd’hui le 8 août).

Après ses études secondaires, il entra au séminaire de Włocławu et fut ordonné prêtre en 1911.

Il fut successivement vicaire à Zadzimia (Sieradza), Poczesna (Częstochowa), Kalisz. En 1919-1920, il cumulait l’apostolat à la paroisse de Turku, l’aumônerie à la prison et la direction de l’école. Puis il fut nommé à Gosławice (Konin).

Dès le début des combats de la Deuxième guerre mondialeł, il fut arrêté, le 26 août 1940.

Emmené d’abord au camp de transit de Szczeglinie, il fut transféré au camp de concentration de Sachsenhausen (avec le numéro 29935), puis celui de Dachau, où l’on expédiait tous les prêtres.

Il arriva à Dachau le 14 décembre 1940, où on l’immatricula avec le numéro 22813.

On lui proposa le honteux marchandage de recouvrer la liberté, s’il renonçait à son sacerdoce, ce qu’il refusa évidemment.

Il mourut d’épuisement, conséquence du travail qu’on lui imposait dans le camp. Juste avant de mourir, il confia à un Confrère : Lorsque vous sortirez de ce camp, allez à Gosławice, voir mes paroissiens et dites-leur que j’ai offert ma vie pour eux.

C’était le 29 août 1942, l’abbé Dominik venait d’avoir cinquante-six ans.

Il a été béatifié en 1999. 

 

 

Janina Szymkowiak

1910-1942

 

Janina vit le jour le 10 juillet 1910 à Możdżanów (Ostrów, à la frontière entre la Pologne et la Silésie), petite sœur des quatre garçons déjà nés dans le foyer de Augustyn et Maria, des parents aisés et très croyants.

Les garçons s’appelaient Marian, Eric (futur prêtre), Zbigniew et Mieczyslaw.

Le papa disait que sa fille était le directeur de son âme, car pour toute situation elle pouvait lui trouver un verset approprié de l’Imitation de Jésus-Christ.

La maman fut une femme forte et travailleurse ; elle apprit à lire et écrire à ses enfants dans sa propre langue (polonaise), et leur fit étudier la littérature, l’histoire, les chants patriotiques. 

Lors des tensions polono-allemandes, le père et son aîné n’hésitèrent pas à distribuer des tracts de propagande anti-allemande, ce qui leur valut de la prison et les contraignit ensuite à déménager.

Janina (ou Janka) fréquenta reçut la Première communion en 1922, la Confirmation l’année suivante. 

Elle fréquenta trois ans l’école primaire allemande, puis le lycée. Après le baccalauréat (1928), elle fréquenta l’université de Poznań, à la faculté de Langues et Littérature étrangère.

Ce fut une jeune fille pieuse, fidèle, fervente. Elle fit partie des Enfants de Marie, transmettant discrètement à ses camarades sa joie de vivre. Devenue adulte, elle prit du temps pour aider les faibles, les pauvres, trouvant sa force intérieure dans l’Eucharistie. Douée en musique et en peinture, elle jouait du piano, elle peignait et décorait ; les collègues d’enseignement venaient volontiers lui parler de leurs problèmes, car elle avait un bonne parole et un sourire pour chacun.

Une de ses lectures de choix était l’Histoire d’une Ame, de sainte Thérèse de Lisieux.

Au cours de l’été 1934, elle fit un stage à Montluçon chez les Sœurs Oblates du Sacré-Cœur, pour se perfectionner en français et en profita pour aller à Lourdes : c’est là qu’elle se décida à manifester la vocation religieuse qu’elle sentait en elle depuis déjà longtemps.

Sa famille ne lui facilita pas sa démarche et chercha même à l’en dissuader, dans l’intention de la garder pour tenir la maison ; mais l’intervention de son oncle calma les esprits : il l’orienta en 1936 chez les Filles de Notre-Dame des Douleurs ou Moniales Séraphiques, à Poznań.

C’est là qu’elle prit le nom de María Sancja.

Ce fut une Religieuse très humble, très obéissante, profondément unie à la volonté divine, toujours disponible pour les tâches les plus humbles. Elle fut portière, traductrice, professeur…

Après sa première profession en 1938, elle fut chargée des enfants d’un orphelinat à Poznań. Elle commença aussi un cours de pharmacie, interrompu à cause de la guerre.

Son frère Eric, le prêtre, mourut alors à Varsovie.

Durant l’occupation allemande pendant la Deuxième guerre mondiale, elle refusa de revenir chez les siens, pour demeurer parmi ses Consœurs au couvent.

Les Allemands imposèrent aux Religieuses d’abriter des prisonniers français et anglais. La Sœur Sancja conservait son sourire et transmettait la paix. Elle fut très précieuse comme interprète auprès des prisonniers français et anglais, qui la surnommèrent ange de bonté ou encore tout simplement sainte Sancja. Elle leur passait de la nourriture en cachette, elle procurait aux prêtres le nécessaire pour célébrer la Messe, tout cela à ses risques et périls.

L’excès de travail et les pénibles conditions de vie lui provoquèrent bientôt une pénible forme de tuberculose au larynx, lui causant des douleurs extrêmes qu’elle offrit à Dieu avec grande sérénité.

Avec joie, elle put émettre les vœux perpétuels le 6 juillet 1942, et s’envola vers l’Epoux céleste le 29 août 1942, à seulement trente-deux ans.

Elle fut béatifiée en 2002.

Le miracle examiné pour cette béatification, fut la guérison inexplicable d’un nouveau-né, une petite fille à qui les médecins n’accordaient aucune chance de survie.

 

 

Rose de Eluvathingal Cherpukaran

1877-1952

 

Fille de Antony et Kunjethy de Eluvathingal Cherpukaran, elle naquit le 17 octobre 1877, dans la contrée de Kattoor, actuel diocèse de Irinjalakuda (Inde) et reçut le nom de Rose au baptême, le 25 octobre suivant. Les parents étaient des cultivateurs aisés.

Sa mère, une pieuse femme, lui fit lire la vie de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et la petite Rose fit dès l’âge de neuf ans le vœu de chasteté, après avoir reçu une apparition de la Vierge Marie.

A douze ans, Rosa voulait entrer chez les religieuses, mais son père s’y opposait vigoureusement, préférant la marier dans une famille riche ; mais la mort soudaine de sa petite sœur, ajoutée à toutes les prières et mortifications qu’elle s’imposait, permirent à Rose de faire changer d’avis son père, qui l’accompagna lui-même au couvent des religieuses carmélites en 1888 : elle entra comme pensionnaire chez les religieuses de la congrégation de Notre-Dame du Carmel, à Koonammavu, bientôt transférées à Ambazhakkad (sur cette congrégation, voir la note ci-dessous).

Rose eut de fréquents accès de maladie, au point que les religieuses pensèrent la renvoyer chez elle, mais une nouvelle apparition, de la Sainte-Famille cette fois-ci, lui rendit la santé.

Le 10 mai 1897 Rose entra dans la communauté comme postulante, sous le nom de Euphrasia du Sacré-Cœur de Jésus.

Sœur Euphrasia émit les vœux solennels en 1900, quand s’ouvrit le couvent de Sainte-Marie à Ollur (près de Trichur) : c’est là qu’elle vivra pendant quarante-huit ans.

Maîtresse des novices en 1904, elle fut élue supérieure en 1913 : elle n’accepta la charge qu’après avoir installé au centre du couvent une statue du Sacré-Cœur, à qui elle confia sa charge de Mère Supérieure. Elle priait beaucoup : pour tous, c’était “la mère priante”. 

Elle était en constante union avec le Saint-Sacrement, les religieuses elles-mêmes l’appelaient le “tabernacle ambulant” : comme la sainte Messe n’était pas souvent célébrée dans le couvent, elle passait des heures devant le Tabernacle, pour adorer, aimer et consoler le Christ. C’était la référence de toute son activité spirituelle et pastorale.

L’autre pôle de sa dévotion était le Christ crucifié. Elle embrassait souvent le Crucifix, lui adressant les mots que lui suggérait sa foi profonde. Intérieurement elle souffrait intensément en union avec la passion de Notre-Seigneur. D’après les lettres qu’elle écrivit par obéissance à l’évêque, elle fut favorisée de la grâce du “mariage spirituel” avec Notre-Seigneur, une grâce mystique rare. Elle eut des visions célestes, et aussi des attaques de l’Esprit Malin.

Elle priait le rosaire entier chaque jour, méditant sur la vie de Notre-Seigneur et celle de Marie.

Elle s’imposait une vie de mortification et pendant longtemps eut un régime totalement végétarien, sans viande ni poisson, sans lait ni œufs, et ne prenant qu’un repas quotidien.

Unissant la vie contemplative à l’active, elle était à l’écoute des nécessités de tous ceux et celles qui venaient lui demander de prier, pour un problème de famille, pour un examen, pour une guérison, pour une assistance économique… On a pu remarquer qu’elle n’accusait ni ne critiquait jamais personne.

Tout ce qu’on sait de sa vie intime et mystique provient des lettres qu’elle écrivit à son évêque ; elle lui demandait de les détruire, mais providentiellement, l’évêque considéra de son devoir de conserver précieusement ces documents, grâce auxquels on put bientôt faire connaître mieux cette grande Âme.

Humble et effacée, mère Euphrasia avait offert sa vie comme sacrifice d’amour pour Dieu et mourut le 29 août 1952.

Ayant été béatifiée en 2006, elle n’est pas encore inscrite au Martyrologe de ce jour : une prochaine édition s’en chargera.

La bienheureuse Eufrasia devait être canonisée en 2014.

 

Note. La congrégation de Notre-Dame du Carmel avait été érigée en 1866 par le bienheureux Kuriakose Elias Chavara (voir au 3 janvier) et le père Leopoldo Beccaro, des Carmes Déchaux. C’était le premier institut féminin qui apparaissait dans l’Église de rite syro-malabar ; considéré d’abord comme tiers-ordre du Carmel, l’institut est de droit pontifical depuis 1967.

Le rite syro-malabar remonte aux premières communautés fondées par l’apôtre saint Thomas lui-même, dans l’Inde du sud-ouest (État de Kerala). Rattachée à l’Eglise de Perse, elle en adopta la langue et le rite syriaques. Les Portugais crurent nécessaire de latiniser de force ces chrétientés, allant jusqu’à brûler les livres de l’ancienne Église locale ; beaucoup alors passeront sous la juridiction orthodoxe. Ce n’est qu’au 20e siècle que l’Eglise rétablit une hiérarchie syro-malabare catholique propre.

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