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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 23:00

30 AOUT

 

IV.

S Felix et Adauctus, deux martyrs romains très célèbres et inconnus.

S Philonide, évêque à Kourion : pour échapper à des sodomites, il se jeta d'une hauteur.

SS Boniface et Thècle, époux martyrs à Hadrumète, parents de douze enfants martyrs.

?

Ste Gaudentia, vierge martyre à Rome.

V.

S Pammachius, grand ami et camarade d'études de s. Jérôme, ancien sénateur, veuf, ascète.

S Gaudens, berger de treize ans martyr en Comminges.

VI.

S Rumon, évêque à Tavistock.

S Modan, évêque en Irlande (VII.?).

VII.

S Agilus, probablement franc-comtois, oblat à Luxeuil, abbé à Rebais après avoir refusé l'évêché de Langres.

S Fiacre, moine irlandais, ermite à Breuil, patron des jardiniers et des maraîchers, invoqué contre les hémorroïdes ou "mal de Saint Fiacre" ; à sa prière naquit le futur Louis XIV ; les "fiacres" doivent leur nom à la statue du Saint qui se trouve sur l'hôtel Saint-Fiacre de Paris, d'où partaient les taxis parisiens, les "carrosses à 5 sols de l'heure", institués en 1640.

VIII.

Ste Ameltrude, vierge vénérée à Jumièges.

X.

S Fantino le Jeune, moine calabrais, chassé par les Sarrasins, retiré à Thessalonique.

Bse Ritza, vierge à Coblentz.

XI.

S Bononius, jeune bénédictin bolognais, ermite près du Caire, abbé à Lucedio.

S Pietro, ermite et prédicateur, mort à Trevi.

XVI.

Ste Margaret Ward, laïque anglaise martyre à Tyburn.

Bx Richard Leigh, Edward Shelley, Richard Martin, John Roche et Richard Flower, martyrs à Tyburn ; le premier était prêtre ; John Roche avait échangé ses vêtements avec ceux d'un prêtre que ste Marguerite Ward avait aidé à s'évader ; ils furent béatifiés en 1929, sauf Richard Flower en 1987.

XVII.

B Giovanni Giovenale Ancina, ami de s. François de Sales, médecin à Rome, oratorien, évêque à Saluces, charge qu'il bouda pendant cinq mois ; il sera empoisonné par un religieux dont il avait arrêté les machinations contre une communauté. 

XIX.

Bse María Rafols Bruna, espagnole, fondatrice des Sœurs de la Charité de Sainte-Anne, dévouée aux malades et enfants abandonnés ; elle subira même injustement la prison ; béatifiée en 1994.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 1993 :

Evêques : Manuel Medina Olmos (*1869), à Guadix ; Diego Ventaja Milán (*1880), à Almeria, tous deux martyrisés à Almería ;

Lassalliens : Isidoro Primo Rodríguez (Edmigio, *1881), Justo Zariquiegui Mendoza (Amalio, *1886) et Marciano Herrero Martínez (Valerio Bernardo, *1909), près d'Almería.

- béatifiés en 2001 :

Capucins : José Ferrer Adell (Joaquín de Albocácer, *1879), prêtre, près de Castellón ; 

Capucins amigoniens : Vicente Cabanes Badenas (*1908), prêtre, à Bilbao ; 

- béatifiés en 2007 :

Dominicains : Nicasio Romo Rubio (*1891), profès, à Madrid ; 

Augustins : Antonio María Arriaga Anduinza (*1903), clerc, près de Madrid ;

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : Joan Tomás Gibert (*1902), près de Lleida ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : Carles Canyes Santacana (Marçal, *1917), jeune profès, près de Barcelone.

 Yusuf Nehmé (1889-1938), benjamin de sept enfants, moine maronite libanais, béatifié en 2010.

B Humbert (Eustaquio) van Lieshout (1890-1943), huitième de onze enfants, hollandais, des prêtres des Sacrés-Coeurs, actif au Brésil, béatifié en 2006.

B Alfredo Schuster (Ildefonso, 1880-1954), bénédictin, abbé à Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, évêque à Milan ; il fera cinq fois la visite totale des neuf-cents paroisses ; son successeur sera Giambattista Montini (futur Paul VI) ; béatifié en 1996.

Felix et Adauctus de Rome
† 303

Felix était probablement un prêtre, qui fut condamné à mort pour sa foi, sous Dioclétien.
Après avoir été torturé, il fut conduit là où il devait être décapité, sur la Via Ostiense.
Tandis qu’on l’y conduisait, un autre Chrétien s’approcha en proclamant hautement sa foi : il fut décapité avec Felix.
On ne connaissait pas le nom du «compagnon» de Felix : on lui donna celui de Adauctus, ajouté, ayant été adjoint au martyre de Felix.
On ne connaît rien de plus sur ces deux Martyrs, qui cependant furent très célèbres et très honorés.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Felix et Adauctus au 30 août.


Pammachius de Rome
† 410

Par les nombreuses lettres de s.Jérôme (v. 30 septembre), on sait que Pammachius était son cher ami et ancien camarade d’études à Rome. Jérôme naquit en 347 et Pammachius pouvait avoir sensiblement le même âge.
Pammachius appartenait à l’une des familles les plus en vue dans la capitale romaine, les Furii ; il était parent de sainte Marcella (v. 31 janvier).
Il épousa Paulina, la seconde fille de sainte Paule (v. 26 janvier). Paulina souffrit de plusieurs fausses couches et mourut prématurément, à la fin du 4e siècle.
Avant comme après ce veuvage, Pammachius s’employa généreusement à soutenir la Vérité contre les erreurs qui se répandaient. Tout en correspondant avec s.Jérôme, il combattit un certain Jovinien, moine qui soutenait que le baptême mettait tous les Chrétiens sur le même plan, sans distinction de mérites, et donc excluant l’utilité de toute ascèse pour se sanctifier ; Pammachius en référa au pape Sirice. Dans la querelle sur l’origénisme, Pammachius soutint ardemment les efforts de s.Jérôme pour faire triompher la Vérité. Il s’employa aussi à ramener à l’orthodoxie des donatistes, victoire pour laquelle s.Augustin (v. 28 août) le félicita chaleureusement (fin 401).
Devenu veuf, Pammachius, qui était fort riche, adopta un style de vie très ascétique. Il vêtit une simple bure de couleur foncée et supporta gaiement les railleries qu’elle lui occasionna de la part de ses connaissances. S.Jérôme lui dédia des commentaires sur les Prophètes (Abdias, Osée, Joël, Amos, Daniel).
Pammachius s’associa avec une sainte femme romaine, Fabiola, pour fonder à Ostie un hospice en faveur des pèlerins pauvres et malades. 
De lui, s.Jérôme écrivit : Il ne s’est pas contenté de donner à Dieu son argent ; il s’est donné lui-même.
Pammachius avait sur le mont Celius une grande propriété, qu’il agrandit ; les Chrétiens pouvaient s’y réunir.
Le 24 août 410, les hordes d’Alaric mirent à sac la ville de Rome ; Pammachius mourut quelques jours plus tard.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pammachius au 30 août.

 

Agilus de Rebais

583-650

 

Agilus - en français courant Ayeul ou Aile ou Y - était d’origine franc-comtoise et naquit vers 583 à Port-sur-Saône, d’Arnoald et de Deutérie. Arnoald était membre de la cour de Childebert II.

Enfant, il eut l’occasion d’être présenté à s.Colomban (v. 23 novembre), qui le bénit.

Vers 594, il entrait à l’abbaye de Luxeuil, comme oblat, c’est-à-dire «offert» à Dieu par ses parents.

On sait qu’il accompagna s.Eustase (v. 2 avril) durant ses missions évangélisatrices dans le Jura, en Bavière, en Brie, en 612. 

Il aurait ensuite refusé l’évêché de Langres (628), mais aurait accepté la charge d’abbé dans le nouveau monastère de Jérusalem, que fondait s.Ouen (v. 24 août), ensuite appelé de Rebais (Meaux).

Formé à Luxeuil, Agilus fit adopter à Rebais la règle un peu mitigée de s.Benoît et de s.Colomban.

On rapporte qu’un jour, miné par la soif, il frappa la terre de son bâton et fit jaillir une source.

Agilus mourut vers 650, et fut très vite honoré comme Saint.

L’abbaye de Rebais fut vendue comme Bien national en 1792. Au siècle suivant, les bâtiments restants furent restaurés au profit d’un orphelinat, actuellement une maison de retraite.

Saint Agilus de Rebais est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fiacre ermite

† 670

 

Fefrus (en irlandais Fiachra) était vraisemblablement irlandais, et peut-être même fils de roi.

D’aucuns prétendirent qu’il y avait été évêque et qu’il voulut se retirer dans quelque solitude de Gaule. Il ne semble pas qu’on puisse accepter ce détail.

Il est attesté que Charles le Chauve fit don d’un terrain au lieudit Breuil, à trois milles de Meaux, à un certain Fefrus, qui ne peut être le nôtre, puisque Charles le Chauve vivait au 9e siècle. On trouve dans la vie de s.Faron († 670, v. 28 octobre) que cet évêque fit dont d’un terrain à Fiacre.

L’ermitage de Fiacre se développa en un petit monastère, qui donna naissance à la localité de Saint-Fiacre-en-Brie, mais il ne faudrait pas non plus en déduire que Fiacre fût abbé de ce monastère.

Il aurait été très actif à défricher son petit territoire et pouvait cultiver des fruits et des légumes dont il nourrissait et soignait les pauvres.

On ne connaît pas grand-chose de précis sur Fiacre, mais il fut immensément célèbre en France, en Belgique, jusqu’en Rhénanie. 

On raconta qu’une femme, jalouse de la sainteté et des miracles de Fiacre, tenta de le dénoncer comme sorcier ; on la renvoya simplement à sa quenouille et elle reçut le sobriquet de Becnaude, d’où dériva baguenauder, «dire des niaiseries».

On le prit comme patron des jardiniers, des bonnetiers ; on l’invoqua contre le fic-saint-Fiacre (sorte de tumeur), contre les hémorrhoïdes.

C’est au tombeau de saint Fiacre que recourut la reine Anne d’Autriche pour obtenir la naissance d’un dauphin ; mais rappelons que la même Reine recourut également à sainte Lucie de Verdun (v.19 septembre).

Il y eut à Paris une place devant l’hôtel Saint-Fiacre, où se trouvait une statue du Saint. De là partaient les carrosses à cinq sols, ancêtres des taxis. Telle fut l’origine des fiacres.

Saint Fiacre est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Fantino le Jeune

10e siècle

 

Il y eut un saint Fantinus (ou Phantinus), moine en Calabre, au 4e siècle et surnommé l’Ancien (v. 24 juillet).

Fantinus le Jeune semble avoir été aussi calabrais et moine basilien ; il devint abbé d’un monastère grec du Mercurion, une zone italienne entre Calabre et Lucanie. 

Il occupait cette charge avec renoncement, sa préférence étant bien plutôt orientée vers la solitude, la méditation, la prière silencieuse. On le connaissait pour son ascèse, ses jeûnes prolongés et fréquents.

Outre sa charge, il dut recevoir une foule de personnes qui recouraient à ses conseils paternels, à son exemple, à sa prière.

Une grande amitié le lia à un autre grand Saint basilien, Nil de Rossano (v. 26 septembre).

Les envahisseurs Sarrasins pillèrent le monastère, et Fantino se retira à Thessalonique, où il s’éteignit vers l’an 1000.

De lui, l’Eglise de Grèce affirme que Fantino fut l’une de ces personnalités qui unirent par leur existence des régions bien distinctes du monde chrétien.

Saint Fantino le Jeune est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bononius

951-1026

 

Bononius serait né vers 951 à Bologne, ville italienne dont le nom latin est Bononia. On n’a pas d’autre nom de lui ; il est et demeure «bolonais».

A quinze ans, il entra au monastère Saint-Etienne, qui abritait des Bénédictins, puis obtint en 976 la permission de l’abbé d’aller visiter les Lieux Saints.

Avant de s’embarquer à Venise, il rencontra un vénérable prieur de monastère, nommé Giorgio, qui lui conseilla d’aller trouver saint Romualdo ; Bononius suivi le conseil et fut assez édifié par le saint Fondateur pour lui demander d’être son disciple ; voilà donc notre bénédictin devenu camaldule ; quant au voyage en Terre Sainte, on y pensera plus tard.

Romualdo estima beaucoup son nouveau disciple, au point qu’au bout de vingt-deux ans, en 998, il le nomma abbé du nouveau monastère camaldule de Saint-Michel à Poggibonzi.

Quatre ans après, en 1002, Bononius se décida à effectuer son voyage en Terre Sainte ; sur le chemin du retour, le voyage passa par Alexandrie (Egypte), où il s’arrêta pour visiter des ermites proches du Caire. Il vécut aussi en ermite quelque temps avant de partir proclamer la Bonne Nouvelle dans les rues de la ville. Il réussit même à conquérir la faveur des autorités.

Repassant par Alexandrie, il apaisa par sa prière une violente tempête, ce qui amena à la foi beaucoup d’Infidèles.

Or, un soulèvement de Sarrazins au Caire engendra la destruction de l’église des Chrétiens ; ceux-ci furent vendus comme esclaves sur les marchés musulmans, avec l’évêque Pietro de Verceil qui allait lui aussi aux Lieux Saints. Bononius intervint auprès des autorités et obtint du sultan de faire reconstruire l’église détruite et libérer l’évêque et ses compagnons de captivité.

Le voyage ne fut pas vraiment direct : Bononius les accompagna du Caire à Constantinople, puis regagna la solitude du Mont Sinaï.

Mais en Italie, on ne l’avait pas oublié, ou peut-être l’évêque de Verceil parla de lui en rentrant dans son diocèse. Voilà qu’en 1012 on fit savoir à Bononius qu’on le nommait abbé du monastère de Lucedio (Piémont).

Bononius, obéissant, s’y rendit, tout en regrettant le désert. Mais un événement assez grave (qu’on ne connaît pas mieux) l’obligea de nouveau à se déplacer : il vint fonder un monastère en Toscane.

Successivement, le calme étant revenu, il réintégra en 1015 l’abbaye de Lucedio, et c’est là qu’il mourut, le 30 août 1026.

Son culte fut ratifié un an plus tard, en 1027.

La vie de Bononius fut mouvementée, mais l’homme était profondément religieux et silencieux dans l’âme ; même loin de l’ermitage, il était toujours avec Dieu.

 

 

Pietro de Trevi

† 1052

 

Pietro vit le jour à Rocca di Botte (Abruzzes, Italie C).

Quand, selon la coutume, ses parents lui organisèrent un mariage, Pietro s’enfuit de la maison et alla se mettre à l’école d’un certain Cleto à Tivoli, pendant deux années.

Cleto, l’ayant jugé mûr, le présenta à l’évêque Gregorio, qui le tonsura, lui remit une croix et l’envoya prêcher.

Deux années durant, Pietro circula inlassablement dans les localités voisines, prêchant aux populations en leur montrant le chemin de la conversion.

Il reçut alors une vision de Notre-Seigneur et de Notre-Dame, qui lui demandaient d’aller prêcher un peu plus loin. Il se déplaça à Subiaco, où il resta cinq mois près de l’église Saint-Abonde (l’actuelle co-cathédrale), puis rejoignit Trevi, où il s’établit sous en escalier en pierre : il ne quittait ce «palace» que pour aller prêcher.

Il y mourut un 30 août, probablement en 1052.

En 1215, il fut canonisé.

Saint Pietro de Trevi est commémoré le 30 août dans le Martyrologe Romain.

 

 

John Roche

?-1588

 

John naquit en Irlande. Il est aussi désigné comme John Neele ou Neale.

Le seul détail important - et quel détail ! - qu’on connaisse de lui est qu’il prit les vêtements d’un prêtre prisonnier pour l’aider à s’échapper de la prison Bridewell. C’est donc lui, John, qui fut arrêté et jugé.

On lui offrit la liberté s’il demandait pardon à la Reine et s’il entendait intégrer l’Eglise protestante.

Sur son refus, John Roche mourut en martyr à Tyburn, le 30 août 1588.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Richard Martin

?-1588

 

Richard était né dans le Shropshire (Angleterre).

Il fréquenta le Broadgates Hall d’Oxford et rentra dans le giron de l’Eglise catholique.

Laïc, il fut arrêté en compagnie d’un prêtre, Robert Morton (v. 28 août). On lui proposa la liberté s’il acceptait de participer aux offices protestants, ce qu’il refusa.

Pour avoir offert une assiette de soupe chaude à Robert Morton, il fut accusé de trahison, ayant reçu et nourri des prêtres.

Richard Martin mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 30 août 1588, avec la célèbre Margaret Ward.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Edward Shelley

1538-1588

 

Edward était né vers 1538 ou même 1528 à Warmingshurst (Sussex, Angleterre).

Son père avait été maître de maison du souverain. Par son épouse, il pourrait être apparenté à Benjamin Norton, un autre prêtre.

Il fut mis en prison une première fois en avril 1584 pour avoir assisté le prêtre William Dean (v. 28 août).

On sait seulement qu’Edward Shelley mourut en martyr à York, le 30 août 1588, avec le prêtre Richard Leigh.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Richard Leigh

1561-1588

 

Né vers 1561 à ou près de Cambridge, Richard fit des études à Reims et Rome et fut ordonné prêtre à Rome en février 1586 ou 1587.

Immédiatement envoyé en mission dans son pays, il fut presque aussitôt arrêté et exilé.

Persévérant, il tenta de rentrer, et fut derechef arrêté et incarcéré à la Tour de Londres en juin 1588.

Condamné à mort pour le délit d’être prêtre, il fut exécuté à Tyburn le 30 août 1588.

Avec lui furent aussi condamnés et exécutés des laïcs : Edward Shelley, East Smithfield, Joan Eden, Richard Martin, Richard Lloyd (ou Flower), John Roche (ou Neele) et Margaret Ward.

Tous n’appartiennent pas à la même cause de béatification ou canonisation : Margaret a été canonisée, les autres béatifiés, mais pas East ni Joan.

Le prêtre Richard Leigh a été béatifié en 1929.

 

 

Richard Lloyd (Flower)

1566-1588

 

Né vers 1566 à Anglesey dans le diocèse de Bangor (Pays de Galles), Richard était le jeune frère d’un prêtre, Owen Lloyd, mais fut plus connu sous le nom de Richard Flower.

Il reçut chez lui un prêtre, William Horner, alias Forrest, et fut pour cela arrêté et condamné à mort.

Il fut exécuté à Tyburn le 30 août 1588, à l’âge de vingt-et-un ans.

Le même jour furent exécutés sainte Margaret Ward, le prêtre Richard Leigh et trois autres laïcs béatifiés en 1929.

Richard Leigh a été béatifié en 1987.

(A moins qu’il y ait deux Martyrs du même nom, on trouve parfois que ce Richard Lloyd fut béatifié en 1929).

 

 

Margaret Ward

?-1588

 

Née dans le Cheshire, Margaret Ward fut une laïque active au moment de la persécution en Angleterre.

Elle fut arrêtée après avoir aidé le prêtre William Watson à s’évader de Bridewell.

Condamnée à mort, elle fut exécutée à Tyburn le 30 août 1588.

Avec elle furent aussi condamnés et exécutés un prêtre (Richard Leigh) et des laïcs : Edward Shelley, East Smithfield, Joan Eden, Richard Martin, Richard Lloyd (ou Flower), John Roche (ou Neele).

Tous n’appartiennent pas à la même cause de béatification ou canonisation : Margaret a été canonisée, les autres béatifiés, mais pas East ni Joan.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Tous ont été béatifiés en 1929 ; Margaret a été canonisée en 1970.

 

 

Giovanni Giovenale Ancina

1545-1604

 

Il vit le jour le 19 octobre 1545 à Fossano (Piémont, Italie nord-ouest), de famille noble.

Très studieux, il approfondit les lettres, la philosophie, la rhétorique, la médecine, la musique, aux universités de Mondovì et Turin, où il enseigna aussi. On lui proposa une excellente et riche jeune fille, qu’il refusa ; on voulut l’orienter vers la «carrière» ecclésiastique, qui l’effraya. 

Il avait vingt-sept ans quand il entendit l’exécution d’un Dies Iræ et décida de s’orienter vers le sacerdoce.

Il vint à Rome en 1574 comme médecin de l’ambassade savoyarde et c’est là qu’il découvrit Filippo Neri (voir au 26 mai) et son Oratoire. Il en fut membre à partir de 1578 et vécut dans leur maison de Naples. C’est autour de ces années qu’il reçut l’ordonation sacerdotale, dont on ne connaît pas la date exacte.

Il recherchait les austérités ; il pensa fonder une nouvelle famille de missionnaires. Mais il se «contenta» de collaborer avec Cesare Baronius à la rédaction des Annales, de prêcher et de s’investir activement dans cet Oratoire. Ses prédications eurent un immense succès.

De ses activités musicales, on a retrouvé un recueil d’œuvres mariales d’autres auteurs, de Lassus à Anerio, auxquelles il en ajouta cinq de sa composition, de trois à douze voix.

Comme auteur littéraire en revanche, il publia un recueil d’adaptations édifiantes des textes de ces maudites chansons profanes, obscènes, lascives et sales, avec lesquelles on envoie des centaines et des milliers d’âmes pécheresses dans le profond abîme de l’enfer.

Il se préoccupa beaucoup du monde aristocratique organisant des rencontres culturelles où il y mettait   sa note évangélique ; il organisa des Pieuses Unions pour les docteurs, pour les étudiants, les marchands, les artisans ; il écrivit lui-même le texte et la musique de représentations théâtrales (qui n’ont pas encore été publiées).

En 1602, il fut nommé évêque à Saluzzo (Saluces, Piémont), ce qu’il appela une sale affaire, tant il lui répugnait de se montrer, d’être honoré, et commença par s’enfuir, jusqu’à Loreto ; cette escapade dura cinq mois ! Quand on put le forcer à revenir à Rome, ce fut la joie générale. Un cardinal déclara : On ne trouve pas d’autres Pères Juvénal qui disent : je me suis enfui pour retrouver mon désert.

A Saluces, il commença par retirer à tous les prêtres le pouvoir de confesser et ne l’accorda qu’à ceux qu’il en voyait dignes ; il organisa un séminaire, la visite pastorale, ramena les Protestants à la foi, dont le propre neveu de Calvin, qui entra au Carmel. Il prêcha beaucoup. On s’étonne encore du nombre d’activités et d’œuvres qu’il développa en guère plus d’une année d’épiscopat, compte tenu de ses nombreuses heures de prière et de méditation.

Il fut grand ami de François de Sales (voir au 28 décembre), son compatriote et évêque de Genève. Lors d’une rencontre, Giovenale fit prêcher François et le remercia à la fin, jouant sur son nom en lui disant : Vere tu es Sal (vraiment, tu es le sel), et François, reprenant le nom de la ville de Saluces, lui répondit : Immo tu es Sal et Lux (mais toi, tu es le sel et la lumière).

Il vécut très pauvrement, son unique «richesse» étant sa bibliothèque de quelque quatre-cents ouvrages de médecine, science naturelle, histoire, littérature.

Il eut à intervenir dans une communauté pour mettre fin aux machinations d’un mauvais Religieux. On croit communément que c’est ce dernier qui l’empoisonna.

Mgr Ancina mourut le 30 août 1604 à Saluces, et fut béatifié en 1888.

 

 

María Ràfols Bruna

1781-1853

 

María naquit le 5 novembre 1781 au moulin d’En Rovira à Vilafranca del Penedès (Girona, Espagne), de Cristòfol et Margarida, qui la firent baptiser deux jours après.

La famille s’installa peu après dans un autre moulin, à Mascaró (Bleda), où mourut le papa, en 1790. 

La maman se remaria avec Josep Marcer et le couple s’installa à Garraf.

Le peu qu’on sait est que María étudia au collège de Barcelone.

En 1804, mourut à son tour la maman.

La jeune fille avait pu avoir l’occasion d’apprendre un peu l’art du soin des malades, car on la trouve infirmière volontaire à l’hôpital de Barcelone, où l’aumônier lui demanda d’être parmi les personnes qu’il engageait pour renforcer le personnel de l’hôpital de Saragosse.

On ne sait pas bien comment les choses se passèrent, mais on constate que María se retrouva ainsi, à vingt-trois ans, à la tête d’une nouvelle congrégation, les Sœurs de la Charité de Sainte-Anne, au service des malades, ce qui était une nouveauté à l’époque : les religieuses étaient traditionnellement cloîtrées, et n’avaient pas à s’occuper d’apostolat.

En arrivant à Saragosse, on alla implorer l’aide de Notre-Dame du Pilar. Puis il fallut organiser l’hôpital qui était une cour des miracles : malades de toutes sortes, déments, orphelins, avec un matériel inadéquat, et en plus le mauvais accueil du personnel présent, jaloux et tout-à-fait indisposé à recevoir des ordres de cette petite demoiselle. Le personnel masculin démissionna.

María s’arma de courage, de patience, de persévérance ; silencieusement surtout, elle travaillait. Les vocations se présentèrent.

Au grand étonnement des examinateurs, elle fit une prestation absolument convaincante dans l’art de la phlébotomie, qu’à l’époque on n’aurait jamais permis à une femme de pratiquer.

En 1808-1809, lors du siège de Saragosse pendant la Guerre d’Indépendance, la mère Ràfols montra tout son à-propos et sa volonté. Quand l’hôpital fut détruit et incendié, elle organisa le transport des malades, et passa dans les rues à demander l’aumône pour son hôpital, où passèrent quelque six mille malades et blessés.

Lors du deuxième assaut, devant cette situation désespérée, María et quelques Sœurs s’armèrent d’un grand drapeau blanc et allèrent directement trouver le général Lannes pour le supplier de les aider. Elles reçurent bien des moqueries de la part des soldats du camp, mais en insistant elles parvinrent jusqu’à l’officier, un homme réputé peu aimable, mais qui fut ce jour-là ému par la supplique des Religieuses.

Non seulement il leur accorda des vivres et des médicaments, mais il leur donna un sauf-conduit pour revenir demander d’autres secours, autant de fois qu’elles le voudraient.

C’est à ce moment-là aussi que María, pour donner à boire aux malades à un moment où l’on manquait d’eau, alla prendre ni plus ni moins l’eau bénite de la chapelle. Elle donna à boire aux malades et, reportant le récipient à la chapelle, s’aperçut que le niveau de l’eau n’avait pas baissé. Elle ne prétendit jamais avoir fait un miracle, mais on l’attribua toujours à ses mérites.

A la fin de la guerre, María alla se reposer deux mois à Vilafranca, mais de 1813 à 1834, elle ne cessa de s’occuper des petits orphelins, enfants abandonnés, illégitimes et malades.

Entre temps, on chercha à imposer à María d’autres constitutions que les siennes, de sorte qu’elle se vit obligée à démissionner, jusqu’à ce qu’en 1824 on reconnût formellement la Congrégation et qu’on la remît à son rang de Supérieure, jusqu’en 1829.

En 1834, elle fut victime involontaire des guerres carlistes : on l’accusa de fabriquer des balles, et donc de comploter contre la Reine. La voilà en prison pour deux mois, au terme desquels, certes, on la reconnut innocente, mais - qui sait pourquoi - on l’exila de la province.

Réfugiée à Huesca, elle se remit au travail à l’hôpital, un établissement délabré et mal organisé. L’exil dura six ans, après quoi, à la suite du changement politique, elle put revenir à Saragosse, et retrouver ses chers orphelins.

Mais sa santé était désormais très altérée. Elle s’éteignit à ce monde le 30 août 1853.

Sa Congrégation fut approuvée peu après (1858) par la reine Isabel II, et s’est étendue aujourd’hui sur les cinq continents.

Le procès de béatification fut un moment bloqué à Rome, à cause d’un faux, prétendant que María avait prophétisé certains événements avenus cinquante ans après sa mort. Ce genre de «faits mystiques» commence toujours par un refus catégorique de la part des autorités vaticanes. Récemment, on apporta la preuve du faux, et le procès put aboutir.

Mère María Ràfols a été béatifiée en 1994.

Manuel Medina Olmos

1869-1936

 

Manuel vit le jour le 9 août 1869 à Lanteira (Grenade, Espagne) dans un foyer pauvre, où la maman mourut très tôt.

A Almería, il passa son baccalauréat avec mention extraordinaire en section littéraire, puis étudia le Droit, la Philosophie et les Lettres à l’université de Grenade, et la Théologie au Grand séminaire de Grenade.

Ordonné prêtre en 1891, il fut curé au sanctuaire de Guadix et chanoine à Grenade ; ayant collaboré aux écoles Ave Maria, il en devint le sous-directeur en 1895.

En 1896, il fut nommé professeur de métaphysique à la faculté civile, en même temps qu’il y passait la licence de Droit, pour y être ensuite recteur en 1901 ; cette même année, il passait la licence de Philosophie et Lettres à Grenade.

En plus de ses études, il se livrait à la composition de pièces de théâtre, à la rédaction d’ouvrages historiques ou juridiques.

En 1925, il fut nommé évêque auxiliaire de Grenade, et fut consacré en 1926 au titre de Bilta ; en 1928, il fut nommé évêque de Guadix et, en plus, en 1934-1935, administrateur apostolique de Almería.

Entre 1929 et 1932, il fit la visite pastorale complète de tout son diocèse.

Quelques jours avant le commencement de la révolution, Mgr Medina avait déclaré dans une homélie à la cathédrale : J’ai offert ma vie à Dieu pour le salut de l’Espagne, et le Seigneur l’a acceptée.

Le 24 juillet, il conseilla à tous ceux qui étaient présents dans le palais épiscopal, de se confesser. On lui proposa de l’accompagner en sûreté à son pays natal, mais il refusa absolument d’abandonner son troupeau.

Le 27 juillet 1936, un groupe de révolutionnaires guidés par le maire de Guadix, vint fouiller le palais épiscopal, se faisant remettre tout ce qui pouvait avoir quelque valeur. L’évêque leur remit son anneau et sa croix pectorale. On l’emmena et on le mit dans un wagon à marchandises pour Almería, où on l’introduisit dans la maison de son vicaire général, l’évêque Diego Ventaja Milán.

Le 5 août, on les fit venir au commissariat au milieu des menaces et des blasphèmes, pour les interroger, puis ils retournèrent à la maison. Ce n’était qu’un début.

Le 12 août, on les conduisit dans une voiture de la police à la prison installée dans le couvent des Adoratrices, expulsées. Sur les murs, on avait écrit ironiquement : Loué soit le Très Saint Sacrement. On obligea les évêques à s’habiller en civil, et à renoncer à tout traitement «d’honneur», ayant été réduits à l’état de simples prisonniers. On les mit alors avec les autres membres du clergé déjà prisonniers, avec lesquels ils prièrent le chapelet. 

Chaque nuit, on faisait l’appel et l’on emmenait des prisonniers pour les fusiller. 

Le 28 août, les évêques et quelques dizaines de prêtres furent transférés au bateau-prison Astoy Mendi. Quelqu’un demanda au responsable où l’on allait les mettre, et la réponse fut : Ils vont laver le pont du Astoy Mendi au nom du Sacré-Cœur, de la Très Sainte Trinité et de tous les Saints. On donna aux évêques un short bleu et une chemise, comme à tout le monde.

Le premier soir, on les envoya décharger le charbon des wagons pour le mettre dans la chaudière du Jaime I, toujours sous les insultes et les moqueries. Certains prêtres furent roués de coups, pour avoir refusé de blasphémer. Un Jésuite mourut asphyxié par la poussière de charbon. Puis on les fit remonter à bord du Astoy Mendi.

Le 29 très tôt, on appela tous les prêtres pour les libérer. Les deux évêques, Medina et Ventaja, furent traités de Medinilla et Ventajilla. A l’heure du repas, on les fit passer sur le Jaime I pour servir la soupe aux marins. 

Le 30 août à l’aube, on appela Mgr Ventaja au cri de Evêque, au boulot !, pour lui faire nettoyer les WC. A un prêtre qui voulait le remplacer, il répondit : Il faut accepter patiemment la persécution, parce que tous, nous devons nous considérer coupables. 

On appela les deux évêques et seize autres prêtres et laïcs, qu’on fit monter en camion,  les mains liées derrière le dos avec du fil de fer, escortés par une troupe de miliciens armés, qui continuèrent à les insulter durant le trajet, pour aller les fusiller au lieu-dit Lo Chisme de Vicar.

Il pouvait être quatre heures du matin. Mgr Medina leur demanda la permission de parler ; il exprima le désir que Dieu leur pardonnât comme lui leur pardonnait, et demanda que son sang fût le dernier à être versé.

Après avoir fusillé les Martyrs, les miliciens demandèrent à un voisin de l’essence pour brûler les cadavres et les rendre méconnaissables. Les cadavres restèrent sans sépulture quelques jours encore, et l’on eut le temps de reconnaître les deux évêques.

Mgr Medina Olmos fut béatifié en 1993, ainsi que l’autre évêque, Mgr Ventaja Milán.

 

 

José Ferrer Adell

1879-1936

 

Il vit le jour le 23 avril 1879 à Albocácer (Castellón), fils unique de José et Antonia, qui le firent baptiser le jour-même.

Entré dans l’Ordre des Capucins à Massamagrell, il prit l’habit en 1896 et professa en 1897, avec le nom de Joaquín de Albocácer.

Après ses études à Totana et Orihuela, il fut ordonné prêtre en 1903.

Il fut missionnaire en Colombie et supérieur à Bogotá.

De retour en Espagne, il fut nommé recteur du séminaire séraphique de Massamagrell (Valencia). Il développa intensément le culte eucharistique et la dévotion des trois Ave Maria.

L’été 1936, avant d’abandonner le couvent de Massamagrell, il se préoccupa d’abord de mettre en sûreté les élèves, puis il se réfugia chez des amis à Rafelbuñol (Valencia).

Les miliciens l’arrêtèrent le 30 août 1936, l’emmenèrent dans son pays sur la route de Tornesa à Villafamés pour le fusiller.

Quelques paroles de lui : 

Si on ne se revoit pas, à-Dieu dans la gloire ! 

Je suis en train de monter les marches du saint autel pour vous {aux bourreaux} offrir de mes propres mains l’adorable sacrifice, dont la victime est si pure et si sainte

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Diego Ventaja Milán

1880-1936

 

Diego vit le jour le 22 juin 1880 à Ohanes (Almería, Espagne), de Juan et Palmira, qui le firent baptiser deux jours après, avec les noms de Diego José Paulino. Le papa, un forgeron, n’était pas riche mais très chrétien, et accompagna le curé au Sacromonte de Grenade, et c’est là que Diego fit toutes ses études.

Après ses brillantes études au Sacromonte de Grenade, il passa le doctorat en Philosophie, en Théologie et en Droit canonique à l’Université Grégorienne de Rome. C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, en 1902.

De retour en Espagne, il fut aumônier au Sacromonte, professeur et chanoine, pendant douze ans. Il fut vice-recteur des Ecoles Ave Maria.

D’autres prélats lui proposèrent des postes éminents dans leurs diocèses respectifs, mais lui préférait rester là où il avait reçu sa première formation.

Quoique de mauvaise santé à cause d’un poumon très malade, il s’occupa longemps de sa chère maman âgée. Puis il devint doyen du chapitre, professeur de théologie morale, confesseur de plusieurs communautés. En 1935, il fut nommé évêque de Almería, où il fut un pasteur saint pendant la seule année qu’il y vécut.

Le 18 juillet 1936, il se trouvait à Grenade, mais l’évêché ayant été envahi par les révolutionnaires, il dut se réfugier chez son vicaire général.

Du 22 au 29 juillet, les événements furent pénibles : les britanniques proposèrent fermement à l’évêque de laisser Almería, mais lui ne voulait pas abandonner son diocèse.

Il fut très ému d’accueillir Mgr Manuel Medina, qu’on venait d’arrêter et qu’on mit chez lui d’office. A partir de ce moment, ils vécurent ensemble ce dernier mois de leur vie.

Le 5 août, on les fit venir au commissariat au milieu des menaces et des blasphèmes, pour les interroger, puis ils retournèrent à la maison. Ce n’était qu’un début.

Le 12 août, on les conduisit dans une voiture de la police à la prison installée dans le couvent des Adoratrices, expulsées. Sur les murs, on avait écrit ironiquement : Loué soit le Très Saint Sacrement. On obligea les évêques à s’habiller en civil, et à renoncer à tout traitement «d’honneur», ayant été réduits à l’état de simples prisonniers. On les mit alors avec les autres membres du clergé déjà prisonniers, avec lesquels ils prièrent le chapelet. 

Chaque nuit, on faisait l’appel et l’on emmenait des prisonniers pour les fusiller. 

Le 28 août, les évêques et quelques dizaines de prêtres furent transférés au bateau-prison Astoy Mendi. Quelqu’un demanda au responsable où l’on allait les mettre, et la réponse fut : Ils vont laver le pont du Astoy Mendi au nom du Sacré-Cœur, de la Très Sainte Trinité et de tous les Saints. On donna aux évêques un short bleu et une chemise, comme à tout le monde.

Le premier soir, on les envoya décharger le charbon des wagons pour le mettre dans la chaudière du Jaime I, toujours sous les insultes et les moqueries. Certains prêtres furent roués de coups, pour avoir refusé de blasphémer. Un Jésuite mourut asphyxié par la poussière de charbon. Puis on les fit remonter à bord du Astoy Mendi.

Le 29 très tôt, on appela tous les prêtres pour les libérer. Les deux évêques, Medina et Ventaja, furent traités de Medinilla et Ventajilla. A l’heure du repas, on les fit passer sur le Jaime I pour servir la soupe aux marins. 

Le 30 août à l’aube (ou peut-être le 31), on appela les deux évêques et seize autres prêtres et laïcs, qu’on fit monter en camion, les mains liées derrière le dos avec du fil de fer, escortés par une troupe de miliciens armés, qui continuèrent à les insulter durant le trajet, pour aller les fusiller au lieu-dit Lo Chisme de Vicar, sur la route de Almería à Motril.

Il pouvait être quatre heures du matin.

Après avoir fusillé les Martyrs, les miliciens demandèrent à un voisin de l’essence pour brûler les cadavres et les rendre méconnaissables. Les cadavres restèrent sans sépulture quelques jours encore, et l’on eut le temps de reconnaître les deux évêques.

Mgr Ventaja Milán fut béatifié en 1993, ainsi que l’autre évêque, Mgr Medina Olmos.

 

 

Isidoro Primo Rodríguez

1881-1936

 

Tôt orphelin, Isidoro naquit le 4 avril 1881 à Adalia (Valladolid, Espagne).

Il fréquenta l’école La Santa Espina et entra chez les Frères Lasalliens à Bujedo en 1898.

Il prit avec le nom de Edmigio et fit la profession solennelle en 1911.

Les centres de son activité furent Santander, Madrid, Melilla, finalement Almería en 1933.

A Almería, huit Lasalliens furent arrêtés et assassinés vers la fin du mois d’août ou le début de septembre 1936, pour le crime d’avoir annoncé la foi catholique.

Le Frère Edmigio fut martyrisé avec deux autres d’une balle dans la tête aux environs de Tabernas le 30 août 1936, et l’on jeta leurs corps dans le fond d’un puits.

Il fut béatifié en 1993.

 

 

Justo Zariquiegui Mendoza

1886-1936

 

Il vit le jour le 6 août 1886 à Salinas de Oro (Navarre, Espagne), de Ángel et Pía, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1888.

Il entra au noviciat mineur de Bujedo en 1901, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), commença le postulat en 1902 avec le nom de Amalio et fit la profession en 1905.

Ce fut un Frère doux et serviable ; il cherchait à redonner la joie à ceux qui étaient tristes. Très humble, innocent, pieux, il aimait les enfants et savait susciter des vocations : de la congrégation de l’Enfant Jésus dont il s’occupait, il y eut au moins dix futurs prêtres et six futurs Frères.

Il enseigna à Anaz (1905), Los Corrales (1907), Bilbao (1908), Sanlúcar de Barrameda (1910), Cadix (1913), Jerez (1919), Madrid (1927), Almería (1930).

Le 30 août 1936, il fut arrêté avec deux autres Frères. Tous trois furent martyrisés dans la nuit du 30 au 31 août 1936, à puits La Lagarta, près de Tabernas.

Ils furent béatifiés en 1993.

 

 

Nicasio Romo Rubio

1891-1936

 

Nicasio (Nicaise) naquit le 14 décembre 1891 à Castillejo del Romeral (Cuenca, Espagne).

Très tôt orphelin de père, avec ses frères il dut travailler dès son enfance, et ne fit pas d’études. Plus tard, il demanda à être prêtre, mais l’insuffisance de ses notions ne lui permirent pas d’entreprendre les études sacerdotales, de sorte qu’il entra chez les Dominicains en tant que Frère coadjuteur et fit la profession à Ávila, à trente ans, en 1921.

On lui confia les charges de cuisinier, de sacristain, de portier, à Ávila et à Santa María de Nieva.

En dernier lieu, il était à Ocaña, depuis 1932, comme assistant de l’économe mais aussi, car il était très ingénieux, comme mécanicien : il savait confectionner des ustensiles, des machines, et même des postes de radio.

A la mi-juillet 1936, il rendit visite à sa vieille maman, aveugle chez elle à Castillejo del Romeral, où il fêta pour la dernière fois la Saint-Jacques, le 25 juillet. Ce jour-là il communia aussi pour la dernière fois.

Le 25 août, les milices vinrent profaner l’église paroissiale et firent les premières arrestations.

Nicasio ne voulait pas se cacher, répétant que Dieu est partout et on ne peut rien cacher à Dieu. Il resta aux côtés de sa mère. Les miliciens vinrent le chercher chez lui, l’arrêtèrent, le frappèrent et l’emmenèrent, sans lui laisser le temps de prendre congé de sa mère.

Au milieu des coups et des insultes, ils le conduisirent à la «maison du peuple», et puis à Madrid, le 29 août. Ils l’enfermèrent à la gare du Midi, où ils le torturèrent. Lui, tranquillement, se préparait à son martyre.

Dans la nuit du 29 au 30 août 1936, il fut exécuté avec deux prêtres à la Pradera de San Isidro. Ils se tenaient par la main, chantant en l’honneur du Christ, Roi des Martyrs.

Frère Nicasio Romo Rubio fut béatifié en 2007.

Germán Martín Martín

1899-1936

 

Germán naquit le 9 février 1899 à San Cristóbal de Priero (Asturies).

Il reçut sa formation chez les Salésiens, fit la profession en 1918 et reçut l’ordination sacerdotale en 1927.

Capable, généreux, il fut envoyé à Cuba, puis revint à Bilbao et Madrid.

Empêché de continuer son apostolat habituel à cause de la révolution, il s’efforça tout de même d’exercer un apostolat discret et prudent, cherchant à se réfugier chez des particuliers.

Il fut reconnu et arrêté à Madrid le 30 août 1936, et fusillé le jour même, à Aravaca (Madrid), puni de mort pour être prêtre.

Don Germán a été béatifié en 2007.

 

 

Joan Tomas Gibert

1902-1936

 

Joan naquit le 18 novembre 1902 à Valls (Alt Camp, Catalogne, Espagne), de Joan et Lluisa, qui le firent baptiser cinq jours plus tard.

Il fréquenta les séminaires, petit et grand, de Tarragona, et fut ordonné prêtre en 1925.

Il fut nommé aux paroisses de Torroja (Priorat), Vimbodí (Conca de Barberà), Vilosell (Garrigues).

Son champ d’apostolat préféré étaient les enfants et les pauvres. Il célébrait la Messe avec un recueillement tout particulier.

Lors de la révolution de juillet 1936, il se refusa à quitter sa paroisse, d’autant plus qu’il avait à célébrer un baptême. Pendant ce sacrement, les miliciens étaient déjà en train de discuter sur la place sur la façon dont ils allaient s’y prendre pour incendier l’église.

Sitôt le baptême célébré, le prêtre quitta sa paroisse, vêtu de sa soutane. Mais après une certaine distance, il se rendit compte qu’il avait laissé le Saint Sacrement dans l’église, et pensa qu’on allait le profaner. Il décida de revenir sur ses pas, même au prix de sa vie. Après avoir réussi, avec beaucoup d’efforts, à extraire le Saint-Sacrement, il repartit en Le cachant.

Peu après, il fut découvert par des révolutionnaires, qui lui demandèrent seulement de retirer sa soutane. Don Joan se cacha et atteignit Nicasi, deux jours après Llena, de là il rejoignit enfin Riudoms, après avoir couché sous un escalier ou par-terre. De Riudoms, il passa à Reus et à Valls, où il se réfugia chez un de ses frères, du 27 juillet au 19 août.

Dans l’intervalle, les hommes du Comité révolutionnaire firent passer une ordonnance selon laquelle tous les prêtres et religieux cachés devaient venir recevoir des instructions pour pouvoir se mettre en sûreté. Don Joan s’y rendit, avec d’autres prêtres, qu’on rassembla chez les Sœurs des pauvres.

Le 21 août, le Comité, ne pouvant éviter le massacre de tous ces prêtres réunis, leur dit de partir et d’aller se cacher où ils se croyaient en sécurité. Don Joan se dirigea chez des parents et s’informa sur le moyen de rejoindre Barcelone, pensant de là gagner la France. Plusieurs fois il avait déclaré sa ferme intention de ne jamais cacher sa condition de prêtre.

Le 30 août, il fut arrêté pour un contrôle à Salardú (Vall d’Aran) ; on lui demanda s’il était prêtre, et il répondit affirmativement, ajoutant qu’en vertu de son sacerdoce, il voulait faire du bien à l’humanité. On le maintint en détention, dans une auberge où il put manger. Pendant tout ce temps, on se moqua beaucoup de lui. On lui dit qu’il n’en avait plus que pour quelques heures de vie.

Pas un instant il ne se départit de son sourire, malgré un léger tremblement bien visible, dans ces ultimes moments qui le séparaient de la mort.

Il alla se recueillir quelques heures à l’église, d’où on le fit passer au cimetière qui se trouvait à côté. Il marchait tranquillement, sans opposer de résistance. Au moment de descendre l’escalier, on l’abattit par balles.

Don Joan mourut ainsi à Salardú le 30 août 1936. Il fut béatifié en 2013. 

 

 

Antonio María Arriaga Anduiza

1903-1936

 

Antonio María naquit le 15 décembre 1903 à Busturia (Biscaye, Espagne).

Il entra dans l’Ordre augustinien et fit la profession en 1920.

Ses études sacerdotales furent malencontreusement interrompues par une paralysie progressive ; il n’était donc pas ordonné prêtre en 1936.

Le 6 août 1936, il fut de ceux qu’on arrêta à l’Escorial (Madrid) ; on voulait le transporter à l’hôpital, mais il ne voulait pas se séparer de sa communauté.

A Madrid toutefois, il fut victime d’une attaque d’épilepsie. Aussi les miliciens ne tardèrent pas à le sacrifier, avec quelques autres, et le fusillèrent à El Tomelloso (Madrid) le 30 août 1936, tandis qu’il encourageait ses compagnons et acclamait le Christ-Roi.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Vicente Cabanes Badenas

1908-1936

 

Il vit le jour le 25 février 1908 à Torrent (Valencia, Espagne).

Il entra au noviciat des Capucins amigoniens (branche refondée par le père Amigó) à Godella, fit la première profession en 1923 et fut ordonné prêtre en 1932.

On l’envoya compléter ses études à l’université de Valencia dans la faculté de Droit.

Il fut un excellent directeur d’âmes et professeur de jeunes délinquants, à Madrid et Amurrio.

Lors de la Deuxième République, il dut déjà pendant quelque temps se vêtir en civil et raser la barbe ; passée la tourmente, il reprit l’habit.

Le 27 août 1936, des miliciens le tirèrent violemment de chez le prêtre où il s’était réfugié à Amurrio et l’emmenèrent à Orduña où ils tentèrent de le faire apostasier. Peine perdue ; aussi le reconduisirent-ils à Amurrio, le firent descendre de voiture au lieu-dit San Bartolomé de Orduña et le crurent mort après lui avoir envoyé une rafale de balles.

Mais il se traîna jusqu’à la maison d’un prêtre, qui le fit hospitaliser à Orduña, et d’où on le conduisit à l’hôpital de Basurto (Bilbao). Il put être un peu soigné, eut la visite d’un prêtre auquel il se confessa, pardonna à ses assassins, et expira au matin du dimanche 30 août 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Marciano Herrero Martínez

1909-1936

 

Il vit le jour le 11 juillet 1909 à Porquera de los Infantes (Palencia, Espagne), de Juan et Sabina, qui le firent baptiser dès le lendemain. Il fut confirmé en 1921.

Il entra au noviciat mineur de Griñón (Madrid) en 1923, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes (Lasalliens), commença le postulat en 1925 avec le nom de Valerio Bernardo et fit la profession en 1934.

Ce fut un Frère doux et obéissant, soucieux d’accomplir son devoir ; il ne montrait jamais le moindre déplaisir envers personne, encore moins envers les supérieurs.

Il enseigna à Sanlúcar de Barrameda (1929), Jerez (1932), Almería (1933).

Le 30 août 1936, il fut arrêté avec deux autres Frères. Tous trois furent martyrisés dans la nuit du 30 au 31 août 1936, à puits La Lagarta, près de Tabernas.

Ils furent béatifiés en 1993.

 

 

Carles Canyes Santacana

1917-1936

 

Carles était né le 16 avril 1917 à Vilafranca del Penedès (Barcelone, Catalogne, Espagne).

Il entra au séminaire séraphique et, dès 1932, à quinze ans, il commença le noviciat à Manresa ; il reçut l’habit et prit le nom de Marçal. 

En 1933, il faisait la première profession.

Quand éclata la révolution de 1936, il venait seulement d’achever la troisième année de philosophie. Il n’avait pas atteint l’âge minimum requis pour la profession solennelle et pour commencer de recevoir les Ordres, mais il était prêt pour le martyre.

Il se réfugia chez ses parents, mais ils durent déménager, car tout le voisinage les connaissait très bien ; de plus, ils étaient quatre frères capucins, dont trois prêtres.

Malgré ces précautions, on découvrit Marçal, en cherchant un autre Religieux. Ils emmenèrent le jeune Marçal ; comme sa mère commençait à sangloter, il lui redonna courage : Maman, sois tranquille pour ce qui peut m’arriver ; ma conscience est en paix avec Dieu.

Parvenus à Pedralbes, les miliciens l’abattirent, au soir du 30 août 1936. Il avait dix-neuf ans.

Il a été béatifié en 2015.

 

Yusuf Nehmé

1889-1938

 

Yusuf naît à Lehfed (Liban) le 8 mars 1889, dernier de sept enfants. Son père est Estephanos Bou Haykal Nehmé, et sa mère Christina Badawi Hanna Khaled. Il est baptisé le 15 mars suivant.

Il fréquente l’école de Notre-Dame de Grâce, dirigée par des moines maronites à Sakii Rishmaya. Ces moines exclusivement libanais constituent une communauté pleinement unie à l’Eglise de Rome.

Un jour qu’il gardait les bêtes de son père dans les champs, il vit un blaireau entrer dans une grotte : remarquant des traces d’eau, il commença à creuser et bientôt surgit une réelle fontaine d’eau fraîche, qu’on appelle aujourd’hui la Fontaine du Blaireau.

Le père de Yusuf meurt en 1903. Deux ans après, l’adolescent de seize ans entre au noviciat des pères Maronites, au monastère des Saints Cyprien et Justine à Kfifan. Il fait ses premiers vœux en 1907, prenant alors le nom religieux de Estefan, ou Estephan, ou Estfan ou Estephanos (Étienne), selon la graphie adoptée pour transcrire ce nom dans l’alphabet latin, le nom que portait son père.

Bien formé chez son père, Yusuf Estefan travailla chez les Maronites aux champs et dans les jardins, accomplissant maints travaux de charpente et de construction.

Il transmettait partout la Bonne Nouvelle, par son intense vie de prière, sa générosité, son jugement empli de prudence, sa compassion devant les difficultés. Il répétait sans cesse : Dieu me voit.

Il souffrit beaucoup lors des événements de la Première Guerre Mondiale. Ce fut en effet dans le cadre de cette guerre que les puissances voulurent isoler la Turquie et l’Egypte et qu’eut lieu l’horrible génocide arménien ; en 1918, le Liban fut définitivement libéré des Turcs, après quatre siècle d’occupation musulmane.

Yussuf Estefan mourut à quarante-neuf ans, le 30 août 1938, des suites d’une probable apoplexie, et fut enterré dans le monastère de Kfifan, où son corps est resté intact.

La guérison d’un ostéosarcome, sur intercession de Yusuf Estefan, ouvrit la voie à la béatification, qui eut lieu en 2010.

 

 

Humbert Van Lieshout

1890-1943

 

Humbert vit le jour le 3 novembre 1890 à Aarle-Rixtel (Pays-Bas), huitième des onze enfants d’une famille bourgeoise et très chrétienne.

La piété de ce foyer consistait par exemple à prier chaque jour l’Angelus et le chapelet, à être fidèle au repos du Dimanche, le Jour du Seigneur, où l’on allait toujours à la Messe. En semaine aussi, il arrivait qu’on allait recevoir l’Eucharistie : c’est tout de même mieux que le cinéma !

Humbert fréquenta l’école tenue par les Frères de la Charité, ainsi que le maître catholique Harmelinck. Le garçon grandit et ressentit l’appel au sacerdoce.

Premiers problèmes : son maître le jugea peu doué pour les études ; et son père voulait le garder pour les travaux des champs… Humbert insista doucement, promettant de donner le meilleur de (soi)-même.

Il entra à l’école secondaire de Gemert.

Deux ans après, conquis par la biographie du père Damian de Veuster (voir au 15 avril), il résolut d’entrer dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs.

Il poursuivit donc ses études secondaires dans leur école de Grave (Pays-Bas), où il ne fut peut-être pas «brillant», mais où son acharnement au travail lui valut l’appréciation des professeurs.

En 1913, il commença le noviciat, à Tremeloo (Belgique), où il prit le nom de Eustaquio.

L’invasion du pays l’obligea à rejoindre ses parents quelque temps. Puis il repartit à Grave terminer son noviciat et il fit la première profession en 1915.

De 1916 à 1919 il étudia la théologie à Ginneken, fit la profession solennelle en 1918, et fut ordonné prêtre en 1919, pour la plus grande joie, cette fois-ci, de son père.

Pendant cinq ans, le père Eustaquio fut aux Pays-Bas. Un an à Vierlingsbeek, comme assistant du maître des novices, deux années à Maasluis auprès des ouvriers du verre, de langue française parce qu’ils venaient de la Wallonie. Le bien qu’il y fit fut reconnu par l’état belge, qui le décora. Puis il fut vicaire pendant deux ans à Roelofarendsveen.

En 1924, on l’envoya en Espagne pour apprendre la langue, dans le but de fonder en Uruguay, mais en réalité, c’est au Brésil qu’il partit et dut alors parler portugais : il allait y rester dix-huit ans.

Il fut d’abord à Agua Suja (1925-1935). Ils furent quatre à partir d’Amsterdam en avril 1925 ; arrivés le 12 mai, ils prirent possession de leur paroisse le 15 juillet. Agua Suja (aujourd’hui Romaría) est dans la région qu’on appelle le Triangle Minier, à cause des mines d’or.

Dans cette paroisse se trouve un sanctuaire marial, Notre-Dame de la Abadía. Le père Eustaquio fut chargé de la paroisse voisine de Nova Ponte puis, à partir de 1926 fut le curé de Agua Suja. Il y travailla pour les âmes, bien sûr, mais aussi à l’amélioration humaine des ouvriers. Les résultats furent au rendez-vous : quand il dut quitter la paroisse, les fidèles tentèrent même de l’en empêcher !

La deuxième étape fut la paroisse Notre-Dame de Lourdes à Poá (1935-1941), une paroisse non moins difficile que la première, et en plus sapée par des sectes spiritistes, que le père Eustaquio combattit (avec succès) en obtenant des guérisons par l’intercession de saint Joseph, ce qui provoqua un tel mouvement d’affluence vers Poá (par milliers), que les autorités durent intervenir ; le père Eustaquio dut quitter la paroisse.

La dernière étape se passa dans différentes maisons, et parfois très brièvement à cause des rassemblements de gens qui venaient voir le Père. A Rio de Janeiro, il ne resta que quinze jours ; à Fazenda de Río Claro, il put rester quelques mois, sous le pseudonyme de Père José ; à Patrocinio et Ibiá, il put faire de l’apostolat sans «difficultés» et avec de bons fruits : il ne se passait pas un jour sans une conversion. Enfin, les Supérieurs envoyèrent le Père comme curé à Belo Horizonte, où il sera de 1942 à sa mort.

Dans cette dernière localité, il commença l’édification de l’église en remplacement de la chapelle provisoire ; il confessait une quarantaine de personnes chaque jour : on ne pouvait y accéder que muni d’un billet, accordé par les Supérieurs, pour éviter les rassemblements.

Le Père Eustaquio contracta alors un douloureux typhus exanthématique, incurable à l’époque. Au père Gil qui le veillait, il dit ces derniers mots : Père Gil, Deo Gratias ! Et il expira, le 30 août 1943.

Pendant vingt-quatre heures, de sa mort à ses funérailles, des milliers de Brésiliens défilèrent près de sa dépouille, jour et nuit.

Le père Eustaquio fut béatifié en 2006.

 

 

Alfredo Schuster

1880-1954

 

Il vit le jour le 18 janvier 1880 à Rome (Italie), de Giovanni et Maria Anna Tutzer. Giovanni était tailleur principal pour les zouaves pontificaux. Alfredo fut baptisé le 20 janvier, avec les noms de Alfredo Ludovico.

Après la mort prématurée de son père, Alfredo étudia chez les bénédictins de Saint-Paul-hors-les-murs (l’abbaye située non loin du lieu du martyre de saint Paul).

Les études étant achevées, le jeune Alfredo entra à l’abbaye bénédictine, avec le nom de Ildefonso et professa en 1900.

Il compléta ses études, toujours à Rome, à l’abbaye bénédictine Saint-Anselme et fut ordonné prêtre en 1904.

Ses matières de choix furent la liturgie (il publia dix volumes sur le sujet), l’art sacré, l’archéologie.

Il fut nommé procureur général de la congrégation bénédictine du Mont-Cassin, puis prieur de l’abbaye Saint-Paul-hors-les-murs, et abbé en 1918.

A cette époque, il y eut déjà des tentatives de dialogue avec la communauté juive de Rome, et l’abbé y participa.

En 1928, la congrégation des Rites le chargea d’examiner la suppression de la fameuse expression perfidis Judæis ; finalement, l’idée fut abandonnée (et ne sera reprise que cinquante ans plus tard).

En 1929, il fut nommé archevêque de Milan, et cardinal par voie de conséquence.

Mgr Schuster devait rester un quart de siècle sur ce siège ; pendant ces vingt-cinq années, à l’exemple du saint évêque Carlo Borromeo (voir au 4 novembre) il fit cinq fois la visite pastorale complète du millier de paroisses que comptait alors le diocèse. Il organisa deux congrès eucharistiques, cinq synodes diocésains.

Il fit aussi construire le nouveau séminaire de Venedono Inferiore, et créa une école de musique.

En 1937, l’abbaye bénédictine de Solesmes fêtait son centenaire ; il appréciait énormément cette abbaye, son école de chant grégorien et son interprétation ; il participa activement aux cérémonies de ce centenaire.

S’il condamna énergiquement le racisme au même titre que le bolchevisme, il organisa la reddition de Mussolini par une rencontre dans son propre archevêché de Milan. Il proposa même au Duce de rester sous son toit, mais, comme on sait, ce dernier préféra tenter la fuite…

Le cardinal Schuster, malade et âgé, se retira dans le séminaire de Venegono, où il mourut le 30 août 1954.

Aux séminaristes, il rappela peu avant de mourir : Le diable n’a pas peur de nos terrains de sport et de nos salles de cinéma. Ce qui lui fait peur, c’est notre sainteté.

Son procès de béatification fut ouvert par son successeur, Mgr Montini, futur pape Paul VI. Le cardinal Schuster fut béatifié en 1996.

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Published by samuelephrem - dans 08-août
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