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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 23:00

   31 AOUT

I.

SS Joseph d'Arimathie et Nicodème, saints hommes qui ont entouré Jésus.

II.

S Aristides, philosophe à Athènes et apologiste. 

III.

S Syrus (Siro), évêque à Padoue.

IV.

S Primianus, martyr à Spolète.

S Paulinus, évêque à Trèves, exilé en Asie Mineure pour son zèle à combattre l'arianisme. 

VI.

S Optat, évêque à Auxerre.

VII.

S Aidan, moine à Iona, évêque à Lindisfarne, il préféra conserver la date de Pâque celte : ce fut la seule "faute" que ses admirateurs unanimes purent lui trouver.

Ste Eanswida, abbesse à Folkestone.

S Ebrégésile, évêque à Meaux.

VIII.

Stes Cuthburge, abbesse à Wimborne, et sa sœur, Queenburge ; Cuthburge était mère de deux enfants et voulut ensuite se consacrer.

XIII.

S Bonaggiunto, un des fondateurs des Servites de Marie (cf. 17 février).

S Ramón Nonat, "non natus" parce que retiré du sein de sa mère déjà morte, ce qui lui vaut d'être le patron des femmes enceintes ; il entra dans l'Ordre de Notre-Dame de la Merci pour la Rédemption des Captifs aux mains des Musulmans, et fut cardinal.

B Benedetto Sinigardi, franciscain à Arezzo, actif en Grèce, en Roumanie et jusqu'en Terre Sainte ; c'est à lui que remonte la tradition de l'Angelus.

XIV.

B Andrea Dotti de Borgo San Sepolcro, noble toscan, des Servites de Marie, grand prêcheur.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : à Málaga, Enrique Vidaurreta Palma (*1896) ;

Dominicains : dans les Asturies, les prêtres Miguel Menéndez García, José María Palacio Montes, Isidro Ordoñez Díez (*1885, 1901, 1909) ; les profès Santiago Vega Ponce (Pedro) et Cristóbal Iturriaga-Echevarría Irazola (*1902, 1915) ;

Salésiens : à Málaga, le prêtre Félix Paco Escartín (*1867) et le profès Tomás Alonso Sanjuán (*1893) ; près de Madrid, le prêtre Germán Martín y Martín (*1899), et le profès Dionisio Ullivarri Barajuán (*1880) ;

Dominicaines : à Barcelone, Ventureta Sauleda Paulís (Josefina, *1885) ;

- béatifié en 2013 :

Capucins : aux Asturies, le convers Bernardo Cembranos Nistal (Eustaquio, *1903) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Antonio Torres García (*1890) ; au Pozo de la Lagarta (Almería) : Francisco Roda Rodríguez, José Lara Garzón, Carmelo Coronel Jiménez, Eduardo Romero Cortés, Segundo Arce Manjón, Lisardo Carretero Fuentes, Gregorio Morales Membrives, José Gómez Matarín, Francisco de Haro Martínez, Miguel Morano Sáez, José María Martínez Vizcaíno, Joaquín Berruezo Prieto, Enrique López Ruiz, Pedro Martín Abad, Ángel Noguera Gallegos (*1873, 1875, 1876, 1878, 1880, 1883, 1883, 1884, 1886, 1895, 1898, 1899, 1901, 1902, 1908) ;

Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur : près d’Almería, Agustín Sabater Paulo (*1883) ;

Clarétains : près de Cervera, le prêtre Joan Blanch Badía (*1873) ;

- béatifiés en 2020 :

Dominicains : près d’Almería, les deux prêtres Fernando Grund Jiménez et Tomás Morales y Morales (*1907).

B Pere Tarrés Claret (1905-1950), médecin espagnol, qui fit le vœu de chasteté à vingt-deux ans, puis devint prêtre, béatifié en 2004.

Joseph d’Arimathie

Nicodème

1er siècle

 

De ces deux saints personnages, l’Evangile n’est pas prolixe en détails.

 

Joseph était originaire d’Arimathie (Lc 23:51), ville de Judée qu’on a identifiée avec Ramatha, là où naquit le prophète Samuel.

D’après les indications fournies par les deux évangélistes Matthieu et Marc (Mt 27:57 et Mc 15:43), Joseph était un israélite fortuné, vertueux et juste, qui attendait sincèrement le royaume de Dieu. Il était membre du grand conseil, c’est-à-dire du Sanhédrin.

Matthieu précise qu’il s’était fait disciple de Jésus. Mais il n’osait pas encore se déclarer comme tel. Toutefois, la mort de Jésus et toutes les circonstances douloureuses qui l’entourèrent, l’avaient profondément touché, de sorte que sa foi, son amour de la Vérité, lui inspirèrent l’acte courageux d’aller en personne trouver Pilate et lui demander de pouvoir ensevelir dignement Jésus.

Il s’était fait tailler un sépulcre dans le roc, non loin du Calvaire, mais ce sépulcre n’avait pas encore servi : c’est là que fut enseveli Jésus.

La certitude s’arrête ici. Qu’ensuite Joseph ait subi des vexations multiples de la part de ses coreligionnaires, n’a rien d’étonnant.

Un emprisonnement dans une tour sans fenêtres pour le faire mourir de faim, et dont il est délivré miraculeusement, un embarquement à destination de la Gaule, l’arrivée à Glastonbury en Angleterre, ne font pas partie des faits établis. D’autant plus que, une fois en Angleterre, on le retrouve enseveli à Jérusalem, d’où il est transféré à Moyenmoutier au temps de Charlemagne.

Comme rien n’est impossible à Dieu, on ne va pas se moquer de ces gestes admirables, jusqu’à ce que Dieu nous aide à y voir plus clair.

 

Nicodème, lui, avant de participer avec Joseph d’Arimathie à la sépulture du Seigneur, apparaît au début de la vie publique de Jésus, dans un long entretien qu’il a avec le Christ de nuit, abordant le Christ par une véritable profession de foi : Rabbi, nous le savons, tu es un Maître qui vient de la part de Dieu : personne ne peut accomplir les signes que tu accomplis, si Dieu n’est avec lui (Jn 3:2).

Cette belle phrase évoque ce que diront plus tard les gardes en réponse aux Pharisiens : Jamais homme n’a parlé comme cet homme (Jn 7:46). C’est précisément après cette altercation que Nicodème objecte à ses confrères : Notre loi condamne-t-elle un homme sans qu’on l’entende et qu’on sache ce qu’il fait ? (ibid. 51).

La première rencontre de Nicodème avec Jésus donne au Sauveur l’occasion de parler de la nouvelle naissance, par l’eau et par l’Esprit (Jn 3:5), avec cette promesse pleine de miséricorde : Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui (ibid. 17).

Pendant que les Apôtres se cachaient, Nicodème se retrouve avec Joseph d’Arimathie au moment de l’ensevelissement de Jésus. Nicodème apporte un mélange de myrrhe et d’aloès, d’environ cent livres, soit une bonne quinzaine de kilogrammes actuels !

Nicodème, à son tour, dut souffrir de la part des Juifs, pour son attachement et son dévouement envers le divin Crucifié.

Le prêtre Lucien, en 415, découvrit ses reliques avec celles de saint Étienne ; relatant les faits, il allègue que Nicodème avait été baptisé par les apôtres Pierre et Jean, puis maltraité et chassé par les Juifs ; qu’il aurait échappé à la mort grâce à Gamaliel, qui était son proche parent et qui le cacha dans son domaine de Caphargamala.

 

Tandis que ni Joseph d’Arimathie ni Nicodème ne font l’objet d’un culte particulier en Orient, ces deux personnages sont maintenant associés dans une même mémoire, au 31 août du Martyrologe.

 

 

Aristides d’Athènes

† 150

 

De la philosophie qu’il professait à Athènes, Aristides passa véritablement à la vraie Sagesse et embrassa le christianisme.

Non content de sa conversion, il rédigea une Apologie en faveur des Chrétiens, qu’il envoya à l’empereur. On hésite à préciser si ce dernier était Hadrien ou Antonin.

On sait qu’Hadrien fut présent en Grèce entre 123 et 127 et qu’à cette occasion se déclencha une persécution locale contre les Chrétiens.

S.Jérôme (v. 30 septembre) parle d’Aristides comme d’un philosophus eloquentissimus ; le texte de ce manuscrit circula beaucoup et fut hautement estimé.

Actuellement, le texte de l’Apologie a été reconstitué à partir de fragments ; une version complète en syriaque en fut retrouvée en 1889 au Mont Sinaï.

L’ouvrage d’Aristides est le plus ancien du genre qu’on connaisse à l’heure actuelle.

Aristides serait mort vers 150.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Aristides d’Athènes au 31 août.

 

 

Paulinus de Trèves

300-358

 

Paulinus était d’origine aquitaine, de noble famille.

Ordonné prêtre par s.Maximin (v. 29 mai), il accompagna celui-ci pour évangéliser la région de Trèves ; à la mort de Maximin (347), Paulinus fut choisi pour être le septième évêque de cette ville.

C’était l’époque de la crise arienne. Paulinus soutenait ardemment s.Athanase (v. 2 mai), déjà exilé à Trèves. Cette même année 347, Paulinus obtint la rétractation de deux évêques ariens, Ursacius et Valens, qu’il adressa à Athanase.

Lors du concile d’Arles (353), les évêques ariens réussirent à faire condamner Athanase ; l’empereur Constance menaça d’exil ceux qui n’auraient pas souscrit, et Paulinus fut pour cela exilé en Phrygie (act. Turquie CW). Cette apparente défaite suscita au contraire l’indignation des évêques, qui ensuite refusèrent les conclusions du concile de Milan (355), également convoqué par Constance.

Sur l’exil de Paulinus, s.Hilaire de Poitiers (v. 13 janvier) écrivit à l’empereur ces mots sévères : Après l’avoir doucement sollicité, tu as exilé ce héros d’une bienheureuse Passion en dépouillant la sainte Eglise de Trèves d’un si grand évêque. Par tes édits tu as terrifié la foi. Lui-même, jusqu’à sa mort, tu n’as pas cessé de le fatiguer en le changeant d’exil ; tu l’as relégué jusqu’au delà du nom chrétien.

D’après ce texte, il semble que Paulinus ait été exilé d’abord en Phrygie, puis beaucoup plus loin, en une région qui n’était pas encore chrétienne.

Cet exil dura, dit-on, cinq années, au terme desquelles Paulinus s’éteignit glorieusement. Sa mort fut considérée comme un martyre.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Paulinus de Trèves au 31 août.

 

 

Aidan de Lindisfarne

590-651

 

D’origine irlandaise et né vers 590, Aidan (ou Áedán) pourrait avoir été formé sous s.Senan (v. 8 mars), avant de venir au monastère d’Iona.

Quand s.Oswald (v. 5 août) put reprendre le pouvoir en Northumbrie, après son exil - et son baptême -en Irlande, il fit appel aux moines d’Iona pour reprendre l’évangélisation de son pays.

Cormán d’abord, Aidan ensuite, furent choisis pour cette mission. Aidan fut consacré évêque.

Aidan ne connaissait pas l’anglais, mais Oswald l’accompagnait et traduisait ses prédications.

Notre missionnaire se choisit une petite île sur la mer du Nord, accessible à marée basse, qui portait le nom de Lindisfarne. Bientôt y apparut un monastère-évêché, d’où rayonna pendant une trentaine d’années une très forte et salutaire influence religieuse sur toute l’Angleterre, grâce à l’intense activité d’Aidan et de ses moines.

Aidan fut un père pour les pauvres, exemple de simplicité, de droiture ; austère pour soi-même, doux et patient pour conduire les âmes à Dieu ; il racheta des prisonniers et en conduisit certains jusqu’au sacerdoce ; il enseigna lui-même ses moines et aussi des laïques sur l’Ecriture et le psautier ; rempli d’un zèle qui rappelait celui de s.Augustin (v. 26 mai), il fut parfois considéré comme le vrai apôtre de l’Angleterre.

On lui attribua de nombreux miracles. Notamment lors de l’attaque de Bamburgh (651), assiégée par une armée païenne : le feu allait gagner la ville, mais Aidan se mit en prière et le feu se retourna contre l’ennemi, qui comprit alors que la ville était défendue par des forces mystérieuses.

Aidan fut respecté et honoré de façon unanime. Mais Dieu permit qu’il y eût une tache - une seule - sur ce portrait de sainteté : fidèle à ses racines, Aidan crut de son devoir de persister à célébrer Pâques selon la coutume celte plutôt que selon la coutume romaine. Son successeur aura la même position. Lors de la conférence de Whitby (664), l’usage romain fut proclamé officiellement pour toute l’Angleterre.

Aidan mourut le 31 août 651, au château royal de Bamburgh.

Saint Aidan de Lindisfarne est commémoré le 31 août dans le Martyrologe Romain.

Ramón Nonato

1204-1240

 

Ramón Nonato (= Raymond non-né) vint au monde à Portell (Catalogne), de sorte qu’on devrait l’appeler, en catalan, Ramon Nonat.

Au moment de sa naissance, la maman mourut ; le pauvre papa, qui ne voulait pas perdre à la fois son épouse et son enfant, demanda à un membre de la famille d’ouvrir avec son poignard le ventre de la mère défunte pour accueillir le nouveau-né : aussi Ramón fut appelé  “non-né” : il était né par césarienne.

Ce papa si éprouvé mais au caractère bien trempé, était allié aux maisons de Foix et de Cardone.

Ramón reçut l’ordination sacerdotale en 1222, c’est-à-dire à dix-huit ans, ce qui semble très précoce, mais arrivait quelquefois. Aujourd’hui, ce serait impossible.

Bouleversé par la misère dont il entendait parler, en particulier par le sort pénible des captifs aux mains des Musulmans, il entra dans le récent Ordre de la Merci, dit “des Mercédaires”.

Cet ordre, fondé par Pedro Nolasco (v. 6 mai), venait en aide aux Chrétiens prisonniers des Musulmans et réduits à l’esclavage. La règle voulait qu’ils prissent la place des esclaves chrétiens et tinssent lieu d’otages tant que l’argent de la rançon ne pouvait pas être rassemblé.

C’est ainsi que Ramón se livra lui-même à Alger : il donna toute sa fortune pour racheter de nombreux captifs, et quand il n’eut plus rien, il se livra en échange de quelques captifs esclaves. Il fut traité sans ménagements. Malgré tout, il eut quelque possibilité de se déplacer : il en profita pour encourager et évangéliser ses compagnons d’infortune, et même pour catéchiser et baptiser quelques Musulmans, ce qui pour les disciples de Mahomet, constitue un crime. Il méritait l’horrible supplice du pal, mais ceux à qui il servait de caution intervinrent pour lui.

Les geôliers le “punirent” donc d’abord en le fouettant, puis en lui perçant les lèvres avec un fer rouge et en y mettant un cadenas qu’on n’ouvrait que pour lui donner à manger, et dont seul le gouverneur possédait la clé, ce qui semblerait vouloir dire que Ramón ne mangeait pas souvent.

Malgré cette situation pénible, Ramón aurait bien préféré rester sur place avec ses compagnons d’infortune, mais le fondateur de son ordre put réunir la somme exigée pour la libération, et lui demandait de revenir en Espagne : il obéit.

Peu de temps après, le pape Grégoire IX voulait lui faire rencontrer le roi de France, Louis IX, futur saint Louis (v. 25 août) en vue de les associer dans la prochaine croisade.

Le pape le nomma aussi cardinal, et désirait le faire venir auprès de lui ; pour autant Ramón ne changea rien dans sa façon de vivre et de se vêtir. Mais il mourut près de Barcelone sans avoir pu aller à Rome.

C’était le 31 août 1240, jour où on le commémore au Martyrologe.

Ramón fut canonisé en 1657.

En souvenir des circonstances de sa naissance, il a été invoqué par les femmes enceintes et par les sages-femmes.

 

 

Dominguito del Val

1243-1250

 

L’horrible histoire qui suit n’a pas été confirmée autrement que par un ouï-dire rapporté au roi de Castille vers 1250.

Ce pieux roi écrivit honnêtement qu’il avait entendu dire qu’un enfant de chœur avait été enlevé et crucifié le Vendredi Saint de 1250.

A Saragosse, une cartomancienne juive aurait affirmé que, si l’on jetait dans la rivière une Hostie consacrée et le cœur d’un enfant, tous les Chrétiens qui boiraient de cette eau périraient. Or Dominguito (Petit Dominique) passe justement chaque matin par le quartier juif pour se rendre à la cathédrale. Des hommes le guettent et quand apparaît l’enfant avec son aube, ils l’immobilisent et l’enlèvent. Un simulacre de «jugement» se déroule ; on demande à Dominguito s’il désire rester chrétien ; comme il répond qu’il préfère mourir que renier la religion de Notre Seigneur, on le condamne à mort. Les hommes le crucifient et lui arrachent le cœur. Ayant déjà réussi à se procurer par trahison une Hostie, ils confient à l’un d’eux l’Hostie et le cœur, pour qu’ils les jette dans la rivière.

Or en chemin, pour donner le change, l’homme entre dans une église pour simuler une prière. Mais quand il ouvre le missel où il a caché l’Hostie, les autres personnes présentes s’étonnent de la lumière qui s’échappe du livre et en avisent les prêtres. Ceux-ci viennent interroger l’homme, ouvrent le missel où ils découvrent l’Hostie. Les autorités viennent fouiller l’homme et trouvent le cœur de la petite victime.

L’homme promet que, si on l’épargne, il dénoncera les auteurs du crime. Les Juifs ainsi désignés sont envoyés au bûcher, sauf ce commissionnaire qui est condamné à la prison à vie.

Dominguito était fils de Sancho et Isabel. On le canonisa et on le fêta le 31 août, date surprenante si les faits se sont déroulés un Vendredi Saint. Mais le Martyrologe ne le mentionne pas.

Il y eut d’autres récits de «crimes rituels» de ce genre. On a parlé d’un petit Richard à Pontoise en 1179, d’un petit Hugues à Lincoln en 1255 (v. 27 juillet), d’un petit Simone à Trento en 1472. Il n’est certainement pas question de relayer ici des contes issus d’un courant antisémite que l’Eglise aujourd’hui rejette. Si ces crimes font frémir, ceux qui les ont inventés et transmis sont encore plus criminels.

Que Dieu, dans son immense miséricorde, pardonne à chacun.

 

 

Giovanni Manetti

1206-1257

 

Ce pieux marchand de Florence fut un des Sept Fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie.

Giovanni prit le nom de Bonagiunta.

Il fut favorisé de visions. En outre, comme il était exigeant pour le respect de la loi divine, quelqu’un aurait cherché à l’empoisonner, mais Dieu le protéga miraculeusement.

Il fut supérieur de son Ordre en 1256 et fut le premier à quitter ce monde, le 31 août 1257.

 

Sur l’ensemble de ces Fondateurs, voir la notice : Servites de Marie (Sept Fondateurs des)

 

 

Benedetto Sinigardi d’Arezzo

1190-1282

 

A Arezzo (Ombrie, Italie C) vivaient deux familles de la noblesse. Les époux Tommaso Sinigardo de’ Sinigardi et Elisabetta Tarlati di Pietramala eurent un fils, Benedetto, qui naquit vers 1190.

Le garçon grandit dans l’aisance, reçut une bonne éducation, mais aussi vivait son christianisme intensément, jeûnant trois fois la semaine.

Il fut profondément pénétré par les paroles de François d’Assise qui vint prêcher à Arezzo en 1211. Benedetto reçut  l’habit du nouvel Ordre de François lui-même.

Les excellentes dispositions de Benedetto le firent nommer Provincial dans les Marches dès 1217.

Mais l’ardeur apostolique était plus forte encore dans le cœur du jeune prêtre : il obtint de partir annoncer l’Evangile au loin, en Grèce, en Roumanie, en Turquie, et finalement en Terre Sainte, où il fut Provincial pendant seize années.

Un de ses explois apostoliques fut de construire à Constantinople le premier monastère franciscain, et de remettre à l’empereur Jean de Brienne l’habit franciscain.

Au terme de cette longue activité, il fut rappelé à Arezzo. C’est lui qui y donna les indications nécesaires au Maître de Saint-François, pour la représentation du Crucifix dit du bienheureux Benedetto, qui se trouve toujours dans la basilique.

A Benedetto, qui était très marial, remonte la tradition de l’Angelus, que l’Eglise récite trois fois par jour.

Il mourut à Arezzo le 31 août 1282, chargé d’années et de mérites, et les miracles ne tardèrent pas à se produire.

Le culte du bienheureux Benedetto d’Arezzo est très localisé ; le Martyrologe ne le mentionne pas actuellement.

 

 

Andrea Dotti

1256-1315

 

Andrea vit le jour vers 1256 à Borgo del Santo Sepolcro (Quartier du Saint Sépulcre, en raison d’une abbaye fondée par des pèlerins de retour des Lieux Saints) ; aujourd’hui la petite ville s’appelle Sansepolcro, en Toscane (Italie C).

La famille Dotti donna plusieurs de ses membres à la magistrature et à l’armée ; le frère d’Andrea, Dotto Dotti, aurait été commandant des archers du roi de France, Philippe le Bel.

Andrea servit quelque temps dans l’armée, et se distingua en 1272 dans la défense de la ville assiégée. Mais il préféra abandonner les armes humaines pour prendre les armes spirituelles et fit partie du Tiers-ordre des Servites de Marie.

Vers 1278, un sermon de Filippo Benizi (v. 22 août) le décida à demander son admission dans l’Ordre. Il fit son noviciat à Florence, où vivait encore un des sept fondateurs de l’Ordre, Alessio Falconieri (v. 17 février) et fut ordonné prêtre en 1280.

En 1285, on l’envoya à Sansepolcro, où le monastère des Servites était dirigé par un autre des fondateurs, Gerardino Sostegni (v. 3 mai).

Actif, Andrea avait aussi un attrait particulier pour la contemplation. Pour cette raison, on lui confia une délicate mission : des ermites de la Vallucola, proche de Sansepolcro, avaient exprimé leur désir d’être affiliés aux Servites. Opération qui peut réserver des surprises. Que fit Andrea ? Il vint simplement s’installer parmi les ermites et partager leur vie ; ses vertus le firent apprécier, et même bientôt élire supérieur ; les ermites montrèrent ainsi leur proximité avec l’idéal des Servites et purent très facilement être aggrégés, en 1294. La même expérience se répéta pour des ermites de Montevecchio, l’année suivante.

On recourut bientôt aux dons de prédicateur d’Andrea et il fut envoyé en beaucoup de villes du centre et du nord de l’Italie, toujours avec succès. On vit ainsi Andrea à Florence, Sienne, Orvieto, Milan, Asti, Alexandrie…

Après la mort d’Alessio Falconieri (1310), Andrea se retira à la Vallucola, où il dut à nouveau accepter la charge de supérieur. Les dernières années de sa vie, il se livra aux pratiques de la mortification et de la contemplation, et mourut à l’heure qu’il avait prédite, le 31 août 1315.

De nombreux miracles illustrèrent son tombeau et son culte fut approuvé en 1806.

Félix Paco Escartín

1867-1936

 

Il était né à Aldehuesa (Huesca, Espagne) le 21 février 1867 et fut baptisé le même jour.

Il entra chez les Salésiens après son service militaire (1893) et fit la profession en 1894, à Barcelone.

En 1895, il passa à Utrera pour étudier la théologie.

L’évêque qui l’ordonna prêtre fut le cardinal Marcelo Spínola (voir au 19 janvier), en 1899.

Ses destinations furent : Écija, Utrera, Ronda, Montilla, Séville, Valencia, Barcelone, Baracaldo, Cadix, Carmona, Alcalá de Giadaíra. A Málaga, il fut préfet en 1907, et confesseur ; il le sera à nouveau en 1935.

Patriote jusqu’à la moelle des os, le père Félix fut un très bon confesseur, très recherché, et le doyen en âge de la communauté de Málaga.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et les prêtres furent mis en prison, dans l’ancien couvent des Capucins. Le 22, ils furent conduits au Gouverneur, qui tout en les reconnaissant innocents, les envoya à la prison provinciale, avec la promesse de les libérer. Ils y restèrent jusqu’au 31 août.

En prison, le père avait des mots de consolation et de réconfort pour tous les prisonniers.

Le 22 et le 30 août, l’aviation nationale bombarda Málaga ; les miliciens et la foule envahirent la prison et, pour se venger, envoyèrent au peloton les prisonniers.

On les appela à trois heures du matin.

Le père Félix fut fusillé au cimetière San Rafael de Málaga le 31 août 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Joan Blanch Badía

1873-1936

 

Né le 1. mars 1873 à Puigpelat, Tarragone, il fut baptisé dès le lendemain et confirmé en 1877. Joan était un des six enfants de José , un ouvrier, et Paula ; trois de ces enfants moururent en bas âge.

Joan se forma d’abord au séminaire de Tarragone dès 1884, mais en «semi-interne», car les parents ne pouvaient payer l’intégralité de la pension. En 1892, il eut des ennuis digestifs, pour lesquels le médecin préconisa l’externat, de façon que Joan pût mieux se soigner et récupérer.

Il acheva sans autres difficultés ses études de philosophie et de théologie et fut ordonné prêtre en 1897 ; il fut envoyé comme vicaire à Gratallps puis La Febró.

En 1900, commença à mûrir en lui le désir d’appartenir à la Congrégation des Clarétains. Avant de se décider, il occupa encore un poste à San Antonio de Valls.

En 1901, il commença le «noviciat» à Cervera, une période de réflexion et d’adaptation à la nouvelle vie religieuse qu’il désirait, et fit la profession à Vic en 1902.

Il fut d’emblée nommé prédicateur à Vic et fut ensuite nommé Supérieur à Solsona (1907), où il rencontra beaucoup de problèmes. En 1913, tandis qu’il prêchait à Serrateix, il fut atteint de typhoïde, au point qu’il reçut le Viatique ; remis, il fut ensuite nommé Supérieur à Lleida, puis à San Feliu de Guixols (1918) : c’était là une nouvelle fondation dans une contrée encore très incroyante, et à laquelle il fallut renoncer ; suivant l’avis du p.Joan, elle fut déplacée à Gerona, où il fut Supérieur. En 1932, il passa à la maison de Gracia (Barcelone), et à celle de Tarragona en 1934.

Le 20 juillet 1936, il devait aller prêcher à Guisona et s’arrêta en route à Cervera. Le jour suivant, il se remettait en route, lorsqu’il fut arrêté et contraint de demeurer dans une famille de l’endroit, sans en bouger, car la maison des Clarétains venait d’être totalement évacuée.

Passèrent les jours : le p.Joan priait avec la famille, enseignait le catéchisme aux enfants. Il songea à rejoindre sa famille, mais on l’en dissuada. Il était déjà convaincu qu’il ne partirait pas vivant de Cervera.

Effectivement, on signala sa présence au comité révolutionnaire ; on vint fouiller. Une patrouille arriva le 31 août à vingt-trois heures, pour enlever ensemble le père de famille et le p.Joan. Le pauvre monsieur commença à en perdre la raison et le père Joan intervint immmédiatement : Tuez-moi ici, mais laissez ce pauvre père de famille. Rien à faire : on embarqua les deux hommes et on alla les fusiller à Sant Pere del Arquells. On brûla leurs corps.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Joan Blanch Badía sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Francisco Roda Rodríguez

1873-1936

 

Né le 25 mai 1873 à Almería, il était le fils d’un couple d’artisans tapissiers.

En 1886, il commença les études au séminaire, des études qu’il n’arrêta pour ainsi dire jamais. Bachelier, il fut Docteur en théologie et droit canonique, licencié en philosohpie et en lettres, puis encore Docteur en droit civil et en histoire.

Il reçut le sacerdoce en 1896 et fut nommé aumônier de l’hôpital, puis aumônier de la Maison royale (1900). Il fut chargé des paroisses de Lubrín (1902), Gérgal (1911) et du sanctuaire d’Almería (1912).

En 1908, il fit partie de la Commission Royale d’Archéologie et de Géographie. En plus de tout cela, il enseigna au séminaire, à l’Institut Général et à l’Ecole Normale.

En 1914, il fut nommé Chanoine de la Cathédrale, très estimé des évêques.

Lors de la persécution de 1936, il refusa de se cacher. Les miliciens se présentèrent à sa porte le 12 août 1936 pour l’emmener en prison ; il leur dit : Si telle est la volonté de Dieu, me voici. On l’emmena au Pozo de la Lagarta (Tabernas), où on lui arracha les yeux ; le courageux prêtre leur dit : J’ai encore une langue pour rendre grâces à Dieu, et on lui coupa la langue, avant de le fusiller.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Francisco Roda Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

José Lara Garzón

1875-1936

 

Né le 26 novembre 1875  à Montefrío (Grenade), José étudia au séminaire de Grenade.

Ordonné prêtre en 1899, il fut nommé à la paroisse d’Alcaudique, puis Berja, où il resta plus de trente ans.

Sa générosité était sans bornes. Quand son beau-frère mourut, il géra son affaire pour aider la famille. A n’importe quelle heure, il ouvrait sa porte aux pauvres.

Lors de la persécution religieuse de 1936, il reçut très vite des menaces. On l’emmena au cimetière de Berja, où on lui promit la vie s’il acceptait de piétiner un crucifix.

Le 28 juillet 1936, il se présenta au Gouverneur d’Almería, pour implorer sa clémence en faveur de sa famille ; en apprenant qu’il était prêtre, le fonctionnaire eut pour toute réponse de l’envoyer immédiatement en prison. Comprenant bien quel allait être son sort, don José priait. Les derniers jours d’août, il répétait : Seigneur, pardonne à ceux qui vont me tuer.

Il fut exécuté au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas).

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Francisco Roda Rodríguez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Carmelo Coronel Jiménez

1876-1936

 

Il naquit le 9 février 1876  à Gádor (Almería).

Après le séminaire d’Almería, il fut ordonné prêtre en 1899.

Il fut d’abord dans l’entourage de l’évêque, Mgr Zárate Martínez, puis aumônier des Clarisses d’Almería ; il fut ensuite à Sorbas (1908), aumônier des Sœurs des Vieillards Abandonnés (1909), vicaire à San Pedro d’Almería et curé-archiprêtre de Gérgal (1912), curé de Saint-Jacques d’Almería (1913).

Ces nombreux postes ne doivent pas cacher que don Carmelo était aussi un cerveau éminent : licencié en théologie (1906), il enseignait au collège de la Trinité et au séminaire d’Almería, il collaborait au périodique La Independencia, il dirigeait la publication de la feuille paroissiale d’Almería ; à Gérgal, il fonda la Maison sociale ainsi que l’Association Eucharistique de la Prière et du Travail ; à Tabernas il fonda le Patronat des Ouvriers. Quand il était chez lui, il rédigeait son ouvrage : Action Paroissiale par l’Apostolat Eucharistique.

Le 10 août 1936, il fut arrêté chez lui et envoyé en prison, où il retrouva les évêques d’Almería et de Guadix (v. au 30 août leurs notices, où l’on trouvera les détails de cette pénible détention). Des bateaux-prisons, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller.

Dix-neuf de ceux-ci y furent martyrisés le 31 août 1936 et béatifiés en 2017, dont Carmelo Coronel Jiménez, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Eduardo Romero Cortés

1878-1936

 

Né le 2 avril 1878 à Alicún (Almería), il fut baptisé dès le lendemain. Il avait huit frères.

Séminariste à Almería, il fut ordonné prêtre en 1903.

Après différents postes de paroisse, il fut nommé curé à Bentarique, qu’il ne quitta plus.

On ajoute qu’il reçut aussi des jeunes cousins devenus orphelins et qu’il les éleva.

Dans sa paroisse, il organisa l’Action Catholique pour les jeunes, les groupes de Mères Chrétiennes pour les dames.

Il ne s’occupait pas des attaques provenant des milieux laïcistes, mais en était bien conscient. Quand il fut nommé à Grenade, il demanda à ne pas quitter Bentarique. D’ailleurs, disait-il, puisque je les ai tous baptisés, quel mal viendront-ils me faire ? Ils firent le mal : on vint le dénicher dans une ferme où il se trouvait, on le traita de la façon la plus sauvage, on le traîna à Almería.

Des bateaux-prisons, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don Eduardo fut un de ceux-là, le 31 août 1936.

Sa cousine, qui était enceinte, fut appelée à reconnaître le cadavre du Prêtre ; horrifiée, elle perdit l’enfant qu’elle attendait.

Dix-neuf de ces Martyrs moururent le 31 août 1936 et béatifiés en 2017, dont Eduardo Romero Cortés, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

Segundo Arce Manjón

1880-1936

 

Né le 1. juin 1880  à Ayoluengo de Lora (Burgos), il fut baptisé le jour-même. Il était de la même famille que le p.Andrés Manjón qui avait fondé les Ecoles de l’Ave Maria et le Séminaire des Maîtres.

Au séminaire de Grenade, il eut parmi ses professeurs les deux futurs évêques d’Almería et de Guadix, dont il allait plus tard être le compagnon de martyre (v. les notices Diego Ventaja Milán et Manuel Medina Olmos). Il fut ordonné prêtre en 1904.

Il fut bientôt nommé professeur au séminaire de Grenade et passa la licence de théologie en 1907. L’année suivante, il était nommé directeur du Séminaire des Maîtres.

Début juillet 1936, il se trouvait avec Mgr Manuel Medina Olmos à Grenade, à l’occasion de l’ouverture du procès de béatification de son oncle, le p.Andrés Manjón (ce procès est toujours ouvert). Ils revinrent ensuite à Guadix, où les surprit la persécution religieuse.

Le 25 juillet, ils se donnèrent réciproquement l’absolution sacramentelle. Le 27, on les arrêtait. Après maintes péripéties douloureuses, don Segundo se retrouva sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Des bateaux-prisons, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don Segundo fut un de ceux-là, le 31 août 1936.

Dix-neuf de ces Martyrs (et sans doute davantage) moururent ce jour-là et furent béatifiés en 2017, dont Segundo Arce Manjón, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Dionisio Ullívari Barajuán

1880-1936

 

Il était né à Vitoria (Álava, Espagne) le 9 octobre 1880.

Très tôt orphelin, il entra chez les Salésiens à Barcelone (1894), où il apprit à faire des cadres. Puis il entra au noviciat et fit la profession en 1901, à Barcelone.

En 1904, il fit la profession solennelle à Sarriá, une maison où il restera jusqu’en 1916, s’occupant principalement de l’administration.

Il participa aussi à l’harmonie, à la troupe de théâtre, à la chorale.

En 1916, il fut envoyé à Cuba, où il ne resta que deux années.

Rappelé en Espagne, il fut responsable de l’atelier d’encadrements à Atocha, jusqu’en 1933.

Cette année-là, à cause des lois civiles, on eut besoin de lui, comme administrateur «laïc» à la place d’un prêtre à Salamanque.

En juillet 1936, il se trouvait de passage à Madrid.

Après avoir dû évacuer la maison, il fut avec le père Germán dans deux pensions de Madrid, où ils furent arrêtés le dimanche 30 août.

Conduits tous deux à la tchéka de Fomento, ils y furent condamnés à mort et immédiatement exécutés, le 31 août 1936 (ou le 30 ?) et furent béatifiés en 2007.

 

 

Gregorio Morales Membrives

1883-1936

 

Né le 10 avril 1883  à Rejano (Grenade), il fut baptisé dès le lendemain.

La famille était très pauvre. Pour payer sa pension au séminaire, Gregorio dut être domestique. Durant les vacances, il travaillait dans une fabrique de mosaïques.

Au terme de ses études au séminaire d’Almería, il fut ordonné prêtre en 1913.

Aumônier des Clarisses d’Almería, il fut ensuite vicaire à Gérgal puis aumônier à la Sainte-Famille (1915) d’Almería, en même temps qu’on lui confiait la direction spirituelle des Dames catéchistes, des Filles de la Charité, et d’autres Religieuses encore. A partir de 1919, il fut nommé Sacristain de la cathédrale d’Almería, et comme tel, il s’occupait activement aussi de la manécanterie de cette cathédrale, où il sut stimuler beaucoup de garçons à répondre à l’appel sacerdotal.

Lors de la persécution religieuse de juillet 1936, il chercha à se réfugier dans les environs d’Almería, avec son cousin don Pedro Almécija Morales (v. 30 août) ; ils furent découverts le 23 juillet et suivirent le calvaire de beaucoup d’autres prêtres et religieux.

Des bateaux-prisons en rade d’Almería, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don Gregorio fut l’un d’eux, le 31 août 1936.

Dix-neuf de ces Martyrs (et sans doute davantage) moururent ce jour-là et furent béatifiés en 2017, dont Gregorio Morales Membrives, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Agustín Sabater Paulo

1883-1936

 

Né le 9 mai 1883 à Vinaroz (Castellón de la Plana), il fut baptisé quatre jours plus tard.

Il fréquenta le séminaire de Tortosa et fut ordonné prêtre en 1905.

En 1907, il fit partie des Travailleurs Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut nommé préfet au séminaire de Ciudad Real, puis à celui de Badajoz, enfin à celui d’Almería en 1911, jusqu’à sa mort. Pendant ce quart de siècle, il faisait l’admiration unanime de tous les séminaristes.

Le 15 août 1936, il fallut abandonner le séminaire. Don Agustín réunit ses séminaristes pour le leur dire : Et d’abord, le Saint-Sacrement. Ils se rendirent tous à la chapelle, où don Agustín consomma les Hosties, en sanglotant. Puis tous s’embrassèrent et quittèrent la maison.

Un des fournisseurs du séminaire le reçut chez lui ce même jour. Au bout d’une semaine le cuisinier du séminaire, lui-même, arriva avec deux miliciens pour l’arrêter. Don Agustín dut être triste en face de ce nouveau Judas, mais ne dit rien ; il prit calmement congé de ses hôtes, mit sa cape et les suivit.

Des bateaux-prisons en rade d’Almería, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don Agustín fut l’un d’eux, le 31 août 1936.

Dix-neuf de ces Martyrs (et sans doute davantage) moururent ce jour-là et furent béatifiés en 2017, dont Agustín Sabater Paulo, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Lisardo Carretero Fuentes

1883-1936

 

Né le 12 novembre 1883 à Ohanes (Almería), il fut baptisé trois jours plus tard. Il eut le sort de devoir «remplacer» son père, mort prématurément, pour aider sa mère à s’occuper de ses dix-neuf (19) frères et sœurs.

Il répondit à l’appel de Dieu et entra au séminaire d’Almería en 1896, passa à ceux de Guadix et Grenade, et fut ordonné prêtre en 1908.

Il fut nommé vicaire à Adra et Ohanes, puis curé à Albuñol, Algarinejo, Ugíjar et Rágol. En 1923, il fut nommé curé-archiprêtre de Canjáyar, où il allait rester treize ans.

Même dans sa pauvreté, il aidait les pauvres. Quand sa gouvernante lui disait qu’il n’y avait plus rien pour acheter à manger, il répondait : Dieu va y pourvoir.

Lors de la persécution religieuse de l’été 1936, il refusa d’aller se cacher, affirmant qu’aucun de ses paroissiens ne lui ferait de mal. Le 19 juillet, il eut le temps de mettre le Saint-Sacrement en sécurité, avant d’être arrêté et jeté en prison. On l’envoya à Almería, où il souffrit énormément. Ses gardiens pensaient qu’il avait perdu la parole, tant il était silencieux.

Des bateaux-prisons en rade d’Almería, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don Lisardo fut l’un d’eux, le 31 août 1936.

Dix-neuf de ces Martyrs (et sans doute davantage) moururent ce jour-là et furent béatifiés en 2017, dont Lisardo Carretero Fuentes, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

José Gómez Matarín

1884-1936

 

Né le 6 septembre 1884  à Alboloduy (Almería), il fut baptisé le 11 septembre suivant. Ils étaient onze frères et sœurs, dont l’un fut chanoine à Grenade.

José suivit la formation des séminaires d’Almería et Grenade, où l’on remarqua ses dons pour la musique.

Ordonné prêtre en 1909, il fut vicaire à Íllora et Adra. En 1911, il fut curé à Sainte-Anne d’Íllar, jusqu’à sa mort.

Au moment de la persécution religieuse de l’été 1936, il chercha à se cacher dans sa famille à Alboloduy et, pour plus de sécurité, chez des cousins du village proche Montenegro. C’était le 5 août. Quelques jours plus tard, deux hommes vinrent chercher deux curés en montrant leur pistolet. L’enfant qui les vit le premier répondit qu’il n’y avait pas là de curés, mais don José et un Confrère, Ángel Noguera, entendirent la conversation et se présentèrent : On est ici !

On les emmena d’abord à la prison d’Alhama de Almería, puis à Almería. De là, aux bateaux-prisons.

Des bateaux-prisons en rade d’Almería, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don José fut l’un d’eux, le 31 août 1936.

Au moment d’être fusillé, il s’adressa aux bourreaux en ces termes : Vous ne savez pas ce que vous faites ; permettez-moi de vous bénir. On se rappelle la parole du Christ en croix : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (Lc 23:34).

Dix-neuf de ces Martyrs (et sans doute davantage) moururent ce jour-là et furent béatifiés en 2017, dont José Gómez Matarín, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Miguel Menéndez García

1885-1936

 

Il naquit le 29 juin 1885 à San Julián de Quintana (Belmonte, Asturies), et baptisé le 1er juillet.

Ce futur pasteur commença par garder les troupeaux.

Orphelin de père à deux ans, il fut aidé par un oncle prêtre qui l’inscrivit à quatorze ans, comme externe, à l’école apostolique dominicaine de Corias.

Là, l’adolescent comprit sa vocation et, cette fois-ci contre l’avis de l’oncle en question, entra au noviciat. Il fit la profession en 1902, étudia la philosophie à Padrón (La Coruña) et la théologie à Salamanque, et fut ordonné prêtre en 1909.

Il enseigna à Vergara pendant douze années, y laissant le souvenir d’un excellent professeur.

En 1923, il fut maître des novices à Corias puis à Salamanque ; en 1929, il fut recteur à Vergara jusqu’en 1935, année où il passa à Corias comme professeur.

Lors de la révolution de 1936, le père Miguel fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit des tortures indescriptibles, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Buenaventura Sauleda Pauls

1885-1936

 

Née le 30 juillet 1885 à San Pol del Mar, Buenaventura était la dixième d’une famille de Cuba. Les six premiers enfants de Victoriá Saulela i Roura et de Josepa Paulís i Roura naquirent à La  Havane (Cuba), les six autres à San Pol del Mar.

Six jours après sa naissance, Buenaventura fut baptisée avec les noms de Buenaventura Marta Francisca, mais on l’appela familièrement Ventureta.

Elle reçut la Confirmation en 1887 et la Première communion en 1897.

Durant ses études chez les Dominicaines de San Pol, on put apprécier ses dons pour la musique et la peinture.

Ce fut une jeune fille joviale, toujours souriante. Elle sentit l’appel à la consécration religieuse.

Une de ses sœurs aînées, Mercedes, était déjà dominicaine à Barcelone. Ventureta pensa d’abord entrer dans un ordre hospitalier, mais finit par rejoindre sa sœur.

En 1904, elle entra donc au monastère des Dominicaines contemplatives, Notre-Dame du Mont Sion à Barcelone, prenant le nom de Josefina, car elle avait une grande dévotion à saint Joseph (elle faisait toujours une petite inclinaison de la tête quand elle entendait le nom de saint Joseph) ; rappelons-nous aussi que sa maman s’appelait Josepa.

Elle fit la profession solennelle en 1909.

On lui confia successivement les charges de portière, d’infirmière ; elle fut procuratrice (économe), élue prieure en 1929 ; en 1935, sa sœur Mercedes lui succéda, et elle-même devint maîtresse des novices.

Elle avait ses formules : Cor net y cap dret (le cœur pur et la tête droite) ; elle avait l’humilité de se reconnaître pécheresse : Si Adam n’avait pas mangé la pomme, je l’aurais mangée moi ; elle s’offrait chaque jour au Cœur Immamculé de Marie pour sauver l’Espagne.

Quand se déchaînèrent les événements de 1936, la famille lui fit procurer des vêtements civils, prévoyant qu’elle devrait fuir son couvent et se cacher.

Le dimanche 19 juillet, la révolution s’installa à Barcelone. Personne ne vint à la messe quand les portes de l’église furent ouvertes. Le soir, des églises et des couvents étaient déjà en flammes, de sorte que les Religieuses mirent sans tarder leurs vêtements civils, et, à dix heures du soir, passèrent dans la maison contiguë au couvent, par une échelle de fortune, emportant le Saint Sacrement ainsi que la célèbre image de la Vierge de la Victoire, rapportée de Lepanto.

Au matin du 20 juillet, l’aumônier célébra la Messe où elles purent communier encore une fois, et leur ordonna de partir vite.

De leur «cachette», elles pouvaient observer comment les miliciens avaient forcé les portes du monastère, détruisaient tout et mettaient le feu. Ils détruisirent les tombes des deux filles de Jaime II, qui avaient fondé le monastère ; ils déterrèrent les Religieuses et profanèrent leurs restes.

Josefina se réfugia à San Pol, mais changeait sans cesse de maison, pour ne pas compromettre ses hôtes et pour rejoindre ses Compagnes et les encourager. Elle pensait parfois : Il vaudrait mieux qu’ils nous tuent toutes d’un coup, plutôt que de courir dans les rues…

Elle se sentait suivie. Elle demeura seule et laissa les Compagnes. Elle finit par s’écrouler sur un banc de la rue. Au matin du 30 août, elle arriva chez sa sœur Servitge, épuisée.

Au matin du 31 août 1936, très tôt, Josefina sortit pour aller chercher quelques habits là où elle avait été précédemment, mais fut dénoncée.

La milice arriva pour l’interroger, lui demander où étaient l’aumônier et les autres Religieuses. Ils la prenaient pour la Prieure, mais elle se tut pour ne pas compromettre sa sœur Mercedes.

L’interrogatoire se poursuivit jusqu’à huit heures du soir. Josefina implora un peu d’eau, qu’on lui donna, mais seulement pour poursuivre l’interrogatoire. Elle avait un terrible mal de tête, et on lui répondit : On va te la changer. Mais elle ne «parla» pas.

On la fit sortir, et une voiture arriva. Elle cria : Si vous voulez me tuer, faites-le ici-même !

On la força à monter, et on ne sait pas ce qui s’ensuivit. On retrouva son cadavre le lendemain à l’hippodrome de Casa Antúnez, son front traversé par une balle, sa tête toute meurtrie, sa mâchoire supérieure déboîtée, indices qu’elle avait été torturée. Son frère, Antonio, qui dut la «reconnaître», affirma que son visage était défiguré, les traits en étaient complètement défaits, ce n’était qu’un amas de chair. Ce n’était évidemment pas cette unique balle qui avait provoqué toutes ces blessures, mais certainement aussi d’autres instruments avec lesquelles on frappa la Religieuse.

Quelqu’un avait écrit sur un bout de papier : Celle-ci est la prieure des Dominicaines du Mont-Sion, elle s’appelle Sauleda. A l’autopsie pratiquée à l’hôpital, le sacristain du couvent en fit la reconnaissance.

Dans une note faite parvenir au couvent quelques années plus tard, le tortionnaire de la Religieuse déclarait ne pouvoir oublier ses gémissements, quand, sur le point d’expirer, elle priait encore pour l’Espagne et pour ceux qui la martyrisaient.

L’auteur de la note fut à son tour condamné à mort : la veille de son exécution, il demanda à se confesser et laissa une lettre à l’adresse des familles de ses nombreuses victimes, dans laquelle il demandait pardon à Dieu pour ses crimes.

La Sœur Josefa - Buenaventura Sauleda Pauls - expira le 31 août 1936, et fut béatifiée en 2007.

 

 

Francisco de Haro Martínez

1886-1936

 

Né le 28 novembre 1886  à Mazarrón (Murcia), il fut baptisé deux jours plus tard.

Il commença le séminaire de Murcia en 1897, et passa à celui de Barcelone, pour revenir à celui d’Almería. Un an avant son ordination sacerdotale (1912), il était déjà nommé chantre en second à la cathédrale et allait le rester jusqu’en 1923.

Mais on lui confia aussi des aumôneries chez les Petites Sœurs des Vieillards Abandonnés (1914), chez les Servantes des Pauvres (1916) ; en 1929, il eut la responsabilité de préfet de discipline au Synode diocésain, en même temps qu’il fut vice-secrétaire à la direction de l’Association de la Bonne Presse.

Il fut un ami intime de don Francisco Roda Rodríguez, dont il partagea le calvaire. En juillet 1936, on vint l’enlever devant sa mère, chez elle. Il fut particulièrement maltraité durant la période de sa captivité ; sur son cadavre, on observa de profondes traces de torture.

Des bateaux-prisons en rade d’Almería, on fit sortir des prisonniers par colonnes et on les emmenait au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas) pour les fusiller. Don Francisco fut l’un d’eux, le 31 août 1936.

Dix-neuf de ces Martyrs (et sans doute davantage) moururent ce jour-là et furent béatifiés en 2017, dont Francisco de Haro Martínez, qui sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

Antonio Torres García

1890-1936

 

Né le 24 avril 1890  à Caniles (Grenade), il fut baptisé trois jours plus tard.

Après ses brillantes études au séminaire de Guadix, il fut envoyé au Collège Espagnol de Rome et fut reçu docteur en philosophie et en théologie.

Ordonné prêtre en 1915 à Rome par le cardinal Merry del Val (le Secrétaire d’Etat de Pie X), il revint en Espagne et enseigna aux séminaristes. Vicaire à Caniles puis à Sainte-Anne de Guadix, il fut curé de Saint-Jacques de Guadix. Il dirigea aussi l’Alliance en Jésus par Marie.

Dès le commencement de la persécution religieuse de juillet 1936, il se vit contraint de retourner dans sa famille à Caniles. Mais les ennemis de la Religion l’arrêtèrent plusieurs fois, exigeant à chaque fois une rançon pour le libérer, jusqu’à priver totalement don Antonio de ce qu’il possédait.

On l’arrêta pour la dernière fois le 30 août 1936. Il fut enlevé avec six autres jusqu’à la Poudrière de Serón. On le fouilla : il avait son chapelet et un crucifix. Il dit que c’était l’image du Christ, en qui il se confiait et mettait son espérance.

Un témoin oculaire vit qu’on offensa particulièrement don Antonio dans sa chasteté.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, don Antonio Torres García sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Tomás Alonso Sanjuán

1893-1936

 

Il vit le jour à Vitigudino le 13 mars 1893, dans une famille chrétienne dont le père était commerçant.

En 1906, il entra au collège salésien de Écija et, en 1908, passera à celui de Séville comme aspirant coadjuteur. Il y travaillera trois ans dans l’atelier de l’imprimerie.

En 1911, il commença le noviciat mais, au regard de son caractère encore assez vif, il ne fut pas admis à la profession. Il dut attendre patiemment 1915 (quatre ans !) pour la faire.

Il resta à cet atelier de Séville jusqu’en 1929, et fut envoyé à celui de Málaga. Il travaillait beaucoup, et trouvait le temps d’aider aussi à l’atelier de théâtre et à celui de musique.

Dévot de saint Joseph artisan, il en préparait la fête avec profond enthousiasme et total esprit salésien.

Le 18 juillet 1936 au soir, vinrent le voir deux hommes de la milice, lui demandant d’imprimer sur le champ un manifeste exigé par la Religion et la Patrie ; Tomás refusa d’abord, puis demanda à deux garçons de s’en charger.

Le travail ne put même pas être porté à son terme, parce que l’établissement fut la proie de la milice et de la foule déchaînée.

Le 21 juillet, Tomás fut arrêté avec les autres Salésiens et conduit au proche couvent des Capucins, transformé en prison ; ce fut une journée passée dans la chaleur, la faim, les moqueries, les menaces, les fouilles.

Le 22 juillet, les Salésiens furent transférés au Gouvernement Civil ; bien convaincu de l’innocence des «accusés», mais pour éviter d’autres manifestations, le Gouverneur les fit encore transférer à la prison provinciale, dans le carré qu’on appela désormais Brigade des curés.

Tomás y resta uune quarantaine de jours, d’abord monotones. Il cherchait à aider les autres, à trouver des lits quand arrivaient d’autres prisonniers.

Le 22 août, l’aviation nationale commença les bombardements, auxquels répondirent les miliciens par des exécutions généralisées. Même scénario la nuit du 30-31 août. Juste après le bombardement, ils réveillèrent tous les prisonniers, qui devaient rester debout les mains en l’air. Le premier «choisi» au hasard, fut Tomás, qui dormait juste derrière la porte de la brigade, pour ne pas déranger les autres par ses ronflements.

On désigna aussi un employé du collège : Tomás intervint pour faire remarquer qu’il n’était ni prêtre ni religieux, obtenant ainsi sa libération vu que la haine pour le Christ ne trouvait pas en lui la motivation suffisante pour le tuer.

Tomás portait le n° 57 de la liste des «choisis». Il fut abattu dans le voisin cimetière San Rafael, le 31 août 1936.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Miguel Morano Sáez

1895-1936

 

Né le 27 février 1895 à Purchena (Almería), Miguel fut baptisé dès le lendemain.

Après avoir fréquenté le séminaire d’Almería à partir de 1909, il fut ordonné prêtre en 1920.

Il fut vicaire à Tabernas puis curé de Partaloa (1921) ; en 1922, il fut curé à Líjar ; en 1929, à Félix, et jusqu’à sa mort, pasteur très estimé tant des adultes que des enfants.

Au début de la révolution de juillet 1936, il se trouvait très malade de bronchite. Quelques jours plus tard, on l’enleva en pleine rue et on le jeta dans la prison d’Almería, d’où il fut transporté sur un des bateaux-prisons en rade d’Almería et d’où on sortait les prisonniers pour les fusiller au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas).

Les enfants pleurèrent en apprenant qu’on avait emmené don Miguel sur le bateau-prison et qu’on l’avait assassiné.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Miguel Morano Sáez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Enrique Vidaurreta Palma

1896-1936

 

Enrique naquit le 10 octobre 1896 à Antequera (Málaga, Espagne), deuxième fils de Enrique et Purificación, qui le firent baptiser le 16 octobre suivant.

Le papa était un officier de la marine, qui mourut durant la bataille de Santiago de Cuba dans la guerre contre les Etats-Unis, en 1898.

Les deux garçons, Santiago et Enrique, étudièrent chez les Jésuites à El Palo (Málaga). Enrique fut le «président» de la Congrégation mariale.

Au terme de leurs études secondaires, les garçons suivirent leur mère à Madrid pour continuer leurs études. Enrique pensait entrer chez les Jésuites, mais resta finalement au séminaire diocésain et fut ordonné prêtre en 1919.

Il avait pris pour devise le verset de l’évangile : Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir (cf. Mt 20:28).

Il fut nommé aumônier à Málaga, où il collabora au Granito de arena (Grain de sable) puis, dès 1920, fut responsable au séminaire : préfet de discipline, sous-directeur, plus tard recteur du nouveau séminaire en 1929, tout en étant professeur de diverses matières. En plus, étant lui-même assez musicien, il enseignait aux séminaristes les éléments de la musique et le chant grégorien.

Le 18 juillet 1936, don Enrique était en train de diriger une retraite au séminaire. Le 21, la maison fut prise d’assaut par des miliciens. Don Enrique se présenta à eux, déclarant que tous ceux qui étaient là, étaient des prêtres. Immédiatement, on les emmena dans la «prison», l’ancien couvent des Capucins, pendant vingt-quatre heures.

Le 22, transfert au commissariat, puis à la prison provinciale, où les prêtres continuèrent leur «retraite», priant le chapelet, échangeant les deux ou trois bréviaires qu’ils avaient pour prier l’office du jour. Certains furent assassinés peu après.

Le 31 août à cinq heures du matin, entrèrent dans la pièce des miliciens qui leur crièrent : Debout, canailles ! Un des appelés était infirme : don Enrique intercéda pour lui. Le milicien bouscula alors don Enrique avec un coup de poing et le mit parmi les appelés. On entendit des coups de feu quelques secondes après.

Le lendemain, les mêmes miliciens vinrent confirmer qu’ils les avaient abattus en allant au cimetière de San Rafael et que toute la route était semée de cadavres.

Don Enrique Vidaurreta Palma fut martyrisé le 31 août 1936.

Lors de l’exhumation en 1940-1941, on reconnut son cadavre par l’abrégé de théologie morale qu’il tenait dans sa poche.

Don Enrique a été béatifié en 2007.

 

 

José María Martínez Vizcaíno

1898-1936

 

Né le 9 décembre 1898  à Ohanes (Almería), et baptisé dès le lendemain, il fut élève au Collège de Sacro Monte de Grenade. Ses excellentes notes lui valurent une bourse d’étude.

Ordonné prêtre en 1922, il eut cette faveur que, lors de sa première Messe, le prédicateur fut don Diego Ventaja Milán, futur évêque d’Almería.

Don José María fut curé de Churriana de la Vega, puis secrétaire particulier de don Diego, devenu évêque en 1935. Quand le nouvel évêque lui demanda s’il acceptait, José María lui répondit : Oui, jusqu’à ce que la mort nous sépare. Cette phrase allait se révéler prophétique.

Le fidèle Secrétaire fut arrêté en même temps que l’Evêque, le 12 août 1936 et avec lui fut mis dans le couvent des Adoratrices, transformé en prison, puis l’accompagna aussi sur le bateau-prison Astoy Mendi.

Il devait être embarqué le 30 août, avec l’évêque, mais ne fut pas pris ce jour-là par manque de place dans le camion ; il partit le lendemain, 31 août, pour le Pozo de la Lagarta, où il fut fusillé.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, José María Martínez Vizcaíno sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Joaquín Berruezo Prieto

1899-1936

 

Né le 15 janvier 1899  à Olula de Castro (Almería), il fut tôt orphelin de son père et pieusement élevé par sa mère, Carmen.

Il fit ses études au Petit séminaire d’Almería puis au Grand séminaire. Durant cette période, il montra son goût et ses dons pour propager la Bonne Presse.

Ordonné prêtre en 1921, il prépara le doctorat en théologie : il connaissait de façon approfondie les Mystiques espagnols. Sa liturgie était imprégnée de piété, de recueillement.

Il se mit dans les rangs des Travailleurs Diocésains, au service des séminaires et exerça son activité sacerdotale dans les séminaires de Ségovie, Séville, Astorga et Belchite.

La santé de sa mère s’étant dégradée, il revint vers elle et fut curé à Olula de Castro et Níjar. C’était en 1935. Ses paroissiens n’arrivaient pas à savoir quand il mangeait ou quand il dormait : il était tout à tous (cf. 1Co 9:22).

En 1936, les autorités l’obligèrent à quitter le presbytère. Sa nièce pleurait de le voir partir ainsi, mais il la consola et lui montra le ciel avec sa main. Il alla se réfugier à Almería, puis à Santa Cruz de Marchena.

Le 6 août, on vint l’arrêter. Trois jours après, on le jetait en «prison», c’est-à-dire dans le couvent des Adoratrices réquisitionné à cet effet ; là, il put encore recevoir sa bonne maman et lui dire A Dieu, avant d’être transféré sur le bateau-prison Astoy Mendi, où se trouvait aussi l’évêque.

Le 31 août, il fit partie des prisonniers désignés pour être évacués de là et exécutés au tristement célèbre Pozo de la Lagarta (Tabernas).

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Joaquín Berruezo Prieto sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Germán Martín y Martín

1899-1936

 

Il était né à San Cristóbal de Priero (Asturies, Espagne) le 9 février 1899.

Il fréquenta le collège des Salésiens à Béjar (Salamanque). Puis il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit la profession en 1918.

Il fit ses premières armes à Barcelone et Baracaldo, puis l’équivalent du service militaire dans des pays d’Amérique centrale ou du sud.

Aprèsavoir été ordonné prêtre, en 1927, il fut envoyé à Carabanchel (1927-1933), puis Madrid (1933-1935), où les jeunes élèves apprécièrent sa bonté toute salésienne et ses méthodes pédagogiques.

En juillet 1936, il fallut évacuer le collège de Madrid, où il se trouvait, avec le père Ullivarri qui y était de passage. Ils trouvèrent à se réfugier dans deux pensions de la capitale, mais on vint les arrêter le 31 août, pour les conduire à la tchéka de Fomento et les condamner à mort immédiatement.

Le père Germán et l’autre père furent fusillés près du cimetière de Aravaca (Madrid) le 31 août 1936 et furent béatifiés en 2007.

Enrique López Ruiz

1901-1936

 

Né le 16 mai 1901 à Trevélez (Grenade), et baptisé deux jours plus tard, Enrique fit ses études au séminaire de Grenade.

Ordonné prêtre vers 1926, il fut chargé de la paroisse de Nacimiento en 1928. Ce fut toute sa vie sacerdotale, admirée et estimée de ses paroissiens.

Quand se déchaîna la persécution religieuse de l’été 1936, les miliciens voulaient absolument le faire partir de la paroisse, car il y faisait trop de bien. Don Enrique refusa de partir : Si je m’en vais, qui est-ce qui va leur célébrer la Messe ?

Peu après cependant, on força sa porte, on l’arrêta et on l’envoya à la prison d’Almería. De là, on l’expédia sur le bateau-prison Astoy Mendi où, comme on l’a vu, se trouvaient bien d’autres prêtres et surtout les deux évêques d’Almería et de Guadix.

Les 30 et 31 août, le soir, les miliciens vinrent appeler certains d’entre eux. Don Enrique n’était ni dans la liste du 30 ni dans celle du 31. Au terme de l’appel du 31, il se leva spontanément et rappela qu’il était prêtre, lui aussi. Un voisin lui disait de se taire, mais lui : Le Christ m’appelle ! On l’emmena donc lui aussi, au Pozo de la Lagarta.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Enrique López Ruiz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

José María Palacio Montes

1901-1936

 

Il naquit le 9 novembre 1901 à Bimenes (Asturies), et fut baptisé le lendemain.

Très jeune orphelin de père, il fut aidé par son grand-père qui l’inscrivit à onze ans à l’école apostolique dominicaine de Corias.

Là, l’adolescent entra au noviciat. Il fit la profession en 1917 et étudia la philosophie avant de passer à Salamanque pour la théologie, et fut ordonné prêtre en 1925.

Il obtint le grade de lector en théologie.

Il enseigna à Las Caldas de Besaya, avant de faire le service militaire à Larache en 1926.

Il fut professeur à Corias puis à Salamanque ; il publia un Enchiridion sur la propriété, et des articles variés dans les revues dominicaines.

On l’envoya se reposer à Corias, où le surprit la révolution.

Lors de la révolution de 1936, le père José fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit des tortures indescriptibles, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro (Santiago) Vega Ponce

1902-1936

 

Il naquit le 26 juillet 1902 à Mayorga de Campos (Valladolid), fut baptisé le lendemain et confirmé en 1906.

De famille très pauvre, il dut travailler durement pour survivre, de sorte qu’il n’apprit pas même à lire.

Au contact avec les Dominicaines, il entendit l’appel de Dieu et demanda à être admis comme Frère convers à Corias, où il prit l’habit en 1935.

Au vote pour l’admettre à la profession, il fut admis à l’unanimité, mais la Providence avait préparé autre chose pour le Frère : les événements ne lui laissèrent pas le temps de faire cette profession.

Lors de la révolution de 1936, le frère Pedro fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit mille tortures et vexations, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936.

Lui qui n’avait pas pu étudier comme les autres, fut cependant leur Compagnon de martyre et de gloire dans le Ciel.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Martín Abad

1902-1936

 

Né le 30 novembre 1902  à Vera (Almería), il fut consacré au Sacré-Cœur par ses parents dès sa naissance, et fut baptisé trois jours plus tard. Les parents tenaient un commerce.

Il fréquenta le séminaire d’Almería, où il acquit une bonne réputation d’organiste. Avant même son ordination sacerdotale (1925), il était organiste titulaire au Sacré-Cœur d’Almería, puis à la cathédrale. Il allait donner tout le reste de sa vie à la musique sacrée. C’était peut-être une passion de sa part, mais c’est parfois aussi une vraie croix : il ne devait la porter que dix ans, avant de recevoir la Couronne de la gloire.

En 1928, il fonda la très fameuse Confraternité de Jésus de Nazareth et Marie de l’Amertume, mieux connue sous le nom de El Encuentro (La Rencontre).

Lors de la persécution religieuse de l’été 1936, il se cacha dans une famille. Mais apprenant un jour que l’évêque venait d’être arrêté, il leur dit : S’ils ont pris Monseigneur l’Evêque, pourquoi n’irais-je pas moi aussi avec lui ? Il sortit de sa cachette.

Le 27 août, on l’arrêta et on l’envoya à la prison d’Almería. De là, on l’expédia sur le bateau-prison Astoy Mendi où, comme on l’a vu, se trouvaient bien d’autres prêtres et surtout les deux évêques d’Almería et de Guadix.

Il y souffrit de terribles tortures. Ayant refusé de blasphémer, il fut porté et immobilisé sur le pont ; on lui passa une corde au cou et, avec une poulie, on le pendait et on le relâchait, maintes fois. Il était déjà en bien mauvais état, quand il fut appelé au soir du 31 août, pour être emmené au Pozo de la Lagarta.

Martyrisé le 31 août 1936 et béatifié en 2017, Pedro Martín Abad sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Bernardo Cembranos Nistal

1903-1936

 

Bernardo vit le jour le 20 août 1903 à Villaquite (León, Espagne), jour de la fête de saint Bernard.

Entré chez les Capucins, il reçut l’habit en 1920 et prit le nom de Eustaquio.

Il fit la profession en 1921 comme Frère convers.

Lors des hostilités de 1936, il se trouvait dans la communauté de Gijón.

Arrêté dès le 21 juillet, il passa, dit-on, quarante jours à prier.

On le mit d’abord à travailler dans les ruines de la zone bombardée de Simancas.

Au soir du 30 août, on l’emmena pour le fusiller.

Il reçut la palme du martyre à Gijón (Asturies) le 31 août 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Fernando Grund Jiménez

1907-1936

 

Fernando Grund Jiménez naquit le 14 février 1907 à Málaga (Espagne).

Après ses premières études chez les Jésuites, il fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1931.

Il fut envoyé à Almería comme prédicateur en milieu ouvrier.

Dès le début de la guerre civile, il chercha à trouver refuge avec son Confrère, le p. Tomás Morales y Morales, chez des amis, mais on les reconnut dans la rue. On les mit en prison, puis dans un bateau-prison du port, le Astoy Mendi, où se trouvaient déjà d’autres Religieux.

On les en fit sortir le 30 août et, dans la nuit, on les fusilla au lieu-dit Pozo de La Lagarta (Tabernas, Almería).

Fernando Grund Jiménez devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 31 août.

 

 

Tomás Morales y Morales

1907-1936

 

Tomás Morales y Morales naquit le 12 juillet 1907 à Carrizal de Ingenio (Las Palmas, Canaries, Espagne), un des neuf enfants de José Morales, un simple ouvrier, et d’Andrea Morales.

Entré dans l’Ordre des Dominicains, il fit la profession en 1924 et fut ordonné prêtre en 1931.

Il fut aux couvents d’Almagro et de Ciudad Real.

En 1933, il fut nommé professeur de grec et d’hébreu au collège d’Almería, car il était très spécialisé dans les langues anciennes ; il savait aussi l’arabe.

Tomas travailla avec ardeur au service de la jeunesse, comme professeur, comme respondable d’Action Catholique.

Malgré cet impact de formateur, il fut vite dans l’œil de mire des marxistes. Dès le début de la guerre civile, il chercha à trouver refuge avec son Confrère, le p.Fernando Grund Jiménez, chez des amis, mais on les reconnut dans la rue. On les mit en prison, puis dans un bateau-prison du port, le Astoy Mendi, où se trouvaient déjà d’autres Religieux.

On les en fit sortir le 30 août et, dans la nuit, on les fusilla au lieu-dit Pozo de La Lagarta (Tabernas, Almería).

Tomás Morales y Morales devrait être béatifié en 2020, et inscrit au Martyrologe le 31 août.

 

 

Ángel Noguera Gallegos

1908-1936

 

Il eut la fortune de naître le 8 décembre 1908 à Grenade, en la fête de l’Immaculée Conception de Marie. Sa sœur s’appelait Antonia.

Petit garçon, il allait volontiers à l’église pour prier : Je vais tenir compagnie à la Vierge, elle est toute seule.

Il entra au séminaire de Grenade. Peu après, son père dut être amputé d’une jambe et ne pouvait plus travailler. La maman chercha à apprendre le métier de sage-femme, mais le papa trouva à son fils un travail d’écrivain public.

Malgré cette épreuve, Ángel continua sa formation et fut ordonné prêtre en 1933.

 

La paroisse où il fut nommé n’avait pas que de pieux fidèles : des partisans laïcistes ne se gênaient pas pour le menacer, et ouvertement. Mais don Ángel continuait son travail apostolique. Il n’hésitait pas à jouer avec les adolescents à la pelote et remontait sa soutane pour courir avec eux, cherchant par là à les attirer et les gagner au Seigneur. Mais pour cet «écart», il fut muté à Alboloduy en 1935.

Quand la persécution religieuse éclata, la mère d’Ángel le supplia de revenir à Grenade, mais il refusa. Il accepta juste de se réfugier avec un autre prêtre, don José Gómez Matarín (v. plus haut) dans une ferme ; jusqu’au 24 juillet, ils purent célébrer la Messe dans l’église puis, celle-ci ayant été incendiée, ils célébrèrent à la maison. On les arrêta le 6 août.

Comme on l’a vu pour don José, don Ángel fut mis en prison à Almería, de là au bateau-prison Astoy Mendi, où il retrouva l’évêque don Diego. Quand celui-ci fut «appelé» au soir du 30 août, tous les prêtres voulurent l’accompagner, mais le responsable leur dit de ne pas se donner tant de peine, qu’il allait tous les massacrer le lendemain.

Don Ángel fut ainsi martyrisé au Pozo de la Lagarta le lendemain, 31 août 1936 ; il avait vingt-sept ans.

Béatifié en 2017, Ángel Noguera Gallegos sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 31 août.

 

 

Isidro Ordóñez Díez

1909-1936

 

Il naquit le 15 mai 1909 à Campohermoso (León), fut baptisé le lendemain et confirmé en 1914.

Il entra à l’école apostolique de Corias en 1920, fit la profession en 1926, étudia la philosophie avant de passer à Salamanque pour la théologie, et fut ordonné prêtre en 1932.

La première Messe, il la célébra au sanctuaire de Notre-Dame de Montesclaros (Santander), en la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet).

Il acheva les études à Salamanque et fut nommé maître des novices assistant, et sacristain.

Il fut professeur à Corias, où il enseigna le latin, la rhétorique et l’histoire.

Lors de la révolution de 1936, le père Isidro fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit mille tortures et vexations, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936. Son cadavre fut jeté dans un puits de mine.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Cristóbal Iturriaga-Echevarría Irazola

1915-1936

 

Il naquit le 11 juillet 1915 à Abadiano (Biscaye), fut baptisé le jour même et confirmé en 1919.

Durant son enfance, il se distinguait des autres garçons par sa piété. Ayant rencontré des Religieuses dominicaines, il entendit l’appel de Dieu.

Il entra à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya (Santander) en 1927, mais n’était pas vraiment fait pour les études ; aussi demanda-t-il à être admis comme Frère convers et fit la profession en 1934, à Salamanque.

Il fut envoyé à Corias, où il s’occupa (entre autres) du four à pain.

Ce fut un Frère exemplaire.

Lors de la révolution de 1936, le frère Cristóbal fut fait prisonnier dans le couvent même, où il souffrit mille tortures et vexations, de même qu’à Sama de Langreo, où il fut transféré avec d’autres pères le 19 août.

Il fut martyrisé à El Pinar de Lada (Sama de Langreo) le 31 août 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Pere Tarrés i Claret

1905-1950

 

Pere naquit le 30 mai 1905 à Manresa (Barcelona, Catalogne en Espagne).

Ses parents sont Francesc Tarrés Puigdellívol et Carme Claret Masats, des croyants très pratiquants. Avant Pere, il y a deux filles : Francisca et María.

Pere est baptisé le 4 juin ; il sera confirmé en 1910 et fera sa Première Communion en 1913.

A cause du travail du papa, qui est mécanicien, la famille se déplace plusieurs fois, à Badalona, à Mataró, à Barcelone, de nouveau à Manresa, où Pere fait ses études chez les pères Jésuites.

Pere est un garçon joyeux, ouvert, affectueux chez lui, amant de la nature, mais aussi contemplatif, poète à ses heures.

Il aide souvent la pharmacien Josep Balaguer, qui l’encourage à continuer ses études. Il obtient une bourse pour arriver jusqu’au baccalauréat, au collège Saint-Ignace, puis grâce à quelques médecins qui l’aiment bien, il fréquente la faculté de médecine à Barcelone.

En 1921, il fréquente l’oratoire de saint Filippo Neri et, de 1922 à 1936, il est fils spirituel du père Jaume Serra. De plus, il est membre de la Fédération Jeunes Chrétiens, montrant un profond zèle apostolique. La Fédération, que nous appelons en France l’Action Catholique, exige de ses membres la prière, l’étude et l’action. Pere reçoit diverses charges dans cette Fédération : pour lui, le secret de la vie spirituelle, c’est la dévotion à la Sainte Eucharistie et l’amour filial envers la Mère de Dieu.

1925 est l’année de la mort de son père ; peu après sa mère reste invalide après un accident.

En 1927, en accord avec son directeur spirituel, il fait à Noël le vœu de chasteté, à Monistrol de Calders.

L’année 1928 est décisive : Pere a terminé le cycle de ses études de Médecine avec “mention extraordinaire”, et s’établit à Barcelone, où il ouvre avec un ami, Gerardo Manresa, un sanatorium sous le patronage de Notre-Dame-de-la-Merci.

Les deux sœurs de Pere entrent en religion chez les Sœurs Conceptionnistes.

La vie de Pere est empreinte de charité et de piété ; auprès des malades il est attentif, sans jamais perdre sa joie communicative.

En juillet 1936, il est en train de suivre les exercices spirituels à Monserrat, qui sont interrompus à cause du soulèvement national. Pere va courageusement demander aux autorités de protéger le monastère contre les exactions des manifestants.

Réfugié à Barcelone, il réussit à porter la Communion à ceux qui sont persécutés par les miliciens rouges, et échappe à une perquisition à son domicile.

En juin 1938, il doit s’enrôler comme médecin dans l’armée républicaine. Ce sera ses propres soldats qui demanderont de le promouvoir au grade de capitaine, tant il était courageux et dévoué pour eux.

Il prenait sur son temps libre pour étudier le latin et la philosophie, en vue de se préparer au sacerdoce, et ne perdait pas une occasion de manifester sa foi catholique.

En janvier 1939, il reprend ses activités médicales à Barcelone, ainsi que dans l’Action Catholique, et entre au séminaire de Barcelone en septembre.

Sa mère meurt en 1941 : c’est l’année où il reçoit les premières ordinations, à l’époque la tonsure, qui précédait les quatre ordres mineurs (portier, lecteur, exorciste, acolyte), et le sous-diaconat. Il est ordonné diacre, et enfin prêtre en 1942.

Il est vicaire à San Esteban de Sesrovires, puis l’évêque l’envoie faire sa licence de Théologie à l’université pontificale de Salamanque (1944).

Il est ensuite aumônier de l’Action Catholique : vice-directeur diocésain pour les jeunes, puis pour les jeunes filles de la paroisse de Saint Vincent de Sarriá, pour pour les Franciscaines de l’Immaculée Conception.

Ces multiples responsabilités ne lui ménagent pas les difficultés et les souffrances intérieures, qu’il domine par la charité, la prudence, la force intérieure. Comme il l’écrit dans son journal personnel, il est totalement immergé dans l’océan de l’apostolat, il en est profondément heureux.

Durant les vacances, il se rend au sanctuaire de la Vierge de Nuria (Gerona) à 2000 mètres d’altitude, où il reçoit de nombreux groupes de jeunes de l’Action Catholique.

Pere semble infatigable, et irremplaçable. A ses activités s’ajoutent successivement, de 1946 à 1949, l’assistance spirituelle à d’autres groupes : les oblats laïcs bénédictins (Monserrat), anciens chanteurs au monastère ; l’œuvre de la Visitation (pour l’assistance matérielle et spirituelle des malades pauvres) ; école catholique pour la formation sociale, de Barcelone ; confesseur au Séminaire ; délégué diocésain pour la Protection de la Femme ; hôpital des “Magdalenas”, où sont hospitalisées les femmes prostituées en phase terminale ; paroisse Sainte-Anne de Barcelone.

En 1950, on lui diagnostique un lymphosarcome lymphoblastique. Il prend la nouvelle avec total abandon de soi à Dieu, offrant sa vie pour la sanctification des prêtres.

Il meurt dans sa propre clinique, le 31 août 1950.

Il sera béatifié en 2004.

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