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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 23:00

05 SEPTEMBRE

 

I.

S Romulus, intendant du palais de Trajan, à qui il reprocha sa cruauté, martyr.

Ste Raïssa, martyre à Alexandrie, une des quatre filles de l'apôtre Philippe (ou bien : IV., fille d'un prêtre de Tamieh, sur la frontière du désert de Libye).

IV.

SS Eudoxe, Zénon, Macaire, martyrs à Mélitène.

S Anianus, évêque à Besançon., constructeur de l'église des ss. Ferréol et Ferjeux.

SS Urbanus, Theodoros, Menedemos, trois des quelque quatre-vingts clercs et laïcs entassés sur un vaisseau qu'on fit brûler en mer près de Nicomédie.

?

SS Acontus, Nonnus, Herculanus et Taurinus, martyrs à Porto.

S Quintus, martyr à Capoue.

V.

S Taurin, énigmatique évêque à Auch. 

S Arateur, évêque à Verdun.

VI.

S Génébaud, premier évêque à Laon : il avait épousé la nièce de s.Remi et ils vivaient séparés, voulant être consacrés à Dieu ; s.Remi le consacra évêque du nouveau diocèse ; Génébaud reçut souvent sa femme : il en eut un fils et une fille, qu'il appela Larron et Vulpecula ; il avoua sa faute à Remi, qui le fit enfermer dans une cellule avec un lit en forme de cercueil, pendant sept ans, au bout desquels un ange avertit Remi de délivrer Génébaud ; il reprit ses fonctions, mourut en paix et son fils lui succéda.

VII.

S Anséric, évêque à Soissons.

S Bertin, abbé à Sithiu.

? Ste Obdulia, vierge à Tolède. 

X.

Ste Madruyna, abbesse à Barcelone et martyre : faite esclave à Majorque, elle s'enfuit, mais fut blessée et en mourut.

XI.

S Alberto, abbé à Butrio, qui changea l'eau en vin pour prouver son innocence.

XII.

B Giovanni il Bono de Siponte, fondateur du monastère Saint-Michel sur la côte dalmate.

XIV.

B Gentile de Matelica, franciscain italien martyr en Perse.

XVII.

B William Browne, laïc anglais martyr, pendu à Ripon.

XVIII.

B Florent Dumontet de Cardaillac, aumônier de la comtesse de Provence, déporté aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

SS Phêrô Nguyên Van Tu et Giuse Hoàng Luong Canh, l'un prêtre dominicain et l'autre médecin, vietnamiens martyrs, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2017 :

Clarétains : près de Barcelone, les prêtres Josep Puig Bret, Mateu Casals Mas, Jaume Girón Puigmitjà (*1860, 1883, 1887) ; les profès Josep Clavería Mas, Joan Rafí Figuerola, Josep Solé Maimó, Josep Cardona Dalmases (*1875, 1885, 1890, 1916).

Ste Agnes Gonxha Bojaxhiu (Mère Teresa de Calcutta, 1910-1997), d'origine albanaise, religieuse en Irlande chez les sœurs de Notre-Dame de Lorette, puis fondatrice à Calcutta d'une double congrégation de Missionnaires de la Charité au service des malades et des abandonnés ; béatifiée en 2003, canonisée en 2016.

 

Romulus de Rome
1er siècle

Ce saint romain aurait été l’intendant du palais de Trajan.
Devant la cruauté de l’empereur pour les Chrétiens, il aurait vivement protesté, se méritant par là d’être copieusement battu de verges, puis décapité.
Le récit qu’on a de sa Passio n’ayant pas donné suffisamment de preuves historiques, le courageux Martyr n’a pas été retenu dans l’édition actuelle du Martyrologe.
Il était précédemment mentionné au 5 septembre.

Acontus, Nonnus, Herculanus, Taurinus de Portus Augusti
?

Ces quatre Martyrs ne sont connus que par leur nom.
Le lieu de leur martyre, Portus Augusti ou Portus Romanus, est l’immense port que les empereurs romains firent construire non loin d’Ostie (Italie C) pour accueillir les nombreux et grands navires. 
Le Martyrologe Romain mentionne Acontus, Nonnus, Herculanus et Taurinus de Portus Augusti au 5 septembre.

Nota. L’édition actuelle du Martyrologe écrit Acontus ; c’était autrefois Acontius.


Quintus de Capoue
?

Quintus est un martyr honoré à Capoue, peut-être un enfant.
La date de son martyre est inconnue.
Le Martyrologe Romain mentionne s.Quintus de Capoue au 5 septembre.


Raïssa
4e siècle

Cette jeune fille qu’on avait présentée comme une des quatre filles de l’apôtre Philippe, s’est révélée être la fille d’un prêtre païen de Tamieh, dans le désert de Libye.
Elle avait vingt ans au moment de la persécution de Dioclétien (304).
Croisant un cortège de chrétiens prisonniers, qu’on conduisait à Alexandrie au milieu de mille douleurs et mille insultes, pour ensuite les y mettre à mort, elle protesta et voulut se joindre au groupe.
N’étant pas prévue dans la procédure, elle fut d’abord repoussée, mais elle persévéra dans son intention ; elle était si déterminée, qu’elle blasphémait contre tous les dieux païens, responsables de tant d’iniquités.
Les bourreaux furent convaincus de la «garder», et lui firent subir la décapitation.
Sainte Raïssa aurait été martyrisée le 5 septembre 304, mais ne se trouve pas dans les Martyrologes. Son nom est fréquemment donné en Russie.


Urbanus, Theodoros, Menedemos à Nicomédie
† 370

L’empereur Valens, qui n’était pas particulièrement théologien, favorisait l’arianisme et persécuta les Chrétiens.
A Constantinople, il fit arrêter quelque quatre-vingts clercs et laïcs, qu’il fit entasser sur un vieux navire, avec ordre de conduire le bâtiment au large de Nicomédie  (Bithynie, act. Izmit, Turquie NW) et d’y mettre le feu.
Parmi les victimes de cette fureur, on a retenu trois noms : Urbanus, Theodoros et Menedemos.
La date de cet épisode est 370. 
L’empereur mourut huit ans plus tard, percé d’une flèche, alors que son armée si puissante était complètement écrasée à Andrinople (Thrace).
Le Martyrologe Romain mentionne Urbanus, Theodoros, Menedemos et leurs Compagnons de Nicomédie au 5 septembre.


Bertin de Sithiu
610-709

Le monastère de Sithiu (Pas-de-Calais) remontait à saint Omer (v. 1er novembre). Son premier abbé fut Mommelin, auquel succéda Bertin vers 661, lorsque Mommelin devint évêque de Noyon (v. 16 octobre).
Bertin gouverna l’abbaye pendant près d’un demi-siècle, jusqu’à sa mort.
On le rencontre en divers actes importants. En 663, Omer et Bertin édifièrent sur une hauteur près de Sithiu, une église dédiée à Notre-Dame, avec un cimetière. Cette même année, Omer concéda à l’abbaye de Sithiu un privilège qui la détacha de toute éventuelle emprise de l’autorité épiscopale. En 675, Bertin assista à la lecture solennelle du testament de s.Amand, le grand apôtre de la Belgique (v. 6 février).
Quand Bertin mourut, en 709, il était quasi centenaire.
L’abbaye de Sithiu, devenue abbaye Saint-Bertin, ne nous offre plus aujourd’hui que de tristes ruines.
Saint Bertin est commémoré le 5 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Alberto de Butrio

† 1073

 

Tous les documents concernant Alberto semblent avoir irrémédiablement disparu. Il nous reste quelque tradition.

Vers 1030, Alberto vint s’installer dans la solitude proche de la petite vallée du Borrione.

Sa prière obtint la guérison d’un petit enfant muet du marquis de Casasco, lequel fit construire une église pour permettre à Albert et à ses disciples de célébrer l’office divin.

A partir de là s’éleva bientôt un monastère, l’abbaye de Butrio (Tortona, Italie NO) et Alberto en aurait été le premier abbé. On y observait la Règle bénédictine.

L’unanimité dut être momentanément battue en brèche par l’Ennemi de la paix, et quelque moine se crut en devoir de dénoncer l’Abbé qui, selon lui, ne satisfaisait pas l’obligation du jeûne.

L’affaire dut prendre de l’ampleur, car Alberto dut se déplacer jusqu’à Rome pour plaider sa cause devant le pape. En plein repas, servi au pape, à trois cardinaux et à notre Alberto, celui-ci changea devant eux l’eau de la table en vin, prouvant ainsi son innocence et sa soumission à l’Eglise. Une fresque ancienne illustre ce miracle.

L’abbaye eut un essor assez rapide et important ; elle avait des possessions jusqu’à Plaisance, Pavie, Alessandria et Gênes.

Alberto s’éteignit vers 1073. Si l’on n’a pas de dates plus précises, on sait que le culte de s.Alberto est ancien, quoique assez localisé.

L’abbaye fut le refuge d’Edouard Plantagenet, de Friedrich Barbarossa, de Dante Alighieri ; elle déclina au 15e siècle, fut abandonnée au 16e pour servir de paroisse ; grande partie des bâtiments tombèrent en ruine et l’abbaye fut supprimée au 19e siècle. Au 20e siècle, s.Luigi Orione (v. 12 mars) y installa une petite communauté.

Saint Alberto de Butrio est commémoré le 5 septembre dans le Martyrologe Romain.

Giovanni il Buono de Siponto

fin 12e siècle

 

On a vu le 20 juin l’origine de la congrégation bénédictine de Pulsano, avec s. Giovanni de Matera.

La congrégation compta jusqu’à une vingtaine de monastères, mais s’éteignit au 14e siècle. Récemment cependant, le monastère de Pulsano a été repris par une congrégation à la fois bénédictine et basilienne, où les moines des deux communautés partagent leurs occupations quotidiennes et maintiennent les deux liturgies, orientale et romaine.

Giovanni il Buono (Jean le Bon) était originaire de Siponto. La localité de Siponto se trouve dans le «galon» de la botte italienne, une région directement influencée par la Règle de Pulsano.

Après avoir reçu sa formation, il émigra en face de l’Italie, sur une petite île de l’actuelle Croatie, l’île de Mljet et là il construisit le monastère de Saint-Michel.

Giovanni devait avoir un caractère immensément doux (pour les autres), pour les pauvres et les bisogneux et se mérita le surnom de Bon, mais on a du mal à trouver quelques traits de cette bonté. Quelle humilité !

Le bienheureux Giovanni est mentionné au Martyrologe Romain le 5 septembre, alors qu’on en a retiré les noms des deux successeurs de Giovanni de Matera, les bienheureux Giordano et Gioele.

 

 

Gentile Finaguerra de Matelica

1290-1340

 

Il est agréable de porter un tel prénom : Gentile naquit en 1290 dans la noble famille des Finaguerra à Matelica (Italie CE).

Conquis par l’idéal franciscain, il en prit l’habit et reçut le sacerdoce.

Après une intense activité de prédication en diverses régions d’Italie, il voulut imiter davantage saint François et se retira sur le mont Alverne. Sa profondeur d’esprit le fit mettre plusieurs fois à la tête du couvent.

Il fut alors envoyé en Egypte pour y prêcher l’Evangile. Arrivé là-bas, il eut tant de difficulté à apprendre l’arabe, qu’il serait reparti pour l’Italie si, par une intervention divine, il n’avait pas rapidement appris à s’exprimer  non seulement en arabe, mais dans les langues des pays voisins. C’est ainsi qu’après l’Egypte, il alla évangéliser dans la péninsule du Sinaï, en Palestine, en Turquie, jusqu’en Perse.

Les conversions furent très nombreuses, au point d’inquiéter les autorités. On sait que le texte du Coran maudit ceux qui passent de l’Islam au Christianisme. Encore aujourd’hui, les convertis risquent la mort pour cette «trahison».

Gentile était en train de prêcher à Tauris (actuelle Tabriz, Azerbaïdjan), lorsqu’un groupe de Musulmans se saisirent de lui et le décapitèrent d’un coup de cimeterre, le 5 septembre 1340.

Gentile fut honoré comme martyr du Christ et son corps fut ramené à Venise.

Son culte fut reconnu en 1795, mais il n’est pas mentionné au Martyrologe Romain.

 

 

William Browne

?-1605

 

William était né à Northampton (Angleterre).

Ce prêtre exerça le saint ministère auprès des Catholiques clandestins d’Angleterre.

Arrêté, il fut condamné à mort.

William Browne mourut en martyr à Ripon, le 5 septembre 1605.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Florent Dumontet de Cardaillac

1749-1794

 

Il était né le 8 février 1749, à Saint-Médard (Haute-Vienne).

Prêtre, chanoine et vicaire général du diocèse de Castres.

Il était l’aumônier de Monsieur (frère de Louis XVI et futur Louis XVIII) et de la Comtesse de Provence.

Cet humble prêtre, petit de taille mais haut en mérites, après avoir passé plusieurs années à la cour, s’en éloigna avant même la Révolution. Il savait, par sa vivacité et sa délicatesse, réconcilier les mondains avec la dévotion. Il était plein d’esprit, ingénieux, courageux, zélé et charitable tout à la fois.

Rempli d’affection pour sa sainte et vénérable mère, il s’était efforcé, pour rester auprès d’elle, de ne pas s’exposer et d’éviter ainsi la déportation, mais il fut pris dans le filet des révolutionnaires  et «entassé» à bord du navire négrier Deux-Associés (aux pontons de Rochefort).

Sa charité naturelle le poussa à assister avec un zèle tout fraternel ses Confrères plus malades que lui, leur fournissant tout ce qu’il pouvait de bouillons et tisanes, et même de médicaments, qu’il se procurait discrètement à prix d’or, ayant réussi à dissimuler un petit magot, dont il se servait ainsi pour exercer la charité.

Il complétait tout cela par ses exhortations profondes et fortifiantes, autant que fraternelles.

Unanimement regretté, il mourut le 5 septembre 1794.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Giuse Hoàng Lưong Cảnh

1763-1838

 

Né vers 1763 à Làng Văn (Bắc Giang, Vietnam), Giuse (Joseph) était un laïc, du Tiers-Ordre dominicain et catéchiste.

Sur les circonstances de son arrestation et de sa condamnation, on lira avec profit la notice de Phêrô Nguyễn Văn Tự, martyrisé le même jour.

Giuse reçut la couronne du martyre le 5 septembre 1838 à Bắc Ninh Tai (Vietnam).

Il a été béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Une fête liturgique célèbre l’ensemble des Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

 

 

Phêrô Nguyễn Văn Tự

1796-1838

 

Né vers 1796 à Ninh Cường (Nam Ɖịnh, Vietnam), Phêrô (Pierre) entra dans l’Ordre dominicain et fut ordonné prêtre en 1826.

C’est grâce à un catéchiste témoin oculaire, qu’on connaît les actes de ce Martyr.

Le 29 juin 1838, jour de la fête de saint Pierre, un mandarin militaire, à la tête d’une troupe, cerna le village où le Dominicain était caché ; averti à temps, il eut le temps de s’enfuir avec son catéchiste, Ɖaminh Bùi Văn Úy, dans un village voisin ; mais il fut dénoncé et arrêté. 

A peu près à la même époque furent pris cinq chrétiens : un catéchiste très dévoué au père Tự, Phanxicô Xaviê Hà Trọng Mậu, qui avait la garde d’un presbytère proche de Ɖuc Trai ; un vieillard de soixante-dix ans, Giuse Hoàng Lưong Cảnh, tertiaire dominicain ; deux journaliers, Augustinô Mới et Stêphanô Nguyễn Văn Vinh ; et un jeune père de famille de vingt-sept ans, Tôma Nguyễn Văn Ɖệ.

Tous comparurent ensemble et on les pressa de fouler aux pieds le crucifix, conformément aux instructions royales ; le refus fut énergique et accompagné d’un enseignement sur la signification de la Croix et sur la doctrine chrétienne. La sentence qui fut prononcée contre les sept compagnons était ainsi rédigée : 

Bien que le christianisme ait été plusieurs fois proscrit, les docteurs européens continuent à rester dans ce royaume et à l’infester de leurs erreurs. Le peuple, dans son ignorance, se laisse prendre à leurs artifices, adopte tous leurs mensonges comme des vérités, et s’y attache si fortement que c’est merveille lorsqu’on voit un chrétien abandonner sa religion. Les missionnaires sont l’objet d’un grand dévouement de la part de ceux qu’ils ont trompés ; on les cache au mépris de la loi qui les condamne ; il n’est pas de peine qu’on ne se donne pour mettre leurs vies à l’abri des dangers. Nous pensons que des châtiments sévères pourront seuls apporter un remède à ce désordre et faire rentrer les chrétiens dans le devoir. 

C’est pourquoi nous condamnons Văn Tự et Hoàng Cảnh à être étranglés ; Úy et Mới, serviteurs de Văn Tự, à recevoir cent coups, après quoi ils seront exilés à mille lieues de leur pays dans la province de Binh-Ɖinh pour y être occupés aux travaux forcés. La même peine est prononcée contre Ɖệ, Vinh et Mới, pour les punir de leur incorrigible attachement à la loi chrétienne.

La formulation de la sentence est révélatrice, et même a posteriori un éloge des Chrétiens vietnamiens. Certes, il y eut des défaillances, mais aussi des Martyrs héroïques, jusqu’au bout.

La sentence devait être approuvée par le roi, qui désirait surtout des apostasies, plutôt que de faire des martyrs. Il y eut donc un second procès, plus long, à partir du 9 août. En-dehors des séances, les prisonniers furent durement maltraités dans leur prison.

Le 27, une nouvelle sentence fut prononcée, assez semblable à la première, mais que le roi cassa, ordonnant la décapitation immédiate du prêtre et du vieux catéchiste, et la mort sur le gibet des autres prisonniers après une détention dont la durée n’était pas spécifiée (elle devait durer jusqu’en décembre de l’année suivante).

Le jour de son exécution, le père Phêrô revêtit l’habit de son Ordre ; au mandarin qui lui en demandait la signification, il répondit : Ce vêtement blanc est l’habit de notre Ordre ; sa blancheur est le symbole de la pureté qu’un chrétien préfère à tous les trésors ; ceci est la croix que je vénère ; puisque je donne ma vie pour n’avoir pas voulu la profaner, je demande à la tenir dans mes bras jusqu’à mon dernier soupir.

Le père Phêrô Nguyễn Văn Tự reçut la couronne du martyre le 5 septembre 1838 à Bắc Ninh Tai (Vietnam), ainsi que le catéchiste Giuse ; tous les autres, le 19 décembre 1839.

Ils ont été béatifiés en 1900 et canonisés en 1988.

Une fête liturgique célèbre l’ensemble des Martyrs vietnamiens, le 24 novembre.

Josep Puig Bret
1860-1936

Né le 28 avril 1860 à Cistella (Girona) et baptisé le lendemain, Josep Juan Esteban était le fils de Francisco et María.

Après le Petit séminaire qu’il fit à Girona, il entra en 1879 au postulat des Pères clarétains à Thuir (Pyrénées Orientales, France), où il fit aussi son noviciat, achevé par la profession en 1880. Puis il alla à Gracia (Barcelone) pour la théologie.

Il reçut les Ordres entre 1881 et 1883. Pour être ordonné prêtre, il lui «manquait» sept mois aux vingt-quatre ans canoniques : il fallut avoir une dispense d’âge de la Congrégation vaticane.

En 1884, il fut envoyé au Mexique : professeur à Toluca, supérieur à Mexico, où il devait restaurer l’église de fond en comble. La situation en général n’était pas facile et le p.Josep souffrit beaucoup de calomnies diverses ; il fut transféré à Puebla de los Ángeles (1898), Orizaba (1900), où il supporta humblement encore bien des contradictions.

En 1903, il revint en Espagne : Vic, puis La Selva del Campo (1906), Barcelone : dans cette maison généralice, il s’occupa beaucoup des éditions clarétaines. Puis il reçut diverses missions à La Selva, à Sallent, à Solsona ; en 1933, il fut envoyé à Sabadell.

Dans cette localité, la persécution s’annonça dès 1934. A partir du 19 juillet 1936, les membres de la communauté se dispersèrent dans des maisons d’amis : le p.Josep se réfugia comme «vieillard» chez les Petites Sœurs des Pauvres, et c’est là qu’il fut arrêté le 4 août.

Tous les autres membres de la communauté furent arrêtés les uns après les autres et se retrouvèrent en prison, pendant un mois, reprenant en quelque sorte leur vie de communauté, au point que le p.Josep écrivait : Nous allons bien, on est un peu comme à la maison.

Le 4 septembre peu avant minuit, on fit sortir de la prison les trois prêtres clarétains sans beaucoup de ménagement et on les emmena sur la route de Castellar, où on les fusilla, au petit matin du 5 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Puig Bret sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Josep Clavería Mas
1875-1936

Il naquit le 29 août 1875 à Vic (Barcelone) ; on a perdu les dates de son baptême et de sa confirmation, car les registres paroissiaux ont été détruits lors de la révolution marxiste de 1936.

Il était un des six enfants d’un humble ouvrier, Segismundo, époux de Rosa.

Il entra comme frère convers chez les Pères clarétains en 1900, fit la profession en 1901 et fut sacristain à Cervera, puis à Sabadell (1913).

Il était resté «frère» à cause de sa difficulté à l’étude, mais il était très diligent pour rendre service.

Comme ceux de la communauté de Sabadell, il dut quitter la maison le 19 juillet 1936. Le 20, il put y retourner avec les autres pour la célébration de la Messe et tous repartirent dans leurs cachettes à midi. Le soir, il accompagna le p.Puig chez les Petites Sœurs des Pauvres. Ils y restèrent jusqu’au 4 août.

Ce jour-là dans la soirée, arrivèrent des miliciens pour les arrêter : Maintenant, on va vous conduire à un endroit où vous serez bien mieux qu’ici. C’était la prison, où ils retrouvèrent d’autres Confrères.

Au bout d’un mois, on vint les réveiller le 4 septembre peu avant minuit ; emmenés à la localité Terrasa, ils furent fusillés le 5 septembre 1936 vers 5 heures du matin.

Béatifié en 2017, Josep Clavería Mas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Joan Rafí Figuerola
1875-1936

Né le 30 octobre 1875 à Vilabella (Tarragona), il fut ondoyé par sa marraine le jour-même, car on le croyait en danger mortel ; les rites furent complétés dès le lendemain. Il s’appelait Joan Pedro Antonio. Ses parents, José et Rosa, étaient de bons chrétiens et eurent la grâce d’avoir quatre garçons prêtres, tous dans la congrégation des Clarétains : Pablo, Joan, Jaume, Ramón.

Joan entra dans la congrégation à Cervera (1900), où il retrouvait son frère Pablo - lequel allait partir au Chili. Novice (1901), Joan fit la profession comme frère convers. Il eut la charge de tailleur. Puis on l’envoya à Pamplona, Solsona, Barcelone (Gracia), San Feliu de Guixols, Tarragona, Cartagena, Gerona, Sabadell. Partout, il était chargé des vêtements, parfois aussi de la sacristie et de l’accueil.

En 1909 à Barcelone, il fut témoin de la Semaine Tragique, durant laquelle la maison et l’église furent détruites.

Le 19 juillet 1936, il dut comme tout le monde évacuer la maison et se réfugier chez l’habitant, une quinzaine de jours. Il se trouvait avec le frère Cardona.

Les miliciens se présentèrent le 4 août. On leur dit que ces deux personnes étaient des élèves des Missionnaires Clarétains et les miliciens prétendirent les reconduire chez eux, en fait ils les emmenèrent à la mairie, puis en prison, où se trouvaient déjà d’autres membres de la même communauté. Ils allaient rester là pendant un mois.

Comme on l’a dit pour d’autres prêtres, les prisonniers furent réveillés au soir du 4 septembre peu avant minuit et emmenés sans trop de ménagement à Tarrasa.

C’était le 5 septembre 1936 au petit matin.

Béatifié en 2017, Joan Rafí Figuerola sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Mateu Casals Mas
1883-1936

Né le 10 septembre 1883 à Bagá (Barcelone), il fut baptisé le lendemain avec les noms de Mateu Lorenz Josep. Il était l’avant-dernier des neuf enfants de Mateo et Dolores.

Cette pieuse maman infusa dans le cœur de son fils la dévotion à la Passion du Christ, à laquelle il resta fidèle, particulièrement durant les cérémonies de la Semaine Sainte. Mais la route de l’adolescent ne fut pas une trajectoire en ligne droite ; il connut ses «libertés» et prit le temps de travailler dans les champs et dans les bois, puis comme tisserand. Après la mort de sa mère (1897), il commença à se «convertir».

Il entra au séminaire de Solsona, grâce à la générosité de sa tante ; petit à petit, il prit conscience que sa vraie vocation le conduisait vers les Pères clarétains. Rejoindre la plus proche maison de cette Congrégation n’était pas facile : il fallut vaincre les oppositions de la famille, les moqueries des «amis», trouver un peu d’argent pour le voyage ; en outre, pour aller prendre le train à Ripoll (il n’avait encore jamais vu un train de sa vie), il fit neuf heures de marche à pied (près de quarante kiloomètres), pour arriver tard le soir à Vic. C’était en juillet 1902, il avait dix-neuf ans.

Il commença ainsi le noviciat ; sa conversion était profonde. Il fut sévère pour lui-même, pour son alimentation, et il s’offrit totalement à la Sainte Vierge Marie. Il avait de très bonnes dispositions morales et intellectuelles ; il dut cependant consulter un spécialiste de Barcelone, pour quelques «troubles» nocturnes. Mais il fut rassuré et fit la profession en août 1903.

Il fit les études de philosophie à Cervera, celles de théologie à Alagón, et fut finalement ordonné prêtre en 1911.

Ses insomnies et ses maux de tête ne l’abandonnèrent pas. Mais il fut fidèle à sa vocation. On l’envoya à Aranda de Duero, puis Alagón et Solsona (1913). En 1916, il fut professeur de théologie mystique, tout en travaillant activement au salut des âmes par la prédication en divers lieux.

En 1922, il fut supérieur de Sabadell, en 1930 à Cervera, puis Solsona, de nouveau Sabadell en 1934, où il vécut les premières persécutions républicaines. Lui qui avait connu ses hésitations, était désormais considéré comme un saint.

Le 19 juillet 1936, devant abandonner leur maison, les Religieux se dispersèrent chez des amis. Le 20 juillet, le p.Mateu célébra dans la chapelle des Petites Sœurs des Pauvres. Ceci dura jusqu’au 4 août : ce jour-là, on vint l’arrêter pour l’envoyer en prison. On suppose que les révolutionnaires eurent en mains la liste des adresses où se trouvaient les Religieux clarétains.

En prison, les Clarétains organisèrent leur prière commune ; des familiers venaient leur rendre visite ; à l’un qui proposait sa maison au p.Mateu pour sa sortie de prison, il répondit qu’il pressentait qu’il mourrait avant d’être libéré. 

En effet, au soir du 4 septembre, on vint sortir tous les prisonniers, quinze en tout, qu’on emmena sur la route près de la localité San Quirico de Tarrasa ; en chemin, les condamnés chantaient à tue-tête Vive le Christ Roi, Vive le Cœur Sacré de Jésus !. On les fusilla par groupes de quatre (trois pour le dernier groupe) au matin du 5 septembre 1936 vers cinq heures.

Béatifié en 2017, Mateu Casals Mas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Jaume Girón Puigmitjà
1887-1936

Né le 11 octobre 1887 à Sant Cristóbal las Fonts (Girona), il fut baptisé le lendemain même. Contrairement à l’habitude d’alors, il ne fut pas confirmé durant son enfance, à moins qu’on n’ait pas retrouvé son acte de confirmation : le fait est qu’il fut confirmé sous condition en 1917, à vingt ans.

Le père de Jaume, Pedro, était un simple journalier ; avec son épouse, Francisca, ils durent déménager à San Pedro de las Presas, puis Olot. Jaume eut deux frères. La maman mourut en 1899 et le papa se remaria.

Jaume entendit l’appel de Dieu pendant qu’il gardait le troupeau de son père. Il commença à étudier avec le maître d’école, mais apprit pratiquement tout seul. Il ne perdait pas un moment pour lire et étudier.

Il fut reçu au Petit séminaire d’El Collell comme externe, c’est-à-dire que, pour éviter la pension trop onéreuse du séminaire, il dormait dans une famille d’accueil en échange de divers services. Jaime fit cette vie pendant six années, cheminant  toujours à pied matin et soir. Excellent élève, il fut qualifié Meritissimus maior. 

En 1909, il fit son service militaire au Maroc. En 1912, on le voit au séminaire de Gerona, pour la théologie, toujours en «externe». Mais une conférence du p.Josep Puig le convainquit d’entrer chez les Clarétains. C’est ainsi qu’il arriva au noviciat de Cervera en 1915, à vingt-huit ans.

L’année se passa de façon convainquante, Jaume fit la profession en 1916 et put achever les études de thologie pour être ordonné prêtre en 1919, à trente-deux ans. Entre temps, on le mettait déjà au travail pour enseigner la Logique.

Sitôt après son ordination, il fut envoyé à Vic comme préfet des postulants, où on le vit bien souvent dans la bibliothèque, à lire d’autres livres encore pour approfondir ses connaissances. Déjà, il passait pour un «saint». Il fonda l’Association des Mères Chréitennes. Il aurait désiré aller en mission en Chine ou en Amérique, mais on avait besoin de lui en Espagne. 

Il fut préfet des étudiants en théologie à Cervera (1925-1927), puis à Barcelone : de là, on l’envoya en différents centres religieux de France et d’Allemagne, pour observer comment s’organisaient là-bas les retraites, puis il revint à Vic, où il fut supérieur (1928). Ses prédications étaient très suivies et il fallut les déplacer dans la cathédrale.

Le p.Jaume s’occupa de la nouvelle maison du noviciat. Il eut un pressentiment : il «voyait» que cette maison allait être profanée, que les ouvriers allaient se révolter, que lui, Jaume, serait assassiné, qu’on devrait aller à la Messe en cachette, que beaucoup de prêtres mourraient…

En 1930, il fut mal soigné pour un grave mal de dents, au point qu’il en resta malade du cœur ; maigre, il prit du poids et les jambes lui pesaient.

Il fut envoyé à Solsona (1931) puis Barcelone (1932), mais pas comme supérieur. Ses prédications tournaient beaucoup autour de la question sociale, qui le préoccupait. Dès 1934, il sentait venir la révolution et priait chaque jour à la messe pour celui qui devait être son bourreau ; ce sont là ses propres paroles.

Il fut si estimé, qu’il fut désigné comme représentant de toute la province au chapitre général de 1934.

En 1934, il fut nommé supérieur de la grande maison de Cervera, charge dont il se sentait absolument incapable. Dès le mois de mai 1936, les autorités civiles l’invitèrent à quitter la maison sans tarder. Lui s’ingéniait à envoyer à Andorre le maximum de personnes de la maison, en particulier les plus jeunes. On ne l’écoutait pas, il en était découragé.

Le 21 juillet 1936, la communauté fut expulsée. Le Père trouva à se réfugier à l’hôpital de Barcelone, où les Religieuses mirent deux salles à disposition des Clarétains. 

Au mois d’août, le p.Jaume eut une grave crise de foie et resta au lit pendant deux semaines. Le 2 septembre, arriva la convocation du Père au Comité. On reparla d’une fuite pour Andorre. Il partit de l’hôpital le 3, à trois heures du matin, passa la nuit suivante dans une cabane à Torá puis, se croyant perdu, demanda son chemin à un pasteur - qui lui indiqua un mauvais chemin et alla immédiatement le dénoncer : on lui avait promis en effet qu’on le paierait suffisamment pour ses dénonciations, de sorte qu’il n’aurait plus à travailler… mais il ne reçut jamais une pièce de monnaie.

Le Père était donc en route ; il trouva bon accueil dans une ferme, mais ceux du Comité arrivèrent. On repartit pour Torá, où l’on fit la fête pour la prise du père Jaume. Ce dernier avait les pieds enflés et les chaussures toutes défaites. Il leur dit : Je suis un fils d’ouvrier, j’ai consacré ma vie aux ouvriers et vous, qui vous dites ouvriers, vous allez me tuer ? Certains furent touchés de cette déclaration, de sorte que la «sentence» de condamner à mort le Prêtre ne fut pas unanime. On l’emmena à la prison, en passant par tout le village pour bien le faire voir de tous, au milieu de moqueries, de blasphèmes, de coups. Le Père resta là de seize heures à une heure du matin.

C’est à ce moment que les miliciens décidèrent de le tuer ; certains voulaient le brûler vif, mais ils n’avaient pas assez d’essence. On le fit aller à pied de la prison au Comité ; on voulut réquisitionner un camion pour transporter le Père et les miliciens au lieu de l’exécution, mais le propriétaire du camion refusa et détacha un câble du moteur pour empêcher le camion de partir. Un autre monsieur refusa aussi de prêter sa voiture : comme on le menaçait d’être exécuté avec le Père, il se sentit contraint. Parvenu au cimetière de Castellfollit de Riubregós, ils l’obligèrent à éteindre les phares et à laisser allumé le moteur.

Il y avait là une vingtaine de miliciens. Le Père demanda à être fusillé de face. Il put aussi leur parler : Si vous me tuez, la moitié du pays portera le deuil pendant vingt ans… Ce que vous faites aujourd’hui, vous verrez qu’on vous le fera plus tard… Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Et en leur répétant qu’il leur pardonnait, la main sur le cœur : Allez, tirez droit ici ! Et en tombant : Vive le Christ Roi !

Des balles qu’il reçut, sept étaient mortelles. C’était le 5 septembre 1936 à deux heures du matin.

Béatifié en 2017, Jaume Girón Puigmitjà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Josep Solé Maimó
1890-1936

Né le 21 août 1890 à Guardiolada (Lleida), il était le fils de Isidro et Rosa.

Il apprit le métier de maçon et, à vingt-cinq ans entra chez les Pères clarétains de Cervera comme frère convers (1915).

Après la profession, il resta à Cervera comme tailleur, cuisinier et maçon ; il fut ensuite à La Selva del Campo, de nouveau à Cervera, Solsona, de nouveau à La Selva comme infirmier, car beaucoup avaient pris la grippe. Finalement, il fut envoyé à Barcelone (1935).

C’était un Religieux très serviable en même temps que très méditatif. On l’aimait beaucoup.

Le 19 juillet 1936, il fallut abandonner la maison : il réussit à rejoindre la maison clarétaine de Sabadell avec un autre Père ; les membres de la communauté s’étaient déjà éparpillés, mais celui qui gardait encore la maison leur prépara de quoi manger ; ensuite, le Frère rejoignit le p.Clavería.

Le frère Josep était inconnu à Sabadell, mais il fallait rester prudent. Encore assez leste, il accrocha une corde et se laissa glisser dans la maison voisine, qui était vide. Il le fit chaque soir et «remontait» le matin pour passer la journée avec le p.Clavería, auquel il servait la Messe et qui lui donnait la Communion. Parfois, il restait toute la journée dans sa cachette, et on lui passait un plat avec la même corde.

La 4 août, contrôle. Les miliciens ne le connaissaient pas et il aurait pu s’échapper avec sa corde, mais en entendant son nom, il se présenta, le chapelet entre ses doigts, monta sans rien dire dans la voiture qui attendait devant la porte, et fut emmené à la prison, où se trouvaient les autres Membres.

Comme cela a été dit, on les appela au soir du 4 septembre et ils furent conduits à la localité Tarrasa, où ils furent fusillés à 5 heures du matin,  le 5 septembre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Solé Maimó sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Josep Cardona Dalmases
1916-1936

Né le 31 mars 1916 à Prades-Molsosa (Lleida), il était le fils d’un ouvrier, Marcelino, et de Luisa, qui lui donnèrent au baptême les noms de Josep Amadeo Luis.

Il entra au postulat des Pères clarétain de Vic en 1930, y fit le noviciat et émit la profession en 1932.

Il fut envoyé à Cervera, et de là à Sabadell pendant quelques jours, où il fut aux cuisines, ce qui lui plaisait beaucoup. En 1934, il fut à Solsona, d’où il revint à Sabadell, toujours comme cuisinier.

Il partagea évidemment les circonstances qu’on a déjà racontées plus haut, concernant par exemple le frère Joan Rafí : évacuation de la maison clarétaine le 19 juillet 1936 et accueil en maisons de particuliers, passage à la maison le 20 pour la Messe, retour chez les particuliers, jusqu’au 4 août.

La 4 août, contrôle. On dit aux miliciens que ce jeune homme était un élève des Missionnaires Clarétains, mais eux, avec de belles promesses, l’emmenèrent immédiatement à la prison, où se trouvaient les autres Membres de la communauté. Là encore, Josep fit son travail de cuisinier.

Comme cela a été dit, on les appela au soir du 4 septembre et ils furent conduits à la localité Tarrasa ; durant le trajet, les prisonniers criaient Vive le Christ Roi ! Vive le Sacré Cœur de Jésus ! Ils furent fusillés à 5 heures du matin,  le 5 septembre 1936. Le Frère Josep avait vingt ans.

Béatifié en 2017, Josep Cardona Dalmases sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 5 septembre.


Anjezë Gonxhe Bojaxhiu
1910-1997

Anjezë (Agnès) naît en Albanie le 26 août 1910, à Skopje, de parents commerçants et catholiques. Elle a une sœur et un frère aînés : Age et Lazare.
Son père, Kol (Nikola), gère plusieurs entreprises en bâtiment, vend des produits pharmaceutiques. Il est de la région nord de l’Albanie. Fait relativement rare pour une région sous l’influence ottomane, Kol tient à ce que ses enfants fréquentent l’école ; à la maison, ils aident aux travaux domestiques et reçoivent leur éducation religieuse de leur mère.
Celle-ci, qui se nomme Drâne, leur montre l’exemple de la charité chrétienne. Son mot d’ordre est : Quand vous faites du bien, faites-le comme une pierre que vous jetez à la mer, claire réminiscence de l’Évangile, quand Jésus-Christ donne ce conseil : Quand tu fais l’aumône, que ta gauche ignore ce que fait ta droite (Mt 6:3). Les pauvres trouvent leur place à la table familiale. Drâne recommandera à Agnès : Ma fille, n’accepte jamais une bouchée qui ne soit partagée avec d’autres.
Agnès fait sa première communion à cinq ans et demi, et reçoit la confirmation à six ans.
Au lendemain de la pénible Guerre mondiale, le père d’Agnès meurt d’un malaise en 1919 ; les entreprises font faillite, Drâne doit ouvrir un atelier de couture pour subvenir aux besoins de la famille. Mais la foi reste forte : tous participent activement à la vie paroissiale (veillées de prières, offices, chorale). Agnès est soprano à la chorale, elle joue au théâtre, elle apprend la mandoline.
Vers douze ans, Agnès ressent l’attirance pour la vie religieuse, mais hésite plusieurs années, car si elle aime la solitude, elle n’a pas une bonne santé et est sujette à des rhumes chroniques.
Par le père jésuite Franjo Jambrekovic, elle s’intéresse aux missions. Après un pèlerinage au sanctuaire marial de Letnice, elle se décide pour la vie consacrée. 
Sa mère accepte volontiers (tandis que le frère, Lazare, trouve cela du “gâchis”).
Agnès quitte l’Albanie en 1928 et rejoint à Dublin (Irlande) les Sœurs de Notre-Dame de Lorette, chez qui elle apprend l’anglais ; en fin d’année, elle rejoint l’Inde pour faire son noviciat.
La pauvreté locale l’effraie : Si les gens de nos pays voyaient ces spectacles, ils cesseraient de se plaindre de leurs petits ennuis, écrit-elle à un journal de son village.
Elle fait son postulat et son noviciat à Darjeeling. En 1931, elles fait ses vœux temporaires et prend alors le nom de Mary-Teresa, pour se mettre sous le patronage de Thérèse de Lisieux, canonisée récemment et proclamée patronne des missions.
Elle travaille quelques mois dans un dispensaire au Bengale, puis devient enseignante à Calcutta de 1931 à 1937. Elle a des classes de trois-cents enfants, qui ont tôt fait de l’appeler Ma, Mère.
En 1937, elle prononce ses vœux définitifs.
Elle est directrice à l’école Sainte-Marie de Calcutta, réservée aux classes sociales supérieures. Mais elle fréquente les bidonvilles, cherchant à consoler les plus démunis.
En 1946, elle perçoit comme un appel céleste très clair : elle doit sortir de son couvent pour aller vivre au milieu des pauvres. C’est le 10 septembre 1946.
Elle tombe malade et reçoit des soins pour un début de tuberculose. Elle médite et mûrit son appel. L’évêque demande à Rome l’autorisation de l’exclaustration pour Mary-Teresa : cette autorisation est accordée par Pie XII, pour un an.
Elle se confectionne un sari bleu et blanc et se sépare avec difficulté de ses Consœurs, avec cinq roupies en poche.
Elle reçoit une formation d’infirmière à Patna, revient quatre mois après et loge chez les Petites Sœurs des Pauvres.
Elle commence à donner des leçons dans la rue, dès le 21 décembre 1948 ; dix jours plus tard, ils sont plus de cinquante. Elle cherche un local, elle leur explique ce qu’est un savon, et à quoi ça sert. Elle ouvre une école dans un bidonville. 
Elle préfère ne pas dépendre non plus des Petites Sœurs des Pauvres : elle trouve un logement de fortune, prie et fait de l’enseignement, elle mendie.
Dès 1949, d’anciennes élèves la rejoignent. L’évêque prolonge l’autorisation de l’exclaustration. Les vocations arrivent, à qui Teresa demande d’achever leurs études supérieures. Elle écrit une première Règle pour les “Missionnaires de la Charité”, nouvelle congrégation qui voit sa naissance officielle le 7 octobre 1950, jour de la fête de Notre-Dame du Rosaire.
Ne pouvant faire admettre à l’hôpital un mourant qui s’éteint dans ses bras, elle obtient un local pour assister les plus pauvres mourants : Nirmal Hriday, Maison au cœur pur, Foyer pour mourants abandonnés. Cette présence semble faire concurrence au proche temple hindou de Kaligat, une émeute éclate, mais la police protège Teresa ; peu après, un tuberculeux, rejeté comme intouchable, est recueilli par les Sœurs, ce qui conduira à établir de meilleures relations avec les hindous.
Une maison est achetée, où les religieuses doivent vivre dans l’extrême pauvreté ; Teresa refuse même l’aide du Vatican.
Un jour, Teresa découvre un malheureux enfant, dévoré par un chien. Elle ouvre alors un orphelinat le 24 novembre 1955 : Nirmala Sishu Bavan. 
Toute sa vie, Teresa militera pour la Vie et s’opposera à l’avortement. Lors de la remise du Prix Nobel de la Paix, elle déclarera que le monde ne connaîtra pas la paix, tant qu’on y permettra l’avortement. Elle cherche à éduquer les femmes à la contraception naturelle, et à faire adopter les enfants des femmes qui, sinon, voudraient avorter.
La charité des Sœurs se tournera bientôt vers les lépreux, exclus du fait de la croyance au mauvais karma. Teresa envoie des ambulances pour soigner les lépreux là où ils sont.
Mère Teresa s’adjoint les Coopérateurs souffrants, personnes malades qui s’unissent dans la prière aux missionnaires de la Charité.
L’aide arrivera peu à peu : du Premier Ministre du Bengale, des laïcs aussi. Teresa est invitée à la BBC.
Dès 1959, c’est l’expansion en-dehors de Calcutta : Ranchi, New Dehli (en présence du premier ministre Nehru), Jansi, Agâ, Asansal, Bombay, où une polémique s’enflamme contre Teresa, parce qu’elle y avait ouvertement critiqué l’extrême pauvreté qui y régnait. Mais en 1962, le président indien la décore de la Padma Shri pour toute son œuvre.
En 1963, l’hôpital pour lépreux de Calcutta est détruit, et Teresa veut en construire un à Asansol. Le pape Paul VI, en visite en 1965, lui offrira sa limousine… qu’elle mettra aux enchères pour financer la construction.
La même année 1963 voit la fondation de la branche masculine des Missionnaires de la charité, approuvés en 1967. Ils s’implanteront en Amérique latine à la demande de Paul VI.
Les religieuses, elles, s’implantent en Haïti, aux Philippines, au Yémen, au Bengladesh, en Tanzanie, dans les pays de l’ancienne URSS, à Rome. Dans le Yémen musulman, Mère Teresa est invitée par le Premier Ministre lui-même à ouvrir des cours de couture et à s’occuper de lépreux. On la surnomme Mère sans frontière.
En 1969, la congrégation est reconnue de droit pontifical. Ouverture d’une maison à New York et d’un noviciat à Londres.
1976 : fondation de la branche des contemplatives, les Sœurs du Verbe, qui consacrent leur temps à la prière pour les pauvres. Première maison à New York.
Teresa reçoit le prix Balzan en 1978, le prix Nobel de la paix en 1979, la médaille de la Liberté en 1985, des mains du président Ronald Reagan. D’autres reconnaissances suivront aussi.
Mère Teresa intervient partout où la charité la conduit, à Beyrouth, à Bhopal, à New York, en Albanie, son pays natal… C’est à New York qu’elle ouvre le premier foyer pour victimes du sida.
Un premier arrêt cardiaque en 1989 n’empêche pas qu’on la réélit supérieure, un deuxième arrêt cardiaque en décembre 1991, et une tumeur à l’estomac auront raison de cette personne à la santé “fragile”, qui s’éteint le 5 septembre 1997, à Calcutta où elle était revenue.
Cette géante de la Charité connut une très longue nuit de la foi, dans l’aridité de la solitude, de l’inquiétude, du manque de consolation intérieure. C’est là qu’on mesure tout le mérite de sa persévérance. Mère Teresa est ainsi une grande mystique, au même titre que Thérèse d’Avila ou que Jean de la Croix.
Les musulmans bengali l’appellent Zinda Pir (Sainte Vivante), le Dalaï-Lama l’avait en profond respect.
A la mort de Mère Teresa, les religieuses sont près de quatre-mille, avec plus de six-cents maisons dans cent-vingt-trois pays.
Mère Teresa fut béatifiée en 2003, avec une exception aux lois de l’Église qui d’ordinaire attend une vingtaine d’années pour béatifier. L’année 2016 verra sa canonisation.
Elle est inscrite au 5 septembre dans le Martyrologe romain.

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