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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 23:00

15 SEPTEMBRE

 

 

I.

Notre Dame des sept Douleurs, qui sont, à quelques variantes près : la prophétie de Syméon, la fuite en Egypte, la perte de Jésus au Temple, la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire, le crucifiement, la descente de la Croix, la mise au Tombeau.

II. 

S Nicomedes, prêtre romain, martyr.

III.

S Valerianus, chrétien emprisonné à Lyon, délivré par un ange, arrêté et martyrisé à Tournus.

IV.

S Porphyre, mime, qui se convertit au moment de se faire baptiser par dérision et fut décapité sur le champ.

SS Strato, Valerius, Macrobius et Gordianus, martyrs à Tomes.

S Niketas, Goth, martyr.

S Alpinus, évêque à Lyon.

?

S Hernin, ermite en Bretagne, patron de Locarn.

VI.

S Evre, évêque à Toul, frère de ste Aprona.

S Merinus, abbé ou évêque en Ecosse, patron de Paisley.

VII.

S Ribert, abbé à Varenne.

S Achard, abbé à Jumièges, où vivaient neuf-cents moines et quinze-cents domestiques.

IX.

SS Emilas, diacre, et Jeremías, martyrs à Cordoue.

XIV.

S Rolando de' Medici, ermite à Borgo San Donnino, mystique ; il ne se confessait pas pour “obéir à Dieu” et pratiquait des pénitences incroyables.

XVI.

Ste Caterina Fieschi-Adorno, gênoise, mystique, connue pour ses visions sur le Purgatoire. 

XVII.

B Camillo Costanzo, jésuite calabrais, missionnaire au Japon, brûlé vif ; au moment d'expirer, il répétait "Sanctus, sanctus, sanctus". 

Bx Juan Bautista et Jacinto de los Ángeles, pères de famille et catéchistes mexicains martyrs, béatifiés en 2002.

XX.

B Anton Maria Schwartz (1852-1929), autrichien, fondateur de la congrégation de Saint-Joseph-Calasanz (Kalasantiner), pour les apprentis et les ouvriers, béatifié en 1998.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, Pascual Penadés Jornet (*1894) ;

- béatifié en 2013 :

Mercédaires : près de Teruel, le prêtre Mariano Alcalá Pérez (*1867) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Antonio Sierra Leyva (*1876).

B Paolo Manna (1872-1952), missionnaire italien en Birmanie, premier supérieur général de l'Institut Pontifical des Missions Etrangères (PIME), fondateur de l'Union pontificale missionnaire, de revues missionnaires, du séminaire du Sacré-Cœur à Ducenta pour les Missions étrangères, béatifié en 2001.

B Giuseppe Puglisi (1937-1997), prêtre, martyr à Palerme, béatifié en 2013.

Notre-Dame des Douleurs

Lola (Lolita)

 

Ce joli nom espagnol (Lola), ainsi que son diminutif dérivé (Lolita), se rattachent à une très ancienne dévotion mariale, chère à beaucoup de chrétiens qui vénéraient particulièrement la mère du Christ sous le vocable de Notre Dame des Douleurs, en espagnol : de los Dolores. Ce fut au point que, oubliant progressivement le nom de Marie, c’est celui des “Douleurs” qu’on finit par donner à mainte petite fille espagnole ; et de même qu’une “Marie-Joseph” devient vite “Marie-José” ou “Marie-Jo”, de même on est passé de Dolorès à Lola, puis Lolita, la petite Lola.

En principe, ce vocable n’évoque donc pas vraiment des joies, et l’on pourrait bien s’étonner que des parents veuillent l’imposer à leur progéniture. Pourtant, à entendre le chant d’action de grâce de Marie (le Magnificat), on se rend compte que même Marie, avec toutes les souffrances qu’elle subit pour son Fils et avec lui, s’est elle-même proclamée “bienheureuse” (Lc 1:48).

Oui, bienheureuse parce que, à travers les douleurs on arrive toujours à une joie plus grande : après sa passion, Jésus Christ est ressuscité, suivi en cela par Marie qui, après avoir vu son Jésus mourir horriblement sur cette croix, fut élevée au ciel où elle l’a retrouvé dans la gloire.

Dans notre vie courante, on dit souvent A quelque chose, malheur est bon, ou bien Il n’y a pas de roses sans épines, ou même encore plus simplement Après la pluie le beau temps. Après l’accouchement, la joie de la maman efface bien vite le souvenir même de ses douleurs.

Dans son épître aux Romains, Paul, évoquant ces douleurs, écrit : Je pense que les souffances de ce temps sont sans rapport avec la gloire future qui se révélera en nous (Ro 8:18). 

Dans notre vie de tous les jours, on remarque que jamais une joie n’est parfaite, il s’y ajoute toujours un bémol pour ternir un bel événement.

Revenons donc aux douleurs de Marie, qui l’ont ainsi rendue “bienheureuse”. A une certaine époque, on parlait de “Notre Dame des Sept Douleurs”, évoquant sous ce chiffre sept la plénitude des douleurs que vécut Marie aux côtés de son Fils. Certains ont même voulu comptabiliser ces sept douleurs, qui seraient les suivantes, à quelques variantes près :  

  • la prophétie de Siméon (Lc 2:25-35) 
  • la fuite en Égypte (Mt 2:13-15) 
  • la perte de Jésus au Temple (Lc 2:41-51) 
  • la rencontre de Jésus sur le chemin du Calvaire  
  • le crucifiement (Jn 19:25-27)  
  • la descente de la Croix
  • la mise au Tombeau

Reprenons-les successivement : 

1. Quarante jours après sa naissance, Jésus fut présenté au temple. Là se trouvait un vieillard, Siméon, à qui il avait été prédit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Sauveur. On imagine la joie de cet homme âgé, prenant dans ses bras fatigués ce petit poupon, divinement informé qu’il y là le Sauveur, et chantant son fameux Nunc dimittis (Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur en paix, car mes yeux ont vu le Sauveur…). Grande joie, mais avec cette autre prédiction, dite par le même Siméon à Marie : Un glaive transpercera ton cœur.  Dire cela à cette jeune maman (elle pouvait avoir entre quinze et vingt ans…), pauvre Marie. Mais elle savait bien qu’elle allait au-devant de grandes douleurs, car elle connaissait les prophéties annonçant la passion de Jésus (cf. Isaïe, Jérémie).

2. Jésus a connu l’exil, avec ses parents. Tout quitter, partir vers l’inconnu, se refaire une vie à l’étranger, sans en connaître ni la langue ni les habitudes… Mais aussi, quelle solidité dans l’amour qui unit ces trois êtres, Joseph, Marie, Jésus, se soutenant l’un l’autre, partageant les soucis, les fatigues. L’épreuve consolide l’amour. Heureusement pour eux, cet exil ne dura que quelques mois, et ils purent bientôt revenir à Nazareth.

3. Jésus a douze ans, c’est encore un gamin ; il ose rester dans le Temple de Jérusalem sans prévenir ses parents, qui doivent le chercher pendant trois jours. Que d’angoisses ! Trois jours qui annoncent les trois jours de la mort à la résurrection du Christ, vingt ans plus tard. Difficile à comprendre ! En effet, ils ne comprirent pas ce que Jésus leur répondit, dit saint Luc (Lc 2:50).

4.5.6.7. On imagine bien quelle fut l’émotion de Marie, tout au long du calvaire et au moment de la mort de Jésus. 

Il faut préciser que les «douleurs» de la rencontre, de la descente de Croix et de la mise au Tombeau, ne sont pas explicitement relatées dans l’évangile ; selon une tradition orale assez affermie, on les suppose avec une forte vraisemblance. Reine des Martyrs, Marie supporta tout cela avec la même douceur que son fils, bien certaine que c’était là la voie conduisant à la résurrection. C’est aussi avec grande générosité qu’elle accepte la nouvelle mission que Jésus lui confie sur la croix : être la mère spirituelle de Jean, donc de l’Eglise et de chacun de nous.

On peut dire ainsi que Notre Dame des Sept Douleurs est la Mère de la Résurrection, de la joie retrouvée après toute tristesse, de la victoire après toute chute : pour chacun de nous, et en particulier pour toutes celles qui en portent le nom. 

Dans la liturgie catholique romaine, on fête Notre Dame des Douleurs le 15 septembre, au lendemain de la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix.

Outre cette fête mariale, il existe une dizaine de femmes espagnoles, religieuses ou laïques, récemment béatifiées ou canonisées, qui ont porté le nom de Dolorès, Maria Dolorès, Rita Dolorès, etc.

 

Nicomedes de Rome
2. siècle

Il s’agirait ici d’un prêtre romain des tout premiers temps du christianisme.
On l’arrêta et on voulait le forcer à sacrifier aux idoles païennes. Sa franche réponse fut : Je ne sacrifie qu’au Dieu tout-puissant qui règne dans le ciel.
Il fut alors déchiré à coups de fouets, de ces fouets romains à lanières de cuir triangulaires, très coupantes, auxquelles on attachait en outre de petits plombs ou des osselets pointus. C’est le supplice qu’on infligea à Notre-Seigneur lors de sa Flagellation.
Les auteurs sont partagés pour situer Nicomède ; on a préconisé même le premier siècle. Il semble qu’on ne puisse se prononcer.
Une basilique a été élevée sur la tombe de Nicomède au septième siècle. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Nicomedes de Rome au 15 septembre.

 

Valerianus de Tournus
2. siècle

Valerianus aurait fait partie d’une cinquantaine de prisonniers chrétiens de Lyon, et qui aurait été délivré miraculeusement par un ange en même temps que Marcellus (v. 4 septembre).
Certes, les mystères de la Providence sont insondables. Mais on pourrait quand même poser cette question : si le Bon Dieu avait besoin de Marcellus et Valerianus pour évangéliser la région de Bourgogne, en libérant les cinquante prisonniers, la moisson aurait été plus abondante…
Après le martyre de Marcellus, Valerianus fut signalé au préfet Priscus lors de son passage à Tournus.
Arrêté et conduit à Priscus, Valerianus fut sommé d’adorer des statues païennes, ce qu’il refusa de faire, en objectant combien les mœurs des dieux et des déesses étaient scandaleusement dissolues.
Furieux, Priscus fit suspendre Valerianus pour le faire déchirer avec des ongles de fer. Valerianus continuait à proclamer sa foi ; il fut décapité.
Comme pour Marcellus, on place ce martyre vers la fin du deuxième siècle.
Une nouvelle église Saint-Valérien fut construite à Tournus au onzième siècle ; les Huguenots la saccagèrent en 1562 et brûlèrent les reliques du Martyr ; en 1797, elle fut désaffectée et vendue. On se demande comment un tel monument historique (inscrit en 1927) a pu servir de cinéma…
Le Martyrologe Romain mentionne saint Valerianus de Tournus au 15 septembre.


Strato, Valerius, Macrobius et Gordianus de Tomes
4. siècle

On a déjà rencontrés plusieurs groupes de Martyrs à Tomes (Scythie, act. Constanța, Roumanie), au 2 janvier et au 27 août.
En voici un autre, sur lequel on n’est pas vraiment bien documenté.
L’empereur Licinius (†325) régna sur la partie orientale de l’empire et résidait à Nicomédie (act. İzmit, grande banlieue d’Istanbul, Turquie NO). C’est peut-être là qu’on lui amena Macrobius et Gordianus.
Macrobius et Gordianus auraient été exilés d’Asie sur l’ordre de Licinius, et martyrisés en même temps que Strato et Valerius à Tomes.
Le Martyrologe Romain mentionne Strato, Valerius, Macrobius et Gordianus de Tomes au 15 septembre.


Niketas le Goth
† 370

Parmi les chefs qui se faisaient la guerre au-delà du Danube, en Dacie, se trouvait un certain Athanaric (plus précisément Athanareiks) qui, entre 369 et 372, lutta contre Fritigern, dont les partisans étaient majoritairement ariens. 
Niketas n’était pas arien, mais il fut sans doute victime d’une «rafle» où il périt. Il aurait été brûlé vif.
Plus tard, Athanaric fut reçu avec honneur par l’empereur Theodosios à Constantinople, parce qu’il avait combattu l’arianisme. C’est là qu’il mourut peu après (381).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Niketas le Goth au 15 septembre.

 

 

 

Alpinus de Lyon

† 390

 

Alpinus serait le quatorzième évêque de Lyon, ayant succédé à s.Just (v. 2 septembre).

S.Just se retira de l’épiscopat vers 381 : Alpinus vécut donc au 4e siècle, et non au 6e, comme cela est parfois affirmé. 

C’est peut-être Alpinus qui fit construire l’église Saint-Etienne avec son baptistère.

Il mourut vers 390.

De lui, c’est tout ce que nous savons.

Saint Alpinus de Lyon est commémoré le 15 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evre de Toul

† 507

 

Le nom de ce saint évêque s’écrivait autrefois Epvre, dérivant du latin aper (sanglier).

Il vit le jour à Trancol (Troyes) ou à Trèves. Sa sœur s’appelait Aprona («grosse laie», v. 15 juillet ?).

Evre fut d’abord un homme de droit avant de s’orienter vers l’état clérical.

Il fut ordonné prêtre pour le diocèse de Troyes, dont l’évêque était alors s.Loup (v. 29 juillet), autre personnage qui portait un nom d’animal.

Vers 500 mourut l’évêque de Toul, s.Ours (décidément !), auquel Evre fut appelé à succéder, devenant ainsi le septième titulaire de ce diocèse.

Evre laissa à ses diocésains le témoignage d’un homme généreux, distribuant ses biens aux pauvres. Il se donna beaucoup de peine à faire disparaître le paganisme des campagnes.

Il entreprit la construction de l’église Saint-Maurice, où il fut enterré (vers 507).

Saint Evre de Toul est commémoré le 15 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Achard de Jumièges

613-687

 

Achard (le latin Aichardus a été traduit diversement : Aichard, Achard, Aicadre) naquit à Poitiers, de Anscharius et Ermena, époux craignant Dieu et charitables envers les pauvres et les pèlerins.

Au moment d’accoucher, Ermena craignit de perdre la vie et promit à Dieu de lui consacrer son enfant, si la naissance s’accomplissait heureusement.

Les parents confièrent sans tarder Achard à l’école du monastère de la ville, où il resta jusqu’à l’âge de seize ans. Puis Anscharius fit introduire son fils à la cour, dans l’espoir de lui préparer un avenir brillant. L’adolescent sut y conserver sa candeur et éviter les pièges d’une facile mondanité.

Quand il eut dix-huit ans, Achard s’ouvrit de son désir intime à ses parents : il voulait suivre l’appel de Dieu dans la vie consacrée. Ermena en fut heureuse, et Anscharius eut l’intelligence de respecter une volonté si ferme.

Achard entra dans l’abbaye d’Ansion (act. Saint-Jouin de Marnes, Deux-Sèvres), aux confins du Poitou, où il resta quelque trente-cinq ans. On dit que sa prière obtenait la guérison des malades qui venaient le voir.

C’est alors que s.Philibert (v. 20 août) entra dans la vie de notre Achard. En 677, Philibert, abbé de Jumièges, fonda l’abbaye de Noirmoutiers puis releva celle de Saint-Benoît près de Poitiers, qu’il confia alors à Achard. Les vieux parents de celui-ci furent trop heureux de lui céder une grande propriété qu’ils possédaient à Quinçay.

Philibert, devenu vieux, abdiqua et fit appel à Achard pour lui succéder à Jumièges ; les moines accueillirent Achard avec respect et soumission, et restèrent fidèles à leurs promesses. 

L’abbaye ne compta pas moins de neuf cents moines et quinze cents domestiques, si les dires des biographes sont exacts. Achard vieillissant songea à se démettre d’une telle responsabilité ; il craignait aussi une baisse de ferveur de ces moines. Dans une vision, il vit un ange qui le rassurait : une partie des moines mourrait bientôt, destinés à la gloire céleste, une autre partie aurait le temps de sa sanctifier pour rejoindre la gloire des premiers.

Achard fut divinement informé de la mort de Philibert, puis de la sienne propre, prochaine. Il s’y prépara en conjurant encore une fois les moines de la communauté de rester fidèles et s’éteignit le 15 septembre 687. 

Saint Achard de Jumièges est commémoré le 15 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Emilas et Jeremías de Cordoue

† 852

 

Ces deux jeunes gens nobles de Cordoue versèrent ensemble leur sang pour leur foi.

Ils avaient fait leurs études là, et parlaient l’arabe de façon très correcte.

Emilas fut diacre, Jeremías, non ; les détails qu’on a sur eux ne parlent pas de leur âge, de leur enfance. Jeremías était peut-être plus jeune et pas encore décidé d’entrer au service de Dieu, ou bien n’était-il simplement pas appelé par Dieu, mais les deux jeunes gens s’entendaient bien, surtout pour conserver intacte leur foi et, à l’occasion, la témoigner ouvertement.

Emilas cueillit un jour cette occasion en disant haut et fort ce qu’il savait et ce qu’il pensait sur Mahomet.

Ce fut l’arrestation immédiate, les mauvais traitements en prison, et la décapitation.

La journée de leur martyre était une belle journée autumnale, mais au moment de la décapitation un orage violent se déchaîna brusquement, on crut à un tremblement de terre, la grêle tomba drue, le soleil fut complètement masqué par d’épais nuages. On aurait pu se croire au Golgotha, quand l’obscurité se fit sur tout le pays et que la terre trembla  (Mt 27:45 et 51).

Les corps des deux Athlètes du Christ furent pendus à des chevalets, de l’autre côté du Guadalquivir, bien en vue de toute la population.

Ils n’étaient pas les premiers ni les derniers courageux témoins de la foi de cette période ; en une dizaine d’années, plus de cinquante hommes et femmes furent exécutés à Cordoue par les autorités musulmanes.

Emilas et Jeremías sont commémorés le 15 septembre au Martyrologe.

 

 

Orlando de’ Medici

1330-1386

 

Orlando (Rolando) était de la famille milanaise des Medici, et était né vers 1330.

En 1360, il voulut embrasser un genre de vie totalement anachorète et vint dans la forêt qui se trouve entre Tabiano et Salsomaggiore (Bargone), dans le domaine du château des Pallavicino.

Pendant vingt-six ans, il vécut dans le silence et la solitude.

Il mangeait ce qu’il pouvait trouver dans le bois, en hiver il demandait par geste quelque chose à manger, que d’ailleurs on ne lui donnait pas, car son aspect n’inspirait pas confiance.

En effet, il portait au début un habit sombre, qui s’usa, et qu’il compléta (ou remplaça) par des roseaux et de la paille ; ce fut ensuite un genre de pagne de coquillages (?) et de feuilles ; finalement, il se trouva une peau de chèvre.

Plus étonnant encore, on le vit parfois immobile sur un pied, durant des heures, à méditer, le regard vers le ciel.

Un jour d’août 1386, les chasseurs du château Pallavicino découvrirent au milieu des ronces un moribond nu, qui se révéla être Orlando. On lui proposa - et il accepta bien volontiers, d’être entendu par le Carme de Crémone, Domenico de’ Dominici.

La confession dura deux heures. Orlando s’expliqua sur son attitude, son choix, ses pénitences. Il révéla avoir obéi à Dieu, avoir toujours fait la volonté du Créateur, s’être entretenu avec Dieu, non pas oralement, mais en esprit, son esprit étant inondé de grâce ; ses pénitences étaient conformes à la sagesse divine ; son silence se référait au verset des Proverbes (Pr 10:19) : Qui parle beaucoup péchera. Ses longues méditations debout sur un pied étaient le fruit de la grâce : il voyait alors clairement la face de Jésus-Christ dans le soleil ou dans la lune.

Orlando reçut l’absolution ; il se résigna à accepter un bouillon de poule qui le soulagea ; son agonie dura vingt-six jours et il s’éteignit le 15 septembre 1386.

Cette vie assez étrange a quelque chose de commun avec celle du bienheureux Schetzelon de Trèves (v. 6 août) ou aussi de l’anachorète Leon (v. 1 juillet).

Le bienheureux Orlando reçut très vite un culte, qui fut reconnu en 1853.

 

 

Caterina Fieschi Adorno

1447-1510

 

Caterina Fieschi Adorno vit le jour le 5 avril 1447 à Gênes (Ligurie, Italie nord-ouest), benjamine des cinq enfants de Giacomo Fieschi et Francesca di Negro. Le père était un noble gênois, neveu du pape Innocent IV et, pendant un temps, vice-roi de Naples. La famille Fieschi était à la tête des guelfes, partisans du pape.

Caterina reçut une formation intellectuelle soignée, étudiant les classiques latins et grecs, mais aussi les auteurs de son époque : Dante, Petrarque, Jacopone da Todi.

Ayant déjà sa sœur aînée, Limbania, chez les chanoinesses de Gênes, Caterina y demanda son admission à treize ans. Evidemment, c’était trop tôt.

Et voilà qu’en 1463, on arrangea un mariage politique entre elle et Giuliano Adorno, dont la famille était autrefois ennemie des Fieschi ; ainsi on parvenait à une sorte de trêve, au moins apparente.

Le couple n’eut pas d’enfants, c’était une vie mondaine sans plus, pendant dix années.

En 1473, Caterina eut son heure de conversion, versa des larmes, se confessa, eut la vision du Christ ensanglanté sous la Croix. Désormais, elle irait communier chaque jour, s’imposant mille mortifications, des jeûnes, des veilles, et s’adonnant aux bonnes œuvres. Bientôt, son mari l’imita et le couple s’installa dans une humble maison proche de l’hôpital de Pammatone. Giuliano entra même dans le Tiers-Ordre franciscain.

Puis Caterina se purifia encore davantage, grâce aux visions qu’elle reçut ; les mortifications diminuèrent, et durent même cesser tant elle était affaiblie.

De 1490 à 1496, elle dirigera l’hôpital. Contaminée par une malade de la peste, elle guérira tout de même. C’est sur son initiative que fut construit à Gênes le Réduit, pour accueillir des malades graves ou même incurables.

Veuve à partir de 1497, elle passera ses dernières années dans de grandes souffrances en union avec le Christ, dans de grandes épreuves mystiques où elle connaîtra les douleurs des âmes du Purgatoire.

Ce lui fut l’occasion de rédiger le Traité du Purgatoire, ainsi qu’un Dialogue Spirituel, deux ouvrages dans lesquels elle expliqua en termes simples son expérience spirituelle.

Elle s’éteignit à ce monde le 15 septembre 1510.

Béatifiée en 1675, elle fut canonisée en 1737.

 

 

Camillo Costanzo

1572-1622

 

Voir d’autres détails historiques sur cette persécution dans l’article Japonais Martyrs 1603-1639.

Camillo naquit en 1572 à Bovalino Superiore (Calabre, Italie sud), de Tommaso et Violante Montana, de famille noble.

Après l’école de Bovalino, il étudia le droit à Naples, puis s’enrôla dans l’armée et combattit en Flandre.

En 1592, il entra dans la Compagnie de Jésus, toujours à Naples.

Il fut à Nole puis à Salerno, où il enseigna la grammaire et, en 1601, dirigea l’oratorio.

En 1602, il fut ordonné prêtre et se porta volontaire pour les missions d’Extrême Orient.

En 1605, il arriva à Macao, mais les portugais l’obligèrent à débarquer au Japon.

Il commença par apprendre la langue japonaise pendant un an, puis évangélisa le royaume de Bugen et la ville de Sakai, où, en six ans, il conduisit au baptême plus de huit-cents personnes, dont beaucoup furent ensuite martyrisées.

En 1614, la persécution le contraignit à retourner à Macao où, pendant sept ans, il rédiga quinze livres en parfait japonais, réfutant les erreurs du bouddhisme.

En 1621, déguisé en soldat, il pénétra au Japon, se réfugiant sur l’île de Firando (actuelle Hirado) ; après trois mois, il tenta de rejoindre Noscima, mais il fut dénoncé : une pieuse chrétienne l’avait prié de venir convertir son mari, mais ce dernier s’empressa d’aller dénoncer le missionnaire à l’autorité ; le gouverneur envoya immédiatement des soldats pour arrêter le prêtre et tous ceux qui l’avaient accompagné.

C’est ainsi que fut martyrisé Augustinus Ōta (voir au 10 août.

Prisonnier sur l’île de Ichinoscima, le père Costanzo fut condamné à mourir par le feu, sur ordre exprès de l’empereur.

On le reconduisit à Firando pour l’exécution de la sentence ; le bûcher fut préparé tout près de la mer, pour bien le faire voir aux Anglais et aux Hollandais dont les vaisseaux étaient amarrés dans le port.

Le Père  continua longuement à s’adresser à la foule, en japonais, en portugais, en flamand ; il chanta le psaume 116 (Laudate Dominum, omnes gentes), prononça cinq fois le mot Sanctus, et expira.

C’était le 15 septembre 1622, cinq jours après le «Grand Martyre».

Il fut béatifié en 1867.

Nota. Il semble erroné d’attribuer au père Camillo Costanza les prénoms de Giovanni Battista qui désignent un tout autre personnage.

 

 

Juan Bautista

Jacinto de los Ángeles

1660-1700

 

Ces deux indigènes zapatèques de la Sierra Nord de Oaxaca (Mexique) pourraient être deux jumeaux parfaits, si l’on considère la trajectoire commune de leur vie.

L’unique différence fut leur mariage : Juan Bautista épousa Josefa de la Cruz et eut une fille, Rosa. Jacinto épousa Petrona et eut deux enfants, Juan et Nicolasa.

Nés tous deux en 1660 à San Francisco Cajonos, ils étaient fidèles aux enseignements des pères Dominicains et leur rendaient mille services.

Choisis déjà pour leur honnêteté à remplir diverses charges civiles (arbitres, juges, syndics, maires), ils collaborèrent fidèlement avec les Pères, pour tenir l’église, servir la messe, entretenir la sacristie.

En outre, au vu de leur irréprochable honnêteté, ils furent chargés de signaler ce qui n’allait pas dans le village, les déviations, les irrégularités (matrimoniales ou morales), les blasphèmes, etc.

Ils avaient ainsi le titre de «Procureur» (Fiscal, en mexicain).

On arriva au 14 septembre 1700, jour où nos deux amis découvrirent un petit groupe de personnes qui pratiquaient un culte païen. Ils en parlèrent immédiatement aux Pères. On vint avec le «capitaine» du lieu pour dissoudre la réunion et confisquer les offrandes des participants.

Le jour suivant, 15 septembre 1700, la population fut excitée par les «victimes» ; les gens vinrent réclamer au couvent la remise des «offrandes» ; ils voulaient aussi rencontrer les deux Procureurs.

Le peuple menaça de mettre le feu au couvent. Finalement, le capitaine accepta de livrer les deux Procureurs, avec promesse qu’on respecterait leur vie.

Les Pères tentèrent de s’opposer à cette tractation. Mais les Procureurs eux-mêmes déposèrent leurs armes, acceptèrent l’éventualité de mourir, se confessèrent et reçurent la Communion. Juan Bautista déclara : Nous allons mourir pour la loi de Dieu ; comme j’ai reçu en moi la Divine Majesté, je ne crains rien, et je n’ai pas besoin d’armes.

Une fois aux mains de leurs «bourreaux», il ajouta : Me voilà. Si vous voulez me tuer demain, faites-le dès maintenant.

Ils furent attachés sur la place publique et reçurent les moqueries des bourreaux. Le 16 septembre, on les conduisit à San Pedro, où on les ligota de nouveau en prison. On les invita à renier leur foi pour être libérés, mais ils déclarèrent qu’ils resteraient fidèles à leur baptême.

On les mena par monts et par vaux jusqu’à la montagne Xagacía, où on les jeta à terre, presque on les égorgea et on les tua à coup de machettes ; on leur arracha le cœur, qu’on donna aux chiens, mais que les bêtes ne touchèrent pas. Deux des bourreaux burent le sang des deux martyrs, comme pour en recevoir la force, mais en réalité selon une antique coutume, en signe de haine.

Les deux Martyrs furent ensevelis sur place, et la montagne prit dès lors le nom de Montagne des Saints Procureurs (Monte Fiscal Santos).

Certains ont objecté que les deux Procureurs n’avaient fait que dénoncer leurs concitoyens, en s’opposant aux coutumes ancestrales. Mais les procès tant civil qu’ecclésiastique qui se déroulèrent peu après, firent bien apparaître que les deux hommes étaient bien morts pour leur foi en Dieu.

L’Eglise a sanctionné ces jugements et a béatifié les deux Martyrs en 2002.

Ils moururent le 16 septembre 1700, mais le Martyrologe les mentionne au 15 septembre.

 

 

Anton Maria Schwartz

1852-1929

 

Anton fut le quatrième de treize enfants et naquit à Baden (Vienne, Autriche) le 28 février 1852.

Son père était musicien au théâtre. Après l’école primaire, Anton devint petit chanteur à Heiligenkreuz et fréquenta le collège Schotten à Vienne.

En 1869, il entra chez les Piaristes à Krems, mais à cause du Kulturkampf (la politique anticléricale de la Prusse), la congrégation fut supprimée et Anton gagna le séminaire diocésain de Vienne.

Malgré sa mauvaise santé, il fut ordonné prêtre en 1875. Mais après la mort de son père, la famille était très pauvre, et Anton dut louer le nécessaire pour célébrer sa Première Messe : il n’avait pas même son calice personnel, comme en ont tant de prêtres.

Pendant quatre années, il fut aumônier à Marchegg, où il s’inquiéta principalement de la question ouvrière, et pour cela reçut le surnom de pape de Marchegg.

En 1879, il fut nommé aumônier des Filles de la Charité à l’hôpital de Vienne-Sechshaus, où il rencontra personnellement les malades, jeunes apprentis et ouvriers. Un jour, un apprenti mourant lui dit : L’Eglise a des instituts pour s’occuper de tout le monde, pour les malades, pour les prisonniers, pour les étudiants. Mais nous, les apprentis, on nous a oubliés.

Cette vérité déclencha dans le cœur de l’abbé Anton le désir de fonder pour ces apprentis une œuvre où les prêtres se dévoueraient pour eux, ainsi naquit la Congrégation des Ouvriers Chrétiens de Saint-Joseph-Calasanz, qu’on a communément appelés les Calasantiens (Kalazantiner).

Il construisit à Vienne une église «pour les ouvriers», consacrée en 1889. Avec quelques prêtres, il donna vie à une première maison ; de là partit un apostolat en faveur des apprentis, rappelant aux dirigeants leur foi chrétienne, et donc leur obligation de payer justement et régulièrement les ouvriers, de ne pas les exploiter, de ne pas les obliger à travailler les jours de fêtes.

D’autre part, il reçut les apprentis pour leur donner une instruction, intellectuelle et sociale, pour leur trouver du travail, les occuper sainement.

En 1889, il jugea opportun d’appuyer le mouvement de grève des chauffeurs de tramways ; en 1905, celui des charpentiers et des domestiques, des tailleurs, des cordonniers, contre de grandes firmes.

En 1908, fatigué, il s’abstint désormais de toute controverse publique. Des partis de droite, et même des personnalités chrétiennes l’accusaient de socialisme.

L’abbé Anton Maria Schwartz mourut le 15 septembre 1929, et fut béatifié en 1998.

 

Mariano Alcalá Pérez
1867-1936

Mariano vit le jour le 11 mai 1867 en Andorre (Espagne), douzième enfant de Tomás et Vicenta, qui le firent baptiser le lendemain.
A quatorze ans, il fit partie du premier groupe de Mercédaires qui reprit le couvent de El Olivar. Il y reçut l’habit en 1881, fit la première profession en 1883, la solennelle en 1886.
Après les études de philosophie et de théologie, il passa à Lleida (1887) et, remarqué pour ses excellentes aptitudes intellectuelles, fut envoyé à l’Université Grégorienne de Rome. C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre, en 1889.
En même temps, on le chargeait de cours au couvent de Pontevedra. Après deux années, il revint à Lleida, où ses prédications lui valurent les appréciations de l’évêque : il fut nommé examinateur diocésain.
Il fut ensuite à San Ramón, Lleida, Guissona, Andorre, Madrid.
En 1903, il fut nommé provincial, pour huit années, résidant à Lleida puis à Barcelone.
Le Supérieur général ayant été nommé évêque, c’est le père Mariano qui fut élu à sa place, en 1911.
Il rencontra alors beaucoup de difficultés : l’ancien général avait gardé son poste pendant plus de trente ans ; des factions s’étaient créées, des contestations sourdes, au point que le père Mariano, saintement humble, renonça à sa charge dès 1913. Sur son chemin de retour en Espagne, il s’arrêta à Loreto, où il eut une vision de la Sainte Vierge (dont furent témoins quelques amis proches).
Le père Mariano était vraiment un mystique. Il prophétisa aussi à une Religieuse qu’elle serait la Supérieure de son Institut, ce qui arriva. Il fut miraculeusement sauvé d’un accident par son Ange Gardien, envers lequel il avait une grande dévotion.
Ensuite il fut alternativement à San Ramón et à Barcelone. A partir de 1915, il s’installa à Lleida, d’où il partit prêcher à Manresa, Andorre, San Ramón, Barcelone, San Hilario, Bilbao, Borges, Monzón, Jaca, Fraga, Barbastro, Saragosse. Mais son activité préférée était le confessionnal, assiégé par une foule de pénitents avide d’entendre ses bons conseils inspirés.
Une méchante calomnie l’éprouva encore davantage, quand une religieuse ex-carmélite prétendit être enceinte de lui, alors que son complice reconnut lui-même l’innocence du Père et épousa la femme en question. Devant cette situation, le Père n’eut qu’un mot : Prions pour elle.
Désormais il vécut très effacé, se déplaçant de moins en moins, sinon pour aller aux eaux de Barcelone ou Saragosse. Il devait se soigner et prendre toujours plus de médicaments. Aux chapitres, des voix se prononçaient en sa faveur pour le nommer définisseur ; il proposa la consécration de la province au Sacré-Cœur. 
En mars 1936, son cousin le prit chez lui en Andorre pour l’aider à se reprendre. Mais ce cousin étant pharmacien, beaucoup de miliciens passaient par là, de sorte qu’une autre cousine prit le Père chez elle.
Quand se déchaîna la guerre civile, il dit : Ne parlons pas, prions. Il s’attendait au martyre.
A partir du 26 juillet, il resta à la maison, par prudence. Il fut convoqué au Comité, où l’accompagnèrent ses cousins. Les miliciens ne lui adressèrent même pas la parole, le laissant partir comme il était venu, à cause de son âge et de sa santé.
Le 15 septembre, fête de Notre-Dame des Douleurs, le Comité convoqua le Père et la cousine, mais celle-ci refusa de sortir. Peu après arriva un peloton qui emmena le Père au Comité, au milieu des coups et des menaces, lui reprochant de ne pas marcher à leur rythme.
Avant de partir, il laissa sur la table sa montre, précieux cadeau de son père pour son ordination sacerdotale, et son chapelet. 
Les miliciens obligèrent un habitant à venir avec son camion pour charger de l’orge : en réalité, c’était pour prendre des prisonniers et des miliciens armés jusqu’aux dents. Le camion eut l’ordre de prendre la route d’Alcañiz, puis de s’arrêter au cimetière d’Andorre, où les miliciens firent descendre leurs victimes. Le conducteur reconnut au passage le père Mariano, dont les lèvres prononçaient de ferventes prières.
Des coups partirent. Quelqu’un cria Vive la Vierge du Pilar ! Un autre témoin assura qu’en mourant, le père Mariano souffla encore Vive le Christ Roi !
Martyrisé le 15 septembre 1936, le père Mariano fut béatifié en 2013.


Antonio Sierra Leyva
1876-1936

Né le 22 novembre 1876 à Churriana de la Vega (Grenade), il fut baptisé deux jours plus tard.

Il passa son baccalauréat en 1894 à Grenade, où s’étaient établis ses parents et entra au Grand séminaire ; en 1897, il fut déjà nommé sacristain de la cathédrale et fut ordonné prêtre en 1901.

En 1904, il passa la licence en Droit canonique.

Outre diverses charges d’aumônier, il fut curé d’Ogíjares entre 1911 et 1914, puis fut chanoine de la cathédrale. Autre chanoine était un certain don Federico Salvador Ramón, fondateur en 1901 de la pieuse union des Esclavas de la Inmaculada Niña, une appellation difficile à traduire : cette congrégation de droit diocésain voulait honorer Marie, immaculée et divine Petite Fille et ses membres s’engageaient à en être les esclaves.

Don Antonio voulut soutenir cette œuvre de toute son âme et, pour en élargir l’esprit à une branche masculine, renonça dès 1926 à ses charges de la cathédrale ; il fit sa propre profession en 1933, mais dut finalement renoncer à fonder cette branche masculine ; il se voua totalement à la branche féminine, qui s’installa à Intinción.

Vers le 20 juillet 1936, don Antonio sortit de nuit de la maison avec le prétexte d’aller chercher un livre à l’église ; prudemment, en fait, il voulait consommer le Saint-Sacrement pour éviter toute profanation.

Le 22 juillet, à cinq heures du matin, arriva l’ordre d’expulser toutes les Religieuses ; le Père avait laissé de la veille quelques Hosties consacrées, et les distribua ; il en remit une aussi à une Sœur qui souffrait d’appendicite, et communia avec la dernière parcelle.

Vers le 20 août, on vint l’arrêter, le même jour qu’un autre prêtre, Andrés Molina Muñoz (v. 19 septembre). Ce dernier n’avait que vingt-sept ans, de sorte que les miliciens qualifièrent don Antonio de vieux. La «prison» de ces deux prêtres fut une vieille maison en ruines.

Le 1.septembre, le vieux fut amené au Comité, où on le menaça de le décapiter s’il ne payait pas mille pesetas ; le Prêtre ne disposait évidemment pas de cette somme et écrivit à une famille de bien vouloir payer en son nom. La transaction n’eut pas lieu. Entre-temps, les Religieuses présentèrent la demande que les deux Prêtres fussent envoyés à un autre Comité, ce qui fut refusé. Don Antonio eut alors cette phrase : Je ne suis pas digne de la grâce du martyre, mais si Dieu accepte ma vie, je la Lui offre pour les pécheurs d’Instinción. Parmi ces pécheurs, il entendait bien probablement les révolutionnaires qui profanaient les églises et torturaient les prêtres : il s’offrait pour eux.

Le 11 septembre, on fit paraître les deux Prêtres ensemble au Comité : ils auraient la vie sauve, s’ils renonçaient au célibat et se mariaient. Sur leur refus, on les renvoya à leur prison.

Dans la nuit du 14 septembre, on emmena le vieux prêtre, don Antonio, au lieu-dit Venta Pavón  sur la route d’Alicún. Il reçut huit balles, puis les bourreaux bloquèrent une camionette qui passait, en pompèrent l’essence dont ils arrosèrent le cadavre, pour le brûler avant de l’enterrer.

Martyrisé le 15 septembre 1936 - en la fête de Notre-Dame des Douleurs - et béatifié en 2017, Antonio Sierra Leyva sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 15 septembre.


Pascual Penadés Jornet
1894-1936

Il vit le jour le 3 janvier 1894 à Montaverner (Valencia, Espagne), de José et Trinidad, qui le firent baptiser le lendemain de sa naissance.
Dès l’enfance, il voulut être prêtre. Après les études au séminaire de Valencia, il fut ordonné prêtre en 1921.
Il exerça le saint ministère à La Pobla del Duc, Campos de Arenoso, Sempere, Salem, Adsubia et Bélgida.
Ce fut un prêtre zélé, soucieux de son devoir pastoral et apostolique, estimé de ses paroissiens.
Lors de la persécution de l’été 1936, on condamna l’accès à l’église, on profana le lieu saint et on persécuta les fidèles. Don Pascual tenta de continuer son apostolat, mais un jour on le convoqua pour lui demander de remettre les clefs de l’église. Il déclara qu’il ne le pouvait pas ; il demanda plutôt qu’on lui laissât le temps de retirer le Saint Sacrement, ce qu’on lui accorda après de longues discussions : il put alors consommer les Saintes Hosties, et s’en trouva très réconforté. 
S’étant mis à la disposition des miliciens, il fut expulsé de sa paroisse et alla se réfugier chez ses parents à Montaverner ; un cousin lui proposa l’hospitalité, qu’il accepta quelques jours, mais il préféra s’en retirer pour ne pas compromettre toute la famille de cet homme, et retourna chez ses parents. 
Le 15 septembre vers deux heures du matin, on vint l’arrêter, sans lui laisser le temps d’embrasser ses parents. Conduit au Comité révolutionnaire il fut immédiatement condamné à mort, sous le prétexte qu’il avait organisé une procession sans leur autorité (mais il en avait demandé et obtenu la permission de l’évêché) ; en réalité, son seul délit était d’être prêtre.
Il fut assassiné, le 15 septembre 1936, vers six heures du matin.
On lui tira deux balles dans la nuque, à Llosa de Ranes (Valencia). Le cousin du Martyr eut du mal à le reconnaître, tant il était défiguré.
Don Pascual a été béatifié en 2001.

 

Paolo Manna

1872-1952

 

Paolo naquit le 16 janvier 1872 à Avellino (Italie).

Il étudia à Avellino et Naples et entra à quinze ans chez les Salvatoriens. 

Après la lecture de revues missionnaires, il fut littéralement captivé par le problème et la situation des Missions, trop méconnues dans notre Occident. Il écrivit immédiatement aux Missions Etrangères de Lyon.

Tandis qu’il étudiait à l’Université Grégorienne de Rome, il entra au Séminaire des Missions Etrangères de Milan en 1891.

Il avait une passion : les missions ; son mot d’ordre fut toute sa vie : Toute l’Eglise pour le monde entier.

Ordonné prêtre en 1894, il fut envoyé à Toungoo (Birmanie orientale).

En 1907, malade, il revint en Italie, où il diffusa l’idéal missionnaire par ses homélies, ses conférences, ses écrits.

Directeur de Les Missions Catholiques en 1909, il fonda en 1914 un bulletin (Propagande Missionnaire), puis en 1919 Italie Missionnaire, pour les jeunes.

Puis il ouvrit à Ducenta (Caserta) le Séminaire du Sacré-Cœur pour les Missions Etrangères, toujours dans le but de sensibiliser les fidèles de la région à l’esprit missionnaire.

En 1916, il fonda l’Union Missionnaire du Clergé, pour que les prêtres fussent des agents de diffusion de l’esprit missionnaire parmi les fidèles. En 1956, cette Union serait déclarée de droit pontifical ; elle est actuellement répandue dans le monde entier.

En 1924, le père Paolo fut élu supérieur général de l’Institut des Missions étrangères de Milan. Puis, en 1926, les deux instituts missionnaires de Milan et Rome fusionnèrent pour donner naissance au PIME (Pontificio Istituto per le Missioni Estere).

En 1936, il fut une figure de premier plan dans la fondation des religieuses Missionnaires de l’Immaculée.

De 1937 à 1941, il dirigea le secrétariat international de l’Union Missionnaire du Clergé.

En 1943, il s’établit à Ducenta, comme supérieur du PIME pour l’Italie du Sud. Il fonda alors Venga il tuo Regno (Que ton Règne vienne), un périodique missionnaire pour les familles.

Le père Manna publia aussi différents ouvrages, toujours dans cet esprit missionnaire, pour susciter des vocations, appeler à la prière, travailler à l’unité des Chrétiens.

Il mourut à Naples le 15 septembre 1952 et fut béatifié en 2001.

 

 

Giuseppe Puglisi

1937-1993

 

Il vit le jour le 15 septembre 1937 à Palerme (Sicile, Italie), d’un cordonnier et d’une couturière.

Il fréquenta le séminaire de Palerme dès 1953 et fut ordonné prêtre en 1960.

Le petit Pino Puglisi devenait ainsi le Padre Pino Puglisi, qu’on appela aussi 3P, en italien : Tre Pi.

Dans ses diverses activités paroissiales et didactiques, il s’efforça de guider les jeunes dans la droiture et de les écarter des maillons de la Mafia. Il rencontra les populations marginales des faubourgs et réussit à réconcilier des familles déchirées par la violence.

Il fut à Settecannoli (Brancaccio), Godrano (Palerme).

En 1978, il fut nommé vice-recteur du Petit séminaire de Palerme, puis chargé du service des vocations.

De 1978 à 1993, il fut professeur de religion au lycée classique de Palerme.

En 1990, curé de Brancaccio, il s’intéressa aussi à la condition des jeunes femmes et des mères en difficulté.

Il s’entoura de laïcs groupés en associations pour revendiquer les droits civils des populations méprisées, pour dénoncer la criminalité organisée.

Don Pino savait qu’il dérangeait le milieu. Devant ses jeunes, il apporta un jour un carton sur lequel il sauta, illustrant ce qu’on disait de lui en italien : il «cassait les boîtes», c’était un casse-pied.

Plusieurs fois menacé, il fut assassiné dans son propre quartier paroissial par la Mafia, qui choisit pour ce crime le jour de son anniversaire, le 15 septembre 1993, devant sa porte.

Au moment où l’assassin lui mit le revolver sur la nuque, il dit en souriant : Je m’y attendais. A l’autopsie, son visage conservait ce sourire.

Lors de l’examen de ses restes, en vue du procès de béatification, son corps fut retrouvé intact et sans traces de décomposition.

Don Giuseppe fut reconnu martyr par l’Eglise et béatifié en 2013.

Il faut rappeler que son assassin, arrêté en 1997, a fait un chemin de conversion, s’est profondément repenti et demande chaque soir pardon à Dieu. Il a reconnu avoir assassiné une cinquantaine de personnes : il pleure et prie pour eux.

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