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16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 23:00

17 SEPTEMBRE

 

IV.

S Satyrus, frère de s. Ambroise, juriste, qui voulut rester célibataire. 

Ste Théodora, dame romaine qui s'était mise au service des martyrs.

VII.

S Flaceau, prêtre au Mans.

VIII.

S Lambert, évêque à Maastricht, dont il fut éloigné un temps à cause du maire du palais ; un domesticus du domaine royal le fit égorger.

S Rodingus, peut-être irlandais, fondateur et abbé à Beaulieu-en-Argonne.

IX.

Ste Columba, martyre à Cordoue, où ses frère et sœur étaient abbé et abbesse.

X.

S Unni, évêque à Hambourg, successeur de s. Oscar et missionnaire en Scandinavie.

XII.

S Regnauld, chanoine régulier à Soissons, ermite dans la forêt de Craon, puis à Mélinais.

XIII.

Ste Hildegard de Bingen, mystique, auteur de divers ouvrages de médecine et pour le chant, proclamée Docteur de l’Eglise en 2012.

XV.

B Cherubino Testa, des ermites augustins près de Turin.

S Pedro de Arbués, espagnol, chanoine à Saragosse où il devint le premier Inquisiteur, ce qui lui valut un complot, et le martyre : il mourut en priant pour ses ennemis.

XVII.

S Roberto Bellarmino, troisième de douze enfants d'une famille toscane, jésuite, évêque à Capoue, cardinal et Docteur, auteur d'un "Petit catéchisme", traduit en soixante-deux langues.

XVIII.

S Emmanuel Nguyễn Vǎn Triệu, prêtre martyr en Cochinchine, ancien garde du corps du mandarin, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

B Jan (Stanisław) Papczyński, fondateur polonais des Clercs de l'Immaculée Conception (pères mariens), béatifié en 2007, canonisé en 2016.

XIX.

S Giovanni Croese (Francesco Maria da Camporosso), berger, capucin à Gênes, surnommé le “Padre santo” ; il s'offrit à Dieu au moment d'une épidémie, qui s'arrêta juste après sa mort.

S Zygmunt Szczesny Felinski, évêque à Varsovie, originaire de l'actuelle Ukraine, longtemps exilé en Sibérie par le pouvoir tsariste, fondateur de la Famille de Marie, pour les enfants et les pauvres, béatifié en 2002, canonisé en 2009.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Castellón, Juan Ventura Solsona (*1875), un temps envoyé au Mexique ;

Amigoniens : près de Madrid, le prêtre Timoteo Valero Pérez (*1901) ;

- béatifié en 2007 :

Laïcs : près de Ciudad Real, Álvaro Santos Cejudo Moreno Chocano (*1880).

B Zygmunt Sajna (1897-1940), prêtre polonais martyr, fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

Bse Rosa Maria (Leonella) Sgorbati (1940-2006), missionnaire italienne martyre, abattue à Mogadiscio, béatifiée en 2018. 

Satyrus, frère d’Ambroise
† 379

S.Ambroise de Milan (v. 7 décembre) avait une sœur aînée, Marcellina (v. 17 juillet) et un jeune frère, Uranius Satyrus.
Leur père était préfet en Gaule. A sa mort, la famille s’installa à Rome.
Aidé d’un certain Symmacus, Satyrus fit de brillantes études de droit et devint avocat. On lui confia le gouvernement d’une province, où son sens de la justice le fit aimer.
Il n’avait pas encore reçu le Baptême, mais se comportait très dignement, sobrement ; il tenait à conserver la chasteté. Les propriétés qu’il possédait, il les gérait honnêtement, simplement, payant ses ouvriers, dont il n’exigeait pas l’impossible.
Satyre tint à reprendre à un certain Prosperus des biens qu’il avait soustrait à Ambroise, et pour bien mener l’affaire, dut s’embarquer pour l’Afrique. Un naufrage menaça l’embarcation. Satyrus sut que des Chrétiens portaient l’Eucharistie avec eux ; il la leur demanda, se la noua autour du cou avec un linge et se jeta à l’eau ; une fois en sûreté, il organisa le sauvetage de tous les passagers. 
Son premier geste fut de remercier Dieu, puis de demander le Baptême. 
L’affaire avec Prosperus fut résolue dans la justice et l’amitié : Prosperus restitua les biens, sans devenir ennemi de Satyrus.
Passant par Rome, Satyrus rejoignit promptement Ambroise à Milan, où il mourut bientôt, assisté de Marcellina et d’Ambroise. Ce fut vers 379.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Satyrus, frère d’Ambroise, au 17 septembre.


Rodingus de Beaulieu
† 680

Ce personnage, qu’on appelle Rouin en français, pouvait être d’originie irlandaise et même s’appeler Chrodingus.
Il aurait d’abord été moine dans l’abbaye de Tholey, dont l’abbé, Paul, appelé au siège épiscopal de Verdun (641), confia la direction à Rodingus.
Rodingus ensuite se serait retiré dans la forêt d’Argonne. Ici intervient une «légende», selon laquelle le seigneur de l’endroit fit fouetter notre Fondateur, qui décampa rapidement et partit en pèlerinage à Rome ; là, s.Pierre lui aurait demandé de retourner à Beaulieu ; arrivé sur place, il guérit le seigneur malade (tout le reste de la famille ayant péri de mort mystérieuse) ; ce dernier manifesta sa reconnaissance en aidant Rodingus à construire un monastère, qui devint l’abbaye de Beaulieu-en-Argonne.
Devenu presque centenaire, Rodingus se serait retiré dans le voisinage, à Bonneval, qui est maintenant connu comme ermitage Saint-Rouin. Il s’y trouverait une fontaine miraculeuse.
Rodingus serait mort en 680.
L’abbaye fut détruite en 1789, on devine pourquoi, et il n’en subsiste aujourd’hui que des pans de murs et, surtout, un pressoir du 13e siècle, classé Monument Historique : les moines pouvaient y presser quelque trois tonnes de raisin.
Saint Rodingus de Beaulieu est commémoré le 17 septembre dans le Martyrologe Romain.


Lambert de Maastricht
636-705

Lambert naquit vers 636 à Maastricht. Sa famille devait être princière et certains de ses membres furent des comtes dans le royaume franc.
Ce petit prince fut confié d’abord à l’évêque de Maastricht, Théodard (v. 10 septembre), puis à l’école royale. Lambert grandit en âge et en sagesse, il se montrait à la fois leste et courageux, modeste et chaste.
Une biographie raconte que, jeune homme, il opéra des miracles, faisant jaillir une source pour étancher la soif des ouvriers constructeurs d'une église, ou portant des charbons ardents dans les plis de son manteau sans l'endommager. 
Ses vertus  peu ordinaires l'élevèrent sur le siège épiscopal de Maastricht, pour succéder à Théodard, qui avait été assassiné (vers 669). On a avancé qu’il n’avait alors que vingt et un ans, un âge certainement impossible pour une consécration épiscopale, mais on admettra que Lambert ait pu être évêque autour de ses trente ans. Si l’on retient la date de naissance donnée plus haut, il pouvait avoir trente-trois ans.
Une lutte de palais fit assassiner Childéric II, roi d’Austrasie, dont le pouvoir fut repris par Ébroïn, maire du palais de Neustrie, qui s’en prit aux partisans du roi défunt. Aussi Lambert se retira pendant sept années dans le monastère de Stavelot, tandis qu’un intrus, certain Pharamond, usurpait sa place.
Une anecdote illustre la modestie et la sainteté de Lambert dans ce monastère. Une nuit froide d’hiver où il dormait dans le dortoir commun, il voulut se relever pour prier, mais une de ses sandales lui échappa et réveilla le dortoir en tombant par terre. L’abbé, sans attendre et sans vérifier, imposa à ce “grand coupable” (!) d’aller faire pénitence dehors devant le crucifix. Lambert obéit sans répliquer. Plusieurs heures après, l’abbé se rendit compte de sa méprise et alla retrouver l’évêque transi de froid et couvert de neige. Lambert n’eut qu’un mot fraternel : Saint Paul ne m'enseigne-t-il pas que je dois servir Dieu dans le froid et la nudité ? (cf. 1Co 4:11) ; revenu de sa méprise, l’abbé fit chauffer un bon bain chaud pour réconforter le pauvre évêque tout transi.
Lambert fut enfin rappelé sur son siège épiscopal ; il était le père de tous, surtout des pauvres. Pauvre lui-même, il tenait à avoir un siège sans ornementation, des vêtements modestes et usagés. Il parcourut la grande région nordique de Taxandrie, l’ancienne Campine, s’efforçant d’y faire disparaître le culte païen envers les dieux celtes Cernunnos et Arduinna.
Son amour des âmes le porta même à entreprendre la conversion des peuples païens qui n'appartenaient pas à son diocèse.
Malgré des menaces de mort, son zèle ne se rebuta point, et il eut la consolation de ramener beaucoup de brebis égarées dans le bercail de l’Église. 
Durant un de ses déplacements, il fut protégé par deux amis, lesquels «éliminèrent» deux agents du fisc qui guettaient sans cesse l’évêque et entravaient son action pastorale. La riposte ne se fit pas attendre : Lambert et ses deux amis furent à leur tour abattus, à Liège, le 17 septembre 705. On a pu avancer que ce meurtre avait été commandité par Pépin II d’Héristal, auquel le saint évêque avait fait quelques remontrances sur sa conduite matrimoniale.
L’épiscopat de Lambert avait duré trente-six ans.
L’évêque égorgé (ou assommé) fut enterré à Maastricht, en la basilique Saint-Pierre, dans la banlieue, entre la Meuse et le Geer. Lors de l’examen de ses reliques en 1896, on constata une profonde blessure à l’occiput.
Peu après sa mort, vers 718, saint Lambert fut transporté à Liège et devint ainsi le patron de ce diocèse. La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Liège fut construite sur les lieux de l’assassinat de Lambert.
Saint Lambert est reconnu comme le principal organisateur de l’Église belge. Plus de cent-quarante églises et sanctuaires lui sont dédiés.
Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.


Columba de Cordoue
† 853

Columba est l’une des quarante-huit martyrs recensés par s.Eulogio (v. 11 mars), témoin contemporain des événements.
Elle appartenait à une famille chrétienne de Cordoue, où sa sœur aînée, Isabel, avait épousé un autre chrétien, Jeremía. Leur frère s’appelait Martino.
La sainte vie de ce couple suggéra très tôt à Columba de se consacrer totalement au Christ ; sa mère tenta de s’y opposer fermement, mais elle mourut subitement.
Isabel et Jeremía avaient fondé un double monastère à Tábanos, proche de Cordoue, et c’est leur frère Martino qui était l’abbé des moines. Isabel et son mari voulurent à leur tour s’y retirer, et Isabel devint abbesse.
Columba était à bonne école ; elle grandit dans la science de l’Ecriture, et surtout de la sainteté. Il lui arrivait de rester en oraison trois ou quatre heures de suite, parfois une demi-journée, pleurant tout doucement. Elle priait prosternée sur une natte, et le pavé sous cette natte était mouillé par ses pleurs.
Au moment de la persécution, les moniales se replièrent à Cordoue dans une maison privée, près de la basilique Saint-Cyprien. 
Un jour, Columba fut envahie d’un zèle impétueux et d’un désir irrésistible du martyre. Il est probable qu’elle ait été dans l’ignorance d’une décision toute récente des évêques réunis en concile à Cordoue en 852, lesquels prohibaient aux Chrétiens toute provocation. Columba, donc, sortit furtivement de son habitation et alla directement se présenter au juge, se déclarant chrétienne et l’invitant tout simplement à se convertir.
La sentence fut immédiate : elle n’eut que le temps de remettre une pièce au bourreau, avant d’être décapitée, le 17 septembre 853. Le corps de la Martyre fut jeté au Guadalquivir, et retrouvé quelques jours plus tard, indemne de toute corruption.  
Sainte Columba de Cordoue est commémorée le 17 septembre dans le Martyrologe Romain.

Hildegard de Bingen
1098-1179

Hildegard Vermerssheim naquit le 16 septembre 1098, de parents nobles et très chrétiens, à Bermersheim près d’Alzey (Hesse, Germanie). Elle est leur dixième enfant.
Toute petite elle fut favorisée de visions surnaturelles, de choses que personne ne voyait autour d’elles.
A cinq ans, elle dit à sa gouvernante : Regarde le joli petit veau qui est dans cette vache, et de le décrire tel qu’on le voit apparaître peu après.
A huit ans, on la confie aux moniales bénédictines de Disibodenberg (“Montagne de saint Disibode”, cf. 8 juillet), auprès de la célèbre recluse sainte Jutta : elle apprend à lire, à écrire, apprend le latin, la médecine, l’histoire naturelle.
A quinze ans, elle reçoit le voile et, à la mort de Jutta, est nommée supérieure : elle a trente-huit ans (1136). C’est que ses visions ne l’empêchent pas d’être moniale exemplaire, et c’est pour ses vertus - non pour ses visions - qu’elle devient abbesse.
Sur invitation céleste, et aussi de son entourage, Hildegard commence à rédiger ou à dicter ses visions ; elle a plusieurs secrétaires successifs, dont deux écriront une biographie de la sainte.
En 1147, elle fonde l’abbaye de Rupertsberg (“Montagne de saint Rupert”, cf. 15 mai), près de Bingen, et en 1165 celui de Eibingen.
Contemporaine de saint Bernard, Hildegard vivait en pleine Querelle du Sacerdoce et de l’Empire. Elle sera en correspondance avec les papes, les empereurs, les princes, les prélats, les abbés. Elle voyagera en Germanie de Cologne à Bamberg en passant par Trèves, elle viendra en Lorraine, sans épargner sa faible santé pour venir en aide là où la Providence l’appelait.
Outre les centaines de lettres de sa correspondance qu’on a conservées, elle nous a laissé divers ouvrages : Scivias (Sci : sache, apprends ; vias : les voies du Seigneur), le Liber vitæ meritorum (Livre des Mérites), le Liber divinorum operum (Livre des œuvres divines), un commentaire sur la règle de saint Benoît, un autre sur le Symbole trinitaire de saint Athanase, une vie de saint Rupert et une de saint Disibodus, un traité de médecine en neuf livres, de nombreuses œuvres pour le chant liturgique (où la mélodie couvre parfois plus de deux octaves, quand on sait qu’une voix ordinaire n’en couvre qu’une et demie), à quoi il faudra ajouter toutes sortes de visions et de prophéties, que saint Bernard a lui-même qualifiées de grâces du ciel.
Hildegard élaborera aussi une sorte de langue personnelle, avec des signes et des phonèmes qu’elle seule connaissait, avec laquelle elle écrivit son ouvrage Lingua ignota (avec version latine), fruit de ses visions qui l’emportaient, comme saint Paul, jusqu’au troisième ciel (2Co 12:2), ou peut-être encore plus haut…
Hildegard mourut le 17 septembre 1179 à Rupertsberg. Elle venait d’avoir quatre-vingt-un ans.
Sa grande célébrité la fit vite “béatifier” et son nom arriva dans le Martyrologe, au 17 septembre, avec le titre de sainte sans canonisation vraiment officielle.
Le pape allemand Benoît XVI a reconnu officiellement cette canonisation en 2012, et annonça qu’il proclamerait sainte Hildegard Docteur de l’Eglise, reconnaissant ainsi l’inspiration de cette grande Sainte et la garantie doctrinale de ses écrits.


Regnault de Mélinais
?-1190

Regnault demeure aujourd’hui à peu près inconnu.
D’après les chroniques de Mélinais, il était originaire de Picardie et était devenu chanoine régulier à Saint-Jean-des-Vignes, à Soissons.
Une légende raconte que Regnault lui-même avait participé à l’assassinat de Thomas Becket (v. 29 décembre) en 1170 ! Regnault serait venu dans la forêt de Mélinais pour y terminer ses jours dans la solitude et le remords. Conscient de sa co-responsabilité, le roi Plantagenêt lui aurait octroyé une chapelle et y aurait fait construire une église pour des chanoines réguliers de l’Ordre de Saint-Augustin.
Plus objective, la tradition rapporte qu’obsédé par le désir de la vie érémitique, comme beaucoup de ses contemporains, sans écouter les objurgations d’Yves de Chartres, qui lui proposait plutôt la vie cénobitique (communautaire), Regnault se rendit dans la forêt de Craon, près de Robert d’Arbrissel (v. 25 février).
Après la mort de Robert, Regnault se retira à Mélinais (Sarthe), où s’élevait depuis 1138 la fameuse abbaye, royalement subventionnée par les rois d’Angleterre, ainsi que par les comtes et ducs des provinces voisines. Elle possédat jusqu’à trente paroisses. Comme en beaucoup d’autres lieux, il ne reste de cette abbaye si prospère que quelques ruines.
Regnault mourut un 17 septembre, vers 1104.
Saint Regnault est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.


Cherubino Testa
1451-1479

Il portait bien son prénom ! Cherubino naquit en 1451 à Avigliana (Turin, Italie NO), unique enfant de Filippo et Lucrezia, un couple de famille ancienne et renommée.
En 1471, il entra au couvent des Ermites de Saint-Augustin de cette même localité et fut ordonné prêtre.
Dans l’intervalle de quelques années, il monta les degrés de la sainteté par l’austérité de sa vie, sa mortification, son obéissance joyeuse, sa profonde piété et sa grande pureté.
Il avait une particulière dévotion envers la Passion du Seigneur, qui le ravissait en extase devant l’image du Crucifié.
On lui confia le soin de recevoir les pauvres, qu’il accueillit avec le plus grand empressement, et recourant à l’occasion à la générosité de ses propres parents.
La maladie le frappa, et le conduisit à la mort, survenue le 17 septembre 1479, quand il n’avait que vingt-huit ans.
Les cloches du pays se mirent à sonner d’elles-mêmes, comme pour signifier l’entrée de cette belle âme dans la Vision béatifique.
Il y aurait eut un autre prodige. Les frères de la communauté remarquèrent un parfum qui sortait de son tombeau. On voulut alors transférer les restes de Cherubino dans un endroit plus adéquat et, en ouvrant son tombeau, on remarqua qu’un lys sortait de son cœur. Ce serait la raison pour laquelle on représente Cherubino avec le lys dans sa main, comme saint Joseph ou saint Antoine de Padoue et d’autres encore, qui brillèrent particulièrement par la vertu de Pureté.
Le culte de Cherubino se développa et fut confirmé en 1865.
Le Martyrologe mentionne maintenant le bienheureux Cherubino au 17 septembre.


Pedro de Arbués
1441-1485

Né en 1441 à Épila (Aragon, Espagne centre-nord), de bons et nobles chrétiens, il étudia d’abord avec son père, puis à Huesca, d’où on l’envoya à la grande université de Bologne (Italie), où il prit ses grades en théologie et en droit.
En 1474 il fut ordonné prêtre, puis fut chanoine augustin à Saragosse. Il se montra zélé dans l’exercice de son sacerdoce.
C’était l’époque où l’on voulait éradiquer les erreurs provenant de l’Islam (rappelons que l’Espagne avait été sous le joug musulman pendant cinq siècles), mais aussi du Judaïsme, qui avait accueilli favorablement l’invasion islamique au 8e siècle.
En 1484, Pedro fut nommé inquisiteur pour l’Aragon. Faute de documents certains, on ne sait exactement s’il ordonna des tortures et des condamnations à mort ou s’il fut seulement victime de son zèle. Le fait est qu’un complot se trama, dont il fut averti, mais qu’il attendit sans inquiétude, assurant qu’il préférait être un bon martyr qu’un mauvais prêtre.
Le 14 septembre 1485, en la fête de la Sainte Croix, alors qu’il se rendait au chœur pour les matines, s’étant agenouillé devant le maître-autel, il fut assailli par huit hommes qui l’égorgèrent et prirent la fuite. Les autres chanoines étaient en train de chanter le psaume de l’invitatoire : N’endurissez pas vos cœurs comme à Meriba (Ps 94), verset où le psalmiste invite à ne pas imiter la dureté des Juifs au désert ; ils accoururent, mais Pedro n’avait plus qu’un souffle et dit : Loué soit Jésus-Christ, je meurs pour sa sainte foi.
Sa blessure au cou était mortelle ; il agonisa trois jours, priant pour ses ennemis.
Don Pedro de Arbués mourut le 17 septembre 1485.
On lava la dalle où il était tombé, mais le sang y réapparut mystérieusement. Les gens en imbibèrent des linges.
Pedro fut béatifié en 1664, canonisé en 1867. Pie IX, qui le canonisa, l’invoqua pour la conversion des Juifs et des Francs-maçons.


Roberto Bellarmino
1542-1621

Roberto Francesco Bellarmino naquit à Montepulciano, non loin de Florence, le 4 octobre 1542, jour de la fête de saint François d’Assise, dont il porta le nom. Il était le troisième de douze enfants. Les parents, bons chrétiens, étaient de petite noblesse. Le père s’appelait Vincenzo Bellarmini. La maman, Cinthia Cervini, était la sœur du pape Marcel II.
La maison paternelle fut pour lui une école de vertu, où sa piété se développa promptement, et plus d'une fois, dès l'âge de six ans, les gens du voisinage se réunissaient autour de lui pour l'entendre prêcher la Passion de Notre-Seigneur. 
Après avoir reçu ses premières leçons d’un précepteur, il entra à quatorze ans au collège des Jésuites de sa ville natale. Il s’y fit remarquer par sa piété, sa bonne camaraderie, son aptitude pour les études, son goût pour le chant et la musique. Par la façon dont il riposta un jour à ceux qui attaquaient l’honneur de son collège, on eût pu deviner déjà en lui le futur ardent défenseur de l’Église.
Après le collège, son père eût préféré qu’il suivît des cours de médecine à Padoue, mais Roberto entra dans la Compagnie de Jésus (1560). Après le noviciat, il étudia la philosophie au Collège Romain, puis les Humanités à Florence et Mondoví. Après plusieurs années d'éloquentes et fructueuses prédications, et quatre ans de professorat au collège romain, il gagna Padoue pour y faire la théologie. 
Ses prédications y furent très appréciées : on remarquait son affabilité, sa maîtrise de soi et sa maturité d’esprit.
En 1569, le supérieur des Jésuites, Francesco Borgia, envoya Roberto à Louvain, où se trouvait une très célèbre Université, pour y compléter ses études de théologie, mais en même temps il devait s’occuper de l’apostolat auprès des étudiants, charge pour laquelle il reçut les ordres mineurs, puis les ordres majeurs. Là encore, ses prédications enthousiasmèrent tous ceux qui l’entendaient, par son ardeur, sa science et la force de son éloquence, qui se doublait d’une constante simplicité, nourrie par sa piété et son humilité.
Il devint professeur de théologie à Louvain même, pendant sept ans. Grand admirateur de saint Thomas d’Aquin, il en introduisit la méthode dans l’Université. Son zèle le poussa à étudier l’hébreux et il publia une grammaire hébraïque. Il voulait réfuter les hérétiques, et il commença par Baïus, le chancelier de l’Université de Louvain !
Le climat nordique ne lui ayant pas profité, il dut regagner l’Italie (1576). Il reçut alors la chaire de controverse au Collège romain, qu’il occupera pendant douze années. Des milliers d’étudiants l’écoutaient, parmi lesquels ceux des Collèges germanique et anglais, qui devraient ensuite affronter les hérésies dans leurs propres pays. La doctrine de Roberto Bellarmino était si sûre qu’on le surnomma le “marteau des hérétiques”.
Ses Controverses eurent un tel succès unanime, qu’on le pria de les publier. Les trois volumes connurent maintes éditions et traductions. Le protestant Théodore de Bèze reconnaîtra la valeur de cet ouvrages en disant : C’est le livre qui nous a perdus ! Roberto savait se montrer rigoureux dans la défense de la doctrine catholique, mais extrêmement respectueux dans sa façon de parler aux “adversaires”, ce qui les confondait doublement.
Il fut deux ans supérieur du Collège romain. C’est à Rome qu’il se lia au jeune Luigi de Gonzaga, dont il deviendra le père spirituel. Puis il fut nommé provincial des Jésuites à Naples.
Le pape Clément VIII le rappela pour être son théologien particulier, consulteur au Saint-Office (l’actuelle Congrégation pour la Doctrine), et recteur de la Pénitencerie. Le père Bellarmino continuait d’écrire, de publier. Ainsi fut édité son Catéchisme, traduit en diverses langues, dont la française fut approuvée par Richelieu et utilisée par saint François de Sales. Le même pape Clément VIII ordonna l’utilisation de ce Catéchisme dans les paroisses.
Clément VIII voulut récompenser tant de zèle et de succès en nommant le père Bellarmino cardinal. Un religieux jésuite, normalement, ne peut recevoir une telle distinction, et l’ordre s’y opposait, mais le pape passa outre et imposa la calotte rouge au père Bellarmino qui protestait de toute son âme (1599).
Le Cardinal Bellarmino chercha à vivre dans la simplicité de toujours, malgré un certain faste auquel il devait se plier à contre-cœur. Il resta modeste, et fermement réticent à toute manifestation de népotisme, si fréquent à l’époque, et dont même sa famille aurait voulu bénéficier.

Une querelle assez âpre s’éleva entre les Jésuites et les Dominicains à propos d’un livre de Molina sur le libre arbitre et la grâce. Le pape, d’une façon un peu autoritaire, voulait imposer ses conclusions malgré les suggestions du cardinal Bellarmino. Pour faire court, le pape alors nomma brusquement Bellarmino archevêque de Capoue. Mais la querelle ne s’apaisa finalement que sous le pape suivant, qui eut enfin la bonne idée de se ranger à l’avis du cardinal Bellarmino.
Comme archevêque, le nouvel élu entendit bien résider dans son diocèse, contrairement à une habitude fréquente alors, où les évêques résidaient à la cour d’un roi ou au Vatican. Mgr Bellarmino répara sa cathédrale, assez délaissée, et visita chaque année les paroisses de son diocèse, qu’il aidait au besoin de ses propres deniers. Il chercha particulièrement à relever le niveau du clergé. Là encore ses prédications remportèrent un grand succès.
C’est de cette époque que furent retenus déjà quelques miracles opérés par ce saint Cardinal : des malades à l’agonie furent guéris ; un figuier reverdit ; un chanoine de Capoue fut témoin d’une bilocation… Il fit aussi quelques prédictions. Il avait le don de lire dans les âmes, il chassa des démons…
Aux deux conclaves suivants, le cardinal Bellarmino aurait pu être désigné pour le siège de saint Pierre, mais une autre majorité se forma, à sa plus grande satisfaction. Lui-même penchait pour le cardinal français François de la Rochefoucauld. Même Henri IV avait suggéré aux cardinaux français d’élire Roberto Bellarmino.
Le nouveau pape (Paul V) nomma le cardinal Bellarmino à plusieurs fonctions auprès des Congrégations romaines, de sorte que le cardinal donna sa démission d’archevêque, pour être totalement à l’œuvre dans ses responsabilités vaticanes. 
En même temps qu’il continuait à écrire pour défendre l’autorité du pape (notamment en Angleterre, contre James Ier), le Cardinal Bellarmino entretenait une vaste correspondance dans toute l’Europe, composait un commentaire sur les Psaumes, et s’occupait activement à Rome.
Saint François de Sales disait de lui : « Il sait tout, excepté faire le mal. » 
Il soutint les causes de canonisation de Ramón de Peñafort, de Francesca Romana, de Carlo Borromeo, d’Iñigo (Ignace) de Loyola, le fondateur des Jésuites (voir des notices de ces Saints aux 7 janvier, 9 mars, 4 novembre, 31 juillet. Il affirma avec conviction la doctrine de l’Immaculée Conception (qui ne serait proclamée qu’au XIXe siècle). Il protégea efficacement l’ordre des Célestins, parvenant à réconcilier les deux branches française et italienne.
Il dut aussi s’occuper en première personne de l’instruction du procès de Giordano Bruno, dont il démontra l’hérésie au terme d’une longue série d’interrogatoires. Ceci ne veut pas dire que c’est lui qui demanda la mise à mort de l’hérétique. Ces façons font partie d’un contexte historique auquel notre Cardinal n’a rien à voir : les actes mêmes du procès exigeaient qu’on n’attentât pas à la vie du condamné, mais le fanatisme prévalut et Giordano fut brûlé vif à Rome en 1600.
Bellarmino rencontra aussi Galileo. Il admettait que le système héliocentriste pouvait être une théorie mathématique, mais sans devoir aboutir à une affirmation philosophique et à un système théologique dangereux.
Le cardinal Bellarmino entretint des relations très amicales avec d’autres saintetés de l’époque : Filippo Neri, Carlo Borromeo, Jean Berchmans, Luigi de Gonzaga (voir aux 26 mai, 4 novembre, 13 août, 21 juin). 
Le Cardinal Bellarmino était devenu complètement sourd. A la fin de l’été 1621, la fièvre le gagna durant sa retraite annuelle au noviciat de Saint-André au Quirinal. Tout Rome défila près de lui, le pape Grégoire XV en tête. On ne se gênait pas pour emporter quelque objet en guise de relique, jusqu’au sang que les médecins lui prélevaient pour le soulager.
Le cardinal Roberto Bellarmino mourut le 17 septembre 1621. Il voulait des funérailles discrètes, mais le pape en fit de solennelles.
La cause de canonisation avança lentement, non pas par manque de témoignages - qui furent au contraire nombreux et unanimes - mais entre autres par la suppression temporaire de la Compagnie de Jésus.
Saint Roberto Bellarmino fut béatifié en 1923, canonisé en 1930, et proclamé Docteur de l’Eglise en 1931.
Il est mentionné au 17 septembre dans le Martyrologe.

Jan (Stanisław) Papczyński

1631-1701

 

Il naquit le 18 mai 1631 à Podegrodzie (Pologne), benjamin des sept enfants de Tomasz et Zofia Tacikowskich. 

Petit, il «joua à être prêtre», construisant des autels, faisant des processions. 

Il fréquenta l’école des Jésuites et des Piaristes à Podolińiec, Jarosław, Lviv et Rawa Mazowie.

A la fin de ses études, contrairement aux souhaits de ses parents, il voulut entrer en religion. Il préféra la congrégation des Piaristes, en raison de leur dévotion mariale. Il y prit le nom de Stanisław de Jésus et Marie.

Après le noviciat, il fit la profession en 1656, et reçut l’ordination sacerdotale en 1661.

Séminariste, il enseigna déjà la rhétorique avec un texte qu’il avait lui-même écrit : Le Messager de la Reine des Arts, qui lui valut bien des louanges.

Il fut professeur à Varsovie, mais aussi confesseur renommé ; il eut parmi ses pénitents le nonce papal, Antonio Pignatelli, futur pape Innocent XII.

Ses dévotions personnelles étaient en particulier : la Divine Providence, la Passion du Christ, l’Eucharistie, la Sainte Vierge, les Ames du Purgatoire et leur salut.

Lorsqu’en 1669 on prétendit atténuer la règle de la Congrégation, il préféra demander une dispense des vœux et fonder une nouvelle famille religieuse, les Marianistes de l’Immaculée Conception (différents des Marianistes français). Les Religieux porteraient un habit tout blanc en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie. On trouve aussi l’appellation moins équivoque de Pères mariens.

Pour une fois, cette fondation était due à un homme natif de Pologne, de sorte qu’il obtint assez facilement l’approbation diocésaine.

La première communauté s’établit dans la forêt Korabiewickiej et fut approuvée en 1673. C’était une communauté d’ermites, qui recevaient des hôtes désireux de vivre un temps de retraite. En 1679, l’institut devint de droit diocésain et répandit la dévotion à l’Immaculée Conception ainsi que la prière pour le salut des âmes du Purgatoire. Les Religieux enseignaient aussi les fondements de la Foi, confessaient. 

Le père Stanisław prit une mesure énergique pour combattre l’alcoolisme, qui pénétrait jusque dans les murs du monastère : il interdit totalement la vodka. 

Désireux d’obtenir aussi l’approbation papale, Stanisław partit pour Rome, à pied, en 1690, mais le pape mourut en février 1691 et il y eut une vacance de cinq mois avant l’élection d’Innocent XII, de sorte que Stanisław remplaça provisoirement l’approbation papale en affiliant sa Congrégation à d’autres Ordres déjà approuvés.

En 1699, il envoya cette fois-ci un Confrère à Rome, qui entra en contact avec les Frères Mineurs franciscains ; le Général franciscain présenta au nouveau pape la Règle des Dix Vertus de la Bienheureuse Vierge Marie, qui comportait l’affiliation légale de la Congrégation à l’Ordre franciscain. Le pape donna son approbation. 

L’évêque leur confia ensuite le couvent de Nouvelle Jérusalem, qui s’appelle aujourd’hui Mont Calvaire, où les Religieux reçoivent des pèlerins.

Le père Stanisław fut peu à peu rongé par la maladie. Il s’éteignit à ce monde le 17 septembre 1701 et fut béatifié en 2007.

La canonisation a été proclamée en 2016, après qu’une jeune fille de vingt ans soit sortie indemne du coma à la suite de problèmes respiratoires. Les médecins avaient supprimé toute assistance et la maman fit une neuvaine de prières, au terme de laquelle la jeune fille avait repris toutes ses facultés ; elle put se marier et elle est la maman de deux enfants.

 

 

Emmanuel Nguyễn Vǎn Triệu

1756-1798

 

Emmanuel vit le jour vers 1756 à Thợ Đùc (Phu Xuân, aujourd’hui Huế, Vietnam).

Orphelin de père encore petit, il grandit avec sa sœur chez sa mère et, à quinze ans, rejoignit l’armée.

Après quinze autres années d’activités militaires, il choisit d’entrer plutôt au service de l’armée du Ciel, et se prépara au sacerdoce.

Il fut ordonné prêtre en 1793.

Aguerri par ses longues années militaires, il organisa son apostolat avec autant de zèle que d’efficacité et fit beaucoup pour l’expansion du Règne du Christ dans le Vietnam.

A la fin du siècle, la situation des Chrétiens devint à nouveau difficile, à la suite de tensions politiques qui entraînèrent la méfiance vis-à-vis des croyants, jusqu’à ce qu’un édit de mai 1798 proscrivît la religion catholique.

Le père Emmanuel vint alors se réfugier chez sa vieille mère, qui avait maintenant les cheveux tout blancs. Il resta là et construisit une petite maison pour elle et sa sœur, allant célébrer la Messe dans la paroisse voisine.

Le 8 juillet, toute une troupe vint encercler le village pour arrêter le curé et des Chrétiens ; ne connaissant pas encore le père Emmanuel, ils ne pensèrent pas à l’arrêter, mais c’est lui-même qui se présenta pour partager le sort de ceux qui avaient été arrêtés. Sa mère pleurait, mais il la reprit doucement : Dieu m’a donné l’honneur de témoigner pour Lui. Ne pleure pas, Maman, faisons la volonté de Dieu.

Pendant les quarante jours suivants, il fut enchaîné par les mains et les pieds, trois fois il fut battu jusqu’au sang, plusieurs fois traîné devant un tribunal. On lui demanda qui était sa femme, il répondit : Je ne suis pas marié, parce que je vis le célibat du prêtre.

Pendant tout le temps de sa captivité, le père Emmanuel resta serein, confiant en Dieu, réconfortant les autres prisonniers. Il reçut la visite d’un autre prêtre déguisé, auquel il put se confesser, ainsi que sa mère.

La condamnation arriva le 17 août : le père devait être écrasé sous les pieds des éléphants, mais la condamnation fut remise.

On fit encore des propositions au père ; il répondit qu’il préférait mourir que de cesser de prêcher le Nom du Christ.

Condamné à mort, à l’image de Notre-Seigneur, le père Emmanuel fut emmené avec six autres voleurs condamnés. Sur le lieu du supplice, un soldat lut la sentence capitale. Emmanuel s’agenouilla et pria. Il fut décapité le 17 septembre 1795 à Bãi Dâu (Saigon). 

Ce prêtre fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Une fête liturgique commune célèbre les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Giovanni Croese (Francesco da Camporosso)

1804-1866

 

Anselmo Croese et Maria Antonia Garzo étaient d’humbles cultivateurs, à Camporosso (proche Ventimiglia, Italie).

Quatrième des cinq enfants de cette famille, Giovanni naquit le 27 décembre 1804, et reçut au baptême le nom du saint Apôtre de l’Amour, l’évangéliste Jean qu’on fête ce jour-là. Le petit garçon commença d’aller à l’école, mais ne fut pas ce qu’on peut appeler un élève enthousiaste. de sorte qu’il resta à la ferme pour aider les parents aux travaux et pour garder le petit troupeau.

En 1816, il fait la Première Communion. Une vilaine maladie pousse ses parents à le conduire au sanctuaire marial de Laghet (La Turbie, Nice), dont il revient guéri.

Ce n’était pas un demi-chrétien : un jour qu’il voyageait avec son père, il donna à un pauvre petit garçon de son âge son habit tout neuf.

En 1822, Giovanni fait un essai chez les Frères Mineurs Conventuels de Sestri Ponente, avec le nom d’Antonio.

En 1824, il passe à Voltri, dont il préfère la style de vie plus austère. Postulant, il prend le nouveau nom de Francesco Maria. Là, on remarque la charité avec laquelle il sait donner aux pauvres son repas en se contentant pour lui des restes qu’il trouvait.

En 1825 il commence le noviciat proprement dit, au couvent des Capucins de Saint Barnabé à Gênes, comme frère lai. Le 17 décembre, il reçoit l’habit, et fait la profession religieuse le même jour de l’année suivante. 

Il n’a que vingt-et-un ans, mais ses supérieurs l’envoient tout de suite à la maison principale de la Province, au couvent de l’Immaculée Conception de Gênes. Il travaille à la cuisine et à l’infirmerie, puis il est frère quêteur, en 1831, d’abord dans la campagne, dans la vallée du Bisagno, puis en ville à partir de 1834, et sera finalement responsable de tous les frères quêteurs à partir de 1840.

Il restera dans ce couvent près de quarante ans, jusqu’à la mort.

Sa charge de quêteur se doubla d’un véritable apostolat auprès des familles, par ses conseils, son assistance discrète ; il savait être proche des marins, nombreux à Gênes, ainsi que de ceux qui allaient émigrer en Amérique. On le connaissait bien, on le voyait partout pieds-nus, toujours souriant, toujours bon, au point qu’on le surnomma le Padre santo, le saint Père, lui qui n’était pas même prêtre.

Il se mortifiait beaucoup, couchant sur des planches, prenant des croûtons de pain mouillés dans de l’eau chaude, portant de vieilles étoffes qu’il raccommodait lui-même.

En 1866, une épidémie de choléra éclata en août : il s’offrit à Dieu pour la faire cesser, et en mourut effectivement, le 17 septembre 1866.

Les miracles se multiplièrent.

Le Padre santo fut proclamé bienheureux en 1929, et réellement saint en 1962. Il est tellement connu avec ce surnom, qu’on en a complètement oublié son nom de famille.

Saint Francesco Maria de Camporosso est mentionné au Martyrologe le 17 septembre. Les Franciscains le fêtent le 19 septembre.

Note. Les Italiens, qui n’aiment pas le jour 17 comme les Français le 13, remarqueront que saint Francesco reçut l’habit un 17, fit la Profession un 17, et mourut un 17…

 

 

Zygmunt Szczesny Felinski

1822-1895

 

Septième de onze enfants, Zygmunt (Sigismond) naquit le 1er novembre 1822, dans la noble famille de Gerard et Eva Wendorff à Wojutyn (Pologne, aujourd’hui Ukraine). Sa mère était écrivain.

De ses parents très chrétiens, Zygmunt apprendra l’amour de Dieu, le sacrifice pour la patrie, le respect de l’homme, valeurs qui le soutinrent dans l’épreuve, à la mort de son père en 1838, ou quand sa mère fut déportée en Sibérie pour avoir soutenu les paysans, ou aussi quand le gouvernement tsariste confisqua le patrimoine de la famille.

Il étudia les mathématiques à l’université de Moscou et, en 1847, partit à Paris où il étudia à la Sorbonne et au Collège de France.

Il se lia aux émigrés polonais et, en 1848, soutint l’insurrection de Poznan.

En 1851, il décida de devenir prêtre et rentra dans sa patrie au séminaire diocésain de Zytomierz (Jitomir), pour poursuivre ensuite ses études à l’Académie ecclésiastique catholique de Saint Petersbourg (Russie).

Il sera ordonné prêtre en 1855, à trente-trois ans.

Son activité pastorale commence parmi les pères dominicains de la paroisse Sainte Catherine à Saint Petersbourg, de 1855 à 1857, puis comme directeur spirituel des élèves de l’Académie ecclésiastique, enfin comme professeur de philosophie.

En 1856, il fonde le “Refuge pour les Pauvres” et, en 1857, la congrégation religieuses des Franciscaines de la Famille de Marie.

En 1862, il est nommé archevêque de Varsovie, capitale de la Pologne assiégée par les troupes tsaristes et où les évêques, par protestation, avaient ordonné la fermeture de toutes les églises. Le nouvel archevêque commençe par re-consacrer la cathédrale, profanée par les troupes russes, puis fait rouvrir toutes les églises.

Mgr Szczesny Felinski put gouverner son archidiocèse jusqu’en 1863, malgré l’hostilité de certains milieux, y compris du clergé, s’efforçant d’appliquer une vaste réforme religieuse et morale de la nation, tout en  s’efforçant de réduire au maximum l’impact gouvernemental sur les affaires intérieures de l’Eglise.

Ses travaux furent incessants : visites pastorales, réforme des études à l’Académie de Varsovie et dans les séminaires, élévation du niveau culturel du clergé, encouragement auprès du clergé pour une activité plus pastorale pour annoncer la Parole de Dieu, catéchiser, organiser de petites écoles primaires pour y diffuser de sains principes de vie morale dans la société.

Il appela les Franciscaines de la Famille de Marie, qu’il avait fondées à Saint Petersbourg, pour s’occuper à Varsovie des enfants abandonnés, et développa le culte au Saint Sacrement et envers Notre-Dame.

Courageusement, il écrivit au Tsar après l’insurrection de janvier 1863, le suppliant de mettre fin aux représailles du gouvernement russe. Plus tard, il s’éleva contre l’exécution de l’aumônier des insurgés, Agrypin Konarski, qui fut pendu le 12 juin 1863, ce qui lui valut, deux jours après, d’être déporté à Jaroslavl, sur la Volga au centre de la Russie, où on le laissa pendant vingt ans dans la plus grande pénurie.

Mais il ne restait pas inactif pour autant : sur place, il s’intéressa aux catholiques et en particulier aux prêtres déportés en Sibérie, fondant plusieurs œuvres de miséricorde. Il recueille des fonds pour la construction d’une église catholique à Jaroslavl.

Des négociations entre le Vatican et la Russie aboutirent à sa libération en 1883, mais pas à sa réintégration comme archevêque de Varsovie. Il fut alors nommé évêque titulaire de Tarse. 

Mgr Szczesny Felinski passa les douze dernières années de sa vie à moitié exilé à Dzwiniaczka (diocèse de Lviv) sous l’autorité autrichienne du moment.

Là encore il se donna infatigablement au bien spirituel des paysans polonais et ukrainiens, fondant la première école de l’endroit, un orphelinat, une église et un couvent pour ses Religieuses.

Il mourut à Cracovie, le 17 septembre 1895. Il n’avait plus que sa soutane et son bréviaire, mais il laissait tout son amour pour le peuple.

Il a été béatifié en 2002, et canonisé en 2009. 

Il sera inscrit au Martyrologe dans une prochaine édition.

 

Juan Ventura Solsona

1875-1936

 

Juan naquit à Villahermosa del Río (Castellón, Espagne) en l’an 1875, dans une famille pauvre qui comptait onze enfants. Le papa était tisserand.

Juan fut très tôt orphelin de père, et sa mère dut souffrir beaucoup pour élever tous ses enfants.

Il obtint une bourse d’étude pour fréquenter le séminaire de Valencia. Il fit partie de la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains et fut ordonné prêtre en 1901.

Il fut envoyé huit ans comme vice-recteur et professeur au séminaire de Cuernavaca (Mexique).

En 1909, il revint en Espagne et enseigna dans les séminaires de Tolède et Cuenca, avant d’être envoyé comme vice-recteur au Collège Espagnol de Rome de 1911 à 1919. 

Il fut ensuite nommé directeur spirituel au séminaire de Barcelone, jusqu’en 1923 : cette année-là, il eut la permission de quitter la Fraternité dont il faisait partie et, malgré sa demande d’y revenir, sa santé ne le lui permit pas.

Nommé curé de Notre-Dame-des-Anges à Cabanyal, il y resta dix ans, et finit par être nommé archiprêtre de Villahermosa del Río, son pays natal où vivait encore sa vieille maman octogénaire.

Il fut arrêté une première fois le 18 juillet 1936 au moment de la guerre civile espagnole, durant un voyage à Valencia. Quelqu’un obtint sa libération et lui fournit un habit de paysan pour revenir chez lui.

Le 2 août, l’église était fermée, le 10 il se cacha dans un grenier, où il put encore célébrer la messe le 29 août. Pour ne pas compromettre ceux qui l’hébergeaient, il devait changer d’endroit continuellement ; finalement, il décida de se présenter spontanément au Comité.

On lui promit qu’il ne lui arriverait rien et il se mit à travailler dans les champs.

Toutefois, un commando vint l’arrêter le 17 septembre suivant, pour l’enfermer au siège de Castillo de Villamalefa. Là, l’abbé Juan demanda à pouvoir encore dire quelque chose : il pardonna à ceux qui allaient le fusiller, répétant les paroles du Christ en croix.

Puis il fut exécuté : c’était le 17 septembre 1936.

Ensuite, les miliciens vinrent chez sa mère, qu’ils expulsèrent, et saccagèrent la maison.

Don Ventura Solsona fut béatifié en 2001.

 

 

Álvaro Santos Cejudo y Moreno Chocano

1880-1936

 

Ce pieux laïc naquit à Daimiel (Ciudad Real) le 19 février 1880, de Francisco Cejudo y Lara, ouvrier, et de María Moreno Chocano y García, qui le firent baptiser dès le lendemain ; le petit garçon s’appela ainsi Álvaro Santos ou Santos Álvaro on trouve les deux formes, mais il semble bien que le prénom habituel fut Álvaro.

Il eut une petite sœur, Manuela, avec laquelle il partagea ses jeux d’enfance.

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes en 1893, dans leur noviciat de Bujedo, et prit l’habit en 1896, avec le nom de Álvaro de Cordoue (qu’on fête le 19 février).

Malheureusement, en 1901, diverses circonstances familiales l’obligèrent à quitter la congrégation.

Álvaro devint alors machiniste dans les Chemins de fer. 

Il épousa María Rubio Márquez, et devint père de sept enfants, dont trois moururent en bas âge.

Devenu veuf en 1931, il vivait encore avec deux filles. Un jour, celles-ci lui exprimèrent leur désir d’entrer chez les religieuses Trinitaires à Cuenca.

Il eut d’abord la réaction, bien compréhensible, de se sentir abandonné ; mais tout aussitôt affirma : Oui, j’offrirai à Dieu ce double sacrifice ; dès maintenant, vous avez ma permission.

Ils se rendirent tous trois à Cuenca, où, malgré ses faibles revenus, il se déclara très honoré d’offrir au Seigneur ses deux filles et de pourvoir à toutes leurs nécessités.

Un témoignage unanime le montra fils, époux, père et frère vraiment irréprochable. Au travail, il ne voulait pas prendre de congés, pour gagner davantage et donner plus à ses filles. 

Quand ses compagnons de travail le critiquaient sur sa religion, il haussait la voix seulement pour défendre les intérêts de Dieu et de l’Eglise, sinon, il restait toujours calme et discret. Il répétait : Mes ennemis ne pourront pas me faire plus de mal que ce que Dieu permettra. Je peux tout en Celui qui me réconforte (cf. Ph 4:13). Après certaines de ses réponses, ils lui dirent un jour : Dis-donc, tu as bu un peu plus que d’habitude, aujourd’hui, mais il rétorqua : Dites-moi ce que vous voulez ; mais je ne peux pas entendre que Dieu est si offensé, et rester muet. 

Il portait une petite croix ; ils lui disaient : Enlève ça, sinon on va te tuer. Mais il lui en fallait davantage pour être intimidé.

Adorateur nocturne de l’Eucharistie, qu’il recevait fréquemment, fervent du Sacré-Cœur et du chapelet, généreux pour les pauvres malgré ses maigres ressources, il s’efforçait de faire passer entre les mains de ses compagnons de travail des articles sur la foi et l’Evangile, s’efforçant ainsi d’être apôtre à chaque instant.

Arrêté le 2 août 1936 à Santa Cruz de Mudela (Ciudad Real), pour le fait d’avoir deux filles Religieuses, d’être un bigot et de ne rien faire d’autre que d’entendre la Messe, il eut la grande consolation de se retrouver prisonnier avec ses anciens Confrères des Ecoles Chrétiennes.

Il fut ensuite transféré dans le couvent des Trinitaires, transformé en prison, d’où on le fit sortir la nuit du 17 septembre.

Il fut assassiné pour sa fidélité au Christ, le 17 septembre 1936, et fut béatifié en 2007.

 

 

Timoteo Valero Pérez

1901-1936

 

Il naquit à Villarejo (Terriente, Teruel, Espagne) et fut baptisé le 24 janvier 1901, jour où l’on fête saint Timothée, dont il reçut le nom. 

Il était le cinquième des six enfants de Jorge Valero Gómez et de María Pérez Pérez, qui s’appelaient Román, Baltasara, Jerónimo, Roberto, Timoteo, Pedro.

Il fréquenta l’école du village, fondée comme école primaire pour enfants pauvres et orphelins, et tenue par les pères Tertiaires Capucins (Amigoniens). C’est là qu’il reçut ses leçons de latin, qu’il fit ses humanités… et ressentit la vocation religieuse.

Il en était pleinement convaincu, rappelant à ses parents ce mot de Notre Seigneur : Celui qui aime son père et sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi (Mt 10:37). Aussi était-il rassuré qu’en offrant à Dieu leur fils, ils ne manqueraient de rien par la suite.

Il entra chez les Pères Amigoniens en 1917, prenant l’habit dans la maison du noviciat à Godella (Valencia), et fit la première profession en 1919.

Il acheva ses études de philosophie à Madrid en 1922, de théologie à Carabanchel Bajo en 1926, où il fit la profession perpétuelle (1925).

Il reçut le sacerdoce à Godella en 1928, des mains du Fondateur lui-même, Mgr Luis Amigó.

Il exerça le saint ministère à Carabanchel Bajo (Madrid) et à Madrid même, particulièrement auprès des jeunes en difficulté. Jeune, joyeux, musicien, le père Timoteo réussissait pleinement auprès de ces adolescents.

Dès 1931, quand fut proclamée la République et que le danger montait, il alla ouvrir le tabernacle et consomma, avec un des élèves, toutes les saintes hosties, pour éviter le danger qu’elles fussent profanées.

Au moment de la guerre civile, la communauté fut dissoute et le père Timoteo trouva refuge à Madrid.

Le 17 juillet 1936, il était en train d’accompagner des jeunes à Segovia, et ils visitèrent l’aqueduc romain, mais durent revenir bien plus tôt que prévu.

Le 20 juillet, l’école fut transformée en tchéka par les miliciens, de sorte que les Religieux durent se trouver un refuge quelque part dans Madrid. Le père Timoteo fut quelques heures chez une couturière du collège, mais préféra se rendre chez son frère Roberto. De là, il fut à Tolède, et repartit dans la belle-famille de Roberto, puis de nouveau chez Roberto : on n’était jamais à l’abri d’une perquisition de la part des miliciens, ni d’une dénonciation ; il semble que le père Timoteo fut dénoncé par la belle-sœur de Roberto, qui ne s’entendait pas bien avec l’épouse de celui-ci.

Les agents vinrent perquisitionner, mais ne trouvèrent rien ni personne ; mais Timoteo, qui était un farceur, s’approcha sur la pointe des pieds du trou de la serrure et lança une boutade qui, en réalité, attira l’attention des miliciens ; ceux-ci revinrent sur leurs pas et arrêtèrent Timoteo.

C’était le 14 septembre, fête de la Sainte Croix. Timoteo fut conduit à la tchéka Alberto Lista, puis à celle de Fomento, transformée fin août en Comité Provincial d’Investigation Publique et installée ensuite dans les sous-sols des Beaux-Arts : ceux qui y étaient introduits, étaient d’habitude fusillés sans jugement et enterrés dans la fosse commune.

Le père Timoteo fut conduit au quartier de Vicálvaro, où il fut exécuté en sa qualité de prêtre et religieux, le 17 septembre 1936.

C’est son frère Roberto qui alla le reconnaître, dans la fosse commune du cimetière de Vicálvaro.

Il fut béatifié en 2001.

Zygmunt Sajna

1897-1940

 

Zygmunt (Sigismond) naquit à Żurawlówce (Podlasie, Pologne) le 20 janvier 1897, de Franciszki et de Franciszka. Il a une sœur : Maria Zyta.

En 1909, la famille déménagea à Melnik.

Après son baccalauréat au lycée de Siedlce (1918), il fit ses études sacerdotales au séminaire de Varsovie et fut ordonné prêtre en 1924.

Il fut d’abord nommé vicaire à Jadów, puis à Babice.

Dès octobre 1924, il fréquenta l’Université Grégorienne de Rome pour des études de droit canonique, mais n’arriva qu’au grade du baccalauréat, car des problèmes cardio-pulmonaires l’obligèrent à revenir prématurément dans son pays.

En 1926, il fut donc nommé aumônier des Sœurs de l’Immaculée Conception à Szymanów.

En 1931, il dut recevoir un traitement particulier à Zakopane, puis, sa santé s’étant améliorée, il fut nommé successivement en plusieurs paroisses de Varsovie : Saint-Antoine-de-Padoue en 1931, Saint-Alexandre en 1932, Saint-Jean-Baptiste (1935), finalement le Mont-Calvaire (1938).

Au moment de l’invasion hitlérienne, il soutenait avec patriotisme le moral des Polonais et, pour ce motif, fut surveillé activement par les autorités allemandes. On lui imposa la résidence surveillée, lui interdisant d’aller officier à l’église.

Il aurait pu s’échapper, mais préféra rester au milieu de ses paroissiens. Finalement, il fut arrêté, gardé prisonnier dans la caserne, puis dans un refuge pour personnes âgées et malades.

En avril 1940 on l’emprisonna à Varsovie ; il réussit à conserver avec lui des ornements sacerdotaux, son bréviaire et le chapelet. Battu, torturé (il eut les dents enfoncées), sommé de renier sa foi, il ne céda jamais. 

Pendant tout le temps qu’il fut détenu, il réussit à se procurer en cachette des hosties qu’on lui apportait de l’extérieur ; autant qu’il le put, il confessa et donna la communion.

Le 17 septembre 1940, tout un groupe de deux-cents personnes, comprenant en majeure partie des gens de l’intelligentsia polonaise, fut abattu à Palmiry. Un témoin raconta qu’au dernier moment, l’abbé Zygmunt donna l’absolution à tous ces co-détenus et leur adressa une dernière parole avant la mort. 

Il fut béatifié parmi cent-huit martyrs polonais, en 1999.

 

Rosa Maria Sgorbati

1940-2006

 

Rosa naquit le 9 décembre 1940 à Gazzola (Emilie de Romagne, Italie E), benjamine des trois enfants de Carlo et Giovannina Vigilini. Elle reçut le baptême peu après.

En 1950, la famille s’installa à Milan, où le père espérait trouver du travail ; il mourut cependant l’année suivante.

Déjà, Rosa manifestait son désir de devenir missionnaire. Elle en reparla à sa mère vers 1956, mais la maman lui conseilla d’attendre ses vingt ans.

Effectivement, vers 1963, elle alla se former à Sanfrè (Piémont), chez les Sœurs de la Consolata, fondées par s.Giuseppe Allamano (v. 16 février), et prit le nom religieux de Leonella. Après le temps de postulat, elle fit le noviciat à Nepi. Elle fit la première profession en 1963..

En 1966, elle alla en Angleterre pour recevoir une formation d’infirmière ; en même temps, elle apprenait la langue anglaise, qu’elle parla couramment.

En 1970, Sœur Leonella fut envoyée au Kenya ; c’était son rêve ! Elle travailla d’abord au Consolata Hospital Mathari de Nyeri puis au Nazareth Hospital de Kiambu, près Nairobi. comme sage-femme et aida à l’accouchement de quelque quatre mille bébés. Elle ouvrit elle-même une petite école d’infirmières au Nkubu Hospital de Meru.

C’est en 1972 que Leonella fit la profession solennelle.

En 1993, elle fut nommée Supérieure provinciale des Sœurs du Kenya.

En 2001, nouvelle destination : Mogadiscio (Somalie), un pays agité par des groupes islamistes. Sœur Leonella y fonda une école de soins pour enfants et en devint la directrice. Les trente-deux premières élèves reçurent un diplôme de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Tout le monde aimait Sœur Leonella, cette Religieuse si dévouée, tout le monde sauf certains groupuscules qui lui en voulaient ; on savait qu’elle était en danger, mais elle répondait : Je me suis donnée au Seigneur, il peut faire de moi ce qu’il veut.

Après un court séjour au Kenya, elle revint en Somalie, rencontrant beaucoup de difficultés pour obtenir son visa des autorités islamiques. Elle put revenir à Mogadiscio le 13 septembre 2006.

Le drame se vérifia quatre jours plus tard, le 17 septembre 2006. En sortant de l’hôpital de Mogadiscio, Leonella fut abattue en pleine rue, avec son garde du corps, par deux hommes se réclamant d’un Tribunal islamique.

Portée à l’hôpital, Leonella y mourut quelques minutes après ; elle répétait : Je pardonne !

Nouvelle martyre, Leonella a été béatifiée en 2018 et sera commémorée le 17 septembre au Martyrologe.

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