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19 septembre 2020 6 19 /09 /septembre /2020 23:00

20 SEPTEMBRE

 

II.

S Eustachios, général romain, avec son épouse Theopisti et leurs enfants Agapitos et Theopistos, dont l'histoire assez rocambolesque fut très célèbre.

?

SS Fausta et Evilasios, martyrs à Cyzique.

SS Théodore et sa mère Philippa, martyrs à Pergé.

III.

S Dorymedon, martyr à Synnada en Phrygie.

V.

S Glycère, évêque à Milan.

S Montan, moine gaulois dans la Meuse : aveugle, il annonça à ste Célinie, déjà vieille, la naissance d'un fils, ce dernier fut Remi qui, enfant, frotta les yeux de Montan avec du lait de sa mère et le guérit.

VIII.

SS Hypathios, évêque, et Andreas, prêtre, ascètes renommés d'Asie Mineure, martyrs de l'iconoclasme : on les tortura avant de les livrer aux chiens, à Constantinople.

XII.

S Adelpreto, évêque à Trente, martyrisé par une ligue anti-impérialiste ; tous ne sont pas d'accord pour sa canonisation.

XVI.

B Thomas Johnson, chartreux martyr à Londres. 

XVIII.

B Francisco de Posadas, dominicain espagnol, mystique.

XIX.

S Jean-Charles Cornay, poitevin, missionnaire au Tonkin et martyr, taillé en pièces et décapité, canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

SS Nam Kyŏng-mun Peteuro, Han I-hyŏng Leourensio, U Sur-im Susanna, Im Ch’i-baek Yosep, Kim Im-i Teresa, Yi Kan-nan Agata, Chŏng Ch’ŏl-yŏm Gatarina, laïcs coréens, faisant partie des cent-trois martyrs canonisés en 1984 et fêtés en ce jour ; fait unique dans l'histoire du catholicisme, l'Église en Corée naquit sur l'initiative d'un diplomate laïc ; il faut rappeler aussi que plus de dix-mille chrétiens moururent durant les persécutions.

XX.

S José María de Yermo y Parres (1851-1904), prêtre mexicain, fondateur des Servantes du Sacré-Cœur et des Pauvres, béatifié en 1990, canonisé en 2000.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiée en 2007 :

Salésiens : près de Cordoue, Teresa Cejudo Redondo de Caballero (1890-1936), tertiaire ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Andrés Molina Muñoz (*1909).


Bse Anna Maria Tauscher van den Bosch (Maria Teresa de Saint Joseph, 1855-1938), de père et grand-père pasteurs luthériens hollandais, fondatrice de la congrégation des Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus, béatifiée en 2006.

Eustachios général
2. siècle

L’histoire du général Eustachios (ou Eustathios) a connu une immense diffusion.
Mais elle a aussi suscité beaucoup de suspicions. En voici un petit résumé.
Sous l’empereur Trajan († 117), le général Placidas se divertissait à la chasse à courre, lorsqu’un cerf se dressa en face de lui, une belle croix lumineuse entre les cornes ; une voix s’adressait à Placidas : Pourquoi me poursuis-tu ? Je suis Jésus !
Nouveau Saul (cf. Ac 9:4-5), Placidas fut baptisé sous le nom de Eustathios.
Commencent une série de malheurs : sa femme (Theopisti) disparaît, un lion lui ravit un fils (Agapitos), un loup l’autre (Theopistos). 
Peu après, Eustathios, reconnu par deux de ses soldats, est ramené à l’empereur, qui lui confie la lutte contre des barbares. 
Après la victoire, Eustathios retrouve miraculeusement son épouse, puis ses deux fils qui, en réalité, ne furent pas dévorés par les bêtes qui les avaient attaqués.
L’empereur somme Eustathios de sacrifier aux dieux, en reconnaissance ; refus du général chrétien.
L’empereur alors, furieux, fait enfermer dans un bœuf d’airain qu’on chauffe à blanc et le général, et son épouse, et ses deux fils. Trois jours après, on les trouve «endormis», mais intacts.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eustachios le Général au 20 septembre.


Dorymedon de Synnade
3. siècle

Seuls le nom et la ville de ce Martyr ont été conservés avec quelque certitude. Dorymedon a pu souffrir avec Trophimos, qu’on a rencontré le 19 septembre.
Synnade est aujourd’hui Şuhut (Turquie CW).
Dorymedon était sénateur à Antioche de Pisidie (auj. Yalvaç, Turquie CW).
Il devait être chrétien, ou le devint en rendant amicalement visite à Trophimos ; il fut arrêté et condamné aux bêtes avec ce dernier, mais comme les bêtes les respectaient, ils furent décapités, Trophimos le 19, Dorymedon le 20 septembre.
Dorymedon mourut assez probablement vers la fin du troisième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Dorymedon de Synnade au 20 septembre.

 

Hypathios et Andreas de Lydie

† 740

 

D’après le synaxaire (martyrologe) de Constantinople, Hypathios et Andreas étaient originaires de Lydie (Asie Mineure occidentale). Notre martyrologe romain nomme les deux évêques Hypathius et Asianus ainsi que le prêtre Andreas ; on se demande si le terme Asianus n’est pas simplement une apposition à Hypathios, «asiatique».

Hypathios et Andreas, donc, naquirent en Lydie et furent élevés dans un monastère. Hypathios reçut l’habit monastique, tandis qu’Andreas devint lecteur.

Chacun de son côté s’adonna aux plus intenses expressions de l’ascèse, en toute discrétion et sans  jamais oublier la charité fraternelle.

Cette sainte émulation fit que l’Eglise d’Ephèse promut Hypathios à l’épiscopat, et Andreas au presbytérat.

Mais il n’eurent pas que des amis. L’empereur iconoclaste Léon l’Isaurien s’en prit à eux, les fit déplacer à Constantinople, où les attendaient mille atrocités.

Ils furent tous deux emprisonnés, bâtonnés, déchirés, à demi tués. On leur enleva la peau de la tête et on brûla des icônes sur leur crâne. On les promena dans toute la ville après leur avoir enduit la barbe de poix. Finalement, on les égorgea et, pour compléter cet atroce tableau, on livra leurs corps aux chiens.

Ces horreurs se passaient à Constantinople, avant 741, date de la mort de ce malheureux empereur.

Les saint  Hypathios (Asianus ?) et Andreas sont commémorés le 20 septembre dans le Martyrologe Romain.

Adelpreto de Trente

† 1177

 

Adelpreto (Albert) est une figure contestée (et peut-être contestable) du 12e siècle.

On ignore tout de ses origines et de sa naissance.

En 1156, il fut nommé évêque de Trento, mais il semble qu’il ait eut davantage à faire la guerre qu’à administrer son diocèse.

En 1158, il fournit une escorte armée pour accompagner les légats pontificaux qui se rendaient auprès de l’empereur Friedrich Barbarossa. L’escorte fut cependant assaillie par les comtes de Piano, qui s’opposaient ainsi à l’empereur et retinrent prisonniers les légats. Il fallut verser une rançon pour les délivrer.

Le pauvre Adelpreto, qui avait pu s’échapper, alla se plaindre auprès du duc de Bavière (Henri le Lion), qui vint faire pression sur les comtes de Piano pour en faire les vassaux de l’Eglise de Trente, donc de notre évêque Adelpreto.

Mais quand l’empereur fut excommunié, les comtes se réveillèrent, obligèrent Adelpreto à quitter le diocèse, tandis qu’Adelpreto se rangeait aux côtés de l’empereur, méritant ainsi d’en être le fidelissimus.

Plus tard, après la bataille de Legnano (1176), les habitants de Bolzano se révoltèrent contre Adelpreto, qui dut réprimer cette nouvelle agression, mais les adhérents de la Ligue lombarde assaillirent ses troupes près de Rovereto et lui-même fut frappé d’un coup de lance mortel.

La date de cette mort semble contestée : on trouve le 8 mars 1181, ou 1177 ou 1172 (?), mais le Martyrologe le mentionne au 20 septembre, défenseur des pauvres et des orphelins.

Tandis que le diocèse de Trento considérait l’évêque Adelpreto comme martyr et saint, des historiens ont contesté la figure de l’évêque-soldat, partisan de l’empereur excommunié. Adelpreto n’a certainement pas agi contre Rome et le pape légitime ; pressé de trouver une issue à sa situation, il trouva momentanément un appui séculier pour être défendu, se réservant ensuite d’intervenir pour la conversion de l’empereur.

 

 

Thomas Johnson

? -1537

 

Il y avait à Londres une Chartreuse où vivaient une quarantaine de moines, dont la moitié environ étaient prêtres, et l’autre moitié frères convers.

Quand on leur demanda de prêter le serment reconnaissant la Suprématie du roi sur l’Eglise, ils refusèrent.

Thomas était un de ceux-là. On ne connaît rien d’autre de lui, ni sa date ni son lieu de naissance, ni sa famille.

Le 29 mai, on les envoya à la prison de Newgate, où ils furent enchaînés debout, les mains liées derrière le dos à des pitons. On voulait les laisser mourir de faim dans cette position.

Une sainte femme, Margaret Clement (ou Giggs), se faisant passer pour une crémière, réussit à toucher le gardien et à pénétrer dans la prison avec un grand bidon à lait, plein de nourriture, qu’elle distribua aux moines chartreux.

Là-dessus, le roi voulut savoir s’ils étaient déjà morts : le geôlier prit peur et n’osa plus laisser entrer Margaret, mais lui permit de passer sur le toit, de retirer des tuiles et de faire descendre la nourriture dans un filet aussi près que possible de la bouche des prisonniers. Mais ils ne purent pratiquement rien attrapper et le geôlier fit interrompre le stratagème.

William Greenwood mourut le premier, le 6 juin ; John Davy le 8 juin, Robert Salt le 9 juin, Walter Pierson et Thomas Green, le 10 juin, Thomas Scryven le 15 juin, Thomas Redyng le 16 juin 1537.

D’autres moururent plus tard : on suppose qu’on fit exprès de maintenir en vie ceux qui restaient encore, pour leur faire subir la potence, suivie de l’éviscération et de la décapitation ; ainsi, Richard Bere mourut le 9 août, notre Thomas Johnson le 20 septembre, toujours en 1537 ; William Horne fut exécuté le 4 août 1540

Ce martyre eut lieu à Newgate (Londres).

En 1886, la confirmation du culte qu’on leur rendait, équivalait à la béatification.

 

 

Francisco de Posadas

1644-1713

 

Francisco de Posadas vit le jour le 25 septembre 1644 à Cordoue (Espagne), d’Esteban Martín Losada et María Fernández de Posadas, issus de famille ancienne mais ruinée. Ils vivaient d’un petit commerce de légumes et d’œufs.

La maman pria beaucoup pour obtenir cet enfant, qui fut baptisé le 4 décembre suivant.

De cette pieuse mère, Francisco conserva le nom de famille, car celle-ci fut bientôt veuve.

Il commença à étudier auprès d’un père dominicain et d’un autre jésuite.

La maman se remaria avec Juan Pérez Cerezo, qui retira le garçon des études et le plaça chez un patron cordonnier brutal. Un prêtre, cependant, réussit à donner quelques leçons de latin à Francisco. La providence permit que Juan mourût après quatre ans de cette union difficile.

La vocation ayant germé dans le cœur de Francisco, il demanda son admission chez les Dominicains de Cordoue qui, vu son extraction humble, le refusèrent. Le jeune homme fut cependant admis dans un autre couvent dominicain proche de Cordoue, Scala Cæli (ou Escalaceli), et ceux-ci l’envoyèrent bientôt étudier à Jaén.

Bien leur en prit, car le prieur de Cordoue n’apprécia pas du tout l’entrée du jeune homme et prétendit même qu’on le renvoyât de Jaén ; s’il accepta de le laisser aller à la profession, il lui interdit l’accès à Cordoue, même pas pour aller voir sa mère.

Francisco fit la profession en 1672 et passa au couvent de Sanlúcar de Barrameda, où son talent et ses vertus firent l’admiration ; en 1678, il fut ordonné prêtre à Cadix. La renommée du Frère s’étendait, et même le prieur de Cordoue finit par l’inviter à prêcher, mais ce furent les autres Religieux du couvent qui menacèrent de mettre le feu à la chaire ; la Providence fit qu’il fut nommé aumônier à l’hospice de Cordoue, qui dépendait du couvent de Scala Cæli. Quand Francisco y arriva, un ange vint le prévenir : Ici, ce sera ta croix. En effet, peu après un Religieux lança une calomnie contre Francisco, qu’on dut éloigner pendant quelque temps ; on vint tout de même à lui pour dépanner un autre Religieux que la maladie empêchait d’aller prêcher à Almadén et Chillón ; à son retour, le calomniateur s’était repenti, le prieur du couvent demanda pardon à Francisco pour son attitude passée et le réintégra à l’hôpital, qui s’appela désormais populairement Hospice du père Posadas.

Cet humble Religieux eut ensuite une double activité de prédicateur et d’écrivain.

Ses prédications furent suivies. Des gens de toutes sortes vinrent l’écouter, y compris des prélats, y compris le prieur qui l’avait tant persécuté. Tous étaient stupéfaits de sa doctrine, de ses conseils, de sa maîtrise. Francisco en vint à prohiber les représentations théâtrales, qui détournaient les âmes de Dieu, au point que la ville de Cordoue décida la destruction totale du théâtre, en 1694.

Il eut aussi du temps pour écrire. On a de lui une Vie de saint Dominique, un traité sur Le Triomphe de la Chasteté, des sermons.

Il refusa d’être nommé provincial, il repoussa par deux fois la mitre épiscopale qu’on lui proposait.

Le père Francisco confessa aussi très simplement  à son directeur spirituel un phénomène étonnant, qui se produisait quand il célébrait la Messe ; il confiait lui-même : Je ne sais si c’est le sol qui me manque, je n’y comprends rien… Ce qu’il ne comprenait pas, est que son attrait pour le divin l’élevait littéralement de terre ; c’est ce qu’on appelle la lévitation.

Il annonça sa mort subite. Elle advint effectivement le 20 septembre 1713, lorsqu’il fut frappé d’une attaque en se mettant à table.

Francisco de Posadas fut béatifié en 1818.

 

 

Jean-Charles Cornay

1809-1837

 

Jean-Charles naquit le 27 février 1809 à Loudun (Vienne), de Jean-Baptiste et Françoise Mayaud ; il venait après Elisabeth et Olympe, et avant Eugène et Louise. C’est une famille de chrétiens pratiquants.

Il est baptisé le 3 mars suivant.

Il fait des études au collège Saint-Louis de Saumur, au Petit Séminaire des Jésuites de Montmorillon et au Grand Séminaire de Poitiers. C’est un élève régulier, humble, doux.

Il va recevoir les sept traditionnels ordres sacrés qui vont le conduire au Sacerdoce : après la tonsure, en 1828, il reçoit les quatre Ordres mineurs en 1829 (portier, exorciste, lecteur, acolyte), puis le sous-diaconat en 1830. Il pouvait être ordonné diacre et prêtre l’année suivante, mais un changement intervient dans sa marche spirituelle.

Avant de recevoir le Diaconat et d’être ordonné prêtre, il opte pour le Séminaire des Missions étrangères de Paris, ce qui contrarie passablement ses parents. Il écrit à sa mère : Laisse-moi seulement aller à Paris, j’aurai au moins trois ans à y rester et j’aurai là toutes les facilités d’examiner ma vocation, tous les moyens de m’y préparer si elle est véritable. 

Or 1830 est l’année de grands troubles à Paris : Hier, écrit-il encore, on a pénétré dans notre séminaire et l'on a affiché sept ou huit billets portant «Mort aux Jésuites de la rue du Bac», et un poignard comme signature.

Ces événements, en réalité, vont aider Jean-Charles à convaincre ses parents, auxquels il explique que, finalement, il y avait autant de risques à Paris qu’en Chine. Il persévère et reçoit, en secret d’ailleurs, le diaconat en 1831. Le 11 août 1831, il écrit encore : Je vous aime et je suis obligé de me séparer de vous peut-être pour toujours. Lundi dernier on m’a averti de me préparer à partir et c’est pour le 21 ; il faut que nous soyons arrivés à Bordeaux le 25. Il quitte la France pour la Chine, avant même d’être ordonné prêtre, car il remplace au pied levé un autre missionnaire empêché.

Après six mois de navigation sur le Cambacérès, il arrive à Macao. Il devait rejoindre la province chinoise du Sichuan, mais ses guides n’arrivent pas, de sorte qu’il va rester bloqué au Tonkin, où sévit la persécution.

Il fait le voyage à Hanoï trois ans plus tard, déguisé en chinois, pour y être ordonné prêtre, en 1834. C’est Mgr Joseph Havard qui l’ordonne, en secret.

Premier travail : apprendre l’annamite. Le père Jean-Charles se donne à l’exténuant travail apostolique, toujours calme, voire gai, malgré une santé qui décline vite.

Il était toujours promis à la mission chinoise, mais on fut dans l’impossibilité de lui fournir des guides sûrs ; il se résigna à rester au Tonkin, malgré la persécution. Il écrit : Nous sommes depuis trois mois dans une situation des plus sévères ; il ne reste pas sur pied une seule église ; on force les chrétiens à donner des billets d’apostasie ; on en veut aux prêtres du pays, et surtout à nous.

Sa santé continue de décliner, surtout sa vue. Il écrit à ses chers parents : Tous les jours mes yeux refusent de plus en plus à faire leur service. Je n’ai que trop à craindre d’être tout à fait aveugle dans moins de deux ou trois ans. S’il plaît à Dieu de me laisser au Tonkin, je souffrirai avec résignation jusqu’à ce qu’il me délivre des maux de cette vie, car le retour dans ma patrie est bien le dernier remède que je le prie d’employer.

Janvier 1837. Il répond à ses parents : J’ai reçu hier vos lettres de 1835. Pour vous répondre, il va falloir mettre ma tête et mes pauvres yeux à la torture. Il faut leur arracher jour par jour ces lignes ; encore suis-je obligé de leur donner relâche presque à chaque ligne pour les presser avec mes mains et comprimer par un bain d’eau froide l’ardeur qui les brûle. Il m’est impossible depuis longtemps d’ouvrir un livre et de soutenir une conversation… Me voilà donc devenu ermite et contemplatif au lieu de missionnaire.

Bientôt, sous la menace de la persécution, Jean-Charles se réfugie sur un radeau et même reprend quelques forces, durant cinq mois. Puis une dénonciation le fait arrêter (19 juin) et accuser d’être le chef d’une secte fausse et de fomenter la rébellion. Il est prisonnier, il subit la cangue et la cage. Torturé, il ne cesse de chanter : Après cinquante coups, on m’a délié. En arrivant à la prison, j’ai chanté le ‘Salve Regina’, le chant à la Vierge. Même les mandarins s’interrogent sur sa résistance intérieure.

La condamnation arrive : il sera taillé en pièces, les membres puis la tête coupés ; sa tête sera exposée trois jours, puis jetée au fleuve. 

Jean-Charles pardonne à son délateur.

La sentence est exécutée le 20 septembre 1837 : il est écartelé, décapité et démembré près de Son-Tây, non loin de Hanoï. Le bourreau lui arrache le foie et en mange un morceau pour devenir “courageux comme lui”.

Jean-Charles avait eu le temps d’écrire à ses parents quelques mots : Lorsque vous recevrez cette lettre, mon cher père, ma chère mère, ne vous affligez pas de ma mort; en consentant à mon départ, vous avez déjà fait la plus grande partie du sacrifice.

Jean-Charles Cornay sera béatifié en 1900, et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-sept Martyrs du Viêt-Nam. 

Ces Martyrs sont fêtés ensemble le 24 novembre, mais saint Jean-Charles est mentionné à son dies natalis le 20 septembre au Martyrologe.

C’est le martyre de saint Jean-Charles qui enthousiasma le jeune Théophane Vénard et suscita sa vocation à aller, lui aussi, annoncer l’évangile en Extrême-Orient et y verser son sang, près d’un quart de siècle plus tard, en 1861 (v. 2 février).

Nam Kyŏng-mun Petrus

(Nam Gyeong-mun Peteuro)

1796-1846

 

 

Petrus était né à Seoul en 1796.

Jeune encore, il fut soldat, puis il gagna sa vie en vendant des viandes salées.

Lors de ses rencontres avec les prêtres catholiques, il se forma à la religion. Or, il pratiquait l’usure à des taux très élevés : un prêtre lui fit remarquer que ce n’était pas là une pratique digne de l’Evangile, et Petrus mit immédiatement un terme à ces pratiques ; il remboursa tous les intérêts qu’il avait gagnés.

En 1818, il épousa Hŏ Barbara, se convertit totalement et reçut le Baptême.

Dès lors, il accompagna les missionnaires dans leurs déplacements pour administrer les sacrements.

En 1839, il fallit être arrêté par la police, mais ses frères l’aidèrent à s’échapper, quoiqu’ils fussent eux-mêmes encore païens.

A la fin de cette période de persécutions, il n’y avait plus de missionnaires et Petrus cessa de pratiquer sa religion pendant deux ou trois ans.

En 1844 ou 1845, il décida de corriger sa vie et de faire pénitence pour ses péchés. En l’absence de prêtre qui pût lui donner de bons conseils, il pensa que la meilleure pénitence pour lui était de devenir martyr à son tour.

En attendant l’heure où Dieu lui accorderait cette grâce, il prit l’habitude de se lever tôt le matin, avant le lever du soleil, pour prier pendant plusieurs heures. Il vivait et dormait dans une pièce froide et sans chauffage ; il en tomba malade, mais considéra cela comme une grâce spéciale de Dieu, sans jamais se plaindre.

En juillet 1846, la police finit par l’arrêter, malgré les efforts de Barbara, son épouse, pour le dissimuler, tandis que, de son côté, il disait à Barbara que de toutes façons il n’en avait plus pour longtemps à vivre.

En prison, Petrus reçut la visite de ses frères, qui voulurent lui faire passer de la nourriture et des vêtements, mais il refusa tout, en esprit de pénitence. La visite de ses frères était ce qui l’effrayait le plus, car il craignait de sentir sa foi chanceler.

Il fut torturé maintes fois. Durant une de ces séances, il fit remarquer le tag de son numéro militaire, pour démontrer qu’il avait été soldat. Une autre fois, le chef de la police le frappa si fort, que le club se cassa sur ses épaules.

Un de ses meilleurs amis lui suggéra de renier sa foi, ce qu’il refusa absolument. On le battit encore et encore, le sommant de révéler les adresses des autres Catholiques, mais il ne révéla que l’adresse de ceux qui étaient déjà morts.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Han I-hyŏng Laurentius

(Han I-hyeong Leourensio)

1798-1846

 

Laurentius était né à Dŏksan (Ch’ung-ch’ŏng, Corée) en 1798, dans une famille de la noblesse.

De caractère solide, sachant prendre sur lui et servir les autres, il apprit le catéchisme à quatorze ans.

En quelques semaines, il devint un catholique fervent, passant plusieurs heures à méditer devant le crucifix et à demander pardon pour ses péchés antérieurs. Chaque dimanche et jour de fête, il se rendait à la chapelle de la mission, à quatre kilomètres de chez lui et par tous les temps. Il jeûnait tous les jours du carême.

En 1819, il épousa une Chrétienne et ils vécurent dans une contrée retirée près de Yangji.

Sa vie était vraiment exemplaire. Il recevait les pauvres chez lui, leur donnant de la nourriture et des vêtements, confiant que Dieu saurait le lui rendre.

Mgr Imbert le nomma catéchiste, car il était vraiment recommandable pour sa connaissance de la doctrine chrétienne, pour ses vertus et son comportement exemplaire.

Après l’arrestation du père Kim Andreas, la police chercha à arrêter tous les autres Catholiques qui le connaissaient ; Laurentius fut ainsi arrêté, presque «par hasard».

Il fut brutalement torturé. Plusieurs fois battu, il fut entièrement dévêtu et accroché au plafond ; on le battit fortement, cherchant à lui faire renier sa foi et révéler des adresses, mais il refusa.

Ses bourreaux lui lièrent les jambes en mettant entre ses pieds des bris de verre et de vaisselle, et en les serrant avec une grosse corde ; Laurentius supporta tout cela patiemment, sans rien révéler, et suscitant même l’admiration de ses bourreaux.

On l’emmena à Seoul pour son exécution ; il refusa le cheval qu’on lui proposait, préférant faire pieds-nus les cinquante-deux kilomètres du voyage.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

U Sur-im Susanna

1802-1846

 

Susanna était la fille d’une famille encore païenne de Yangju (Kyŏnggi, Corée S) ; elle était née en 1802.

A quinze ans, elle épousa un Catholique de Inch’ŏn et devint à son tour catholique.

En 1828 elle fut arrêtée une première fois, mise en prison et durement torturée. Mais comme elle était enceinte, on la remit en liberté. Elle resta cependant marquée tout le reste de sa vie par les conséquences de ses blessures.

En 1841, son mari décéda, et elle se rapprocha de Seoul, travaillant comme domestique dans différentes familles.

Elle fut très amie de Yi Catharina, une future Martyre (v. 26 septembre), qui était morte en 1839, donc deux années avant la mort de son mari.

Susanna priait beaucoup, et acceptait n’importe quel travail pour l’amour de Dieu. Elle ne regrettait qu’une chose : d’avoir manqué le martyre ; mais Dieu allait la consoler.

Le 10 juillet 1846, Susanna fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Im Ch’i-baek Iosephus

(Im Chi-Pek Yosep)

1803-1846

 

Iosephus était né en 1803 dans un petit village près du fleuve Han, non loin de Seoul (Corée S).

Il fut orphelin de mère assez jeune, et fut élevé avec beaucoup d’amour par son père, mais n’était pas encore baptisé.

En grandissant, Iosephus se montra toujours très aimable. Il fréquenta une école traditionnelle pendant dix ans, apprenant la littérature chinoise, la musique, la poésie… Puis il trouva sa voie dans le commerce. Sa gentillesse lui gagna beaucoup d’amis.

Il se maria ; son épouse et ses enfants furent baptisés, mais lui-même remettait son baptême à plus tard. Il aimait profondément les Catholiques, les fréquentait, les aidait, sans se préoccuper du danger qu’il courait.

En 1835, il s’engagea volontairement dans la police, pour pouvoir aider les Catholiques quand ils étaient arrêtés (c’est ce que fit saint Sébastien à Rome au 4e siècle, v. 20 janvier).

En 1846, il arriva qu’un de ses fils accompagna le père Kim Andreas sur la côte Ouest de la province de Hwanghae, et fut arrêté avec lui le 5 juin. Iosephus partit aussitôt et s’adressa au gouverneur de Haeju pour obtenir la libération de son fils, mais il fut à son tour mis en prison, et put ainsi rencontrer personnellement le père Kim.

La personnalité du père impressionna Iosephus : Kim, le premier prêtre coréen, lui apparaissait très digne, avec une foi très profonde ; les fidèles lui obéissaient, et cela le rendait très admiratif pour le père Kim. Il décida de se faire baptiser.

C’est donc le père Kim Andreas lui-même qui prépara Iosephus au baptême, en prison. Et c’est au baptême que ce néophyte reçut officiellement son nom de Iosephus.

Les amis de Iosephus cherchèrent à le faire libérer, en lui suggérant de renier sa foi ; parfois même, ils venaient en compagnie de ses deux fils et de leurs épouses, pour tenter de le persuader encore plus violemment. Rien à faire !

Iosephus fut torturé ; le chef de la police le fit plusieurs fois soulever en l’air et retomber à terre, le battit lourdement, mais ce fidèle Chrétien demeura ferme dans sa foi.

Après trois mois de prison, Iosephus apprit qu’il serait condamné à mort, et s’en réjouit beaucoup. Il disait à ses compagnons de prison qu’il allait être le premier à arriver au Ciel, et qu’il serait là pour les accueillir quand viendrait leur tour.

Son bourreau se moqua de lui un jour, parce qu’il n’était pas en mesure de réciter les Dix Commandements par-cœur, à quoi Iosephus répliqua dignement que même un fils ignorant peut rester fidèle à son père.

Le chef de la police s’acharna sur sa victime ; il intensifia la torture avec des pointes et en lui tordant les jambes. Le pauvre Iosephus gémissait de douleur, mais comme le chef de la police lui disait qu’il considérerait ces gémissements comme un signe d’apostasie (pour le libérer), Iosephus cessa totalement de gémir et souffrit en silence.

Il faut admirer comment cet homme, qui n’était pas encore catholique lors de son arrestation, supporta tant de tortures sans fléchir un moment, jusqu’à la mort.

Finalement, il fut condamné à être battu à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Quand les enfants de Iosephus vinrent à apprendre la mort de leur père, ils pleurèrent, mais le chef de la police les consola en leur disant qu’il avait vu une mystérieuse lumière au-dessus du corps de leur père.

Iosephus et ses Compagnons furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

 

Kim Im-i Theresia

(Gim Im-i Teresa)

1811-1846

 

Theresia était née en 1811 à Seoul, dans une famille catholique.

Petite, elle raffolait de lire les vies des Saints ; jeune fille, à dix-sept ans, elle décida de rester vierge et de se consacrer par amour de Dieu à servir les voisins, surtout ceux qui étaient dans le deuil ; elle assistait les mourants.

Mais ses proches et amis ne comprenaient pas pourquoi elle ne se mariait pas. Pour dissiper tout équivoque, elle prit du service dans le palais princier comme couturière, pendant trois ans, puis s’en vint vivre chez des parents ou des amis, en particulier chez la nourrice de Yi Mun-u.

Successivement, elle eut la joie et l’honneur de tenir la demeure du père Kim, en 1845.

Elle semblait s’attendre à une nouvelle vague de persécution, et s’en réjouissait. Elle affirma à sa sœur qu’elle suivrait le père Kim jusqu’à la mort, et qu’elle ne vivrait plus très lontemps encore.

La veille de son arrestation, le 9 juillet 1846, elle vint voir sa sœur, qui lui proposa de passer la nuit chez elle. Mais Theresia répondit qu’elle devait aller chez Hyŏn Carolus pour parler de choses importantes avec les responsables catholiques.

Le lendemain, 10 juillet 1846, Theresia fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel, mais Theresia était de loin la plus courageuse, exhortant ses compagnes à ne pas fléchir et à rester fidèles.

Finalement, elle fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresia, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Yi Kan-nan Agatha

(Yi Gan-nan Agata)

1813-1846

 

Agatha était née en 1813, de parents païens.

A dix-huit ans, elle se maria, mais fut veuve deux ans après.

L’année suivante, en 1834, elle entendit parler de la religion catholique ; elle refusa de se remarier et demanda à sa mère de lui faire rencontrer un Catholique. Ce n’était pas difficile, car justement un de leurs parents était baptisé.

Celui-ci vint enseigner l’Evangile à Agatha, à sa mère et à son frère. Tous trois furent baptisés par le père Pacificus Yu, un prêtre chinois.

Mais les problèmes surgirent à cause du père d’Agatha, qui était un païen très obstiné. Apprenant que sa famille était devenue chrétienne, il les mit tous à la porte : Agatha n’avait qu’à se réfugier dans sa belle-famille, la maman et le frère furent carrément exilés dans la province de Kyŏngsang, ce qui laisse supposer que ce papa avait des relations avec les autorités civiles.

Agatha se montra soumise : elle rejoignit la maison de sa belle-famille, où elle fut accueillie avec joie comme catholique.

Ayant pu économiser un peu d’argent, Agatha s’acheta une maison et y vécut avec ses amies. Elle était très pieuse, et jeûnait souvent. Les Catholiques avaient de l’admiration pour cette jeune veuve ; ils disaient qu’elle était aussi brillante qu’un miroir et aussi pure que la neige.

Le 10 juillet 1846, Agatha fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Agatha fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Séoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Chŏng Ch’ŏr-yŏm Catharina

(Jeong Cheor-yeom Gatarina)

1816-1846

 

Catharina était née en 1816, d’une pauvre femme de ménage.

On ne sait au juste si elle fut baptisée petite ou plutôt à l’adolescence vers seize ou dix-huit ans.

Douce, elle était intérieurement décidée et forte.

Quand elle eut vingt ans, sa maîtresse voulut la forcer à participer aux cérémonies païennes du solstice d’hiver. Sur le refus de Catharina, la maîtresse se mit en colère, lui attacha les bras derrière le dos et la tint au-dessus d’un feu, puis la frappa jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Même scénario au solstice d’été suivant. Catharina en eut des blessures qu’on pouvait voir sur tout le corps ; elle était pâle et ne pouvait faire de durs travaux.

Quand enfin ses blessures furent guéries, elle se cacha dans une famille catholique de Seoul et, en 1845, put travailler comme femme de ménage dans la propre maison du père Kim Andreas.

Le 10 juillet 1846, Catharina fut arrêtée avec d’autres Compagnes chez Hyŏn Sŏng-mun Carolus (v. 19 septembre). Elles restèrent en prison pendant plus de deux mois, sans cesse torturées, toujours patientes, humbles, pleines d’amour fraternel.

Finalement, Catharina fut condamnée à être battue à mort, avec six autres Compagnons.

Certains affirment qu’ils furent étranglés ; d’autres qu’ils furent d’abord battus à mort, et que ceux qui résistaient encore furent successivement étranglés.

Le martyre eut lieu le 20 septembre 1846 à Seoul : Petrus, Laurentius et Susanna, battus à mort ; Iosephus, Theresa, Agatha et Catharina, étranglés.

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

José María de Yermo y Parres

1851-1904

 

La famille de ce prêtre mexicain était originaire de Burgos en Espagne. Son père, Manuel de Yermo y Soviñas, avocat en retraite, et sa mère, Josefa Parres, tous deux excellents chrétiens, tenaient une propriété de campagne à Jalmolonga (Etat de Mexico). Il était leur fils unique, et fut baptisé le jour-même de sa naissance (10 novembre 1851).

La première de tant d’épreuves que dut éprouver José, fut le décès de sa maman à peine cinquante jours après sa naissance, juste avant la fête de Noël, qui fut cette année-là bien triste pour la famille Yermo. Mais le papa enseigna toujours au petit José ce que signifie être viril et chrétien : José grandit auprès de son père, de sa tante Carmen, de sa grand-mère, apprenant d’eux ce qui fut toute sa vie le trésor de son cœur : l’amour de Dieu et l’amour au service des pauvres.

José eut des maîtres à la maison, puis fréquenta des écoles privées. En 1864, à douze ans, il recevait des mains de l’empereur Maximilien la médaille d’honneur au mérite, pour s’être particulièrement signalé dans ses études. C’est à cette époque aussi qu’il se lia d’amitié avec Juan de Dios Peza, qui devint plus tard un grand poète mexicain : leur amitié dura jusqu’à la mort, quarante années plus tard. Sa formation continua à la maison, entre autres pour l’étude du latin.

Le désir du sacerdoce fut assez précoce chez José, mais les circonstances sociales du moment ne lui épargnèrent ni les luttes, ni les crises, ni les incertitudes. Sa première expérience religieuse fut chez les Pères Lazaristes dans la Congrégation de la Mission (fondés par s.Vincent de Paul).

Après sa profession religieuse, il fut envoyé à Paris pour poursuivre ses études théologiques. De retour dans sa patrie, l’année suivante, il se donna à l’apostolat avec ferveur et enthousiasme, dans diverses missions de l’archidiocèse. Mais il n’avait pas une bonne santé et ne put continuer ce dur travail apostolique, aussi revint-il pour quelque temps dans sa famille. Mais il resta lié aux supérieurs de la Congrégation et, au sein de l’archidiocèse de México, conserva la charge de secrétaire de l’archevêque Pelagio Antonio Labastida y Dávalos.

Les crises se succédèrent, au point qu’il obtint la dispense des vœux en 1874, puis réintégra la Congrégation, qu’il quitta définitivement en 1877. Il était persuadé de ne pas être sur le bon chemin. A l’école de saint Vincent, il avait appris à aimer et à servir les pauvres. Il atterrit finalement au séminaire de León (Etat de Guanajuato), accueilli par l’évêque José de Jesús Díez de Sollano, un lointain parent, qui l’ordonna sous-diacre, diacre et prêtre en 1879, à vingt-sept ans déjà.

Ses nombreuses qualités lui valurent dès son ordination plusieurs nominations et diverses charges. Ainsi les membres du Chapitre des Chanoines proposèrent à l’évêque de le nommer sixième chapelain de chœur et second maître des cérémonies, charges qu’il assuma jusqu’à son transfer à Puebla en 1889. Ses autres charges furent à cette époque : sous-secrétaire, puis secrétaire de la Curie, co-fondateur et secrétaire de l’Académie philosophico-théologique Saint Thomas d’Aquin, inaugurée en 1880 par le même évêque Sollano y Dávalos.

On citera ici le témoignage d’un témoin oculaire, sœur Refugio Ladrón de Guevara, qui décrit ainsi ses débuts apostoliques :

“Dès lors il montra une sublime éloquence, une sorte d’onction surnaturelle qui émouvait les cœurs ; quand on apprenait qu’il avait annoncé les sermons de carême, il s’y rendait une telle foule que l’église où il prêchait, Notre Dame des Anges, était remplie. Et comme cette église n’avait pas de tambour, toute la foule se tenait dans la rue, jusqu’au trottoir d’en face, au point que la rue était fermée à toute circulation ; tout ce monde écoutait et comprenait ce que disait notre Père, car notre Seigneur lui donna une voix à la fois douce, sonore et claire, ce qui faisait qu’on l’entendait distinctement même de loin. J’en donne le témoignage.”

Un autre témoignage vient de son ami, le prêtre Miguel Arizmendi : “Il faut parler surtout du zèle avec lequel il s’est consacré à l’exercice de son saint ministère. Des personnes de tout sexe et de toute condition venaient à lui pour entendre ses conseils et le consulter dans des cas difficiles, attirés par sa vaste culture, sa grande prudence et son inaltérable vertu.

Durant sa jeunesse, il avait déjà montré son zèle en fondant une association juvénile : L’Ange de la Pureté. Séminariste, il allait faire le catéchisme dans les quartiers pauvres. Une fois prêtre, son zèle le porta auprès des jeunes, organisant principalement la catéchèse et promouvant le culte au Sacré-Cœur et la dévotion mariale dans le diocèse. Il obtint même la conversion de Juifs et de Francs-maçons. 

En 1884, la délicate santé du père Yermo fut sérieusement menacée par une grave maladie pulmonaire qui préoccupa beaucoup ses supérieurs et lui-même, au point qu’il crut opportun de renoncer à la charge de sous-secrétaire de la Curie. Durant sa longue convalescence, il décida d’aider un brave vieux curé dans l’exercice de son ministère, dans la petite église du Calvaire, située en haut d’une colline non loin de la ville. Avec ce prêtre exemplaire (don Prudencio Castro), le père Yermo prit contact avec les pauvres et les marginaux de la vie, qui avaient besoin d’une assistance matérielle et surtout spirituelle. Il s’en occupa si bien, qu’à la mort de l’évêque, le successeur de ce dernier, Mgr Tomás Barón y Morales, nomma José dans les deux quartiers de banlieue du Calvaire et de l’Enfant-Jésus, pour succéder au curé défunt (1885). 

Ce fut une nomination qui, de l’aveu de José lui-même, blessa sérieusement son orgueil. Mais il prit à cœur son travail apostolique, se chargeant lui-même des travaux les plus humbles. Dieu le préparait ainsi à rencontrer la réalité de la souffrance des pauvres.

Et voici ce qu’il découvrit un jour d’août 1885, tandis qu’il se rendait à l’église du Calvaire. Comme tous les jours, il devait traverser un ruisseau pour y accéder, et voilà qu’il découvre sous ses yeux des porcs en train de dévorer deux nouveaux-nés, probablement abandonnés là par une pauvre malheureuse. Il n’en put dormir pendant plusieurs nuits, mais cette horrible scène lui suggéra de faire quelque chose pour les enfants abandonnés et pour les pauvres.

C’est ainsi que le 13 décembre 1885, avec l’accord de l’évêque, fut fondée sur cette même colline du Calvaire de la ville de León l’Asile du Sacré-Cœur qui bientôt devint un centre d’enseignement, et la première école du Père Yermo : cette école maternelle fut la Maison Mère de beaucoup d’autres œuvres que le Père Yermo mit sur pied, et qui continuèrent à se développer même après sa mort ; les quatre jeunes filles qui secondèrent le Père Yermo dans cette première fondation, furent ensuite les premières Sœurs de la prochaine Congrégation des Servantes du Sacré-Cœur de Jésus et des Pauvres. Lui-même, très humblement, affirmait : “C’est là ce grain de moutarde qui, je ne sais comment, m’est tombé dans les mains, a pris vie et grandi, jusqu’à abriter aujourd’hui dans ses branches un grand nombre de pauvres”.

Chaque occasion nouvelle qui se présentait à lui pour aider les pauvres, était dès lors une nouvelle étape sur son chemin de fondateur ; dès lors le père Yermo chercha tous les moyens d’être fidèle à ce que Dieu lui inspirait, s’entourant de personnes sages, et priant beaucoup pour discerner la volonté de Dieu.

Les difficultés ne se firent pas attendre, et furent très nombreuses : obstacles, incompréhensions, même de la part de ses amis. Ce fut pour lui, en plus de sa mauvaise santé, le départ d’une longue ascension de son esprit d’amour vers Dieu et vers les frères en difficulté. Il surmonta toute chose avec grande force d’âme et de foi. Le père Yermo s’était donné entièrement à Dieu, et n’hésitait pas à se décharger de certaines initiatives, quand il voyait qu’elles n’étaient pas de Dieu.

Les premiers fruits aussi se firent sentir : trois ans après son arrivée au Calvaire, il avait réussi à transformer cette petite église en un centre d’adoration eucharistique et de charité chrétienne fervente. Beaucoup de fidèles venaient des autres paroisses pour s’inscrire à la Garde d’Honneur du Sacré-Cœur ; chaque premier vendredi du mois une foule de gens remplissait l’église du Calvaire et la rue jusqu’en face, comme au temps des prédications de carême du père Yermo.

Son projet était l’évangélisation et la promotion du pauvre, et surtout de la femme. Il avait conscience qu’une femme bien éduquée est la base d’une société plus juste et plus chrétienne. Ceci ne l’empêcha pas de tourner aussi son attention et sa sollicitude vers d’autres secteurs de la société défavorisée. Dès 1888, les Sœurs prirent en charge l’Asile de la Charité, une maison pour les vieillards de la ville de Puebla, qui fonctionne encore de nos jours.

Cette même année, au moment où il pensait transférer son œuvre à Puebla, survint à León une de ces terribles inondations qui se produisent quelquefois dans ces belles régions. Voici ce que rapporta un journal de l’époque : “Hier soir, au milieu de la tempête et avec l’eau jusqu’à la ceinture, le père Yermo se rendait de tous côtés, là où il pouvait y avoir quelque danger. Il semblait se multiplier. Il fit élever une digue près de la Garita et ce n’est qu’après des efforts titanesques que l’entreprise dut être abandonnée, par lui et par ceux qui l’aidaient, entraînés par son exemple…” C’est à cette occasion que le Gouverneur de l’Etat de Guanajuato, le général Manuel González, fit son éloge en lui donnant le titre de “Géant de la Charité”. Toutefois, quelqu’un a dit à sa mort que le Père Yermo fut un géant à tous les moments de sa vie.

Le Père Yermo se rendit compte que Puebla devait être la ville qui abriterait le siège de la nouvelle Congrégation. C’est là qu’il fonda l’œuvre de la “Miséricorde Chrétienne”, pour la régénération de la femme tombée dans la prostitution. C’est dans cette propriété, acquise au prix de mille sacrifices, qu’il construisit successivement des écoles, des ateliers et des dortoirs pour petites filles orphelines.

Tout lui réussissait, grâce à sa grande confiance en Dieu, mais aussi à cette façon noble, douce et convainquante qu’il avait pour se faire aider par les couches modestes de la société.

Mais ses entreprises ne devaient pas s’arrêter à Puebla. Après y avoir installé diverses œuvres de bienfaisance, voici qu’en 1890 on le voit inaugurer une école à Mérida, dans l’Etat du Yucatán, à l’extrême limite de la patrie. En 1904, l’année de sa mort, fut fondée la première école parmi les indigènes de la Sierra Tarahumara, dans l’Etat de Chihuahua ; il y transféra les Servantes, pour la promotion des “rarámuri”, en collaboration avec les Jésuites (Les rarámuri sont une population très ancienne du Mexique, de race amérindienne, qu’on a successivement appelés “Tarahumara” ; ils sont réputés pour être d’excellents coureurs de fonds, habitués qu’ils sont à franchir à pied de grandes distances pour communiquer entre eux. Ils seraient environ cent mille aujourd’hui, catholiques, avec des traditions ancestrales. Ils sont menacés par l’infiltration chez eux de la drogue et de l’alimentation “moderne”) ; il disait que c’était là son œuvre la plus précieuse, montrant toujours un grand désir de pousser les Sœurs à travailler dans ces endroits ; dans sa prière, il disait au Seigneur : “Si c’est Toi qui m’inspires cet ardent désir de missions parmi les infidèles, rends-le fécond et fais-m’en connaître la route”.

Successivement, on le vit ouvrir des écoles, des Foyers, des Maisons pour Vieillards, des hôpitaux, lancer des missions, en différents points du Mexique.

Le père Yermo ne négligea aucun moyen pour impartir à ses filles spirituelles une doctrine solide, un réel amour pour l’Eglise et pour les pauvres, et une formation spirituelle et religieuse. Dès le départ il prescrivit d’utiles normes pour régler tous les rapports internes et externes de l’Œuvre, matériels et spirituels. Ce règlement, dûment révisé à la lumière du Magistère de l’Eglise, fut intégré aux Constitutions de la Congrégation, lesquelles furent approuvées par Rome dès 1910.

Il ne faudra pas croire que le père Yermo était un saint parfait en tout depuis sa naissance. La sainteté s’acquiert par étapes successives et parfois difficiles et même douloureuses. José avait un tempérament ardent, sanguin, avec des manifestations émotives assez visibles, mais qu’il apprit à dominer suffisamment pour qu’on pût dire de lui qu’il possédait une douce tranquillité en même temps qu’une profonde compassion. On le voyait régulier, ordonné, modeste, droit, tenace ; sincère, simple ; par son éducation soignée, il se montrait affable envers tous, quels qu’ils fussent.

Il se réjouissait de sentir la main de Dieu dans tout ce qu’il entreprenait, sans pour autant que lui fussent épargnées de grandes épreuves durant toute sa vie : malentendus avec ses évêques, souffrances et infirmités de tout genre. Ses derniers jours furent assombris par une terrible calomnie qui mina encore plus sa santé déjà bien précaire depuis longtemps (il fut honteusement accusé d’être le père naturel d’un enfant). L’évêque le pria de déposer sa charge auprès des Sœurs de la Congrégation qu’il avait fondée : il se soumit humblement, il obéit. Toujours il conserva une foi et une espérance à toute épreuve, même quand ses propres amis le “lâchaient”. Sa charité était plus qu’évidente : c’était “un homme d’amour”. 

Son zèle pastoral et sacerdotal lui suggéra la fondation de la première revue sacerdotale mexicaine (El Reproductor Eclesiástico Mexicano), grâce à laquelle il maintenait des contacts avec les prêtres de tout le Mexique et même d’autres pays d’Amérique Centrale et du Sud. 

Plus d’un siècle avant le récent document pastoral des évêques mexicains, le père Yermo apparaît comme le modèle sacerdotal que ces derniers décrivent pour les prêtres modernes du vingt-et-unième siècle :  fidèle au Christ et au sacerdoce; profonde insertion dans le monde actuel pour y apporter l’Evangile particulièrement là où il fait défaut, parmi les pauvres, parmi les jeunes, et surtout là où règne la délinquence, l’exploitation de la femme, l’analphabétisme, la misère, l’ignorance, la marginalisation ; enfin, le témoignage de la charité totale, dans le don total de soi, dans le célibat et dans une vie imprégnée de prière.

Il mourut au matin du 20 septembre 1904 à Puebla de los Angeles, de la mort des Justes et des grands hommes, et il se sentait très heureux parce qu’il allait vers son Seigneur, le fidèle Ami qui ne le trahit jamais : c’est pourquoi, au moment de mourir, il demanda qu’on lui chantât un chant à Marie, Etoile des Mers, qui l’accompagna au port de l’éternité.

Après l’avoir béatifié, le 6 mai 1990, lors de son voyage au Mexique, Jean-Paul II l’a canonisé le 21 mai 2000. Il est mentionné au Martyrologe le 20 septembre.

 

 

Teresa Cejudo Redondo de Caballero

1890-1936

 

Elle naquit le 15 octobre 1890 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), et reçut le nom de la sainte du jour, Thérèse d’Avila (Teresa de Ávila).

Ses parents, très chrétiens, étaient José Cejudo Muñoz et Isabel Redondo Caballero.

Après la mort de sa maman, Teresa dut quitter le collège des Religieuses Conceptionnistes, pour s’occuper de ses deux petites sœurs.

Elle épousa un architecte, Juan Bautista Caballero Cabrera, dont naquit une petite fille, qui s’appela aussi Teresa.

Elle fut une femme toute donnée à l’Action catholique, aux Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, aux Marie du Sanctuaire (sacristines).

Quand les Pères salésiens s’installèrent dans la ville, elle s’en rapprocha avec enthousiasme et fut bientôt coopératrice. Quand ils érigèrent l’Association de Marie Auxiliatrice, elle en fut la secrétaire.

Lors de la révolution de 1936, Teresa s’offrit à Dieu en victime pour le triomphe de l’Eglise. 

Six jours après l’assassinat du curé, elle fut arrêtée pour sa condition de «propagandiste catholique». Elle dit adieu à sa chère famille.

En prison, elle continuait calmement à encourager ses compagnons. Au moment du repas, elle servait tous les autres, et elle prenait en dernier ce qui pouvait rester.

Le 16 septembre, elle passa en «jugement» et fut accusée de propagande politique contre les idées marxistes. Elle répondit : Je n’ai rien fait pour défendre le capital, mais pour la loi de Jésus-Christ.

Condamnée à mort avec d’autres personnes catholiques, elle put encore embrasser ses deux sœurs et sa fille ; quelques jours avant, son mari avait lui-même été assassiné à Valencia.

Elle fut exécutée le 20 septembre 1936, après avoir demandé à mourir la dernière pour pouvoir soutenir les autres au moment suprême.

Elle-même refusa d’avoir les yeux bandés. Au moment de tomber, elle cria encore : Je vous pardonne, frères ! Vive le Christ Roi !

Elle fut béatifiée en 2007.

 

 

Andrés Molina Muñoz

1909-1936

 

Né et baptisé le 15 avril 1909 à Ogíjares (Grenade), il entra au collège tenu par les Pères Carmes de Cordoue.

Mais il souffrait déjà de rhumatismes et dut changer d’orientation : il entra au Petit séminaire de Grenade, en 1922. Après les études de philosophie et de théologie au Grand séminaire, il fut ordonné prêtre en 1933.

Les paroisses où il exerça son ministère sacerdotal, qui dura seulement trois ans, furent Instinción et Rágol.

Peu avant le déclenchement de la persécution, don Andrés alla trouver sa mère, Carmen, à l’occasion de la fête de Notre-Dame du Mont-Carmel (16 juillet). C’était un jeudi, et la maman suggérait à son fils : Les choses vont mal, reste donc quelques jours encore, mais don Andrés répondit à sa mère : Dimanche, il faut que je sois avec mes fidèles, et puis je célébrerai la Saint-Jacques (le 25 juillet, ndlr).

A peine arrivé, il écrivit une lettre à sa mère pour lui décrire la situation : Ces pauvres gens - je leur pardonne de tout mon cœur - me disent que, si je veux avoir la vie sauve, je n’ai qu’à me marier ; sinon, ils me tueront… Et moi je leur ai répondu qu’ils pouvaient bien me tuer, mais que je ne veux pas renier notre sainte Religion.

Il fut bientôt arrêté et mis en prison. Le 20 septembre, on l’emmena dans un coin de Terque, appelé El Umbrión, où on le fusilla.

Don Andrés avait vingt-sept ans.

Martyrisé le 20 septembre 1936 et béatifié en 2017, Andrés Molina Muñoz sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 20 septembre.

Anna Maria Tauscher van den Bosch

1855-1938

 

Fille d’Hermann Traugott Tauscher, pasteur luthérien, Anna Maria naquit à Sandow, dans la partie de l’Allemagne qui se trouve maintenant en Pologne, le 19 juin 1855. La maman d’Anna Maria, Pauline, était luthérienne aussi, mais très mariale en même temps, et c’est pour cette raison qu’elle fit donner ce nom à sa fille lors de son baptême (c’est le grand-père, lui aussi pasteur, qui la baptisa le 24 juillet suivant). Anna Maria aura deux autres petites sœurs.

En 1862, Hermann fut nommé à Arnswalde, où Anna Maria accompagna sa mère dans la visite des pauvres et des malades. Puis Hermann fut nommé à Berlin.

Anna Maria fut envoyée avec sa sœur dans une maison des “Frères Moraves”, à la campagne, pour reprendre des forces. En 1872, son père la rappela à Berlin pour sa confirmation. Mais Anna Maria ressentait de plus en plus d’incompatibilités avec le luthéranisme ; on lui dit justement qu’elle avait un esprit catholique.

En 1873, elle refusa un parti qu’on lui présentait en vue du mariage, provoquant la colère du grand-père.

En 1874, mourut la maman d’Anna Maria, qui dut s’occuper de la maison. Puis son père se remaria. 

Elle se mit, avec quelques compagnes, à confectionner des objets au profit des missions. Elle devint directrice d’une maison de malades psychiâtriques.

Elle se convertit au catholicisme en 1888, mais sans abjurer le luthéranisme, car, dit-elle, elle n’y avait jamais adhéré, pas même une heure. Son choix aboutit à une rupture avec son père, qui ne voulut plus la recevoir.

Elle désirait entrer chez les Carmélites, mais comprit que ce n’était pas vraiment sa voie. Ayant perdu sa place de directrice, elle erra, trouva une place de dame de compagnie. En voyant dans la rue des enfants, surtout italiens, qui traînaient là après un travail harassant, elle décida d’ouvrir un refuge pour sans-abris, la Maison pour les sans-maison (1891), dans la Pappelallee 91, à Berlin, qui abrita jusqu’à cent-vingt enfants. Elle prit le nom religieux de Maria Teresa de Saint-Joseph, mais ne pouvant obtenir de l’archevêque l’autorisation de porter un habit religieux, elle partit aux Pays Bas, où elle fut admise dans la famille carmélitaine.

Beaucoup de maisons seront ouvertes sous son impulsion. Il y en aura jusqu’à cinquante-huit lors de sa mort en 1938, avec plus de mille religieuses.

Toutes ses maisons prirent le nom de “Maison de Saint-Joseph” : à Sittard aux Pays-Bas, à Crémone en Italie, et à Rocca di Papa près de Rome, où elle établit sa “maison-mère”. 

Elle fit les vœux religieux avec quelques compagnes et fonda ainsi une nouvelle congrégation, agrégée au tiers-ordre de Notre-Dame du Carmel, les Sœurs Carmélites du Divin Cœur de Jésus (1906).

Les Sœurs essaimèrent en Amérique. 

Au lendemain de la première guerre mondiale, la maison de Rocca di Papa sera expropriée sous le prétexte qu’elle appartenait à des Allemands. On se replia donc à Sittard.

Mère Maria Teresa y rédigea les Constitutions.

Elle mourut le 20 septembre 1938, son dies natalis au Martyrologe, tandis qu’elle est localement fêtée le 30 octobre.

Elle a été béatifiée en 2006.

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