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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 23:00

21 SEPTEMBRE

 

-VIII.

S Jonas, prophète.

I.

S Matthieu, apôtre et évangéliste, évangélisateur de l'Ethiopie.

Ste Iphigénie, vierge éthiopienne de sang royal, baptisée par s. Matthieu.

II.

S Quadratus, le premier apologiste connu, mais dont on a perdu l'ouvrage qu'il adressa à l'empereur Hadrien.

?

S Pamphilius, martyr romain.

S Alexander, martyr près de Rome.

SS Isace (martyr) et Mélèce, évêques en Chypre.

S Eusèbe, martyr en Phénicie.

IV.

SS Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor, martyrs horriblement torturés à Gaza.

S Francaire, père de s. Hilaire, en Poitou.

SS Bonose et Maximilien, soldats, martyrs pour avoir maintenu la croix sur leur étendard. 

V.

S Grégoire, évêque à Amnice, venu mourir à Tallard.

S Castor, évêque à Apt, pour qui son ami Cassien écrivit les Institutions Cénobitiques et autres Conférences des Pères.

VI.

S Cadoc (Docus), fondateur d'une église, d'un monastère et d'une école à Llan-Carvan.

S Fragan, père de s. Guénolé, en Bretagne.

VII.

S Landelin, ermite irlandais assassiné à Ettenheimmünster.

VIII.

S Gérulphe, jeune flamand, frappé par son oncle.

IX.

Ste Maure, vierge à Troyes ; elle avait le don des larmes, qui firent des miracles.

XV.

B Marco Scalabrini de Modène, dominicain : il ressuscita un petit enfant, dont la sœur témoigna du miracle.

XIX.

SS François Jaccard, de Haute-Savoie, prêtre et missionnaire en Indochine, et Tôma Trân vǎn Thiệ, séminariste de dix-huit ans, martyrs en Annam, étranglés, canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

SS Laurent-Marie-Joseph Imbert, évêque, Pierre-Philippe Maubant et Jacques-Honoré Chastan, prêtres, missionnaires en Corée, martyrs canonisés en 1984 et fêtés le 20 septembre. 

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Laïques : près de Valencia, Manuel Torró García (*1902) et Vicente Galbis Gironés (*1910) ;

- béatifiés en 2007 :

Fr. Mineurs : près de Badajoz, le prêtre José María Azurmendi Mugarza (*1870) ;

Augustins : à Cuenca, les prêtres Jacinto Martínez Ayuela et Nicolás de Mier Francisco (*1882, 1903) ; à Málaga, le profès Diego Hompanera París (*1915) ;

- béatifié en 2013 :

Fils de la Sainte-Famille : près de Barcelone, Josep Vila Barri (*1910) ;

- béatifiés en 2015 :

Cisterciens : près de Santander, les prêtres Herminio García Pampliega (Eugenio) et Francisco Pastor Garrido (Vicente) (*1902, 1905).

Jonas
V. siècle avant Jésus-Christ (?)

Jonas est l’un des douze “Petits Prophètes”, le mot “petits” se référant à la brièveté de leur Livre.
Jonas vivait probablement sur la terre d’Israël. Des hésitations ont surgi au sujet de sa mission. Si notre Jonas est celui dont il est question dans le livre des Rois (2R 14:25), il aurait donc vécu sous Jéroboam II, huit siècles avant Jésus-Christ, à l’époque des deux autres prophètes Amos et Osée. Dans le livre des Rois, Jonas est présenté comme fils d’Amittaï, de Gat-Hépher.
Quoi qu’il en soit, Jonas est envoyé par Dieu à Ninive, ville remplie de péchés et qui doit être bientôt détruite.
Mais le prophète doute de sa mission, et cherche à s’embarquer dans la direction tout opposée, sur la Méditerranée.
Lors d’une tempête, les marins le jettent à l’eau pour conjurer le mauvais sort, et il est absorbé par un grand dragon.
Après trois jours et trois nuits, Jonas est rejeté par le dragon et, maintenant convaincu de la mission divine qu’il a reçue, rejoint Ninive.
Il prêche, il annonce la prochaine destruction de la ville : sa parole est tellement convaincante, que tous, du roi au dernier des habitants et même des animaux, font pénitence.
Dieu alors annule le châtiment de Ninive.
Ici, Jonas apparaît terriblement vexé : il a annoncé un châtiment au nom de Dieu, et le châtiment n’arrive pas ! 
Dieu lui fait comprendre que la justice se double aussi de miséricorde, et la ville de Ninive a obtenu cette miséricorde par la pénitence.
Jésus-Christ lui-même a présenté l’histoire de Jonas comme un “signe” de sa prochaine résurrection (Mt 16:4 ; Lc 11:29) : de même que Jonas a montré aux Ninivites la voie du salut, de même Jésus l’a montrée à ses contemporains qui, moins généreux que les Ninivites, ont refusé de s’y engager.
Jonas, dont l’aventure préfigure la mort et la résurrection de Jésus, a été très souvent illustré dans l’art primitif chrétien.
En Orient, “le saint et illustre prophète” est commémoré le 21 septembre, le même jour que l’apôtre saint Matthieu, tous deux mentionnés ce jour dans notre Martyrologe.


Matthieu évangéliste
1er siècle

Matthieu est le premier des quatre évangélistes du Nouveau Testament. Le nom de Matthieu signifie “don de Dieu”. Son nom et l’essentiel de sa personnalité nous apparaissent en divers passages évangéliques.
Lui-même raconte dans son écrit comment il fut appelé : 
Jésus vit en passant un homme assis au bureau de la douane ; son nom était Matthieu. Il lui dit : “Suis-moi”. Et, se levant, il le suivit (Mt 9:9).
Deux autres évangélistes, Marc et Luc, parlant du même épisode, lui donnent en revanche le nom de Lévi (Mc 2:15-17 ; Lc 5:27-28). Comme Paul qui s’appelait Saul avant sa conversion, Matthieu porta ce nom à partir de son appel, tandis que, employé à la douane, il portait le nom de Lévi.
Ces “douaniers” étaient mal vus, d’une part parce qu’ils travaillaient dans l’administration romaine, et d’autre part parce qu’ils “vivaient” de leur fonction, détournant des fonds par-ci par-là en profitant du change de la monnaie. Lévi était douanier à Capharnaüm, fils d’Alphée, assez instruit, contrairement aux autres apôtres qui étaient de simples pêcheurs. Il devait certainement parler ou au moins comprendre le grec et l’hébreu.
Lévi-Matthieu, donc, à peine appelé, quitte tout (précise Luc) et offre un bon repas à ses amis, autres “employés” comme lui, plus ou moins trafiquants, ingénieux à marchander n’importe quoi n’importe où avec n’importe qui. C’est ce qui vaut la critique des pharisiens présents, et la réponse sublime du Maître : Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez donc apprendre le sens de cette parole : C’est la miséricorde que je désire, et non le sacrifice. En effet, je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mt 9:12-13).
Saint Matthieu est extrêmement modeste sur sa personne : lui-seul mentionne humblement qu’il est publicain ; son évangile, écrit d’abord en araméen, vise surtout à montrer aux Juifs la réalisation des prophéties de l’Ancien Testament par la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.
On ne peut donc pas douter qu’il ait exercé un apostolat important auprès des Juifs. Une certaine tradition mentionne une possible mission de Matthieu, après l’Ascension du Seigneur, en Ethiopie, où il aurait reçu le martyre, en 61. On parle aussi de la Perse.
La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était humainement complètement ignorante de ce qu’elle voyait en vision, dit ceci : 
Je vis André en Achaïe, et Matthieu dans une ville lointaine, où il était prisonnier, ainsi que plusieurs disciples et une soixantaine d’autres personnes. On avait mis dans les yeux de Matthieu un poison qui le faisait horriblement souffrir : ses yeux étaient rouges et gonflés ; cependant ils n’étaient pas perdus et il voyait encore. Cette ville était située en Ethiopie, au sud-est de Jérusalem, par-delà la mer Rouge, sur le bord d’un fleuve assez grand pour un pays de montagnes. Les habitants de la contrée étaient tout à fait noirs. André reçut dans une vision l’ordre de se rendre auprès de Matthieu. Il s’embarqua sans être connu, au milieu de beaucoup d’autres passagers, sur un vaisseau qui fit la traversée avec une rapidité extraordinaire. Il continua son voyage par terre, longeant alternativement les deux rives du fleuve qui baignait la ville. Il guérit Matthieu, fit tomber ses chaînes et celles de ses compagnons de captivité, et prêcha en ce lieu l’Evangile.
La visionnaire n’en dit pas plus sur Matthieu, et c’est bien regrettable. 
Il y aurait eu une invention (c’est-à-dire une découverte) du corps de Matthieu au Xe siècle, et sa translation à Salerno, au sud-ouest de Naples.
Diverses dates existent pour la fête de saint Matthieu. Dans le martyrologe romain, celle-ci est établie au 21 septembre.


Iphigénie
1er siècle

L’histoire d’Iphigénie aurait été interpolée dans une passio légendaire de saint Matthieu.
Fille du roi d’Ethiopie Eglippus et de la reine Iphianassa, tous convertis par l’apôtre Matthieu, Iphigénie fut demandée en mariage par le nouveau prince, successeur du roi défunt. Mais elle refusa, s’étant déjà consacrée à Dieu et ayant déjà sous sa conduite près de deux cents vierges.
Sur le refus de Matthieu de faire céder Iphigénie, le prince fit égorger Matthieu.
Iphigénie fit don au clergé de toutes ses richesses pour l’édification d’une basilique et le soutien des pauvres.
Furieux, le prince tenta de faire intervenir des magiciens, mais c’est le prince qui se vit contraint de fuir.
Si cette histoire n’est qu’une invention, elle a inspiré une Religieuse française de prendre pour nom Iphigénie de Saint-Matthieu : cette Religieuse, qui faisait partie des Sœurs de l’Adoration Perpétuelle du Très Saint Sacrement, fut guillotinée à Orange en 1794, et béatifiée (voir au 7 juillet).
Actuellement, «sainte» Iphigénie n’est pas mentionnée au Martyrologe.


Quadratus d’Athènes
† 129

Quadratus fut un des premiers disciples des Apôtres, mais on ne sait pas où il les rencontra. 
Le fait est qu’il se trouvait à Athènes lors du passage du nouvel empereur, Hadrien ; ce pouvait être vers 124. Voici ce que l’historien Eusèbe raconte : 
Quadratus dédia à Hadrien un discours qu’il lui fit remettre et où il présentait l’apologie de notre religion, parce qu’alors des hommes malfaisants essayaient de tracasser les nôtres. On trouve encore maintenant ce livre chez beaucoup de frères et nous l’avons nous aussi. On y peut voir des preuves éclatantes de l’esprit de son auteur comme aussi de son exactitude apostolique. Cet écrit porte en lui la preuve de son antiquité dans le récit qu’il présente en ces termes : 
‘Les œuvres de notre Sauveur, parce qu’elles étaient vraies, ont été longtemps présentes. Ceux qu’il a guéris, ceux qu’il a ressuscités des morts n’ont pas été vus seulement au moment où ils étaient délivrés de leurs maux ou rappelés à la vie ; ils ont continué à exister pendant la vie du Christ et ont survécu à sa mort pendant d’assez longues années, si bien que quelques-uns sont même venus jusqu’à nos jours.’
Quadratus aurait obtenu d’Hadrien un édit en faveur des Chrétiens, du moins une promesse.
Le même historien Eusèbe ajoute ailleurs que Quadratus devint évêque d’Athènes, mais cette assertion pourrait se rapporter à un autre personnage du même nom. Cet évêque d’Athènes, d’après une très belle icône, serait mort décapité.
Quadratus mourut vers 129. Il est le tout premier apologiste de la religion chrétienne que nous connaissions. On regrette, bien sûr, de n’avoir pas encore retrouvé son ouvrage.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Quadratus d’Athènes au 21 septembre.


Pamphilus de Rome
?

Pamphilus de Rome est un martyr attesté historiquement. 
On n’en sait rien de plus.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Pamphilus de Rome au 21 septembre.


Alexander de Rome
?

Alexander est mentionné sur la via Cassia au vingtième mille de Rome, au lieu-dit Ad Baccanas.
C’est un Martyr.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Alexander de Rome au 21 septembre.


Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor de Gaza
362

Les trois frères Eusebios, Nestabios et Zenon habitaient Gaza (Palestine). 
Nestor était leur grand ami.
En raison de la persécution imminente, les trois frères se cachèrent. On les découvrit.
On les emprisonna, on les flagella. 
Nestor était-il avec eux ou voulut-il les suivre ? Il fut pris avec ses trois amis.
Au théâtre, un mouvement de foule fit bientôt hurler contre eux qu’ils avaient saccagé des temples. On alla les chercher dans leur prison, on les traîna par terre, sur le ventre, sur le dos ; on outragea leurs corps avec des bâtons, avec des pierres, avec des fuseaux ; on leur jeta de l’eau bouillante. 
Les bourreaux remarquèrent cependant la beauté singulière du corps du pauvre Nestor : ils le retirèrent de là et le traînèrent hors la ville. Il respirait encore.
Les trois frères n’étaient plus que des écorchures humaines, de leurs têtes sortait la cervelle. On les tira encore, hors de la ville, pour les jeter avec les bêtes crevées. On y mit le feu. Les os qui purent encore rester furent mélangés à ceux des bêtes.
Dieu suscita alors dans le cœur d’une brave femme un mouvement héroïque : elle alla de nuit à l’endroit de ce foyer, où une providentielle lumière lui indiqua quels étaient les os des Martyrs. Elle les recueillit avec vénération.
Puis Dieu guida mystérieusement la même femme à Maïoumas, le port de Gaza, pour y retrouver un autre Zenon, qui se trouvait être le cousin des trois Martyrs. La femme lui remit son précieux trésor.
Ce Zenon était un chrétien fervent. Devant la persécution qui menaçait, fuyant Gaza , il s’était caché non loin, à Anthedon. Dénoncé, il fut flagellé durement et expulsé de là : ainsi arriva-t-il à Maïoumas, où il se cacha à nouveau et c’est là que Dieu conduisit cette pieuse femme.
Discrètement, comme elle était arrivée, la femme s’éclipsa. Dieu se servit d’elle pour conserver la mémoire des glorieux Martyrs.
C’est également chez Zenon que l’on porta Nestor agonisant, qui mourut peu après. Il n’est donc pas mort au même moment ni au même lieu que les trois frères, mais on commémore ensemble ces quatre Martyrs.
Ajoutons que ce pieux Zenon devint ensuite évêque de Gaza.
Ces événements sont datés en 362 approximativement.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Eusebios, Nestabios, Zenon et Nestor de Gaza au 21 septembre.

Castor d’Apt

350-426

 

Castor - encore un nom d’animal !- serait né d’une grande famille de Nîmes, vers le milieu du 4e siècle, en tout cas après 350. Dire que la forme latine de son nom est Castorius, semble être une erreur.

Il exerça en Arles le métier d’avocat.

En 395, il se maria et eut une fille, nommée Perculiarita.

Toute la famille cependant décida de se retirer dans la vie érémitique, en un endroit contesté par les historiens : le mas Saint-Castor (Gard) ? près de Ménerbes (Vaucluse) ?

C’est dans cette dernière localité que serait élevé le monastère Saint-Faustin fondé par Castor (et qui devait être détruit au siècle suivant lors d’une invasion.

Une profonde amitié liait Castor à Jean Cassien (v. 23 juillet). C’est pour Castor que Jean Cassien rédigea ses si fameuses Institutiones sur la vie cénobitique, ainsi qu’une collection de Conférences des Pères du désert. Castor voulait en faire profiter une nouvelle communauté fondée près d’Apt et qui fut cependant détruite peu après.

Vers 419, Castor fut élu évêque d’Apt. On ne peut pas dire qu’il en ait été le premier titulaire, car il existerait des allusions à ce diocèse dès le 2e siècle, mais Castor est attesté liturgiquement et historiquement.

Castor mourut vers 426.

Le diocèse d’Apt fut supprimé en 1801, et son territoire rattaché à ceux d’Avignon et de Digne.

Saint Castor d’Apt est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain, qui ne nomme pas Castorius, mais bien Castor.

 

 

Cadoc de Llan-Carvan

497-577

 

Autrefois, le Martyrologe du 29 mars mentionnait deux personnages, deux époux, Gundleus (Gwynllyw) et Gladys (Glwadys), de race royale. Ils ont quitté le Martyrologe, mais ils y ont laissé leur fils : Cadoc (gallois : Cattwg).

Il n’est pas très facile de s’y retrouver dans les différentes traditions reçues concernant la vie de Cadoc. 

Gundleus, qui gouvernait une province du Pays de Galles, renonça au monde peu avant de mourir et mena la vie érémitique. 

Des signes extraordinaires auraient déjà précédé la naissance de Cadoc : la maison familiale se remplit d’une mystérieuse lumière et le cellier se trouva empli de nourriture. 

Cadoc, donc, naquit vers 497 à Monmouthshire. Un ange avertit l’ermite Meuthi d’aller le baptiser, probablement à Cathmail (Cadfael), et de lui procurer un enseignement. 

Cadoc eut aussi une sœur, Maches. 

Il seconda son père dans le gouvernement de la province, puis embrassa à son tour la vie religieuse.

Il se plaça d’abord sous la conduite d’un moine irlandais nommé Tathyw, à Gerent (Monmouthshire). On trouve dans tel récit ancien que la rencontre avec Tathyw eut lieu lors d’une chevauchée de Gundleus près de l’ermitage de Tathyw et qu’il lui vola son unique vache ; l’ermite vint se planter devant Gundleus et lui réclama sa bête. Gundleus fut alors saisi d’une pieuse crainte, remit la vache, et décida de confier Cadoc à Tathyw. Cadoc apprit le latin et les bases qui lui seraient nécessaires pour ses études en Irlande et Pays de Galles ; mais surtout il ouvrait les yeux sur la vie du prêtre et du moine.

Revenu parmi les siens, il se trouvait un jour sur un vaste terrain appartenant à son oncle, le roi Pawl de Penychen, lorsqu’il fut un instant en face d’un sanglier qui, d’abord fit trois bonds dans sa direction, puis disparut. Cadoc y vit un signe de Dieu pour construire là une église et un monastère, Llan-Carvan, ainsi qu’une école - qui allait être célèbre - et un refuge pour accueillir un grand nombre de pauvres. Cette version des faits contraste avec une autre version, selon laquelle Cadoc fut seulement le successeur du fondateur de Llan-Carvan.

En même temps, et tant qu’il le put, il allait rendre visite à son père pour l’encourager à persévérer. Quand à sa sœur Maches, elle aurait péri assassinée par des voleurs qui, plus tard, reconnurent et confessèrent leur péché. Ils édifièrent une église à l’endroit de leur crime.

Cadoc partit trois ans en Irlande pour étudier. A son retour, il aurait trouvé son monastère en ruine : il força les moines à y revenir, à reprendre le travail et la culture ; deux cerfs sortirent alors de la forêt pour se mettre à leur service.

Cadoc étudia avec un professeur de rhétorique d’origine italienne, Bachan. Puis après la mort de son père, vers 528, il voyagea en Ecosse, fonda le monastère de Cambuslang, de Kilmadock (il y serait resté sept années).

D’aucuns ont prétendu qu’il fit le pèlerinage à Rome, ce qui semble impossible. En revanche, il alla s’établir sur la petite île de Cado près de la rivière Etel.

Cadoc eut parmi ses disciples s.Illtut, qui allait à son tour fonder le monastère de Llan-Illtut. S.Gildas vint aussi enseigner dans cette école pendant une année, puis Cadoc et Gildas se retirèrent dans les îles de Ronech et Echni.

Il y a une controverse au sujet de la fin de la vie de Cadoc. Certains ont affirmé qu’il mourut à Benevenna (Northampton) ; d’autres l’ont envoyé à Benevento (Italie) où il aurait été évêque et martyr… Y aurait-il eu deux personnages du même nom, ou simple confusion à propos de la localité ? Quoi qu’il en soit, en Angleterre, on ne dit pas que Cadoc ait été martyr.

Il y eut peut-être plusieurs Cadoc. Le nôtre, anciennement au 24 janvier, est actuellement mentionné au 21 septembre, date à laquelle on le vénère aussi dans le diocèse de Vannes. 

Les nombreuses versions de cette sainte vie ne nous épargnent pas quelques difficultés à assembler tous ces détails parfois incontrôlables. On en arriva même à donner une généalogie de Cadoc remontant aux empereurs romains.

Saint Cadoc  de Llan-Carvan est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Landelin de Ettenheimmünster

7e siècle

 

Landelin (ou Landolin) venait de l’Irlande.

Comme beaucoup d’autres missionnaires de cette époque, au début du 7e siècle, il vint évangéliser la région germanique de l’Ortenau (Baden-Württemberg).

On ne sait s’il était prêtre, s’il avait des compagnons, s’il avait reçu une mission particulière par révélation divine ou par décision de quelque évêque (Willibrord ? Bonifatius ? v. 7 novembre et 5 juin).

Il s’installa à l’endroit de l’actuelle Ettenheimmünster et y vécut en ermite.

D’après la tradition, il fut assassiné par un chasseur encore incroyant. A l’endroit du meurtre seraient jaillies cinq sources.

Au siècle suivant, s’éleva à cet endroit un petit monastère bénédictin.

Depuis le 11e siècle, on vint en foule vénérer Landelin, qu’on invoqua contre les maladies des yeux : on se frottait les yeux avec l’eau d’une des sources. La dévotion existe encore de nos jours.

Peut-on considérer Landelin comme martyr ? Répondre à cette question supposerait qu’on connût les réels sentiments du chasseur : a-t-il agi en ennemi de Dieu et de l’Eglise ? était-il seulement dérangé par la présence de l’Ermite ? On ne le sait pas.

Saint Landelin de Ettenheimmünster est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain, qui le désigne comme moine, mais pas comme martyr.

 

 

Gerulphe de Flandre

† 750

 

Il s’agit ici d’un adolescent flammand, né vers 735 de parents nobles, vivant dans leur propriété de Mérendrée.

Vers 750, accompagné de son oncle, il se rendit à cheval à l’abbaye du Mont-Blandin (Gand), où se trouvait alors l’évêque de Noyon, pour y recevoir le sacrement de Confirmation.

Sur le chemin du retour, Gerulphe voulut faire une petite halte près du monastère de Tronchiennes, pour se recueillir un moment dans l’église Sainte-Marie. Après la cérémonie au Mont-Blandin, on avait dû repartir sans attendre, les moines ayant leurs horaires ; quoi de plus indiqué, après avoir reçu un tel Sacrement, que de vouloir exprimer à Dieu sa reconnaissance, dans un moment de recueillement auprès du Saint-Sacrement ?

Mais l’oncle avait d’autres idées en tête. Il voulait rentrer plus vite, et surtout depuis longtemps, il convoitait l’héritage de son neveu. Quand nos deux voyageurs repartirent, l’oncle s’approcha assez près de Gerulphe et le frappa à mort, avant de disparaître. Le cheval du blessé continua sa route vers la demeure des parents. Le père de Gerulphe alors monta le fidèle animal et retrouva son fils, agonisant.

Gerulphe eut encore la force de demander à être enterré chez les moines de Tronchiennes, à leur donner son cheval et remettre son héritage à l’église Sainte-Marie. Pas un mot de rancune contre l’oncle assassin. La Passio de Gerulphe d’ailleurs, ne s’étend pas sur ce dernier : ne fut-il pas retrouvé ? interrogé ? jugé ?

Cet assassinat fut considéré comme un véritable martyre. 

Le père de Gerulphe l’enterra d’abord dans la propriété familale, et ce n’est que deux siècles plus tard que l’évêque procéda au transfert du corps à Tronchiennes.

Il y eut d’autres transferts de reliques ; on conserva le chef dans une châsse séparée. Le reste du corps fut détruit par les Protestants.

Saint Gerulphe de Flandre est commémoré le 21 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Marco Scalabrini de Modène

1430-1498

 

Marco vit le jour dans la première moitié du 15e siècle - on ne peut en dire davantage - à Mocogno (Modène, Italie N).

Entré jeune chez les Dominicains, ordonné prêtre, il jouissait d’une grande culture, que les supérieurs voulurent mettre à profit, en envoyant Marco prêcher en diverses villes de l’Italie.

Vers 1481, il demeura à Pesaro, où il fut prieur du couvent dominicain. On ne sait s’il fut réélu, mais le bruit de ses vertus se répandait et l’on venait le consulter, l’écouter.

Parmi les faits remarquables de son apostolat, on cite la résurrection d’un petit garçon de trois ou quatre ans ; mais Marco prédit à la maman, très heureuse, que son fils mourrait jeune ; il mourut en effet à quatorze ans, Dieu l’ayant peut-être rappelé pour le préserver du monde. C’est sa sœur qui déposa ce témoignage.

Marco mourut à Pesaro le 21 septembre 1498 et son culte fut approuvé en 1857. Le Martyrologe, en mentionnant le Bienheureux, parle des nombreuses conversions qu’il opéra par sa parole sacerdotale.

 

 

François Jaccard

1799-1838

 

Les parents de François étaient mariés depuis vingt ans ; quand enfin naquit François, le 6 septembre 1799, ils le regardèrent vraiment comme un signe du Seigneur.

L’enfant vint au monde à Onnion (Haute-Savoie).

Ses parents cherchèrent où lui faire donner une bonne formation : ce fut le petit séminaire Saint-François-de-Sales à Mélan. C’est là que le garçon entendit avec admiration (et envie) les récits des Annales de la Propagation de la Foi, qui racontaient le martyre des chrétiens persécutés en Extrême-Orient.

Puis François entra au Grand séminaire de Chambéry. Une fois ordonné acolyte, il voulut partir à Paris pour se préparer à partir en pays de mission.

Entré au séminaire des Missions Etrangères en 1821, il fut ordonné prêtre en 1823.

On lui proposa alors d’être directeur du séminaire, mais il refusa et demanda à partir pour des régions lointaines : il fut à Calcutta, à Chandernagor, à Macao, et finalement en Cochinchine (actuel Vietnam), en 1824, après seize mois de voyage.

Lors de son passage à Chandernagor, comme son séjour se prolongeait, il fit de l’apostolat avec un tel succès qu’on lui proposa d’être directeur de nouveau collège ; nouveau refus : François voulait partir «loin».

Arrivé à destination, il se mit à l’étude de la langue, qu’il pouvait déjà manier un an après.

Il était le troisième prêtre sur place, outre le père Taberd et le père Gagelin, ce dernier futur martyr également.

En 1827, il fut appelé à Hué pour servir d’interprète entre le roi et les représentants français : en réalité, le roi cherchait un prétexte pour se débarrasser des Occidentaux.

En attendant, François obtint de résider à Duong-son, une ville voisine, où il exerça le saint ministère, forma des séminaristes et fit des traductions.

A partir de 1830, on le calomnia, d’abord en l’accusant d’avoir conduit des chrétiens à piller les maisons, puis de prêcher une religion fausse.

Arrêté, torturé, il fut condamné à mort, mais le roi commua la sentence en l’enrôlement dans sa milice (mais qui ne fut pas appliqué). François fut assigné à résidence à Hué.

Il pouvait ainsi poursuivre ses activités, même discrètement. En 1832, il fut nommé provicaire, et évêque coadjuteur, ce qui lui donnait la mission d’aller visiter les missionnaires, français et italiens.

Or en 1833 mourut le premier mandarin, qui était favorable aux Chrétiens ; le roi se sentit libéré et promulgua le décret de persécution.

Le père Gagelin fut bientôt arrêté et échangea avec Mgr Jaccard toute une correspondance, avant d’être martyrisé en novembre 1833 et Mgr Jaccard fut juste après arrêté et condamné à mort ; encore une fois, la peine fut commuée, mais en détention illimitée dans la prison d’Aï-lao, où il resta deux années. 

Comme on relâchait peu à peu la surveillance, Mgr Jaccard put reprendre de l’apostolat : il convertit un pirate qui partageait sa captivité, il entra en rapports avec des Laotiens et commença à s’initier à leur langue.

Le roi voulut encore profiter de Mgr Jaccard pour convaincre les Chrétiens de Saïgon de se soumettre.

En 1835, on transféra l’évêque à la prison de Cam-lô, d’où il pouvait plus facilement communiquer, discrètement, avec les Chrétiens, tandis que le roi le chargeait de traduire beaucoup de textes et même d’enseigner le français à des jeunes gens.

Mgr Jaccard fut en relation avec Mgr Borie et Mgr Cuenot, eux aussi futurs martyrs. Ce dernier lui suggéra de profiter de sa situation pour s’enfuir, mais il refusa par crainte de représailles envers les fidèles.

En 1838, il fut transféré à Quẚng Tri, où on lui demanda encore d’apostasier. 

Dans cette prison, il retrouva un jeune séminariste, Tôma Trân vǎn Thiện, qui avait dix-huit ans. 

On le tortura encore, il subit les coups de rotin et les tenailles rougies au feu ; on le condamna une troisième fois à la peine de mort. La sentence confirmée par la cour royale disait : 

Le coupable Phan Van Kinh (c’était la traduction de ‘François Jaccard’) est un homme d’Europe, d’une race différente de la nôtre, qui s’est introduit dans ce royaume. Il a d’abord employé la religion perverse de Jésus pour tromper le peuple. Ayant été reconnu coupable de ce crime, nous lui avons fait grâce de la vie... Mais méprisant les lois, il a osé communiquer en secret avec les chrétiens et leur a donné les livres de sa fausse religion. Il est vrai que, mis à la question, il n’a pas voulu le reconnaître ; mais les dépositions des témoins en sont des preuves suffisantes ; ainsi le coupable Phan Van Kinh ne sera pas mis à mort d’une autre manière : il sera étranglé.

L’exécution eut lieu à Nhan-Biểu (Quẚng Tri, Cochinchine), le 21 septembre 1838 ; il venait d’avoir trente-neuf ans.

On exécuta avec lui Tôma.

Son corps put être récupéré par un Chrétien, Simon Phan Đắc Hòa, futur martyr, puis envoyé à Paris, où il repose au séminaire des Missions Etrangères.

François Jaccard fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988 ; tous ceux qu’on a nommés plus haut ont été canonisés avec lui, sauf Mgr Taberd, qui mourut à Calcutta en 1840.

 

 

Tôma Trân Vǎn Thiện

1820-1838

 

Tôma Trân vǎn Thiện était né vers 1820 à Trung Quán (Quẚng Bình, Vietnam).

Séminariste, il fut arrêté et mis en prison à Quẚng Tri, où arriva bientôt Mgr Jaccard.

Voici le témoignage qu’écrivit Mgr Cuenot sur ce séminariste : 

Le jeune Thomas Thiên qui vient d’illustrer cette mission par sa mort glorieuse, était âgé de 18 ans… Il a suivi et servi le père Joseph Thô depuis l’âge de dix ans. M. Vialle lui a enseigné le latin pendant quelques mois et il venait d’arriver à Di-Loan par mon ordre pour être du petit établissement qu’y formait M. Candalh. Il ne vit qu’un seul instant ce cher confrère qui l’envoya se loger chez les chrétiens en attendant que les bruits de perquisition que l’on répandait déjà fussent éclaircis. Les soldats l’ayant rencontré deux jours après en faisant la perquisition à Di-Loan, le soupçonnèrent d’être écolier du Père et l’arrêtèrent. Je n’ai encore pu savoir jusqu’à quel excès les mandarins l’ont torturé pour le forcer à apostasier ; ce que je sais, c’est qu’il a été torturé et que de tous ceux qui ont été pris à cette occasion, il est le seul qui ait persévéré. Sa constance est d’autant plus admirable que les chrétiens de Di-Loan, pour le forcer à apostasier avec eux, refusèrent, dit-on, de partager avec lui la nourriture qu’on leur portait à tous en commun et lui reprochèrent d’être cause par son refus de la longueur de cette affaire...… Dans sa sentence il est qualifié de coadjuteur des maîtres de la religion et est condamné à mort pour n’avoir pas voulu consentir à abandonner cette religion. 

On le tortura encore, il subit les tenailles rougies au feu. Les mandarins lui demandaient : 

Comment peux-tu accepter ces souffrances et ne pas abandonner ta religion ?

- Dussé-je mourir, je n’y renoncerai jamais.

L’exécution eut lieu à Nhan-Biểu (Quẚng Tri, Cochinchine), le 21 septembre 1838, le même jour que Mgr Jaccard.

Comme ce dernier, Tôma fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Laurent Marie Joseph Imbert

1797-1839

 

Laurent naquit à la ferme Bricart (Calas, Cabriès, Marignane, Bouches-du-Rhône) le 15 avril 1797 (ou le 23 mai 1796 ?). Ses prénoms étaient plus précisément Laurent Joseph Marius.

Il étudia à Aix-en-Provence, au pensionnat de la Retraite Chrétienne. Il fabriquait des chapelets pour payer ses vêtements et ses fournitures.

Après quelque temps au grand séminaire d’Aix, il entra dans la Société des Missions Etrangères de Paris en 1818 et fut ordonné prêtre en 1819 : il n’avait que vingt-deux ans, et bénéficia d’un indult pour son ordination.

Il s’embarqua pour la Chine en 1820, mais avant d’y arriver, il fit halte à Singapore, où il passe pour être le premier missionnaire qui y travailla. Arrivé à Pinan, il remplaça un professeur malade, pendant neuf mois. De Macao, il passa en Cochinchine et au Tonkin, où il travailla pendant deux ans.

Enfin il rejoignit la Chine en 1825 et y dirigea le séminaire de Moupin.

Il y fit connaître la lithographie, pour diffuser plus facilement le christianisme.

En 1836, il fut nommé Vicaire Apostolique de Corée avec le titre de Capsa en Byzacène et fut sacré au Seu-Tchouen : il était le premier évêque de cette région de Corée, cinquante-deux ans après la fondation de l’Eglise en Corée.

Sur place, il retrouva deux missionnaires français, les pères Maubant et Chastan ; entre l’arrivée du père Maubant et celle de Mgr Imbert (1836-1839), les Catholiques baptisés passèrent de six-mille à neuf-mille.

En trois mois, Mgr Imbert sut assez de coréen pour prêcher et confesser. Bien vite, Mgr Imbert dut se cacher pour échapper à la persécution. 

Voici le récit qu’il fit lui-même de son emploi du temps : 

Je ne demeure que deux jours dans chaque mission où je réunis les chrétiens, et avant que le jour paraisse, je passe dans une autre maison. Je souffre beaucoup de la faim, car, après s’être levé à deux heures et demie, attendre jusqu’à midi un mauvais et faible dîner d’une nourriture peu substantielle, sous un climat froid et sec, n’est pas chose facile. Après le dîner, je prends un peu de repos, puis je fais la classe de théologie à mes grands écoliers ; ensuite, j’entends quelques confessions jusqu’à la nuit. Je me couche à neuf heures, sur la terre couverte d’une natte et d’un tamis de laine de Tartarie ; en Corée, il n’y a ni lits, ni matelats. J’ai toujours, avec un corps faible et maladif, mené une vie laborieuse et fort occupée ; mais ici, je pense être parvenu au superlatif et au nec plus ultra du travail. Vous pensez bien qu’avec une vie si pénible nous ne craignons guère le coup de sabre qui doit la terminer.

Un Chrétien coréen, Andreas Son, l’hébergea.

Mais un vilain stratagème le fit découvrir. Un collaborateur de la police alla trouver un brave paysan chrétien, auquel il raconta que le gouvernement de Séoul avait décidé d’embrasser la religion chrétienne et qu’il fallait lui envoyer des missionnaires. Tout naïvement, le bon paysan indiqua à son interlocuteur l’adresse d’Andreas Son, qui hébergeait Mgr Imbert.

Le paysan arriva le premier, et informa l’évêque, qui comprit qu’on avait trompé le paysan. Mgr Imbert résolut de ne pas se cacher, pour éviter des ennuis à Andreas et aux autres Chrétiens. Le 10 août 1839, jour de la fête de son Patron, saint Laurent, Mgr Imbert se rendit lui-même au bureau de police. De là, il fut conduit à la prison de Séoul. De sa prison, il invita les deux autres prêtres français, Maubant et Chastan à se présenter spontanément à la police.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert et ses deux Compagnons furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Séoul), le 21 septembre 1839.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Séoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Pierre-Philibert Maubant

1803-1839

 

Pierre naquit à Vassy (Calvados) le 20 septembre 1803.

Après son ordination sacerdotale, il intégra les Missions Etrangères de Paris en 1831 et fut envoyé en Chine, d’où il fut volontaire pour aller évangéliser la Corée.

Il fut le premier missionnaire français à y entrer, habillé de deuil (ce qui lui permettait de couvrir sa tête et de passer inaperçu), et rejoignit Séoul en 1836, où quelques Chrétiens l’accueillirent avec enthousiasme.

Il commença par évangéliser et confesser en chinois, grâce à un interprète de confiance.

Mal nourri, mal logé et surtout exténué, il tomba malade et reçut les derniers Sacrements ; mais il guérit miraculeusement, trois mois plus tard et reprit son travail.

Avec le père Chastan qui le rejoignit, ils estimèrent le nombre des Chrétiens à six mille, car la communauté s’était déjà élargie depuis un demi-siècle. 

Ils établirent des missions, en des lieux retirés de la montagne, où ils établirent un catéchiste responsable.

Quelques chiffres pour la seule année 1837 : 1237 baptêmes, 2087 confessions, 1950 communions.

C’est le père Maubant qui proposa les trois candidats coréens pour le sacerdoce : Andreas Kim, Thomas Ch’oe Yang-ŏb, Franciscus Saverius Ch’oe Pang-je. Andreas fut le premier prêtre coréen. Les trois hommes étudièrent le latin avec le père Maubant, puis rejoignirent Macao pour y être préparés.

L’apostolat des missionnaires devint assez connu pour que les autorités s’en inquiétassent. On les rechercha.

Mgr Imbert fut arrêté le premier ; il enjoignit les pères Maubant et Chastan à se rendre spontanément, pour éviter des tracas aux communautés chrétiennes.

Avant de se livrer, les deux missionnaires firent un dernier rapport à Rome de leurs activités pour cette année 1839 : 10.000 catholiques ; 1.200 baptêmes ; 2.500 confirmations ; 4.500 confessions ; 4.000 communions ; 150 mariages ; 60 Onctions des Malades ; 600 catéchumènes.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert, le père Maubant et le père Chastan furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Séoul), le 21 septembre 1839.

Le père Maubant avait «fêté» son trente-sixième anniversaire la veille de son exécution.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Séoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

 

 

Jacques-Honoré Chastan

1803-1839

 

Jacques naquit à Marcoux (Alpes-de-Haute-Provence) le 7 octobre 1803.

C’était l’aîné des huit enfants d’un couple d’agriculteurs.

Il étudia à Digne, puis au petit séminaire d’Embrun en 1820, de nouveau à Digne en 1822.

En 1823, il entra au grand séminaire et fut ordonné prêtre en 1826, à vingt-trois ans.

Après son ordination sacerdotale, il intégra sur sa demande les Missions Etrangères de Paris en 1827 et fut envoyé en Chine.

De Macao, il rejoignit Shanghai en 1834, mais ne put rejoindre la Corée et Séoul qu’en janvier 1837, et rencontra le père Maubant qui s’y trouvait depuis un an.

Mgr Imbert, qui arriva à la fin de cette année-là, organisa les missions de cette façon : le père Maubant travaillerait sur les provinces de l’est, et le père Chastan sur celles du sud.

Avec le père Maubant, ils estimèrent le nombre des Chrétiens à six mille, car la communauté s’était déjà élargie depuis un demi-siècle. 

Ils établirent des missions, en des lieux retirés de la montagne, où ils établirent un catéchiste responsable.

Quelques chiffres pour la seule année 1837 : 1237 baptêmes, 2087 confessions, 1950 communions.

Mgr Imbert fut arrêté le premier ; il enjoignit les pères Maubant et Chastan à se rendre spontanément, pour éviter des tracas aux communautés chrétiennes.

Avant de se livrer, les deux missionnaires firent un dernier rapport à Rome de leurs activités pour cette année 1839 : 10.000 catholiques ; 1.200 baptêmes ; 2.500 confirmations ; 4.500 confessions ; 4.000 communions ; 150 mariages ; 60 Onctions des Malades ; 600 catéchumènes.

Après avoir été interrogés, Mgr Imbert, le père Maubant et le père Chastan furent bastonnés pendant deux jours, puis condamnés à mort.

Avant l’exécution, les bourreaux dénudèrent la poitrine des victimes, leur enfondèrent des flèches à travers les oreilles et leur aspergèrent le visage avant de les saupoudrer de chaux ; exposés au pilori, à genoux, ils furent achevés à coups de sabre à Saenamt’ŏ (Séoul), le 21 septembre 1839.

Le père Chastan allait «fêter» son trente-sixième anniversaire.

Leurs corps furent brûlés sur la montagne Samsŏngsan, et leurs cendres, plus tard, placées dans la crypte de la cathédrale de Myŏngdong (Séoul).

Ils furent béatifiés en 1925 et canonisés en 1984.

José María Azurmendi Larrínaga

1870-1936

 

Note : on trouve comme nom de famille Azurmendi Larrínaga ou aussi Azurmendi Mugarza (Mugraza ?).

José naquit en ce monde le 18 août 1870 à Durango (Biscaya, Espagne) et fut tout de suite ondoyé ; il avait un frère jumeau, Agapito.

Les deux frères vinrent à Chipiona pour étudier au collège des Frères Mineurs franciscains, mais Agapito n’y resta pas. José commença le noviciat : première profession en 1888, la solennelle en 1891, ordination sacerdotale en 1896.

Il commença ses activités à Regla, à cause de sa santé délicate. Deux ans après s’ouvrit un nouveau couvent franciscain à Fuente Obejuna et le père José en fut un des fondateurs. Il fut aussi en Terre Sainte (1900-1913), où il s’occupa des jeunes étudiants franciscains à Bethléem (1902) et des novices à Nazareth (1907). Puis il fut envoyé à Roseto, près d’Alexandrie (Egypte), pour s’occuper de l’hôpital, ainsi qu’à Damiette.

De retour en Espagne, il fut successivement à Chipiona, Puente Genil, Lebrija et Coín : il était dans cette dernière localité en 1931, et réussit à sauver une partie du matériel du couvent, lors de la révolte de mai et de l’incendie des couvents.

Puis il fut envoyé à Sanlúcar de Barrameda comme aumônier des Clarisses, puis à Lebrija, de nouveau Coín et Lebrija.

En juillet 1936, il eut la joie d’être envoyé à Fuente Obejuna (Cordoue).

Il y avait dans ce couvent sept Religieux franciscains.

Les 20 et 22 juillet 1936, le couvent fut plusieurs fois fouillé par les révolutionnaires, à la recherche de ces mystérieuses armes qu’on les accusait de cacher dans le couvent, et qui ne furent jamais trouvées, bien sûr.

Le 27, on vint les chercher, sous prétexte de les protéger, et le couvent fut laissé en proie à la foule qui le saccagea. Les Religieux furent en réalité «protégés» dans les bureaux des Télégraphes puis, le 14 août, dans le palais de la Marquise de Valdeloro, transformé en prison.

Il y avait là une soixantaine de prisonniers. Le 20 septembre, sept camions les embarquèrent en dehors de la ville. Une bonne quarantaine d’entre eux furent fusillés à quelques kilomètres seulement, tandis que les Franciscains et autres Religieux furent emmenés dans la prison de Azuaga (Badajoz). Le martyre proprement dit commençait.

La première victime fut le père José dès le 21 septembre à midi : comme on voulait le forcer à blasphémer et qu’on n’obtenait de lui que des Vive le Christ Roi !, on le fusilla sur place.

Les autres furent martyrisés le lendemain.

Ces sept Franciscains furent béatifiés en 2007.

 

 

Jacinto Martínez Ayuela

1882-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1882 à Celadilla del Río (Palencia, Espagne), de Damaso et Teresa, qui le firent baptiser trois jours plus tard.

Conscient de sa vocation à la vie religieuse, il étudia avec enthousiasme, surtout le latin.

Il entra dans l’Ordre augustinien à Valladolid en 1897, fit la première profession en 1898, la solennelle en 1901.

En 1902, il passa au monastère de Santa María de la Vid (Burgos) et fut ordonné prêtre en 1913.

Tout en enseignant en divers collèges de l’Ordre, il prépara et passa la licence de Philosophie et Lettres. 

A Santander, il fut directeur spirituel des étudiants ; à Ceuta, il fut professeur et secrétaire ; en 1930, il fut supérieur du séminaire de Uclés.

En 1933, il fut nommé commissaire de la sous-province du Brésil.

Il prit aussi le temps d’écrire des ouvrages de théologie morale (en particulier sur saint Alfonso de’ Liguori, voir au 1er août). Dans son Ordre, c’était une référence.

En 1936, il venait de revenir en Espagne quand se déclencha la révolution de juillet. Le 23 juillet devait se tenir le chapitre provincial à Salamanque ; dans l’attente, le père Jacinto voulut passer par son cher séminaire de Uclés, où il dut cependant s’arrêter quelques jours.

Le 27 juillet, il fut contraint de quitter le pays par les «autorités» ; dans la nuit du 27 au 28, il se dirigea vers Paredes, d’où il aurait rejoint Cuenca en train. Il fut arrêté en route par des miliciens qui jugèrent incomplète sa carte d’identité et l’envoyèrent en prison, où d’autres Confrères se trouvaient déjà et d’autres encore les rejoindraient.

C’est donc dans cette prison de Cuenca que le père Jacinto passa environ deux mois à prier, confesser, encourager les autres détenus.

Le 21 septembre il fut appelé, avec trois autres prêtres, pour être fusillé non loin du cimetière de la ville.

Il reçut donc la couronne du martyre le 21 septembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Manuel Torró García

1902-1936

 

Ce pieux laïc naquit le 2 juillet 1902 à Onteniente où il reçut la baptême et la première communion ; il fut confirmé au couvent des Pères Franciscains. 

Il fit ses études à l’école nationale et reçut le diplôme d’expert-comptable, en s’adonnant à l’étude chez lui, sous la direction de son oncle, Prudencio Alberto Estan, puis fréquenta le collège des Pères Franciscains. 

Il épousa Rosario Romero Almenar, mais leur petit garçon ne vécut que quelques heures. 

Manuel vécut de façon authentique sa vocation laïque, s’efforçant d’imprégner de l’esprit évangélique les réalités temporelles dans lesquelles il vivait comme époux, père de famille et expert-comptable.

Homme de foi profonde, il participait à la Sainte Messe et communiait chaque jour. Dévot de la Sainte Mère de Dieu, il récitait le Rosaire en famille. Dans cette intense vie de piété, toute sa personne se rendait entièrement disponible à répondre généreusement à l’action de l’Esprit Saint : membre de diverses associations laïques, il se lança dans l’apostolat organisé. Il participa à l’Action Catholique des Jeunes, dont il fut président dans la paroisse de Saint-Charles à Onteniente, il fonda les équipes d’Adoration Nocturne de Sainte-Thérèse, dont il fut le président ; il fut Tertiaire franciscain ; il fréquentait les Jeudis Eucharistiques, s’inscrivit dans la Confraternité de Notre Dame du Carmel et dans la Pieuse Union du Sacré Coeur ; il enseigna le catéchisme. Apôtre social, il pratiquait la charité par l’intermédiaire de l’Association de Saint Philippe Néri, et travaillait à l’hôpital.

Les témoins affirmèrent que Manuel était sérieux, travailleur, humble, obéissant, studieux, fidèle dans l’accomplissement de son devoir, pacifique, et ne se mettait jamais en colère. Il respirait la bonté, affable, séduisant, serviable, sensé, précis, très décent.

Ce fervent chrétien fut bien sûr la cible privilégiée des ennemis de la Religion, quand se déchaîna la persécution. Manuel en était bien conscient, disant qu’il s’attendait à affronter la persécution religieuse et probablement aussi le martyre. C’est ainsi que, peu avant le début de la révolution, le maire envoya un huissier chez Manuel pour lui demander la liste de tous les adorateurs. Manuel, comme président, s’adressa à tous les présents en ces termes : “Je sais que cette liste peut être celle de futurs martyrs ; si quelqu’un ne se sent pas de donner son nom, qu’il le dise.” A part deux, tous donnèrent leur nom, ainsi que certaines dames qui étaient là aussi, et plus tard en effet tous furent assassinés.

A Onteniente, la persécution commença par l’incendie de l’église, puis on brûla les images et les objets de la religion, et on emprisonna les catholiques. Avant cet l’incendie, Manuel s’efforça avec d’autres catholiques, de veiller à l’intérieur de l’église pour en éviter la profanation, puis s’empara du Saint Sacrement pour le mettre en sécurité chez lui. Dans toutes ces occasions, il demeurait serein, confiant sa vie à Dieu et poursuivant ses activités tout naturellement.

La veille de son martyre, il allait chez ses parents en compagnie de son épouse et, après avoir prié le rosaire, il lui dit : “Tu sais, Rosario, puisque le Seigneur ne nous a pas donné de famille, nous aurions pu aider les Nationalistes, toi comme infirmière et moi comme expert-comptable, si nous avions été dans l’autre zone ; mais une occasion comme celle-ci pour devenir des martyrs, nous n’en aurons pas d’autres ; si nous la demandons au Seigneur, il nous la donnera.” Comme son épouse la trouvait un peu dure, il lui confia que, humainement, il ne s’en sentait pas la force non plus, mais qu’il avait confiance dans la grâce de Dieu, pour cela et pour tout le reste.

Il fut arrêté le 20 septembre 1936 chez ses parents, et abattu la nuit même avec d’autres. On a dit que, déjà tombé à terre, Manuel commença à écrire de son doigt les mots du Salve Regina.  Le lendemain, sa veuve reçut quelques cigares de ceux qu’il avait donnés à ses bourreaux, mais celui qui les lui apportait lui dit qu’il ne pourrait pas les fumer, les ayant reçus de Manuel en signe de pardon et de bienveillance. Le secrétaire de la mairie affirma qu’il n’avait rien à faire avec la mort de cet innocent.

Ce même milicien “rouge” ajouta que, avant de mourir, Manuel leur demanda de les laisser chanter le Salve Regina, et ensuite de les fusiller par devant, parce que les catholiques meurent en regardant en face.

La veuve de Manuel, allant trouver les autres membres du comité, les remercia pour l’honneur qu’ils lui faisaient d’avoir fait de Manuel un martyr, et elle leur suggérait aussi de changer de vie ; ils en furent vraiment émus et l’un dit : “Ou elle est folle, ou c’est une Sainte”.

Manuel Torró García fait partie des deux-cent trente-trois Martyrs d’Espagne béatifiés en 2001.

Il est commémoré au Martyrologe le 21 septembre.

 

 

Herminio García Pampliega

1902-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 23 novembre 1902 à Villagonzalo Pedernales (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes, il prit le nom de Eugenio et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé à Cuesta de las Anguilas (Santander, Cantabria) le 21 septembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

Nicolás de Mier Francisco

1903-1936

 

Nicolás naquit le 4 décembre 1903 à Redondo (Palencia, Espagne).

Il entra dans l’Ordre augustinien, professa en 1920 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il enseigna au collège de Ceuta, puis à celui de Uclés, chargé de la formation des candidats au noviciat.

Les Religieux furent expulsés de leur maison de Uclés le 24 juillet 1936 et durent se réfugier chez des familles d’amis.

En compagnie du père Jacinto Martínez Ayuela, il chercha à gagner Cuenca en train, mais les miliciens leur trouvèrent une carte d’identité incomplète, et les firent mettre en prison à Cuenca où ils passèrent presque deux mois à encourager les autres prisonniers, à prier, à confesser.

Le père Nicolás reçut la couronne du martyre non loin du cimetière de Cuenca le 21 septembre 1936. Il avait presque trente-trois ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

Francisco Pastor Garrido

1905-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 16 février 1905 à Valencia (Espagne).

Entré chez les moines Trappistes, il prit le nom de Vicente et fut ordonné prêtre.

Il fut martyrisé à Cuesta de las Anguilas (Santander, Cantabria) le 21 septembre 1936 et béatifié en 2015.

 

José Vila Barri

1910-1936

 

Il naquit le 14 avril 1910 à Camprodón (Girona, Espagne), aîné et seul garçon de trois enfants qui, bientôt, seraient orphelins de père.

C’est ainsi que José fut admis au Collège des Orphelins de Vilatorta en 1921. Il put y compléter ce qui manquait à ses années de l’école primaire, puis il perçut peu à peu l’appel de Dieu et entra au collège des Fils de la Sainte Famille, à Blanes, en 1925.

Il prit l’habit en 1927 à Les Corts et commença le noviciat ; en 1928 il fit la première profession, pour poursuivre ensuite les études ecclésiastiques, toujours à Les Corts.

En 1935, il fit la profession perpétuelle : c’était la porte pour les Ordres. Cette même année, il reçut la tonsure, les Ordres mineurs (il y en avait quatre à l’époque), le sous-diaconat, et le diaconat en décembre. Il fut ordonné prêtre le 7 mars 1936, à Girona.

Par sa façon de parler, sa célébration de l’Eucharistie, ce jeune prêtre exprimait la haute conception qu’il avait de sa mission.

Quand la révolution éclata en juillet 1936, don José était déjà supérieur et préfet des étudiants en philosophie à Mosqueroles. Le curé et la radio informèrent la communauté des événements dans l’Espagne. Le jeudi 22 juillet, toute la communauté et les élèves durent abandonner le collège pour se réfugier ici ou là, chez des amis ou des parents. Don José fut le dernier à quitter les murs, s’étant d’abord préoccupé de chacun ; il put se procurer un seul sauf-conduit, qu’il donna à un Frère pour rejoindre Barcelone et se réfugier au consulat américain.

Au matin du 2 août, il partit à pied pour Vic, avec deux autres Confrères, et ils furent reçus chez sa sœur Isabel. Il put procurer un sauf-conduit aux deux Confrères pour Manresa, tandis qu’il demeurait chez sa sœur en attendant la suite des événements.

Le 20 septembre 1936, il fut arrêté, avec un autre prêtre, parent, qui se trouvait là aussi.

Ce n’est que plusieurs jours après qu’Isabel apprit que les deux prêtres avaient été assassinés dans la nuit du 21 au 22 septembre.

Don José Vila Barri fut béatifié en 2013.

 

 

Vicente Galbis Gironés

1910-1936

 

Il vit le jour le 9 septembre 1910 à Ontinyent (Valencia).

Il fréquenta le collège tenu par les Franciscains, où il fut remarqué par sa conduite exemplaire.

En 1922, il fut un des premiers de sa paroisse à faire partie de la Jeunesse Catholique, embryon de l’Action Catholique, dont il fut président et bibliothécaire.

De 1930 date cet incident qui se produisit dans le train, où un voyageur se permit d’insulter la Religion catholique et ses adeptes, qu’il fallait tous mettre à mort. Calmement, Vicente répondit : S’il en est ainsi, vous pouvez commencer par moi, car c’est pour moi le plus grand honneur d’être catholique.

Après son baccalauréat, il passa la licence de droit à Valencia, en 1933. Il vécut encore chez ses parents, s’occupant généreusement d’aider le pauvre et l’infirme.

Chaque jour, il priait le chapelet, et recevait l’Eucharistie. Etudiant, il fit partie de la Fédération des Etudiants catholiques ; il fit partie aussi d’autres associations chrétiennes, comme les Adorateurs nocturnes, l’Apostolat de la Prière, les Conférences Saint-Vincent-de-Paul, les catéchistes de paroisse.

Devenu avocat, il épousa le 5 septembre 1935 María Desamparados Bonastre Oltra et eut un fils, appelé lui aussi Vicente, qui naquit le 6 juillet 1936.

Vicente fut un homme intègre, qui chercha à imprégner toutes ses activités avec l’esprit de l’évangile, comme époux, comme père, comme avocat. Ayant eu à défendre les intérêts d’ouvriers catholiques, il était la cible principale des ennemis de Dieu.

Au moment de la révolution de 1936, dès qu’il apprenait qu’une église était en danger, il s’offrait pour aller y veiller. Il n’avait pas peur du danger, convaincu de n’avoir jamais rien fait de mal. 

Plusieurs églises furent cependant incendiées, des Caholiques emprisonnés. Menacé maintes fois, il reçut la proposition fallacieuse de se faire l’avocat des révolutionnaires, pour avoir la vie sauve ; sa réponse fut tranquillement ferme : Je ne pourrai jamais être avocat de ceux qui profanent les saintes images et dévalisent les églises. Sa maison fut plusieurs fois fouillée. On lui demanda de l’argent.

Il avait prévenu le concierge que, si on venait le chercher, il ne fallait opposer aucune résistance.

Le 21 septembre 1936 vers midi, on vint l’arrêter chez lui pour lui poser quelques questions au Comité. Après seulement deux heures, il fut sorti de là avec six autres jeunes, qui prièrent le chapelet durant le déplacement. Arrivés à Benisoda, au moment d’être fusillés, ils entonnèrent le Salve Regina et un dernier Vive le Christ Roi !

Vicente venait d’avoir vingt-six ans, et son petit garçon deux mois.

Il a été béatifié en 2001.

 

 

Diego Hompanera París

1915-1936

 

Diego naquit le 13 novembre 1915 à Muñeca (Palencia, Espagne), de Gerardo et Teodora, qui le firent baptiser le lendemain, avec le nom de saint Diego (Dominique), un grand thaumaturge espagnol du 15e siècle qui était au calendrier ce jour-là.

Se sentant appelé au sacerdoce, il commença l’étude du latin avec son curé. Puis en 1930 il demanda à être reçu chez les Augustins à Guernica, mais devant les difficultés qu’il rencontrait, on lui suggéra tout simplement… de repartir chez lui.

Le jeune homme ne s’avoua pas vaincu. S’il ne pouvait pas faire d’études difficiles, il pouvait servir Dieu en se consacrant comme Frère convers : on accepta.

Ses confrères l’appelaient gentiment le petit saint, sans ironie, tant il était pieux et aimable.

Il fit donc le noviciat à Leganés, la profession en 1935, un court passage à Madrid, et fut envoyé à Málaga en septembre 1935.

Le 18 juillet 1936 commençait la triste révolution espagnole. Les six Religieux augustins passèrent la nuit sous les coups tirés par les révolutionnaires depuis la tour de la cathédrale.

Le 19, ils célébrèrent une dernière fois la messe et se dispersèrent chez des amis alentour.

Diego, avec un autre Père, trouva refuge chez la maman de trois anciens élèves, non loin du consulat allemand, mais ne put y rester qu’une nuit ; les jours suivants, il fut chez une autre dame, dont les relations lui permirent de passer indemne plusieurs fouilles et même de revenir d’une courte détention. Mais à la fin du mois d’août, ils furent arrêtés tous les deux et mis à la prison Trinidad, où Diego ne cacha pas sa condition de Religieux.

Deux semaines après, environ, on les changea de prison, et ils furent dans la prison provinciale, lui du côté des hommes, elle du côté des femmes. Ils ne purent plus se parler, tout juste s’apercevoir dans la cour, et communiquer par un médecin qui, quoique prisonnier lui aussi, circulait pour soigner les autres prisonniers.

C’est par ce dernier, que la Dame apprit le sort du Frère Diego : il fut fusillé le 21 septembre 1936 au Cimetière San Rafael. Il n’avait pas vingt-et-un ans.

Signalons qu’une des chapelles de la cathédrale de Málaga contient les restes des victimes de la persécution dans cette région : il y en a plus de deux mille, dont ceux de Diego.

Diego Hompanera París fut béatifié en 2007.

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