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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 23:00

23 SEPTEMBRE

 

I.

SS Zacharie et Elisabeth, parents de s. Jean-Baptiste.

S Lin, pape (65-76), successeur de s. Pierre, martyr, nommé au Canon de la Messe.

Ste Thècle, jeune fille convertie par s. Paul à Iconium, ermite, morte nonagénaire.

IV.

Stes Thècle, Marie, Marthe, Marie et Amai, martyres à Hazza, décapitées par un prêtre avare apostat.

S Sossius, diacre de s.Janvier, martyr en Campanie.

V.

S Projet, évêque à Imola ; il aurait été un enfant abandonné. 

S Constantius, sacristain à Ancône, d'une humilité remarquable.

VII.

S Cissa, moine ou ermite anglais (Croyland ?).

VIII.

S Adamnan, un des plus célèbres abbés à Iona. 

IX.

SS Andrea, Giovanni, Pietro, Antonio, siciliens déportés et suppliciés en Afrique par les Arabes. 

XII.

B Guy de Durnes, moine de Clairvaux, un des préférés de s. Bernard qui l'envoya fonder le monastère Notre-Dame-de-Charlieu et l'en nomma abbé ; sa révision des livres de chants liturgiques en usage à Cîteaux fut approuvée au chapitre général de l'Ordre.

B Pietro Acotanto, camaldule vénitien ; il sortit du monastère pour gérer les affaires de son père défunt et se maria ; bientôt veuf, il rentra au monastère et évita de justesse l'abbatiat.

XVI.

Bse Elena Duglioli, veuve à Bologne.

Bx Cristóbal, Antonio et Juan, jeunes martyrs de douze ans, lors de la première évangélisation du Mexique, béatifiés en 1990, canonisés en 2017.

B William Way, martyr en Angleterre.

XIX.

Bse Emilie Tavernier Gamelin, veuve canadienne à l'origine des Sœurs de la Providence, pour s’occuper des plus pauvres, béatifiée en 2001.

XX.

B Francisco de Paula Victor (1827-1905), fils d'une esclave brésilienne, curé pendant cinquante-trois ans, béatifié en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, le prêtre Vicente Ballester Far (*1888) ;

Carmélites de la Charité : près de Valencia, María-Josefa del Río Mesa (María-Josefa de Ste Sophie, *1895) et Purificación Ximénez y Ximénez (P. de-Saint-Joseph, *1871) ainsi que la sœur de cette dernière, Sofía Ximénez y Ximénez del Río (*1876), qui les hébergeait ;

- béatifiés en 2013 :

Carmes de l’Ancienne Observance : près de Cordoue, le prêtre Críspulo Moyano Linares (Carmelo María, *1891) ;

Oblats capucins : à Madrid, Norberto Cembranos de la Verdura (*1891) ;

- béatifiés en 2017 :

Lazaristes : à Madrid, les prêtres Maurilio Tobar González, Ponciano Nieto Asensio, José Santos Ortega (*1869, 1875, 1882).

Bse Maria Jablonska (Bernardyna, 1878-1940), polonaise, co-fondatrice avec le b. Albert Chmielowski, des Sœurs Albertines, tertiaires franciscaines Servantes des Pauvres, béatifiée en 1997. 

B Józef Stanek (1916-1944), prêtre pallottin polonais, pendu par les nazis à Varsovie, béatifié en 1999.

S Francesco Forgione (Pio de Pietrelcina, 1887-1968), capucin italien à San Giovanni Rotondo, premier prêtre stigmatisé de l'Eglise, mystique, béatifié en 1999, canonisé en 2002.

Zacharie et Elisabeth
(Ier siècle)

Zacharie et son épouse Élisabeth, parents de Jean le Baptiste, sont des personnages bibliques de transition : ils appartiennent à la fois à l'Ancien et au Nouveau Testament. C'est par l'évangéliste Luc que nous les connaissons. Luc nous a rapporté la vision que le prêtre Zacharie eut dans la partie intérieure du temple appelée « le saint », où il offrait l'encens. Élisabeth était stérile, et un envoyé de Dieu, l'ange Gabriel, apparaît dans ce lieu au prêtre qui officiait, et il lui annonce la naissance d'un fils. Ce sera le futur Précurseur de Jésus-Christ. J'ai été envoyé pour te faire connaître cette bonne nouvelle, dit l’Ange (Lc 1:19). 
A la suite de cette vision, Zacharie était devenu muet, et sourd, semble-t-il. Il le restera jusqu'au moment où l'on circoncira l'enfant. Punition pour n'avoir pas eu assez foi en la parole de l'ange, comme celui-ci le laisse entendre. Mais n'y a-t-il pas aussi, comme il en sera plus tard pour Paul qui devint aveugle sur le chemin de Damas, une sorte de retrait des sens s'effaçant pour que Zacharie puisse plus facilement intérioriser le message reçu d'en Haut ? Lorsqu'il retrouvera l'usage de la parole, ce qui jaillira de son cœur plein, sera le cantique appelé Benedictus, car il bénit Dieu pour son intervention dans la vie de son peuple, où commence à se réaliser le plan du salut pour tous les hommes.
Quant à Élisabeth, son chant d'action de grâce et sa joie, elle les avait exprimés lorsqu'elle était encore enceinte, lors de la visite de Marie, sa cousine. En attendant son enfant, comme la Vierge Marie, comme Zacharie, elle avait médité dans son cœur les merveilles accomplies par le Très-Haut. On nous dit, en effet, qu'elle était restée cachée durant cinq mois (Lc 1:24). N'est-ce pas ainsi que l'on peut interpréter ce retrait?
Que sont devenus ensuite Zacharie et Élisabeth ? Ils disparaissent totalement des textes sacrés. La légende a pris le relais, mais au-delà de ce qu'elle peut nous raconter, c'est encore le récit évangélique qui nous parle le mieux d'eux ; Luc nous dit qu'ils étaient justes devant Dieu, et qu'ils suivaient irréprochablement tous les commandements du Seigneur (Lc 1:6).
Lors de l'Annonciation, Marie avait appris qu’Elisabeth était enceinte. Voici, lui avait dit l'envoyé de Dieu, que ta parente Élisabeth vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle que l'on appelait la stérile (Lc 1:36). Aussitôt Marie se rend en hâte dans la ville où se trouvait la maison de Zacharie et de sa femme, parents du futur Jean-Baptiste.
L’annonciation à Marie est fêtée, comme on sait, le 25 mars, suivie de l’épisode de la visitation de Marie à Elisabeth (31 mai), de la naissance de Jean-Baptiste (24 juin), enfin de la naissance de Jésus à Noël. 
C’est lors de la visitation de Marie, qu’Elisabeth prononce ces mots prophétiques que nous répétons dans notre prière : Tu es bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de ton sein, est béni (Lc 1:42). Cette expression reprend la traduction assez courante qu’on trouve dans nos bibles. Le texte sacré dit en grec et en latin, simplement : ton ventre. Le mot est peut-être un peu rude à nos oreilles, mais il l’est beaucoup moins que les entrailles que nous répétons pourtant à l’envi sans plus y prêter attention…
Par l’évangéliste Matthieu, on connaît l’épisode du massacre des petits enfants de moins de deux ans (Mt 2:16), Hérode cherchant par là à faire périr ce nouveau Roi qui venait le concurrencer. Normalement, Jean-Baptiste aurait dû périr dans ce massacre, mais nous lisons aussi qu’il demeura dans les solitudes jusqu’au jour où il se manifesta devant Israël (Lc 1:80). Ces quelques mots peuvent laisser supposer que les parents eurent le temps de mettre leur enfant en sécurité juste avant le passage des soldats.
Si l’Evangile ne nous apprend rien de plus sur Zacharie et Elisabeth, une tradition veut que Zacharie ait été abattu par ces soldats, parce qu’il ne voulait pas révéler où il avait caché son fils.
On n’a pas souvent donné le nom de Zacharie à des enfants, mais celui d’Elisabeth a été fréquemment repris, et transformé de mille façons : Elisa, Elise, Lisa, Lison, Isabel (en espagnol) et Isabelle, Isabeau, Isabey, Isabet, enfin Babet (ou Babette).
Les saints Zacharie et Elisabeth, autrefois mentionnés le 5 novembre, le sont actuellement au 23 septembre dans le Martyrologe.


Thècle
1er siècle

L’origine des informations qui suivent remontent à un écrit assez célèbre, connu sous le nom de Acta Pauli et Theclæ, cité par Tertullien et saint Jérôme, mais pas très apprécié d’eux. C’est pourquoi on ne parlera de sainte Thècle qu’avec circonspection.
Thècle serait une martyre du temps des Apôtres, appelée avec enthousiasme la femme apostolique, la fille aînée de saint Paul, la protomartyre parmi les femmes, comme saint Étienne fut le protomartyr parmi les hommes. 
Thècle, très versée dans la philosophie, dans les sciences et dans les belles-lettres, fut convertie par saint Paul, à Iconium. Elle voulut rester vierge et fut dénoncée comme chrétienne par Thamyris, le jeune homme qui aspirait à sa main.
Condamnée au feu, dans l'amphithéâtre, à la demande de sa mère, elle vit Notre-Seigneur lui apparaître sous les traits de saint Paul, puis remonter au ciel comme pour lui en tracer le chemin. Pleine alors d'un courage tout nouveau, elle s'arma du signe de la croix et monta, rayonnante de joie et de beauté, sur le bûcher ; bientôt les flammes l'entourèrent de toutes parts, mais sans la toucher, et la foule étonnée aperçut la victime pleine de vie et priant Dieu ; nouveau miracle : un nuage s'abattit sur le bûcher et en éteignit les flammes.
Bientôt Thècle put revoir l'apôtre saint Paul et être confirmée par lui dans la foi. L'ayant suivi à Antioche, elle fut bientôt accusée de nouveau et condamnée aux bêtes. On lâcha contre elle, une lionne furieuse et affamée ; mais celle-ci, loin de dévorer sa victime, vint lui lécher les pieds ; ni la rage de la faim, ni les excitations des bourreaux, ni les clameurs du peuple ne purent réveiller son instinct carnassier. La lionne, dit saint Ambroise, vénéra sa proie et fut pénétrée d'une compassion dont les hommes s'étaient dépouillés.
Peu de jours après, la jeune martyre fut exposée au même supplice ; on lança sur elle des lions et des ours ; aussitôt la lionne qui l'avait épargnée une première fois courut vers elle et lui lécha les pieds. Un ours s'avança, mais la lionne le mit en pièces ; un lion, voulut aussi se précipiter sur la victime ; mais une lutte acharnée se livra entre la lionne et lui, et ils périrent tous les deux. Le préfet fit alors jeter Thècle dans une fosse remplie de serpents. À peine y fut-elle précipitée, qu'un globe de feu consuma tous les reptiles, et la sainte fut délivrée. L'ordre fut donné d'attacher chacun de ses pieds à des taureaux furieux, pour l'écarteler ; les bêtes, excitées par des aiguillons rougis au feu, bondirent en mugissant ; mais les liens de la vierge se brisèrent, et elle resta sans blessure. 
Le préfet étonné, lui demanda l'explication de ces prodiges : Je suis, dit-elle, la servante de Dieu, Maître de l'univers. Thècle, rendue à la liberté, revint dans sa patrie pour y prêcher la foi, et y mourut à l'âge de quatre-vingts ans.
Il reste que sainte Thècle fut extrêmement célèbre dans tout l’Orient, en particulier près de Séleucie, à Meriamlik où une basilique était l’un des plus illustres sanctuaires de l’antiquité, monumentale et splendidement décorée, dont parle saint Basile ou saint Grégoire de Nazianze.
Sa fête était au 23 septembre.


Linus
67-76

Successeur immédiat de saint Pierre à Rome, Linus (Lin) était, selon le Liber Pontificalis, fils d’Herculanus et Claudia, et né à Volterra en Étrurie, l’actuelle Toscane, vers 16 après Jésus-Christ. Ce même Herculanus aurait été un ancien gladiateur, venu de l’île de Bretagne.
Venu à Rome pour ses études, Linus se convertit au christianisme et reçut le sacerdoce trois ans après, des mains de saint Pierre (44). 
C’est peut-être de lui qu’il s’agit quand saint Paul écrit à Timothée : Eubule, Pudens, Linus, Claudia et tous les frères te saluent (2Tm 4:21b).
La Tradition le rend suppléant de saint Pierre lors de ses absences de Rome. Il lui succède donc logiquement après le martyre de saint Pierre, communément établi vers 67 (ou 64-65). 
La sainteté de saint Lin lui a fait attribuer des miracles de délivrance du démon et même des résurrections de morts. Il aurait lui-même relaté la conduite de saint Pierre à l’égard de Simon le magicien.
Toujours d’après la même source, Lin aurait statué que les femmes portassent le voile dans l’église, en conformité avec l’avis de saint Paul (1Co 11:5).
Quels événements importants marquèrent ce pontificat de onze ans, deux mois et vingt-trois jours (même ces indications ne sont pas constantes) ?
Politiquement, cinq empereurs se succèdent à Rome : Néron, Galba, Otho, Vitellius, Vespasien. 
C’est ce dernier qui soumet la Judée révoltée, laissant ensuite à Titus la charge de détruire totalement Jérusalem (70).
Ménandre perpétue l’erreur de Simon le Magicien (simonie, magie, spiritisme) et celle des Ébionites (judéo-chrétiens qui perpétuaient les usages juifs et n’acceptaient pas la filiation divine du Christ par essence ni sa naissance virginale).
Lin aurait aussi ordonné quinze évêques et dix-huit prêtres.
Les Actes de Pierre sont un écrit apocryphe attribué à saint Lin, mais du IIe siècle.
On dit aussi que Lin serait allé évangéliser la ville de Vesuntio, actuelle Besançon, qu’il y aurait été son premier évêque et exercé un apostolat très fécond, au point que les païens le forcèrent à repartir à Rome. En réalité l’évêque saint Lin de Besançon y vécut au IIIe siècle, après l’évangélisation des saints Ferréol et Ferjeux. Il y eut plus tard une confusion et un amalgame entre les deux personnages.
Saint Lin aurait été martyrisé, peut-être décapité par ordre du consulaire Saturnin, en 76 ou 78, et enterré aux côtés de saint Pierre au Vatican.
Dans la prière Communicantes du Canon Romain de la messe, saint Lin est nommé en premier lieu après les apôtres, et juste avant Clet, qu’on a fini par identifier avec Anaclet, son successeur.
Saint Lin est fêté, et en Orient aussi, le 23 septembre.


Sosius de Misenum
† 305

Si la prononciation du s latin est toujours forte, il devrait être inutile d’écrire Sossius, comme dans le Martyrologe. Il existe toutefois une variante, plus sûre : Sossus.
Sosius, donc, était diacre à Misenum (act. Bacoli, Naples, Campanie, Italie CW). Nous l’avons rencontré lors du martyre de saint Ianuarius (Janvier), le 19 septembre.
S’il s’agit bien de lui, et qu’il fut décapité en même temps que son évêque saint Janvier, on ne comprend pas pourquoi il est recensé au 23 septembre.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Sosius de Misenum au 23 septembre.


Constantius d’Ancône
5. siècle

D’après s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Constantius était mansionnaire, c’est-à-dire sacristain de l’église Saint-Etienne à Ancône (Marches, Italie CE).
Il accomplissait son devoir régulièrement, simplement, sans autre but que de plaire à Dieu.
Un jour que l’huile vint à manquer pour les lampes du sanctuaire, Constantius les remplit tout simplement d’eau et alluma les mèches ; l’eau brûla comme l’huile. Malheureusement, on ne nous dit pas combien de temps les lampes restèrent allumées, mais au moins le bon sacristain eut le temps d’aller chercher de l’huile.
Notre saint homme était si discret et vertueux, qu’on parlait de lui alentour. Un paysan voulut vérifier à sa façon si Constantius semblait si remarquable. Il le trouva sur son escabeau, avec son tablier, en train de réparer ou d’astiquer quelque lampe. Le paysan lui lança : Je pensais voir un grand homme, mais ce type n’a rien d’un homme ! Constantius lui rétorqua tout gentiment : Toi, au moins, tu es le seul qui m’ait jugé exactement !
On peut dire en vérité que Constantius fut plus remarquable par son humilité que par ses miracles. L’humilité est la première des vertus : (Jésus-Christ) s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé (Ph 2:8-9).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Constantius d’Ancône au 23 septembre.


Adamnan d’Iona
624-704

Sans doute né à Drumhome (Ulster), vers 624, de Ronan, Adamnan pouvait être apparenté au célèbre s.Columba (v. 9 juin).
Adamnan signifierait petit Adam.
Entré à son tour au monastère d’Iona, il en devint le neuvième abbé en 679.
De par son origine, son rang et son ascendant personnel, Adamnan joua un grand rôle dans la vie ecclésiastique et sociale de son époque.
Vers 686, il fit une démarche auprès du roi de Northumbrie, par ailleurs son élève, et obtint la libération de soixante prisonniers irlandais.
Vers 688, durant une visite à l’abbaye de Jarrow, il se rallia à la position de s.Ceolfrid (v. 25 septembre ?) pour la date de Pâques, que désormais il recommanderait partout où il pourrait. Si son propre monastère d’Iona fut lent à accepter la réforme, il eut plus de succès auprès des Irlandais durant son voyage de 692.
Vers 697, dans un synode tenu à Birr, Adamnan fit approuver une Loi destinée à protéger les faibles, les femmes, les enfants, les ecclésiastiques ; il y est stipulé que les femmes n’auraient pas à assumer d’obligations militaires… 
Un jour à Iona, aborda un navire que les tempêtes avaient balloté et égaré de son chemin ; à bord se trouvait un évêque gaulois qui revenait de Jérusalem. Adamnan le reçut fraternellement et l’on pense que c’est grâce aux souvenirs de cet évêque qu’Adamnan rédigea un Guide pour la Terre Sainte, fort détaillé.
S.Bède (v. 25 mai) le jugeait un homme bon et sage, ayant une connaissance très distinguée de la science des Ecritures.
Adamnan avait une grande vénération pour s.Martin de Tours (v. 11 novembre). Il rédigea aussi une Vita de s.Columba.
Adamnan mourut le 23 septembre 704.
Saint Adamnan d’Iona est commémoré le 23 septembre dans le Martyrologe Romain.


Andrea, Giovanni, Pietro, Antonio de Syracuse
† 883

En 881, la ville de Syracuse (Sicile) fut prise par les Arabes.
Soit que des Chrétiens eussent tenté de résister à l’envahisseur, soit que les Arabes voulussent imposer la terreur par quelque supplice exemplaire, quatre habitants de cette ville furent emmenés en Afrique, où ils furent suppliciés, peu après 881.
Ces quatre saints Martyrs sont commémorés le 23 septembre dans le Martyrologe Romain.

 

Guy de Durnes

† 1157

 

Guy était de la maison de Durnes (Doubs) et fut moine cistercien à Clairvaux, où il connut saint Bernard (v. 20 août).

En 1131, il fut le premier abbé à Cherlieu (Haute-Saône), qu’il fonda avec douze compagnons et qui abrita jusqu’à six-cents moines.

Cette abbaye essaimera à son tour à Acey, Le Gard, Haut-Crêt et Beaulieu. L’abbaye d’Acey est toujours vivante ; celle du Gard fut démolie en 1790, partiellement reconstruite, à nouveau vendue en 1906, transformée en zoo en 1963 et tout récemment revendue et transformée en appartements de luxe ; celle de Haut-Crêt (Suisse) avait totalement disparu et fut redécouverte en 2006 ; celle de Beaulieu enfin, devint paroisse en 1793, et il n’en reste qu’une chapelle.

En accord avec saint Bernard, Guy composa un traité de chant d’église, approuvé par le chapitre général.

Il mourut vers 1157, un 23 septembre.

Le Martyrologe ne mentionne pas le bienheureux Guy.

 

 

Pietro Acotanto

1110-1187

 

Il y a deux «traditions» concernant Pietro Acotanto : dans l’une, c’est un laïc à la piété profonde ; dans l’autre, c’est un moine bénédictin. Des spécialistes affirment qu’en reprenant quelques petits détails, on pourrait les concilier.

La famille de Pietro était vénitienne. Pietro serait né vers 1110, de Filippo et Agnese.

Enfant, Pietro tomba gravement malade et guérit miraculeusement dans l’église de Saint-Jacques de Rialto ; ses parents firent vœu de l’offrir à l’abbaye Saint-Georges pour son éducation.

Son père partit pour la Terre sainte, mais mourut au combat, victime des troupes de l’Islam, vers 1126. 

Pietro l’apprit avant de faire la profession monacale, et jugea de son devoir de revenir auprès de sa mère et de reprendre en main les affaires de son père.

Pour faire plaisir à sa mère, il épousa une certaine Maria : ici les deux «traditions» coïncident en parlant de la générosité des deux époux envers les pauvres.

Mais voici que mourut à son tour la mère de Pietro, qui partit en Terre sainte sur les traces de son père, et se retrouva veuf à son retour, trois ans plus tard.

Il demanda alors pour la deuxième fois son admission chez les moines de Saint-Georges, peut-être même comme simple convers. Mais à la mort de l’abbé, c’est lui qu’on choisit pour lui succéder. 

Le choix était sans doute excellent, devant les mérites réels de Pietro, mais ce dernier refusa si catégoriquement ce choix, qu’on en élit un autre, certain Leonardo, qui connaissait bien la musique et le chant.Quant à Pietro, il se retira en reclus non loin du cloître.

Lui qui avait connu le monde et ses richesses, vivait dans la joie de ne posséder que le Seigneur.

Il eut une réputation de thaumaturge. Il avait pour les pauvres une générosité sans borne et les pauvres prenaient d’assaut sa maison, littéralement ; il sortait aussi de nuit, prenait une barque et rejoignait d’autres pauvres pour ne pas être vu par les voisins. Sa charité se manifesta encore plus lors de l’incendie de 1149 ou de l’inondation de 1164.

Il mourut saintement vers 1187, certains disent en août, d’autres en septembre.

Quand on l’exhuma en 1250, on trouva son corps intact, enveloppé d’un cilice.

Son culte fut reconnu en 1759. Le Martyrologe le mentionne au 23 septembre.

 

 

Elena Duglioli

1472-1520

 

Elena était la fille d’un notaire de Bologne (Italie), Silverio Duglioli, et de Pentesilea Boccaferri.

On a raconté bien des choses étonnantes sur la naissance et la parenté de cette personne.

Quoique préférant la virginité, elle accepta d’épouser à dix-sept ans un certain Benedetto Dall’Olio, avec lequel elle vécut une trentaine d’année dans une parfaite concorde.

Ayant reçu le céleste don du discernement, elle devint la conseillère de tous ceux qui venaient à elle, petits et grands, pauvres et puissants ; deux papes l’interrogèrent.

Elena promut beaucoup d’œuvres de piété ; ces œuvres, ses dons de vie mystique, lui donnèrent une place importante dans l’Eglise de Bologne.

Quelques années après son veuvage, elle s’éteignit saintement le 23 septembre 1520, au jour qu’elle avait elle-même annoncé.

Si le peuple s’empressa un peu vite de canoniser la Santa Beata Lena Dall’Olio, le pape Benoît XIV dans ses écrits lui laissa son titre ; son culte fut confirmé en 1828, et le Martyrologe la mentionne comme Bienheureuse, au 23 septembre.

 

 

 

Cristóbal, Antonio et Juan de Tlaxcala
† 1527 et 1529

Cristóbal naquit vers 1514-1515 à Atlihuetzía (Tlaxcala, Mexique), fils aîné d’Acxotécatl et de la première femme de celui-ci, Tlapaxilotzin. La deuxième épouse fut Xochipapalotzin, avec laquelle Acxotécati eut trois autres garçons.
Quand les premiers Franciscains s’établirent à México, Cristóbal et ses demi-frères y furent envoyés. Mais les parents pensaient seulement à la culture humaine, tandis que le jeune Cristóbal reçut la semence de l’Evangile dans une excellente terre, où elle fructifia au point qu’il demanda la baptême. Les Religieux appelèrent Cristóbal Cristobalito, petit Christophe.
En outre, il voulut amener son père à la foi, car celui-ci, un petit tyran, adorait les idoles et se donnait à l’ivresse. Cristóbal usa de tous les arguments possibles, sans résultat apparent, aussi décida-t-il de «passer aux actes», et se mit à détruire les idoles de la maison, ainsi qu’à jeter l’alcool d’agabe de son père. C’était imprudent, mais c’était innocent de la part du garçon ; le père pouvait le comprendre et chercher à calmer son fils ; peut-être que les Religieux ignoraient cet état de choses ou bien ne purent intervenir à temps pour parler gentiment au papa irrité…
Les serviteurs se fâchèrent aussi et la deuxième femme d’Acxotécati, qui désirait beaucoup que son aîné héritât à la place de Cristóbal, conseilla au père de tuer son aîné. Le père imagina un stratagème, feignit une fête de famille et fit appeler son fils de l’école ; quand Cristóbal fut arrivé, il s’enferma avec lui dans sa chambre.
 Un frère de Cristóbal observa la scène depuis sa fenêtre, c’est lui qui servit de témoin plus tard. 
Le père le frappa, lui cassa les bras, les épaules et les mains, car le petit se protégeait ; fatigué, le père abandonna la «lutte», mais ce fut la marâtre qui intervint pour empêcher le garçon de sortir.
La propre mère du petit martyr voulut intervenir et secourir son fils, mais le père l’en empêcha. Il tira alors son fils vers un tas de bois et y mit le feu. Le pauvre petit garçon ne pouvait plus bouger et allait brûler lentement. Quand on le retira du feu, il respirait encore et priait : il appela encore son père pour lui demander pardon, s’il l’avait offensé. Pour toute réponse, le père l’aurait encore frappé avec son poignard.
Cristóbal agonisa jusqu’au lendemain. Son père le fit dissimuler dans une chambre de la maison, interdisant à quiconque de parler ; il fit emmener la mère de Cristóbal à Quimichucan pour la tuer ; il fut cependant arrêté pour une autre histoire et l’on finit par savoir la vérité. Il fut pendu.
Un an plus tard, quand les Religieux vinrent rechercher le corps pour l’ensevelir, ils le trouvèrent intact.
Cristóbal avait alors douze ou treize ans, en 1527 ; ce premier martyr du Mexique tout récemment découvert et évangélisé, fut béatifié avec Antonio et Juan en 1990, et canonisé avec eux en 2017.
Tous trois sont mentionnés le 23 septembre dans le Martyrologe Romain.

Antonio était fils d’Ytzehecatzin et petit-fils de Xicohténcati, seigneur de Tizatlán (Tlaxcala, México) et devait en hériter. Juan était du même âge et du même pays, mais de famille très humble ; il était comme le serviteur d’Antonio, quoique du même âge. Ils naquirent en 1516-1517.
Ils furent tous deux envoyés à l’école des pères franciscains de Tlaxcala.
Lorsque, deux ans après le martyre de Cristóbal, arrivèrent des pères dominicains, ceux-ci demandèrent aux Franciscains de leur donner quelques élèves, qui auraient été catéchistes et interprètes. Spontanément se présentèrent Antonio, Juan et Diego.
Ils reçurent de justes conseils de prudence, des exhortations à la fidélité au Christ…
A Tepeyacac, tandis que les prêtres commencèrent à prêcher l’évangile, les garçons entreprirent sans tarder de détruire les idoles qu’ils trouvèrent dans les villages proches, à Tecali et Cuahutinchán. A l’une des maisons où entra Antonio, Juan l’attendit à la porte. Les habitants, fâchés, abattirent Juan à coups de gourdins. Antonio sortit et protesta : Vous avez tué un innocent ! C’est moi qui ai pris vos idoles, et il les brisa sous leurs yeux. Alors ils le tuèrent aussi. Diego avait réussi à s’enfuir et put raconter ce qu’il avait vu.
Eux aussi, ont-ils manqué de prudence ? Les Religieux eurent-ils raison de les laisser faire ? L’Eglise a fait son enquête et a considéré qu’Antonio et Juan avaient bien été martyrisés pour leur foi au Christ.
Les corps des jeunes Martyrs furent d’abord jetés dans un ravin ; on vint les récupérer pour les ensevelir dignement.
Antonio et Juan avaient alors eux aussi une douzaine d’années, en 1529. 
Ils furent béatifiés avec Cristóbal en 1990, et canonisés en 2017 ; tous trois sont mentionnés au 23 septembre dans le Martyrologe.
 

William Way

? -1588

 

William naquit près d’Exeter en Devonshire (Angleterre).

Il porta aussi le pseudonyme de May ou aussi de Flower, ce qui fit qu’on l’a confondu avec trois autres Martyrs : Richard Flower ou Lloyd (voir au 30 septembre), William Wiggs ou Way, et William Wyggs.

Notre William se prépara au sacerdoce au Collège anglais de Douai-Reims. Il reçut la tonsure à Reims en 1584, des mains du Cardinal de Guise, les ordres majeurs à Laon en septembre 1586.

C’était un prêtre assidu à l’abstinence et aux austérités.

En décembre de cette même année, il partit pour l’Angleterre.

En juin 1587, il fut fait prisonnier. En septembre 1588, il fut mis en accusation à Newgate, pour le seul fait d’être prêtre. Il refusa d’être jugé par un tribunal civil, aussi on envoya l’évêque (anglican) de Londres pour le juger, mais il refusa de le reconnaître comme une autorité religieuse, de même qu’il refusa d’admettre l’autorité de la Reine sur l’Eglise et fut, pour cela, immédiatement condamné.

Il fut exécuté à Kingston-sur-Tamise le 23 septembre 1588.

William a été béatifié en 1929.

 

 

Emilie Tavernier-Gamelin

1800-1851

 

Emilie Tavernier naquit à Montréal (Canada) le 19 février 1800, dans une famille qui comptera quinze enfants : de cette nombreuse fratrie, neuf mourront en bas âge.

Orpheline de sa mère en 1804, de son père en 1814, elle se chargea de s’occuper de sa tante et de son frère.

En 1823, elle épousa Jean-Baptiste Gamelin, un homme de quarante-sept ans, qui mourra quatre ans plus tard, laissant cette jeune veuve avec trois enfants qui mourront bientôt du choléra.

Emilie s’ouvrit maternellement aux nécessités de ceux qui sont dans la peine et travailla activement dans les œuvres caritatives ; elle s’inscrivit dans la Confrérie de la Sainte-Famille.

Bientôt, elle vendit ses propriétés et ouvrit un refuge pour femmes seules.

En 1832 et 1834, les épidémies de choléra (dont moururent ses enfants) lui donnèrent l’occasion de visiter les malades et d’apporter du réconfort dans les familles éprouvées. Elle ouvrit une nouvelle maison à Montréal.

En 1837, elle visita les prisonniers. Elle attrapa la fièvre typhoïde, mais en guérit rapidement.

En 1840, l’évêque appella les Filles de la Charité de Paris pour soutenir l’œuvre de Madame Gamelin. Emilie ouvrit l’Asile de la Providence.

Les Religieuses françaises tardant à arriver, l’évêque proposa à Madame Gamelin d’être la supérieure d’un nouveau noviciat, pour former des Religieuses selon l’esprit qu’elle avait déjà mis dans ses premières œuvres.

Emilie rencontra Elizabeth Ann Bayley Seton aux Etats-Unis, pour comprendre comment diriger une telle œuvre. Elle fut élue supérieure en 1844.

En peu d’années s’ouvrirent diverses maisons : hospice Saint-Joseph, maison et asile de Longue-Pointe, maison de La Prairie, couvent de L’industrie, bureau de placement et centre de soins pour malades mentaux.

En 1847, Emilie intervint auprès des victimes du typhus, en 1849, de celles du choléra. Même le gouverneur la soutint et l’aida.

En 1851, elle fit un voyage pour visiter les couvents des Etats-Unis. A son retour à Montréal, affaiblie et atteinte par une nouvelle épidémie de choléra, elle mourut le 23 septembre 1851.

Emilie Tavernier-Gamelin a été béatifiée en 2001.

Francisco de Paula Victor

1827-1905

 

Il naquit le 12 avril 1827 à Campanha (Minas Gerais, Brésil), fils d’une esclave nommée Lourença Maria de Jesus, qui le fit baptiser le 20 avril suivant. La patronne de cette maman était bonne, et se donna la peine d’aider Francisco : avec elle, le garçon apprit à lire et à écrire, à jouer du piano, à parler français.

En 1848, lors d’une visite de l’évêque de Mariana à Campanha, Francisco lui exprima son désir d’être prêtre. Sans hésiter, l’évêque le fit admettre au séminaire de Mariana, où cependant l’atmosphère n’était pas toujours vraiment évangélique : certains séminaristes (ou professeurs) considéraient parfois comme un inférieur, ce noir «fils d’esclave», qui plus est de père inconnu.  Mais l’humilité et la douceur de Francisco firent taire les mauvaises langues. Après les années régulières de philosophie et de théologie, en 1851, Francisco fut ordonné prêtre.

Son premier poste, pendant un an, fut sa propre ville natale. Puis, en 1852, il fut nommé curé à Três Pontas où il allait donner le meilleur de lui-même pendant cinquante-trois ans, jusqu’à sa mort.

Il voulut vraiment conduire toute sa paroisse au Christ, et par tous les moyens. Tout le monde l’aimait et recourait à lui, sans pouvoir empêcher non plus certaines critiques, qui ne manquent jamais dans la société humaine, à cause de la jalousie et de l’orgueil des hommes.

Francisco montra vraiment l’exemple des grandes vertus chrétiennes et sacerdotales de foi, d’espérance et surtout de charité envers tous ; ce fut un prêtre courageux et prudent à la fois, obéissant, chaste, humble.

Il ouvrit l’école de la Sainte Famille, d’où sortirent des «têtes», comme le futur évêque de Campanha et son coadjuteur (Mgr Ferrão et Mgr Rabello) et bien d’autres qui s’illustrèrent en divers secteurs de la société.

Francisco mourut à soixante-dix-huit ans, le 23 septembre 1905 à Três Pontas (Minas Gerais). Pendant les jours qui précédèrent les funérailles, tout le monde remarqua un délicat et fort parfum de roses, dont personne ne pouvait expliquer l’origine.

Les miracles suivirent cette lumineuse mort. Un des premiers miracles fut le suivant : quelques années après la mort du père Francisco, un couple de travailleurs vint demander aux prêtres de la paroisse de baptiser leur enfant ; les prêtres prétendaient cependant à une «taxe», que les parents ne pouvaient payer ; aussi allèrent-ils prier à l’église pour présenter à Dieu leur difficulté. Arriva alors un prêtre qui leur proposa de baptiser leur enfant, gratuitement. Après la cérémonie, les heureux parents racontèrent l’événement, sans savoir de quel prêtre il s’agissait ; quand on leur montra la photographie du père Francisco, ils reconnurent leur bienfaiteur.

Le père Francisco de Paula Victor a été béatifié en 2015.

 

 

Maurilio Tobar González
1869-1936

Maurilio naquit et fut baptisé le 14 septembre 1869 à Tardajos (Burgos), en la fête de la Sainte Croix. Ses parents s’appelaient Manuel et Gregoria. On retrouvera son aîné, Saturnino, martyrisé le 23 octobre.

Il étudia à Las Quintanillas avec un prêtre puis au sanctuaire des Miracles (Orense).

Entré en 1885 dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens), il fit la profession en 1887 et reçut toute sa formation à leur maison centrale de Madrid, où il fut ordonné prêtre en 1893.

Après dix années passées au collège d’Alcorisa, il fut envoyé à Cuba : à Santiago comme Supérieur, à Guantánamo comme curé, à La Havane encore un an, puis revint en Espagne en 1919, avec une santé assez délabrée. Il resta quatre années à Madrid, sortant peu et pour prêcher des retraites ; il eut à s’occuper de la province de Valencia pendant dix ans ; enfin, il fut nommé supérieur de la maison madrilène de la rue Lope de Vega, non loin du noviciat des Filles de la Charité.

Ayant dû quitter cette maison par la force, il trouva accueil très fraternel chez sa cousine, Julia, où il put survivre avec le p.Ponciano Nieto et son frère, fr. Saturnino. Ils célébraient la Messe et pouvaient ainsi faire parvenir l’Eucharistie aux Religieuses.

Le 23 septembre 1936, juste à midi de ce jour-là, les révolutionnaires vinrent tambouriner à la porte ; le frère Saturnino étant absent, ils s’emparèrent du p.Maurilio et du p.Ponciano qui était avec lui, ainsi que de Julia, la cousine du p.Maurilio - et disparurent. On ne sait à quel endroit précis furent fusillés les deux prêtres, mais on demeure persuadé qu’ils furent martyrisés avec la cousine l’après-midi même de ce 23 septembre : les deux Prêtres parce qu’ils étaient prêtres, la cousine parce qu’elle les avait hébergés.

Il semble que la date du 29 octobre, parfois indiquée, soit une erreur.

Martyrisé le 23 septembre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Maurilio Tobar González sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 septembre.

 

 

Purificación Ximénez Ximénez

1871-1936

 

Elle vit le jour à Valencia (Espagne) le 3 février 1871, lendemain de la fête de la Purification de Marie, dont elle porta le nom.

Entrée au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) elle prit le nom de Purificación de Saint-Joseph.

Elle œuvra dans différentes maisons de la province et, en 1900, fut une des co-fondatrices de la maison de La Unión (Murcia) ; en 1906, elle fut nommée maîtresse des novices à Vic, en 1911 supérieure à Gandía, et à Tarragona en 1917.

Lors des soulèvements de 1936, le collège dut être évacué et Purificación vint se réfugier chez sa sœur Sofía à Valencia, où vint aussi Josefa del Río Mesa, elle aussi carmélite et nièce de Purificación.

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1936, des révolutionnaires vinrent les arrêter toutes les trois. On en retrouva les cadavres au croisement des routes pour Campanar-Benicalap.

Purificación a été béatifiée en 2001, ainsi que sa cousine.

 

 

Ponciano Nieto Asensio
1875-1936

Ponciano naquit le 9 mars 1875 à Valverde del Campo (Valladolid), d’Eustasio et Felicidad, qui le firent baptiser le 15 mars suivant. 

Il étudia à Medina de Rioseco et entra en 1890 dans la Congrégation des Lazaristes (Vincentiens) ; il fit la profession le 10 mars 1893 (le lendemain de ses dix-huit ans) et fut ordonné prêtre en 1899.

On l’envoya à Alcorisa et Limpias ; puis à Cuba et au Mexique. C’est à lui qu’on doit l’histoire de la Congrégation lazariste au Mexique.

De retour en Espagne (1920), il se fixa à la maison de la rue Lope de Vega (Madrid).

Outre ses occupations sacerdotales, le père Ponciano écrivait beaucoup, car il était très cultivé. Historien de valeur, il savait parler français et pouvait traduire l’hébreu et le grec, l’allemand, l’anglais et l’italien. C’est ainsi qu’il devint directeur des revues L’Immaculée de la Médaille Miraculeuse et Annales de la Congrégation de la Mission et des Filles de la Charité. En 1934 parut son ouvrage important : Histoire des Filles de la Charité.

Ayant dû quitter cette maison par la force, il trouva accueil très fraternel chez la cousine du p.Maurilio Tobar, Julia, où il put survivre avec le p.Maurilio et son frère, Saturnino. Ils célébraient la Messe et pouvaient ainsi faire parvenir l’Eucharistie aux Religieuses.

Le 23 septembre 1936, juste à midi de ce jour-là, les révolutionnaires vinrent tambouriner à la porte ; le frère Saturnino étant absent, ils s’emparèrent du p.Maurilio et du p.Ponciano ainsi que de Julia - et disparurent. On ne sait à quel endroit précis furent fusillés les deux prêtres, mais on demeure persuadé qu’ils furent martyrisés avec la cousine l’après-midi même de ce 23 septembre : les deux Prêtres parce qu’ils étaient prêtres, la cousine parce qu’elle les avait hébergés.

Il semble que la date du 29 octobre, parfois indiquée, soit une erreur.

Martyrisé le 23 septembre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Ponciano Nieto Asensio sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 septembre.

 

 

Sofía Ximénez y Ximénez del Río

1876-1936

 

Elle naquit le 11 octobre 1876 à Valencia (Espagne), d’un père militaire qui, après la mort précoce de sa première épouse, se remaria. 

Cette seconde mère ne voulait pas garder chez elle les enfants du premier lit, de sorte que Sofía et sa sœur s’en furent chez une tante.

Autre douleur : le curateur qui était chargé de gérer les biens des deux filles, détourna de fortes sommes d’argent.

En 1905, Sofía épousa un veuf, mari de sa marraine, qui avait déjà trois enfants petits. A son tour, elle mit au monde quatre enfants. De ces sept enfants, un seul survécut, et frappé de paralysie dès le jeune âge.

Après avoir habité à Barcelone, León, Ségovie et Tolède, le mari mourut en 1927. Sofía vint s’installer à Valencia.

Femme de caractère, courageuse et bonne chrétienne, elle fut active au sein de la paroisse, présidente de l’association de la Vierge Miraculeuse, membre de l’Action Catholique.

Elle assista la première belle-mère de son mari défunt, jusqu’à sa mort.

Quand éclata la guerre civile de 1936, elle accueillit généreusement des Religieuses expulsées, tenta d’obtenir la libération de prisonniers.

Une femme de chambre la dénonça comme chrétienne. On vint l’arrêter, elle et son fils malade, en même temps que sa sœur carmélite, María Purificación, et une autre parente, María Josefa del Río Mesa.

On les fusilla au Picadero de Paterna. Juste avant de mourir, le 23 septembre 1936, on les entendait prier en remerciant Dieu de leur accorder la grâce de donner leur vie par amour pour Lui.

Sofía fut béatifiée en 2001.

 

José Santos Ortega
1882-1936

Né le 18 septembre 1882 à Rabé de las Calzadas (Burgos), José avait deux jeunes frères et deux sœurs ; les trois frères devinrent prêtres vincentiens, les deux sœurs Filles de la Charité : José, Francisco, Saturnino, Rufina et Eustasia. 

José reçut sa première formation justement chez les Filles de la Charité de son pays, puis au collège des Pères Lazaristes (ou Vincentiens) de Tardajos.

Entré à son tour dans la Congrégation des Lazaristes, il fit le noviciat à Madrid (1899), étudia la philosophie à Hortaleza et la théologie à Madrid ; il fut ordonné prêtre en 1908.

Il fut d’abord sous-directeur du noviciat, puis exerça son talent de missionnaire à Badajoz (1914), Tardajos (1917), Oviedo (1927), où il fut économe du séminaire.

En 1931, il dut être hospitalisé en asile psychiatrique à Leganés pour une grave affection cérébrale, dont il put se remettre. Ensuite il fut affecté à la basilique de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue García de Paredes.

Le père José avait un talent pour travailler le bois : il savait se faire menuisier ou fabriquer des chapelets ; bon photographe à l’occasion.

En 1936, devant le danger de la persécution, le p.José se réfugia à Madrid chez une cousine. Cependant, la concierge lui demanda de partir au plus vite, parce que sa présence dérangeait et pouvait même compromettre les voisins. La cousine alors, avec son mari, accompagnèrent le p.José au Comité du quartier, sollicitant la permission de le garder, puisqu’il était de leur famille ; l’autorisation fut refusée, mais le président du Comité feignit de les aider en faisant conduire le Père à une pension, où un jeune milicien allait l’accompagner. Ce dernier était un certain Chicharro que nous allons retrouver par la suite. Le p.José lui donna cinquante pesetas.

Les gens acceptèrent de laisser entrer le Père et, pendant les deux mois où il fut avec eux, finirent par sympathiser avec lui. Le p.José fit le catéchisme aux enfants, leur apprit à lire, pria avec eux, fit de petits travaux de menuiserie ; il sortait peu, soit pour aller manger ailleurs, soit pour aller se confesser à un autre Père. 

Le fameux Chicharro revint le voir une fois - pour lui demander encore cinquante pesetas. Il revint encore le 23 septembre vers midi, mais cette fois c’était pour l’emmener : une voiture les attendait dans la rue. Le p.José se montrait naïvement très heureux de le revoir, tandis que l’autre lui dit qu’il fallait seulement aller signer une déclaration.

Ils se dirigèrent vers Hortaleza, en face du bâtiment des Ballesteros où ils descendirent. La voiture alla se garer un peu plus loin, on fit faire quelques pas au p.José, et il reçut une décharge.

Pour une fois, l’histoire ne s’arrête pas à la mort du Martyr. Au printemps de 1940, on appela vers vingt-deux heures deux Pères vincentiens à leur maison de Madrid, pour aller assister un condamné à mort. C’était le fameux Chicharro, qui se confessa et communia avant de mourir. En quittant la prison, il embrassa le prêtre qui était venu l’assister à cette heure ultime.

Martyrisé le 23 septembre 1936 et béatifié en 2017, José Santos Ortega sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 23 septembre.

 

 

Vicente Ballester Far

1888-1936

 

Il était né le 4 février 1888 à Benidoleig (Alicante, Espagne).

Il fréquenta le séminaire de Valencia. Extrêmement doué, il mérita une bourse spéciale.

Ordonné prêtre an 1913, il fut envoyé à Jávea (en catalan : Xábia), d’abord comme aumônier de la mer, puis des Augustines Déchaussées.

Les pêcheurs l’estimaient tellement qu’ils envoyèrent une pétition à l’archevêque pour annuller le déplacement du prêtre !

Prêtre soucieux du salut des âmes, il était très attaché à l’Eucharistie. Il vivait très pauvrement, était large en aumônes et payait de sa poche les prix de catéchisme que méritaient les enfants.

Les vendredis de carême, il ne mangeait qu’un morceau de paix avec de l’huile. Il se flagellait jusqu’au sang et portait un cilice.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, il resta à Jávea jusqu’au 2 août, puis gagna son pays natal, jusqu’au 23 septembre.

Ce jour-là, le comité de Jávea fit semblant de le convoquer pour quelques explications. Le comité de Benidoleig le laissa partir ; mais en réalité, on voulait l’assassiner durant le trajet.

Don Vicente fut assassiné entre Teulada et Benisa. Durant sa douloureuse agonie, après avoir reçu des balles dans le ventre, il priait pour ses bourreaux, et particulièrement pour celui qui lui donnerait le coup de grâce, qu’il aurait reçu le 24 septembre 1936 selon certains (mais le 23 d’après le Martyrologe).

On le retrouva avec le chapelet entre ses doigts.

Puis, on remarqua qu’un rosier s’était développé à l’endroit même où son sang s’était répandu, signe qu’on interpréta comme la confirmation de la sainteté du prêtre.

Don Vicente fut béatifié en 2001.

Norberto Cembranos de la Verdura

1891-1936

 

Norberto vit le jour le 6 juin 1891 à Villalquite (León, Espagne), le jour de la fête de saint Norbert.

Ce fut un laïc oblat de l’Ordre des Capucins, bon et fidèle serviteur à El Pardo (Madrid).

Lors des hostilités de 1936, les Religieux se croyaient suffisamment en sécurité, sur la parole du colonel. Mais le 20 juillet, ils entendirent le canon qui détruisait El Cuartel de la Montaña, puis virent les flammes qui envahissaient Madrid.

Le 21 juillet, des centaines de miliciens attaquèrent le couvent et tirèrent par toutes les fenêtres, au moment du déjeuner ; il y avait jusqu’à deux cents personnes présentes dans le couvent.

Ce fut ensuite un long calvaire pour les Religieux.

Les miliciens voulaient les pendre aux arbres voisins ; ils en furent empêchés.

Norberto put un moment se réfugier dans une auberge, mais il fut arrêté.

Il reçut la palme du martyre à Madrid le 23 septembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Críspulo Moyano Linares

1891-1936

 

Críspulo était né le 10 juin 1891 à Villaralto (Cordoue).

Entré chez les Carmes de l’Ancienne Observance, il prit le nom de Carmelo María et fut ordonné prêtre.

Il se trouvait au couvent de Hinojosa del Duque (Cordoue), quand il fut arrêté, torturé, et finalement assassiné le 23 septembre 1936.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

María Josefa del Río y Mesa

1895-1936

 

Elle vit le jour à Tarragona (Espagne) le 30 avril 1895.

Sa mère mourut en 1901 et son père épousa alors Sofía Ximénez Ximénez, sœur de Purificación, elle aussi de la congrégation des Carmélites de la Charité.

María Josefa fréquenta les collèges de Barcelone et León, en fonction des nominations de son père.

Entrée en 1917 au noviciat des Carmélites de la Charité à Vic (Barcelone) elle prit le nom de María Josefa de Sainte Sophie.

Elle œuvra dans les maisons de Tarrasa puis Barcelone, où le collège dut être évacué en juillet 1936.

María vint se réfugier avec sa tante Purificación chez sa (deuxième) mère, Sofía, à Valencia.

Dans la nuit du 22 au 23 septembre 1936, des révolutionnaires vinrent les arrêter toutes les trois. On en retrouva les cadavres au croisement des routes pour Campanar-Benicalap.

Josefa a été béatifiée en 2001, ainsi que sa tante.

Maria Jabłońska

1878-1940

 

Elle naquit le 5 août 1878 à Pizunach (Narol, Pologne) de Grzegorz et Maria, d’humbles paysans qui eurent quatre enfants.

A dix huit ans, elle entra dans la congrégation fondée par Albert Chmielowski (voir au 25 décembre) et prit le nom de Bernardyna.

C’est ainsi qu’elle fut au contact de la grande misère qui sévissait à cette époque en Pologne. Elle s’occupa particulièrement des femmes sans abri à Cracovie, qu’elle reçut amoureusement et pour lesquelles elle travailla à la cuisine.

Elle n’avait que vingt-quatre ans quand le Fondateur la nomma supérieure générale des Religieuses, les Sœurs du Tiers-Ordre de Saint-François, qu’on appelait désormais les Sœurs Albertines.

Considérée comme co-fondatrice de cette congrégation, Mère Bernardyna mourut à Cracovie le 23 septembre 1940, répétant aux Sœurs : Faites du bien à tous.

Elle fut béatifiée en 1997.

 

 

Józef Stanek

1916-1944

 

Józef était le fils de et naquit à Łapsze Niżne (Małopolskie, Pologne) le 4 ou le 6 décembre 1916.

Après ses études au Collegium Marianum de Wadowice, tenu par les Pères Pallottins, il commença le noviciat de cette congrégation à Suchary en 1935, et poursuivit ses études au séminaire de Ołtarzew. Quand il fut de retour à Suchary, le séminaire dut être évacué devant l’avance soviétique.

L’abbé Józef aurait aussi été quelque temps prisonnier des Soviétiques et aurait réussi à s’échapper.

Il repassa donc à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1941, poursuivant clandestinement des études de sociologie à Varsovie.

Son activité clandestine se doubla d’une assistance sacerdotale dans l’armée secrète polonaise, sour le pseudonyme de Rudy. Lors du soulèvement de Varsovie (été 1944), il se dépensa au profit des blessés et des mourants. Ayant refusé de passer la Vistule, pour demeurer au milieu des insurgés, il fut arrêté par les Allemands.

Après de longues séances de torture, il fut exécuté par pendaison le 23 septembre 1944 à Varsovie.

Il fut un des cent-huit Martyrs polonais du régime nazi, béatifiés en 1999.

 

 

Francesco Forgione, Pio da Pietrelcina

1885-1968

 

1885 - Le 25 mai, Francesco Forgione naît à Pietrelcina, (Benevento, Italie sud), huitième enfant d'Orazio Forgione et Maria Giuseppa Da Nunzio. De condition très modeste, le père de famille s'exile à deux reprises en Amérique afin de subvenir aux besoins du foyer et notamment pour payer la scolarité de Francesco. 

L’enfance de Francesco est calme. Il reçoit déjà des apparitions du Christ, dès l’âge de cinq ans. Il ne va pas jouer avec les autres garçons de son âge qui blasphèment.

1903 - À 15 ans et demi, Francesco se présente au couvent des Frères Mineurs Capucins de Morcone. Novice, il reçoit le nom de Pio. Malgré l'austérité de la vie du couvent, il persévère. L'année suivante, le 22 janvier 1904, il prononce ses premiers vœux. Fra Pio commence alors ses études de philosophie. Ses confrères remarquent sa vie spirituelle hors du commun, ainsi que les vexations diaboliques auxquelles il est affronté. Durant cette période, Fra Pio se met sous la direction de deux maîtres exceptionnels, les pères Benedetto et Agostino. À cause d'une très mauvaise santé, Fra Pio changera fréquemment de couvents, il résidera souvent en famille pour changer d'air. 

1910 - Le 10 août, en la cathédrale de Benevento, Fra Pio reçoit l'ordination sacerdotale. Dès 1911 il signale à son confesseur des signes rouges et des douleurs vives aux mains et aux pieds. Les années suivantes, sa santé toujours chancelante l'oblige à rester en famille. Cette période correspond à une maturation spirituelle extraordinaire. En passant par des épreuves et des consolations, il se laisse guider par la volonté de Dieu en vue de sa mission future. En 1916, les supérieurs envoient le Padre Pio au couvent de San Giovanni Rotondo. 

En 1917-1918, il sert dans le corps médical. Lui-même raconta plus tard qu’il s’était mystérieusement montré au général Cadorna (vaincu à Caporetto et qui voulait se suicider) ; or les gardes jurèrent qu’ils n’avaient vu passer personne ; le général reconnut plus tard sur un journal la photographie du Père Pio, qui l’avait ainsi empêché de se suicider.

1918 - Le 20 septembre, dans le chœur du couvent, il reçoit les stigmates visibles et permanents. Malgré tous ses efforts pour cacher ces plaies, la nouvelle se répand. Sa vie bascule dans l'insolite. Les douleurs de ces plaies qui saignent, les examens médicaux, les foules et enfin les mesures du Saint Office l'atteignent de plein fouet. Face à toutes ces épreuves, Padre Pio reste humble et obéissant. 

Lors d’un examen (parmi tant d’autres) de ses stigmates, on lui suggéra que, peut-être, à force de s’unir à la Passion du Christ, il en avait conçu lui-même les plaies dont il souffrait. A cela, le Père Pio répondit gentiment : Et croyez-vous que, si je pense intensément à une vache, il va me pousser des cornes ?

En 1923 l'autorité ecclésiastique décide de son transfert, c’est la foule qui s'y oppose. 

De 1931 à 1933 il est séquestré dans son couvent, isolé du reste du monde. Enfin le Père Pio peut à nouveau célébrer publiquement et entendre les confessions.

1940 - Padre Pio lance l'idée de la Casa Sollievo della Sofferenza (Maison du Soulagement de la Souffrance) ; elle sera inaugurée en 1956. C’est un établissement doté des installations les plus modernes. 

Dans la foulée, les Groupes de Prière se développent, des foules de pénitents et de pèlerins viennent à la rencontre du Padre Pio. La fécondité de son ministère prend une dimension mondiale. 

On dit qu’en 1947, le Père Pio aurait prédit au jeune abbé Karol Wojtyla sa future élection au siège de Pierre et son attentat sur la place Saint-Pierre. Mais ces révélations arrivent toujours après les faits… Par contre, en 1962, le même Karol Wojtyla, devenu évêque, demanda par écrit au Père Pio des prières pour une mère de quatre enfants atteinte de cancer, Wanda Poltawska, qui se trouva guérie quatre jours plus tard. 

1968 - Du 20 au 22 septembre, les Groupes de Prière venus de partout célèbrent les cinquante ans des stigmates du Padre Pio. Le 23 au matin, après avoir reçu l'onction des malades, le Padre meurt dans son humble cellule de capucin. Le 26, des dizaines de milliers de personnes viennent assister à ses obsèques. En quelque sorte déjà “glorifié”, le Père Pio ne porte plus de trace des stigmates.

Des miracles nombreux de guérisons et de conversions ont été scrupuleusement examinés et confirmés.

Père Pio a été béatifié en 1999, et canonisé en 2002. Il est inscrit le 23 septembre au Martyrologe.

 

Frère Narsi Decoste in Le Padre Pio, décrit ainsi la messe du Padre Pio :

 

Dès deux ou trois heures du matin, les lourds autobus déchargeaient devant le couvent leurs occupants, surpris de voir déjà la place de l'église noire de monde. On attendait patiemment l'ouverture des portes pour entrer ; en attendant, on récitait le chapelet. Pour l'incroyant qui venait simplement en curieux, la messe du Père Pio était peut-être une cérémonie comme toutes les autres ; mais, pour le croyant, elle était d'une valeur infinie par la présence réelle du Seigneur que le célébrant appelle infailliblement sur l'autel par les paroles consécratoires. La messe a toujours et partout la même valeur, là où elle est célébrée validement : pourquoi vouloir assister à celle du Père Pio ? Indubitablement parce que ce capucin rendait tangible la mystérieuse et pourtant réelle présence. On comprend, dès lors, que rien ne peut être ajouté à sa grandeur, à sa valeur, à sa signification, qui est uniquement limitée par l'impénétrable volonté de Dieu. 

Lorsque le Père Pio célébrait la messe, il donnait l'impression d'une si intime, si intense, si complète union avec Celui qui s'offrait au Père Éternel, en victime d'expiation pour les péchés des hommes. Dès qu'il était au pied de l'autel, le visage du célébrant se transfigurait. Il ne s'y trouvait pas seulement comme prêtre pour l'Offrande, mais comme l'homme de Dieu pour témoigner de son existence, comme prêtre qui portait lui-même les cinq plaies sanglantes de la crucifixion sur le corps. 

Le Père Pio possédait le don de faire prier les autres. On vivait la messe. On était fasciné. Je puis dire, qu'à San Giovanni seulement, j'ai compris le divin Sacrifice. Cette messe durait longtemps ; cependant, à la suivre dans sa longue célébration, on perdait toute notion de temps et de lieu. La première fois que j'y assistai, j'ai regretté qu'elle touchât à sa fin. Avec stupeur, je me rendis compte qu'elle avait duré plus de deux heures ! 

Toute la vie du Père Pio était centrée sur le saint Sacrifice de la messe qui, disait-il, jour par jour, sauve le monde de sa perdition. Brunatto, qui assistait généralement le Père et eut le bonheur de le servir, témoigne que, pendant les années de son isolement, la célébration durait jusqu'à sept heures. Plus tard, elle fut limitée par l'obéissance et durait environ une heure. Oui, vraiment, cette messe du Père Pio était un événement inoubliable et on avait raison de vouloir y assister au moins une seule fois. 

Lorsqu'il quittait la sacristie, le Père était généralement soutenu par deux confrères, car ses pieds transpercés le faisaient atrocement souffrir. D'un pas lourd, traînant, incertain, chancelant, il s'avançait vers l'autel. Ce stigmatisé passait encore toute la nuit en prière ; ce qui fut vrai tout un demi-siècle. On l'aurait cru écrasé sous le poids des péchés du monde. Il offrait toutes les intentions, les demandes, les supplications, qui lui avaient été confiées par écrit ou oralement, de l'univers entier. Il portait, en outre, toutes les afflictions, les souffrances, les angoisses pour lesquelles on venait à lui et dont il s'était chargé. C'est pourquoi l'Offrande de cette messe était si longue et si impressionnante. Il faisait tout pour détourner l'attention de lui. Il évitait tout ce qui pouvait être spectaculaire dans son maintien, son expression, ses gestes, dans sa manière de prier et de se taire ; et pourtant, son maintien, sa façon de prier, son silence, et surtout les longues pauses, dans toute leur simplicité, étaient vraiment dramatiques. Lorsque, dans le silence recueilli d'une foule intimement unie à lui, le Père Pio prenait la patène dans ses mains sanglantes et l'offrait au Père Tout-Puissant, elle pesait lourd de cet énorme amas de bonnes œuvres, de souffrances et de bonnes intentions. Ce pain qui allait tantôt prendre vie, changé en Celui qui, seul, réellement, était capable de payer complètement la rançon des péchés des hommes. 

Ce n'était pas seulement les principales parties de la messe qui étaient remarquables, dans cette célébration. Le Père Pio célébrait toute la messe avec la même attention soutenue, visiblement conscient de la profonde signification de chaque mot, de chaque geste liturgique. Ce qui se passait entre Dieu et lui demeurait un mystère, mais on pouvait en deviner quelque chose dans certains silences, dans certaines pauses plus longues ; les traits de son visage trahissaient parfois son intense participation au Drame qu'il vivait. Les yeux fermés, il était souvent en conversation avec Dieu, ou transporté en extase dans la contemplation. Seul, un ange serait capable de décrire dignement cette messe. Les plaies permanentes de son corps n'étaient que les signes visibles du martyre intérieur qu'il subissait avec le « divin Crucifié ». C'est pourquoi, l'attention de l'assemblée était fixée sur le point culminant du Saint Sacrifice : la Consécration. 

En effet, ici, il s'arrêtait un instant comme pour se concentrer. Une lutte semblait s'engager entre lui, qui tenait dans ses mains l'hostie immaculée et, Dieu sait quelle force obscure et invisible qui, sur ses lèvres, retenait les paroles consécratoires chargées de force créatrice. Certains jours, la messe était pour lui, à partir du Sanctus, un vrai martyre. La sueur couvrait son visage et les larmes coulaient le long de ses joues. C'était vraiment l'homme des douleurs aux prises avec l'agonie. Involontairement, je pensais au Christ au Jardin des Oliviers. On voyait clairement, qu'en proférant les paroles de la Consécration, il subissait un réel martyre. À chaque mot, un choc semblait parcourir ses membres. Serait-il possible, comme certains le pensent, qu'il souffrait alors plus intensément la Passion du Christ et que les spasmes pénibles, qu'il réprimait autant que possible, l'empêchaient un moment de poursuivre ? Ou devons-nous interpréter à la lettre les paroles du Père disant que le démon s'aventure parfois jusqu'à l'autel ? Dans son attitude si impressionnante, on assistait donc à une lutte réelle contre Satan, qui, à ce moment, redoublait ses efforts pour le tourmenter. Les deux suppositions sont acceptables. Souvent, lorsqu'il quittait l'autel, après la messe, certaines expressions involontaires et révélatrices lui échappaient. Comme se parlant à lui-même, il disait par exemple: Je me sens brûler... et aussi : Jésus m'a dit... 

Quant à moi, j'ai été, comme tous ceux qui ont eu le bonheur de participer à cette messe, vivement impressionné par cette émouvante célébration. Un jour, nous posions au Père, la question : Père, qu'est votre messe pour vous ? Le Père répondit : Une union complète entre Jésus et moi. La messe du Padre Pio était vraiment cela : le Sacrifice du Golgotha, le Sacrifice de l'Église, le Sacrifice de la dernière Cène et aussi notre Sacrifice.

Et, encore : 

Sommes-nous seuls à être rangés autour de l'autel pendant la messe ? 

- Autour de l'autel, il y a les Anges de Dieu. 

Père, qui se trouve autour de l'autel ? 

- Toute la Cour céleste. 

Père, la Madone est-elle aussi présente pendant la messe ?

- Une mère peut-elle rester indifférente à son Fils ? 

Et dans une lettre que le Père écrivit, en mai 1912, nous apprenons que la Sainte Vierge l'accompagnait à l'autel. La Mère de Dieu et notre Mère n'a évidemment pas d'autre souci que celui de son Fils Jésus qui devenait visible, à nos yeux, dans la chair du Padre Pio, blessé par amour pour Dieu et ses frères. 

Père, comment devons-nous assister à la messe ? 

- Comme la Sainte Vierge et les saintes femmes, avec amour et compassion. Comme saint Jean assistait à l'Offrande Eucharistique et au Sacrifice sanglant de la Croix. 

Un jour que la foule des pèlerins était particulièrement dense dans l'église de San Giovanni, le Père me dit après la messe : Je me suis souvenu de vous à l'autel ! Je lui demandai : Père, avez-vous à l'esprit toutes les âmes qui assistent à votre messe ? Il répondit : À l'autel, je vois tous mes enfants comme dans un miroir !

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