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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 23:00

24 SEPTEMBRE

 

III.

S Anatolius, successeur immédiat de s. Barnabé (?) sur le siège de Milan.

?

SS Andochius, Thyrsus et Felix, martyrs à Autun. 

V.

S Rusticus, évêque à Clermont.

VI.

S Loup, évêque à Lyon après avoir été anachorète. 

Ste Ama, vierge à Joinville.

VIII.

S Brithun, abbé à Beverley.

XI.

S Gerardo Sagredo, bénédictin vénitien, évêque à Csanàd, grand promoteur du culte marial et de la liturgie, martyr.

S Isarn, abbé à Saint-Victor de Marseille.

XIV.

B Dalmacio Moner, dominicain espagnol, d'une extrême austérité, invoqué contre les maux de dents.

XVI.

Bx William Spenser, prêtre, et Robert Hardesty (qui l'avait hébergé), martyrs anglais, tous deux pendus.

XVII.

S Antonio González, dominicain espagnol martyr au Japon, béatifié en 1981 et canonisé en 1987, fêté avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XVIII.

S Carlo Antonio Divini (Pacifico de San Severino), franciscain, troubadour et prédicateur dans les Marches ; ses larmes le rendirent aveugle ; il sut miraculeusement la victoire contre les Turcs à Belgrade en 1717.

XIX.

B Anton Martin Slomšek, évêque slovène à Maribor, béatifié en 1999.

XX.

Bse Joanna Matylda Gabriel Rawski (Kolumba, 1858-1926), polonaise née en Ukraine, abbesse bénédictine à Leopoli, fondatrice à Rome des Bénédictines de la Charité, béatifiée en 1993.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près de Valencia, José María Ferrándiz Hernández et Pascual Ferrer Botella (*1879, 1894) ;

Dominicains : près de Tarragona, le prêtre Josep María Vidal Segú (*1912) (le 26 septembre au Martyrologe) ;

Laïcs : près de Valencia José Ramón Ferragud Girbés (*1887), père de famille de huit enfants, et Encarnación Gil Valls (*1888), vierge ;

- béatifiés en 2007 :

Trinitaires : à Cuenca, les prêtres Luis de Erdoiza Zamalloa (L. de St.Michel-des-Saints), Melchor Rodríguez Villastrigo (M. de l'Esprit-Saint) et Santiago Arriaga Arrien (S. de Jesús) (*1891, 1899, 1903) ; le profès Juan Francisco Joya Corralero (J. de la Vierge-du-Castellar, *1898) ;

Salésiens : à Málaga, les prêtres Manuel Gómez Contioso et Antonio Pancorbo López (*1877, 1896) ; les coadjuteurs Esteban García y García et Ráfael Rodríguez Mesa (*1901, 1913) ;

Carmes Déchaux : à Barcelone, le prêtre Alfons Arimany Ferrer (A. du Cœur de Marie, *1905) ;

- béatifiés en 2013 :

Fr. Maristes : à Málaga, Perfecto Becerril Merino (Guzmán) et Celedonio Martínez Infante (Fernando María) (*1885, 1895) ;

- béatifié en 2017 :

Clarétains : près de Lleida, le convers Ramón Roca Buscallà (*1888).

    

Anatolius de Milan
3. siècle

Il existe en italien un grand nombre de variantes au nom d’Anatolius : Anatalone, Anatelon, Anatalo, Anatolo, Anatalofle… 
D’après les spécialistes, il ne semble pas possible qu’Anatolius eût été un disciple de s.Barnabé (v. 11 juin), encore moins de l’apôtre s.Pierre. Quelque auteur ancien a en effet écrit que s.Pierre aurait lui-même consacré Anatolius et l’aurait envoyé comme premier évêque à Milan.
Disciple de l’un ou de l’autre, Anatolius aurait échappé à la persécution de Néron en vivant dans la clandestinité.
En réalité, Anatolius aurait plutôt été évêque de Milan à la fin du deuxième siècle et serait mort au début du troisième. Il reste le premier évêque «officiel» de ce siège.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Anatolius de Milan au 24 septembre.


Andochius, Thyrsus et Felix d’Autun
3. siècle

Beaucoup de doutes subsistent à propos de ces trois Martyrs.
Andochius, Benignus et Thyrsus seraient arrivés en Gaule sur révélation de s.Irénée et de s.Polycarpe (v. 28 juin et 23 février). Andochius était prêtre, Thyrsus diacre.
Leurs étapes furent Marseille, Lyon, Autun ; à Autun, le noble Faustus les reçut avec joie et leur fit baptiser son petit garçon Symphorianus, de trois ans.
Andoche poursuivit sa route à Langres avec Benignus, qui disparaît alors du récit.
A Saulieu, Andoche et Thyrsus furent reçus par un Chrétien d’origine orientale, nommé Felix. C’est à Saulieu qu’on dénonça à l’empereur Aurelianus (?) Andoche et Thyrsus ; Felix demanda à les suivre.
Devant cet empereur non identifié, les trois hommes furent suspendus par les bras, eurent les pieds chargés de pierres, mais se retrouvèrent sains et saufs le lendemain ; une pluie miraculeuse éteignit le feu où on les jeta pieds et poings liés. On leur brisa le cou avec des barres de fer.
Ce pouvait être vers la fin du 3e sècle.
Après ce martyre, réapparut Faustus avec Symphorianus qui avait désormais quinze ans, pour recueillir et ensevelir les trois corps.
Les difficultés de ce récit sont : la «disparition» de Benignus ; le «successeur» de Septime-Sévère († 211) qui ne s’appelait pas Aurelianus, mais Aurelius Caracalla, tandis qu’Aurelianus ne régna qu’en 270.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Andochius, Thyrsus et Felix d’Autun au 24 septembre.


Rusticus d’Auvergne
5. siècle

Après la mort de l’évêque Venerandus, on ne s’accordait pas pour lui désigner un successeur.
Une mystérieuse femme se présenta alors, racontant qu’elle avait vu en rêve un prêtre ; arriva alors le prêtre Rusticus, qu’elle reconnut et qui fut appelé à succéder à Venerandus. 
Rusticus apparaît donc comme le huitième évêque d’Auvergne, sans siège précis, la cathédrale de Clermont ne devant être construite que sous son successeur.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus d’Auvergne au 24 septembre.


Loup de Lyon
6e siècle

De l’évêque Loup (Lupus) on a avancé qu’il avait été précédemment anachorète.
Il fut le vingt-cinquième évêque à occuper le siège de Lyon, après s.Viventiolus (v. 12 juillet) qui mourut en 523. On en peut déduire que Loup naquit au plus tard à la fin du 5e siècle.
Un document de 528 environ parle de lui comme d’un moine illustre.
En 538, Loup présida le troisième concile d’Orléans : on y rappela l’importance du Jour du Seigneur (le dimanche) et l’interdiction de travailler aux champs ce jour-là ; il y fut fait interdiction aux clercs de pratiquer l’usure, aux prêtres de critiquer leur évêque.
C’est actuellement l’unique fait connu de la vie de ce saint Loup, dont on ignore la date précise de la mort, puisque nous ne savons pas non plus quand son successeur monta sur le siège épiscopal (peut-être vers 545 ?).
Saint Loup de Lyon est commémoré le 24 septembre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo Sagredo
980-1046

Gerardo était né à Venise (Italie NE) le 23 avril 980, en la fête de saint Georges, auquel il resta très attaché.
Il entra dès qu’il le put dans l’ordre bénédictin à Venise : le monastère était dédié à saint Georges et il en devint prieur.   
Voulant faire le pèlerinage en Terre sainte, il passsa par la Hongrie, où cependant le roi Etienne le retint (v. 15 août, István Király de Hongrie) : il lui fallait un précepteur pour son fils Emeric. Gerardo s’acquitta au mieux de sa mission ; il pensait ensuite se retirer dans forêt de Bakony pour une vie de solitude et de prière, mais fut nommé évêque de Csanàd.
Il commença par bâtir une église en l’honneur de saint Georges, que le roi dota. 
Il se montra zélé pour le culte marial.
Vraiment humble, il allait chercher son bois, qu’il rapportait sur son dos.
Gerardo a laissé un ouvrage sur le Cantique des trois jeunes gens (cf. Dn 3:57sq), qui devait être une véritable encyclopédie philosophique, historique, théologique, mais dont les huit livres ne commentent que les huit premiers versets. On sait qu’il écrivit aussi d’autres ouvrages, maintenant perdus.
L’évêque savait sa mortifier, s’humilier. Il portait le cilice ; il demandait pardon à son cocher s’il l’avait brimé trop sévèrement.
Quand le roi mourut, son neveu Pierre devait lui succéder mais fut écarté par un usurpateur. Gerard soutint ouvertement Pierre et, pour cela, fut lapidé à Buda, puis percé d’une lance et jeté dans le Danube, sur l’ordre de l’usurpateur, le 24 septembre 1046.
Il y a différentes versions concernant ce martyre. On aurait tiré Gerardo sur une colline, jeté en bas et achevé à coups de bâtons. On lui aurait associé deux autres évêques, Bystrik et Buldus.
Gerardo, en Hongrie, s’appelle Gellért.
Saint Gérard a été canonisé en même temps qu’Etienne de Hongrie, en 1083.


Isarn de Marseille
977-1047

Isarn était toulousain.
Après sa formation auprès des chanoines de Pamiers, il entra au monastère Saint-Victor de Marseille.
S’étant décidément engagé dans la voie de la sainteté, il fut bientôt choisi pour être prieur et, quand on eut besoin d’élire un abbé, le choix unanime se porta sur Isarnus, en 1020.
Le nouvel abbé demeura ce qu’il était déjà : humble et mortifié. Servait-on du poisson de bonne qualité ? Il éliminait longuement la tête et les arêtes, et finalement sa portion intacte et nettoyée allait aux mendiants.
Il ne se déshabillait jamais pour dormir ; après un bref somme au début de la nuit, il allait furtivement prier à la crypte des martyrs. Parfois on l’y trouvait à l’heure des matines, raidi par le froid ; il fallait l’emporter.
Il portait directement sur lui un cilice, qu’il ne quittait jamais. 
L’abbé de Cluny, s.Odilon (v. 1er janvier), l’estimait beaucoup, trouvant qu’il excellait en chacune des vertus. Taquin, il le traitait même d’hypocrite, tant il lui semblait un surhomme. Tous les deux, Odilon et Isarn, préconisèrent la Trève de Dieu, aux synodes d’Arles et de Nice (1040).
Du vivant d’Isarn, des signes merveilleux s’opérèrent par sa prière et sa sainteté : du vin abondant alors qu’on manquait, de l’eau fraîche qui guérit la fièvre, des morts qui se manifestent à Isarn pour lui demander des prières en suffrage pour eux ; même le cheval d’Ysarn savait contourner un arbre dont les branches basses auraient pu déranger le cavalier…
Isarn était actif aussi. L’abbaye Saint-Victor de Marseille fut entièrement reconstruite, elle prit de l’essor et essaima : à Vienne en Gaule, ainsi qu’en Catalogne.
Ultime marque de charité : Isarn se rendit en Espagne pour racheter aux Arabes des religieux raflés dans leurs razzias.
Il mourut à Saint-Victor, le 24 septembre 1047.
Saint Isarn de Marseille est commémoré le 24 septembre dans le Martyrologe Romain.


 

Dalmacio Moner

1291-1341

 

Dalmacio (Dalmau en catalan) vit le jour en 1291 à Santa Coloma de Farners (Girone, Espagne) de parents aisés, propriétaires de terres. Il n’était pas fils unique ; il avait au moins deux sœurs.

Il entra chez les Dominicains de Girona, à quinze ou seize ans.

En 1311, il enseigna la logique à Tarragone, étudia la philosophie scholastique et fut ordonné prêtre à Valence.

En 1317, il fut assigné à la fondation de Castillon de Ampurias et semble avoir séjourné à Montpellier entre 1319 et 1321 (à moins que ce séjour ait eu lieu avant même son entrée dans l’ordre). C’est peut-être à cette époque qu’il fit le pèlerinage à pied à La Sainte Baume, auprès de la grotte de sainte Madeleine (v. 22 juillet)

En 1321, il fut lecteur (professeur) à La Seo de Urgel, puis passa à Manrese en 1324. En 1328, à Cervera ; à Balaguer en 1329, avant de revenir à Girona en 1331.

Jeune homme, il était déjà jaloux de la sainte vertu : il le resta toute sa vie.

Il se mortifiait abondamment, évitait les conversations, les rencontres, parlant aux dames sans les regarder (et seulement s’il y était obligé). Mêmes ses sœurs ne purent venir le voir quand il fut malade. Il mangeait froid, baptisait amplement son vin, se privait de boire même en plein juillet, se lavait en hiver à l’eau froide, etc. Cilices, toiles rèches, habit usés, étaient son quotidien. Il dormait assis, et peu.

A ces pénitences effrayantes, s’ajoutèrent quatre années dans une petite grotte, où Dalmacio côtoyait des scorpions et des serpents.

Dieu permit à Dalmacio d’opérer des miracles, aussi étonnants que nombreux. On l’appelait déjà de son vivant pour être secouru, et il intervenait : pour guider des confrères égarés, pour mettre en sûreté deux Dominicains surpris par des pirates, pour faire cesser un petit chien d’aboyer pendant la messe, pour des accouchements heureux… On l’a invoqué spécialement pour les maux de dents. La figure de Dalmacio était devenue si légendaire qu’on parlait communément du Frère qui parle à l’Ange.

Il a été rapporté qu’un jour d’été, la Vierge Marie lui aurait présenté des bonbons rafraîchissants au miel et à la rose.

Le pauvre Dalmacio était naturellement laid : grand, sec, bronzé, chauve, la parole rare et dure, la voix  haute et aiguë, mais la mort le transfigura. Il s’éteignit dans une grande sérénité après beaucoup de douleurs à l’abdomen, le 24 septembre 1341.

Il fut béatifié en 1721.

 

 

Robert Hardesty

1555-1589

 

Robert était né dans le Yorkshire (Angleterre).

Ce laïc était actif dans sa région et fut arrêté avec le père William Spenser.

Robert Hardesty mourut en martyr à York, le 24 septembre 1589.

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

William Spenser

1555-1589

 

William était né vers 1555 à Gisburn (Lancashire, Angleterre).

Il reçut son éducation de son oncle maternel, un prêtre ordonné avant le règne d’Elizabeth, à Chipping Norton. Puis il entra au Trinity College d’Oxford, où il reçut le diplôme en 1580.

Déjà comme laïc, quoique apparemment soumis à la loi, il montra un tel zèle pour la foi catholique, qu’il agaça les hérétiques et gagna beaucoup de jeunes par ses instructions. Après deux années de cette double vie, il songea à trouver la paix pour sa conscience et gagna Reims pour se préparer au sacerdoce.

Ordonné prêtre, il regagna l’Angleterre en 1584.

Son premier souci fut d’amener ses parents à la foi catholique ; pour les rencontrer, il se déguisa en paysan et put pénétrer sur un de leurs champs : ses parents se convertirent. Puis son oncle prêtre résilia son bénéfice, qu’il avait conservé uniquement parce qu’il avait un peu combiné avec l’hérésie : il partit loger dans une pension catholique.

Puis William s’occupa des prisonniers de York et s’arrangea pour les rencontrer secrètement.

Après cette heureuse activité, il fut démasqué lors d’un déplacement.

William Spenser mourut en martyr à York, le 24 septembre 1589 (on trouve parfois le 27).                              

Il fut béatifié en 1987 parmi quatre-vingt-cinq Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Antonio González

1593-1637

 

Né vers 1593 à León, il entra chez les Dominicains à dix-huit ans.

Après sa formation et son ordination sacerdotale, il fut au couvent de Piedrahita, comme professeur de théologie et prédicateur, car ses Supérieurs avaient noté sa brillante intelligence et ses capacités à enseigner.

Son désir d’annoncer l’Evangile le poussa à s’embarquer pour les Philippines avec d’autres Compagnons.

Ils arrivèrent à Manille en 1632 : à peine arrivé, il demanda à être envoyé au Japon. En attendant, il fut nommé supérieur du collège Saint-Thomas de Manille ; ensuite il sera recteur de l’Université de cette ville.

En 1636, il accompagna deux autres prêtres et deux laïcs en partance pour le Japon ; ils arrivèrent le 21 juin 1636 à Nagasaki.

Très rapidement, il fut arrêté, interrogé (malgré la maladie qu’il avait contractée durant le voyage), et torturé.

Une des premières tortures fut de le forcer à boire une grande quantité d’eau, qu’on lui faisait cracher en le frappant sur le ventre. Ne réussissant pas à le faire apostasier ni à détruire ou profaner les saintes images qu’il portait avec lui, les soldats le torturèrent davantage, n’aboutissant qu’à faire monter la fièvre du père Antonio, de sorte qu’ils durent le porter eux-mêmes en prison.

Le père Antonio González mourut d’épuisement dans cette prison, le 24 septembre 1637. On brûla son corps sur la colline sainte de Nagasaki. Les autres Compagnons furent décapités quelques jours après. 

Il fut béatifié en 1981, canonisé en 1987.

 

 

Carlo Antonio Divini

1653-1721

 

Carlo Antonio vit le jour le 1er mars 1653 à San Severino (Marches, Italie est), de Anton Maria et Maria Angela Bruni, qui moururent déjà en 1656. Dans ce noble foyer naquit aussi une petite fille.

Carlo fut élevé par un archidiacre de la cathédrale, oncle maternel assez sévère.

En 1670, le jeune homme entra chez les Frères Mineurs à Forano, et prit le nom de Frère Pacifico.

Il fut ordonné prêtre en 1678, nommé prédicateur et professeur en 1681 : il enseigna la philosophie à Montalboddo.

Après un séjour à Urbino, il fut à San Severino comme vicaire, puis à Forano, où il devait exercer son apostolat, rayonnant dans toute la province des Marches. Avant de quitter le couvent, il passait des heures en prière.

La parole du Frère Pacifico fut efficace : il sut ramener les grands à plus d’humilité, il réchauffa les tièdes, il remua le cœur des fidèles. Des miracles se produisirent sur sa prière ; des prophéties se vérifièrent (le tremblement de terre de 1703, la victoire sur les Turcs en 1717).

Frère Pacifico reçut des visions, mais aussi des maladies : une plaie à la jambe droite dégénéra ; le Frère perdit la vue (à cause de ses larmes), l’ouïe, au point qu’il ne pouvait plus lire les textes de la messe et du bréviaire, ni confesser, ni célébrer, ni même participer à la vie conventuelle. Rude épreuve pour un prêtre actif.

Malgré ses infirmités, en 1692, il fut élu gardien (c.à.d. supérieur) à San Severino, mais retourna à Forano dès 1693, et y resta douze ans. Pacifico pratiquait des jeûnes sévères, ajoutait de la cendre sur son pain, portait un cilice.

Détaché de ce monde, il n’était pas bavard. Recevant sa sœur qu’il n’avait pas rencontrée depuis lontemps, il lui dit seulement : Adieu ! Allons gagner l’indulgence de la Portioncule ; une autre fois encore : Tu vas bien ? Moi aussi ! Au revoir au ciel. Loué soit Notre-Seigneur.

Le temps qu’il aurait passé à l’autel, au chœur, ou au confessionnal, il le passait en longues heures devant le Tabernacle.

Frère Pacifico s’éteignit à San Severino le 24 septembre 1721. Il a été béatifié en 1786 et canonisé en 1839.

 

 

Anton Martin Slomšek

1800-1862

 

Anton naquit le 26 novembre 1800 au sein d’une famille de paysans dans le village de Slom (Ponikva, Šentjur, Slovénie).

A cette époque, la situation de l’enseignement en Slovénie était déplorable, suite à la politique du gouvernement autrichien, qui voulait supprimer la langue slovène, comme élément éventuellement subversif. Tout matériel d’enseignement ou de culture slovènes étaient rigoureusement interdits.

Anton, qui fut orphelin très jeune, étudia d’abord à l’école de son village, puis à l’école secondaire de Celje, où son professeur lui inculqua l’amour de la langue slovène et de la poésie. A l’issue de ses brillantes études, Anton fit la philosophie au lycée de Ljubljana, puis à Senju et Klagenfurt.

Par la suite, Anton Slomšek développa la langue et la culture de son pays avec autant de patience que de persévérance. 

Il entra au séminaire de Klagenfurt, où il fut ordonné prêtre en 1824.

Il exerça le ministère sacerdotal à Saint Laurent sur Bizeljskem puis à Vojnika, avant de devenir directeur spirituel au séminaire de Klagenfurt de 1829 à 1838. 

En 1838 il fut curé de Saldenhofen an der Drau.

En 1844, il se déplaça à Sankt Andrä, où un chapitre de chanoines suivait la règle de Saint Augustin, et fut directeur de l’école diocésaine de Lavant.

En 1846, il fut curé à Celje, avant d’être nommé évêque à Lavant. Le siège épiscopal de Lavant était suffragant (dépendant) de l’archidiocèse de Salzburg, et Mgr Slomšek s’efforça avec succès de transférer ce siège à Maribor (1859), suffragant de Ljubljana. C‘est aujourd’hui un archidiocèse.

Excellent prédicateur, Mgr Slomšek fut un pasteur infatigable autant que modeste et discret.

S’appuyant sur la constitution de 1848 qui garantissait des droits nationaux, il réussit à obtenir une approbation officielle de réforme des écoles. Ainsi furent publiés une série de textes - plusieurs étant de sa propre main - qui furent le fondement de toute une réforme religieuse et éducative. Il écrivit aussi des chants, dont certains devinrent si populaires qu’encore aujourd’hui on les chante en diverses occasions.

Ensuite, il fonda un hebdomadaire, Drobtinice («les Miettes») où furent diffusés beaucoup d’articles sur tous les sujets, dans un style facilement abordable par toute la population.

L’étape suivante aurait dû être la réalisation d’un de ses rêves : l’établissement d’une société pour la diffusion de la littérature catholique, mais ce projet sembla appartenir au mouvement panslave, et fut donc étouffé dès son apparition. Cependant, quelques années plus tard, le projet fut repris et s’étendit : des livres furent édités par des maisons catholiques, parmi lesquelles la Hermagoras Society, la plus ancienne maison d’édition slovène. On estime à un million le nombre d’ouvrages qui furent ainsi diffusés.

La modestie, la délicatesse, la persévérance de cet évêque, furent appréciés de ses contemporains, jusqu’à l’étranger et même dans les milieux non-catholiques.

Mgr Slomšek mourut le 24 septembre 1862, et fut béatifié en 1999.

 

 

Joanna Matylda Gabriel

1858-1926

 

Joanna Matylda naquit à Stanislawow (Pologne, aujourd’hui Ukraine) le 3 mai 1858, dans une famille aisée et de noble origine.

Après ses études qui la conduirent à Lwow, elle fut un temps maîtresse d’école puis elle entra chez les Bénédictines de Lwow, sous le nom de Kolumba (en souvenir de sainte Colombe de Sens, voir au 31 décembre). Elle fit sa profession solennelle en 1882, et fut successivement élue abbesse.

Des difficultés internes au monastère, des calomnies, l’obligèrent à résilier sa charge. Elle quitta son monastère (1900) et rejoignit l’abbaye de Subiaco, près de Rome, où elle vécut jusqu’en 1902. 

Puis elle vint à Rome dans la paroisse de Testaccio pour s’occuper des petites filles ; peu à peu elle organisa une maison familiale pour les nécessiteux et ouvrit un petit foyer pour les jeunes ouvrières., avec l’appui de la Princesse Barberini et d’autres dames romaines.

Finalement elle fonda les Sœurs Bénédictines de la Charité, dont le charisme est de venir en aide aux jeunes filles abandonnées, puis aux jeunes filles en général et aux œuvres paroissiales. L’œuvre grandit et compta jusqu’à plus de cent maisons seulement en Italie.

Kolumba mourut le 24 septembre 1926, à Centocelle. 

Elle a été béatifiée en 1993.

Manuel Gómez Contioso

1877-1936

 

Manuel vit le jour le 13 mars 1877 à Moguer (Huelva, Espagne) dans une famille nombreuse d’humbles ouvriers.

Petit, il jouait déjà à célébrer la messe, mais il ne parla ouvertement de sa vocation qu’à dix-sept ans.

En 1894 il entra chez les Salésiens à Utrera, fit le noviciat à Sant Vicenç dels Horts (Barcelone), et professa en 1897.

Il passa ensuite à Sarriá, San Benito de Calatrava (Séville) et Utrera, avant de recevoir l’ordination sacerdotale (1903).

Les localités de son activité furent Utrera (1903) Málaga (1904-1917), où il fut aussi directeur à partir de 1911, Cordoue (1917-1922), Écija (1922-1928), Málaga (1929-1936).

La personnalité pieuse et délicate du père Manuel attira beaucoup d’autres vocations de sa région. Il avait un grand cœur, incapable de faire du mal à quiconque (et dont parfois on profita). Il donna un grand élan aux Coopérateurs et à l’archiconfrérie de Marie Auxiliatrice, ainsi qu’à l’association des Anciens Elèves, dont il présenta les statuts à l’autorité civile en 1917.

En août 1935, il fut à nouveau élu comme directeur à Málaga, malgré son âge, car son expérience et son tact le mettaient vraiment à la hauteur de cette responsabilité. La communauté comptait quatorze Salésiens (sept prêtres, deux clercs et cinq coadjuteurs), dont neuf allaient verser leur sang en 1936.

Dès le 18 juillet 1936, don Manuel invita les parents à vite venir chercher leurs enfants, et les Confrères à s’habiller en civil.

Le 20 juillet, il baptisa d’urgence un petit enfant moribond que lui amena une pauvre femme du pays.

Le 21, une foule de miliciens enragés s’amoncela devant le collège, demandant à fouiller et trouver les prétendues armes cachées. Don Manuel fit ouvrir les portes.

Les miliciens envahirent la maison, mettant les Religieux le long du mur, devant les pauvres élèves (une dizaine encore, qui attendaient leurs parents), en larmes. La maison fut totalement saccagée, les objets de piété profanés et détruits.

Les Religieux furent conduits en «prison» - le couvent des Capucins réquisitionné à cet effet, puis le Gouverneur, quoique conscient de leur innocence, les fit conduire à la prison provinciale pour les «protéger».

Le 23 août, quelques-uns furent relâchés. Don Manuel devait y rester encore un mois, durant lequel il fut d’abord soigné à l’infirmerie pour une affection intestinale.

Le 24 septembre, il y eut un appel de plus d’une centaine de prisonniers, qui allaient être exécutés. Les Salésiens furent appelés vers quinze heures, l’heure de la mort du Christ. 

L’exécution eut lieu contre les murs du cimetière de San Rafael de Málaga.

Don Manuel Gómez fut béatifié en 2007.

 

 

José María Ferrándiz Hernández

1879-1936

 

José naquit le 11 août 1879 à Campo de Mirra (Valencia, Espagne).

Très intelligent, il fréquenta le Collège de Vocations Ecclésiasiques à Valencia, puis le Collège Corpus Christi. Il passa le doctorat en Théologie.

Ordonné prêtre en 1904, il fut dans plusieurs paroisses : Jalón, Campo de Mirra, Benisivá ; puis Alberique (1912), où il fonda une œuvre sociale, El comedor de caridad (Le Mangeur de Charité) ; ensuite Denia, enfin Alcoy (1931). 

Le bien qu’il faisait l’avaient rendu tellement estimé de tous, que personne n’imaginait qu’on lui ferait le moindre mal. 

Le mal arriva cependant. Quand la guerre civile éclata en 1936, le curé fut expulsé de son presbytère et se réfugia dans l’hôtel du pays. Le 28 août, on vint l’arrêter ; conduit au Comité de Alcoy, on lui fit signer un papier de reconnaissance des biens appartenant à la paroisse.

Durant ces trois jours de détention, on le traita d’abord avec grand respect, sans lui causer la moindre difficulté. Puis on le remit en liberté.

Et voilà que le 24 septembre 1936, l’après-midi, un milicien vint l’inviter à se rendre au Comité. Une voiture l’attendait sur la place, avec d’autres miliciens : Montez, nous allons à Valencia. Le prêtre monta et, à Rotglá, ils le firent descendre.

Don José María demanda tout simplement : Lequel d’entre vous va me tuer ? L’un d’eux se désigna ; et don José : Bon, eh bien, moi, qui suis prêtre, je te bénis et je te pardonne.

Il y eut un moment de silence. Les miliciens remontèrent en voiture, disant à celui qui devait tirer : Si tu ne le tues pas, ils te tueront toi. Quelques secondes d’hésitation, les phares s’allumèrent, plusieurs balles, dont une à la nuque, blessèrent mortellement le prêtre martyr.

Don José María fut béatifié en 2001.

 

 

Perfecto Becerril Merino

1885-1936

 

Perfecto était né le 19 avril 1885, à Grijalba (Burgos, Espagne), de Antonio et Benita, des cultivateurs très chrétiens qui le firent baptiser le jour même. Il reçut la Première communion en 1893 et la Confirmation en 1895.

Il entra en 1898 au collège des Frères Maristes à Burgos et fut un des premiers espagnols à y faire le noviciat ; en 1901 il reçut l’habit et le nom de Gúzman ; il compléta sa formation à San Andrés de Palomar (Barcelone).

Gúzman fut envoyé à Murcia comme cuisinier, puis comme professeur. Puis il fut à Valencia, Pamplona, etc. En 1923 il fut au collège de Barcelone, et en 1924 sous-directeur, puis directeur du nouveau collège de Málaga.

A partir du 19 juillet 1936, le Frère Gúzman vécut la fin de son collège : les Frères durent s’enfuir dans les montagnes, d’où ils virent brûler leur maison ; il leur remit de l’argent et leur recommanda de se disperser discrètement.

Lui et le Frère Fernando María se réfugièrent non loin du collège, et furent arrêtés une première fois ; conduits au commissariat, ils furent laissés en liberté et rejoignirent l’Hotel Imperio, où se trouvaient d’autres Frères.

Le 23 août 1936, trois voitures arrivèrent au collège et l’on demanda les curés. Il n’y avait plus que trois Frères et les révolutionnaires enquêtèrent sur les autres ; ils interrogèrent les élèves, qui parlèrent naïvement de l’Hotel Imperio. Ainsi furent arrêtés les Frères Gúzman et Fernando, qui furent conduits au Comité, puis en prison, au milieu des prisonniers de droit commun. 

Pour la journée du 24 septembre, deux versions s’affrontent. 

Dans l’une, les prisonniers furent remis en liberté, sur pression de la foule, sauf les Frères.

Dans l’autre, tous les prisonniers, y compris les Frères, furent entassés dans des camions et assassinés non loin de la prison.

Il reste que le Frère Gúzman fut assassiné le 24 septembre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

José Ramón Ferragud Girbés

1887-1936

 

José Ramón naquit le 10 octobre 1887 à Algemesí (Valencia, Espagne), de bons parents chrétiens qui le firent baptiser deux jours après la naissance. Le petit garçon fut confirmé en 1889, selon les habitudes de l’époque.

Après l’école communale, il se maria avec Josefa Ramona Borrás Borrás, avec laquelle il eut huit enfants.

Agriculteur, époux et père chrétien, José Ramón chercha à vivre de façon cohérente avec sa foi.

Il appartint à plusieurs associations chrétiennes : Action Catholique, Adoration nocturne, Saint-Louis-de-Gonzague ; il répandait la bonne presse et enseignait le catéchisme.

Il fut co-fondateur du Syndicat Ouvrier Catholique et, en 1936, s’efforça par tous les moyens à sa disposition de contre-carrer les attaques anti-cléricales, ce qui lui occasionna la haine et des menaces de mort de la part des révolutionnaires.

Dès le début de la guerre civile, on vint l’arrêter chez lui le 28 juillet 1936. Sa «prison» fut l’ancien monastère Fons Salutis, comme pour le prêtre de cette paroisse, don José Ramón Pascual  Ferrer Botella. On ne lui épargna pas les mauvais traitements, comme on s’en doute malheureusement.

Les prisonniers apprirent que leur heure arriverait dans la nuit du 23 au 24 septembre 1936. Au petit matin, on les conduisit à Alcira où ils furent fusillés.

José Ramón tomba en pardonnant à ses bourreaux et en proclamant : Vive le Christ Roi !

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Encarnación Gil Valls

1888-1936

 

Cette nouvelle Vierge martyre naquit le 27 janvier 1888 à Onteniente (Valencia), dans une famille chrétienne, mais où elle fut tôt orpheline avec son frère Gaspar.

Elle pensa devenir Religieuse, mais resta dans le monde pour s’occuper en priorité de son frère, devenu prêtre.

Elle fit donc les études de Magistère et fut maîtresse à Albuixech y Beniarrés.

A Valencia, elle rencontra cependant d’autres personnes consacrées, dans la mouvance carmélite et des Enfants de Marie. Elle s’engagea dans les rangs de l’Action catholique, co-fonda le Patronage de la Sainte Enfance, dirigea une école du soir pour femmes.

Quand éclata la révolution de juillet 1936, elle resta aux côtés de son frère, avec lequel elle fut arrêtée et fusillée à Puerto de L’Ollería, au soir du 24 septembre 1936.

Don Gaspar fait partie d’une importante cause de béatification concernant deux-cent cinquante prêtres et religieux de ce diocèse, et qui n’a pas encore abouti, tandis qu’Encarnación a été béatifiée en 2001.

 

 

Ramón Roca Buscallà
1888-1936

Né le 15 mars 1888 à Alpens (Barcelone), il fut baptisé le lendemain et confirmé la même année, selon l’habitude de l’époque. Son père, Alfonso, était tailleur, sa mère s’appelait Mercedes. De leurs nombreux enfants, quatre furent de la congrégation des Missionnaires Clarétains : Ramón était l’aîné, Gonzalo était encore étudiant quand il mourut à vingt-six ans (1890-1916), Jaime fut aussi frère convers (1895-1980), le plus jeune, Alfonso, fut prêtre et mourut en Guinée Equatoriale (1897-1963). 

Ramón commença le noviciat en 1906 à Cervera, fit la profession l’année suivante et fut chargé de la couture : il avait appris le métier avec son père. Entre 1909 et 1930, il eut la même occupation à Solsona, puis revint à Cervera.

Les autorités civiles ayant donné l’ordre d’évacuer la maison, toute la communauté clarétaine de Cervera se dispersa le 21 juillet 1936.  Ramón fut un des derniers à partir, devant préparer pour chacun un habit laïc. En plus, avec un autre Convers, ils devaient accompagner les Religieux malades à l’hôpital ; pendant quelques jours, ils formèrent donc une petite communauté dans l’hôpital ; de cachette en cachette, Ramón rejoignit le 13 septembre Mas Claret, où il put enfin assister à une Messe et communier.

Il devait se cacher, puisqu’il n’avait pas l’autorisation de séjourner en cette localité ; il tenta de demander un visa pour rejoindre Barcelone, mais on le lui refusa.

Le 16 septembre, il rentrait à la maison avec son Compagnon, quand ils furent peut-être reconnus par quelqu’un qui les croisait. Le 18 on vint chercher le curé de Mas Claret, et en son absence on arrêta le frère Ramón ; on lui donna parole d’honneur qu’on ne lui ferait rien, mais il comprenait très bien ce qui lui arrivait. 

On lui fit subir un interrogatoire, puis on le fit passer par les rues jusqu’à la «prison» (un couvent de Religieuses réquisitionné), enfin on le conduisit à l’atelier de couture avant de le reconduire en prison, pour trois jours.

Le 24 septembre 1936, c’était la fête de Notre-Dame de la Merci. A un visiteur qu’il connaissait, le Frère dit : Aujourd’hui, je recevrai le martyre.

A vingt-trois heures trente de ce 24 septembre, on fit endosser à Ramón un habit neuf pour aller à Barcelone, mais on l’emmena au cimetière de Cervera. Du propre témoignage d’un milicien le Frère était très tranquille. Quand on lui dit de se mettre face au mur, il dit : On peut mourir aussi bien face au mur que dos au mur, et ajouta : Pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tous. 

Martyrisé le 24 septembre 1936 et béatifié en 2017, Ramón Roca Buscallà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 24 septembre.

 

 

Luis de Erdoiza y Zamalloa

1891-1936

 

Luis naquit le 25 août 1891 à Amorebieta (Biscaye, Espagne), en la fête de saint Louis, dont il porta le nom.

En 1905, il entra comme aspirant chez les Trinitaires ; il prit l’habit en 1906 et fit la première profession en 1907, avec le nom de Luis de Saint-Michel-des-Saints (voir au 10 avril).

Après les études de philosophie à La Rambla, au vu de ses aptitudes intellectuelles, il fut envoyé à Rome où il passa le doctorat en Philosophie et en Théologie à l’Université Grégorienne (1910-1917), et la licence de Droit Canonique à l’Université de l’Angelicum (1917-1919).

C’est durant sa présence à Rome qu’il reçut l’ordination sacerdotale (1916).

On l’envoya ensuite au couvent des Trinitaires à Vienne (Autriche) de 1920 à 1925, où il apprit à parler allemand couramment.

En 1926, il revint en Espagne ; il fut un an à Algorta avant de passer à Cordoue comme maître des étudiants (1926-1929) ; il fut alors nommé supérieur du couvent de Belmonte (1929-1933) et, en 1936, fut élu Conseiller Provincial.

Le père Luis souffrit longtemps de sciatique, de rhumatisme et de varices ; sa jambe droite saignait souvent et abondamment et il ne pouvait quitter sa chambre.

D’autre part, on le savait un peu pointilleux sur le règlement, sur les rubriques, mais il était extrêmement prévenant pour les malades.

Lors du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, le père Luis fut véritablement mal-traité par les ennemis de l’Eglise, malgré sa santé. Il fut d’abord aux arrêts dans son propre couvent, puis on le fit marcher jusqu’à la mairie, sans cesse frappé à coups de poings ou de crosses de fusils ; il avançait comme il pouvait, avec sa canne. On le devançait en criant : Il y a un moineau qui est tombé, on va le pendre au réverbère de la place.

Les chefs discutaient de ce qu’ils allaient en faire. On alla jusqu’à proposer de le mettre nu contre ce réverbère et de l’y fusiller. 

Pendant ce temps, les miliciens continuaient à le frapper sans arrêt. L’un d’eux vint lui poser cette question insolente : Dis, c’est toi qui nous poursuivais l’autre jour avec ton pistolet, à Vallecas ? Ah, tu ne réponds pas, preuve que c’était bien toi. Des gens du peuple intervinrent quand même pour dire que le Père n’avait pas quitté Belmonte les jours passés.

Trois autres Religieux trinitaires étaient arrêtés avec lui. Ils passèrent la nuit du 30 juillet à prier, ils se confessèrent. Le père Luis se mêlait spontanément aux autres prisonniers avec beaucoup d’attentions fraternelles, surtout lorsque l’un d’eux venait d’être assassiné.

Le 31 juillet, on les transporta à la prison de Cuenca, où ils restèrent jusqu’au 20 septembre. Ce jour-là, on les mit «en liberté», ce qui signifiait en réalité qu’on les laissait sortir de la prison, mais bien surveillés par d’autres miliciens qui pouvaient les capturer un peu plus tard.

C’est ce qui arriva. Des miliciens armés les arrêtèrent et les emmenèrent au lieu-dit Hacienda Vieja.

Les quatre Religieux trinitaires furent martyrisés aux portes du cimetière de Cuenca, le 24 septembre 1936, et furent béatifiés en 2007.

José Ramón Pascual Ferrer Botella

1894-1936

 

José Ramón Pascual naquit le 9 novembre 1894 à Algemesí (Valencia, Espagne). Il est probable qu’on l’appelait couramment Pascual.

La famille, très chrétienne, s’installa en 1902 à Valencia, où l’enfant fréquenta les Ecoles Pies.

Il passa au Collège de Vocations Ecclésiasiques à Valencia, puis au Collège Corpus Christi.

Ordonné prêtre en 1913, il fut nommé à La Sarga, puis Algemesí, dans une église quasi abandonnée, où il dut remettre à peu près tout en place : autels, façade, sacristie, cloches, ornements. Tout ce travail, qu’il payait de sa poche, attira beaucoup de fidèles à l’église.

Il ouvrit une école du soir, entourait de mille attentions les jeunes, les exhortant à se rapprocher des sacrements au moins pour Pâques. Il s’occupa des pauvres, il paya des loyers et des vêtements pour ceux qui ne le pouvaient pas.

L’estime qu’on avait de lui était universelle… ou peut-être pas totale. 

On vint l’arrêter la nuit du 9 août 1936. Sa «prison» fut l’ancien monastère Fons Salutis. On lui fit faire des travaux manuels ; tandis que les prisonniers appréciaient sa présence, les révolutionnaires le prévinrent que tout le monde l’aimait, mais qu’il serait puni pour être prêtre.

Les prisonniers apprirent qu’ils seraient fusillés dans la nuit du 23 au 24 septembre 1936. Don José Ramón les invita à se confesser, à conserver leur calme et à affronter la mort dignement.

En montant dans la voiture, il exprima des paroles de pardon à l’égard des bourreaux.

Sur la route de Albalat de la Ribera, au lieu-dit Canets de Sueca, le prêtre fut fusillé. Avant de recevoir le coup de grâce, il eut encore la force de dire : Seigneur, ouvre-moi les portes du Ciel et aussi Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34).

Don José Ramón Pascual fut béatifié en 2001.

 

 

Santiago Arriaga y Arrien

1903-1936

 

Santiago naquit le 22 novembre 1903 à Líbano de Arrieta (Biscaye, Espagne), aîné des enfants d’une belle famille paysanne.

Il entra en 1915 comme aspirant chez les Trinitaires à Algorta ; il commença le noviciat à Notre-Dame de l’Apparition (Cantabria), prit l’habit en 1919 et fit la première profession en 1920, avec le nom de Santiago de Jésus.

Ses études de philosophie commencèrent à Villanueva del Arzobispo (1920-1922) et s’achevèrent à l’Université Grégorienne de Rome (1922-1924), suivies des années de Théologie dans la même université (1924-1928) ; c’est à Rome qu’il fit aussi la profession solennelle en 1924. et qu’il reçut l’ordination sacerdotale en 1927.

Revenu en Espagne en 1928, il fut professeur des aspirants à Algorta, des philosophes à Belmonte (1930), puis des théologiens (1932) en même temps que des étudiants de Belmonte. On voit par là combien son enseignement était apprécié : il expliquait longuement, patiemment, sans perdre sa douceur fraternelle.

On se souvient aussi de sa belle voix quand il chantait à l’office.

Lors du soulèvement révolutionnaire de l’été 1936, les quatre Religieux trinitaires furent arrêtés. Ils passèrent la nuit du 30 juillet à prier, ils se confessèrent. Le 31 juillet, on les transporta à la prison de Cuenca, où ils restèrent jusqu’au 20 septembre. Ce jour-là, on les mit «en liberté», ce qui signifiait en réalité qu’on les laissait sortir de la prison, mais bien surveillés par d’autres miliciens qui pouvaient les capturer un peu plus tard.

C’est ce qui arriva. Des miliciens armés les arrêtèrent et les emmenèrent au lieu-dit Hacienda Vieja.

Les quatre Religieux trinitaires furent martyrisés aux portes du cimetière de Cuenca, le 24 septembre 1936 ; le père Santiago avait trente-trois ans moins deux mois.

Ces quatre Martyrs furent béatifiés en 2007.

 

 

Alfons Arimany Ferrer

1905-1936

 

Alfons naquit le 19 mai 1905 à Balaguer (Lleida-Lérida, Espagne), dernier d’une grande famille de quinze enfants.

Il reçut le baptême le 25 mai suivant, et la confirmation le 11 novembre 1908

En 1916, il entre au petit séminaire des Carmes déchaux de Barcelone et prononce ses premiers vœux dès 1921, à seize ans, avec le nom de Alfons du très saint Cœur de Marie.

Il prépare ensuite sa philosophie à Badalona, sa théologie à Barcelone.

En 1926, il est envoyé en Terre Sainte, au Mont Carmel, pour y enseigner la littérature, classique et latine ; et c’est en Palestine qu’il reçoit l’ordination sacerdotale, en 1928.

L’année suivante, il revient en Espagne et enseigne au petit séminaire de Palafrugell.

Il est maître des novices et supérieur des carmes déchaux à Badalona en 1933.

Il collabore avec des articles et des poèmes à la revue Amunt.

En juillet 1936 éclatent les douloureux événements révolutionnaires et le père Alfons se réfugie dans une tour du quartier de la Bonanova à Barcelone.

Le 23 septembre suivant, alors qu’il s’était caché avec deux frères maristes et un autre religieux des piaristes dans une cantine du Portal del Ángel, ils furent tous arrêtés et conduits sur la place de la cathédrale (de la Sagrada Familia), au siège du Comité révolutionnaire pour y être soumis à de pénibles interrogatoires.

Les religieux répondirent qu’ils étaient consacrés à Dieu et furent enfermés dans les cellules des condamnés à mort.

Le lendemain, 24 septembre, ils furent emmenés avec six autres condamnés pour être mis à mort, en un lieu qui est resté inconnu.

Le jeune père Alfons avait donc trente-et-un ans.

D’après les informations reçues ci-dessus, la date de la mort du père Alfons semble bien être le 24 septembre. Or d’autres sources mentionnent le 25 octobre ou aussi le 24 juillet. On vérifiera cela dès que possible.

Alfons Arimany Ferrer a été béatifié en 2007.

 

 

Josep María Vidal Segú

1912-1936

 

Josep vit le jour le 3 février 1912 à Secuits (Tarragona, Espagne), dans une famille qui connaissait l’appel de Dieu : il eut deux sœurs Religieuses, ainsi que deux tantes et deux oncles.

Dès l’âge de dix ans, il parlait de sa vocation ; il voulait partir pour les missions au milieu des Infidèles. Malgré ses dons peu développés pour l’étude, il persévéra.

Il entra à l’Ecole apostolique des Dominicains à Solsona, puis à Calanda, fit le noviciat à Valencia et, après les études nécessaires, fut ordonné prêtre, le Samedi Saint de 1936.

Dès lors, dans le contexte anti-clérical qu’on vivait déjà, la communauté dominicaine de Valencia dut se disperser et le père Josep fut accueilli par une pieuse famille de l’endroit. Il n’y resta que quelques jours, pour ne pas compromettre cette famille et vagabonda dans les rues de Valencia.

Après quelques péripéties, et grâce à un de ses frères, il réussit à rejoindre sa famille ; il se cacha dans une ferme de Piera (Barcelone) et travailla aux champs avec eux, entre autres aux vendanges ; mais là encore, il risquait d’être reconnu. Il restait serain : On m’a appris le chemin du martyre, disait-il.

Il fut sans doute dénoncé. Le 20 septembre 1936, on vint le chercher et on le mit en prison. Très calme, il n’avait qu’un souci : les risques que couraient les siens pour l’avoir caché ; mais il se rassurait en mettant toute sa confiance en Dieu.

Le 24 septembre, il fut fusillé. (Le Martyrologe le mentionne au 26 septembre).

Le père Josep, qui n’avait que vingt-quatre ans, et quelques mois de sacerdoce, fut béatifié en 2001.

 

 

Rafael Rodríguez Mesa

1913-1936

 

Rafael vit le jour le 5 juillet 1913 à Ronda (Málaga, Espagne).

Orphelin de sa mère à quatre ans, il s’occupa bien vite des tâches domestiques, et sacrifia ainsi les études.

Grâce à un oncle prêtre, il entra chez les Salésiens à Málaga en 1926, où il apprit à lire et à écrire, jusqu’à devenir un excellent menuisier.

Sa piété le fit mettre à la présidence de la Compagnie Saint-Joseph. 

Il entendit l’appel de Dieu, commença le noviciat en 1932, et professa en 1933. On jugeait sa conduite morale et scolaire parfaite (óptima).

Après son service militaire, en 1934, il était destiné comme professeur aux Ecoles d’Artisans de San Bartolomé (Málaga).

Tout ce qu’il faisait, était par amour et pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Quand on lui demanda comment il allait se faire respecter, si jeune, il répondit : Ben, je ferai en sorte que par mon exemple, mon comportement, ma piété, on puisse dire : Celui-là, il est différent.

Quand la maison fut prise d’assaut en juillet 1936, il aurait pu sauter par une fenêtre et rejoindre inaperçu sa sœur Dolores à Málaga. Mais il préféra partager le sort de la communauté et resta dans le collège.

Le 21 juillet, donc, tous les membres de la communauté furent mis en prison, l’ancien couvent des Capucins réquisitionné à cet effet ; au moment de l’assaut, le Frère Rafael reçut un coup de fusil au visage, qui lui ouvrit le nez et la lèvre supérieure ; évanoui, il tomba la face contre terre et saignait abondamment. On le traînait comme un mort entre deux Confrères. 

Le 22 juillet, les Religieux furent transférés à la prison provinciale ; tandis que certains étaient libérés, Rafael resta incarcéré.

Le 24 septembre suivant, il fut un des appelés qui devaient être conduits au cimetière San Rafael de Málaga, où ils furent fusillés.

Don Rafael fut béatifié en 2007.

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