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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:09

02 OCTOBRE

 

- SS Anges Gardiens.

IV.

S Eleuthère, soldat à Nicomédie, accusé avec d'autres de l'incendie du palais impérial, martyr.

VII.

S Saturius, ermite à Numance.

Ste Scariberge, nièce de Clovis, épouse de s. Arnoul.

S Gérin, frère de l'évêque d'Autun, s. Léger (infra) ; les partisans du maire du palais Ebroin le lapidèrent, deux ans avant l'exécution de Léger.

S Léger, fils de ste Sigrade ; évêque à Autun, il finit par se trouver à la tête de l'opposition au maire du palais Ebroin ; arrêté, il eut les yeux arrachés, les lèvres et la langue coupés (mais il recouvra la parole), puis fut décapité.

S Serein, lorrain, au service d'un seigneur ; il laissait son troupeau pour visiter l'abbaye proche ; accusé de négligence, il fit voir ses belles bêtes, mais préféra partir : le seigneur, guéri par lui, lui permit de construire une cellule ; plus tard, il partit à Rome où il fut ordonné prêtre et revint mourir dans son ermitage.

S Jean, évêque à Côme, qui convertit beaucoup d'ariens.

VIII.

S Bérégise, flamand, prêtre puis abbé du monastère qu'il fonda à Andage.

S Ursicin, abbé à Disentis et peut-être évêque à Coire.

S Theophilos, moine à Constantinople, martyrisé pour la défense des saintes Images.

S Mélar (Méloir), prince déchu breton, fils de s. Miliau, martyr ; son rival tenta de le faire empoisonner, mais on se "contenta" de l'amputer du pied gauche et de la main droite, et plus tard il fut tué.

XIII.

B Bérenger, évêque à Lérida.

XVII.

Bx Ludovicus Yakichi, martyr japonais, avec sa femme Lucia, ses enfants Andreas et Franciscus, de sept et quatre ans ; le martyre de Ludovicus fut horrible ; quatre mariniers et le petit garçon de l'un d'eux furent aussi décapités.

XVIII.

B Georges-Edme René, chanoine à Vézelay, martyr aux pontons de Rochefort, béatifié en 1995.

XIX.

Bse Émilie de Villeneuve, fondatrice des Sœurs de l'Immaculée Conception à Castres, béatifiée en 2009, canonisée en 2015.

B Antoine Chevrier, tertiaire franciscain lyonnais, à l'origine du Prado (du nom d'un ancien dancing loué pour organiser la catéchèse des enfants), société de prêtres pauvres au service des pauvres ; béatifié en 1986.

XX.

B Jan Beyzym (1850-1912), jésuite polonais à Madagascar, très actif au service des lépreux, béatifié en 2002.

Bx Martyrs de la Révolution espagnole de 1936 :

- béatifiés en 1995 :

Francisco Carceller Galindo (F. de N.Dame de Lourdes, *1901), des Ecoles Pies, martyr à Castellón ;

Isidoro Bover Oliver (*1890), prêtre des Disciples de Jésus, près de Castellón ;

- béatifiés en 2001 : 

Elías et Juan Carbonell Mollá (*1869 et *1874), deux frères prêtres près de Alicante ; Juan était organiste ;

María Francisca Ricart Olmos (M.Guadalupe, *1881), des Servantes de Marie, près de Valencia ;

- béatifiés en 2007 :

les Salésiens à Madrid : le prêtre Enrique Sáiz Aparicio (*1889), les clercs Pedro Artolozaga Mellique (*1913) et Manuel Borrajo Míguez (*1915), le profès Mateu Garrorela Masferrer (*1888) ;

le laïc Bartolomé Blanco Márquez (*1914), coopérateur salésien à Jaén. 

Bse Maria Anna Kratochwil (Maria Antonina, 1881-1942), des Sœurs scholastiques polonaises, torturée par des nazis en Ukraine, béatifiée en 1999.

Anges

Anges Gardiens

 

Parler des Anges sera difficile, car ces esprits n’appartiennent pas au monde visible. On a beaucoup écrit et surtout inventé, sur les Anges. Tâchons de nous contenter de paroles sûres et autorisées.

1. Existence et essence des Anges

Ange vient du grec aggelos, en latin angelus, l’envoyé, le messager.

Dans notre Credo, nous affirmons que Dieu a créé l’univers visible et invisible, soit le ciel et la terre, de même que la Genèse commence par ces mots : Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre (Gn 1:1), où le mot cieux évoque le monde invisible, les anges.

D’après le Catéchisme de l’Eglise Catholique (nn.328-329-330) : 

L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Ecriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Ecriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition.

De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent ‘constamment la face de mon Père qui est aux cieux’ (Mt 18:10), ils sont ‘les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole’ (Ps 103:20). 

En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté ; ils sont des créatures personnelles et immortelles (cf. Lc 20:36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf. Dn 10:9-12).

Saint Augustin (Commentaire sur le psaume 103) écrit : 

Ange désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? - Esprit. Tu demandes la fonction ? - Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange.

2. Action et manifestation des Anges dans l’Ecriture

Parcourant les passages bibliques où il en est question, on pourra affirmer (Catéchisme, n.331) : 

Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à Lui : ‘Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges’… (Mt 25:31). Ils sont à Lui parce que créés par et pour Lui : ‘Car c’est en Lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par Lui et pour Lui’ (Col 1:16). Ils sont à Lui plus encore parce qu’Il les a faits messagers de son dessein de salut : ‘Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ?’ (He 1,14).

Ils sont là dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation :

  • ils ferment le paradis terrestre (Gn 3:24)
  • ils protègent Lot (Gn 19)
  • ils sauvent Agar et son enfant (Gn 21:17)
  • ils arrrêtent la main d’Abraham (Gn 22:11)
  • la loi est communiquée par leur ministère (Ac 7:53)
  • ils conduisent le Peuple de Dieu (Ex 23:20,23)
  • ils annoncent naissances et vocations (Jg 13 ; Jg 6:11,24 ; Is 6:6)
  • ils assistent les prophètes (1R 19:5)
  • c’est l’Ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (Lc 1:11,26)

De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges. Lorsque Dieu introduit le Premier-né dans le monde, il dit : ‘Que tous les anges de Dieu L’adorent’ (He 1,6). Leur chant de louange à la naissance du Christ n’a cessé de résonner dans la louange de l’Eglise : Gloire à Dieu au plus haut des cieux (Lc 2,14). 

  • ils protègent l’enfance de Jésus (Mt 1:20 ; 2:13,19)
  • ils Le servent au désert (Mc 1:12 ; Mt 4:11)
  • ils Le réconfortent dans l’agonie (Lc 22:43), alors qu’Il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis (Mt 26:53) comme jadis Israël (2M 10:29-30 ; 11:8). 

Ce sont encore les anges qui «évangélisent» (Lc 2,10) en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation ( Lc 2:8-14) et de la Résurrection (Mc 16:5-7) du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent (Ac 1:10-11), au service de son jugement (Mt 13:41 ; 24:31 ; Lc 12:8-9) (n.333).

Les récits des Actes des Apôtres sont ponctués de l’assistance des Anges (Ac 5:18-20 ; 8:26-29 ; 10:3-8 ; 12:6-11 ; 27:23-25).

3. Dans la Liturgie et dans notre vie

Au cours de la liturgie de la Messe, le prêtre et les fidèles s’associent chaque jour au chœur des Anges pour adorer le Dieu trois fois saint (chant du Sanctus) ; le prêtre évoque le rôle de l’Ange pour présenter à Dieu l’Offrande (Canon romain, pr!ère du Supplices te rogamus : Qu’elle soit portée par ton Ange en présence de ta gloire, sur ton autel céleste). On leur confie les âmes des défunts pour les conduire au Paradis (Liturgie des funérailles : Que les Anges te conduisent au Paradis).

Le Christ a affirmé clairement que les Anges nous assistent dès l’enfance (cf. Mt 18:10), jusqu’au trépas (cf. Lc 16:22) ; des psaumes le disent aussi (Ps 34:8 ; 91:10-13), ce qui fit dire à saint Basile : Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu.

4. Les mauvais Anges - l’exorcisme

Les Anges sont des créatures intelligentes et libres. Ils peuvent donc pécher. L’origine des Anges déchus s’explique par la révolte d’une partie des Anges, qui refusèrent d’adorer Dieu. Du fait de leur nature parfaite, leur choix fut irrévocable et leur chute d’autant plus grave. Ainsi apparut l’état infernal des Anges, et leur impossibilité d’en être jamais délivrés.

C’est à l’Ange déchu (le diable, Satan) que saint Michel adressa cette parole : Que Dieu te commande (Jude 9). Le diable est pécheur dès l’origine (1Jn 3:8) et père du mensonge (Jn 8:44). Il tenta même Jésus de toutes les manières (Lc 4:1-13).

Le Catéchisme continue (n.395) : 

La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature ; il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu (n.395). Sa haine de Dieu se manifeste par de graves dommages (même physiques) dans les êtres. Jésus-Christ a affirmé que, parfois, ce genre de démons ne peut être combattu que par la prière (Mc 9:29).

C’est le moment de parler ici du pouvoir dont est revêtue l’Eglise, d’expulser les démons par l’exorcisme. Sous une forme simple, l’exorcisme est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé ‘grand exorcisme’, ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission de l’évêque. Il faut y procéder avec prudence, en observant strictement les règles établies par l’Eglise (Catéchisme, n.1673).

5. Les chœurs des Anges

A strictement parler, l’Eglise nous rappelle que nous ne connaissons par la Révélation que trois noms d’Anges : Michel, Gabriel et Raphaël (qui sont fêtés le 29 septembre). Par les écrits de Denys l’Aréopagite, on s’est accoutumé à distinguer neuf chœurs d’Anges : anges, archanges, principautés, puissances, vertus, dominations, trônes, chérubins, séraphins. Saint Paul en cite quelques-uns, ainsi que la Préface du Sanctus à la Messe.

 

Les Anges Gardiens

 

Les Anges sont donc omniprésents autant dans la Bible que dans la vie quotidienne. Plus particulièrement, la présence d’un Ange Gardien auprès de chacun de nous est une croyance ancienne.

Saint Bernard (voir au 20 août) recommandait d’avoir beaucoup d’affection pour leur bienveillance et les faveurs que nous recevons de leur charité. Récemment, le pape Benoît XVI a rappelé que la présence invisible de ces esprits bienheureux nous est une grande aide, et d’un grand réconfort : ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toute circonstance, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment.

Il y eut des cas dans la vie de l’Eglise, de Saints et de Saintes qui virent leur Ange Gardien. Ainsi sainte Françoise Romaine (v. 9 mars) ou sainte Gemma Galgani (v. 11 avril). La bienheureuse Anna Katharina Emmerick (v. 9 février), qui était fort ignorante, eut des visions extrêmement lumineuses sur les Anges, les Anges Gardiens, leur action, leurs interventions.

C’est donc une tradition de piété, que d’invoquer son Ange Gardien.

Affirmer ensuite qu’il y a un Ange spécial pour chaque famille, pour chaque ville, pour chaque pays, pour chaque association, etc., est une extention de la dévotion, qui n’est pas officiellement approuvée. Elle n’est pas mauvaise en soi, si elle ne débouche pas sur un genre de superstition. Il y a ainsi des croyances qui prétendent connaître le nom de tel ou tel Ange Gardien : ces croyances n’ont aucun support chrétien solide.

La dévotion officielle de l’Eglise envers les Anges Gardiens est plutôt récente. Des fêtes eurent lieu localement en Espagne et au Portugal à partir du 15e siècle, en Autriche au 17e siècle, au 2 octobre. C’est à cette date qu’elle s’est maintenue dans notre calendrier actuel.

Le Catéchisme conclut : L’Eglise vénère les anges qui l’aident dans son pèlerinage terrestre et qui protègent tout être humain (n.352).

 

*       *       *

Ange de Dieu, mon gardien à qui la bonté divine m’a confié, éclaire-moi, garde-moi, dirige-moi et gouverne-moi pendant ce jour. Amen.

Saturius de Numance

 † 606

 

C’était un ermite qui vivait à Numance, une ancienne localité proche de l’actuelle Soria (Castille, Espagne C).

Saturius est arrivé tout récemment dans le Martyrologe Romain.

Saint Saturius de Numance y est commémoré le 2 octobre.

 

 

Gérin, comte

 678

 

Gérin, le frère de s.Léger (v. infra), fut comes parisiacus, comte de Paris. Son nom connut beaucoup de variantes : Gairenus, Gerinus, Warinus, en français Guérin. 

Il existe des documents soit portant sa signature soit le mentionnant, qui concernent l’abbaye Saint-Denis.

Gérin fut victime du vent de tourmente qui concerna son frère. Lui-même fut aussi arrêté, torturé, et lapidé, quelque temps avant Léger, vers 678.

Comme dans le cas de Léger, cet assassinat à caractère d’abord politique, fut considéré comme un martyre.

Saint Gérin est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain, en même temps que son frère Léger.

 

 

Léger d’Autun

† 680

 

Leodegarius ou Léger était d’une grande famille aristocratique du Poitou. Il est question de son frère, Gérin, martyr également, en ce même jour. Leur mère, Sigrade, était autrefois mentionnée le 8 août au Martyrologe.

Neveu de l’évêque de Poitiers, dont il devint l’archidiacre, il fut abbé du monastère Saint-Maixent pendant au moins six ans puis, vers 663, fut nommé évêque d’Autun. C’était le vingt-septième titulaire de ce siège.

A l’intérieur de son diocèse, Léger rétablit l’ordre troublé par des divisions dans le clergé ; il dota la cathédrale d’une belle sacristie ; dans un concile tenu à Autun, il préconisa l’usage de la Règle de s.Benoît (v. 11 juillet) pour les monastères.

A l’extérieur, Léger se trouva involontairement du côté des nobles qui s’opposèrent à Ebroin, le maire du palais ; ils éliminèrent Ebroin et le roi qu’il avait imposé, Thierry III, en les enfermant respectivement dans les monastères de Luxeuil et de Saint-Denis. Mais des hommes d’Ebroin réussirent à envoyer aussi Léger à Luxeuil, où les deux ennemis n’avaient plus qu’à tenter de se réconcilier.

En 675, retour de situation : le roi Chilpéric fut assassiné, Thierry III rappelé, ainsi qu’Ebroin et notre Léger. Si ce dernier fut accueilli triomphalement à Autun, Ebroin montra ouvertement qui il était : il fit arrêter Léger, ordonna de lui arracher les yeux, couper les lèvres et la langue, et de le traîner tout nu par les rues. Par une intervention divine, il put cependant continuer à lire le psautier et à s’exprimer oralement malgré ces mutilations.

On l’interna chez les religieuses de Fécamp, on le condamna à mort comme indigne du sacerdoce ; il fut décapité le 2 octobre, vers 680, dans la région d’Arras.

Cet assassinat qui avait pour cadre la situation politique du 7e siècle, fut considéré comme un martyre.

Saint  Léger est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bérégise d’Andage

670-746

 

Les dates indiquées sont approximatives.

Bérégise (ou Bergis) naquit à Emptinne (Namur, Belgique) vers 670, de pieux parents. Sa mère s’appelait Berilla.

Le garçon étudia à l’école abbatiale de Saint-Trond.

Il fut ordonné prêtre et devint l’aumônier de Pépin d’Héristal, qui fut l’arrière-grand-père de Charlemagne.

La tradition rapporte que l’épouse de Pépin, Plectrude, trouva un mystérieux parchemin rédigé en lettres d’or, qu’elle confia à Bérégise pour le déchiffrer. Celui-ci expliqua que Dieu demandait la construction d’un monastère dans la forêt d’Ardenne. Telle fut l’origine de l’abbaye d’Andage.

Bérégise dédia l’église à l’apôtre s.Pierre, y instaura la règle canoniale et la communauté prospéra. On dit que son abbatiat dura plus d’un quart de siècle.

On ne connaît pas la date de la mort de Bérégise ; il mourut après 725, date à laquelle une vigne fut offerte à l’abbaye, mais certains avancent cette date jusqu’à 746.

Saint Bérégise d’Andage est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ursicin de Coire

8e siècle

 

On ne connaît presque rien de la vie d’Ursicin, mais on connaît un peu mieux son œuvre : le monastère de Disentis (Grisons, Suisse E).

Disentis est un gros village d’environ deux mille habitants, et l’abbaye s’y dresse avec majesté.

Ursicin la fit construire (ou reconstruire ?) vers 750, non loin de la tombe de deux précédents abbés, Placidus et Sigisbert, qui y auraient été massacrés avec leurs moines en 670. Le fils de l’assassin de Placidus, en réparation de ce meurtre, aurait cédé les terres pour cette construction. 

Ursicin en fut abbé, avec les pouvoirs épiscopaux.

Il se peut qu’Ursicin ait aussi dirigé le diocèse de Coire.

L’abbaye de Disentis fut à nouveau détruite en 940 par les Sarrasins, en 1799 par les Français, en 1846 par un incendie. Depuis 1880, elle fut restaurée et les moines bénédictins y installèrent un lycée bilingue (allemand et romanche). L’abbaye compte une trentaine de moines, l’école deux-cent cinquante élèves.

Saint Ursicin de Coire est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theophilos de Constantinople

† 750

 

Dans le cadre de la lutte iconoclaste, ce moine fut cruellement torturé à Constantinople, puis exilé sur ordre de Léon l’Isaurien.

Il s’éteignit vers le milieu du 8e siècle.

Saint Theophilos de Constantinople est commémoré le 2 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ludovicus Yakichi, Lucia, Andreas et Franciscus

† 1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Ludovicus était né vers 1589 à Nagasaki.

Il épousa Lucia, également de Nagasaki (Japon).

Tous deux baptisés, ils firent baptiser leurs deux garçons, Andreas et Franciscus, nés à Nagasaki, respectivement en 1615 et 1619. Ceux-ci avaient donc sept et trois ans.

Ludovicus possédait une barque et le père Collado le pria de l’aider à faire évader le père Frarijn (alias Florés, v. 19 août). Ludovicus essaya d’abord de corrompre un geôlier hollandais, qui eut peur. Le 4 mars 1622, il vint avec sa barque attendre le Père qui vidait les eaux sales dans la mer ; malheureusement, pendant que le Père descendait, la corde se rompit et, quand il eut rejoint la barque, la voile s’abattit ; de sorte que les fugitifs furent rejoints alors qu’ils se sauvaient dans la montagne. Le lendemain, on mit à la torture les mariniers japonais, mais les Pères avouèrent leur véritable identité : ils devaient périr le 19 août, tandis que Ludovicus et ses compagnons étaient ajournés pour complément d’informations : on avait saisi sur lui des lettres du père Collado se rapportant aux aumônes et l’on voulait connaître leur provenance (et bien sûr s’en saisir).

Le 15 août, Ludovicus et ses quatre mariniers furent ramenés de la prison de Firando à celle de Nagasaki et l’interrogatoire, qui devait durer six semaines, commença.

Ludovicus dut subir toutes sortes de supplices : d’abord la question ordinaire avec de l’eau, puis on lui fit avaler un mélange d’eau douce, d’eau salée et de vin ; on le lia entre deux planches et deux hommes sautant dessus, lui firent rendre ce qu’il avait bu par la bouche, le nez et les oreilles ; suspendu par les bras, il eut des poids attachés aux pieds, qui lui désarticulèrent les jointures ; il dut subir l’estrapade ; on lui versa du plomb sur les épaules et les cuisses ; on le déchira avec des harpons de fer… (pour ne rapporter que ce qu’on peut dire). Ludovicus répétait seulement Jésus, Marie ; il ne révéla absolument rien sur les missionnaires.

Le 2 octobre 1622, il fut condamné à la mort lente par asphyxie, sa femme et ses deux garçons à la décapitation.

Malgré ses plaies, Ludovicus déclara qu’il aurait la force d’aller à pied au lieu du supplice ; il le fit et profita du déplacement pour encourager ses compagnons.

Les quatre mariniers et le fils de l’un d’eux, âgé de quatre ans, furent décapités, mais ils n’ont pas été compris dans la cause.

On commença par décapiter sous les yeux de Ludovicus son épouse et ses deux enfants. Le brasier fut allumé à un ou deux mètres de lui, pour rallentir l’asphyxie et allonger les tourments, mais Ludovicus était si affaibli qu’il rendit l’âme au bout d’une demi-heure.

Ludovicus, Lucia, Andreas et Franciscus ont été martyrisés le 2 octobre 1622 et béatifiés en 1867.

 

 

Georges-Edme René

1748-1794

 

Il était né le 16 novembre 1748 à Saint-Pierre de Vézelay (Yonne).

Ordonné prêtre dès 1769, il fut chanoine de Vézelay, à vingt-et-un ans.

A la suite de la suppression du chapitre et de la fermeture de l’église en 1790, les dix chanoines furent arrêtés malgré les protestations de la population, et incarcérés à Auxerre.

Au bout d’un an, ils furent condamnés à la déportation.

Le chanoine Georges-Edme fut donc du nombre de ces prêtres qui, pour cela, furent entassés à bord du navire négrier Washington, lequel ne partit jamais des pontons de Rochefort.

En septembre 1794, il fut transféré, moribond, sur l’Île Madame, où il s’éteignit le 2 octobre 1794

Le chanoine René fut béatifié en 1995. 

 

 

Jeanne Émilie de Villeneuve

1811-1854

 

Jeanne Emilie de Villeneuve était la troisième des quatre enfant du marquis de Villeneuve et de Rosalie d’Avessens. Son grand-père était comte de Villeneuve.

Elle naquit le 9 mars 1811 à Toulouse.

L’enfance se passa au château d’Hauterive, près de Castres, où s’était retirée la maman pour des raisons de santé. D’ailleurs celle-ci mourut en 1825, suivie trois ans plus tard par la sœur d’Emilie, Octavie. 

Emilie commença déjà à remarquer la misère sociale ; elle en fit part à son confesseur, le père jésuite Leblanc.

A dix-neuf ans, Emilie s’installa à Hauterive avec son père et son frère, et prit en charge la gestion de la vie familiale, tandis que son père était maire de Castres.

Essuyant un net refus de son père pour entrer chez les Filles de la Charité, elle fonda alors, avec la permission de l’évêque, une nouvelle famille religieuse qui s’appellera Congrégation de Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Castres (8 décembre 1836), dont les membres seront communément appelées les Sœurs bleues, en raison de leur habit. 

On notera avec surprise l’appellation de cette nouvelle famille, en 1836, bien avant la proclamation du dogme (1854) et des apparitions de Lourdes (1858) où la Sainte Vierge se définira comme l’Immaculée Conception.

Le but de cette congrégation était de servir les moins favorisés : ouvrières, condamnés, malades, enfants abandonnés…

Très vite, les vocations se multiplièrent et la famille religieuse s’implanta au Sénégal (1848), en Gambie, au Gabon. Plus tard, ce sera l’Espagne, l’Italie, l’Amérique du Sud, les Philippines.

Humblement, la fondatrice se fit bientôt remplacer à la tête de la congrégation.

En 1854, une épidémie de choléra atteignit Castres et frappa Jeanne Emilie, qui mourut le 2 octobre 1854.

Le miracle retenu pour la béatification est la guérison d’une jeune guinéenne de dix-neuf ans, renvoyée par son père qui la croyait enceinte et qui tenta de se suicider par l’absorption de soude caustique ; opérée d’urgence à Barcelone (Espagne), on la disait en phase terminale. Mais les Sœurs et les Novices de la Congrégation prièrent, déposant des reliques de Jeanne Emilie près de la malade, qui guérit rapidement et vit encore actuellement à Barcelone.

Jeanne Emilie de Villeneuve a été béatifiée en 2009 et canonisée en 2015.

 

 

Antoine Chevrier

1826-1879

 

Antoine-Marie Chevrier est né à Lyon en 1826. 

Ordonné prêtre en 1850, il consacra son ministère sacerdotal au service des pauvres dans la banlieue de Lyon où il découvrit la misère du monde ouvrier. 

En 1856, des inondations ravagent le quartier ouvrier de La Guillotière où il est vicaire de la paroisse Saint-André et se dévoue au service des sinistrés.

Il entre dans le Tiers-Ordre de saint François, désireux de suivre le Christ et l’Évangile comme François d’Assise. En méditant devant la crèche, il décide de se convertir à une existence évangélique et de vivre le mystère de la pauvreté à la suite de Jésus afin de “travailler plus efficacement au salut des âmes”. Il perçoit l’injustice qui frappe le monde du travail, tandis que se développe la grande industrie. Dans l’un de ses sermons, il dit : À mesure que les grands de la terre s'enrichissent, à mesure que les richesses s'enferment dans quelques mains avides qui les recherchent, on dirait que la pauvreté croît, que le travail diminue et que les salaires ne sont pas payés... Il pressent qu’il faut des prêtres pauvres pour rejoindre les pauvres...

Il se rend à Ars pour consulter le saint curé, Jean-Marie Vianney, sur son projet de fondation d’une société de prêtres pauvres au service des pauvres. Avec l’accord de l’évêque, il acquiert en 1860 ‘Le Prado’, une ancienne salle de bal à l’abandon. il y recueille des enfants et des adolescents. Les conditions pour être admis : "Ne rien avoir, ne rien savoir, ne rien valoir." 

Il cherche à s'associer des prêtres et demande l'autorisation de former lui-même des jeunes en vue du sacerdoce. Durant l'été 1866, au cours d'une retraite prêchée, il peint sur les murs sa doctrine du prêtre selon l'Évangile, appelée le Tableau de Saint-Fons : "Le prêtre est un homme dépouillé, crucifié, mangé". C'est l'axe de la spiritualité pradosienne.

Avec l’encouragement du Pape Pie IX, Antoine fonde la Société du Prado composée de prêtres voués à l’apostolat paroissial et missionnaire en milieu ouvrier. Il fonde aussi un institut de femmes consacrées au service des pauvres. Marie Boisson devient la première Sœur du Prado. Les premiers prêtres du Prado sont ordonnés à Rome en 1877. En janvier 1878, l’archevêque de Lyon approuve la règle de vie des premiers «Pradosiens».

Pour la formation spirituelle des prêtres et des religieuses du Prado, Antoine écrit des commentaires d’Évangile totalement centrés sur la personne de Jésus : le Christ pauvre dans la crèche, souffrant dans sa Passion, et se laissant manger dans la sainte Eucharistie. Dans une lettre à ses séminaristes, il écrit : La connaissance de Jésus-Christ est la clé de tout. Connaître Dieu et son Christ, c’est là tout l’homme, tout le prêtre, tout le saint. Son ouvrage le plus connu, mais inachevé, s’intitule : « Le Prêtre selon l’Évangile, ou le véritable disciple de Notre-Seigneur ».

Antoine Chevrier aurait souhaité que sa société de prêtres restât affiliée au Tiers-Ordre franciscain, mais les membres du Prado préférèrent conserver leur autonomie et leur incardination dans leurs diocèses d’origine. 

Le Père Chevrier, épuisé par les labeurs et l’austérité de sa vie, mourut à l’âge de cinquante-trois ans, le 2 octobre 1879, jour où il est inscrit au Martyrologe. 

Il a été proclamé bienheureux en 1986.

 

 

Jan Beyzym

1850-1912

 

Jan (Jean) naquit le 15 mai 1850 à Beyzymy Wielkie (Ukraine, alors en Pologne), dans une famille aristocratique.

Très timide de nature, il apprit très jeune la dévotion de sa famille à la Vierge Marie. Il pensait devenir prêtre de campagne, mais fut orienté par son père vers les Jésuites.

Il fit des études à Kiev, puis entra effectivement au noviciat de la Compagnie de Jésus à Stara Wies (Pologne) en 1872.

Cette période de formation se fit normalement en plusieurs étapes : philosophie à Stara Wies (1876-1877), enseignement au collège de Tchernopil (1877-1879), théologie à Cracovie (1879-1881).

Il fut ordonné prêtre en 1881 à Cracovie.

Cette même année, il fut envoyé au collège de Tchernopil, puis à celui de Chyrów, pour y être préfet, professeur de russe et de français, et infirmier. Au service des petits malades, il déploya un trésor de patience, d’humour aussi, pour soulager tout son petit monde.

Ce prêtre austère a ses délicatesses : il cultive les fleurs, pour en mettre dans les chambres des malades ; il a un aquarium, une cage de canaris, un écureuil.

Ayant développé ses dons d’assistance aux petits malades, il demanda par écrit en 1897, son envoi auprès des lépreux de Madagascar, où se trouvait une mission jésuite française. Dans sa lettre, il écrivait : Je sais très bien ce qu’est la lèpre, et ce que je peux craindre, mais cela ne m’effraie pas. Au contraire, cela m’attire.

Arrivé à Madagascar en 1898, il rejoignit la léproserie de Ambahivoraka : cent cinquante malades y vivaient, abandonnés à eux-mêmes, mourant de faim et de soif ; affectés, outre de leur lèpre, d’autres maux comme la gale, la syphilis, incapable de se laver et de se peigner, car ils n’avaient plus de doigts. C’était une misère physique, mais aussi une misère totale spirituelle ; délicatement, il écrivit : Je regarde ces petits enfants qui non seulement n’apprennent pas à aimer Dieu, mais encore ne savent même pas s’il y a un Dieu, tandis que les grands leur apprennent déjà à l’offenser.

Au début, le père Jan habitait Antananarivo et n’allait à la léproserie que pour les enterrements et le dimanche, puis on lui accorda d’y vivre en permanence. Il n’avait pas encore de gros moyens, mais il commença au moins par améliorer l’hygiène et la nourriture de ces malheureux, ce qui fit tomber la mortalité de cinq par semaine à cinq par an (!). Il devait tout faire seul : médecin, infirmier, coiffeur, sacristain, jardinier.

Jan reconnut que cette assistance n’était pas facile : l’odeur générale n’était pas celle des fleurs de l’île, comme il le disait, mais celle de la putréfaction des corps. Lui-même s’évanouit plusieurs fois. Mais il répétait sans cesse : Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait (cf. Mt 25:40).

Les soins qu’il donnait quotidiennement à ses malheureux, finirent par toucher leurs cœurs ; ils lui demandèrent le baptême.

En 1901, il alla habiter deux mois dans un village proche pour y apprendre mieux le malgache et pouvoir mieux converser avec ses lépreux. Il put ensuite prêcher une véritable retraite selon la méthode de saint Ignace, qui se solda par des confessions et des communions. D’ailleurs, durant les quatorze années de son ministère, aucun des lépreux ne mourut sans le Sacrement des Malades.

Lui qui était arrivé sans un sou, il obtint d’amis polonais, autrichiens et allemands, des milliers de francs, et construisit un hôpital à Marana (Fianarantsoa), doté de tout ce qui pouvait se trouver de mieux à l’époque, avec une chapelle, une habitation pour les Religieux, une pharmacie, un dispensaire, deux pavillons (hommes et femmes). Il y fit venir des Religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny et l’hôpital fut inauguré en 1911, dédié à Notre-Dame de Czestochowa, comme il se doit pour un Polonais. Il existe toujours actuellement, entouré de petites maisons pour les familles des malades.

Le centre de la vie du père Jan était la Messe quotidienne. Une de ses tristesses était qu’on ne pouvait maintenir constamment un tabernacle, à cause des intempéries. Il mettait toute sa confiance dans la Sainte Vierge et lui attribuait ce qu’il arrivait à faire. Il priait beaucoup, à tout moment. N’ayant pas beaucoup de temps à consacrer à la prière silencieuse, il demandait aux Carmélites de prier pour lui et sa mission.

Miné par l’artériosclérose, couvert de plaies, épuisé par le labeur et le climat, peut-être aussi contaminé par la maladie, Jan Beyzym mourut le 2 octobre 1912, dans son hôpital à Marana, assisté par un autre prêtre lui-même contaminé par la lèpre.

Le père Jan a été béatifié en 2002.

Elías Carbonel Mollá

1869-1936

Juan Bautista Carbonel Mollá

1874-1936

 

Ces deux prêtres furent réellement frères de sang, frères de sacerdoce, et frères de martyre.

Ils naquirent tous deux à Concentaina (Alicante), de José et Milagros, des parents chrétiens.

Elías naquit le 20 novembre 1869, entra au séminaire de Valencia en 1890, reçut le doctorat en théologie et fut ordonné prêtre en 1893.

Son apostolat se déroula à El Salvador et Concentaina comme vicaire, à Santa María comme archiprêtre, administrateur de l’hôpital et de la maison des Vieillards. En outre, il fut aumônier des Sœurs Trinitaires.

Juan Bautista (Jean-Baptiste) naquit le 6 juin 1874, entra au séminaire de Orihuela puis à celui de Valencia. Ordonné prêtre en 1898, il fut comme son frère vicaire à El Salvador et Concentaina, puis à l’église de Santa María.

C’était un excellent organiste. Musicien, il donna beaucoup d’élan à la liturgie du Tiers-Ordre du Carmel, qu’il dirigeait avec beaucoup de zèle.

Au moment de la révolution de 1936, on lui offrit de s’installer dans une maison d’où il pouvait facilement fuir si nécessaire, mais il répondit qu’il n’avait jamais rien fait de mal à personne et qu’il resterait chez lui.

 

Les deux frères furent arrêtés le 1er octobre 1936, et mis en prison dans le couvent des clarisses, réquisitionné à cet effet.

Le lendemain, 2 octobre, pour le seul motif d’être prêtres, ils furent emmenés sur la route et, à Sax (Alicante), furent tous deux fusillés.

Ils furent béatifiés en 2001.

 

 

María Francisca Ricart Olmos

1881-1936

 

Elle naquit le 23 février 1881 à Albal (Valencia, Espagne), deuxième des quatre enfants de Francisco et María.

En 1885, le papa mourut et la maman éduqua courageusement et saintement ses quatre enfants : trois filles et un garçon.

María Francisca reçut la Première communion en 1891, date à partir de laquelle elle se «transforma» de plus en plus, par une participation très fréquente à l’Eucharistie.

Il y eut un «incident» lors de cette cérémonie. Le curé posa simplement cette question : Y aura-t-il parmi vous quelqu’un qui sera l’épouse de Jésus-Christ ? María Francisca leva spontanément le doigt en disant bien clairement : Moi, je veux en être une !

Elle fréquenta l’école du village jusqu’à quatorze ans, bonne élève, joyeuse et sérieuse à la fois, au point que la maîtresse lui confiait la garde des plus petits. En grandissant, elle participa aux activités paroissiales. Elle apprit la musique et le chant : elle eut pour professeur une certaine Francesca Peneli, qui entra aussi chez les Servantes de Marie, et fut aussi martyrisée le 2 octobre.

Avec le consentement de sa mère et du curé, elle partit à quinze ans chez les Servantes de Marie à Valencia, dont le monastère s’appelait Au pied de la Croix. Durant le trajet, on parlait, on échangeait ; un inconnu voulut protester contre la vie religieuse et lança : Regardez cette gamine, on l’a trompée pour l’emmener ! Mais la gamine répondit crânement : Je sais parfaitement ce que je fais, c’est Jésus qui m’appelle.

Après le noviciat, elle professa solennellement en 1900, avec le nom de María Guadalupe.

Inutile de dire qu’elle vécut la Règle saintement, pieusement, profondément, méditant les douleurs de la Passion du Christ et de Marie, sans jamais pour autant perdre sa joie.

En 1928, elle fut maîtresse des novices, en 1931 prieure, de nouveau maîtresse des novices en 1934.

En juillet 1936, la communauté se dispersa et María Guadalupe se réfugia dans sa famille, d’abord chez une nièce, mais qu’elle quitta pour ne pas déranger cette jeune femme enceinte, puis chez sa sœur.

Le 2 octobre, du vacarme la fit sortir de sa méditation. Sa sœur et son beau-frère cherchaient à empêcher des miliciens de fouiller la maison. María Guadalupe sortit de sa chambre, son livre de prières à la main. On lui demanda : C’est vous la nonne ? Sa réponse démontra encore une fois sa personnalité : Je suis moniale et si je naissais mille fois, je serais Au pied de la Croix, faisant allusion au monastère et à la dévotion principale de la congrégation.

On l’embarqua dans une fourgonnette. Elle dit aux siens : Ne pleurez pas pour moi. Tenez : ils vont me faire mourir et donner la vie pour Celui qui l’a le premier donnée pour moi.

Il était deux heures du matin. On l’emmena à un soi-disant tribunal, qui la condamna à mort, ce même 2 octobre 1936 à Silla (Valencia). L’exécution se fit vers quatre heures, on en en entendit les coups. Durant les deux heures précédentes, on commit sur la Religieuse et les autres qui étaient arrêtées avec elle, des atrocités que même une des miliciennes, témoin de la scène, eut honte et horreur de raconter. 

María Guadalupe a été béatifiée en 2001.

 

 

Mateu Garrolera Masferrer

1888-1936

 

Mateu vit le jour le 11 novembre 1888 à San Miquel de Olladels (Gerona, Espagne)

A vingt-cinq ans, il fut employé comme domestique chez les Salésiens de Sarriá (Barcelone) et, conquis par cette belle ambiance familiale salésienne, demanda à y faire le noviciat.

Il entra au noviciat de Carabanchel Alto et fit profession en 1916.

Il fut une année à Sarriá, six à La Coruña, six autres à Orense et finalement à Atocha (Madrid) en 1929, où il était chargé de recueillir les aumônes des coopérateurs pour la maison.

Lors de la guerre civile de juillet 1936, la maison fut prise d’assaut. On mit les Frères face au mur. Mateu, tranquillement, sortit son chapelet et commença à le prier. Quelqu’un lui parla d’imprudence, il répondit : Et pourquoi on aurait honte de montrer ce qu’on est ? Un milicien lui dit encore de le rentrer et il lui répondit : Qu’est-ce que ça peut me faire, si vous me tuez ? J’irai plus vite au Ciel ! et il continua sa prière.

Le 22 juillet, on les emmena devant le Gouverneur ; celui-ci les savait innocents, mais craignit les menaces de la foule : il fit enfermer les Religieux dans la prison provinciale, leur promettant la liberté pour le lendemain.

Au matin du 23, libres, les Salésiens se dispersèrent ; Mateu se réfugia quinze jours chez des amis, puis chez une coopératrice salésienne, mais dut partir à cause de l’hostilité affichée par certains voisins, et rejoignit une pension ; on l’y arrêta, le 1er octobre. 

Comme papiers, il montra ses livres de piété ; interrogé, il répondit calmement ; les miliciens notèrent : A ses réponses, on voit bien que c’est un Religieux. On l’arrêta et le conduisit à la tchéka de Fomento, où il retrouva d’autres Salésiens.

On n’en sut rien de plus. Il fut peut-être fusillé dès le 2 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Felipe González de Heredia Barahona

1889-1936

 

(Voir aussi la notice : Clarétains espagnols martyrs à Fernán Caballero

 

Il naquit le 26 mai 1889 à San Asensio (La Rioja, Espagne).

Il fit la profession comme Frère convers chez les Clarétains.

Après l’expulsion forcée de la maison religieuse, il était resté chez son frère à Ciudad Real.

Bientôt découvert à son tour, il fut emmené à la tchéka du séminaire jusqu’au 2 octobre 1936. Ce jour-là, on le conduisit en voiture à Fernán Caballero, entre deux miliciens. Avec un couteau, on le menaçait : C’est comme ça qu’on va te tuer ; avec ces chiens, pas besoin de gâcher de la poudre.

La voiture s’arrêta à la porte du cimetière. Le Frère Felipe sortit, mit les bras en croix et cria : Vive le Christ Roi et le Cœur de Marie ! Il tomba sous une décharge de fusil.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Saiz Aparicio

1889-1936

 

Enrique naquit le 1er décembre 1889 à Ubierna (Burgos, Espagne).

Entré à l’école des Salésiens à Gerona et Sarriá, il commença ensuite le noviciat à Barcelone, où il fit la profession en 1909.

Il reçut l’ordination sacerdotale en 1918.

Les lieux de son apostolat furent Salamanque (1919-1923), Carabanchel Alto comme conseiller puis comme directeur, ainsi qu’à Madrid-Atocha, et enfin Carabanchel Alto (1934-1936).

Lors du soulèvement révolutionnaire de juillet 1936, tous les Salésiens furent expulsés de leurs maisons madrilènes, et se dispersèrent çà et là dans des maisons d’amis. Ils restaient en contact, se rendaient visite, et don Enrique était le supérieur de cette «communauté dispersée», conseillant, aidant, suggérant, veillant, parfaitement conscient du martyre imminent qui les attendait tous.

On vint arrêter don Enrique le 2 octobre 1936 pour le mettre en «prison» au couvent San Plácido, réquisitionné à cet effet. De là, on suppose avec assez d’indices qu’il fut ensuite emmené à la tchéka de Fomento.

Un de ces indices est qu’un autre Salésien, don Pedro Artolozaga, exécuté le 2 octobre, fut retrouvé avec les chaussures de don Enrique : ce dernier avait dû les lui donner au moment où on l’emmena pour le fusiller. 

Don Enrique fut reconnu comme prêtre dans cette tchéka, et les miliciens le fusillèrent le jour même de son arrestation, à Vallecas (environs de Madrid), le 2 octobre 1936.

C’est lui qui arrive en tête de la longue liste des bienheureux Martyrs espagnols salésiens des années 1936-1939.

Enrique Saiz Aparicio fut béatifié en 2007.

 

 

Isidoro Bover Oliver

1890-1936

 

Né le 2 mai 1890 à Vinaroz (Castellón), Isidoro se préparait à recevoir le sacerdoce à Tortosa, quand il entra dans l’Institut ou Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains.

Il fut ordonné en 1912 et partit au Mexique, où il travailla au séminaire de Cuernavaca (Tacabaya).

En 1914, il revint en Espagne, à Tortosa jusqu’à la fin de sa vie, sauf deux mois au séminaire de Almería pour un remplacement.

Il continua de diriger une revue pour les vocations, Le Courrier Joséphique (El Correo Josefino), grâce auquel il restait en liaison avec beaucoup de séminaires et de séminaristes.

En avril 1936, il écrivait à son frère José María que la dictature marxiste était en train de s’installer en Espagne.

Il fut dénoncé par le maire de son village.

Il fut arrêté et mis en prison à Castellón, avec le père Francesc Carceller et une trentaine d’autres.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le père Francesc Carceller et le père Isidoro Bover. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. 

Isidoro Bover Oliver fut béatifié en 1995.

 

 

Juan Iñiguez de Ciriano Abechuco

1901-1936

 

Il vit le jour le 8 mars 1901 à Legarda (Álava, Espagne), de bons parents chrétiens.

Juan entra à l’école des Religieux des Sacrés-Cœurs (pères de Picpus), à Miranda de Ebro.

Il entra au noviciat à Fuenterrabía (Guipúzcoa) et fit la philosophie à Miranda et San Miguel del Monte.

Après sa profession (1919), il porta le nom de Isidro.

Grand travailleur, Isidro n’était pas une «tête», mais un excellent compagnon, qui supportait gentiment les taquineries sur sa petite taille. L’un de ses confrères, parlant de sa modestie, rendit ce témoignage : Il fut exceptionnel en ce qu’il ne fut exceptionnel en rien.

Il fut ensuite à Torrelavega pour la théologie. Il fut envoyé à Rome où il fut reçu docteur en droit canonique à l’Université Grégorienne et fut ordonné prêtre en 1925. 

Il fut prieur, et professeur (apprécié) de droit canonique et de théologie morale au séminaire de l’Escorial. Il continuait d’étudier beaucoup jusqu’à en avoir parfois mal à la tête.

En 1936, le séminaire ayant été transformé en hôpital, il laissa son bel habit blanc pour mettre la blouse d’infirmier.

Le 8 août arriva l’ordre d’évacuer le séminaire et de rejoindre Madrid ; tous les élèves et les prêtres partirent, sauf le Supérieur (le père Teófilo, voir au 11 août) et quelques frères laïcs âgés.

Le 9 août, ils furent conduits à la Direction Générale de Sécurité, d’où ils sortirent libres, mais le père Isidro ne connaissait personne, ne savait où aller, et avait à peine de quoi manger. Il erra çà et là ; on lui refusa l’hospitalité dans diverses pensions ; une pieuse dame finit par l’accueillir.

Le 2 octobre, des membres des FAI (Federación Anarquista Ibérica) se présentèrent là où il se trouvait ; c’est lui qui leur ouvrit. Ils lui demandèrent : T’es curé ? Il ne nia pas. Ils l’emmenèrent avec deux autres Religieux qui étaient là.

Après un simulacre de jugement, ils furent condamnés à mort, pour le délit d’être prêtres.

Le père Isidro fut assassiné sur la route de l’Este de Madrid, le soir du 2 octobre.

La dame qui l’avait hébergé fut elle aussi incarcérée et interrogée, mais laissée en liberté. Quelques jours plus tard, elle rencontra à nouveau le chef de la tchéca et lui demanda ce qui était arrivé aux Religieux. Il lui répondit : Ne t’en fais pas pour eux ; ils ont eu un sort plus mauvais que le tien, parce qu’ils étaient curés.

Ce père Isidro fut béatifié en 2013.

 

 

Francesc Carceller Galindo

1901-1936

 

Né le 3 octobre 1901, de Joaquin et Manuela, le troisième des neuf enfants de cette famille reçut au baptême le nom de François, qui est fêté le 4 octobre. 

A part le frère aîné, Joaquin, tous ces enfants furent Religieux : Jaume, Francesc et Pere, piaristes ; Josep, Domingo et Manuel, augustins récollets ; María, l’unique fille, dominicaine. 

En 1914, le jeune Francesc eut au genou droit une tumeur blanche, qui ne put jamais guérir, au point qu’on finit même par le surnommer gentiment le petit boîteux. Après un pélerinage à Lourdes, il y eut une brève amélioration. A Saragosse, on hésita à l’opérer à cause de sa faiblesse. Francesc cependant n’y accordait pas plus d’attention, jouant et courant comme il pouvait, avec ses camarades.

Il fut enfant de chœur et, malgré sa jambe paralysée, s’efforça de s’agenouiller. Sa mère voulait demander aux Pères piaristes qu’il pût servir la messe debout, mais le garçon répondit : Je préfère alors ne pas servir la messe ! 

Après sa première Communion, il alla recevoir chaque dimanche l’Eucharistie, et se mettait en tout dernier, pour pouvoir s’agenouiller avec sa jambe raide sans déranger les autres (rappelons qu’à cette époque on communiait toujours à genoux, par respect pour l’Hôte divin qu’on recevait). Mais un jour de l’Assomption, en 1913 ou 1914, il vint se mettre en plein milieu des communiants, à genoux comme les autres : il était guéri ! Sa mère n’en croyait pas ses yeux.

C’est en signe de gratitude que Francesc voulut porter en religion le nom de la Vierge de Lourdes et aussi qu’après son ordination sacerdotale, il vint remercier la Vierge de Lourdes avec son père.

Toujours est-il qu’à quatorze ans, en 1914, il voulut suivre le même chemin que ses aînés, et entrer chez les Pères de Saint-Joseph-Calasanz, dits des Ecoles Pies ou Piaristes (voir au 25 août), à Morella. Il prit l’habit en 1918 et commença alors le noviciat.

Ce fut un novice extrêmement appliqué à sa règle, au silence, à l’ordre. Il affectionna particulièrement la liturgie et le chant grégorien. Il fit la profession solennelle en 1922 à Alella, et fut ordonné prêtre à Lleida en 1925.

Son activité se déroula ensuite à Barcelone, à l’école Saint-André de 1924 à 1930, puis celle de Notre-Dame, de 1930 à 1936, où il fut un maître de chant remarquable. Il communiqua à ses élèves l’amour enthousiaste de la Liturgie, et leur apprit à chanter le chant grégorien. Il réunit particulièrement un groupe de ses élèves en une Fédération de Jeunes Gens ou Travailleurs Chrétiens.

A la fin de l’année, il fut envoyé à Caldes de Montbui, pour un traitement aux thermes. Peu avant de quitter le collège de Barcelone, il confia à un étudiant qu’il avait le pressentiment qu’ils ne se reverraient plus.

Après cette cure à Caldes, il rejoignit son pays natal, Forcall, le 17 juillet 1936, pensant passer ce temps de vacances chez ses parents.

Mais la révolution éclata peu de jours après, et il tenta vainement de regagner Barcelone, car on lui refusa le laisser-passer.

A Forcall, furent arrêtés les prêtres. Un ami proposa l’hospitalité à Francesc pour le cacher ; Francesc lui en fut très reconnaissant, mais refusa, de peur qu’à sa place fussent arrêtés son père et son frère Joaquin, tandis que s’ils m’arrêtent, que Dieu soit béni ; je veux mourir pour mon pays et pour Dieu.

Cet été-là, il le passa à participer aux corvées habituelles, à la maison, aux champs. Quand on l’avertissait d’être prudent et de ne pas (trop) se montrer, il répondait : L’Eglise ne manquera jamais de prêtres, parce que le sang des martyrs est une semence de Chrétiens.

Le 28 août, il confiait : S’ils me tuent, ce sera la fin de mes rhumatismes ! En plus de ça, la plus grande gloire que Dieu pourra m’accorder, sera le martyre, parce que ainsi je serai sûr de posséder le ciel.

Cette grâce allait lui être accordée à partir du lendemain, 29 août. A six heures du matin, un envoyé de la mairie vint convoquer le Frère Francesc. Le papa dormait encore ; c’est sa sœur qui l’avertit : après avoir prié, elle vint réveiller son frère et lui dit qu’on l’attendait. Francesc demanda : Et maman, elle pleure ? 

Il descendit, embrassa son père, sa chère mère, tous ses proches et, accompagné de son frère Joaquin, se rendit à la municipalité, où il retrouva quatre autres prêtres de Forcall.

Ils furent d’abord enfermés à Morella, puis à Castellón de la Plana, jusqu’au 2 octobre, jour où on leur adjoignit une trentaine d’autres prêtres.

Un des laïcs prisonniers, qui put échapper - on ne sait comment - et raconter ce qu’il vit, témoigna que les prêtres se confessèrent les uns aux autres ; que Francesc, qui souffrait énormément des rhumatismes, ne pouvait certains jours pas même sortir dans la cour.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le Fr. Francesc Carceller. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. Francesc avait ce jour-là trente-cinq ans.

Il fut béatifié en 1995.

 

 

Pedro Artolozaga Mellique

1913-1936

 

Pedro vit le jour le 31 janvier 1913 à Erandio (Biscaye, Espagne), le jour de la fête de saint Giovanni Bosco.

Il entra au collège salésien de Santander, continua sa formation à Astudillo (Palencia) en 1926 puis Madrid. Il fit le noviciat à Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1931. 

Sur un petit carnet où il rédigeait diverses pensées et résolutions, il écrivit un jour : Puisse le Seigneur me faire mourir avant que je l’offense, imitant en cela le jeune Domenico Savio qui, à douze ans, écrivit : La mort, mais pas le péché.

Il alla faire en 1933 son apprentissage pédagogique à Salamanque. En juillet 1936, il rejoignit Carabanchel Alto pour la théologie. La persécution commença dès le 20 juillet.

Les miliciens le découvrirent dans la pension où il se cachait avec d’autres Salésiens. Il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Manuel Borrajo Míguez. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Pedro sur la route d’Andalousie.

Don Pedro avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-trois ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Bartolomé Blanco Márquez

1914-1936

 

Bartolomé naquit en 1914 à Pozoblanco (Cordoue, Espagne), dans un milieu très modeste.

A trois ans, il fut orphelin de père et fut élevé par ses oncle et tante. Il devint très tôt rempailleur de chaises.

Il fut un des premiers à fréquenter l’oratoire salésien de son pays, et devint catéchiste.

En 1932, il fit partie de la nouvelle section Jeunesse Action Catholique, dont il devint le secrétaire ; puis en 1934, il adhéra à l’Institut Social Ouvrier. Au terme de ses études, il fonda huit sections de syndicats catholiques.

Le 18 juillet 1936 Bartolomé se mit immédiatement au service de la Garde Civile, persuadé qu’il pourrait combattre contre les ennemis de l’Eglise.

Il fut arrêté et mis en prison à la fin de septembre 1936.

Transféré à Jaén, il confessa fermement sa foi au Christ et fut condamné à mort.

La veille de son exécution, il écrivit : En me fusillant, ils me donnent la vraie vie. En me condamnant pour avoir défendu les idéaux de la religion, de la patrie et de la famille, ils m’ouvrent les portes du ciel.

Parvenu à l’endroit de l’exécution, il baisa les mains du bourreau et se tint bien en face de lui parce que celui qui meurt pour le Christ, doit présenter sa poitrine. Devant un chêne, il mit les bras en croix, cria Vive le Christ Roi ! et reçut les balles.

C’était le 2 octobre 1936 ; Bartolomé n’avait pas vingt-deux ans.

Il a été béatifié en 2007.

 

 

Manuel Borrajo Míguez

1915-1936

 

Manuel vit le jour le 22 août 1915 à Rudicio-San Xoan de Seoane-Allariz (Orense, Espagne).

Il entra au noviciat salésien de Allariz, continua sa formation à Madrid et Mohernando-Guadalajara, où il fit la profession en 1932 ainsi que ses études de philosophie.

Il prit pour modèle saint Domenico Savio (voir au 9 mars).

Il alla faire en 1934 son apprentissage pédagogique et la théologie à Salamanque. Les lois l’obligèrent à être vêtu civilement.

Il se trouva de passage à Carabanchel Alto (Madrid), où il fut arrêté le 1er octobre 1936 avec don Artolozaga. On les interrogea longuement dans la tchéka Fomento, et on retrouva le corps de Manuel au kilomètre 10 de la route de Castellón.

Don Manuel avait été assassiné le 2 octobre 1936, à vingt-et-un ans.

Il fut béatifié en 2007.

 

 

Maria Ana Kratochwil

1881-1942

 

Elle vit le jour le 21 août 1881 à Ostrawa (Pologne, actuelle Ostravský kraj, Moravie, République Tchèque).

Elle suivit ses parents à Węgierska Górka (Żywiec), à la recherche de travail. Tôt orpheline de père, elle fut accueillie à l’orphelinat de Bielsko, tenu par les Sœurs Scolastiques de Notre-Dame, qui l’aidèrent à préparer le diplôme de maîtresse d’école.

Après avoir travaillé trois ans à l’école de Karwin, elle entra en 1901 dans cette Congrégation et professa en 1910 avec le nom de Maria Antonina.

Elle enseigna d’abord dans une école primaire à Karwin (1906-1917), à Lwów comme professeur (1917-1925) et fut supérieure de son couvent (1925-1932).

Maîtresse des novices à Tłumacz, elle revint à Lwów comme directrice de l’école, tout en continuant la formation des jeunes vocations jusqu’en 1939, puis fut directrice à Mikuliczyn, dans la zone d’occupation soviétique.

Au début de la guerre, les Religieuses furent expulsées, mais purent reprendre leurs activités quand les Allemands contrôlèrent la région, quoique dans des conditions très difficiles. Bientôt cependant le couvent dut être évacué.

Les six sœurs, avec leur Supérieure, durent vivre dans la clandestinité jusqu’en juillet 1942.

Trahies et dénoncées, elles furent le 9 juillet conduites en prison à Stanislawów. Maria Antonina, comme supérieure, fut soumise particulièrement à maintes tortures de la part des soldats nazis. Des témoins purent affirmer qu’elle répétait la parole du Christ : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font (cf. Lc 23:34). Touchée par le typhus, elle n’en continua pas moins de soutenir le moral de ses Consœurs.

Enfin relâchée, elle mourut quelques jours après à l’hôpital, des suites des mauvais traitements reçus.

Elle s’éteignit à Stanislawów (aujourd’hui Ivano-Frankivs’k, Ukraine), le 2 octobre 1942, et fut béatifiée en 1999.

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Published by samuelephrem - dans 10-octobre
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