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13 octobre 2020 2 13 /10 /octobre /2020 23:00

13 OCTOBRE

 

II.

S Theophilos d'Antioche, converti en Mésopotomie par la lecture de la Bible et l'observation des mœurs chrétiennes, évêque à Antioche, auteur de "Trois livres à Autolycus".

III.

S Florentius, martyr à Thessalonique. 

IV.

SS Faustus, Ianuarius, Martialis, martyrs à Cordoue. 

S Lubentius, disciple de s. Martin à Tours puis de s.Maximin à Trèves, où il fut ordonné prêtre.

V.

S Romulus, évêque à Gênes, à l'origine de la ville de Sanremo.

S Venantius, berrichon, abbé près de Tours, mystique et thaumaturge.

VI.

S Leobonus, ermite près de Limoges.

VIII.

S Comgan, missionnaire irlandais, abbé à Turriff, fils de roi, frère de ste Kentigerna et oncle de s. Fillan.

IX.

S Simpert, abbé bénédictin à Murbach, puis évêque à Augsburg.

X.

S Géraud, apparenté aux ss. Césaire d'Arles et Yrieix, fils de ste Adeltrude, comte et fondateur d'une abbaye à Aurillac où il partageait les occupations des moines et d'où sortit Gerbert, le futur pape Sylvestre II ; il fit sept fois le pèlerinage à Rome.

XI.

S Reginbald, abbé bénédictin et évêque à Spire.

XII.

Ste Chelidonia, vierge à Subiaco, dont elle est patronne.

XVI.

Bse Maddalena Panattieri, tertiaire dominicaine à Trino, excellente conseillère ; elle prophétisa les malheurs d'Italie au XVIe siècle, précisant que sa ville serait épargnée.

XX.

Bx martyrs espagnols en 1934 aux Asturies, béatifiés en 2013 :

Lazaristes : le prêtre Tomás Pallarés Ibáñez (*1890), et le convers Salustiano González Crespo (*1871) ;

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2007, martyrisés à Barcelone :

Carmes de l’Ancienne Observance : les profès Antonio Ayet Canós (Ludovico María) et Ángel Presta Batllé (Ángel María) (*1886, 1915).

Lasalliens : Ruperto García Arce (Florencio Miguel, *1908) ;

- béatifiés en 2017 :

Diocésains : près d’Almería, Herminio Motos Torrecillas (*1877) ;

Lazaristes : Joan Puig Serra (*1879), prêtre, près de Girona.

Bse Alexandrina Maria da Costa de Balasar (1904-1955), laïque portugaise ; elle s'élança par la fenêtre de sa maison pour échapper à des individus mal intentionnés et fit une chute de quatre mètres ; mystique, elle supplia le pape de consacrer le monde au Cœur Immaculé, et finit ses jours en s'alimentant de la seule Eucharistie ; béatifiée en 2004.

 

 

  

 

 

Salustiano González Crespo

1871-1934

 

Il naquit le 1er mai 1871 à Tapia de la Ribera (León, Espagne), quatrième des quatre enfants (deux garçons et deux filles) de Joaquin et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain ; Salustiano fut confirmé cette même année, selon une coutume de l’époque.

Il grandit dans la saine atmosphère familiale, travaillant à la sueur de son front, sans perdre son temps.

Il vint à León pour trouver plus de travail.

En 1893-1894, il travailla comme aide-infirmier à l’hôpital de León, où il connut les Filles de la Charité, grâce auxquelles il put contacter le Supérieur de Madrid, sur recommandation (excellente, on s’en doute) des Sœurs de León.

il entra ainsi en 1894 dans la congrégation des Vincentiens à Madrid, où il fit le noviciat. Sur tous les points il donna entière satisfaction aux Supérieurs (et parfois même donna des leçons aux prêtres, par son comportement tout silencieux et soumis).

Il fut envoyé à la maison d’Ávila, où il fit la profession comme convers en 1896 ; en 1898, il fut envoyé deux ans à Valdemoro (Madrid), puis en 1900 aux Canaries, où il travailla pendant plus de vingt années, patiemment, humblement, sans jamais se plaindre.

Il revint sur Cuenca en 1928, et rejoignit la communauté d’Oviedo (Asturies) en 1930, comme cuisinier et portier. Il profitait aussi de cette dernière occupation pour enseigner du catéchsime aux petits enfants qu’il voyait passer.

Le Frère Salustiano n’était pas ce qu’on aurait appelé une lumière intellectuelle ; il n’était pas venu se consacrer à Dieu pour «paraître», mais pour rendre service.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Le 6 octobre 1934, la plus grande partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires. Une partie des Pères et des élèves furent fusillés sur place. Mais pour un autre groupe qui allait être aussi fusillé, le Frère Salustiano s’interposa et dit aux assassins : Tuez-moi, moi, qui ne sers à rien. Mais ne tuez pas ces jeunes, qui peuvent faire beaucoup de bien.

Le résultat est que ce groupe fut «seulement» mis en prison quelque temps, d’ailleurs avec leur Directeur et quelques professeurs ; tous furent plus tard libérés.

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice (le séminaire, ou la prison où se trouvait le Frère avec les autres, le détail n’est pas clair dans les récits) - l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. 

L’héroïque Frère Salustiano reçut une balle dans la nuque. Il avait soixante-trois ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Antonio Ayet Canós

1886-1936

 

Antonio naquit à Villareal de los Infantes (Castellón, Espagne), le 25 juillet 1886, de Pascual et Mariana, qui avaient déjà quatre enfants.

Selon une pratique fréquente à l’époque, l’enfant fut baptisé le jour-même et confirmé en 1890.

Tout en fréquentant l’école tenue par les Pères franciscains, il aidait son père aux champs ; il appartint à la congrégation mariale de Saint-Louis et suivait le catéchisme au Carmel. Sa vocation mûrissait déjà.

En 1909, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession en 1911, prenant désormais le nom de Ludovico María.

En 1920, il participa à une fondation à Porto Rico, d’où il rejoignit le Vénézuéla en 1922, pour revenir en Espagne en 1928.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet : à cet effet, le Frère Ludovico devait partir à Tarrasa pour collaborer à cette préparation.

La révolution venait d’éclater ; à peine arrivé, Ludovico fut arrêté en même temps que son confrère Ángel Presta.

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ludovico fut béatifié en 2007.

 

 

Tomás Pallarés Ibáñez

1890-1934

 

Il naquit le 6 mars 1890 à La Iglesuela del Cid (Teruel, Espagne), de Jenaro et María Amparo, de bons chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école des pères Vincentiens à Teruel.

En 1906, il entra au noviciat de Madrid, fit la profession en 1908 et fut ordonné prêtre en 1915.

Les missions, les prédications, les retraites qu’il accomplit, furent extrêmement nombreuses. Sa préparation ayant été excellente, il savait affronter mille problèmes avec science et prudence, au point qu’on l’appela l’homme universel. Il donna aussi des cours de latin aux jeunes élèves des Lasalliens.

Envoyé à la maison de Orotava, il partait de là en mission dans différents endroits de l’île de Tenerife. En 1923-1927, il fut professeur à Guadalajara, puis assistant du Provincial à Madrid, ainsi qu’assistant du Visiteur durant ses déplacements dans toute l’Espagne, au point qu’il en fut finalement secrétaire ; en 1930, il fut envoyé à Oviedo (Asturies) comme économe et directeur spirituel, ce qui ne l’empêcha pas d’aller aussi et encore prêcher dans d’autres communautés.

En 1934, il fut nommé sous-directeur du séminaire d’Oviedo.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Dans le résumé qui suit, on ne pourra pas bien comprendre finalement où se passèrent les choses. Les explosions dont il sera question se produisirent-elles dans le séminaire des Vincentiens, ou dans tel autre édifice où étaient prisonniers les Religieux ? Les détails trouvés en plusieurs récits ne s’imbriquent pas réellement.

Le 6 octobre 1934, le séminaire fut envahi. Une partie des professeurs et des élèves put s’enfuir. Une autre partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires, qui les mirent en prison au commissariat, puis dans un ancien pavillon de la Garde Civile. Certains furent fusillés sur place. Après trois jours, on les déplaça dans un autre édifice, environ soixante-dix dans une seule pièce où ils ne pouvaient pas tous s’asseoir, encore moins s’allonger. Ils ne devaient pas parler (mais réussirent à se confesser aux prêtres présents) ; les Rouges se moquaient d’eux : Vous autres, qui êtes religieux et professez la perfection, allez nettoyer les toilettes, allez balayer.

C’est le directeur de prison qui interdit de fusiller tous les prisonniers. On organisa un simulacre de jugement, et certains furent relâchés.

Puis on transféra encore ailleurs les prisonniers, qui n’eurent rien à manger ni à boire pendant trois jours, sauf une bouchée et une goutte de café au matin du 13. On leur présenta même l’eau où s’étaient lavés les révolutionnaires.

Le père Tomás continua à assister spirituellement ceux qui étaient là (un autre texte dit qu’il erra dans les rues, renonça à se réfugier chez son frère, et revint dans le séminaire, avec le Frère Salustiano).

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. Le père Tomás reçut une rafale de balles dans la tête et s’écroula.

Après une deuxième explosion, le corps du Martyr fut écrasé par un poteau de fer ; on reconnut après son cadavre, qui cependant disparut par la suite (?).

Le père Tomás Pallarés fut béatifié en 2013.

 

 

Ruperto García Arce

1908-1936

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Presta Batllé

1915-1936

 

Ángel naquit à Olot (Girona, Espagne), le 17 février 1915.

En 1930, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession, prenant désormais le nom de Ángel María.

Il fut le cuisinier de la communauté.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet.

La révolution venait d’éclater ; Ángel fut arrêté en même temps que son confrère Ludovico (Antonio Ayet Canòs).

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ángel fut béatifié en 2007.

 

 

Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

 

Alexandrina naquit le 30 mars 1904 à Gresufes, bourg dépendant de Balazar (Póvoa de Varzim, Porta, Portugal), de parents cultivateurs, travailleurs et honnêtes, qui déménageront bientôt au lieu-dit Calvário. C’était la Semaine Sainte, et Alexandrina fut baptisée le Samedi Saint suivant, 2 avril 1904. 

Elle avait une sœur aînée, Olinda, qui sera sa compagne de jeux, et plus tard son infirmière et sa secrétaire.

La petite fille travailla aux champs avec ses parents et, dès douze ans, comme journalière. Parallèlement, elle devint catéchiste et membre de la chorale paroissiale. 

En 1916 elle fit une chute d’un arbre ; on la crut mourante, mais elle se rétablit après avoir reçu les derniers Sacrements.

Adolescente, elle voulaitt rester unie à Jésus-Christ dans la virginité, tellement qu’un jour où trois hommes mal-intentionnés prétendaient la poursuivre jusque dans sa chambre, elle n’hésita pas à passer par la fenêtre pour leur échapper, faisant ainsi une chute de quatre mètres ; les poursuivants n’insisteront pas, mais la jeune fille fut gravement choquée ; cette chute lui occasionnera une compression de la moelle épinière et une paralysie progressive qui la clouera au lit à partir de 1925.

Elle aura tout de même la joie de pouvoir assister au Congrès eucharistique de Braga en 1924.

Le Christ se manifestera à elle, lui demandant invariablement de souffrir, aimer, racheter. Désormais, Alexandrina vécut dans une rare intimité la Passion de Jésus-Christ, chaque vendredi, retrouvant mystérieusement ce jour-là l’usage de ses mouvements ; elle porta les stigmates du Christ.

En 1938, elle fit porter au pape la demande de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

A partir de 1942, un fait extraordinaire se manifesta, constaté par plusieurs médecins et inexpliqué par la science : Alexandrina ne mangeait ni ne buvait plus rien, en dehors de l’Eucharistie quotidienne, phénomène qui durera treize années, jusqu’à sa mort. A partir de la même année, elle obtint la grâce que les souffrances de la Passion ne fussent plus visibles extérieurement.

Le Christ lui demandera d’offrir ses souffrances en réparation des sacrilèges commis envers l’Eucharistie.

Alexandrina Maria da Costa, qui ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie et qui avait reçu la mission de faire consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, mourut un jeudi, jour de l’Eucharistie, le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima.

Cette grande âme mystique fut béatifiée en 2004.

 

Theophilos d’Antioche
2. siècle

Theophilos naquit dans une région proche du Tigre et de l’Euphrate, et grandit dans le paganisme. 
Il reçut une bonne éducation helléniste.
Sa conscience pure eut l’occasion d’observer les mœurs des Chrétiens - disons, de ces Chrétiens qui ne jouent pas avec la Vérité et dont la vie est conforme à leur foi. Theophilos lut la Bible. Tout cela lui montra combien l’enseignement de la foi chrétienne était bien supérieur aux horreurs de la mythologie païenne : Theophilos devint chrétien.
Vers 169, il fut appelé à occuper le siège épiscopal d’Antioche de Syrie ; c’était le sixième après s.Pierre, qui y siégea le premier avant de se rendre à Rome.
Theophilos mourut après 180.
Des différents ouvrages qu’il a écrits et dont parlent l’historien Eusèbe et s.Jérôme (v. 30 septembre), on n’a que le texte du Traité à Autolykos, une véritable apologie du christianisme qui s’adresse à cet Autolycos, dont on ne connaît que le nom. Voici un de ses arguments :
De ce que les aveugles ne voient pas, il ne résulte point que la lumière du soleil ne se montre pas. Que les aveugles s’en prennent à eux-mêmes et à leurs propres yeux ; de même, si tu as les yeux de l’âme voilés par tes fautes et tes pratiques mauvaises. Comme un miroir brillant, voilà comment l’homme doit tenir son âme pure. Si le miroir est rouillé, on ne peut voir le visage de l’homme dans le miroir. De même, si l’homme est pécheur, cet homme ne peut contempler Dieu.
Il est intéressant de relever que Theophilos est le premier qui utilise un mot spécial, le mot trias, pour désigner la Trinité de Dieu, son Logos (le Verbe incarné) et sa Sophia (la Sagesse de l’Esprit).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Theophilos d’Antioche au 13 octobre.


Florentius de Thessalonique
? 3. siècle

Qui sait ce que faisait ce Florentius au nom latin, à Thessalonique (Grèce N). Un soldat ? Un émigré ? Un pèlerin ?
On dit qu’il subit différentes tortures pour sa foi en Christ, et qu’il mourut dans les flammes.
Ce pouvait être au troisième siècle, vers 250.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Florentius de Thessalonique au 13 octobre.


Faustus, Ianuarius et Martialis de Cordoue
? 304

Ces trois Martyrs furent appelés par le poète Prudence les trois Couronnes.
On les étendit sur le chevalet, avec ordre d’intensifier progressivement les tortures jusqu’à ce que les trois hommes acceptassent enfin de sacrifier aux dieux païens.
Faustus s’écria : Il n’y a qu’un Dieu, notre Créateur !
Le juge lui fit tailler le nez, les oreilles, les paupières, la lèvre inférieure, mais plus Fausto souffrait, plus il louait et remerciait le Bon Dieu.
Même sort subit à son tour Ianuarius.
Martialis, le plus jeune des trois, de son chevalet ne perdait pas un instant des tortures de ses deux amis. Quand le juge l’invita à son tour à renier sa foi au Christ, il lui répondit : Jésus Christ est mon seul réconfort. Il n’y a qu’un Dieu, Père, Fils et Esprit-Saint : à eux soient rendus tout honneur et toute gloire.
On les condamna tous les trois à périr dans les flammes, où ils achevèrent leur martyre dans l’action de grâce.
Ce pouvait être vers 304.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Faustus, Ianuarius et Martialis de Cordoue au 13 octobre.


Lubentius de Trèves
4. siècle

Lubentius dut naître en Gaule.
Ses pieux parents le confièrent à s.Martin (v. 11 novembre) ; ce dernier à son tour le confia à s.Maximin de Trèves (v. 29 mai), qui était lui-même d’origine poitevine.
Maximin éleva Lubentius et l’ordonna prêtre. Lubentius fut son plus fidèle serviteur.
Lubentius fit élever une église sur le rocher de Dietkirchen (act. Hesse, Allemage C).
L’histoire traditionnelle raconte qu’à la mort de Lubentius, personne n’arrivait à déplacer son corps. Les évêques de Trèves et de Cologne décidèrent alors de le placer sur une barque et de laisser «les anges» s’en occuper. La barque descendit la Moselle, traversa le Rhin et remonta la Lahn, jusqu’à Dietkirchen, et c’est là que Lubentius fut enterré. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Lubentius de Trèves au 13 octobre.

 

Romulus de Gênes
5. siècle

Romulus serait né non loin de Gênes (Ligurie, Italie NW), dont il devint le quatrième évêque, vers la fin du quatrième siècle ou au début du cinquième.
On raconte de lui qu’il était animé d’une particulière bonté pour les hommes, spécialement pour apaiser les discordes.
Il se peut que Romulus, devant le danger des invasions lombardes, se réfugiât dans quelque grotte des alentours de Gênes, où il priait et faisait pénitence pour son troupeau menacé. Les gens venaient supplier Romulus de prier chaque fois qu’un danger se présentait : invasion, famine, épidémie…
La grotte où Romulus se retirait devint fameuse. Après sa mort, l’endroit prit le nom de Civitas Sancti Romuli, puis simplement San Romolo, en dialecte local San Rœmu, qui a donné l’actuel Sanremo.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romulus de Gênes au 13 octobre.


Venantius de Tours
5. siècle

Venantius était originaire du Berry.
Ses bons parents l’avaient fiancé à une belle jeune fille, à laquelle il s’attacha loyalement. On sait, par exemple, qu’il lui offrit une paire de chaussons.
Venu à Tours, il y fut si remué intérieurement par tout ce qu’il entendit sur s.Martin (v. 11 novembre) et sur les moines de Marmoutier, qu’il désira embrasser la vie monastique.
Il fallait demander son avis à la fiancée - son épouse peut-être, car on ne sait si le mariage avait déjà été célébré. La fiancée consentit à la séparation. Venantius devint moine… et succéda à l’abbé Silvin.
Venantius reçut la grâce des miracles : il guérit un enfant tout perclus, ainsi que de nombreux malades atteints de quelque fièvre.
Il eut des visions. Ainsi il entendit les anges chanter le Sanctus de la Messe ; un prêtre défunt nommé Panivus lui apprit quel soulagement il avait reçu par ses prières…
Venantius mourut vers la fin du cinquième siècle, et continua de faire des miracles.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Venantius de Tours au 13 octobre.

 

Léobon de Salagnac

† 530

 

On est étonné de lire dans certaines publications qu’on ne sait rien de lui, et de découvrir dans d’autres publications (antérieures) tant de détails intéressants. Même si l’on a des raisons sérieuses d’émettre des doutes, on peut tout de même donner des informations, ne serait-ce qu’au conditionnel.

Notre Leobonus (Lion bon, gentil lion) naquit à une date imprécise de la fin du 5e siècle, à Fursac (Forum sacrum, ville sainte), de parents chrétiens qui le mirent sous la protextion de sainte Rufina (v. 19 juillet ?). 

Pourquoi Rufina, une martyre espagnole du 3e siècle ? L’église paroissiale était bien dédiée à sainte Rufine, mais on proposerait aussi cette explication : il est souvent arrivé que des parents imposassent à leur bébé le nom du Saint du jour ; en supposant que Leobonus fût né ou baptisé un 19 juillet, il pouvait recevoir le nom de Rufin ; ajoutons maintenant que sainte Rufine, après maintes tortures, fut exposée à un lion qui, gentiment, vint lui lécher le manteau. Ne serait-ce pas là l’origine du prénom Leobonus ?

Toujours est-il que Leobonus fut réellement bon, très tôt attiré par la solitude, la prière, la méditation. Il finit par se construire un petit ermitage non loin de Fursac, cultivant les légumes dont son corps avait besoin, et se rendant à l’église pour nourrir son âme de l’Eucharistie.

Le Diable ne pouvait pas laisser en paix une vie si sainte ; il suscita une femme qui, feignant de chercher son chemin, demanda à Leobonus l’hospitalité. Mais elle y mit des propos si liencieux que, pour préparer un lit, Leobonus étendit à terre des charbons ardents et s’y coucha en invitant cette femme à le rejoindre ; effrayée, elle se retira bien vite et, avec ses compagnes qui l’attendaient, vint observer la scène, bien surprise de constater que Leobonus n’avait aucune brûlure. Celles qui voulaient faire tomber Leobonus dans le péché, diffusèrent au contraire la sainteté de l’Ermite.

Mais Leobonus n’aimait pas tout le tapage qui en résulta ; il gagna Salagnac, un peu plus loin, et y vécut jusqu’à la fin de sa vie.

Leobonus mourut en ou vers 530. Les miracles qu’il n’avait pas opérés de son vivant, furent nombreux à son tombeau.

Il y eut tant de miracles, et tant de reconnaissance, que l’église paroissiale de Fursac fut la plus «riche» du diocèse. Lorsqu’en 1755 la commune voulut construire deux ponts, rendus nécessaires à cause des fréquentes crues des eaux, il leur «suffit» de vendre tous les matériaux de la chapelle de Saint-Léobon et le gros tilleul qui est au-devant de la dite chapelle.

Leobonus fut traditionnellement invoqué pour la guérison des enfants malades, pour guérir les fièvres ou les inflammations intestinales.

En 994, on procéda à une reconnaissance des reliques et on lava les os avec du vin bénit ; un jeune homme malade en goûta, et fut guéri à l’instant. Lors d’une procession des reliques, un enfant atteint du Mal des Ardents, fut guéri immédiatement. Par la suite, d’autres enfants furent aussi guéris du même mal. Près de Limoges se trouve une colline où furent déposées ces reliques le temps de les y faire vénérer : il y eut tant de miracles qu’on appela le lieu Montjauvy (Mons gaudii : Montagne de la Joie).

Il y eut ensuite une petite contestation entre Fursac et Salagnac : qui aurait eu l’honneur d’abriter les reliques de l’Ermite ? Après quelques échanges assez colorés, Fursac conserva le bras droit, Salagnac le reste.

Saint Léobon de Salagnac est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Comgan d’Irlande

8e siècle

 

Ne pas confondre s.Comgan avec s.Comgall (v. 10 mai).

Comhghan était le fils de Kelly, roi de Leinster (ou Laighean, Irlande CE), le frère de sainte Kentigern, et donc l’oncle de s.Fillan (v. 7 et 9 janvier).

Blessé à la suite d’une bagarre avec des clans voisins, Comgan s’enfuit avec Kentigern et les trois enfants de celle-ci, ainsi que sept autres compagnons, à Lochalsh (auj. Kyle of Lochalsh, Ecosse NO).

Là vécut cette petite troupe, conduite et dirigée par Comgan qui, devenu abbé, voulait montrer l’exemple et s’adonnait à la pénitence et à la plus grande austérité.

Comgan aurait aussi fondé le monastère de Turriff (Ecosse NE).

Il aurait été enterré à Iona par les soins de son neveu, s.Fillan.

Saint Comgan d’Irlande est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Simpert d’Augsburg

750-807

 

On ne connaît rien de l’origine et de l’enfance de Simpert (ou Sintpert, Simbert, Sindbert).

Né vers 750, il pourrait avoir été un neveu de Charlemagne.

Ce dernier l’aurait nommé abbé de Murbach (Alsace), vers 778, puis évêque de Neuburg-Staffelsee en 789, en lui confiant en même temps d’ailleurs la fonction d’abbé au monastère local de l’île de Wörth.

En 802, Simpert aurait alors réuni ce siège à celui d’Augsburg et c’est lui qui en acheva et consacra la nouvelle cathédrale. Il fut le onzième évêque de ce diocèse.

A la mort de l’abbé Waldram de Benediktbeuern, il consacra le nouvel abbé Eliland.

Il s’occupa aussi attentivement du monastère Saint-Mang à Füssen.

Simpert aurait rédigé des statuts pour rehausser le niveau spirituel et intellectuel des monastères. Qu’on en juge par quelques sentences : 

  • les moines sauront par cœur la Règle de s.Benoît.
  • les étudiants devront s’exprimer en latin et sauront : les psaumes, les cantiques, les hymnes, l’Histoire sainte, les Vies des Pères.
  • les illettrés apprendront à lire pour pouvoir réciter le Pater, le Credo, les psaumes de la pénitence et peu à peu tous les autres psaumes.
  • Les abbés devront partager la même vie que les moines.
  • les moines devront travailler à tour de rôle en cuisine, à la boulangerie, et laver eux-mêmes leur linge.
  • le cachot (!) devra avoir un foyer.
  • le bain sera toléré hors carême.
  • un jeune moine devra saluer un plus âgé par la genudeflexio, génuflexion (?).
  • l’hôte sera accueilli respectueusement : de la main, il faudra toucher terre. 

Simpert apparaît avoir été un personnage-clé de l’époque, non seulement pour la ville et le diocèse d’Augsburg, pour la vie monastique, mais aussi pour les relations entre la Bavière et le royaume Franc.

Il mourut un 13 octobre, probablement en 807.

Ce n’est qu’en 1450 qu’on autorisa son culte.

Saint Simpert d’Augsburg est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

Géraud d’Aurillac

855-909

 

Géraud naquit vers 855 à Aurillac, de Géraud et Adeltrude (v. 14 novembre ?). La famille comptait, dans ses ancêtres, s.Césaire d’Arles et s.Yrieix (v. 27 et 25 août). 

Dès avant la naissance, son père avait vu en songe un grand arbre sortir de son pied droit ; peu de jours avant la naissance, les parents entendirent dans le sein de la mère la voix de leur enfant qui, plus tard, devait si souvent louer la Sainte Trinité.

Comme son père, Géraud était comte. Il apprit le métier des armes, la chasse, mais se révéla de santé médiocre ; il fut même un moment couvert de boutons qu’on ne parvenait pas à guérir ; Géraud se perfectionna intellectuellement : grammaire, musique, Ecriture, droit, au point qu’il étonnait les clercs qui passaient à la maison.

La mort de ses parents rendit Géraud maître d’immenses domaines, qu’il voulut administrer avec une sainte sagesse, dans un esprit évangélique.

Il vit un jour une jeune fille serve qu’il pensa épouser ; mais il comprit qu’il se trompait et invita les parents à marier leur fille rapidement, l’affranchit et lui remit en dot une ferme ; ensuite il fut aveugle pendant un an. Plus tard, le duc d’Aquitaine lui proposa sa fille, mais Géraud déclina l’offre pour conserver sa chasteté.

Géraud préféra toujours la simplicité, la douceur et la générosité. Sa vie était celle d’un moine : avec son entourage, il priait l’office le matin et assistait à la Messe. Géraud parvenait à prier le psautier intégral chaque jour. Il mangeait peu, un repas par jour, faisant abstinence trois fois par semaine ; comme dans un monastère, il y avait la lecture pendant les repas.

Sa justice était véritablement évangélique. Il savait défendre son droit, mais aussi pardonner. 

Il se vit obligé de prendre les armes contre des voisins, mais il ordonna à ses hommes de charger l’épée à l’envers, ce qui mit en déroute l’ennemi : on comprit que Dieu était avec lui et le protégeait. D’autres fois, de véritables miracles eurent lieu, où l’on voyait la main de Dieu. Le comte de Turenne se blessa lui-même avec son épée et rentra honteux. Le comte Adémar voulut le surprendre de nuit quand il dormait dans un pré, mais ne put le trouver ; Adémar occupa un de ses châteaux mais, quand il voulut attaquer Géraud, ses hommes crurent voir en face d’eux des tentes innombrables et se rendirent : Géraud les laissa partir. Le frère d’Adémar voulut prendre Aurillac tandis que Géraud assistait à la Messe : il ne put voler que sept chevaux et en perdit plus de soixante sur son retour, et mourut deux semaines plus tard, pendant qu’une tempête arrachait le toit de sa demeure.

Géraud fut contraint de lancer une expédition contre un petit seigneur brigand. Il put l’arrêter sans le blesser et lui dit simplement : Tu n’es pas le plus fort, cesse de faire le mal ; je te relâche sans te demander ni otage, ni serment, ni réparation.

Nouveau Salomon, Géraud était consulté de très loin. Il intervint jusqu’à Plaisance (Italie). Quand il ne pouvait dissiper une discorde, il faisait célébrer la Messe pour la réconciliation des plaignants. 

Le dimanche, Géraud présidait le plaid, assemblée de justice aux jugements sans appel ; s’il ne pouvait empêcher parfois une peine de mort, il n’hésitait pas à favoriser une évasion pour un délit mineur. 

Il surprit un jour un voleur dans sa propre tente : il lui ordonna de vite partir avec ce qu’il tenait en main. 

Au château, il y avait toujours des habits, des chaussures, de l’argent pour les pauvres de passage ; Géraud goûtait lui-même le vin et le repas qu’on leur servait.

Surpris de voir une brave femme conduire la charrue, car son mari était malade, il lui paya un domestique ; rencontrant près de Rome un Berrichon malade et abandonné de ses compagnons de pèlerinage, il lui donna l’argent nécessaire pour se soigner et achever son voyage.

Géraud fit (au moins) sept fois le pèlerinage à Rome, outre ceux qu’il faisait à Saint-Martin de Tours ou Saint-Martial de Limoges. Son passage était signalé par la rumeur publique, car on savait qu’il laissait des aumônes importantes.

L’Eglise fut bien sûr particulièrement favorisée de cette libéralité : Géraud lui remettait le neuvième de ses revenus. Il aurait volontiers remis au pape tous ses domaines et son autorité, et se serait fait moine, mais l’évêque lui conseilla de demeurer à sa place, pour le bien de ses administrés. Géraud put cependant porter la tonsure monastique (qu’il dissimulait avec sa couronne de comte), raser sa barbe (sous prétexte de commodité), porter des vêtements de lin comme les clercs et, s’il devait paraître en public avec son épée, il la faisait porter devant lui pour ne pas la porter lui-même.

La grande œuvre de Géraud fut la construction de l’église et de l’abbaye d’Aurillac, sous la règle de saint Benoît (v. 21 mars). Ce fut vers 885. Géraud chercha à y faire venir de saints moines, qui ne surent pas être à la hauteur de leur Fondateur. Mais plutôt que d’intervenir dans la vie de la communauté monastique, Géraud priait et faisait célébrer des Messes. 

L’abbaye d’Aurillac obtint du roi un diplôme d’immunité daté 899, et fut donnée à Saint Pierre, de sorte qu’elle était absolument exempte de toute autorité laïque ou religieuse. Elle était dotée de revenus suffisants pour nourrir les moines. La première église s’écroula ; la deuxième fut dédiée à saint Pierre.

En 902, Géraud fut frappé de cécité et passa son temps à prier et à entendre de pieuses lectures. Une de ses dernières joies fut, en 907, la dédicace de l’église de l’abbaye.

En septembre 909, Géraud sentit la mort approcher. Il dicta son testament, qui favorisait principalement l’abbaye d’Aurillac, mais ses proches aussi ; il libéra cent serfs, le maximum que lui autorisait la loi. Il tomba malade à Cezerniacum, localité qu’on croit identifier avec l’actuelle Saint-Cirgues (Lot) et fit venir l’évêque. Le vendredi 13 octobre 909, il psalmodia encore l’office avec ses chapelains ; on le croyait mort, mais devant l’Eucharistie qu’on lui apportait, il ouvrit les yeux, communia, et mourut.

Sept années après cette pieuse mort, un clerc limousin demanda aux moines si le sarcophage continuait à s’élever ;  les moines furent bien surpris, en l’examinant, qu’il n’était plus enterré que jusqu’au couvercle, et que le prodige continuait encore.

Ce n’était pas le premier miracle qu’on constatait ; il y en avait eu du vivant du saint comte ; on savait que l’eau dont Géraud se lavait les mains, faisait des guérisons, d’un boîteux ici, d’un enfant aveugle là ; il semble que les miracles de Géraud aient intéressé particulièrement les aveugles, en France ou en Italie. Gêné par cette renommée, il cherchait à faire des miracles «en secret» (!), rien à faire, on criait même Saint Géraud, saint Géraud !

Géraud apprit mystérieusement en Italie qu’un ami moine était mort et fit prier pour lui ; on remarqua qu’en effet le moine était mort au moment où Géraud faisait prier pour lui.

Le comte Raymond de Toulouse s’obstinait à garder prisonnier le neveu de Géraud ; celui-ci apparut auprès du lit de Raymond et le menaça des pires châtiments : Raymond implora son pardon et relâcha le prisonnier.

Les miracles continuèrent après la mort de Géraud. Aurillac devint célèbre, les bâtiments insuffisants. Une nouvelle église fut consacrée en 962. De cette abbaye sortit un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. Un des abbés fut Odon, plus tard abbé de Cluny, et auteur de la première biographie de Géraud.

En 1569, les calvinistes détruisirent entièrement l’abbaye, brûlant tous les parchemins, les archives, les meubles ; l’église fut reconstruite plusieurs fois.

Géraud reste un exemple exceptionnel de «sainteté laïque» : il n’était ni prêtre, ni ermite, encore moins martyr ; il fut un saint homme, au sens propre du mot.

Saint Géraud d’Aurillac est commémoré le 13 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

Cleridonia de Cicoli

1077-1152

 

Cleridonia naquit le 1er octobre de 1077 environ à Cicoli (Latium, Italie C).

A vingt ans, elle laissa la maison paternelle et s’établit dans une grotte à Morra Ferogna, sur l’Aniene, là où saint Benoît s’était établi cinq cents ans plus tôt (v. 11 juillet) et où se trouve l’actuel monastère bénédictin de Subiaco.

Cleridonia vécut là dans la contemplation, la prière et le jeûne, pendant plus d’un demi-siècle. Elle n’était pas inconnue, et ne pouvait d’ailleurs pas passer inaperçue. Elle fit des miracles et l’on changea son nom en Chelidonia, d’après le grec qui signifie «hirondelle».

Chelidonia ne fit qu’une sortie de sa vie érémitique, pour aller en pèlerinage à Rome vers 1115.

A son retour, à Subiaco, elle reçut l’habit bénédictin.

Elle quitta ce monde dans la nuit du 12 au 13 octobre 1152.

La localité de Subiaco la prit comme céleste patronne. Le Martyrologe mentionne sainte Chelidonia au 13 octobre.

 

 

Maddalena Panattieri

1443-1503

 

Maddalena naquit en 1443 à Trino (Piémont, Italie NO).

De toute sa jeunesse, on dit seulement qu’elle se consacra à Dieu très jeune et qu’elle reçut l’habit du Tiers-Ordre dominicain, car il y avait un couvent à Trino, dont dépendaient un certain nombre de jeunes filles vierges ou de veuves.

Maddalena faisait chaque jour une ronde dans la ville, aidant par ici, consolant par là, soignant un malade, aidant une maman ; elle tâchait d’intervenir contre les mauvaises habitudes, en particulier contre l’usure. Elle se mit à catéchiser dans une petite chapelle ; d’abord à quelques femmes, puis à d’autres plus nombreuses, puis à des hommes ; il y eut jusqu’à des Religieux et même des prêtres ! Un maître des novices y amena ses élèves.

C’est ainsi qu’elle eut l’occasion de convaincre les Dominicains de Trino d’adopter la réforme préconisée par le bienheureux Raimondo de Capoue (v. 5 octobre).

Il n’y avait pas que ceux-là. Un jour, elle reprocha à un habitant d’avoir lacéré une bulle (décret) affiché à l’église ; l’autre la gifla très fortement : elle «implora» le forcené de la frapper sur l’autre joue ; l’histoire raconte que le malheureux, qui s’appelait Perduto (c’est-à-dire perdu, condamné), mourut dans l’année.

Maddalena s’imposait une rigoureuse abstinence et de longs jeûnes, méditant longuement sur la passion du Sauveur.

Elle eut des visions sur l’avenir et prévoyait les malheurs qui allaient s’abattre sur l’Italie au 16e siècle : elle serait foulée par l’étranger, Rome serait saccagée (en 1527). Elle intercéda pour Trino ; juste avant sa mort, elle priait encore pour sa ville, qui d’ailleurs fut épargnée.

Elle mourut le 13 octobre 1503 et fut ensevelie dans l’église du couvent ; elle fut béatifiée en 1827.

Au 17e siècle, son corps fut déplacé et caché dans un oratoire proche. Ce n’est qu’en 1964 qu’on le retrouva et qu’on le reporta dans l’église.

Salustiano González Crespo

1871-1934

 

Il naquit le 1er mai 1871 à Tapia de la Ribera (León, Espagne), quatrième des quatre enfants (deux garçons et deux filles) de Joaquin et Manuela, qui le firent baptiser dès le lendemain ; Salustiano fut confirmé cette même année, selon une coutume de l’époque.

Il grandit dans la saine atmosphère familiale, travaillant à la sueur de son front, sans perdre son temps.

Il vint à León pour trouver plus de travail.

En 1893-1894, il travailla comme aide-infirmier à l’hôpital de León, où il connut les Filles de la Charité, grâce auxquelles il put contacter le Supérieur de Madrid, sur recommandation (excellente, on s’en doute) des Sœurs de León.

il entra ainsi en 1894 dans la congrégation des Vincentiens à Madrid, où il fit le noviciat. Sur tous les points il donna entière satisfaction aux Supérieurs (et parfois même donna des leçons aux prêtres, par son comportement tout silencieux et soumis).

Il fut envoyé à la maison d’Ávila, où il fit la profession comme convers en 1896 ; en 1898, il fut envoyé deux ans à Valdemoro (Madrid), puis en 1900 aux Canaries, où il travailla pendant plus de vingt années, patiemment, humblement, sans jamais se plaindre.

Il revint sur Cuenca en 1928, et rejoignit la communauté d’Oviedo (Asturies) en 1930, comme cuisinier et portier. Il profitait aussi de cette dernière occupation pour enseigner du catéchsime aux petits enfants qu’il voyait passer.

Le Frère Salustiano n’était pas ce qu’on aurait appelé une lumière intellectuelle ; il n’était pas venu se consacrer à Dieu pour «paraître», mais pour rendre service.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Le 6 octobre 1934, la plus grande partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires. Une partie des Pères et des élèves furent fusillés sur place. Mais pour un autre groupe qui allait être aussi fusillé, le Frère Salustiano s’interposa et dit aux assassins : Tuez-moi, moi, qui ne sers à rien. Mais ne tuez pas ces jeunes, qui peuvent faire beaucoup de bien.

Le résultat est que ce groupe fut «seulement» mis en prison quelque temps, d’ailleurs avec leur Directeur et quelques professeurs ; tous furent plus tard libérés.

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice (le séminaire, ou la prison où se trouvait le Frère avec les autres, le détail n’est pas clair dans les récits) - l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. 

L’héroïque Frère Salustiano reçut une balle dans la nuque. Il avait soixante-trois ans.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Tomás Pallarés Ibáñez

1890-1934

 

Il naquit le 6 mars 1890 à La Iglesuela del Cid (Teruel, Espagne), de Jenaro et María Amparo, de bons chrétiens qui le firent baptiser dès le lendemain.

Il fréquenta l’école des pères Vincentiens à Teruel.

En 1906, il entra au noviciat de Madrid, fit la profession en 1908 et fut ordonné prêtre en 1915.

Les missions, les prédications, les retraites qu’il accomplit, furent extrêmement nombreuses. Sa préparation ayant été excellente, il savait affronter mille problèmes avec science et prudence, au point qu’on l’appela l’homme universel. Il donna aussi des cours de latin aux jeunes élèves des Lasalliens.

Envoyé à la maison de Orotava, il partait de là en mission dans différents endroits de l’île de Tenerife. En 1923-1927, il fut professeur à Guadalajara, puis assistant du Provincial à Madrid, ainsi qu’assistant du Visiteur durant ses déplacements dans toute l’Espagne, au point qu’il en fut finalement secrétaire ; en 1930, il fut envoyé à Oviedo (Asturies) comme économe et directeur spirituel, ce qui ne l’empêcha pas d’aller aussi et encore prêcher dans d’autres communautés.

En 1934, il fut nommé sous-directeur du séminaire d’Oviedo.

La région des Asturies connut une phase de révolution dès 1934. Le séminaire d’Oviedo fut le théâtre d’événements particulièrement tragiques.

Dans le résumé qui suit, on ne pourra pas bien comprendre finalement où se passèrent les choses. Les explosions dont il sera question se produisirent-elles dans le séminaire des Vincentiens, ou dans tel autre édifice où étaient prisonniers les Religieux ? Les détails trouvés en plusieurs récits ne s’imbriquent pas réellement.

Le 6 octobre 1934, le séminaire fut envahi. Une partie des professeurs et des élèves put s’enfuir. Une autre partie des séminaristes tomba aux mains des révolutionnaires, qui les mirent en prison au commissariat, puis dans un ancien pavillon de la Garde Civile. Certains furent fusillés sur place. Après trois jours, on les déplaça dans un autre édifice, environ soixante-dix dans une seule pièce où ils ne pouvaient pas tous s’asseoir, encore moins s’allonger. Ils ne devaient pas parler (mais réussirent à se confesser aux prêtres présents) ; les Rouges se moquaient d’eux : Vous autres, qui êtes religieux et professez la perfection, allez nettoyer les toilettes, allez balayer.

C’est le directeur de prison qui interdit de fusiller tous les prisonniers. On organisa un simulacre de jugement, et certains furent relâchés.

Puis on transféra encore ailleurs les prisonniers, qui n’eurent rien à manger ni à boire pendant trois jours, sauf une bouchée et une goutte de café au matin du 13. On leur présenta même l’eau où s’étaient lavés les révolutionnaires.

Le père Tomás continua à assister spirituellement ceux qui étaient là (un autre texte dit qu’il erra dans les rues, renonça à se réfugier chez son frère, et revint dans le séminaire, avec le Frère Salustiano).

Le 13 octobre 1934, vers midi, on annonça que l’édifice allait être dynamité : il y avait en effet deux tonnes de dynamite entassée au rez-de-chaussée. Ce fut la panique générale. Une première explosion détruisit entièrement l’escalier ; tous tentèrent soit de sauter par les fenêtres sur l’édifice voisin, soit d’ouvrir le parquet des étages supérieurs pour descendre plus bas avec des draps roulés en cordes. Mais en bas, tout un piquet de «Rouges» attendaient avec les fusils et tiraient sur la première tête qui apparaissait. Le père Tomás reçut une rafale de balles dans la tête et s’écroula.

Après une deuxième explosion, le corps du Martyr fut écrasé par un poteau de fer ; on reconnut après son cadavre, qui cependant disparut par la suite (?).

Le père Tomás Pallarés fut béatifié en 2013. 

 

 

Herminio Motos Torrecillas
1877-1936

Né le 9 et baptisé le 10 décembre 1877 à María (Almería), Herminio se prépara au sacerdoce au séminaire d’Almería. 

Il fut ordonné prêtre en 1901.

Il desservit les paroisses de María, de Saint-Sébastien d’Almería, de Vera. Au moment d’être nommé à Vera, il avait demandé : Envoyez-moi là où il y a un malade à assister, une personne triste à consoler, un pauvre à secourir. Dieu l’exauça en envoyant là une grave épidémie qui fit des morts ; il s’occupa tellement bien des malades, qu’il en reçut la croix-d’or de la Croix-Rouge espagnole, ainsi que plusieurs distinctions municipales.

En 1912, il revint à son pays, comme curé-archiprêtre. Il allait y rester presqu’un quart de siècle.

Une de ses grandes préoccupations était la question sociale : le travail et la condition des ouvriers. Il fonda un Syndicat Agricole Catholique et une petite fabrique d’espadrilles.

Dès janvier 1936, il sentit mûrir la révolte et put prédire à son évêque la persécution. Il ne se trompait pas : dès le 23 juillet, on le jetait hors de son presbytère et on l’expulsait même de María. On le retrouva dans une ferme proche où il se cachait et il déclara : J’ai offert ma vie pour le salut de mon pays. Et se mettant à genoux : Vous pouvez m’assassiner, je n’en peux plus ; mais je vous pardonne tous. 

Emmené dans un champ d’Alfahuara, il partagea se qu’il avait entre les miliciens et reçut la palme du martyre, le 13 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Herminio Motos Torrecillas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 octobre.54


Joan Puig Serra
1879-1936

Joan naquit le 20 juillet 1879 à Sant Martí de Centelles (Barcelone) ; cette date allait être tristement historique, dans la mesure où un demi-siècle plus tard elle marquerait le début de la guerre civile et d’une atroce persécution dans le pays.

Joan commença le séminaire de Vic, puis entra dans la Congrégation de S.Vincent de Paul (Vincentiens) en 1899 à Madrid. Des études, il n’en avait pas fait beaucoup, mais il se mit avec ardeur au travail et fut ordonné prêtre en 1907.

A l’école apostolique de Bellpuig il fut professeur d’espagnol, de catalan, de grec, de géographie et d’histoire naturelle ; il prêcha à Maiorque et en Catalogne, dans le diocèse de La Seo de Urgel ; il fut directeur de la maison de Rialp, avant de l’être à Figueras en 1932.

Très dévôt du Sacré-Cœur, il l’était aussi de la Sainte Vierge et de S.Vincent de Paul, dont il publia des images avec une neuvaine.

Le père Joan répétait naïvement que, n’ayant jamais fait de mal à personne, on ne lui ferait jamais rien de mal à lui non plus, mais il se trompait. Le 19 juillet (veille de son anniversaire), la révolution éclata alors que toute la communauté - sauf lui et un autre - s’étaient rendue à Palma pour le centenaire de la fondation de la maison. Le p.Joan tenta de se réfugier chez les Filles de la Charité, mais il fut trahi par un milicien qui le connaissait. On l’y arrêta le 5 août 1936 dans la soirée et on l’emmena dans le vieux château de Figueras.

Il y resta jusqu’au treize octobre, dans une cellule du sous-sol qu’il partageait avec un prisonnier de droit commun ; ce dernier, peu à peu, changea d’attitude jusqu’à demander pardon pour sa mauvaise conduite. La nourriture du Père lui était portée par des amis, de la part des bonnes Religieuses. Des gens venaient le voir ; il les exhortait à pardonner aux ennemis. Les derniers temps de sa vie, il répétait souvent : Nous devons toujours nous préparer à mourir.

Au soir du 13 octobre 1936, des miliciens firent irruption dans le château, ouvrirent les portes des cellules et tirèrent sur tous les prisonniers. Outre le p.Joan, se trouvaient là aussi huit autres prêtres et quatre laïques, mais ces derniers ne se trouvent pas dans la même cause de béatification que le père Joan.

Béatifié en 2017, Joan Puig Serra sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 octobre.

 

 

Antonio Ayet Canós

1886-1936

 

Antonio naquit à Villareal de los Infantes (Castellón, Espagne), le 25 juillet 1886, de Pascual et Mariana, qui avaient déjà quatre enfants.

Selon une pratique fréquente à l’époque, l’enfant fut baptisé le jour-même et confirmé en 1890.

Tout en fréquentant l’école tenue par les Pères franciscains, il aidait son père aux champs ; il appartint à la congrégation mariale de Saint-Louis et suivait le catéchisme au Carmel. Sa vocation mûrissait déjà.

En 1909, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession en 1911, prenant désormais le nom de Ludovico María.

En 1920, il participa à une fondation à Porto Rico, d’où il rejoignit le Vénézuéla en 1922, pour revenir en Espagne en 1928.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet : à cet effet, le Frère Ludovico devait partir à Tarrasa pour collaborer à cette préparation.

La révolution venait d’éclater ; à peine arrivé, Ludovico fut arrêté en même temps que son confrère Ángel Presta.

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ludovico fut béatifié en 2007.

 

 

Ruperto García Arce

1908-1936

 

Ruperto naquit le 10 juillet 1908 à Carcedo (Burgos, Espagne) et fut baptisé le 13.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes de Cambrils, puis à celui de Fortianell en 1924, et revint à Cambrils pour le scolasticat.

Après sa profession religieuse, il s’appela désormais Florencio Miguel.

Ce fut un religieux à la vie intérieure intense ; pieux, aimable, accueillant, très ordonné, il utilisait beaucoup de son temps à l’étude. Cette préparation personnelle le désigna vite pour être un professeur sérieux et un éducateur compétent. Il se révélera même finalement un des meilleurs professeurs, s’intéressant non seulement à la formation intellectuelle de ses élèves, mais aussi à leur formation religieuse, à travers une catéchèse appropriée et efficace.

Il commença son apostolat en 1926 à Tarragona, puis à Manlleu ; en 1929 il fut envoyé comme professeur au noviciat de Cambrils.

En 1933, il alla à Berga, où le surprit la persécution anti-religieuse.

Le Frère Supérieur s’employa à trouver pour chaque Frère un endroit où être protégé. Pour Florencio, il trouva à le loger chez un ancien élève, à quelques kilomètres de là. Mais devant les menaces que reçut le propriétaire, Florencio se dirigea sur Barcelone.

Là, il fut pendant trois jours chez un autre ancien élève de Berga, le docteur Agustín Ferrer, où il retrouva un autre Frère. Tous deux eurent l’idée de rejoindre Valencia.

Mais au moment de prendre le train, le 13 octobre 1936, ils furent arrêtés par des miliciens, qui les avaient épiés et suivis depuis un certain temps ; l’autre Frère réussit à fuir.

Après l’avoir interrogé, les miliciens fusillèrent Florencio.

Puis, de façon vraiment cynique, ils se présentèrent au cabinet du docteur Ferrer et lui dirent : Aujourd’hui, nous avons attrapé deux moineaux qui sortaient de chez vous. L’un des deux s’est enfui, mais l’autre, personne ne le rencontrera.

Le Frère Florencio (Ruperto) fut béatifié en 2007.

 

 

Ángel Presta Batllé

1915-1936

 

Ángel naquit à Olot (Girona, Espagne), le 17 février 1915.

En 1930, il entra au Carmel comme Frère lai et fit la profession, prenant désormais le nom de Ángel María.

Il fut le cuisinier de la communauté.

En 1936, il se trouvait à Barcelone lorsqu’on préparait la fête du Carmel pour le dimanche 19 juillet.

La révolution venait d’éclater ; Ángel fut arrêté en même temps que son confrère Ludovico (Antonio Ayet Canòs).

Le 13 août, on transféra nos deux Frères avec d’autres encore à la prison Modelo de Barcelone, où on les garda jusqu’au 12 octobre, pour un procès au Palais de Justice.

Condamnés à mort pour le «grave» délit d’être des religieux, ils furent emmenés la nuit suivante au cimetière de Tarrasa, où ils furent fusillés.

Ce martyre eut lieu le 13 octobre 1936, et le Frère Ángel fut béatifié en 2007.

 

Alexandrina Maria da Costa

1904-1955

 

Alexandrina naquit le 30 mars 1904 à Gresufes, bourg dépendant de Balazar (Póvoa de Varzim, Porto, Portugal), de parents cultivateurs, travailleurs et honnêtes, qui déménageront bientôt au lieu-dit Calvário. C’était la Semaine Sainte, et Alexandrina fut baptisée le Samedi Saint suivant, 2 avril 1904. 

Elle avait une sœur aînée, Olinda, qui sera sa compagne de jeux, et plus tard son infirmière et sa secrétaire.

La petite fille travailla aux champs avec ses parents et, dès douze ans, comme journalière. Parallèlement, elle devint catéchiste et membre de la chorale paroissiale. 

En 1916 elle fit une chute d’un arbre ; on la crut mourante, mais elle se rétablit après avoir reçu les derniers Sacrements.

Adolescente, elle voulait rester unie à Jésus-Christ dans la virginité, tellement qu’un jour où trois hommes mal-intentionnés prétendaient la poursuivre jusque dans sa chambre, elle n’hésita pas à passer par la fenêtre pour leur échapper, faisant ainsi une chute de quatre mètres ; les poursuivants n’insisteront pas, mais la jeune fille fut gravement choquée ; cette chute lui occasionnera une compression de la moelle épinière et une paralysie progressive qui la clouera au lit à partir de 1925.

Elle aura tout de même la joie de pouvoir assister au Congrès eucharistique de Braga en 1924.

Le Christ se manifestera à elle, lui demandant invariablement de souffrir, aimer, racheter. Désormais, Alexandrina vécut dans une rare intimité la Passion de Jésus-Christ, chaque vendredi, retrouvant mystérieusement ce jour-là l’usage de ses mouvements ; elle porta les stigmates du Christ.

En 1938, elle fit porter au pape la demande de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie.

A partir de 1942, un fait extraordinaire se manifesta, constaté par plusieurs médecins et inexpliqué par la science : Alexandrina ne mangeait ni ne buvait plus rien, en dehors de l’Eucharistie quotidienne, phénomène qui durera treize années, jusqu’à sa mort. A partir de la même année, elle obtint la grâce que les souffrances de la Passion ne fussent plus visibles extérieurement.

Le Christ lui demandera d’offrir ses souffrances en réparation des sacrilèges commis envers l’Eucharistie.

Alexandrina Maria da Costa, qui ne se nourrissait plus que de l’Eucharistie et qui avait reçu la mission de faire consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie, mourut un jeudi, jour de l’Eucharistie, le 13 octobre 1955, anniversaire de la dernière apparition de Marie à Fatima.

Cette grande âme mystique fut béatifiée en 2004.

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  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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