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14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 16:40

14 OCTOBRE

 

III.

S Calliste, pape (217-222) : ancien esclave, organisateur du cimetière qui porte son nom ; il mit fin à l'hérésie trinitaire de Sabellius, autorisa, malgré la loi civile, le mariage entre esclaves et personnes libres, réadmit à la pénitence tous les pécheurs, contre le rigorisme de Tertullien, Hippolyte et Novatien, et mourut dans une échauffourée avec des Juifs (ou bien de mort naturelle ?).

IV.

S Céleste, évêque à Metz.

S Gaudentius, premier évêque à Rimini.

S Donatianus, évêque à Reims, dont les reliques ont été transférées à Bruges.

?

S Lupulus, martyr à Capoue.

V.

Ste Manechildis, vierge à Bienville, une des sept filles de Sigmar et Lintrude, toutes vouées à Dieu et toutes saintes.

VI.

S Fortunatus, évêque à Todi ; il chassait les démons et ressuscita un mort.

S Venantius, évêque à Ortonovo.

VII.

Ste Angadrême, abbesse à Oroër ; devenue lépreuse quand on voulut la marier, elle recouvra sa beauté quand on la laissa vivre dans la virginité ; invoquée contre les sécheresses, les incendies, les périls publics, patronne de Beauvais.

VIII.

S Cosmas le Moine, évêque à Maiouma, théologien et poète, ami de s. Jean de Damas dont il serait devenu le frère par adoption.

XI.

S Domenico l'Encuirassé, ermite à Montefeltro, puis camaldule, célèbre pour sa flagellation (pendant douze psautiers) avec la discipline, qu'il semble avoir inventée ; son surnom lui vient d'une cotte de mailles qu'il portait directement sur la peau, sauf quand il se flagellait.

XVII.

B Didacus Kagayama Haito, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

XVIII.

B Jacques Laigneau de Langellerie, prêtre à Angers, guillotiné, béatifié en 1984.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :
        - béatifiée en 2001 :
Laïques : Ana María Aranda Riera (*1888), près de Valencia ;
        - béatifiés en 2017 :
Clarétains : Joaquín Gelada Hugas et Isaac Carrascal Mozo (*1881 et 1896), prêtres, et Félix Barrio y Barrio (*1883), convers, près de Santander.

Bx Franciszek Rosƚaniec (*1889) et Stanisƚaw Mysakowski (*1896), prêtres martyrs polonais, gazés à Dachau en 1942, béatifiés en 1999.

B Roman Lysko (1914-1949), prêtre marié ukrainien, martyr emmuré vivant, béatifié en 2001.

Calliste Ier

217-222

 

Seizième pape, Calliste (ou Calixte) eut une vie très mouvementée, surtout avant son pontificat. Mais il faut aussi être prudent dans ce qu’on avance, car les informations qu’on a de lui viennent d’Hippolyte, son adversaire acharné.

Durant donc son aversion totale contre Calliste, Hippolyte écrit que ce Calliste avait été esclave de Carpophore, un chrétien de la maison de César ; esclave qui avait ses coudées assez franches et occupait une situation assez en vue, puisque Carpophore lui confia une somme importante pour des opérations bancaires. En effet Calliste fonda une banque dans le quartier de la piscine publique (au sud de Rome, entre la porta Ostiensis et la porta Ardeatina ; à la piscine succédèrent les thermes de Caracalla). Des veuves et des frères lui remirent leurs économies. Il les dilapida, prit peur, s’embarqua à Porto. Mais Carpophore paraît ; Calliste se jette à l’eau ; on le repêche, et on l’emploie à tourner la meule. Carpophore, obsédé par les créanciers de Calliste, se décida à lui rendre quelque liberté : Calliste aurait eu de l’argent en dépôt chez des Juifs. Et Calliste de courir à la synagogue, et d’en profiter pour y confesser sa foi de chrétien. Mais les Juifs ne se laissèrent point faire. Ils le traînèrent devant Fuscianus, préfet de Rome, comme perturbateur de l’ordre public et chrétien. Carpophore intervint, protestant que Calliste n’était pas chrétien, mais seulement banqueroutier. Le préfet fit flageller Calliste, et l’envoya comme forçat aux mines de Sardaigne.

Marcia, maîresse de l’empereur Commode, et chrétienne de cœur, demanda au pape Victor la liste des déportés en Sardaigne et la remit à un eunuque, le prêtre Hyacinthe, qui se rendit dans l’île et fit libérer tous les détenus sauf Calliste, non porté sur la liste. Calliste obtint cependant son élargissement. En voyant reparaître cet indésirable, le pape Victor aurait été fort mécontent. Pour avoir la paix, il envoya le confesseur à Antium, avec une pension mensuelle. Dans cette retraite qui dura une dizaine d’années, Calliste pur cultiver son esprit. Le successeur de Victor, Zéphyrin, fit venir Calliste plein de ressources, l’inscrivit dans son clergé, le nomma diacre et le chargea de gérer le cimetière. Jusque là, le cimetière chrétien se trouvait via Salaria. Calliste en organisa un via Appia, qui devint le principal et porta ensuite le nom de Calliste.

L’ancien financier était un homme d’action, d’administration et de gouvernement, plutôt qu’un théologien. C’est pourquoi Hippolyte, prêtre très instruit, avait le jeu facile pour critiquer Calliste. 

Quand Calliste fut élu pour succéder à Zéphyrin (217), Hippolyte se laissa proclamer pape par une faction du clergé local. Plus tard, il fut exilé en même temps que le pape Pontien aux mines de Sardaigne, se réconcilia avec l’Eglise et mourut martyr avec Pontien (voir au 13 août).

Calliste condamna la doctrine de Sabellius (monarchianisme), qui distinguait mal les trois personnes de la Sainte Trinité. Il condamna aussi une autre doctrine qui semblait subordonner le Christ à Dieu, sorte de dithéisme où la nature divine du Père différait de celle du Fils.

Il voulut aussi montrer la miséricorde divine envers les pécheurs, en particulier envers les clercs, autre chef d’accusation d’Hippolyte. 

Il ordonna huit évêques, seize prêtres et quatre diacres.

Calliste mourut en 222, un 14 octobre, mais on ne précise pas en quelles circonstances. Il aurait été martyr, jeté au fond d’un puits. 

Il n’est pas enterré au cimetière qui porte son nom, mais à celui de Calépode, sur la via Aurelia. 

Son successeur sera Urbain Ier.

 

 

 

Gaudentius de Rimini
3. ou 4. siècle

La figure de Gaudentius n’est pas claire pour les historiens.
Il serait venu d’Ephèse à Rome, à la fin du troisième siècle et y aurait reçu le baptême. 
Plus tard, il fut ordonné prêtre, puis évêque pour aller évangéliser le peuple de Rimini. Ainsi Gaudentius devrait être le premier évêque de Rimini. S’il est vrai que c’est le pape Damase qui l’ordonna, ce ne pouvait être qu’après 366.
Durant son épiscopat, Gaudentius aurait ordonné prêtre Marinus, le fondateur de l’antique cité de San Marino.
Cependant, la date de 366 ne peut s’accorder avec celle du «concile» de Rimini, qui eut lieu en 359, et auquel aurait participé Gaudentius lui-même comme évêque de Rimini. On sait que lors de ce concile, les évêques fidèles à la foi proclamée à Nicée (325) refusèrent de signer la formule qu’on leur proposait et se retirèrent ; Gaudentius aurait été un de ceux-là.
Il se serait alors caché quelque temps, avant de rentrer dans sa ville épiscopale. C’est alors qu’il aurait été arrêté par des soldats de l’empereur et lynché par des partisans d’Arius. 
Gaudentius serait donc mort après 366, et peut-être martyrisé.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gaudentius de Rimini au 14 octobre, sans mentionner son martyre.


Donatianus de Reims
† 389

On racontait que, petit enfant, Donatianus avait été jeté dans un fleuve. Il fut sauvé parce qu’un homme eut la savante inspiration de mettre à l’eau une roue portant cinq cierges, laquelle s’arrêta à l’endroit où l’on put repêcher l’enfant sain et sauf. 
Donatianus fut le huitième évêque de Reims, à partir de 361.
Bien après sa mort, on procéda à un transfert des reliques de Donatianus, à Bruges. Beaucoup de miracles eurent lieu lors de ce transfert.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Donatianus de Reims au 14 octobre.


Lupulus de Capoue
5. siècle ?

Lupulus (Petit Loup) est un martyr de Capoue (Campanie, Italie), dont on ne sait rien d’autre.
Une mosaïque du début du sixième siècle le représentait.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Lupulus de Capoue au 14 octobre.


Manechildis de Bienville
5. siècle

Si ce récit est vrai, le comte de Perthes, Sigmar et son épouse Lintrude, eurent sept filles : Amée, Hoïlde, Lintrude, Pusinne, Francule, Libaire et Manechildis  (Ménehould) qui, toutes, se consacrèrent à Dieu.
Anciennement ces sept vierges étaient toutes inscrites dans le Martyrologe.
A la mort des parents, les sept sœurs se séparèrent. Manechildis, qui était la plus jeune, se retira à Bienville (Haute-Marne), cherchant constamment à se perfectionner dans la voie de la sainteté, sous la direction de l’évêque saint Alpin (v. 7 septembre).
Ménehould s’installa avec son père à Château-sur-Aisne. L’endroit était marécageux et une épidémie se déclara. Ménehould prit la direction d’un hospice, fondé grâce aux dons de deux Juifs convertis. Elle y montra un grand dévouement dans l’assistance aux malades.
Ensuite, elle s’installa à Côte-à-Vignes (Neuville-au-Pont), où on lui attribua plusieurs guérisons miraculeuses. Une source miraculeuse jaillit là où elle planta en terre son fuseau.
Fiinalement, après la mort de ses parents, Manechildis s’installa à Bienville et c’est là qu’elle s’éteignit, à un âge fort avancé, vers 500 ou peu avant.
La petite ville de Bienville, en 1972, a fusionné avec celle d’Eurville, devenant la ville d’Eurville-Bienville, dont les habitants sont donc les Eurvillois-Bienvillois.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Ménehould de Bienville au 14 octobre.


Fortunatus de Todi
† 580

Fortunatus fut le huitième évêque de Todi (Pérouse, Ombrie, Italie C), vers 547 ou un peu auparavant.
D’après le pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars), Fortunatus accomplit de nombreux miracles : il rendit la vue à un aveugle, il ramena un mort à la vie. Mais surtout, par sa prière, il chassa des démons. Une fois, c’était une armée entière, qui fut mise en déroute après plusieurs jours de prière.
Fortunatus mourut vers 580, et continua de faire des miracles après sa mort.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Fortunatus de Todi au 14 octobre.


Venantius de Luna
6. siècle ?

On ne connaît guère ni Luna ni Venantius.
Luna (ou Luni) était une petite fraction de la province de La Spezia (Ligurie, Italie NW), qui fait aujourd’hui partie de la localité Ortonovo.
Venantius en fut l’évêque. Il fut très estimé du pape s.Grégoire le Grand (v. 12 mars).
Cet évêque eut le soin particulier de la bonne formation de son clergé et des moines. De son temps arriva ce triste épisode qu’un clerc, nommé Valentino, et de triste mémoire, fut en pleine nuit extirpé de son tombeau par deux individus (ou deux esprits) et jeté dans un autre tombeau. Dieu voulait permettre par là de faire savoir combien la conduite de ce Valentino avait été déplorable.
Venantius semble avoir vécu au sixième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Venantius de Ortonovo au 14 octobre.

 

Angadrême de Beauvais

610-695

 

Angadrisma naquit vers 610 dans le diocèse de Thérouanne ; Robert, comte de Renty, son père, était garde des sceaux sous Clotaire III.

Lorsqu’un de ses cousins, Lambert (v. 14 avril), entra dans la vie monastique, elle fut conquise par l’amour du Christ et fit intérieurement le vœu de chasteté.

Sa famille arrangea cependant son mariage avec un certain Ansbert (v. 9 février), fils du seigneur de Chaussy en Vexin, mais les deux «fiancés» préféraient conserver la virginité. On ajoute ici l’épisode «légendaire» qu’elle fut atteinte de la lèpre jusqu’à ce que ses parents lui rendissent sa liberté. Une autre version affirme que ce fut Ansbert qui eut le visage couvert de pustules. Le mariage fut annulé.

Angadrême se rendit auprès de l’évêque de Rouen, s.Ouen (v. 24 août), qui lui remit le voile des vierges et la fit admettre dans un monastère du diocèse de Rouen.

Vers 660, on voulut lui confier  le gouvernement du monastère de l’Oratoire à Oroër (Beauvais, Oise). Elle préféra y vivre comme simple religieuse, mais fut bientôt choisie par l’ensemble des sœurs pour être leur abbesse. Elle n’ordonnait rien qu’elle ne fît d’abord elle même.

Lors d’un incendie, elle arrêta les flammes en portant les reliques de s.Evroult (v. 25 août ?). D’autres miracles, nombreux, eurent lieu par la vertu d’Angadrême, mais nous n’en avons pas de détails.

Après plus de trente années d’abbatiat, sentant approcher sa dernière heure, elle demanda pardon à toutes les sœurs pour ses mauvais exemples, reçut l’Eucharistie et s’éteignit dans le Seigneur.

C’était vers 695, un 14 octobre, l’Abbesse avait plus de quatre-vingts ans.

On l’invoquait dans les sécheresses, les incendies, les périls publics. C’est ainsi qu’en 1472 on lui attribua le salut de la ville assiégée par les Bourguignons de Charles le Téméraire ; Louis XI demanda une procession annuelle en signe de reconnaissance. C’est lors de cet épisode que s’illustra Jeanne Laisné, dite Hachette, qui gagna et retira devant elle un estendart ou banniere des Bourgoignons. La procession se déroulait le dimanche le plus proche du 27 juin.

Sainte Angadrême de Beauvais est commémorée le 14 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Domenico Loricato

(Dominique l’Encuirassé)

1000-1060

 

Ce qu’on va rapporter de la vie de ce Saint en étonnera plus d’un. On sera sans doute effrayé des austérités qu’il s’est imposées sans qu’aucune autorité ne lui ait suggéré davantage de prudence et de discrétion. Seul le contexte historique et sans doute une vocation toute particulière nous aideront à comprendre, à admettre une telle figure.

Né vers l’an 1000 à Cagli dans les Marches, Domenico échappa dès son enfance à la corruption régnante dans cette Italie du XIe siècle. Il était déjà clerc quand ses parents, qui désiraient le voir devenir prêtre, offrirent à l’évêque une belle peau de bouc bien préparée pour qu’il l’ordonnât. Ce qui eut lieu. Quand Domenico apprit l’acte simoniaque de ses parents, il fut terrifié, refusa d’accomplir dorénavant aucune fonction sacerdotale et supplia l’abbé Giovanni de Montefeltro de l’admettre parmi ses disciples. 

Son monastère se trouvait auprès de l’ancienne ville de Luceolum, entre Gubbio et Cagli (peut-être l’actuelle Ponte Riccioli en Ombrie). Il comprenait dix-huit cellules où les frères menaient une vie quasi érémitique, partageant leur temps entre la prière et le travail, ne parlant que le dimanche entre vêpres et complies. Ils ne possédaient qu’une seule bête de somme. Un seul frère était chargé de pourvoir à l’entretien des autres, ce qui n’était pas compliqué, puisqu’ils ne buvaient jamais de vin et jeûnaient au pain et à l’eau tous les jours, sauf le dimanche et le jeudi. Plus tard Domenico parlait avec admiration du Frère Anson, son compagnon de cellule : avant chaque heure canoniale, chacun flagellait l’autre pendant un bon moment ; entre autres mortifications, Anson s’astreignait à manger en une seule fois ses rations de pain de neuf jours, pour digérer plus difficilement.

Après plusieurs années de ce rude noviciat, Domenico partit, avec la permission de son abbé, se mettre sous le direction de saint Pietro Damiano (Pierre Damien), depuis peu prieur de Fonte Avellana, monastère camaldule situé seulement à quelques lieues de Luceolum. C’était vers 1042. Partisan décidé des mortifications corporelles, Pietro fut enchanté de recevoir une recrue déjà bien entraînée et l’encouragea dans ses austérités.

Les Camaldules vivaient presque en ermites, sans règle écrite, uniquement guidés par leur zèle et leur désir de perfection, ce qui leur permettait de se livrer à des exercices impossibles pour des cénobites. Domenico régla son menu une fois pour toutes : comme nourriture, du pain et du fenouil (l’espèce particulière à l’Italie donne une sorte de fruit consommé couramment en hors-d’œuvre) ; comme boisson, de l’eau et quelquefois un peu de vin, qu’il supprima longtemps avant sa mort. Son horaire était aussi simple : il priait sans s’arrêter, les bras en croix spécialement la nuit, et ne dormait qu’à genoux la tête par terre et seulement à l’extrême limite de ses forces.

Trouvant ces pratiques insuffisantes, il eut recours aux instruments de torture : il portait directement sur la peau une cotte de mailles ou cuirasse de fer qu’il n’enlevait que pour prendre la discipline. Il y ajouta des cercles de fer qui serraient ses bras, ses cuisses et ses jambes, un seul autour de chaque membre d’abord, puis après quelques années il en mit un second. Ce sont ces instruments qui lui valurent son surnom d’Encuirassé (Loricato) ; mais il semble bien qu’il leur préférait la flagellation pour laquelle il avait une véritable passion : neuf ans avant sa mort, il eut l’idée de remplacer les verges, utilisées ordinairement, par un fouet aux lanières de cuir, ce qui lui a valu d’être considéré comme l’inventeur de la discipline. Qu’il l’ait inventée ou non, il est certain qu’il ne voulait pas s’en séparer et qu’il l’emportait toujours en voyage. Il se flagellait avec la communauté au chapitre et ses frères pouvaient alors constater qu’il avait la peau noire comme un Ethiopien, mais cet exercice conventuel devait lui sembler bien court à côté de ses séances particulières. 

Il disait que trois mille coups de discipline équivalaient à une année de pénitence publique, et qu’en récitant un psautier il se donnait quinze mille coups en frappant des deux mains. Vingt psautiers, trois cent mille coups valaient une pénitence de cent ans, sa ration habituelle pour une semaine. Pendant un carême, il demanda d’accomplir une pénitence de mille ans et il tint son engagement. Il s’attaqua aussi au “record” de durée : il commençait le soir et se flagellait sans désemparer en récitant des psautiers ; plusieurs fois, il dut s’arrêter au bout du neuvième et se désespérait de ne pouvoir atteindre dix. Il devait probablement réciter les psaumes à un rythme assez rapide et mettre moins des trois heures que l’on compte ordinairement pour réciter un psautier. Une fois il eut la joie de pouvoir enregistrer un record qui n’a jamais sans doute été dépassé depuis ; il récita, en se flagellant des deux mains sans s’arrêter, douze psautiers et en commença un treizième qu’il poursuivit jusqu’au psaume XXXIe : après cet exploit , son corps était tellement zébré de meurtrissures qu’on aurait cru voir une masse pilonnée dans un mortier.

Domenico essayait d’entraîner les autres à suivre son exemple. Un moine se laissa convaincre avec beaucoup de peine, mais une fois décidé fut pris d’une belle ardeur et se flagella pendant un psautier et cinquante psaumes. Le lendemain, craignant un reproche pour avoir manqué de discrétion, il vint trouver le grand ascète et lui raconta ce qu’il avait fait. “Courage, mon frère, lui répondit-il, ne perds pas confiance en constatant ta faiblesse d’aujourd’hui. Dieu peut te conduire de ces bas-fonds à de hauts sommets et transformer cette faiblesse enfantine en force virile.”

Ce goût certainement exagéré de l’ascèse pour elle même contraste avec la vertu de discrétion prônée par saint Benoît. Domenico n’était pas à proprement parler un directeur d’âmes. Après avoir changé plusieurs fois d’ermitage, il fut nommé par saint Pietro Damiani vers 1050 supérieur de celui de San Vicino près de Frontale, entre Fabriano et San Severino et dédié à la Très Sainte Trinité. Quelques disputes avec ses voisins le lassèrent plus vite que des flagellations volontaires et il demanda à son maître de s’en aller. On imagine que saint Pietro Damiani dut encourager ce champion des mortifications, en lui rappelant que la patience est la reine des vertus et le remède des péchés et que la prospérité dans les affaires temporelles n’est pas un signe de la bénédiction divine.

Souffrant de l’estomac et de continuels maux de tête, Domenico, qui ne cessait pas de réciter des psautiers et de prendre la discipline, finit par accepter un remède au cours d’une nuit d’insomnie. Aussitôt il souffrit atrocement, ce qui ne l’empêcha pas d’aller à matines, mais il mourut pendant l’office suivant (Prime, la «première» heure de l’Office, maintenant supprimée).

C’était le 14 octobre 1060 ou 1061. Ses confrères l’enterrèrent aussitôt pour ne pas laisser voler le corps de celui qu’ils considéraient comme un saint. Pietro Damiani, averti, vint à San Vicino et le fit exhumer pour le déposer au chapitre. Il y avait neuf jours que Domenico était mort et son corps ne portait aucune trace de corruption.

En 1302, ses reliques furent transférées dans l’église de Frontale, qui fut alors dédiée à saint Domenico, et où elles sont encore pour la plus grande part.  

En ce Xe siècle, où l’Eglise traversait une grave crise, surtout en Italie, Domenico voulut offrir à Dieu son ascèse comme prix d’une conversion générale du clergé. Son exemple n’est pas à imiter. S’il passe pour avoir inventé la discipline - que beaucoup de monastères ont ensuite adoptée, mais d’une façon beaucoup plus discrète que Domenico - il pourra certainement nous enseigner que notre corps humain est bien plus résistant qu’on ne le croit parfois, quand nous nous disons à bout de forces au terme de quelques petits efforts.

C’est saint Pietro Damiani (voir au 21 février) qui rédigea lui-même une Vie de Domenico dans une longue lettre adressée au pape Alexandre II.

Didacus Kagayama Haito

1565 ?-1619

 

Didacus et Balthasar Kagayama, tous deux nés à Takatsuki (Osaka, Japon) étaient probablement deux frères, sinon deux proches parents et cousins. 

Tous deux étaient mariés et vivaient dans le diocèse de Fukuoka.

 

Didacus (Didace, Didier) était né vers 1565.

Il avait été sans doute catéchisé par les pères dominicains, et s’était agrégé à la Confraternité du Rosaire.

Il fut martyrisé à Kokura, le 14 octobre 1619.

On retrouvera Balthasar Kagayama avec son fils Iacobus le 15 octobre.

Tous les trois furent béatifiés en 2008.

 

 

Jacques Laigneau de Langellerie

1747-1794

 

Né le 19 (17 ?) avril 1747 à La Flèche (Sarthe) dans une famille bourgeoise, Jacques Julien Henry fut ordonné prêtre pour le diocèse d’Angers.

Vicaire au Bailleul pendant dix ans, il fut ensuite curé à La Bruère. En 1784, il y bénit une nouvelle cloche, qui porte cette inscription :

J’ai été bénite par Mre Jacques Julien Henry L’Aigneau de Langellerie, curé de cette paroisse, nommée Jacques Martine par Mre Jacques de Frémentel, chanoine de Saint Martin de Tours, prévôt d’Angers, seigneur de cette paroisse et autres lieux, sous la gestion de Mre René Bodin, procureur de fabrique. Lejeune, fondeur.

Cette même année, il fut nommé aumônier des Carmélites à Angers, en raison de sa santé.

Comme simple aumônier, il n’était pas astreint au serment de la Constitution civile du clergé, mais il fut tout de même tourmenté pour sa foi et son sacerdoce.

Interné en 1792 au Grand séminaire, qui était devenu la prison révolutionnaire, il fut condamné à la déportation et conduit à Nantes, d’où devait partir le Didon. 

Malade, il ne fut pas embarqué et resta prisonnier à Nantes.

L’attention des geôliers s’étant affaiblie, le prêtre en profita pour s’évader, en juillet 1793, déguisé en charretier, et revint à Angers.

Pendant plus d’une année, il exerça son ministère en cachette, et l’on dit qu’il rendit des services inimaginables.

Reconnu le 11 octobre 1794, arrêté et conduit au Comité révolutionnaire (qui siégeait à l’évêché), le prêtre expliqua sans détour qu’il portait l’Eucharistie à une malade.

Renvoyé au tribunal criminel (quel crime de porter l’Eucharistie !), il fut condamné à la guillotine, pour n’avoir pas prêté le serment et ne s’être pas soumis à la loi de déportation.

Des témoins affirmèrent qu’il monta à la guillotine d’un pas gai et décidé, en ce 14 octobre 1794, veille de la fête de sainte Thérèse d’Avila, fondatrice des Carmélites.

L’abbé Jacques Laigneau de Langellerie fut la dernière des cent cinquante-huit victimes guillotinées à Angers : le lendemain, 15 octobre, la guillotine fut démontée.

Jacques Laigneau de Langellerie a été béatifié en 1984.

 

 

Joaquín Gelada Hugas
1881-1936

Né le 5 décembre, baptisé le 6 décembre 1881 à Olot (Girona), il y fut confirmé l’année suivante, avec son frère jumeau Jerónimo. Le père, Jerónimo, fabriquait des cordes ; la mère, Inés, travaillait courageusement pour tenir sa grande famille.

Joaquín travaillait bien à l’école ; à dix ans, il commença le latin. La même année passa dans le pays un père clarétain, qui suscita la vocation des deux jumeaux.

Ils entrèrent au postulat de Barbastro en 1892. Peu après, ils revinrent à la maison, Jerónimo pour sa santé, Joaquín «parce qu’il ne montrait pas de signes réels de vocation», dit-on. Ils continuèrent cependant leurs études avec un prêtre et firent la Première au séminaire de Gerona.

En 1897, Joaquín entra au noviciat de Cervera ; là encore on doutait un peu de sa vocation, mais il fit la profession en 1898, puis la philosophie et la théologie, pour finalement être ordonné prêtre en 1906. Il avait vingt-cinq ans, il allait en passer trente à enseigner.

Au début, il croyait qu’on l’enverrait en pays de mission, en Amérique, mais sa première destination fut Burgos (1907), comme préfet des élèves externes ; en 1908, on l’expédia à Ségovie où, durant l’été, il eut à faire des répétitions à deux garçons qui avaient été recalés en juin ; il écrivait plaisamment à son frère jumeau qu’il devait les «rendre moins ânes». En 1909, on l’envoya à Valmaseda, comme professeur, une charge qui lui convenait très bien. En 1912, il fut à Santo Domingo de la Calzada, où on lui reconnut enfin ses excellentes qualités de pédagogue ; il y enseigna aussi le latin ; en 1921, il alla à Medina de Rioseco, pour arriver finalement en 1921 à Castro Urdiales.

L’élève à qui l’on reprochait son peu de piété, était devenu un prêtre assidu au devoir et passionné par l’enseignement. Les petits élèves l’appelaient gentiment El Abuelazo, le petit Grand-père ; il aimait beaucoup enseigner aux enfants pauvres.

Le 22 juillet 1936, il retrouva le p. Carrascal chez les Servantes de Jésus, où les rejoignit ensuite le frère Barrio. Le 13 octobre, il célébra la Messe pour la dernière fois. A onze heures, arriva une troupe de miliciens pour les arrêter. Le p. Joaquín voulait prendre quelque vêtement avec lui, et dut donner sa parole d’honneur qu’il revenait immédiatement. Puis il donna sa bénédiction aux Religieuses. Après avoir fouillé partout, le chef des miliciens lança : Nous avons pris les trois moineaux.

Comme on l’a vu pour le p. Isaac Carrascal, on les conduisit dans la «prison» des Clarisses, où on les confina dans le chœur de la chapelle.

Au petit matin du 14 octobre 1936, à une heure de la nuit, on réquisitionna un chauffeur pour conduire les trois Religieux avec trois miliciens, qui insultaient et frappaient les prisonniers ; ils tentaient aussi de les faire apostasier. Arrivés à l’endroit prévu, les miliciens firent descendre les Religieux et les autres prisonniers et ordonnèrent au chauffeur de continuer vers Santander : on l’abattrait s’il racontait quelque chose. Il n’avait pas fait cinq cents mètres, qu’il entendit des coups de feu. C’était au niveau de Torrelavega, sur la route entre Sierrapando et La Cavada.

Béatifié en 2017, Joaquín Gelada Hugas sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.


Félix Barrio y Barrio
1883-1936

Né le 8 mars 1883 à Villafranca Montes de Oca (Burgos), Félix était le cinquième des neuf enfants de Santiago, un ouvrier, et Florencia. Il reçut le baptême le 13 mars suivant, et la confirmation à six ans.

En 1895, il entra au collège des Clarétains de Santo Domingo de la Calzada, mais pour huit jours seulement : on l’envoya à la maison de Cervera, où il arriva à quatre heures du matin ; il avait douze ans, et fut très impressionné par cette immense maison qui abritait plus de deux-cents personnes.

Il étudia et apprit le métier de tailleur : c’est qu’il en fallait, des habits, pour toute cette communauté ! On admira la facilité avec laquelle il apprenait.

Cependant, après le postulat, il resta frère convers ; il fit la profession en 1899, en présence de ses parents, puis fut envoyé à Santo Domingo, où il fut jardinier. L’asthme dont il souffrait fit qu’on le remit à la couture. C’est à cause de sa santé d’ailleurs, qu’il fut envoyé successivement à Segovie, Calahorra, Baltar, Valmaseda, Castro Urdiales enfin. A l’occasion on lui confia aussi l’accueil ou encore l’infirmerie.

Ce Frère édifia partout la communauté où il se trouvait. Il était si détaché qu’il renonça même à quitter la maison pour aller fêter les noces d’or de ses parents. Il savait retenir sa langue et pour tout commentaire, répétait souvent : Que la volonté de Dieu soit faite.

Lors du déchaînement de la persécution, le Supérieur donna à tous la permission d’aller où mieux leur semblait pour tenter de survivre. Le Frère Félix fut de ceux qui préférèrent rester sur place dans le collège. C’était peut-être téméraire, mais ils purent s’y organiser jusqu’au 18 août, lorsque deux prêtres et Félix se serrèrent dans la cabane du jardinier ; ce dernier n’avait que ce qu’il portait sur lui, et des chaussures si abîmées que les Religieuses lui donnèrent les bottes de l’une d’elles.

On arrêta les trois Religieux le 13 octobre dans la matinée. Le Frère ne prononça pas un mot. Les deux prêtres et lui furent fusillés le 14 octobre 1936 à Torrelavega (Santander). Le visage du Frère fut tellement méconnaissable, qu’on ne le reconnut qu’aux initiales de ses habits (et aux fameuses bottes).

Béatifié en 2017, Félix Barrio y Barrio sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.


Ana María Aranda Riera
1888-1936

Ana María était née le 24 janvier 1888 à Denia (Alicante, Espagne). 
De bonne famille, elle reçut une éducation soignée et fréquenta le collège des Religieuses Carmélites.
Pieuse dès son enfance, elle s’agrégea vite parmi les Filles de Marie, dans l’Action Catholique et dans la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul, où elle s’occupait du vestiaire.
Elle aimait la Sainte Vierge Marie, et communiait chaque jour à la messe.
C’est uniquement sa foi imperturbable et sa fidélité au Christ qui lui valurent la détention dans la prison des femmes à Valencia, au moment de la révolution de 1936.
Elle supporta cette épreuve avec grande patience et humilité, priant et consolant ses compagnes de prison, avec lesquelles elle priait chaque jour le chapelet.
On la fusilla au Picadero de Paterna, le 14 octobre 1936, jour où la commémore le Martyrologe romain.
Elle a été béatifiée en 2001.


Isaac Carrascal Mozo
1896-1936

Né le 11 avril 1896 à Castrillo de Don Juan (Palencia), il était un des nombreux enfants de Casto et Juliana, de bons travailleurs, qui le firent baptiser le 13 avril, et confirmer trois ans plus tard.

Isaac fut enfant de chœur, et bon élève au catéchisme. Quand il ressentit en lui l’appel de Dieu, il fit à pied le trajet de vingt kilomètres pour aller trouver un père clarétain et lui demander conseil. Ce dernier put facilement convaincre les parents de la vocation de leur fils. Le papa accompagna lui-même Isaac à Valmaseda, en 1910.

En 1914, Isaac passa au noviciat de Ségovie et fit la profession. Il fit ensuite la philosophie à Beire (Navarre) où on le nota meritissimus maior. En 1918, il alla à Santo Domingo de la Calzada pour la théologie ; il y fut aussi bibliothécaire. Il acheva la théologie à Ségovie et fut ordonné prêtre en 1923.

Peu avant cette date, mourut son père et deux sœurs, dont l’une laissait six enfants de un à douze ans. Isaac, à peine ordonné prêtre, put aller célébrer la Messe dans la communauté de Aranda de Duero, où la famille pouvait se rendre plus facilement. Puis il alla célébrer la «Première Messe» solennelle dans son pays.

On l’envoya d’abord enseigner la rhétorique et le latin à Ségovie, en même temps qu’il préparait le baccalauréat de philosophie. En 1926, il partit trois ans à Madrid pour préparer la licence de philosophie. Pendant cette période, mourut sa mère ainsi que de nombreux membres de la famille.

En 1929, il revint à Beire pour enseigner la philosophie ; cette même année, il prépara les examens d’Instituteur, qu’il passa avec succès à Saragosse.

En 1931, Isaac eut la joie de pouvoir aller imposer l’habit bénédictin à deux cousines, à Tórtoles de Esgueva ; l’année suivante, il les retrouva à nouveau pour leur profession. Il devait encore les revoir pour leur profession solennelle en 1935.

En 1933, il fut envoyé à Castro Urdiales comme directeur de collège et professeur.

En 1936, la situation devint très tendue, comme on sait. En juillet, il participa encore à un congrès de pédagogie à Santander ; il y avait aussi accompagné deux jeunes filles qui devaient recevoir la confirmation et entrer au noviciat. Au retour, des gens armés l’empêchèrent d’entrer au collège. Il dormit ailleurs et, le lendemain, trouva à se réfugier chez le jardinier des Servantes de Jésus. Il pouvait ainsi célébrer la Messe sans s’exposer dans la rue. Le 22 août, il fut rejoint par le p.Gelada et le fr.Barrio ; ils firent ainsi une petite communauté de prière et de méditation, rejoints à l’occasion par d’autres confrères.

Le 13 octobre 1936, vers onze heures, on emmena le Père en prison, au monastère des Clarisses réquisitionné à cet effet. L’après-midi, un milicien l’accompagna auprès de ses Confrères pour réclamer 150 pesetas pour chacun, ainsi que de quoi manger pour tous les trois, car ils devaient soi-disant les emmener à Santander : les miliciens prirent l’argent et la nourriture et ne leur donnèrent rien à manger, ni même à boire. Ensuite ils réclamèrent encore d’autres choses, mais le Père leur demanda : Pour quoi faire ? Pour nous tuer ?

On les ramena en «prison» et, de là, le lendemain 14 octobre, jusqu’à Torrelavega. Durant le trajet, on insultait et on battait le Père Isaac ; quand on l’invita à apostasier et à changer de vie, il répondit fermement : Ça, jamais. Plutôt mourir que faire ce que vous nous dites. Il fut fusillé avec d’autres et l’on retrouva son cadavre le long de la route de Sierrapando. 

Béatifié en 2017, Isaac Carrascal Mozo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 14 octobre.

Franciszek Rosłaniec

1889-1942

 

Ce prêtre polonais naquit à Wyśmierzycach (Pologne) le 19 décembre 1889.

Comme tout bon Polonais fier de sa souche, Franciszek participa à une manifestation scolaire à Wyśmierzycach en 1905.

Après le séminaire de Santomierz, il étudia à l’Institut biblique de Rome.

C’est à Rome qu’il fut ordonné prêtre en 1914.

Revenu dans sa patrie, il fut professeur-doyen de l’Université de Varsovie, où il enseigna pendant dix-neuf ans la théologie, l’histoire, l’exégèse, l’archéologie chrétienne. Ce fut un des premiers et des plus éminents protagonistes des études bibliques en Pologne.

En 1933, l’évêque le nomma chanoine du chapitre de la cathédrale de Sandomierz.

Son activité était intense aussi bien comme professeur que comme prêtre auprès des étudiants. Il fut un aumônier extrêmement présent parmi eux, et aussi pour des Religieuses et un Orphelinat de Varsovie.

Il fut arrêté dès novembre 1939 et bientôt envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen en mai 1940, d’où on l’expédia à celui de Dachau ; il porta le numéro 22687.

On a de lui quelques lettres qu’il put expédier depuis Dachau, dans la période 1940-1942.

En octobre 1942, il fut de ceux qui devaient être gazés à Hartheim.

D’après un document envoyé par les autorités concentrationnaires à la curie diocésaine, le chanoine Rosłaniec fut envoyé le 14 octobre 1942 à Linz et devait être exécuté à Dachau le 20 novembre.

On a donc avancé la date du 20 novembre 1942 pour la mort du Chanoine, mais le Martyrologe a retenu celle du 14 octobre.

Le chanoine Franciszek Rosƚaniec a été béatifié en 1999.

 

 

Stanisław Mysakowski

1896-1942

 

Né le 15 septembre 1896, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, Stanisƚaw était le fils de l’organiste de Wojsƚawice, Nicola.

Après son baccalauréat à Zamośc, il entra au Grand séminaire de Lublin et fut ordonné prêtre en 1920. 

Après avoir été vicaire à Zamosc, il fréquenta la faculté théologique de Lublin et reçut en 1924 le doctorat en théologie ; à Lublin également, il fut aumônier des Sœurs de la Charité, ainsi que confesseur, près de Lublin, dans la congrégation du Divin Pasteur.

Dans cette ville, outre que vicaire en plusieurs paroisses, il exerça une grande activité pastorale, pour les enfants abandonnés à eux-mêmes, pour les mal-logés ; co-fondateur des Prêtres du Bon Pasteur, il fonda la revue Chevalier du Sacré-Cœur, un magazine Echo Paroisse, un cinéma, des cours pour les enfants de familles pauvres, des activités pour les jeunes, une bibliothèque, un asile pour vieillards, une soupe populaire, des colonies de vacances…

En 1933, il renonça à la charge de curé, pour pouvoir se donner complètement à ces œuvres sociales.

Lors de la Deuxième guerre mondiale et de l’invasion de la Pologne, les Nazis se doutèrent (ou l’en accusèrent froidement) qu’il hébergeait des Juifs dans ces centres. Il fut arrêté dès novembre 1939 et condamné à mort ; sa peine fut commuée en réclusion à perpétuité et l’abbé Stanisƚaw fut envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen (décembre 1939), puis à Dachau (décembre 1940), avec le numéro 22591.

Epuisé par la faim et le travail excessif, il fut destiné, par euphémisme, au «transport des malades», c’est-à-dire à la mort en chambre à gaz. Peut-être à Hartheim (Linz), et peut-être déjà asphyxié dans le camion qui l’y transportait, ou peut-être même déjà à Dachau, les sources n’étant pas unanimes. Ce dernier déplacement aurait eu lieu le 14 octobre 1942.

Après l’exécution, son corps fut brûlé.

Le martyre de ce prêtre a donc pu avoir lieu ce même 14 octobre 1942, comme le retient le Martyrologe. D’autres sources avancent la date du 30 octobre 1942 ; en effet, l’annonce officielle de la part des autorités du camp parlent de sa mort au 30 octobre, et de la crémation du corps le 3 novembre 1942.

L’abbé Stanisƚaw Mysakowski a été béatifié en 1999.

 

 

Roman Lysko

1914-1949

 

Roman naquit le 14 août 1914 à Horodok (Lviv, Ukraine).

Il étudia la théologie et obtint les grades académiques à l’Université Théologique de Lviv.

Comme les prêtres orthodoxes, les prêtres gréco-catholiques peuvent contracter mariage avant leur ordination, et Roman épousa en 1938 Neonila Huniovska.

Il fut ordonné prêtre en 1941.

Il exerça donc ses activités pastorales dans la population ukrainienne de rite gréco-catholique, et s’occupa particulièrement des jeunes. En 1944, il était curé de Belzets.

Cette région fut annexée en 1946 par le gouvernement soviétique, qui supprima d’autorité l’église gréco-catholique pour la rattacher de force à l’orthodoxie. Mais Roman alla se réfugier dans son pays natal, à Horodok, baptisant dans la cour de la maison, célébrant des mariages dans les bois et l’Eucharistie chez les fidèles, masquant même la célébration par l’usage de vodka, pour donner le change en cas d’irruption de la police.

Son refus catégorique de passer à l’orthodoxie fut la cause de son arrestation. En septembre 1949, la police secrète (le tristement célèbre NKVD) vint l’arrêter pour le mettre en prison à Lviv. 

La population a dit qu’on l’entendait chanter très fort des psaumes, après les séances de torture qu’on lui avait imposées. Les bourreaux, eux, prétendaient qu’il était devenu fou.

Certains avancent qu’en prison il fut brutalement frappé avant d’être jeté sur une grille incandescente ; selon d’autres, il fut emmuré vivant entre quatre murs où il mourut de faim.

La date officielle de sa mort est le 14 octobre 1949. Il n’avait que trente-cinq ans.

Il a été béatifié parmi les vingt-cinq martyrs d’Ukraine, en 2001.

Le Martyrologe le mentionne le 14 octobre.

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