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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 23:00

16 OCTOBRE

 

?

SS Grat et Ansute, ermites et martyrs inconnus à Capdenac.

I.

S Longin, martyr à Césarée de Cappadoce ; c'était le soldat qui ouvrit le côté du Christ crucifié avec sa lance : inondé par le sang du Christ, il avait été guéri de son strabisme.

IV.

S Eliphius, martyr lorrain célèbre et inconnu.

V.

SS Martinianus et Saturianus, avec leurs deux frères, martyrs en Afrique, et ste Maxima, qui les amena à la foi.

VI.

SS Amandus et Iunianus, ermites près de Limoges ; le maître est ici moins connu que le disciple Iunianus, au tombeau duquel avaient lieu beaucoup de guérisons.

VII.

S Baudri, moine mal connu, abbé à Montfaucon.

S Maimbeuf, évêque à Angers, invoqué… pour le bétail.

S Gall, disciple irlandais de s. Colomban à Luxeuil, puis à l'abbaye qui devint Saint-Gall ; représenté avec un ours, qui lui aurait apporté du bois pour se chauffer ; s. Colomban l'aurait suspendu a divinis parce qu'il ne l'avait pas suivi jusqu'en Italie.

S Béraire, évêque au Mans.

Ste Eremberte, abbesse à Wierre-aux-Bois, nièce de s. Vulmar.

S Mommelin, évêque à Noyon-Tournai, successeur de s. Eloi ; on disait qu'il parlait roman et teuton , selon qu'il était dans l'une ou l'autre ville.

VIII.

S Gordaine, ermite à Anchin.

S Vital, ermite anglais venu dans le pays de Retz.

S Ambroise, évêque inconnu à Cahors.

S Lull, moine bénédictin anglais, collaborateur de s. Boniface, qui le sacra évêque à Mayence pour lui succéder. 

IX.

S Gaudericus, cultivateur à Saint-Gaudéric, invoqué pour la pluie ou le beau temps.

?

Ste Bonita, vierge à Brioude : elle aurait arrêté une inondation de rivière et déjoué les plans des assiégeants normands. 

XI.

S Anastasio, vénitien, grand ascète : au Mont-Saint-Michel, à Cluny, en Espagne, seul dans les Pyrénées ; il mourut sur le retour vers Cluny ; il ne s'était jamais lavé ni les pieds ni la tête .

XII.

S Bertrand, évêque à Comminges, thaumaturge ; il réussit à imposer à ses chanoines la règle de vie commune selon s. Augustin.

B Gerardo, italien, abbé à Clairvaux ; en visite à Igny, il fut assassiné par un moine convers, qui voulait se venger d'avoir été réprimandé. 

XVIII.

S Gerardo Maiella, rédemptoriste italien ; il avait été apprenti tailleur, puis au service de l'évêque de Lacedonia ; thaumaturge aussi soumis qu'ascétique.

XX.

Bx martyrs espagnols  de 1936 :

- béatifié en 2007 :

Dominicains : à Madrid, le prêtre Jesús Villaverde Andrés (*1877) ;

- béatifié en 2013 :

Fr.Maristes : Joan Viñuela Flecha (Lluís Daniel, *1910), à Madrid.

Bx Wojciech Koplinski (Anicet, 1875-1941), capucin, le saint François de Varsovie, gazé à Auschwitz ; et Józef Jankowski (1910-1941), prêtre pallotin, abattu à Auschwitz ; martyrs polonais béatifiés en 1999.

B Agostino Thevarparampil ("Kunjachan", petit, 1891-1973), prêtre indien très actif auprès des castes "Dalit", béatifié en Inde en 2006.

Longinus, soldat
1er siècle

Une vieille tradition attache le nom de Longinus au soldat qui transperça le côté du Christ après sa mort.
Quelques détails pourront apparaître utiles pour mieux discerner le personnage. Ils proviennent des visions de la bienheureuse Anna Katharina Emmerick, pieuse religieuse allemande stigmatisée du 19e siècle, dont les visions ont été au mieux recueillies par son secrétaire (Il va sans dire que ces «visions» ne sont pas paroles d’Evangile. Elles apparaissent comme «vraisemblables», et certainement dépourvues d’atteinte à la Doctrine de l’Eglise).

Au moment de la mort de Jésus-Christ sur le Calvaire, une garde de soldats romains se trouvait là pour assurer l’ordre.
«Les cent soldats romains furent relevés par cinquante autres, commandés par un Arabe appelé Abénadar, qui plus tard fut baptisé et reçut le nom de Ctésiphon. Le commandant en second, qui était attaché au service de Pilate, s’appelait Cassius, et fut baptisé depuis sous le nom de Longin (…)
Après avoir rendu cet hommage public au Fils de Dieu, Abénadar converti ne voulut plus rester au service de ses ennemis. Il mit pied à terre, donna sa lance à Cassius, appelé depuis Longin, et lui confia le commandement (…). (De ce qui précède, on pourrait se permettre de déduire que le nom traditionnel de Longin est dérivé de la «longueur» de cette lance).
(Après la mort du Sauveur), une partie des cinquante soldats romains vinrent rejoindre ceux qui gardaient la porte de la ville qu’on avait fermée ; d’autres furent placés dans quelques positions environnantes pour empêcher les rassemblements; Cassius avec cinq hommes restèrent seuls sur le lieu du supplice (…)
(Après que les bourreaux aient brisé les os des deux larrons), Cassius fut saisi d’un mouvement de zèle extraordinaire. C’était un officier de vingt-cinq ans, dont les airs d’importance et les yeux louches excitaient souvent l’hilarité des soldats. L’ignoble cruauté des bourreaux, l’angoisse des saintes femmes, une inspiration soudaine d’en-haut lui firent accomplir en cet instant une prophétie (en effet, l’évangéliste saint Jean rappelle les versets de Ex 12:46, Ps 34:21 et Za 12:10 : Cela est arrivé pour que s’accomplît l’Ecriture : On ne lui brisera pas un os. Ailleurs l’Ecriture dit encore : Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé (Jn 19:36-37). 
(…) Il dirigea rapidement son cheval vers l’élévation où se trouvait la croix, et, s’arrêtant entre la croix de Jésus et celle du bon larron, il prit sa lance des deux mains et l’enfonça avec tant de force dans le côté droit, que la pointe traversa le cœur et atteignit le sein gauche. Il en sortit aussitôt du sang et de l’eau qui rejaillirent sur sa face comme une source de grâce et de salut. Il sauta à bas de son cheval, s’agenouilla, se frappa la poitrine, et confessa à haute voix Jésus-Christ.
Cassius louait Dieu à genoux ; les yeux de son âme s’étaient ouverts, en même temps que ceux de son corps avaient été guéris. (Ce n’était) plus le même homme : il était devenu humble et modeste. Les soldats, en voyant le miracle qui s’était opéré en lui, se jetèrent à genoux frappant leur poitrine et confessant Jésus-Christ (…)
(Après la mise au tombeau) Cassius ne quitta pas son poste. Il se tenait assis ou debout devant l’entrée du caveau. Il avait reçu de grandes grâces intérieures, et Dieu, en illuminant son âme, lui avait révélé beaucoup de mystères. N’étant pas accoutumé à se trouver dans cet état d’intuition, il resta presque tout le temps dans une extase qui lui enlevait la conscience des objets extérieurs. Il fut entièrement transformé, devint un autre homme, et passa toute la journée dans le repentir, l’action de grâces et l’adoration (…)
(Vers minuit) Cassius avait les regards fixés sur le tombeau comme quelqu’un qui adore le saint Sacrement (…) Le rocher fut ébranlé. Cassius fut très ému, car il sentait qu’il se passait quelque chose d’extraordinaire, quoique cela ne fût pas très clair pour lui ; mais il resta à sa place, attendant avec recueillement ce qui allait enfin arriver de ces mystérieux événements (…) Voyant le tombeau rempli de lumière, il entrouvrit hardiment la porte, et toucha les linges vides ; ensuite il se retira pour annoncer à Pilate ce qui était arrivé (…)
Pilate était encore couché, et on fit entrer Cassius près de lui. Il lui raconta avec une grande émotion comment le rocher avait été ébranlé, comment un ange, descendu du ciel, avait renversé la pierre, et comment il ne s’était plus trouvé là que les linges vides. Enfin il déclara que le Sauveur était ressuscité, et qu’il était certainement le Messie et le Fils de Dieu.»
Les grecs croient que Cassius-Longin souffrit le martyre près de Tyanes en Cappadoce et honorent sa mémoire le 16 octobre. Saint Grégoire de Nysse atteste que les Cappadociens avaient fait de Longin un de leurs premiers évêques, et qu’il aurait souffert le martyre.
Pour certains, le centurion qui confesse sa foi et le soldat Longin ne font qu’un seul et même personnage. Pourtant, il semble bien que l’évangile parle de deux hommes différents.
Il reste que notre Martyrologe Romain mentionne saint Longin le 16 octobre, sans parler de son martyre éventuel, rappelant seulement la «commémoration à Jérusalem» du saint soldat.


Eliphius de Toul
? 4. siècle

Eliphius aurait été l’aîné d’une nombreuse fratrie de cinq ou sept frères et sœurs, enfants de Baccius et Lientrude, dans la région de Toul.
Ces enfants auraient porté les noms de Eucharius, Menna, Libaria, Suzanna, Odda, Gondrude.
Plusieurs d’entre eux seraient morts martyrs, dont notre Eliphius.
On n’est pas assuré qu’Eliphius (en français Elophe) fût martyrisé sous les ordres de Julien l’Apostat, surtout par le fait que cet empereur n’a bien certainement pas sévi en Gaule contre les Chrétiens.
Eliphius, après avoir prêché et amené à la foi un grand nombre de personnes, aurait été dénoncé à Julien par des Juifs. Julien l’aurait longuement interrogé, et finalement condamné à la décapitation.
Décapité, Eliphius aurait ramassé sa tête, l’aurait apportée sur la colline proche… et se serait remis à prêcher.
On pense qu’Eliphius fut en réalité victime de Barbares, ou de brigands. Certainement avant le dixième siècle (!), peut-être au quatrième.
Autrefois, tous les frère et sœurs d’Eliphius étaient mentionnés au Martyrologe et presque tous au mois d’octobre. L’édition récente ne les a pas repris.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eliphius de Toul au 16 octobre.


Martinianus, Saturianus et Maxima en Afrique
5. siècle

Maxima administrait la maison d’un maître appartenant à la race des Vandales, en «Afrique» (act. Tunisie). Elle était chrétienne.
Ce même maître avait aussi des serviteurs, parmi lesquels Martinianus, Saturianus et leurs deux frères, qui le servaient avec grand dévouement. Martinianus était son armurier.
Très satisfait de Maxima et de Martinianus, il voulut les marier, ce qui plut beaucoup à Martinianus. Mais Maxima fit part à Martinianus de sa foi chrétienne, et de son désir de n’appartenir qu’au Christ, l’Epoux éternel. Elle convainquit Martinianus, qui se fit aussi l’apôtre de ses trois frères, dont on ne connaît le nom que d’un seul, Saturianus.
Tous cinq s’évadèrent une nuit, les quatre garçons rejoignirent un monastère à Thabraca (auj. Tabarka, Tunisie NW), Maxima un autre monastère. Ici se trouve l’objection principale qu’on pourra opposer au récit : comment des Chrétiens eurent-ils l’audace d’abandonner leur maître, qui était bon et qu’ils servaient fidèlement ?
Mais voilà que ce maître, fort irrité, rechercha et retrouva les cinq fugitifs. Il les mit en prison, avec la ferme intention d’obliger Martinianus et Maxima à se marier, et surtout de les faire passer à la «foi» arienne. Il avertit le roi Genséric de la situation.
Ce dernier ordonna de les tourmenter ; on devait les fustiger avec des bâtons noueux, qui les déchiraient et les brisaient. Chaque matin, les cinq victimes apparaissaient cependant guéris de leurs blessures. Qui plus est, lorsque Maxima fut attachée à terre à des pieux pointus, la poutre qui servait d’entrave se brisa comme un vieux bois pourri. Beaucoup de témoins virent la scène.
Le maître Vandale s’endurcit et refusa de reconnaître ces prodiges ; Genséric rendit la liberté à Maxima et relégua les quatre frères chez un roi maure. Nos quatre Héros se firent les apôtres de la région, firent demander à Rome un prêtre et des diacres, et construisirent une église.
Furieux d’apprendre cela, Genséric ordonna d’attacher les quatre hommes par les pieds à un attelage de quatre chevaux et de les traîner au milieu des broussailles et des buissons épineux. C’est ainsi qu’ils moururent.
Maxima, elle, devint abbesse de son monastère, où elle reposa en paix. Elle n’est donc pas considérée comme martyre.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Maxima, saints Martinianus, Saturianus et leurs deux frères, au 16 octobre.


Amandus et Iunianus, ermites
6. siècle

Amandus, de noble famille étrangère, serait venu au confluent de la Vienne et de la Glane, sur un territoire du diocèse de Limoges, nommé alors Commodoliacum.
Cet ermite eut bientôt un disciple, Iunianus, qui vécut avec lui et l’assista jusqu’à la mort. Puis Iunianus occupa cette même cellule pendant quarante ans.
Sa prière obtint la guérison d’un jeune noble, nommé Rorice. Celui-ci était le petit-fils d’un autre Rorice qui, depuis, était devenu l’évêque de Limoges. Ce deuxième Rorice succéda au premier et c’est lui qui célébra les obsèques de Iunianus.
Tandis qu’Amandus fut presque oublié de la dévotion, Iunianus fut beaucoup plus connu et vénéré.
Una basilique s’éleva sur son tombeau, où fut aussi enterré Rorice.
Les saints Amandus et Iunianus sont commémorés le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Gall, moine
550-646

Gall était d’origine irlandaise et naquit vers 550.
Il entra au monastère de Bangor, dont l’abbé était s.Comgall (v. 10 mai) et fut ordonné prêtre.
Avec onze compagnons, il accompagna s.Colomban (v. 23 novembre) en Gaule.
Comme on l’a vu, ils s’établirent à Luxeuil (Haute-Saône), puis un groupe - dont Gall faisait partie, accompagna Colomban jusqu’à Bregenz, à l’est du lac de Constance. C’était en 610.
Vers 612, Colomban laissa ses disciples et partit jusqu’à Bobbio (Plaisance, Italie NO) ; il fonda le monastère où il devait mourir. C’est là que se situe cette étonnante situation concernant Gall. Celui-ci, malade, ne pouvait suivre Colomban dans son nouveau voyage. D’après la tradition, Colomban sembla s’en offenser et déclara Gall suspens : il ne devait plus célébrer la Messe tant que vivrait Colomban. Ce dernier mourut en 615, Gall resta donc suspens pendant trois années. Lorsqu’il apprit, par une révélation, que Colomban était mourant, il dépêcha un diacre auprès de Colomban, qui chargea ce diacre de transmettre l’absolution à Gall. Et Gall célébra alors la Messe pour le repos de l’âme de Colomban.
On raconte qu’une nuit où Gall avait besoin de bois pour alimenter un feu qu’il venait d’allumer, un ours vint lui en apporter.
Gall travailla à la conversion des gens de l’endroit ; le Diable lui-même se serait avoué vaincu par la prière de Gall, qui avait toujours le Nom de Dieu dans la bouche.
D’autres merveilles se produisirent, dont les détails ne sont pas connus.
Gall mourut quasi centenaire, le 16 octobre 646.
L’abbaye qui se développa sur le site illustré par Gall, devint la célébrissime abbaye Saint-Gall, dont la bibliothèque et l’école de chant grégorien sont mondialement connus.
Saint Gall est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Mommelin de Noyon
† 686

Mummolenus venait de la Normandie.
Vers 614-620, il reçut sa formation au monastère de Luxeuil, où il eut comme confrères Omer, Bertin (v. 1er novembre et 5 septembre) et Ebertramme.
Clotaire II l’appela à la cour pour lui confier la garde du sceau royal, et c’est là qu’il connut s.Eloi (v. 1er décembre).
Quand Omer devint évêque de Thérouanne, Mommelin participa à l’œuvre pastorale de l’évêque, qui le nomma abbé de l’abbaye de Sithiu. 
Quand mourut Eloi (660), il lui succéda comme vingt-cinquième évêque de Noyon-Tournai.
On a plusieurs documents attestant l’activité de Mommelin. Ainsi en 663, il signe l’exemption totale de Sithiu de la juridiction épiscopale ; en 675, c’est en faveur de l’abbaye de Montier-en-Der. Que d’abbayes la France a abritées ! 
On raconte que Mommelin savait les deux langues parlées à Noyon et Tournai (le roman et le teuton), à moins qu’il ait eu le don des langues et se fît comprendre ainsi de tous ses diocésains. C’est peut-être aussi en vertu de ce don qu’on invoque Mommelin pour les enfants bègues ou muets.
L’épiscopat de Mommelin dura environ un quart de siècle.
Il mourut à Noyon le 16 octobre 685 ou 686.
Saint Mommelin de Noyon est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Lull de Mayence
710-787

Lull était né vers 710 dans le Wessex (Angleterre) et reçut sa formation au monastère de Malmesbury, avant son pèlerinage à Rome.
Vers 730 il rejoignit son compatriote s.Boniface (v. 5 juin) en Germanie.
Boniface l’estimait particulièrement, l’appelant son filiolus, cher fils ; il lui conféra les ordres sacrés, le diaconat vers 745, la prêtrise vers 751, et en fit son chorévêque, on pourrait peut-être dire aujourd’hui vicaire épiscopal. 
Vers 753, Boniface le proposa pour l’épiscopat en ces termes : Les prêtres trouveront en lui un maître, les moines un docteur de la Règle, les peuples chrétiens un fidèle prédicateur et pasteur.
Après le martyre de Boniface (754), Lull devint donc évêque de Mayence.
Il signa au synode épiscopal d’Attigny (762), ainsi qu’au concile de Latran de 769, où fut condamné l’iconoclasme.
Il fonda les monastères de Hersfeld (769) et peut-être aussi celui de Bleidenstadt.
En 763, il y eut un petit incident entre Sturm, l’abbé de Fulda, et Lull : Fulda avait obtenu l’exemption de l’évêque, et Lull ne l’admettait pas facilement ; il y eut un froid, des frottements, auxquels mit fin Pépin le Bref en envoyant Sturm à l’abbaye de Jumièges pendant deux ans. Le conflit s’apaisa, mais Sturm l’avait mal digéré et, sur son lit de mort, reparla de Lull qui l’avait toujours attaqué. 
Ce ne fut pas le seul incident qu’on souleva contre Lull ; vers 775, le pape manda quelques prélats français pour enquêter sur la personne et la conduite de Lull. Il ne semble pas que Lull en ait été inquiété. Au contraire, le pape remit à Lull le pallium vers 781.
On a le bonheur d’avoir encore une correspondance assez importante de Lull, qui était en relation avec des autorités civiles ou religieuses.
Dans une lettre à Boniface, il écrit qu’il a mal aux yeux, à la tête et au ventre. A des évêques de Gaule, il raconte que lui est arrivé un prêtre étranger dont il ne veut absolument pas, car celui-ci est un menteur qui a volé des bœufs, des porcs, des vaches, des juments… Ailleurs, ce sont des échanges de manuscrits, de livres, de vêtements, etc.
Après plus de trente ans d’épiscopat, Lull s’éteignit en l’abbaye de Hersfeld, le 16 octobre 786 ou 787.
Saint Lull de Mayence est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.


Vital (Viau)
8. siècle

Ce ne sont pas les détails précis qui abondent au sujet de ce Saint ermite, et l’on a même relevé quelques erreurs probables dans certains récits qu’on en a faits.
Saint Vital (en latin Vitalis) venait d’Angleterre, de cette Angleterre depuis peu ré-évangélisée grâce à la prédication de saint Augustin, bientôt secondé par saint Paulin, moines bénédictins envoyés là par le pape saint Grégoire 1er (le Grand, voir au 3 septembre) à la fin du VIe siècle. De là se développa un christianisme fécond en sainteté, en érudition et en production artistique. Canterbury va être fondé, le monastère de Lindisfarne va devenir célèbre ; le roi Edwin va épouser la chrétienne Ethelburge et se convertir lui-même en 627, le roi Oswald suivra bientôt (voir aux 12 octobre et 5 août) ; le moine immensément érudit saint Bède le Vénérable (675-735) va devenir la gloire du clergé anglais (voir au 25 mai) ; au début du VIIIe siècle, l’Angleterre est suffisamment ancrée dans le christianisme pour envoyer à son tour des missionnaires en Germanie, en premier lieu saint Boniface (voir au 5 juin) .
Ce n’est donc pas un pays païen que notre Vital veut quitter, mais on peut deviner que, au milieu du fourmillement du clergé de son île, il désira plus de silence et de solitude, et qu’il pensa trouver cela dans des régions plus amples sur la terre de Gaule. C’est ainsi qu’il aborda un jour au pays de Retz, au sud de l’estuaire de la Loire : il se trouva bien sur le Mont Scobrit, et c’est là qu’il gravit peu à peu les échelons de la sainteté.
Le “Mont Scobrit” n’est pas vraiment une “hauteur”, car nous sommes au bord de la mer, à peine à cinquante mètres d’altitude, mais l’isolement et l’amour de Dieu vont aider l’ermite à chercher les choses d’en-haut (Col 3:1) et à converser avec Dieu.
Comment vivait Vital ? Comme tous les ermites, du travail de ses mains, de ce que la nature pouvait lui offrir. Dans ce beau pays de Retz, où l’on ne connaissait pas les activités portuaires que nous savons, et où l’homme n’avait pas envahi le paysage avec les voitures, le béton, le mouvement et le bruit, notre ermite dut trouver cette paix dans la solitude, assez éloigné du monde pour prier et rester avec Dieu, assez proche des hommes tout de même, pour qu’on reçût de lui de salutaires exemples de détachement et de vertus.
Si Vital préféra vivre en ermite, c’était pour rester caché et discret, pour mener sa vie austère comme il l’entendait de façon à plaire à Dieu sans vouloir s’imposer à d’autres, et sans avoir à dépendre des autres.
On ne s’étonnera donc pas de ne point posséder de détails sur son genre de vie, sur l’aspect de sa cabane, sur ses repas frugaux, sur sa vie de prière. Tel un Chartreux (voir au 6 octobre), il ressentait en lui le besoin de prier pour tous les hommes, pour lui-même en premier lieu car il se sentait pécheur et s’accusait personnellement avant les autres, contemplant la bonté de Dieu, et implorant Sa miséricorde sur toute la société humaine. 
Vital meurt en 750, probablement un 16 octobre, puisque c’est en ce jour qu’il est commémoré au Martyrologe.
La cellule de saint Vital - qu’on appela localement Viau ou Viaud - est traditionnellement conservée dans le bourg de Saint-Viaud (en breton Sant-Widel-Skovrid), qui s’est développé à partir de son ermitage : cette cellule serait la petite grotte qu’on peut visiter sous l’église paroissiale ; non loin de là se trouve aussi une chapelle Saint-Vital, plusieurs croix de Saint-Vital ; les armes-mêmes de Saint-Viaud portent sur une croix le cordon de saint Vital.


Gaudericus
9. siècle

Gaudericus (aussi Gualdericus ou Galdericus) était un pieux paysan de Viéville, localité du Languedoc devenue Saint-Gauderic (Aude).
Il y vivait avec ses deux frères.
On rapporte deux épisodes merveilleux. Lors d’un terrible orage, Gaudericus s’agenouilla sur le champ, qui resta absolument intact, tandis que la campagne alentour était dévastée. Une autre fois, Gaudericus s’agenouilla en plein milieu de la rivière pour prier, et les eaux l’entourèrent sans le mouiller.
Ces faits ont paru légendaires aux critiques. 
Moins légendaire, la mort de Gaudericus se situe vers 900.
Gaudericus fut invoqué pour la pluie ou le beau temps, selon la nécessité.
Saint Gaudericus est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

Bonita de Brioude
9e ou 11e siècle

Cette mystérieuse vierge est invoquée à Alvier (Brioude, Allier).
Elle aurait été une pieuse bergère, gardienne d’oies.
En allant prier sur le tombeau de s.Julien (v. 28 août), elle aurait aperçu des soldats Normands prêts à fondre sur Brioude, et donna l’alerte.
Elle aurait aussi arrêté une inondation de l’Allier.
Au 17e siècle, on fit une reconnaissance de ses reliques, qui révélèrent une très jeune fille aux vêtements simples, aux beaux cheveux tirant sur le blond.
Saint Bonita de Brioude est commémorée le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Anastasio de Cluny

1025-1086

 

Anastasio était né vers 1020-1025 à Venise, dans une bonne famille bourgeoise.

Il sut le latin et le grec parfaitement, ce qui donne une idée de la bonne formation qu’il reçut.

Le Christ gagna son cœur, et il chercha à Le suivre. D’abord par l’ascétisme ; discrètement, il supprima le vin, il jeûna les mercredis et vendredis ; ses prières et ses veilles s’intensifièrent… Puis il jeûna toute la semaine, sauf le dimanche.

Il vint alors au Mont-Saint-Michel (Manche), et y prit l’habit.

Mais voilà qu’au bout d’une année, il apprit que l’abbé avait acheté sa crosse, qu’on allait le soumettre à un simoniaque ! Il se retira, seul, sur une petite île au nord de la côte.

Ce fut le début de sa célébrité, bien involontaire. L’abbé Hugues de Cluny (v. 29 avril) vint le voir et lui proposa de le suivre à Cluny.

Le nouveau moine fut, bien sûr, exemplaire, avec toutefois ses petites excentricités inhabituelles pour le monastère, car il avait désormais la coutume de s’absenter pour prier davantage, de jeûner à des jours où les moines ne le faisaient pas, etc.

On l’envoya vers 1074 pour une mission en Espagne, peut-être dans la tentative d’y remplacer le rit mozarabe par le romain, mais ce ne fut pas un succès. Anastasio revint à Cluny.

Au bout de sept années, l’abbé le prit avec lui pour une autre mission en Aquitaine. L’abbé pensait qu’Anastasio saurait convaincre les fidèles par la chaleur de sa parole ; mais Anastasio demanda, implora, obtint de pouvoir se retirer quelque part dans ces montagnes rudes des Pyrénées.

Il prit un frère avec lui, qui habiterait en bas de la cabane, tandis qu’il resterait en haut, priant, célébrant les louanges divines. Le frère lui montait un peu de pain et d’eau. L’amant de la solitude ne put éviter la célébrité : on vint le voir de partout.

Satan aussi vint, pour incendier la cabane : Anastasio éteignit le feu d’un signe de croix et mit en fuite l’Esprit du mal ; la scène eut deux témoins, qui ne pouvaient mentir.

Pendant trois ans, contre son gré, Anastasio reçut, conseilla, pria, confessa.

On pourrait dire : ce moine était-il vraiment obéissant ? N’en faisait-il pas un peu à sa tête ? On va voir que non. L’abbé de Cluny lui écrivit, lui reprochant doucement son long silence et l’invita à revenir au monastère. Anastasio se leva et partit, aussitôt. Il n’avait pas trop de bagages à préparer !

Près de Pamiers, il accepta de procéder à la translation des reliques de s.Antonin (v. 2 septembre) et guérit un malade avec de l’eau bénite, et quelques autres aussi.

Plus loin, il fut pris de fièvre. Il s’alita ; on lui proposa un bain bien chaud, qu’il refusa : c’est à ce moment-là qu’on apprit de sa bouche qu’il ne s’était jamais lavé ni les pieds ni la tête.

Il s’éteignit donc près de Pamiers, le 16 octobre 1085-1086.

Les restes d’Anastasio, retrouvés plus tard par une révélation, furent dispersés par les Huguenots en 1568.

Saint Anastasio de Cluny est commémoré le 16 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Bertrand de Comminges

1050-1125

 

Bertrand naquit vers 1050 à L’Isle-Jourdain (Gers), d’Atton Raymond, seigneur, et de Gervaise Taillefer, fille du comte de Toulouse et belle-sœur de Robert le Pieux.

Après avoir goûté au métier des armes, il entra dans la cléricature à Toulouse. Devenu prêtre et chanoine, il fut promu à la dignité d’archidiacre.

Vers 1075, il fut nommé évêque de Comminges.

C’est auprès de la cathédrale Saint-Just que Bertrand fit son premier miracle, en 1200 : il guérit une femme possédée, juste avant de célébrer la Messe.

Surtout, l’évêque fit construire une nouvelle cathédrale sur l’oppidum de la ville, avec une grosse tour comme clocher, qui devait servir au donjon de la nouvelle ville.

Outre ces travaux, Bertrand réorganisa la vie du diocèse, en y imposant les réformes grégoriennes : vie commune des chanoines selon la règle augustinienne, lutte contre le concubinage des clercs, contre l’adultère, le mensonge.

Les très nombreux miracles qu’il opéra de son vivant reflètent son activité. Quelques exemples : 

Un prêtre dépravé ne voulait pas se repentir et sa maison était presque devenue un lieu de passe : l’évêque la maudit et elle s’écroula.

Un homme ne voulait pas reconnaître son enfant naturel ; l’évêque lui demanda de retirer un caillou d’un vase d’eau froide : l’homme eut la main brûlée… et reconnut son fils.

A un pêcheur, il commanda de prendre un certain nombre de poissons et l’homme obéit ; et quand l’évêque lui ordonna d’en prendre «beaucoup», l’homme revint en pliant sous le poids.

Dans une famille pauvre, il bénit le tonneau de vin vide, qui déborda d’un vin excellent. Au contraire, à un homme qui prétendait ne plus avoir de vin alors qu’il en avait encore un peu, tout le vin qui restait se répandit à terre.

Un ménage sans enfants, mais très fidèle à l’Eglise et à Dieu, eut la joie d’en avoir enfin, grâce à la bénédiction de l’évêque.

Bertrand sentit son heure arriver pendant une de ses tournées. On le ramena à la cathédrale et, sur sa demande, fut déposé devant l’autel de la Sainte Vierge. C’est là qu’il mourut, le 16 octobre 1126. Il avait gouverné son diocèse pendant un demi-siècle.

Les miracles continuèrent après la mort de l’évêque. L’un d’eux se situa à cheval sur cette date : un seigneur local, Sanche Parra d’Osse, avait réquisitionné les bœufs de l’évêque et ne voulait les rendre que contre rançon. Bertrand les lui réclama tout de même, lui promettant qu’il l’en récompenserait «avant la mort» du seigneur. Or, après la mort de Bertrand, Sanche fut fait prisonnier en Espagne, mais une nuit, Bertrand lui apparut et le libéra.

Saint Bertrand de Comminges fut canonisé en 1221.

 

 

Gerardo de Clairvaux

1100-1177

 

Gerardo n’est pas très connu, pas même des sources cisterciennes.

On le dit d’origine lombarde. Il fut disciple de saint Bernard à Clairvaux.

On le fait naître autour de 1100, pour cette raison qu’il fut le premier responsable de Fossanova (Priverno, Latina, Latium, Italie) vers 1135. Il n’est pas sûr qu’il y eût été abbé à cette époque : simplement, il guidait la fondation, envoyée par Bernard de Clairvaux. 

Il donna une très forte impulsion à l’abbaye, au point qu’elle put fonder ou assumer d’autres abbayes-filles, en Calabre particulièrement. L’abbaye de Fossanova hérita par Gerardo de l’architecture gothico-bourguignonne

Vers 1140, aurait été élu abbé un certain Pietro, puis d’autres. 

En 1170, Gerardo fut nommé à Clairvaux même, sixième abbé après saint Bernard. C’est donc lui qui, en 1174, connut la canonisation de saint Bernard (qui était mort en 1153). A ce moment, on reconstruisait le chœur de l’église et on lui adjoignait un déambulatoire à chapelles rayonnantes. La dédicace devait avoir lieu aussi en 1174.

Cette même année encore, mourait à Fossanova saint Thomas d’Aquin (v. 7 mars), qui s’y était arrêté sur son chemin pour Lyon, où siégeait le concile.

Responsable d’une si grande famille d’abbayes, Gerardo en fit la visite. Il visita celles de l’Allemagne et fit une halte à l’abbaye bénédictine de Trèves ; il y eut une vision des saints Eucher, Valère et Materne, qui lui révélèrent que Dieu attendait encore beaucoup de lui, mais aussi qu’il recevrait bientôt sa couronne. Elle arriva en effet peu après.

D’après une chronique cistercienne, Gerardo visitait l’abbaye d’Igny (Reims). Un de ses moines, divinement averti, lui aurait conseillé de ne pas s’y rendre, mais l’abbé jugeait de son devoir d’y aller. Bien reçu, il s’entretint avec les moines. 

Or, précédemment, un convers avait reçu de lui une réprimande pour sa conduite et avait promis de s’amender ; en réalité, il conservait dans son cœur une rancune implacable contre Gerardo. Profitant de la présence de l’abbé à Igny, le convers le suivit en cachette au dortoir et le poignarda sauvagement au ventre, tellement que l’abbé lui aurait même dit : Tu peux arrêter, car je ne tarderai pas à mourir. Et l’autre s’en alla. Le pauvre blessé, tout en sang, se traîna jusqu’à l’église et s’écroula ; on le transporta à l’infirmerie, et reprit un moment connaissance. Il remercia Dieu de lui avoir ainsi évité le purgatoire, reçut les derniers Sacrements, pardonna au bourreau et mourut le 16 octobre 1177.

Le corps de Gerardo fut ramené à Clairvaux et y fut enterré. L’abbé de Fossanova craignait que cette mort fût due à cause de ses propres péchés, mais saint Bernard et saint Gerardo lui apparurent et le rassurèrent.

La chronique poursuit son récit en évoquant l’assassin. Quelques années plus tard, il serait allé se jeter aux pieds du pape et implorer son pardon. Le pape cependant aurait alors eu un premier geste qui semblait l’écarter, mais uniquement pour lui faire comprendre la gravité de son crime, de sorte que le coupable se serait relevé et aurait disparu on ne sait où. L’auteur de la chronique n’a-t-il pas été pris à son tour par un petit démon de vengeance ? Espérons que, comme saint Etienne et saint Paul passèrent d’ennemis à amis, le saint abbé et son assassin se retrouvèrent au Paradis, réconciliés.

Le bienheureux Gerardo est inscrit au Martyrologe le 16 octobre, mais sans le titre de martyr qu’on lui a parfois donné, car il n’est pas mort à proprement parler «pour la foi».

 

 

Gerardo Maiella

1726-1755

 

Il naquit en avril 1723 et fut baptisé le 23 (certains disent le 6) avril, benjamin des cinq enfants de Domenico Majella (ou Maiella), un humble tailleur de Muro Lucano (Potenza, Italie sud), et de Benedetta Cristina Galella.

Les quatre aînés s’appelaient Brigida, Gerardo (qui ne vécut qu’une semaine), Anna Elisabetta, Elisabetta.

Un des premiers prodiges qui marquèrent la vie de Gerardo furent les beaux petits pains blancs que lui remettaient la Vierge et son Enfant, une belle image vénérée dans le sanctuaire proche de la maison paternelle.

En 1738, orphelin de père, il fut placé comme apprenti tailleur. 

En 1740, il fut confirmé. Ayant demandé son admission chez les Capucins, il fut repoussé à cause de sa maigreur.

Il trouva un travail au service de l’évêque de Lacedonia, un brave prélat au caractère bougon qui ne lui épargna pas les caprices et les sautes d’humeur.

Gerardo ne se plaignait pas : ce qui lui arrivait venait de Dieu, il s’en réjouissait, même quand un autre petit garçon le rossa d’importance.

Fin 1745, Gerardo essaya le métier de tailleur à Muro. Il n’abandonnait pas l’ascèse, et s’imposa des mortifications «fortes» durant un carême. Il tenta l’ermitage, puis se décida à demander son admission dans la nouvelle congrégation des Rédemptoristes. 

Il fut postulant en 1749 à Deliceto (Foggia), novice en 1752, profès le 16 juillet 1652, en la fête de Notre-Dame du Carmel. C’est vers cette époque qu’il fit le vœu du plus parfait.

Le vendredi saint 30 avril 1753, il eut une de ces extases publiques qui le firent connaître. Sa prédication obtint des réconciliations à Castelgrande, sa parole des miracles à Lacedonia, là où l’évêque l’avait si maltraité douze ans plus tôt.

Début 1754, il fut terriblement calomnié ; il fut «exilé» à Caposele et interdit de l’Eucharistie pendant plusieurs mois. Ce lui fut une épreuve très dure, qu’il supporta sans révolte, et triomphalement ; il luttait contre les tentations du Frère Soufre (Fra Zulfo, comme il appelait le Démon) avec une soumission totale : Le Seigneur veut me punir de mon peu d’amour , et me fuit. Mais je ne le perdrai jamais de mon cœur.

On s’étonnera des mortifications qu’il s’imposait chaque jour, dont il référait toujours à son Supérieur, ou plutôt on s’étonnera que le Supérieur le laissait ainsi s’infliger des actes excessifs pour une santé frêle. Gerardo sa flagellait chaque jour, jusqu’au sang une fois par semaine ; il portait une chaîne de fer, marquait le sol de neuf croix avec sa langue, mâchait de l’absinthe, sans compter les nombreux jeûnes plusieurs jours par semaine… 

Ce qui est bien plus édifiant en revanche, est son désir d’être saint, de se donner tout à Dieu. Une de ses résolutions était : fuir toute occasion de faire impatienter mon prochain. Et son désir d’amener à Dieu les âmes : Si je pouvais convertir autant de pécheurs qu’il y a de grains de sable dans la mer et sur terre, de feuilles dans les arbres, de plantes dans les champs, d’atomes dans l’air, de rayons de soleil et de lune, de créatures sur la terre !

En 1754, il travailla dans l’hospice de sa congrégation à Naples, puis revint à Caposele comme portier : on l’y surnomma le Père des pauvres.

Gerardo est resté célèbre pour ses innombrables prodiges. L’un d’eux fut qu’il demanda à Dieu de le rendre invisible pendant qu’il priait, et qu’il fut exaucé. Son Supérieur le «reprit» doucement en le menaçant : Pour cette fois, je vous pardonne, mais ne faites plus de pareilles prières ! C’est à la suite de cet épisode que les enfants de Caposele jouèrent à frère Gérard, à cache-cache.

En 1755, il surveillait des travaux de construction et allait quêter pour combler les frais. Fin août, il rentra épuisé et fiévreux ; il annonça sa mort pour le 8 septembre, mais il «obéit» et la mort fut remise. Il souffrait beaucoup, toujours sans se plaindre. Il trouvait que les ordonnances médicales ruinaient la communauté, que les soins dont il avait besoin dérangeaient le pauvre frère infirmier.

Le 15 octobre, il annonça sa mort pour la soirée et se fit habiller pour réciter l’office des morts. En fin d’après-midi, il précisa qu’il en avait pour six heures encore. Il répétait le psaume 50 (Miserere), luttait encore contre deux coquins (apparitions diaboliques), vit la Sainte Vierge arriver, et trépassa peu après minuit.

Gerardo Majella mourut le 16 octobre 1755, fut béatifié en 1893 et canonisé en 1904.

Jesús Villaverde Andrés

1877-1936

 

Les Espagnols donnent volontiers le prénom-même de Jésus à leurs enfants, mais avec cette accentuation : Jesús.

Celui d’aujourd’hui naquit à San Miguel de Dueñas (León), diocèse de Astorga, le 4 octobre 1877. 

Son père étant officier militaire, le garçon fit ses études au collège des Jésuites de Salamanque, puis au séminaire diocésain de Madrid.

Il entra au noviciat des Jésuites à Ocaña et fit profession en 1895 ; il fut ordonné prêtre en 1903.

Sa vie religieuse et sacerdotale fut une suite d’activités comme professeur et comme supérieur.

Il enseigna d’abord au collège Saint-Jean-de-Latran à Manille, de 1905 à 1910 ; puis il fut envoyé au couvent de Valencia ; il retourna aux Philippines en 1916 et enseigna la théologie à l’université Saint-Thomas de Manille, dont il fut aussi le doyen après y avoir pris son grade de Docteur en Théologie : il enseigna la Dogmatique et le Droit Canon ; puis il fut recteur au collège Saint-Jean-de-Latran, toujours à Manille, et passa aux Etats-Unis, où il fut prieur de la communauté de Rosaryville (New Orleans) de 1921 à 1924. Il fut secrétaire général puis trésorier de 1929 à 1932. En 1934, le voilà de retour sur notre continent, comme prieur du couvent de Saint-Thomas à Ávila, et s’en vint finalement dans la communauté du Rosaire à Madrid, où le surprit la révolution.

Il publia quelques-uns de ses nombreux sermons, ainsi qu’un petit traité sur la très Sainte Vierge.

Le couvent du Rosaire de Madrid fut pris d’assaut par les révolutionnaires et les religieux cherchèrent à se réfugier chez des parents et des amis. Le père Jesús trouva l’hospitalité chez sa mère puis chez son frère pendant quelque temps.

Le 15 octobre, des soldats vinrent l’arrêter. Les enfants de son frère tentèrent de le sauver en racontant qu’il n’y avait pas de prêtre chez eux. Mais le père Jésus se présenta spontanément aux soldats. Interrogé, il se déclara religieux et disposé à mourir pour le Christ.

On l’emmena au siège révolutionnaire de Fomento à Madrid le soir du 15 octobre, et il fut exécuté le lendemain, 16 octobre, qui sera son dies natalis au Martyrologe.

Il a été béatifié en 2007.

 

Juan Viñuela Flecha

1910-1936

 

Juan était né le 2 juin 1910 à Navatejera (León, Espagne), de Victoriano et Manuela, qui eurent onze enfants ; Juan fut baptisé le 8 juin et confirmé en 1910.

Juan était un meneur ; il guidait ses camarades et leur donnait le bon exemple. Plus tard, du noviciat, écrivant à sa famille, il se préoccupait toujours de leur demander s’ils accomplissaient fidèlement leurs obligations de chrétiens. On va voir que ces recommandations étaient bien fondées.

Il entra en 1924 dans la congrégation des Frères Maristes à Venta de Baños (Palencia) et commença le noviciat à Tuy en 1925 ; il reçut l’habit et le nom de Luis Daniel ; un an après il faisait les premiers vœux. Il devait faire la profession solennelle en 1934.

Jeune, Luis Daniel eut peu de missions : après Tuy, il enseigna à Lugo (1928-1929), et Madrid.

Le Frère n’eut pas tant de problèmes avec ses élèves, qu’avec ses propres parents. En effet, son père vint le voir et lui demander de revenir à la maison. Luis Daniel lui fit remarquer : Tu as tant de fils à la maison, ne peux-tu pas en donner un au Bon Dieu ? Le père essaya même de l’emmener de force, mais le seul résultat fut que le Frère en conçut une fièvre très forte et dut s’aliter.

Autre épreuve encore, mais de la part de sa mère, qui lui proposa de quitter la vie religieuse pour échapper au danger de la persécution menaçante. Et le Frère : Moi, partir ? Ça, jamais ! Qu’il arrive ce que Dieu voudra ! 

Après avoir dû abandonner la maison de Madrid, il se retrouva dans une pension avec un autre Frère. Des miliciens ne tardèrent pas à se présenter, un jour où le Frère était seul à la maison ; il refusa de révéler où était son Confrère. On le fouilla et on lui trouva son chapelet. On le lui accrocha au cou par dérision et on se mit à le battre jusqu’à en être fatigué, et on le laissa là, moitié mort. 

Vraisemblablement il expira ce même soir du 16 octobre 1936.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Wojciech Koplinski

1875-1941

 

Né à Debrzyno (Prusse, aujourd’hui Gmina Debrzno en Pologne) le 30 juillet 1875, baptisé le 8 août suivant, Wojciech (Adalbert, ou simplement Albert) était le benjamin des douze enfants de Wawrzyniec (Laurent) et Berta Moldenhau, cette dernière descendant d'une famille protestante allemande..

Ayant connu dans sa jeunesse les Capucins, qui furent supprimés par le régime prussien, il les rejoignit en Alsace, à Sigolsheim, et prit le nom de Anicet, qui signifie en grec invincible.

Il fit la profession en 1897.

Il fut ordonné prêtre le 15 août 1900 et exerça le saint ministère à Dieburg, puis dans la région de la Ruhr (Werne, Sterkrade, Krefeld), comme aumônier des Polonais qui s’y trouvaient.

En 1918 il fut appelé à réorganiser la vie ecclésiale et l’Ordre des Capucins à Varsovie, ce qu’il accepta avec enthousiasme.

Il y développa une telle activité à quêter en faveur des pauvres, qu’il fut appelé le Saint François de Varsovie.

Quand il n’était pas en train de quêter, il était dans le confessionnal, une heure avant de célébrer, une autre heure après, et de nouveau le soir. Des  évêques vinrent se confesser à lui, et même le nonce, un certain Achille Ratti, futur pape Pie XI. Il n’hésitait pas à demander à ces prélats, comme pénitence pour le sacrement de Réconciliation, quelque offrande pour ses pauvres. S’il demandait aux riches de donner quelque chose pour les pauvres, il demandait aux pauvres de prier pour les riches.

Polonais d’origine, allemand d’adoption, il était proche et des Polonais et des Allemands, des non-chrétiens et des Juifs, les faisant prier ensemble et les uns pour les autres.

Lors de l’invasion de son pays par les armées nazies, il ne tarda pas à être suspecté par les Nazis. Lors de sa première arrestation, en la fête de l’Ascension, il eut le front de répondre en face à son interrogateur : Après ce qu’Hitler a fait pour la Pologne, j’ai honte d’être allemand.

Fait prisonnier, il aurait pu faire valoir sa citoyenneté allemande pour être libéré, mais il se serait mis en contradiction avec lui-même.

Lors de l’attaque aérienne de Varsovie, il fut fait prisonnier à la prison de Pawiak « pour avoir parlé contre le régime national-socialiste ». Il refusa énergiquement l'accusation d'avoir incité les gens à se rebeller contre le régime allemand. Il déclara ouvertement : Je suis prêtre, et je travaillerai où qu’il y ait des hommes, qu’ils soient Juifs ou Polonais, mais surtout ceux qui souffrent et les pauvres. C'est à ce moment qu'on lui rasa les cheveux et son imposante barbe. On lui laissa tout de même son bréviaire.

Le 3 septembre 1941, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz. Le père Anicet avait soixante-six ans : on le mis dans le box des invalides, ce qui signifiait l’antichambre du chemin pour l’extermination.

A partir de là, on ne sait pas bien ce qu'on lui fit endurer comme mauvais traitements durant les quelques semaines qui suivirent, jusqu'à sa mort, mais on a pu tout de même retrouver quelques témoins parmi les survivants.

On a ainsi appris qu'il fut battu dès son arrivée, sous prétexte qu'il ne restait pas tranquille avec les autres, un chien des SS le mordit, et quand il fut au milieu des condamnés à la chambre à gaz, il resta calme et plongé dans la prière. Il se confia à un voisin : Nous allons boire la coupe jusqu'à la lie.

Il est possible que le père Anicet soit mort des mauvais traitements subis dans ce block 19, ou qu'on lui ait injecté quelque substance mortelle, ou qu'il soit passé dans la chambre à gaz. 

Ce qui est sûr, est que le père Anicet consomma ainsi son calice le 16 octobre 1941 et fut béatifié en 1999.

 

 

Józef Jankowski

1910-1941

 

Józef était né à Czyczkowy (Brus, Poméranie, Pologne) le 17 novembre 1910, deuxième des huit enfants de Robert et Michalina.

Après l'école de Suchar et le Collegium Marianum de Wadowice, il étudia philosophie et théologie au séminaire des Pères Pallottins à Ołtarzew et fut ordonné prêtre en 1936.

Il fut aumônier des écoles de Ołtarzew et des environs, en même temps que directeur spirituel du Mouvement Eucharistique.

Au début de la Deuxième guerre mondiale, en septembre 1939, il fut nommé secrétaire du Comité d'aide à l'enfance, aumônier militaire et aussi administrateur du séminaire.

Il aimait sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et enseigna aux jeunes la petite voie de l'enfance spirituelle.

Le 16 mai 1941, il fut arrêté par la Gestapo ; après deux semaines à la prison de Pawiak, il fut déporté dans le camp de concentration de Auschwitz, dans le même convoi que Maximilien Kolbe (voir au 14 août) ; il porta le numéro 16895. 

Immédiatement exténué par les travaux forcés et maltraité à mort par un gardien, il expira le 16 octobre 1941.

Józef Jankowski fut béatifié en 1999.

 

 

Agostino Thevarparampil

1891-1973

 

Agostino naquit le 1er avril 1891 à Ramapuram, dernier des cinq enfants de la famille Thevarparampil.

Après l’école primaire, il fut au petit séminaire de Changacherry, puis à Puthenpally. Il reçut l’ordination sacerdotale en 1921, dans le rite Syro-Malabar.

Il fut vicaire à Ramapuram, puis à Kadanad. Sa santé n’étant pas très bonne, il s’en retourna dans la paroisse d’origine, où il trouva un nouveau champ d’activité : l’apostolat auprès des Dalit, cette classe d’ «inférieurs» marginalisés et maltraités.

Agostino (que tout le monde appelait «Kunjachan», petit prêtre, car il était de petite taille et très humble), se voua corps et âme pour les Dalit, jusqu’à sa mort. Il réussit à en émanciper des milliers.

Les Dalit, en vertu de leur caste et de la couleur de la peau, étaient victimes d’une totale discrimination. Ils restaient analphabètes, et donc contraints à faire tous les petits travaux d’esclaves.

Agostino Kunjachan n’avait rien d’un homme aux capacités exceptionnelles. C’était un prêtre tout simple, presque inconnu des autorités, qui ne reçut jamais aucune distinction honorifique, mais qui passait son temps à visiter ces Dalit dans leurs chaumières et là où ils travaillaient. Seul un catéchiste l’accompagnait et l’aidait en cas de nécessité.

Il reçut bien des contradictions, de la part des castes «supérieures», bien sûr, mais aussi de la part de chrétiens «traditionnels». Ceci ne découragea pas le père Agostino, qui amena à l’Eglise plus de cinq mille âmes.

Il se levait à quatre heures du matin.

Il se préoccupait tellement de chacun, qu’il les appelait tous par leur prénom, du plus jeune au plus ancien, de sorte qu’ils se sentaient alors honorés d’être ainsi appelés, eux qu’on ignorait d’habitude. C’est ainsi que le père Agostino conquit leur confiance. Ils étaient pour lui ses «fils», et eux l’appelaient «notre prêtre». Il écrivait un journal où il reportait exactement tout ce qui concernait chacun d’eux, la naissance, le mariage, le décès, les confessions annuelles. Infatigablement, il ramenait sur le bon chemin ceux qui s’éloignaient de la bonne pratique, ou de la fidélité conjugale.

Calmement, doucement, il s’opposa catégoriquement aux objections pour obtenir l’émancipation des Dalit, au point de vue social, ou culturel ou intellectuel ou artistique. Même quand le gouvernement refusa de reconnaître les Dalit convertis, il ne se découragea pas.

Sa force était dans l’Eucharistie et la dévotion à la Sainte Vierge. Obéissant, il se soumettait totalement au curé et à l’évêque.

Le père Agostino Kunjachan mourut en odeur de sainteté le 16 octobre 1973 et fut béatifié en 2006.

Le miracle retenu pour la béatification fut la guérison totale et inexplicable d’un petit garçon affligé d’une déformation congénitale du pied.

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