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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 23:00

17 OCTOBRE

 

-VIII.

S Osée, prophète.

I.

Ste Soline (Zélie), vierge et martyre à Chartres, où elle était venue près de la Virgo Deipara, vénérée par les Gaulois en ce lieu.

II.

S Ignace d'Antioche, dit aussi Théophore (“porté par Dieu”), car il fut ce petit garçon que le Christ montra en exemple à ses Apôtres, leur demandant de devenir semblables à lui ; évêque à Antioche, martyr à Rome. 

SS Rufus et Zosimus, compagnons de s. Ignace d'Antioche lors de son passage à Philippes.

S Héros, successeur de s. Ignace à Antioche.

IV.

S Ioannis, ermite à Lycopolis, obéissant exemplaire ; il demeura quarante-huit ans dans sa cellule, sans sortir, sans être vu de personne, ne communiquant que par une petite fenêtre.

Ste Mamelta, vierge en Perse, convertie à la suite d'un songe, lapidée par les païens.

V.

S Dulcidius, évêque à Agen.

VI.

S Florentius, évêque à Orange.

S Rorice II, évêque à Limoges, qui succéda à son grand-père, Rorice I.

S Leutiern, évêque-missionnaire en Domnonée.

VII.

S Loup, évêque à Angers.

S Baudoin et sa sœur ste Anstrude, à Laon, fils des ss. Blandin et Salaberge ; Anstrude succéda à sa mère comme abbesse, et recueillit dans son monastère les restes de son frère, assassiné par les gens d'Ebroïn, maire du palais.

S Nothelm, évêque à Canterbury, érudit qui fut à la source des informations de s. Bède.

?

S Trohé, abbé à Nevers.

S Regulus, abbé ou évêque en Ecosse, venu de Grèce avec des reliques de s. André.

XI.

Bx Rodolphe et Pierre, camaldules ; Rodolphe fut évêque à Gubbio.

XII.

B Gilbert, anglais, abbé cistercien à Ourscamp, puis à Cîteaux ; il soutint s. Thomas Becket.

XV.

B Baldassare Ravaschieri, franciscain, provincial à Gênes ; malade de la goutte à Binasco, on devait le porter à l'église ou dans le bois, où il confessait ; la Vierge lui apparut pour le consoler.

XVI.

S Richard Gwyn, premier martyr gallois, père de famille ; Gwyn signifie blanc.

XVII.

B Pietro Casani, prêtre italien des Ecoles Pies, bras droit de s. Giuseppe Calasanz, béatifié en 1995.

Ste Marguerite-Marie Alacoque, visitandine à Paray-le-Monial, mystique, dépositaire de révélations du Sacré-Cœur ; très jeune, elle avait fait vœu de chasteté ; fêtée le 16 octobre.

XVIII.

B Jacques Burin, prêtre martyr durant la Révolution.

Bses Marie-Louise-Joséphine (Marie-Natalie de Saint-Louis) Vanot, Jeanne-Reine Prin (Marie-Laurentine de Saint-Stanislas), Jacinthe-Augustine-Gabrielle (Marie-Ursule de Saint-Bernardin) Bourla, Marie-Geneviève (Marie-Louise de Saint-François) Ducrez, Marie-Magdeleine (Marie-Augustine du Sacré-Cœur de Jésus) Déjardin, ursulines martyres à Valenciennes.

XIX.

S François-Isidore Gagelin, prêtre franc-comtois, martyr étranglé à Hué ; son père avait reçu les prêtres durant la Révolution ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Contardo Ferrini (1859-1902), professeur à l'Université de Droit à Pavie, tertiaire franciscain, mort du typhus.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Marianistes : près de Ciudad Real, le profès Fidel Fuidio Rodríguez (*1880) ;

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : près d’Alicante, Ramón Esteban Bou Pascual (*1906) ;

Laïques : près de Valencia, Társila Córdoba Belda de Girona (*1861), de l'Action Catholique ;

- béatifié en 2007 :

Fr.Mineurs : près de Tolède, le prêtre Perfecto Carrascosa Santos (*1906) ;

- béatifié en 2017 :

Diocésains : près de Murcia, José Sánchez Medina (*1900).

Osée, prophète
VIIIe s. av. Jésus-Christ

Osée signifierait «Sauve !», racine qui se retrouve dans Josué et Jésus, ainsi que dans le mot Hosanna.
Osée fut un prophète en Israël, dans le «royaume du nord». Il fut envoyé par Dieu de manière singulière pour reprocher au peuple sa trahison, son «adultère», son infidélité envers l’unique et vrai Dieu : sur mission divine, Osée devait épouser une femme adultère, qui devait enfanter trois enfants aux noms terriblement prophétiques : Jezraël (du nom d’une localité où le roi infidèle Achaz avait laissé de bien mauvais souvenirs), puis «Sans-miséricorde», enfin «Pas-mon-peuple».
Dieu voulait ainsi montrer sa répulsion pour l’idolâtrie où était tombé Israël, mais il l’attend, et promet la miséricorde et un amour renouvelé pour sa «fiancée» qui reviendra à Lui.
Osée est le premier des «Douze petits Prophètes» de notre Bible, ceux dont les livres sont beaucoup moins étendus que les «Quatre grands Prophètes».
Le saint prophète Osée est fêté avec les Orthodoxes le 17 octobre, jour où le mentionne maintenant le Martyrologe Romain.
On remarquera que ce même jour du 17 octobre est le dies natalis de sainte Marguerite Marie Alacoque, la messagère de Cœur miséricordieux du Christ.


Ignatius d’Antioche
† 107

Ignatius ou Egnatius était né en Syrie, vers 50 selon certains (voir la note plus bas).
Ses Lettres sont signées Ignatius, qui et Theophorus, «porté par Dieu».
Il fut peut-être baptisé «tardivement», déjà adulte. Humble de sa personne, se traitant même d’avorton, il fut élevé à l’épiscopat pour Antioche de Syrie, à la suite de saint Evodius.
Il fut une des victimes d’Antioche (ou la seule ?) de la persécution de Trajan. Condamné à être conduit d’Antioche à Rome pour y être livré aux bêtes, il écrivit en voyage des lettres aux différentes communautés qu’ll traversait, et qui nous donnent de précieux renseignements sur ses derniers mois de vie.
Son voyage se fit par terre et par mer, de jour comme de nuit, surveillé par dix soldats qu’il nomme des léopards, de sorte que son «combat contre les bêtes» débuta dès Antioche.
Au cours du voyage, devaient s’ajouter ici et là d’autres prisonniers, condamnés eux aussi aux bêtes à Rome.
A Smyrne, Ignatius put s’entretenir longuement avec l’illustre Polycarpe (v. 23 février). C’est de Smyrne qu’il écrivit aux communautés d’Ephèse, de Magnésie, de Tralles. Aux Ephésiens il recommande aux prêtres d’être unis à leur évêque comme les cordes à la lyre.
Il écrivit aussi aux Chrétiens de Rome, avant même de les rejoindre, craignant que ceux-ci, poussés par trop de vénération, pussent intervenir et obtenir sa libération : Laissez-moi devenir la pâture des bêtes… Caressez plutôt ces bêtes pour qu’elles soient mon tombeau et que mes funérailles ne soient à la charge de personne… Mon martyre sera la preuve de votre bienveillance… 
On arriva enfin à Durazzo, sur l’Adriatique, puis Pouzoles : Ignace aurait beaucoup désiré descendre à terre, et refaire le voyage à pied, sur les traces de saint Paul (cf. Ac 28:13). Les vents poussèrent le bateau jusqu’à l’embouchure du Tibre. Ignatius était très heureux d’approcher ainsi de Rome : des foules de Chrétiens l’attendaient déjà sur son chemin.
Le martyre eut lieu sans tarder. Ignatius fut déchiqueté par deux lions, qui ne laissèrent à terre que quelques gros ossements du Martyr : on put les recueillir précieusement.
Ce martyre eut lieu, assez vraisemblablement, le 17 octobre 107, d’après un martyrologe syriaque ancien, et qui semble le plus authentique. C’est le jour où le mentionne l’actuel Martyrologe et où l’on fête saint Ignace d’Antioche.

Note. Ceux qui auront l’occasion de lire les Visions d’Anna-Katharina Emmerick, cette Religieuse stigmatisée et totalement ignorante (v. 9 février), trouveront ces lignes (qui n’ont pas, rappelons-le, valeur de parole inspirée) :
La femme d’un riche marchand se tenait sous la porte d’une maison, avec son enfant âgé de quatre ans. Cette femme baissa son voile et s’avança avec son petit garçon ; elle le remit au Sauveur, puis se retira. Le Seigneur embrassa l’enfant, le plaça au milieu de ses disciples et, comme d’autres enrfants étaient venus l’entourer, il dit : «Si vous ne devenez comme ces petits, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux» (etc. cf. Mt 18:1-4).
…Le Seigneur bénit le petit garçon, qui était charmant, puis l’embrassa, lui donna des fruits et une petite robe et, ayant fait appeler la mère, le lui rendit, en lui adressant quelques paroles prophétiques sur la destinée de ce cher petit. Elles ne furent comprises que plus tard. Il devint disciple des apôtres, puis évêque et martyr : on lui avait donné le nom d’Ignace.
Cet épisode expliquerait très bien qu’Ignace eut le surnom de Théophore, «porté par Dieu», car Jésus lui-même dut un moment le mettre sur ses genoux tandis qu’il parlait aux Apôtres.
Si l’enfant avait quatre ans à ce moment-là, il a pu naître vers 24, et aurait été martyrisé à quatre-vingts ans passés.
Le nom d’Ignace, un des plus célèbres et premiers Pères de l’Eglise, est mentionné dans la prière du Nobis quoque, peccatoribus du canon romain de la Messe.


Rufus et Zosimus de Philippes
† 107

S.Ignace d’Antioche n’est pas parvenu seul à Rome, où il consomma son martyre (v. ce même jour, 17 octobre). En route on lui adjoignit d’autres soldats du Christ.
C’est ainsi qu’à Philippes (Macédoine, auj. Filippoi, Grèce NE) lui furent associés Rufus et Zosimus, dont s.Polycarpe (v. 23 février) écrivit : Ils ont participé aux souffrances du Seigneur, ils n’ont pas estimé ce monde, mais lui ont préféré celui qui, pour eux et pour tous les hommes, mourut et ressuscita.
Il n’est donc pas dit que ces deux Martyrs étaient de Philippes à proprement parler.
A part cette anecdote, on ne sait rien d’eux.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Rufus et Zosimus au 17 octobre.


Ioannis de Lycopolis
305-394

Il ne faut pas confondre cet ermite Ioannis (Jean) avec un autre Ioannis dit le Petit ou le Nain, qui vivait au cinquième siècle.
L’actuel Martyrologe ne l’a d’ailleurs pas retenu, et l’on pourrait oser le regretter. Il aura sa notice à part.
Celui dont il va être question maintenant, naquit vers 305, de parents très simples, qui eurent un autre fils.
Ce dernier fut teinturier ; Ioannis fut charpentier.
Vers 330, Ioannis quitta la vie du monde et alla se mettre au service d’un bon vieux moine solitaire. Ce dernier était très touché, émerveillé même de l’humilité avec laquelle Ioannis lui montrait tant d’attention.  Il voulut cependant le mettre à l’épreuve, avec des ordres qui nous paraîtraient quelque peu insensés, mais qui montrèrent combien la simplicité et l’obéissance du disciple étaient réelles, sans calcul, sans arrière-pensée.
Ioannis, lui dit l’Ancien, prends voir cette branche sèche, plante-la et arrose-la deux fois par jour. Le disciple s’exécuta sans s’étonner de l’ordre, sans se plaindre de l’éloignement du puits, sans jamais manquer à ce petit travail. Au bout d’un an, le vieillard s’aperçut que la branche n’avait pas pris racine, et dit à Ioannis de cesser d’arroser ; Ioannis interrompit tout simplement ses allées-et-venues, sans s’émouvoir le moins du monde pour l’inutilité apparente de ses efforts.
Une autre fois, le vieillard ordonna à Ioannis de jeter par la fenêtre l’unique petite jarre d’huile, qui aurait dû servir ce jour-là pour préparer à manger à des amis : Ioannis obéit, sans poser la question Mais comment fera-t-on ?
Pareillement, le vieillard demanda à Ioannis d’aller déplacer une énorme pierre. Le disciple ne fit aucune objection, et s’efforçat de remuer le rocher, transpirant à grosses gouttes. La pierre ne bougea pas, mais Ioannis avait obéi de tout son cœur.
On va voir comment Dieu récompensa cette obéissance totale en accordant à Ioannis le don de prophétie, le don de guérir les maladies, outre qu’il savait guider les âmes par des lumières vraiment surnaturelles.
A la mort du vieillard, vers 342, Ioannis séjourna en divers monastères pendant cinq ans, puis alla se retirer sur une montagne proche de Lycopolis. Il s’y construisit trois cabanes : une «salle de bains», une pièce pour le travail et les repas, une troisième pour la prière. Personne ne devait y entrer ; le contact avec l’extérieur, soit pour lui apporter de la nourriture, soit pour le consulter sur la vie spirituelle, se faisait par une petite fenêtre. Ioannis vécut ainsi pendant quarante-huit ans.
Il ne mangeait que le soir, avec quelques fruits. Mais il luttait aussi contre les tentations que l’Ennemi ne manquait pas de lui envoyer.
A partir de 375, Ioannis reçut le don de lire dans les âmes ; il reprenait les pécheurs, il annonça les crues et les inondations du Nil ou encore la victoire romaine sur les Ethiopiens envahisseurs. Même l’empereur Théodose recourut à ses lumières : Ioannis lui promettait une victoire facile ; il en annonça aussi la mort prochaine (qui devait effectivement se produire en janvier 395).
Quand on lui amenait des malades, Ioannis ne se manifestait jamais directement, par humilité, pour éviter qu’on lui attribuât le mérite de la guérison ; il bénissait une huile, dont les malades se servaient.
Vers la fin de l’année 394, Ioannis imposa le silence autour de lui, pendant trois jours ; après quoi, il s’agenouilla, pria, et rendit son âme à Dieu.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Ioannis de Lycopolis au 17 octobre.


Dulcidius d’Agen
5. siècle

Dulcidius (Dulcitius, en français Dulcide, Doulcet, Doux) fut le cinquième évêque d’Agen, au tout début du cinquième siècle (peut-être même dès 393). C’est son prédécesseur, Phebadius (? 25 avril), qui l’avait ordonné diacre et, au moment de mourir, l’avait désigné pour lui succéder.
Le nouvel évêque fit construire una basilique en l’honneur de sainte Foy (v. 6 octobre) sur l’endroit de son martyre.
Mais surtout, par sa prière et ses miracles, il lutta contre l’invasion des Vandales et des Visigoths, qui répandaient avec eux l’erreur arienne.
Il détourna aussi par sa prière le fléau de la peste et celui du feu ardent, qui menaçaient la ville d’Agen.
Saint Dulcidius d’Agen est mentionné dans le Martyrologe au 17 octobre.


Ioannis Colobos
5. siècle

Cet ermite fut extrêmement célèbre. Mais il ne faut pas le confondre avec un autre Ioannis, du quatrième siècle, qui a sa notice particulière ce même jour (17 octobre).
Ioannis Colobos (le Nain, ou le Petit) était abbé dans le désert de Scété (au sud d’Alexandrie d’Egypte).
On ne dispose pas d’une Vie le concernant, mais d’apophtegmes, ou sentences diverses, où apparaît la sainteté de cet abbé. De ces quarante apophtegmes, en voici quelques-uns particulièrement lumineux.

  1. Au tout début de sa vie au désert, Ioannis s’installa auprès d’un Ancien. Celui-ci, pour éprouver la solidité de sa vocation, prit un bâton et lui commanda : Chaque jour, donne-lui à boire une bouteille d’eau, jusqu’à ce qu’il produise du fruit. Trois ans plus tard, le bâton donna du fruit. L’Ancien commenta : Voilà le fruit de l’obéissance.
  2. Si un roi veut prendre une ville, il lui coupe l’eau et les vivres. Si l’on vit dans le jeûne et la soif, les ennemis de l’âme deviennent sans force.
  3. Ventre plein parlant à une jeunesse : luxure déjà consommée en esprit.
  4. Un vieillard, jaloux de Ioannis, lui dit un jour : Ta gourde, elle est pleine de poison ! - Certes, mais tu n’en vois que l’extérieur : que dirais-tu si en voyais l’intérieur ?
  5. Je suis comme un homme assis sous un grand arbre et qui voit beaucoup de bêtes et de reptiles venir à lui. Comme il ne peut leur résister, il monte vite à l’arbre et il est sauvé. Ainsi de moi ; je suis assis dans ma cellule, je vois les mauvaises pensées se lever contre moi; comme je ne suis pas de taille à les repousser, je me réfugie en Dieu par la prière, et je suis sauvé.
  6. Qui a vendu Joseph ? - Ses frères ! - Non, c’est son humilité. Il aurait pu dire : Je suis leur frère, et protester. Mais il se tut et se vendit par son humilité. Et cette humilité l’établit maître de l’Egypte.
  7. Nous avons laissé le fardeau léger, qui est de s’accuser soi-même, et nous avons pris le pesant, qui est de se justifier.
  8. L’humilité et la crainte de Dieu sont au-dessus de toutes les vertus.

On voit par ces sentences combien Ioannis recherchait avant tout l’humilité, pratiquant jusqu’à une profonde exactitude le mot du Seigneur : Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes (Mt 11:29).
Saint Ioannis Colobos n’est pas mentionné dans le Martyrologe actuel. Il s’y trouvait autrefois au 17 octobre.


Florentius d’Orange
† 525

Florentius serait le dix-neuvième évêque d’Orange, mais comme il y a beaucoup d’incertitudes concernant les premiers évêques, on dira, pour plus de vérité, que Florentius est le sixième évêque d’Orange historiquement attesté.
Il est certain qu’il siégea au moins à partir de 517.
On sait qu’en 509, la ville d’Orange fut assiégée et prise par les Ostrogoths et l’évêque fut déporté avec ses fidèles jusqu’à Fiorenzuola d’Arda (Plaisance, Italie NO) ; depuis, Florentius est resté le saint patron de cette localité. Il se pourrait que Fiorenzuola fût dérivé de Florentius (Fiorenzio en italien), d’autant plus que Fiorenzuola n’est pas du tout dans la région de Florence (Firenze).
Florentius fut délivré sur l’intervention (ou la médiation) de s.Césaire d’Arles (v. 27 août) auprès du roi Théodoric.
Si cette date de 509 est exacte, on pourrait anticiper d’une dizaine d’années l’épiscopat de Florentius, ce qui ne serait pas impossible, puisqu’on ne connaît pas exactement les dates de son prédécesseur.
Il fut présent à deux conciles : Epaone (517) et Arles (524).
Lors du concile d’Arles de 527, c’est son successeur qui signa, donc Florentius mourut entre 524 et 527.
Saint Florentius d’Orange est commémoré le 17 octobre dans le Martyrologe Romain.


 

Gilbert de Hoyland le Grand

1110-1168

 

Il semble que l’on fasse parfois des confusions entre plusieurs personnages du nom de Gilbert.

Né vers 1110 en Angleterre, Gilbert «de Hoyland» entra chez les Bénédictins de Swineshead. ; plus précisément, cette abbaye dépendait de la congrégation de Savigny, où était observée la règle de Saint-Benoit, et cette abbaye passa aux Cisterciens en 1147. 

Le fondateur de Swineshead fut un certain Robert de Hoyland et c’est en souvenir de cet abbé que Gilbert reprit ce nom de «Hoyland» pour l’accoler au sien ; il préférait prendre ce nom, que celui proprement dit de l’abbaye, qui signifiait «tête de cochon».

Vers 1150, Gilbert en devint abbé.

En 1157, il fut élu abbé d’Ourscamp (Oise), cette magnifique abbaye qui devait compter jusqu’à cinq cents moines, et dont il ne reste que des ruines (classées aux Monuments Historiques !).

En 1163, Gilbert fut élu abbé de Cîteaux, qui connaissait désormais des dizaines d’abbayes-filles dans toute l’Europe ; mais on lit parfois que Gilbert, ayant laissé l’Angleterre, vint en 1167 à l’abbaye d’Arnivour, proche de Cîteaux.

En cette fin de douzième siècle, le pouvoir civil s’élevait contre les droits de l’Eglise et causait des schismes. C’est ainsi que Gilbert fut amené à prendre parti pour son compatriote Thomas Becket († 1170, v. 29 décembre), archevêque de Cantorbury, qui vint se réfugier chez les cisterciens de Pontigny, puis chez les bénédictins de Sens. Toutefois, il se peut que cet épisode concerne s. Gilbert de Sempringham (v. 4 février).

Gilbert, comme son ami Aelred de Riveaux, avait une vénération sans borne pour saint Bernard (v. 20 août) ; il en poursuivit le commentaire au Cantique des Cantiques : aux quatre-vingt-six sermons de Bernard, Gilbert en ajouta quarante-huit autres.

Il aurait démissionné de sa charge abbatiale vers 1167.

Gilbert mourut, lui, à Toulouse, le 17 octobre 1168 (ou 1172 ?), quoique certains le fassent mourir à l’abbaye de Larivour (Troyes), le 25 mai 1172 ; son corps fut ramené à Cîteaux.

Le Martyrologe Romain, au 17 octobre, commémore le bienheureux Gilbert, anglais, mort à Toulouse, abbé de Cîteaux, homme à la science sublime, qui prit la défense de Thomas Becket en exil.

 

 

Baldassare Ravaschieri

1419-1492

 

Baldassare naquit en 1419 à Chiavari (Italie NO), dans la noble famille, très chrétienne, des comtes de Lavagna.

Entré chez les Franciscains de l’observance, il y fit d’excellentes études et devint docteur en théologie, après avoir fait la profession et reçu le sacerdoce.

Ses vertus le firent nommer gardien (supérieur) du couvent de Chiavari, puis provincial pour toute la province de Gênes.

Sa grande activité de prédicateur fut troublée par une pénible maladie de la goutte, qui l’immobilisa complètement. Il se retira au couvent de Binasco, où cependant son apostolat fut très fécond au confessionnal. On vint le voir, le consulter, de tous côtés.

Parmi ses pénitents, certains devinrent de grands amis, comme s. Bernardino de Feltre (v. 28 septembre) ou la grande mystique Veronica de Binasco (v. 13 janvier).

Baldassare ne pouvant absolument se déplacer, des Frères le transportaient sur sa chaise pour l’installer au chœur, lui permettant ainsi de prier avec la communauté et d’assister au Saint Sacrifice qu’il ne pouvait plus célébrer.

Il aimait se faire transporter dans le bois voisin pour méditer dans la solitude et le silence de la nature. Or un soir, on l’oublia et il neigea abondamment : Baldassare eut une vision de la Très Sainte Vierge qui le consola, et on le retrouva le lendemain sans qu’un seul flocon de neige l’ait touché.

Baldassare mourut à Binasco le 17 octobre 1492, cinq jours après l’arrivée de Cristoforo Colombo en Amérique.

Son culte fut approuvé en 1930.

 

 

Richard Gwyn

1537-1584

 

On sait peu de choses sur l’enfance de ce laïc né vers 1537 à Llanidloes (Powys, Pays de Galles).

Son nom gallois fut anglicisé en Richard White.

A vingt ans, il s’inscrivit à l’université d’Oxford, mais passa à celle de Cambridge, hébergé charitablement au St.John’s College ; quand le recteur, le catholique George Bulloch, fut contraint de démissionner, Richard mit fin à ses études. Il passa alors au collège de Douai.

Richard ne devait pas être fait pour le sacerdoce. Il retourna au Pays de Galles et enseigna, tout en continuant d’étudier par lui-même. Il épousa une certaine Catherine et ils eurent six enfants, dont trois survécurent à leur père.

Son catholicisme engagé fut remarqué par l’évêque protestant et dénoncé. Il avait déjà par le passé reçu des menaces et, s’étant trouvé un jour en grand danger, il avait juré, si Dieu lui épargnait la vie, de retourner au catholicisme.

Persécuté, il dut souvent changer de maison et d’école. Finalement il fut arrêté en 1579 par le pasteur de Wrexham, un ancien catholique passé au protestantisme. Mais Richard s’échappa et se cacha encore pendant un an et demi, jusqu’à ce qu’il fût repris et fait prisonnier pendant quatre années, changeant plusieurs fois de prisons. 

En mai 1581, on le conduisit à l’église de Wrexham où, porté d’abord par six hommes devant les fonts baptismaux, puis devant le pupître, il fut attaché à des fers très lourds. Là, Richard remua tellement les jambes avec ces fers, qu’on ne pouvait plus entendre la voix de celui qui prêchait. On le mit alors dans des cales de bois.

Ensuite un prêtre anglican vint prétendre que les clefs de l’Eglise avaient été remises autant à saint Pierre qu’à lui, et Richard répondit : Avec cette différence que saint Pierre reçut les clefs du royaume des Cieux, tandis que vous, vous avez dû recevoir celles du cellier à bière.

On le condamna à deux-cent quatre-vingts livres d’amende pour avoir refusé d’écouter le culte anglican, et à cent-quarante livres pour le «tapage» qu’il y avait fait. On lui demanda ce qu’il pourrait payer de ces énormes sommes, il répondit : Six pence.

Au printemps 1582, il fut convoqué à la cour avec deux autres catholiques, où ils durent encore subir un sermon d’un ministre anglican. Mais les trois se mirent à l’interpeller, l’un en gallois, l’autre en latin et l’autre encore en anglais, de sorte qu’on dut mettre fin à l’épreuve.

En 1583, ces trois prisonniers, Richard, John Hugues et Robert Morris, furent accusés de haute trahison et cités en justice. Des témoins rapportèrent évidemment qu’ils persévéraient dans le catholicisme, que Richard avait composé des vers contre les prêtres mariés, qu’il espérait un monde meilleur (donc, en quelque sorte, qu’il complotait une révolution), et qu’il affirmait la suprématie du Pape. En outre, on les accusa tous les trois de chercher à faire des conversions.

Malgré ce qu’ils affirmèrent pour leur défense, on les déclara coupables. Richard fut condamné à être pendu, éviscéré et écartelé.

Il fut exécuté sur le marché à bestiaux de Wexham, le 15 (ou le 17) octobre 1584.

Juste avant d’être exécuté, Richard se tourna vers la foule et dit : J’ai été un plaisantin, et si j’en ai offensé quelques uns, je les supplie de me pardonner, pour l’amour de DIeu.

Le bourreau coupa rapidement la corde de la potence, de sorte que Richard reprit ses sens ; il était tout-à-fait conscient quand on l’éviscéra, et jusqu’au moment d’être décapité. Ses derniers mots auraient été, en gallois : Iesu, trugarha wrthyf (Jésus, aie pitié de moi).

Le Martyrologe le mentionne au 17 octobre. Il a été béatifié en 1929, et canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Pietro Casani

1572-1647

 

Pietro naquit le 8 septembre 1572, jour de la fête de la Nativité de Marie, à Lucques (Italie CO), de parents d’ancienne noblesse, aisés et très croyants. La maman mourut bientôt et Gaspare, le papa continua de vivre quelque temps avec son fils.

En 1594 Pietro décida de se consacrer à Dieu et entra dans la congrégation de la Mère de Dieu, fondée par s. Giovanni Leonardi (v. 9 octobre). Le fondateur vivait encore et fut très impressionné par la ferveur de Pietro, sa vie austère et sa fidélité, au point qu’il en fit son collaborateur, avant même qu’il eût reçu le sacerdoce.

En 1610, le père de Pietro, Gaspare, décida à son tour d’entrer dans la congrégation, comme frère convers.

Pietro, donc, fut si proche de Giovanni Leonardi, qu’il put en relater les travaux, les voyages, et l’aider à rédiger les constitutions de la congrégation.

Cette intense collaboration dura vingt ans. En 1614 cependant, le pape approuva la fusion de la congrégation avec celle des Ecoles Pies, fondée par Josep Calassanç (v. 25 août), espagnol établi à Rome. Mais cette fusion ne dura que trois ans, car les buts des deux congrégations n’étaient pas vraiment semblables : les Ecoles Pies donnaient la première place à l’enseignement, tandis qu’à Lucques on mettait en avant le ministère sacerdotal.

Mais Pietro choisit l’idéal des Ecoles Pies, avec un certain nombre de ses novices. Il comprit qu’il pouvait sauver beaucoup d’âmes de la jeunesse par une bonne formation à l’école.

Désormais, il prit le nom de Pietro de la Nativité (en souvenir du jour de sa naissance) et, à partir de 1617, fut recteur des écoles de Saint-Pantaléon à Rome, maître des novices, professeur de philosophie et de théologie, puis assistant général et visiteur. En un mot, il fut le bras droit de Josep Calassanç en Italie et en Allemagne.

Une tentative de s’installer à Messine (Sicile), fut jalousement contrée par les Jésuites déjà présents dans l’île. Aussi Pietro alla fonder à Naples (1627), qui devint un centre extrêmement florissant. D’autres fondations s’élevèrent dans le sud : Bisignano, Campi Salentina.

La renommée de Pietro était bien établie : on le disait théologien et homme de profonde vertu et de grand savoir. Des miracles opérés par lui avaient été recensés, avec vingt-quatre dépositions officielles ; on parlait aussi de phénomènes mystiques ; en outre, Pietro avait rédigé des prières spéciales pour obtenir la libération d’esprits diaboliques, par l’intercession des mérites de la Passion du Christ, l’intercession de la Vierge Marie et des Saints : ce furent les exorcismes, encore aujourd’hui pratiqués.

Pietro fonda diverses associations pieuses pour les commerçants, les artistes, adultes et jeunes, pauvres et nobles. 

Mais une brebis galeuse travailla au sein de la congrégation et dénigra Pietro ainsi que Josep, au point que l’Inquisition les déposa. L’épreuve fut rude, mais fut acceptée courageusement par les deux Fondateurs, qui se soutinrent réciproquement. En 1646, on proposa même aux membres de choisir quelque autre congrégation de leur choix.

C’est dans ces circonstances pénibles que Pietro s’éteignit, le 17 octobre 1647 à Rome, assisté par Josep Calassanç (qui mourut dix mois plus tard).

Mais l’Eglise sait reconnaître les erreurs et la Vérité. Pietro Casani fut béatifié en 1995.

 

 

Marguerite Marie Alacoque

1647-1690

 

Marguerite Alacoque naquit le 22 juillet 1647 à Lautecourt (Verosvres, Saône-et-Loire), cinquième des sept enfants de Claude Alacoque et Philiberte Lamyn, qui jouissaient d’une bonne position sociale. Claude était devenu notaire royal et juge ordinaire.

Dès sa première enfance, Marguerite fit preuve d’une dévotion particulière envers le Saint-Sacrement et elle préférait le silence et la prière aux jeux des enfants. À cinq ans, lors d’un séjour chez sa marraine, dont la fille était religieuse, elle entendit parler des vœux religieux, et fit, à l’insu de tous, sa première consécration à la messe où elle prononçait ces mots : «Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté». Après sa première communion, à l’âge de neuf ans, elle pratique en secret des mortifications sévères sur son corps, avant que la paralysie ne la cloue au lit pendant quatre ans.

A la fin de cette période, ayant fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse, elle se serait retrouvée guérie sur-le-champ. C’est par reconnaissance à Marie qu’elle ajouta, le jour de sa confirmation, le prénom de Marie à son nom de baptême (elle reçut la Confirmation à vingt-deux ans). 

Devenue orpheline de père, la gestion des biens passa à des parents qui se montrèrent extrêmement durs envers Marguerite et sa mère. Marguerite était traitée moins bien que les derniers domestiques. 

La mère de Marguerite fut affligée d’un pénible érysipèle à la tête, que la jeune fille soigna amoureusement, et qui guérit enfin un 1er janvier, alors que Marguerite était à la messe. 

Durant toute cette période, Marguerite trouva son réconfort dans la prière, et c'est alors qu'elle aurait eu ses premières visions de Jésus Christ. Il lui apparaissait d'habitude sur la croix ou lors de l'épisode de l'Ecce Homo et elle ne s’en étonnait pas, pensant que d'autres recevaient aussi ces visions. Son désir d’entrer en religion grandissait.

Quand elle eut dix-sept ans, sa famille put récupérer son bien et sa mère lui confia son désir de l’établir dans le monde. Alors, bien que régulièrement meurtrie par les pénitences qu’elle s’imposait, elle commença à participer aux activités mondaines. Une nuit, alors qu’elle était revenue d’un bal, elle aurait eu une vision du Christ pendant sa flagellation : il lui reprochait son infidélité alors qu’il lui avait donné tant de preuves d'amour. Pendant le reste de sa vie Marguerite-Marie pleura deux «fautes» qu’elle avait commises en ce temps-là : avoir porté quelques ornements et mis un masque au carnaval pour faire plaisir à ses frères.

Elle visita plusieurs couvents, et en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial, (Charolles, Saône-et-Loire), une voix intérieure lui aurait dit : « C’est ici que je te veux ».

Le 25 mai 1671, à l'âge de 24 ans, elle entra au monastère et, en novembre 1672, elle prononça ses vœux perpétuels. De santé fragile, elle n'en continuait pas moins ses flagellations, ainsi que les mortifications les plus extrêmes, voire les plus répugnantes, qu'elle mentionne elle-même dans ses Mémoires.

Une des difficultés qu’elle rencontra, fut la tyrophobie de toute sa famille : on ne supportait pas le fromage. Elle se domina, elle combattit, pendant des années, remporta la victoire au bout de huit ans… 

Peu après son entrée au monastère, elle reçoit, d'après son propre témoignage, plusieurs apparitions privées du Christ. La plus célèbre de ces apparitions est celle de juin 1675 : Jésus lui montrait son cœur en disant : «Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, [...] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour, et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes...». Une autre fois, il lui disait : «Mon divin Cœur est [...] passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier». Dès lors, Marguerite-Marie comprit qu’elle avait été investie de la mission d'établir une dévotion particulière envers le Sacré-Cœur.

Ces manifestations lui valurent d'être mal considérée par le reste des membres de la communauté, qui la traitaient de "visionnaire", au point que sa supérieure lui intima l'ordre de se plier à la vie commune. Cependant, son obéissance, son humilité et sa charité envers ceux qui la persécutaient finirent enfin par l’emporter et sa mission fut reconnue par ceux-là même qui lui avaient montré la plus forte opposition. 

Avec l’aide du Père Claude La Colombière (voir au 15 février), que Jésus lui présenta comme son «vrai et parfait ami», Marguerite-Marie fera connaître le message que Jésus lui avait adressé. C’est le début du culte du Sacré-Cœur. Inspirée par le Christ, Marguerite-Marie établit la pratique de l'Heure Sainte, qui pour elle consistait à prier, étendue par terre, le visage contre le sol depuis onze heures du soir jusqu'à minuit le premier jeudi de chaque mois, afin de partager la tristesse mortelle qu'avait supportée le Christ, quand il fut abandonné à son agonie par ses Apôtres - puis à recevoir le lendemain la Communion. 

Le Christ lui avait confié le désir que fût célébrée une fête en l'honneur de son Cœur le vendredi qui suit l'octave de la Fête-Dieu ; et il avait appelé Marguerite la «disciple bien-aimée du Cœur Sacré», héritière de tous Ses trésors. Le Christ lui confia aussi la mission de recommander au roi (Louis XIV) de se consacrer au Sacré-Cœur, d’en mettre l’effigie sur le drapeau national, mais le roi ne fut peut-être pas informé de cette supplique ; l’impression du Sacré-Cœur sur notre drapeau se fera à titre privé, bien plus tard, et connut même une très grande vogue, par exemple lors de la première Guerre mondiale.

Après avoir été brimée de toutes les façons par deux supérieures successives, Marguerite-Marie fut nommée maîtresse des novices par une nouvelle supérieure, qui la connaissait bien et l’appréciait. 

Au cours de sa dernière maladie, elle refusa tout soulagement, ne cessant de répéter : « Ce que j’ai dans le Ciel et ce que je désire sur la terre, c’est toi seul, ô mon Dieu » et elle mourut en prononçant le nom de Jésus.

Marguerite-Marie mourut à quarante-quatre ans, le 17 octobre 1690 et son dies natalis est mentionné ce jour-là au Martyrologe. Mais comme c’est ce jour-là la fête de saint Ignace d’Antioche, un des Pères de l’Eglise, la fête liturgique de sainte Marguerite est établie au 16 octobre.

La discussion au sujet de la mission et des vertus de Marguerite Marie se poursuivit pendant des années. On soumit à l’examen la totalité de ses actions, de ses révélations, de ses maximes spirituelles et de son enseignement concernant la dévotion au Sacré Cœur, qu’elle avait exposée et dont elle était l'apôtre. 

La fête du Sacré-Cœur fut établie en 1856.

La béatification eut lieu en 1864, et la canonisation en 1920.

Ses restes reposent dans la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial et de nombreuses et remarquables grâces y ont été obtenues par les pèlerins qui y viennent du monde entier. En 1925, lui est dédiée l'église Santa Margherita-Maria Alacoque dans le quartier de l'Esquilin à Rome près de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem.

Marie-Louise-Joseph Vanot

1728-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 12 juin 1728 à Valenciennes (Nord), et professa chez les Ursulines en 1749, sous le nom de Marie-Natalie-Joseph de Saint-Louis (On remarquera l’orthographe - correcte- de Natalie, sans h).

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Hyacinthe-Augustine-Gabrielle Bourla

1746-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 6 octobre 1746 à Condé (Nord), et professa chez les Ursulines en 1779, sous le nom de Marie-Ursule-Joseph-de Saint-Bernardin.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Jeanne-Reine Prin

1747-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 9 juillet 1747 à Valenciennes (Nord), et professa chez les Ursulines en 1767, sous le nom de Marie-Laurentine-Joseph-Reine de Saint-Stanislas.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Jacques Burin

1756-1794

 

Né le 6 janvier 1756 à Champfleur (Sarthe), Jacques fut vacher et resta illettré jusqu’à l’âge de douze ans.

Au petit séminaire il rattrappa vite son retard, passa au grand séminaire du Mans, et fut ordonné prêtre le 23 septembre 1779 ou 1780.

D’abord vicaire à Lammay, il était devenu, en 1786 ou 1787, curé de Saint-Martin-de-Connée.

Dans cette campagne très pauvre, il distribuait ce qu’il avait pour nourrir et soutenir les habitants. C’est lui qu’ils choisirent comme représentant du peuple en 1789.

Le 20 février 1791, il avait prêté le serment réclamé, en réservant les droits du pape ; quand il eut connaissance de la condamnation de la Constitution civile du clergé par le pape Pie VI, la réserve qu’il avait posée ne lui sembla pas suffisante, et, pour éviter le scandale, il lut publiquement, le 12 juin 1791, le document pontifical. 

Cet acte courageux lui valut d’être arrêté ; il fut emmené à pied enchaîné à la prison Saint-Suzanne le 13 juillet suivant, fut transféré dans les  prisons de Laval, ramené à Sainte-Suzanne… et libéré grâce à une intervention des Chouans.

Il se réfugia alors au hameau de Coffrard, à Saint-Georges-sur-Erve ; pour pouvoir continuer à exercer son ministère, il se fit passer pour un marchand de fil, sous le nom de M. Sébastien.

Il rayonnait sur plusieurs paroisses, dont Saint-Martin-de-Connée, allant de refuge en regfuge, dans des familles sûres.

Il ne pouvait cependant rester inconnu des révolutionnaires. Un jour de 1794, les filles d’un certain Lemaire de Courcité lui firent dire qu’elles voulaient le rencontrer. Mais c’était un traquenard. Ses amis lui conseillèrent de ne pas répondre, il crut de son devoir de ne pas éloigner des pécheurs qui pouvaient se repentir et fit répondre qu’il serait, le 17 octobre au Petit-Coudray à Champgenêteux. Quand il arriva, le fermier Rouland, conscient du danger, l’invita à se rendre dans une cachette. Il n’y alla pas. Les Gardes nationaux d’Evron cernèrent la maison ; Terre, ancien chantre d’Evron, qui guettait, l’aperçut et lui tira un coup de fusil, sans peut-être le reconnaître ; sa joie éclata quand, en le dépouillant, il trouva son calice et reconnut qu’il avait tué un prêtre.

Il jeta son corps sur le fumier. Il ne fut enterré, clandestinement, que trois jours plus tard, près de la ferme où il avait trouvé la mort, le 17 octobre 1794.

Jacques Burin fut béatifié en 1955.

 

 

Marie-Geneviève-Joseph Ducrez

1756-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 27 septembre 1756 à Condé (Nord), et professa chez les Ursulines en 1779, sous le nom de Marie-Louise-Joseph-de Saint-François.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

 

 

Marie-Madeleine-Joseph Déjardin(s)

1760-1794

 

Voir la notice Valenciennes (Ursulines de) 1794

 

Elle était née le 11 juin 1760 à Cambrai (Nord), fut baptisée le jour-même et professa chez les Ursulines en 1781, sous le nom de Marie-Augustine-Clémentine-Joseph du Sacré-Cœur de Jésus.

Son martyre eut donc lieu le 17 octobre 1794 et elle fut béatifiée en 1920.

François-Isidore Gagelin

1799-1833

 

Dans cette Franche-Comté qui autrefois fut une pépinière de vocations et de sainteté, naquit à Montperreux (Pontarlier, Doubs) un petit garçon, troisième enfant d’un couple très chrétien, qui reçut au Baptême les prénoms de François-Isidore.

Monsieur Charles-François Gagelin était un homme respecté dans le village : outre qu’il avait acquis une certaine science botanique et médico-vétérinaire, il avait ouvert sa maison aux prêtres réfractaires durant la Terreur, d’où il les faisait passer en Suisse.

François-Isidore naquit le 10 mai 1799, et fut baptisé «seulement» deux mois plus tard, ce qui était beaucoup à l’époque, mais on avait attendu le passage d’un prêtre insermenté.

Le papa décéda deux ans après et les deux sœurs aînées de François-Isidore s’occupèrent de lui.

A cinq ans, le petit garçon affirmait déjà sa vocation. Un jour qu’il pleuvait et que l’aînée lui apportait un vêtement pour se protéger de la pluie, il refusa l’offre en disant : Je veux m’endurcir pour aller prêcher dans des pays lointains.

Après l’école paroissiale, il étudia aux collèges de Pontarlier, Nozeroy, Dole, puis au Grand séminaire de Besançon.

En 1818, il vint au séminaire des Missions Etrangères de Paris, mais on ne pouvait l’y recevoir, faute de subsides. Il retourna donc à Besançon pour y achever la théologie, et se représenta à Paris l’année suivante : cette fois, l’institut recevait de quoi nourrir ses séminaristes.

En 1820, François-Isidore était sous-diacre et partait à destination du Vietnam. A sa famille éplorée, et surtout à sa chère maman, il écrivit : Ma mère, vous m’êtes bien chère. Mais le bon Dieu m’appelle aux missions ; vous n’oseriez pas vous opposer à sa volonté ?

Le Rose quitta Bordeaux en novembre 1820 et aborda en Chine au mois de mai suivant.

Durant la traversée, un ancien officier français qui avait travaillé en Chine, enseigna le chinois au missionnaire. Quant au baptême de ligne, le jeune sous-diacre y échappa en se cachant toute une journée au fond de la cale.

Le Vietnam avait été tout récemment constitué par la réunion de la Cochinchine et du Tonkin, et les missionnaires, d’abord espagnols et portugais, français ensuite, y avaient assez solidement implanté le christianisme, mais des persécutions apparaissaient selon les changements politiques.

Quand François-Isidore arriva au Vietnam, le nouvel empereur était fortement hostile aux Chrétiens, entre autres parce qu’on enseignait que l’empereur était l’égal du plus humble des sujets du royaume. 

Après qu’il fut ordonné diacre et prêtre (en 1822), François-Isidore se mit au travail, rencontrant selon les endroits de la bienveillance, de l’indolence, ou une nette opposition ; dans le sud Vietnam, il eut la faveur du vice-roi, mais l’empereur, malignement, invita tous les prêtres à la capitale Hué, pour leur confier (officiellement) des charges pratiques, comme traducteurs ; c’était en fait pour les empêcher de prêcher dans le royaume (1827-1828). Puis il reprit ses missions itinérantes, atteignant même le Cambodge.

Bientôt arriva un autre missionnaire franc-comtois, Etienne-Théodore Cuenot, plus tard nommé évêque (et lui aussi martyr). Il annonça à François-Isidore la triste nouvelle de la mort de sa mère, qu’il pleura chaudement ; elle était décédée depuis trois ans déjà…

En 1833, la persécution générale fut décrétée par l’empereur ; beaucoup de chrétiens apostasièrent et, pour redresser leur courage et éviter une certaine panique, François-Isidore se livra.

En août 1833, il entrait à Hué, la cangue au cou. En prison, il fut isolé et ne put communiquer avec l’extérieur que grâce à la complaisance de certains gardiens.

Le missionnaire fut condamné à mort. Quand il l’apprit, il manifesta toute sa joie de recevoir une grâce qu’il avait désirée depuis son enfance.

Il fut exécuté par strangulation, le 17 octobre 1833, à Hué.

L’empereur, qui avait entendu parler de la résurrection de Jésus trois jours après sa mort, ordonna l’exhumation du corps du Martyr pour vérifier qu’il fût bien mort et non ressuscité.

Plus tard, le corps du père Gagelin fut rapporté à Paris.

François-Isidore Gagelin fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988.

Le dies natalis de ce Martyr est au 17 octobre, tandis qu’une fête liturgique commune commémore tous les Martyrs du Vietnam le 24 novembre.

 

 

Contardo Ferrini

1859-1902

 

Contardo naquit le 4 avril 1859, un an jour pour jour après le mariage chrétien de ses parents, Rinaldo Ferrini et Luigia Buccellati. Le père était professeur de physique générale et de technologie au Politecnico de Milan, et passa à son fils la contagion du travail acharné et persévérant. Contardo fut baptisé le jour-même de sa naissance.

Il ne fut pas, comme on l’écrit parfois de certains Saints médiévaux, “consommé en sainteté dès le plus jeune âge” ; polisson à sa manière, il ne se fit pas scrupule de jeter un jour au fond du puits une paire de pantoufles, cédant à quelque caprice coléreux ou même seulement pour “jouer un tour” mal placé.

Toujours est-il qu’il fit la première Communion à douze ans, l’âge habituel à cette époque. Dans quels sentiments ? On peut en avoir une intuition par ce qu’il écrivit quelques années plus tard à sa sœur cadette, qui à son tour se préparait à communier pour la première fois : 

Un pacte éternel, ineffable, où nous nous engageons à ne vouloir que le bien…, une promesse d’impérissable amour qui nous fasse passer à travers le monde sans pouvoir comprendre même comment le mal y soit possible ; après quoi il ne reste plus qu’à soupirer vers la plénitude de notre adoration dans le ciel.

A l’école, Contardo se fit remarquer par une mémoire prodigieuse, une habileté à versifier et à saisir les choses abstraites. On le surnommait Aristote. Jeune lycéen, il s’en alla demander des leçons d’hébreu, de syriaque, de sanscrit et de copte. A dix-sept ans, on le trouve à Pavie étudiant de droit auprès de son oncle, don Buccellati, professeur de droit pénal. 

Contardo était pensionnaire du collège Borromeo, où les horaires et la discipline pouvaient faire penser à Oxford ou Cambridge, mais aussi où les élèves avaient comme partout leur langage, leurs grivoiseries. Contardo les évita scrupuleusement. En hiver, quand seules les salles communes étaient chauffées, il préférait rester dans sa chambre : 

Seigneur, plutôt le malheur que la faute ; une vie entière de larmes qu’une heure de rire inconvenant.

On rejoint ici la résolution du jeune Domenico Savio : “La mort, mais pas le péché” (voir au 9 mars). La moindre allusion douteuse amenait sur sa figure une grimace. Il ne regardait jamais les gens en face, n’allait pas aux fêtes mondaines, aux soirées. En wagon, un vis-à-vis féminin l’incitait à changer de place. Jeune, il portait un cilice et se confessait tous les jours. Le futur Pie XI, qui le connut bien quand il n’était que Mgr Ratti, écrivait de lui : 

(On avait) l’impression de quelque chose de vraiment délicat en fait de vertu et de vraiment virginal, qui se dégageait de toute sa personne.

Avec le temps, Contardo s’affirma dans la paix et fut moins tendu. Au reste, il ne voulait pas être mélancolique. Il s’efforçait de garder le sourire, ce sourire dont il écrivit un jour que “c’est souvent un acte d’héroïsme, le comble de l’abnégation.” L’été 1881, à vingt-deux ans, il fit le vœu de chasteté, avec l’approbation de son directeur de conscience. 

Sa thèse de doctorat brillamment soutenue à Pavie en 1880 lui valut une bourse de voyage. Il avait présenté une savante dissertation en latin sur l’importance d’Homère et d’Hésiode pour l’histoire du droit pénal. Il alla d’abord à Berlin, fréquenta de grands juristes qui l’apprécièrent particulièrement. Le professeur luthérien von Lingenthal devait le choisir pour héritier de son œuvre scientifique.

Contardo n’avait pas d’ambitions humaines, lucratives, mondaines. Il voulait trouver et enseigner la vérité. Il préféra se spécialiser dans des matières ardues comme le droit pénal romain et le droit byzantin.

En 1881, il entreprit une édition critique de la paraphrase grecque des Institutes de Justinien, et dut en chercher les manuscrits à Copenhague, Paris, Rome, Florence et Turin. En 1883, il fut chargé à Pavie d’un cours d’histoire du droit pénal romain, puis on créa pour lui une chaire d’exégèse des sources du droit romain. On le voit enseigner à Messine en 1887, à Modène en 1890, de nouveau à Pavie en 1894, où il enseigna le droit romain, le droit et la procédure pénale, l’histoire du droit pénal romain, les institutions du droit romain, et fit aussi un cours libre pour l’exégèse des Institutes de Justinien, son cours de prédilection.

Ses élèves appréciaient ce professeur qui savait se mettre à leur disposition. Hors des cours, Contardo était affable, doux, toujours disposé à conseiller et à aider. C’était un travailleur acharné, dont Mgr Ratti - déjà cité, écrivait : 

Un travail scientifique au suprême degré… que Ferrini accomplissait avec un zèle passionné, mais que l’on peut bien classer parmi les plus arides, se déroulant presque tout entier sur des textes antiques, des écritures difficiles à déchiffrer et encore plus difficiles à comprendre… Il lisait à première vue… du latin, du grec, du syriaque ; car il passait avec la plus grande aisance d’une langue à l’autre.

Contardo s’affirma, s’imposa avec une douceur humble. Sa docilité aux directions pontificales fut irréprochable. En 1895 il fut élu conseiller municipal de Milan et se montra excellent dans cette charge, luttant vaillamment pour les bonnes causes de son temps, contre le divorce et pour sauver l’enfance abandonnée.

En famille, ce savant restait petit garçon prêt aux menues corvées que lui commandait sa mère. Il laissait son travail pour mettre la table ou descendre à la cave, plaquait ses livres pour ramasser du bois. Pour son père il avait un profond respect. Souverainement discret, s’il recevait quelque compliment, il répondait avec un sourire “Lascia andare !”, littéralement “Laisse aller”, comme pour dire : aucune importance.

Il avait le sens de la liturgie, savait faire honneur à la messe quotidienne ; son immersion dans la contemplation du Tabernacle avait quelque chose de l’extase, durant laquelle on pouvait lui dérober même son manteau sans qu’il réagît. Détaché de la terre, il prêta sans difficulté à un ami toutes ses économies, quelque chose comme 30 000 francs or, que l’autre engloutit dans une mauvaise affaire ; aucune protestation de la part de notre Contardo.

Il avait un horaire quotidien très réglé. A Pavie il logeait chez sa sœur, à trois kilomètres de la ville. Levé à cinq heures et demie ou six heures, il regagnait sa chambre à vingt-deux heures. Il faisait ses dévotions à Pavie, déjeunait chez son beau-frère et faisait son cours en veston sombre et gants noirs. Fini son travail, il allait à la bibliothèque ou à l’église. Il rencontrait l’évêque, recevait les élèves qui voulaient lui parler, rentrait à pied chez sa sœur. La soirée s’achevait par le chapelet en famille. Un dimanche qu’on le demandait, le portier répondit : “Les jours de fête, le professeur n’est pas facile à trouver chez lui. Il est toujours à l’église, où il a tant de choses à faire.”

Tertiaire franciscain, il s’était fait un petit règlement de vie : 

… Je chercherai à être un modèle de mansuétude, de douceur, de charité et d’humilité. Je réparerai chaque manquement par un redoublement d’attention… Pour le café, je me tiendrai indifférent et, si possible, je ne le sucrerai pas… Je résisterai au désir des sucreries… Durant le jour, je ferai une visite à Jésus dans le Saint Sacrement… Je me tiendrai en union avec lui tout le jour par de fréquentes aspirations et une grande pureté d’intention… La charité spirituelle pour les autres sera mon premier souci…

Voyons s’il réussit dans ces intentions, en lisant ce qu’en décrivait le même Mgr Ratti : 

De moyenne stature, solide, harmonieuse, élégante de ligne ; le pas rapide, mais ferme, le pas d’un marcheur qui en a l’habitude et qui sait où il va ; la plume toujours prête et savante, la parole aisée et persuasive ; sur le visage un air de gaieté toujours égale et qui ne l’abandonna jamais jusqu’à la veille de sa mort ; mais surtout, sur ce visage, un rayonnement de pureté et d’aimable jeunesse. Son regard avait toutes les douceurs de la bonté de son cœur excellent ; ses yeux, son vaste front portaient l’éclatant reflet d’une intelligence vraiment souveraine.

On complétera ce beau portrait un ajoutant qu’il portait de fortes moustaches, une barbe dense, assez courte, plutôt en pointe, de coloration foncée et des cheveux courts. En somme, un homme soigné, propre, qui faisait honneur à ses interlocuteurs.

Une fièvre typhoïde l’enleva rapidement à Suna (Novare), en 1902, quand il n’avait que quarante-trois ans. On a pu le comparer au Bienheureux Ozanam, mort jeune aussi en 1853, et père infatigable des Conférences Saint-Vincent-de-Paul.

Contardo Ferrini a été béatifié en 1947. Il est mentionné au Martyrologe Romain au jour de sa mort, le 17 octobre.

 

Tarsila Córdoba Belda

1861-1936

 

Cette pieuse femme était née à Sollana le 8 mai 1861. 

Elle épousa Vicente Girona Gozalbo en 1884 et ils eurent trois enfants.

Une pénible épreuve affligea ce couple chrétien : le mari perdit la raison et mourut beaucoup plus tard en 1922. Puis elle perdit aussi ses trois enfants.

Courageusement, Tarsila continua à participer aux bonnes œuvres : elle appartenait à l’Action Catholique, à la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, et prêtait son concours aux activités paroissiales. Elle se dépensait en activités caritatives et en apostolat auprès des malades, des pauvres et des nécessiteux.

Sa nourriture était la communion eucharistique quotidienne.

Le Comité révolutionnaire la fit arrêter à cause de sa foi. En prison, elle réconforta ses compagnes et les encouragea à accepter avec confiance la volonté de Dieu.

Arrêtée le 10 octobre, elle se trouvait dans l’ex-couvent des Mercédaires, d’où on la sortit au matin du 17 octobre pour l’emmener au cimetière de Algemesí (Valencia), où on la plaqua contre le mur avant de la fusiller.

Le Martyrologe la commémore le 17 octobre.

Elle a été béatifiée en 2001.

 

 

Fidel Fuidio Rodríguez

1880-1936

 

Fidel était né à Yécora (Álava, Espagne) le 24 avril 1880, benjamin des sept enfants de Inocente et Micaela, et fut baptisé le jour-même.

Il reçut la Confirmation en 1884.

Il entra chez les Marianistes en 1892, fut postulant à Vitoria (Espagne) et en 1893 à Pontacq (France) ; il fit les premiers vœux en 1897.

Après deux années à Escoriaza (Guipúzcoa), il commença sa carrière d’enseignant en différents collèges marianistes, successivement à Jerez de la Frontera, Cadix, Madrid ; il fut nommé à Ciudad Real en 1935 et continuait ses recherches et ses publications.

Archéologue et professeur éminent, disciple de l’allemand Hugo Obermaier, ce fut le précurseur de l’archéologie de Madrid. Il procéda à de très importantes fouilles en diverses localités d’Espagne, avec ses élèves, et fit d’intéressantes découvertes. Il avait une personnalité allègre et généreuse, et savait entraîner ses élèves. Il se voulait lui-même propagateur d’enthousiasme et semeur d’optimisme.

En 1932, il défendit sa thèse Carpetania Romana et la publia en 1934.

Fin juin 1936, il fut opéré d’une hernie, et fit sa convalescence à Ciudad Real à partir du 17 juillet.

Le 25 juillet, il dut se retirer dans une autre maison, car le collège avait été réquisitionné par les Révolutionnaires.

Le 7 août, ces derniers vinrent perquisitionner la pension où il se trouvait et, le voyant avec un crucifix en main, l’arrêtèrent.

Conduit au siège du Gouvernement Civil, il fut mis en prison. Il se prépara dès lors à sa mort prochaine, cherchant en même temps à relever le moral des autres prisonniers. Il priait beaucoup, se confessait souvent aux prêtres présents, se préparant à mourir pour la foi.

Le 15 octobre, après un simulacre de procès, on fit semblant de le remettre en liberté, on l’emmena à la Maison du Peuple pendant une journée et, dans la nuit du 16 au 17 fut emmené à Carrión de Calatrava, où on le fusilla.

Ce martyre eut lieu le 17 octobre 1936. Fidel fut béatifié en 1995.

 

 

 

José Sánchez Medina
1900-1936

Il naquit le 3 août 1900 à Archena (Murcia), de José et Lucía, qui le firent baptiser le 6 août suivant.

La maman mourut dès 1902 ; la tante Rufina, une Religieuse, sœur de Lucía, éleva l’enfant maternellement, de concert avec son bon père.

Au terme de sa formation aux Petit puis au Grand séminaires, José fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut un an secrétaire de son évêque, puis il fut envoyé au sanctuaire marial de Cartagena, comme organiste et maître de chapelle.

Ses connaissances et compétences musicales et littéraires étaient vastes. Il écrivit plus d’une trentaine d’articles dans le journal El Eco de la Milagrosa, qu’il dirigeait, ainsi que de petites comédies théâtrales pour les enfants, à travers lesquelles il faisait passer l’enseignement du catéchisme.

Quand, en juillet 1936, le sanctuaire fut pris d’assaut et le curé arrêté, il ne lui resta plus que de se retrancher chez les siens à Archena, où le rejoignit bientôt la persécution.

Il fut contraint, avec d’autres prêtres, de participer à la construction d’une école, sous les regards moqueurs et méchants d’une foule laïcisante qui ne leur ménageait pas les insultes. Ces travaux s’achevèrent le 16 octobre. Don José alors se confessa à un autre prêtre, tout en travaillant. Il faisait bien.

Au soir de ce 16 occtobre 1936 en effet, deux miliciens se présentèrent chez le Prêtre et lui dirent d’aller recevoir son «salaire» ; il y alla, accompagné de son père et y retrouva deux autres prêtres et un laïque. En fait de «salaire», ils furent horriblement torturés et reçurent les balles des révolutionnaires, devant la boutique Picolo, au carrefour de la route d’Archena et de celle de Murcia-Madrid.

Le père de José demanda à mourir le premier, pour ne pas assister à la mort de son fils, mais les bourreaux firent exprès de le faire souffrir davantage en tuant d’abord le prêtre sous ses yeux.

Les autres prêtres fusillés ce jour-là ne font pas partie de la même cause de béatification.

Martyrisé le 17 octobre 1936 et béatifié en 2017, José Sánchez Medina sera mentionné avec son père dans le Martyrologe Romain au 17 octobre.

 

 

Ramón Esteban Bou Pascual

1903-1936

 

Les époux Bou Pascual trouvèrent le 12 octobre 1903 un petit bébé abandonné dans un arbre à Polop de la Marina (Alicante) et l’adoptèrent, lui donnant au baptême les noms de Ramón Esteban (Raymond Stéphane).

L’enfant vécut chez ces parents adoptifs à Benimantell et grandit dans la foi ; il entra au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1930.

Il fut vicaire à Almusafes, aumônier des Religieuses du Christ-Roi de Benifaió (Valencia), et curé de Planes.

Lors de la révolution de 1936, l’église fut prise d’assaut et fermée ; il dut partir à Catamarruch, puis à Benimantell chez une tante, où il resta jusqu’au 15 octobre. Apprenant que les miliciens venaient le chercher, il réussit à prendre la fuite et demanda à être reçu ici ou là, mais on le lui refusa, par crainte des représailles (ou par haine du clergé). Finalement, il revint chez sa tante, où il apprit qu’en son absence, on avait arrêté son père et son frère. Alors, il alla se rendre.

Au matin du 17 octobre 1936, on l’emmena jusqu’au cimetière, où il fut criblé de balles.

Juste avant de mourir, il pardonna à ses bourreaux : il avait trente-trois ans depuis deux jours.

Ramón Esteban fut béatifié en 2001.

 

 

Perfecto Carrascosa Santos

1906-1936

 

Perfecto naquit le 18 avril 1906 à Villacañas (Toledo, Espagne), un des cinq enfants de Benito et Ángela, cultivateurs et surtout excellents chrétiens.

Le petit «Parfait» reçut donc dès son berceau le bon exemple d’une vie chrétienne, qui accompagna toute la vivacité et la gentillesse de son caractère.

Il aimait enseigner le catéchisme aux plus petits.

Après l’école primaire, il fréquenta le petit séminaire tenu par les pères franciscains à Belmonte (Cuenca), qui se transféra d’ailleurs à Alcázar de San Juan (Ciudad Real). On remarqua dès lors son innocence et il s’attira l’affection de tous. Il parlait volontiers de son rêve, qui était d’être missionnaire et martyr.

En 1921, il prit l’habit franciscain à Arenas de San Pedro (Ávila). Il avait trois dévotions centrales : l’Eucharistie, le Sacré-Cœur, la Sainte Vierge.

En 1922 il fait sa première profession. 

Il commençait ses études de philosophie au couvent de Pastrana (Guadalajara), mais une tumeur à la cheville les lui fit interrompre quelques mois, qu’il passa chez les siens. Puis se trouvant mieux, il vint terminer sa préparation philosophique et théologique à Consuegra (Toledo).

Son mal le faisait souffrir, mais ne l’arrêtait pas dans son ardeur à se préparer au sacerdoce. Il obtint d’excellent résultats à ses examens et collabora à la revue du séminaire.

En 1927 il fit la profession solennelle, et reçut le sacerdoce en 1929.

Son handicap l’accompagna toute la vie, mais ne lui enlevait pas sa bonne humeur. Doux, gentil, timide aussi, il était incapable de dire une méchanceté, même s’il était la cible de beaucoup de petites taquineries. Il était toujours un tantinet bavard, avec un verbe alerte et en même temps innocent.

De 1929 à 1935, il fut professeur de philosophie à Pastrana. Mais il donnait aussi des cours de sciences et monta un laboratoire de chimie. Il dirigeait la chorale, il confessait les séminaristes ; il fut parfois assistant pour le Tiers-Ordre franciscain et directeur spirituel au petit séminaire. Dans la revue Cruzada Seráfica (La Croisade Séraphique), il écrivait des articles pour défendre les vérités de la foi, pour soutenir l’Eglise et la religion catholique en face des attaques provenant de la Deuxième République espagnole.

Finalement, il fut envoyé à Madrid, au couvent de Saint-Antoine dans la rue Duque de Sesto, où il devait être secrétaire de la province franciscaine de Castille.

C’est là que le surprit la persécution en 1936. La communauté dut se disperser à partir du 18 juillet ; le père Perfecto trouva refuge chez des voisins. Suite à une perquisition, il passa chez d’autres connaissances, mais ne voulant compromettre personne, il se dirigea vers son village. Auparavant, il alla trouver son Gardien (le supérieur) pour lui en demander la permission et pour se confesser.

Il arriva chez lui le 24 juillet à onze heures du soir. Il y resta environ un mois et demi. Il se préparait au martyre de façon intense. Il confessa quelques fidèles.

Même s’il désirait le martyre, il éprouvait un sentiment répulsif pour la mort, et répétait : Si Dieu me veut martyr, il me donnera la force pour supporter ce martyre.

Dans le village, tout le monde savait que Perfecto était chez les siens, on l’avait vu arriver, mais personne, même les gauchistes, ne voulaient le toucher, parce qu’ils le considéraient comme un innocent. Mais l’un d’eux quand même vint frapper chez les Carrascosa au matin du 14 septembre (fête de la Sainte Croix), accompagné de trois hommes armés, en disant : Faites sortir le curé ! Perfecto s’habilla et sortit ; à partir de ce moment-là toute crainte s’évanouit en lui. Il dit aux siens : Ne craignez rien pour moi.

Tous pleuraient, la maman n’arrivait pas à parler. Finalement, le père de Perfecto dit avec fermeté : Mon fils, tu diras la vérité ! Et Perfecto répondit avec la même fermeté : Oui, Papa ! Oui !

Ils l’emportèrent à un endroit appelé Ermitage du Christ, où se trouvaient d’autres prisonniers. Ce furent ensuite trente-trois jours de prison héroïque.

Au début, c’est sa sœur Lucie qui lui apporta à manger ; puis ce fut sa mère. La famille ainsi que d’autres témoins purent constater les marques de la torture, tant sur le père Perfecto que sur ses compagnons : visage contusionné, gonflé, défiguré, les yeux rougis, le corps recroquevillé apparemment trop petit pour son habit, qui portait des traces de sang.

Une fois, l’un des bourreaux lui dit : Dis que ta mère est une femme de mauvaise vie, et la Vierge aussi ; à quoi il répondit : Ma mère n’est pas ce que tu dis, bien qu’elle aurait pu l’avoir été ; mais la Vierge, elle ne l’a pas été et ne pouvait pas l’être. 

Celui qui avait organisé son arrestation se vantait de lui avoir flanqué une bonne gifle ; transféré au front, il écrivait à ses sœurs qu’il aimerait bien retourner sur place pour lui en flanquer encore une. Une dame dont les fils faisaient la garde, disait partout que le père Perfecto était un sot, qu’il pouvait bien s’en tirer s’il le voulait, il n’avait qu’à répéter quelques blasphèmes ; elle ajoutait : Il faut voir les baffes qu’on lui passe pour le faire blasphémer ; et ils n’y arrivent pas !

Ces tortures se faisaient d’habitude dans la sacristie de l’ermitage, mais on entendait les coups depuis l’extérieur. Un des prisonniers, le prêtre Manuel Simón, expira devant tous les autres sous les coups.

Perfecto, lui, ne se laissa jamais abattre, ni ne se plaignit des tortures ou de ses bourreaux, et ne perdit rien de sa bonté et de son zèle apostolique. Il soutenait ses compagnons, les exhortait à accepter le martyre, les encourageait à éviter le blasphème, à pardonner les bourreaux, à prier. Certains se confessaient. On a dit de lui : C’était un ange pour tous.

Au matin du 17 octobre 1936, le père Perfecto fut conduit avec cinq autres prêtres séculiers au cimetière de Tembleque (Toledo). Pendant le trajet, celui qui l’avait fait arrêter invitait ses camarades à arroser son forfait avec une bouteille d’eau de vie ; le père Perfecto, lui, montrait sa joie d’être bientôt auprès de Dieu, grâce au martyre.

Quand on fut au cimetière, il encouragea ses compagnons, leur donnant encore une fois l’absolution, et demandant pour cela à être fusillé le dernier.

Ils furent enterrés sur place.

Le père Perfecto Carrascosa Santos honora vraiment son nom de «Parfait». Il fut un des quatre-cent quatre-vingt dix-huit Martyrs espagnols béatifiés en 2007.

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